Migrants : de l’accueil à l’intégration

Le Père Jean-Marie CARRIERE, jésuite, exégète, engagé au Service des Réfugiés

a accepté de transmettre le fruit de la réflexion de la Session du CERAS, janvier 2019,

au service de la Formation Permanente. Nous l'en remercions.

Mais tout d'abord, qu'est-ce que le CERAS ?

Voilà plus de 100 ans que le Ceras accompagne l’engagement des chrétiens, et de bien d’autres, sur les terrains sociaux, politiques, économiques, associatifs, caritatifs… Il les invite à mettre en perspective leur action et les aide à mieux élaborer leur position dans le débat public. Il contribue ainsi à faire vivre la doctrine sociale de l'Église. Depuis le début des années 60, plus d’une centaine de Centres sociaux ont été fondés à la suite du Ceras dans la plupart des pays du monde. En France, le Ceras est installé depuis plus de 10 ans en Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de France. Ce déplacement inaugurait aussi une nouvelle manière de travailler, plus proche des acteurs.
L'équipe du Ceras est composée de Jésuites et de laïcs. Son activité se répartit autour de trois missions : accompagner les associations engagées dans le champ social, mettre en débat les questions qu'elles portent notamment à travers la revue Projet, les former dans ses champs de compétences. Des stagiaires étudiants, des bénévoles, des personnes diversement associées à nos projets (membres de comités de rédaction, de comités éditoriaux) apportent au Ceras leurs compétences et leur dynamisme.


 

Le 8 février au CDB

 

Session du CERAS, janvier 2019

« On ne peut pas fermer son cœur à un réfugié ou à un migrant [quelles que soient leurs raisons de s’exiler], mais la prudence des gouvernants n’est pas moins nécessaire : nous devons être très ouverts et les recevoir, mais nous devons aussi calculer la manière de les installer, parce qu’un réfugié ou un migrant, on ne doit pas seulement l’accueillir, on doit aussi l’intégrer. » (Pape François)

Mélange de compassion et d’intelligence pratique ; compassion pour celui ou celle qui de loin qu’ils étaient sont devenus proches, sont là ; et intelligence pratique pas seulement pour trouver un lit dans lequel dormir plutôt que dans la rue, ou la meilleure procédure pour avoir des papiers, mais intelligence pratique des projets, des désirs, des potentiels au regard de ce que nous pouvons, nous, offrir concrètement, comme nous sommes, avec nos forces et nos faiblesses.
Mélange de compassion et d’intelligence pratique ; mélange de peur et de courage devant la complexité d’un projet à construire ; mélange d’amour et d’exigence.
Dès le début de la relation avec l’exilé — fut-il demandeur d’asile, migrant, réfugié — tenir un regard à la fois sur l’aujourd’hui concret, ses contraintes et ses faillites, et en même temps un regard vers l’avenir, vers demain, vers où l’on pourra aller ou pas.

L’insertion et l’intégration sont à penser dès le début de nos relations, et sont aussi importantes, pour l’avenir et pour le respect des personnes que le premier accueil qui ne dure qu’un temps.

La dernière lettre du Pape François, en janvier 2018, un véritable plaidoyer au cœur des migrations internationales, nous inscrit dans le temps de la durée : accueillir, protéger, promouvoir, intégrer.
C’est bien à un tel changement de paradigme que nous avons été invités au cours de la session. En commençant par un regard plus aiguisé qu’une simple impression de focalisation grâce à l’enquête de More in Common. Puis, en prenant une journée pour nous redire les joies et les contraintes de l’accueil, jusqu’à l’entendre de la bouche même de nos amis exilés de JRS. Ensuite, nous avons essayé d’affronter les deux points qui nous ont semblé cruciaux pour un processus d’intégration ici et maintenant : le jeu des différences, au quartier et à l’école, et entre croyants, avec les personnes de tradition musulmane. Enfin, chercher à penser l’intégration dans sa dimension de politique publique, et pressentir qu’il y a là un enjeu pas seulement français, mais aussi européen.

