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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

 

La Création

Sœur Marie-Laetitia Youchtchenko - Rome
Dominicaine apostolique, sœur Marie-Laetitia, elle vit en Italie et partage son temps entre l'accompagnement spirituel et la prédication.

♦ 3ème et dernière semaine

♦ Vendredi 24 juin

Nouvelle création

Texte biblique : Livre de l’Apocalypse (21, 1-4)

Alors j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus. Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari. Et j’entendis une voix forte qui venait du Trône. Elle disait : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s’en est allé. »

Écouter Parole de Dieu + méditation

Aime et espère

Dans un contexte de persécutions, le Livre de l’Apocalypse veut encourager l’Église naissante à persévérer dans sa foi. L’Apôtre Jean décrit ici sa vision de la Jérusalem nouvelle : tout ce qui est ancien s’en est allé. De mer, il n’y en a plus : la mer, symbole de toutes les forces du mal, de tout ce qui sépare la création de son Créateur, la mer a disparu. Les gémissements et les larmes ont laissé place à des hymnes d’allégresse. Voici le triomphe de l’Alliance, la victoire de la fidélité, voici les noces éternelles. Dieu et les hommes habitent la même demeure, dans une appartenance mutuelle, dans une lumière sans déclin. La créature reconnaît enfin que Dieu est Dieu, et elle trouve sa joie dans la gloire de l’Époux. Dans la nouvelle Jérusalem, chacun, chacune a sa place unique, que rien ne peut menacer, puisque rien ne peut plus s’opposer au dessein d’amour de Dieu. Dans la nouvelle Jérusalem, l’esclavage n’existe plus et la création tout entière a retrouvé la liberté de louer son Créateur. La bonne nouvelle annoncée a été entendue et elle est devenue réalité ; la terre nouvelle, les cieux nouveaux sont la réponse de Dieu à l’espérance de l’homme.

« Voici que je fais toutes choses nouvelles… Ces paroles sont certaines et vraies. »* La vision de saint Jean n’est pas un futur improbable, ni le fruit d’une imagination débridée : c’est la volonté de bonheur de Dieu pour chacun de ses enfants.
Accueillons la nouveauté de l’amour, réalité déjà présente en tous ceux qui croient, qui aiment et qui espèrent.

* Livre de l’Apocalypse 21, 5.

♦ Mercredi 22 juin

Les gémissements de la création

Texte biblique : Lettre de saint Paul aux Romains (8, 18-22)

J’estime, en effet, qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous. En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu.
Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Malgré tout, l'espérance

Atteinte à la dignité humaine, non-respect de la vie, recherche de sens, épidémies, deuils, violence sous toutes ses formes, épuisement des ressources de la planète : les souffrances du temps présent sont nombreuses et omniprésentes, et à mesure que tombent les mauvaises nouvelles nous pouvons avoir la tentation du découragement. Nous nous sentons tellement dépassés et impuissants ! Nous voudrions bien agir, mais comment ?

Si nous croyons au Christ ressuscité, alors nous possédons le parfait antidote au découragement, qui est l’espérance. L’espérance n’est pas le vague espoir d’un peut-être, mais elle est ancrée au plus profond de notre foi. Car nous savons de source sûre que la victoire est déjà acquise : victoire de la plénitude de la vie sur le néant, de la lumière sur les ténèbres, de la liberté sur l’esclavage. « Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde »*, nous affirme le Christ. Seuls ceux qui sont habités, animés par une certitude, peuvent attendre avec impatience ! Seuls ceux qui se savent enfants de Dieu, infiniment aimés, peuvent marcher avec confiance vers leur libération définitive. Certes, la création tout entière gémit et nous gémissons avec elle, mais nous savons que cela cessera, tout comme les douleurs de l’enfantement sont les prémices de la vie. La volonté de Dieu pour ses enfants n’est-elle pas qu’ils partagent sa gloire ?

Accueillons la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu : dans ce monde qui souffre, nous serons signes d’espérance.

