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En cette Semaine Sainte, sommet de notre foi, le pape François nous a offert ses méditations avec ses cris face à la souffrance du monde et son espérance, ses prières, son message URBI ET ORBI pour le monde.

 

Jeudi Saint

C'est à la prison de Paliano, avec des hommes et des femmes détenus et des membres du personnel pénitentiaire, que le pape François a célébré la Cène de notre Seigneur Jésus Christ, il a refait ses gestes avec beaucoup d'amour.

 

Pape François : « Au dîner, il y avait Jésus, avec eux lors de la dernière Cène, et l’Evangile dit : « sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père ». Il savait qu’il avait été trahi et qu’il allait être livré par Judas cette nuit même. « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout ». Dieu aime ainsi : jusqu’au bout. Et il donne la vie à chacun de nous, et il se vante de cela, et il veut cela parce qu’il a de l’amour : « Aimer jusqu’au bout ». Ce n’est pas facile, parce que nous sommes tous des pécheurs, nous avons tous des limites, des défauts, tant de choses. Nous savons tous aimer mais nous ne sommes pas comme Dieu qui aime sans regarder les conséquences, jusqu’au bout. Et il donne l’exemple : pour faire voir cela, Lui qui était « le chef », qui était Dieu, il lave les pieds de ses disciples. Laver les pieds était une habitude de l’époque, avant les déjeuners et les dîners, parce que les routes n’étaient pas goudronnées et les gens marchaient dans la poussière. Ainsi, l’un des gestes pour accueillir une personne chez soi, et à manger, était de lui laver les pieds. Ce sont les esclaves qui le faisaient, ceux qui avaient été réduits en esclavage, mais Jésus renverse cela et le fait lui-même. Simon ne voulait pas le faire, mais Jésus lui expliqua que c’était ainsi, que Lui était venu au monde pour servir, pour nous servir, pour se faire esclave pour nous, pour donner sa vie pour nous, pour aimer jusqu’au bout.

Aujourd’hui, sur la route, quand j’arrivais, il y avait des gens qui saluaient : « Le Pape arrive, le chef. Le chef de l’Eglise... ». Le chef de l’Eglise, c’est Jésus ; ne plaisantons pas ! Le Pape est la figure de Jésus, et je voudrais faire ce qu’il a fait Lui. Pendant cette cérémonie, le curé lave les pieds des fidèles. C’est un renversement : celui qui semble le plus grand doit faire le travail d’esclave, mais pour semer l’amour. Pour semer l’amour parmi nous, je ne vous dis pas d’aller aujourd’hui vous laver les pieds les uns les autres : ce serait une plaisanterie. Mais le symbole, la figure, oui : je vous dirai que si vous pouvez apporter une aide, accomplir un service, ici, en prison, au compagnon ou à la compagne, faites-le.

Parce que cela est l’amour, c’est comme laver les pieds. C’est être serviteur des autres. Une fois, les disciples se disputaient à propos de qui était le plus grand, le plus important. Et Jésus dit : « Celui qui veut être important, doit se faire le plus petit et le serviteur de tous ». Et cela, c’est ce qu’il a fait ; Lui, c’est ce que fait Dieu avec nous. Il nous sert. Il est le serviteur. Nous tous qui sommes de pauvres gens, tous ! Mais Lui est grand, Lui est bon. Et Lui nous aime tels que nous sommes. Pour cela, pendant cette cérémonie, pensons à Dieu, à Jésus. Ce n’est pas une cérémonie folklorique : c’est un geste pour rappeler ce que Jésus a donné...

... Après cela, il a pris le pain, et il nous a donné son Corps ; il a pris le vin et il nous a donné son Sang. Et l’amour de Dieu est ainsi. Aujourd’hui, pensons uniquement à l’amour de Dieu. »

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Et que d'autres gestes pleins d'amour et d'émotion !

Vendredi Saint

Après la célébration de la Passion de notre Seigneur Jésus Christ,
c'est au Colisée que le pape François a prié le Chemin de Croix,

Chemin de Croix qui a rassemblé pour suivre la Croix des personnes d'origines différentes :
des communautés religieuses, des familles, des personnes de pays où se vivent des conflits...

