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1ère conférence, thème : le Pardon

à partir d'un débat filmé entre R. P. protestant, M.N. thérapeute familiale, M.B. président d'une association de victimes (son fils a été assassiné), I.le B. catholique qui est travaille auprès des prisonniers et Claire Ly rescapée des Khmers Rouges.

Quelques phrases extraites du film :

Le pardon et après ?
Les femmes très imprégnées par la religion s'en sortent plus mal que les autres.
Dans ma religion chrétienne, ça se fait dans un dialogue.
I.le B. : Il faut attendre le judiciaire et une prise de conscience pour entendre "Je ne me le pardonnerai jamais"

Le pardon à n'importe quel prix ?
Le pardon devient une farce s'il nie la culpabilité - Le pardon est la propriété d'aucune religion ; le christianisme invite au pardon mais il ne peut être à n'importe quel prix.

Claire Ly : il n'y a pas de mot pour parler du pardon dans le bouddhisme car ce qui nous arrive est le résultat de nos actes, on dit seulement enlever ou soulager la peine. (Elle s'est convertie au catholicisme) J'ai commencé mon cheminement dans la haine, parce que basculer dans la haine, c'est, dans le bouddhisme, quelque chose de très bon et je ne pouvais pas supporter toute cette violence des Khmers Rouge dans la hantise de la rendre. Mais en 2004, je suis allée avec ma fille sur les lieux mêmes où l'on a fusillé mon père et mon mari, nous avons dit le Notre Père en mettant beaucoup de temps car ce qui nous a beaucoup arrêté c'est "pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés". Alors nous nous sommes demandées "avons-nous le droit de pardonner avec tous ces morts ? Pardonner n'est-ce pas trop prétentieux ?"...

M.N. : il faut reconnaitre aux victimes des agressions sexuelles le droit de haïr car c'est un remède à la dépression. Cette haine souvent ne vient pas naturellement, il faut amener les victimes à cette haine transitoire qui permet d'accéder à la capacité de dire "je rejette ces actes que j'ai subis"...
I.le B. : mais après il faut qu'il se passe quelque chose.

Avec le pardon, le christ dit une certaine idée de l'homme qui peut donc être restauré.
La haine est le refus de la fatalité (de l'irréparable) donc avec le pardon, il y a quelque chose de possible.

Sincérité du pardon ?
M.B. : on ne peut reconstruire sa vie sans accorder le pardon au meurtrier de son enfant. Reconstruire ma famille était ma priorité, c'était plus important que cette haine qui vous ronge comme un cancer. Mépris ou haine... la haine vient du cœur, le mépris vient de la tête et l'un exclut l'autre. L'assassin de mon fils a demandé pardon parce qu'on le lui a demandé, mais ce n'est pas un vrai pardon.

Film S21 : ... jusqu'à présent, quelqu'un a-t-il dit que c'était un faute, que les deux millions de morts du peuple Khmer étaient une faute, quelqu'un a-t-il demandé pardon ? L'as-tu entendu dans la bouche des dirigeants et des exécutants ? Non, alors comment aider les familles des victimes et les survivants à retrouver la paix ? Comment savoir que c'était un crime ? Ils ne disent même pas que c'était une faute ! Ils n'ont rien à se faire pardonner s'il n'y a pas eu faute... Chacun se défausse et dit qu'il n'est pas coupable, que faire ? Je ne veux pas me venger sur ces gens, mais nous dire d'oublier parce que c'est du passé !!! Même vingt ans après,c'est douloureux et ça n'a pas "séché"...

R.P. : le Dieu de Jésus Christ est un Dieu qui pardonne de manière inconditionnelle. Dieu n'exige rien de nous, donc, s'il y a un pardon, c'est une grâce qui ne se mérite pas, qui ne récompense rien, donc il a quelque chose d'extrêmement libérateur. Mais, sous prétexte qu'il est gratuit, il ne faut pas faire n'importe quoi, au contraire, il nous responsabilise...
Le pardon est sincère pour très peu de personnes.
Clare Ly : l'essentiel est le travail de mémoire, comme dans un processus de deuil. Le pardon se reçoit.
I.le B. : Dieu pourra faire avec cette personne un chemin si la personne y travaille, il y a une co-responsabilité

M.B. : il faut être indulgent pour ce que l'on est car on est très proche du meurtrier, et peut-être qu'un jour !... Si les personnes veulent honorer leurs morts, il faut des actes positifs, ce qui n'empêche pas la colère. Si j'apprenais qu'il est devenu quelqu'un de bien, peut-être que j'accorderai ce pardon, mais il faut être deux...

R.P. : Si on aime vraiment l'homme, on peut arriver au pardon, mais est-ce qu'on en est vraiment capable ?
Claire Ly : le pardon est un acte de confiance dans l'humanité, mais on reconnait notre incapacité, alos, je mets cela dans les mains du Seigneur.

