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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

♦ Thème : la force

« Il ne faut pas lire la Bible, il faut l’écouter,
et ce n’est pas pour rien que nous sommes invités
à chaque tournant de page à prêter l’oreille. » Paul Claudel

Depuis lundi 10 janvier, pendant 3 semaines, les lundis, mercredis et vendredis, nous méditons les textes bibliques sur ce thème avec sœur Marie-Théo Manaud de la Congrégation Romaine de Saint-Dominique. Elle méditera des textes choisis dans l'Ancien et le Nouveau Testament pour nous guider dans notre vie spirituelle et nous permettre de trouver Dieu dans notre vie quotidienne.

♦ Vendredi 28 janvier

La force de la prière

Texte biblique : Jacques 5, 14-16

L’un de vous est malade ? Qu’il appelle les Anciens en fonction dans l’Église : ils prieront sur lui après lui avoir fait une onction d’huile au nom du Seigneur. Cette prière inspirée par la foi sauvera le malade : le Seigneur le relèvera et, s’il a commis des péchés, il recevra le pardon. Confessez donc vos péchés les uns aux autres, et priez les uns pour les autres afin d’être guéris. La supplication du juste agit avec beaucoup de force.

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Course de relais

Une course de relais particulière, force de communion fraternelle, véritable témoin passé de main en main pour franchir la ligne d’arrivée, victoire finale, vie en plénitude et salut des frères.
Un semi-marathon en relais, par groupes de trois pour notre équipe de l’Athletica Vaticana. Habituée aux distances plus longues, sept kilomètres me semblaient un jeu d’enfant. Une particularité pourtant me mettait déjà le cœur et les jambes en mouvement. Le témoin que nous allions nous transmettre, fil conducteur de communion, n’était pas banal. Rien à voir avec ce bâton symbolique ; il avait pour nous le visage, le sourire éclatant de Sara, douze ans, atteinte d’une forme de myopathie, que nous allions pousser dans son fauteuil tout au long de nos 21 kilomètres. Je n’avais encore jamais éprouvé à ce point cette capacité à puiser en moi l’énergie pour courir, pousser, continuer, durer. Mais d’où me venait-elle ? Double source ! Sara se révélait un véritable coach, conseillant, encourageant, exultant, cherchant à épouser chaque mouvement, chaque courbe pour ne faire qu’un seul corps avec moi et son fauteuil. Percevant ma fatigue, ma difficulté, elle actionnait ses roues pour m’aider : force conjointe, unie, démultipliée, force reçue alors que je pensais donner. J’avais « reçu » Sara dans l’élan d’une course, commencée à plein régime, des mains de notre ami Gianpaolo et j’allais la transmettre à son papa pour passer la ligne d’arrivée : force de l’amour ouvert à la communion, engagé, appelant en responsabilité. Il ne m’était pas possible de m’arrêter ou de ralentir le rythme de cette course pour la vie. Quelle puissance dans la communion, vrai catalyseur d’une force qui relève et exulte en pleine vie !

♦ Mercredi 26 janvier

S’en remettre à Dieu

Texte biblique : Philippiens 4, 10-13

J’ai éprouvé une grande joie dans le Seigneur à voir maintenant refleurir vos bonnes dispositions pour moi : elles étaient bien vivantes, mais vous n’aviez pas occasion de les montrer. Ce ne sont pas les privations qui me font parler ainsi, car j’ai appris à me contenter de ce que j’ai. Je sais vivre de peu, je sais aussi être dans l’abondance. J’ai été formé à tout et pour tout : à être rassasié et à souffrir la faim, à être dans l’abondance et dans les privations. Je peux tout en celui qui me donne la force.

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Entre tes mains

De l’abondance au dénuement, de la pleine force à la grande faiblesse, de la jubilation à l’angoisse, de tout à rien, il y a un Tout-en-Lui, la force de Dieu enracinée au cœur de notre existence.

