Le « géant de la tendresse », décédé à 90 ans dans la nuit du 6 au 7 mai, souhaitait des obsèques simples dans l’intimité de sa communauté.

Ce furent des paroles plus belles les unes que les autres, car elles reflétaient la beauté de l'âme et de l'action de Jean Vanier... et aussi ses propres paroles qui ne laissaient jamais indifférents.
Au moment de la procession des offrandes, lorsqu'une lanterne a été apportée, une de ses paroles nous a été offerte :
« Dieu aime les fêlés car ils laissent passer la lumière »...


 

Laissez vous porter par la magnifique homélie de Mgr Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes et évêque accompagnateur de l'Arche, et tous les magnifiques et émouvants témoignages, sans oublier les chants, beaux par leur simplicité, et les gestes... mais il faut pour cela prendre du temps... (~2h) Merci à KTO !

L'Arche ; 37 pays, 154 communauté, 10 000 membres avec ou sans déficience.

Retrouvons quelques moments forts et quelques paroles
où les intervenants étaient parfois accompagnés de membres de leur communauté

L'accueil

autour d'un cercueil tout simple

♦ Jennifer Bartholdi (en langue des signes) : Bienvenue à Trosly, bienvenue à Foi et Lumière, bienvenue aux Communautés de l'Arche dans le monde, aux Communautés venues pour nous soutenir, bienvenue aux amis de Jean et surtout à sa famille. Merci d'être là pour nous soutenir.

♦ Christine McGrievy (Arche de Trosly) : Jean était notre fondateur, un grand homme qui faisait venir le monde entier à Trosly-Breuil. Pour nous, c'était surtout notre frère, notre ami et pour certains le grand-père. Nous sommes tristes, il y a un grand vide dans la communauté, mais aussi, nous sommes dans l'action de grâce, Jean nous a donné beaucoup, beaucoup de vie, et forts de cela, nous voulons continuer le chemin dans l'espérance. Merci.

 

♦ Stacy Cate-Carney (Vice-présidente de l'Arche internationale) : L'Arche internationale souhaite la bienvenue à tous ceux qui sont là dans cette journée qui est à la fois une journée de peine et de joie. Je remercie la Communauté de Trosly qui nous accueille, vous nous avez ouvert votre maison mais aussi votre cœur pour que nous puissions tous nous rassembler et célébrer la vie  de Jean... (Ont suivi d'autres mercis pour tous ceux qui depuis longtemps ont préparé ces obsèques pour qu'elles soient belles, et une attention pour tous ceux qui n'ont pas pu venir).


Puis c'est main dans la main qu'ils ont chanté "Bienvenue vous tous"

♦ Mgr Pierre d'Ornellas :

« Recevons de Jésus, recevons de Dieu la paix, la paix qu'il veut pour chacun d'entre nous. Jean, notre frère et notre ami, est parti, il a été baptisé dans l’Église catholique grâce à ses chers parents, il était heureux de vivre dans la tradition de cette Église, c'est pourquoi la célébration de ses obsèques se fait selon la tradition catholique, mais Jean, nous le savons bien a voulu être un frère et un ami de tous. Il est heureux aujourd'hui, j'en suis sûr, que tous, quelle que soit notre tradition religieuse ou la lumière qui habite nos cœurs, nous soyons rassemblés ici, à Trosly ou par la télévision ou grâce à internet, comme des frères et des sœurs. Toutes les Communautés de l'Arche et tous les amis de Foi et Lumière, toute la famille de Jean Vanier et ses amis entourent Jean qui a besoin aujourd'hui de notre affection et de notre espérance à tous, et de façon toute particulière, tous ici ou tous là où nous sommes, nous exprimons notre affection à chaque membre de la famille de Jean.
Nous savons tous, au moins un peu, que la tendresse de Dieu est infinie et personnelle envers chaque être humain. Pour Jean, selon son histoire familiale et personnelle, c'est Jésus que la lui a révélée. En ses dernières semaines (voir vidéo ci-dessous), il disait son grand désir d'entrer dans le Royaume avec Jésus, alors, aujourd'hui tous, que nous soyons tous à Trosly ou que nous soyons chez nous devant internet ou dans notre communauté, nous confions Jean, notre frère et notre ami, à la tendresse de Dieu. Nous prions Dieu de lui pardonner tous ses péchés, de le purifier totalement dans son cœur, afin qu'il entre dans le Royaume des Cieux, qui est un Royaume de joie, de paix, de lumière et d'amour, pour que Jean y retrouve son père, sa mère, ses frères Bénédict, Bernard, sa sœur Thérèse, et aussi tous les membres de « l'Arche du ciel » qui sont déjà partis dans le Royaume.


