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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

Depuis Cracovie, Mgr Pontier avait invité tous les Catholiques de France à une journée de jeûne et de prière pour notre pays et pour la paix dans le monde le vendredi 29 Juillet : ce jour-là, beaucoup ont répondu à cet appel, à Pau en l'église St Pierre qui était pleine, ou ailleurs.

Pau, en l'église St Pierre, le 29 juillet

Abbé Louis Crouzat (extrait) : « Une question me taraude : comment des jeunes qui sont nés et ont vécu ici peuvent en arriver là ???
"Aimez vos ennemis..." : il ne s'agit pas d'aimer d'un amour passionné ou d'amitié, mais d'un amour de gratuité, de respect et de bienveillance... Sur la croix, Jésus a dit à son Père : "Pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font"...Nous devons crier notre colère, c'est légitime quand la vie se fait trop dure (Job), c'est bon, c'est sain, c'est légitime, mais, comme Job, le cri de colère ne doit pas être les dernier mot, donc, ce soir, mon espérance est double :
- que le cœur de ceux qui veulent tuer cesse de s'endurcir
- que passé le temps de la colère, nous fassions œuvre d'intelligence et de fraternité pour faire ce que nous pouvons... »

Dans les églises de France, le 31 juillet

- De plus, croyants d'autres religions ou non croyants avaient été invités à se rendre dans les églises, à l'heure de la messe dominicale du 31 juillet. Là aussi, l'appel a été entendu dans les églises de France, cathédrales ou simples églises de quartier ou de villages. Voici quelques exemples parmi beaucoup d'autres :


Cathédrale de Rouen

De Nice à Lille, les messes ont pris un tour très particulier, cinq jours après l'assassinat de Jacques Hamel dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray.

- « Je suis venue partager ma peine avec mes frères et sœurs chrétiens », dit une dame voilée. « Grand merci d'être avec nous », lui répond le curé. Comme dans cette église parisienne, des musulmans, mais aussi des non croyants, ont tenu à aller à la messe dimanche, cinq jours après l'assassinat d'un prêtre.

- Sadia, 71 ans, a franchi avec beaucoup d'avance le portail grand ouvert de l'église Notre-Dame d'Espérance, dans le XIe arrondissement, à deux pas de chez elle.
Fidèle de la grande mosquée de Paris, elle trouvait évident de répondre à l'appel du Conseil français du culte musulman (CFCM) à assister aux messes dominicales...

- Mgr Aumônier de Versailles : « Quand on veut nous opposer les uns aux autres, souligne Monseigneur Aumônier, nous devons intensifier le dialogue, les rencontres amicales », pour être capables « de nous écouter et d’élaborer ensemble des solutions »...

« Nous savons tous, redit l’évêque, que le véritable enseignement religieux ne conduit pas à la peur et à la haine de l’autre, ne stigmatise personne, mais conduit au respect infini de l’autre, à la sainteté de vie et non pas à la caricature monstrueuse de l’héroïsme ».
Monseigneur Aumônier a terminé son homélie par une pensée pour les jeunes, dont certains sont actuellement aux Journées Mondiales de la Jeunesse en Pologne « j’ai pu voir la beauté spirituelle de ces jeunes », « profonde ». Cela fait plus de 30 ans que ces rassemblements durent « alors que le seul attrait de ces rencontres, c’est de prier, c’est de chanter, c’est de se préparer à construire l’avenir... ».

- Environ 150 personnes ont assisté à la messe œcuménique célébrée en hommage au prêtre assassiné en Normandie. (LP/C. Ch) Dont Loubna et Abderrahmane. « Nous sommes musulmans, mais nous sommes avant tout des citoyens républicains, confie le couple d’une soixantaine d’années, très ému. Nous voulions absolument assister à une célébration catholique, nous étions prêts à aller jusqu’à Rouen (NDLR : en Normandie, près du lieu de l’attentat). En cherchant sur Internet, nous avons trouvé cette messe à Etampes. Nous venons spontanément. Les musulmans doivent se manifester, exprimer clairement que ces attentats odieux ne sont pas commis en notre nom ni au nom de l’islam. Sans culpabilité, mais le dire clairement, nous devons aller plus vers les autres pour casser les peurs. »
C’est dans ce but qu’Ismaël a lancé un appel dans l’église : « Nous avons un rôle à jouer. Nous sommes concernés et attristés par ces actes barbares autant que vous. Certains ont peut-être des doutes, des questions par rapport à nous. C’est légitime. Les portes de notre mosquée sont grandes ouvertes pour vous répondre. Si vous n’osez pas, passez par le père John, il nous connaît bien. Nous vous accueillons quand vous voulez car il ne faut pas nous diviser. »Le curé a pris la balle au bond et s’est aussitôt engagé à assister vendredi prochain à la prière des musulmans à la mosquée du centre d’Etampes. « Plusieurs paroissiens m’ont déjà signifié qu’ils m’accompagneraient », se félicite le prêtre après la messe. Bilal Chahin, le président de l’ACMSE se réjouit de cette invitation à la mosquée. « Nous, musulmans de la région et musulmans de l’Hexagone, nous condamnons fermement ces attentats, a-t-il proclamé très fort dans l’église. Gardons notre foi et la paix. »