Nombreux sont ceux qui, avec humilité, œuvrent pour la paix. On ne les entends pas tous dans les médias quotidiens, mais ils sont là et ils agissent où ils sont et au nom de leur foi pour la PAIX. J'ai eux la chance d'en rencontrer certains, ou d'écouter ou de lire leur témoignage.
Il y en a qui sont dans la tourmente de certains pays où la Paix est si difficile à construire, et d'autres qui sont chez nous, en France ; ce sont des hommes et des femmes et ils essaient de bâtir la PAIX ou d'ouvrir nos esprits et nos cœurs pour nous entrainer dans cette quête de la PAIX.

Écoutons certains de ces témoins qui, en toute modestie, avec leur cœur et leur foi en Jésus Christ, veulent être ces liens de fraternité afin de bâtir la Paix.

(Page évolutive car d'autres artisans de paix pourront s'y rajouter)


Abou-Gosh (ou Abu-Gosh) est un village israélien du district de Jérusalem, qui, au IXe siècle, s'appelait Karyat el-Anab, et dont la population est majoritairement musulmane.

L'appellation du lieu Abou-Gosh provient du nom de la famille propriétaire du terrain depuis le XVIe siècle. La famille Abou-Gosh est une famille musulmane originaire du Caucase. On estime que 98 % de la population musulmane d'Abou-Gosh est descendante de cette famille. Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, la famille Abou-Gosh se rend célèbre dans la région, entre autres, par les relations d'amitié qu'elle a su tisser avec la population juive. Il faut signaler que, même au plus fort de la Guerre d'Indépendance, la population arabe d'Abou-Gosh n'a jamais pris part aux conflits entre Juifs et Arabes.

Dans ce village, un territoire français avec l'une des plus belles églises de l'époque croisée et un monastère bénédictin qui a pour objectif de tisser des liens de fraternité avec juifs, musulmans et chrétiens de différentes confessions.


Écoutons le frère Olivier : avec son humour et sa foi profonde en Dieu et en l'homme, son témoignage marque tous les pèlerins, comme nous ce 24 mai 2019, ainsi que tous ceux qui viennent à Abu-Gosh, quelle que soit leur croyance.

(La vidéo s'est divisée en deux parties, donc les lire en suivant)

« ... Pourquoi cette fondation ici ? Don Grammont, ce saint homme, avait toujours eu les yeux tournés vers Jérusalem, de même la Mère prieure du monastère voisin... il y avait quelque chose en germe dans l'histoire de nos communautés monastiques pour une fondation ici... Don Grammont éprouvait une tendresse pour les racines de notre foi chrétienne sur cette terre de la Bible, il éprouvait aussi une tendresse pour les racines de notre foi chrétienne dans le peuple de la Bible, le peuple juif. Don Grammont nous disait souvent : "Mes frères, n'oublions jamais de regarder vers ce rocher dont nous avons été taillés, nous chrétiens"... Une branche coupée d son tronc ne vit pas. Dieu s'est incarné dans un peuple...

En 1976, Don Grammont envoie trois moines pour aller à Jérusalem... Pendant ce temps des tractations se font avec le Quai d'Orsay pour Abu-Gosh qui était disponible. Il avait laissé aux trois moines un message extrêmement simple :

« Soyez une présence cordiale »

Dans ces deux mots, il y a tout ce que nous devrions être ici : tout un programme à la source de notre foi, à l'écoute du mystère d'Israël, nos racines, et il avait ajouté "sans exception"...
Les gens du village ont très bien accueilli les trois frères. Le lendemain de leur arrivée, le maire du village, un vieux sage musulman, est venu en disant : "J'entends que les bénédictins reviennent, nous vous attendions, soyez bénis. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je suis là, je vois que vous n'avez pas de voiture... vous prenez la mienne si vous avez besoin" L'accueil oriental !
Les frères arrivent dans ce village entièrement musulman, on peut y voir un paradoxe, une contradiction... Les frères ont vu tout de suite un signe de Dieu pour une ouverture plus large... »

Et cette ouverture continue de vivre à Abu-Gosh.

« Il n'est pas rare que lorsque je reçois des jeunes militaires Israéliens, l'un d'eux me dise en sortant d'ici : "Une visite comme celle que l'on vient d'avoir ici aujourd'hui me redonne espoir dans l'avenir de mon pays"... Il doit se dire : si moi, jeune de 20 ans, juif, Israélien, soldat, si je peux être dans cette qualité de rencontre avec un moine chrétien catholique, français, qui n'a plus 20 ans... ce sont des horizons qui s'ouvrent... On n'a jamais le droit de perdre l'espérance et surtout :

On n'a jamais le droit de désespérer du cœur de l'homme »

Suit le témoignage d'un jeune militaire qui a bouleversé le frère Olivier.

