Vous avez été très nombreux à nous suivre l'an dernier pour le temps de l'Avent et cette année pour celui du Carême, donc c'est avec joie que nous vous proposons cette année encore de repartir sur ce beau chemin vers l'espérance de Noël, et nous vous souhaitons un très beau chemin.

 

Dans ce temps de l'Avent vous trouverez plusieurs propositions :

- « Avent dans la ville » : méditations quotidiennes des Dominicains, mais aussi témoignages.
- « Communier à la vie de grâce de Marie » : retraite des Carmes de Paris qui, chaque vendredi, nous inviteront à suivre Marie.
- « Calendrier de l'Avent spirituel » avec youPRAY : chaque jour, la Parole de Dieu, une intention pour prier et la parole de saints...
- Les méditations de notre Pape François : « le merveilleux signe de la crèche »

(Vous avez le choix !)

Mais aussi :

- Un temps pour la Solidarité, avec, en particulier, le très beau témoignage offert par l'aumônerie de la prison de Pau.

 


 

 

 

« Avent dans la ville : tous prophètes ! » avec les Dominicains

Accueillons, comme des prophètes, le Sauveur qui vient !

  Bonjour,
L’enfant vient. Un grand prophète va se lever parmi nous. Mieux qu’un prophète ! Jésus bébé n’est pas seulement le messager d’une Parole divine, comme le furent les prophètes de l’ancien temps. Il est la parole ! Le Verbe fait chair... La bonne nouvelle qu’il nous annoncera dans la crèche, d’ici quatre semaines, est incroyable : Dieu est avec nous ! Désormais, nous ne serons plus jamais seuls.
En devenant un bébé, Dieu nous engage à être nous aussi des prophètes. Déjà dans la Bible, le livre des Nombres, vieux de vingt-six siècles, rêvait que tous les croyants deviennent prophètes ! (Nombres 11, 29). Par notre baptême, nous sommes tous institués prophètes, c’est-à-dire aptes, chacun à sa manière, d’annoncer la bonne nouvelle : Dieu vient parmi nous pour nous guérir.
Oui, à partir de cet avent, devenons prophète de cette brûlante actualité : Dieu est là, près de chacun.

Suivez notre nouvelle retraite de l'Avent : « Tous prophètes ! »

(Découvrez la vidéo de lancement ci-dessous, puis toutes les propositions.
Si au lieu de lire les propositions, vous préférez les écouter,
 allez à la fin de cette présentation et écoutez le dynamique Frère Philippe Verdin)

(pour la 5e proposition, qui ne peut être sur le site car ce serait trop long,
vous pouvez y accéder en vous inscrivant à Avent dans la Ville)

1 - Pour nous faire entrer dans le mystère de notre vocation de prophète, du dimanche 1er au mercredi 25 décembre 2019, une dominicaine et trois dominicains méditent avec nous l’évangile de l’avent et nous font découvrir comment être prophète par nos engagements, nos paroles, nos gestes.

 

Frère Rémi Chéno         Sœur Marie Monnet         Frère Xavier Lopinet       Frère Jean-Paul Vesco
Le Caire                        Bruxelles                          Rennes                     Évêque d'Oran

2 - En plus des méditations quotidiennes, nous vous proposons également :
Les prophètes vus par des écrivains : Denis Tillinac, romancier et chroniqueur, Elisabeth Bourgois, romancière et metteur en scène, le fr. Adrien Candiard nous dérouleront, chaque samedi, ce qu’est pour eux un prophète et comment être prophète.

3 - Chœur dans la ville nous offrira, chaque mardi, une prière de louange qui célèbrera l’élan prophétique que l’Esprit-Saint met dans notre cœur.

4 - Calendrier de l'Avent : enfin, chaque jour, un témoin nous dira qui est prophète aujourd’hui, comment il essaie d’être prophète, ce que le monde attend des chrétiens.

5 - Et si vous voulez aller plus loin, nous vous invitons à prier avec les frères en écoutant leurs offices quotidiens chantés. Vous pourrez aussi déposer vos intentions de prière sur le site pour qu'elles soient portées par des communautés religieuses ou par la communauté des internautes.
Cette année, vous allez vivre un temps de retraite exceptionnel avec Avent dans la ville. Riches de ces témoignages, de cette prière, de ces méditations, vous pourrez oser être libres, joyeux et rayonnants... c’est-à-dire des prophètes de Jésus-Christ !

Avec toute notre amitié et dans la joie de nous préparer ensemble à accueillir Celui qui vient à Noël.

Frère Philippe Verdin, op : Dominicain depuis 1993, aumônier national des AFC, éditeur aux Editions du Cerf, responsable d'Avent dans la ville et de Dimanche dans la ville.

 

 « Communier à la vie de grâce de Marie » avec les Carmes

Cette année, à l’occasion du 100ème anniversaire de la présence des Frères Carmes à Avon (1920-2020), nous vivrons l'Avent auprès de la Vierge Marie avec les méditations du Père François de Sainte-Marie, frère carme de notre Province de Paris et enterré à Avon.

On place parfois tellement la Vierge Marie sur un piédestal qu’on la rend inimitable. Certes la vocation de Marie est unique. Mais elle est aussi le modèle de l’accueil de la grâce divine par tous les croyants. Nous laisserons le Père François de Sainte-Marie ocd (1910-1961), grand disciple de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus nous guider pendant cet Avent. Il nous aidera à participer au mystère de la vie de grâce de Marie et à voir combien la Vierge est plus belle, plus proche et plus simple que ce que nous croyons …

Du 27 novembre 2019 au 5 janvier 2020, nous suivrons une retraite éclairée par la grâce du Carmel pour nous préparer à accueillir Jésus.

Programme de l'Avent

Thématique de chaque semaine de l'Avent :

  • Introduction :  Présentation biographique
  • Semaine 1 :  Retour à l’Évangile
  • Semaine 2 :  Une éducatrice hors pair
  • Semaine 3 :  Le bonheur des petits
  • Semaine 4 :  L’abîme de grâce
  • Noël :  « Une vraie dévotion mariale »
  • Épiphanie : Magnificat !
Après une introduction ci-dessous à la retraite, vous recevrez chaque vendredi un email hebdomadaire. Vous pourrez télécharger le contenu de la semaine en format word ou PDF (version PC ou mobile). Dans cet email vous trouverez :
  1. un commentaire évangélique, une méditation du frère François de Sainte-Marie sur la Vierge Marie, des pistes de mise en pratique
  2. Un calendrier pour prier du lundi au samedi avec 6 courtes méditations en images, avec des citations de la Bible et du père François, ainsi que des pistes de mise en pratique. (Pour les personnes très « connectées », vous pouvez suivre ce calendrier chaque matin sur notre page Facebook, sur Hozana et sur notre compte Twitter « Carmes de Paris ».)
  3. Une version audio du résumé de la méditation en 3-4 minutes.

Toutes les infos sont sur notre site web si vous voulez tout recevoir sur votre smartphone.

Vous êtes plus de 23 000 personnes prêtes à entrer en Avent à l’école de la Vierge Marie avec le PèreFrançois de Sainte-Marie, ocd (1910-1961). C'est le frère Robert Arcas du couvent de Paris qui a préparé cette retraite, avec l'aide des carmélites de Nevers.
Découvrez dans cette introduction une courte présentation biographique de ce père Carme d'Avon. Nous suivrons tout au long de la retraite des extraits de son ouvrage : Visage de la Vierge (1ère édit. 1954, Éditions du Carmel, 2001).

Bon chemin de l'Avent  !

L’équipe des retraites en ligne du Carmel
Frère Robert Arcas (couvent de Paris), le Carmel de Nevers,
frère Jean-Alexandre (couvent d’Avon),
Dominique,
Raphaëlle et Marie-Noëlle

Introduction :  Présentation biographique

            Le père François de Sainte-Marie, carme déchaux de la Province de Paris, a consacré sa courte vie (1910-1961) à transmettre les trésors de l’héritage carmélitain. Sa réalisation la plus connue fut la publication des autographes de Thérèse de Lisieux, sous le titre de Manuscrits autobiographiques, publiés aujourd'hui sous le titre Histoire d’une âme, qui mit en évidence sa connaissance de la doctrine de la petite Thérèse, son esprit scientifique en même temps qu’une grande délicatesse humaine.
            Il fut le conseiller religieux du film de Philippe Agostini Le vrai visage de Thérèse de Lisieux, un film qui fit date. Il dirigea, aux Editions du Seuil, la collection « la Vigne du Carmel » qui manifesta une intuition très sûre des besoins spirituels de son temps ainsi qu’une connaissance profonde des richesses du Carmel. Dans cette collection, il publia entre autres les ouvrages suivants, en tant qu’auteur ou éditeur : Présence à Dieu et à soi-même (1944) ; Les plus vieux textes du Carmel (1944) ; Initiation à Saint Jean de la Croix (1945) ; L’expérience de la Présence de Dieu, par le Frère Laurent de la Résurrection (1948) ; Ecrits spirituels d’Elisabeth de la Trinité (1949 ; 1952 ; 1960) ; Lettres spirituelles de Dom Chapman (1949) ; etc.
Le père François avait d‘autres apostolats remarquables, écoles d’oraison à Paris, accompagnements spirituels. Sa mort accidentelle, par noyade dans la Loire, le 30 août 1961, mit fin à cette riche activité apostolique dont la fécondité perdure aujourd'hui. C’est de son petit livre Visage de la Vierge (1ère édit. 1954, Editions du Carmel, 2001) que sont extraits les textes de cette retraite en ligne de l’Avent.

Le thème de la vie de grâce de la Vierge Marie est le fil conducteur de l’ensemble des textes et de leur commentaire, que ce soit les évangiles des quatre dimanches de l’Avent ou des textes du père François de Sainte-Marie.
            L’Incarnation de Notre Seigneur reste un des plus grands mystères de la foi chrétienne. C’est cela que l’Église fête le 25 décembre. Pour nous préparer à cette solennité du Seigneur, le temps de l’Avent nous est donné. A nous de saisir cette opportunité de vivre en Église un temps majeur du cycle liturgique.
            Une retraite dans le cadre de la foi chrétienne a deux dimensions, une dimension personnelle bien évidente, il s’agit de prendre un temps de retrait dans la vie quotidienne, afin de renouveler, de vivifier sa foi et son expression, on parle communément de ressourcement, comme si notre soif de Dieu avait besoin de s’étancher. La deuxième dimension est parfois négligée, c’est celle de la communauté ecclésiale. On n’est pas chrétien tout seul, chacun le sait, mais il est bon de le rappeler. La retraite spirituelle peut nous donner d’aimer plus l’Église et le désir de la servir.
            C’est ici que nous pouvons rejoindre Marie dans sa réponse à l’ange : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Le Fiat de Marie n’a pas fini de faire école… A nous aussi de nous mettre en chemin avec Marie, au service de Dieu et des frères, dans la communion du Saint et des saints. Le père François de Sainte-Marie résume la vie de grâce de Marie par cette belle expression : « Fille du Père, Mère du Fils, Sanctuaire de l’Esprit, elle était avec eux ‘un comme ils sont Un’ » (Visage de la Vierge, p. 44).

 

« Calendrier de l'Avent spirituel » avec youPRAY

Chers amis,

Le mois de décembre est souvent synonyme de « compte-à-rebours » pour essayer d’être prêt pour le 24 décembre au soir ! Dans ce contexte, il est souvent difficile de réserver quelques minutes par jour pour s’arrêter et prendre le temps de préparer son cœur à Noël.
L'année dernière, vous étiez plus de 10 000 à vivre avec nous la première retraite en ligne de youPRAY pour l'Avent. Nous sommes heureux de vous annoncer le lancement de la 2ème édition de cette retraite, intitulée "Mon calendrier de l’Avent spirituel".

A partir du 1er décembre, vous recevrez chaque jour une surprise dans votre boîte mail. Selon les jours :

  • L’Évangile du jour et son commentaire audio accompagnés d’un chant
  • Une dizaine de chapelet audio méditée par un saint
  • La playlist de louange du jour
  • Une retraite sur la paix intérieure avec le père Jacques Philippe
  • Et bien d’autres surprises !

Il s’agit de « starters de prière », des programmes audio courts (entre 6 et 10 min) qui vous aideront à démarrer votre prière. Conçus par une équipe de prêtres, de laïcs et de musiciens, ces starters de prière s’adaptent à vos contraintes de vie et peuvent s’écouter en voiture ou dans le métro, en faisant la vaisselle ou votre jogging !
Vous n'avez pas besoin de vous inscrire à cette retraite dans la mesure où vous avez déjà participé à nos précédentes retraites en ligne.

Je prie pour que cette retraite puisse porter de nombreux fruits dans votre vie et vous permette de vous rapprocher toujours plus de Dieu !

Fraternellement,
Timothée Berthon, créateur de youPRAY et d'eXultet


 

L'équipe d'Avent dans la ville, la sœur Claire-Marie de Bruxelles, les frères Rémi et Adrien du Caire, le frère Jean-Paul d’Oran, le frère Xavier de Rennes, Denis Tillinac en Corrèze, Élisabeth Bourgois et Chœur dans la ville à Lille, les Équipes du Rosaire vous remercient pour votre communion dans la prière pendant ces jours de préparation à Noël.

Aux côtés de Marie, Joseph, de Jean-Baptiste, des anges et des bergers, accueillons aujourd’hui Celui qui vient habiter parmi nous. Il a besoin de nos gestes et de nos paroles pour faire rayonner sa bonne nouvelle : oui, chaque homme, chaque femme, chaque enfant est aimé de Dieu ! Soyons les prophètes de cet amour !

Pendant cette retraite de l'avent, nous avons rassemblé 101.000 inscrits et avons ainsi pu faire rayonner le message de Noël à un public toujours plus large.
Vos nombreux remerciements laissés sur le site nous vont droit au coeur. Parmi ceux-ci, nous vous partageons celui de Denise : « Votre ministère répond à la vie d'aujourd'hui : besoin d'intériorisation, besoin de se nourrir de la Parole. Je suis heureuse que vous soyez là avec le message que vous recevez de Dieu. Vous semez de l'espérance. Par ce que vous êtes et faites, vous nous rendez visible la présence de Dieu.
Merci et que Dieu vous révèle toujours sa présence. »

Merci pour tous vos témoignages de sympathie qui nous encouragent à poursuivre notre prédication sur internet.

Dimanche dans la ville vous attend dès aujourd'hui, Matthieu pas à pas reprendra son rythme, celui du temps ordinaire, à partir du 6 janvier 2020. Si vous ne l'avez pas encore fait, vous pouvez vous inscrire à ces deux propositions nourrissantes pour découvrir la Bible et mieux vivre la liturgie dominicale.
Que l'enfant-Dieu nous garde dans sa paix !

frère Philippe Verdin
Responsable de Avent dans la ville

Si certains veulent aider « Prière dans la ville »
à continuer de faire rayonner le message d'amour du Christ, cliquer ICI.

Quatrième semaine de l'Avent

Avec le frère Jean-Paul Vesco est dominicain depuis 2001
et évêque d'Oran depuis le 1er décembre 2012

Mercredi 25 décembre

« Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous »
Évangile selon saint Jean 1, 14

Cette nuit dans la cathédrale d’Oran, comme chaque année, des amis musulmans, connus ou inconnus, se sont joints à nous pour la messe de Noël. Il m’a donc fallu prêcher un Dieu qui s’est fait homme par amour pour tous les hommes, devant des croyants pour qui cette affirmation est un blasphème.

Passé la tentation de minimiser le scandale de Noël pour le rendre plus acceptable, leur présence m’a poussé à rendre compte plus radicalement encore de ma foi en ce Verbe qui s’est fait chair. Il s’est fait homme pour habiter parmi nous, les humains, hommes et femmes de toute condition, tout peuple, toute race et toute religion. En deçà, Noël n’est pas Noël !
Mais annoncer ce Dieu qui a pris chair pour que toute chair soit sauvée, à des croyants dont la foi ne peut pas s’exprimer par ces mots, réclame aussi l’humilité de reconnaître qu’on n’a pas le dernier mot sur l’Emmanuel, Dieu-avec-nous. Des parents n’ont jamais le dernier mot sur leur enfant qui jamais ne cessera de les surprendre.
Marie et Joseph en feront la douloureuse expérience lorsque, l’ayant perdu, ils retrouveront l’Enfant Jésus assis au milieu des maîtres de la loi, dans le temple de Jérusalem.
De même, nous, chrétiens, en cette nuit de Noël, il nous faut résister à la tentation de trop vite savoir qui sera cet enfant qui nous est confié, ce que sera son plan de salut pour ne perdre aucun de ceux qui lui ont été confiés. Vivre en témoin du Christ au milieu de croyants qui ne confessent pas la même foi, c’est être témoin de son œuvre au cœur d’une humanité en travail qui ne le reconnaît pas.
C’est aussi cela être prophète pour notre temps. 

Joyeux Noël !

Mardi 24 décembre

Avec la Vierge-Marie, accueillons l’enfant-Dieu !

Ce soir, dans la nuit, l’enfant-Jésus va naitre de Marie. Merveille d’un Dieu qui se fait si petit et fragile ! La prière de Chœur dans la ville est ce soir une action de grâce avec l’ange Gabriel et un éblouissement d’admiration pour la jeune mère de Dieu.
Les mots et l’harmonisation du frère André Gouzes, dominicain, porte jusqu’au ciel notre reconnaissance pour Marie, la terre de la Promesse, la mère de l’Emmanuel. C’est un magnifique poème de foi et d’espérance qui retentit dans l’église des dominicains de Lille, près de la crèche et dans notre cœur : « Tu es Marie, le paradis nouveau ! En toi le soleil a établi sa demeure. »

Avec Marie, dans la douce nuit de Noël, laissons-nous gagner par l’émotion : « Il vient à nous, le créateur du monde, la lumière et la vie ! »

Que notre cœur soit lui aussi la terre où l’Esprit-Saint veut planter la vie même de Dieu. Que la grâce de Noël nous donne de semer l’amour de Jésus. Soyons prophètes de l’incroyable nouvelle : cette nuit, grâce à une Vierge, nous est né un enfant : c’est lui qui vient tout réconcilier dans le monde et dénouer dans nos vies.
 