* Évangile selon saint Jean 16, 33.

♦ Lundi 20 juin

Voir l'invisible dans les œuvres de Dieu

Texte biblique : Lettre de saint Paul aux Romains (1, 20-25)

Depuis la création du monde, on peut voir avec l’intelligence, à travers les œuvres de Dieu, ce qui de lui est invisible : sa puissance éternelle et sa divinité. Ils n’ont donc pas d’excuse, puisque, malgré leur connaissance de Dieu, ils ne lui ont pas rendu la gloire et l’action de grâce que l’on doit à Dieu. Ils se sont laissés aller à des raisonnements sans valeur, et les ténèbres ont rempli leurs cœurs privés d’intelligence.

Ces soi-disant sages sont devenus fous ; ils ont échangé la gloire du Dieu impérissable contre des idoles représentant l’être humain périssable ou bien des volatiles, des quadrupèdes et des reptiles. Voilà pourquoi, à cause des convoitises de leurs cœurs, Dieu les a livrés à l’impureté, de sorte qu’ils déshonorent eux-mêmes leur corps. Ils ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge ; ils ont vénéré la création et lui ont rendu un culte plutôt qu’à son Créateur, lui qui est béni éternellement. Amen.

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Émerveille-toi

En entendant ces mots de saint Paul, nous pouvons nous demander si nous sommes des sages ou des fous ! Il est si facile de glisser dans l’idolâtrie, c’est-à-dire d’adorer la créature plutôt que son créateur. Souvent, nous ne nous en rendons pas compte, ou bien nous nous trouvons de bonnes excuses. L’urgent prend alors le pas sur l’essentiel. Nous privilégions l’organisation, aux dépens de la relation ; nous courons après l’efficacité et le rendement, en oubliant le vrai but de notre vie.

Tout autre est notre attitude si nous avons un cœur contemplatif : nous voyons alors l’invisible à travers les œuvres de Dieu. « Car à travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut contempler, par analogie, leur Auteur », nous dit le Livre de la Sagesse*. Les créatures deviennent les messagères du créateur, puisque chacune nous dit quelque chose de son amour infini. Nous reconnaissons la présence de Dieu dans les personnes que nous rencontrons. Nous faisons remonter vers lui notre action de grâce à travers nos actes, nos paroles, nos pensées. Nous continuons certes à vivre notre quotidien et à accomplir notre devoir d’état, mais dans la perspective de ce qui ne passe pas.

L’action de grâce, comme son nom ne l’indique pas, n’est pas une action, mais une attitude : l’attitude fondamentale du croyant, c’est-à-dire de celui qui vit pour la gloire du Dieu impérissable, en laissant aux choses périssables leur statut de serviteurs éphémères.

Accueillons la vérité de Dieu : reconnaissons à travers ses œuvres sa puissance éternelle et sa divinité, et choisissons l’émerveillement.

* Livre de la Sagesse 13, 5.

♦ 2ème semaine

♦ Vendredi 17 juin

L’Évangile à toute la création

Texte biblique : Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (16, 14-18)

Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité. Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »

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Ça change tout

Les onze apôtres ont vu mourir Jésus, l’ami avec qui ils ont tout partagé pendant ces trois dernières années. Ils n’y comprennent rien, ils se sentent perdus, et ils se demandent ce qui va leur arriver, à eux qui l’ont suivi. Comment pourraient-ils donner foi à ceux qui disent l’avoir vu vivant ? Qui donc aurait pu le relever de la mort ? Mais voici que soudain Jésus se manifeste à eux, et qu’il les envoie proclamer la bonne nouvelle à toute la création.

