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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

 

La sainteté

Le frère Norbert-Marie Sonnier est dominicain du couvent de Poitiers. Prédicateur de retraites et enseignant en philosophie.

♦ 3ème semaine

Vendredi 28 octobre

La ville sainte

Texte biblique : Livre de l'Apocalypse (21, 1-5)

Alors j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus. Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari. Et j’entendis une voix forte qui venait du Trône. Elle disait : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s’en est allé. » Alors celui qui siégeait sur le Trône déclara : « Voici que je fais toutes choses nouvelles. » Et il dit : « Écris, car ces paroles sont dignes de foi et vraies. »

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Tous appelés à la sainteté

Que se passera-t-il à la fin de l’histoire ? Quelle est cette Jérusalem nouvelle à laquelle nous aspirons ? Quelle est notre attente, notre espérance ? L’Apocalypse présente un renouvellement complet de toutes choses. Toute l’expérience de l’humanité y porte comme secret espoir d’être unie à la sainteté de Dieu. D’être en quelque sorte débarrassée de tout ce qui n’est pas saint en elle, de tout ce qui ne mérite pas l’éternité. C’est l’espérance des hommes, des pauvres et malheureux surtout : que leur vie, comme toute vie, trouve sa plénitude, en dehors de toutes les souffrances, douleurs et morts. Ce n’est pas une revanche sur cette vie ; c’est davantage une juste participation à l’humanité renouvelée. Une humanité telle que Dieu la veut ; une humanité à épouser.

L’horizon ainsi tracé incite à vivre dans cette perspective, à anticiper en quelque sorte cet état auquel nous aspirons. Le renouvellement commence déjà dans cette existence. L’Esprit saint opère en nous et nous fait ressentir quelque chose de la sainteté à l’œuvre dans nos cœurs, mais aussi dans la manière de vivre. Ce que nous disons, ce que nous faisons, devrait toujours posséder une densité de sainteté. Le poids et la légèreté de la grâce, en quelque sorte !
La sainteté est un horizon vers lequel tendre ; mais elle est en même temps une actualité à vivre. Devenir saint, c’est comprendre que la sainteté est présente dès maintenant. Elle trouvera sa plénitude et sa réalisation dans le temps et la modalité choisis par Dieu. Avec cette certitude : je ne serai pas saint tout seul, mais en communion avec beaucoup d’autres. Une communion des saints à envisager pour l’éternité et à pratiquer dans l’aujourd’hui de l’existence.

Mercredi 26 octobre

Soyez saints

Texte biblique : 1ère lettre de Pierre (1, 13-16)

C’est pourquoi, après avoir disposé votre intelligence pour le service, restez sobres, mettez toute votre espérance dans la grâce que vous apporte la révélation de Jésus Christ.Comme des enfants qui obéissent, cessez de vous conformer aux convoitises d’autrefois, quand vous étiez dans l’ignorance, mais, à l’exemple du Dieu saint qui vous a appelés, devenez saints, vous aussi, dans toute votre conduite, puisqu’il est écrit : Vous serez saints, car moi, je suis saint.

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La sainteté pour autrui

Dans l’Église, la sainteté n’est pas réservée à une élite ou un petit nombre d’élus. Vatican II a lancé un « appel universel à la sainteté dans l’Église ». Chaque baptisé doit laisser résonner cet appel en lui et tâcher d’y répondre personnellement. En effet, la sainteté n’est autre que la disponibilité à la grâce reçue. Chacun reçoit le don de Dieu, l’Esprit saint, qui s’exprime de manière singulière chez une personne et dans son existence. De sorte que chaque réponse sera unique et offrira un visage original de la sainteté. Il n’est qu’à voir les saints reconnus pour se rendre compte de la diversité des personnes et des trajectoires ! La réponse de sainteté s’inscrit dans nos formes de vie. Ainsi, on dira qu’il y a une sainteté des époux, des parents, des enfants, des prêtres, des religieux, des évêques, etc.

