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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU
 

 

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  • Semaine 1 :  Retour à l’Évangile
  • Semaine 2 :  Une éducatrice hors pair
  • Semaine 3 :  Le bonheur des petits
  • Semaine 4 :  L’abîme de grâce
  • Noël :  « Une vraie dévotion mariale »
  • Épiphanie : Magnificat !

Noël : une vraie dévotion mariale

« Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur
qui est le Christ, le Seigneur. »
Luc (2, 10-11)

Il est né le Sauveur ! La naissance de Jésus n'est pas qu'un évènement du passé : ce que nous célébrons aujourd'hui nous renvoie au mystère de l'Incarnation. François de Sainte-Marie écrit : "Jésus continue de naître, de grandir et de mourir dans le temps, au rythme même de l’année liturgique, qui assume et scande toutes les aspirations, les souffrances, les joies, tout l’amour des siens."
Ce mystère nous fait ainsi entrer dans le mystère de Marie : "Une vraie dévotion mariale n’a donc rien de sentimental, de fictif. Elle est terriblement dépouillée, comme la Vierge le fut elle-même. Il ne suffit pas de dire, il faut faire."

Nous vous souhaitons à  tous un saint et joyeux Noël !

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (2, 10-11)
« Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : aujourd'hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. »

En ce 25 décembre 2019, partageons la joie de Marie et de tous les saints pour la naissance de notre Sauveur et Seigneur, Jésus, le Prince de la Paix, dont la lumière ne s’éteindra jamais. Nous avons parcouru un chemin d’Avent avec Marie, en communion avec sa vie de grâce. Dans notre liberté, poursuivons ce chemin avec elle, c’est le chemin du salut !
Lisons encore François de Sainte-Marie nous dire, en guise de conclusion, ces mots sur la vie de grâce à la suite de Jésus et de Marie.

Texte de François de Sainte-Marie (Visage de la Vierge, p. 57-59) :

Si le Christ et la Vierge s'unissent étroitement les âmes, c'est afin de poursuivre leur mission terrestre jusqu'à la fin des temps. Comme ils ne peuvent plus s'en acquitter par eux-mêmes, de Là-Haut ils se servent des chrétiens comme d'« humanités de surcroît » qui achèvent dans leur chair ce qui manque encore à la Rédemption du monde.

Jésus continue de naître, de grandir et de mourir dans le temps, au rythme même de l'année liturgique, qui assume et scande toutes les aspirations, les souffrances, les joies, tout l'amour des siens. Et la Vierge poursuit auprès de son Fils, par les âmes qui lui sont dévouées, sa veille d'amour. Alors que le ciel et la terre s'usent comme un vêtement, les sentiments qu'elle porte en son cœur, à l'égard du Christ, ne vieillissent pas. Ils se survivent à travers les générations, en gardant toute leur fraîcheur. « Que l'âme de Marie soit en chacun de nous pour y glorifier le Seigneur, que l'esprit de Marie soit en chacun de nous pour s'y réjouir avec Dieu », disait déjà saint Ambroise. (…)

Cette présence de la Vierge dans l'âme a ses exigences. On ne vibre à ses sentiments, on ne perçoit ses impulsions les plus délicates, que dans la mesure où l'on s'est rendu totalement disponible et donc où l'on s'est perdu à la manière évangélique. Car il n'est pas question de jouer un personnage étranger tout en gardant son moi. Il s'agit de se transformer en lui par l'Amour. Une vraie dévotion mariale n'a donc rien de sentimental, de fictif. Elle est terriblement dépouillée, comme la Vierge le fut elle-même. Il ne suffit pas de dire, il faut faire.

Il importe surtout de se laisser faire. L'abandon parfait dont la Vierge a vécu, elle le demande aux âmes qu’elle aime. Elle semble souvent leur dire comme le Christ à Pierre : « Ce que je fais, tu ne peux le comprendre maintenant » (Jn 13,7). Car elle nous demande moins de comprendre que d'acquiescer silencieusement. Peut-être même pour mieux nous inculquer la pensée que nous sommes des « serviteurs inutiles », semblera-t-elle nous prendre et nous abandonner à son gré. (…)

C'est donc par l'abandon que nous communierons aux sentiments profonds de notre Mère, la « servante du Seigneur », qui, en se livrant totalement à l'Amour, l'a reçu en plénitude et en est devenue parmi les hommes la source intarissable.

