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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

 

Pas facile d'apprendre à un enfant à dire « merci ». Nous sommes tous passés par cette étape essentielle à notre croissance. Car dire « merci », c'est reconnaître le don reçu, sa valeur et la bienveillance du donateur. C'est aussi le premier pas pour apprendre à respecter ce don.
Carême dans la ville vous propose cette année un parcours de 6 semaines sur le thème "Si tu savais le don de Dieu". Pendant 40 jours, avec des frères et des sœurs dominicains, avec des membres des équipes du Rosaire, nous allons méditer sur les dons de Dieu.

4ème semaine de Carême :

don de l'Esprit Saint

avec 5 personnes laïques, membres d'un mouvement appelé Équipes du Rosaire,
qui témoigneront sur l'autre ‒ le frère, la sœur, l'enfant, le conjoint, le pauvre ‒
reçu comme un don.
Bonne quatrième semaine de carême.  
Frère Benoît Ente, op

♦ Mercredi 25 mars : fête de l'Annonciation

« Réjouis-toi, toi qui es comblée par la grâce ;

le Seigneur est avec toi » (Luc 1, 28)

Brigitte : Mon nouveau-né dans les bras, je considère son petit visage délicat, son corps harmonieux, ses mains, ses doigts minuscules, palpitant de vie, dépendant de notre amour, mais riche de son existence en devenir. Son papa et moi n’avons décidé ni de son sexe, ni de son physique, ni de son caractère. Et son arrivée dépasse tout ce que nous avions imaginé ou rêvé. Seigneur, je te rends grâce pour ce cadeau incomparable ! Face au mystère de l’arrivée d’un enfant, quelle mère n’a pas mesuré que la vie est un don ?
Le jour de l’Annonciation, Marie accueille la parole de l’ange. Son fils « sera appelé Fils du Très-Haut ». Jésus n’est pas seulement son enfant, Il est aussi le « Fils de Dieu ». Mystère dans lequel elle entre progressivement. 
Comme Marie, à la lumière de la foi je découvre que mon enfant n’est pas seulement le mien, il est le fils du Père. Lors de son baptême, son parrain, sa marraine s’engagent avec nous, les parents, pour l’éduquer et l’accompagner sur le chemin de la foi. À travers eux, c’est toute la communauté chrétienne qui s’engage, et Dieu qui nous apporte son soutien. Dans ma prière, constamment, je remets mon enfant entre les mains de son Père du Ciel et expérimente ce que Khalil Gibran disait : « Vos enfants ne sont pas vos enfants… Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. » 
Maintenant, j’ai six enfants. Face aux épreuves de la vie qu’ils rencontrent, les études difficiles, les recherches d’emplois qui durent, les déboires sentimentaux, je n’ai plus peur, je garde confiance. Le Père du Ciel veille et les accompagne.

♦ Mardi 24 mars

« Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? » (Matthieu 12, 48)

Carine : En six mois, j’ai perdu mes deux parents. Dans cette épreuve, ma sœur et mes trois frères furent un immense soutien, un don de Dieu. Si avoir même père et même mère nous donne un air de famille, nous sommes cependant très différents. Nous le savons, être frères et sœurs ne suffit pas pour être et demeurer proches. Si nous n’avions pas construit cette relation, nous nous serions sans doute peu à peu éloignés les uns des autres. Avec le temps, j’ai ainsi découvert que la fraternité était autant un don qu’une construction.
J’ai pu à nouveau le vérifier lorsque je suis entrée dans une équipe du Rosaire. Je n’ai pas choisi ses membres, j’ai appris à les recevoir comme des frères et des sœurs donnés par Dieu. En priant chaque mois avec eux à la maison, en méditant la Parole de Dieu et en la partageant, de véritables liens fraternels se sont tissés entre nous. Savoir que cette prière réunit des personnes dans le monde entier élargit encore notre fraternité. N’est-ce pas ce que nous vivons avec cette retraite de carême ?
Notre fratrie s’est construite dans la reconnaissance d’une parenté commune. De même dans les équipes du Rosaire, cette fraternité s’est appuyée sur une même paternité, notre Père du Ciel. Être frère et sœur n’est pas qu’une affaire de chromosomes partagés. 
L’aveugle-né, abandonné par ses parents, jeté hors de sa communauté, rencontre et confesse sa foi en Jésus. Il se prosterne devant la source d’une vie qui vient de plus loin que lui-même, qui coule pourtant dans ses veines et le sauve.

♦ Lundi 23 mars

« En passant, Jésus vit un aveugle de naissance.

Ses disciples l'interrogèrent : "Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents ?" »

Sébastien : D’habitude, dans l’Évangile, c’est le malade qui demande à Jésus la guérison. Ici, c’est l’inverse. Jésus voit l’aveugle alors que celui-ci ne lui demande rien. Il gît à même le sol, lui dont on ne connaît même pas le nom. Il n’est que ténèbres aux yeux des hommes et peut-être même à ses propres yeux. Parce qu’il est aveugle, depuis sa naissance, il est accusé d’être pécheur. Les pharisiens sauront le lui rappeler : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance »*. Comment pourrait-il même demander la guérison celui qui est convaincu de payer sa dette à Dieu ? Et à qui la demander, puisqu’il ne connaît pas encore Jésus ? 
Pourtant il est regardé par Jésus.
Jésus connaît l’enfermement dans lequel il est piégé. C’est pourquoi Il prend l’initiative d’aller vers lui et de le guérir. Quand Il met les mains dans la boue, Jésus ne donne pas une explication au mal qui atteint ce pauvre aveugle, Il ne cherche pas à justifier ce mal pour mieux s’y résigner, mais Il cherche à lutter contre ce mal en rejoignant celui qui souffre. Il le délivre de sa cécité et le mène à une libération intérieure. L’aveugle se lève, se met en marche et aura même le courage d’affronter les puissants pharisiens pour leur affirmer que Jésus son libérateur est de Dieu. 
Bien des fois, nous passons notre chemin sans nous retourner. Face à ce mendiant à même le sol, Jésus ne s’embarrasse pas des jugements qu’on lui adresse, mais Il fait quelque chose pour lui : Il le rejoint dans sa nuit pour le mener à la lumière. Il nous invite à faire de même.