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes qu’Il aime ! »
Évangile selon saint Luc 2, 14

J’ai eu le bonheur de célébrer ma première messe de Noël en tant que prêtre à Bethléem, au lieu-dit du champ des bergers. Les bergers étaient-ils dans ce champ la nuit de Noël ou dans celui d’à côté ? Peu importe, c’est là qu’ils ont entendu retentir le chant des anges qui chaque année nous annonce Noël : Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’Il aime !

Être physiquement sur les lieux donne réalité à ce qui peut vite apparaître comme une belle histoire pleine de merveilleux. Ce qui nous est dit de cette nuit de Noël s’est réellement passé. Le Ciel est vraiment descendu sur la terre dans ce coin perdu et un peu désolé. Les anges l’ont bien annoncé en premier à ces moins que rien qui dormaient dehors avec leurs bêtes.
Dans ce chant des anges, il est un mot, tellement discret qu’on l’oublierait presque dans le retentissement des trompettes célestes : et. Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’Il aime ! Pas de gloire dans le ciel sans paix sur la terre entre frères, entre États, au sein de nos familles, de nos communautés, en nous-mêmes aussi peut-être.

Cette paix ne tombe pas du ciel, elle se construit jour après jour. Elle est de Dieu, mais Dieu ne peut rien sans nous. C’est aussi cela Noël, la fin de la toute-puissance de Dieu.
Donner naissance à un enfant, c’est bien sûr être placé en position de toute-puissance sur un être qui ne peut pas survivre par lui-même. Mais en même temps, donner naissance à un enfant, c’est accepter de ne plus jamais avoir la maîtrise sur sa propre vie, définitivement dépendante de la vie et de la liberté de son enfant.
C’est vrai pour des parents, c’est vrai aussi pour Dieu, Lui le Père qui se livre à nous sous la forme d’un enfant.
Incroyable nuit de Noël !

Lundi 23 décembre

« Comme la jeune mariée fait la joie de son époux,
tu seras la joie de ton Dieu.
 »
Livre d'Isaïe 62, 5

Qu’elle devait être belle, Marie, enceinte de Jésus ! Qu’elle devait être belle, illuminée de cette lumière propre aux jeunes mariées et aux femmes enceintes, elle qui était à la fois l’une et l’autre ! Une femme enceinte, même dans la boue ou dans la chaleur d’un camp de réfugiés, porte en elle l’éclat de l’invincible espérance en une vie plus belle et plus forte que toutes les épreuves.

Chaque maternité est une prophétie, et tout au long de notre âge, nous vivons de cette énergie prophétique de la mère qui nous a portés. Marie sent le créateur de l’univers prendre chair en elle, prendre chair de sa chair. Mais pour elle, Jésus le Christ, c’est d’abord son enfant, son unique, comme chaque enfant du monde est unique dans le regard de sa mère. Le mystère de sa conception n’y change rien.
Marie, comme toutes les mères du monde, brille du trésor qu’elle porte en elle.
Et Joseph, comme tous les pères du monde au moment d’une naissance, est là, à la fois acteur et spectateur. Il ne voit rien de ce qui se vit dans l’intime du corps et du cœur de Marie. Il ne voit rien, sauf le reflet dans les yeux de son épouse, et ce seul reflet lui emplit le cœur.
Y a-t-il plus grand bonheur que d’attendre un enfant de la femme qu’on aime ? Et si la prophétie posée sur chacune de nos vies n’était pas seulement une promesse de salut ? Et si cette prophétie nous désignait comme la joie de notre créateur, ainsi qu’une jeune épouse enceinte est la joie de son époux ?
Et si Dieu s’était fait homme simplement pour connaître ce bonheur de se noyer dans chacun de nos regards, comme jadis Joseph se noyait dans le regard de Marie, enceinte du créateur du ciel et de la terre ?
Noël, c'est la promesse de pouvoir un jour, plonger notre regard dans le regard de Dieu infiniment.

Dimanche 22 décembre

« Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse. »
Évangile selon saint Matthieu 1, 20

Ne crains pas. C’est par ces mots que l’Ange du Seigneur s’adresse à Joseph en songe, alors qu’il a le projet de renvoyer Marie en secret. Ne crains pas, c’est par ces mêmes mots que l’ange Gabriel s’était adressé à Marie pour lui annoncer qu’elle porterait en elle le Messie. C’est encore par ces mots que les anges s’adresseront aux bergers dans les environs de Bethléem pour leur annoncer la naissance de l’enfant Dieu. 

Et nous, qu’entendons-nous dans ce ne crains pas ? Quelles sont nos craintes ? La crainte d’échouer, de ne pas être à la hauteur ? La crainte de ne pas être aimé(e) ? d’être quitté(e) ? La crainte de perdre un être cher ? un enfant ? La crainte de souffrir ? de vieillir ? de mourir ? Toutes ces craintes sont légitimes, elles disent le risque de la vie. La plus insidieuse est celle qui ne dit pas son nom. Elle plane sur la fragilité de nos vies qui ne tiennent qu’à un fil. Elle se tient tapie dans l’ombre, toujours prête à distiller son angoisse comme le serpent distille son venin.

À la crainte de Joseph de s’être trompé sur sa fiancée, ou simplement à sa crainte du regard des autres, l’ange répond de ne pas craindre d’accueillir Marie, celle qui porte l’Emmanuel, Dieu-avec-nous. Cette promesse dont Marie est porteuse n’éteint pas la source de nos légitimes craintes. Mais ces craintes n’ont pas le dernier mot, car désormais plus rien ne sera jamais tragique.

Au lieu de nous paralyser, nos craintes peuvent nous mettre en mouvement, comme Joseph, comme Marie, comme les bergers se sont mis en mouvement. Noël, c’est faire le choix de la confiance. Noël, c’est choisir, chaque matin, de se jeter dans la vie comme un enfant se jette dans les bras de son père.

Troisième semaine de l'Avent
Avec le Frère Xavier Loppinet, dominicain au couvent de Rennes
docteur en théologie spirituelle.

Samedi 21 décembre

Un témoin

Dans l’Eglise catholique en France, le frère Adrien Candiard est sans doute l’un des prophètes les plus marquants et les plus jeunes ! Ses livres ont rencontré un étonnant succès. Il trouve les mots forts justes, profonds et parfois drôles pour témoigner de la bonne nouvelle avec un ton singulier. «Veilleur, où en est la nuit ?» sur l’espérance, a reçu le prix de littérature religieuse en 2017 et «A Philémon», le prix de la Liberté intérieure en 2019.

Spécialiste de l’Islam, il a également publié « Comprendre l’Islam... ou pourquoi on n’y comprend rien ». Il est chercheur à l’IDEO, institut des Dominicains au Caire.
Il nous raconte comment il a rencontré le prophète Jérémie et pourquoi cette lecture a changé sa vie. Il nous confie sa confiance : les chrétiens sont prophètes aujourd’hui quand ils inventent la fraternité.

Vendredi 20 décembre

« Il y a ici bien plus qu'un prophète ! »
Évangile selon saint Matthieu ch 11, v 9

À force de les voir, chacun avec ses disciples, on oublierait presque que Jésus et Jean-Baptiste sont des cousins. Quelle famille ! On a peut-être en mémoire les tableaux, surtout de la Renaissance, où on les voit jouer ensemble : Jean avec déjà un bâton rugueux et Jésus avec une croix à la main. Comme si tout se jouait depuis l’enfance.
De fait, très tôt leur rencontre a eu lieu.

Il y a bien des parallèles à faire entre l’enfance et la prophétie, entre les enfants et les prophètes. Les deux groupes sont détenteurs des mystères du Royaume. « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. »

Dans ces derniers jours de l’Avent, nous nous approchons de Jésus enfant. Cette prochaine rencontre réveille l’enfant en nous.
Pour être prophète, il faut avoir été prophétisé. Il faut avoir rencontré celui qui est la Parole par excellence, le Verbe fait chair.

Jeudi 19 décembre

« Jean est son nom » Évangile selon saint Luc 1, 57

J’ai beaucoup d’amitié spirituelle pour les parents de Jean-Baptiste, Zacharie et Élisabeth, deux personnes âgées intègres qui attendaient le salut d’Israël. Si c’est dur, dur d’être prophète, ce n’est apparemment pas moins difficile d’être parents de prophète.

On s’en souvient : Zacharie douta de la parole de l’ange annonçant la naissance de Jean-Baptiste. Correction immédiate : Zacharie sort de la rencontre muet. À ne pas écouter la parole d’un ange, on en perd son latin. Lui le père de celui qui se présentera plus tard comme « la voix dans le désert » en perd la voix. Jean-Baptiste ne donne sa voix que pour annoncer la Parole, comme le dit si magnifiquement saint Augustin.

Pour l’heure, au moment de la naissance « on fit signe au père pour savoir comment appeler l’enfant ». Zacharie répond sur une tablette : « Jean est son nom. » C’est bien le nom donné par l’Ange. Notons bien : « Jean est son nom » et non « son nom est Jean ». C’est comme si le nom – cette parole première posée sur un petit d’homme – précédait, et que les parents n’avaient qu’à valider ce choix. Généralement, c’est le père qui va « déclarer » à l’état civil. La mère donne la vie, le père donne le nom. J’imagine des parents aujourd’hui : pourquoi ne pas, lors du passage à l’état civil, user de cette formule « … est son nom », comme pour dire que l’enfant – et ses parents – sont déjà sous la mouvance de Dieu ?

Mercredi18 décembre

« Malheur à moi si je n'annonce pas l'évangile ! »
Première lettre au Corinthiens 9, 16

On sait que les prophètes n’ont jamais eu la vie facile : c’est même un critère pour les reconnaître. Ils ne sont pas bien accueillis chez eux. Pourquoi ? Leur parole, au sens strict, dé-range. On peut même dire qu’elle rompt, dénonce les « petits arrangements entre amis ». La routine, la compromission, les pactes : ce sont des mots qui leur sont étrangers. Il n’y a pas plus libre qu’un prophète. Et ce n’est pas facile d’être libre…

Combien de personnes vraiment libres avons-nous rencontrées dans notre vie ? Quand on rencontre une telle personne, totalement libre dans sa parole, provocante, mais ne cherchant pas la provocation pour elle-même, on s’en souvient. La parole de feu laisse toujours des traces.
Chers amis, comptez le nombre de personnes libres que vous avez eu dans votre vie !

Cette parole de feu, les prophètes en sont les dépositaires, pas les propriétaires. Les prophètes sont pris dans un tourment : comment dire Dieu et comment serait-il possible de se taire ? 
Comment dire Dieu – c’est la difficulté de toute vie mystique – et comment taire Dieu : c’est l’impossibilité de tous ceux qui ont été touchés par Dieu.
« Malheur à moi si je n’annonce pas l’Évangile ! » Ne pas parler de Lui leur semblerait une infidélité, un mensonge sans nom.

Mardi 17 décembre

Dans sa magnifique prière de consécration, mère Térésa demandait au Seigneur de la guider vers les pauvres : « Viens ! Sois ma lumière ! Porte-moi dans le cœur des pauvres, des malades, des mourants ! » Pour elle, il s’agissait d’être missionnaire avec les plus déshérités, les rebuts, les abandonnés : « Allume la flamme de mon amour ! » C’est ainsi qu’elle créa « les Missionnaires de la Charité ».
Avec elle, en écoutant Chœur dans la ville, nous pouvons demander au Seigneur qu’il souffle sur la flamme de notre amour pour que nous mettions le feu autour de nous ! Le feu de la tendresse, le feu de la passion pour la vérité, le feu brûlant du pardon et de l’humilité.

Ce dont l’Église a besoin, c’est que nous soyons missionnaires de l’amour et de la fraternité comme le proposera samedi le frère Adrien Candiard. Comme sainte mère Térésa, dont les mots magnifiques sont chantées par la voix pure et bouleversante de la jeune soliste, « je ne suis qu’un petit instrument », un serviteur inutile... Mais comme nous le disait Elisabeth Bourgois samedi dernier, chacun peut, avec son humble talent, devenir prophète d’un Dieu qui se fait humble et petit.
Oui Seigneur, nous prions avec Chœur dans la ville : « Sois ma lumière », guide-moi dans l’obscurité, embrase-moi pour que je transmette cette lumière que j’ai reçue. Alors je serai prophète dans ma famille, dans mon quartier, dans mon travail...

« En ce jour-là, les sourds entendront la Parole du Livre »
Livre d'Isaïe ch 29, v 18

Jésus répond aux interrogations des disciples de Jean-Baptiste en citant Isaïe : « Les aveugles retrouvent la vue […] et les sourds entendent. » C’est comme une sorte de code entre Jésus et Jean-Baptiste : « Tu vois, cher Jean, cette fois, c’est arrivé. »

Entre prophètes, on se comprend !
Le livre d’Isaïe est rempli d’aveugles et de sourds. Ce n’est pas un hasard : aveugles et sourds sont des personnages frontière : les uns dans les ténèbres, les autres dans le silence. Qu’advienne la lumière et la parole, et alors, c’est sûr, une création nouvelle est à l’œuvre.
Depuis quelques années, la Providence m’a mené à prêcher dans le monde des sourds et des malentendants. Pour un prêcheur, que d’enjeux ! J’entre peu à peu dans la beauté de leur langue, faite de signes. Or Dieu ne cesse de parler par ses prophètes, justement, par des signes.

Quand Jésus guérit des sourds, il accomplit le grand geste attendu depuis des siècles et annoncé par Isaïe : « En ce jour-là, les sourds entendront la Parole du Livre ». Ce sera donc le signal : dès que vous le verrez, c’est que le Messie est bien là. « Les sourds entendent », fait dire Jésus aux messagers de Jean-Baptiste. Les sourds deviennent signes.

Nous tous, nous avons, par toute notre vie, à être signes.
Tout notre être doit être ouvert à la Parole de Dieu pour que tout notre être soit Parole.

Lundi 16 décembre

« Je t'exalte, ô mon Père : ce que tu as caché aux savants,
tu l'as révélé aux petits
»
Évangile selon saint Matthieu 11, 25

Dieu n’a jamais cessé d’envoyer des prophètes à son Église.

Quand je rencontre des personnes dans le marasme, complètement perdues, je partage volontiers une conviction personnelle, née d’une expérience maintes fois vécue : « Si vous ne savez plus où vous en êtes, fréquentez les pauvres. Ce sont eux nos prophètes. Ils vous diront qui vous êtes et où vous devrez aller. »
Ce sont eux qui « reçoivent la Bonne Nouvelle », disait hier l’Évangile. Les pauvres ont une sensibilité à la vérité et au sens profond de la vie. Quand on leur demande une « parole de vie », ils vont droit au but.

Il faut donc fréquenter les pauvres, les petits. Je l’ai souvent constaté : il y a chez eux un don de double vue sur la réalité. Ce sont nos « voyants » d’aujourd’hui.
Trois fois, dans ma vie, des pauvres, des petits, m’ont dit qui j’étais et ce que je devais faire. Je ne l’ai jamais oublié.
Les pauvres, les petits, aspirent au Salut et au Sauveur autant que les prophètes de la Bible. Ils savent donc ce qu’il en est. Ce sont des experts de la parole de vie, de la parole qui fait mouche.

Pour bénéficier de leur clairvoyance, il faut avoir une juste relation avec les pauvres : ni rejet, ni fuite, ni condescendance, ni admiration a priori. En un mot, il faut avec eux être au plus près de la réalité, de notre incarnation mutuelle : qui ils sont et qui je suis.
Quand la rencontre a lieu, quelque trait du visage du Christ peut apparaître. 
Interrogez-les, vous verrez : vous ne serez pas déçus !

Dimanche 15 décembre

« Allez annoncer ce que vous entendez et voyez ! »
Évangile selon saint Matthieu 11, 2

Jean-Baptiste est un prophète grand et petit à la fois. Les évangiles ne cessent d’évoquer sa taille ! « Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant, le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui. » Lui-même dit qu’il doit « diminuer ».

Pour nous, tous appelés à être prophètes (et on ne peut refuser cet appel impérieux quand il arrive), cette double dynamique est essentielle : petitesse et grandeur. C’est être grand que petit serviteur du Dieu très haut. Regardons les humbles, regardons quelle grandeur émane d’eux : une sorte de classe « hors catégorie », au-dessus de toutes les vanités de ce monde que peuvent représenter le rang social, les diplômes, la reconnaissance (tout cela étant bien sûr utile, quand c’est à sa place, au service du bien commun). Les humbles sont les grands de ce monde !

Cette humilité n’a pas son origine en elle-même : elle se nourrit de la contemplation de ce qui est plus grand. On est humble parce que l’on voit grand et juste. C’est parce que l’on sait qui est Dieu que l’on peut être soi, petit… et heureux de l’être.

Deuxième semaine de l'Avent

Avec la Sœur Marie Monnet, dominicaine à Bruxelles,
docteur en théologie et en droit.

