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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU
 

Un temps privilégié pour se ressourcer et revenir ainsi à l'essentiel avec


la prière, le jeûne et le partage

Dans cette page évolutive, vous trouverez ce qui se vit dans la paroisse ou sur celle du Christ Sauveur (Avec le Chemin de Croix dans l'église Notre Dame) mais aussi des témoignages et des propositions grâce à plusieurs sites (dans chacune des pages, la dernière méditation est toujours en haut de la page) :

- « Carême dans la ville » avec les Dominicains de la Province de France, (comme celui de l'an dernier et Avent dans la ville qui ont été très suivis) qui propose entre autres une méditation à lire ou écouter chaque jour : www.retraitedanslaville.org ainsi qu'une vidéo de témoins chaque semaine et une neuvaine de solidarité contre le coronavirus du 17 au 25 mars.

et « Mon chemin de Carême »,  une version pour les plus jeunes qui s'appelle Théobule : www.theobule.org

- « Vivre le Carême avec Saint Jean de la Croix », avec les Carmes de Paris, un thème par semaine, envoyé le vendredi et avec des propositions pour la semaine : www.carmes-paris.org

- « 40 jours pour (re)découvrir la joie de prier » avec YouPRAY, écouter, méditer, prier. Un mail avec un petit programme audio court d'environ 10 minutes par jour, "starter de prière" qui vous aide à démarrer votre prière : 

- « Des témoins de la foi », avec l'AED (Aide à l'Eglise en Détresse). Chaque semaine, un témoignage  dans l'un des pays concernés : http://careme.aed-france.org/

Mais aussi des textes de notre Pape François : « Nous vous en supplions au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2Co 5, 20)
et de la C.E.F. (Conférence des Évêques de France) avec une prière pour chaque semaine.


 

 Cliquer sur l'image ci-dessous pour suivre ce chemin de Croix
en l'église Notre Dame, cette année 2020

 

 Cliquer sur la photo ci-dessous pour suivre ce deuxième Chemin de Croix,
celui dans le parc de Sainte Ursule en 2019

 

Cliquer sur la photo ci-dessous pour suivre ce deuxième Chemin de Croix,
celui en centre ville, de Saint Martin à Saint Jacques en 2019

 


 

Mercredi des cendres en l'église Sainte Thérèse

C'est dans une église archi-comble et avec sobriété, que s'est déroulée la célébration.

 

Changez vos cœurs, croyez à la Bonne Nouvelle
Changez de vie, croyez que Dieu vous aime !

Je ne viens pas pour condamner le monde :
Je viens pour que le monde soit sauvé.

Je ne viens pas pour les bien-portants ni pour les justes :
je viens pour les malades, les pécheurs.

Je ne viens pas pour juger les personnes :
je viens pour leur donner la vie de Dieu.

Je suis la Porte, dit Jésus :
Qui entrera par Moi sera sauvé.

Qui croit en moi a la vie éternelle,
Croyez en mes paroles, et vous vivrez !

 

Une invitation à la joie

 

Et à la sortie, des petits sachets de riz nous attendaient pour faire un pas vers la solidarité
- avec nos sœurs indiennes carmélites apostoliques, mais aussi pour
- les projets de Soline et Vincent Bricou qui ont choisi de donner une année pour la Côte d'Ivoire :
. Vincent,avec un groupe d'ingénieurs va développer la ferme pédagogique de Tshanfeto, avec les religieux de Bétharram, pour favoriser l'insertion professionnelle des jeunes par le biais d'une agriculture durable.
. Soline va mettre en place la première licence d'orthophonie du pays, en donnant des cours, et en créant des lieux de rééducation, en formant les étudiants en stage.

N'oubliez pas : Si chacun met de côté l'argent des sachets de riz de ce temps de Carême, les croix pourront être complétées et l'aide aux deux actions aboutira.

 


 

 Pour voir les textes de la neuvaine, cliquez sur le lien correspondant en bas de cette page

« J’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions
et des actions de grâce pour tous les hommes.»

(Première lettre de saint Paul à Timothée, 2, 1)

La prière est un don, une chance et même une force en cas de crise. Pour nous encourager à lutter contre le virus qui frappe le monde, pour soutenir ceux qui sont touchés directement ou indirectement par le coronavirus, je vous invite à nous unir autour d'une neuvaine. C'est une prière simple et accessible à tous qui commence le mardi 17 mars jusqu'au jour de l'Annonciation le mercredi 25 mars.

Découvrez la vidéo de présentation ci-dessous qui explique comment prier une neuvaine :

Chaque jour de la neuvaine est consacré à une intention particulière :

Jour 1 - mardi 17 mars : les malades
Jour 2 - mercredi 18 mars : les personnes isolées
Jour 3 - jeudi 19 mars : les familles
Jour 4 - vendredi 20 mars : ceux qui ont rejoint le Père
Jour 5 - samedi 21 mars : les soignants, mes chercheurs
Jour 6 - dimanche 22 mars : les prêtres et les accompagnants
Jour 7 - lundi 23 mars : ceux dont le travail est arrêté
Jour 8 - mardi 24 mars : les gouvernants
Jour 9 - mercredi 25 mars : les journalistes.

Autour de chaque intention, notre prière est portée par un passage biblique, une méditation, un temps d'intériorisation, le «Notre Père», le «Je vous salue Marie» et la prière d'intercession du pape François.

Formons une grande chaîne de prière.  
Jésus nous a montré la force de la prière. Pendant cette neuvaine tournons nous avec confiance vers notre Père toujours à l'écoute de ses enfants dans l'épreuve.

En union de prière,
Frère Benoît Ente, op
Responsable de Carême dans la ville 

Mardi 17 mars : jour 1

Mercredi 18 mars : jour 2

Jeudi 19 mars : jour 3

Vendredi 20 mars : jour 4

Samedi 21 mars : jour 5

Dimanche 22 mars : jour 6

Lundi 23 mars : jour 7

mardi 24 mars : jour 8

Mercredi 25 mars : jour 9


 

Pas facile d'apprendre à un enfant à dire « merci ». Nous sommes tous passés par cette étape essentielle à notre croissance. Car dire « merci », c'est reconnaître le don reçu, sa valeur et la bienveillance du donateur. C'est aussi le premier pas pour apprendre à respecter ce don.
Carême dans la ville vous propose cette année un parcours de 6 semaines sur le thème "Si tu savais le don de Dieu". Pendant 40 jours, avec des frères et des sœurs dominicains, avec des membres des équipes du Rosaire, nous allons méditer sur les dons de Dieu.

4ème semaine de Carême :

don de l'Esprit Saint

avec 5 personnes laïques, membres d'un mouvement appelé Équipes du Rosaire,
qui témoigneront sur l'autre ‒ le frère, la sœur, l'enfant, le conjoint, le pauvre ‒
reçu comme un don.
Bonne quatrième semaine de carême.  
Frère Benoît Ente, op

♦ Mercredi 25 mars : fête de l'Annonciation

« Réjouis-toi, toi qui es comblée par la grâce ;

le Seigneur est avec toi » (Luc 1, 28)

Brigitte : Mon nouveau-né dans les bras, je considère son petit visage délicat, son corps harmonieux, ses mains, ses doigts minuscules, palpitant de vie, dépendant de notre amour, mais riche de son existence en devenir. Son papa et moi n’avons décidé ni de son sexe, ni de son physique, ni de son caractère. Et son arrivée dépasse tout ce que nous avions imaginé ou rêvé. Seigneur, je te rends grâce pour ce cadeau incomparable ! Face au mystère de l’arrivée d’un enfant, quelle mère n’a pas mesuré que la vie est un don ?
Le jour de l’Annonciation, Marie accueille la parole de l’ange. Son fils « sera appelé Fils du Très-Haut ». Jésus n’est pas seulement son enfant, Il est aussi le « Fils de Dieu ». Mystère dans lequel elle entre progressivement. 
Comme Marie, à la lumière de la foi je découvre que mon enfant n’est pas seulement le mien, il est le fils du Père. Lors de son baptême, son parrain, sa marraine s’engagent avec nous, les parents, pour l’éduquer et l’accompagner sur le chemin de la foi. À travers eux, c’est toute la communauté chrétienne qui s’engage, et Dieu qui nous apporte son soutien. Dans ma prière, constamment, je remets mon enfant entre les mains de son Père du Ciel et expérimente ce que Khalil Gibran disait : « Vos enfants ne sont pas vos enfants… Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. » 
Maintenant, j’ai six enfants. Face aux épreuves de la vie qu’ils rencontrent, les études difficiles, les recherches d’emplois qui durent, les déboires sentimentaux, je n’ai plus peur, je garde confiance. Le Père du Ciel veille et les accompagne.

♦ Mardi 24 mars

« Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? » (Matthieu 12, 48)

Carine : En six mois, j’ai perdu mes deux parents. Dans cette épreuve, ma sœur et mes trois frères furent un immense soutien, un don de Dieu. Si avoir même père et même mère nous donne un air de famille, nous sommes cependant très différents. Nous le savons, être frères et sœurs ne suffit pas pour être et demeurer proches. Si nous n’avions pas construit cette relation, nous nous serions sans doute peu à peu éloignés les uns des autres. Avec le temps, j’ai ainsi découvert que la fraternité était autant un don qu’une construction.
J’ai pu à nouveau le vérifier lorsque je suis entrée dans une équipe du Rosaire. Je n’ai pas choisi ses membres, j’ai appris à les recevoir comme des frères et des sœurs donnés par Dieu. En priant chaque mois avec eux à la maison, en méditant la Parole de Dieu et en la partageant, de véritables liens fraternels se sont tissés entre nous. Savoir que cette prière réunit des personnes dans le monde entier élargit encore notre fraternité. N’est-ce pas ce que nous vivons avec cette retraite de carême ?
Notre fratrie s’est construite dans la reconnaissance d’une parenté commune. De même dans les équipes du Rosaire, cette fraternité s’est appuyée sur une même paternité, notre Père du Ciel. Être frère et sœur n’est pas qu’une affaire de chromosomes partagés. 
L’aveugle-né, abandonné par ses parents, jeté hors de sa communauté, rencontre et confesse sa foi en Jésus. Il se prosterne devant la source d’une vie qui vient de plus loin que lui-même, qui coule pourtant dans ses veines et le sauve.

♦ Lundi 23 mars

« En passant, Jésus vit un aveugle de naissance.

Ses disciples l'interrogèrent : "Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents ?" »

Sébastien : D’habitude, dans l’Évangile, c’est le malade qui demande à Jésus la guérison. Ici, c’est l’inverse. Jésus voit l’aveugle alors que celui-ci ne lui demande rien. Il gît à même le sol, lui dont on ne connaît même pas le nom. Il n’est que ténèbres aux yeux des hommes et peut-être même à ses propres yeux. Parce qu’il est aveugle, depuis sa naissance, il est accusé d’être pécheur. Les pharisiens sauront le lui rappeler : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance »*. Comment pourrait-il même demander la guérison celui qui est convaincu de payer sa dette à Dieu ? Et à qui la demander, puisqu’il ne connaît pas encore Jésus ? 
Pourtant il est regardé par Jésus.
Jésus connaît l’enfermement dans lequel il est piégé. C’est pourquoi Il prend l’initiative d’aller vers lui et de le guérir. Quand Il met les mains dans la boue, Jésus ne donne pas une explication au mal qui atteint ce pauvre aveugle, Il ne cherche pas à justifier ce mal pour mieux s’y résigner, mais Il cherche à lutter contre ce mal en rejoignant celui qui souffre. Il le délivre de sa cécité et le mène à une libération intérieure. L’aveugle se lève, se met en marche et aura même le courage d’affronter les puissants pharisiens pour leur affirmer que Jésus son libérateur est de Dieu. 
Bien des fois, nous passons notre chemin sans nous retourner. Face à ce mendiant à même le sol, Jésus ne s’embarrasse pas des jugements qu’on lui adresse, mais Il fait quelque chose pour lui : Il le rejoint dans sa nuit pour le mener à la lumière. Il nous invite à faire de même.