*Evangile selon saint Jean, ch.9, v.34

♦ Dimanche 22 mars

Frère François-Dominique Forquin : Récemment, j’ai changé de lunettes. J’ai découvert que si mes yeux étaient fatigués, c’est parce que ma vision était sur-corrigée ! Il fallait donc baisser la correction pour améliorer ma vision. 
Souvent, nous nous heurtons à un monde dur et compliqué et nous pouvons être tentés de sur-corriger le regard que nous portons sur lui. La vie est si âpre et nous espérons tant qu’elle soit si douce. Pensant la regarder dans la lumière de la foi, n’avons-nous pas tendance à la peindre en rose ? 
Dans l’Évangile, quand l’aveugle-né est guéri par Jésus, il voit qu’il est tout aussi rejeté et exclu de la communauté qu’auparavant. On fait son procès pour le traiter de menteur et même ses parents et sa propre famille le lâchent : autant dire que quand notre aveugle ouvre les yeux, il voit tout sauf la vie en rose ! Laisser le Christ nous ouvrir les yeux, c’est peut-être d’abord consentir à voir le monde tel qu’il est, souvent ténébreux, mais où la lumière parvient, malgré tout, à se frayer un chemin. 
Le paradoxe, c’est que pour avoir accès à cette lumière donnée par le Christ, les yeux de chair ne servent à rien. C’est l’expérience de notre aveugle. Guéri, c’est seulement progressivement qu’il va accéder à la lumière de la foi et reconnaître son Sauveur. Jésus n’est d’abord pour lui qu’un « homme »*. Il devient ensuite à ses yeux un « prophète »**. Enfin, notre ancien aveugle prend le risque d’être exclu en reconnaissant que Jésus vient « de Dieu ». Lorsque Jésus revient vers lui et lui parle, ses yeux s’ouvrent, comme une seconde fois : il reconnaît Jésus comme Messie et se prosterne devant lui. Nous aussi, nos yeux ne nous servent à rien si nous ne laissons pas le Christ les ouvrir par sa Parole.
Les membres des Équipes du Rosaire avec qui vous allez cheminer cette semaine s’accueillent les uns chez les autres chaque mois, non pour prier un chapelet, mais pour partager avec Marie la Parole de son Fils. En laissant le Christ ouvrir leurs yeux par sa Parole, ils apprennent à regarder le monde avec les lunettes de Dieu.

*Evangile selon saint Jean, ch.9, v. 11 
**Evangile selon saint Jean, ch.9, v.17

3ème semaine de Carême :

don de l'Esprit Saint

avec le frère Eric-Thomas Macé du couvent Saint-Jacques à Paris

♦ Samedi 21 mars

« Ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné,

mais un esprit de force, d’amour et de pondération » (2 Tm 1, 7i)

La phrase « Que la force soit avec toi » tirée du film Star Wars a marqué les esprits. Elle dit notre attrait et peut-être notre fascination pour la force. Mais de quelle force parle-t-on ? Celle qui vient de Dieu permet de tenir bon dans les difficultés, de résister aux tentations et de persévérer dans le bien. Où la trouver, comment nous est-elle donnée ?

Johan a expérimenté dans sa jeunesse une forte dépendance aux jeux vidéo. Il est entré au Cenacolo, une communauté qui cherche à libérer de leur addiction des hommes et des femmes. Il y a vécu une forme de confinement temporaire, mais sans internet ni télévision. Ce fût pour lui une étape essentielle où il a retrouvé le sens de la réalité, le goût pour la vie, et la force d'être libre. Il témoigne aujourd'hui de son chemin de résurrection où le don de force lui a été donné de la façon la plus inattendue.
Frère Benoît Ente

 ♦ Vendredi 20 mars

« Arrive une femme de Samarie qui venait puiser de l'eau » (Jean 4, 7)

Il y a des rencontres improbables qui changent nos vies. Jésus et cette anonyme Samaritaine nous donnent cette semaine une des plus belles leçons de théologie. Ils n’ont rien de commun : ni religion ni mœurs. Tout les oppose et creuse une distance infranchissable. Juifs et Samaritains ne doivent même pas se parler de peur d’être souillés. 
Et pourtant, Jésus franchit le pas, au risque de sa vie. Mais pourquoi elle ? 
Depuis toujours, cette Samaritaine nous fascine et nous agace en même temps. Audacieuse, bavarde, elle pose des questions tantôt espiègles tantôt profondément spirituelles. En réalité, ses interrogations traduisent sa soif immense de vérité. Elle a bien remarqué qu’il y a des justes et des hypocrites chez les Juifs comme chez les Samaritains. Alors qui a raison ? Elle veut comprendre où et qui est Dieu. 
Elle est fatiguée des réponses faciles. Elle attend une parole cohérente, crédible, universelle et rejoint notre questionnement aujourd’hui. Que de facettes chez cette Samaritaine ! 
C’est à cette femme si étrange que Jésus assoiffé adresse la parole en premier. Auprès du puits, alors qu’ils ne devaient pas avoir de conversations seuls et encore moins boire ensemble, cette rencontre est devenue un échange si profond que l’un et l’autre se sont dévoilés en vérité. 
Elle, l’étrangère, l’adultère, la chercheuse de Dieu a été cette semaine notre guide vers Jésus. Avec ses questions et contradictions, elle nous a aidés à rencontrer le Christ. 
Maintenant à nous de jouer.

♦ Jeudi 19 mars, fête de Saint Joseph

« Si tu savais le don de Dieu » (Jean 4, 10)

Femme de Samarie, dis-moi quel est ton secret. Qu’as-tu donc de si particulier pour que Jésus t’ait choisie ? Pourquoi toi et non pas un de ces douze apôtres qu’Il a lui-même choisis ? Serais-tu plus forte que ces hommes ? Dévoile-moi ton secret ! 
Audace et vérité sont tes deux qualités majeures et le Christ a su déceler en toi cette franchise et cette force qu’Il aime chez ses disciples. Cette force te vient du regard que le Christ a porté sur toi. Il ne t’a ni jugée ni condamnée. Au contraire, Il t’a enseigné et éclairée. Dans son regard, il n’y a que charité et douceur, tu l’as compris tout de suite. 
En te donnant sa confiance, Il t’a aussi donné la force de croire en toi. Tu t’es laissé convertir et transformer par la Parole de Jésus et tu es devenue la première messagère de la Bonne Nouvelle, la première appelée et envoyée. Cet appel ne t’a pas surprise. Tu y as cru et tu as répondu avec la générosité de ton cœur aimant. 
Mystère de la Vocation : Jésus appelle qui Il veut, quand Il veut. Son appel et sa foi en toi t’ont donné la force d’en haut, le don de l’Esprit qui permet aux faibles et aux petits de devenir porteurs de la parole de réconciliation. 
Femme de Samarie, ton secret est donc de faire une confiance totale à la bonté de Jésus. Intercède pour nous. Puissions-nous, nous aussi, croire en cette confiance que Jésus a en chacun de nous. Tous, nous sommes invités à devenir missionnaires, pauvres vases d’argile, certes, mais porteurs d’un trésor hors de prix. 
Femme de Samarie, si toi tu as réussi, pourquoi pas nous ?

♦ Mercredi 18 mars

« Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant » (Psaume 41,3)

Tu as soif, Jésus. Étonnant non ? Toi qui vas rassasier des foules, qui transformes 600 litres d’eau en vin, et en bon vin, tu as soif. Comme tous les marcheurs en plein cagnard, tu es fatigué et assoiffé. As-tu vraiment besoin de quelqu’un pour te donner un peu à boire ? Montre ta puissance, Jésus ! 
Assis auprès du puits, incapable de puiser faute de jarre, tu attends. Dieu se fait homme au point d’éprouver la fatigue, la soif et surtout ce sentiment d’échec et d’incapacité. Comme tout un chacun, Dieu serait-Il faible ? « Donne-moi à boire. »* Cette demande jaillit comme une prière, un soupir, une expression de fragilité. Comme sur la croix tu exprimes ton humanité si vulnérable. « J’ai soif ! »** 
Ici, pas de miracle, pas de démonstration de puissance, juste l’acceptation de notre condition humaine et la confiance donnée à une femme. Et c’est là que se déploie ta puissance, ta puissance de conversion des cœurs. 
Ce face à face avec cette femme, votre conversation franche et directe, sans a priori, ta vulnérabilité et ta confiance donnée, tout cela l’a retournée, convertie. Tu veux lui donner bien plus qu’elle n’ose demander, tu quittes la réalité d’une soif pour l’amener au désir de l’Esprit saint. Tu parles d’une eau surnaturelle, vivante et éternelle que tu donnes en abondance à ceux qui te la demandent. Cette eau-de-vie éternelle est un don de Dieu, elle étanche tout désir et toute soif, y compris la soif de Dieu. 
« Donne-moi de cette eau ! »*** Retournement de situation ! C’est elle qui maintenant veut boire. Pas à pas, tu amènes doucement cette femme à lever les yeux.