Voir aussi le site de l'abbaye : https://abbaye-abugosh.info/fr/accueil

ainsi que la vidéo faite par les moines et les moniales
sur l'histoire et la présentation de l'abbaye :

 


 

Le père Vincent Feroldi est directeur du service de l’épiscopat français pour les relations avec l’islam, ou plutôt directeur du Service national pour les relations avec les musulmans, car, comme il le dit, une relation se fait avec des personnes, même si, pour cela, on est appelé à parler de l'Islam. Il est intervenu le 11 juin à Bizanos à la salle paroissiale sur le thème :

« La rencontre avec d’autres traditions religieuses, chance ou obstacle pour notre foi ? »

Auparavant il était allé dans plusieurs mosquées du diocèse, avec M. Jean Kalman qui contribue à faire se rencontrer fraternellement des hommes et des femmes de toutes religions.

La aussi, un témoignage fort avec un regard fraternel sur l'autre tel qu'il est.

Extraits de l'introduction : ensemble...

... Après les évènements dramatiques d'octobre 2014 - Persécution des chrétiens d'Irak - l’Église me demande de prendre cette responsabilité, et c'est à cause de mes amis musulmans et de la communauté chrétienne que j'ai dit oui, parce que je me rendais compte que si personne n'acceptait d'être sur cette frontière des relations avec nos communautés, dans une tension extrême, on risquait de ne plus être dans des relations, mais dans des affrontements. Donc, j'ai humblement accepté, mais je ne suis pas seul, j'ai une équipe, j'ai la confiance des évêques et je sais que par mon histoire... j'ai rencontré, j'ai connu, j'ai travaillé, j'ai festoyé, j'ai fait plein de choses avec des musulmans, des hommes et des femmes et, un certain nombre de ces hommes et ces femmes sont devenus des amis. On a eu des projets ensemble, on a fait des choses ensemble. Finalement, c'est à cause de ce vécu quotidien que je me dis, mais oui, la réalité islamo-chrétienne, cette diversité religieuse, elle existe, c'est un fait, mais elle n'est pas nécessairement une confrontation, et malheureusement elle l'est aussi, on va pouvoir l'évoquer.

J'ai été amené à essayer d'être à l'écoute de tout le monde, et mon désir premier était d'être dans la réalité et pas de rester dans le rêve... En octobre 2014, le premier tué n'était pas un chrétien, c'était un docteur musulman parce qu'il avait pris la défense des chrétiens à Mossoul...

Je voudrais vous partager mon expérience personnelle de la rencontre avec des hommes et des femmes... et j'ai eu la chance de rencontrer des musulmans dans des situations diverses...
Au cœur de la population musulmane où je vis (Maroc), je découvre des croyants, des gens profondément croyants qui se rendent à la mosquée... je rencontre d'authentique chercheurs de Dieu, d'authentiques priants et, en discutant avec eux, je suis en train de réaliser que leur compréhension de Dieu, la manière dont ils vivent a tout son sens, et que finalement, les grandes questions que l'on se pose : la vie et la mort, Dieu, les origines, ils se les posent ; ils posent des questions et, quand je les vois vivre, je suis plein d'admiration et je me dis, ils vivent bien mieux que moi les valeurs évangéliques, problème, ils ne sont pas chrétiens, ils sont musulmans...

Après 1990, on se retrouvait, croyants musulmans et croyants chrétiens de niveau universitaire, pour ensemble travailler sur un thème. Par exemple sur les écritures : avec les musulmans sur le Coran, avec les chrétiens sur la Bible pour voir ce qu'on peut dire ensemble, avec notre diversité, sur la Bible et le Coran. D'autres thèmes : le péché, la question des identités : qu'est-ce qu'est être musulman, être chrétien ? On peut travailler ensemble !...

Si j'évoque mon itinéraire, c'est que, selon la période, si je dis le musulman, c'est celui que je connaissais dans les années 90 ou celui que je connais dans les années 2010, je vais vous dire : le musulman c'est un affreux terroriste, ou le musulman c'est un extraordinaire croyant ou le musulman c'est un chercheur qui est en dialogue avec les chrétiens, or, en fait, la communauté musulmane est dans cette diversité... Chez nous, autour de nous, on voit cette diversité d'êtres humains : diversité par la couleur de peau, diversité par la langue, diversité par la culture et diversité par la religion...

