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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

 

La miséricorde

 

Sœur Marie-Laetitia Youchtchenko, Rome : Dominicaine apostolique, elle vit en Italie et partage son temps entre l'accompagnement spirituel et la prédication

♦ 3ème semaine

Vendredi 16 septembre

Ramener l’égaré

Texte biblique : Lettre de Jacques (5, 19-20)

Mes frères, si l’un de vous s’égare loin de la vérité et qu’un autre l’y ramène, alors, sachez-le : celui qui ramène un pécheur du chemin où il s’égarait sauvera son âme de la mort et couvrira une multitude de péchés.

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Cap sur la vérité

Dans sa lettre aux chrétiens du premier siècle, saint Jacques leur donne des conseils pour vivre une vie authentiquement chrétienne. Il évoque notamment la nécessité de demander à Dieu la sagesse, il analyse le rapport entre la foi et les œuvres, il exhorte les fidèles à surveiller leur langue et il les met en garde contre le danger des richesses. Autant de manières de vivre la charité. Dans le dernier chapitre, la miséricorde prend un nouveau visage : il s’agit de ramener à la vérité quelqu’un qui s’en éloigne.

Nous savons que « Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité »*. C’est la volonté de Dieu mais est-ce aussi la nôtre ? Y pensons-nous lorsque nous prions « Que ta volonté soit faite » ? Préoccupés de respecter la liberté de notre prochain, nous hésitons parfois à annoncer la vérité. Est-ce de notre part de la tolérance ou de l’indifférence ? Pourtant, il ne fait aucun doute que seule la vérité est source de bonheur. 
« Amour et vérité se rencontrent ! »** Les contemporains de saint Dominique disaient de lui que le jour il « accueillait tous les hommes dans le vaste sein de sa charité »*** et que la nuit il s’écriait dans sa prière : « Ô ma miséricorde, que vont devenir les pécheurs ? »**** Demandons la grâce de désirer du fond du cœur le salut de tous et ne soyons pas indifférents lorsque nos frères et sœurs s’éloignent de la vérité. Leur salut sera notre joie et celle des anges, suivant la confidence de Jésus : « Il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. »*****

* I Timothée 2, 4.
** Psaume 84, 11.
*** Jourdain de Saxe, Le Libellus, 1233, §107.
**** Procès de canonisation de Toulouse, 18.
***** Luc 15, 7.

Mercredi 14 septembre

La femme adultère

Texte biblique : Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (8, 3-11)

Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre.
Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

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Regard d'avenir

Cette femme prise en flagrant délit d’adultère est coupable, cela ne fait aucun doute. Et la loi est claire, elle est inscrite sur la pierre : cette femme doit être lapidée. Jésus ne le conteste pas, car il n’est pas venu pour abolir la loi. Mais en évitant de regarder les scribes et les pharisiens, il signifie qu’il ne se situe pas de leur côté, du côté de ceux qui accusent. Comment le pourrait-il, lui qui est venu sur terre pour prendre sur lui le péché du monde ? Lui, le seul juste, le seul qui selon la loi aurait pu jeter la première pierre, a choisi de remplacer la condamnation par l’amour, par le pardon, par la guérison.

L’évangéliste ne nous donne pas le nom de cette femme, mais il la définit par son péché, c’est une « femme adultère ». C’est peut-être pour cela que spontanément, à la lecture de ce passage, nous nous sentons proches d’elle, et c’est vers elle que va notre compassion : en fin de compte, elle nous ressemble, cette anonyme humiliée. Pour nous comme pour elle, la seule issue est de rencontrer un regard de miséricorde, qui efface le passé et qui ouvre un avenir : « Je ne te condamne pas, va, et désormais ne pèche plus. »

Nous ne saurons jamais ce que Jésus écrivait sur le sol : la miséricorde est le secret du cœur de Dieu. Mais ce que nous savons, c’est ce que la Vierge Marie, Mater misericordiae, chante dans son Magnificat : « Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent ; il élève les humbles ; il se souvient de son amour. »*

* Évangile selon saint Luc 1, 50.52.54.

