SteFamille-600x200
PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU


♦ Quatrième semaine : quelle liberté ?

  • Une loi de liberté !

Quand nous disons à nos amis que nous sommes chrétiens pratiquants, ils se font tout de suite des idées : ils pensent que nous suivons des règles bien précises un peu artificielles et que nous avons perdu notre liberté. Heureusement, ce n’est pas comme ça que nous voyons les choses. C’est bien par notre liberté profonde que nous sommes à l’image de Dieu.

Dans cette vidéo, frère Jean-Marie Gueullette fait un pas de plus dans la pensée de saint Thomas d’Aquin, ce grand docteur de l’Église. Pour lui nous sommes à l'image de Dieu quand nous agissons de manière vraiment authentique.

Retour chez saint Thomas, (Prologue de la IaIIæ de la Somme Théologique), qui affirme que ce sont en nous intelligence, libre arbitre et pouvoir d’action qui sont les signes que nous sommes à l’image de Dieu.
L’homme est fait à l’image de Dieu : il faut entendre par là qu’il est doué d’intelligence, de libre arbitre et d’un pouvoir d’action qui lui appartient en propre. Nous devons, après avoir traité de Dieu, aborder maintenant ce qui concerne son image, l’homme, selon que lui aussi, l’homme est le principe de ses propres actes, grâce à l’arbitre et à la puissance qu’il exerce sur ses œuvres.

Titulaire d'un doctorat en médecine et d'un doctorat en théologie catholique, frère Jean-Marie Gueullette a obtenu l'habilitation à diriger les recherches en histoire moderne. Actuellement au couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon, il enseigne la théologie morale à l'Université Catholique de Lyon.

  • Ai-je ou suis-je un corps ?

Le frère Jean-Baptiste Rendu est titulaire d'une licence canonique en théologie à l'Université de Fribourg (Suisse). Actuellement au couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon, il est aumônier de lycée et accompagne un groupe Even. Il est aussi responsable de Jubilatio-Jeunesse-Dominicaine, qui promeut les événements de la Province Dominicaine de France à destination des étudiants et jeunes pro (18-35 ans).

Frère Jean-Baptiste : « Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est le plus beau ! »
Voix off : c’est toi Jean Baptiste… mais je ne vais pas te mentir, si tu ne fais pas un peu plus de sport et que tu ne manges pas un peu plus de protéines…ne revient pas me poser la question !
Frère Jean-Baptiste : Bon, moi je crois que je vais changer de miroir…

Et oui, nous le savons bien, le paraître l'emporte souvent sur l'authenticité, l'apparence physique a pris beaucoup d'importance. Longtemps caché et diabolisé, notre corps est désormais notre carte de visite : ce corps est mien, je suis mon corps. Toutefois, aussi étrange que cela puisse paraître, nous considérons que ce corps ce n’est pas vraiment moi, c’est un autre que moi. C’est le « corps objet », ce corps idéalisé des tops modèles, médiatisé à outrance dans la publicité.
Ce corps que je suis prêt à faire suer à tout prix pour garder la ligne, mais qui, parfois aussi me fait suer…, ce corps qui me fait mal, qui fait souffrir…. Un corps, qui dans ces circonstances, j’aimerais bien pouvoir oublier et, si je le peux, m’en libérer !

Alors, suis-je un corps ou ai-je un corps ?
Une telle question met en jeu notre conception de l’homme, autrement dit une anthropologie. Et si l’on regarde de près l’histoire de la pensée, on peut constater différentes manières de définir ce qu’est l’être humain, ce composé de corps et d’esprit.
Nous avons le dualisme qui défend la thèse que l’homme est une « dualité irréconciliable de substances », à savoir le corps et l’esprit. Et selon que l’on soit platonicien ou cartésien ce dualisme se conçoit différemment :
- Pour un platonicien, le corps est la propriété de l’esprit : « je suis un esprit qui possède un corps et le dirige ».
- Pour un cartésien, en revanche, ces deux principes sont comme « mêlés et fondus » ensemble : « l’esprit n’est pas logé dans le corps comme un pilote dans son navire », affirmera Descartes ! « En effet, poursuit-il...