Aujourd'hui, cette diversité culturelle d'une part, et religieuse d'autre part (aussi bien chez les musulmans que chez les chrétiens en raison des provenances diverses) fait partie de notre quotidien, elle est à notre porte.

(texte complet de cette partie, avec les réactions suivant les évènements, bientôt)

Extraits : une chance ou une difficulté ?

Ce pluralisme, il existe, alors je vais vous dire: c'est une chance, mais attention, soyons réaliste, c'est aussi une difficulté, ça cause quand même des problèmes !...
C'est une difficulté, parce que la plupart du temps, nous ne connaissons pas l'autre, et l'autre nous fait donc peur, surtout dans une période comme la notre o* la vie change dans tous les domaines... le monde change et dans une période de changements, je me replie sur ce que je sais, et sur ce que je sais, puisqu'on parle de mon identité religieuse, sur la manière de vivre ma foi, la manière de la pratiquer ; et donc cet autre qui a une autre manière de pratiquer sa foi, il vient un peu me bousculer, me déranger. Qui plus est, si l'on voit un peu les statistiques de nos sondeurs, le musulman qui vit en Fr
ance est plus pratiquant que le catholique qui vit en France, c'est pas bien agréable de se dire : ils vont plus à la mosquée que le catholique à l'église ! C'est un peu gênant ! Et si vous interrogez des adolescents, l'adolescent musulman aura plus de facilité à parler de sa foi qui aura du mal à expliquer ce qu'est être chrétien... Finalement, on a peur de l'autre, c'est une première difficulté, donc pour vaincre cette difficulté, si je ne connais pas l'autre, il faut essayer de le connaitre. C'est déjà, peut-être, oser se dire bonjour et profiter des évènements pour briser la glace : la fête des voisins, les journées du patrimoine... et il n'y a pas de sotte question...

Deuxième élément, il y a quand même des difficultés réelles : pour manger ensemble aujourd'hui, c'est quand même plus difficile qu'il y a 30 ans... Et les mamans, quand elles accompagnent les enfants dans une sortie scolaire, est-ce qu'elle ont le droit de mettre le voile ? Il y a des choses qu'on peut demander à un agent de la poste, un enseignant, un infirmier qui, dans l'exercice de ses fonctions, doit être dans une neutralité et pas dans un témoignage de foi, et pourquoi, à une maman qui vient aider pour que la sortie scolaire ait lieu, on va lui demander de changer sa manière d'être !...

Hors de l’Église, point de salut ! Mais lors du Concile Vatican II, les évêques se sont dit : on ne peut plus tenir ce langage, et, à la fin du Concile, un petit texte est élaboré et dans ce texte qui est fondamental et révolutionnaire - il y aura un avant et un après ce texte - ce texte de 1965 dit : "Dans l’Église catholique, quand nous regardons les autres traditions religieuses, nous y voyons, nous y reconnaissons d'authentiques chercheurs de Dieu", c'est-à-dire qu'on donne aux autres religions un statut de noblesse, on les considère comme étant vraiment des chemins où les hommes de notre temps peuvent faire l'expérience de Dieu. Et un peu plus loin, le texte dit "Nous pouvons y percevoir la présence du Christ". Il nous faut donc repérer tout ce qui est de l'ordre des semences du Christ présentes dans les autres traditions... Donc, on n'a pas à ce dire, c'est un obstacle, on a à se réjouir, que dans les autres religions, Dieu est présent de manière mystérieuse, et non seulement Dieu car le Christ aussi est présent... 

Paul VI rajoute plus tard : "L’Église doit dialoguer avec le monde, elle doit se faire conversation". Il ne s'agit donc pas de se mettre face à face... il s'agit de dialoguer, il s'agit de converser... Puis Jean-Paul II fait une deuxième révolution en octobre 1986 avec la rencontre à Assise de tous les grands responsables des religions du monde et des spiritualités, pour prier pour la paix dans le monde... donc maintenant, on peut se retrouver ensemble, dans une même ville, pour nous tourner au même moment vers Dieu, avec la même intention... C'est extraordinaire de pouvoir, dans la diversité de nos religions, de nos cultures, se retrouver pour nous tourner vers Dieu dans la même intention et dans un respect mutuel, et ça, vous avez pu le vivre au moment des évènements dramatiques (divers évènements importants sont cités)...
Puis il y a eu Benoît XVI qui, malgré une "erreur de communication"... a posé des gestes...

