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 La démarche de Paix de notre Pape François

lors de son voyage au Bangladesh.

(Quelques rencontres parmi beaucoup d'autres)

  •  Avec les jeunes

« ... Chers jeunes du Myanmar, après avoir entendu vos voix et vous avoir écouté chanter aujourd’hui, je voudrais vous appliquer ces paroles à vous (« comme ils sont beaux les pas des messagers qui annoncent une bonne nouvelle ! » cf. Rm 10, 15 ; Is 52, 7). Oui, vos pas sont beaux, et il est beau et encourageant de vous voir, parce que vous nous portez « une bonne nouvelle », la bonne nouvelle de votre jeunesse, de votre foi et de votre enthousiasme. Bien sûr, vous êtes une bonne nouvelle parce que vous êtes des signes concrets de la foi de l’Église en Jésus Christ, qui nous apporte une joie et une espérance qui n’auront jamais de fin.
Certains se demandent comment est-il possible de parler de bonnes nouvelles quand beaucoup souffrent autour de nous. Où sont les bonnes nouvelles quand tant d’injustice, de pauvreté et de misère jettent une ombre sur nous et sur notre monde ? Mais je voudrais que de ce lieu parte un message très clair. Je voudrais que les gens sachent que vous, jeunes hommes et jeunes femmes du Myanmar, vous n’avez pas peur de croire en la bonne nouvelle de la miséricorde de Dieu, parce qu’elle a un nom et un visage : Jésus Christ. Comme messagers de cette bonne nouvelle, vous êtes prêts à porter une parole d’espérance à l’Église, à votre pays, au monde. Vous êtes prêts à porter la bonne nouvelle aux frères et aux sœurs qui souffrent et qui ont besoin de vos prières et de votre solidarité, mais aussi de votre passion pour les droits humains, pour la justice et pour la croissance de ce que Jésus donne : l’amour et la paix. [...]

Ici dans cette belle Cathédrale dédiée à l’Immaculé Conception, je vous encourage à regarder Marie. Quand elle a dit oui au message de l’ange, elle était jeune comme vous ; mais elle a eu le courage de faire confiance à la bonne nouvelle qu’elle avait entendue et de la traduire dans une vie de fidèle dévouement à sa vocation, de total don de soi et de confiance complète à la tendre prévenance de Dieu. Comme Marie, puissiez-vous être tous humbles mais courageux pour porter Jésus et son amour aux autres !... »

(Texte complet)

  • Lors de la rencontre inter-religieuse et œcuménique

« ... Notre rencontre qui rassemble les représentants des diverses communautés religieuses de ce pays représente un moment très significatif de ma visite au Bangladesh. Nous sommes réunis pour approfondir notre amitié et pour exprimer notre désir commun du don d’une paix authentique et durable. [...]
Les paroles que nous avons écoutées, mais aussi les chants et les danses qui ont animé notre assemblée, nous ont parlé de manière éloquente du désir d’harmonie, de fraternité et de paix incarnés dans les enseignements des religions du monde. Puisse notre rencontre de cet après-midi être un signe clair des efforts des leaders et des adeptes des religions présentes dans ce pays pour vivre ensemble dans le respect réciproque et la bonne volonté. Au Bangladesh, où le droit à la liberté religieuse est un principe fondamental, que cet engagement soit un appel respectueux mais ferme à qui cherchera à fomenter des divisions, de la haine et de la violence au nom de la religion.
C’est un signe particulièrement réconfortant de notre temps que les croyants et les personnes de bonne volonté se sentent toujours plus appelés à coopérer à la formation d’une culture de la rencontre, du dialogue et de la collaboration au service de la famille humaine. Cela requiert plus qu’une simple tolérance. Cela nous stimule à tendre la main à l’autre dans une attitude de confiance réciproque et de compréhension, pour construire une unité qui intègre la diversité non comme une menace, mais comme une source potentielle d’enrichissement et de croissance. Cela nous incite à nous exercer à l’ouverture du cœur, de manière à voir les autres comme un chemin, non pas comme un obstacle.
Permettez-moi d’explorer brièvement quelques caractéristiques essentielles de cette “ouverture du cœur” qui est la condition pour une culture de la rencontre.
En premier lieu, celle-ci est une porte... L’ouverture du cœur est aussi semblable à une échelle qui rejoint l’Absolu... L’ouverture du cœur est aussi un chemin qui conduit à la recherche de la bonté, de la justice et de la solidarité. Cela incite à rechercher le bien de nos proches. [...]