Lorsque le Ressuscité fait irruption dans notre vie, lorsqu’il passe à travers nos portes fermées et qu’il s’invite à notre table, il nous est soudainement impossible de nous taire. Sa présence parmi nous et en nous devient envoi vers le monde. Car lorsque nous sommes saisis d’une certitude, celle-ci transforme toute notre manière de penser et d’agir. Seulement voilà, la Résurrection est-elle réellement pour nous une certitude ? Change-t-elle quelque chose dans notre vie ? Le Christ Jésus nous reprochera-t-il, comme aux Onze, notre manque de foi ? Il s’agit tout d’abord d’un choix à poser : rester enfermés dans l’étroitesse de nos raisonnements, ou nous lancer dans l’aventure de la foi. Certes la zizanie, l’hypocrisie, le péché, la maladie, la mort ne disparaîtront pas, ils continueront à nous menacer, mais croyons-nous qu’ils n’auront plus de pouvoir sur nous ? Croire que Jésus est ressuscité, cela change tout : c’est oser ouvrir nos cœurs à la victoire de l’amour !

Accueillons dans notre vie le Christ ressuscité, et laissons-nous fasciner, laissons-nous convaincre, laissons-le nous envoyer !

♦ Mercredi 15 juin

Tu dis et elle existe

Texte biblique : Livre de Judith (16, 13-16)

Je chanterai pour mon Dieu un chant nouveau. Seigneur, tu es grand, tu es glorieux, admirable de force, invincible. Que ta création, tout entière, te serve ! Tu dis, et elle existe. Tu envoies ton souffle : elle est créée. Nul ne résiste à ta voix. Si les bases des montagnes croulent dans les eaux, si les rochers, devant ta face, fondent comme cire, tu feras grâce à ceux qui te craignent. Oui, tout sacrifice d’agréable odeur est peu de chose ; encore moins, toute graisse pour l’holocauste en ton honneur ; mais celui qui craint le Seigneur est grand, plus que tout.

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Tu es grand

La belle Judith, grâce à sa foi en Dieu, son courage et son intelligence, vient d’écarter le danger d’une invasion en décapitant le chef de l’armée ennemie. Le peuple bénit sa libératrice. Judith, quant à elle, fait monter vers Dieu son action de grâce, car elle sait que c’est à lui qu’elle doit sa victoire. Elle chante sa majesté et sa toute-puissance, devant lesquelles s’incline toute la création.

Il nous arrive à tous de nous sentir bien petits devant la grandeur de Dieu. « Qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui ? », demande le psalmiste, fasciné par la splendeur des œuvres de Dieu, qui nous renvoient à la toute-puissance du Créateur*. Nous percevons à la fois l’immensité de l’univers, et notre place, voulue par Dieu, dans cette immensité. Nous nous trouvons alors face à l’un des paradoxes de notre nature humaine : c’est lorsque nous faisons le choix de la dépendance, de la petitesse, que se manifeste toute la vérité de notre grandeur.
Avec saint Paul qui s’exclame « lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort »**, nous percevons que la dignité de l’être humain est précisément la liberté d’opérer ce choix, de se reconnaître créature, d’accepter de ne pas tout maîtriser : celui qui aime le Seigneur est grand, plus que tout.

Accueillons notre vraie grandeur, et choisissons de nous faire tout petits devant notre Créateur. Comme Judith, revêtus de la force de Dieu, nous chanterons alors le chant nouveau de ceux qui partagent la victoire de leur Seigneur.

* Psaume 8, 5.
** Seconde Lettre aux Corinthiens 12, 10.

♦ Lundi 13 juin

La création artistique

Texte biblique : Livre de l'Exode (31, 1-11)

Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Vois : j’ai appelé par son nom Beçalel, fils d’Ouri, fils de Hour, de la tribu de Juda. Je l’ai rempli de l’esprit de Dieu pour qu’il possède la sagesse, l’intelligence, la connaissance et le savoir-faire pour toutes sortes de travaux : la création artistique, le travail de l’or, de l’argent, du bronze, la taille des pierres précieuses, la sculpture sur bois et toutes sortes de travaux. Et c’est moi qui lui donne comme adjoint Oholiab, fils d’Ahisamak, de la tribu de Dane. C’est moi qui donne la sagesse à tout artisan habile, pour qu’il fasse tout ce que je t’ai ordonné, c’est-à-dire : la tente de la Rencontre, l’arche du Témoignage, le propitiatoire qui la couvre, tous les accessoires de la Tente, la table et ses accessoires, le chandelier d’or pur et tous ses accessoires, l’autel de l’encens, l’autel de l’holocauste et tous ses accessoires, la cuve et son support, les vêtements liturgiques, les vêtements sacrés pour le prêtre Aaron, les vêtements que porteront ses fils pour exercer le sacerdoce, l’huile de l’onction, l’encens aromatique pour le sanctuaire. Ils feront exactement comme je te l’ai ordonné. »

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Tous artistes

Alors que les Israélites marchaient dans le désert, Dieu avait ordonné à Moïse : « Fais-moi un sanctuaire, que je puisse résider parmi eux. »* Seul, Moïse n’aurait pas été capable de réaliser ce qui lui avait été ordonné. Mais le Seigneur a appelé Belçalel par son nom, il lui a donné sa sagesse et toutes les compétences nécessaires, ainsi qu’un adjoint pour le seconder. Rien n’est indifférent à Dieu  : dans ce texte de l’Exode, les détails sont nombreux, la description est précise, elle comprend l’essentiel comme l’accessoire, et tout est ordonné à la gloire de Dieu.

En appelant chacun, chacune de nous par son nom, Dieu nous dit qu’il nous connaît, que nous avons du prix à ses yeux**, qu’il compte sur nous pour parachever son œuvre, et qu’il nous donne tout ce dont nous avons besoin pour mener à bien la mission unique qu’il nous a confiée. Il ne s’agira peut-être pas pour nous de travailler l’or ni de tailler des pierres précieuses. Mais nous pouvons être certains que lorsque nous accueillons cette mission, nos activités de chaque jour deviennent louange à la gloire de Dieu. Dans la routine du quotidien, il peut nous arriver de nous demander si la succession de nos journées et la répétition des mêmes gestes ont un sens – souvenons-nous alors que même l’accessoire a parfaitement sa place dans l’œuvre de la création ! Chacun de nous, là où il vit, est parole de Dieu pour le monde, un monde assoiffé de beauté autant que de vérité.

Accueillons dans la reconnaissance et l’humilité la mission et les dons qui nous sont confiés par le Créateur : nous sommes les habiles artisans de son dessein d’amour.

* Livre de l’Exode 25, 8.
** Livre d’Isaïe 43, 1.4.

♦ 1ère semaine

♦ Vendredi 8 juin

Déluge et  alliance

Texte biblique : Genèse 9, 8-16

Dieu dit encore à Noé et à ses fils : « Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous, avec votre descendance après vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous : les oiseaux, le bétail, toutes les bêtes de la terre, tout ce qui est sorti de l’arche. Oui, j’établis mon alliance avec vous: aucun être de chair ne sera plus détruit par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre. » 
Dieu dit encore : « Voici le signe de l’alliance que j’établis entre moi et vous, et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour les générations à jamais : je mets mon arc au milieu des nuages, pour qu’il soit le signe de l’alliance entre moi et la terre. Lorsque je rassemblerai les nuages au-dessus de la terre, et que l’arc apparaîtra au milieu des nuages, je me souviendrai de mon alliance qui est entre moi et vous, et tous les êtres vivants : les eaux ne se changeront plus en déluge pour détruire tout être de chair. L’arc sera au milieu des nuages, je le verrai et, alors, je me souviendrai de l’alliance éternelle entre Dieu et tout être vivant qui est sur la terre. »