N'oubliez pas : la foi doit toujours être appliquée par la raison... donc quand on se pose la question "la pluralité des religions, est-ce une difficulté ou une richesse et une chance ?", je répondrai, c'est une chance si on fait travailler et ma vie de foi, ma spiritualité, avec ma raison... Depuis Vatican II, nos papes sont toujours sur la même longueur d'onde, ils semblent nous dire, "oui, c'est une chance !..."
Et qu'est-ce que François apporte comme pierre complémentaire ? Il y a trois expressions importantes : "Il faut que nous développions la culture de la rencontre"... Il faut saisir toutes les occasions pour se rencontrer... Deuxième expression : "L'ouverture du cœur", c'est-à-dire, il faut parler avec son cœur, ça vient de l'intérieur, et si je rencontre avec l'ouverture du cœur, c'est pour parler de cœur à cœur... Et puis, cette année, il a rajouté quelque chose de supplémentaire - à cause de Saint François d'Assise - c'est la "fraternité humaine" (3ème vidéo)

 

Pape François : avec la culture de la rencontre

et l'ouverture du cœur, la fraternité humaine : extraits

... A Abu Dhabi, le pape François est allé rencontrer le grand imam d'Al Azhar, Ahmed al Tayeb, "son ami"... et c'est une véritable amitié d'homme à homme... Le 4 février 2019, il y a une grande conférence sur le thème de la "Fraternité humaine" et à la fin de la conférence, on s'attend tous à des discours ou à un communiqué comme au Caire, sauf que à Abu Dhabi, il ne donne pas un communiqué, on les voit s'asseoir et ils signent un document, ils signent un texte qu'ils ont rédigé ensemble, à quatre mains, dans le plus grand secret. Le chrétien et le musulman, le pape et le grand imam ont travaillé ensemble pendant des mois et donnent un texte, non pas chapitre 1 c'est François, chapitre 2 c'est le grand imam, mais un texte rédigé ensemble, et ce texte, c'est donc : « Document sur la Fraternité humaine pour la paix et la coexistence entre les hommes ».


Voir page suivante

Donc la troisième expression ou la quatrième si l'on retient "l'Amitié", c'est la "Fraternité humaine". Le texte commence par "Au nom de Dieu", donc François et le grand imam se situent bien comme croyants, pas de la même religion... mais ils disent que "au nom de Dieu... ce qu'il y a de premier entre nous tous, c'est la Fraternité humaine, et c'est cela que nous devons ensemble promouvoir".
Et quand on a ce texte, cette expression, on peut alors mieux comprendre quelques gestes qu'a fait le pape François, comme l'accueil des trois familles musulmanes... et il a dit après : "qu'est-ce qu'on demande à quelqu'un qui arrive et qui frappe à la porte ? On ne lui demande pas sa carte d'identité religieuse, j'ai en face de moi un être humain", donc, ce qui est premier c'est la Fraternité humaine. Après, on pourra peut-être s'interroger sur nos spiritualités, mais notre devoir avant tout, c'est d'accueillir l'autre parce qu'il est un frère, une sœur en humanité. Autre geste, le Jeudi Saint dans la prison : dès la première année, il lave les pieds de douze détenus, et parmi ces douze détenus, il y avait d'abord deux femmes mais aussi il lave les pieds à deux musulmans... (d'où une certaine incompréhension...) mais il continue ainsi les autres années car, ce qui est premier c'est la Fraternité humaine et c'est cela que le chrétien doit témoigner, manifester. Et en faisant ça, en même temps, il témoigne de sa foi...

La Fraternité humaine : ce don, Dieu nous l'a donné, nous sommes frères et sœurs en humanité et cela nous le dit de manière indéfectible... En plus dans le texte, il est dit que ; "la diversité des religions, le pluralisme religieux, est un don de la sagesse divine", ce qui veut dire que le pluralisme religieux n'est pas la résultante du péché des hommes... C'est vrai que ça rejoint une sourate du Coran : "Si Dieu l'avait voulu, il aurait fait une seule communauté, mais il en a décidé autrement... mais par contre, il faut que vous vous stimuliez mutuellement pour que vous manifestiez plus de zèle à l'égard de l'autre dans les bonnes œuvres"