Samedi 14 décembre

Un témoin

Élisabeth Bourgois est devenue célèbre par ses romans qui aborde avec franchise mais aussi une infinie délicatesse les drames contemporains : le divorce, les addictions, la maladie, le viol, l'immigration, l'euthanasie, le divorce, les sectes, l'avortement…Elle est aussi metteur en scène : elle a réalisé un somptueux spectacle inspiré de son livre "Je m'appelle Marie".
En écho aux méditations de sœur Claire-Marie Monnet, elle nous fait percevoir la singularité du souffle prophétique des femmes. L'accueil de l'autre, le soin pour la vie… "
Ce que nos contemporains attendent, c'est une parole d'espérance. Nous pouvons tous redonner espoir. Alors nous serons prophètes. On est prophète en ce que l'on est, en ce que l'on fait.

Vendredi 13 décembre

« Le Seigneur comble de bien les affamés ! »
Évangile selon saint Luc 1, 53

Le désir profond de Jésus est de nous communiquer sa vie, « sa vie en plénitude ».

La bonne nouvelle est que l’initiative vient de lui. Sa promesse va donc se réaliser. Et c’est énorme : nous sommes appelés à partager rien moins que la vie de Dieu. Il faut donc essayer de le comprendre et s’y préparer.
- Au plan naturel tout d’abord. Sans faire de miracle, nous pouvons libérer le potentiel de ce qui se trouve autour de nous. Ce qui est possible, simplement si nous le désirons ensemble, devient considérable.
- Au plan surnaturel ensuite. Si nous accueillons ce que l’Esprit saint nous inspire, le monde, l’humanité peuvent être transformés, guéris, régénérés.*

Prophétiser, c’est manifester que les choses peuvent aller mieux et diagnostiquer lucidement que le monde ne tourne pas rond, que la situation présente ne correspond pas au désir de Dieu. Prophétiser, c’est souhaiter que les choses changent, que les choses soient remises d’aplomb, comme elles devraient être, à l’endroit.
Marie n’a pas peur de souhaiter de toutes ses forces autre chose que ce qu’elle voit.

« Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides ».
La prophétie introduit une vie bouleversante. Elle fait exploser le train-train quotidien et communique un souffle et un élan, un enthousiasme et une joie communicatifs.

Prophétiser, c’est être en colère contre le mal, en étant habité par la vie de Dieu. Et si l’on subit des échecs, ils ne peuvent être que passagers car ce n’est pas notre échec à nous mais d’abord celui de Dieu. Il s’agit d’épreuves à franchir, en sachant que l’imprévu va se manifester.
La prophétie éveille la foi, la confiance. Comme le dit l’ange de l’Annonciation : par la venue de Dieu, l’impossible devient possible. Il n’y a plus de malédiction, il n’y a plus de fatalité. Il n’y a plus de raison d’avoir peur ni de désespérer. Le mouvement de la vie est irréversible.

Jeudi 12 décembre

« Malheur à moi si je n'annonce pas l'évangile ! »
Première épitre au Corinthiens 9, 16

La parole prophétique est un acte. Elle n’a rien d’un discours. Elle touche les auditeurs, Il y a un avant et un après. Elle change la situation, elle ouvre des perspectives, elle impose un choix. La parole prophétique est analogue à la parole créatrice. « Dieu dit… et il en fut ainsi ».

S’il faut des exemples, nous pouvons en dresser une liste, qui pourra être contestée bien sûr. On ne fera référence aussi qu’à des événements historiques exceptionnels alors que le prophétisme, le prophétisme de tous, est vivant à un niveau quotidien et dans des circonstances qui ne sont pas toujours d’exception.
Quand Jean XXIII convoque le Concile, il marque l’histoire de son siècle et plus encore. Quand Charles De Gaulle lance son appel du 18 juin, il provo­que une résilience nationale à contre-courant de tous les « réalistes » du moment. Nous ne développerons pas ce qu’ont fait, ce qu’ont dit Jeanne d’Arc, les deux Simone Weil, Anna Arendt. Mais quand une jeune fille de 16 ans apostrophe l’assemblée nationale française, n’y a-t-il pas là aussi quelque chose d’imprévisible et la manifestation d’une force qui n’est pas seulement naturelle ? Le message est simple, il est d’une puissance totale puisqu’il ne fait que rappeler l’urgence de la plus stricte réalité. On connaît les envolées électorales, les paroles bien choisies, faites pour charmer. Les prophètes ne parlent pas ainsi. Parler, pour eux, c’est agir. C’est ce que Greta demande aux députés : des actions et pas des applaudissements.

Pour nous aussi parfois, parler, c’est agir. Et nous le savons bien car nous avons peur de nous y risquer. Nous pouvons avoir le trac. Parler est un acte qui me fait "responsable" au sens où je dois rendre compte de ce que je dis. Ce que je suis, ce que je fais, donne leur poids aux paroles prononcées. Elles pèsent le poids de mon engagement.

La parole prophétique est un acte et elle désigne un corps. Car il y a quelqu’un qui parle. Quelqu’un qui s’expose.
La parole prend chair, une chair vulnérable, qui vibre et qui frémit, sur laquelle on va frapper, pour ne pas l’entendre, pour l’étouffer. Pour la faire taire, il faut tuer la chair qui la porte. « Qui cherchez-vous ? C’est moi, je suis ! »
Parler est un devoir, une vocation, une ordination, pour toutes, pour tous. Y renoncer serait plus que perdre sa dignité, ce serait comme refuser d’exister.

Mercredi 11décembre

« Vous êtes un peuple prophétique ! »
Première épitre de St Pierre 2, 9

Étre prophète n’est pas une aventure isolée. Aussi curieux que cela paraisse : même si le prophète ressent une immense solitude, il agit pour tous et il est finalement rejoint par tous. En ce sens, il anticipe l’avenir. Visionnaire, il propose sa vision à ceux qui l’écoutent en sorte que ce qu’il entrevoit devient progressivement une réalité.
Le prophète est quelqu’un qui parle et qui cherche le dialogue. Il ne sait pas tout. Il sent le problème mais il cherche, par le débat, les éléments de solution. Ensuite il a besoin des autres pour que cela prenne forme, prenne corps. Il a besoin que les autres deviennent prophètes avec lui…

Affirmer que nous sommes tous prophètes, c’est dire que nous sommes « un peuple de prophètes », et peut-être même « un peuple prophétique », comme le dit saint Pierre. Il y a une dimension sociale au prophétisme et même une dimension institutionnelle, aussi étonnant que cela paraisse. Comme s’il s’agissait d’institutionnaliser le prophétisme, de le favoriser au maximum, comme l’essentiel du groupe que nous formons.
Car c’est évident : pour enseigner, une université va beaucoup plus loin qu’un sage même exceptionnel. Pour communiquer, un journal ou une radio, les médias sociaux sont bien plus efficaces qu’un seul communiquant. Pour soigner, un hôpital fait beaucoup mieux qu’un thaumaturge isolé.

C’est ensemble qu’il s’agit d’être « tous prophètes ». C’est comme peuple, comme communauté croyante, comme Église, qu’il s’agit de prophétiser. C’est évidemment plus difficile mais c’est aussi beaucoup plus durable et intéressant.
Nous en sommes loin ? C’est vrai. Les scandales du cléricalisme nous appellent à renaître, à sortir des multiples systèmes d’abus. Alors il faut retrousser nos manches. Nous y sommes toutes et tous, appelés.

Mardi 10 décembre

Ce mardi, la prière de Chœur dans la ville reprend les mots mêmes du prophète Jean-Baptiste entendu dimanche à la messe : « Préparez les chemins du Seigneur » car il vient, le Sauveur.
Pour cette deuxième semaine de l'avent, Chœur dans la ville veut affermir notre vocation baptismale de prophète en nous faisant chanter avec eux l’appel de Jean-Baptiste, le plus grand des prophètes. Être prophète, c’est donc préparer le chemin du Seigneur dans notre cœur mais aussi faciliter l’accès des autres à la venue de Jésus dans leur vie : aplanir les sentiers...
Comme les disciples de Jean-Baptiste, préparons-nous à accueillir Jésus dans notre vie !
Que notre écoute devienne méditation.
Que la louange soit notre prière.
Que notre prière nous donne la force des prophètes !

« Alors Dieu dit à Jonas : "Lève-toi, va à Ninive
et annonce sa destruction à la grande ville ». Livre de Jonas 3, 2

Il ne s’agit pas d’être « prophète de malheur ». Le dernier prophète est ridiculisé. C’est une caricature et il s’agit de Jonas. Il part à l’opposé de la ville où Dieu l’envoie. Il est sauvé par le poisson qui l’engloutit pour le vomir sur le rivage – On rit en écoutant l’histoire de Jonas –. Il prophétise le malheur et puis il est frustré parce que ce malheur ne se produit pas. Il est déçu que les habitants se soient convertis. Comme s’il s’était déplacé pour rien.
Mais si le prophète annonce la destruction, c’est justement pour qu’elle n’arrive pas. S’il annonce la colère de Dieu, c’est pour qu’elle n’éclate pas… S’il annonce le malheur c’est pour faire comprendre que ce malheur n’est pas une fatalité. Bonne nouvelle : si nous changeons de vie, nous pouvons vivre le bonheur.

Il faut annoncer la destruction nucléaire pour la conjurer. Il faut annoncer l’épuisement des ressources naturelles pour que l’humanité apprenne à les respecter. Il faut annoncer une crise financière pour que des dispositions soient prises pour l’éviter. On ne doit pas juger le prophète sur la réalisation de ses prophéties mais sur la pertinence de ses avertissements. Il faut vivre des conversions, pour ne pas vivre des catastrophes.

Le prophète donne à imaginer un monde meilleur. Gandhi fait entrevoir l’indépendance de son pays. Martin Luther King rêve la fin de ségrégation, et Mandela communique sa vision d’une réconciliation. Ce à quoi personne n’aurait pensé, ce que personne n’aurait osé espérer, ce qui jadis aurait paru complètement fou devient par la suite banal et quotidien. La liberté d’expression, l’égalité devant la loi, devant l’impôt, les congés payés, l’accès pour tous aux hôpitaux… On peut penser plus loin, à l’égalité de salaire entre hommes et femmes...

Il y a encore beaucoup à faire, pour les personnes handicapées, les personnes âgées, les enfants… Ce sont les faibles, les petits, les exclus qui perçoivent le mieux l’avenir qu’il faut rêver pour le réaliser. Ce sont eux qu’il faut écouter, ce sont eux qui prophétisent le mieux.

Lundi 9 décembre

« Et maintenant, va ! Je t'envoie. »
Livre de l'Exode 3, 9

Il y a un paradoxe dans le prophétisme : Dieu entend et il voit. Mais il ne dit rien directement et il ne se manifeste pas.

Comme Moïse quand il se solidarise avec les opprimés, nous devons faire l’expérience d’un Dieu qui entend les cris et qui voit. Et qui nous dit que c’est insupportable, inacceptable. « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des chefs de corvée. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer (…) Et maintenant, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple».

Le prophète est celui qui se risque à dire que cela doit changer.

- Être prophète, c’est entrer, comme Martin Luther King, dans le « rêve de Dieu » (« I have a dream »), dans un songe inspiré, pour qu’il devienne réalité.  C’est faire cause commune avec le Dieu exigeant qui se révèle dans l’histoire sainte, en Jésus Christ, avec ce Dieu qui se révèle dans la multitude des saintes et saints qui font que ce monde est respirable.
- Être prophète, c’est accueillir la vie, la percevoir dans ses potentialités, et participer à son développement : lutter contre les forces de mort, contre les inerties.
- Être prophète, c’est vivre passionnément, communier profondément, au désir de Dieu qui souhaite nous voir heureux. C’est être convaincu que le bonheur est possible et qu’il est possible d’accéder au sens, à la joie.

Dans ce monde triste et résigné, c’est la Bonne Nouvelle que nous annonçons, une véritable révélation. Parole de Jésus : « Je dis ces choses dans le monde, afin qu'ils aient en eux ma joie et qu’ils en soient comblés ».* Nous sommes tous prophètes : exprimons avec clarté, « ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé ».**

* Évangile selon saint Jean 17, 13
** Première lettre aux Corinthiens 2, 9

Dimanche 8 décembre

« Celui qui vous accueille, c'est moi qu'il accueille » Matthieu 10, 40

Jésus n’a pas fait tout le travail ; il n’a rien résolu ; on aurait bien aimé qu’il soit le messie et qu’il trouve toutes les solutions : qu’il donne à manger, qu’il guérisse tout le monde, qu’il résolve les conflits. A chaque fois qu’on élit quelqu’un, on attend le messie.

Pourquoi Jésus a-t-il déçu ? Pourquoi a-t-il refusé d’être roi ? Pourquoi nous dit-il qu’il est bon qu’il s’en aille ? Pourquoi son silence ? Jésus répond lui-même à cette question. « Il vous est bon que je m’en aille, sinon vous ne recevrez pas l’esprit saint ». Le Christ est ressuscité, c’est vrai, mais tout reste à faire ! Et nous recevons l’Esprit saint pour avoir la force de l’accomplir.

Nous sommes chrétiens, c’est-à-dire Christ, c’est-à-dire prophète et roi. Il nous met à sa place. Il nous envoie en mission. Celui qui vous accueille m’accueille. Celui qui vous écoute écoute celui qui m’a envoyé. Nous sommes tous prophètes : tous et… donc, toutes ! Nous avons été baptisés « prêtres, prophètes et rois », tous. « Prêtresses, prophétesses et reines » : il faut l’entendre aussi au féminin. Pour nous, prophétiser, annoncer la bonne nouvelle de justice et de vie, ce n’est pas seulement permis, c’est d’abord un devoir. Personne ne peut nous en empêcher. Pas plus que personne ne pouvait empêcher les apôtres de parler.
Vous avez la Parole. Encore faut-il que vous la preniez. C’est comme la liberté, çà se gagne. On ne peut pas donner la Parole, au sens de la donner toute faite, déjà mâchée, déjà formulée, à répéter telle qu’elle, sans rien y ajouter. Non, la Parole, c’est à vous de la prendre, à vous de la concevoir, parce que c’est votre parole qu’il faut prononcer, votre parole que l’on a besoin d’entendre. C’est ce que vous allez dire qui est « inouï », dans sa manière d’être simple et de jaillir de votre cœur à vous.

Première semaine de l'Avent

Avec le frère Rémi Chéno du Caire (Égypte)
Régent des études dans la province dominicaine de France

Samedi 7 décembre

Un témoin

L'écrivain Denis Tillinac est l'une des voix singulières de la littérature française aujourd'hui. Essayiste, romancier, poète, il chante la verdeur du monde, le courage des petits et la beauté des visages. Le chemin qu'il emprunte est celui d'un christianisme bucolique, d'une résistance spirituelle aux violences de l'argent, du ricanement et de la technique.
Il a publié notamment un Dictionnaire amour du catholicisme, un Dictionnaire amoureux de la France et prépare le Dictionnaire amoureux du Général De Gaulle (Plon).

Dans ce dialogue avec un ami dominicain,
il parle des prophètes qu'il a connus - le philosophe Jacques Ellul et le pape Benoit XVI -
il proclame que les prophètes sont déjà à l'œuvre : ils  annoncent un Dieu plein de jouvence
il nous partage son espérance que l'individualisme s'épuise et que "par delà le ciel étoilée, il y a un autre monde".
Quand la foi et la poésie s'allient, le prophète surgit : Denis Tillinac n'est-il pas, lui aussi, à sa manière, un prophète ?

Vendredi 6 décembre

«  Les herbages se parent de troupeaux et les plaines se couvrent de blé.
Tout exulte et chante ! » Psaume 64 (65) 14

« Joie au ciel ! Exulte la terre ! Les masses de la mer mugissent, la campagne tout entière est en fête. Les arbres des forêts dansent de joie devant la face du Seigneur. »*
Le psalmiste avait-il bu quand il composa ce psaume ? A-t-il vu les arbres des forêts danser de joie ? Mais peut-être est-ce moi aussi qui me laisse enivrer quand dans une forêt je sens cette puissance de vie dans les troncs des grands chênes, quand je les vois osciller au vent comme s’ils voulaient caresser le ciel ?

Les psaumes, souvent, nous invitent à voir les éléments naturels participer de la fête : « Que les fleuves battent des mains, que les montagnes chantent leur joie, à la face du Seigneur ! »** Le progrès technologique, l’industrialisation, nous ont sans doute fait oublier la nature créée et sa splendeur. La prise de conscience écologique nous y renvoie, et c’est heureux. Car il y a beaucoup à apprendre du monde créé par Dieu, de cette magnificence généreuse, de cette profusion merveilleuse de formes de vie différentes.
Je n’ai jamais pu retrouver le passage où saint Augustin explique que les vaches dans leurs pâtures redressent parfois la tête vers le ciel pour louer Dieu. On peut se moquer de cette naïveté du grand théologien. Pourtant, j’aurais tendance à partager son point de vue. Il y a dans cette abondance de vie un témoignage rendu à son Créateur. J’aime croire que toute la nature danse à la face de Dieu, animaux et végétaux, et même les astres du ciel. Seul l’homme, souvent, oublie d’entrer dans cette danse d’action de grâce.

Nous commençons aujourd’hui à déchanter de nos « progrès » et nous redécouvrons une nature que nous avons spoliée, épuisée, usée jusqu’à la ruine. Notre responsabilité est immense, nos modes de vie doivent changer. Comme croyants, nous avons aussi à nous remettre à l’écoute du vivant, à devenir attentifs à l’attestation qu’il porte envers le Créateur, à cette action de grâce qu’il ne cesse d’adresser à Dieu : qui peut s’habiller de plus belle manière que les lis des champs ?***  Qui peut rivaliser en grâce avec la panthère ? Ou en musicalité avec le torrent qui jaillit d’un glacier ?
« Les herbages se parent de troupeaux et les plaines se couvrent de blé. Tout exulte et chante ! »****  La création tout entière se fait ainsi prophète de Dieu.