*Evangile selon saint Jean, ch.9, v.34

♦ Dimanche 22 mars

Frère François-Dominique Forquin : Récemment, j’ai changé de lunettes. J’ai découvert que si mes yeux étaient fatigués, c’est parce que ma vision était sur-corrigée ! Il fallait donc baisser la correction pour améliorer ma vision. 
Souvent, nous nous heurtons à un monde dur et compliqué et nous pouvons être tentés de sur-corriger le regard que nous portons sur lui. La vie est si âpre et nous espérons tant qu’elle soit si douce. Pensant la regarder dans la lumière de la foi, n’avons-nous pas tendance à la peindre en rose ? 
Dans l’Évangile, quand l’aveugle-né est guéri par Jésus, il voit qu’il est tout aussi rejeté et exclu de la communauté qu’auparavant. On fait son procès pour le traiter de menteur et même ses parents et sa propre famille le lâchent : autant dire que quand notre aveugle ouvre les yeux, il voit tout sauf la vie en rose ! Laisser le Christ nous ouvrir les yeux, c’est peut-être d’abord consentir à voir le monde tel qu’il est, souvent ténébreux, mais où la lumière parvient, malgré tout, à se frayer un chemin. 
Le paradoxe, c’est que pour avoir accès à cette lumière donnée par le Christ, les yeux de chair ne servent à rien. C’est l’expérience de notre aveugle. Guéri, c’est seulement progressivement qu’il va accéder à la lumière de la foi et reconnaître son Sauveur. Jésus n’est d’abord pour lui qu’un « homme »*. Il devient ensuite à ses yeux un « prophète »**. Enfin, notre ancien aveugle prend le risque d’être exclu en reconnaissant que Jésus vient « de Dieu ». Lorsque Jésus revient vers lui et lui parle, ses yeux s’ouvrent, comme une seconde fois : il reconnaît Jésus comme Messie et se prosterne devant lui. Nous aussi, nos yeux ne nous servent à rien si nous ne laissons pas le Christ les ouvrir par sa Parole.
Les membres des Équipes du Rosaire avec qui vous allez cheminer cette semaine s’accueillent les uns chez les autres chaque mois, non pour prier un chapelet, mais pour partager avec Marie la Parole de son Fils. En laissant le Christ ouvrir leurs yeux par sa Parole, ils apprennent à regarder le monde avec les lunettes de Dieu.

*Evangile selon saint Jean, ch.9, v. 11 
**Evangile selon saint Jean, ch.9, v.17

3ème semaine de Carême :

don de l'Esprit Saint

avec le frère Eric-Thomas Macé du couvent Saint-Jacques à Paris

♦ Samedi 21 mars

« Ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné,

mais un esprit de force, d’amour et de pondération » (2 Tm 1, 7i)

La phrase « Que la force soit avec toi » tirée du film Star Wars a marqué les esprits. Elle dit notre attrait et peut-être notre fascination pour la force. Mais de quelle force parle-t-on ? Celle qui vient de Dieu permet de tenir bon dans les difficultés, de résister aux tentations et de persévérer dans le bien. Où la trouver, comment nous est-elle donnée ?

Johan a expérimenté dans sa jeunesse une forte dépendance aux jeux vidéo. Il est entré au Cenacolo, une communauté qui cherche à libérer de leur addiction des hommes et des femmes. Il y a vécu une forme de confinement temporaire, mais sans internet ni télévision. Ce fût pour lui une étape essentielle où il a retrouvé le sens de la réalité, le goût pour la vie, et la force d'être libre. Il témoigne aujourd'hui de son chemin de résurrection où le don de force lui a été donné de la façon la plus inattendue.
Frère Benoît Ente

 ♦ Vendredi 20 mars

« Arrive une femme de Samarie qui venait puiser de l'eau » (Jean 4, 7)

Il y a des rencontres improbables qui changent nos vies. Jésus et cette anonyme Samaritaine nous donnent cette semaine une des plus belles leçons de théologie. Ils n’ont rien de commun : ni religion ni mœurs. Tout les oppose et creuse une distance infranchissable. Juifs et Samaritains ne doivent même pas se parler de peur d’être souillés. 
Et pourtant, Jésus franchit le pas, au risque de sa vie. Mais pourquoi elle ? 
Depuis toujours, cette Samaritaine nous fascine et nous agace en même temps. Audacieuse, bavarde, elle pose des questions tantôt espiègles tantôt profondément spirituelles. En réalité, ses interrogations traduisent sa soif immense de vérité. Elle a bien remarqué qu’il y a des justes et des hypocrites chez les Juifs comme chez les Samaritains. Alors qui a raison ? Elle veut comprendre où et qui est Dieu. 
Elle est fatiguée des réponses faciles. Elle attend une parole cohérente, crédible, universelle et rejoint notre questionnement aujourd’hui. Que de facettes chez cette Samaritaine ! 
C’est à cette femme si étrange que Jésus assoiffé adresse la parole en premier. Auprès du puits, alors qu’ils ne devaient pas avoir de conversations seuls et encore moins boire ensemble, cette rencontre est devenue un échange si profond que l’un et l’autre se sont dévoilés en vérité. 
Elle, l’étrangère, l’adultère, la chercheuse de Dieu a été cette semaine notre guide vers Jésus. Avec ses questions et contradictions, elle nous a aidés à rencontrer le Christ. 
Maintenant à nous de jouer.

♦ Jeudi 19 mars, fête de Saint Joseph

« Si tu savais le don de Dieu » (Jean 4, 10)

Femme de Samarie, dis-moi quel est ton secret. Qu’as-tu donc de si particulier pour que Jésus t’ait choisie ? Pourquoi toi et non pas un de ces douze apôtres qu’Il a lui-même choisis ? Serais-tu plus forte que ces hommes ? Dévoile-moi ton secret ! 
Audace et vérité sont tes deux qualités majeures et le Christ a su déceler en toi cette franchise et cette force qu’Il aime chez ses disciples. Cette force te vient du regard que le Christ a porté sur toi. Il ne t’a ni jugée ni condamnée. Au contraire, Il t’a enseigné et éclairée. Dans son regard, il n’y a que charité et douceur, tu l’as compris tout de suite. 
En te donnant sa confiance, Il t’a aussi donné la force de croire en toi. Tu t’es laissé convertir et transformer par la Parole de Jésus et tu es devenue la première messagère de la Bonne Nouvelle, la première appelée et envoyée. Cet appel ne t’a pas surprise. Tu y as cru et tu as répondu avec la générosité de ton cœur aimant. 
Mystère de la Vocation : Jésus appelle qui Il veut, quand Il veut. Son appel et sa foi en toi t’ont donné la force d’en haut, le don de l’Esprit qui permet aux faibles et aux petits de devenir porteurs de la parole de réconciliation. 
Femme de Samarie, ton secret est donc de faire une confiance totale à la bonté de Jésus. Intercède pour nous. Puissions-nous, nous aussi, croire en cette confiance que Jésus a en chacun de nous. Tous, nous sommes invités à devenir missionnaires, pauvres vases d’argile, certes, mais porteurs d’un trésor hors de prix. 
Femme de Samarie, si toi tu as réussi, pourquoi pas nous ?

♦ Mercredi 18 mars

« Mon âme a soif de Dieu, le Dieu vivant » (Psaume 41,3)

Tu as soif, Jésus. Étonnant non ? Toi qui vas rassasier des foules, qui transformes 600 litres d’eau en vin, et en bon vin, tu as soif. Comme tous les marcheurs en plein cagnard, tu es fatigué et assoiffé. As-tu vraiment besoin de quelqu’un pour te donner un peu à boire ? Montre ta puissance, Jésus ! 
Assis auprès du puits, incapable de puiser faute de jarre, tu attends. Dieu se fait homme au point d’éprouver la fatigue, la soif et surtout ce sentiment d’échec et d’incapacité. Comme tout un chacun, Dieu serait-Il faible ? « Donne-moi à boire. »* Cette demande jaillit comme une prière, un soupir, une expression de fragilité. Comme sur la croix tu exprimes ton humanité si vulnérable. « J’ai soif ! »** 
Ici, pas de miracle, pas de démonstration de puissance, juste l’acceptation de notre condition humaine et la confiance donnée à une femme. Et c’est là que se déploie ta puissance, ta puissance de conversion des cœurs. 
Ce face à face avec cette femme, votre conversation franche et directe, sans a priori, ta vulnérabilité et ta confiance donnée, tout cela l’a retournée, convertie. Tu veux lui donner bien plus qu’elle n’ose demander, tu quittes la réalité d’une soif pour l’amener au désir de l’Esprit saint. Tu parles d’une eau surnaturelle, vivante et éternelle que tu donnes en abondance à ceux qui te la demandent. Cette eau-de-vie éternelle est un don de Dieu, elle étanche tout désir et toute soif, y compris la soif de Dieu. 
« Donne-moi de cette eau ! »*** Retournement de situation ! C’est elle qui maintenant veut boire. Pas à pas, tu amènes doucement cette femme à lever les yeux.

*Evangile selon saint Jean, ch. 4, v. 7 
**Evangile selon saint Jean, ch. 19, v. 28 
***Evangile selon saint Jean, ch. 4, v. 15

♦ Mardi 17 mars

« Tu as raison de dire que tu n'as pas de mari :

des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant

n'est pas ton mari ; là, tu dis vrai » (Jean 4, 17)

« Va ! Appelle ton mari et reviens ici ! » Voilà une bien étrange mission que tu proposes à cette femme. Est-elle trop insistante avec ses questions au point que cela risque de devenir gênant ? La réponse de la Samaritaine est déconcertante « je n’ai pas de mari ! »* Et ta réaction, Jésus de Nazareth, est encore plus étonnante. Cette femme est une mangeuse d’hommes et une adultère. Elle a eu cinq maris déjà et elle attaque le sixième. 
Fuis cette femme, Jésus. En parlant avec elle, tu risquerais de perdre toute crédibilité, fuis vite et loin ! Mais tu ne fuis pas cette pécheresse, tu ne la juges ni ne la condamnes, au contraire même, tu continues à lui parler : « tu as raison, en cela tu dis vrai. »** 
Jésus, tu nous étonneras toujours. Tu sais discerner « que dans les plus grands pécheurs il y a ce qui fait les plus grands saints ». Tu es venu chercher et sauver ceux et celles qui sont perdus et devant cet abîme de péchés tu montres un abîme de miséricorde et de confiance. Non seulement tu ne la chasses pas hors de ta vue, mieux encore tu l’envoies en mission : « Va, appelle, reviens. » 
Mystérieusement, tu as compris qu’en cette Samaritaine, il y a une foi et une force de conviction dignes d’un apôtre. Tu n’hésites pas à appeler une femme que tout le village doit mépriser pour en faire l’instrument de ta Parole. 
Comme cette femme de Samarie appelée par Jésus, alors qu’apparemment elle n’a pas le profil de la charge, chacun de nous, fasciné par Jésus, nous pouvons avec nos vies cassées et nos blessures devenir, nous aussi, ces porteurs de l’Évangile. 
Et si c’était vrai ?

*Evangile selon saint Jean, ch.4, v. 17 
**Evangile selon saint Jean, ch. 4, v. 18

♦ Lundi 16 mars

« C'était la sixième heure, environ midi » (Jean 4, 6)

Après avoir choisi ses douze apôtres, Jésus leur donne une consigne ferme : n’entrez pas chez les païens ni dans les villes des Samaritains. 
Et pourtant, aujourd’hui Jésus transgresse ses propres ordres et le voici en Samarie, près du puits de Jacob, seul, fatigué et assoiffé. C’était la sixième heure, midi, l’heure du repas et du repos. L’heure où on ne sort plus de chez soi, car il fait vraiment trop chaud. C’est l’heure bénie où l’on refait ses forces dans la douce intimité de la maison qui donne fraîcheur et sécurité. Voici l’heure où rien ne se passe et où la chaleur invite à la sieste et au silence.
Contre toute attente, c’est à ce moment surprenant que la Samaritaine sort avec sa jarre pour puiser de l’eau alors que ses compagnes ont accompli cette rude tâche le matin, à la fraîche. La présence de cette femme n’étonne ni ne surprend Jésus. La conversation s’engage, l’intimité s’installe malgré la température et l’heure qui tourne. 
Pour Jésus, il n’y a pas d’heure pour rencontrer Dieu ! Dieu se présente à nous sans rendez-vous et à chaque instant de nos vies. « Crois-moi, femme, l’heure vient ! »* 
L’heure de Jésus, c’est maintenant, où que nous soyons et qui que nous soyons. Il s’invite dans nos vies telles qu’elles sont. À la sixième heure, Jésus se présente comme le Messie à la Samaritaine. De même, à la sixième heure, Jésus crucifié donnera sa vie pour que le monde soit sauvé. 
Il n’y a pas de mauvaise heure pour rencontrer le Christ, Il se révèle et Il sauve quand Il veut, quand nous avons l’audace d’aller à lui, comme elle.