Joyeux Noël à tous dans la lumière du mystère de l’Incarnation !

fr. Robert Arcas, ocd (couvent de Paris)

Semaine 4 :  L’abîme de grâce

1. Commentaire évangélique : « Ne crains pas de prendre chez toi Marie »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (1, 18-24)

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

« Ne crains pas de prendre chez toi Marie » (Matthieu 1, 18-24)

Ce quatrième dimanche de l’Avent, la liturgie nous donne l’Évangile de l’annonce à Joseph. « Ne crains pas ! » : c'est en écoutant ces mots que Joseph a accueilli Marie. En ces derniers jours de l’Avent, demandons au Seigneur de croire que la vie de grâce, sans grande apparence, discrète, cachée, dont la Vierge était comblée, est aussi pour nous !
François de Sainte-Marie a cette belle expression à propos de l'Annonciation : « Les deux abîmes sont en présence : celui qui comble et celui qui reçoit. » Dans ces derniers jours avant Noël, disposons-nous à la suite de la Vierge à recevoir l'Enfant-Dieu ! Demeurons en communion dans la prière !

Commentaire complet

2.     Méditation : communier au mystère de Marie

Texte de François de Sainte-Marie (Visage de la Vierge, Editions du Carmel, 2001, p. 31):

Peut-on pénétrer davantage dans le mystère de Marie, jusqu'à la source même où s'alimente sa vie spirituelle ? L'Ange de l'Annonciation nous y invite.

On sait l'importance du nom pour les Hébreux, qui en faisaient une sorte de définition de la personne. Or, voici que Gabriel, au lieu d'appeler la Vierge : Marie, lui révèle son nom nouveau : « Salut, pleine de grâce » - mieux encore : « celle qui a trouvé grâce », l’« engrâciée ». Ainsi, alors que Dieu a nom « Amour » une femme est « Grâce ». Les deux abîmes sont en présence : celui qui comble et celui qui reçoit. En face de Dieu, voici une créature capable de le recevoir aussi totalement qu'il lui plaira de se communiquer à elle.
Les autres hommes, en se satisfaisant si peu que ce soit de ce qu'ils sont ou de ce qu'ils possèdent déjà, se ferment à tout ce qu'ils pourraient être ou acquérir encore. Même saints, ils n'arrivent pas à assimiler pleinement « l'être, le mouvement et la vie » que Dieu leur offre de puiser en lui. Saint Jean l'a dit d'une manière poignante et le drame est éternel : « les siens ne le reçoivent pas » (1,11). Seule, l'Immaculée Conception, délivrée du plus petit mouvement de complaisance en elle-même, véritable « capacité de Dieu », a pu recevoir à chaque instant, en sa totalité, le don de Dieu. Le Fiat qu'elle prononce le jour de l'Annonciation n'a fait que traduire cette disposition continuelle de son âme.

Mystère de prédestination dont elle ne peut, pas plus que nous, trouver la raison en elle-même. Car il n'en est pas d'autre que l'éternel Bon Plaisir. Le Seigneur fit Immaculée celle qu'il lui plut. Il la connaissait et l'aimait avant même qu'elle existât. Puis ses yeux se sont arrêtés sur elle, au milieu de tant d'êtres répandus sur la face du globe. Sous ce regard, la créature bénie entre toutes a tressailli en chantant : « Il a regardé la bassesse de sa servante ».

Ce regard a fait pénétrer en elle la vie à grands flots. Car lorsque le Seigneur considère une âme avec cette expression d'amour, il sourd pour ainsi dire au plus intime d'elle, il l'imprègne jusqu'en ses dernières fibres. Ceci est attesté par les Écritures. Elles affirment la réalité intérieure de la grâce : « On versera dans son sein, une mesure pleine, bien tassée, débordante... » (Lc 6,38). – « Des fleuves d'eau vive couleront de son sein » (Jn 7,38). Dieu en effet, n'a jamais fini de nous créer. Il garde humide sous son pouce l'argile humaine, il la pétrit et repétrit à la ressemblance de « l'Idée » qu'il porte en lui-même. Les âmes d'hommes sont en vérité ouvertes sur l'infini.