De plus, des familles spirituelles ont vu le jour tout au long de l’histoire. En s’inspirant du charisme original, chaque membre perçoit combien la spiritualité de sa famille spirituelle lui permet d’en développer les spécificités propres. On se rend compte du foisonnement créatif dû à l’ingéniosité de l’Esprit saint pour que l’appel universel à la sainteté soit entendu et accueilli par le plus grand nombre.
Cet appel à la sainteté n’est pas autocentré ou autoréférencé vers la seule Église ! La sainteté est toujours bonne pour l’humanité. Celui ou celle qui répond généreusement à la grâce divine apporte un cadeau inestimable à l’humanité en permettant que Dieu rejoigne l’histoire des hommes. Si je réponds à la grâce de Dieu, si je me mets à la disposition de Dieu et de son dessein de salut, alors je collabore à l’œuvre de Dieu, à la progression de son Royaume. Celui qui est le seul saint me sanctifie dans la réponse que je lui fais, afin de participer à la sanctification de l’humanité !

Lundi 24 octobre

Sanctuaire de Dieu

Texte biblique : 1ère lettre de saint Paul aux Corinthiens (3, 16-17)

Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous.

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Sainteté du Corps

Saint Paul écrit aux chrétiens de Corinthe pour leur rappeler les exigences évangéliques de la vie en communauté ecclésiale. Certes, il dénonce un certain nombre de pratiques comme étant contraires à la suite de Jésus-Christ, mais, il réaffirme avec force la sainteté de la communauté chrétienne qui doit être forte de la sainteté de tous et de chacun de ses membres.
On s’attend toujours à ce que Dieu réside dans quelque édifice sacré, lieu bien déterminé où les croyants peuvent lui rendre un culte. Ce faisant, on sacralise le lieu, le culte et le temps de la célébration. Mais qu’en est-il lorsque le lieu de la présence de Dieu n’est pas d’abord un édifice, mais la communauté des croyants ? C’est tout l’enjeu d’être sanctuaire de Dieu. Il faut que Dieu se sente bien dans ce sanctuaire ! Dieu est saint et ne supporte pas le péché, la souillure, l’injustice, le marchandage. Être sanctuaire demande clairement d’être sanctifié pour accueillir la sainte présence de Dieu. Dans un édifice matériel, on pourra toujours procéder à des rites de sanctification, de purification. Mais dans l’édifice spirituel, ce sont les personnes qui sont appelées à être purifiées et sanctifiées.

Ainsi, comme la santé dans un corps, la sainteté du Corps du Christ, l’Église, requiert la sanctification des personnes composant ce Corps. Il suffit d’un ou de quelques membres malades pour que le corps ne soit pas en bonne santé ; il suffit de quelques membres pécheurs pour que la sainteté du Corps du Christ en soit entachée.
On comprend l’avertissement de Paul : il interroge chacun sur l’apport fait dans notre participation à l’édification de l’Église. Il ne s’agit pas tant d’opposants extérieurs à l’Église qui seront détruits que de ceux qui, de l’intérieur, menacent sa cohésion, sa sainteté. Dès lors, contribuons-nous à accroître la sainteté de l’Église ?

♦ 2ème semaine

Vendredi 21 octobre

Sanctifiés dans la vérité

Texte biblique : Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (17, 15-19)

Avant de passer de ce monde au Père, Jésus priait ainsi : « Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

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Sainteté efficace

La prière de Jésus telle qu’elle est rapportée au 17e chapitre de l’évangile selon saint Jean sera exaucée dans le don que Jésus fait de lui-même et le don de l’Esprit saint. Le passage de ce monde vers le Père, c’est la glorification de Jésus, autrement dit sa mort-résurrection. Dans l’offrande qu’il fait de lui-même en mourant sur la croix, Jésus se sanctifie lui-même. De sorte que cette prière est sacerdotale au sens où Jésus est à la fois prêtre et sacrifice. En s’adressant à Dieu, son Père, Jésus montre toute la confiance qu’il lui fait, jusqu’à remettre sa vie entre ses mains. Dieu est la vérité par excellence, et l’on peut donc se fier à lui, à sa parole. Jésus a donc été envoyé par son Père dans le monde des hommes et il a accompli totalement cette mission.

