SteFamille-600x200

Prendre le temps d'admirer, de prier, de méditer avec deux personnages hauts en couleur : saint Pierre et l'abbé Pierre, voilà la proposition de notre curé montagnard. Et comment ne pas communier avec ces deux Pierre dans cet univers karstique de pierres entre le plateau de Castet et le Moulle de Jaout !...

Alors repartons un instant en suivant ce petit groupe et ces deux Pierre, ces deux rocs de l'engagement, avec quelques extraits, en particulier pour ceux qui n'ont pas la chance de pouvoir marcher comme nous.

 Tu cherches un point d'appui, un roc sur lequel tu bâtiras ta vie,
une parole qui balisera ta vie.
Où trouveras-tu ce roc ? Où entendras-tu cette parole ?
Je te propose de suivre Pierre, le numéro un de la bande des Douze.
De l'appel à l'envoi, du désert à l'engagement,
de l'apprentissage au service, voici dans l’Évangile le chemin de Pierre.

C'est avec un froid glacial que notre marche a commencé, alors la méditation a attendu le premier rayon de soleil, il est là, devant nous, illuminant les sommets.

Un pas décidé, ça réchauffe, alors une première pause peut être faite pour
une première prière et pour découvrir ce thème si riche, mais difficile de l'engagement.
Mais, comme nous le dit l'abbé Pucheu « Le baptême nous engage... »
(Hélas la vidéo de sa présentation n'est pas audible à cause du vent)

 

Un petit isard serait-il avec nous !
Voilà enfin le soleil pour un temps de présentation et un temps personnel.

   

Une vie ordinaire, dans un village ordinaire, avec des gens ordinaires, Simon, Jacques, Jean et les autres. La vie de tous les jours, avec ses hauts et ses bas, comme chacun les connaît. Ce jour-là, ils sont bredouilles, c'est le risque du métier. Certains soirs, le bilan de la journée est bien maigre. Un jour avec, un jour sans. Espérons... demain sera meilleur.
Et puis voilà que survient un moment extraordinaire, dans une rencontre extraordinaire, avec quelqu'un peu ordinaire. Un temps de grâce exceptionnel. Il fallait la foi et l'audace de Pierre pour l'accueillir. Ce temps est offert à sa liberté. Allait-il repartir en mer après une nuit blanche sans rien prendre ? Allait-il saisir la nouvelle chance ou sombrer dans le découragement ?

Une sacré pêche, ce Pierre !

Pierre est un fonceur. N'écoutant ni la fatigue, ni les protestations de ses frères épuisé, Pierre invite les copains à repartir en mer. Ils reprennent les filets. Ils font comme le Christ a dit. De la Parole à l'acte, comme en toute création...
Devant le succès du projet (Luc 5), ils auraient pu faire les fiers... mais Pierre tombe à genoux : « Je suis un homme pécheur ». Dieu est entré dans son histoire. Il entrevoit la distance, il prend la démesure de Dieu. En Pierre, l'amour a commencé son œuvre. Il est pris. Désormais, il marchera sur les routes du monde, il sera pêcheur d'hommes.
Pierre est pris par le regard et la parole du Christ. Il est pris par la promesse. Avant d'être pêcheur d'hommes, ne faut-il pas accepter d'être poisson ? Jésus avait jeté le filet de son amour, Pierre s'est laissé prendre. c'est l'appel.

L'apprentissage de la confiance

« Viens, suis-moi » avait dit Jésus. Sur un regard, Pierre est parti. Il ne sait pas où la route le mènera... Alors commence un temps de fabuleuses découvertes. Trois ans de camp itinérant sur les routes de Palestine. Les Douze prennent la route. Progressivement, ils s'organisent et se donnent des rôles... Jésus les conduit ; il les initie à la vie, à la rencontre des personnes et des foules, à la prière, à la recherche de Dieu ; avec eux, il fait le point de leurs découvertes. Plusieurs fois, il les envoie deux par deux, comme en explo, en avant de lui. Chacun découvre ses dons et développe ses capacités. C'est le temps de l'apprentissage.

 

 De l'appel à l'engagement

Pierre avait suivi, avec enthousiasme et peut-être un brin de naïveté.Après une année, il avait entendu les discours aux foules, les entretiens aux disciples, les paraboles du Royaume. Il avait vu les miracles, les guérisons et exorcismes, signes des temps nouveaux annoncés par les prophètes. Il avait goûté l'amitié et la tendresse, il avait appris le pardon à l'école de l'amour, il était entré dans la prière du bien-aimé. Par dessus tout, il avait découvert la confiance. C'était beau, l'appel ne l’avait pas déçu. Il fallait aller plus loin... Après l'apprentissage, voici le OUI de Pierre.

