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Pâques 2016

Retrouver le message de notre pape ainsi que quelques temps forts de la Semaine Sainte à Rome.

« ... Avec nos frères et sœurs qui sont persécutés pour la foi et pour leur fidélité au nom du Christ, et face au mal qui semble avoir le dessus dans la vie de beaucoup de personnes, réécoutons la consolante parole du Seigneur : « Courage ! Moi, je suis vainqueur du monde » (Jn 16, 33).

« Chers frères et sœurs, bonnes fêtes de Pâques.

Jésus-Christ, incarnation de la miséricorde de Dieu, est mort par amour sur la croix, et, par amour, est ressuscité. C’est pourquoi nous proclamons aujourd’hui : Jésus est le Seigneur !
Sa résurrection accomplit pleinement la prophétie du Psaume : la miséricorde de Dieu est éternelle, son amour est pour toujours, il ne mourra jamais. Nous pouvons nous confier totalement   lui, et nous lui rendons grâces parce qu’il est descendu pour nous jusqu’au fond de l’abîme.

Face aux gouffres spirituels et moraux de l’humanité, face aux vides qui s’ouvrent dans les cœurs et qui provoquent la haine et la mort, seule une miséricorde infinie peut nous donner le salut. Seul Dieu peut remplir de son amour ces vides, ces abîmes, et nous permettre de ne pas nous écrouler, mais de continuer à marcher ensemble vers le Terre de la liberté et de la vie [...]

A tous ceux qui, dans nos sociétés, ont perdu toute espérance et le goût de vivre, aux personnes âgées écrasées qui, dans la solitude, sentent leur forces diminuer, aux jeunes qui pensent ne pas avoir d’avenir,   tous j’adresse encore une fois les paroles du Ressuscité : « Voici que je fais toutes choses nouvelles…A celui qui a soif, moi, je donnerai l’eau de la source de vie, gratuitement » (Ap 21, 5-6).
Que le message rassurant de Jésus nous aide chacun à repartir avec plus de courage pour construire des chemins de réconciliations avec Dieu et avec les frères. »

Message complet du Pape François.

Veillée Pascale

VEILLÉE PASCALE EN LA NUIT SAINTE : HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

Basilique vaticane

« ... Nous aussi, comme Pierre et les femmes, nous ne pouvons pas trouver la vie en restant tristes, sans espérance, et en demeurant prisonniers de nous-mêmes. Mais ouvrons au Seigneur nos tombeaux scellés – chacun de nous les connais –, pour que Jésus entre et donne vie ; portons-lui les pierres des rancunes et les amas du passé, les lourds rochers des faiblesses et des chutes. Il souhaite venir et nous prendre par la main, pour nous tirer de l’angoisse. Mais la première pierre à faire rouler au loin cette nuit, c’est le manque d’espérance qui nous enferme en nous-mêmes. Que le Seigneur nous libère de ce terrible piège d’être des chrétiens sans espérance, qui vivent comme si le Seigneur n’était pas ressuscité et comme si nos problèmes étaient le centre de la vie... »

Texte complet

Vendredi Saint

Chemin de la Croix au Colisée

« Ô Croix du Christ, symbole de l’amour divin et de l’injustice humaine, icône du sacrifice suprême par amour et de l’égoïsme extrême par stupidité, instrument de mort et chemin de résurrection, signe de l’obéissance et emblème de la trahison, échafaud de la persécution et étendard de la victoire.

Ô Croix du Christ, nous te voyons encore aujourd’hui dressée en nos sœurs et nos frères tués, brûlés vifs, égorgés et décapités avec des épées barbares et dans le silence lâche [...]

Ô Croix du Christ, enseigne-nous que l’aube du soleil est plus forte que l’obscurité de la nuit. Ô Croix du Christ, enseigne-nous que l’apparente victoire du mal se dissipe devant le tombeau vide et face à la certitude de la Résurrection et de l’amour de Dieu que rien ne peut vaincre ou obscurcir ou affaiblir. Amen ! »

Prière complète

Jeudi Saint

Ce Jeudi Saint, le Pape François a célébré le rite du lavement des pieds dans un centre d’accueil des réfugiés à Castelnuovo di Porto, une petite ville de 9000 habitants située à 30 kilomètres au nord de Rome, qui accueille près de 900 migrants africains, presque tous des garçons de moins de 30 ans, arrivés en Italie irrégulièrement et qui veulent obtenir le statut de demandeurs d'asile.
« Un signe simple mais éloquent ». Le Pape s’abaissera pour laver les pieds de 12 réfugiés, dont beaucoup de jeunes qui ne sont pas catholiques, « une façon d’indiquer la voie du respect comme voie maîtresse pour la paix » selon Mgr Fisichella, président du Conseil pontifical pour la Nouvelle évangélisation et organisateur du Jubilé de la Miséricorde.