Lundi 12 septembre

Le bon Samaritain

Texte biblique : Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (10, 30-37)

Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.

Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.” »
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

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En route !

Dans son encyclique Fratelli Tutti, le pape François consacre un chapitre entier à cette parabole du Bon Samaritain. Il précise qu’elle « se présente de telle manière que chacun d’entre nous peut se laisser interpeller par elle »*. Elle est en effet si concrète qu’il ne nous est pas difficile de nous reconnaître dans tel ou tel personnage, et j’ajouterais qu’elle nous montre trois aspects de la miséricorde.

Tout d’abord, nous mettre en route, sans avoir peur de nous diriger vers Jéricho, qui représente le monde et ses dangers. Marcher, non pas préoccupés de nous-mêmes, mais les yeux ouverts sur ce qui nous entoure. Ensuite, il s’agit d’être saisis de compassion, c’est-à-dire de souffrir avec ceux qui souffrent, de pleurer avec ceux qui pleurent**. Enfin, nous approcher de l’autre, être attentifs à ses besoins, lui donner ce que nous sommes et ce que nous avons, trouver les manières les plus adaptées de prendre soin de lui.

Pour le pape François, ce récit « nous révèle une caractéristique essentielle de l’être humain, si souvent oubliée : nous avons été créés pour une plénitude qui n’est atteinte que dans l’amour »***.
Lorsque nous sommes le prêtre ou le lévite qui passent sans la voir devant la souffrance de leurs frères, ouvre nos yeux, ouvre nos cœurs, Seigneur. Lorsque nous sommes le voyageur blessé qui gémit de douleur dans l’indifférence générale, viens panser nos blessures, Seigneur. 
Mets en nous ta miséricorde, Seigneur, pour que nous sachions donner notre compassion, notre temps et nos soins aux frères et aux sœurs que tu places sur notre chemin.

* Pape François, Lettre Encyclique Fratelli Tutti, 2020, § 56.
** Lettre aux Romains 12, 15.
*** Fratelli Tutti 68.

♦ 2ème semaine

Vendredi 9 septembre

Appel de Lévi

Texte biblique : Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (2, 13-17)

Jésus sortit de nouveau le long de la mer ; toute la foule venait à lui, et il les enseignait. En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre. Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! » Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

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Entraîne-moi

Jésus est entouré d’une grande foule. Nombreux sont les publicains et les pécheurs qui le suivent, et dans ce brouhaha un homme se tient à l’écart. Lui aussi est publicain : il recueille les impôts pour les Romains. Il est assis, immobile, derrière sa table. Les passants détournent leurs regards : il est à la fois craint et méprisé. Il est enfermé dans cette fonction qui certes lui donne la richesse, mais qui lui fait perdre sa dignité. L’enseignement de Jésus le touche en plein cœur, mais osera-t-il quitter l’ombre protectrice de son bureau des impôts ?
C’est alors que Jésus l’aperçoit. Son regard semble lui dire : pour moi tu n’es pas ton métier, tu n’es pas ce que tu fais, mais ce que tu es ! Tu es Lévi, fils d’Alphée : je connais ton histoire, tes aspirations, ta soif de vérité. Alors suis-moi. Et Lévi se lève : une vie nouvelle commence, qu’il célèbre en organisant un grand repas. Jésus n’hésite pas à s’asseoir à cette table. C’est en le voyant manger avec eux, c’est-à-dire entrer dans leur intimité, que les pécheurs accueilleront sa miséricorde.

Comme l’a si bien vu le saint curé d’Ars, Jésus « prend tous les moyens possibles pour se trouver parmi les pécheurs afin de les attirer à son Père ». Serons-nous de ceux qui s’indigneront, se croyant bien portants ? Ou de ceux qui se reconnaîtront malades et qui se laisseront guérir ? « La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé ; elle entraîne les cœurs sur son passage », nous dit encore saint Jean-Marie Vianney. Comme Lévy, nous laisserons-nous entraîner ?