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Hymne à la fidélité

« Voici que moi, j’établis mon alliance avec vous. » Une fois encore, Dieu prend l’initiative : c’est lui qui décide d’établir son alliance avec le monde, tout comme il avait décidé de séparer la lumière des ténèbres, et comme il avait choisi d’insuffler sa propre vie en l’être humain. Cette création qui est débordement de son amour, Dieu ne peut l’abandonner à elle-même, il ne veut pas la voir ravagée. Pour lui assurer qu’elle est définitivement attachée à son cœur, il s’engage dans une alliance éternelle. L’arc qui relie le ciel et la terre en est le signe : Dieu se souviendra toujours de son alliance. Mais comme les hommes ont quelque peu tendance à oublier, il ne cessera de renouveler ses promesses à son peuple : « Sans fin je lui garderai mon amour, mon alliance avec lui sera fidèle. »*

Toute l’histoire du salut sera marquée par le drame de l’infidélité répétée du peuple, à laquelle répondra toujours l’amoureuse fidélité de Dieu. Chaque renouvellement de l’alliance sera une nouvelle déclaration d’amour de notre Père du Ciel, un engagement encore plus profond, jusqu’à envoyer son Fils, jusqu’à la folie de la Croix et la victoire de la Résurrection. 
Accueillons dans l’action de grâce l’alliance que Dieu ne cesse d’établir avec chacun d’entre nous, jour après jour, comme il la conclut avec l’ensemble de sa création. Chaque fois que nous prions « Gloire au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et toujours », souvenons-nous de cette alliance, et faisons de notre louange un hymne à la fidélité de l’Éternel !

* Psaume 88, 29.

♦ Mercredi 8 juin

Création de l'homme

Texte biblique : Genèse 2, 4-8

Telle fut l’origine du ciel et de la terre lorsqu’ils furent créés. Lorsque le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel, aucun buisson n’était encore sur la terre, aucune herbe n’avait poussé, parce que le Seigneur Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour travailler le sol. Mais une source montait de la terre et irriguait toute la surface du sol.
Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait modelé.

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Souffle vital

« Et l’homme devint un être vivant. » L’auteur de la Genèse nous propose ici un récit d’une simplicité désarmante, qui pourtant nous renvoie au mystère de ce que nous sommes, de notre origine et de notre finalité. Car si nous n’étions que terre modelée, notre seule perspective serait un retour à la terre. Notre séjour dans le monde se limiterait au travail de cette terre. Mais si le souffle qui nous anime n’est rien de moins que le souffle même de Dieu, alors nous vivons de la vie de Dieu. Et cela change tout ! Notre quotidien prend un sens, c’est-à-dire à la fois une signification et une direction. Nous ne vivons plus simplement pour nous, mais pour lui rendre gloire ; et nous sommes appelés à retourner à celui qui nous a insufflé la vie. Notre vie ne nous appartient pas : « Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur », précisera saint Paul*.
Admirable collaboration entre le Créateur et l’être humain ! Pour que l’herbe pousse sur la terre, il faut à la fois que Dieu fasse pleuvoir et que l’homme travaille le sol. Notre Créateur nous place dans le jardin qu’il a préparé pour nous. Il nous demande de l’habiter, il compte sur nous, et nous savons qu’il ne nous laissera jamais seuls pour le faire fleurir et donner ses fruits.

Accueillons la vie, ce trésor que Dieu a choisi de partager avec nous pour l’éternité. Nous sommes certes conscients de notre pauvreté, car nous portons ce trésor dans des vases d’argile**, mais n’oublions pas que nous sommes riches de la confiance de notre Créateur, qui fait de nous les jardiniers du monde.

* Lettre aux Romains 14, 8.
** Seconde Lettre aux Corinthiens 4, 7.

♦ Lundi 6 juin

Au commencement

Texte biblique : Genèse 1, 1-5

AU COMMENCEMENT, Dieu créa le ciel et la terre. La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux. Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière des ténèbres. Dieu appela la lumière « jour », il appela les ténèbres « nuit ». Il y eut un soir, il y eut un matin : premier jour.

