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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

 

 

L'intelligence

Je suis le frère Norbert-Marie Sonnier du Couvent de Poitiers. Entre autres activités j'ai une partie d'enseignement de la philosophie, c'est pour moi l'occasion de réfléchir et de faire travailler les autres sur ces questions essentielles , qui sont sur le sens de la vie et les questions métaphysiques... Ces mises en évidence de l'intelligence, comme une capacité de l'être humain à réfléchir, à raisonner. Tout le parcours sur l'intelligence c'est bien d'entrer dans une intelligence en quelque sorte "supérieure", l'intelligence de Dieu. 
Il y a à comprendre avec notre intelligence que l'intelligence de Dieu nous est donnée dans la révélation que l'on a à la comprendre et surtout à la mettre en œuvre. Alors cela sera un peu ardu mais je vous invite à avancer tous ensemble vers cette compréhension de l'intelligence.

♦ 3ème semaine

 Vendredi 5 août

En toute sagesse et intelligence

Texte biblique : Lettre de saint Paul aux Éphésiens (1, 4-7)

Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé.
En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes. C’est la richesse de la grâce que Dieu a fait déborder jusqu’à nous en toute sagesse et intelligence.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Entrons dans la sagesse de Dieu

Selon ce passage de saint Paul, le chrétien est élu pour être fils de Dieu à l’instar du Fils unique, Jésus le Christ. L’élection biblique ne se fait pas au détriment des autres, mais bien en vue du témoignage à donner. Celles et ceux qui confessent la foi au Christ se sentent élus dans et par la filiation qui leur est conférée. Ils sont fils par pure grâce, don gratuit. Cette élection filiale les rend responsables de l’humanité et renforce leur solidarité avec tout homme. Le Christ a fait ainsi, et le fils adoptif se doit de reproduire dans sa vie l’attitude même du Fils qui a aimé l’homme au point de donner sa vie pour son salut. C’est là le prix de la grâce. 
Il s’ensuit une forme originale de sagesse et d’intelligence : la folie de la croix. Saint Paul la présente en opposition à ceux qui cherchent la sagesse tant religieuse que philosophique. La prédication du Messie crucifié est l’expression de cette sagesse, sagesse de Dieu bien davantage que sagesse humaine. Sagesse qui se déploie dans la reconnaissance de la faiblesse. Ainsi, comme le Christ s’est abandonné en toute confiance à Dieu son Père, le chrétien est invité à s’abandonner avec tout ce qu’il est entre les mains du Christ. S’abandonner, c’est se disposer à recevoir. Aussi, en expérimentant la faiblesse qui conduit à s’abandonner à la force de Dieu, l’on prend conscience d’une forme de sagesse et d’intelligence qui éclaire sur le projet de Dieu.

Je me découvre, avec bonheur et stupéfaction, bénéficiaire du salut. J’en rends grâce à Dieu ; je m’efforce de répondre à cela par la sainteté de mon existence. Je prends conscience de mon élection, œuvre d’amour de Dieu. J’en reçois un surcroît du sentiment d’appartenance et de communion avec toute l’humanité. Me voici entré dans la sagesse et l’intelligence de Dieu manifestées en Jésus-Christ.

Mercredi 3 août

Connaître Dieu et vivre

Texte biblique : Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (17, 3)

Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Connais Dieu pour vivre

La connaissance de Dieu ne se résume pas à une somme de savoirs accumulés. On ne ferait de Dieu que l’objet d’une science, en l’occurrence la théologie. Certes, on ne niera pas l’importance de la réflexion et de la pensée pour pénétrer toujours plus avant la Révélation, telle qu’elle est donnée dans la Bible et dans l’Église. Si Dieu s’est révélé, s’est manifesté, c’est bien pour que nous tâchions de le connaître.
Justement, à partir de la Révélation se pose la question de la finalité : pourquoi Dieu se révèle-t-il à l’homme ? La réponse est simple, celle que nous avons ci-dessus : faire participer l’homme à la vie de Dieu. C’est ce que Jésus enseigne ; c’est ce qu’il a montré par toute sa vie.
On comprend alors que la connaissance de Jésus, le Fils de Dieu fait homme, va faire entrer dans une relation spirituelle, une communion existentielle et vitale. Jésus, dans l’évangile selon saint Jean, invite à demeurer en lui. Pourtant, Jésus n’est pas l’aboutissement, le terme. Il se présente comme chemin qui mène vers Dieu, son Père et notre Père. Ainsi, cheminer avec le Christ, s’unir à lui, demeurer en lui, c’est entrer dans la relation filiale. Celle qu’il entretient avec son Père et celle à laquelle nous sommes invités.

