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A cette occasion,

  • revoir le témoignage de l'émission « Le Jour du Seigneur »

« La Force d'être vulnérable »

 

  • ou lire cet extrait de l'homélie du Dimanche de la Santé :

(Emission « Le Jour du Seigneur »)

Frères et sœurs,

Jésus nous invite à larguer les amarres, à oser le large. Il l’a fait lui-même en quittant l’intimité de Nazareth pour rejoindre Capharnaüm, ville frontière, au carrefour des peuples, des religions et des cultures. Il s’aventure même dans une ville interdite de Samarie. Oser le large, c’est aussi avoir l’audace de Jésus-Christ. Suivre un Jésus libre, frère universel qui n’est la propriété d’aucune Eglise, un Jésus meurtri, blessé, bouleversé par toutes les formes de souffrance et d’injustice.
Oser le large à l’exemple de Jésus, c’est rejeter la pensée unique, devenir prophète et comme nous y invite notre pape François, rejoindre les périphéries, ne pas nous installer dans le ronron de nos sacristies. C’est partager le quotidien de nos frères, là où ils vivent, chantent, pleurent, espèrent, entreprennent, souffrent et meurent.
Oser le large, c’est comme Jésus l’a fait, fréquenter la foule de pauvres gens : les blessés de la vie, de l’amour, les estropiés du cœur, du corps et de l’esprit. Regardons autour de nous : ils sont légion, les yeux rougis par les larmes, quémandant un sourire, une main tendue, un peu de chaleur humaine.

Frères et sœurs, en ce jour où nous célébrons le dimanche de la Santé, laissons-nous interpeller par la chaleureuse présence, qu’assurent toutes les personnes engagées aux côtés de nos amis âgés, isolés, handicapés, malades.

Au milieu de l’océan de la souffrance et des questions sans réponse, elles osent prendre le large pour rencontrer le Christ dans l’humanité défigurée. Elles instillent, contre vents et marées, un salutaire goutte à goutte d’amour dans le cœur de ceux qui souffrent.

Père Denis Ledogar

 

  • ou voir un autre témoin à travers le film :

« Jean Vanier, le Sacrement de la tendresse »

dont voici ci-dessous la bande annonce officielle :

La fondatrice de l'ONG Le Projet Imagine et présentatrice TV Frédérique Bedos rend hommage dans ce film à l'action et aux idées de Jean Vanier, fondateur des communautés de L'Arche et des réseaux Foi et Lumière.
La grande admiration de la réalisatrice, qui décrit Jean Vanier comme un "prophète", est contagieuse. Elle parvient à montrer comment sa pensée, sa parole et son action ont influencé la vie de milliers de personnes, qu'elles soient en situation de handicap intellectuel ou pas.

Des communautés de L'Arche se créent dans toute la France et dans le monde. Le film nous emmène alors à la découverte de L'Arche de Calcutta (Inde), créée dès 1971, et de L'Arche de Bethléem (Cisjordanie), montrant ainsi l'universalité du message de paix porté par Jean Vanier. Le Sacrement de la Tendresse permet de découvrir la puissance pour l’humanité d’une fraternité partagée avec les personnes en situation de handicap.

Voici quelques mots de Jean Vanier (en italique) ou de ses amis, tirés du film, au sujet des personnes handicapés, mais ils sont aussi pour les malades, les personnes fragiles et pour nous tous.

La tendresse, c'est la rencontre avec une personne... qui dit : tu es plus beau que ce que l'on dit de toi !
Tous ont souffert du rejet, or en chacun il y a quelque chose de si beau ! Et ils n'attendaient qu'une chose : que quelqu'un les rencontre.
Merci d'être là et de découvrir par toi-même que toi aussi tu est beau.


Aimer, ce n'est pas faire quelque chose pour quelqu'un, c'est être avec lui.

Naissance d'une vocation : Jean ne veut pas le pouvoir, et pourtant il et le fils du gouverneur du Canada. Pendant la deuxième guerre mondiale, Jean est à l'écoute des souffrances en France, alors à 13 ans, il veut rejoindre la marine anglaise. Son père accepte en lui disant : « J'ai confiance en toi ». Cette expérience le façonne pour toute la vie. Pourtant, il ressent un appel à une autre forme de vie. Commence ainsi sa quête spirituelle.
Jean a conscience que seul Jésus peut aider à redresser le monde. Il démissionne de la marine... Il rejoint le centre international d’enseignement théologique des laïcs, L’Eau Vive, que dirige le Père dominicain Thomas Philippe (rencontre déterminante). Il fait des études et devient docteur en philosophie.
C'est un homme d'action, de prière et de parole.
A la fin de l’année 1963, il visite le père Thomas qui vient d’être nommé aumônier du Val Fleuri à Trosly‐Breuil, petit bourg situé au bord de la forêt de Compiègne dans l’Oise. Le Val Fleuri est une institution qui accueille une trentaine d’hommes avec un handicap mental. Plus tard, en 1964, il visite un asile psychiatrique dans la banlieue parisienne et voit des gens assoiffés de relation, assoiffés d'amitié.
Les personnes avec un handicap étaient les personnes les plus opprimées du monde : J'ai découvert leur beauté et leur histoire épouvantable. Ils étaient le rebut de l'humanité et pourtant c'est eux qui sont dans la vérité, car en tant que victimes ils crient une vérité.