*Evangile selon saint Jean, ch.4, v. 21

♦ Dimanche 15 mars

Femme de Samarie, qui es-tu véritablement ? Tu restes une énigme pour moi. Je ne connaîtrai ton visage et ton nom que si je vais au Ciel, si je peux y entrer. Mais je tiens à te voir tant ta rencontre avec Jésus me bouleverse. Tu es la première personne à qui Jésus se révèle comme étant le Christ, le Messie. Qu’a-t-Il perçu dans ton cœur pour te dire ce secret ? Qu’a-t-Il saisi de ta vie complexe pour ne pas te juger ? Première missionnaire en terre samaritaine, tu accomplis ton ministère avec succès. Bravo ! 
Mais tu vas le payer cher. Qui donnera du crédit aux paroles d’une femme seule ? Et quelle femme !
Il te faudra du culot pour affronter ces villageois qui croient si bien te connaître. Et pourtant c’est bien toi que Jésus envoie, toi, en qui Il place sa confiance et son espoir de réussite. C’est toi qui devras mettre les mains dans le cambouis et annoncer la Bonne Nouvelle telle que tu es. Sans fard ni apparat. 
Il sait que dans ce travail, ce ministère, tu laisseras une part de toi-même. Annoncer Jésus exige d’être vrai. « Venez voir ! Il y a un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ! Ne serait-il pas le Christ ? »* Sans que Jésus t’ait rien demandé, tu vas rassembler tout le village pour annoncer un mystérieux personnage qui sait lire au plus profond des cœurs et des reins. 
Et ça marche ! Ceux qui ont écouté ton appel se déplacent pour voir Jésus et l’invitent même à demeurer chez eux. Jésus pourra prêcher, enseigner, rompre le pain et guérir les malades. Tout cela, grâce à toi ! 
Tu répands la bonne odeur du Christ, sans jamais te mettre en avant ni crever l’écran. Tu ne laisses qu’un sillage impalpable où chacun peut rencontrer le Christ sans s’attacher au missionnaire. « Ce n’est plus à cause de tes dires que nous croyons… »** Comme la jarre qui reste vide et inutile, tu as tout donné et la mission est bien lancée, mais toi, tu ne comptes plus. Seul Jésus importe maintenant.
Servante anonyme… mais tellement efficace. Merci, Femme de Samarie.

*Evangile selon saint Jean, ch. 4, v. 29 
**Evangile selon saint Jean, ch. 4, v. 42

2ème semaine de Carême :

don de la Parole

avec le frère Jean-Pierre Mérimée qui va nous faire profiter de son expérience
de prêtre ouvrier partageant la condition des pauvres,
pour nous parler cette semaine de ce don de la Parole.

♦ Samedi 14 mars

« Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden

pour qu’il le travaille et le garde. » (Genèse 2, 15)

Heureusement, il y a des chercheurs qui étudient l'histoire, les mathématiques ou le fonctionnement d'un virus. Face à l'épidémie qui nous frappe, leur recherche éclaire nos choix individuels, les décisions d'un pays et nous aide à adopter les gestes qui sauvent. Par le don de science, Dieu soutient de façon invisible ce travail scientifique.

Au commencement, Dieu a tout créé avec sagesse et par amour. « Dieu vit tout ce qu’il avait fait, cela était très bon » (Gn 1, 31). Le péché a ensuite blessé cette création. Malgré cela, le don de science nous rend capables d'étudier le monde, de le contempler et même de reconnaître Dieu dans sa création.

Le troisième film de notre série donne la parole à Jean-Daniel. Il témoigne de sa rencontre bouleversante avec la nature. Celle-ci a provoqué chez lui un radical changement de vie et la découverte du Dieu d'Amour, le Dieu de Jésus-Christ. 

Le monde est touché par une épidémie. Des mesures sanitaires sont prises en Europe et ailleurs. À ces mesures nécessaires, nous voulons ajouter le soutien de la prière pour une plus grande solidarité entre nations et entre individus en communion avec les personnes touchées : les malades, les soignants, les personnes isolées, ceux dont le travail est menacé et ceux qui nous ont quittés.
Aussi, nous vous proposons, chers retraitants, soutenus par la prière de Marie, de nous unir tous pour nous adresser à Dieu notre Père autour d'une neuvaine de solidarité contre le coronavirus. Cette neuvaine commencera le mardi 17 mars et se terminera le jour de l'Annonciation le 25 mars. 
Nous vous communiquerons le principe et les détails de cette neuvaine dans un mail spécifique ce dimanche 15 mars.

En toutes circonstances, gardons fermement la foi, l'espérance et la charité.
Frère Benoît Ente, op

♦ Vendredi 13 mars

« Mais tu veux au fond de moi la vérité » (Psaume 50, 8)

La joie, c’est de ce côté-là qu’il faut chercher celui que notre cœur aime. Serait-ce sur le versant ensoleillé de la vie, dans la fête où l’on jette au feu sa robe de tristesse ? En un mot au banquet du Royaume ? Comme on aimerait ! Ce serait occulter le mal à l’œuvre dans le monde. 
Alors, quel contenu donner à la joie pour un disciple du Crucifié ? Quelle joie sur le visage de l’homme trahi, bafoué, abandonné de tous ? Le chemin de croix illustre le versant d’ombre de l’humanité, sa complicité avec le mal. Cette part de ténèbres qui pèse sur ma vie, comment s’en libérer, sinon en la regardant en face : suis-je pour quelque chose dans le malheur du monde ? Comment lutter contre ? 
Je vais reconnaître ma part non pas en raison de quelque complaisance malsaine envers la culpabilité et ses pièges, mais parce que faire la vérité dans ma vie libère.
La joie, elle se donne dans une parole vraie. Nous apprenons à la recevoir, la joie, elle se gagne. C’est la leçon que donne François d’Assise à frère Léon, de fort méchante humeur d’avoir à voyager par le froid le ventre creux. Le poverello lui dit : « Allons nous réfugier auprès de ce couvent. » Le frère portier, les prenant pour deux vagabonds, leur claque la porte au nez. Et François de dire : « Là est la joie parfaite ! » Cette joie parfaite, il l’explique ainsi : « Se vaincre soi-même et supporter volontiers pour l’amour du Christ les peines, les injures, les opprobres et incommodités. » 
La joie, sa vérité en Christ ressuscité, c’est de reconnaître que la vie que nous recevons de lui est belle, quoi qu’il arrive.

♦ Jeudi 12 mars

« Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu,

ne retint pas jalousement le rang qui égalait à Dieu.

Mais il s'est anéanti, prenant la condition de serviteur,

devenant semblable aux hommes » (Philippiens 2, 6-7)

Je regarde la vie du Christ. Toute sa vie, Il recherchera la dernière place, pour mieux rencontrer et servir ceux à qui personne ne parle, ni même ne regarde. Sa vie est si étroitement liée à celle de l’homme qu’on pourrait parler de communauté de destin. C’est ce qu’ont essayé de vivre à sa suite les saints de tous les temps dans leur solidarité avec l’humanité. 
Au cœur de nos différences, rencontrer l’autre, c’est percevoir l’égalité radicale qui nous réunit, c’est me permettre de reconnaître que je lui suis semblable, y compris dans la fragilité. Et cette perception d’une commune fragilité peut devenir la source d’une véritable solidarité. 
Toute sa vie, Jésus a été solidaire. Il a tout partagé : son père qui est « notre Père »*, sa vie, sa mort, « ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne »**, sa résurrection « je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée »***, son Esprit donné à la Pentecôte, à chaque baptisé, offert à qui l’accueille. 
Peut-être serions-nous tentés de dire, accablés par une telle générosité : « Moi, je n’ai rien demandé, je ne veux rien devoir à personne, à Dieu encore moins qu’à n’importe qui d’autre. » À vérifier…
Le Robinson Crusoé de l’amour sur son île déserte, ça n’existe pas, c’est comme ça, on a besoin des autres et réciproquement. Aimer, c’est donner, sans calcul, sans rien attendre en retour que le bonheur du geste, et tous ceux qui pratiquent le don sous cette forme font partie de la même famille, qu’ils confessent ou non celui qui est la source et le sommet de ce don, Jésus.

*Evangile selon saint Luc, ch.11, v. 2-4
**Evangile selon saint Jean, ch. 10, v. 17-18
***Evangile selon saint Jean, ch.17, v.22

♦ Mercredi 11 mars

« Je te fiancerai dans la justice et dans le droit,

dans la tendresse et dans l'amour. Je te fiancerai à moi

dans le fidélité et tu connaîtras le Seigneur » (Osée 2, 21-22)

Comment un avenir est-il possible ? Consultez les enquêtes d’opinion : une écrasante majorité des sondés ne croient pas en l’avenir, sinon pour prophétiser le pire, certains allant même jusqu’à prédire l’effondrement de nos sociétés, la mort prochaine de la planète. No future. Faut-il ignorer toutes les menaces qui pèsent sur notre maison commune ? Le pape François lui-même n’a-t-il pas tiré le signal d’alarme dans l’encyclique Laudato si ? 
Reprenons la manière dont Dieu agit avec son peuple. Avec Abraham, Il est le Dieu de la promesse, avec engagement réciproque : Dieu lui promet une descendance, un pays. Abraham se met en route, confiant dans la parole du Seigneur. Mieux, Dieu est comparé avec le prophète Osée à un fiancé qui va rappeler à sa fiancée les vœux de sa promesse, la tendresse des premiers engagements. 
Engager sa vie par une promesse ? Et quoi promettre aujourd’hui ? Face à tant de réticences à s’engager sur la durée, il est temps de réhabiliter la promesse. Elle seule permet de se projeter dans l’avenir, de tracer une route, d’exprimer une volonté déterminée, et surtout de pouvoir faire confiance et compter sur celui qui s’engage. Il n’y a pas une seule société au monde qui puisse vivre sans promesse. Sans elle, pas d’alliance qui tienne entre humains, de traité entre peuples. 
On peut promettre parce que Dieu s’engage dans sa Parole, le peuple qu’Il va conduire s’appellera le peuple de la Promesse, le peuple de l’Alliance. Un avenir devient possible pour chacun de nous, une promesse qui prend visage d’homme, Jésus, Dieu-avec-nous.

♦ Mardi 10 mars

« Ton honneur, c'est de courir au combat  pour la justice,

la clémence et la vérité » (Psaume 44, 5)

Seul dans un monde peuplé de solitudes suis-je condamné au soliloque ? 
Je veux entrer dans une Parole qui libère, qui soit à la fois présence dans l’absence et force dans la faiblesse. « Dieu était là et je ne le savais pas »*, constate Jacob après son terrible combat avec l’ange. C’est souvent après coup que l’évidence de la présence de Dieu s’impose. Alors, fini de me complaire dans ma solitude. Je peux rejoindre mes frères. Dieu est là, sa Parole devient audible. Il faut relire tous les psaumes, tous les prophètes, au cœur de la Bible ils sont autant de paroles de pauvres qui crient vers Dieu, vers celui qui les rassemble en un seul peuple libre.
Ce n’est plus le Dieu que je fabrique à ma mesure pour tromper ma solitude, mais le Dieu de la parole commune, de ce bien commun qui irrigue toute vraie vie. Celle d’une parole partagée, une parole qui fait corps. Je la célèbre au chœur avec mes frères où les voix s’unissent en une seule prière, dans la vie associative où la solidarité fait la force. Je la retrouve dans la vie de tous ceux qui rejoignent des compagnons de route, en quête de la beauté d’un monde voulue par le Créateur, un monde libre à partager, ouvert à tous. Une terre à respecter, à défendre, à soigner ensemble. À habiter par la Parole méditée, le service du prochain, la contemplation du beau et la bonté du geste.
« La vie est belle, continuons le combat », ne cessait de répéter un ami prêtre-ouvrier près de mourir. La vie, le merveilleux don de la vie, le merveilleux don de la Parole de vie, si fragile, est aussi un combat à mener ensemble. 