Le lien existentiel et vital qui est source de communion, c’est l’Esprit saint. En le recevant comme puissance d’amour, de vie et de connaissance, nous sommes à même d’entrer dans l’amitié du Christ, et donc dans l’intimité de la relation qu’il entretient avec son Père. Dès lors, nous sommes dans le mystère trinitaire et nous goûtons quelque chose de la vie même de Dieu, la vie éternelle.

♦ Lundi 1er août

Tu es maître en Israël et tu ne saisis pas

Texte biblique : Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean (3, 9-13)

Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? » Jésus lui répondit : « Tu es un maître qui enseigne Israël et tu ne connais pas ces choses-là ? Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. »

Écouter Parole de Dieu + méditation

Renouvelle ton intelligence

Nous lisons dans le Prologue de l’évangile selon saint Jean l’affirmation solennelle : le Verbe s’est fait chair en Jésus-Christ. Alors, écouter Jésus-Christ, le voir à l’œuvre, comprendre son message nécessitera toujours un déplacement. Il faudra toujours se placer devant une réalité qui déroute l’homme en le faisant entrer dans une intelligence renouvelée de la présence de Dieu dans le monde. Nouveauté qui se donne à voir dans l’eau changée en vin à Cana*, nouvelle naissance dans l’entretien avec Nicodème**, nouveau culte spirituel avec la Samaritaine**. C’est cela que l’évangéliste rapporte comme signes pour que l’on croie que Jésus est le Christ.
Pour ce faire, Jésus va faire entrer dans la compréhension du mystère de Dieu, les choses du Ciel, à partir des choses de la terre. Il faut se positionner autrement, regarder ces choses de la terre du point de vue du Verbe incarné, du Fils éternel du Père. Si l’on répond à cette offre de déplacement, alors on comprend les paroles de Jésus, paroles qui semblent incompréhensibles du seul point de vue humain. D’où l’incompréhension de Nicodème sur la « nouvelle naissance » : naître à nouveau du sein de ma mère au lieu d’une renaissance spirituelle.

Il faut donc accueillir le témoignage de celui qui sait, autrement dit le Verbe de Dieu incarné en Jésus-Christ. En se déplaçant intérieurement, on dégage en soi la possibilité de l’ouverture à la révélation du mystère que Jésus dévoile progressivement. 
Finalement, je ne comprends bien Dieu que si je me laisse introduire en lui par son Fils qui est venu prendre la condition humaine.

* Évangile de Jean 2.
** Évangile de Jean 3.
*** Évangile de Jean 4.

♦ 2ème semaine

♦ Vendredi 29 juillet

 

Intelligence des Écritures

Texte biblique : Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc (24, 25-27)

Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Eclaire-moi

Sur le chemin d’Emmaüs, Jésus ressuscité apparaît à deux disciples. La résurrection du Christ montre que la vie de Dieu est bien plus forte que la mort. Dieu ressuscite son fils et lui confère ainsi la dignité de Seigneur que les hommes lui ont déniée en le clouant sur la croix. Rétrospectivement, le message délivré par Jésus tout au long de son ministère public trouve ici sa légitimité et sa vérité. Ce qu’il a dit, fait et enseigné apparaît donc nouveau sous l’éclairage de Pâques. Autrement dit : c’était bien lui le Messie, le Christ, le Fils de Dieu fait homme. Alors, comment se fait-il qu’on ne l’ait pas reconnu, qu’on l’ait condamné à la crucifixion ?
Il faut donc reprendre le déroulement des faits à partir du dénouement et comprendre comment cela était annoncé en filigrane dans l’Écriture. Un seul peut en être l’interprète : celui qui a vécu ces événements de l’intérieur, Jésus-Christ. Le Ressuscité donne la clef de l’interprétation : c’est lui-même ! Ainsi, l’Écriture se comprend à partir du Ressuscité et le Ressuscité accomplit le message de l’Écriture.

L’expérience exemplaire des pèlerins d’Emmaüs est à reproduire en chacun de nous. Si nous mettons notre foi en Jésus-Christ, nous y trouvons la lumière pour comprendre et interpréter les Écritures. Elles sont orientées vers le Christ et nous découvrons alors tout ce que Dieu a voulu révéler de lui et de son dessein de salut pour l’humanité et la création. En ce sens, nous comprenons que la Révélation atteint son plus haut sommet dans le Christ et qu’elle est le dernier mot de Dieu. Il nous reste à approfondir constamment ce mystère.

