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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

 

La gloire

Le frère Xavier Loppinet est Dominicain au couvent de Rennes et docteur en théologie spirituelle.

♦ 3ème semaine

Vendredi 18 novembre

 

La gloire du ciel

Texte biblique : Livre de l'Apocalypse (5, 11-14)

Alors j’ai vu : et j’entendis la voix d’une multitude d’anges qui entouraient le Trône, les Vivants et les Anciens ; ils étaient des myriades de myriades, par milliers de milliers.Ils disaient d’une voix forte : « Il est digne, l’Agneau immolé, de recevoir puissance et richesse, sagesse et force, honneur, gloire et louange. » Toute créature dans le ciel et sur la terre, sous la terre et sur la mer, et tous les êtres qui s’y trouvent, je les entendis proclamer : « À celui qui siège sur le Trône, et à l’Agneau, la louange et l’honneur, la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. » Et les quatre Vivants disaient : « Amen ! » ; et les Anciens, se jetant devant le Trône, se prosternèrent.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Final grandiose

Tout au long de ces méditations sur la gloire, nous avons oscillé entre terre et ciel. Le ciel ? Cette fois, nous y sommes. Enfin, pas tout à fait vraiment, mais ce dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, permet de nous y projeter. Et cela fait du bien.

Le livre de l’Apocalypse rapporte une vision de l’évangéliste saint Jean sur ce que vit l’Église, qui connaît ses premières persécutions et attend la consolation du grand jugement de Dieu. Avec ce livre, l’issue du combat nous est connue. Ce sera la victoire définitive de Dieu sur toutes les forces du mal. L’Apocalypse est comme une clé de l’histoire spirituelle du monde.
Au ciel, les anges sont en foule et c’est la fête pour les élus ! Quelques peintres nous ont fait voir ou du moins pressentir cela. Je pense à la ronde des anges et des élus du dominicain Fra Angelico. Cela m’évoque aussi le fameux retable de l’Agneau mystique des frères Van Eyck à Gand. Il montre la gloire de l’Agneau, c’est-à-dire du Christ, offert en sacrifice, devant qui tous se prosternent.
L’Apocalypse nous montre que toute la création, « dans le ciel et sur la terre, sous la terre et sur la mer et tous les êtres qui s’y trouvent », participe à ce mouvement d’adoration du Créateur et du Rédempteur. La victoire de Dieu est totale.

Les quatre Vivants, qui représentent dans la tradition chrétienne les quatre évangélistes, s’exclament : « Amen » pour marquer leur totale adhésion à Dieu. « Amen », un petit mot que nous disons aussi si souvent dans nos liturgies. « Amen » : un des tout derniers mots de la Bible. Un mot final, mais simplement grandiose.

Mercredi 16 novembre

Le martyre d’Étienne

Texte biblique : Livre des Actes des Apôtres (7, 54-60)

Ceux qui écoutaient le discours d’Étienne avaient le cœur exaspéré et grinçaient des dents contre lui. Mais lui, rempli de l’Esprit saint, fixait le ciel du regard : il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Il déclara : « Voici que je contemple les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Alors ils poussèrent de grands cris et se bouchèrent les oreilles. Tous ensemble, ils se précipitèrent sur lui, l’entraînèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. Étienne, pendant qu’on le lapidait, priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » Puis, se mettant à genoux, il s’écria d’une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et, après cette parole, il s’endormit dans la mort.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Passage de témoin

Étienne, un des sept diacres institués par les Apôtres, est le tout premier martyr de l’Église, le premier disciple du Christ à donner sa vie pour lui. Il meurt en prêchant. L’unique récit en est donné par saint Luc dans les Actes des apôtres. Les dernières paroles dans sa bouche sont la reprise des paroles de Jésus sur la Croix : « Père pardonne-leur. » Étienne meurt à la façon de Jésus ou, pour mieux dire, en Jésus.

Mais avant le pardon, il y a la contemplation de la gloire de Dieu et de Jésus : « Voici que je contemple les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. »
La vision de la gloire de Dieu, en accès direct, met en rage ses persécuteurs. C’est un blasphème ! Comment oser dire qu’un mortel a un accès direct à Dieu ? C’est cela même qui choque en apparaissant comme une provocation, redoublée par la mention de Jésus à la droite de Dieu, partageant sa gloire.
Le témoignage d’Étienne (« martyr » : le mot grec signifie « témoin ») est capital dans l’histoire de l’Église. Ceux qui vont le lapider déposent leurs vêtements au pied d’un jeune homme, Saul, le futur Paul, qui approuve ce meurtre.