* Livre de la Genèse, ch. 28, v. 16

♦ Lundi 9 mars

« Le Seigneur parlait à Moïse face à face,

comme un homme parle à son ami » (Exode 33, 11)

Devant un certain silence de Dieu, le mieux n’est-il pas de lui parler ?
Non pas pour meubler un silence trop pesant, non pas pour me parler à moi-même en feignant de m’adresser à lui, mais en usant de ce privilège extraordinaire de pouvoir lui parler aussi simplement qu’un enfant parle à sa mère, qu’un ami parle à un ami. Parce que notre Dieu est ainsi, tout proche, à la porte de notre cœur. Me confier à lui dans la prière, le faire témoin de mes combats intérieurs, de mes élans vers lui, de mes rejets, de mes engourdissements ; lui dire mes désirs, mes passions, mes joies, pour m’ouvrir à sa joie. Sans projeter sur Dieu mes frustrations, mes échecs, mes déprimes et pour finir avec un Dieu sans joie.
Dans ma prière, je cherche la parole juste, celle qui rend compte de ce que je veux faire de ma vie, une vie ajustée à ce que je sais de Jésus à travers les Écritures, cet élan vers le plus petit, cette attention à l’autre, cette capacité à aimer sans mesure.
Face à cette exigence, je me découvre pauvre. Saint Jean me rassure : « Notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur. »* Le monde de Jésus, son Royaume, est un repas fraternel.
Je découvre une présence plus intime à moi que moi-même, et en même temps à distance parce qu’elle est la promesse même, l’exigence de tout amour vrai, dont la trop grande proximité consume.
Parlez à Dieu pour mieux entendre sa réponse, parlez à Dieu pour mieux parler de lui. « Approchez-vous de Dieu, Il s’approchera de vous. » **

* Première lettre de Jean, ch. 3, v. 20
**  Saint Grégoire de Narek

♦ Dimanche 8 mars

« C'est que Dieu parle une fois, deux fois,

sans que l'on y prenne garde » (Job 33, 14)

Combien de fois je me suis mis à genoux ou bien assis, décidé à écouter ce que le Seigneur avait à me dire pour éclairer un moment de ma vie un peu compliqué ? Et là, rien ne se passait comme prévu.
Dans ma tête, le brouhaha habituel, tout ce qui fait l’inquiétude de la vie, sa souffrance et sa joie à certains jours, défilait derrière mes yeux fermés. J’emportais avec moi dans la prière cette agitation perpétuelle de l’esprit qui tourne en boucle à certains moments de manière quasi obsessionnelle :
« J’ai un problème, je ne m’en sors pas, je n’en peux plus… »
Quand je pose la question autour de moi : « et toi, Dieu t’a-t-il déjà parlé ? », les réponses ne sont pas les mêmes selon l’interlocuteur. Je me souviens de la réponse d’une amie cherchant quoi faire de sa vie. Elle prit le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle pour avoir le temps d’y réfléchir. Elle fit des rencontres, elle se retrouva face à elle-même, pria avec d’autres, lut des passages de la petite bible qu’elle avait emportée.
L’évangile de la Transfiguration la marque. Elle envie ces disciples qui entendent une voix leur parler dans la nuée. Elle, elle n’entend rien. Puis peu à peu, grâce au chemin à l’écart des rumeurs de la ville, grâce à sa marche sans parole, au murmure de la nature, une écoute nouvelle se développe et elle se met à entendre Dieu lui parler… Insensiblement, elle entre dans cet échange vrai, dans cet accueil de la Parole pour tous, ouvert à qui a l’oreille assez fine pour entendre « le murmure d’une brise légère »* par lequel Dieu s’est adressé à Élie autrefois. « Tu vois, c’est comme ça que Dieu m’a parlé ». Elle a ajouté : « Ce que je peux te dire, c’est que Dieu ne crie pas, Il parle tout doucement, ce n’est donc pas étonnant de ne rien entendre dans le vacarme ambiant. Ce qui compte, c’est une certaine qualité de présence. Être vraiment là où l’on est, avec la fatigue des pieds, le visage en nage mais l’esprit libre, c’est tout un travail, ça peut être long. » 
Dieu est patient. Si tu veux, nous ferons le chemin ensemble dans les prochains jours. 

* Premier livre des rois, ch. 19, v. 12

 

1ère semaine de Carême :

don de la Création

avec les sœurs dominicaines au monastère de La Clarté Notre-Dame
à Taulignan dans la Drôme Provençale.

♦ Samedi 7 mars

« Priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, … » (Mt 6,9)

Frère Benoît Ente : Jésus a marqué et même choqué les esprits de son époque : il appelait Dieu « Père » et même dans certaines circonstances « Papa », « Abba ». Cette dénomination traduit une profonde intimité remplie de joie entre lui et Dieu. Son bonheur d'aimer et d'être aimé en vérité, Jésus n'a pas cherché à le garder jalousement pour lui. Quand ses disciples lui ont demandé « apprends-nous à prier » il leur a répondu, « quand vous priez, dites Notre Père… ». Il les invitait à le rejoindre dans sa relation unique avec son Père et ainsi à devenir des enfants de Dieu.

Par ses paroles pleines d'humanité, le frère Gabriel Nissim du couvent Saint-Jacques à Paris nous introduit dans le mystère des enfants de Dieu, le mystère du don de piété filiale.

Bonne deuxième semaine de carême !
Frère Benoît Ente, op

♦ Vendredi 6 mars

« La création tout entière gémit, elle passe par les douleurs

d'un enfantement qui dure encore » (Romains 8, 22)

Sœur Nathalie : Ce jour-là, prenant la route, je tombe sur un panneau « Route barrée ». Si ce scénario vous rappelle quelque chose, vous connaissez la suite : demi-tour, déviation mal indiquée puis plus indiquée du tout, re-panneau, re-demi-tour, re-re-panneau, re-re-demi-tour… et de nouveau « Route barrée ».
À bien des égards, notre monde ressemble à cela, n’est-ce pas ? Par exemple en ce qui concerne la crise écologique. Comment agir efficacement face au réchauffement climatique ? Route barrée ! Face à la détérioration des relations sociales et à l’inertie politique ? Route barrée !
On pourrait laisser là toute espérance au nom du « réalisme » ; on pourrait aussi tout attendre d’un sauveur dont les pouvoirs magiques résoudraient les problèmes en un clin d’œil.
Jésus, lui, a ouvert et emprunté une autre voie. Il est passé dans le monde « en faisant le bien »* avec la force de sa prière confiante. Les attentes déçues de son peuple, les pleurs et les gémissements de la création tout entière, Il les a assumés. Il est allé jusqu’à traverser l’échec apparent de toute sa vie, la Croix.
Et voici qu’Il nous provoque aujourd’hui : membres de son Corps, nous portons la responsabilité de prolonger son action sur notre terre. Beaucoup le suivent et nous précèdent sur cette route que nous avons décidé dans notre monastère d’emprunter pas après pas, soutenues et guidées par la prière. Nos cultures bio et nos lombrics ne sauveront peut-être pas la planète ; mais qui, à part Dieu, connaît la fécondité d’une action ? Alors, route barrée, ou sauvée par la croix ? 

* Actes des apôtres, ch.10, v. 38

♦ Jeudi 5 mars

« On peut voir avec intelligence, à travers les œuvres de Dieu,

ce qui de lui est invisible : sa puissance éternelle et sa divinité »

(Romains 1, 20)

Sœur Danièle : Enfant, je montais à cheval, passionnée par cette collaboration du faible avec le fort. Le saut d’obstacles était une communion entre deux créatures pour franchir la barrière. Avec les études et la vie professionnelle, ce contact régulier avec la création s’est perdu. 
Depuis mon entrée au monastère, en pleine nature, il s’est renoué : petite main pour désherber, récolter thym et romarin dans notre jardin. La nature m’interpellait. L’oiseau qui chante à la fenêtre de mon bureau n’est-il pas un appel pour attirer mon regard et être présente là à celui qui a tout créé ? La Création serait alors notre « pédagogue ». 
Elle nous invite à la louange qu’elle-même chante. « Les cieux proclament la gloire de Dieu le firmament raconte l’ouvrage de ses mains. »* 
Dans notre vie de moniales, plusieurs fois par jour nous nous rassemblons pour louer le Seigneur. Au cours de la vie, cette louange mûrit. Elle décentre de soi parce qu’elle est une œuvre collective. Elle nous fait communier à la louange de la Création, celle d’une fleur qui éclot, d’une araignée qui tisse sa toile, celle de l’homme qui admire un paysage. 
Gardienne de la louange de l’homme, la nature ne le serait-elle pas aussi de mon humilité et de ma charité ? Les animaux font ce pour quoi ils sont créés. Ils obéissent toujours à ce que Dieu a insufflé en eux. La création me rappelle, comme en miroir, ma condition de créature avec sa vocation propre, connaître, louer et aimer.  
Il est vital d’être gardien de la création. Et tout autant de l’accueillir comme notre gardienne pour prendre soin de toi, de moi, de nous.

* Livre des Psaumes, Ps. 18, v.2

♦ Mercredi 4 mars

« Et Dieu vit tout ce qu'il avait fait : c'était très bon » (Genèse 1, 31)

Sœur Nathalie : En m’annonçant la bonne nouvelle de sa grossesse, une amie me fait part de l’impatience qu’éprouve son mari à « déballer le cadeau ». Qu’as-tu donc de si merveilleux à offrir à tes parents, petit enfant préparé dans le secret, sinon accueillir leur amour dans toute ta vulnérabilité ? Cette vulnérabilité qui va provoquer tes parents à livrer le meilleur d’eux-mêmes, jusqu’à donner ce qu’ils ne pensaient pas posséder.
La lumière, le firmament, la terre et l’eau, les herbes et les animaux, par leur existence même, chantent chacun quelque chose de la bonté de Dieu. Mais à toi et à moi, fragiles êtres humains, l’Amour a donné en partage ce qu’Il a de plus précieux : la ressemblance. Nous sommes créés à l’image et à la ressemblance de celui qui est Amour.
Depuis notre venue au monde, que nous en ayons conscience ou non, un appel à accueillir l’amour et à nous offrir est inscrit au plus intime de notre être. Pas facile, même pour des moniales. Saint ou pécheur, quel que soit le regard que les autres me portent, je suis en vérité un cadeau, tel que je suis maintenant. Comme le nouveau-né, j’ose offrir mes fragilités comme mes forces, et tout simplement moi-même ; j’ose recevoir les autres comme des merveilles, tels qu’ils sont maintenant, même mes sœurs moniales ! 
Dans cette offrande réciproque et féconde, l’univers entier trouve son harmonie. Oui, l’ordre voulu par le Créateur, bien avant d’être une suite de règles est une perpétuelle respiration.
Dieu, alors, voit combien son œuvre est bonne… Il s’y repose.

♦ Mardi 3 mars

« Au commencement était le Verbe.

C'est par lui que tout est venu à l'existence. » (Jean 1, 1-3)

Sœur Véronique : J’aime guetter l’écureuil dans le soleil du matin. Au départ, ma présence le fait fuir. Puis il revient sur ses pas et me regarde, curieux. Et si j’étais une question pour cet écureuil ?
J’ai longtemps enfermé les animaux dans leur fonction décorative ou nutritive quand je ne les percevais pas comme une menace. Bien sûr, la beauté de chaque créature et le rôle que jouent les animaux suffisaient à m’inspirer une profonde reconnaissance. Mais ils n’étaient encore pour moi que de belles animations dans un décor de verdure. 
Cependant, dans le silence et la nature au sein du monastère, la beauté de la création m’est apparue plus grande encore. Éclairée par la réflexion de la communauté, j’ai entrevu ce jeu immense d’interdépendance entre les créatures.
Qu’il s’agisse de l’abeille qui pollinise les fruitiers, du ver de terre qui restaure le sol en profondeur, que de services rendus par ces armées de créatures sans lesquelles l’homme ne saurait vivre ! La beauté, la bonté, l’intelligence de ces relations d’interdépendance ont renouvelé mon regard. Les vivants devenaient mes nombreux partenaires. 
Partenaires pour un équilibre biologique, les créatures ne le seraient-elles pas aussi pour un équilibre plus existentiel ? 
Je voudrais aller encore plus loin. Lorsque mon écureuil est revenu sur ses pas, je l’avoue, j’ai été saisie de joie. J’ai eu l’intuition d’une relation, même si je n’en connais pas la nature.
Et si les liens qui unissent les créatures entre elles pouvaient revêtir une forme de gratuité, empreinte de notre Dieu-Relation ?