Passage au désert

Un temps de retrait, à l'écart ... Le lieu choisi est unique : une source et une montagne dans la région de Césarée de Philippe. Pas n'importe quelle source, une source du Jourdain qui évoque la source d'eau vive, la source de la vie. Pas n'importe quelle montagne, le mont Hermon qui évoque le Sinaï, haut lieu de la révélation à Moïse et à Élie. C'est là que Jésus et les Douze plantent la tente de la rencontre...
Jésus avait annoncé qu'il irait jusqu'au bout de l'amour. Pour gagner la vie, il donnerait la sienne. Et il pose aux disciples la question décisive : « Et vous ? » Une invitation à s'engager. « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » Le débat est lancé. Il faudra du temps pour que chacun donne sa réponse. C'est Pierre, une fois de plus, qui le premier se jette à l'eau : « Tu es le Christ, le fils du Dieu de vie ». Il disait OUI, il donnait sa parole. S'engager, c'est donner sa parole pour que l'autre puisse s'appuyer sur elle comme sur un roc.

Le temps du Service

Désormais, ce que Pierre a reçu, il s'est engagé à le donner. Il posera sa pierre pour le bonheur des autres. Sa vie sera utile, il en fera un service. Et pour les initier à ce service, Jésus pose un geste symbolique : il lave les pieds de ses amis. Chacun se souvient alors des Béatitudes, Jésus leur avait souvent parlé du grand bonheur promis à ceux qui font servir leur vie. Le partage des Béatitudes donne leur marche aux compagnons du Christ.

Envoyés sur les routes du monde

Trois ans ont passé. Le temps est venu de se séparer. La route continue dans l'Esprit reçu... C'est le temps de l'envoi. Routes du monde sont routes des compagnons du Christ. Elles sont routes pour la vie.

Pour nous la route va s'arrêter au-dessus des cabanes de l'Escala, dans un coin tranquille,
"notre petit désert", pour qu'un bel échange puisse continuer après le pique-nique.

Le Benedicite

Et surprise ! Bon anniversaire, monsieur l'abbé !


15 octobre 2016 Surprise par Chr-Sa-64

 

Donc très bel échange dans le groupe à partir des lectures du livret qui ont parfaitement trouvé écho dans la vie d'aujourd'hui, car... combien Pierre nous ressemble avec ses élans d'enthousiasme et de confiance, ses cris d'amour, et ses peurs qui l'amènent même jusqu'au reniement ! Ce bel échange a été aussi le fruit de la richesse du groupe aux personnalités et aux âges très variés.

Dans le livret, un texte de l'abbé Pierre, écrit dans sa jeunesse, a aussi interpelé le groupe.

L'engagement de l'abbé Pierre en 7 dessins et 7 mots clefs

Le néant d'être seul. Je marche seul. Qui suis-je ?
Seul, je réfléchis,
je suis si petit devant l'infini.
Sans l'autre, sans les autres, qui suis-je ?

Être. Quelqu'un me rejoint.
Je lui dis qui je suis. Il me dit qui il est.
Chacun se dit et écoute l'autre.
Que faire pour être ce que je suis ?

Se rencontrer. Un duo nous rejoint. Dans le duo, chacun présente l'autre.
C'est le temps de la rencontre. Nous ferons équipe et marcherons ensemble.
Nous parlons de l'amitié, des rencontres, celles qui durent
et celles qui ne durent pas, celles qui s'effacent, de celles qui restent.
Relecture de nos rencontres.

S'unir. Il y a tant à faire. Nous n'allons pa rester à ne rien faire.
S'aimer, ce n'est pas toujours se regarder,
c'est aussi regarder à deux dans la même direction.
Pour agir, l'union fait la force, la force de l'amour.
« Voyez comme ils s'aiment ! »

Se donner. Donner, c'est bien, se donner, c'est plus.
Donner son savoir, c'est partager, donner son être, c'est s'oublier.
Que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite.
Si le grain ne meurt, il ne peut porter du fruit.
Seigneur, apprenez-nous à être généreux, à donner sans compter.

S'universaliser. Chacun a son domaine et ses frontières,
ses préjugés, ses jugements tout faits.
Chaque bande défend son territoire, ses privilèges et ses avantages acquis.
Quelles sont nos frontière ? S'universaliser n'est pas perdre son identité.
C'est s'oivrir à tout homme et à tous les hommes.

S'éterniser. L'amour ne passera jamais, c'est la promesse de Dieu.
Dieu, l’Éternel Amour.
L'homme vit et meurt, mais l'amour ne meurt pas.
Dans l'amour de Dieu et des hommes,
préparons une prière.

Pour préparer chacune des étapes : un lieu, un texte, des questions.
Et pour le dynamisme de la marche : des choses à voir, des choses à faire.

... ce que je voudrais que soit la route de ma vie,
par la force de Jésus Christ, vers le Père Tout Amour,
dans le souffle et la force de l'Esprit
du Père et du Verbe s'aimant.

Mais il faut redescendre ! Le chaud soleil nous accompagne...
avec l'impression d'avoir vécu un moment très privilégié.