A 90 ans, après son attaque cardiaque, il se confie :
« J’ai le sentiment que s’approche le temps de la rencontre avec Jésus »

Et avec nous, dans cette prière qui nous rassemble, se joint humblement et fraternellement le Pape François qui a écrit pour cette célébration aujourd'hui.

 

« En cherchant à vivre uni au Christ, à travers lequel Dieu a pris toutes nos faiblesses, Jean Vanier a veillé à ce que les personnes les plus fragiles et trop souvent rejetées soient acceptées et reconnues comme des frères et sœurs, dans le respect des différences religieuses et sociales », écrit le pape.
Il ajoute: « Je demande donc au Seigneur de protéger la grande et belle famille de l’Arche ».
Il souhaite que « fidèles à l’intuition évangélique de Jean, toutes les communautés puissent continuer à être des lieux de célébration et de pardon, de compassion et de joie, en montrant que tout le monde, quel que soit son handicap, est aimé de Dieu et appelé à participer à un monde de fraternité, de justice et de paix ».

Le pape François avait appelé Jean Vanier au téléphone, la semaine précédant sa mort.

Cher Jean, ton historie sainte, ton histoire dans le secret de ton cœur a commencé quand tu as reçu la vie, quand tu as reçu la lumière dans ton cœur, quand tu as reçu le baptême, quand tu as senti que Jésus t'appelait. En souvenir de la lumière qui t'a éclairé pendant toute ta vie, voici ces lumières que nous posons avec beaucoup d'affection sur ton cercueil. »


                                                                         Les nièces

♦ Envoyée du Primat anglican qui salut l'engagement de Jean au service de l'unité, sa façon de mettre le monde sens dessus dessous, d'accorder la même importance à chaque vie et à chaque personne, et ça, c'est son héritage. Puisse-t-il reposer en paix.

Liturgie de la Parole


      Isaïe 58, 6-12, 14 traduction œcuménique      1ère lettre de St Paul apôtre aux Corinthiens 1, 27-2 
par Luth Paterson de l’Église presbytérienne                                       en 3 langues                   

 
                     Psaume 25, 1-6 entre les deux lectures                           

Évangile de Jésus Christ selon Saint Jean 13, 1-17 (Jésus lave les pieds de ses apôtres)
proclamée par le diacre aveugle de Foi et Lumière

 

 
Évangile reprise par l'évêque auxiliaire de Westminster

Homélie de Mgr Pierre d'Ornellas

Mgr d'Ornellas a repris quelques paroles profondes de Jean Vanier et ce geste du lavement des pieds qu'il aimait faire.

A 88 ans, iil a dit « J’ai appris lentement à me dessaisir, à m’abaisser, à m’accepter avec mes faiblesses même s’il me reste encore bien du chemin à parcourir pour me défaire de mes résistances, de mes sursauts d’orgueil afin de devenir plus libre pour mieux aimer et me laisser aimer »

Se laver les pieds les uns aux autres c’est se mettre à l’école de l’humilité et de l’amour. C’est écouter et regarder l’autre avec respect et délicatesse. C’est apprendre que « la faiblesse est le lieu de la relation et de l’entraide » comme le rappelle Jean dans son dernier livre.