*Evangile selon saint Jean, ch. 4, v. 7 
**Evangile selon saint Jean, ch. 19, v. 28 
***Evangile selon saint Jean, ch. 4, v. 15

♦ Mardi 17 mars

« Tu as raison de dire que tu n'as pas de mari :

des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant

n'est pas ton mari ; là, tu dis vrai » (Jean 4, 17)

« Va ! Appelle ton mari et reviens ici ! » Voilà une bien étrange mission que tu proposes à cette femme. Est-elle trop insistante avec ses questions au point que cela risque de devenir gênant ? La réponse de la Samaritaine est déconcertante « je n’ai pas de mari ! »* Et ta réaction, Jésus de Nazareth, est encore plus étonnante. Cette femme est une mangeuse d’hommes et une adultère. Elle a eu cinq maris déjà et elle attaque le sixième. 
Fuis cette femme, Jésus. En parlant avec elle, tu risquerais de perdre toute crédibilité, fuis vite et loin ! Mais tu ne fuis pas cette pécheresse, tu ne la juges ni ne la condamnes, au contraire même, tu continues à lui parler : « tu as raison, en cela tu dis vrai. »** 
Jésus, tu nous étonneras toujours. Tu sais discerner « que dans les plus grands pécheurs il y a ce qui fait les plus grands saints ». Tu es venu chercher et sauver ceux et celles qui sont perdus et devant cet abîme de péchés tu montres un abîme de miséricorde et de confiance. Non seulement tu ne la chasses pas hors de ta vue, mieux encore tu l’envoies en mission : « Va, appelle, reviens. » 
Mystérieusement, tu as compris qu’en cette Samaritaine, il y a une foi et une force de conviction dignes d’un apôtre. Tu n’hésites pas à appeler une femme que tout le village doit mépriser pour en faire l’instrument de ta Parole. 
Comme cette femme de Samarie appelée par Jésus, alors qu’apparemment elle n’a pas le profil de la charge, chacun de nous, fasciné par Jésus, nous pouvons avec nos vies cassées et nos blessures devenir, nous aussi, ces porteurs de l’Évangile. 
Et si c’était vrai ?

*Evangile selon saint Jean, ch.4, v. 17 
**Evangile selon saint Jean, ch. 4, v. 18

♦ Lundi 16 mars

« C'était la sixième heure, environ midi » (Jean 4, 6)

Après avoir choisi ses douze apôtres, Jésus leur donne une consigne ferme : n’entrez pas chez les païens ni dans les villes des Samaritains. 
Et pourtant, aujourd’hui Jésus transgresse ses propres ordres et le voici en Samarie, près du puits de Jacob, seul, fatigué et assoiffé. C’était la sixième heure, midi, l’heure du repas et du repos. L’heure où on ne sort plus de chez soi, car il fait vraiment trop chaud. C’est l’heure bénie où l’on refait ses forces dans la douce intimité de la maison qui donne fraîcheur et sécurité. Voici l’heure où rien ne se passe et où la chaleur invite à la sieste et au silence.
Contre toute attente, c’est à ce moment surprenant que la Samaritaine sort avec sa jarre pour puiser de l’eau alors que ses compagnes ont accompli cette rude tâche le matin, à la fraîche. La présence de cette femme n’étonne ni ne surprend Jésus. La conversation s’engage, l’intimité s’installe malgré la température et l’heure qui tourne. 
Pour Jésus, il n’y a pas d’heure pour rencontrer Dieu ! Dieu se présente à nous sans rendez-vous et à chaque instant de nos vies. « Crois-moi, femme, l’heure vient ! »* 
L’heure de Jésus, c’est maintenant, où que nous soyons et qui que nous soyons. Il s’invite dans nos vies telles qu’elles sont. À la sixième heure, Jésus se présente comme le Messie à la Samaritaine. De même, à la sixième heure, Jésus crucifié donnera sa vie pour que le monde soit sauvé. 
Il n’y a pas de mauvaise heure pour rencontrer le Christ, Il se révèle et Il sauve quand Il veut, quand nous avons l’audace d’aller à lui, comme elle.

*Evangile selon saint Jean, ch.4, v. 21

♦ Dimanche 15 mars

Femme de Samarie, qui es-tu véritablement ? Tu restes une énigme pour moi. Je ne connaîtrai ton visage et ton nom que si je vais au Ciel, si je peux y entrer. Mais je tiens à te voir tant ta rencontre avec Jésus me bouleverse. Tu es la première personne à qui Jésus se révèle comme étant le Christ, le Messie. Qu’a-t-Il perçu dans ton cœur pour te dire ce secret ? Qu’a-t-Il saisi de ta vie complexe pour ne pas te juger ? Première missionnaire en terre samaritaine, tu accomplis ton ministère avec succès. Bravo ! 
Mais tu vas le payer cher. Qui donnera du crédit aux paroles d’une femme seule ? Et quelle femme !
Il te faudra du culot pour affronter ces villageois qui croient si bien te connaître. Et pourtant c’est bien toi que Jésus envoie, toi, en qui Il place sa confiance et son espoir de réussite. C’est toi qui devras mettre les mains dans le cambouis et annoncer la Bonne Nouvelle telle que tu es. Sans fard ni apparat. 
Il sait que dans ce travail, ce ministère, tu laisseras une part de toi-même. Annoncer Jésus exige d’être vrai. « Venez voir ! Il y a un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ! Ne serait-il pas le Christ ? »* Sans que Jésus t’ait rien demandé, tu vas rassembler tout le village pour annoncer un mystérieux personnage qui sait lire au plus profond des cœurs et des reins. 
Et ça marche ! Ceux qui ont écouté ton appel se déplacent pour voir Jésus et l’invitent même à demeurer chez eux. Jésus pourra prêcher, enseigner, rompre le pain et guérir les malades. Tout cela, grâce à toi ! 
Tu répands la bonne odeur du Christ, sans jamais te mettre en avant ni crever l’écran. Tu ne laisses qu’un sillage impalpable où chacun peut rencontrer le Christ sans s’attacher au missionnaire. « Ce n’est plus à cause de tes dires que nous croyons… »** Comme la jarre qui reste vide et inutile, tu as tout donné et la mission est bien lancée, mais toi, tu ne comptes plus. Seul Jésus importe maintenant.
Servante anonyme… mais tellement efficace. Merci, Femme de Samarie.

