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Une première rencontre avait eu lieu, un samedi matin, sur ce thème de la PAIX, thème qui prépare à Noël, avec la venue du « Prince de la Paix ».
La Paix si difficile à bâtir dans le monde, mais aussi dans le quotidien de nos vies. Les enfants ont bien compris qu'avant d'aller plus loin, il faut commencer à faire la Paix en famille, à l'école, dans le quartier, les loisirs... et que là aussi, ce n'est pas toujours facile.

Le camp de Gürs, entre Oloron et Navarrenx, leur a permis, ainsi qu'à quelques parents, d’approfondir cette réflexion. 

 

L'horizon en disait long sur la température ambiante mais, n'était-ce pas le meilleur moyen pour comprendre ce que les personnes internées avaient enduré pendant ces terribles hivers 1940-41-42 où beaucoup sont mortes.

A l'arrivée, un film qui change un peu chaque année avec de nouveaux dessins faits par les internés.

 

En résumé : un camp grand comme 50 terrains de foot,
une population telle que c'était la « deuxième ville » du département.
Environ 64 000 personnes y ont été internées, et 1 072 y sont mortes,
entre sa création en mars 1939 et sa fermeture à la fin de la guerre en août 1944.
Il y a eu des périodes très différentes :

Bonne synthèse en cliquant sur la photo : Wikipédia

 Et reportage très complet en cliquant sur le logo de l'amicale :

 

Suivons maintenant les CM2 sur un parcours bien adapté avec des questions d'enfants comme celle-ci :

Premier arrêt à la cabane de Elsbeth Kasser, « l'ange de Gürs », l'une des infirmières,
elle se dévoua pour les internés de 1940 à 1944, en particulier pour les enfants.

   

Devant nous, la forêt immense : elle a été plantée à la fin de la guerre pour faire oublier le camp...

Ci-dessous, le même lieu... sans la forêt !
Des jeunes d'un lycée technique ont reconstruit l'une des baraques à l'identique.

Question spontanée de quelques CM2 en rentrant dans la baraque : « Où sont les lits ? » Hélas il n'y avait ni lit ni fenêtre, il pouvait y avoir un peu de paille... avec les conséquences : les rats !

Avec notre petit groupe, difficile d'imaginer la promiscuité qu'il y avait dans chaque baraque,
(60 personnes) mais il y a les photos d'époque !

Côté intimité et toilettes, ce n'est pas mieux car les planches étaient parfois prises pour faire du feu.

Le chemin de la mémoire continue avec ses questions d'enfants.

Quels souvenirs du camp ont gardé les survivants ? Tous parlent de la boue. Le camp de Gürs était un marécage traversé par une route.

D'autres questions portent sur les enfants ou sur le départ des juifs vers Auschwitz :
Savaient-ils qu'ils allaient mourir ? Oui mais ils ne savaient pas quand ni comment.

Ne détournez pas les yeux !

Y-a-t-il eu d'autres camps d'internement, après 1945, dans le monde ? Malheureusement oui dans les pays où la démocratie a été bafouée. C'est pourquoi, c'est important de connaitre l'histoire de Gürs.

Nous voilà maintenant devant un lieu chargé d'histoire : un rejeton du chêne de Guernica.
Il a été planté en mai 2006, en souvenir des internés espagnols,
70 ans après le début de la guerre d'Espagne.

Capitale historique et spirituelle du Pays basque, Guernica est particulièrement connue pour sa destruction, le 26 avril 1937, par les aviateurs de la légion Condor, envoyés par Hitler afin de soutenir le général Franco.
La ville de Guernica avait une valeur symbolique, l'autonomie juridique et fiscale était représentée par l'arbre de Guernica (Gernika) où les seigneurs de Biscaye, les rois de Castille et d'Espagne allaient prêter serment pour le respect des privilèges du peuple basque, lors de leur prise de fonction, comme le font encore de nos jours les présidents (Lehendakari) de la Communauté autonome du Pays Basque.

L'arbre a résisté aux bombardements, il est le « symbole de l'engagement du peuple basque vis-à-vis de la liberté et de la démocratie ».

 Un autre lieu important : le cimetière.

Avec un ruban, les tombes des républicains espagnols. Les autres tombes sont juives
comme celle de ce bébé né et mort en 1942, ci-dessous.

Temps de prière à l'extérieur de cimetière avec la prière de Saint François d'Assise.

Le retour se fait le long des rails : ces rails n'existaient pas, le départ des juifs vers les camps d'extermination se faisait en camion jusqu'à la gare d'Oloron. Les rails ont été rajoutés en tant que symbole de la déportation.

Et pour finir, les barbelés : il était difficile de s'évader du camp... sans connaitre quelqu'un à l'extérieur. Ceux qui ont été repris allaient dans l'ilot des représailles.

Le mot de beaucoup de déportés : « NI HAINE NI OUBLI »