♦ Lundi 2 mars

« Bénis le Seigneur, ô mon âme,

n'oublie aucun de ses bienfaits » (Psaume 102, 2)

Sœur Dominique : « C’est beau la vie, c’est beau la vie, merci ! » chante Solène. Elle court et saute dans le couloir de l’hôpital où elle vient d’avoir sa chimiothérapie. La vie, elle ne l’a que depuis quatre ans… Et nous, les yeux rouges à force de fixer l’écran, chantons-nous merci à la vie ? Elle peut être dure, mais quelles que soient les difficultés, il y a des dons essentiels ; Solène nous l’enseigne, sa vie est un cadeau et elle dit merci. 
Sur quoi je pose les pieds en sortant du lit… la terre ! Elle n’est pas l’œuvre de mes mains, c’est un pur cadeau, merci ! Ce jour qui chaque matin se lève et me donne le soleil, la pluie, le vent, les ai-je achetés ? Pour eux et leur mystère, merci aussi ! Cette lune qui me berce ou me fatigue, ces nuits qui rythment ma vie, c’est bon pour moi qu’elles existent, cadeau ! Qui a planté le premier arbre ? Ni vous ni moi, ni nos ancêtres, mais quel cadeau, soyons honnêtes. Ce n’est pas une prime offerte.
S’agirait-il d’un cadeau empoisonné puisque le soleil a brûlé notre champ de lavande l’été dernier, que le mistral a enlevé notre portail et que le gel a fait éclater les conduites d’eau ? 
Cadeau empoisonné, ces journées pas assez longues et ces nuits trop courtes ? Qui répondra au grognon qui parle en moi ? La petite voix de Solène qui respire aussi en moi et choisit de dire merci au cadeau plus beau que ses malfaçons. 
Au premier office du matin, notre communauté chante « Pour le don de la terre, béni sois-tu Seigneur ». Nous le chantons en vérité pour nous, pour vous, pour le monde, pour les quatre années de Solène.
Merci ! 

♦ Dimanche 1er mars

«Toi mon enfant, tu es toujours avec moi,

et tout ce qui est à moi est à toi » (Luc 15, 31)

Sœur Marie-Elisabeth : « Les cieux sont à moi et la terre est à moi  (…) toutes les créatures sont à moi. Dieu lui-même est à moi et pour moi puisque le Christ est à moi et tout entier pour moi. » Vous ne le croirez pas, c’est signé Jean de la Croix. Serait-il atteint de mégalomanie ce grand saint champion du renoncement radical ? 
Une autre voix me susurre : « Prosterne-toi devant moi, car tout est à moi. Je suis le prince de la terre, et je peux tout donner à qui je veux. »* 
Reconnaissez-vous la voix du démon qui tente Jésus au désert ? Il veut faire croire qu’il est le seul, l’unique propriétaire de ce monde. En maître de la perversion, il utilise ce mensonge pour dominer, obliger l’homme à se prosterner devant lui et ses idoles. N’est-ce pas le même esprit à l’œuvre dans les accaparements multiples de l’homme vis-à-vis de la création : la terre, la mer, les forêts, les matières premières, le vivant breveté. Et cela pour quoi ? 
A contrario, la première voix est celle de l’accueil émerveillé d’un don inimaginable. Saint Jean hérite avec le Christ de la création et du monde. Préciser « avec le Christ » change tout. Jean n’est pas le seul héritier, il l’est avec une multitude de frères et sœurs.

Oui, nous sommes fils de Dieu avec Jésus, tous désirés d’un amour fou. Tellement fou que le Père nous offre le meilleur : lui-même à travers la splendeur de sa création et le don de son Fils. L’affirmation de Jean « le Christ est à moi et tout entier pour moi » s’inscrit dans une relation d’amour réciproque. Comme deux époux lors du mariage se font le don d’eux-mêmes dans une confiance mutuelle.
Ce que nous recevons de Dieu, cette part d’héritage qu’est la création, puisqu’elle est à moi et que j’en fais partie, pourquoi n’en prendrais-je pas soin au lieu de la défigurer avec le tentateur ? Quand je la défigure, c’est moi aussi que je défigure dans ma ressemblance avec le Fils. Oui, Dieu est à moi. Jésus s’est fait homme pour se donner à moi ‒ prenez, mangez, ceci est mon corps ‒ afin que je devienne ce qu’Il est, le Fils bien-aimé.

*Evangile selon saint Luc, ch. 4, v. 6-7

♦ Samedi 29 février

« Recevoir le don de crainte et apprendre à s'émerveiller »

Frère Benoît Ente

Premier don de l'Esprit : le don de crainte
Le don de crainte ne doit pas nous faire peur ! Aujourd'hui nous parlerions plutôt d'un respect devant ce qui nous dépasse.

Claudie Haigneré est la première française à observer la terre depuis l'espace. Son regard à distance sur le miracle de la vie a suscité son émerveillement et a provoqué une prise de conscience. Avec elle contemplons notre planète si fragile et écoutons son témoignage unique. Il nous parle des bienfaits du don de crainte et nous invite à l'humilité. 
Après ce témoignage, le frère Jacques-Benoît du couvent de Fribourg nous apporte son éclairage spirituel et biblique sur le don de crainte.
Bon film.
Frère Benoît

Frère Jacques-Benoît : ... Demander le don de la crainte de Dieu c'est, dans le même mouvement, grandir dans un amour très profond pour Dieu qui s'est fait proche de nous.

« Tu as pour manteau la lumière ! Comme une tenture,

tu déploies les cieux. » (Psaume 103, 2)

 ♦ Vendredi 28 février

« Ta Parole est lumière pour mes pas, une lampe sur ma route »

(Psaume 118, 105)

As-tu déjà remarqué cette petite lumière rouge qui luit au fond de nos églises ? Elle est là, simplement, près du tabernacle où Jésus est présent. J’aime y venir, dans l’obscurité et le silence de la nuit, quand la ville dort ou s’éveille, pour y passer un moment près du maître de nos vies. Pourtant, me laisser accueillir par Dieu et l’accueillir à mon tour, ne me laisse pas tranquille. Une parole, un appel se fait entendre dans le silence pour m’inviter à rayonner de cette lumière qui la première m’a éclairé, pour prêter ma voix à la Bonne Nouvelle. C’est par elle que Dieu modèle petit à petit le cœur de son peuple, le cœur de notre monde. 
Ce premier vendredi de Carême, à la suite de saint Dominique, je contemple la Croix, celle de Jésus et les nôtres. Par-delà chacune des croix auxquelles nous nous affrontons, c’est le mystère de la mort et de la résurrection du Christ qui s’inscrit dans nos vies. Cette Bonne Nouvelle s’adresse à tous et a besoin de messagers, de prophètes pour la porter et l’annoncer. « Comment l’invoquer sans d’abord croire en lui ? Et comment croire sans d’abord l’entendre ? Et comment entendre si personne ne proclame ? »* Et c’est moi, et c’est toi qui en recevons l’appel. Pas besoin de héros, mais de missionnaires. Pas besoin de super pouvoir, mais du Saint-Esprit qui se donne à ceux qui acceptent de se mettre à son école. 
« Que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »** 

* Lettre aux Romains, ch 10, v 14
**Evangile selon saint Matthieu, ch. 5, v. 16

♦ Jeudi 27 février

« Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden

pour qu’il le travaille et le garde. » (Livre de la Genèse 2, 15)

Dès le commencement, l’homme et la femme, créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, sont associés à son œuvre. Pas seulement comme locataires du fabuleux jardin mis à leur disposition, pas seulement comme gérant du domaine pour le bon plaisir du maître des lieux, mais réellement dans une œuvre de coopération. Ils sont responsables de nommer les êtres qui se trouvent devant eux, ils sont chargés de la bonne garde du monde, ils ont surtout la responsabilité de faire advenir cet univers que Dieu a préparé pour eux jusqu’à sa plénitude. 
« Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et gouvernez-la. »* La terre, notre maison commune, nous est confiée, dans tout ce qu’elle est et représente.
Et plutôt que la soumettre à nos désirs, nous avons à la gouverner à la manière dont le Christ s’est révélé comme roi : « Je ne suis pas venu pour être servi, mais pour servir. »** Dans l’attention à la nature, dans l’accueil des enfants dans nos familles, mais également dans chacun de nos engagements professionnels, familiaux, associatifs, c’est un même service qui nous anime. Notre travail, comme tout engagement, se fait ainsi au service des autres, jusqu’aux plus petits. La Bible ne le définit pas d’abord par la pénibilité ou la contrainte, mais comme une bénédiction, pour soi, pour les autres, pour le monde. « Et Dieu vit tout ce qu’Il avait fait ; et voici : cela était très bon. »*** 
Aujourd’hui, ajustons-nous à ce que nous sommes, répondons à l’appel à déployer au mieux nos talents, alors seulement la justice peut naître.
La paix de notre monde est déjà en germe.   

* Livre de la Genèse ch 1, v 28   
** Evangile selon saint Marc, ch.10, v. 45   
***Livre de la Genèse, ch.1, v. 31

Semaine des Cendres :

don de la coopération avec Dieu

avec le Frère Jean-Charles Rigot du couvent de Rennes

♦ Mercredi 26 février - Mercredi des Cendres

« Revenez à moi de tout votre cœur » (Livre de Joël 2, 12)

Non, vraiment, ce Carême qui commence ne sera pas de tout repos. Nous rêvions de laisser le Seigneur nous conduire tranquillement ? C’est loupé. Bien au contraire, par la multiplicité des indications qu’Il nous laisse par son prophète Joël, Il nous entraîne dans une folle aventure : nous laisser combler de sa miséricorde, laisser notre cœur accueillir un à un les dons qu’Il veut nous faire, jour après jour, comme un calendrier de l’avent, mais en Carême. 
Et le premier cadeau que Dieu te fait, c’est toi, dans toute ta simplicité et toute ta beauté. Tu n’as pas été créé par automatisme, mais par amour. Tu n’es pas esclave, mais ami. Tu n’es pas exécutant, mais coopérateur.

Alors, ose t’accueillir toi-même, tel que Dieu t’a créé, tel qu’il t’a aimé et t’aime encore. Tu es pécheur, imparfait ? Tu te trouves trop indigne de la tendresse de Dieu ? Sans doute, mais tout ça, Il le sait, et pourtant, Il demeure dans son amour et sa tendresse pour toi, parce qu’il sait que tu vaux mieux que toutes tes fautes et tes errements, parce qu’il te fait confiance et qu’il voit le meilleur en toi. « Déchire ton cœur »*, ajoute Joël, non pour le détruire, mais pour l’exposer à la douce chaleur du cœur même de Dieu, pour oser avancer avec lui dans sa vie, dans ta vie. C’est dans les choix que tu poses aujourd’hui que déjà tu participes à ce que Dieu fait pour toi. 
Mon ami, relève-toi, n’aie pas peur, tu n’es pas seul sur ce chemin de Carême. Ton Dieu est avec toi, Il t’attend et compte sur toi. 

*Livre de Joël, ch.2, v.13

Si vous vous inscrivez à Carême dans la ville, vous pourrez écouter la méditation que vous recevrez chaque jour, ce qui est très agréable comme vous pouvez vous en rendre compte dans cet exemple, mais sur le site je ne pourrai pas tout mettre en vidéo, je n'y mettrai que les témoignages. Les méditations seront donc à lire.

Introduction

Frère Benoît Ente, responsable de Carême dans la ville : entré en 2003 chez les Dominicains, le frère Benoît rejoint Lille en 2015 pour vivre en quartier populaire et travailler avec l'équipe de Retraite dans la ville.

Quel avenir pour notre monde, quand l'intérêt individuel semble primer sur le bien commun ? Pourtant, plus que jamais, la soif d'absolu, la recherche de la vérité sur Dieu et sur l'homme, habite et travaille l'esprit de nos contemporains. Ils attendent une réponse crédible à leurs questions.

