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Le mercredi 7 juin 2017, le Groupe d’amitié islamo-chrétienne de Pau nous a proposé trois rendez-vous dans les locaux de la paroisse St Jean-Baptiste, 87 avenue de Buros :
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Un jeûne de solidarité de 12h15 à 13h30 pendant le temps du Ramadan avec une réflexion sur « Regards sur les chrétiens. Points de vue musulmans » par Mohamed Ajebbari (si quelqu'un a des notes, merci de les transmettre)
- Une
conférence-débat
à 18h45 par le père Vincent Féroldi, directeur du Service National de l’épiscopat français pour les Relations avec les Musulmans sur le thème « Ouvrir les yeux sans fermer son cœur - Comment être acteur du dialogue entre chrétiens et musulmans, aujourd'hui ? » (à lire ou à écouter)
- Iftar : Repas de rupture du jeûne
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Conférence-débat :

Introduction de Jean Kalman du Groupe d’amitié islamo-chrétienne

Jean Kalman : « ... Nous avons eu la possibilité de nous rendre à la mosquée de Pau après la prière et nous pensons continuer nos visites en nous rendant à la mosquée de Tarbes et à celle de Bayonne.
Ce soir, j'ai demandé au père Vincent Féroldi de nous parler de ce difficile sujet de la relation entre chrétiens et musulmans, le titre que nous avons retenu contient peut-être une partie de la réponse. Je lui laisse la parole »

Le père Vincent Féroldi a été heureux de cette invitation à se rendre à la mosquée de Pau, mais avant, en début de journée il était allé au cimetière « ça m'a permis de découvrir que, finalement dans la ville de Pau, des figures importantes de l'histoire de l'Algérie et de la France ont noué de bonnes relations, des relations heureuses mais parfois difficiles. Je connaissais ces figures mais je ne savais pas qu'elles étaient venues à Pau. Je vois que cette ville a toute une histoire... et j'ai eu aussi la joie de passer à la synagogue de Pau... »

Introduction du thème par le père Vincent Féroldi :

« Ouvrir les yeux sans fermer son cœur

Comment être acteur du dialogue entre chrétiens et musulmans, aujourd'hui ? »

Père Vincent Féroldi (extraits) : « ... je voudrais vous remercier de m'avoir donné le titre de cette conférence, parce que ce n'est pas un titre habituel comme "Où en sont les relations aujourd'hui ?" ou "2017, les difficultés de dialoguer dans un monde de violence"... C'est sûr que la journée d'aujourd'hui a été difficile puisque l'on a appris qu'il y a eu trois français victimes de l'attentat de Londres, et puis j'arrive tout juste d'Iran où l’État islamique voulait mener une triple attaque, et deux ont commandos ont réussi... Ça c'est la violence d'aujourd'hui, elle est là, elle est omniprésente et malheureusement nous le savons, ça ne va pas cesser en 24 heures...