Voix off : « si un bateau percute un iceberg et cela crée un trou dans la coque seul le bateau est touché, le pilote ne ressent aucune souffrance physique à l’égard de cette blessure dans la coque du bateau. »
Et pourtant c’est bien le pilote et le navire qui sont en péril. Ainsi Descartes soutient l’idée que bien qu’ayant un corps, on peut dire aussi que je suis un corps !

A l’opposé de ce dualisme, nous avons le monisme, qui, quant à lui, défend la thèse que l’homme est composé d’une seule et unique substance, le corps ou l’esprit. Les petites sœurs du monisme sont donc le matérialisme (l’homme n’est que son corps), pour lui je ne suis qu’un corps, et le spiritualisme (l’homme n’est que son esprit), pour lui je ne suis qu’un esprit

Des anthropologies que l’on peut retrouver dans le transhumanisme, ce mouvement qui pense l’homme 2.0, une vision de l’homme où coexiste aussi bien une vision matérialiste (l’homme et la machine ne font qu’un) qu’une vision spiritualiste (l’homme du XXIème siècle doit-être augmenté, un vivant sans limites, qui doit s’extraire de ce corps qui, précisément, le limite dans sa condition humaine).

Alors ai-je un corps ou suis-je un corps ?
Ce détour par la philosophie nous montre bien que la réponse à cette question n’est pas si simple. Sans chercher à prendre parti pour l’un ou l’autre philosophie, l’anthropologie chrétienne postule l’unité essentielle du corps et de l’esprit. Il s’agit d’une anthropologie duelle : l’être humain est un esprit uni à un corps.
Je ne suis pas seulement mon corps, mais je ne peux pas me penser sans mon corps. Je ne peux pas réduire mon identité à mon corps.

Voix off : Et Dieu dans tout ça ? Y a-t-il une théologie du corps ?
Façonné par Dieu, ce corps qui est le mien est la « charnière du salut », comme le dit Tertullien.
Dieu s’est fait chair, il a pris un corps, pour habiter notre monde et sauver l’humanité. Le corps est donc le chemin que Dieu a pris pour sauver les hommes. Mais en sens inverse le corps est aussi le chemin de l’homme vers Dieu, car selon St Paul, c’est dans notre corps qu’il nous faut glorifier Dieu (Rm 12,1).

 

♦ Troisième semaine : Être humain, à l'image de Dieu

  • Homme et femme à l’image de Dieu ?

C'est l'homme, ou c'est la femme qui est à l'image de Dieu ? Que dit vraiment la Genèse ? Si on scrute le texte avec attention, si on observe les mots hébreux, on peut être surpris !

Frère Grégoire nous montre que l'homme et la femme, ensemble sont à l’image de Dieu. C'est par leurs différences et par leur capacité de création qu'ils sont le miroir de Dieu.
Avec cette lecture originale, frère Grégoire propose une autre perspective sur ces questions de société si importantes. Proche du texte, il nous partage avec enthousiasme une méthode savoureuse pour lire la Bible.

Le frère Grégoire Laurent-Huyghues-Beaufond dominicain de la Province de France a suivi ses études de théologie à Lille et à Fribourg (Suisse). Titulaire d'un Master en théologie, il s’est spécialisé dans l’Ancien Testament et vit actuellement au couvent du Saint Nom de Jésus à Lyon.
  • L'homme à l'image de Dieu, en quoi ?

Dans cette discussion, presque une disputatio, les frères Jean-Marie Gueullette et Jean-Baptiste Rendu nous présentent les réponses de deux géants de la théologie chrétienne : saint Augustin d'Hippone et saint Thomas d'Aquin. Chacun a sa manière de parler. Chacun essaie de mettre des mots sur cette réalité.

Suivez toutes les séries ThéoDom sur www.theodom.org 

Titulaire d'un doctorat en médecine et d'un doctorat en théologie catholique, frère Jean-Marie Gueullette a obtenu l'habilitation à diriger les recherches en histoire moderne. Actuellement au couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon, il enseigne la théologie morale à l'Université Catholique de Lyon.