Méditation

François de Sainte-Marie se demande si l’on peut pénétrer dans le mystère de Marie, jusqu’à la source de sa vie spirituelle ? Cette source, c’est Dieu, bien évidemment, la Sainte Trinité, avec laquelle Marie a une relation singulière. Une relation qui restera pour nous mystérieuse, non pas parce qu’il y aurait un secret qui nous serait inaccessible, mais parce que la vocation de Marie est unique. Aucun être humain n’a eu une telle proximité avec Dieu, le Saint Esprit l’a couverte de son ombre, elle a porté dans son sein l’enfant Dieu, celui qui est son Fils, son Créateur et son Sauveur, tout ensemble ! Nous sommes là au-delà de toute logique humaine…

Les mots de « Comblée de grâce », « tu as trouvé grâce », nous sont donnés dans l’Évangile de l’Annonciation (Lc 1, 28.30), ces mots sont prononcés par l’ange Gabriel dans son dialogue avec Marie, ce qui permet à notre auteur d’employer le mot d’« engrâciée », et de conclure que le nom de Marie est « Grâce ». Cette qualité insigne de Marie fait d’elle la créature dans laquelle Dieu se donne le plus. François de Sainte-Marie a cette belle expression : « Les deux abîmes sont en présence : celui qui comble et celui qui reçoit. » L’abîme produit naturellement chez l’homme une émotion forte empreinte de crainte, de peur, on parle de peur abyssale, sans fond. L’abîme nous attire et nous effraie ensemble. Dans la vie spirituelle, il est possible de faire l’expérience de l’abîme. En général, cette sorte d’abîme est pour notre salut ! Marie, comblée de grâce, a fait cette expérience de l’abîme de Dieu. « Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges (la) diront bienheureuse » (Lc 1,48). La prophétie s’est accomplie, ô combien !

Et nous, êtres humains ordinaires, nous sommes comme empêchés d’aller si loin dans l’union à Dieu. Le péché, dont nous sommes à la fois héritiers, acteurs et victimes, en est la cause. Le mystère de l’Incarnation, que nous allons fêter solennellement dans quelques jours à Noël, est la solution de Dieu à cette impasse !
Cet enfant à naître, Jésus, l’Emmanuel, pleinement Dieu et pleinement homme, est le Sauveur. Il n’y en a pas d’autre ! C’est Lui qui, par le don de sa vie sur la Croix, offre aux hommes la liberté des enfants de Dieu, le pardon des péchés et la vie éternelle. Comment ne pas exulter de joie quand nous croyons cela ? C’est ce que François de Sainte-Marie voulait dire peut-être quand il écrit : « Les âmes d'hommes sont en vérité ouvertes sur l'infini. » Marie a été regardée par Dieu comme aucune autre créature, la grâce l’a habitée en profondeur. Nous aussi, nous pouvons regarder Marie, et à travers elle, notre regard se purifie, nous recevons le message de la Bonne Nouvelle, et avec elle nous chantons Magnificat !

Texte en PDF

Conseil spirituel

Dans ces derniers jours avant Noël, quand il y a de l’excitation dans l’air, quand beaucoup de gens courent ici et là pour préparer les fêtes qui approchent, sans être coupés de ce fait de société car nous ne sommes pas des ermites, veillons dans la prière, la méditation de la Parole, la rencontre fraternelle, en communion avec Marie, celle dont la vie de grâce est sans pareille, simple, vraie et belle, veillons à devenir de meilleurs fils/filles du Père, frères/sœurs du Fils, sanctuaires de l’Esprit Saint.

fr. Robert Arcas, ocd (couvent de Paris)

3. Prier chaque jour de la semaine – Semaine 4

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Semaine 3 :  Le bonheur des petits

1. Commentaire évangélique : « Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (11, 2-11)

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! » Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »

Heureux ceux qui ne doutent pas de l’identité de Jésus. Soyons dans la joie ! Cette troisième semaine de l'Avent, l'Évangile nous présente Jean le Baptiste dans sa prison se questionnant sur l’identité du Christ. Jésus répond à ces interrogations par une béatitude de vie !
"Marie est la reine des pauvres en esprit qui savent tout, des contemplatifs." Le Père François de Sainte-Marie invoque la Vierge sous le vocable de "Siège de la Sagesse" : comme les petits, elle a percé les secrets de son Fils et connaît son identité divine. En ce temps agité de préparation des fêtes de fin d'année, demandons à la Vierge Marie de nous aider à ressembler à un pauvre qui reçoit la Bonne Nouvelle et qui y trouve son bonheur.