Alors dans cette ambiance-là, « Ouvrir les yeux sans fermer son cœur » ça nous invite...
Première question qui nous est posée : comment je me positionne ? Si je parle de « Ouvrir les yeux sans fermer son cœur » je me positionne en sachant qu'il y a un appel et on est appelé ce soir, là assis, comme citoyens et croyants : citoyens, donc quelque part responsable face à la réalité des faits, donc on va essayer d'y voir clair et de rentrer dans une complexité, mais en même temps croyants en portant un regard de foi, dans la diversité de nos traditions, sur ce qui se passe aujourd'hui. Donc « Ouvrir les yeux sans fermer son cœur », ça veut dire finalement : je pars de ce que je suis dans mon humanité, puisque je parle de mes yeux, de mon cœur, de mes sentiments, de ce qu'est ma vie intérieure, et c'est à partir de cela... donc essayer de porter un regard sur notre aujourd'hui à partir de mon être intérieur. Tous, nous vivons ou nous vivrons les évènements en fonctions de nos peurs, de nos joies, en fonction de ce que nous avons été amenés à vivre ou à ne pas vivre avec des hommes et des femmes, des chrétiens et des musulmans.
Dans « Ouvrir les yeux sans fermer son cœur - Comment être acteur... », il y a trois verbes, donc une invitation à être actif. « Ouvrir les yeux » donc essayer de partir de la cécité (pour les catholique, texte avec Tobie) et si j'ouvre les yeux, c'est que je désire voir, mais bien voir ! « sans fermer son cœur » : si je ferme mon cœur, je me replie sur moi. « être acteur » donc je ne pars pas avec cette idée qu'il n'y a rien à faire, que je subis, mais « être acteur », si on est là ce soir, c'est peut-être que j'ai ce désir, ce questionnement : "Est-ce que je peux être acteur ?", c'est ne pas dire "Ce n'est pas mon affaire". Donc ce titre de la conférence est exigeant car vous n'allez pas repartir comme vous êtes venu... c'est-à-dire il ne va pas falloir fermer votre cœur.
Dès le départ, on part avec cet apriori qui s'enracine dans ma propre histoire, et cet apriori c'est : avoir envie d'être acteur, mais sans se voiler la face, d'où l'intérêt d'ouvrir les yeux, et en sachant qu'il va y avoir un questionnement difficile qui pourrait m'amener à un repliement et finalement, il ne s'agit pas de se replier par les temps qui courent, et qui plus est sans fermer son cœur (il y a une très belle expression "cœur à cœur).
Et, dans la diversité de nos traditions, je me dis ce soir que c'est quelque chose d'heureux car ce n'est pas si fréquent que cela... Je découvre que depuis de nombreuses années, à Pau et dans d'autres régions, des hommes et des femmes ont souhaité, alors qu'ils sont de cultures différentes, de religions différentes et avec des itinéraires différents, d'avoir une relation de cœur à cœur : non seulement on est homme et femme avec un même destin dans l'humanité, mais en même temps on est cœur à cœur dans la dimension spirituelle (Ézéchiel -le cœur de pierre qui devient cœur de chair), on a la capacité de vibrer à l'autre.

Je me dis c'est heureux d'essayer de réfléchir, ce soir, à « Comment être acteur du dialogue entre chrétiens et musulmans, en 2017 » avec cette posture de départ... Ce soir, j'ai envie de vous parler avant tout comme Vincent Féroldi, prêtre, chrétien, baptisé et dont la relation dans ma foi qui est au Christ va m'amener à regarder la réalité qui est la notre aujourd'hui.

Réalité et imaginaire...

... Si on regarde notre aujourd'hui, si on ouvre les yeux, on peut effectivement voir la réalité d'aujourd'hui... qu'est-ce qui est signe d'espérance, qu'est-ce qui est catastrophique ?... Il y a trois ans (suite à une fiche) on m'a dit : "Père Vincent, regardez, vous êtes sûr qu'il ne faut pas avoir peur de l'Islam ?". C'est une question que j'entends toujours aujourd'hui...
Je suis témoin, depuis hier soir, que à Pau, des chrétiens, des musulmans et des juifs sont en capacité non seulement de se connaitre, de se reconnaitre et d'agir ensemble. Mais il est vrai que le monde d'aujourd'hui est difficile, et, en plus des difficultés réelles, on voit dans le concret, en France, une difficulté dans la manière d'organiser et de permettre à l'Islam et à la communauté musulmane d'avoir toute sa place (lieux de culte, construction des mosquées... 1924 pour la 1ère à Paris, 1994 pour la 3ème et la 4ème à Lille et à Lyon...). On estime aujourd'hui à 5 millions la communauté musulmane en France sur 67 millions d'habitants, donc, vu le nombre, c'est normal qu'il y ait une dizaine de projets de construction de mosquée, mais il faut 10 ans entre le projet et la construction car problème de financement et de terrain : "D'accord, c'est très bien mais dans la commune d'à côté"... C'est normal de rattraper ce retard, car en même temps, dans l'opinion française en milieu catholique, on dit : "On ne veut pas de prière dans la rue", donc il faut des lieux de culte. Alors certains disent "Regardez, les musulmans sont en train d'islamiser la France, ça construit partout". Ce n'est qu'une image !...