Ce qui est en train de se passer, ce que finalement est en train de dire notre Église, et que finalement nous dit Jésus, c'est que cette diversité, elle est, elle est depuis les origines et elle sera jusqu'à la fin des temps, par contre, chacun a une mission, et nous savons que pour ceux qui portent le nom de chrétien, notre mission à nous, ce n'est pas de nous préoccuper du salut des autres, lisez tout Saint Paul : "En Christ, tout homme est sauvé", notre mission à nous, elle est de témoigner de la Bonne Nouvelle de Jésus [...]
Ceux qui portent le nom de chrétien font référence au Christ, et pour le musulman, Jésus tient une place importante dans leur foi, il est même un très grand prophète... Je me souviens toujours, quand j'étais à Tripoli au Liban, et, à la fin d'une semaine de travail, on faisait un bon repas au bord de la Méditerranée et j'avais à côté de moi une haute personnalité musulmane libanaise et, tout à coup, pour vous donner l'ambiance, on s'est mis à fumer le narguilé, c'était très convivial, et il me dit : « Tu sais, Vincent, tous les soirs, je lis un passage d’Évangile pour mieux comprendre et mieux connaitre ce Jésus » Celui qui me dit ça, c'est non seulement un musulman, mais c'est un haut dignitaire, un juriste, et il est toujours musulman aujourd'hui, c'est une autorité musulmane. Et c'est vrai que quand ce soir-là je l'ai entendu, d'une certaine manière le monde s'est effondré pour moi, mon monde, ma compréhension, car je découvrais tout à coup que Jésus était quelqu'un d'important et qu'il habitait la foi de mon ami musulman d'une manière autre que la mienne, mais
réellement, je découvrais que l'Esprit du Christ agissait en lui. Et donc, à partir de là, je me dis "prenons chacun nos responsabilités" : Dieu a pris les siennes, le Christ a pris la senne, à chaque croyant de prendre sa responsabilité mais en étant un authentique croyant dans sa foi, mais surtout se dire que le partage avec un croyant d'une autre tradition, quand on a réussi à dépasser les obstacles de la peur, de l'incompréhension, et, en étant en dialogue, en conversation, en étant en capacité de se parler de cœur à cœur, ce partage de foi de chacun pourra faire grandir chacun dans sa propre foi.

Conclusion de la rencontre de Bayonne : Il est important de pouvoir se dire que dans toute communauté, musulmane ou chrétienne, et même catholique, on peut avoir des radicaux qui vont faire une interprétation des textes saints, qui est la leur, et dans laquelle je ne me retrouve pas, et où je ne retrouve pas, moi chrétien, la dimension évangélique, et puis, vous avez une grande partie qui, au contraire, va essayer de vivre sa foi et surtout d'être dans ce rapport à l'autre qui va être : "comment l'autre dans son témoignage de sa foi, va me faire grandir dans ma propre foi !" Et dit d'une autre manière, c'est ce que Fadi Daou, père maronite du Liban, a dit conférence de Carême de Lyon) : « Je me dois de me mettre à l'écoute de cet autre (musulman) parce qu'il a quelque chose à me révéler de Dieu ». Vous voyez la révolution mentale qu'il faut se faire pour dire que c'est le musulman qui a quelque chose à me dire de Dieu ! Donc me mettre à son écoute à travers son témoignage de foi va pouvoir m'aider à mieux comprendre ce que le Christ me révèle, à l'écoute de qui je me mets, celui qui me guide et c'est lui qui va me faire grandir dans ma propre foi. Et donc l'importance de se rencontrer avec l'autre, c'est de nous réjouir de la foi de l'autre, et de laisser l'autre me permettre de vivre un déplacement de ma propre foi pour que celle-ci se purifie et grandisse. Voilà un petit peu les défis d'aujourd'hui.


 

Lors de l’audience générale, le pape François est revenu sur son voyage aux Émirats Arabes Unis, “nouvelle page du dialogue entre christianisme et islam”