Commentaire complet

2. Méditation : HeureuseMarie, « Siège de la Sagesse »

Texte de François de Sainte-Marie (Visage de la Vierge, Editions du Carmel, 2001, p. 12-13):

Et ceci nous donne aussi la mesure de son intelligence des choses de Dieu. Dès le premier éveil de sa raison, Marie fut le Siège de la Sagesse. Et, à travers le dépouillement intérieur, celle-ci n'a jamais cessé de grandir en elle. À l'école du Christ, la Vierge s'est libérée de toute pensée inutile, de toute parole oiseuse. Elle ne s'est pas mise en souci de la nourriture et du vêtement. Elle ne s'est pas mêlée aux bavardages stériles. Elle a volontiers suspendu son jugement vis-à-vis des autres.
Cette pauvreté volontaire était si riche de véritable savoir ! Le Christ a parlé, dans son évangile, de ceux qui, ne s'attachant pas à leurs vues, voient en fait très clair. Il les oppose aux pharisiens aveugles qui affirment « Nous voyons » (Jn 9,41). Marie est la reine des pauvres en esprit qui savent tout, des contemplatifs.

Le Magnificat nous montre l'ampleur de sa pensée. Comme les maîtres en Israël, lumières de leur temps, elle a scruté les Écritures, mais combien différemment. Ils se sont complu dans des subtilités exégétiques, dans des interprétations humaines. Ils ont lu la Bible d'une manière si charnelle qu'ils ont cru y découvrir l'annonce d'un messianisme temporel. Ils n'ont pas su s'élever du visible à l'invisible, du symbole à la réalité spirituelle. Marie, elle, s'est préservée avec une saine indépendance du levain doctrinal des pharisiens et des sadducéens. Et elle s'est nourrie de l'Écriture en profondeur. Le Magnificat nous montre à quel point elle se l'est incorporée. Car en se laissant aller à sa propre spontanéité, sa pensée se coule naturellement dans des images et des formules bibliques.
Et elle atteint dans l'Écriture la pensée même de Dieu. Avant la prédication de l'Évangile, la Vierge a discerné la conduite mystérieuse du Père, préférant les humbles et les petits aux puissants et aux sages, se servant de ce qui n'est pas pour faire ce qui est. C'est toute la « bonne nouvelle » qu'elle pressent et dont elle vit déjà. Ainsi le Magnificat annonce et précède le tressaillement d'allégresse de Jésus chantant les préférences du Père à son égard et exaltant les humbles : « Je te loue, Père, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux savants et de ce que tu les as révélées aux petits » (Lc 10,21).

Le Cantique de Marie nous montre encore dans quels larges horizons se déploie sa pensée. Toute l'économie du salut se déroule devant elle. Et elle se situe elle-même dans le plan divin avec une humble clairvoyance.

Méditation

Qui mieux que Marie, notre sœur en humanité, connaît les mystères de Dieu ? François de Sainte-Marie dresse, au début de son ouvrage Visage de la Vierge, la physionomie humaine de celle que l’Église reconnaît comme experte dans l’intelligence des choses de Dieu. Il l’appelle le « Siège de la Sagesse ». Celle qui en saluant Élisabeth provoqua le tressaillement de joie de son fils à naître, ne s’est pas posée la question que ce même Jean-Baptiste pose aujourd'hui dans l’Évangile de ce 3e dimanche de l’Avent : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Marie ne s’est pas posé cette question, parce qu’elle « est la reine des pauvres en esprit qui savent tout, des contemplatifs ». Cette affirmation se fonde sur le fameux verset de l’Évangile de Luc (10,21) que cite François de Sainte-Marie : « Je te loue, Père, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux savants et de ce que tu les as révélées aux petits ». Marie, la première, fait partie de ces tout-petits.

« Cette pauvreté volontaire était si riche de véritable savoir ! » Quelle leçon pour nous … Le savoir de Marie repose sur sa grande proximité avec l’Esprit Saint. La sagesse est le premier don de l’Esprit. Il est important d’ajouter que cette proximité n’est pas l’exclusivité de Marie. L’Esprit Saint n’est la propriété de personne, Il est accessible à qui veut ! Il donne la sagesse, le savoir à qui le lui demande, autant que cette demande est en vue du bien, de l’amour, de la vérité, de la paix, de la vie. Marie connaissait l'Écriture, certes pas à la manière des savants, de son époque ou de toutes les époques, sa connaissance lui venait de sa vie de grâce, de son dialogue continuel avec Dieu. Marie est imprégnée profondément de l’Écriture, elle y est comme immergée.