Dans une lettre à l’Arche, Jean confie « J’étais frappé par l’infinie beauté et la capacité d’amour qui se dissimule en chaque être humain ». Dans une autre lettre il écrit « Dieu est caché dans le pauvre. Nous sommes guéris et éveillés à l’amour par l’amitié et la communion avec les personnes les plus pauvres et les plus faibles ».

Il écrivit en 1988 « Dans un monde qui encourage constamment les gens à grimper les échelons de l’échelle sociale, l’Esprit Saint nous enseigne à descendre au bas de l’échelle pour trouver la lumière dans le cœur des pauvres. Cela paraît fou, voire impossible, et pourtant »

Dieu, infiniment miséricordieux, prends dans ton Royaume ton serviteur Jean qui nous a dit « Continuons d’approfondir le secret que Dieu nous a confié, à savoir qu’il est présent, caché dans ceux qui sont faibles et brisés. Si nous les accueillons, nous accueillons Dieu ».

Texte complet de l'homélie

Prière universelle


Frère Aloïs de Taizé                                                    et Martin Choutet

♦ Frère Aloïs : Jésus, le Christ, tu as appelé tes disciples à être humbles pour que le monde puisse croire. Envoie sur nous ton Esprit Saint, que son souffle de bonté chasse loin de nos cœurs les divisions et oppositions. Donne aux chrétiens d'aujourd'hui d'avoir l'audace de se réconcilier et de se mettre ensemble sous un même toit, pour devenir témoins de ton Evangile, ferment de paix et de communion dans la famille humaine.

♦ Martin Choutet Co-fondateur de l'APA (Association pour l'Amitié) : Seigneur, merci de nous aimer tels que nous sommes, avec nos fragilités. Donne-nous de savoir les accepter et accepter celles des autres pour que nous puissions, à notre tour, nous aimer les uns les autres tels que nous sommes.
- Nous te demandons de bénir, particulièrement en ce jour, les personnes qui souffrent le plus de leur fragilité, parce qu'elles sont seules ou déplacées, parce qu'elles ont une maladie ou un handicap, parce qu'elles sont en prison, sans domicile fixe ou sans papier. Ouvre nos cœurs plus largement pour que nous sachions être solidaires dans ces épreuves. Seigneur, nous te prions.

♦ Lisa Leuschner (Arche du Canada) : en anglais !... et langue des signes;

♦ Thimotée Abi Khalil (Arche de Trosly) : Jean Vanier, merci pour tout ce que tu nous as apporté. Tu nous as montré le chemin à suivre. Sans perdre courage, Seigneur, aide-nous à prendre la relève. Seigneur, nous te prions.

Liturgie eucharistique : procession des offrandes

avec des objets très symboliques de la vie à l'Arche :
une petite arche de Noé faite par l'arche des USA et déposée sur le cercueil

 

une colombe et une icône représentant l'amitié

 

des oranges car, à la fin des repas, des lancers de peaux d'orange mettaient de la joie
et une lanterne laissant passer la lumière pour la phrase de Jean Vanier :
« Dieu aime les fêlés car ils laissent passer la lumière »

 

  le pain et le raisin ainsi que le nécessaire pour le lavement des pieds qu'il aimait faire.

 

 

 

 

L'envoi

Avant le dernier adieu, les dernières prières et les derniers gestes devant le cercueil,
un chant gestué que Jean Vanier aimait beaucoup :
"Seigneur, nous t'adorons, nous te remettons nos vies, nous t'aimons"

Puis de beaux témoignages pleins d'amour, dont celui de sa famille :