J'ai noté une petite phrase : "L'imaginaire l'emporte sur la vision objective" et aujourd'hui, en 2017, nous sommes avant tout dans une culture de l'image, ensuite, on est dans la culture du slogan, de la petite phrase car c'est celle-là qu'on va retenir (comme dans la campagne présidentielle) ; je suis la 1er à être dans la culture du tweet (140 signes + 4 photos, c'est très bref !). Certains d'entre nous, aussi avec des doutes, sont dans la capacité de lire, mais dans la culture générale on n'essaie pas la culture de la lecture, car c'est celle de l'image, celle de la fête, des sentiments d'émotion et puis du petit mot, de la petite phrase. Alors, cette culture-là fait que l'imaginaire l'emporte sur la vision, et donc, encore ces jours-ci, j'entends des vieux chrétiens me dire : "On nous parle à la télé du Ramadan, on ne nous parle jamais du Carême", on se met dans la position du comparatif... Alors, ce n'est pas si vrai que ça, on parle dans les médias aussi bien du Carême, mais l'imaginaire fait qu'aujourd'hui, en milieu chrétien, on est avant tout à se dire : "On ne pense plus à nous, voire même on ne nous permet pas de vivre comme on voudrait et d'avoir ce qu'on voudrait, mais on parle des musulmans dans leur pratique avec le Ramadan ou dans les faits du terrorisme avec le djihadisme", et c'est tout cela qui va m'habiter, habiter mon imaginaire. Et qui plus est, on n'a pas de chance en milieu catholique, si vous rentrez dans une église un dimanche, calculez la moyenne d’âge... et si vous rentrez dans une mosquée, calculez... c'est jeune, c'est dynamique... Nous on est sur la peau de chagrin et mon imaginaire va dire "Eux, ils sont sur l'expansion". Si on fait un sondage : l'imaginaire, la perception ressentie c'est 30% de musulmans alors que la réalité est dans les 7%. Il y a aussi la question de l'habillement, du signe religieux : foulard... soutane... Besoin de s'affirmer son identité dans notre monde, mais, à partir du moment où j'affirme d'une manière un peu plus forte mon identité, l'autre qui n'a pas maintenant d'identité, soit il va s'en réjouir, soit il va se sentir agressé... et même avoir des craintes : finalement notre imaginaire prend le dessus sur ce qui pourrait être une réflexion sur une étude précise de la réalité telle qu'elle est.

Alors, dans ce contexte-là précisément, essayons d'ouvrir les yeux... c'est même notre devoir d'ouvrir les yeux sur la réalité, et cette réalité est complexe : l'Islam est pluriel, il n'y a pas un Islam, il n'y a pas une manière de le vivre (Dans la campagne normande il y a eu beaucoup de musulmans turcs : besoins d'ouvriers pour les usines textiles) l'Islam marocain n'est pas le même que l'Islam turc ou celui d'Iran ou celui des Philippines. Il faut se rendre compte qu'au cœur de cette diversité, nous sommes dans deux paradigmes différents : le chrétien que je suis, quand je regarde à travers mes yeux de croyant, la vie du monde, l'organisation du monde, ma relation à Dieu, j'ai un système cohérent de compréhension de ce qu'est la vie de l'homme dans sa relation à Dieu, et finalement, il y a une cohérence complexe. Quand je me mets à l'écoute des amis musulmans, il y a une double cohérence dans leur foi et dans la manière de comprendre ce qu'est la vie de l'humanité. Nous sommes les uns les autres dans deux paradigmes différents, mais chacun a sa cohérence... sauf que, on veut vivre ensemble. Est-ce que vivre ensemble, c'est vivre à côté les uns des autres et finalement sans se rencontrer, sans partager plein de choses en commun et mener à la limite des combats, des projets ensemble, ou est-ce que vivre ensemble ça va être se rejoindre au plus intime mais - où est la difficulté - en permettant à chacun de rester lui-même... Chacun d'entre nous, on a une compréhension du monde qui va être particulière, et c'est pour cela que de plus en plus je rejette le mot "même" donc vous ne m'entendrez jamais dire "nous croyons au même Dieu" car si j'emploie le mot "même", ça veut dire que nous en parlons de la même façon ou presque, or c'est faux. Moi, je ne cesse de penser à un Dieu qui se fait proche de moi ; quand je parle d'un Dieu qui fait alliance et qui en plus s'est incarné, l'image que j'ai dans mon imaginaire c'est un Dieu qui ouvre les bras et dans lesquels je peux me jeter. Est-ce que c'est une image qui vous est naturelle ? Je ne pense pas, vous en êtes peut-être totalement éloignés, donc le mot "même" est dangereux car je vais christianiser mon frère juif, mon frère musulman... Il est donc important de comprendre que chacun est dans un paradigme, un système de compréhension qui lui est propre, non seulement qui lui est propre mais qui est plein de richesses.