Pour autant, cette mission a besoin d’être poursuivie, actualisée dans l’histoire des hommes. Les disciples de Jésus en sont chargés. Pour ce faire, ils reçoivent l’Esprit saint. L’effusion de l’Esprit configure le disciple au Christ. La vie qui lui est communiquée provient de Dieu, puissance sanctifiante s’il en est ! Le disciple éprouve la force de la présence de l’Esprit saint, qui le pousse à témoigner la résurrection de Jésus-Christ. Dans le même moment, cette présence le transforme de l’intérieur en le faisant communier à la vie même de Dieu. Comme Jésus l’a éprouvée dans sa relation au Père, le chrétien expérimente en lui la vérité de Dieu en recevant sa vie. Vérité de ce qu’il a à annoncer et à témoigner. Mais aussi, épreuve de vérité sur soi-même ; conséquence de la présence agissante de l’Esprit de vérité et de sainteté. L’évangile annoncé par le disciple fait œuvre d’évangélisation dans le disciple. Ainsi est-il sanctifié par celui qu’il annonce.

Mercredi 19 octobre

 

Benedictus

Texte biblique : Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (1, 68-75)

« Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple. Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur, comme il l’avait dit par la bouche des saints, par ses prophètes, depuis les temps anciens : salut qui nous arrache à l’ennemi, à la main de tous nos oppresseurs, amour qu’il montre envers nos pères, mémoire de son alliance sainte, serment juré à notre père Abraham de nous rendre sans crainte, afin que, délivrés de la main des ennemis, nous le servions dans la justice et la sainteté, en sa présence, tout au long de nos jours. »

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Sainteté au quotidien

Zacharie rend grâce à Dieu de la naissance de Jean, l’enfant que sa femme et lui n’attendaient plus. L’intervention de Dieu leur a permis de le concevoir. Mais, pour toute intervention de Dieu dans l’histoire des hommes, il faut l’intégrer dans l’histoire sainte et en comprendre l’enjeu de grâce. C’est l’une des tâches assignées au prophète, à celui qui est rempli de l’Esprit saint, comme l’est Zacharie à cet instant.

L’histoire sainte est la perception de l’Alliance sainte du point de vue de Dieu. Par-delà tous les aléas et les ruptures d’alliance, le Dieu saint maintient cette alliance. Il ne peut en être autrement : Dieu sanctifie tout ce qu’il fait ! Le regard rétrospectif porté sur l’histoire, la mémoire, les souvenirs aboutit à la confession de foi : Dieu a toujours été présent à notre histoire. Cette présence est le plus souvent synonyme de libération. Bien plus, cette histoire d’amour se dessine entre Dieu et les patriarches, entre Dieu et son peuple. La sainteté de Dieu libère l’homme, tout en l’invitant à entrer dans une relation d’amour avec lui. La sainteté de Dieu chasse la crainte du cœur de l’homme pour y établir l’amour et la paix.

Tout cela entre dans le dessein de Dieu. La sainteté est communiquée en vue du service. Ne serait-ce donc pas un don gratuit de Dieu ? Dieu serait-il intéressé quand il gratifie l’homme ? Non, le service est précisé comme effectué dans la justice et la sainteté. On n’imagine pas un seul instant que Dieu puisse n’être ni juste ni saint. Ainsi, servir Dieu juste et saint, c’est entrer dans cette exigence de lui ressembler autant que faire se peut. À la fois dans la justice des relations humaines et dans la sainteté comme réponse personnelle donnée au Dieu saint. Ainsi, peut-on se maintenir devant Dieu, le Dieu trois fois saint, non pas l’espace d’un instant extatique, mais dans le quotidien d’une existence marquée de la sainteté.

Lundi 17 octobre

Tu es le saint de Dieu

Texte biblique : Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc (1, 23-27)

Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. » L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui. Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. »

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Proche du Saint

En Jésus-Christ, Dieu s’incarne. Le Fils de Dieu prend condition humaine et entre dans le déroulement de l’histoire humaine, en un lieu, la terre d’Israël, en un temps, lors de l’Empire romain. Là, il est confronté à ce qui fait le quotidien des hommes, avec son lot de malheurs et de difficultés. Il rencontrera l’humanité en prise avec ses aspirations de libération, ses désirs de délivrance et de guérisons diverses. Il porte en lui la sainteté de Dieu, mais il ne s’en sert pas pour contraindre à croire en lui et à l’accueillir comme le Messie promis.