Mais Dieu a entendu la prière d’Étienne de ne pas leur compter ce péché. Paul va voir le Christ dans la lumière, sur le chemin de Damas, le Christ qui fait alors corps avec l’Église persécutée. « Je suis Jésus que tu persécutes. » Sans Étienne, pas de Paul. 
Admirable transfusion de la grâce, passage de témoin, du martyr au persécuteur. L’Église manifeste que tout vient du Christ Jésus. Elle n’a d’autre mission que de transmettre le message du Ressuscité de proche en proche. Ce proche fût-il notre ennemi.

Lundi 14 novembre

La gloire du Christ

Texte biblique : Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (17, 1-10)

Ainsi parla Jésus. Puis il leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire. Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole. Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi. Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux. »

Écouter Parole de Dieu + méditation

L'heure de gloire

Quand nous parlons des uns et des autres, ou de nous-mêmes, il nous arrive de dire : « Il a eu son heure de gloire. » Alors, tout le monde comprend que cette heure a été passagère, et que maintenant, il est redescendu de son piédestal. La gloire dont il est ici question, c’est bien plutôt ce que les auteurs spirituels appellent « la vaine gloire », c’est-à-dire la recherche inconsidérée des honneurs humains. En d’autres termes, l’« heure de gloire » rime souvent avec la « gloriole ». Et cette heure de popularité est de bien courte durée.

Pour Jésus, l’heure est venue de vivre sa passion et il nous confie sa prière : « Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. » Pour lui, l’heure de gloire coïncide avec la Croix, tout à l’opposé des compréhensions humaines. À la Croix, l’amour du Christ se manifeste pour nous, éclate. Son Père est glorifié : « Oui, Père, je t’aime et ai tellement confiance en toi que je vais jusque-là. »
Jésus veut retourner nos conceptions de la gloire. Non, la gloire ce n’est pas un super pouvoir. Non, elle ne nous met pas au centre des regards. Non, elle n’est pas passagère. La gloire du crucifié, il l’attend tout entière de son Père. La gloire de Dieu, c’est le mystère de leurs relations mutuelles. Père et Fils s’entre-glorifient.

Quant à la messe, au moment de passer au sacrifice eucharistique, le prêtre invite à la prière sur les offrandes, une des réponses possibles est de dire que cela est « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ». Toute eucharistie est le renouvellement de cette heure de gloire, de la glorification du Père par le Fils, pour notre salut. Une heure pour donner sens à toute vie.

♦ 2ème semaine

Vendredi 11 novembre

Gloire à Dieu au plus haut des cieux

Texte biblique : Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 8-20)

Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’il aime. » Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. » Ils se hâtèrent d’y aller, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Gloria in excelsis Deo !

La nuit de Noël, la plupart d’entre nous peuvent chanter ces mots latins à pleine voix. Glo-ooooooo-ria, in excel-siiiiis-Deeeo ! Ces souvenirs de Noël remplissent la mémoire vive de notre cœur. Il ne faut pas avoir un tempérament de chef d’orchestre pour ajouter – par imagination – à notre mélodie des trompettes. Nous avons donc reçu le pouvoir de nous associer aux anges dans la liturgie, véritable interface entre la terre et le ciel.
Revenons à notre évangile : la gloire y jaillit de toute part. Comme les apôtres à la Transfiguration, elle enveloppe les bergers de sa lumière. Ceux-ci repartent, glorifient et louent Dieu pour tout ce qu’ils ont entendu et vu, suivant l’annonce qui leur avait été faite. Du côté du ciel, les anges vont poursuivre leur louange jusqu’à la fin des temps.
Nous chantons le Gloria chaque dimanche, sauf pendant l’avent et le carême, pour mieux le redécouvrir à Noël et à Pâques. Ces Gloria nous préparent à la liturgie céleste et éternelle. Au ciel, notre joie sera de contempler la gloire de Dieu et notre chant sera la manière d’y entrer.
N’attendons pas l’éternité pour chanter la gloire de Dieu. Depuis la nuit de Bethléem, la gloire est descendue du ciel sur la terre en Jésus, vrai Dieu et vrai homme, vrai petit enfant. La gloire qui enveloppait les bergers est aussi la nôtre. Que notre chant du Gloria prenne sa source dans la contemplation de ce nouveau-né couché dans la mangeoire. Avec les anges, et les bergers, nous sommes en marche vers le ciel. Glo-ooooooo-ria…