Texte original italien dans l’Osservatore Romano du 7 février 2019

Lors de l’audience générale du 6 février 2019, salle Paul VI au Vatican, le pape François est revenu sur son voyage aux Émirats arabes unis. « Un voyage court mais très important qui a écrit une nouvelle page dans l’histoire du dialogue entre christianisme et islam », a-t-il commenté, ainsi que dans l’engagement « à promouvoir la paix dans le monde sur la base de la fraternité humaine ». Il s’est particulièrement félicité de la signature commune avec le grand imam d’Al-Azhar, Ahmed al Tayeb, du « Document sur la fraternité humaine ». Document dans lequel « nous affirmons ensemble la vocation commune à tous les hommes et à toutes les femmes à être frères en tant que fils et filles de Dieu ». Document encore, a-t-il poursuivi, qui « sera étudié dans les écoles et les universités de plusieurs pays » et que « je vous enjoins également à lire, à connaître… ». Pour le pape François, il est possible « de se rencontrer, de se respecter et de dialoguer, dans la diversité des cultures et des traditions ». Pour lui, en effet, « le monde chrétien et le monde islamique possèdent et défendent des valeurs communes : la vie, la famille, le sens religieux, le respect pour les personnes âgées, l’éducation des jeunes, et bien d’autres encore ».

 Voyage apostolique du pape dans les Émirats Arabes Unis

(3 à 5 février 2019)

Document sur la fraternité humaine

pour la paix mondiale et la coexistence Commune

Avant-Propos

La foi amène le croyant à voir dans l’autre un frère à soutenir et à aimer. De la foi en Dieu, qui a créé l’univers, les créatures et tous les êtres humains – égaux par Sa Miséricorde –, le croyant est appelé à exprimer cette fraternité humaine, en sauvegardant la création et tout l’univers et en soutenant chaque personne, spécialement celles qui sont le plus dans le besoin et les plus pauvres.

Partant de cette valeur transcendante, en diverses rencontres dans une atmosphère de fraternité et d’amitié, nous avons partagé les joies, les tristesses et les problèmes du monde contemporain, au niveau du progrès scientifique et technique, des conquêtes thérapeutiques, de l’époque digitale, des mass media, des communications ; au niveau de la pauvreté, des guerres et des malheurs de nombreux frères et sœurs en diverses parties du monde, à cause de la course aux armements, des injustices sociales, de la corruption, des inégalités, de la dégradation morale, du terrorisme, de la discrimination, de l’extrémisme et de tant d’autres motifs.

De ces échanges fraternels et sincères, que nous avons eus, et de la rencontre pleine d’espérance en un avenir lumineux pour tous les êtres humains, est née l’idée de ce « Document sur la Fraternité humaine ». Un document raisonné avec sincérité et sérieux pour être une déclaration commune de bonne et loyale volonté, destinée à inviter toutes les personnes qui portent dans le cœur la foi en Dieu et la foi dans la fraternité humaine, à s’unir et à travailler ensemble, afin que ce Document devienne un guide pour les nouvelles générations envers la culture du respect réciproque, dans la compréhension de la grande grâce divine qui rend frères tous les êtres humains. 

Document complet

Le pape François avait aussi célébré une messe devant plus de 120 000 fidèles, mardi 5 février, au stade Cheikh-Zayed d’Abu Dhabi (Émirats arabes unis).
Un événement historique dans un pays, entre Arabie saoudite, Iran et Qatar, où le culte chrétien demeure d’habitude discret.


 

 

Le diocèse de Bayonne a annoncé mercredi 4 septembre le décès du cardinal français, à 96 ans. Il alliait à des qualités de discrétion un goût pour les marges, pour les « frontières », que Jean-Paul II sut utiliser pour en faire son émissaire sur tous les points de fracture du monde.
Toujours attentif à l’Église de France, il plaidait pour un catholicisme ouvert, dans la tradition du concile Vatican II.

Journal La Croix, extrait :

Le cœur, dont il parlait en conclusion de ses mémoires (1), s’est donc arrêté. Ce cœur d’homme qui battait, disait-il, au rythme du monde. Et au rythme de Dieu, sans que, jamais, il ait séparé les deux. Le cardinal ­Roger Etchegaray, à 96 ans, vient de quitter cette terre pour rejoindre la Jérusalem céleste, sa « ligne d’arrivée ». Ce grand serviteur de l’Église, qui avait pris avec humour le vieillard Syméon de l’Évangile comme saint de ses vieux jours, n’aurait sans doute pas renié la phrase de ce dernier, dans l’Évangile, « Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole », tant on sentait, ces dernières années, combien il se réjouissait de voir sur le trône de Pierre un homme comme François, pape selon son cœur, dont il avait souhaité l’élection.À Rome, où Jean-Paul II l’avait appelé en 1984 pour lui confier deux Conseils pontificaux (Justice et Paix et Cor unum), et où il a résidé au total plus de trente années, Roger Etchegaray ne s’est jamais lassé des hommes, de l’Homme. « L’Église n’est pas qu’à Rome », ­disait-il lorsque des visiteurs évoquaient certains aspects du microcosme romain : « L’Église est partout », répétait-il avec son grand sourire, montrant du geste le splendide panorama qui s’ouvrait de sa terrasse, au dernier étage du palais Saint-Calixte, dans le quartier du Trastevere. L’Église, dans son universalité, qu’il a servie jusqu’au dernier jour, avec fidélité, malgré les zones d’ombre : « Le chrétien se sent mal à l’aise dans son Église tant qu’il ne cherche pas à se mettre à la mesure d’une Église sans mesure... »