L’homme est créé à l’image de Dieu, la Bible le dit, donc la théologie chrétienne le dit. Cela se corse quand on se demande en quoi il est à l’image de Dieu, qu’est-ce qui dans l’homme révèle cette image ? Deux géants de la théologie occidentale donnent une réponse différente. Chez Augustin c’est la triade mémoire, intelligence, volonté qui est à l’image de la Trinité, chez S. Thomas, c’est l’intelligence, le libre arbitre et le pouvoir d’action qui est à l’image de Dieu.
Ces deux approches ne peuvent être unifiées ou rendues compatibles entre elles : cela ne signifie pas que l’une des deux est fausse. Ce sont des manières différentes de se représenter l’homme à l’image de Dieu, chacune permet de penser certaines choses et pas d’autres. N’oublions pas que lorsque le texte biblique parle de l’homme à l’image de Dieu, c’est à une époque où une telle expression ne désigne pas la Trinité. Ce sont les chrétiens, comme Augustin par exemple, qui interpréteront ce texte ainsi.

Pour vous, en quoi sommes-nous à l’image de Dieu ? Ce n’est pas si évident... Pour certains, Dieu est tellement différent que nous ne pouvons être à son image d’aucune manière. Dites ce que vous en pensez sur le forum. Il est déjà bien riche de vos réflexions !

 

♦ Deuxième semaine : Retour aux origines

  • L'humain, un animal comme les autres ?

Aujourd’hui, on entend souvent que l’homme est un animal comme les autres. L’étude des gènes, de la biologie ou des comportements peut aller dans ce sens. Les mentalités évoluent et elles font changer les lois. Ainsi, nous donnons toujours plus de valeur aux animaux et nous ne nous percevons plus de la même manière comme êtres humains.

Dans cette vidéo, frère Jean-Marie Gueullette présente, avec beaucoup de finesse, quelques arguments qui soulignent combien les humains restent uniques dans le règne animal.

Grâce à l'étude des animaux, l'espèce humaine enrichit la connaissance qu'elle a d'elle-même. Mais c'est aussi le cas de la théologie : l'étude de Dieu nous aide à mieux nous connaître ! Cette semaine encore, la lecture de la Bible, la prière ou la vie chrétienne vous ont-ils aidés à découvrir votre identité profonde ?

 

Si saint Thomas place l’homme dans un statut absolument spécifique parmi les créatures, ce n’est pas pour autant qu’il le considère comme totalement différent des animaux. Bien au contraire, il nous donne le moyen de penser que nous avons beaucoup en commun avec les animaux, ce qu’il appelle les puissances végétatives et sensibles de l’âme : notre capacité à vivre, à nous reproduire, à nous maintenir dans la vie, à nous déplacer, à être sensibles au monde et à réagir à ce que nous percevons. La différence réside dans le fait que ces capacités sont placées chez l’homme sous le gouvernement d’une dimension de l’âme que les animaux n’ont pas, l’âme rationnelle, c’est-à-dire l’intelligence qui nous permet de penser de façon abstraite et la volonté qui nous permet de désirer et d’agir intelligemment.
C’est une pensée complexe, mais qui nous permet de dire que nous avons beaucoup en commun avec les animaux sans être pour autant des animaux parmi d’autres.

  • Le péché a tout cassé ?

« Adam et Eve dans un jardin, c’est un conte pour enfant ! A-t-on encore besoin du mythe du péché originel ? » C'est parfois ce que l'on entend. Et pourtant, les premières pages de la Bible nous disent quelque chose de profond sur le mal qui existe en chacun de nous.
Quand saint Paul évoque notre solidarité avec le péché d’Adam, il nous parle aussi du Salut apporté par le Christ. Quelle bonne nouvelle !

Avec son petit accent so british, frère Matthew Jarvis nous explique ce mystère. Ancien étudiant à Cambridge et à Oxford, il travaille actuellement sur les Pères de l’Église, dont il nous partage les trésors.