Mercredi 9 novembre

Transfiguration

Texte biblique : Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (9, 2-9)

Six jours après, Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et les emmène, eux seuls, à l’écart sur une haute montagne. Et il fut transfiguré devant eux. Ses vêtements devinrent resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille. Élie leur apparut avec Moïse, et tous deux s’entretenaient avec Jésus. Pierre alors prend la parole et dit à Jésus : « Rabbi, il est bon que nous soyons ici ! Dressons donc trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » De fait, Pierre ne savait que dire, tant leur frayeur était grande. Survint une nuée qui les couvrit de son ombre, et de la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le ! » Soudain, regardant tout autour, ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. Ils descendirent de la montagne, et Jésus leur ordonna de ne raconter à personne ce qu’ils avaient vu, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Mystère glorieux

La Transfiguration est un épisode à part dans les évangiles. Il se passe à l’écart et seuls trois apôtres l’ont vécu, Pierre, Jacques et Jean. Ces trois-là seront avec le Christ sur une autre montagne, le mont des Oliviers, à Gethsémani, quelque temps avant son arrestation.
À la Transfiguration, la gloire de Jésus, Fils de Dieu, leur est montrée. Difficile d’imaginer ces vêtements « resplendissants, d’une blancheur telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille », de se représenter la vision de Moïse et d’Élie avec la voix du Père qui survient. Cette gloire du Fils permet de mieux voir quel abaissement Jésus opéra en acceptant la croix. L’épisode de la Transfiguration donnera aux apôtres la force de traverser mystérieusement l’épreuve, avec un avant-goût de la résurrection.

Dans la vie du Christ, comme dans la nôtre, les mystères Joyeux, Lumineux, Douloureux et Glorieux – épisodes de la vie du Christ et de l’Église, bien codifiés par la prière du Rosaire, s’enchaînent pour ainsi dire chronologiquement. Il vaudrait mieux dire qu’ils s’interpénètrent. Nos vies sont telles qu’elles mêlent tous ces éléments, joyeux, lumineux, douloureux, mais les mystères glorieux en sont l’aboutissement. 
Quelle est la gloire du Fils ? C’est aimer le Père, suivant son ultime prière avant sa passion : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. »* 
Quelle est la gloire pour nous ? C’est recevoir celle de Jésus. « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. »**
Laissons nos vies être transfigurées et devenir un mystère glorieux.

* Évangile selon saint Jean 17, 1.
** Évangile selon saint Jean 17, 24.

Lundi 7 novembre

À toi louange et gloire éternellement

Texte biblique : Livre de Daniel (3, 51-57)

Puis, d’une seule voix, les trois jeunes gens se mirent à louer, à glorifier et à bénir Dieu en disant :
« Béni sois-tu, Seigneur, Dieu de nos pères : à toi, louange et gloire éternellement !
Béni soit le nom très saint de ta gloire : à toi, louange et gloire éternellement !
Béni sois-tu dans ton saint temple de gloire : à toi, louange et gloire éternellement !
Béni sois-tu sur le trône de ton règne : à toi, louange et gloire éternellement !
Béni sois-tu, toi qui sondes les abîmes : à toi, louange et gloire éternellement !
Toi qui sièges au-dessus des Kéroubim : à toi, louange et gloire éternellement !
Béni sois-tu au firmament, dans le ciel, à toi, louange et gloire éternellement !
Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez-le : à toi, louange et gloire éternellement ! »
« Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur : À lui, haute gloire, louange éternelle. »

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Alors on chante !

Les trois jeunes gens qui entonnent d’une seule voix ce chant, où ils louent et glorifient Dieu, le font… au milieu d’une fournaise ardente. Le roi Nabuchodonosor, de Babylone, les y a jetés en haine de la religion juive. Mais Dieu intervint et « fit souffler comme un vent de rosée au milieu de la fournaise. Le feu ne les toucha pas du tout, et ne leur causa ni douleur ni dommage »*.