*Evangile selon saint Jean, ch. 4, v. 29 
**Evangile selon saint Jean, ch. 4, v. 42

2ème semaine de Carême :

don de la Parole

avec le frère Jean-Pierre Mérimée qui va nous faire profiter de son expérience
de prêtre ouvrier partageant la condition des pauvres,
pour nous parler cette semaine de ce don de la Parole.

♦ Samedi 14 mars

« Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden

pour qu’il le travaille et le garde. » (Genèse 2, 15)

Heureusement, il y a des chercheurs qui étudient l'histoire, les mathématiques ou le fonctionnement d'un virus. Face à l'épidémie qui nous frappe, leur recherche éclaire nos choix individuels, les décisions d'un pays et nous aide à adopter les gestes qui sauvent. Par le don de science, Dieu soutient de façon invisible ce travail scientifique.

Au commencement, Dieu a tout créé avec sagesse et par amour. « Dieu vit tout ce qu’il avait fait, cela était très bon » (Gn 1, 31). Le péché a ensuite blessé cette création. Malgré cela, le don de science nous rend capables d'étudier le monde, de le contempler et même de reconnaître Dieu dans sa création.

Le troisième film de notre série donne la parole à Jean-Daniel. Il témoigne de sa rencontre bouleversante avec la nature. Celle-ci a provoqué chez lui un radical changement de vie et la découverte du Dieu d'Amour, le Dieu de Jésus-Christ. 

Le monde est touché par une épidémie. Des mesures sanitaires sont prises en Europe et ailleurs. À ces mesures nécessaires, nous voulons ajouter le soutien de la prière pour une plus grande solidarité entre nations et entre individus en communion avec les personnes touchées : les malades, les soignants, les personnes isolées, ceux dont le travail est menacé et ceux qui nous ont quittés.
Aussi, nous vous proposons, chers retraitants, soutenus par la prière de Marie, de nous unir tous pour nous adresser à Dieu notre Père autour d'une neuvaine de solidarité contre le coronavirus. Cette neuvaine commencera le mardi 17 mars et se terminera le jour de l'Annonciation le 25 mars. 
Nous vous communiquerons le principe et les détails de cette neuvaine dans un mail spécifique ce dimanche 15 mars.

En toutes circonstances, gardons fermement la foi, l'espérance et la charité.
Frère Benoît Ente, op

♦ Vendredi 13 mars

« Mais tu veux au fond de moi la vérité » (Psaume 50, 8)

La joie, c’est de ce côté-là qu’il faut chercher celui que notre cœur aime. Serait-ce sur le versant ensoleillé de la vie, dans la fête où l’on jette au feu sa robe de tristesse ? En un mot au banquet du Royaume ? Comme on aimerait ! Ce serait occulter le mal à l’œuvre dans le monde. 
Alors, quel contenu donner à la joie pour un disciple du Crucifié ? Quelle joie sur le visage de l’homme trahi, bafoué, abandonné de tous ? Le chemin de croix illustre le versant d’ombre de l’humanité, sa complicité avec le mal. Cette part de ténèbres qui pèse sur ma vie, comment s’en libérer, sinon en la regardant en face : suis-je pour quelque chose dans le malheur du monde ? Comment lutter contre ? 
Je vais reconnaître ma part non pas en raison de quelque complaisance malsaine envers la culpabilité et ses pièges, mais parce que faire la vérité dans ma vie libère.
La joie, elle se donne dans une parole vraie. Nous apprenons à la recevoir, la joie, elle se gagne. C’est la leçon que donne François d’Assise à frère Léon, de fort méchante humeur d’avoir à voyager par le froid le ventre creux. Le poverello lui dit : « Allons nous réfugier auprès de ce couvent. » Le frère portier, les prenant pour deux vagabonds, leur claque la porte au nez. Et François de dire : « Là est la joie parfaite ! » Cette joie parfaite, il l’explique ainsi : « Se vaincre soi-même et supporter volontiers pour l’amour du Christ les peines, les injures, les opprobres et incommodités. » 
La joie, sa vérité en Christ ressuscité, c’est de reconnaître que la vie que nous recevons de lui est belle, quoi qu’il arrive.

♦ Jeudi 12 mars

« Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu,

ne retint pas jalousement le rang qui égalait à Dieu.

Mais il s'est anéanti, prenant la condition de serviteur,

devenant semblable aux hommes » (Philippiens 2, 6-7)

Je regarde la vie du Christ. Toute sa vie, Il recherchera la dernière place, pour mieux rencontrer et servir ceux à qui personne ne parle, ni même ne regarde. Sa vie est si étroitement liée à celle de l’homme qu’on pourrait parler de communauté de destin. C’est ce qu’ont essayé de vivre à sa suite les saints de tous les temps dans leur solidarité avec l’humanité. 
Au cœur de nos différences, rencontrer l’autre, c’est percevoir l’égalité radicale qui nous réunit, c’est me permettre de reconnaître que je lui suis semblable, y compris dans la fragilité. Et cette perception d’une commune fragilité peut devenir la source d’une véritable solidarité. 
Toute sa vie, Jésus a été solidaire. Il a tout partagé : son père qui est « notre Père »*, sa vie, sa mort, « ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne »**, sa résurrection « je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée »***, son Esprit donné à la Pentecôte, à chaque baptisé, offert à qui l’accueille. 
Peut-être serions-nous tentés de dire, accablés par une telle générosité : « Moi, je n’ai rien demandé, je ne veux rien devoir à personne, à Dieu encore moins qu’à n’importe qui d’autre. » À vérifier…
Le Robinson Crusoé de l’amour sur son île déserte, ça n’existe pas, c’est comme ça, on a besoin des autres et réciproquement. Aimer, c’est donner, sans calcul, sans rien attendre en retour que le bonheur du geste, et tous ceux qui pratiquent le don sous cette forme font partie de la même famille, qu’ils confessent ou non celui qui est la source et le sommet de ce don, Jésus.

*Evangile selon saint Luc, ch.11, v. 2-4
**Evangile selon saint Jean, ch. 10, v. 17-18
***Evangile selon saint Jean, ch.17, v.22

♦ Mercredi 11 mars

« Je te fiancerai dans la justice et dans le droit,

dans la tendresse et dans l'amour. Je te fiancerai à moi

dans le fidélité et tu connaîtras le Seigneur » (Osée 2, 21-22)

Comment un avenir est-il possible ? Consultez les enquêtes d’opinion : une écrasante majorité des sondés ne croient pas en l’avenir, sinon pour prophétiser le pire, certains allant même jusqu’à prédire l’effondrement de nos sociétés, la mort prochaine de la planète. No future. Faut-il ignorer toutes les menaces qui pèsent sur notre maison commune ? Le pape François lui-même n’a-t-il pas tiré le signal d’alarme dans l’encyclique Laudato si ? 
Reprenons la manière dont Dieu agit avec son peuple. Avec Abraham, Il est le Dieu de la promesse, avec engagement réciproque : Dieu lui promet une descendance, un pays. Abraham se met en route, confiant dans la parole du Seigneur. Mieux, Dieu est comparé avec le prophète Osée à un fiancé qui va rappeler à sa fiancée les vœux de sa promesse, la tendresse des premiers engagements. 
Engager sa vie par une promesse ? Et quoi promettre aujourd’hui ? Face à tant de réticences à s’engager sur la durée, il est temps de réhabiliter la promesse. Elle seule permet de se projeter dans l’avenir, de tracer une route, d’exprimer une volonté déterminée, et surtout de pouvoir faire confiance et compter sur celui qui s’engage. Il n’y a pas une seule société au monde qui puisse vivre sans promesse. Sans elle, pas d’alliance qui tienne entre humains, de traité entre peuples. 
On peut promettre parce que Dieu s’engage dans sa Parole, le peuple qu’Il va conduire s’appellera le peuple de la Promesse, le peuple de l’Alliance. Un avenir devient possible pour chacun de nous, une promesse qui prend visage d’homme, Jésus, Dieu-avec-nous.

