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Pour la quatrième fois de son pontificat, le Pape François a choisi une prison pour accomplir le rite du lavement des pieds du Jeudi Saint.

C’est à la prison "Regina Coeli" de Rome que le Souverain pontife s'est rendu jeudi 29 mars 2018 à 16h00 pour célébrer en privé la solennité de la Cène du Seigneur.
Il a rencontré des détenus malades à l’infirmerie, ainsi que des détenus de la 8ème section de la prison.


(photos du Vatican)

Au premier Jeudi Saint de son pontificat, le Pape s’était rendu à la prison pour mineurs de Casa del Marmo, puis en 2015 à celle de Rebibbia. En 2017, c’est la prison de Paliano dans le Latium qui avait reçu sa visite.

« La cérémonie du lavement des pieds n’est pas folklorique. Elle est un geste pour se souvenir de ce que Jésus a fait, après avoir pris le pain et le vin : il nous a donné l'amour de Dieu », avait alors déclaré François lors de son homélie.

Toujours attaché à vivre cette célébration du Jeudi Saint dans un lieu symbolique des périphéries humaines, outre ses fréquentes célébrations en prison, le Pape François avait aussi célébré cette liturgie dans une maison de retraite, en 2014, et dans un centre d'accueil pour réfugiés, en 2016.
Le Jeudi matin, le pape François avait présidé, dans la basilique Saint-Pierre, la traditionnelle messe "chrismale" qui donne lieu à la bénédiction de l'huile sainte servant à la célébration de certains sacrements tout au long de l'année. Lors de cette messe devant des prélats et des religieux de Rome, le pape a recommandé à ces derniers d'être « des prêtres de rue", disponibles et à l'écoute des croyants.

Très ému par l'univers carcéral, il a lavé les pieds de douze détenus issus de sept pays différents, dont deux musulmans, un orthodoxe et un bouddhiste. (Il a lavé à plusieurs reprises les pieds de croyants musulmans)

« Chacun a l'opportunité de changer de vie et ne doit pas être jugé », a souligné le pape, notant qu'il se considère lui-même comme "un pécheur"

« La peine de mort n'est ni humaine ni chrétienne ». En prenant congé jeudi de la prison romaine, le pape a estimé dans un échange avec un détenu et la directrice du pénitencier que « la peine de mort n'est ni humaine ni chrétienne », car « toute peine doit rester ouverte à l'espérance et à la réinsertion ».

Il a aussi confié qu'il devra subir l'an prochain une opération des yeux. « À mon âge, par exemple, arrivent les cataractes et on ne voit pas bien la réalité. L'an prochain, il faudra faire l'intervention », a-t-il dit.

Des visites de malades et de prisonniers, « c'est cela la prédication de l'Église ». Le pape se rend régulièrement dans des prisons lors de ses voyages à l'étranger. Il avait décrit son accueil chaleureux en janvier dans un établissement pénitentiaire pour femmes de Santiago du Chili comme son rendez-vous le plus émouvant du voyage au Chili.
« Pour moi rendre visite à des malades, aller en prison, faire sentir au prisonnier qu'il peut avoir l'espoir de la réinsertion, c'est cela la prédication de l'Église », a expliqué le pape François dans un récent livre d'entretiens. L'an dernier lors du Jeudi saint, il avait lavé les pieds de détenus repentis, notamment d'anciens mafieux, dans une prison au sud de Rome.