(Prière du pape François imprimable au format PDF)

« O Christ laissé seul et trahi, même par les tiens, et vendu à bas prix.
O Christ jugé par les pécheurs, livré par les chefs.
O Christ torturé dans la chair, couronné d’épines et vêtu de pourpre.
O Christ giflé et atrocement cloué.
O Christ transpercé par la lance qui a déchiré ton cœur.
O Christ mort et enseveli, toi qui es le Dieu de la vie et de l’existence...

O Christ, notre unique Sauveur, nous revenons à toi cette année aussi avec les yeux baissés de honte et avec le cœur plein d’espérance :

De honte pour toutes les images de dévastations, de destructions et de naufrage qui sont devenues ordinaires dans notre vie ;

Honte pour le sang innocent quotidiennement versé par des hommes, des enfants, des immigrés et des personnes persécutées en raison de la couleur de leur peau ou bien de leur appartenance ethnique et sociale et de leur foi en Toi ;

Honte pour les trop nombreuses fois où, comme Judas et Pierre, nous t’avons vendu et trahi et laissé mourir seul pour nos péchés, en fuyant lâchement nos responsabilités ;

Honte pour notre silence devant les injustices; pour nos mains paresseuses pour donner et avides pour arracher et conquérir; pour notre voix forte pour défendre nos intérêts et timide pour parler de ceux d’autrui; pour nos pieds rapides sur la voie du mal et paralysés sur celle du bien ;

Honte pour toutes les fois où nous évêques, prêtres, personnes consacrées, nous avons scandalisé et blessé ton corps, l’Église ; et où nous avons oublié notre premier amour, notre premier enthousiasme et notre totale disponibilité, en laissant rouiller notre cœur et notre consécration.

Tant de honte Seigneur, mais notre cœur est aussi nostalgique de l’espérance confiante que tu ne nous traiteras pas selon nos mérites, mais uniquement selon l’abondance de ta Miséricorde; que nos trahisons ne font pas disparaître l’immensité de ton amour ; que ton cœur, maternel et paternel, ne nous oublie pas à cause de la dureté de nos entrailles ;

L’espérance certaine que nos noms sont gravés dans ton cœur et que nous nous trouvons dans la pupille de tes yeux ;

L’espérance que ta Croix transforme nos cœurs endurcis en cœurs de chair capables de rêver, de pardonner et d’aimer; transforme cette nuit ténébreuse de ta Croix en aube resplendissante de ta Résurrection ;

L’espérance que la foule d’homme et de femmes fidèles à ta Croix continue et continuera à vivre fidèlement comme le levain qui donne la saveur et comme la lumière qui ouvre de nouveaux horizons dans le corps de notre humanité blessée ;

L’espérance que ton Eglise cherchera à être la voix qui crie dans le désert de l’humanité pour préparer la route de ton retour triomphal, quand tu viendras juger les vivants et les morts ;

L’espérance que le bien vaincra malgré sa défaite apparente !

O Seigneur Jésus, Fils de Dieu, victime innocente de notre rachat, face à ton étendard royal, à ton mystère de mort et de gloire, face à ton échafaud, nous nous agenouillons, pleins de honte et d’espérance, et nous te demandons de nous laver dans le bain de sang et d’eau qui sortirent de ton Cœur lacéré; de pardonner nos péchés et nos fautes ;

Nous te demandons de te rappeler de nos frères fauchés par la violence, par l’indifférence et par la guerre ;

Nous te demandons de briser les chaînes qui nous gardent prisonniers dans notre égoïsme, dans notre aveuglement volontaire et dans la vanité de nos calculs mondains.