Pour beaucoup de gens, le péché originel peut être un dogme effrayant et pessimiste sur la nature humaine. Et en plus, on peut penser que c’est dépassé depuis que Darwin (un anglais comme moi) a remis en cause l’idée que Adam et Eve aient réellement existé.
Est-ce que vous connaissez Chesterton, un écrivain anglais du début XXe, qui s’est converti au catholicisme ? « Original sin [...] is the only part of Christian theology which can really be proved ». « Le péché originel est la seule partie de la théologie chrétienne qui peut vraiment être prouvé ». (Orthodoxy, ch.2) Il vous suffit d’ouvrir vos écrans et de lire les infos pour voir les dégâts causés par les hommes. Notre nature humaine est vraiment triste à voir.
Mais déjà, il me suffit de regarder en moi-même pour m’en rendre compte. C’était d’ailleurs l’expérience de saint Paul, qui écrit aux Romains : « vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l'accomplir, puisque le bien que je veux, je ne le fais pas et le mal que je ne veux pas, je le fais. » (Romains 7,18-19) Faire le mal et ne pas faire le bien: voilà le péché dans mon propre cœur.  
Mais si le péché existe d’où vient-il ?
On a été créés à l’image de Dieu, créés bons, puisque Dieu est bon. Alors pourquoi est-ce si difficile de faire le bien ?
Le péché originel, c’est un peu la réponse à cette question.
Saint Athanase [un père de l’Église, évêque d’Alexandrie en Égypte au IVe siècle] a trouvé une belle image pour l’expliquer. Imaginez un peintre qui a peint un beau portrait. Malheureusement le portrait s’est abîmé. Et bien le péché originel, c’est la même chose. Dieu nous a créés bons, à son image, mais nous nous sommes abîmés. (Athanase, Sur l’Incarnation du Verbe, 3.14.)
La Bible aussi en parle en image. Vous vous souvenez, le serpent qui tente Eve et Adam pour leur faire manger le fruit défendu. Et bien, comme le dit le catéchisme de l’Église catholique, ce récit « utilise un langage imagé » pour « affirmer un évènement primordial » : A l’origine, l’homme libre s’est détourné de Dieu, il a préféré se tourner vers une créature, choisir un petit bien (le fruit) à la place de la source de tout bien (Dieu). Et par orgueil, il a voulu supplanter Dieu, être son égal par ses propres forces. Et en faisant cela il s’est blessé, il a abîmé ce qui était à l’image de Dieu en lui. Et c’est le début d’une longue histoire pleine de violence et de mort, dans laquelle tous les êtres humains sont impliqués.
Mais comment est-ce que nous sommes impliqués dans ce premier péché? C’est surtout saint Paul qui va nous aider à entrer plus profondément dans ce mystère. Voici ce qu’il écrit sur ce péché originel : « par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort est passée en tous les hommes, du fait que tous ont péché » (Romains 5,12).
Dit comme ça, ça peut sembler terrible, hyper pessimiste. Si on reprend l’image d’Athanase, autant jeter le tableau abimé à la poubelle. Mais avec Athanase la fin est plus sympathique : le peintre n’abandonne pas son œuvre, il préfère demander au modèle de revenir. Et il restaure la peinture abimée à partir du modèle. Or le modèle c’est le Christ, l’homme parfait, l’image parfaite de Dieu.
Et c’est d’ailleurs (évidement) ce que veut dire saint Paul. Pour lui, nous sommes en quelque sorte tous solidaires dans le péché, mais davantage tous solidaires dans le Christ : « De même en effet que tous meurent en Adam, ainsi tous revivront dans le Christ. » (1 Corinthien 15,22). En fait, grâce au Christ, saint Paul est très positif. Il dit ailleurs : « mais où le péché s'est multiplié, la grâce a surabondé » (Romain 5,20).
En effet on ne peut pas parler du péché originel sans parler du Christ. C’est lui qui nous révèle l’ampleur du problème tout en nous révélant la grandeur de la solution : Dieu s’est fait homme pour nous sauver du péché originel et de la mort.
Vous connaissez l’histoire du Bon Samaritain, c’est Jésus qui la raconte (Luc 10). C’est l’histoire d’un homme qui se fait agresser par des voleurs, avant d’être sauvé par un Samaritain. Saint Luc écrit que l’homme est laissé à moitié mort. Voici l’interprétation qu’en fait Bède le Vénérable, un moine anglais qui a vécu juste avant l’arrivée des Vikings (Homélie pour la journée des rameaux, 3.105). Cet homme blessé, c’est Adam. Il a été dépouillé, il a perdu la grâce que Dieu lui avait donné, et sa nature est fort blessée.  Mais il n’est qu’à moitié mort. L’image de Dieu en lui n’a pas été complètement effacée. Et le Samaritain qui le sauve, c’est le Christ. Il lui rend la vie, il lui rend la ressemblance avec Dieu.
Autrement dit, le péché originel, c’est le fait que nous avons perdu la ressemblance avec Dieu. Mais il ne faut pas trop exagérer, comme dans les interprétations trop sévères de Luther, Calvin et les jansénistes. Eux croient que l’homme, abimé par le péché ne peut plus faire de bonnes actions naturelles sans l’aide de Dieu, qu’il ne peut plus connaître Dieu par la raison naturelle et, même, qu’il a perdu sa liberté. Dans ce cas l’homme de la parabole du Bon Samaritain ne serait pas qu’à moitié mort, il serait complètement mort. Pour un catholique, à la fois la nature n’est pas complètement morte et à la fois, nous sommes incapables de nous relever de nous-mêmes, nous avons toujours besoin de l’aide de Dieu pour être restaurés à l’image de Dieu.
En résumé, le péché originel nous aide à penser plusieurs choses : le péché existe mais il ne vient pas de Dieu mais de notre liberté et de la manière dont nous en abusons. Nous sommes abimés profondément par le péché, depuis le premier péché, mais pas totalement. Et surtout, notre lien à Adam dans le péché et la mort nous aide à mieux comprendre et recevoir avec gratitude notre lien plus fort avec le Christ dans le bien et la vie.