* Psaume 95 [96]
** Psaume 97 [98]
*** Évangile selon saint Matthieu chap. 16, v. 28
**** Psaume 64 [65]

Jeudi 5 décembre

« Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. »
Jean 16, 13

La main de Khadija était plus sûre que la mienne qui maintenait la chèvre. Bismillah ! Le geste précis ouvrit la carotide, le sang jaillit, le regard de l’animal devint vide, la chèvre mourut sans un cri. Honorant son devoir d’hospitalité, Khadija tuait la chèvre pour moi, l’ami de son fils, son hôte. Comme le père fait tuer le veau gras pour l’enfant prodigue revenu vers lui. Il fallut la dépouiller ; j’aidais, maladroitement, en tirant la peau pour que la mère de mon ami pût la détacher des muscles. Alors le couteau me taillada deux phalanges que j’avais trop approchées. Catastrophe ! Khadija blesse son hôte. Ce n’était presque rien, mais quel embarras pour elle, et pour moi quelle gêne ! Nous mangeâmes la viande le soir même. J’en ai gardé la brûlure des épices dans la bouche ; j’en ai gardé surtout la brûlure de l’hospitalité dans le cœur.
Ce sacrifice d’une chèvre en mon honneur, au nom de l’hospitalité dû à l’étranger, dans l’islam, signé dans mon corps par deux petites cicatrices à la main droite, m’a marqué comme l’expérience inaugurale de ma relation à l’islam. Un islam noble, généreux, hospitalier. Loin des caricatures jihadistes.

J’ai aussi découvert la vie de Siddhârta, celui qui allait devenir l’Éveillé, le Bouddha. Histoire d’un prince que son père avait voulu protéger du monde, mais qui, un jour, fait l’expérience de la souffrance de son peuple à travers quatre rencontres : celle d’un vieillard, d’un malade, d’un cadavre incinéré et d’un sage ermite. Il va chercher dans la méditation comment répondre à cette souffrance.

Nous n’avons besoin ni de l’islam ni du bouddhisme pour construire notre relation à Dieu. Nous la recevons du Christ, dont l’Esprit nous enseigne toute chose et nous conduit à la vérité tout entière (voir Jean, chap. 15, v. 13). Mais, à moins de penser que les autres religions sont l’œuvre du Tentateur ou de simples simulacres de vie spirituelle, pourquoi ne pas y reconnaître une présence de Dieu, un rayon de sa vérité ? Le concile Vatican II l’affirme : « On trouve quelque chose de la vérité et de la grâce aussi [chez eux], comme une présence secrète de Dieu. »* Et : « Un rayon de cette Vérité qui illumine tous les hommes. »**
Le regard, le langage est différent, peut-être étrange et déconcertant. Il nous initie à d’autres fécondités de l’unique Esprit dans le cœur des hommes. C’est comme un cadeau supplémentaire, un don de Dieu qui ne nous est pas nécessaire pour le connaître, mais qu’il fait à ceux qui veulent s’en approcher. Les croyants des autres religions deviennent ainsi, par la grâce mystérieuse du Christ, prophètes pour nous chrétiens.
* Ad gentes, 9.
** Nostra ætate, 2 § 4.

Mercredi 4 décembre

 « Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ;
l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie
il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ. » Matthieu 13, 44

Connaissez-vous les sculptures de Giacometti ? Je pense à L’Homme qui marche, la représentation d’un homme filaire, très allongé, penché vers l’avant… Un homme fragile, presque douloureux, amaigri, penché sous le poids des peines, mais aussi opiniâtre, qui avance malgré tout. J’y reconnais les peines humaines et la force intérieure, la fragilité mortelle et la puissance de la volonté. En l’admirant, je me sens plus humain et aussi plus proche de mes semblables, partageant la même condition.


Je pourrais citer d’autres chefs-d’œuvre. Comme une toile de Mark Rothko, un aplat de trois couleurs, vibrantes, vivantes, chaleureuses et paisibles à la fois. J’admire l’artiste capable d’une telle puissance, d’une telle émotion en jouant seulement de trois couleurs. J’y vois un cœur battre, je sens mon propre cœur battre autrement, j’expérimente un nouveau sens, plus intérieur.
 Il y a aussi la musique, le roman et la poésie, l’architecture, bref, tous les arts qui savent m’emporter vers des contrées intérieures que j’ignorais. Baudelaire écrivait : « La musique souvent me prend comme une mer ! […] Je mets à la voile ; la poitrine en avant et les poumons gonflés comme de la toile… »

Chacun de nous pourrait composer la liste des œuvres d’art qui dilatent son cœur. Quels sont les vingt premiers chefs-d’œuvre qui vous viennent à l’esprit ? Pas forcément les plus connus, mais ceux qui modifient le rythme de votre respiration et le battement de votre cœur, ceux qui éveillent en vous sérénité ou violence, grande paix ou grand désarroi.
Les arts nous dévoilent un monde vibrant, ils nous font trouver le trésor enfoui dans le champ, la perle rare, cette vie de l’Esprit en nous. Ce pour quoi nous serions prêts à tout vendre pour le conserver.* Bien sûr, les arts religieux sont plus explicitement un chemin de vie spirituelle. Mais qu’est-ce qu’un art religieux ? L’art profane, s’il nous touche, est déjà spirituel.
Certains dessins d’enfants peuvent être profondément spirituels, les paroles d’une chanson peuvent devenir pour nous une prière, la photo d’un reporter de guerre peut nous renvoyer au Christ souffrant. Ces œuvres nous invitent à regarder plus loin, plus profond, plus à l’intérieur, au-delà du bout de notre nez.

Rendons grâce pour ces artistes qui nous éclairent et nous ouvrent la porte d’un monde nouveau. Vous les artistes, nos compagnons prophètes !

Mardi 3 décembre

Chaque semaine, nous vous proposons de découvrir une hymne interprétée par Chœur dans la ville. Ces choristes sont réunis spécialement pour notre retraite. Sous la direction d’Armelle, une fidèle retraitante de Retraite dans la ville, ils veulent non pas nous offrir un récital mais nous entrainer dans leur prière.

Pour cette première semaine de l'avent, ils portent les mots du saint pape Jean-Paul II qui déclarait aux jeunes : « Ecoutez, Dieu vous appelle ! Ne craignez pas de marcher avec lui. Quittez les chemins de l’indifférence. Proclamez à vos frères l’évangile de la paix ! »
C’est le frère Jean-Baptiste, carme, qui a composé cette hymne gonflée par l’audace prophétique. Nous sommes tous prophètes ! Que ni la peur, ni la timidité ne nous retiennent : l’Évangile est urgent !

Comme les anges aux bergers, disons « oui » à la venue de l’Enfant-Dieu dans notre vie ! Que notre écoute devienne méditation. Que la louange soit notre prière. Que notre prière nous donne la force des prophètes !

« Mais d’autres grains sont tombés dans la bonne terre ;
ils ont donné du fruit en poussant et en se développant,
et ils ont produit trente, soixante, cent, pour un. »
Marc 4, 8

« Connais-toi toi-même ! » C’est l’un des trois préceptes qui étaient gravés à l’entrée du temple de Delphes. Platon l’a mis dans la bouche de Socrate. Cet adage résume l’objectif de la philosophie occidentale.

Connais-toi toi-même, parce que tu ignores encore beaucoup de choses, de toi, du monde, et de Dieu. 
Tu peux encore apprendre… telle la jeune femme qui attend son premier-né et découvre l’intensité de l’amour maternel.
Tu peux apprendre, tel le jeune homme amoureux pour la première fois et qui veut chanter, crier, rire, exploser de joie.
Tu peux apprendre, tel le paraplégique qui, affrontant sa condition, perçoit le prix de sa vie pourtant clouée au lit et le goût qu’elle prend, et ses prodigieuses possibilités. 
Tu peux apprendre, tel l’époux tendre qui ne savait pas qu’on pouvait autant aimer et être aimé.
Tu peux apprendre, tel le coureur de fond qui trouve un deuxième souffle et, avec lui, une plénitude, une puissance inattendue en lui.
Tu peux apprendre, tel le jeune enfant qui joue du langage qu’il maîtrise assez pour déjà s’en amuser.
Tu peux apprendre de tout ce que tu ne sais pas encore, mais qui est tien davantage encore que ce que tu penses avoir acquis de haute lutte.

Connais-toi toi-même ! Car il y a tout ce que tu as patiemment christianisé, patiemment évangélisé, ces vertus que tu as laissé se développer à l’école du Christ. Tout ce qui est devenu chrétien en toi. Mais il y a encore tout le reste, tout ce qui n’a pas encore été touché par la grâce de Dieu, mais qui t’a pourtant déjà été donné. La grâce t’habite là où tu ne l’as pas encore découverte, la grâce de Dieu, sa force, sa paix et sa joie. Il y a de la sainteté en toi, prête à bourgeonner et à donner un beau fruit.

Connais-toi toi-même ! Laisse-toi la chance de découvrir tes terres enfouies. Le Semeur est sorti pour semer, et il a semé dans tous tes terrains,* dans ton cœur, dans ton intelligence, dans tes « tripes ». Tu n’as encore rien vu des récoltes qui s’annoncent. Tu ne sais rien encore des fruits savoureux qui mûrissent en toi.

Connais-toi toi-même, et tu te découvriras prophète de ta propre vie !

Lundi 2 décembre

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »
Jean, 15, 13

J’ai un souvenir étonnamment précis de cette visite. Jeune frère, en formation à Lille, j’étais allé fêter l’anniversaire d’une vieille sœur dominicaine. Toutes ces sœurs étaient retraitées, après une longue vie de labeur au service des plus pauvres, à faire des ménages, des courses, des lessives…
Dans leur petit appartement, nous partageâmes un café (nous sommes dans le Nord !) et des biscuits. Beaucoup d’affection circulait entre les sœurs et nous. J’avais l’impression d’embrasser mes grands-mères. Des visages fatigués, des mains usées, mais des yeux vifs, joyeux. Toute une vie de service illuminait les regards.
Après un peu de temps, une fois le café bu et les gâteaux engloutis, arriva le moment des cadeaux. Les sœurs n’offrirent pas à leur aînée une icône, un vêtement ou un livre, mais elles lui remirent une enveloppe avec de l’argent.

J’étais un peu choqué. Bien sûr, on peut offrir de l’argent à quelqu’un pour qu’il puisse s’acheter ce qu’il veut plutôt que choisir pour lui au risque de se tromper et de ne pas lui faire totalement plaisir. Mais n’y a-t-il pas justement dans le choix du cadeau un lien plus intime qui manifeste que l’on connaît celui qu’on veut célébrer ? Le choix peut être difficile, mais s’il est bien fait, c’est l’occasion de prouver son affection, qui compte peut-être encore davantage que le cadeau lui-même.
J’interrogeai discrètement une sœur et lui fis part de mon étonnement.
‒ Vous lui donnez de l’argent ?! Pourquoi pas plutôt un joli cadeau ?
‒ Mais c’est elle qui l’a demandé. Elle n’a jamais accepté de cadeau de toute sa vie. Elle a toujours réclamé qu’on lui offre de l’argent.
‒ Mais pourquoi ? Elle n’est tout de même pas aussi attachée à l’argent !
‒ Mais non, voyons ! Cet argent, elle peut le donner aux pauvres.
Je me suis retrouvé confus d’avoir imaginé que cette vieille sœur eût pu être intéressée par l’argent, honteux d’avoir été incapable d’imaginer combien elle vivait l’Évangile.

J’y ai souvent repensé depuis. L’attitude de cette sœur aînée est devenue pour moi un repère, une balise précieuse. Elle me rappelle que la mesure de l’Évangile, c’est d’être sans mesure. On n’est jamais arrivé au bout. À chaque fois elle réveille et réactive mon ambition de conversion. Cette vieille sœur est décédée. Mais elle reste prophète pour moi. Et sans doute pour beaucoup.

Dimanche 1er décembre : 1er jour de l'Avent

« Les préceptes du Seigneur sont droits, ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide, il clarifie le regard. »
Psaume 18, 9

Parmi les aventures de Tintin, j’aime beaucoup L’Étoile mystérieuse. Vous rappelez-vous ce singulier personnage ? Philippulus, un prophète fou, vêtu d’un drap et qui frappe gong et annonce la fin du monde. Hagard, il parcourt les rues de Bruxelles avec son message terrifiant.

Est-ce ainsi que nous imaginons les prophètes ?
Noé par exemple, je l’imagine comme un prophète solaire, avec un grand sourire qui réchauffe le cœur, un regard qui brille d’une joie communicative. Le récit du déluge nous dit que les hommes avaient le cœur mauvais : « Le Seigneur vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre, et que toutes les pensées de son cœur se portaient uniquement vers le mal à longueur de journée. » (Genèse 6, 5)
Dans l’Évangile, Jésus est moins sévère ; il nous dit tout simplement : « On mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutés de rien… » Ces hommes et ces femmes étaient dans l’insouciance, ils ne regardaient pas plus loin que le bout de leur nez. Ils étaient englués dans leurs vies, comme des ados qui jouent à la console pendant des heures dans une chambre obscure. Noé, lui, voit bien plus loin… Il a le regard clair, le visage lumineux parce qu’il a ouvert son horizon sur celui de Dieu.

Philippulus, lui, ne fait que retranscrire la frayeur de ses contemporains. Une météorite a percuté la Terre. La chaleur est infernale. Les gens sont hébétés. Philippulus dit les mots qu’on n’osait pas prononcer : c’est la fin du monde ! Noé, c’est le contraire : il est celui qui regarde vers Dieu, celui qui écoute sa Parole, qui est attentif à ce qui vient, aux promesses de Dieu. Il est le signe du nouveau, de l’inouï, et non pas les mots de l’angoisse enfouis en chacun de nous.

Au seuil de l’avent, fuyons les Philippulus et autres oiseaux de malheur qui nous enferment sur nous-mêmes, sur nos peurs et nos dérives. Recherchons les prophètes au cœur clair et joyeux, qui nous conduisent vers l’Arche du Seigneur.

 


 

 

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  • Semaine 1 :  Retour à l’Évangile
  • Semaine 2 :  Une éducatrice hors pair
  • Semaine 3 :  Le bonheur des petits
  • Semaine 4 :  L’abîme de grâce
  • Noël :  « Une vraie dévotion mariale »
  • Épiphanie : Magnificat !

Noël : une vraie dévotion mariale

« Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur
qui est le Christ, le Seigneur. »
Luc (2, 10-11)

Il est né le Sauveur ! La naissance de Jésus n'est pas qu'un évènement du passé : ce que nous célébrons aujourd'hui nous renvoie au mystère de l'Incarnation. François de Sainte-Marie écrit : "Jésus continue de naître, de grandir et de mourir dans le temps, au rythme même de l’année liturgique, qui assume et scande toutes les aspirations, les souffrances, les joies, tout l’amour des siens."
Ce mystère nous fait ainsi entrer dans le mystère de Marie : "Une vraie dévotion mariale n’a donc rien de sentimental, de fictif. Elle est terriblement dépouillée, comme la Vierge le fut elle-même. Il ne suffit pas de dire, il faut faire."

Nous vous souhaitons à  tous un saint et joyeux Noël !

Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc (2, 10-11)
« Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : aujourd'hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. »

En ce 25 décembre 2019, partageons la joie de Marie et de tous les saints pour la naissance de notre Sauveur et Seigneur, Jésus, le Prince de la Paix, dont la lumière ne s’éteindra jamais. Nous avons parcouru un chemin d’Avent avec Marie, en communion avec sa vie de grâce. Dans notre liberté, poursuivons ce chemin avec elle, c’est le chemin du salut !
Lisons encore François de Sainte-Marie nous dire, en guise de conclusion, ces mots sur la vie de grâce à la suite de Jésus et de Marie.

Texte de François de Sainte-Marie (Visage de la Vierge, p. 57-59) :

Si le Christ et la Vierge s'unissent étroitement les âmes, c'est afin de poursuivre leur mission terrestre jusqu'à la fin des temps. Comme ils ne peuvent plus s'en acquitter par eux-mêmes, de Là-Haut ils se servent des chrétiens comme d'« humanités de surcroît » qui achèvent dans leur chair ce qui manque encore à la Rédemption du monde.

Jésus continue de naître, de grandir et de mourir dans le temps, au rythme même de l'année liturgique, qui assume et scande toutes les aspirations, les souffrances, les joies, tout l'amour des siens. Et la Vierge poursuit auprès de son Fils, par les âmes qui lui sont dévouées, sa veille d'amour. Alors que le ciel et la terre s'usent comme un vêtement, les sentiments qu'elle porte en son cœur, à l'égard du Christ, ne vieillissent pas. Ils se survivent à travers les générations, en gardant toute leur fraîcheur. « Que l'âme de Marie soit en chacun de nous pour y glorifier le Seigneur, que l'esprit de Marie soit en chacun de nous pour s'y réjouir avec Dieu », disait déjà saint Ambroise. (…)

Cette présence de la Vierge dans l'âme a ses exigences. On ne vibre à ses sentiments, on ne perçoit ses impulsions les plus délicates, que dans la mesure où l'on s'est rendu totalement disponible et donc où l'on s'est perdu à la manière évangélique. Car il n'est pas question de jouer un personnage étranger tout en gardant son moi. Il s'agit de se transformer en lui par l'Amour. Une vraie dévotion mariale n'a donc rien de sentimental, de fictif. Elle est terriblement dépouillée, comme la Vierge le fut elle-même. Il ne suffit pas de dire, il faut faire.