Une simple poignée de main et tout était dit : « Je peux tout en celui qui me donne la force. » Une main amie serre la mienne, me révélant une rare puissance par une pression si faible. Une main dans l’étau d’un début de paralysie : plongeant son regard dans le mien, là où amour et vérité se manifestent sans voile où le pieux mensonge n’a pas sa place, elle me demande : « Tu sens comme je serre fort ? » Avec émotion, serrant avec tendresse sa main, je réponds : « Je sens toute la force que tu y mets ». Ce n’était pas une façon de la rassurer – elle est bien consciente de cette force qui s’échappe – mais l’expression de ce que je percevais. Puissance d’une vie enracinée à la Source de la force, dans le Nom du Dieu-fort. Face à la détresse, à la maladie, à cette faiblesse qui limite, il y a une saine révolte, mouvement de refus, force de la volonté, de la colère même. Une force précieuse, mais qui ne dure pas et porte vite à l’épuisement si elle ne s’alimente pas à une Source plus profonde. Dans ce cœur plongé dans le Christ, force de l’Amour offert, un autre mouvement peu à peu, une alliance dans la faiblesse. Ce n’est pas une soumission contrainte, passive, mais un abandon sans cesse à re-choisir dans une confiance travaillée, sculptée par l’amour fort, sûr. Un amour accueilli en chaque respiration, en chaque étincelle d’une plénitude en action. Amour offert, manifesté dans la force d’une vie concentrée sur l’essentiel : transmettre la force de sa Parole, amour incarné pour la vie éternelle !

♦ Lundi 24 janvier

La force dans la faiblesse

Texte biblique : I Corinthiens 1, 24-29

Pour ceux que Dieu appelle, qu’ils soient Juifs ou Grecs, ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. Frères, vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien  : parmi vous, il n’y a pas beaucoup de sages aux yeux des hommes, ni de gens puissants ou de haute naissance. Au contraire, ce qu’il y a de fou dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion les sages  ; ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi, pour couvrir de confusion ce qui est fort ; ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est pas, voilà ce que Dieu a choisi, pour réduire à rien ce qui est  ; ainsi aucun être de chair ne pourra s’enorgueillir devant Dieu.

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Douce-Puissance de Dieu

Douce-Puissance de Dieu* : une toute-puissance divine reformulée. Dieu n’est pas ce Tout-Puissant terrifiant qui dirige et gouverne le monde et ses créatures par une force devant laquelle l’homme devrait trembler et tomber à genoux. Non ! Dieu n’a pour seule puissance que l’Amour. Il ne sait rien d’autre qu’aimer, infiniment, totalement, sans jamais se reprendre. Un élan permanent dans le don de tout son « être-Dieu » pour et en l’homme. Douce-Puissance d’un amour qui ne cesse de passer en chaque créature et pour toujours. Puissance de la faiblesse qui ne peut que se proposer sans jamais s’imposer : Dieu nouveau-né s’offre à nous, en attente de notre amour, pour venir habiter nos vies de sa plénitude.

Ce qui est faible, ce qui est fou, ce qui n’est pas ou n’est plus renferme une puissance, intensité de désir, de présence, élan en don permanent, source d’une vie que rien ne peut éteindre.
Qui n’a jamais fait l’expérience de la force du regard d’un malade qui n’a plus que ses yeux pour dire sa vie et son amour ou celle d’un homme à l’heure de son passage en Ciel passant le témoin dans un souffle-en-mots. « Donnez, donnez, donnez » ont été les derniers mots de mon père quelques jours avant sa mort. Quelle résonance aujourd’hui encore dans ma vie, ardeur d’un amour qui ne peut et ne sait rien d’autre que s’élancer vers le frère. Force dérisoire et pourtant puissance transformante, renversante. Douce-Puissance de Dieu en chacune de nos existences, au creux de nos faiblesses, de nos pauvretés, de nos folies mêmes. Il est là, tout là, simplement là ! Osons avec lui cette folie d’être des doux-puissants !