♦ Marie Vanier (Nièce de Jean) : ton frère Bernard et moi-même, tes deux nièces qui vivent en France, mon conjoint et nos enfants, sommes ici aujourd'hui te rendre hommage. Cher Jean, tu es parti et pourtant on te sent encore proche de nous, comme dit Jean d'Ormesson : «  Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c'est la présence des absents dans la mémoire des vivants ». Tu as fait tant de choses, tu as parcouru le monde, bâti des communautés, porté un message inspirant tant de gens, toi qui était si humble. Lorsque tu étais de passage dans notre maison de Montréal, nous nous étonnions que ta valise soit pleine de livres, tu lisais, tu écrivais, tu priais. Depuis que je me souvienne, nous t'avons toujours connu avec ton blouson bleu... Tu aimais les bonnes choses, partager les repas, la surprise d'un repas d'huitres et le plum-pudding de ma mère Christine. Simplement, tu m'as parlé philosophie, foi, je t'ai parlé Psychologie, sociologie, on a créé ce pont entre nous deux générations. Je te réentends me dire « Comment vas-tu ? » et prendre ensuite des nouvelles de la famille, sincèrement soucieux de chacun.. Tu as toujours cherché le langage du cœur, le seul qui compte réellement à ses yeux, comme une quête permanente d'intensité, de vérité, d'essentiel... sans oublier la joie et les rires aussi. Merci pour ces moments qui m'ont fait grandir, merci pour tes confidences qui rapprochent, merci pour l'exemple d'avoir prit le chemin de vivre pleinement la vie. Enfin, très émue, je me joins à la famille, à papa, ton frère Michel, à ma sœur Anne-Marie, à mes frères Philippe et Marc, à ma cousine Laurence, à tes cousins Jaël, sa femme Rose-Marie, leurs enfants et petits enfants et Michel ici présent, pour te dire tous ensemble ce qu'il nous reste à te dire : au-revoir Jean.

♦ Odile, Patrick et Annisette (Arche de Trosly) : Odile a soutenu Jean ces dernières années.
Annisette : Nous avons vécu à l'Arche avec toi, tu nous as accueillis il y a 50 ans, tu nous as accueillis avec tant d'amour, tu nous as fait du bien... Jean, pour moi, était presque un parent, il m'invitait dans sa maison pour manger, une fois par mois avec Odile, et c'était des bons repas. Il était très courageux, Jean, et sa vie était précieuse, il était plein de tendresse, de délicatesse. J'étais contente de connaitre Jean car il m'a fait du bien. Au foyer, Jean n'est plus là, il est au ciel mais on va continuer la route qu'il a fait Jean, on va continuer le chemin car c'est important pour chacun de nous.

Patrick : Merci Jean ! Il est maintenant avec Jésus, il me manque beaucoup, des fois je suis heureux des fois je suis triste... Merci Jean, on t'aime !

Odile : Jean, tu nous as donné ton amour comme à tant de frères et de sœurs, ici et dans le monde, ton amours des autres, des petits, de ceux qui étaient mis de côté, ton amour de chaque être humain, quel qu’il soit. Tu nous as transmis ta passion pour la paix, ta soif d'unité immense, tu nous as partagé ton amour de la vie, tu nous as appris à aimer la vie.
Tu aimais aussi les grandes et les petites choses, la nature, les pâquerettes, les oiseaux, la lune, les étoiles... et tu ne perdais jamais un moment pour annoncer, à temps et à contre-temps, la Bonne Nouvelle de Jésus.
Les derniers mois de ta vie, doucement mais aussi douloureusement, tu es devenu un grand pauvre : toi qui parlait, tu ne pouvais plus parler, tu ne pouvais plus manger, tu ne pouvais plus marcher, mais tu parlais avec tes mains, tes longues mains, si fines, si belles. A la messe, presque chaque jour dans ta chambre d'hôpital, ou à l'appartement, tu nous as laissé des gestes, tu parlais par les gestes ; tu mets tes mains croisées, c'est vraiment ta prière d'intercession, tu mets les mains jointes, c'est la prière d'adoration et puis tu ouvrais tes mains et tu t'offrais, tu disais que tout est offert, tout est donné, tu avais si confiance en Jésus, dans la vie, et à la fin, tu n'avais plus d'énergie, tu n'avais plus que ton souffle, toute ton énergie était dans ton souffle ; et nous, on était les proches autour de toi, à l'hôpital, nous nous sommes mis dans ton souffle, nous avons écouté ton souffle, il n'y avait plus que ça à entendre, ton dernier souffle... nous nous mettons maintenant dans ton souffle pour continuer de souffler comme toi à travers le monde, pour chacun et chacune de ceux que nous rencontrons, pour aller à la rencontre. Merci Jean !