Au puits de Jacob, une femme de Samarie attend aussi une réponse à ses questions. Elle est visiblement isolée, exclue des siens et probablement méprisée par eux. Qui parierait sur son avenir ? Jésus ose lui parler en tête à tête. Il devine sa quête d'absolu, sa soif immense de Dieu. Et il la réveille. « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » La Samaritaine en est retournée.  Le carême nous offre un temps favorable à l'exploration du don de Dieu.

Le frère Jean-Charles Rigot nous parlera de la confiance que Dieu nous donne quand il fait de nous ses partenaires. Avec les sœurs du monastère de Taulignan, nous ouvrirons nos yeux sur le merveilleux don de la création. Le frère Jean-Pierre Mérimée nous fera méditer sur le don de la parole et le frère Michel Lachenaud sur celui de la vie. Des membres des équipes du Rosaire partageront leurs expériences du don de l'autre, de l'ami, du pauvre, du conjoint. Au cœur de notre Carême, le frère Eric-Thomas Macé nous fera pénétrer les secrets de la Samaritaine et du don de l'Esprit. Enfin nous suivrons pas à pas la Semaine Sainte avec le frère Marc-Antoine Bêchétoille qui nous présentera le don du Fils et de la vie éternelle.

Pour compléter ce parcours, chaque samedi, une vidéo-témoignage développera l'un des 7 dons de l'Esprit annoncés par Isaïe et trop peu connus.
Pour vous inscrire à la retraite, cliquez ici
Comme chaque année, vous pourrez poser une question à une sœur ou un frère dominicainconfier vos intentions de prière à la communauté et unir votre cœur à celui des frères dans la prière des vêpres.

Le temps de carême est un don de Dieu ; saisissons-le et partageons-le.
Notre Père nous le rendra, notre cœur se réjouira.


 

Quatrième semaine

« Une marche de nuit »

« Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde.» (Jn 4)

Le virus Covid-19 qui traverse la planète provoque une crise profonde dans nos sociétés mondialisées. Nous sommes comme plongés dans la nuit, perdant nos repères habituels... Tout devient flou d'autant que nous n'avons pas choisi de vivre cette nuit ! Nous rejoignons ainsi un peu l'aveugle de l'évangile ; lui qui a appris à vivre autrement, sans la vue.
Jésus, lumière du monde, nous aide en affirmant que notre confiance en lui nous permet de voir clair. La foi en Christ nous permet de traverser bien de nuits et bien des épreuves. "Ayons foi en notre foi. "
Que cette foi en Dieu soit notre "guide véritable" cette semaine pour nous aider à grandir dans l'épreuve et à prendre soin des autres. Courage et confiance ! (L'équipe des retraites en ligne)

Évangile : Jésus, lumière du monde, guérit un aveugle (Jn 9)

« En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Ses disciples l’interrogèrent : “Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ?” Jésus répondit : “Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde.” Cela dit, il cracha à terre et, avec de la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : “Va te laver à la piscine de Siloé” – ce nom se traduit : envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint il voyait. […]

Jésus apprit que [les pharisiens] l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : “Crois-tu au Fils de l’homme ?” Il répondit : “Et qui est-il Seigneur pour que je croie en lui ?” Jésus lui dit : “Tu le vois et c’est lui qui te parle.” Il dit : “Je crois, Seigneur !” Et il se prosterna devant lui. »

1. La méditation de la semaine : une confiance aveugle

  • « Nuit des sens » et « nuit de l’esprit »

Notre chemin vers le Carmel a pris un tournant décisif avec la rencontre de la Samaritaine autour de la Source de Jacob. Nous avons découvert que cet itinéraire est en fait un chemin intérieur vers le centre de nous-même. Et pour entrer dans ce cheminement au-dedans, il est nécessaire d’apaiser et de réformer notre sensibilité extérieure. Jean de la Croix appelle ce double mouvement de pacification et de conversion une « nuit ». 

« Nous appelons ‘nuit’ le renoncement à la saveur recherchée en toutes choses. En effet, de même que la nuit n’est rien d’autre que la privation de lumière et, par conséquent, de tout ce qu’on peut voir grâce à elle (ce qui laisse la capacité visuelle à l’obscur et sans rien), ainsi peut-on appeler ‘nuit’ le renoncement à l’attirance pour toutes choses car, privée de la saveur qu’elle recherche, l’âme demeure comme à l’obscur et sans rien. » (I MC 3, 1)

Le carême est un temps privilégié pour vivre de petites nuits sensibles : choisir de limiter mon temps de connexion quotidien peut produire une frustration affective. Mon affectivité expérimente le manque et perd ses repères. Mais en plaçant volontairement mon affectivité dans la nuit, loin de la lumière de l’écran, je choisis de m’éclairer d’une autre lumière, plus intérieure, même si ma sensibilité continue de réclamer sa part de lumière artificielle… Je comprends que le dépassement de mon ressenti est nécessaire pour grandir dans la vie spirituelle et devenir plus libre. Sans cette « nuit des sens », je resterai toujours dans des enfantillages spirituels ! Mais il me faudra aussi peut-être vivre une « nuit de l’esprit », une transformation plus profonde de mon intelligence, de ma volonté et de ma mémoire qui devront être éclairées par la foi, la charité et l’espérance. Dieu veut me transformer intégralement, corps et âme ou selon le vocabulaire de Jean de la Croix, « sens » et « esprit ». Il me faut donc vivre la nuit des sens et la nuit de l’esprit pour ressembler davantage au Christ au jour de la lumière de Pâques.

  • Le choix de la confiance

Nous rencontrons ce dimanche un nouveau personnage, lui aussi anonyme, un homme aveugle de naissance. [...]
Pourtant cet homme choisit de faire confiance à l’inconnu et voici que ses yeux s’ouvrent au contact de l’eau de la piscine de Siloé. Cette eau communiquée par l’Envoyé qu’est Jésus évoque la grâce du baptême : le sacrement du baptême donne la foi, la capacité de voir comme Jésus voit. L’aveugle devient un voyant. Un premier acte de confiance en Jésus l’entraîne sur un chemin de foi qui va être éprouvé par le scepticisme des pharisiens. Mais la foi de l’ex-aveugle va s’affirmer de plus en plus jusqu’au moment où il verra enfin Jésus, le Fils de l’homme, les yeux dans les yeux et pourra se prosterner devant lui.

  • La foi plus loin que la raison

Pour cheminer vers la sainteté et unir notre volonté à celle du Seigneur, il ne suffit pas de dépasser notre ressenti et vivre ainsi la nuit des sens. Il importe aussi d’aller vers plus de profondeur et de dépasser aussi la prétention de notre intelligence. Dieu est toujours au-delà de ce que nous en ressentons, mais aussi de ce que nous en comprenons...
Il ne s’agit pas de ne plus réfléchir (puisque Jean de la Croix valorise par ailleurs la raison) mais de faire attention à ce que notre capacité rationnelle n’enferme pas Dieu dans une idole humaine. C’est le piège dans lequel tombent les Pharisiens : « Il ne vient pas de Dieu cet homme-là, puisqu’il n’observe pas le sabbat. (…) Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. »...
Leur savoir religieux devient un obstacle à leur chemin spirituel, en raison de leur orgueil.

  • La lumière de la foi

[...] Pour grandir dans la foi, il faut accepter de mettre en quelque sorte notre intelligence dans les ténèbres. Certes la foi ne peut jamais contredire la raison mais elle ouvre la raison à plus grand. Elle nous révèle des réalités inconnues

Voilà un paradoxe : la lumière la plus sûre se trouve dans la nuit liée à la foi ! En effet, le moyen le plus adapté à notre marche vers Dieu n’est ni notre ressenti, ni notre capacité d’analyser, notre force de volonté mais c’est notre foi, liée aux deux autres vertus théologales, l’espérance et la charité. La foi touche Dieu en plein cœur et est donc la source de lumière la plus fiable. Certes elle désoriente ma sensibilité et ma manière de penser mais c’est pour les convertir. Concrètement, cela signifie que, dans ma vie de prière, je dois accepter de ne pas ressentir et de ne pas comprendre immédiatement les chemins par lesquels le Seigneur me fait passer, même si je les trouve pénibles et longs. Ma seule arme est de croire, comme un aveugle, que Dieu me conduit sur le bon chemin, tout en discernant avec un accompagnement spirituel les appels de Dieu et ce que vivent ma sensibilité et ma raison.

  • La foi comme guide

[...] Notre meilleur guide n’est pas extérieur à nous-mêmes. Il nous est intérieur : c’est notre foi en Jésus. Cette foi qui est un don de Dieu reçu à notre baptême est une force intérieure à laquelle nous devons recourir chaque jour pour avancer sur notre chemin de vie. Bien sûr, cette foi n’est pas magique : elle a besoin d’être nourrie par la Parole de Dieu et par les sacrements ; elle doit être mise en pratique dans notre vie de chaque jour car elle ne concerne pas que notre intériorité. Mais elle est notre bien le plus intime et le plus précieux. Prenons en soin et « ayons foi en notre foi » comme le dit Bienheureux Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus.

Cliquer sur la photo ci-dessus pour écouter l'essentiel de la méditation
ou cliquer ICI pour la lire (elle y est plus complète)

2. Les trois pistes de mise en pratique de la semaine

  1. Est-ce que je remercie régulièrement le Seigneur pour le don de la foi et celui du baptême ?
  2. Je peux faire mémoire de moments où l’orgueil du savoir m’a éloigné du Seigneur.
  3. Est-ce que je commence chacun de mes temps de prière en posant un acte de foi dans la présence et l’action secrète de Dieu, au-delà de ce que je sens et comprends ?

3. Prier chaque jour de la semaine

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Troisième semaine

« Jusqu'au cœur »

« L'heure vient - et c’est maintenant – où les vrais
adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité.
» (Jn 4)

Jésus rencontre maintenant une femme samaritaine que les Juifs considèrent comme une hérétique. Pourtant le Christ ne la repousse pas ; il éveille sa soif spirituelle pour lui révéler que Dieu demeure aussi en elle. Dieu s'y prend de la même façon avec chacun de nous : "Dieu conduit l’âme de degré en degré jusqu’au plus intérieur"  affirme saint Jean de la Croix.
Le Seigneur nous conduit sur un chemin d'intériorité qui va jusqu'au cœur : c'est là que nous pourrons cette semaine l'adorer dans son Esprit de vérité !

Évangile : Entretien avec la Samaritaine (Jn 4)

« En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau.
Jésus lui dit : “Donne-moi à boire.”[…] La Samaritaine lui dit : “Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ?” […] Jésus lui répondit : “Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive.” La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. […]

Jésus lui dit : “Femme, crois-moi, l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne, ni à Jérusalem pour adorer le Père. […] Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité.”»

1. La méditation de la semaine : un chemin d’intériorité

Nous avons contemplé le Seigneur transfiguré sur le Tabor puis nous l’avons suivi, comprenant que c’est en marchant à sa suite que nous parviendrons de manière sûre au but de notre voyage, la montagne du Carmel. Mais la route est longue. Jésus est fatigué et nous commençons à ressentir la soif. Comme le peuple au désert, nous sommes tentés de nous plaindre auprès du Christ : « Donne-nous de l’eau, que nous buvions ! » (Ex 17,2) Heureusement nous nous arrêtons auprès d’une source, en Samarie.
. La quête d’une source
Nous pouvons aisément nous retrouver dans la quête de cette anonyme qui vient chercher de l’eau en plein midi. Cette femme qui a multiplié les liaisons amoureuses est en quête de dignité, tout en étant probablement désabusée par la vie et le mépris des hommes. Nous pouvons de même être parfois déçus par l’existence, tentés par le fatalisme, tout en attendant quand même secrètement un évènement qui changera notre vie. Cet évènement, c’est la rencontre avec Jésus.
Jésus se place devant cette femme, et donc devant nous, en situation de dépendance : « Donne-moi à boire. » Habile manière de démonter l’ensemble des préjugés religieux et culturels qui rendaient cette rencontre entre un homme juif et une femme samaritaine impossible. Mais Jésus franchit les frontières et s’abaisse pour nous toucher ; il fait céder nos résistances marquées par la peur ou le mépris de l’autre. Il nous rend capables de lui donner. Etonnement : moi, je suis capable de donner quelque chose à Jésus ! « Donne-moi à boire. » Mais où vais-je donc lui trouver de quoi lui donner ? Où donc est cette source qui pourrait abreuver le Seigneur ? Saint Jean de la Croix vient ici à notre aide avec son magnifique poème de La Source (trad. J. Ancet). Il sait où se trouve cette source cachée :

Je sais bien la source qui coule et fuit,
malgré la nuit

Cette éternelle source bien est cachée
moi je sais bien le lieu d’où elle surgit
malgré la nuit

Jean a composé ce poème alors qu’il était en prison à Tolède ; le seul bruit qu’il entendait quand la ville s’endormait était le flot du Tage qui coulait au pied du couvent des carmes. Dans la nuit, il distinguait un signe de vie à travers cet écoulement continu. Rappel ténu de la présence cachée de Dieu, au sein même de l’épreuve de l’échec complet. Cette source, Jean la discerne particulièrement dans le sacrement de l’Eucharistie comme le révèle la fin du poème :

Cette éternelle source elle est enfouie
en ce pain vif pour nous donner la vie
malgré la nuit

Dans la Montée du Carmel, Jean oriente notre recherche de la source vers le dedans. L’eucharistie reçue dans la communion nous entraîne vers les profondeurs de notre cœur… C’est là que réside la source que nous cherchons… [...]