♦ Mardi 10 mars

« Ton honneur, c'est de courir au combat  pour la justice,

la clémence et la vérité » (Psaume 44, 5)

Seul dans un monde peuplé de solitudes suis-je condamné au soliloque ? 
Je veux entrer dans une Parole qui libère, qui soit à la fois présence dans l’absence et force dans la faiblesse. « Dieu était là et je ne le savais pas »*, constate Jacob après son terrible combat avec l’ange. C’est souvent après coup que l’évidence de la présence de Dieu s’impose. Alors, fini de me complaire dans ma solitude. Je peux rejoindre mes frères. Dieu est là, sa Parole devient audible. Il faut relire tous les psaumes, tous les prophètes, au cœur de la Bible ils sont autant de paroles de pauvres qui crient vers Dieu, vers celui qui les rassemble en un seul peuple libre.
Ce n’est plus le Dieu que je fabrique à ma mesure pour tromper ma solitude, mais le Dieu de la parole commune, de ce bien commun qui irrigue toute vraie vie. Celle d’une parole partagée, une parole qui fait corps. Je la célèbre au chœur avec mes frères où les voix s’unissent en une seule prière, dans la vie associative où la solidarité fait la force. Je la retrouve dans la vie de tous ceux qui rejoignent des compagnons de route, en quête de la beauté d’un monde voulue par le Créateur, un monde libre à partager, ouvert à tous. Une terre à respecter, à défendre, à soigner ensemble. À habiter par la Parole méditée, le service du prochain, la contemplation du beau et la bonté du geste.
« La vie est belle, continuons le combat », ne cessait de répéter un ami prêtre-ouvrier près de mourir. La vie, le merveilleux don de la vie, le merveilleux don de la Parole de vie, si fragile, est aussi un combat à mener ensemble. 

* Livre de la Genèse, ch. 28, v. 16

♦ Lundi 9 mars

« Le Seigneur parlait à Moïse face à face,

comme un homme parle à son ami » (Exode 33, 11)

Devant un certain silence de Dieu, le mieux n’est-il pas de lui parler ?
Non pas pour meubler un silence trop pesant, non pas pour me parler à moi-même en feignant de m’adresser à lui, mais en usant de ce privilège extraordinaire de pouvoir lui parler aussi simplement qu’un enfant parle à sa mère, qu’un ami parle à un ami. Parce que notre Dieu est ainsi, tout proche, à la porte de notre cœur. Me confier à lui dans la prière, le faire témoin de mes combats intérieurs, de mes élans vers lui, de mes rejets, de mes engourdissements ; lui dire mes désirs, mes passions, mes joies, pour m’ouvrir à sa joie. Sans projeter sur Dieu mes frustrations, mes échecs, mes déprimes et pour finir avec un Dieu sans joie.
Dans ma prière, je cherche la parole juste, celle qui rend compte de ce que je veux faire de ma vie, une vie ajustée à ce que je sais de Jésus à travers les Écritures, cet élan vers le plus petit, cette attention à l’autre, cette capacité à aimer sans mesure.
Face à cette exigence, je me découvre pauvre. Saint Jean me rassure : « Notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur. »* Le monde de Jésus, son Royaume, est un repas fraternel.
Je découvre une présence plus intime à moi que moi-même, et en même temps à distance parce qu’elle est la promesse même, l’exigence de tout amour vrai, dont la trop grande proximité consume.
Parlez à Dieu pour mieux entendre sa réponse, parlez à Dieu pour mieux parler de lui. « Approchez-vous de Dieu, Il s’approchera de vous. » **

* Première lettre de Jean, ch. 3, v. 20
**  Saint Grégoire de Narek

♦ Dimanche 8 mars

« C'est que Dieu parle une fois, deux fois,

sans que l'on y prenne garde » (Job 33, 14)

Combien de fois je me suis mis à genoux ou bien assis, décidé à écouter ce que le Seigneur avait à me dire pour éclairer un moment de ma vie un peu compliqué ? Et là, rien ne se passait comme prévu.
Dans ma tête, le brouhaha habituel, tout ce qui fait l’inquiétude de la vie, sa souffrance et sa joie à certains jours, défilait derrière mes yeux fermés. J’emportais avec moi dans la prière cette agitation perpétuelle de l’esprit qui tourne en boucle à certains moments de manière quasi obsessionnelle :
« J’ai un problème, je ne m’en sors pas, je n’en peux plus… »
Quand je pose la question autour de moi : « et toi, Dieu t’a-t-il déjà parlé ? », les réponses ne sont pas les mêmes selon l’interlocuteur. Je me souviens de la réponse d’une amie cherchant quoi faire de sa vie. Elle prit le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle pour avoir le temps d’y réfléchir. Elle fit des rencontres, elle se retrouva face à elle-même, pria avec d’autres, lut des passages de la petite bible qu’elle avait emportée.
L’évangile de la Transfiguration la marque. Elle envie ces disciples qui entendent une voix leur parler dans la nuée. Elle, elle n’entend rien. Puis peu à peu, grâce au chemin à l’écart des rumeurs de la ville, grâce à sa marche sans parole, au murmure de la nature, une écoute nouvelle se développe et elle se met à entendre Dieu lui parler… Insensiblement, elle entre dans cet échange vrai, dans cet accueil de la Parole pour tous, ouvert à qui a l’oreille assez fine pour entendre « le murmure d’une brise légère »* par lequel Dieu s’est adressé à Élie autrefois. « Tu vois, c’est comme ça que Dieu m’a parlé ». Elle a ajouté : « Ce que je peux te dire, c’est que Dieu ne crie pas, Il parle tout doucement, ce n’est donc pas étonnant de ne rien entendre dans le vacarme ambiant. Ce qui compte, c’est une certaine qualité de présence. Être vraiment là où l’on est, avec la fatigue des pieds, le visage en nage mais l’esprit libre, c’est tout un travail, ça peut être long. » 
Dieu est patient. Si tu veux, nous ferons le chemin ensemble dans les prochains jours. 

* Premier livre des rois, ch. 19, v. 12

 

1ère semaine de Carême :

don de la Création

avec les sœurs dominicaines au monastère de La Clarté Notre-Dame
à Taulignan dans la Drôme Provençale.