Quel chant pourrions-nous chanter au milieu des épreuves ? Elles ne manquent pas de nous entourer et de nous atteindre, mais Dieu ne manque pas non plus de nous garder vivants.
Le franciscain Éloi Leclerc est l’auteur du merveilleux petit livre Sagesse d’un pauvre, qui raconte comment François d’Assise fut sauvé du désespoir au soir de sa vie, alors que l’ordre des Frères Mineurs était en proie à la division. Éloi Leclerc a fait lui-même cette expérience de résurrection au milieu de la nuit dans la jeunesse de sa vie religieuse. Dans un wagon en direction d’un camp de concentration, il était avec d’autres frères franciscains. L’un d’eux mourut. Les frères se rassemblèrent alors autour du corps et entonnèrent le Cantique des créatures de François d’Assise : « Laudato sì, Loué sois-tu, mon Seigneur… » Peut-on imaginer une situation plus étrange, paradoxale, incompréhensible ? De là date le retournement de frère Éloi.

Reconnaître la grandeur de Dieu, sa gloire, au milieu de nos misères, sans les sous-estimer, c’est une voie du salut, un ciel qui s’ouvre. En jouant un peu sur les mots, c’est aussi une voix du salut. Quand on trouve les mots, ou plutôt quand on les reçoit, qu’on les laisse jaillir en nous, ces mots nous tournent vers Dieu. Notre voix, nos chants à la louange et à la gloire de Dieu nous transfigurent. N’ayons pas peur de chanter la gloire de Dieu : ce chant est une source d’eau vive.

* Livre de Daniel 3, 50.

♦ 1ère semaine

Vendredi 4 novembre

 

La gloire dans le temple

Texte biblique : Livre d’Ézéchiel (43, 1-5)

L’homme me conduisit vers la porte, celle qui fait face à l’orient ; et voici que la gloire du Dieu d’Israël arrivait de l’orient. Le bruit qu’elle faisait ressemblait au bruit des grandes eaux, et la terre resplendissait de cette gloire. Cette vision ressemblait à celle que j’avais eue lorsque le Seigneur était venu détruire la ville ; elle ressemblait aussi à la vision que j’avais eue quand j’étais au bord du fleuve Kebar. Alors je tombai face contre terre. La gloire du Seigneur entra dans la Maison par la porte qui fait face à l’orient. L’esprit m’enleva et me transporta dans la cour intérieure : voici que la gloire du Seigneur remplissait la Maison.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Plein les yeux !

Lire le livre d’Ézéchiel nous en met toujours plein les yeux. Ses visions sont grandioses, dans la démesure : la gloire de Dieu arrive de l’orient puis entre dans le Temple de Jérusalem. Elle remplit le haut lieu de la rencontre de Dieu avec son peuple.
Ézéchiel est un prophète de l’exil, loin de Jérusalem, du haut lieu du Temple. Le fleuve Kebar dont il parle se trouve près de Babylone. Il partage cette vision pour redonner espoir au peuple d'Israël. Elle lui donne de percevoir qu’un jour, la gloire de Dieu remplira complètement ce Temple, que cet exil n’a qu’un temps. Les retrouvailles seront pour bientôt. Les paroles d’Ézéchiel se réaliseront, le Temple sera reconstruit. Mais plus tard encore, ces paroles prendront toute leur force avec le Christ. Car c’est en Jésus, dans le Temple de son corps, que la gloire de Dieu se manifestera pleinement*.

Au cours de l’eucharistie, après la préface, nous chantons : « Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire. » Ce chant, le Sanctus, au moment où nous allons partager le corps et le sang du Christ, nous met dans la même situation que la vision d’Ézéchiel. La gloire remplissant l’univers se manifeste dans notre assemblée, que notre église soit une grandiose cathédrale ou une petite chapelle. Cet hymne des chérubins nous rappelle la dimension cosmique de notre eucharistie : chaque messe est un pont entre ciel et terre.
Toute la liturgie, aujourd’hui comme alors, nous acclimate à la présence de Dieu, à sa gloire.

* Évangile selon saint Jean  2, 21.