* Florin Callerand, fondateur de la Communauté de la Roche d’Or.

♦ Vendredi 21 janvier

Vous recevrez une force

Texte biblique : Actes des apôtres 1, 7-9

Jésus répondit aux apôtres : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux.

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Dans le vent

Route du Rhum, Vendée Globe : prestigieuses courses en solitaire où le marin est au défi de la mer et du vent. Seul maître à bord, il ne pourra rien malgré l’extrême précision de son matériel s’il ne fait alliance avec le vent, brise légère ou bourrasque violente. Une vigilance continue est requise pour interpréter les instruments de bord comme les éléments naturels. Ses victoires et ses échecs lui sont ses premiers alliés, mais il ne décidera jamais de la présence du vent, de sa force, ni de son orientation. Il doit être à l’affût du moindre signe pour orienter son bateau et choisir ses voiles, être prêt à accueillir ce souffle avec gratitude et efficacité. Il ne s’agit pas d’une béate passivité dans l’attente de l’Esprit qui fait toute chose. Si le marin ne veut pas être ballotté par les flots et les vents, il lui faut être éveillé, préparé pour que le vent s’engouffre dans des voiles tendues et orientées. Il offre la force qui devient alliance entre le Souffle, la voile et la dextérité de l’homme.

Être envoyés dans la force de l’Esprit pour rendre témoignage au Christ nous demande pleine collaboration. L’Esprit, pour souffler dans nos voiles et donner envergure à notre vie, nécessite notre adhésion. Faire des choix, poser des actes qui engagent notre liberté et notre responsabilité. C’est le chemin des béatitudes, des hommes marcheurs au souffle de l’Esprit. Dans cette alliance créative entre l’Esprit et nos talents, nous devenons témoins actifs et engagés.

Notre vie déployée au grand vent de Dieu, voile gonflée de sa présence s’offrant à tout homme. Grand-voile, foc, génois, spi, blanches immaculées ou bigarrées pour exprimer et offrir la présence du Christ au cœur de nos vies. Chacun sa voile, chacun sa béatitude !

♦ Mercredi 19 janvier

Une force sortie de lui

Texte biblique : Luc 8, 43-48

Une femme qui avait des pertes de sang depuis douze ans, et qui avait dépensé tous ses biens chez les médecins sans que personne n’ait pu la guérir, s’approcha de lui par-derrière et toucha la frange de son vêtement. À l’instant même, sa perte de sang s’arrêta. Mais Jésus dit : « Qui m’a touché ? » Comme ils s’en défendaient tous, Pierre lui dit : « Maître, les foules te bousculent et t’écrasent. » Mais Jésus reprit : « Quelqu’un m’a touché, car j’ai reconnu qu’une force était sortie de moi. » La femme, se voyant découverte, vint, toute tremblante, se jeter à ses pieds ; elle raconta devant tout le peuple pourquoi elle l’avait touché, et comment elle avait été guérie à l’instant même. Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix. »

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Appel d'air

Un petit souffle pour une grande flamme ! Un appel d’air : c’est tout simple, mais impressionnant. Un petit souffle de rien du tout sur une flamme moribonde et il nous faut bondir en arrière pour ne pas avoir un retour de flamme tant elle se ravive avec ardeur et puissance.Elle a fait tout ce qu’elle pouvait cette pauvre femme, cherchant désespérément, dépensant tous ses biens pour colmater la brèche par où s’enfuyait la vie et ranimer ce souffle en elle. Ajouter du papier ou du bois sur une petite flamme mourante ne donne rien, pire encore, cela l’asphyxie, étouffe la vie. Il faut au contraire ouvrir, laisser entrer l’air, ce passage a priori insignifiant du souffle sur le feu. Ce simple contact et le courant passe, un appel d’air ravive la flamme et produit cette soudure : effet chalumeau !
Voici cette femme raccordée à la source. Son désir de vivre la pousse encore dans un dernier mouvement. Elle n’a plus rien à perdre, elle a déjà frappé aux portes des plus grands pontes. Un geste simple, humble pourtant audacieux que son cœur et sa foi lui dictent. Il lui faut passer outre les interdits rituels, se faufiler, se baisser même pour simplement, mais avec quelle force, toucher, non Jésus, ni même son vêtement, mais la frange du manteau. Appel d’air, souffle puissant, elle est atteinte en plein cœur par la force de la vie qui coule à nouveau en cette femme, non plus à sa perte, mais replacée dans le courant de la source. Elle s’échappait sans contrôle et la portait à la mort, elle est raccordée, réorientée, et lui donne vie nouvelle, établie dans la paix.