Alors, d'une part, comment puis-je me réjouir que l'autre vive sa foi et sa compréhension du monde de sa propre manière, et en même temps, comment allons nous pouvoir échanger et partager ensemble ? Et c'est là que c'est un peu le défi d'aujourd'hui... Il a fallu attendre 1965 avec Vatican II et le texte très fort  Nostra Ætate du concile (relations de l’Église avec les autre religions) pour amener ou inviter les chrétiens à ouvrir les yeux, sans fermer leur cœur, et à reconnaitre que l'autre était un authentique croyant, un authentique chercheur de Dieu et finalement reconnaitre que l'Esprit de Dieu n'est pas réservé aux chrétiens, que l'Esprit de Dieu souffle sur l'univers, souffle sur tous les hommes et que je n'en suis pas propriétaire... Ce n'est pas si facile que cela à reconnaitre, j'ai encore entendu cela aujourd'hui : "Regardez ce qui se passe en Orient et donc l'Islam ne peut pas être une religion", on assimile l'Islam à la violence. Les chrétiens qui ont dit cela n'avaient en aucune façon entendu et vu ce que les papes, depuis 1965 et sans exception, ont dit et que dans l'Islam et les autres religions ce sont d'authentiques croyants, des adorateurs de Dieu. »

Vivre ensemble, agir ensemble, témoigner de sa foi...

Témoignage qui s'appuie sur des exemples, des situations vécues non décrits ci-dessous (les écouter avec la vidéo)

Père Vincent Féroldi (extraits) : « ... Nous sommes des chercheurs et des croyants sur des chemins différents, et donc c'est important aujourd'hui d'être dans cette capacité de nous enrichir mutuellement de ce qu'est notre foi, d'être dans cette capacité de me mettre à l'écoute de l'autre... « Ouvrir les yeux » pour me réjouir de la foi de l'autre. C'est vrai que c'est dérangeant, car qui a raison ? Il faut bien expliciter ce mystère de Dieu qui nous a créé homme et femme, et qui en même temps nous a dispersés sur la terre entière, dans la diversité des langues, des races et des cultures, et nous mesurons bien, aujourd'hui, dans cette diversité, de la manière de trouver Dieu et de le rencontrer...

Nous sommes ensemble croyants et plutôt qui se poser la question "Qui a raison ? Quelles sont nos divergences, nos différences?", nous avons une responsabilité que Dieu nous a donnée, nous sommes des frères et des sœurs croyants, et aujourd'hui, ce qui est demandé aux croyants... c'est que, ensemble, notre responsabilité aux yeux de l'humanité c'est de nous retrouver ensemble pour agir, pour le bien des hommes...

Les attentats, c'est une réalité... Il faut qu'ensemble nous trouvions les manières, non seulement d'être acteurs du dialogue, mais surtout, comment, ensemble, nous pouvons agir pour le bien de l'humanité...

Nous sommes des croyants de traditions différentes, Dieu est présent il agit dans le cœur des hommes dans leur diversité, et ce qui est important aujourd'hui dans ces temps troublés et dans ce monde en plein changement, c'est de nous retrouver ensemble, non seulement en nous respectant, mais en nous mettant à l'écoute les uns les autres pour nous enrichir de la foi de l'autre, et savoir que même mon ami musulman, mon ami juif va être en capacité, avec son témoignage, de me faire découvrir des visages de Dieu que je n'ai pas encore perçu. Ça veut donc dire que, mystérieusement, ma foi chrétienne va grandir au contact de la foi musulmane ou de la foi juive ou de la foi d'un autre croyant dans la mesure où celui-ci va me parler de sa foi... Je vais me réjouir du fait que nous partageons notre foi. Par moment, nous serons dans l'impossibilité de nous rejoindre sur certains points, mais ce que je sais profondément c'est que vous vivez votre foi et que Dieu me parle aussi à travers le témoignage de votre vie. Ça c'est pour la dimension spirituelle, mais il nous est demandé aujourd'hui d'aller plus loin et d'être ensemble acteur...