Mercredi 7 septembre

Heureux les miséricordieux

Texte biblique : Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (5,7)

Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

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A l'aventure !

Tout au long de l’Évangile, le Christ nous invite à pardonner. Prenons deux exemples. Après avoir donné à ses disciples la prière du Notre Père, Jésus ajoute : « Si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. »* Plus tard, dans une parabole, il fera dire au maître du serviteur impitoyable : « Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi  ? »** Nous voyons là qu’il ne s’agit pas d’un prêté pour un rendu : pardonner pour être pardonné. Pour Dieu, il n’y a pas d’avant ni d’après, mais l’éternel présent de l’amour. Un amour qui ne peut que se donner, un amour sans cesse à notre recherche. Un amour gratuit, un amour qui ne compte pas. Et cette béatitude est un appel à nous laisser transformer, renouveler par cet amour, afin que notre cœur devienne semblable au cœur de Dieu. Un cœur de chair, et non plus un cœur de pierre***.

Heureux, oui heureux sommes-nous lorsque nous nous laissons toucher par la miséricorde de Dieu. Heureux sommes-nous quand nous nous ouvrons à l’amour ! 
Au milieu du XXe siècle, Madeleine Delbrêl a choisi de demeurer dans des cités ouvrières pour témoigner de cet amour. Elle explique que se livrer à la miséricorde, « ce n’est pas ressentir une émotion passagère. C’est recevoir de Dieu ce qui nous met en mesure de rendre ce monde plus chaleureux, moins dur, plus respectueux de chaque personne, plus imprégné de charité ».
Se livrer à la miséricorde : une véritable aventure !

* Évangile selon saint Matthieu 6, 14.
** Évangile selon saint Matthieu 18, 33.
*** Cf. Livre d’Ézéchiel 36, 26.

Lundi 5 septembre

Pitié pour Ninive

Texte biblique : Livre de Jonas (4, 7-11)

Jonas sortit de Ninive et s’assit à l’est de la ville. Là, il fit une hutte et s’assit dessous, à l’ombre, pour voir ce qui allait arriver dans la ville. Le Seigneur Dieu donna l’ordre à un arbuste, un ricin, de pousser au-dessus de Jonas pour donner de l’ombre à sa tête et le délivrer ainsi de sa mauvaise humeur. Jonas se réjouit d’une grande joie à cause du ricin.
Mais le lendemain, à l’aube, Dieu donna l’ordre à un ver de piquer le ricin, et celui-ci se dessécha.
Au lever du soleil, Dieu donna l’ordre au vent d’est de brûler ; Jonas fut frappé d’insolation. Se sentant défaillir, il demanda la mort et ajouta : « Mieux vaut pour moi mourir que vivre. »
Dieu dit à Jonas : « As-tu vraiment raison de te mettre en colère au sujet de ce ricin ? » Il répondit : « Oui, j’ai bien raison de me mettre en colère jusqu’à souhaiter la mort. » Le Seigneur répliqua : « Toi, tu as pitié de ce ricin, qui ne t’a coûté aucun travail et que tu n’as pas fait grandir, qui a poussé en une nuit, et en une nuit a disparu. Et moi, comment n’aurais-je pas pitié de Ninive, la grande ville, où, sans compter une foule d’animaux, il y a plus de cent vingt mille êtres humains qui ne distinguent pas encore leur droite de leur gauche ? »

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Sors de ta hutte

C’est la deuxième fois que Dieu demande à Jonas de parcourir l’immense ville de Ninive pour l’appeler à se convertir. La première fois, le prophète a voulu s’enfuir par la mer, ce qui lui a valu une terrible tempête et trois jours dans le ventre d’un gros poisson. Il s’en est sorti, et cette fois-ci, il a obéi, en annonçant la destruction de la ville. Et contre toute attente, Ninive s’est repentie de sa mauvaise conduite. Jonas en est fort contrarié : au fond, il ne comprend pas que Dieu veuille la conversion des pécheurs. Il sait bien que Dieu est miséricordieux, mais selon lui le pardon a ses limites ! Alors, pour signifier son désaccord, il va s’asseoir à l’écart, en spectateur, seul sous sa hutte. À travers l’épisode du ricin, Dieu cherche à lui faire comprendre que son amour pour ses enfants dépasse tout ce que nous pouvons imaginer.