Il importe surtout de se laisser faire. L'abandon parfait dont la Vierge a vécu, elle le demande aux âmes qu’elle aime. Elle semble souvent leur dire comme le Christ à Pierre : « Ce que je fais, tu ne peux le comprendre maintenant » (Jn 13,7). Car elle nous demande moins de comprendre que d'acquiescer silencieusement. Peut-être même pour mieux nous inculquer la pensée que nous sommes des « serviteurs inutiles », semblera-t-elle nous prendre et nous abandonner à son gré. (…)

C'est donc par l'abandon que nous communierons aux sentiments profonds de notre Mère, la « servante du Seigneur », qui, en se livrant totalement à l'Amour, l'a reçu en plénitude et en est devenue parmi les hommes la source intarissable.

Joyeux Noël à tous dans la lumière du mystère de l’Incarnation !

fr. Robert Arcas, ocd (couvent de Paris)

Semaine 4 :  L’abîme de grâce

1. Commentaire évangélique : « Ne crains pas de prendre chez toi Marie »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (1, 18-24)

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

« Ne crains pas de prendre chez toi Marie » (Matthieu 1, 18-24)

Ce quatrième dimanche de l’Avent, la liturgie nous donne l’Évangile de l’annonce à Joseph. « Ne crains pas ! » : c'est en écoutant ces mots que Joseph a accueilli Marie. En ces derniers jours de l’Avent, demandons au Seigneur de croire que la vie de grâce, sans grande apparence, discrète, cachée, dont la Vierge était comblée, est aussi pour nous !
François de Sainte-Marie a cette belle expression à propos de l'Annonciation : « Les deux abîmes sont en présence : celui qui comble et celui qui reçoit. » Dans ces derniers jours avant Noël, disposons-nous à la suite de la Vierge à recevoir l'Enfant-Dieu ! Demeurons en communion dans la prière !

Commentaire complet

2.     Méditation : communier au mystère de Marie

Texte de François de Sainte-Marie (Visage de la Vierge, Editions du Carmel, 2001, p. 31):

Peut-on pénétrer davantage dans le mystère de Marie, jusqu'à la source même où s'alimente sa vie spirituelle ? L'Ange de l'Annonciation nous y invite.

On sait l'importance du nom pour les Hébreux, qui en faisaient une sorte de définition de la personne. Or, voici que Gabriel, au lieu d'appeler la Vierge : Marie, lui révèle son nom nouveau : « Salut, pleine de grâce » - mieux encore : « celle qui a trouvé grâce », l’« engrâciée ». Ainsi, alors que Dieu a nom « Amour » une femme est « Grâce ». Les deux abîmes sont en présence : celui qui comble et celui qui reçoit. En face de Dieu, voici une créature capable de le recevoir aussi totalement qu'il lui plaira de se communiquer à elle.
Les autres hommes, en se satisfaisant si peu que ce soit de ce qu'ils sont ou de ce qu'ils possèdent déjà, se ferment à tout ce qu'ils pourraient être ou acquérir encore. Même saints, ils n'arrivent pas à assimiler pleinement « l'être, le mouvement et la vie » que Dieu leur offre de puiser en lui. Saint Jean l'a dit d'une manière poignante et le drame est éternel : « les siens ne le reçoivent pas » (1,11). Seule, l'Immaculée Conception, délivrée du plus petit mouvement de complaisance en elle-même, véritable « capacité de Dieu », a pu recevoir à chaque instant, en sa totalité, le don de Dieu. Le Fiat qu'elle prononce le jour de l'Annonciation n'a fait que traduire cette disposition continuelle de son âme.

Mystère de prédestination dont elle ne peut, pas plus que nous, trouver la raison en elle-même. Car il n'en est pas d'autre que l'éternel Bon Plaisir. Le Seigneur fit Immaculée celle qu'il lui plut. Il la connaissait et l'aimait avant même qu'elle existât. Puis ses yeux se sont arrêtés sur elle, au milieu de tant d'êtres répandus sur la face du globe. Sous ce regard, la créature bénie entre toutes a tressailli en chantant : « Il a regardé la bassesse de sa servante ».

Ce regard a fait pénétrer en elle la vie à grands flots. Car lorsque le Seigneur considère une âme avec cette expression d'amour, il sourd pour ainsi dire au plus intime d'elle, il l'imprègne jusqu'en ses dernières fibres. Ceci est attesté par les Écritures. Elles affirment la réalité intérieure de la grâce : « On versera dans son sein, une mesure pleine, bien tassée, débordante... » (Lc 6,38). – « Des fleuves d'eau vive couleront de son sein » (Jn 7,38). Dieu en effet, n'a jamais fini de nous créer. Il garde humide sous son pouce l'argile humaine, il la pétrit et repétrit à la ressemblance de « l'Idée » qu'il porte en lui-même. Les âmes d'hommes sont en vérité ouvertes sur l'infini.

Méditation

François de Sainte-Marie se demande si l’on peut pénétrer dans le mystère de Marie, jusqu’à la source de sa vie spirituelle ? Cette source, c’est Dieu, bien évidemment, la Sainte Trinité, avec laquelle Marie a une relation singulière. Une relation qui restera pour nous mystérieuse, non pas parce qu’il y aurait un secret qui nous serait inaccessible, mais parce que la vocation de Marie est unique. Aucun être humain n’a eu une telle proximité avec Dieu, le Saint Esprit l’a couverte de son ombre, elle a porté dans son sein l’enfant Dieu, celui qui est son Fils, son Créateur et son Sauveur, tout ensemble ! Nous sommes là au-delà de toute logique humaine…

Les mots de « Comblée de grâce », « tu as trouvé grâce », nous sont donnés dans l’Évangile de l’Annonciation (Lc 1, 28.30), ces mots sont prononcés par l’ange Gabriel dans son dialogue avec Marie, ce qui permet à notre auteur d’employer le mot d’« engrâciée », et de conclure que le nom de Marie est « Grâce ». Cette qualité insigne de Marie fait d’elle la créature dans laquelle Dieu se donne le plus. François de Sainte-Marie a cette belle expression : « Les deux abîmes sont en présence : celui qui comble et celui qui reçoit. » L’abîme produit naturellement chez l’homme une émotion forte empreinte de crainte, de peur, on parle de peur abyssale, sans fond. L’abîme nous attire et nous effraie ensemble. Dans la vie spirituelle, il est possible de faire l’expérience de l’abîme. En général, cette sorte d’abîme est pour notre salut ! Marie, comblée de grâce, a fait cette expérience de l’abîme de Dieu. « Il s’est penché sur son humble servante ; désormais tous les âges (la) diront bienheureuse » (Lc 1,48). La prophétie s’est accomplie, ô combien !

Et nous, êtres humains ordinaires, nous sommes comme empêchés d’aller si loin dans l’union à Dieu. Le péché, dont nous sommes à la fois héritiers, acteurs et victimes, en est la cause. Le mystère de l’Incarnation, que nous allons fêter solennellement dans quelques jours à Noël, est la solution de Dieu à cette impasse !
Cet enfant à naître, Jésus, l’Emmanuel, pleinement Dieu et pleinement homme, est le Sauveur. Il n’y en a pas d’autre ! C’est Lui qui, par le don de sa vie sur la Croix, offre aux hommes la liberté des enfants de Dieu, le pardon des péchés et la vie éternelle. Comment ne pas exulter de joie quand nous croyons cela ? C’est ce que François de Sainte-Marie voulait dire peut-être quand il écrit : « Les âmes d'hommes sont en vérité ouvertes sur l'infini. » Marie a été regardée par Dieu comme aucune autre créature, la grâce l’a habitée en profondeur. Nous aussi, nous pouvons regarder Marie, et à travers elle, notre regard se purifie, nous recevons le message de la Bonne Nouvelle, et avec elle nous chantons Magnificat !

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Conseil spirituel

Dans ces derniers jours avant Noël, quand il y a de l’excitation dans l’air, quand beaucoup de gens courent ici et là pour préparer les fêtes qui approchent, sans être coupés de ce fait de société car nous ne sommes pas des ermites, veillons dans la prière, la méditation de la Parole, la rencontre fraternelle, en communion avec Marie, celle dont la vie de grâce est sans pareille, simple, vraie et belle, veillons à devenir de meilleurs fils/filles du Père, frères/sœurs du Fils, sanctuaires de l’Esprit Saint.

fr. Robert Arcas, ocd (couvent de Paris)

3. Prier chaque jour de la semaine – Semaine 4

(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)

Semaine 3 :  Le bonheur des petits

1. Commentaire évangélique : « Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (11, 2-11)

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! » Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »

Heureux ceux qui ne doutent pas de l’identité de Jésus. Soyons dans la joie ! Cette troisième semaine de l'Avent, l'Évangile nous présente Jean le Baptiste dans sa prison se questionnant sur l’identité du Christ. Jésus répond à ces interrogations par une béatitude de vie !
"Marie est la reine des pauvres en esprit qui savent tout, des contemplatifs." Le Père François de Sainte-Marie invoque la Vierge sous le vocable de "Siège de la Sagesse" : comme les petits, elle a percé les secrets de son Fils et connaît son identité divine. En ce temps agité de préparation des fêtes de fin d'année, demandons à la Vierge Marie de nous aider à ressembler à un pauvre qui reçoit la Bonne Nouvelle et qui y trouve son bonheur.

Commentaire complet

2. Méditation : HeureuseMarie, « Siège de la Sagesse »

Texte de François de Sainte-Marie (Visage de la Vierge, Editions du Carmel, 2001, p. 12-13):

Et ceci nous donne aussi la mesure de son intelligence des choses de Dieu. Dès le premier éveil de sa raison, Marie fut le Siège de la Sagesse. Et, à travers le dépouillement intérieur, celle-ci n'a jamais cessé de grandir en elle. À l'école du Christ, la Vierge s'est libérée de toute pensée inutile, de toute parole oiseuse. Elle ne s'est pas mise en souci de la nourriture et du vêtement. Elle ne s'est pas mêlée aux bavardages stériles. Elle a volontiers suspendu son jugement vis-à-vis des autres.
Cette pauvreté volontaire était si riche de véritable savoir ! Le Christ a parlé, dans son évangile, de ceux qui, ne s'attachant pas à leurs vues, voient en fait très clair. Il les oppose aux pharisiens aveugles qui affirment « Nous voyons » (Jn 9,41). Marie est la reine des pauvres en esprit qui savent tout, des contemplatifs.

Le Magnificat nous montre l'ampleur de sa pensée. Comme les maîtres en Israël, lumières de leur temps, elle a scruté les Écritures, mais combien différemment. Ils se sont complu dans des subtilités exégétiques, dans des interprétations humaines. Ils ont lu la Bible d'une manière si charnelle qu'ils ont cru y découvrir l'annonce d'un messianisme temporel. Ils n'ont pas su s'élever du visible à l'invisible, du symbole à la réalité spirituelle. Marie, elle, s'est préservée avec une saine indépendance du levain doctrinal des pharisiens et des sadducéens. Et elle s'est nourrie de l'Écriture en profondeur. Le Magnificat nous montre à quel point elle se l'est incorporée. Car en se laissant aller à sa propre spontanéité, sa pensée se coule naturellement dans des images et des formules bibliques.
Et elle atteint dans l'Écriture la pensée même de Dieu. Avant la prédication de l'Évangile, la Vierge a discerné la conduite mystérieuse du Père, préférant les humbles et les petits aux puissants et aux sages, se servant de ce qui n'est pas pour faire ce qui est. C'est toute la « bonne nouvelle » qu'elle pressent et dont elle vit déjà. Ainsi le Magnificat annonce et précède le tressaillement d'allégresse de Jésus chantant les préférences du Père à son égard et exaltant les humbles : « Je te loue, Père, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux savants et de ce que tu les as révélées aux petits » (Lc 10,21).

Le Cantique de Marie nous montre encore dans quels larges horizons se déploie sa pensée. Toute l'économie du salut se déroule devant elle. Et elle se situe elle-même dans le plan divin avec une humble clairvoyance.

Méditation

Qui mieux que Marie, notre sœur en humanité, connaît les mystères de Dieu ? François de Sainte-Marie dresse, au début de son ouvrage Visage de la Vierge, la physionomie humaine de celle que l’Église reconnaît comme experte dans l’intelligence des choses de Dieu. Il l’appelle le « Siège de la Sagesse ». Celle qui en saluant Élisabeth provoqua le tressaillement de joie de son fils à naître, ne s’est pas posée la question que ce même Jean-Baptiste pose aujourd'hui dans l’Évangile de ce 3e dimanche de l’Avent : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Marie ne s’est pas posé cette question, parce qu’elle « est la reine des pauvres en esprit qui savent tout, des contemplatifs ». Cette affirmation se fonde sur le fameux verset de l’Évangile de Luc (10,21) que cite François de Sainte-Marie : « Je te loue, Père, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux savants et de ce que tu les as révélées aux petits ». Marie, la première, fait partie de ces tout-petits.

« Cette pauvreté volontaire était si riche de véritable savoir ! » Quelle leçon pour nous … Le savoir de Marie repose sur sa grande proximité avec l’Esprit Saint. La sagesse est le premier don de l’Esprit. Il est important d’ajouter que cette proximité n’est pas l’exclusivité de Marie. L’Esprit Saint n’est la propriété de personne, Il est accessible à qui veut ! Il donne la sagesse, le savoir à qui le lui demande, autant que cette demande est en vue du bien, de l’amour, de la vérité, de la paix, de la vie. Marie connaissait l'Écriture, certes pas à la manière des savants, de son époque ou de toutes les époques, sa connaissance lui venait de sa vie de grâce, de son dialogue continuel avec Dieu. Marie est imprégnée profondément de l’Écriture, elle y est comme immergée.

Texte en PDF

Conseil spirituel

L’Avent, vécu dans l’attente joyeuse de la naissance du Sauveur, du joyeux temps de Noël, passe très vite, trop vite peut-être ? Pris dans les soucis du moment, pourquoi ne pas se décider à prendre le parti de la béatitude, du désir du bonheur simple, de se considérer comme un pauvre qui reçoit la Bonne Nouvelle ?

fr. Robert Arcas, ocd (couvent de Paris)

3. Prier chaque jour de la semaine – Semaine 3

(Cliquer sur la photo pour l'agrandir)

Semaine 2 :  Une éducatrice hors pair

1. Commentaire évangélique : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (3, 1-12)

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion. N’allez pas dire en vous-mêmes : ‘Nous avons Abraham pour père’ ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu. Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

L'appel à la conversion est permanent dans notre foi chrétienne. L'Évangile nous interroge sur la vérité de nos conversions : notre vie spirituelle est-elle féconde ?
"Marie, notre, éducatrice veut faire de nous d'autres 'christs'." Le Père François de Sainte-Marie nous dévoile la manière dont la Vierge Marie nous forme. Demandons à l'Esprit Saint de nous laisser enseigner par la mère de Jésus, pour que nous continuons son œuvre dans l’Église.

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 2. Méditation : La vigilance de Marie à l’écoute de son fils

Texte de François de Sainte-Marie (Visage de la Vierge, Editions du Carmel, 2001, p. 48-49):

La maternité de la Vierge se développe dans le temps. Marie, non contente de nous avoir engendrés dans le Christ, nous élève, toutes proportions gardées, comme elle a élevé Jésus, notre aîné. Elle l'a formé, lui a appris tout petit les pratiques de la vie religieuse, lui faisant réciter mot à mot, selon la coutume du temps, les paroles de l'Écriture. Elle devait être confondue d'avoir à lui donner des ordres, mais elle se réfugiait dans sa foi à la mission qui lui était confiée. Et, surtout, elle se tournait vers l'Esprit dans la mouvance duquel s'écoulait toute son existence. L'Amour vivant et personnel, à travers cette créature toute sienne, a présidé à l'éducation de Jésus durant les longues années de la vie cachée, comme plus tard il devait le conduire au désert et au sacrifice.

C'est encore dans l'Esprit que la Vierge Marie fait l'éducation surnaturelle de ses enfants. Éduquer, c'est, étymologiquement : tirer de, e ducere. L'éducateur essaie de découvrir, dans l'être encore informe qui lui est confié, certaines virtualités, afin de les épanouir à la lumière d'un grand idéal. Marie, notre éducatrice, veut faire de nous « d'autres christs », dans la mesure compatible avec notre misère : « Cette Mère de grâce, déclare sœur Élisabeth de La Trinité, va former mon âme afin que sa petite enfant soit une image vivante, saisissante, de son Premier-Né, le Fils de l'Éternel ». Elle le connaît si bien, son Premier-Né ! Elle a souvent levé les yeux au-dessus de son ouvrage, dans la petite maison de Nazareth, pour contempler à la dérobée, ce visage sans cesse modelé du dedans par des sentiments mystérieux. Elle l'a longuement considéré, alors qu'il se creusait dans les tourments de l'agonie. Enfin, au Ciel, elle est perdue dans la contemplation de l'auguste Face. Et en nous regardant, nous, de Là-Haut, elle nous voit à travers le Christ. Elle discerne aussitôt le trait de la physionomie de Jésus que nous devons plus spécialement reproduire. Et plus que jamais docile à la motion de l'Esprit, elle se met à l'œuvre.

Mère qui nous aime tant, elle peut tout. Le Christ donne à la grâce, dont il est le médiateur, une teinte d'humanité, si l'on ose dire. Les fleuves d'eau vive qui viennent gagner nos âmes, coulent de son propre sein. Est-il permis de dire que Marie, dispensatrice des grâces de son Fils, les rend encore plus assimilables pour nous ? Elle nous les prépare maternellement comme ce vrai « lait des tout petits » dont parle saint Pierre (1P 2,2). Une créature a su, sous l'action de Dieu, se faire assez transparente pour réfléchir intégralement la lumière, assez pure pour se laisser traverser par les eaux divines sans les souiller.