Ayons l’audace des petits gestes, folie de la confiance, laissons passer le souffle de vie, appel d’air aux creux de nos asphyxies.

♦ Lundi 17 janvier

L'aimer de toute sa force

Texte biblique : Marc 12, 29-33

Jésus fit cette réponse au scribe : « Voici le premier commandement : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. » Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »

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Sans mesure !

Mesure tes forces ! Conseil prévenant pour éviter la fatigue et atteindre le but. Oui, mais l’Amour appelle un engagement de tout l’être : « La mesure de l’amour c’est d’aimer sans mesure. » Saint Augustin a fait l’expérience d’une passion désordonnée, éphémère comme l’écume des vagues laissant un goût d’amertume. Il est alors saisi par l’amour brûlant, qui monte du plus profond du cœur, prend toute la personne et se donne sans mesure, un amour en sortie permanente. De l’écume à la lame de fond. Cette puissance de vie se reçoit branchée à la source. Dans cet embrassement total au Seigneur, cette relation de profonde intimité au Dieu de la vie, je reçois cette puissance d’aimer, cette force pour franchir les montagnes et soulever les obstacles les plus impressionnants. Combien d’actes héroïques accomplis dans la force d’un amour qui ne peut accepter de baisser les bras devant la souffrance ou le drame ? 
Puissance de l’amour qui ne peut se limiter, le Cantique des cantiques nous le chante : « L’amour est fort comme la mort. Les grandes eaux ne pourront éteindre l’amour, ni les fleuves l’emporter. » * Au-delà même de la mort, l’amour persiste. Aussi vrai que la mort est au rendez-vous de la vie, tel est l’amour que rien ne peut arrêter quand il engage tout notre être.

Je me souviens du récit d’une maman, ni wonder woman, ni magicienne, qui a vu son enfant pris au piège sous une roche éboulée. Sans réaliser l’inutilité de ses efforts, elle s’arc-boute pour soulever cette pierre et parvient à dégager sa petite. Elle n’a jamais pu par la suite bouger d’un millimètre ce rocher ! Miracle ? Assurément celui d’un amour qui déploie au-delà du possible et du raisonnable toute la puissance de nos forces.

* Cantique des cantiques ch. 8, v. 6.7.

♦ Vendredi 14 janvier

Soyez forts

Texte biblique : Psaume 30, 25

Soyez forts, prenez courage, vous tous qui espérez le Seigneur !

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Allez, Allez !

Ce matin d’automne et de confinement, derrière ma fenêtre, je regarde la pluie tomber légèrement sur l’herbe d’un beau vert tendre. Une certaine mélancolie habitée d’une lumière particulière, il y a quelque chose d’appelant, d’invitant, quelque chose qui susurre la vie plus forte. 
Ce matin, c’est le 1er novembre et la farandole de tous les saints m’apparaît, danse lumineuse d’un bonheur à pleins poumons. J’entends alors cette invitation comme un encouragement adressé personnellement à chacun de nous : oui, toi qui cours la course de la vie, toi qui espères le Seigneur à chaque pas de cette danse, sois forte, prends courage ! Depuis plusieurs années, je participe, à Rome, à la « corsa dei Santi » le jour de la Toussaint. Les derniers mètres, le dernier sprint nous met en droite ligne de la place Saint-Pierre.