Croire à la miséricorde de Dieu pour nous ou pour les autres n’est jamais simple. Comme Jonas, nous pouvons être tentés de nous dire « un péché pareil, Dieu ne le pardonnera jamais ! » et de nous enfermer dans la hutte de notre culpabilité ou de notre jugement. L’histoire de Jonas nous appelle à changer de regard : rien n’arrête le cœur de Dieu. Il n’attend que notre repentir et notre bonne volonté.
Comme sainte Thérèse de Lisieux, nous pouvons dire avec humble assurance : « Si j’avais commis tous les crimes possibles, j’aurais toujours la même confiance, je sens que toute cette multitude d’offenses serait comme une goutte d’eau jetée dans un brasier ardent. »*

* Thérèse de l’Enfant-Jésus, Derniers entretiens, Carnet Jaune, 11 juillet, 6.

♦ 1ère semaine

Vendredi 2 septembre

Pitié pour moi

Texte biblique : Psaume 56 (2-3)

Pitié, mon Dieu, pitié pour moi ! En toi je cherche refuge, un refuge à l’ombre de tes ailes, aussi longtemps que dure le malheur. Je crie vers Dieu, le Très-Haut, vers Dieu qui fera tout pour moi.

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Sous ton aile

Avez-vous déjà vu des poussins se cacher sous les ailes de leur mère ? Une image qui évoque la protection, la proximité, la tendresse. C’est ce que recherche l’auteur du psaume 56 : cerné de toutes parts par des ennemis armés de lances et de flèches, il sait qu’il ne trouvera refuge qu’en Dieu. Son malheur est grand, mais sa confiance est totale : Dieu est le Très-Haut, donc il peut tout. Mais cette toute-puissance n’est pas synonyme de distance infranchissable : le psalmiste est certain que Dieu le protégera, qu’il fera tout pour lui. Il sait qu’aucune misère ne peut laisser indifférent celui qui sait tout, qui peut tout, et qui nous aime. Et c’est pourquoi il n’hésite pas à répéter : « Pitié, mon Dieu, pitié pour moi ! »

« Prends pitié ! » Ce sera aussi le cri de l’aveugle*, des dix lépreux**, de la Cananéenne***, au passage de Jésus. Et c’est le nôtre, notamment lors de la célébration eucharistique : avec le Kyrie Eleison, au milieu du Gloria, et dans la prière de l’Agnus Dei. Demandons la grâce de retrouver le sens profond de ce que nous disons, afin que chacune de ces invocations nous conduise à creuser notre soif de Dieu, et à créer en nous un espace d’accueil de sa miséricorde.

Comme saint François, le petit pauvre d’Assise, nous pourrons prier : 
Tu es le seul saint, Seigneur Dieu, Toi qui fais des merveilles.
Tu es tout-puissant toi, Père saint, roi du ciel et de la terre.
Tu es amour et charité, Tu es sécurité. Tu es le repos.
Tu es notre abri, notre gardien, notre défenseur.
Dieu tout-puissant, bon Sauveur plein de miséricorde. Amen.

* Évangile selon saint Luc 18,38.
** Évangile selon saint Luc 17,13.
*** Évangile selon saint Matthieu 15, 22.