Est-il plus facile de pardonner ou de demander pardon ?
R.P. : il faut de l'humilité... Pardonner n'est pas oublier.
Claire Ly : c'est un chemin intérieur où il faut commencer par se pardonner à soi-même. Le pardon est un cadeau.

Réactions après le film :

Il y a du positif même si on n'arrive pas au pardon
Le pardon n'est pas un mot magique, il faut une prise de conscience et un minimum de dialogue et aussi la nécessité d'une punition pour l'un (mais pas de vengeance)

Abbé Pucheu : ce n'est pas parce que l'on a été coupable à un instant donné qu'on le sera toute notre vie ; c'est la dimension du pardon chrétien, on n'est pas condamné à la fatalité. Il faut différencier l'acte de la personne comme Jésus avec son regard qui ne condamne pas, même s'il a condamné des actes.

Avoir confiance dans sa propre amélioration et dans le pardon de Dieu.
Pardonner n'est pas oublier.
Le pardon est difficile mais il guérit.
Il demande la confiance dans la personne humaine.
C'est un chemin, à petits pas, où la personne n'est pas figée.
Il est libérateur. C'est un cadeau de Dieu, c'est un cadeau aux autres.

 

2ème conférence : les 40 jours du Carême

Pâques est la fête des fêtes car Jésus est le seul qui a connu la mort et la résurrection, alors que nous naissons tous (Noël)

  • Pourquoi 40 jours et pas plus ou moins ?

40 est un nombre à valeur symbolique dans la Bible, or les symboles sont des clés pour ouvrir. Si chacun interprète, il peut y avoir des confusions - il y a des écoles différentes.

40 pour les 40 jours de Jésus au désert  pour se ressourcer au début de sa vie publique. Au désert, Jésus était poussé par l'Esprit. Satan est fort, il est capable de faire miroiter des images...

Mt 4, 2 :
Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.
Lc 4,2 :
Jésus, rempli d’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable. Il ne mangea rien durant ces jours-là, et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.

Mais dans la Bible, testament signifie alliance, et amen : je crois, je suis d'accord, j'ai confiance. Dès que je le reçois, Jésus agit aussitôt en moi.

40, ce sont aussi les 40 jours et les 40 nuits sur ou vers la montagne avec Moïse ou Élie

Ex 24, 18 :
La gloire du Seigneur apparaissait aux fils d’Israël comme un feu dévorant, au sommet de la montagne. 18 Moïse entra dans la nuée et gravit la montagne. Moïse resta sur la montagne quarante jours et quarante nuits.
Ex 34, 28 :
Le Seigneur dit encore à Moïse : « Mets par écrit ces paroles car, sur la base de celles-ci, je conclus une alliance avec toi et avec Israël. » Moïse demeura sur le Sinaï avec le Seigneur quarante jours et quarante nuits ; il ne mangea pas de pain et ne but pas d’eau. Sur les tables de pierre, il écrivit les paroles de l’Alliance, les Dix Paroles.
Dt 9, 9. 18 :
Au mont Horeb vous avez irrité le Seigneur, et le Seigneur s’est mis dans une telle colère qu’il voulait vous exterminer. 09 J’étais monté sur la montagne pour recevoir les tables de pierre, les tables de l’Alliance que le Seigneur a conclue avec vous. Je suis resté dans la montagne quarante jours et quarante nuits sans manger ni boire. [...]
Je pris les deux tables ; de mes deux mains, je les jetai et je les brisai sous vos yeux. Je tombai à terre devant le Seigneur, et, comme la première fois, je fus quarante jours et quarante nuits sans manger ni boire, à cause de tous les péchés que vous aviez commis : vous aviez fait ce qui est mal aux yeux du Seigneur et ainsi vous l’aviez exaspéré.

1 Roi 19, 8 :
Une seconde fois, l’ange du Seigneur le toucha et lui dit : « Lève-toi, et mange, car il est long, le chemin qui te reste. » Élie se leva, mangea et but. Puis, fortifié par cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu.

Ou encore les 40 jours du déluge avec Noé

Gn 7, 4. 12. 17 :
Le Seigneur dit à Noé : « ... Encore sept jours, en effet, et je vais faire tomber la pluie sur la terre, pendant quarante jours et quarante nuits ; j’effacerai de la surface du sol tous les êtres que j’ai faits. » [...]
L’an six cent de la vie de Noé, le deuxième mois, le dix-septième jour du mois, ce jour-là, les réservoirs du grand abîme se fendirent ; les vannes des cieux s’ouvrirent. Et la pluie tomba sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits. [...]
Et ce fut le déluge sur la terre pendant quarante jours. Les eaux grossirent et soulevèrent l’arche qui s’éleva au-dessus de la terre.

ou avec Jonas 3, 4 :
Et Jonas se leva, et alla à Ninive, selon la parole de l'Eternel. Or Ninive était une très grande ville, de trois jours de marche. Jonas fit d'abord dans la ville une journée de marche ; il criait et disait : Encore quarante jours, et Ninive est détruite !