♦ Samedi 7 mars

« Priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, … » (Mt 6,9)

Frère Benoît Ente : Jésus a marqué et même choqué les esprits de son époque : il appelait Dieu « Père » et même dans certaines circonstances « Papa », « Abba ». Cette dénomination traduit une profonde intimité remplie de joie entre lui et Dieu. Son bonheur d'aimer et d'être aimé en vérité, Jésus n'a pas cherché à le garder jalousement pour lui. Quand ses disciples lui ont demandé « apprends-nous à prier » il leur a répondu, « quand vous priez, dites Notre Père… ». Il les invitait à le rejoindre dans sa relation unique avec son Père et ainsi à devenir des enfants de Dieu.

Par ses paroles pleines d'humanité, le frère Gabriel Nissim du couvent Saint-Jacques à Paris nous introduit dans le mystère des enfants de Dieu, le mystère du don de piété filiale.

Bonne deuxième semaine de carême !
Frère Benoît Ente, op

♦ Vendredi 6 mars

« La création tout entière gémit, elle passe par les douleurs

d'un enfantement qui dure encore » (Romains 8, 22)

Sœur Nathalie : Ce jour-là, prenant la route, je tombe sur un panneau « Route barrée ». Si ce scénario vous rappelle quelque chose, vous connaissez la suite : demi-tour, déviation mal indiquée puis plus indiquée du tout, re-panneau, re-demi-tour, re-re-panneau, re-re-demi-tour… et de nouveau « Route barrée ».
À bien des égards, notre monde ressemble à cela, n’est-ce pas ? Par exemple en ce qui concerne la crise écologique. Comment agir efficacement face au réchauffement climatique ? Route barrée ! Face à la détérioration des relations sociales et à l’inertie politique ? Route barrée !
On pourrait laisser là toute espérance au nom du « réalisme » ; on pourrait aussi tout attendre d’un sauveur dont les pouvoirs magiques résoudraient les problèmes en un clin d’œil.
Jésus, lui, a ouvert et emprunté une autre voie. Il est passé dans le monde « en faisant le bien »* avec la force de sa prière confiante. Les attentes déçues de son peuple, les pleurs et les gémissements de la création tout entière, Il les a assumés. Il est allé jusqu’à traverser l’échec apparent de toute sa vie, la Croix.
Et voici qu’Il nous provoque aujourd’hui : membres de son Corps, nous portons la responsabilité de prolonger son action sur notre terre. Beaucoup le suivent et nous précèdent sur cette route que nous avons décidé dans notre monastère d’emprunter pas après pas, soutenues et guidées par la prière. Nos cultures bio et nos lombrics ne sauveront peut-être pas la planète ; mais qui, à part Dieu, connaît la fécondité d’une action ? Alors, route barrée, ou sauvée par la croix ? 

* Actes des apôtres, ch.10, v. 38

♦ Jeudi 5 mars

« On peut voir avec intelligence, à travers les œuvres de Dieu,

ce qui de lui est invisible : sa puissance éternelle et sa divinité »

(Romains 1, 20)

Sœur Danièle : Enfant, je montais à cheval, passionnée par cette collaboration du faible avec le fort. Le saut d’obstacles était une communion entre deux créatures pour franchir la barrière. Avec les études et la vie professionnelle, ce contact régulier avec la création s’est perdu. 
Depuis mon entrée au monastère, en pleine nature, il s’est renoué : petite main pour désherber, récolter thym et romarin dans notre jardin. La nature m’interpellait. L’oiseau qui chante à la fenêtre de mon bureau n’est-il pas un appel pour attirer mon regard et être présente là à celui qui a tout créé ? La Création serait alors notre « pédagogue ». 
Elle nous invite à la louange qu’elle-même chante. « Les cieux proclament la gloire de Dieu le firmament raconte l’ouvrage de ses mains. »* 
Dans notre vie de moniales, plusieurs fois par jour nous nous rassemblons pour louer le Seigneur. Au cours de la vie, cette louange mûrit. Elle décentre de soi parce qu’elle est une œuvre collective. Elle nous fait communier à la louange de la Création, celle d’une fleur qui éclot, d’une araignée qui tisse sa toile, celle de l’homme qui admire un paysage. 
Gardienne de la louange de l’homme, la nature ne le serait-elle pas aussi de mon humilité et de ma charité ? Les animaux font ce pour quoi ils sont créés. Ils obéissent toujours à ce que Dieu a insufflé en eux. La création me rappelle, comme en miroir, ma condition de créature avec sa vocation propre, connaître, louer et aimer.  
Il est vital d’être gardien de la création. Et tout autant de l’accueillir comme notre gardienne pour prendre soin de toi, de moi, de nous.

* Livre des Psaumes, Ps. 18, v.2

♦ Mercredi 4 mars

« Et Dieu vit tout ce qu'il avait fait : c'était très bon » (Genèse 1, 31)

Sœur Nathalie : En m’annonçant la bonne nouvelle de sa grossesse, une amie me fait part de l’impatience qu’éprouve son mari à « déballer le cadeau ». Qu’as-tu donc de si merveilleux à offrir à tes parents, petit enfant préparé dans le secret, sinon accueillir leur amour dans toute ta vulnérabilité ? Cette vulnérabilité qui va provoquer tes parents à livrer le meilleur d’eux-mêmes, jusqu’à donner ce qu’ils ne pensaient pas posséder.
La lumière, le firmament, la terre et l’eau, les herbes et les animaux, par leur existence même, chantent chacun quelque chose de la bonté de Dieu. Mais à toi et à moi, fragiles êtres humains, l’Amour a donné en partage ce qu’Il a de plus précieux : la ressemblance. Nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de celui qui est Amour.
Depuis notre venue au monde, que nous en ayons conscience ou non, un appel à accueillir l’amour et à nous offrir est inscrit au plus intime de notre être. Pas facile, même pour des moniales. Saint ou pécheur, quel que soit le regard que les autres me portent, je suis en vérité un cadeau, tel que je suis maintenant. Comme le nouveau-né, j’ose offrir mes fragilités comme mes forces, et tout simplement moi-même ; j’ose recevoir les autres comme des merveilles, tels qu’ils sont maintenant, même mes sœurs moniales ! 
Dans cette offrande réciproque et féconde, l’univers entier trouve son harmonie. Oui, l’ordre voulu par le Créateur, bien avant d’être une suite de règles est une perpétuelle respiration.
Dieu, alors, voit combien son œuvre est bonne… Il s’y repose.

♦ Mardi 3 mars

« Au commencement était le Verbe.

C'est par lui que tout est venu à l'existence. » (Jean 1, 1-3)

Sœur Véronique : J’aime guetter l’écureuil dans le soleil du matin. Au départ, ma présence le fait fuir. Puis il revient sur ses pas et me regarde, curieux. Et si j’étais une question pour cet écureuil ?
J’ai longtemps enfermé les animaux dans leur fonction décorative ou nutritive quand je ne les percevais pas comme une menace. Bien sûr, la beauté de chaque créature et le rôle que jouent les animaux suffisaient à m’inspirer une profonde reconnaissance. Mais ils n’étaient encore pour moi que de belles animations dans un décor de verdure. 
Cependant, dans le silence et la nature au sein du monastère, la beauté de la création m’est apparue plus grande encore. Éclairée par la réflexion de la communauté, j’ai entrevu ce jeu immense d’interdépendance entre les créatures.
Qu’il s’agisse de l’abeille qui pollinise les fruitiers, du ver de terre qui restaure le sol en profondeur, que de services rendus par ces armées de créatures sans lesquelles l’homme ne saurait vivre ! La beauté, la bonté, l’intelligence de ces relations d’interdépendance ont renouvelé mon regard. Les vivants devenaient mes nombreux partenaires. 
Partenaires pour un équilibre biologique, les créatures ne le seraient-elles pas aussi pour un équilibre plus existentiel ? 
Je voudrais aller encore plus loin. Lorsque mon écureuil est revenu sur ses pas, je l’avoue, j’ai été saisie de joie. J’ai eu l’intuition d’une relation, même si je n’en connais pas la nature.
Et si les liens qui unissent les créatures entre elles pouvaient revêtir une forme de gratuité, empreinte de notre Dieu-Relation ?