♦ Mercredi 27 juillet

Tous me connaîtront

Texte biblique : Livre du livre de Jérémie (31, 33-34)

Mais voici quelle sera l’Alliance que je conclurai avec la maison d’Israël quand ces jours-là seront passés – oracle du Seigneur. Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple.
Ils n’auront plus à instruire chacun son compagnon, ni chacun son frère en disant : « Apprends à connaître le Seigneur ! » Car tous me connaîtront, des plus petits jusqu’aux plus grands – oracle du Seigneur. Je pardonnerai leurs fautes, je ne me rappellerai plus leurs péchés.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Laissons-nous instruire

Jérémie, comme les autres prophètes d’Israël, dresse ce constat : il est difficile – pour ne pas dire impossible – de suivre la Loi à la lettre. Il y a toujours une partie du peuple qui déroge à la Loi. Bien souvent, des mésaventures ou des catastrophes en sont la conséquence, marquant ainsi les ruptures d’Alliance. Jérémie a été de ces prophètes suscités par Dieu au moment de la prise de Jérusalem, de la destruction du Temple et de l’exil à Babylone.
Dieu ne se résigne pas pour autant devant cet impossible humain. Puisque cette Loi semble trop contraignante, car imposée de l’extérieur, Dieu va faire en sorte que la Loi s’intériorise dans le cœur de l’homme. Le changement est considérable : c’est à la racine de l’action humaine que la Loi est donnée. Ainsi, chacun trouvera en lui la dynamique propre de l’Alliance. Ce qui ouvre à la connaissance personnelle, individuelle de Dieu. Mais le résultat est bien plus large que la seule individualité : il s’agit de répondre au projet communautaire de Dieu qui veut un peuple avec qui faire alliance. On se rend ainsi compte de la constance de Dieu dans son projet. Il l’adapte en fonction des réponses données par les hommes !

À l’horizon de cette parole prophétique se dessine l’Alliance réalisée par Jésus-Christ et le don de l’Esprit saint. La Loi intérieure promise, c’est la grâce de Dieu. Cette présence sanctifiante qui introduit dans la relation filiale avec Dieu et qui construit le Corps du Christ : l’Église dont nous sommes rendus participants par la grâce.

♦ Lundi 25 juillet

A la source de l'intelligence

Texte biblique : Livre du livre de Ben Sira le Sage (1, 1-5)

TOUTE SAGESSE vient du Seigneur, et demeure auprès de lui pour toujours. Le sable des mers, les gouttes de la pluie, et les jours de l’éternité, qui pourra en faire le compte ? La hauteur du ciel, l’étendue de la terre, la profondeur de l’abîme, qui pourra les évaluer ?
Avant toute chose fut créée la sagesse ; et depuis toujours, la profondeur de l’intelligence. La source de la sagesse, c’est la parole de Dieu au plus haut des cieux. Ses chemins sont les commandements éternels.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Naître à l'intelligence

D’où provient la sagesse ? La sagesse est-elle divine ou création divine ? Est-ce que la sagesse de Dieu se donne, se communique à l’homme ? À ces questions, Ben Sira affirme l’origine divine de la sagesse. On ne peut dire de Dieu qu’il est sans sagesse : Dieu est sage par excellence.
Comment alors participer à cette sagesse divine  ? Il faut bien que l’homme ait quelque capacité pour correspondre à cette sagesse. L’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu* porte en lui une intelligence qui lui permet de comprendre, de réfléchir et de décider. Pourtant, l’exercice de la réflexion nécessite d’être rejoint par la méditation de la Parole de Dieu. En effet, la Parole de Dieu exprime la volonté, le dessein de Dieu. Autrement dit, son intelligence, sa sagesse. On se rend compte que la méditation de la Parole de Dieu façonne l’intelligence humaine pour la faire pénétrer dans les profondeurs de la sagesse divine. Là, on comprend un peu mieux la logique propre de Dieu, qui diffère quelque peu de notre logique humaine. Une logique éternelle et universelle qui se fonde dans la bonté de Dieu et qui invite l’homme à sortir de son inclination à l’intérêt exclusif de soi-même.

Mais il faut aller encore un peu plus avant dans cette réflexion sur la sagesse divine et sa communication à l’homme. Écoutons cette prophétie d’Isaïe au sujet du Messie : « Sur lui reposera l’esprit du Seigneur, esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur »**. La sagesse divine vient reposer sur le Messie. Écoutons comment Jésus réalise cette prophétie, au moment de son baptême : « Et aussitôt, en remontant de l’eau, il (Jésus) vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : “Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie.” »*** La source de l’intelligence et de la sagesse coïncide avec la filiation divine. Baptisés, nous en bénéficions.