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Pleine Lumière

Premier livre de la Bible, premier chapitre, premier verset. Au commencement, alors que tout n’est que ténèbres, Dieu nous donne sa première parole : « Que la lumière soit. » La terre est encore informe et vide, mais le Créateur se manifeste en lui donnant ce dont elle aura toujours le plus besoin : l’assurance que l’obscurité n’aura jamais le dernier mot. Lorsque les temps seront accomplis, Dieu nous livrera son ultime parole* : Jésus, son Fils, la lumière du monde, que les ténèbres ne peuvent arrêter**. La lumière est la première et la dernière parole de Dieu sur le monde, elle est sa volonté et sa présence, pour toute la création et pour chacun d’entre nous.

Demandez à un enfant pourquoi il n’aime pas l’obscurité, il vous répondra peut-être : parce que j’ai peur. Peur de me perdre, peur de trébucher, peur de dangers insaisissables. Lorsque nous n’y voyons plus clair, lorsque nous nous sentons envahis par les ténèbres, laissons-nous recréer, laissons-nous renouveler par cet amour*** qui ne demande qu’à habiter en nous. En entendant : « Que la lumière soit », ayons la certitude de cette présence qui chasse toute angoisse, qui nous ouvre la route, qui nous accompagne. Si, comme le dit saint Grégoire le Grand, nous mettons tous nos soins à reconnaître le cœur de Dieu dans les paroles de Dieu, alors la lumière de chaque journée deviendra signe de l’amour du Créateur.

Accueillons la lumière, premier don de Dieu au monde, première parole d’amour qui nous est sans cesse reproposée pour devenir fils de lumière !

* Lettre aux Hébreux 1, 1-2.
** Évangile selon saint Jean, 1, 4-5.
*** Livre de Sophonie 3, 17.

Sœur Marie-Laetitia Youchtchenko - Rome
Dominicaine apostolique, sœur Marie-Laetitia vit en Italie et partage son temps entre l'accompagnement spirituel et la prédication.

Introduction

Jacques, un ami, père de famille engagé dans la société et dans l'Église, m'a confié un jour qu'il lisait chaque matin la Parole de Dieu. Cela a profondément transformé sa vie. Tel verset l'aidait à prendre une décision, tel autre, à supporter un moment pénible.

En effet, pour expérimenter la présence de Dieu dans son quotidien, se ressourcer..., il n'y a rien de mieux que la lecture de la Bible !  Avec « Marie qui méditait toutes ces choses dans son cœur » (Luc, 2, 19), nous découvrons que le Christ demeure en nous quand ses paroles demeurent en nous (Jean 15). Alors nous devenons une Parole pour nos frères, nos amis, nos collègues... 
Pour discerner la volonté de Dieu, il faut être guidé à travers des thèmes sur des parcours bien balisés. C'est notre souhait le plus cher pour cette 3e saison de Lumières dans la Bible. 

Lumières dans la Bible redémarre le lundi 6 juin 2022 avec une mini-retraite de trois semaines (3 jours par semaine) sur le thème essentiel de la Création dans la Bible. Sœur Marie-Laetitia Youchtchenko méditera des textes choisis dans l'Ancien et le Nouveau Testament.
Pour cette 3e saison, nous approfondirons les thèmes de la Création, l'Amitié, l'Intelligence, la Pauvreté, la Miséricorde, la Fraternité, la Sainteté, la Gloire et vous découvrirez de nouveaux prédicateurs :
  • une laïque dominicaine de Strasbourg : Jacqueline Cuche
  • une sœur : sœur Marie-Laetitia Youchtchenko (Congrégation Romaine de Saint-Dominique) 
  • deux frères : frère Norbert-Marie Sonnier (couvent de Poitiers) et frère Xavier Loppinet (couvent de Nancy).
Chaque méditation est accompagnée d'une photo et attendez-vous à une belle surprise.... Nous avons gardé les comédiens pour la lecture des textes et les sœurs moniales dominicaines de Beaufort pour les introductions musicales.