Cette prise de conscience, du poids des gestes d’accueil à l’accompagnement de l’intégration, nous y sommes déjà, nous l’avons bien senti. Et c’est bien pourquoi les partenaires du CERAS nous avait proposé cet enjeu et cette thématique. Nous y sommes acteurs, et les exilés et les étrangers sont aussi bien évidemment invités à y être acteurs avec nous. Un tel parcours, de eux et nous, de eux avec nous, implique une pluralité d’acteurs, et de niveaux d’action : il y va d’un jeu politique de fond, puisque la visée est bien, nous sommes d’accord, de CONSTRUIRE UN NOUS ENSEMBLE.

Au cours des interventions et de nos échanges, quelques points résonnent plus particulièrement.

1- la langue

Ismaïli, Elena, Kader nous l’ont dit : « je me suis dit, il faut que j’apprenne tout de suite la langue française ».
Car la langue, ce sont les mots que l’on n’a pas, les mots qu’on ne sait pas bien employer, les mots qui catégorisent ou enferment. Elena se lançait à nous expliquer quelque chose, et finissait en disant : « j’espère que vous avez compris, les mots me manquent ». Les mots pour dire, pour dire ce que l’on ressent ce qu’on veut expliquer, les mots pour parler (avec le guichetier ou l’assistante sociale), les mots pour se parler. « Je voudrais écrire mon histoire » disait un jeune afghan, mais je ne sais pas.

La langue, c’est aussi l’accès aux codes, comme pour ces jeunes qui n’arrivent pas à parler, qui ne peuvent pas dire ce qu’ils pensent ou veulent parce que les mots ou les codes leur manquent.
La langue, ça touche des choses profondes en nous, des images, des représentations, des manières d’être qui passent à travers les mots et les phrases. Et puis, au fond, c’est bien par la langue que nous pouvons tenter d’offrir aux autres le sens de l’héritage qui est le nôtre, à nous français, à nous les exilés —  comme dans le prêche en français puis en arabe.

Il ne s’agit pas seulement, nous l’avons compris, que les exilés apprennent notre langue ! Mais on pourrait avec Ricoeur réfléchir à la question de la traduction, de notre langue vers la leur, de leur langue vers la nôtre. Plus encore, peut-être devons-nous à certains moments lâcher nos mots habituels — non pas la langue, mais les mots — pour chercher entre nous les mots qui circuleront, et qui permettront de construire un NOUS !
Dimension politique aussi. On se représente souvent, surtout quand on parle migrations, le bien commun d’une communauté nationale, social, économique, culturel, comme un gâteau : évidemment, comme le gâteaux n’est pas extensible, il y a des problèmes de partage, « ils viennent prendre notre part de gâteau ». Mais le bien commun d’une communauté politique, c’est bien plutôt sa langue ! Et, de fait, une langue, plus on la parle, mieux elle se porte !

2- Si nous voulons construire un nous ensemble, nous ne pouvons pas raisonner en termes de eux et nous, de cette dissymétrie qui tendent à établir les différences.

Ce qui paraît plus utile, et qui permet de jouer la mondialisation par le bas, comme nous avons entendu, ou d’avancer par les petits pas depuis le bas comme on l’a vu pour l’école, ce sera plutôt d’affronter ensemble les questions de la vie, parce ce qu’elles sont les nôtres, et aussi les leurs : il importe de le reconnaître, d’en prendre conscience et de jouer à partir de là. Par exemple, les questions de pédagogie à l’école ; ou bien la vie dans les quartiers : leurs questions et leurs attentes sont aussi les nôtres, et ils ont quelque chose à dire là-dessus. Nous avons noté que les politiques urbaines ne se préoccupaient beaucoup de ce que signifiait concrètement « habiter » pour les habitants de tel ensemble : voilà une question commune, travaillons-la ensemble. Car c’est ainsi que se construit un commun solide.

3- Si nous voulons construire un nous ensemble, il nous faut aussi des personnes-relais, des personnes qui font le pont, des médiateurs, ou médiatrices, car souvent les femmes sont de très bonnes médiatrices, à travers les repas partagés, ou les soucis et l’entraide au quotidien.