CEF (Conférence des Évêques de France) :

Le cardinal Roger Etchegaray, archevêque émérite de Marseille, président émérite du Conseil pontifical « Cor Unum » et du Conseil pontifical Justice et paix, est décédé dans sa 97e année, le mercredi 4 septembre 2019.

Né le 25 septembre 1922 à Espelette, le cardinal Roger Etchegaray a été ordonné prêtre le 13 juillet 1947 pour le diocèse de Bayonne. Il fit ses études successivement au grand séminaire de Bayonne, puis au Séminaire français de Rome, et enfin à l’Université grégorienne de Rome.

Il exerça son ministère de prêtre comme secrétaire particulier de Mgr Terrier, évêque de Bayonne (1949), secrétaire général de l’Action catholique du diocèse (1954), directeur des Œuvres (1957), vicaire général du diocèse (1960), Secrétaire général adjoint de l’Épiscopat français (1961), Secrétaire général adjoint de l’Épiscopat français chargé des questions pastorales (1962), chargé du secrétariat de liaison (1965), Secrétaire général de l’Épiscopat français (1966-1970).

Secrétaire général adjoint de l’Épiscopat français en charge des questions pastorales en 1962, c’est à ce titre qu’il participa au concile Vatican II (1962-1965). Expert lors du Concile, le futur cardinal Etchegaray fut le témoin privilégié de la vie quotidienne des évêques et des travaux de l’assemblée. Il assista le chanoine Ferdinand Boulard qui créa un groupe de travail intitulé « Évêque de Vatican II ». Ce groupe avait pour but de réfléchir et d’échanger sur la vie pastorale et spirituelle des évêques. Le Père Etchegaray fut également secrétaire de la « Conférence des délégués » aussi appelée « Conférence des 22 ». Ce groupe informel, réunissant des évêques de divers pays, se constitua dans le but de faciliter l’échange d’informations entre épiscopats. Durant le Concile, il devint également le secrétaire du comité de liaison qui donnera naissance quelques années plus tard, en 1970 au Conseil des conférences épiscopales européennes (CCEE).

En 1969, le Père Roger Etchegaray fut nommé évêque auxiliaire de l’archevêque de Paris, le cardinal Marty, puis archevêque de Marseille, l’année suivante, en 1970. Il fut président du Conseil des conférences épiscopales d’Europe (1971-1979). C’est à ce titre qu’il participa au synode des évêques de 1974, au cours duquel il présenta un rapport très remarqué sur l’évangélisation en Europe. Il fut prélat de la Mission de France (1975-1982) et président de la Conférence des évêques de France (1975-1981).

Au moment de son élection à la présidence de la Conférence des évêques de France, en 1975, Monseigneur Etchegaray était membre du Conseil permanent, président de la région apostolique Provence-Méditerranée (aujourd’hui province de Marseille), membre de la Commission épiscopale pour le monde ouvrier (aujourd’hui « Mission ouvrière » au sein du Conseil épiscopal pour les mouvements et associations de fidèles). Il succéda à cette fonction au cardinal François Marty.

En 1979, il fut créé cardinal par le pape Jean Paul II puis en avril 1984, il fut appelé à Rome et nommé président du Conseil pontifical « Cor Unum » (1984-1995), président du Conseil pontifical « Justice et Paix » (1984-1998).

Il fut alors l’un des principaux collaborateurs du pape Jean Paul II. Homme de dialogue, il devint l’émissaire du Pape pour assurer des missions de paix et de défense des droits de l’homme dans des pays secoués par des troubles et ou des conflits. Que cela soit en tant que président du Conseil pontifical Justice et Paix ou dans le cadre de missions spéciales et parfois délicates, le cardinal Etchegaray fut amené à se déplacer sur tous les continents.

Entre 1971 et 1979, il se rendra plusieurs fois dans les pays de l’Est de l’Europe. En 1980, le cardinal Etchegaray fut le premier cardinal à visiter la Chine communiste.