♦ Lundi 2 mars

« Bénis le Seigneur, ô mon âme,

n'oublie aucun de ses bienfaits » (Psaume 102, 2)

Sœur Dominique : « C’est beau la vie, c’est beau la vie, merci ! » chante Solène. Elle court et saute dans le couloir de l’hôpital où elle vient d’avoir sa chimiothérapie. La vie, elle ne l’a que depuis quatre ans… Et nous, les yeux rouges à force de fixer l’écran, chantons-nous merci à la vie ? Elle peut être dure, mais quelles que soient les difficultés, il y a des dons essentiels ; Solène nous l’enseigne, sa vie est un cadeau et elle dit merci. 
Sur quoi je pose les pieds en sortant du lit… la terre ! Elle n’est pas l’œuvre de mes mains, c’est un pur cadeau, merci ! Ce jour qui chaque matin se lève et me donne le soleil, la pluie, le vent, les ai-je achetés ? Pour eux et leur mystère, merci aussi ! Cette lune qui me berce ou me fatigue, ces nuits qui rythment ma vie, c’est bon pour moi qu’elles existent, cadeau ! Qui a planté le premier arbre ? Ni vous ni moi, ni nos ancêtres, mais quel cadeau, soyons honnêtes. Ce n’est pas une prime offerte.
S’agirait-il d’un cadeau empoisonné puisque le soleil a brûlé notre champ de lavande l’été dernier, que le mistral a enlevé notre portail et que le gel a fait éclater les conduites d’eau ? 
Cadeau empoisonné, ces journées pas assez longues et ces nuits trop courtes ? Qui répondra au grognon qui parle en moi ? La petite voix de Solène qui respire aussi en moi et choisit de dire merci au cadeau plus beau que ses malfaçons. 
Au premier office du matin, notre communauté chante « Pour le don de la terre, béni sois-tu Seigneur ». Nous le chantons en vérité pour nous, pour vous, pour le monde, pour les quatre années de Solène.
Merci ! 

♦ Dimanche 1er mars

«Toi mon enfant, tu es toujours avec moi,

et tout ce qui est à moi est à toi » (Luc 15, 31)

Sœur Marie-Elisabeth : « Les cieux sont à moi et la terre est à moi  (…) toutes les créatures sont à moi. Dieu lui-même est à moi et pour moi puisque le Christ est à moi et tout entier pour moi. » Vous ne le croirez pas, c’est signé Jean de la Croix. Serait-il atteint de mégalomanie ce grand saint champion du renoncement radical ? 
Une autre voix me susurre : « Prosterne-toi devant moi, car tout est à moi. Je suis le prince de la terre, et je peux tout donner à qui je veux. »* 
Reconnaissez-vous la voix du démon qui tente Jésus au désert ? Il veut faire croire qu’il est le seul, l’unique propriétaire de ce monde. En maître de la perversion, il utilise ce mensonge pour dominer, obliger l’homme à se prosterner devant lui et ses idoles. N’est-ce pas le même esprit à l’œuvre dans les accaparements multiples de l’homme vis-à-vis de la création : la terre, la mer, les forêts, les matières premières, le vivant breveté. Et cela pour quoi ? 
A contrario, la première voix est celle de l’accueil émerveillé d’un don inimaginable. Saint Jean hérite avec le Christ de la création et du monde. Préciser « avec le Christ » change tout. Jean n’est pas le seul héritier, il l’est avec une multitude de frères et sœurs.

Oui, nous sommes fils de Dieu avec Jésus, tous désirés d’un amour fou. Tellement fou que le Père nous offre le meilleur : lui-même à travers la splendeur de sa création et le don de son Fils. L’affirmation de Jean « le Christ est à moi et tout entier pour moi » s’inscrit dans une relation d’amour réciproque. Comme deux époux lors du mariage se font le don d’eux-mêmes dans une confiance mutuelle.
Ce que nous recevons de Dieu, cette part d’héritage qu’est la création, puisqu’elle est à moi et que j’en fais partie, pourquoi n’en prendrais-je pas soin au lieu de la défigurer avec le tentateur ? Quand je la défigure, c’est moi aussi que je défigure dans ma ressemblance avec le Fils. Oui, Dieu est à moi. Jésus s’est fait homme pour se donner à moi ‒ prenez, mangez, ceci est mon corps ‒ afin que je devienne ce qu’Il est, le Fils bien-aimé.

*Evangile selon saint Luc, ch. 4, v. 6-7

♦ Samedi 29 février

« Recevoir le don de crainte et apprendre à s'émerveiller »

Frère Benoît Ente

Premier don de l'Esprit : le don de crainte
Le don de crainte ne doit pas nous faire peur ! Aujourd'hui nous parlerions plutôt d'un respect devant ce qui nous dépasse.

Claudie Haigneré est la première française à observer la terre depuis l'espace. Son regard à distance sur le miracle de la vie a suscité son émerveillement et a provoqué une prise de conscience. Avec elle contemplons notre planète si fragile et écoutons son témoignage unique. Il nous parle des bienfaits du don de crainte et nous invite à l'humilité. 
Après ce témoignage, le frère Jacques-Benoît du couvent de Fribourg nous apporte son éclairage spirituel et biblique sur le don de crainte.
Bon film.
Frère Benoît

Frère Jacques-Benoît : ... Demander le don de la crainte de Dieu c'est, dans le même mouvement, grandir dans un amour très profond pour Dieu qui s'est fait proche de nous.

« Tu as pour manteau la lumière ! Comme une tenture,

tu déploies les cieux. » (Psaume 103, 2)

 ♦ Vendredi 28 février

« Ta Parole est lumière pour mes pas, une lampe sur ma route »

(Psaume 118, 105)

As-tu déjà remarqué cette petite lumière rouge qui luit au fond de nos églises ? Elle est là, simplement, près du tabernacle où Jésus est présent. J’aime y venir, dans l’obscurité et le silence de la nuit, quand la ville dort ou s’éveille, pour y passer un moment près du maître de nos vies. Pourtant, me laisser accueillir par Dieu et l’accueillir à mon tour, ne me laisse pas tranquille. Une parole, un appel se fait entendre dans le silence pour m’inviter à rayonner de cette lumière qui la première m’a éclairé, pour prêter ma voix à la Bonne Nouvelle. C’est par elle que Dieu modèle petit à petit le cœur de son peuple, le cœur de notre monde. 
Ce premier vendredi de Carême, à la suite de saint Dominique, je contemple la Croix, celle de Jésus et les nôtres. Par-delà chacune des croix auxquelles nous nous affrontons, c’est le mystère de la mort et de la résurrection du Christ qui s’inscrit dans nos vies. Cette Bonne Nouvelle s’adresse à tous et a besoin de messagers, de prophètes pour la porter et l’annoncer. « Comment l’invoquer sans d’abord croire en lui ? Et comment croire sans d’abord l’entendre ? Et comment entendre si personne ne proclame ? »* Et c’est moi, et c’est toi qui en recevons l’appel. Pas besoin de héros, mais de missionnaires. Pas besoin de super pouvoir, mais du Saint-Esprit qui se donne à ceux qui acceptent de se mettre à son école. 
« Que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »** 