Un esprit d’ouverture, d’acceptation et de coopération entre les croyants ne contribue pas simplement à une culture d’harmonie et de paix ; celui-ci est son cœur battant. Comme notre monde a besoin de ce cœur qui bat avec force, pour contrer le virus de la corruption politique, les idéologies religieuses destructrices, la tentation de fermer les yeux face aux besoins des pauvres, des réfugiés, des minorités persécutées et des plus vulnérables ! Cette ouverture est nécessaire pour accueillir les personnes de notre monde, spécialement les jeunes, qui parfois se sentent seuls et déconcertés dans la recherche du sens de la vie !»

(texte complet)

  • Après le témoignage de deux collégiens

« ... Quand un peuple, une religion ou une société deviennent un “petit monde”, ils perdent le meilleur de ce qu’ils ont et ils se précipitent dans une mentalité présomptueuse, celle du “je suis bon, tu es mauvais”. Upasana, tu as mis en évidence les conséquences de cette manière de penser, quand tu as dit : « nous perdons la direction et nous nous perdons nous-mêmes » et « la vie devient insensée pour nous ». C’est bien vrai ! La sagesse de Dieu nous ouvre aux autres. Elle nous aide à regarder au-delà de nos commodités personnelles et des fausses sécurités qui nous font devenir aveugles devant les grands idéaux qui rendent la vie plus belle et digne d'être vécue.

Je suis content qu’avec les catholiques, il y ait avec nous beaucoup de jeunes amis musulmans et d’autres religions. En vous trouvant ensemble ici aujourd’hui, vous montrez votre détermination à promouvoir un climat d’harmonie, où on se tend la main les uns aux autres, en dépit de vos différences religieuses. Cela me rappelle une expérience que j’ai eue à Buenos Aires, dans une nouvelle paroisse située dans un quartier extrêmement pauvre. Un groupe d’étudiants était en train de construire des locaux pour la paroisse et le prêtre m’avait invité à aller les trouver. Ainsi j’y suis allé, et quand je suis arrivé dans la paroisse, le prêtre me les a présentés l’un après l’autre, en disant : « Celui-ci est l’architecte, il est juif, celui-ci est communiste, celui-ci est catholique pratiquant » (Salut aux jeunes du Centre culturel P.F. Varela, La Havane, 20 septembre 2015). Ces étudiants étaient tous différents, mais ils travaillaient tous pour le bien commun. Cela est important ! N’oubliez pas : différents, mais travaillant pour le bien commun, en harmonie ! Avez-vous compris ? C’est la belle harmonie que l’on perçoit ici au Bangladesh. Ces étudiants, différents entre eux, étaient ouverts à l’amitié sociale et déterminés à dire non à tout ce qui aurait pu les détourner de la proposition de se trouver ensemble et de s’aider les uns les autres.
La sagesse de Dieu nous aide aussi à regarder au-delà de nous-mêmes pour discerner la bonté de notre patrimoine culturel. Votre culture vous enseigne à respecter les aînés. Cela est très important. [...]

Upasana et Anthony, vous avez conclu vos témoignages avec des paroles d’espérance. La sagesse de Dieu renforce en nous l’espérance et elle nous aide à affronter l’avenir avec courage. Nous chrétiens, nous trouvons cette espérance dans la rencontre personnelle avec Jésus dans la prière et dans les Sacrements, et dans la rencontre concrète avec lui dans les pauvres, dans les malades, dans les personnes qui souffrent et dans celles qui sont abandonnées. En Jésus nous découvrons la solidarité de Dieu, qui marche constamment à nos côtés.

Chers jeunes, chers amis, en regardant vos visages, je suis rempli de joie et d’espérance : joie et espérance pour vous, pour votre pays, pour l’Église et pour vos communautés. Que la sagesse de Dieu puisse continuer à inspirer votre engagement à grandir dans l’amour, dans la fraternité et dans la bonté !... »

(Texte complet)