* Livre de la Genèse 1.
** Livre d’Isaïe 11, 2.
*** Évangile de Marc 1, 10, 11.

♦ 1ère semaine

♦ Vendredi 22 juillet

L'intelligence  du Créateur

Texte biblique : Livre du livre des Proverbes (3, 21-24)

Heureux qui trouve la sagesse, qui accède à la raison ! C’est une bonne affaire, meilleure qu’une affaire d’argent, plus rentable que l’or. La sagesse est plus précieuse que les perles, rien ne l’égale : dans sa main droite, longueur de jours, dans sa main gauche, richesse et gloire ! Ses chemins sont chemins de délices, tous ses sentiers, des lieux de paix. Pour qui la tient, elle est arbre de vie ; qui la saisit est un homme heureux.
Le Seigneur a fondé la terre avec sagesse ; il a établi les cieux avec intelligence. C’est par sa science que les abîmes se sont ouverts et que, des nuages, perle la rosée.
Mon fils, ne perds jamais de vue le savoir-faire et la perspicacité : ils te seront force de vie, une parure à ton cou. Alors tu iras ton chemin avec assurance, ton pied n’achoppera pas. Au moment de dormir, nulle anxiété ; une fois endormi, ton sommeil sera doux.

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Réfléchis !

Qu’est-ce qui rend l’homme heureux ? Serait-ce l’argent, l’or, la fortune, le pouvoir, les honneurs ? La recherche des biens et des plaisirs ne satisfait que momentanément. Dès qu’ils sont assouvis et exaucés, la chasse reprend le dessus et s’oriente vers de nouvelles satisfactions… On connaît bien ce mécanisme, chacun l’expérimente dans sa propre vie !
Devant cette réalité humaine, la Parole de Dieu invite à regarder vers une autre direction : la quête de la sagesse ! Plutôt que de nous laisser guider par nos désirs, conduisons-nous raisonnablement : c’est ce qu’enseignent déjà les philosophes antiques. Pourtant, la raison humaine doit s’orienter vers la sagesse divine. 

La raison humaine qui se tourne vers Dieu découvre combien la création est belle, ordonnée et sensée. La création reflète l’intelligence du Créateur, comme l’écrit saint Paul aux Romains : « Depuis la création du monde, on peut voir avec l’intelligence, à travers les œuvres de Dieu, ce qui de lui est invisible : sa puissance éternelle et sa divinité. »* 
Cette sagesse créatrice se transforme en sagesse humaine si l’homme entre dans cette logique. Le Dieu créateur a fait le monde et ses lois. En les découvrant, l’homme participe à cette sagesse, à cette science. La conséquence en est de vivre harmonieusement dans la création de Dieu, source de bonheur et de sérénité. 
Mais l’on sera toujours, à un moment ou un autre, confronté au problème du mal, inhérent à la création. Là encore, la sagesse divine vient au secours de la faiblesse humaine : l’intelligence du Créateur va jusqu’au salut. Réalisé par le Christ Jésus, ce salut est universel et concerne la création tout entière : « La création a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu. »**

* Lettre aux Romains 1, 20.
** Lettre aux Romains 8, 21.

♦ Mercredi 20 juillet

Pas un peuple intelligent comme cette grande nation

Texte biblique : Livre du Deutéronome (4, 5-8)

Voyez, je vous enseigne les décrets et les ordonnances que le Seigneur mon Dieu m’a donnés pour vous, afin que vous les mettiez en pratique dans le pays où vous allez entrer pour en prendre possession. Vous les garderez, vous les mettrez en pratique ; ils seront votre sagesse et votre intelligence aux yeux de tous les peuples. Quand ceux-ci entendront parler de tous ces décrets, ils s’écrieront : « Il n’y a pas un peuple sage et intelligent comme cette grande nation ! » Quelle est en effet la grande nation dont les dieux soient aussi proches que le Seigneur notre Dieu est proche de nous chaque fois que nous l’invoquons ? Et quelle est la grande nation dont les décrets et les ordonnances soient aussi justes que toute cette Loi que je vous donne aujourd’hui ?