En 1985, il renonça à sa charge d’archevêque de Marseille afin de se consacrer à ses fonctions romaines.

Il effectua une série de voyages en Amérique latine, dont les pays sont marqués par des régimes autoritaires. Inlassable artisan de paix, le cardinal Etchegaray ira également en Afrique où il visitera 49 des 53 états africains. En 1991, il rencontra Nelson Mandela. Entre 1993 et 1995, il effectua 4 voyages au Rwanda et Burundi. En 1985, il se rendit au Liban, en Irak et en Iran, alors en guerre.

Outre ses missions diplomatiques pour le Saint-Siège, il participa à la publication de textes importants en tant que Président de « Justice et Paix » et « Cor Unum » : « Au service de la communauté humaine : une approche éthique de l’endettement international » (1986) ; « Qu’as-tu fais de ton frère sans abri ? L’Église et le problème de l’habitat » (1988) ; « Le commerce international des armes : une réflexion éthique » (1994).

Enfin, il fut le délégué spécial du Pape pour l’organisation de la première Journée mondiale de prière pour la paix à Assise, qui réunira pour la première fois de manière inédite, 130 responsables religieux pour « être ensemble pour prier mais non à prier ensemble » (Jean Paul II).

En novembre 1994, il fut nommé président du Comité du Grand Jubilé (1994-2001). Depuis janvier 2017, le cardinal Etchegaray était rentré en France et séjournait dans le pays Basque.

Le cardinal Etchegaray avait reçu en 2014 la Grand-Croix de la Légion d’Honneur et était également Commandeur de l’Ordre national du Mérite.

Le cardinal Etchegaray publia plusieurs ouvrages :

·         J’avance comme un âne : petits clins d’œil au Ciel et à la Terre, Fayard, 1984.

·         Petite vie de Eugène de Mazenod (1782-1861), Desclée de Brouwer, Paris, 1995.

·         Jésus vrai homme, vrai Dieu, Desclée de Brouwer, 1997.

·         Vers les chrétiens de Chine : vus par une grenouille au fond d’un puits, Cerf, 2004.

·         J’ai senti battre le cœur du monde : conversations avec Bernard Lecomte, Fayard, 2007.

·         L’homme, à quel prix ?, Éditions La Martinière, 2012.

·         Qu’ai-je fait du Christ ?, Parole et silence, 2015.

·         Avec Dieu, chemin faisant, La Martinière, 2015.

Célébration des obsèques du Cardinal Roger Etchégaray (KTO).

Mgr Aillet : « Célébration de sa Pâque » présidée par
le Cardinal Dominique Mamberti, Préfet du Tribunal suprême de la Signature apostolique,
représentant notre saint père le Pape François.

Homélie du cardinal Mamberti

Message du Pape François

(suite bientôt)

 


 
Du 27 juillet au 4 août 2019 se tenait à Beyrouth, puis dans tout le Liban la Ve édition des Journées régionales de la Jeunesse. Débutant dans la ville de Jamhour, ville au sud de Beyrouth, dans un contexte géopolitique toujours tendu, près de 350 Irakiens, Jordaniens, Égyptiens, Syriens et Libanais de diverses Églises, mais aussi des jeunes de Grande-Bretagne et de France, se sont rassemblés avec joie et dans l'espérance autour du thème central suivant :

« De sa paix dépendra votre paix » (livre de Jérémie 29,7)

Ces Journées ont été organisées par la Compagnie Jésuite du Moyen-Orient en partenariat avec l´Œuvre d´Orient avec l’objectif de « construire des ponts ». Le partage, la prière et la célébration mais aussi l´expérience commune du service veut encourager ces jeunes à construire un Moyen-Orient à la lumière de l´Espérance. En partenariat avec L'Œuvre d'Orient, cet évènement permet aux jeunes de se rencontrer pour prier ensemble, échanger sur l'avenir et s'encourager. Ainsi, ces journées se fondent d'une part sur la foi chrétienne, et d'autre part sur l'expérience et l'immersion.
En plus d'ateliers animés par des associations libanaises et arabes engagés dans le domaine religieux, les jeunes chrétiens ont pu bénéficier d'une expérience enrichissante en voyageant pendant plusieurs jours dans la vallée de Qadicha, site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Voici, à travers cette lettre d'information, des articles et vidéos qui retracent cette aventure, symbole de la relève chrétienne en Orient. (L'équipe de l'Œuvre d'Orient)