Des personnes-relais, et aussi des événements qui fabriquent du commun. Un projet partagé, une fête de quartier, toutes ces occasions où les uns et les autres peuvent s’investir, où au fond « on a besoin de toi », le disc-jockey, le sportif, le troubadour qui
raconte des histoires… Dans ces événements, quelque chose est partagé, il y a déjà du commun. Et après, on en reparle, on raconte, et voilà une histoire qui se construit ensemble.
Des choses comme cela, qui fabriquent du commun au plus ras des pâquerettes, vous les pratiquez déjà. Notons que ce sont des choses dont on parle, dont on reparle, au niveau local, et qui vont franchir un seuil, et passer au niveau de la commune, dans une dimension  de politique locale. Notons aussi que ces choses dont on parle portent témoignage de ce qui est possible, surtout lorsqu’elle s’inscrivent dans une durée : cela attire et souvent convertit les regards.
 
4- Et puis, quatrième et dernier point dans ce que nous avons entendu, la mixité.

Nous en avons pas mal parlé, et ce n’est évidemment pas sans lien avec l’enjeu de la rencontre des différences. Nous le savons, ce dont il s’agit là, c’est de la rencontre de l’autre. Et la rencontre de l’autre, c’est une violence, parfois une agression, pensons aux voisinages dans les quartiers. La rencontre de l’autre, cela provoque de l’agressivité, cela engendre la suspicion, du niveau local jusqu’aux mises en oeuvre des politiques publiques.
Comment faire un NOUS ensemble avec cette violence et tout ce qu’elle emporte et provoque ? Une volonté d’être dans une attitude d’ouverture, une compassion n’y suffisent pas toujours… Cette violence, il nous faut apprendre à la traverser, et à la traverser ensemble. Et puis, il faut tenir compte des fragilités des uns et des autres, les nôtres comme les leurs, et savoir accompagner patiemment ces traversées.

Bien évidemment, nous n’avons pas pu tout faire, tout discuter ! 

Au tout début de la réflexion de l’équipe du CERAS, nous pensions à un titre comme « Peut-on accueillir tout le monde ? », qui demande un travail sur les phénomènes migratoires, sur les politiques de contrôle des frontières, sur les politiques migratoires en Europe. C’est une vraie question, pour laquelle la présence d’avis et d’attitudes un peu clivants pourraient aider à avancer. Car nous savons que c’est aussi le contexte dans lequel nos engagements se déploient, dans les paroisses, les diocèses, ou les communes et les régions. Nous nous y tenons comme des résistants, contre les mensonges, les cynismes et les peurs. Un combat usant.

Peut-être aussi, nous n’avons pas suffisamment honoré la dimension européenne de notre thème.

En somme, continuons à avancer et à chercher ensemble !

 

L'étranger, un prochain ?

Quatre méditations

Le premier texte est extrait de « La nuit de la fuite ». Histoires de réfugiés en Italie

(Desclée de Brouwer, Paris 2009).

Les trois textes suivants sont de J.-M. Carrière.

Texte complet ICI

Quelques extraits :

1

Tout ce que j’imaginais ne pouvait être plus éloigné de la cruelle réalité de cette nuit-là. Bientôt, je devrais lâcher Marianna parce que je devais m’enfuir, et je ne pouvais rien faire d’autre : j’étais menacée par les guerilleros, j’étais la n-ième victime de la guerre en Colombie...

Ce fut un cauchemar. J’étais dans un pays étranger, sans même en connaître la langue, sans aucun repère. Et surtout, sans Marianna.

A peine arrivée en Italie, je ne savais qu’une chose : je devais demander l’asile poli- tique. Je ne m’attendais pas à une attente aussi longue et difficile. Mais je savais que comme réfugiée je pourrais trouver un travail et une maison, et commencer les procédures pour que Marianna me rejoigne.

Toute mon espérance était là : vivre de nouveau avec ma fille, la mettre en sécurité et lui procurer un avenir serein...

Le moment où nous nous sommes retrouvées à l’aéroport a été très différent de ce que j’avais imaginé. Pendant que j’étais en Italie, j’avais pensé qu’il suffirait que je l’embrasse, et que tout redeviendrait comme avant.En fait, vingt-sept mois passés loin l’une de l’autre, c’était très long, surtout dans la vie d’une petite fille de deux ans : presque la moitié de toute sa vie.

La tenir contre moi relevait du miracle, mais pour elle, c’était une occasion de plus d’être mal à l’aise, après avoir été séparée de la personne à qui elle était habituée et qu’elle voyait tous les jours, et puis après un long voyage...