Méditation

L’appel à la conversion est permanent en christianisme. Celui que lance Jean-Baptiste, en ce 2e dimanche de l’Avent, s’inscrit naturellement dans la tradition biblique. La Vierge Marie, est au sommet humain de cette tradition. Voilà pourquoi, à juste titre, François de Sainte-Marie nous présente l’œuvre d’éducation de Marie.

Marie est éducatrice par excellence. Dans l’Évangile de l’Annonciation, l’ange Gabriel lui annonce que « celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu » (Lc 1,35). Elle va élever cet enfant, avec Joseph. Si nous connaissons la suite de l’histoire, ce que nous connaissons mal, c’est la manière concrète utilisée par Marie pour élever son fils. Mais cette ignorance est-elle si importante ? Nous ne pouvons pas tout savoir, rappelons-nous que le péché originel tel qu’il nous est rapporté dans le livre de la Genèse a quelque rapport avec la volonté de connaître le bien et le mal, de connaître dans le sens de maîtriser, posséder.

Marie éducatrice par excellence, oui, certainement, mais pas au sens où nous pourrions l’entendre aujourd'hui. Marie n’a pas écrit de livre de pédagogie !

Son Fils, sur la Croix, nous l’a donnée pour mère. A chacun d’entre nous d’accueillir ce don. Nous savons tous d’expérience que la conversion à Jésus Christ est un travail permanent qui ne cessera que dans le royaume des Cieux. Marie, dans ce travail, est notre meilleur guide et conseil, car elle est riche de son expérience, elle est riche surtout de la grâce dont l’Esprit Saint l’a remplie, le Magnificat nous dit qu’elle est la « Comblée de grâce » (Lc 1,28), celle qui a « trouvé grâce auprès de Dieu » (Lc 1,30).

En développant avec Marie une relation filiale et fraternelle, car Marie est à la fois notre mère (dans la foi) et notre sœur (en humanité), nous avancerons sur le chemin personnel qui nous est donné de vivre pour aller à Dieu. Marie est à nos côtés, sa vie de grâce est aussi pour nous !

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Conseil spirituel

La rencontre joyeuse avec le Seigneur, ne peut se faire sans une vraie conversion renouvelée. Demandons à la Vierge Marie de nous laisser enseigner par elle, qu’elle nous accompagne chaque jour dans cet effort, nous rendant docile à la motion de l’Esprit Saint, à l’accueil de la grâce de Dieu.

fr. Robert Arcas, ocd (couvent de Paris)

3.Prier chaque jour de la semaine – Semaine 1

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Semaine 1 :  Retour à l’Évangile

1. Commentaire évangélique : « Tenez-vous donc prêts, vous aussi »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (24, 37-44)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme. En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme. Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée. Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

"Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra" (Matthieu 24, 37-44).
L'Évangile de cette première semaine nous met en garde sur notre manière de prier. Comment sommes-nous disposés à accueillir Celui qui vient ? Comment nous tenir prêts dans nos cœurs ?
"C'est avant tout à l'Évangile qu'il faut aller si l'on veut connaître la Vierge." À la suite de sainte Thérèse de Lisieux, le Père François de Sainte-Marie nous invite à ressourcer notre vie spirituelle dans l’Évangile pour connaître la "vie réelle" de la Vierge Marie. Elle nous aidera en ce début d'Avent à nous mettre à l'écoute de la Parole de Dieu. Bonne première semaine d'Avent !

Commentaire complet

 2. Méditation : La vigilance de Marie à l’écoute de son fils

Texte de François de Sainte-Marie (Visage de la Vierge, Editions du Carmel, 2001, p. 3-5) :

C'est avant tout à l'Évangile qu'il faut aller si l'on veut connaître la Vierge. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus le rappelle avec beaucoup de force dans les Novissima Verba [Derniers Entretiens]. Elle oppose la vie « réelle » de Marie telle que l'Évangile la laisse « entrevoir » à sa vie « supposée » telle qu'elle est trop souvent décrite dans les ouvrages de piété.
Mais comment, dira-t-on, connaître une âme - surtout celle-là - à partir de quelques faits et de quelques paroles ? L'objection serait capitale s'il s'agissait d'un texte purement humain. Nul n'accepterait alors de ressusciter une figure avec si peu de données.
Mais les passages de l'Évangile qui concernent la Vierge ont pour auteur l'Esprit Saint, notre hôte intime. Il sait nous les commenter, nous y faire entrevoir des « horizons infinis », selon l'expression de la Petite Thérèse. Alors, les quelques confidences arrachées au silence de la Vierge par les évangélistes deviennent lourdes de signification profonde.

Au reste, l'Évangile est là tout entier pour aider à les mieux interpréter. Lorsque le Christ, dans ses discours et ses paraboles, décrit le comportement du chrétien, il dessine devant nous le visage de Celle qui fut l'enfant de lumière par excellence. De plus, ses faits et gestes achèvent d'éclairer la physionomie de Marie. Voir Jésus, c'est en quelque sorte voir sa Mère. Celle-ci ne lui a-t-elle pas donné sa figure d'homme, en même temps qu'il la façonnait à son image de Dieu ? Dans cet admirable échange s'est consommée la ressemblance de ces deux êtres. Transformée en son Fils, Marie n'a plus en propre que cette transparence, cette limpidité qui permet à l'âme de Jésus de se refléter en elle avec toutes ses perfections, de s'y imprimer d'une manière vivante. À regarder le Christ vivre et prier, on apprend à mieux connaître sa Mère.

Une certaine physionomie de la Vierge se dégage donc de l'Évangile. Quelques figures et quelques textes de l'Ancien Testament interprétés symboliquement par la liturgie ou la tradition, ajoutent des traits à ce dessin. Nous en savons assez, semble-t-il, pour « entrevoir » la vie réelle de Marie. (…)
Mais ces sublimités ne peuvent nous faire oublier que la Vierge reste très proche de nous. Non contente de nous avoir engendrés à la vie divine, elle continue à nous former avec l'aide de l'Esprit Saint. Et elle veut nous unir plus étroitement à elle, afin de poursuivre à travers nous sa mission terrestre.

Méditation

            Dans le texte que vous venez de lire, il n’est pas question explicitement du thème central de l’Évangile de ce premier dimanche de l’Avent, la vigilance, la disponibilité, l’écoute de la parole de Dieu. François de Sainte-Marie donne ici une introduction à son petit livre de méditation sur la Vierge Marie. Sa première affirmation est centrale : « C'est avant tout à l'Évangile qu'il faut aller si l'on veut connaître la Vierge ». Voilà qui est clair, aller à l’Évangile pour connaître Marie, aller à l’Évangile pour connaître Jésus, aller à l’Évangile pour connaître Dieu et sa volonté.

            La connaissance de l’Évangile n’est-elle pas précisément la réponse à l’appel à la vigilance de Jésus dans l’Évangile du jour ? Lire l’Évangile, et au-delà toute l’Écriture, le méditer, le « travailler », tout cela avec l’aide de l’Esprit Saint, n’est-ce pas là ce que Jésus demande dans l’Évangile ? Et ce que Marie vivait ?

            Sans verser dans le défaut, selon la Petite Thérèse, de la vie « supposée » de Marie, osons dire que Marie était dans la vigilance spirituelle, prête sans doute à répondre aux motions de l’Esprit Saint avec qui elle entretenait « une relation spéciale ». Prête surtout à répondre à Jésus, son fils, à qui elle ressemblait et qui lui ressemblait aussi, comme le dit autrement François de Sainte-Marie.

            Retenons enfin de ce texte que Marie, dont la vie de grâce est lumineuse, reste proche de nous. Marie, en ce début d’Avent, nous dit avec l’Évangile, combien il est bon pour nous de veiller, de prier, de méditer et de nous rendre disponible à la venue du Fils de l’homme.

Texte en pdf

 Conseil spirituel

            Dans cet Avent, je veille au temps que je peux consacrer à la prière et à la méditation de la parole de Dieu, de manière à me nourrir suffisamment, sans excès, ni carence, dans la douceur mariale, en vue de l’essentiel, la rencontre joyeuse avec Dieu, dans l’attente de la venue de son Fils.

fr. Robert Arcas, ocd (couvent de Paris)

 3. Prier chaque jour de la semaine – Semaine 1

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Chers amis,

"Mon calendrier de l'Avent spirituel" a pris fin hier mais la retraite continue dans l'application youPRAY !
Dans l'application youPRAY (à télécharger sur le Play Store ou l'AppStore de votre smartphone), vous pourrez retrouver chaque jour :

L'Evangile du jour lu suivi du commentaire audio d'Olivier Belleil et d'un chant

  • La playlist de louange du jour
  • La dizaine de chapelet méditée par un saint
  • La retraite complète du père Jacques Philippe pour accueillir la paix
  • Des vies de saints pour enfants

...et vous pourrez également découvrir de nombreux contenus pour nourrir votre vie spirituelle au quotidien !ne lecture suivie de la Bible, un chapitre par jour (version audio et texte)

  • Des programmes pour les couples et les familles (bénédicités, Vitamines Couple, histoires pour enfants...)

  • Des playlists à thème et des albums d'exception

  • Des enseignements de grands témoins (Nicolas Buttet, Jean Vanier...)

  • Des chapelets audios complets médités par des saints
  • Des retraites de 9 jours pour approfondir de grands thèmes de la vie spirituelle
  • Des méditations de saints pour prier en toutes circonstances
  • ...et bien d'autres surprises !

Mercredi 25 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 1, 1-18)

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.
Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.

Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.

Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. » Tous, nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ.
Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

Pour ma journée

Le verset à méditer : « Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. » (Jn 1, 14)
L'attitude spirituelle à cultiver : l'émerveillement et la reconnaissance pour le dessein d'amour de Dieu pour moi

Mardi 24 d&cembre

La louange du jour avec un chant de l'Emmanuel

(qui suit "Douce Nuit" et "Il est né le Divin Enfant")

(Les écouter en cliquant sur l'image)

Notre Dieu s'est fait homme

1- Notre Dieu s’est fait homme pour que l’homme soit Dieu
Mystère inépuisable, fontaine du Salut
Quand Dieu dresse la table, Il convie Ses amis
Pour que Sa vie divine soit aussi notre vie.

2- Le Seigneur nous convoque par le feu de l’Esprit
Au banquet de Ses noces célébrées dans la joie
Nous sommes Son Église, l’Épouse qu’Il choisit
Pour vivre Son alliance et partager Sa vie.

3- Merveille des merveilles, miracle de ce jour
Pour nous Dieu s’abandonne en cette Eucharistie
Chassons toute indolence, le Christ est parmi nous
Accueillons Sa présence et offrons-nous à Lui.

4- II frappe à notre porte le Seigneur Tout-Puissant
II attend humble et pauvre, mendiant de notre amour
Dénué d’arrogance, sous l’aspect de ce pain
II se donne en offrande pour demeurer en nous.

5- Que nos cœurs reconnaissent en ce pain et ce vin
L’Unique nécessaire qui surpasse tout bien
Ce que nos yeux contemplent, sans beauté ni éclat
C’est l’Amour qui s’abaisse et nous élève à Lui.

Lundi 23 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 1, 57-66)

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné.

À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.

Pour ma journée

Le verset à méditer : « À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. » (Lc 1, 64)
L'exercice spirituel : pratiquer la joie en trouvant des petites occasions pour bénir Dieu au cours de ma journée.

Dimanche 22 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 1, 18-24)

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

Pour ma journée

Le verset à méditer : « Elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » (Mt 1, 21)
La résolution du jour : Aujourd'hui, je me répéterai plusieurs fois dans la journée : Jésus, Tu es mon sauveur.

Samedi 21 décembre

Vie de sainte Joséphine Bakhita

Bakhita, née vers 1869 au Darfour, a été arrachée à sa famille à l'âge de sept ans par des esclavagistes. Des années durant, elle connut la violence, l'exploitation, l'exil... Un parcours dont Dieu n'a jamais été absent, malgré les apparences, et qui l'a conduite à rencontrer Son Amour.

« Je n'ai jamais détesté personne. Qui sait, peut-être qu'ils ne se rendaient pas compte du mal qu'ils faisaient »

Une vie de saint inspirante pour enfants (et plus !)

Cliquez sur l'image :

Vendredi 20 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 1, 26-38)

Au sixième mois d’Élisabeth, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.

Pour ma journée

Le verset à méditer : « Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. » (Lc 1, 31)
La grâce à demander : pendant ce temps de Noël qui vient, faire une rencontre personnelle avec Jésus enfant

Jeudi 19 décembre

Prier le chapelet

Le mystère du jour : L'amour entre Joseph et Marie - Saint Paul VI
« Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint » (Mt 1,20)
Un fruit du Mystère : un amour renouvelé pour son conjoint
Une grâce à demander : apprendre à aimer
Intention de prière : pour les couples en difficulté.

Je ne regarde ni au loin ni près de moi
Mes yeux ne voient que l'Amour
Quand je contemple Celui que mon cœur aime
Tout en moi n'est plus qu'amour
Tout en moi n'est plus qu'amour

Dans la nuit, j'ai cherché Celui que mon cœur aime
Dans mon cœur, c'est certain, Il a fait Son domaine
Ma vie Lui appartient au milieu de mes peines
Tout près de moi Il aime
Jésus, Celui qui m'aime

Mercredi 18 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 1, 18-24)

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

Pour ma journée

Le verset à méditer : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. » (Mt 1, 20)
La grâce à demander : "Prendre Joseph chez soi" et devenir son ami.

Mardi 17 décembre

La Louange du jour

De Noël viendra un enfant

1- Il est un Dieu qui voudrait un enfant
Il est une mère qui attend humblement
Et si du ciel descendait un Ange, pour annoncer :
Que d’une mère naîtrait cet enfant
Que de Dieu il viendrait pour les vivants
Et que l’Esprit, en lui régnerait, en annonçant

De Noël viendra un enfant
De Noël le monde attend
De Noël viendra un enfant
De Noël le monde attend

2- Il est un Dieu qui pour nous se donna
Il est un enfant qui sur Terre règnera
Et dans une crèche, le mystère est né pour révéler
Que dans le Père, nos vies seront ancrées
Que le Fils prendrait sur lui nos péchés
C’est le mystère que l’ange a porté en révélant

Si un enfant était choisi pour la Terre
Si cet enfant venait vivre pour toi
Si un enfant venait de Dieu pour la terre
Son nom serait : Emmanuel ! (x 3)

Lundi 16 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 21, 23-27)

En ce temps-là, Jésus était entré dans le Temple, et, pendant qu’il enseignait, les grands prêtres et les anciens du peuple s’approchèrent de lui et demandèrent : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? » Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela : Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va nous dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?” Si nous disons : “Des hommes”, nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. » Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Il leur dit à son tour : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela. »

Pour ma journée

Le verset à méditer : Les grands prêtres lui demandèrent : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? » (Mt 21, 23)
La grâce à demander : L'audace de témoigner

Dimanche 15 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 11, 2-11)

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »

Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »

Pour ma journée

Le verset à méditer : l'épreuve de la foi traversée par Jean le Baptiste : « Es-Tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11, 3)
La grâce à demander : la foi quand nous sommes plongés dans l'épreuve et que les doutes nous assaillent

Samedi 14 décembre

Méditation du père Jacques Philippe

Le Seigneur nous appelle à être en paix et à transmettre cette paix autour de nous ; c’est ainsi que nous serons vraiment Fils de Dieu. Cette paix qui doit habiter notre cœur, elle est surtout un don de Dieu. Bien sûr une part d’effort est nécessaire de notre part, il y a un travail à accomplir, c’est ce que nous verrons dans les jours suivants. Mais elle est surtout un don à accueillir, une grâce à demander et à recevoir. Seul Dieu peut véritablement nous communiquer la paix, nos efforts humains sont insuffisants.

Il est bon de méditer les textes de l’Écriture qui nous parlent de la paix comme d’un don de Dieu. Les passages les plus significatifs se trouvent dans l’évangile de saint Jean, dans le discours du Seigneur après la Cène.
Après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus va leur parler longuement en ce dernier repas qu’il partage avec eux. Il va leur livrer en quelque sorte son testament spirituel, avant d’entrer dans sa Passion.

Au début du chapitre 14, on trouve ces mots : « Que votre cœur ne se trouble pas ! Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi ! » Les disciples sont agités et inquiets à cause de tout ce qui se passe à Jérusalem, de l’hostilité contre Jésus qui devient de plus en plus forte. La première chose que Jésus leur demande donc c’est de se calmer, de ne pas se laisser bouleverser, de se mettre dans une attitude de foi. Et si Jésus leur demande cela, c’est pour qu’ils puissent ensuite écouter tout ce qu’il aura d’important à leur dire. Un cœur qui est agité est souvent incapable d’entendre la parole de Dieu, alors que dans un cœur paisible elle peut pénétrer en profondeur.
Un peu plus loin Jésus va parler de la venue du Saint-Esprit. Puis on trouve cette magnifique promesse : « Je vous laisse ma paix, c’est ma paix que je vous donne, je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble ni ne s’effraie. » (Jn 14, 27) Jésus va bientôt quitter ses disciples, mais il leur promet la grâce du Saint-Esprit, et il leur laisse ce don si précieux de la paix.

La paix promise par Jésus n’est pas celle du monde. Elle n’est pas la tranquillité de celui pour qui tout va bien, dont les problèmes sont résolus et les désirs satisfaits, ce qui serait une paix somme toute assez rare. La paix que Jésus nous promet, c’est une paix qui peut être reçue et expérimentée même dans les situations difficiles et incertaines, car elle a sa source et son fondement en Dieu.