Une expérience unique, franchir ces derniers mètres, en cette fête de tous les saints, les yeux fixés sur « l’Église universelle ».
J’imagine tous les saints, petits et grands, connus et inconnus, d’hier et d’aujourd’hui, de tous lieux et de tout temps, rassemblés là dans les bras que forment les colonnades de la place. Je me sens portée, galvanisée par une joie puissante, celle de mes frères et sœurs aînés qui ont parcouru la route et sont aujourd’hui en pleine lumière. Leur joie contagieuse, promesse assurée, espérance garantie, m’appelle en avant, elle vient faire jaillir en moi cette énergie pour ce dernier effort avant de franchir la ligne d’arrivée ! Force de l’espérance, force de la fraternité entre ciel et terre ! Ils ne se limitent pas à nous attendre « là-haut », ils viennent nous donner le rythme de la course, le pas de la danse !

♦ Mercredi 12 janvier

 

La force du Seigneur

Texte biblique : 1 Samuel 2, 6-10

Le Seigneur fait mourir et vivre ; il fait descendre à l’abîme et en ramène ; le Seigneur rend pauvre et riche ; il abaisse et il élève. De la poussière, il relève le faible, il retire le malheureux de la cendre pour qu’il siège parmi les princes, et reçoive un trône de gloire. Au Seigneur, les colonnes de la terre : sur elles, il a posé le monde. Il veille sur les pas de ses fidèles, et les méchants périront dans les ténèbres. La force ne rend pas l’homme vainqueur : les adversaires du Seigneur seront brisés. Le Très-Haut tonnera dans les cieux ; le Seigneur jugera la terre entière. Il donnera la puissance à son roi, il relèvera le front de son messie.

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Force arc-en-ciel

D’une extrémité à l’autre de la vie, du plus profond de la terre au plus haut dans les cieux, du plus petit des hommes au plus puissant, le Seigneur déploie la force de sa présence tel un arc-en-ciel traçant un pont entre ciel et terre, à l’horizon de nos paysages. « Je gravis les cieux : tu es là ; je descends chez les morts : te voici. Je prends les ailes de l’aurore et me pose au-delà des mers : même là ta main me conduit, ta droite me saisit. »* Rien en dehors de lui, rien qui ne puisse être traversé, pénétré, enveloppé, renversé par cette présence aimante et puissante. Rien à voir avec une omniprésence inquisitrice, cette sensation oppressante d’être sous surveillance permanente, dans l’œil du cyclone, non, c’est la puissance d’un Amour qui est. Le Seigneur « est » et tout est pétri de la permanence de son être qui remet en justice par le simple fait « d’être-en-lui ». Non, ce n’est pas par une puissance guerrière, obtenue à la force des poignets ou par son bras armé que l’homme trouvera justice et victoire, mais accueillant la puissance d’une Présence qui se lève en lui comme sur toute la terre, arc-en-ciel au cœur de sa vie. « O Seigneur notre Dieu qu’il est grand ton nom par toute la terre ! Jusqu’aux cieux ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits : rempart que tu opposes à l’adversaire. »**Voilà sa force : le chant de confiance des enfants, des tout-petits devant la splendeur de sa Présence enveloppant la terre et la vie de tout homme. Puissance désarmante de la confiance du petit, il lance son regard vers la source de l’Amour et nous invite à nous laisser traverser par cet arc-en-ciel en terre !

* Psaume 138, 8-10.
** Psaume 8, 2.3.

♦ Lundi 10 janvier

 

 La force de sa main

Texte biblique : Exode 13; 3

Moïse dit au peuple : « Souvenez-vous de ce jour, le jour de votre sortie du pays d’Égypte, la maison d’esclavage, car c’est par la force de sa main que le Seigneur vous en a fait sortir. On ne mangera pas de pain levé, ce jour-là. »

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Stop, je passe !