Il y a pourtant une catégorie de créatures qui ne se trompent pas sur sa véritable nature : les esprits impurs. Ils possèdent les hommes et les affligent de maux et de souffrances. Ces esprits impurs abîment l’humanité, la défigurent, chez ceux qui en sont infestés. Ils regardent avec appréhension l’incarnation du Fils de Dieu comme une menace à leur endroit. Dieu qui s’incarne n’a d’autre but que de restaurer en l’homme l’image originelle perdue et défigurée. La sainteté de Dieu à l’œuvre dans l’humanité est bonne pour l’homme. C’est même une Bonne Nouvelle, un Évangile !
Dans cet affrontement, la sainteté est victorieuse par la puissance de la parole, celle du Verbe de Dieu fait chair. L’homme est libéré ; c’est la conséquence de l’action du Saint de Dieu. Les témoins présents dans la synagogue font le constat de cette autorité en acte. Il faudrait aller plus loin que la stupeur et l’étonnement. Il faut comprendre que la sainteté de Dieu ne se contemple plus seulement dans des visions prophétiques, mais que cette sainteté se fait proche de l’homme pour le sanctifier.

♦ 1ère semaine

Vendredi 14 octobre

Le Dieu saint

Texte biblique : Livre d'Isaïe (6, 1-8)

L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler. Ils se criaient l’un à l’autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de sa gloire. »
Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée. Je dis alors : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers ! » L’un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel. Il l’approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. » J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » Et j’ai répondu : « Me voici : envoie-moi ! »

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Trois fois saint

La proximité du Dieu saint d’Israël fait prendre conscience à Isaïe de son indignité. Loin de sanctifier le nom de Dieu, voici qu’il confesse l’impureté des lèvres, la sienne et celle de son peuple. La bouche faite pour dire la sainteté de Dieu, voici qu’elle dit et fait autre chose. Pourtant, la vision grandiose n’entraîne pas la perte du prophète, comme il le craint. Dieu ne révèle pas sa gloire et sa sainteté dans le but de perdre l’homme, mais bien dans le désir de le sauver. Les théophanies du Dieu d’Israël montrent sa majesté, sa puissance et sa sainteté, mais elles révèlent aussi ce que Dieu attend de ceux qui en sont bénéficiaires.
Le prophète Isaïe dénonce, comme beaucoup, les torts et les méfaits de son peuple et de ses dirigeants qui ne respectent pas la Loi, et donc la sainteté de celui qui l’a donnée. Pourtant, sa vocation prophétique l’amène à être le porte-parole de Dieu auprès de ce peuple rebelle. Il lui faudra recevoir la grâce du pardon, après qu’il a confessé son indignité. L’un des séraphins, interrompant un instant sa louange au Dieu saint, lui purifie les lèvres. On s’attend à ce qu’Isaïe chante lui aussi la gloire au Dieu saint, mais il n’en va pas ainsi ! La demande du Dieu saint concerne le peuple d’Israël et la recherche du messager idoine pour parler au nom du Dieu saint. C’est ainsi qu’Isaïe propose ses services, maintenant qu’il est purifié. La contemplation humaine de la gloire de Dieu ne fait pas de l’homme un archange qui chante la sainteté du Seigneur ; elle le constitue messager pour que le peuple ne faillisse pas dans son élection et son alliance. Saint Irénée écrit : « La gloire de Dieu c’est l’homme vivant ; la vie de l’homme, c’est de contempler Dieu. »

Mercredi 12 octobre

Dieu veut être sanctifié

Texte biblique : Livre du Lévitique (22, 31-33)

Vous garderez mes commandements et les mettrez en pratique. Je suis le Seigneur. Vous ne profanerez pas mon saint nom, afin que je sois sanctifié au milieu des fils d’Israël ; je suis le Seigneur qui vous sanctifie. Moi qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte pour être votre Dieu, je suis le Seigneur.

