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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

 

 

Le diocèse de Bayonne a annoncé mercredi 4 septembre le décès du cardinal français, à 96 ans. Il alliait à des qualités de discrétion un goût pour les marges, pour les « frontières », que Jean-Paul II sut utiliser pour en faire son émissaire sur tous les points de fracture du monde.
Toujours attentif à l’Église de France, il plaidait pour un catholicisme ouvert, dans la tradition du concile Vatican II.

Journal La Croix, extrait :

Le cœur, dont il parlait en conclusion de ses mémoires (1), s’est donc arrêté. Ce cœur d’homme qui battait, disait-il, au rythme du monde. Et au rythme de Dieu, sans que, jamais, il ait séparé les deux. Le cardinal ­Roger Etchegaray, à 96 ans, vient de quitter cette terre pour rejoindre la Jérusalem céleste, sa « ligne d’arrivée ». Ce grand serviteur de l’Église, qui avait pris avec humour le vieillard Syméon de l’Évangile comme saint de ses vieux jours, n’aurait sans doute pas renié la phrase de ce dernier, dans l’Évangile, « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole », tant on sentait, ces dernières années, combien il se réjouissait de voir sur le trône de Pierre un homme comme François, pape selon son cœur, dont il avait souhaité l’élection.À Rome, où Jean-Paul II l’avait appelé en 1984 pour lui confier deux Conseils pontificaux (Justice et Paix et Cor unum), et où il a résidé au total plus de trente années, Roger Etchegaray ne s’est jamais lassé des hommes, de l’Homme. « L’Église n’est pas qu’à Rome », ­disait-il lorsque des visiteurs évoquaient certains aspects du microcosme romain : « L’Église est partout », répétait-il avec son grand sourire, montrant du geste le splendide panorama qui s’ouvrait de sa terrasse, au dernier étage du palais Saint-Calixte, dans le quartier du Trastevere. L’Église, dans son universalité, qu’il a servie jusqu’au dernier jour, avec fidélité, malgré les zones d’ombre : « Le chrétien se sent mal à l’aise dans son Église tant qu’il ne cherche pas à se mettre à la mesure d’une Église sans mesure... »

CEF (Conférence des Évêques de France) :

Le cardinal Roger Etchegaray, archevêque émérite de Marseille, président émérite du Conseil pontifical « Cor Unum » et du Conseil pontifical Justice et paix, est décédé dans sa 97e année, le mercredi 4 septembre 2019.

Né le 25 septembre 1922 à Espelette, le cardinal Roger Etchegaray a été ordonné prêtre le 13 juillet 1947 pour le diocèse de Bayonne. Il fit ses études successivement au grand séminaire de Bayonne, puis au Séminaire français de Rome, et enfin à l’Université grégorienne de Rome.

Il exerça son ministère de prêtre comme secrétaire particulier de Mgr Terrier, évêque de Bayonne (1949), secrétaire général de l’Action catholique du diocèse (1954), directeur des Œuvres (1957), vicaire général du diocèse (1960), Secrétaire général adjoint de l’Épiscopat français (1961), Secrétaire général adjoint de l’Épiscopat français chargé des questions pastorales (1962), chargé du secrétariat de liaison (1965), Secrétaire général de l’Épiscopat français (1966-1970).

Secrétaire général adjoint de l’Épiscopat français en charge des questions pastorales en 1962, c’est à ce titre qu’il participa au concile Vatican II (1962-1965). Expert lors du Concile, le futur cardinal Etchegaray fut le témoin privilégié de la vie quotidienne des évêques et des travaux de l’assemblée. Il assista le chanoine Ferdinand Boulard qui créa un groupe de travail intitulé « Évêque de Vatican II ». Ce groupe avait pour but de réfléchir et d’échanger sur la vie pastorale et spirituelle des évêques. Le Père Etchegaray fut également secrétaire de la « Conférence des délégués » aussi appelée « Conférence des 22 ». Ce groupe informel, réunissant des évêques de divers pays, se constitua dans le but de faciliter l’échange d’informations entre épiscopats. Durant le Concile, il devint également le secrétaire du comité de liaison qui donnera naissance quelques années plus tard, en 1970 au Conseil des conférences épiscopales européennes (CCEE).