* Lettre aux Romains, ch 10, v 14
**Evangile selon saint Matthieu, ch. 5, v. 16

♦ Jeudi 27 février

« Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden

pour qu’il le travaille et le garde. » (Livre de la Genèse 2, 15)

Dès le commencement, l’homme et la femme, créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, sont associés à son œuvre. Pas seulement comme locataires du fabuleux jardin mis à leur disposition, pas seulement comme gérant du domaine pour le bon plaisir du maître des lieux, mais réellement dans une œuvre de coopération. Ils sont responsables de nommer les êtres qui se trouvent devant eux, ils sont chargés de la bonne garde du monde, ils ont surtout la responsabilité de faire advenir cet univers que Dieu a préparé pour eux jusqu’à sa plénitude. 
« Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et gouvernez-la. »* La terre, notre maison commune, nous est confiée, dans tout ce qu’elle est et représente.
Et plutôt que la soumettre à nos désirs, nous avons à la gouverner à la manière dont le Christ s’est révélé comme roi : « Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir. »** Dans l’attention à la nature, dans l’accueil des enfants dans nos familles, mais également dans chacun de nos engagements professionnels, familiaux, associatifs, c’est un même service qui nous anime. Notre travail, comme tout engagement, se fait ainsi au service des autres, jusqu’aux plus petits. La Bible ne le définit pas d’abord par la pénibilité ou la contrainte, mais comme une bénédiction, pour soi, pour les autres, pour le monde. « Et Dieu vit tout ce qu’Il avait fait ; et voici : cela était très bon. »*** 
Aujourd’hui, ajustons-nous à ce que nous sommes, répondons à l’appel à déployer au mieux nos talents, alors seulement la justice peut naître.
La paix de notre monde est déjà en germe.   

* Livre de la Genèse ch 1, v 28   
** Evangile selon saint Marc, ch.10, v. 45   
***Livre de la Genèse, ch.1, v. 31

Semaine des Cendres :

don de la coopération avec Dieu

avec le Frère Jean-Charles Rigot du couvent de Rennes

♦ Mercredi 26 février - Mercredi des Cendres

« Revenez à moi de tout votre cœur » (Livre de Joël 2, 12)

Non, vraiment, ce Carême qui commence ne sera pas de tout repos. Nous rêvions de laisser le Seigneur nous conduire tranquillement ? C’est loupé. Bien au contraire, par la multiplicité des indications qu’Il nous laisse par son prophète Joël, Il nous entraîne dans une folle aventure : nous laisser combler de sa miséricorde, laisser notre cœur accueillir un à un les dons qu’Il veut nous faire, jour après jour, comme un calendrier de l’avent, mais en Carême. 
Et le premier cadeau que Dieu te fait, c’est toi, dans toute ta simplicité et toute ta beauté. Tu n’as pas été créé par automatisme, mais par amour. Tu n’es pas esclave, mais ami. Tu n’es pas exécutant, mais coopérateur.

Alors, ose t’accueillir toi-même, tel que Dieu t’a créé, tel qu’il t’a aimé et t’aime encore. Tu es pécheur, imparfait ? Tu te trouves trop indigne de la tendresse de Dieu ? Sans doute, mais tout ça, Il le sait, et pourtant, Il demeure dans son amour et sa tendresse pour toi, parce qu’il sait que tu vaux mieux que toutes tes fautes et tes errements, parce qu’il te fait confiance et qu’il voit le meilleur en toi. « Déchire ton cœur »*, ajoute Joël, non pour le détruire, mais pour l’exposer à la douce chaleur du cœur même de Dieu, pour oser avancer avec lui dans sa vie, dans ta vie. C’est dans les choix que tu poses aujourd’hui que déjà tu participes à ce que Dieu fait pour toi. 
Mon ami, relève-toi, n’aie pas peur, tu n’es pas seul sur ce chemin de Carême. Ton Dieu est avec toi, Il t’attend et compte sur toi. 

*Livre de Joël, ch.2, v.13

Si vous vous inscrivez à Carême dans la ville, vous pourrez écouter la méditation que vous recevrez chaque jour, ce qui est très agréable comme vous pouvez vous en rendre compte dans cet exemple, mais sur le site je ne pourrai pas tout mettre en vidéo, je n'y mettrai que les témoignages. Les méditations seront donc à lire.

Introduction

Frère Benoît Ente, responsable de Carême dans la ville : entré en 2003 chez les Dominicains, le frère Benoît rejoint Lille en 2015 pour vivre en quartier populaire et travailler avec l'équipe de Retraite dans la ville.

Quel avenir pour notre monde, quand l'intérêt individuel semble primer sur le bien commun ? Pourtant, plus que jamais, la soif d'absolu, la recherche de la vérité sur Dieu et sur l'homme, habite et travaille l'esprit de nos contemporains. Ils attendent une réponse crédible à leurs questions.

Au puits de Jacob, une femme de Samarie attend aussi une réponse à ses questions. Elle est visiblement isolée, exclue des siens et probablement méprisée par eux. Qui parierait sur son avenir ? Jésus ose lui parler en tête à tête. Il devine sa quête d'absolu, sa soif immense de Dieu. Et il la réveille. « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » La Samaritaine en est retournée.  Le carême nous offre un temps favorable à l'exploration du don de Dieu.

Le frère Jean-Charles Rigot nous parlera de la confiance que Dieu nous donne quand il fait de nous ses partenaires. Avec les sœurs du monastère de Taulignan, nous ouvrirons nos yeux sur le merveilleux don de la création. Le frère Jean-Pierre Mérimée nous fera méditer sur le don de la parole et le frère Michel Lachenaud sur celui de la vie. Des membres des équipes du Rosaire partageront leurs expériences du don de l'autre, de l'ami, du pauvre, du conjoint. Au cœur de notre Carême, le frère Eric-Thomas Macé nous fera pénétrer les secrets de la Samaritaine et du don de l'Esprit. Enfin nous suivrons pas à pas la Semaine Sainte avec le frère Marc-Antoine Bêchétoille qui nous présentera le don du Fils et de la vie éternelle.

Pour compléter ce parcours, chaque samedi, une vidéo-témoignage développera l'un des 7 dons de l'Esprit annoncés par Isaïe et trop peu connus.
Pour vous inscrire à la retraite, cliquez ici
Comme chaque année, vous pourrez poser une question à une sœur ou un frère dominicainconfier vos intentions de prière à la communauté et unir votre cœur à celui des frères dans la prière des vêpres.

Le temps de carême est un don de Dieu ; saisissons-le et partageons-le.
Notre Père nous le rendra, notre cœur se réjouira.