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Paroisse Saint Michel Garicoïts du Labour - Cambo
avec Joqchim Jaureguy et le témoignage de Gracie, Bernadette et Anne-Marie
sur le regard avec les réfugiés syriens

Extraits :
Gracie : « Début juin, nous avons été conviés à une réunion au presbytère de Cambo. Y participaient : les membres du Conseil Municipal, M. le curé Joachim Jaureguy, deux sœurs franciscaines des représentants du Secours Catholique et quelques personnes susceptibles d'aider une nouvelle famille syrienne.
Étant une enseignante retraitée et assurant l'accompagnement scolaire au Secours Catholique de Bayonne depuis une dizaine d'année, nous nous sommes engagés pour aider Moufid, 13 ans, et Christian, 8 ans, les deux petits garçons de la famille : 3h par semaine pour l'apprentissage du français pendant les vacances d'été. A la rentré ils ont continué dans leurs établissements scolaires respectifs. Les parents, Adi et Katia, de leur côté, ont suivi les cours pour obtenir les différents diplômes A1, A2 et B1 afin d'obtenir la nationalité française ardemment désirée, et, après la rentrée scolaire ils ont été sollicités pour un complément à leurs cours bayonnais, ce que nous faisons à raison de 2h par semaine.

A travers leur expérience, nous avons découvert qui ils étaient et ce qu'ils avaient vécu. Nous avons sympathisé et ça continue. Pour ma part, la vision du migrant s'est modifiée... Je les trouve vraiment admirables d'avoir laissé toute leur vie en arrière, y compris leur maison bien douillette qu'ils venaient de construire, et ils ont dû tout vendre, y compris bijoux et alliances, pour payer le voyage, n'ayant pour objectifs que la liberté et la sécurité de leur enfants »

Bernadette : « Quant à moi, on m'a demandé si j'accepterais d'accompagner les syriens installés à Cambo... Je ne pouvais pas rester indifférente à la situation de ces réfugiés. Je me suis dit que je pouvais faire quelque chose pour les aider à s'intégrer dans notre commune. Si j'avais répondu non, j'aurais eu l'impression de me dire chrétienne et de na pas vivre ma foi.
En parallèle, j'entendais autour de moi certaines réflexions comme : "Rien  n'est trop beau pour ces réfugiés - Que de personnes dans la précarité ou tout simplement isolées à notre porte - Aider des catholiques réfugiés, c'est facile, nous partageons la même foi, mais aider des migrants d'autres religions, notament des musulmans, c'est plus difficile..." Donc, depuis que j'accompagne ces syriens, j'essaie, dans le quotidien, d'être un peu plus à l'écoute de mes proches, de mon entourage. Nous avons aussi le devoir de venir en aide à tous ceux qui sont dans la détresse, même s'ils ne partagent pas foi. Une Parole d’Évangile m'a aidée à prendre mon engagement : "J'étais un étranger et vous m’avez accueilli"...

Je suis heureuse de cheminer avec Katia, Adi, Moufid et Christian. Pour moi, ces réfugiés ne sont pas des personnes fragiles... Ils font preuve de beaucoup de courage, de force, pour rester debout malgré les difficultés et les souffrances endurées. Ils n'ont que le minimum pour vivre, mais ils sont riches dans leur cœur. On trouve beaucoup d'amour dans cette famille, leur présence auprès de nous est une richesse, eux aussi nous apportent beaucoup... (Katia est allée préparer chez Bernadette un plat syrien) "Aujourd'hui, c'est moi le prof, toi, tu es l'élève" : j'ai compris que c'était une joie pour elle de donner à son tour et pas toujours recevoir, j'ai compris aussi que lorsque j'aide quelqu'un, je dois le faire très discrètement, sans supériorité. Regarder les réfugiés avec le regard du Christ me rend plus tolérante, plus compréhensive, ça m'aide à prendre les autres tels qu'ils sont avec leur richesses, leurs faiblesses. Ce qui m'a aidée dans cet engagement, c'est une réflexion plus approfondie, le travail en équipe et la prière... Je partage cette expérience avec mon mari, mes enfants, mes proches... Nous essayons de porter témoignage par notre façon de vivre, notre manière d'accueillir cette famille syrienne. »

Anne-Marie : « Je fais partie du Secours Catholique d'Espelette... On s'est dit "on va aider cette famille dans le sens administratif. Donc, nous nous sommes impliqués à trois, pour leur expliquer le système français qui n'est déjà pas facile pour des français... A ces trois bénévoles, j'associe mon mari qui s'est impliqué pour donner des cours de physique à Moufid... On est arrivé à établir des CV, des lettres de motivation, parce qu'ils sont tout à fait en capacité de pouvoir trouver un emploi... et qu'ils puissent être indépendants. Ce qui a permis tout ça, c'est la collaboration de tous les bénévole que nous sommes... et, comme le disait Bernadette, ce ne sont pas des gens fragiles, nous le sommes plus qu'eux... bien souvent on se disait "Comment on va faire, comment trouver les mots pour expliquer quand la parole est limitée...". Et cette aide, on l'a faite avec eux, on les a toujours intégrés dans les démarches que nous avons faites. On n'allait pas dans une administration se présenter à leur place, mais on les aider à s'exprimer pour qu'ils puissent s'exprimer seuls...

A mes yeux, ce sont plus des étrangers, ce ne sont plus des migrants, ce sont des gens comme vous et moi, il n'y a plus cette frontière. Et le fait d'être ensemble... à travers cette expérience, je vis en continuité avec ce que j'ai vécu chez moi, et je voudrais mettre mes parents en avant, parce que, dans les années 70, j'avais 10 ans, il y avait les migrants portugais qui passaient la frontière et le premier poste téléphonique, c'était à la maison... J'ai toujours vu ma mère proposer une assiette de soupe, du café, de se chauffer au coin du feu... leur appeler un taxi... elle expliquait que les frontières, ce n'était pas les frontières des Pyrénées mais que les frontières étaient dans le cœur, et que ces frontières-là, il fallait passer par dessus parce qu'on est tous frères... et ils nous encourageaient à le faire. C'est pour ça que, dans ma foi, j'ai continué à faire ce que j'ai vu chez moi et que, à mon tour, j'encourage mes enfants à aller vers les autres. »

Texte complet à lire ou à écouter (15 min) : 

 
Diaconie 2017-5 Paroisse St Michel Garicoïts du... par Chr-Sa-64

Après l'invitation du diacre Bertrand à être des relais de la Diaconie dans les conseils pastoraux paroissiaux, d'autres personnes ont pu s'exprimer spontanément pour compléter les témoignages ou en donner d'autres... Les "vacances engagées" du CCFD, le témoignage de la famille Syrienne, les Chaldéens, la Maison de la Fraternité, le regard encore difficile sur les gitans... l'accueil des migrants au quartier Paul Doumer...


Diaconie 2017-6 Réactions et témoignages spontanés par Chr-Sa-64