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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

Mais avant ce temps de prière, l'abbé Louis Crouzat, délégué diocésain à l’œcuménisme, a animé un temps de partage sur le thème « Appelés à la conversion ». Le pasteur Eric Van Der Doos de l’Église Évangélique Libre, Geneviève et Marie de la Fraternité Franciscaine, le père Jean-Louis Guillaud de l’Église Orthodoxe de France et le pasteur de l'Assemblée Chrétienne du Jubilé nous ont fait part de leur réflexion.

Pasteur Eric Van Der Doos de l’Église Évangélique Libre.

 « Je ne vais pas essayer de vous convertir ! La conversion est une point central des Églises Évangéliques.
Quatre points sont importants pour nous :
- Infaillibilité de la Bible
- La croix
- Le témoignage
- La conversion
Conversion comme celle de Pascal qui parle du Christ en disant : "Que j'en sois jamais séparé", ou celle d'André Frossard qui en parle dans son livre "Dieu existe, je l'ai rencontré". Les Évangéliques n'ont pas le monopole de la conversion, mais elle a un rôle très important : "On ne naît pas chrétien, on le devient par conversion". La conversion est le passage obligé de la vie chrétienne.
Exemples dans la Bible : celle de Paul sur le chemin de Damas (Ac 9, 1-30), ou celle de Lydie de Philippe, la marchande de pourpre qui fut la première convertie en Europe grâce à la prédication de Paul (Ac 16, 12-14), ou encore celle du geôlier de Philippe qui passe ainsi du désespoir à une vie nouvelle (Ac 16, 25-34).
(1 Ts 1, 9) "Tous racontent comment vous nous avez accueillis quand nous sommes allés chez vous et comment vous avez abandonné les idoles pour vous tourner vers Dieu, afin de le servir, lui, le Dieu vivant et vrai." : la conversion, un double mouvement, comme en ski.
Il y a aussi tous les discours de Paul, dans les Actes des Apôtres, où il exhorte à la conversion. Il y a plusieurs traductions :
"Convertissez-vous", "Repentissez-vous", "Changez de chemin"... avec une nuance de regret, de repentance. Les Évangéliques insistent là-dessus. Cette conviction d'être pécheur nous mène à la croix du Christ : le Christ est mort pour nos péchés. a partir de là, une vie nouvelle démarre pour les convertis.

Geneviève et Marie de la Fraternité Franciscaine.

« Esprit Franciscain : "Tous les membres de la famille franciscaine, religieux ou laïcs, s'engagent sur le chemin de conversion tracé par François d'Assise, en mettant comme lui nos pas dans ceux du Christ, nous nous appliquons à vivre l'évangile en toute simplicité et sobriété, partageant les attentes des hommes et des femmes d'aujourd'hui.". La place du frère y est très importante.
Petit résumé de la conversion de Saint François : une étape décisive, le baiser au lépreux, va changer toute sa vie.
François est né dans une famille riche. Après une jeunesse dissipée où il rêve d'acquérir le rang de noblesse par de hauts faits d'armes et d'être adoubé chevalier, il fait la guerre à la noblesse d'Assise et de Pérouse. Emprisonné, il tombe malade. Libéré grâce à l'argent de son père, il doit calmer ses ardeurs mais rêve toujours d'acquérir le rang de noblesse. Il s'apprête donc à rejoindre l'armée de Gauthier de Brienne, mais en songe, il reçoit l'appel d'abandonner son projet et de rentrer à Assise. Il rencontre un lépreux et, alors qu'il a une très forte aversion envers eux, il va l'embrasser... Il entendra d'autres appels et abandonnera petit à petit son style de vie d'avant pour épouser "Dame Pauvreté".
Il a reconnu dans le lépreux un autre lui-même.
(Mt 25, 35-37) "Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli; j'étais nu, et vous m'avez vêtu; j'étais malade, et vous m'avez visité; j'étais en prison, et vous êtes venus vers moi. Les justes lui répondront: Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim, et t'avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t'avons-nous donné à boire?…"
La conversion n'est pas qu'une démarche entre moi et Dieu, car elle implique le frère, d'où la question : quelle place je donne au "lépreux" ? Où est ton frère ?" »

 

 Père Louis Guillaud de l’Église orthodoxe de France.

« Il faut travailler tous les jours à la conversion. La conversion intérieure n'est jamais achevée.
(2 Co 4, 7) "Nous portons ce trésor dans des vases d'argile, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous" : Nous avons un trésor dans des vases d'argile, et l'excès est de Dieu, pas de nous.
(2 Co 4, 16) "... même si en nous l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour."
(Ga 2, 20) "J'ai été crucifié avec Christ‭; ‬et si je vis,‭ ‬ce‭ ‬n‭'‬est‭ ‬plus‭ ‬moi‭ ‬qui‭ ‬vis,‭ ‬c'est Christ qui vit en moi."
Métanoïa est traduit habituellement dans les textes bibliques par « pénitence » ou par « repentance ». Mais dans certains textes du Nouveau Testament, il a un autre sens, celui d'une conversion à Dieu : "Métanoïa signifie au-delà de nous, au-delà de l'intellect, de notre raison rationnelle et se rapporte à un mouvement de conversion ou de retournement par lequel l’homme s'ouvre à plus grand que lui-même en lui-même."
La conversion en ski est difficile. Si nous avons besoin d'une nouvelle orientation, c'est que nous sommes désorientés, et je le suis. Pourquoi suis-je chrétien ? Un évêque a dit :"Je le suis parce que je suis dépassé."
L'esprit, c'est la partie stable de notre être qui est tournée vers la sagesse, le silence intérieur... alors que l'âme est mouvante : il y a en nous quelque chose de stable et quelque chose de mouvant, de changeant. Nous vivons tous avec ça. Saint Paul dit que nous sommes des êtres tripartites.
Puisque nous sommes des êtres désorientés, quelle est la bonne orientation ? Nous devrions être orientés vers l'Orient, c'est-à-dire :
- le corps vers l'âme
- l'âme vers l'esprit
- l'esprit vers Dieu. »

 

Pasteur Jérémy Heitz de l'Assemblée Chrétienne du Jubilé.

« Je pars d'un cliché biblique : "En ce temps-là parut Jean Baptiste, prêchant dans le désert de Judée. Il disait: Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche." (Mt3, 1-2)On doit se dire : "Quel fou ! Quel prosélyte !..."
Que de réactions, mais certains sont peut-être repartis changés...
Jésus parlait, enseignait et les gens changeaient, et tout cela au nom de l'amour. Jésus était un fondamentaliste, mais Jésus est mort (il dérangeait) (Jn 9, 1-41) : récit de l'aveugle-né guéri le jour du sabbat.
Que faire en tant que disciple ? Le Christ n'a pas demandé la conversion du monde, mais "Allez, faites des disciples". Dans la conversion, il y a un processus qui s'installe afin de devenir un disciple du Christ.
Il nous faut progresser, persévérer. L'Esprit est une aide précieuse dans ce parcours vers le Christ. La raison d'être d'un chrétien est de montrer au monde, je crois, que ce processus de trans formation éclairera le monde et donnera du goût du sel au monde. »

 

Abbé Louis Crouzat, délégué diocésain du Béarn à l’œcuménisme.

Question aux intervenants : « La communauté a-t-elle une place dans ce processus ? Y-a-t-il des rites ou des pratiques particulières ? »

Dans l’Église Évangélique : le parcours Alpha. Rite : le Baptême (prolongement extérieur) suit la conversion (intérieure)

Dans l’Église Catholique : le catéchuménat...