Texte en PDF

Conseil spirituel

L’Avent, vécu dans l’attente joyeuse de la naissance du Sauveur, du joyeux temps de Noël, passe très vite, trop vite peut-être ? Pris dans les soucis du moment, pourquoi ne pas se décider à prendre le parti de la béatitude, du désir du bonheur simple, de se considérer comme un pauvre qui reçoit la Bonne Nouvelle ?

fr. Robert Arcas, ocd (couvent de Paris)

3. Prier chaque jour de la semaine – Semaine 3

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Semaine 2 :  Une éducatrice hors pair

1. Commentaire évangélique : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (3, 1-12)

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion. N’allez pas dire en vous-mêmes : ‘Nous avons Abraham pour père’ ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

L'appel à la conversion est permanent dans notre foi chrétienne. L'Évangile nous interroge sur la vérité de nos conversions : notre vie spirituelle est-elle féconde ?
"Marie, notre, éducatrice veut faire de nous d'autres 'christs'." Le Père François de Sainte-Marie nous dévoile la manière dont la Vierge Marie nous forme. Demandons à l'Esprit Saint de nous laisser enseigner par la mère de Jésus, pour que nous continuons son œuvre dans l’Église.

Commentaire complet

 2. Méditation : La vigilance de Marie à l’écoute de son fils

Texte de François de Sainte-Marie (Visage de la Vierge, Editions du Carmel, 2001, p. 48-49):

La maternité de la Vierge se développe dans le temps. Marie, non contente de nous avoir engendrés dans le Christ, nous élève, toutes proportions gardées, comme elle a élevé Jésus, notre aîné. Elle l'a formé, lui a appris tout petit les pratiques de la vie religieuse, lui faisant réciter mot à mot, selon la coutume du temps, les paroles de l'Écriture. Elle devait être confondue d'avoir à lui donner des ordres, mais elle se réfugiait dans sa foi à la mission qui lui était confiée. Et, surtout, elle se tournait vers l'Esprit dans la mouvance duquel s'écoulait toute son existence. L'Amour vivant et personnel, à travers cette créature toute sienne, a présidé à l'éducation de Jésus durant les longues années de la vie cachée, comme plus tard il devait le conduire au désert et au sacrifice.

C'est encore dans l'Esprit que la Vierge Marie fait l'éducation surnaturelle de ses enfants. Éduquer, c'est, étymologiquement : tirer de, e ducere. L'éducateur essaie de découvrir, dans l'être encore informe qui lui est confié, certaines virtualités, afin de les épanouir à la lumière d'un grand idéal. Marie, notre éducatrice, veut faire de nous « d'autres christs », dans la mesure compatible avec notre misère : « Cette Mère de grâce, déclare sœur Élisabeth de La Trinité, va former mon âme afin que sa petite enfant soit une image vivante, saisissante, de son Premier-Né, le Fils de l'Éternel ». Elle le connaît si bien, son Premier-Né ! Elle a souvent levé les yeux au-dessus de son ouvrage, dans la petite maison de Nazareth, pour contempler à la dérobée, ce visage sans cesse modelé du dedans par des sentiments mystérieux. Elle l'a longuement considéré, alors qu'il se creusait dans les tourments de l'agonie. Enfin, au Ciel, elle est perdue dans la contemplation de l'auguste Face. Et en nous regardant, nous, de Là-Haut, elle nous voit à travers le Christ. Elle discerne aussitôt le trait de la physionomie de Jésus que nous devons plus spécialement reproduire. Et plus que jamais docile à la motion de l'Esprit, elle se met à l'œuvre.

Mère qui nous aime tant, elle peut tout. Le Christ donne à la grâce, dont il est le médiateur, une teinte d'humanité, si l'on ose dire. Les fleuves d'eau vive qui viennent gagner nos âmes, coulent de son propre sein. Est-il permis de dire que Marie, dispensatrice des grâces de son Fils, les rend encore plus assimilables pour nous ? Elle nous les prépare maternellement comme ce vrai « lait des tout petits » dont parle saint Pierre (1P 2,2). Une créature a su, sous l'action de Dieu, se faire assez transparente pour réfléchir intégralement la lumière, assez pure pour se laisser traverser par les eaux divines sans les souiller.