2

... Partir, pour nous les exilés, tout quitter, les abandonner tous, nos amis, nos parents,  ça nous pousse — non sans douleur — à construire autrement des relations, à recoudre autrement les fils des relations ? Avec les nôtres, mais aussi avec d’autres, des étrangers chez qui l’on voudrait essayer de demeurer. A condition, bien sûr, que ces autres-là, dans le pays d’arrivée, soient capables d’entrer en relation avec nous, les exilés. C’est notre
plus grand espoir...

Comment oublier la réalité ? Depuis toujours, ce n’est pas le pain qui va vers les pauvres, mais ce sont les pauvres qui accourent vers le pain ; depuis toujours, quand les hommes ont l’espoir de trouver ailleurs une vie meilleure, ils sont prompts à tenter l’aventure de la migration, malgré les difficultés lourdes et graves. C’est notre destin, et peut-être notre chance, à nous les exilés.

Nous comprenons sans difficulté que la présence des étrangers provoque aussi en eux des craintes et des peurs, parce que l’autre est vraiment et radicalement autre pour eux, parce qu’il était loin et que maintenant il est proche, parce qu’il était inconnu et que maintenant il est à côté d’eux… C’est un fait que la présence d’un étranger — de lointain devenu physiquement et socialement proche — pose une question : parce que, c’est sûr, il nous manque un terrain commun, sur lequel nous pourrions fonder une entente et une connaissance mutuelle. Ce qui naît spontanément devant l’étranger est la peur, nous le savons, nous l’avons vu. La peur ne doit pas être méprisée, ni minimisée, mais prise au sérieux et affrontée pour la comprendre et la vaincre.

Mais ont-ils aussi perçu notre peur à nous, les exilés, la peur de qui arrive dans un monde inconnu, où nous ne sommes pas chez nous, un monde dont nous ne connais- sons rien ou presque, un monde qui ne nous offre guère de protection. Deux peurs l’une en face de l’autre. Il ne suffit pas d’évoquer des raisons idéologiques, des principes religieux ou éthiques pour l’exorciser, la peur : elle doit être considérée comme conscience de la distance, de la diversité, de la méconnaissance, et par là du manque de confiance. La peur de l’autre est un sentiment paralysant, qui ne peut être surmontée qu’en étant assumée, non en étant niée...

Mais aussi ils sont nombreux ceux d’ici qui savent garder leur porte ouverte. Si un seuil est nécessaire, ils témoignent qu’il est possible de choisir d’accueillir celui qui arrive avant même de le connaître...
Leur parole se laisse traverser par une parole autre. Par où on en arrive à exprimer des pensées qu’on n’avait encore jamais eues.
Leur hospitalité vient d’ailleurs et va ailleurs. Lorsqu’ils nous font place, à nous les exilés venus de loin, notre présence partagée élargit nos demeures et nos horizons.

Et vient entre nous la joie…

3

(Après des exemples de rentres de Jésus)

... Nous pourrions encore donner la parole à quelques autres, que Jésus de Nazareth a rencontrés sur sa route. La sienne, de route, semblait aller un peu au hasard, sans but dé- terminé, même si elle n’a guère quitté la Galilée avant le pèlerinage à Jérusalem. Comme si l’itinérance, sans toit ni foyer, était le principe même de ses cheminements. Ceux et celles qui nous ont raconté leur rencontre avec le rabbi de Galilée n’étaient pas des proches, il y avait même des différences un peu fortes entre eux et lui : de culture, de nationalité, de langue, de religion. Pas des prochains, des étrangers. Mais l’itinérance du Galiléen le met de fait en position de demandeur, en position vulnérable, et elle appelle une hospitalité réciproque. Et voilà que devient possible, et heureuse, une rencontre à hauteur d’homme.

4

« Vous qui étiez loin, vous êtes devenus proches » écrit Saint Paul dans sa lettre aux Éphésiens. De quelle expérience parle-t-il ?