 

♦ Marie-Hélène Mathieu (Co-fondatrice de Foi et Lumière avec Jean) : imaginons que nous sommes le 7 novembre 1966, c'est une date que je n'ai jamais oubliée, j'arrive pour la première fois à Trosly pour voir Jean Vanier, et je viens vraiment à contre-cœur. Je suis éducatrice spécialisée, j'ai créé, 4 ans avant, « l'Office Chrétien pour les Personnes Handicapées » pour aider les parents qui ont la grande épreuve d'avoir un enfant handicapé, et puis je suis la présidente de « l'Association Chrétienne des Éducateurs Spécialisés , bref, j'ai la tête pleine de préjugés, il faut dire que l'itinéraire de ce Jean Vanier est très bizarre : il commence par être officier de marine, puis on le retrouve professeur de philosophie, puis enfin directeur d'un mini centre pour handicapés mentaux avec qui il vit, ainsi qu'avec quelques assistants. Bref, je suis pleine de préjugés, et je dois dire que, à peine rentrée dans le petit foyer de l'Arche, j'ai été émerveillée, il y avait là des gens qui m'accueillaient avec une simplicité et une joie extraordinaire ; le repas où chacun partageait quelque chose du service, Jean qui regardait chaque personne, chaque personne lui adressait la parole, elle était unique ; la vaisselle, c'était le privilège de Jean Vanier que d'être le plongeur, il fallait bien lui obéir ; et enfin la prière autour de l’icône avec toutes les intentions qui jaillissaient, et puis, cette parole de la prière de l'Arche : « Voir en notre frère souffrant, la présence de Jésus vivant »
Au retour à Paris, j'ai vraiment le sentiment que 'ai découvert un trésor, et ce sentiment ne va faire que se développer. Jean accepte tout de suite de s'intégrer dans l'équipe de formation pour les éducateurs spécialisés dont j'ai la charge, puis il collabore à « l'Office Chrétien pour les Personnes Handicapées », à presque chaque numéro de la revue « Ombre et lumière » et des services de tous genres. De son côté, il m'a demandé de faire partie de son conseil d'administration de l'Arche, puis plus tard, quand va se créer la « Fédération Internationale de l'Arche », il va me nommer vice-coordinatrice. Voilà ! Les liens ont grandi, la communion des cœurs entre nous va nous permettre de lancer un pèlerinage complètement fou, qu'on va appeler « Foi et Lumière ». Ce pèlerinage, c'est pour répondre aux parents d'enfants handicapés qui ont été exclus de la ville de Lourdes en raison de leur handicap, c'est une vraie douleur pour eux et leur réponse va être ce pèlerinage fait spécialement pour eux, avec leur enfant, et des amis jeunes, un ami par famille, et on se prépare en communauté. A Pâques 1971, 3 ans après que nous l'ayons décidé, nous nous retrouvons 12 000 sur l'esplanade de Lourdes, 4000 ont un handicap mental, et ces 4 jours de miracle des cœurs, d'Alléluias, font que le dernier jour, le lundi de Pâques, devant la grotte de Massabielle, des pèlerins, des parents nous disent : « nous avons besoin de Foi et Lumière, nous voulons Foi et Lumière », et aujourd'hui, notre réponse est : « Continuez de vous réunir en communauté et puis faites ce que l'Esprit Saint vous inspirera ». Aujourd'hui, nous sommes 1400 communautés dans 87 pays pour permettre que la vie de chacun soit transformée. J'ai quelque chose à vous dire que j'ai dans le cœur et que l'on a tous dans le cœur : « Mourir, ce n'est pas une lampe qui s'éteint, c'est une nouvelle lumière qui s'allume, et aujourd'hui, nous sommes tous réunis pour célébrer cette nouvelle lumière qu'est Jean Vanier, cette nouvelle lumière qui nous est donnée. »

  

Sur des paroles de Christine Mc Grievy de Trosly, suit un jeu scénique sur ce que Jean Vanier aimait.