Est-ce que le "péché originel" vous aide à mieux vous comprendre, à mieux vous connaître ? Partagez-le sur le forum ! À moins que vous ne trouviez que le péché originel soit un dogme poussiéreux d’une église désuète ? Alors dites ce que vous pensez des dogmes de l’Église sur le premier forum du site ThéoDom.
Vous êtes maintenant incollable sur ce qui nous différencie de nos cousins les singes ou sur le péché d'Adam ? Essayez ce petit quizz

 

♦ Première semaine : le corps et l'âme

  • Humain : 1+1=1 : une seule personne, corps et âme !

C'est une évidence, nous avons tous un corps, avec ses beautés et ses faiblesses. Nous avons aussi une âme, nous en sommes tous persuadés. Pourtant, nous ne savons pas toujours comment la définir et nous avons tendance à nous percevoir comme divisés entre une âme d'un côté et un corps de l'autre.
Ces questions ne sont pas anodines. Elles ont des conséquences très concrètes dans notre société. Les débats de bioéthique auxquels nous participons depuis plusieurs années en témoignent.

Dans cette vidéo (7 min), frère Jean-Marie Gueullette revient aux fondamentaux. Il nous aide à penser notre humanité, unifiée et pourtant composée. A la fois médecin et théologien, il nous communique une vision complète de la personne humaine.

Et vous, est-ce que Dieu vous aide à mieux vous connaître ? Est-ce que la lecture de la Bible, la prière ou la vie chrétienne vous aident à mieux savoir qui vous êtes profondément, à mieux sentir votre vraie identité ? Au fond, n'est-ce pas à cela que sert aussi la théologie ?

Parler de corps et d’âme ce n’est pas, contrairement aux apparences, avoir une représentation dualiste de l’être humain. L’homme n’est pas la juxtaposition de deux objets assez autonomes l’un par rapport à l’autre (1 corps + 1 âme) ; il n’est pas non plus un objet enfermé dans un autre objet (1 âme temporairement prisonnière d’un corps matériel, Platon).

Il serait plus simple de supprimer l’un des deux termes et de dire que l’homme n’est qu’une âme, le corps n’intervenant en rien dans ce qu’il est, le corps étant une sorte de contenant. Aujourd’hui on est plutôt tenté par l’autre simplification, l’homme n’est qu’un corps : pensée, sentiments amoureux ou prière ne sont que des jeux de neurotransmetteurs ou d’hormones, tout s’explique par des interactions biologiques, chimiques, bref matérielles.
Mais la pensée chrétienne est plus complexe et, dans la tradition de saint Thomas, elle est attachée à une conception bipolaire de l’homme qui n’est pas dualiste : 1+1=1. L’âme est la forme du corps, cela peut sembler abstrait, mais c’est essentiel : l’âme n’est rien sans un corps, elle n’a pas d’existence propre et ne peut penser sans les sens ; le corps n’est pas un corps sans une âme qui lui donne vie et unité. Cela entraine des conséquences très concrètes : dans une telle perspective, il n’y a rien qui soit « purement spirituel » sans être corporel, et rien qui soit bassement corporel, sans impliquer toute la personne.