Depuis son élection en 2013, le Pape a toujours célébré ce rite du Jeudi Saint dans des lieux symboliques des périphéries de l’humanité, dans des prisons en 2013 et en 2015, et dans un hôpital en 2014.
Cette visite dans un centre de réfugiés s’inscrit aussi en cohérence avec ses nombreux appels pour une meilleure attention au sort des réfugiés. Lors de l’angélus du 6 septembre dernier, notamment, il avait demandé à ce que chaque paroisse et chaque communauté religieuse s’organise pour assurer l’accueil d’une famille de réfugiés.

« Des millions de réfugiés sont en train de montrer au monde les traits réels d’un nouvel exode qui déplace des masses de gens abandonnés, sans maison ni patrie, rappelle Mgr Fisichella. Ils s’enfuient à contrecœur sous la pression de la violence gratuite, de la guerre inutile, et des morsures de la faim, vers des destinations qui souvent sont le fruit de l’imagination plus que de la réalité. »
La désillusion est souvent terrible pour ces réfugiés, confrontés aux violences policières, au mépris des populations, et aux inerties administratives.

MESSE DE LA CÈNE DU SEIGNEUR : HOMÉLIE DU PAPE FRANÇOIS

C.A.R.A. Auxilium
Castelnuovo di Porto (Roma)


« Les gestes parlent plus que les images et les mots. Les gestes. Il y a, dans cette Parole de Dieu que nous avons lue, deux gestes: Jésus qui sert, qui lave les pieds. Lui, qui était le chef, lave les pieds aux autres, aux siens, aux plus petits. Le deuxième geste : Judas qui se rend chez les ennemis de Jésus, chez ceux qui ne veulent pas la paix avec Jésus, pour prendre l’argent pour lequel il a trahi, les trente pièces de monnaie. Deux gestes. Aujourd’hui aussi, il y a deux gestes : le premier est celui de ce soir : nous tous, ensemble, musulmans, hindous, catholiques, coptes, évangéliques, mais frères, fils du même Dieu, qui voulons vivre en paix, intégrés. L’autre geste est celui d’il y a trois jours: un geste de guerre, de destruction dans une ville d’Europe, de la part de gens qui ne veulent pas vivre en paix. Mais derrière ce geste, comme derrière Judas, il y en avaient d’autres. Derrière Judas, il y avaient ceux qui ont donné l’argent afin que Jésus soit livré. Derrière ce geste d’il y a trois jours dans cette capitale européenne, il y a les fabricants, les trafiquants d’armes qui veulent le sang, pas la paix; qui veulent la guerre, pas la fraternité.

Deux gestes semblables : d’une part, Jésus lave les pieds tandis que Judas vend Jésus pour de l’argent; et d’une part vous, nous, tous ensemble, diverses religions, diverses cultures, mais fils du même Père, frères, tandis que ces malheureux achètent les armes pour détruire la fraternité. Aujourd’hui, en ce moment, quand j’accomplirai le même geste que Jésus de laver les pieds de douze d’entre vous, nous tous, accomplissons le geste de la fraternité, et nous disons tous : « Nous sommes divers, nous sommes différents, nous avons différentes cultures et religions, mais nous sommes frères et nous voulons vivre en paix ». Et cela est le geste que j’accomplis avec vous. Chacun de nous porte une histoire personnelle, chacun de vous porte une histoire personnelle : tant de croix, tant de douleurs, mais également un cœur ouvert qui veut la fraternité. Que chacun, dans sa langue religieuse, prie le Seigneur afin que cette fraternité contamine le monde, afin qu’il n’y ait pas les trente pièces de monnaie pour tuer le frère, afin qu’il y ait toujours la fraternité et la bonté. Ainsi soit-il. »

Au terme de la Messe, le Pape a ajouté les paroles suivantes :

« Je voudrais à présent vous saluer un par un, de tout cœur. Je vous remercie de cette rencontre. Rappelons-nous seulement et montrons qu’il est beau de vivre ensemble comme frères, avec des cultures, des religions et des traditions différentes: nous sommes tous frères ! Et cela a un nom: paix et amour. Merci. »