Écouter Parole de Dieu + méditation

L'intelligence de l'alliance

Dieu fait alliance avec son peuple, Israël. Une alliance qui se décline en Loi, commandements et préceptes. Loi donnée à Moïse sur des tables de pierre, redonnée après l’adoration du veau d’or, retrouvée au retour de l’exil à Babylone. Dieu garde fidèlement son alliance, même quand le peuple tombe dans l’infidélité de l’idolâtrie ou l’oubli.
Pour Israël, garder cette alliance c’est entrer dans l’intelligence même de Dieu. Dieu se donne dans l’expression de sa sagesse. Il fait ce qui est bon pour l’homme. Recevoir ses commandements et les mettre en pratique, c’est entrer dans la volonté de Dieu ; mais c’est surtout accepter cette proximité divine qui communique sa présence sanctifiante. Aimer la Loi et ses préceptes, cela revient à aimer Dieu qui donne la Loi et invite à l’alliance. La mise en pratique de la Loi manifeste la réponse donnée par les Israélites choisis par Dieu pour témoigner de lui.
L’élection d’Israël entraîne deux conséquences : la fidélité à la Loi et la responsabilité à l’égard des nations païennes. L’obéissance à la Loi, à la sagesse de Dieu, se manifeste dans des comportements sages et des attitudes justes, au sein du peuple, dans les relations fraternelles. La justice de Dieu se donne à voir dans la justice des élus. Ce qui est pratiqué, mis en œuvre, vécu, devient témoignage aux yeux des autres hommes. Ainsi, la pratique de la justice est tout autant manière de vivre, bienfaisante pour Israël, que modèle à proposer aux autres peuples.

La sagesse de Dieu est éternelle. Elle me rejoint à travers la Bible, à travers l’Église, le témoignage des saints. Je lui réponds dans la fidélité à l’alliance que Dieu a contractée avec moi. Je m’ajuste ainsi à ses justes décisions. 

♦ Lundi 18 juillet

Joseph le sage

Texte biblique : Livre de la Genèse (41, 33-39)

« Maintenant donc, que Pharaon voie s’il y a un homme intelligent et sage pour l’établir sur le pays d’Égypte. Que Pharaon agisse en instituant des fonctionnaires sur le pays d’Égypte, afin de prélever le cinquième des récoltes pendant les sept années d’abondance. Ils recueilleront toute la nourriture de ces bonnes années qui viennent et, sous l’autorité de Pharaon, ils entasseront dans les villes du froment comme nourriture : ils le garderont en réserve. Ainsi, il y aura une réserve de nourriture pour le pays en vue des sept années de famine qui suivront dans le pays d’Égypte, et la famine ne détruira pas le pays. »
Cette proposition plut à Pharaon et à tous ses serviteurs. Pharaon leur dit : « Trouverons-nous un homme comme celui-ci, qui a l’esprit de Dieu en lui ? » Alors, Pharaon dit à Joseph : « Dès lors que Dieu t’a fait connaître tout cela, personne ne peut être aussi intelligent et aussi sage que toi. »

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L'intelligence des rêves

Joseph est un expert en songes, comme le disent ses frères. Son expertise lui permet d’interpréter les songes des officiers de Pharaon et de Pharaon lui-même. Il possède l’intelligence de l’interprétation, mais aussi l’intelligence de la situation. À partir de l’interprétation, il donne des conseils avisés à Pharaon. Les années de vaches grasses seront suivies d’années de vaches maigres et invitent à investir dans la constitution de stocks alimentaires pour faire face à la pénurie annoncée.
Voilà donc le renversement de situation. Joseph, le fils de Jacob, vendu comme esclave par ses frères, devient l’interlocuteur du roi d’Égypte qui reconnaît sa sagesse, et donc sa supériorité en ce domaine.
Dès lors, la question de l’origine de cette intelligence se pose. D’où cela lui vient-il ? Est-ce une qualité ? Un don ? Oui, un don, certainement, mais qui vient de Dieu. Non pas les dieux des Égyptiens, mais le Dieu des Patriarches (Abraham, Isaac, Jacob). À travers les paroles de Joseph, c’est l’esprit de Dieu qui se manifeste. Une sagesse divine qui éclaire l’intelligence humaine. Cela présuppose bien évidemment la réalité et l’existence de ce Dieu unique, et sa capacité d’entrer en relation et en communication avec ceux et celles qu’il choisit comme interlocuteurs privilégiés.

Mais, alors, pourquoi Dieu s’immisce-t-il dans l’histoire des hommes ? Par ces songes et l’interprétation qu’en donne Joseph, Pharaon est averti de la proximité d’une pénurie alimentaire. Dieu ne protège pas de la famine à venir, mais il avertit les décideurs pour qu’ils prennent leurs responsabilités. Le Dieu de Joseph est créateur et maître de l’histoire. La sagesse de Joseph – et de tout croyant – tient dans l’écoute et l’attention à cette présence de Dieu qui accompagne sa création dans l’histoire. L’intelligence étant de trouver comment Dieu s’adresse à moi et ce qu’il me demande de faire.