O Christ, nous te demandons de nous enseigner à ne jamais avoir honte de ta Croix,
à ne pas l’instrumentaliser mais à l’honorer et à l’adorer,
car avec celle-ci, Tu nous as manifesté la monstruosité de nos péchés,
la grandeur de ton amour, l’injustice de nos jugements
et la puissance de ta miséricorde. Amen. »

Samedi Saint - Vigile pascale

Pape François : « Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre » (Mt 28, 1). Nous pouvons imaginer ces pas… : le pas typique de celui qui va au cimetière, un pas fatigué de confusion, un pas affaibli de celui qui ne se convainc pas que tout soit fini de cette manière… Nous pouvons imaginer leurs visages pâles, baignés de larmes… Et la question : comment est-ce possible que l’Amour soit mort ?

À la différence des disciples, elles sont là – comme elles ont accompagné le dernier soupir du Maître sur la croix et puis Joseph d’Arimathie pour lui donner une sépulture - ; deux femmes capables de ne pas fuir, capables de résister, d’affronter la vie telle qu’elle se présente et de supporter la saveur amère des injustices. Et les voici, devant le sépulcre, entre la douleur et l’incapacité de se résigner, d’accepter que tout doive finir ainsi pour toujours.

Et si nous faisons un effort d’imagination, dans le visage de ces femmes, nous pouvons trouver les visages de nombreuses mères et grand-mères, le visage d’enfants et de jeunes qui supportent le poids et la douleur de tant d’injustices si inhumaines. Nous voyons reflétés en eux les visages de ceux qui, marchant par la ville, sentent la douleur de la misère, la douleur de l’exploitation et de la traite. En eux, nous voyons aussi les visages de ceux qui font l’expérience du mépris, parce qu’ils sont immigrés, orphelins de patrie, de maison, de famille ; les visages de ceux dont le regard révèle solitude et abandon, parce qu’ils ont les mains trop rugueuses. Elles reflètent le visage de femmes, de mères qui pleurent en voyant que la vie de leurs enfants reste ensevelie sous le poids de la corruption qui prive de droits et brise de nombreuses aspirations, sous l’égoïsme quotidien qui crucifie et ensevelit l’espérance de beaucoup, sous la bureaucratie paralysante et stérile qui ne permet pas que les choses changent. Dans leur douleur, elles ont le visage de tous ceux qui, en marchant par la ville, voient leur dignité crucifiée.

Dans le visage de ces femmes, il y a de nombreux visages, peut-être trouvons-nous ton visage et le mien. Comme elles, nous pouvons nous sentir poussés à marcher, à ne pas nous résigner au fait que les choses doivent finir ainsi. Certes, nous portons en nous une promesse et la certitude de la fidélité de Dieu. Mais aussi nos visages parlent de blessures, parlent de nombreuses infidélités – les nôtres et celles des autres – parlent de tentatives et de batailles perdues. Notre cœur sait que les choses peuvent être autres, mais sans nous en rendre compte, nous pouvons nous habituer à cohabiter avec le sépulcre, à cohabiter avec la frustration. De plus, nous pouvons arriver à nous convaincre que c’est la loi de la vie, en nous anesthésiant grâce à des évasions qui ne font rien d’autre qu’éteindre l’espérance mise par Dieu dans nos mains. Ainsi sont, tant de fois, nos pas, ainsi est notre marche, comme celle de ces femmes, une marche entre le désir de Dieu et une triste résignation. Ce n’est pas uniquement le Maître qui meurt : avec lui meurt notre espérance...

« Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre » (Mt 28, 2). Subitement, ces femmes ont reçu une forte secousse, quelque chose et quelqu’un a fait trembler la terre sous leurs pieds. Quelqu’un, encore une fois, est venu à leur rencontre pour leur dire : ‘‘N’ayez pas peur’’, mais cette fois-ci en ajoutant : ‘‘Il est ressuscité comme il l’avait dit’’. Et voici l’annonce dont, de génération en génération, cette Nuit nous fait le don : N’ayons pas peur, frères, il est ressuscité comme il avait dit ! La vie arrachée, détruite, annihilée sur la croix s’est réveillée et arrive à frémir de nouveau (Cf. R. Guardini, Il Signore, Milano, 1984, p. 501). Le fait que le Ressuscité frémit s’offre à nous comme un don, comme un cadeau, comme un horizon. Le fait que le Ressuscité frémit est ce qui nous est donné et qu’il nous est demandé de donner à notre tour comme force transformatrice, comme ferment d’une nouvelle humanité. Par la Résurrection, le Christ n’a pas seulement ôté la pierre du sépulcre, mais il veut aussi faire sauter toutes les barrières qui nous enferment dans nos pessimismes stériles, dans nos mondes de calculs conceptuels qui nous éloignent de la vie, dans nos recherches obsessionnelles de sécurité et dans les ambitions démesurées capables de jouer avec la dignité des autres.