« Ouvrir les yeux sans fermer son cœur » pour que, d'une part, nous nous reconnaissions non seulement comme frères et sœurs en humanité, mais, deuxièmement, comme des croyants et des chercheurs de Dieu ayant, troisièmement, une mission commune de veiller et de tout faire pour la "Maison commune", la terre, que Dieu nous a confiée, et pour nous, croyants, dont nous nous sentons pleinement responsables, et donc d'agir, non seulement avec les croyants mais avec les hommes et les femmes de bonne volonté... pour le bien de l'humanité... pour préserver l'environnement... préserver la vie, donc tout ce qui est de la dimension de l'éthique : soins palliatifs... Il faut essayer de rentrer dans cette complexité et réfléchir ensemble... Il y a aussi la question des migrants... Pour le pape François, quand il y a une urgence, ce qui est premier, c'est la vie, la fraternité : quand je vois quelqu'un dans le besoin, le plus urgent c'est l'homme, la femme qui est devant moi et comment je vais lui permettre de renaitre à la vie.

Ce qui est premier c'est l'être humain, ce qui est aussi premier c'est que les croyants témoignent de leur foi ; ne pas avoir peur de témoigner de notre foi, avec humilité... Notre diversité humaine peut être vécue comme une contrainte, une difficulté, mais elle peut être vécue comme une source de richesse, nous enrichir de l'autre qui est différent, nous émerveiller de ce dont il peut témoigner... C'est pas évident d'accueillir la diversité de l'autre, alors n'ayons pas peur et osons même dire que ce "vivre ensemble" est possible...

Texte du Vatican à l'occasion du Ramadan
en cliquant sur le logo

Conclusion

Père Vincent Féroldi (extraits) : « Je me dis qu'aujourd'hui toute petite occasion, toute initiative petite, que ce soit dans un quartier, dans un immeuble, dans une paroisse, dans une mosquée, qui permettra la rencontre aujourd'hui va nous permettre de grandir et de construire, non seulement ce vivre ensemble, mais cette joie de vivre ensemble.
Nous nous rendons bien compte que dans le climat actuel, on est quand même toujours en état d’urgence, on est toujours à la merci d'évènements dramatiques, il est important que nous soyons en capacité, les uns et les autres, de témoigner d'une part de la richesse de notre foi, et d'autre part de notre désir réel de construire ensemble ce monde d'aujourd'hui et de demain dans un respect mutuel, dans une fraternité, et en même temps de se dire "cela nous fera grandir les uns et les autres. C'est un véritable défi parce que, que de difficultés comme bien des êtres humains, on aura toujours des différends, il ne faut pas être Bisounours, c'est vrai que c'est difficile, mais si au fond de nous-mêmes on est habité de cette conviction, de cette dynamique, de cette intuition, personnellement je suis convaincu que l'on avancera.
Juste en final je vais revenir sur ce qui s'est passé en Égypte avec le voyage du pape, ma conviction profonde c'est bien parce que quelques personnes, le pape François B... de Constantinople, le Grand Imam, le pape copte et le président Sissy, chacune de ces personnes a pris personnellement des risques par rapport à sa propre communauté (on l'a su après le voyage...) Nous sommes des personnes, ne croyons pas que le geste, la parole, l'acte que chacun d'entre nous peut porter n'a aucune importance. Je pense de plus en plus que dans notre monde aujourd'hui avec toutes ses disparités, les actes posés par une personne peut avoir une conséquence majeure non seulement pour son entourage mais plus largement. Alors c'est pour ça que je crois qu'aujourd'hui « comment être acteur du dialogue entre chrétiens et musulmans ? » c'est avec tout cela que c'est possible, et je serai donc un peu plus optimiste que la conclusion de ce midi dans un monde où il y a beaucoup de difficultés, moi je suis quand même encore bien habité par l’espérance et je crois que nous devons être des témoins d'espérance parce que je crois en la vie, et je suis sûr que nous arriverons, les uns et les autres, si nous sommes animés de cette vie dont on sait que Dieu est la source, nous arriverons finalement à ... en paix. »

Autre vidéo sur le thème (source : Télévision Catholique)

Chrétiens et musulmans : le dialogue en actes :

Chrétiens et Musulmans : le dialogue en actes from tv.catholique.fr on Vimeo.

 

L'Iftar

Sympathique partage avec ceux qui ont pu rester.

... et une excellente soupe préparée par les amis musulmans,
ainsi que d'autres bonnes choses : crêpes, dattes...

Jean nous offre le thé à la menthe