En 1969, le Père Roger Etchegaray fut nommé évêque auxiliaire de l’archevêque de Paris, le cardinal Marty, puis archevêque de Marseille, l’année suivante, en 1970. Il fut président du Conseil des conférences épiscopales d’Europe (1971-1979). C’est à ce titre qu’il participa au synode des évêques de 1974, au cours duquel il présenta un rapport très remarqué sur l’évangélisation en Europe. Il fut prélat de la Mission de France (1975-1982) et président de la Conférence des évêques de France (1975-1981).

Au moment de son élection à la présidence de la Conférence des évêques de France, en 1975, Monseigneur Etchegaray était membre du Conseil permanent, président de la région apostolique Provence-Méditerranée (aujourd’hui province de Marseille), membre de la Commission épiscopale pour le monde ouvrier (aujourd’hui « Mission ouvrière » au sein du Conseil épiscopal pour les mouvements et associations de fidèles). Il succéda à cette fonction au cardinal François Marty.

En 1979, il fut créé cardinal par le pape Jean Paul II puis en avril 1984, il fut appelé à Rome et nommé président du Conseil pontifical « Cor Unum » (1984-1995), président du Conseil pontifical « Justice et Paix » (1984-1998).

Il fut alors l’un des principaux collaborateurs du pape Jean Paul II. Homme de dialogue, il devint l’émissaire du Pape pour assurer des missions de paix et de défense des droits de l’homme dans des pays secoués par des troubles et ou des conflits. Que cela soit en tant que président du Conseil pontifical Justice et Paix ou dans le cadre de missions spéciales et parfois délicates, le cardinal Etchegaray fut amené à se déplacer sur tous les continents.

Entre 1971 et 1979, il se rendra plusieurs fois dans les pays de l’Est de l’Europe. En 1980, le cardinal Etchegaray fut le premier cardinal à visiter la Chine communiste.

En 1985, il renonça à sa charge d’archevêque de Marseille afin de se consacrer à ses fonctions romaines.

Il effectua une série de voyages en Amérique latine, dont les pays sont marqués par des régimes autoritaires. Inlassable artisan de paix, le cardinal Etchegaray ira également en Afrique où il visitera 49 des 53 états africains. En 1991, il rencontra Nelson Mandela. Entre 1993 et 1995, il effectua 4 voyages au Rwanda et Burundi. En 1985, il se rendit au Liban, en Irak et en Iran, alors en guerre.

Outre ses missions diplomatiques pour le Saint-Siège, il participa à la publication de textes importants en tant que Président de « Justice et Paix » et « Cor Unum » : « Au service de la communauté humaine : une approche éthique de l’endettement international » (1986) ; « Qu’as-tu fais de ton frère sans abri ? L’Église et le problème de l’habitat » (1988) ; « Le commerce international des armes : une réflexion éthique » (1994).

Enfin, il fut le délégué spécial du Pape pour l’organisation de la première Journée mondiale de prière pour la paix à Assise, qui réunira pour la première fois de manière inédite, 130 responsables religieux pour « être ensemble pour prier mais non à prier ensemble » (Jean Paul II).

En novembre 1994, il fut nommé président du Comité du Grand Jubilé (1994-2001). Depuis janvier 2017, le cardinal Etchegaray était rentré en France et séjournait dans le pays Basque.

Le cardinal Etchegaray avait reçu en 2014 la Grand-Croix de la Légion d’Honneur et était également Commandeur de l’Ordre national du Mérite.

Le cardinal Etchegaray publia plusieurs ouvrages :

·         J’avance comme un âne : petits clins d’œil au Ciel et à la Terre, Fayard, 1984.

·         Petite vie de Eugène de Mazenod (1782-1861), Desclée de Brouwer, Paris, 1995.

·         Jésus vrai homme, vrai Dieu, Desclée de Brouwer, 1997.

·         Vers les chrétiens de Chine : vus par une grenouille au fond d’un puits, Cerf, 2004.

·         J’ai senti battre le cœur du monde : conversations avec Bernard Lecomte, Fayard, 2007.

·         L’homme, à quel prix ?, Éditions La Martinière, 2012.

·         Qu’ai-je fait du Christ ?, Parole et silence, 2015.

·         Avec Dieu, chemin faisant, La Martinière, 2015.

Célébration des obsèques du Cardinal Roger Etchégaray (KTO).

Mgr Aillet : « Célébration de sa Pâque » présidée par
le Cardinal Dominique Mamberti, Préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique,
représentant notre saint père le Pape François.

Homélie du cardinal Mamberti

Message du Pape François

(suite bientôt)