Mercredi 2 novembre

 

Splendeur de Jérusalem

Texte biblique : Livre d'Isaïe (60, 1-5)

Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Voici que les ténèbres couvrent la terre, et la nuée obscure couvre les peuples. Mais sur toi se lève le Seigneur, sur toi sa gloire apparaît. Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. Lève les yeux alentour, et regarde : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur la hanche. Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera. Les trésors d’au-delà des mers afflueront vers toi, vers toi viendront les richesses des nations.

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Debout, resplendis !

En peinture et architecture, à l’époque baroque surtout, la gloire de Dieu est représentée par des rayons de lumière sortant de derrière un nuage. Cette lumière intense se déploie tous azimuts. Regardons la gloire du Saint-Esprit par l’architecte italien Le Bernin, au fond de la basilique Saint-Pierre de Rome. Les rayons sortent du cadre, du vitrail. Ici, dans le texte d’Isaïe, c’est un peu de cette manière que la lumière de Dieu remplit, inonde la ville de Jérusalem. Le mot d’ordre est alors : « Debout, Jérusalem, resplendis ! » Car la lumière, la gloire de Dieu, nous amène nous-mêmes à resplendir, à devenir, finalement, buisson ardent, lumière extraordinaire, qui attire à elle, naturellement. 
Ainsi, Jérusalem, les nations marchent vers ta lumière, tandis que les rois marcheront vers « la clarté de ton aurore », tels les mages guidés par l’étoile vers le roi d’Israël, l’Enfant Jésus*.

Dans un monde bien souvent sombre, les paroles du prophète Isaïe dévoilent un ciel où la gloire de Dieu emporte tout et finira par rayonner sur tous. Quel que soit l’état de notre ciel intérieur, la gloire de Dieu est bien là et l’Église est appelée à devenir flambeau pour le monde, l’attirant, lui traçant un chemin vers elle, pour le conduire à Dieu. 
« Debout, resplendis ! » a-t-on jamais entendu ordre plus enthousiasmant ! Le Christ le dira plus tard à ses disciples : « Vous êtes la lumière du monde, une ville visible sur la hauteur. » L’Église est cette nouvelle Jérusalem, entre terre et ciel, qui tire sa lumière de son Dieu.

* Évangile selon saint Matthieu  2, 2.9.

Lundi 31 octobre

Le buisson ardent

Texte biblique : Livre de l'Exode (3, 1-6)

Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer. Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? » Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Dieu dit alors : « N’approche pas d’ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! » Et il déclara : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu.

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Ça vaut le détour

La révélation du buisson ardent est une grande page de l’alliance de Dieu avec les hommes. Un buisson brûle sans se consumer, étrange moyen que prend Dieu pour attirer Moïse. Celui-ci se dit : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire », et Dieu le voit.

Toute vie avec Dieu fait sortir des sentiers battus. Elle commence par un attrait, un détournement de notre quotidien. 
Est-ce par simple curiosité que Moïse entre ainsi, un peu à son insu, dans une histoire qui va le mener loin, très loin ? Il faut voir en réalité les choses autrement. Dieu attire Moïse et, ce faisant, il respecte sa liberté. Il voit – apprécie – son détour. Saint François de Sales dit que Dieu nous attire par « manière d’allèchement ». Le grand maître spirituel du XVIIe siècle veut exprimer par là un attrait où Dieu est le principal acteur, tandis que notre liberté reste sauve.
La connaissance de Dieu, de sa gloire, commence par un attrait tout simple qui vient nous saisir de l’intérieur. Les trompettes, la montagne fumante, les coups de tonnerre, ce sera pour plus tard, lors du don des commandements à Moïse et au peuple d’Israël, à l’Horeb. Alors, la gloire de Dieu se manifestera pleinement, mais, pour l’heure, c’est le moment de l’apprivoisement.

La patience caractérise la relation de Dieu avec les hommes : une infinie délicatesse. Pourquoi préfère-t-il attirer ainsi les hommes et non les écraser de sa majesté ? Cet épisode annonce déjà tout l’art de Jésus de laisser venir à lui les petits.
Dans mon histoire, aujourd’hui même, comment la gloire de Dieu s’est-elle révélée à moi ? Par force ou par douceur ? François de Sales dit que la force de Dieu, c’est sa douceur. Laissons-nous attirer par elle.