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Saint nom

Comment répondre à la sainteté de Dieu ? Quelle serait la juste attitude morale et spirituelle pour correspondre à la demande de Dieu d’être sanctifié par son peuple ? Comment vivre pour ne pas déshonorer le nom saint de Dieu ?
La sanctification attendue trouve son origine dans l’expérience de la libération. Le Dieu qui attend d’être sanctifié est le Dieu qui a libéré le Peuple de la servitude des Égyptiens. La gratitude, l’action de grâce, est le départ de cette sanctification. Pourtant, le livre de l’Exode le rapporte dans bon nombre de pages : la tentation est grande, devant les difficultés rencontrées, de retourner en arrière, de revenir à l’état d’esclavage. Là, on ne sanctifie pas le nom de Dieu ; on crie, on gémit, on se lamente. Dieu attend d’être sanctifié par un peuple d’hommes et de femmes libres.

Une liberté qui se reçoit et se construit par l’observance de la Loi de Dieu. Le Dieu saint ne peut que donner des commandements et des préceptes qui sont bons pour le Peuple. Écouter la Loi et la mettre en œuvre, ce n’est pas tomber dans un nouvel esclavage. C’est bien davantage entrer dans une alliance qui fait entrer en correspondance les deux alliés. Ainsi, Dieu qui est saint veut être sanctifié par ce Peuple ; ce Peuple qui est libéré veut être rejoint par l’efficacité de la sainteté de Dieu.
Parce qu’en fait, c’est bien Dieu qui sanctifie. Sa sainteté se communique, se diffuse et demande à être accueillie et vécue. C’est le comportement vertueux et juste qui exprime au mieux la sainte réponse de l’homme. Celui qui se réclame de Dieu ne peut en aucun cas agir en salissant son nom. Mais, en voulant honorer Dieu, on se conduira parfaitement, saintement.
Nous prions de même : Que ton nom soit sanctifié !

Lundi 10 octobre

Sanctifier le temps

Texte biblique : Livre de l'Exode (20, 8-11)

Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier. Pendant six jours tu travailleras et tu feras tout ton ouvrage ; mais le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui est dans ta ville.
Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié. Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.

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Saint dimanche

Dieu donne le rythme hebdomadaire qui ponctue l’activité des hommes. Une place est laissée pour la vacuité et la gratuité. À l’instar du geste créateur, l’homme œuvre pendant six jours et se repose le septième. Non pas un farniente en regard de l’activité, mais une invitation à la sanctification de ce jour. Le repos est précédé de tout l’ouvrage à faire. Le travail est donc la condition naturelle de l’homme. Un travail à accomplir dans sa totalité. Cela demande du sérieux, de l’assiduité à la tâche. Mais l’homme ne doit pas s’attacher à son ouvrage au point d’en devenir esclave. L’oubli du sabbat ou son interdiction détournent l’homme de sa condition de créature de Dieu. Le sabbat délivre l’homme du risque de n’être qu’un outil de production. D’où le rappel de la nécessité du sabbat qui restaure l’homme dans sa dignité.

C’est le jour privilégié pour retrouver son humanité. En rendant gloire au Créateur, l’homme rend grâce de ce qu’il est et de ce qu’il reçoit au sein de la création. Il sait que tout lui vient de Dieu. Bien plus, l’homme se rappelle que, dans ce repos, il retrouve quelque chose de sa propre création à l’image et à la ressemblance de son Créateur, en faisant sabbat comme le Seigneur lui-même.
Par ce respect du sabbat, l’homme se trouve sanctifié, participant ainsi de la sainteté même du Dieu qu’il célèbre. Non seulement la personne, mais aussi tout son environnement familial doivent se reposer comme Dieu et en Dieu. Aussi, la sanctification du sabbat reçoit-elle une extension dont tout un chacun peut profiter et tous peuvent rendre grâce à Dieu d’une telle institution ! Notre repos dominical s’enracine dans cette spiritualité.