Quelle est donc cette main qui libère les Hébreux du pays d’Égypte ? Main levée, étendard arrêtant l’ennemi, ouvrant la mer en deux pour laisser passer le peuple choisi. La force d’une main qui se fait autorité, arrête, force le respect et dicte une loi de liberté, une loi pour la vie. Il serait pourtant si facile de passer outre, abaisser, renverser. Une main n’est qu’une main et aussi forte qu’elle soit devant la puissance d’une armée, que peut-elle ? Elle est l’expression et le prolongement d’une intention, la main tendue se place dans l’alignement du cœur, elle en indique l’intention et en devient la manifestation. C’est bien par la force de son Amour que le Seigneur libère son peuple de l’esclavage, puissance de l’amour manifestée à main nue et bras tendus.
Il me vient le récit d’une maman d’une jeune fille trisomique en apprentissage d’autonomie : Lucrezia s’apprête à traverser une rue, elle lâche la main protectrice de sa maman, se place bien en vue sur le passage piéton et étend largement les deux bras de chaque côté, les mains bien tendues pour manifester avec autorité son intention de traverser, forcer l’attention et s’assurer ainsi une traversée en toute sécurité ! Magnifique geste de puissance, pleine manifestation de sa volonté d’atteindre son but et pourtant, ce ne sont que deux bras tendus, il ne faudrait qu’une seconde d’inattention pour réduire à néant son désir de vivre libre, autonome et heureuse ! Lucrezia s’est ouvert là un chemin de liberté, confiante et sûre de la force de ce geste transmis et appris. Oui, la main du Seigneur est forte, car son Amour est puissance de vie.

À mains tendues, forts de cet Amour, forçons le passage, ouvrons les chemins de liberté.

♦ Introduction

Depuis deux ans, l’équipe de Lumières dans la Bible souhaite donner aux croyants d’aujourd’hui le goût d’écouter l’Ecriture. Il faut que s’établisse un contact vivant avec un être vivant. Le christianisme est la religion d’une parole à entendre, suivant l’ordre du Seigneur : « Écoute Israël ».

Pour faciliter cette écoute, nous veillons à soigner particulièrement la lecture des passages bibliques par des comédiens très expérimentés dans les studios de RCF. La qualité doit être irréprochable. De la même manière, nous avons fait le choix de l’audio pour l’enregistrement des méditations. N’est-il pas vrai que « la foi naît de ce que l’on entend ; et ce que l’on entend, c’est la parole du Christ. » (Romains 10, 17) ?

En mars 2022, Lumières dans la Bible laissera la place à la retraite de carême et reprendra à la Pentecôte 2022 avec huit nouveaux thèmes: la création, l’amitié, l’intelligence ... Quatre prédicateurs passionnés sont déjà au travail : deux frères, une sœur apostolique dominicaine et une laïque dominicaine.
Dans la joie de vous retrouver autour de la Bible, je vous souhaite une année comblée de la lumière étincelante qui vient de Dieu !

Je suis sœur Marie-Théo de la Congrégation Romaine de saint Dominique de la Province Italo-Suisse. Je vis à Rome où j'exerce la charge de prieure provinciale.
A mes heures perdues, ou plutôt pour reprendre force et souffle, pour accueillir le rythme de la vie, le rythme de Dieu au cœur de ma vie, je m'adonne à la course à pied. Oui, à la course à pied, alors je vous invite à prendre le départ avec moi et à me suivre ces 3 semaines durant dans cet esprit, dans cet élan de la course, au rythme de cette vie qui pulse dans nos artères.

Ensemble, en parcourant la Parole, nous allons découvrir le secret de la « Force ». A l'école des petits, avec tendresse, avec humour, au creux de l'impuissance, de l'amour, de la passion, du rêve, de la joie, dans le vent de la course, nous allons cueillir le tonus de la faiblesse.

Un élan qui nous traverse, qui nous appelle, qui nous entraîne dans ce mouvement permanent, ce souffle de l'amour.
Alors, prenez votre souffle, respirez c'est parti ! On y va, en avant, en élan !