Lorsque le Grand Prêtre, les chefs religieux en complicité avec les romains avaient cru pouvoir tout calculer, lorsqu’ils avaient cru que le dernier mot était dit et qu’il leur revenait de le déterminer, Dieu fait irruption pour bouleverser tous les critères et offrir ainsi une nouvelle possibilité. Dieu, encore une fois, vient à notre rencontre pour établir et consolider un temps nouveau, le temps de la miséricorde. C’est la promesse faite depuis toujours, c’est la surprise de Dieu pour son peuple fidèle : réjouis-toi, car ta vie cache un germe de résurrection, un don de vie qui attend d’être réveillé...

Et voici ce que cette nuit nous appelle à annoncer : le frémissement du Ressuscité, Christ est vivant ! Et c’est ce qui a changé le pas de Marie Madeleine et de l’autre Marie : c’est ce qui les fait repartir en hâte et les fait courir pour apporter la nouvelle (cf. Mt 28, 8) ; c’est ce qui les fait revenir sur leurs pas et sur leurs regards ; elles retournent en ville pour rencontrer les autres.

Comme avec elles, nous sommes entrés dans le sépulcre, ainsi avec elles, je vous invite à aller, à revenir en ville, à revenir sur nos propres pas, sur nos regards. Allons avec elles annoncer la nouvelle, allons… Partout où il semble que le tombeau a eu le dernier mot et où il semble que la mort a été l’unique solution. Allons annoncer, partager, révéler que c’est vrai : le Seigneur est vivant. Il est vivant et veut ressusciter dans beaucoup de visages qui ont enseveli l’espérance, ont enseveli les rêves, ont enseveli la dignité. Et si nous ne sommes pas capables de laisser l’Esprit nous conduire par ce chemin, alors nous ne sommes pas chrétiens.

Allons et laissons-nous surprendre par cette aube différente, laissons-nous surprendre par la nouveauté que seul le Christ peut offrir. Laissons sa tendresse et son amour guider nos pas, laissons le battement de son cœur transformer notre faible frémissement.

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Pâques - Alléluia ! Le Seigneur est vraiment ressuscité !

Homélie du Jour de Pâques : Aujourd’hui, l’Eglise répète, chante et crie : « Jésus est ressuscité ! ». Mais comment cela se fait-il ? Pierre, Jean, les femmes sont allées au tombeau, et il était vide. Lui n’y était pas. Ils y sont allés le cœur fermé par la tristesse, la tristesse d’une défaite : le Maître, leur Maître, celui qu’ils aimaient tant a été exécuté, il est mort. Et on ne revient pas de la mort. Voilà la défaite, voilà le chemin de la défaite, le chemin vers le tombeau. Mais l’ange leur dit : « Il n’est pas ici, il est ressuscité ».

C’est la première annonce : « Il est ressuscité ». Puis la confusion, le cœur fermé, les apparitions. Mais les disciples restent enfermés toute la journée au Cénacle, parce qu’ils avaient peur qu’il leur arrive la même chose qu’à Jésus. Et l’Eglise ne cesse de dire à nos défaites, à nos cœurs fermés et peureux : « Arrête-toi, le Seigneur est ressuscité ! ». Mais si le Seigneur est ressuscité, comment ces choses peuvent-elles arriver ? Comment se fait-il qu’il arrive tant de malheurs, de maladies, de traite des personnes, de guerres, de destructions, de mutilations, de vengeances, de haine ? Mais où est le Seigneur ?