1964, Il prend donc la décision de fonder une communauté, mais avec qui ? Il avait fait la connaissance de Raphaël Simi et de Philippe Seux et avait été profondément touché par leur détresse. Il décide d'acheter une petite maison dans le voisinage pour les accueillir et vivre avec ces deux nouveaux compagnons. Ce ne sont pas « des handicapés mentaux » que Jean Vanier accueille, ce sont Raphaël et Philippe ; ce n’est pas une institution qu’il crée, mais lui qui s’engage auprès de ces deux hommes dont le cri l’a touché. Cette démarche d’engagement personnel va se révéler extraordinairement féconde.
Pour tous les trois, c’est le début d'une vie nouvelle, radicalement différente de tout ce qu'ils connaissaient jusque-là. Dans la maison il y a tout a faire, chacun y travaille, ce qui fait que Raphaël et Philippe se sentent chez eux. C’est ainsi, après quelques mois d'ajustements et de tâtonnements, le début d'une aventure humaine hors du commun : « Au fond, ils voulaient un ami. Ils ne voulaient pas d’abord mes connaissances, mes capacités de faire des choses, mais mon cœur et mon être »

Il fallait accueillir le présent et faire le mieux possible. On faisait mal la cuisine, on faisait mal tout, mais on était heureux, on était bien ensemble, on rigolait, on faisait des blagues.
Ce qui les intéresse, c'est la relation, et dans la relation, ce qui unit, c'est le rire et les larmes.
Le pauvre rend Jésus présent. D'autres sont arrivés à Trosly.

Après la justice, il faut les écouter. Il faut que la personne devienne actrice de sa vie, donc on peut proposer mais en lui demandant son avis : partager au quotidien.
L'handicapé reçoit mais il donne et nous fait découvrir notre propre handicap. « Je pense comme toi, mais différemment »

 

Pour être signe du Royaume de Dieu, il faut rigoler, danser et découvrir que l'on est plus beau que ce que l'on croit. Dans un groupe, je dois être une personne. Musulmans, chrétiens (ou autre spiritualité comme dans l'Arche de Bethléem, celle de Jérusalem ou de Calcutta), on est uni ensemble dans un même regard humain... Nous vivons avec des gens qui ont tout perdu, mais ils ont un cœur et on peut vivre ensemble et faire tomber les murs.
L’Évangile, c'est l’Évangile de la tendresse, de la compassion.


A droite, l'un des objets en laine grattée et vendus pour permettre à l'Arche de Bethléem de vivre.

 

L'Arche

L'arche, c'est 147 communautés réparties sur les cinq continents, dont 32 en France qui sont reconnues comme établissements médico-sociaux. Elle compte plus de 5000 membres. De nouveaux projets sont chaque jour à l'œuvre pour répondre à l'appel des personnes ayant une déficience intellectuelle, vulnérables et pleinement humaines.
Pour les 50 ans de l'Arche, il a dénoncé, entre autres, la tyrannie de la normalité, celle de vouloir gagner qui écrase les faibles : l'être humain n'est pas fait pour gagner, mais pour aimer.

On a tous de la violence en soi, comment la transformer en tendresse !
Jean est passé de l'amour de la force à la force de l'amour.
Le cœur de l'Arche, c'est la tendresse : je t'aime comme tu es !
Le sens de l'Arche : je suis heureux de vivre avec toi !

Jean Vanier a été récipiendaire du prix Templeton 2015 pour sa découverte innovatrice sur le rôle central des personnes les plus vulnérables dans la création d’une société plus juste, inclusive et humaine.

Le débat qui a suivi ce très beau film a été animé par le responsable international de l'Arche et ... avec la présence de 3 membres de l'Arche d'Agen et d'autres de la "jeune" Arche de Nay qui espère grandir et vivre, comme les autres, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

 
 Arche Agen                                                           Arche Nay

Parmi les questions :

Quelle spiritualité dans l'Arche ?

L'Arche de Nay :

L'Arche et ses partenaires
car le travail aide pour l'autonomie et la valorisation

  • La Beauté de la Compassion : un autre film avec Jean Vanier en Terre Sainte