Saint Paul ne pouvait guère imaginer l’expérience des migrants d’aujourd’hui, même s’il a lui aussi parcouru des milliers de kilomètres, en Asie Mineure — la Turquie — et en Grèce ; comme ceux et celles d’aujourd’hui qui nous deviennent proches en ayant par- couru des milliers de kilomètres depuis l’Afghanistan ou à travers le désert libyen. Point de barrières, du murs, de contrôles sophistiqués de son temps : Paul marche sur les routes romaines, tout à fait légalement, de ville en ville : il n’est pas un irrégulier. Ce qui dynamise son mouvement et ses déplacements, c’est le feu d’une rencontre, en laquelle la « puissance de la Résurrection », comme il l’appelle, a ouvert en lui et en beaucoup d’autres des chemins inimaginés de vie et d’espérance. Comme l’espérance et la foi qui anime les exilés d’aujourd’hui...

C’est la dignité intrinsèque de chaque être humain qui fonde notre proximité avec les autres, et particulièrement les étrangers et les exilés, et appelle à leur égard le respect. Nous l’affirmons clairement, c’est par là que commence la Charte des Droits de l’Homme. Pour Lévinas, alors, « le lien avec autrui ne se noue que comme responsabilité ; que celle-ci, d’ailleurs, soit acceptée ou refusée, que l’on sache ou non comment l’assumer, que l’on puisse ou non faire quelque chose de concret pour autrui ». Si la reconnaissance effective de la dignité de chacun constitue le point de départ de notre responsabilité à faire de tout un chacun non un étranger mais un prochain, nous constatons, devant les attitudes et les politiques problématiques vis-à-vis des étrangers, qu’il nous manque la manière dont ce point de départ nous permet de construire nos relations à ceux qui sont loin et qui sont devenus proches...

C’est la parabole du jugement, de ce moment qui révèle la vérité de ce qui se passe hier, aujourd’hui et demain, qui offre les chemins de cette reconnaissance : non seulement de la dignité de tout être humain, mais aussi la reconnaissance de la foi et de l’espérance qui l’habite.

Pratiquement, se rendre proche :

«  J'ai eu faim et vous m'avez donné à manger ; j'ai eu soif  et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger et vous m'avez recueilli ; nu, et vous m'avez vêtu ; malade, et vous m'avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi ».

Pratiquer l’hospitalité, accepter d’être proche, voire même se rendre proche : ce n’est pas là seulement initiative de notre part, en direction de l’étranger que nous voulons voir comme un prochain ; c’est aussi affaire de réciprocité, comme l’évoquait Saint Augustin : « Il se peut que ton hôte soit un saint : si alors il a besoin de pain, tu as besoin, toi, de vérité ; s’il a besoin d’un asile, toi, tu as besoin du ciel ; s’il a besoin d’argent, toi, tu as besoin de justice. »

L’étranger un prochain ? Alors Dieu, qui n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, sera aussi notre Dieu, Dieu partagé entre celui qui est loin et celui qui est proche.

 

Quelques documents ont été projetés illustrant ces points résumés ci-dessous dans "à retenir"

 

JUIN 2018. Perceptions et attitudes des catholiques
de France vis-à-vis  des migrants.

À retenir.

1 - L’opinion catholique est moins divisée sur la question migratoire qu’elle  est ambivalente. Deux groupes ont des opinions tranchées, soit en faveur de l’accueil (les catholiques multiculturalistes, 21 % de la population catholique) soit contre l’accueil (les catholiques nationalistes, 15 %), mais ils ne sont pas majoritaires. Beaucoup de catholiques ne  se reconnaissent pas dans ces deux groupes.

2 - Un tiers des pratiquants se sentent en insécurité culturelle. Ils ont le sentiment que l’Islam occupe une place et une infuence de plus en plus importante, ce qui suscite en eux de l’inquiétude.

3 - Quelles que soient leurs perceptions des migrants, les catholiques donnent : leur engagement n’est pas toujours déterminé par leurs attitudes. Un catholique sur deux a fait un don ou une action en faveur des migrants depuis un an. Une proportion qui reste élevée, même parmi les groupes les plus hostiles à l’accueil de l’étranger.

4 - Une majorité se dessine en faveur de l’accueil. 61 % refusent la fermeture totale des frontières et 71 % soutiennent l’intégration par le travail.

5 - Les catholiques qui entretiennent une relation apaisée avec leur identité chrétienne sont plus susceptibles d’accueillir des migrants : ceux qui assument le fait de vivre dans une société multiconfessionnelle sont  plus hospitaliers, sans que leur foi soit moins vivante.