Hier j’ai téléphoné à un jeune homme qui a une maladie grave, un jeune cultivé, un ingénieur, et en parlant pour donner un signe de foi, je lui ai dit : « Il n’y a pas d’explication à ce qui t’arrive. Regarde Jésus sur la croix : Dieu a fait cela avec son Fils, et il n’y a pas d’autre explication ». Et lui m’a répondu : « Oui, mais il a demandé à son Fils, et le Fils a dit oui. A moi, on n’a pas demandé si je voulais cela ». Cela nous émeut, à personne d’entre nous n’est demandé : « Mais tu es content de ce qui se passe dans le monde ? Est-ce que tu es prêt à porter cette croix ? ». Et la croix va de l’avant et la foi en Jésus s’écroule. Aujourd’hui, l’Eglise continue à dire : « Arrête-toi, Jésus est ressuscité ! ». Et cela n’est pas le fruit de l’imagination, la Résurrection du Christ n’est pas une fête avec plein de fleurs. C’est beau, mais ce n’est pas cela, c’est quelque chose de plus. C’est le mystère de la pierre rejetée qui finit par être le fondement de notre existence. Le Christ est ressuscité, voilà ce que cela signifie.

Dans cette culture du rejet, où ce qui n’est pas utile est rejeté, cette pierre — Jésus — est rejetée et elle est source de vie. Et nous aussi, petits cailloux par terre, sur cette terre de douleur, de tragédies, avec la foi dans le Christ ressuscité, nous avons un sens, au milieu de tant de catastrophes. Le sens de regarder au-delà, le sens de dire : « Regarde, il n’y a pas de mur, il y a l’horizon, il y a la vie, il y a la joie, il y a la croix avec cette ambivalence. Regarde en avant, ne te referme pas ! Toi, petit caillou, tu as un sens dans la vie, parce que tu es un petit caillou près de ce grand rocher, cette pierre qui a été rejetée par la méchanceté du péché ». Que dit l’Eglise devant tant de tragédies ? Simplement ceci: la pierre rejetée n’a pas été véritablement rejetée. Les petits cailloux qui croient et qui s’attachent à cette pierre ne sont pas rejetés, ils ont un sens, et, avec ce sentiment, l’Eglise répète du fond de son cœur : « Le Christ est ressuscité ! ».

Pensons un peu, que chacun de nous pense, aux problèmes quotidiens, aux maladies que nous avons vécues ou à l’un de nos parents. Pensons aux guerres, aux tragédies humaines, et, simplement, d’une voix humble, sans fleurs, seuls, devant Dieu, devant nous-mêmes, disons : « Je ne sais pas comment cela se fait, mais je suis sûr que le Christ est ressuscité et je parie là-dessus ». Frères et sœurs, voilà ce que je voulais vous dire. Rentrez chez vous aujourd’hui, en répétant dans votre cœur : « Le Christ est ressuscité ! ».

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Bénédiction URBI ET ORBI

« Chers frères et sœurs,
Bonne fête de Pâques !

Aujourd’hui, dans le monde entier, l’Église renouvelle l’annonce pleine d’étonnement des premiers disciples : « Jésus est ressuscité ! » - « Il est vraiment ressuscité, comme il l’avait dit ! »

L’antique fête de Pâques, mémorial de la libération du peuple hébreu de l’esclavage, atteint ici son accomplissement : par sa résurrection, Jésus Christ nous a libérés de l’esclavage du péché et de la mort et nous a ouvert le passage vers la vie éternelle.

Nous tous, quand nous nous laissons dominer par le péché, nous perdons la bonne route et nous allons errant comme des brebis égarées. Mais Dieu même, notre Pasteur, est venu nous chercher, et pour nous sauver, il s’est abaissé jusqu’à l’humiliation de la croix. Et aujourd’hui, nous pouvons proclamer : « Il est ressuscité le bon Pasteur qui pour son troupeau est allé à la rencontre de la mort, alléluia ! » (Missel Romain, IV° dimanche de Pâques, Antienne de la communion).