A l’instar de certains textes bibliques, on peut penser l’homme comme corps, âme et esprit, cette anthropologie ternaire permettant de distinguer ce qui serait d’ordre psychologique et ce qui serait d’ordre spirituel. Mais saint Thomas ne suit pas cette perspective car il considère qu’il n’y a qu’une âme, qu’un seul « autre du corps », un seul principe unifiant du corps, comportant des puissances. Ce que certains mettent sous le terme d’esprit est intégré par Thomas comme une puissance de l’âme.

  • L'âme et le corps unis après la mort ?

La mort ne nous laisse jamais indifférents. Ses mystères nous forcent à nous poser des questions existentielles : que penser de l'unité de la personne quand le corps est mort ? L'âme peut-elle vivre sans le corps ? C'est aussi le genre de questions que les petits enfants nous posent parfois !

Dans cette courte vidéo (5 min), les frères Jean-Baptiste Rendu et Jean-Marie Gueullette discutent de ce mystère. Notre foi dans la résurrection de la chair nous aide à comprendre qu'il y a bien un lien éternel entre notre personne et notre corps.

Le corps d’un homme mort, ce n’est pas un homme et pourtant ce n’est pas un objet. Le trouble que nous ressentons en présence d’un mort nous invite à penser que le corps est indissociable de la personne, unique et irremplaçable mais qu’il n’est pas la personne, car lorsqu’il n’y a que le corps, ce n’est pas la personne. La tradition chrétienne, en considérant la mort comme dissociation du corps et de l’âme, se donne le moyen de penser cela. Un cadavre, c’est un corps sans âme, et de ce fait promis à une dissolution rapide, l’âme étant principe de vie et d’unité pour le corps. Mais il faut aussi dire, et c’est moins fréquent, que dans cette dissociation, l’âme est, comme le dit S. Thomas, « en état de violence » ; elle ne peut connaître la plénitude de la béatitude tant qu’elle est séparée du corps. Et le même saint Thomas a été obligé de penser une sorte d’anthropologie transitoire pour les âmes séparées, car c’est un état dont on pourrait dire qu’il ne convient pas à l’âme. Elle est faite pour être unie à un corps. Aussi nous ne goûterons la plénitude de la béatitude qu’après la résurrection de la chair, la réunion de l’âme et du corps.

ThéoDom a aussi traité de la question de l'incinération dans cette vidéo : https://www.theodom.org/incineration

 

♦ Introduction et programme

L’année 2021 sera meilleure que l’année 2020 ! Alors, construisons-la sur de bonnes bases. Dès le 3 janvier, suivez la nouvelle série ThéoDom sur nous, ces êtres humains que Dieu a créés à son image.

En effet, comment vivre heureux, comment vivre en chrétien, si nous ne savons pas qui nous sommes ? La Genèse nous dit que Dieu nous a créés à son image. À nous de découvrir en quoi nous le sommes vraiment !

Rien que pour vous, nous sommes allés à Lyon constituer une petite équipe de frères enthousiastes. Frère Jean-Marie Gueullette est médecin et théologien, il enseigne l’éthique à Lyon depuis plusieurs années. Frère Grégoire Laurent-Huyghues-Beaufond étudie l’Écriture avec profondeur et originalité. Frère Jean-Baptiste Rendu nous apporte l’expérience qu’il tire de ses nombreux partages avec des jeunes de lycée ou du parcours de formation Even. Frère Matthew Jarvis, qui nous vient d’Angleterre, nous fait goûter la pensée des Pères de l’Église.

Avec cette série, vous saisirez mieux les fondements de la morale chrétienne ! Profitez-en !
Bonne année 2021 !

Programme avec 2 vidéos par semaine, sur 5 semaines :
la 1ère pour découvrir, la 2e pour approfondir.

1- Le corps et l'âme :

  • L’humain : 1+1=1
  • L'âme et le corps unis après la mort ?

2- Retour aux origines :

  • L’humain, un animal comme les autres ?
  • Le péché a tout cassé ?

3- Être humain, à l'image de Dieu :

  • Être à l'image de Dieu, en quoi ?
  • Homme et femme à l'image de Dieu ?

4- Quelle liberté ?

  • Une loi de liberté !
  • Ai-je ou suis-je un corps ?

5- Des êtres de relation :

  • Aimer, à l'image de Dieu !
  • Dominer la création ?