Et à la conclusion de son long discours, à la fin du chapitre 16, juste avant la prière sacerdotale du chapitre 17 où Jésus cesse de parler aux disciples pour s’adresser au Père, les derniers mots de Jésus évoquent encore ce thème de la paix : « Je vous ai dit toutes ces choses pour que vous ayez la paix en moi. Dans le monde, vous aurez à souffrir, mais gardez courage. J’ai vaincu le monde. » (Jn 16, 33) Comme si le but ultime de toutes les paroles que Jésus a adressé à ses disciples, c’est de les établir dans la paix.
Ils doivent trouver la paix dans la certitude de la victoire du Christ sur toutes les forces du mal qui agitent le monde. « Gardez courage, j’ai vaincu le monde. » Jésus nous montre en même temps quel est le secret de la paix, la source véritable de la paix. Notre paix est la paix de Jésus. C’est l’union avec Jésus, l’écoute de sa parole, la foi, la confiance, la prière et l’amour qui nous permettent d’accueillir en nos cœurs la paix de Dieu.

Grâce à demande
Je comprends mieux que la véritable paix trouve sa source en Jésus. Je demande la grâce de vivre plus en union avec lui, de passer moins de temps à ruminer ce qui m’inquiète et me trouble et plus de temps à penser à Jésus, à accueillir ses paroles, à le prier.

Vendredi 13 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 11, 16-19)

En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules : « À qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d’autres en disant : “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.” Jean est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : “C’est un possédé !” Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.” Mais la sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait. »

Pour ma journée :

Le verset à méditer : « Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : “C’est un possédé !” Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : “Voilà un glouton et un ivrogne [...]” Mais la sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait. » (Mt 11, 18)
La grâce à demander : la sagesse de Dieu, qui me permet de reconnaître, accueillir et rendre grâce pour la "saison" de ma vie que je traverse.

Jeudi 12 décembre

Prier le chapelet

Le mystère du jour : La naissance de Jésus - Saints Louis et Zélie Martin
« Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. »
Un fruit du Mystère : action de grâce et reconnaissance pour le don de la vie
Une grâce à demander : la Grâce de la paternité et de la maternité
Intention de prière : l’art de bien éduquer ses enfants et la fécondité pour les couples stériles.

Mercredi 11 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 11, 28-30)

En ce temps-là, Jésus prit la parole : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Pour ma journée

Le verset à méditer : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » (Mt 11, 28)
La grâce à demander : comme Jésus, devenir doux et humble de cœur

Mardi 10 décembre

Louanges pour aujourd'hui :

Hosanna

1- Un chant s’élève, les yeux se tournent vers Toi, se tournent vers Toi
L’espoir renaît, les cœurs soupirent après Toi, oui, après Toi
En Te voyant, nous retrouvons la force de vivre
Quand nous sommes en Ta présence, nos craintes fuient
Elles s’enfuient.

Hosanna, hosanna ! Tu es le Roi, le Sauveur,
À Toi la gloire et l’honneur Hosanna, hosanna !
Nous T’accueillons parmi nous, sois le bienvenu, ô Jésus.

2- Entends le son des cœurs qui reviennent à Toi, reviennent à Toi
Dans Ton royaume, les vies brisées sont restaurées, sont restaurées
En Te voyant, nous retrouvons la force de vivre
Quand nous sommes en Ta présence, nos craintes fuient
Elles s’enfuient.

C'est par Ta grâce

1- Tout mon être cherche d'où viendra le secours,
Mon secours est en Dieu qui a créé les cieux.
De toute détresse Il vient me libérer,
Lui le Dieu fidèle de toute éternité

C'est par Ta grâce que je peux m'approcher de Toi,
C'est par Ta grâce que je suis racheté,
Tu fais de moi une nouvelle création,
De la mort, Tu m'as sauvé par Ta résurrection.

2- Tu connais mes craintes, Tu connais mes pensées,
Avant que je naisse, Tu m'avais appelé.
Toujours Tu pardonnes d'un amour infini,
Ta miséricorde est un chemin de vie.

Relever le faible

1- Au-delà des océans, Tu es venu me chercher,
Au-delà de mes tourments, Ton amour a triomphé.
Montre-moi la splendeur et la beauté qu’il y a
A T’obéir de tout cœur, à se confier à Ta voix.

Tu viens relever le faible, Tu le prends dans tes bras,
Tu le conduis vers ton Père qui le console ici-bas.

Entends le cri de ma prière, sois mon secours et ma joie,
Passé de l’ombre à Ta lumière, j’ai mis mon espoir en Toi.

2- Puisque ma vie passera, en Toi je veux demeurer,
Puisque Tu triompheras, mon cœur en Toi veut s’ancrer
Montre-moi la splendeur et la beauté qu’il y a
A T’obéir de tout cœur, à se confier à Ta voix.

Lundi 9 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 1, 26-38)

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.

Pour ma journée

Le verset à méditer : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » (Lc 1, 38)
La grâce à demander : dire oui à Dieu, oui aux circonstances, oui aux imprévus, oui à tout ce qu'Il prépare pour moi aujourd'hui

Dimanche 8 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 3, 1-12)

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.

Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés. Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion. N’allez pas dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père” ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.

Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

Pour ma journée

Le verset à méditer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » (Mt 3, 2)
La grâce à demander : comme Jean le Baptiste, être saisi par l'urgence des temps, l'urgence de ma propre conversion et l'urgence de l'évangélisation

Samedi 7 décembre

Méditation du père Jacques Philippe

La grâce que nous allons demander pendant cette retraite, c’est de recevoir la paix de Dieu dans notre cœur, de manière plus profonde, plus abondante, et d’être capable de transmettre cette paix autour de nous. C’est la septième des Béatitudes dans l’évangile de Matthieu : « Heureux les artisans de Paix car ils seront appelés Fils de Dieu. »
Il est clair que nous ne pouvons transmettre la paix que si elle demeure en nous. Dans la lettre aux Colossiens, Paul s’exprime ainsi : « Que la paix du Christ règne dans vos cœurs : tel est bien le terme de l’appel qui vous a rassemblés en un même Corps. » (Col 3, 15) Selon Paul, c’est donc un véritable appel que Dieu nous adresse à accueillir sa paix. Être en paix est un élément essentiel de la vocation chrétienne.

Cet appel est spécialement fort aujourd’hui, dans un monde marqué par tant de peurs, d’agitation, d’inquiétudes. Il y a une véritable urgence spirituelle à accueillir et à transmettre la paix de Dieu. Le premier devoir d’un chrétien, ce n’est pas d’être parfait, ni de résoudre tous les problèmes, ni de tout réussir, c’est d’être en paix.

Je rejoins tout à fait Etty Hillesum, cette jeune femme juive qui vivait à Amsterdam pendant la seconde guerre mondiale et qui a vécu une belle rencontre avec Dieu. En 1942, alors que la persécution nazie sévissait à Amsterdam, voici comment elle s’exprime dans son journal : « Notre unique obligation morale, c’est de défricher en nous-mêmes de vastes clairières de paix et de les étendre de proche en proche, jusqu’à ce que cette paix irradie vers les autres. Et plus il y a de paix dans les êtres, plus il y en aura aussi dans ce monde en ébullition. »

Plus le monde est en crise, plus il est important que notre cœur soit en paix. Dans le livre d’Isaïe, à un moment où Jérusalem est menacée par des ennemis, le peuple s’inquiète et s’agite pour trouver des solutions politiques, et voici les paroles que lui adresse le prophète : « Le Seigneur, le Dieu saint d’Israël, avait parlé ainsi : Par la conversion et le calme, vous serez sauvés ; dans la tranquillité, dans la confiance sera votre force ; mais vous n’avez pas accepté ! » (Is 30, 15)
Si notre cœur est habité par la paix et la confiance, nous nous appuierons sur le Seigneur, et nous pourrons trouver de bonnes réponses à nos difficultés. Nous trouverons des réponses constructives, des décisions guidées par l’amour aux questions auxquelles nous sommes confrontés.

Par contre si nous laissons l’agitation et la peur envahir notre cœur, il y a un grand risque que nous réagissions mal aux événements auxquels nous faisons face : par la fermeture, la fuite, l’agressivité, la violence, ou encore des décisions précipitées qui ne résoudront rien, et parfois même augmenteront le mal au lieu de le diminuer.

Grâce à demander

Je me pose cette question : qu’est-ce que je diffuse autour de moi ? La paix, la confiance ? Ou bien l’agitation et l’inquiétude ? Je demande à Dieu la grâce que sa paix demeure en moi, et que je devienne un véritable artisan de paix.

Vendredi 6 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 9, 27-31)

En ce temps-là, Jésus était en route ; deux aveugles le suivirent, en criant : « Prends pitié de nous, fils de David ! »
Quand il fut entré dans la maison, les aveugles s’approchèrent de lui, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela ? » Ils lui répondirent : « Oui, Seigneur. » Alors il leur toucha les yeux, en disant : « Que tout se passe pour vous selon votre foi ! »
Leurs yeux s’ouvrirent, et Jésus leur dit avec fermeté : « Attention ! que personne ne le sache ! » Mais, une fois sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région.

Pour ma journée

Le verset à méditer : j'accueille cette question de Jésus aux deux aveugles comme si elle m'était adressée : « Croyez-vous que je peux faire cela ? » (Mt 9, 26)
La grâce à demander : transformer mes prières de demande en acte de foi

Jeudi 5 décembre

Alexia Gonzalez-Barros : laïque espagnole

Née le 7 mars 1971 à Madrid et morte le 5 décembre 1985 à Pampelune.
Issue d'une famille de l'Opus Dei, souffrant dès l'âge de 4 ans, elle supporte sa maladie avec un courage exemplaire, et meurt à 14 ans d'une tumeur cancéreuse.

Prier le chapelet (une dizaine) :

Le mystère du jour : L'Annonciation
« Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole »
Un fruit du Mystère : La docilité à la volonté de Dieu
Une grâce à demander : La découverte de son appel propre
Intention de prière : Pour tous ceux qui ont du mal à répondre à leur vocation

Mercredi 4 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 15, 29-37)

En ce temps-là, Jésus arriva près de la mer de Galilée. Il gravit la montagne et là, il s’assit. De grandes foules s’approchèrent de lui, avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, et beaucoup d’autres encore ; on les déposa à ses pieds et il les guérit. Alors la foule était dans l’admiration en voyant des muets qui parlaient, des estropiés rétablis, des boiteux qui marchaient, des aveugles qui voyaient ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël. Jésus appela ses disciples et leur dit : « Je suis saisi de compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, ils pourraient défaillir en chemin. » Les disciples lui disent : « Où trouverons-nous dans un désert assez de pain pour rassasier une telle foule ? » Jésus leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils dirent : « Sept, et quelques petits poissons. » Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Il prit les sept pains et les poissons ; rendant grâce, il les rompit, et il les donnait aux disciples, et les disciples aux foules. Tous mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles pleines.

Pour ma journée

Le verset du jour : « Je suis saisi de compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. » (Lc 15, 32)
La grâce à demander : une compassion nouvelle pour tous ceux que je fréquente.

Mardi 3 décembre

Louanges pour aujourd’hui :

Louez

Louez le Dieu de Gloire
Louez le Roi des Rois
Louez, que le Fils de Dieu soit loué
Louez dans la victoire
Louez à pleine voix
Louez, que le Fils de Dieu soit loué

1- Célébrez sur les montagnes
Et chantez dans les vallées
Louez-le dans les campagnes
Exaltez son Saint nom
Jusqu’aux cieux

2- Proclamez dans sa présence
Ses faveurs et ses bontés
Annoncez avec les danses
Une année de grâce en notre Dieu

Jésus ! (Jésus !) Jésus ! Fils de Dieu ! (Fils de Dieu !)
Jésus ! (Jésus !)Jésus ! Roi des Cieux ! (Roi des Cieux !) (bis)

Je veux n'être qu'à Toi

1- Reçois de moi le parfum qui T'est dû
La beauté de Ton Nom en mon âme éperdue
Je veux n'être qu'à Toi, Jésus, je T'aime.
Reçois du peu que je trouve à donner
Tout l'amour que mes yeux n'ont pas su Te montrer
Je veux n'être qu'à Toi, Jésus, je T'aime.

Rien n'est plus beau que Ton Nom
Rien n'est plus Saint que le Sang du pardon
Je veux n'être qu'à Toi, Jésus mon Roi.

2- Je ne veux rien que vouloir Te louer
Adorer Ton saint Nom et Ta fidélité
Je veux n'être qu'à Toi, Jésus, je T'aime.
Je veux porter et laver à Ta Croix
Les pensées de mon cœur dans le cœur de Tes voies
Je veux n'être qu'à Toi, Jésus, je T'aime.

Rien n'est plus beau que Ton Nom
Rien n'est plus Saint que le Sang du pardon
Je veux n'être qu'à Toi (x3), Jésus mon Roi.

Lundi 2 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 8, 5-11)

En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. »

Pour ma journée
Le verset du jour : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. » (Mt 8, 8)
La grâce à demander : la foi en l'efficacité de la Parole de Dieu

Dimanche 1er décembre : 1er jour de l'Avent

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 24, 37-44)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme. En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ; les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme. Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée. Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

Pour ma journée

Le verset du jour :
« Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. » Mt 24, 42
La grâce à demander : reconnaître les passages de Dieu dans ma vie


 

« le merveilleux signe de la crèche »

(Texte complet)

Extraits :

1. Le merveilleux signe de la crèche, si chère au peuple chrétien, suscite toujours stupeur et émerveillement. Représenter l'événement de la naissance de Jésus, équivaut à annoncer le mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu avec simplicité et joie. La crèche, en effet, est comme un Évangile vivant, qui découle des pages de la Sainte Écriture. En contemplant la scène de Noël, nous sommes invités à nous mettre spirituellement en chemin, attirés par l'humilité de Celui qui s'est fait homme pour rencontrer chaque homme. Et, nous découvrons qu'Il nous aime jusqu’au point de s’unir à nous, pour que nous aussi nous puissions nous unir à Lui.

Par cette lettre je voudrais soutenir la belle tradition de nos familles qui, dans les jours qui précèdent Noël, préparent la crèche. Tout comme la coutume de l'installer sur les lieux de travail, dans les écoles, les hôpitaux, les prisons, sur les places publiques... C'est vraiment un exercice d'imagination créative, qui utilise les matériaux les plus variés pour créer de petits chefs-d'œuvre de beauté. On l’apprend dès notre enfance : quand papa et maman, ensemble avec les grands-parents, transmettent cette habitude joyeuse qui possède en soi une riche spiritualité populaire. Je souhaite que cette pratique ne se perde pas ; mais au contraire, j'espère que là où elle est tombée en désuétude, elle puisse être redécouverte et revitalisée.

2. L'origine de la crèche se trouve surtout dans certains détails évangéliques de la naissance de Jésus à Bethléem. L'évangéliste Luc dit simplement que Marie « mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune » (2, 7). Jésus est couché dans une mangeoire, appelée en latin praesepium, d'où la crèche. [...]

Mais venons-en à l'origine de la crèche telle que nous la comprenons. Retrouvons-nous en pensée à Greccio, dans la vallée de Rieti, où saint François s'arrêta, revenant probablement de Rome, le 29 novembre 1223, lorsqu’il avait reçu du Pape Honorius III la confirmation de sa Règle. Après son voyage en Terre Sainte, ces grottes lui rappelaient d'une manière particulière le paysage de Bethléem. Et il est possible que le Poverello ait été influencé à Rome, par les mosaïques de la Basilique de Sainte Marie Majeure, représentant la naissance de Jésus, juste à côté de l'endroit où étaient conservés, selon une tradition ancienne, les fragments de la mangeoire.

Les Sources franciscaines racontent en détail ce qui s'est passé à Greccio. Quinze jours avant Noël, François appela un homme du lieu, nommé Jean, et le supplia de l'aider à réaliser un vœu : « Je voudrais représenter l'Enfant né à Bethléem, et voir avec les yeux du corps, les souffrances dans lesquelles il s’est trouvé par manque du nécessaire pour un nouveau-né, lorsqu'il était couché dans un berceau sur la paille entre le bœuf et l'âne ». Dès qu'il l'eut écouté, l'ami fidèle alla immédiatement préparer, à l'endroit indiqué, tout le nécessaire selon la volonté du Saint. Le 25 décembre, de nombreux frères de divers endroits vinrent à Greccio accompagnés d’hommes et de femmes provenant des fermes de la région, apportant fleurs et torches pour illuminer cette sainte nuit. Quand François arriva, il trouva la mangeoire avec la paille, le bœuf et l'âne. Les gens qui étaient accourus manifestèrent une joie indicible jamais éprouvée auparavant devant la scène de Noël. Puis le prêtre, sur la mangeoire, célébra solennellement l'Eucharistie, montrant le lien entre l'Incarnation du Fils de Dieu et l'Eucharistie. À cette occasion, à Greccio, il n'y a pas eu de santons : la crèche a été réalisée et vécue par les personnes présentes.
C'est ainsi qu'est née notre tradition : tous autour de la grotte et pleins de joie, sans aucune distance entre l'événement qui se déroule et ceux qui participent au mystère. [...]

3. Saint François, par la simplicité de ce signe, a réalisé une grande œuvre d'évangélisation. Son enseignement a pénétré le cœur des chrétiens et reste jusqu'à nos jours une manière authentique de proposer de nouveau la beauté de notre foi avec simplicité.  [...]

D'une manière particulière, depuis ses origines franciscaines, la crèche est une invitation à "sentir" et à "toucher" la pauvreté que le Fils de Dieu a choisie pour lui-même dans son incarnation. Elle est donc, implicitement, un appel à le suivre sur le chemin de l'humilité, de la pauvreté, du dépouillement, qui, de la mangeoire de Bethléem conduit à la croix. C'est un appel à le rencontrer et à le servir avec miséricorde dans les frères et sœurs les plus nécessiteux (cf. Mt 25, 31-46).