A travers les temps, le Pasteur ressuscité ne se lasse pas de nous chercher, nous ses frères égarés dans les déserts du monde. Et par les signes de la Passion – les blessures de son amour miséricordieux – il nous attire sur son chemin, le chemin de la vie. Aujourd’hui aussi, Il prend sur ses épaules beaucoup de nos frères et sœurs opprimés par le mal sous ses différentes formes.

Le Pasteur Ressuscité va chercher celui qui est égaré dans les labyrinthes de la solitude et de la marginalisation ; il va à sa rencontre à travers des frères et des sœurs qui savent s’approcher avec respect et tendresse et faire entendre à ces personnes sa voix, une voix jamais oubliée, qui les rappelle à l’amitié avec Dieu.

Il prend en charge tous ceux qui sont victimes des anciens et des nouveaux esclavages : travaux inhumains, trafics illicites, exploitation et discrimination, graves dépendances. Il prend en charge les enfants et les adolescents qui sont privés de leur insouciance pour être exploités ; et qui a le cœur blessé par les violences subies à l’intérieur des murs de sa propre maison.

Le Pasteur Ressuscité se fait compagnon de route de tous ceux qui sont contraints de laisser leur terre à cause de conflits armés, d’attaques terroristes, de famines, de régimes oppressifs. A ces migrants forcés, il fait rencontrer des frères sous tous les cieux, pour partager le pain et l’espérance sur le chemin commun.

Dans les histoires complexes et parfois dramatiques des peuples, que le Seigneur Ressuscité guide les pas de qui cherche la justice et la paix ; et qu’il donne aux responsables des Nations le courage d’éviter l’expansion des conflits et d’arrêter le trafic des armes.

En ces temps, de façon particulière, qu’il soutienne les efforts de tous ceux qui s’emploient activement à apporter soulagement et réconfort à la population civile en Syrie, Syrie bien aimée et martyrisée, victime d’une guerre qui ne cesse pas de semer horreur et mort. Encore hier, un dernier et ignoble attentat contre les réfugiés en fuite a provoqué de nombreux morts et blessés. Qu’il donne la paix à tout le Moyen Orient, à commencer par la Terre sainte, comme aussi en Irak et au Yémen.

Que la proximité du Bon Pasteur ne manque pas aux populations du Sud Soudan, du Soudan, de la Somalie et de la République Démocratique du Congo, qui souffrent de conflits qui se perpétuent, aggravés par la très sérieuse famine qui frappe certaines régions de l’Afrique.

Que Jésus ressuscité soutienne les efforts de tous ceux qui, spécialement en Amérique latine, s’engagent à garantir le bien commun des sociétés, parfois marquées de tensions politiques et sociales qui dans certains cas aboutissent à la violence.

Qu’on puisse construire des ponts de dialogue, en persévérant dans la lutte contre la plaie de la corruption et dans la recherche de solutions valables et pacifiques aux controverses, pour le progrès et la consolidation des institutions démocratiques, dans le plein respect de l’État de droit.

Que le Bon pasteur aide la bien-aimée terre d’Ukraine, encore affligée par un conflit sanglant, à retrouver la concorde et accompagne les initiatives en vue d’adoucir les drames de tous ceux qui en souffrent des conséquences.

Que le Seigneur ressuscité, qui ne cesse pas de combler le continent européen de sa bénédiction, donne espérance à tous ceux qui traversent des moments de crise et de difficultés, spécialement en raison du manque de travail surtout pour les jeunes.

Chers frères et sœurs, cette année comme chrétiens de toute confession, nous célébrons ensemble la Pâque. Ainsi, d’une seule voix dans chaque partie de la terre résonne l’annonce la plus belle : « Le Seigneur est vraiment ressuscité, comme il l’avait dit ! ». Il a vaincu les ténèbres du péché et de la mort, qu’il donne la paix à notre temps.

Bonne fête de Pâques !

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