40 ans était le temps d'une vie humaine, les 40 jours de Jésus dans le désert représentent toute sa vie, comme s'il avait vécu 40 ans sur terre.

  • Sens du Carême chez les chrétiens :

jeûne, prière, partage pour se dévêtir du vieil homme afin de revêtir le Christ.
Pour les catéchumènes, c'est le temps de préparation, comme un temps de fiançailles.

Le jeûne : ce n'est pas une réserve pour plus tard, ce n'est pas seulement se priver de nourriture, c'est un jeûne pour le partage. Se priver pour montrer qu'on est libre par rapport à certaines dépendances, car Jésus nous invite à vivre en homme libre. Cet exercice favorise l'intériorité.

Le partage nous invite à vivre en frères, en sœurs. Tout est en vue de quelque chose, il y a toujours quelque chose à faire, même donner un simple regard, un simple sourire.

La prière est une invitation à vivre en fils de Dieu. On laisse Dieu nous remplir de sa présence dans le secret, d'où lui laisser un espace, lui qui sonde nos cœurs.

A suivi un temps d'échange autour des réactions ou des questions que chacun se pose.

3ème conférence : être témoin pendant le Carême

Isaïe 6, 1-9 :
L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler. Ils se criaient l’un à l’autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de sa gloire. » Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée. Je dis alors : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers ! » L’un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel. Il l’approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. » J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? qui sera notre messager ? » Et j’ai répondu : « Me voici : envoie-moi ! »

Isaïe voit et rapporte les paroles au peuple.

Dans le Nouveau Testament, le plus grand des témoins, c'est Jésus (Jean 14, 9) :
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.

Actes 7, 56 :
Mais Étienne, rempli du Saint-Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il dit : Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu. Ils poussèrent alors de grands cris, en se bouchant les oreilles, et ils se précipitèrent tous ensemble sur lui,…

1ère épitre de Jean 1 :
Les apôtres sont aussi des témoins et ils y ont laissé leur vie :Ce qui était dès le commencement ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et ce que nos mains ont touché, du Verbe de vie, - car la Vie a été manifestée, et nous l'avons vue, et nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la Vie éternelle, qui était dans la sein du Père et qui nous a été manifestée - ce que nous avons vu et entendu, nous nous l'annonçons, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous, et que notre communion soit avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. Et nous vous écrivons ces choses, afin que votre joie soit complète. Le message qu'il nous a fait entendre, et que nous vous annonçons à notre tour, c'est que Dieu est lumière, et qu'il n'y a point en lui de ténèbres...

La vie de témoignage consiste à voir, à toucher des réalités concrètes pour les transmettre.
Nous ! Sommes-nous prêts à quitter nos habitudes pour une liberté tranchante, sans compromission ?
Si les chrétiens vivent tranquilles dans le monde, ça devrait les interpeller, ça pourrait être qu'ils sont devenus tièdes, qu'ils ont cessé de témoigner de l’Évangile, qu'ils ont arrêté le combat, la lutte en faveur de l’Évangile. Il est donc indispensable, pour les fidèles du Christ que nous sommes, surtout dans ce temps de Carême, de nous détacher du monde pour montrer par notre vie, par notre exemple, que Jésus est vivant ...

Henri de Lubac 1896-1991) est un jésuite, théologien catholique, c'était un grand visionnnaire. Il fut condamné par l’Église pour ses affirmations (modernisme) de 1946 à 1960. Le Père de Lubac défend un catholicisme vivant, engagé dans la réalité quotidienne : seule condition possible pour qu'il trouve un nouveau souffle.
Mais après, l’Église l'a reconnu car il était dans la droite ligne de l’orthodoxie chrétienne : En 1960, il est nommé par Jean XXIII consultant (peritus) de la Commission théologique préparatoire à Vatican II. La véritable réhabilitation commence avec sa nomination en tant qu'expert du concile. Il devient alors un théologien écouté et respecté. Son influence sera surtout liée à ses publications : Catholicisme en premier lieu, mais surtout Méditation sur l’Église (1953), un livre que le futur pape Paul VI distribuait à son clergé et qui influença nombre des Pères conciliaires.
Signe supplémentaire de reconnaissance : en 1983, sa création comme cardinal.

(Donc si on veut être tranquille, ne jamais être en avance sur l’Église !!!)