Jean, en parlant, je suis très consciente de tant de gens dans tes communautés qui étaient très proches de toi... Merci Jean, merci d'avoir partagé ta vie avec nous, ton chemin et ton amour.

Nous avons aimé que tu ries à nos blagues, que tu aimes la couleur bleu... bleu marine... et tu as toujours porté la couleur bleu. Nous aimions que tu aimes tant les oiseaux, car, plus profondément que la parole, ça nous a montré que nous pouvions croire en notre propre beauté et grandir en liberté pour devenir vraiment qui nous sommes.

Jean, merci de nous avoir lavé les pieds, et merci de nous avoir laissé laver tes pieds. (Symboliquement, avec le tissu de couleur bleu, des jeunes lavent les pieds de Jean)

Jean, tu nous as bénis, et nous t'avons béni en retour.

Jean, notre frère, repose en paix avec Jésus qui t'aime. Amen.

Prière chantée :
Refrain : Bénis sois-tu, ô Dieu, pour l'amour dont tu nous combles,
Bénis sois-tu pour la vie que tu nous as donnée,
et pour les frères et sœurs dans l'Arche,
avec qui nous cheminons ensemble,
depuis le début jusqu'à ce jour pour la mission que tu nous as confiée.

Accorde-nous de ne jamais nous lasser de boire à ta source,
d'écouter ton souffle en nous, de te voir en ceux et celles qui nous entourent,
de te rendre grâce pour tous tes bienfaits.

Donne-nous de nous pardonner les uns aux les autres nos éclats et nos erreurs,
de te faire confiance et d'accueillir chaque jour
dans la foi, l'espérance et la charité.

Cher Jean, une lumière, le 7 mai, s'est éclairée dans le monde, s'est éclairée pour nous, merci d'avoir été cette lumière. Cher Jean, tu nous l'as dit, nous l'avons vu, tu as souvent prié dans la chapelle ici, dans ta chambre, dans l'avion, partout, tu as souvent prié dans ton lit de malade dans les dernières semaines où tu étais devenu prière, si je peux dire. Cher Jean, maintenant, c'est nous qui t'entourons de notre prière qui monte vers le ciel avec notre confiance, notre reconnaissance. Cette prière monte telle que nous pouvons la faire ensemble et dans notre cœur pour toi, afin que Jésus que tu aimes et qui t'aime infiniment plus t'accueille dans sa lumière éternelle.
Notre prière qui monte comme cet encens qui monte vers le ciel.

Cher Jean, tu as su et tu nous as appris la valeur inestimable du corps, tu nous as appris que toucher le corps, c'est toucher la personne, que toucher le corps avec tendresse, c'est permettre à la personne de trouver la paix et de grandir. Tu as su la valeur inestimable du corps parce que Dieu nous a créé avec un corps et qu'il nous aime tels que nous sommes avec notre corps. Jean, tu sais que nous ressusciterons comme Jésus est ressuscité avec un corps glorieux, un corps lumineux, un corps magnifique comme le corps de Jésus. Dans cette foi de l’Église dans la résurrection du corps, je bénis ton corps au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Amen !