Méditation

L’appel à la conversion est permanent en christianisme. Celui que lance Jean-Baptiste, en ce 2e dimanche de l’Avent, s’inscrit naturellement dans la tradition biblique. La Vierge Marie, est au sommet humain de cette tradition. Voilà pourquoi, à juste titre, François de Sainte-Marie nous présente l’œuvre d’éducation de Marie.

Marie est éducatrice par excellence. Dans l’Évangile de l’Annonciation, l’ange Gabriel lui annonce que « celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1,35). Elle va élever cet enfant, avec Joseph. Si nous connaissons la suite de l’histoire, ce que nous connaissons mal, c’est la manière concrète utilisée par Marie pour élever son fils. Mais cette ignorance est-elle si importante ? Nous ne pouvons pas tout savoir, rappelons-nous que le péché originel tel qu’il nous est rapporté dans le livre de la Genèse a quelque rapport avec la volonté de connaître le bien et le mal, de connaître dans le sens de maîtriser, posséder.

Marie éducatrice par excellence, oui, certainement, mais pas au sens où nous pourrions l’entendre aujourd'hui. Marie n’a pas écrit de livre de pédagogie !

Son Fils, sur la Croix, nous l’a donnée pour mère. A chacun d’entre nous d’accueillir ce don. Nous savons tous d’expérience que la conversion à Jésus Christ est un travail permanent qui ne cessera que dans le royaume des Cieux. Marie, dans ce travail, est notre meilleur guide et conseil, car elle est riche de son expérience, elle est riche surtout de la grâce dont l’Esprit Saint l’a remplie, le Magnificat nous dit qu’elle est la « Comblée de grâce » (Lc 1,28), celle qui a « trouvé grâce auprès de Dieu » (Lc 1,30).

En développant avec Marie une relation filiale et fraternelle, car Marie est à la fois notre mère (dans la foi) et notre sœur (en humanité), nous avancerons sur le chemin personnel qui nous est donné de vivre pour aller à Dieu. Marie est à nos côtés, sa vie de grâce est aussi pour nous !

Texte en pdf

Conseil spirituel

La rencontre joyeuse avec le Seigneur, ne peut se faire sans une vraie conversion renouvelée. Demandons à la Vierge Marie de nous laisser enseigner par elle, qu’elle nous accompagne chaque jour dans cet effort, nous rendant docile à la motion de l’Esprit Saint, à l’accueil de la grâce de Dieu.

fr. Robert Arcas, ocd (couvent de Paris)

3.Prier chaque jour de la semaine – Semaine 1

(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)

Semaine 1 :  Retour à l’Évangile

1. Commentaire évangélique : « Tenez-vous donc prêts, vous aussi »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (24, 37-44)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme. En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme. Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée. Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

"Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra" (Matthieu 24, 37-44).
L'Évangile de cette première semaine nous met en garde sur notre manière de prier. Comment sommes-nous disposés à accueillir Celui qui vient ? Comment nous tenir prêts dans nos cœurs ?
"C'est avant tout à l'Évangile qu'il faut aller si l'on veut connaître la Vierge." À la suite de sainte Thérèse de Lisieux, le Père François de Sainte-Marie nous invite à ressourcer notre vie spirituelle dans l’Évangile pour connaître la "vie réelle" de la Vierge Marie. Elle nous aidera en ce début d'Avent à nous mettre à l'écoute de la Parole de Dieu. Bonne première semaine d'Avent !

Commentaire complet

 2. Méditation : La vigilance de Marie à l’écoute de son fils

Texte de François de Sainte-Marie (Visage de la Vierge, Editions du Carmel, 2001, p. 3-5) :

C'est avant tout à l'Évangile qu'il faut aller si l'on veut connaître la Vierge. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus le rappelle avec beaucoup de force dans les Novissima Verba [Derniers Entretiens]. Elle oppose la vie « réelle » de Marie telle que l'Évangile la laisse « entrevoir » à sa vie « supposée » telle qu'elle est trop souvent décrite dans les ouvrages de piété.
Mais comment, dira-t-on, connaître une âme - surtout celle-là - à partir de quelques faits et de quelques paroles ? L'objection serait capitale s'il s'agissait d'un texte purement humain. Nul n'accepterait alors de ressusciter une figure avec si peu de données.
Mais les passages de l'Évangile qui concernent la Vierge ont pour auteur l'Esprit Saint, notre hôte intime. Il sait nous les commenter, nous y faire entrevoir des « horizons infinis », selon l'expression de la Petite Thérèse. Alors, les quelques confidences arrachées au silence de la Vierge par les évangélistes deviennent lourdes de signification profonde.