Si le christianisme prospère, il peut y avoir un danger, celui de rester tranquille, de s'accommoder aux valeurs du monde, donc ça ne dérange personne. Donc attention sur cette réalité là et nous voyons qu'aujourd'hui, ce que Henri de Lubac avait dit, nous commençons à le dire. Exemple avec une croix dans un établissement public : le gouvernement avait demandait de la supprimer parce qu'elle scandalise les enfants, alors que la violence ne les scandalise pas !... Et c'est dans un tel monde qu'il faut témoigner.

Notre Seigneur Jésus est vivant et chacun de nous l'a rencontré, sinon, on n'est pas chrétien. La foi chrétienne commence par une rencontre avec le Christ. Dans les familles chrétiennes qui élèvent leurs enfants dans la foi chrétienne, les enfants doivent faire eux-même leur rencontre avec Jésus pour avoir la foi, sinon, c'est de la tradition.
Oui, Jésus est vivant, il bouge, il remue les foules. Tous ceux qui ont rencontré le Christ ne restent pas indifférents, ex. Mère Teresa. Il remue les foules à travers le monde, il nous donne envie de chanter, de danser, c'est un Christ glorifié, il nous tire de nos bas-fonds pour nous amener à la hauteur de la sainteté. Mais pour que cela s'accomplisse parfaitement en nous, il nous revient de chasser de notre environnement toutes nos ténèbres, nos mauvais penchants. Jetons dehors tous les cafards tapis dans les coins et recoins de notre vie, et donnons à Jésus Christ et à son Esprit la possibilité d'émerger en nous pour porter des fruits au monde, cela est possible. Nous le devons au nom de notre baptême et au nom de notre engagement aujourd'hui, et au nom de notre témoignage. Il nous faut être vrais, forts, travailleurs et persévérants dans la foi. Il faut éviter de nous laisser distraire par les détails. Soyons de véritables témoins de ce Jésus qui est venu ébranler les assises de la vie humaine.

Dieu nous dit comme à son prophète Jérémie 1, 10 :
« Je vous établis sur les peuples et sur les royaumes pour arracher et renverser, pour détruire et démolir, aussi bien que pour bâtir et planter. »
C'est un combat et ce combat - la lutte pour Dieu - n'est point à dissimuler, il est essentiel. De la Genèse à l’Apocalypse, ce thème revient souvent. Nous ne pouvons oublier que notre Église est militante, nous formons une "armée" pour le Seigneur. L'Église est la "milice" du Dieu vivant, milice dans laquelle nous avons été enrôlés à notre baptême et à notre confirmation... Mais jamais les "armes" de l’Église ne seront celles du siècle. Le combat que nous menons pour nous constituer témoins, c'est un combat spirituel et notre étendard est la croix. Nous sommes engagés contre les princes du monde des ténèbres, contre les êtres du mal... chacun doit conquérir sur les forces adverses sa propre liberté intérieure. C'est au cœur de chaque soldat, de chaque fidèle qu'il faut pourchasser et anéantir les démons, car on ne vient pas au Christ dans le repos et dans les délices... Donc,une vie de foi n'est pas avant tout une vie de repos ! Chez moi, si ce n'est pas clair dans la tête des catéchumènes que ça va être une lutte perpétuelle, on ne baptise pas...

En chacun de ceux qui s'appliquent à suivre le Christ, s’affrontent deux angoisses : l'angoisse chrétienne et l'angoisse mondaine, l'angoisse du péché et l'angoisse de la croix... et chacun, au niveau personnel doit combattre pour témoigner de son choix, de son baptême et dans la grâce reçue à sa confirmation, nous trouvons là une vraie spiritualité de Carême où l’Église nous invite à un combat contre le mauvais, contre le mal et le péché. Ce combat se fait dans l'accomplissement de nos devoirs et par notre témoignage personnel et collectif, c'est un témoignage qui commence depuis le pied de la montagne jusqu'au sommet. Quittons donc la plaine et surtout les marécages, et, en rangs serrés, montons vers Jérusalem où c'est bien Jésus qui nous attend. Prenons d'une main notre Bible, et de l'autre, faisons une provision de courage et de sérénité ; témoins du Christ, apprenons à compter les uns sur les autres, Jésus compte sur nous, adultes, personnes âgées comme jeunes, la victoire est au bout du sommet, elle sera en notre honneur et en l'honneur de l'Esprit qui habite en nous, Esprit du Père qui nous a recréé en Jésus Christ, le Rédempteur, lui qui règne hier, aujourd'hui et demain pour les siècles des siècles, amen.

Suite aux questions :
Témoigner c'est combattre le péché pour libérer la lumière, la vie de Dieu que nous avons reçue au baptême.
Dans cette lutte, on fait avec ce que l'on est.
Il n'y a pas un seul saint qui l'ai été sans effort.