♦ Stephan Posner (Responsable de l'Arche International) : le départ de Jean marque réellement une nouvelle ère. Jean, à propos de son rôle à l'Arche, écrit la phrase suivante : « Finalement, on dit souvent que je suis le fondateur, mais je suis simplement le premier arrivé ». Le premier arrivé, ça pourrait être une très belle définition de ce qu'est un fondateur. On sait bien que Jean, par bien des aspects, était beaucoup plus simplement que le premier arrivé. Pourtant, il nous signale par là une réalité importante : un fondateur, quand il instaure quelque chose de neuf, quelque chose de radicalement nouveau et qui n'existait pas avant, un fondateur est un parmi les autres. Il disait souvent : « Je suis le messager, pas le message, je suis le témoin, pas le témoignage » et quoique Jean ait incarné de manière incessante et le message et le témoignage, au point qu'il était identifié au message et au témoignage, il disait « qu'il agissait et qu'il parlait, animé par plus grand que lui ». Nous aussi, inspirés par Jean, à l'Arche, nous sommes animés par ce plus grand. Il y a 55 ans, à quelque centaines de mètres d'ici, Jean fondait l'Arche, d'autres, beaucoup d'autres l'ont rejoint et ensemble ils ont constitué la génération fondatrice, ils étaient les premiers arrivés.
Je voudrai saluer Gabriel et Anne-Émeline du foyer de l'Ermitage parce que dans la communauté de Trosly, ils sont les derniers arrivés... et nous, membres de l'Arche, peuple de l'Arche, dispersés partout dans le monde, nous sommes tous, un peu, les derniers arrivés, en tout cas, nous sommes les suivants, nous avons cette charge et ce privilège de recueillir l'héritage que cette génération fondatrice, et Jean le premier, nous a confié, nous avons cette charge et ce privilège de recueillir le message du messager, de le porter au loin. Nous sommes les suivants et c'est à notre tour, maintenant, de défricher des vies nouvelles, de chanter des chants nouveaux. Nous sommes des héritiers, oui, mais c'est à notre tour, maintenant, chacun, à notre mesure, d'être aussi des fondateurs, des fondateurs fidèles et libres. La génération fondatrice et Jean le premier ont eu le très grand mérite de fonder l'Arche, notre défi à nous qui venons après n'est pas moins grand, car il s'agit d'inscrire l'Arche dans la durée, le temps, de recueillir ce témoignage, de le porter au loin et de vivre heureux de cette mission. Jean, tu as été le premier arrivé, nous voici, les suivants, et nous te saluons, Jean.

 

Jean a compris la révolution de Jésus. Que c'est bon et que c'est beau et que c'est doux pour notre Église d'accueillir cette révolution, ce sont les petits qui sont les plus grands, ce sont les plus humbles qui sont importants, ce sont les pauvres qui sont les premiers. Cette révolution qu'a apporté Jésus, Jean a quelques fois souffert que dans son Église il n'ait pas toujours été compris, que ses pauvres n'aient toujours été compris et accueillis. Jean, prie pour nous, les suivants, afin que nous soyons fidèles à cette révolution de Jésus, pour que nous sachions toujours mettre en premier les plus pauvres, les plus petits, les plus humbles.

Puis bénédiction et rite de l'aspersion, avant l'enterrement dans la plus stricte intimité (famille)


 

Jean Vanier vient de nous quitter pour rejoindre le Père. Il y a quelques temps, un beau film « Le sacrement de la tendresse » l'avait honoré en retraçant son parcours au service de ceux qui étaient souvent rejetés.

Voir quelques extraits ICI.

A l'occasion de son décès, Radio Présence a interviewé Marie Salesses sur l'Arche de Nay

 

Site de l'Arche de Nay : http://projet.arche-64.org/arche-en-bearn


12 phrases inspirantes de Jean Vanier

Cliquer ICI

KTO-Edition spéciale le jour de sa mort 2019 (55 min)

Il y a les images d’archives : Jean Vanier raconte la fondation du premier foyer de l’Arche, l’accueil des fragilités ou son invitation à devenir ami de Jésus. Et il y a les témoignages des amis de l’Arche et de Foi et Lumière. Cette édition spéciale réalisée le jour de la mort de Jean Vanier permet de mesurer l’empreinte que laisse ce témoin lumineux. Avec notamment Stephan Posner (responsable international des Communautés de l’Arche), Philippe de Lachapelle (directeur de l’Office chrétien des personnes handicapées).