Le chemin spirituel est une voie d’intériorisation qui nous conduit vers les profondeurs de notre être : c’est là que nous rencontrons Dieu en vérité en même temps que nous nous trouvons nous-même. Le cœur profond est ainsi à la fois le lieu de notre plus grande intimité, le sanctuaire de notre conscience, mais aussi l’espace où Dieu demeure. Ainsi plus je me fais proche de Dieu en moi, plus je deviens vraiment moi-même. [...]

· Les moyens du recueillement pour adorer en esprit et vérité

Pour avancer sur ce chemin d’intériorité, il faut choisir les moyens appropriés. Jean de la Croix affirme qu’il est normal au début de la vie spirituelle de s’appuyer sur des lieux porteurs pour nous aider à rejoindre le Seigneur. Mais il convient de veiller à ce que nous ne nous attachions pas davantage aux lieux eux-mêmes qu’à la présence du Seigneur elle-même. Il importe de choisir des endroits porteurs pour notre vie de prière et non pour notre plaisir visuel.

« Bien qu’il soit meilleur de prier dans le lieu le plus convenable, on doit, malgré cela, choisir le lieu où la sensibilité et l’esprit seront le moins encombrés pour aller vers Dieu. À ce sujet, il convient de nous servir de la réponse que fit notre Sauveur à la Samaritaine qui lui demandait quel était le lieu le plus favorable pour prier, le temple ou la montagne ; il lui répondit que la véritable prière n’était pas liée à la montagne ni au temple, mais que les adorateurs agréables au Père étaient ceux qui l’adoraient en esprit et en vérité (Jn 4, 23-24).
Par conséquent, bien que les temples et les lieux tranquilles soient destinés et adaptés à la prière, pour une relation d’amitié aussi intérieure que celle qui s’établit avec Dieu on doit choisir l’endroit qui attire et occupe le moins le sensible. (…) C’est pourquoi, afin de nous donner l’exemple, notre Sauveur choisissait d’ordinaire, pour prier, des lieux solitaires (Mt 14, 23) et ceux qui n’accaparaient guère les sens mais qui élevaient l’âme vers Dieu, comme le sont les montagnes qui s’élèvent de terre et sont habituellement dépourvues de ce qui peut distraire les sens (Lc 6, 12). (…)
L’Apôtre nous en avertit en disant : Considérez que vos corps sont des temples vivants de l’Esprit-Saint qui demeure en vous (1 Co 3, 16). Cela nous renvoie à la citation du Christ : pour les vrais adorateurs, il convient d’adorer en esprit et en vérité (Jn 4, 24). » (III MC 39-40)

Veillons donc cette semaine à intensifier notre soif spirituelle et à chercher Dieu non pas dans des murs mais au centre de nous-même. Et là, dans notre cœur, adorons-le en esprit et en vérité.

Cliquer sur la photo ci-dessus pour écouter l'essentiel de la méditation
ou cliquer ICI pour la lire (elle y est plus complète)

2. Les trois pistes de mise en pratique de la semaine

  1. Quelle est l’image qui me parle le plus de ma soif spirituelle ?
  2. Je prends le temps de regarder les lieux où je prie habituellement : m’aident-ils à m’intérioriser ? Serais-je prêt(e) à en changer ?
  3. Quelle place est-ce que j’accorde au ressenti dans ma prière ? Comment puis-je grandir dans la foi ?

3. Prier chaque jour de la semaine

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Deuxième Semaine

« Jésus seul »

Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie : écoutez-le
!” (Mt 17, 1-9)

Nous arrivons à un premier sommet, le Thabor, où Jésus est transfiguré : son être entier irradie une lumière qui vient d'ailleurs. Et dans le silence, surgit la voix mystérieuse du Père : Il dit une seule Parole, qui est son Fils. Saint Jean de la Croix a été profondément marqué par cet évangile qui nous désigne Jésus comme la seule Parole à écouter. Il en tire une célèbre méditation pour montrer que Jésus est le Tout qui nous suffit. La sainteté, c'est de lui ressembler ! Travaillons y cette semaine !

Évangile : La transfiguration (Mt 17, 1-9)

« En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : “Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie.”
Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : “Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le !”Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : “Relevez-vous et soyez sans crainte !”Levant les yeux, il ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.
En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : “Ne parlez de cette vision à personne avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.” »

1. La méditation de la semaine : le regarder et l’écouter

Extraits : Saint Jean de la Croix a été profondément marqué par cet évangile qui nous désigne Jésus comme la seule Parole à écouter. En Jésus seul, nous trouvons le Père. Aussi écrit-il ces pages célèbres dans lequel il ose faire parler Dieu le Père, ce qui est remarquable pour un auteur si attentif à souligner combien Dieu est insaisissable et différent de nous. Dans ce texte, Jean nous invite à cesser nos curiosités religieuses et à ne pas chercher d’autre objet de contemplation que le Christ. Lisons et relisons cette méditation théologique et spirituelle puissante :

« En nous donnant, comme il l’a fait, son Fils qui est son unique Parole, car il n’en a pas d’autre, il nous a tout dit en une seule fois par cette seule Parole et il n’a pas à parler davantage. (…) ‘Ce que Dieu a dit autrefois à nos pères par les prophètes, souvent et de bien des manières, maintenant en dernier lieu, et de nos jours, il nous a tout dit en une fois dans le Fils’ (He 1, 1-2). L’apôtre donne à entendre par là que Dieu est resté comme muet et qu’il n’a plus rien à dire car ce qu’il disait autrefois partiellement aux prophètes, désormais il l’a dit totalement en nous donnant le Tout qui est son Fils.
Celui qui voudrait maintenant questionner Dieu ou demander quelque vision ou révélation ferait non seulement une sottise, mais encore injure à Dieu en ne regardant pas uniquement le Christ sans vouloir ni autre chose ni quelque nouveauté que ce soit. Et Dieu pourrait ainsi lui répondre :

Puisque je t’ai déjà dit toutes choses en ma Parole qui est mon Fils et que je n’en ai pas d’autre, que puis-je maintenant te répondre ou te révéler qui soit plus que cela ? Ne regarde que lui, parce qu’en lui je t’ai tout dit et tout révélé et tu trouveras en lui encore plus que tout ce que tu demandes et désires. En effet, tu demandes des paroles et des révélations partielles et, si tu le regardes bien, tu trouveras tout en lui parce qu’il est toute ma parole et ma réponse, toute ma vision et toute ma révélation, tout ce que je vous ai déjà dit, répondu, manifesté et révélé en vous le donnant pour Frère, pour Compagnon et pour Maître, pour Prix et pour Récompense...

Si Dieu nous donne son Fils comme Frère, Compagnon et Maître, c’est pour que nous marchions à ses côtés. Inutile de regarder le ciel pour avancer : Jésus est là qui marche vers Jérusalem. Il est redescendu du Thabor et il faut le suivre. Peut-être que comme Pierre, nous préfèrerions rester tranquillement sur la montagne, histoire de faire une pause. Non, il faut reprendre la route et suivre le Maître sur les routes de Galilée. La sainteté n’est pas dans la contemplation ou dans l’action ; elle est dans l’accomplissement fidèle de la volonté de Dieu et l’obéissance à sa Parole. C’est donc bien en regardant Jésus et en l’écoutant jour après jour que nous devenons saints. Nous aurons beau multiplier les jeûnes et les actes généreux pendant ce carême, si nous ne prenons pas le temps de regarder et écouter ce que Jésus attend de nous, nous n’en aurons fait qu’à notre tête ; et nous n’aurons pas grandi dans l’amour. Le plus important est de nous décider à imiter la vie de Jésus. Aussi Jean de la Croix donne-t-il un conseil très simple pour nous montrer comment convertir notre sensibilité égocentrique : « Le premier conseil est d’avoir un souci habituel de ressembler au Christ en toutes choses, se conformant à sa vie qu’il faut regarder afin de pouvoir l’imiter et se comporter en tout comme il l’aurait fait lui-même. »...

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2. Les trois pistes de mise en pratique de la semaine

  1. Quelle est la représentation artistique du Christ qui me rejoint le plus ? Est-ce que je l’utilise pour ma prière personnelle ?
  2. Je fais mémoire d’un moment important où j’ai compris que Jésus était une personne vivante à qui je peux parler et confier ma vie.
  3. Je prends un temps pour regarder et écouter Jésus de la manière qui me convient : chez moi, dans une chapelle, dans la nature, etc.

3. Prier chaque jour de la semaine

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Première Semaine

« L'obstacle en nous »

Évangile : Tentations de Jésus au désert (Mt 4, 1-11)

« En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit : “Si tu es le Fils de Dieu ordonne que ces pierres deviennent des pains.” Mais Jésus répondit : “Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : “Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains de peur que ton pied ne heurte une pierre.” Jésus lui déclara : “Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu.
Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : “Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi.” Alors, Jésus lui dit : “Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte.
Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent et ils le servaient. »

1. La méditation de la semaine : devenir libre comme le Fils de Dieu

Extraits : Nous voici donc en route pour nous approcher de la montagne du Carmel et l’Esprit nous conduit pour commencer au désert avec Jésus. Halte peu agréable puisqu’elle va nous révéler les obstacles à notre progression, obstacles non pas extérieurs mais intérieurs. Mais saint Jean de la Croix nous révèle en même temps les attitudes salutaires qui nous permettront de reprendre pied et de marcher avec plus de prudence...

« Celui qui ne se considère pas comme propriétaire jouit de toutes choses comme s’il les possédait toutes, tandis que cet autre qui les considère comme sa propriété perd le plaisir que procure toute chose. Le premier, qui n’en retient aucune dans son cœur, les possède toutes, comme le dit saint Paul, avec une grande liberté (2Co 6,10) ; le deuxième qui, volontairement, en a saisi quelques-unes n’a rien et ne possède rien parce que ce sont elles qui lui possèdent le cœur et il souffre comme un captif. Par conséquent, plus il veut avoir de jouissances dans les créatures, plus il devra nécessairement subir afflictions et peines en son cœur enchaîné et possédé.
Les soucis ne gênent pas celui qui est détaché, ni pendant son oraison ni en dehors, et ainsi sans perdre de temps et avec facilité, il amasse une grande fortune spirituelle. » (III MC 20,2-3) 

Dans ce texte très moderne, Jean de la Croix nous fait pressentir à quelle liberté nous sommes appelés, celle des enfants de Dieu : la capacité à profiter de toute chose et à ne pas être submergé par nos soucis. Par contraste, celui qui n’entre pas dans ce travail de détachement reste esclave de ce à quoi il est attaché. Son cœur est possédé et il souffre terriblement. Il pense être libre et il n’est en fait qu’un esclave de ses passions. Seul l’attachement à Dieu nous rend libres et semblables à Jésus. Face au diable, Jésus se montre un homme profondément libre ; il affirme son identité en refusant tous les pièges de l’adversaire. Il le peut car il est détaché de tout sauf de son Père...

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ou cliquer ICI pour la lire (elle y est plus complète)

2. Les trois pistes de mise en pratique de la semaine

  1. Je m’efforce de repérer mes lieux d’attachement où se révèle mon instinct de propriétaire. Quel acte puis-je poser cette semaine pour devenir plus libre ?
  2. Je cherche un passage ou un verset de l’Ecriture qui peut m’aider à combattre des pensées nocives qui m’éloignent de la paix.
  3. Est-ce que je prends les moyens de me former pour bien connaître et comprendre ma foi ?