4. J'aimerais maintenant passer en revue les différents signes de la crèche pour en saisir le sens qu'ils portent en eux.
- En premier lieu, représentons-nous le contexte du ciel étoilé dans l'obscurité et dans le silence de la nuit. [...] Dieu s'est fait homme. Sa proximité apporte la lumière là où il y a les ténèbres et illumine ceux qui traversent l’obscurité profonde de la souffrance (cf. Lc 1, 79).
-
Les paysages qui font partie de la crèche... Ces ruines sont avant tout le signe visible de l'humanité déchue, de tout ce qui va en ruine, de ce qui est corrompu et triste. Ce scénario montre que Jésus est la nouveauté au milieu de ce vieux monde, et qu'il est venu guérir et reconstruire pour ramener nos vies et le monde à leur splendeur originelle.

5. Quelle émotion devrions-nous ressentir lorsque nous ajoutons dans la crèche des montagnes, des ruisseaux, des moutons et des bergers ! Nous nous souvenons ainsi, comme les prophètes l'avaient annoncé, que toute la création participe à la fête de la venue du Messie. Les anges et l'étoile de Bethléem sont le signe que nous sommes, nous aussi, appelés à nous mettre en route pour atteindre la grotte et adorer le Seigneur. [...]

6. Dans nos crèches, nous avons l'habitude de mettre de nombreux santons symboliques. Tout d'abord, ceux des mendiants et des personnes qui ne connaissent pas d'autre abondance que celle du cœur. Eux aussi sont proches de l'Enfant Jésus à part entière, sans que personne ne puisse les expulser ou les éloigner du berceau improvisé, car ces pauvres qui l'entourent ne détonnent pas au décor. Les pauvres, en effet, sont les privilégiés de ce mystère et, souvent, les plus aptes à reconnaître la présence de Dieu parmi nous. [...]

Souvent les enfants - mais aussi les adultes ! - adorent ajouter à la crèche d'autres figurines qui semblent n'avoir aucun rapport avec les récits évangéliques. Cette imagination entend exprimer que, dans ce monde nouveau inauguré par Jésus, il y a de la place pour tout ce qui est humain et pour toute créature. Du berger au forgeron, du boulanger au musicien, de la femme qui porte une cruche d’eau aux enfants qui jouent... : tout cela représente la sainteté au quotidien, la joie d’accomplir les choses de la vie courante d'une manière extraordinaire, lorsque Jésus partage sa vie divine avec nous.

7. Peu à peu, la crèche nous conduit à la grotte, où nous trouvons les santons de Marie et de Joseph. Marie est une mère qui contemple son enfant et le montre à ceux qui viennent le voir. Ce santon nous fait penser au grand mystère qui a impliqué cette jeune fille quand Dieu a frappé à la porte de son cœur immaculé. À l'annonce de l'ange qui lui demandait de devenir la mère de Dieu, Marie répondit avec une obéissance pleine et entière. Ses paroles : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 38), sont pour nous tous le témoignage de la façon de s’abandonner dans la foi à la volonté de Dieu. Avec ce "oui" Marie est devenue la mère du Fils de Dieu, sans perdre mais consacrant, grâce à lui, sa virginité. Nous voyons en elle la Mère de Dieu qui ne garde pas son Fils seulement pour elle-même, mais demande à chacun d'obéir à sa parole et de la mettre en pratique (cf. Jn 2, 5).

À côté de Marie, dans une attitude de protection de l'Enfant et de sa mère, se trouve saint Joseph. Il est généralement représenté avec un bâton à la main, et parfois même tenant une lampe. Saint Joseph joue un rôle très important dans la vie de Jésus et de Marie. Il est le gardien qui ne se lasse jamais de protéger sa famille. Quand Dieu l'avertira de la menace d'Hérode, il n'hésitera pas à voyager pour émigrer en Égypte (cf. Mt 2, 13-15). Et ce n’est qu’une fois le danger passé, qu’il ramènera la famille à Nazareth, où il sera le premier éducateur de Jésus enfant et adolescent. Joseph portait dans son cœur le grand mystère qui enveloppait Jésus et Marie son épouse, et, en homme juste, il s’est toujours confié à la volonté de Dieu et l’a mise en pratique.

8. Le cœur de la crèche commence à battre quand, à Noël, nous y déposons le santon de l'Enfant Jésus. Dieu se présente ainsi, dans un enfant, pour être accueilli dans nos bras. Dans la faiblesse et la fragilité, se cache son pouvoir qui crée et transforme tout. Cela semble impossible, mais c'est pourtant ainsi : en Jésus, Dieu a été un enfant et c’est dans cette condition qu’il a voulu révéler la grandeur de son amour qui se manifeste dans un sourire et dans l'extension de ses mains tendues vers tous. [...]

9. Lorsque s’approche la fête de l'Épiphanie, nous ajoutons dans la crèche les trois santons des Rois Mages. Observant l'étoile, ces sages et riches seigneurs de l'Orient, s'étaient mis en route vers Bethléem pour connaître Jésus et lui offrir comme présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Ces dons ont aussi une signification allégorique : l'or veut honorer la royauté de Jésus ; l'encens sa divinité ; la myrrhe sa sainte humanité qui connaîtra la mort et la sépulture.

En regardant la scène de la crèche, nous sommes appelés à réfléchir sur la responsabilité de tout chrétien à être évangélisateur. Chacun de nous devient porteur de la Bonne Nouvelle pour ceux qu'il rencontre, témoignant, par des actions concrètes de miséricorde, de la joie d'avoir rencontré Jésus et son amour. [...]

10. Devant la crèche, notre esprit se rappelle volontiers notre enfance, quand nous attendions avec impatience le moment de pouvoir commencer à la mettre en place. Ces souvenirs nous poussent à prendre de plus en plus conscience du grand don qui nous a été fait par la transmission de la foi ; et en même temps, ils nous font sentir le devoir et la joie de faire participer nos enfants et nos petits-enfants à cette même expérience. La façon d’installer la mangeoire n'est pas importante, elle peut toujours être la même ou être différente chaque année ; ce qui compte c'est que cela soit signifiant pour notre vie. Partout, et sous différentes formes, la crèche parle de l'amour de Dieu, le Dieu qui s’est fait enfant pour nous dire combien il est proche de chaque être humain, quelle que soit sa condition.

Chers frères et sœurs, la crèche fait partie du processus doux et exigeant de la transmission de la foi. Dès l'enfance et ensuite à chaque âge de la vie, elle nous apprend à contempler Jésus, à ressentir l'amour de Dieu pour nous, à vivre et à croire que Dieu est avec nous et que nous sommes avec lui, tous fils et frères grâce à cet Enfant qui est Fils de Dieu et de la Vierge Marie ; et à éprouver en cela le bonheur. À l'école de saint François, ouvrons notre cœur à cette grâce simple et laissons surgir de l'émerveillement une humble prière : notre "merci" à Dieu qui a voulu tout partager avec nous afin de ne jamais nous laisser seuls.

François (Donné à Greccio, au Sanctuaire de la crèche, le 1er décembre 2019, la septième année de mon Pontificat.)


 

 

Aumônerie de la prison (Maison d'Arrêt) de Pau

La prison, on en parle quand il y a des problèmes, mais en réalité, c'est un monde méconnu pour ceux qui n'y travaillent pas ou qui n'ont pas eu l'occasion de l'approcher pour telle ou telle raison.
Et pourtant, c'est un monde où il y a des hommes, des femmes et des adolescents qui y vivent, et qui y vivent parfois de bien belles choses malgré tout, grâce à de formidables équipes, celles de l'aumônerie qui essaient de les aider à se relever en leur faisant (re)découvrir ce Dieu d'Amour et de Miséricorde qui a accueilli « le bon larron ».

Lisez ce très beau témoignage de Georges, l'un des membres de l'aumônerie, il en a parlé le weekend de la solennité du Christ Roi, moment idéal pour en parler... c'était justement l’Évangile sur le Christ en Croix et « le bon larron » :

Georges : « Nous recevons les personnes détenues qui le demandent, en individuel, et aussi en groupes pour les célébrations.
Nous essayons de faire émerger en chacun ce petit coin de lumière que le Seigneur a mis en eux puisque nous sommes tous faits à l'image de Dieu.
Sous la couche de misère psychologique, sociale, relationnelle, nous découvrons de belles personnes, ces enfants de Dieu infiniment aimés du Père.
Nous voudrions qu'ils retrouvent peu à peu leur dignité et puissent s'ouvrir à la Miséricorde du Seigneur.

Tout récemment un homme détenu écrivait : « Je me rends compte maintenant de l'importance de mon Baptême. Je me suis égaré, j'ai fait de moi une personne indigne de Dieu mais maintenant je suis sûr que Dieu veille sur moi. Même dans mes péchés, dans mes situations mauvaises, il était là présent. Avant j'avais honte et peur de croire en Dieu ; maintenant je vois en moi une partie de Lui, et jamais plus je ne veux décevoir Son Amour. Je veux le remercier en me liant à LUI. »

Je vous laisse méditer ce bel acte de Foi : «  je vois en moi une partie de LUI »
Oui, pour certains d'entre eux, l'arrivée en prison est l'occasion d'une réflexion sur le sens de leur vie.

Actuellement une vingtaine de personnes du Quartier des Hommes ou du Quartier des Femmes ont demandé à recevoir chaque mois un Numéro de « Prions en Église » ou « Parole et Prière », afin de pouvoir lire et prier chaque jour à partir des textes de la Parole de Dieu.
A Noël deux d'entre eux feront leur première communion et leur Confirmation, d'autre part un homme et une femme se préparent au Baptême pour Pâques et je voudrais vous demander de prier pour eux.

D'autres beaux témoignages pleins d'espérance :
Dieu aime chaque personne

(texte de Chantal Ecomard pour l'équipe de l'aumônerie)

« Toi, la lumière éternelle, dans l’étable obscure, viens ! Toi, le soleil levant, dans la nuit du monde, viens !... »

Il s'en passe des choses dans les prisons ! Le Seigneur est à l'œuvre dans les cœurs et nous précède. C'est ce que nous lui demandons avant chaque visite. « Seigneur, Esprit Saint, précède-nous et guide-nous ! Sans toi nous ne pouvons rien ! »
Alors nous pourrons essayer de faire émerger en chacun ce petit coin de lumière que le Seigneur a mis en eux puisque nous sommes tous faits à l'image de Dieu.
Sous la couche de misère psychologique, sociale, relationnelle, nous découvrons de belles personnes, ces enfants de Dieu blessés mais infiniment aimés du Père.
« Pour moi le commencement de ma vie c'est l'abandon. Ne pas avoir de famille ; aller de foyer en foyer ou en famille d'accueil ; enfin être baladé ; ne pas être une personne normale et désirée. Je ressens le rejet, comme si j'étais personne. Voilà en gros ma vie ».

Nous voudrions qu'ils retrouvent peu à peu leur dignité et puissent s'ouvrir à la Miséricorde du Seigneur.
« Quand j'étais petit, j'étais enfant de chœur avec un ami qui lui, faisait son catéchisme. J'ai dû arrêter et au fil des années, je suis arrivé en prison. Et là j'ai rencontré les aumôniers qui m'ont écouté et aussi m'ont parlé de Jésus. Ils m'ont fait réfléchir à mon chemin. J'ai envie de changer de vie et j'ai décidé moi-même de me tourner vers Notre Père. Je demande le baptême pour que je sois lavé de tous mes péchés, pour vivre dans la lumière de Jésus. Je demande aussi la communion pour que ce soit Jésus qui vienne me transformer et la confirmation du Saint Esprit pour qu'Il me garde dans l'amour de Dieu et la « rayonnance » de ma nouvelle vie. »

Oui, pour certains d'entre eux l'arrivée en prison est l'occasion d'une réflexion sur le sens de leur vie.
Récemment un homme détenu disait «  Je me rends compte maintenant de l'importance de mon Baptême. Je me suis égaré, j'ai fait de moi une personne indigne de Dieu mais maintenant je suis sûr que Dieu veille sur moi. Même dans mes péchés, dans mes situations mauvaises, il était là présent. Avant j'avais honte et peur de croire en Dieu ; maintenant je veux aller plus loin et lui montrer ma confiance. Je vois en moi une partie de Lui, et jamais plus je ne veux décevoir Son Amour. Je veux le remercier en me liant à LUI. »
Je vous laisse méditer ce bel acte de Foi : « je vois en moi une partie de LUI et jamais plus je ne veux le décevoir. »
Cette personne détenue vient de changer de prison et travaille maintenant avec une autre équipe d'aumônerie, mais surtout avec le même Seigneur !

Nous terminerons par cette prière d'une femme qui demande le baptême. Elle n'a pas les mots pour prier. Alors elle a pris à son compte les mots d'un chant qui l'ont touchée lors d'une célébration à la Maison d'Arrêt.
Je te cherche Seigneur et Tu m'écoutes. Tu me regardes et j'écoute ta Parole.
Tu me consoles de ma peine et Tu guides mes pas. Alléluia !

Colis de Noël :

Merci à tous ceux qui ont déjà donné quelque chose pour la prison. Pour les colis de Noël que nous remettrons à chaque personne détenue, nous avons surtout besoin maintenant de 200 shampoings-gels douche et tubes de lessive liquide (pour le linge et "tube non ouvert"), 200 blocs de papier à lettres ligné, 600 timbres ou enveloppes timbrées, des feutres et du papier Canson blanc et de couleurs, des pelotes de laine (pas de coton, et pas de couleur bleue car c'est lacouleur de l'uniforme des surveillants) , aiguilles à tricoter et crochets en plastique. 

Vous pouvez aussi faire un don en argent pour nous aider dans les différents achats au long de l'année ou, si vous le préférez, et ce sera bienvenu aussi, une contribution afin d'aider à l'abonnement de revues religieuses (Parole et Prière, Prions en Église,....).

Nous rajouterons un calendrier que nous avons confectionné nous-mêmes, un petit agenda offert par la Poste et un sachet de chocolat offert par Lindt.

Certains détenus n’ont ni famille et ni moyens pour subvenir à leurs besoins même les plus rudimentaires. Vos dons, pour le 15 décembre si possible, sont très précieux, ils sont un signe de solidarité et d'espérance auprès de « nos frères et sœurs en prison.

« Ce que vous faites aux plus petits d'entre les miens c'est à moi que vous le faites »
Ces petits cadeaux sont le signe de l'attention des chrétiens pour leurs frères en prison.
Si vous le pouvez, merci de votre générosité. »

Pour en savoir plus sur l'aumônerie :

A la Maison d’Arrêt de Pau se trouvent incarcérées environ 200 personnes réparties en trois quartiers :
-      le Quartier des Femmes avec une trentaine de personnes
-      le Quartier des Mineurs avec 5 à 7 jeunes entre 15 et 17 ans
-      le Quartier des Hommes avec 150 à 180 personnes
De nombreuses nationalités se côtoient. Dans nos petits groupes de partage sur la parole des textes du dimanche il y a souvent de 3 à 5 nationalités différentes !

Notre équipe d’aumônerie catholique de la Maison d’Arrêt est composée de  :
-        André Etcheverry comme aumônier- prêtre accompagnateur .
-        Bertrand Ecomard diacre permanent, qui est l'aumônier référent et fait le lien entre les équipes et l'Administration Pénitentiaire, le Secours Catholique,..
-        Jocelyne et Chantal qui ont le statut d'aumônier et réalisent les entretiens individuels au Quartier des femmes. Marie-Lou, accompagnatrice permanente, vient également renforcer nos réunions en groupes ( partage de la Parole, messes, séances bricolage pour préparer Noël, Pâques..)
-        Georges (aumônier) et Bertrand sont plus particulièrement présents au quartier des hommes. Yves est arrivé cette année comme accompagnateur pour nos rencontres en groupes.
-        Une trentaine d'hommes détenus et une dizaine de femmes fréquentent régulièrement l'aumônerie;ils forment une Communauté spirituelle bien vivante

Les vendredi 20 et Samedi 21 décembre, des célébrations de Noël seront proposées dans les différents quartiers et présidées par notre évêque Mgr Aillet .

Aide pour les réfugiés

 

Où en sont-ils depuis l'appel lors de la Journée Mondiale des Pauvres ?

Logement : Finalement, c'est un T2 de 40 m² qui a été retenu pour la famille, pas loin du Parc Lawrence, non meublé, mais avec frigo, plaque de cuisson, four à micro ondes, un grand lit.
Il manquait un autre couchage; ça tombe bien, un ami terminait de déménager pile ce week-end, avait encore un canapé à vendre (qu'il nous a finalement donné), et habitait à... 52 mètres du nouveau logement de la famille...

Besoin d'accompagnement moral/ humain de la famille :
N'hésitez pas à contacter directement Marine au 07 55 22 91 22 pour l'inviter à sortir ici ou là, ou lui faire faire du ménage, du repassage, ..., et/ ou amener les garçons à tel ou tel endroit
C'est sans doute le point essentiel maintenant : accompagnement de cette famille dans la durée, pour l'aider à trouver un cap, pour l'accompagner dans des démarches d'intégration et dans la construction d'un réseau social, etc.
Marine est vraiment très sociable et désireuse de relations; les garçons sont ravis dès qu'on leur propose des activités sportives ou des logos; et l'activité médiathèque ravit tout le monde, comme plusieurs autres propositions d'ailleurs.

Aide financière :
- en espèces
auprès de Marie-Laure (Trianon) ou Julie/ Amaëlle (PE);

- en ligne : https://app.lyf.eu/pot/60c6c49a-f828-4c8b-af54-3a3a0e6d85c2

Aide pour le Togo, village du Père Amédée

(bientôt)