Mercredi 31 août

Les entrailles de miséricorde

Texte biblique : Livre d'Osée (11, 8-9)

« Vais-je t’abandonner, Éphraïm, et te livrer, Israël ? Vais-je t’abandonner comme Adma, et te rendre comme Seboïm ? Non ! Mon cœur se retourne contre moi ; en même temps, mes entrailles frémissent. Je n’agirai pas selon l’ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car moi, je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer. »

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Un sacré cœur

Au temps d’Abraham, les villes d’Adma et de Seboïm vivaient dans le désordre et la corruption. Elles n’avaient pas voulu se convertir, et leur rébellion avait causé leur destruction. Quelque mille ans plus tard, Israël subira-t-il le même sort ? Il s’est détourné de Dieu, et selon toute logique, il devrait affronter sa colère. Oui, mais la logique de Dieu n’est pas celle des hommes. « Au milieu de vous je suis le Dieu saint, nous dit-il, et mon amour dépasse tout ce que vous pouvez concevoir. » La miséricorde de Dieu fait fondre sa colère : quelle belle image que ces entrailles divines qui frémissent ! Dieu est un Père au cœur de mère, qui ne peut pas abandonner ses enfants. « Une femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes oubliaient, moi je ne t’oublierai pas ! »*, ajoute-t-il.

Nous avons beau nous éloigner de lui et multiplier les infidélités, Dieu ne se lasse pas de nous redire sa miséricorde et de nous appeler à revenir à lui. Et au long des siècles, il ne cesse de chercher des hommes et des femmes qui, comme le prophète Osée, transmettront au monde ses déclarations d’amour. 
« Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes » dira le Christ à sainte Marguerite-Marie, qui écrira : « Ce divin Cœur est un abîme de bien où les pauvres doivent abîmer leurs nécessités, un abîme de joie où il faut abîmer toutes nos tristesses, un abîme d’humiliation pour notre orgueil, un abîme de miséricorde pour les misérables, et un abîme d’amour où il nous faut abîmer toutes nos misères. »**

*Livre d’Isaïe 49, 15.
** Sainte Marguerite-Marie Alacoque, Lettre au Père Croiset, 1689.

Lundi 29 août

J'ai vu la misère de mon peuple

Texte biblique : Livre de l'exode (3, 7-10)

Le Seigneur dit : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays, ruisselant de lait et de miel, vers le lieu où vivent le Cananéen, le Hittite, l’Amorite, le Perizzite, le Hivvite et le Jébuséen. Maintenant, le cri des fils d’Israël est parvenu jusqu’à moi, et j’ai vu l’oppression que leur font subir les Égyptiens. Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. »

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Promesse d'amour

La vie est terriblement dure pour les Hébreux en Égypte : travail harassant, humiliations, oppression et jusqu’à l’élimination des nouveau-nés. Ils ont beau crier vers le ciel, ils n’entrevoient aucune amélioration. Ce pays qui les a accueillis les réduit maintenant en servitude. Qui les délivrera du joug de Pharaon ? L’esclavage est-il leur seul horizon d’avenir ? Dieu semble sourd à leurs appels !
Mais non, Dieu n’est pas sourd : il les entend, il se penche, il les voit, il descend. Dieu se laisse toucher et il décide de les délivrer. Car il s’agit de son peuple, celui de la Promesse, celui de la terre donnée à Abraham. Et Dieu est fidèle à sa promesse d’amour. À leur misère répondra sa miséricorde.

Il nous arrive à tous de traverser des périodes difficiles, où nous nous sentons comme écrasés, où tous les horizons semblent bouchés. Nous avons beau prier, rien ne bouge. Nous pouvons même en arriver à nous demander si Dieu ne nous a pas oubliés. Et puis, un jour, lorsque nous avons l’impression de toucher le fond, notre prière devient véritable cri comme dans le psaume : « Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur écoute mon appel ! »* Lorsque nous nous rendons vraiment compte que nous ne pouvons rien résoudre tout seuls, notre prière jaillit du plus profond de notre misère. Nous nous en remettons alors entièrement à notre Père du Ciel et à son Fils. Comme des enfants, nous faisons appel à son amour.

Avec sainte Faustine, témoin de la divine miséricorde, nous prions « Jésus, j’ai confiance en toi ». Et nous faisons l’expérience de la miséricorde d’un Dieu qui vient nous rejoindre dans notre souffrance, pour la porter avec nous et pour nous libérer.

* Psaume 129, 1.2.