Au reste, l'Évangile est là tout entier pour aider à les mieux interpréter. Lorsque le Christ, dans ses discours et ses paraboles, décrit le comportement du chrétien, il dessine devant nous le visage de Celle qui fut l'enfant de lumière par excellence. De plus, ses faits et gestes achèvent d'éclairer la physionomie de Marie. Voir Jésus, c'est en quelque sorte voir sa Mère. Celle-ci ne lui a-t-elle pas donné sa figure d'homme, en même temps qu'il la façonnait à son image de Dieu ? Dans cet admirable échange s'est consommée la ressemblance de ces deux êtres. Transformée en son Fils, Marie n'a plus en propre que cette transparence, cette limpidité qui permet à l'âme de Jésus de se refléter en elle avec toutes ses perfections, de s'y imprimer d'une manière vivante. À regarder le Christ vivre et prier, on apprend à mieux connaître sa Mère.

Une certaine physionomie de la Vierge se dégage donc de l'Évangile. Quelques figures et quelques textes de l'Ancien Testament interprétés symboliquement par la liturgie ou la tradition, ajoutent des traits à ce dessin. Nous en savons assez, semble-t-il, pour « entrevoir » la vie réelle de Marie. (…)
Mais ces sublimités ne peuvent nous faire oublier que la Vierge reste très proche de nous. Non contente de nous avoir engendrés à la vie divine, elle continue à nous former avec l'aide de l'Esprit Saint. Et elle veut nous unir plus étroitement à elle, afin de poursuivre à travers nous sa mission terrestre.

Méditation

            Dans le texte que vous venez de lire, il n’est pas question explicitement du thème central de l’Évangile de ce premier dimanche de l’Avent, la vigilance, la disponibilité, l’écoute de la parole de Dieu. François de Sainte-Marie donne ici une introduction à son petit livre de méditation sur la Vierge Marie. Sa première affirmation est centrale : « C'est avant tout à l'Évangile qu'il faut aller si l'on veut connaître la Vierge ». Voilà qui est clair, aller à l’Évangile pour connaître Marie, aller à l’Évangile pour connaître Jésus, aller à l’Évangile pour connaître Dieu et sa volonté.

            La connaissance de l’Évangile n’est-elle pas précisément la réponse à l’appel à la vigilance de Jésus dans l’Évangile du jour ? Lire l’Évangile, et au-delà toute l’Écriture, le méditer, le « travailler », tout cela avec l’aide de l’Esprit Saint, n’est-ce pas là ce que Jésus demande dans l’Évangile ? Et ce que Marie vivait ?

            Sans verser dans le défaut, selon la Petite Thérèse, de la vie « supposée » de Marie, osons dire que Marie était dans la vigilance spirituelle, prête sans doute à répondre aux motions de l’Esprit Saint avec qui elle entretenait « une relation spéciale ». Prête surtout à répondre à Jésus, son fils, à qui elle ressemblait et qui lui ressemblait aussi, comme le dit autrement François de Sainte-Marie.

            Retenons enfin de ce texte que Marie, dont la vie de grâce est lumineuse, reste proche de nous. Marie, en ce début d’Avent, nous dit avec l’Évangile, combien il est bon pour nous de veiller, de prier, de méditer et de nous rendre disponible à la venue du Fils de l’homme.

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 Conseil spirituel

            Dans cet Avent, je veille au temps que je peux consacrer à la prière et à la méditation de la parole de Dieu, de manière à me nourrir suffisamment, sans excès, ni carence, dans la douceur mariale, en vue de l’essentiel, la rencontre joyeuse avec Dieu, dans l’attente de la venue de son Fils.

fr. Robert Arcas, ocd (couvent de Paris)

 3. Prier chaque jour de la semaine – Semaine 1

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