3. Prier chaque jour de la semaine

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Introduction au Carême :

voyages vers les sommets avec Saint Jean de la Croix

Vous êtes plus de 23.000 francophones à oser entreprendre « l’heureuse aventure » de la recherche de Dieu avec saint Jean de la Croix ! Nous nous unissons aux 30.000 autres personnes qui vont vivre cette retraite dans d'autres langues...

Pendant ce carême, nous sommes invités à nous recentrer sur l'essentiel : notre relation à Dieu. Jean de la Croix (1542-1591) nous accompagnera sur des chemins de montagne pour grandir et avancer vers l’union avec Dieu. D'emblée, il nous dit que le chemin de la sainteté est parfois déstabilisant... parce que nous avons du mal à nous laisser conduire par Dieu. En ce mercredi des Cendres, demandons la grâce d'une confiance renouvelée pour que cette période soit vraiment pour nous un temps de transformation !

La suite : déroulé de la retraite

Vendredi 28 février, vous recevrez le message avec le contenu de méditation de la 1ère semaine de Carême. Et de même tous les vendredis de Carême, jusqu’à Pâques.
Pour ceux qui sont très connectés, sachez que nous publierons quotidiennement les courtes méditations « Prier chaque jour » en images sur nos réseaux Facebook, Twitter, Hozana.

Bon chemin de Carême !


 

♦ Mercredi 25 mars : fête de l'Annonciation

(Le problème a été résolu ce soir)

Écoutez la louange en cliquant sur le photo ci-dessus

Salve Regina et Magnificat (Traductions)

Salut, Reine, Mère de Miséricorde
Notre Vie, notre Douceur
Et notre espérance, salut

Vers toi nous élevons nos cris
Pauvres enfants d'Ève exilés

Vers toi nous soupirons, gémissant
Et pleurant dans cette vallée de larmes

Tourne donc, ô notre Avocate
Tes yeux miséricordieux vers nous

Et Jésus
Le fruit béni de tes entrailles
Montre-le nous après cet exil

Ô clémente, ô pieuse, ô douce Marie
Ô douce Vierge Marie

Mon âme exalte le Seigneur,
Exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s'est penché sur son humble servante ;
Désormais, tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, Il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour,
De la promesse faite à nos pères,
en faveur d'Abraham et de sa descendance, à jamais

Évangile de Jésus Christ selon saintLuc 1, 26-38

L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse, et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait "la femme stérile". Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout se passe pour moi selon ta parole. »
Alors l’ange la quitta.

Pour ma journée

- A midi en communion avec tous les chrétiens du monde et à la demande du pape François, nous ouvrons nos fenêtres et nous chantons le « Notre Père »

- A 15h30, à la demande de nos évêques, Nous prierons en communion par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie en nous unissant au chapelet récité, à Lourdes, chaque jour à 15 h 30. Nous demanderons à Marie de nous protéger et de nous aider à mieux accueillir Jésus dans nos maisons, dans nos cœurs, dans nos vies comme elle l’a fait elle-même pour nous : « Que tout m’advienne selon ta parole » (Lc 1, 38) – [1ère dizaine].

Nous confierons à Marie qui devient Mère du Sauveur et qui deviendra notre Mère, nos frères et sœurs malades, nos frères et sœurs soignants, notre communauté humaine éprouvée. Nous lui dirons que nous voulons les aimer comme nous aimons Jésus, « le fruit béni de ses entrailles » (cf. Lc 1, 42), Lui qui a pris sur lui nos souffrances et nos péchés [2e dizaine].

Nous pourrons aussi confier nos craintes et nos doutes à celle qui fut toute bouleversée et s’interrogea : « Comment cela va-t-il se faire?» (Lc 1, 34). La peur d’une vie remise à Dieu, différente de celle dont nous rêvons, rejoint la peur de la mort. Marie la connaît de l’intérieur et nous pouvons lui dire sans cesse : « Prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort », comme l’Église nous l’a appris [3e dizaine].

Enfin, poussés par l’Esprit, nous pourrons dire à Jésus : « Guéris-nous!» Nous ne savons pas quelle sera la réponse sinon que, dans quelques jours, nous fêterons la passion, la mort et la résurrection de Jésus, le premier-né d’une multitude de frères qu’il fait entrer dans la vie de Dieu [4e dizaine.]

[5e dizaine avec intentions particulières].

- A 19h30, à la demande de nos évêques, nous mettons des bougies à nos fenêtres, nous disons l’Angelus, nous prions pour les soignants et les malades... (Lire le récit de l'Annonciation et les intentions dans leur communiqué ci-dessous) Les cloches sonneront.

Ouvrir sa fenêtre, allumer une bougie est un geste de communion que nous voulons offrir à toute la nation pour qu’elle rende hommage aux défunts, victimes du Covid19, et aussi à ceux qui donnent de l’espoir, soignants, autorités mais aussi famille, amis, voisins.
C’est pourquoi nous vous demandons de relayer ce message très largement autour de vous, par tous les moyens autorisés à votre disposition !

♦ Mardi 24 mars

Chers frères et sœurs de la famille de youPRAY,

Marie et moi vous remercions de tout cœur pour vos témoignages d'affection et votre prière. Cela nous touche beaucoup et nous les accueillons comme un encouragement du Seigneur.
Je vais bien ( "mieux", dit Marie !), je suis pris en charge par une bonne équipe médicale à l'hôpital de Vannes, et c'est pour moi l'occasion d'une mission imprévue, celle de prier pour les soignants et leurs familles, pour les personnes hospitalisées, malades du coronavirus ou d'autres affections.
... Bientôt, ("après un temps de repos raisonnable", ajoute Marie), j'aurai la joie de vous retrouver, pour partager notre amour commun de la Parole de Dieu.
Que le Seigneur vous bénisse, qu'Il vous accompagne et vous guide en cette période de montée vers Pâques !
Olivier (et Marie) Belleil

Ndlr : les commentaires d'Evangile d'Olivier étant enregistrés à l'avance, nous pourrons de fait continuer à l'écouter quotidiennement. Pour ceux qui n'auraient pas vu l'intention de prière dans le mail d'hier lundi, Olivier Belleil a fait un infarctus le week-end dernier.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 5, 1-16)

À l’occasion d’une fête juive, Jésus monta à Jérusalem.
Or, à Jérusalem, près de la porte des Brebis, il existe une piscine qu’on appelle en hébreu Bethzatha. Elle a cinq colonnades, sous lesquelles étaient couchés une foule de malades, aveugles, boiteux et impotents. Il y avait là un homme qui était malade depuis trente-huit ans.
Jésus, le voyant couché là, et apprenant qu’il était dans cet état depuis longtemps, lui dit : « Veux-tu être guéri ? » Le malade lui répondit : « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau bouillonne ; et pendant que j’y vais, un autre descend avant moi. » Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. » Et aussitôt l’homme fut guéri. Il prit son brancard : il marchait !

Or, ce jour-là était un jour de sabbat. Les Juifs dirent donc à cet homme que Jésus avait remis sur pied : « C’est le sabbat ! Il ne t’est pas permis de porter ton brancard. » Il leur répliqua : « Celui qui m’a guéri, c’est lui qui m’a dit : “Prends ton brancard, et marche !” » Ils l’interrogèrent : « Quel est l’homme qui t’a dit : “Prends ton brancard, et marche” ? » Mais celui qui avait été rétabli ne savait pas qui c’était ; en effet, Jésus s’était éloigné, car il y avait foule à cet endroit.
Plus tard, Jésus le retrouve dans le Temple et lui dit : « Te voilà guéri. Ne pèche plus, il pourrait t’arriver quelque chose de pire. »
L’homme partit annoncer aux Juifs que c’était Jésus qui l’avait guéri. Et ceux-ci persécutaient Jésus parce qu’il avait fait cela le jour du sabbat.

Pour ma journée

Le verset du jour : « Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. »
Et aussitôt l’homme fut guéri. » (Jn 5, 8-9)
La grâce à demander : la guérison de mon corps et de mon âme
L'exercice spirituel : prier pour une personne malade que je connais dans mon entourage

Chant du jour (L'écouter)

N'est-il point d'autre choix devant la coupe
Que celui de marcher sur cette route ?
Ce chemin de douleur
De peine et de malheur
N'y a-t-il rien que ce chemin de croix ?
Mon âme est dans l'effroi et dans le doute
Mais je sais que Ton cœur de Père écoute
Chacun de mes soupirs
Mes peurs et mon désir
De satisfaire à Ta prière en moi

Glorifie Ton nom sur cette terre
Manifeste en moi la sainteté de Ton pardon
Je m'abandonne entre Tes mains
Et puisque la vie T'appartient
Qu'il en soit fait de moi
Selon les voies de Ton amour divin

Combien de fois pourtant j'ai vu Ta grâce
Lorsque je demeurais devant Ta face
Mais là dans ce jardin
Il ne reste plus rien
Que le fardeau de tous les maux du monde
Aucun pour partager de ma souffrance
Le sang de l'agonie et de l'absence
Voici venue mon heure
Viens soulager mon cœur
Mon Dieu, mon sort est en Toi maintenant

Glorifie Ton nom sur cette terre
Manifeste en moi la sainteté de Ton pardon
Je m'abandonne entre Tes mains
Et puisque la vie T'appartient
Qu'il en soit fait de moi
Selon les voies de Ton amour divin
Glorifie Ton nom sur cette terre
Manifeste en moi la sainteté de Ton pardon
Je m'abandonne entre Tes mains
Et puisque la vie T'appartient
Qu'elle soit lumière en moi
Un chant de joie
Jusqu'au-delà des temps

Et que le monde voie
Briller en moi
La gloire que Ta grâce m'a donnée

♦ Lundi 23 mars

Chers amis,

En priant avec youPRAY, un certain nombre d'entre vous avez appris à bien connaître et à apprécier Olivier Belleil, qui nous réjouit par ses commentaires de l'Evangile. Olivier a fait un infarctus ce week-end. Il a subi une opération et est actuellement en convalescence à l'hôpital. Comme il le dit lui-même, il n'est pas passé loin de rejoindre la maison du Père. Il est paisible, il ne souffre pas, et n'a pas perdu son sens de l'humour. 

Nous le confions à votre prière, ainsi que sa femme Marie et ses enfants. Si certains d'entre vous veulent lui écrire, vous pouvez lui adresser un message à : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Plus que jamais en union de prière avec vous tous
Timothée et toute la petite équipe de youPRAY

Méditation d'Olivier Belleil

En cette quatrième semaine de carême, Olivier Belleil nous interroge sur notre rapport au temps. Il nous invite à ralentir le rythme de nos vies pour être plus attentifs à ceux qui nous entourent. En faisant cela, nous pourrons pratiquer un type d'aumône pas si facile que cela, l'aumône de notre temps.

Cette méditation a été enregistrée avant le début du carême. La période de confinement que nous sommes contraints de vivre n'était donc pas prévue, mais elle est une bonne occasion de vivre cette invitation à ralentir et à donner de notre temps à nos proches.

Rappel - Coaching "Spécial Confinement"

Pour ceux qui ne l'auraient pas encore écouté, l'enseignement d'Olivier Belleil intitulé "Jésus, le coronavirus et moi" diffusée samedi dernier est disponible en cliquant ici. Il nous donne de précieuses clés spirituelles  pour vivre la période actuelle

♦ Dimanche 22 mars

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 9, 1.6-9.13-17.34-38)

En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance. Il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait.
Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. »

On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. » Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. » Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors.

Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? »
Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui.

Pour ma journée

Le verset du jour : « Crois-tu au Fils de l’homme ? » Il dit : « Je crois, Seigneur ! » (Jn 9, 36;38)
La grâce à demander : le courage de témoigner que Jésus est mon Seigneur et mon Dieu
L'exercice spirituel : dire dans ma prière d'aujourd'hui : "Seigneur Jésus, je te rends grâce pour mon baptême, viens me renouveler aujourd'hui dans cette grâce pour que je puisse fermement croire en toi et témoigner de toi par ma vie !"

Chant du jour (Moines d'En Calcat)

Illumina oculos meos
Nequando obdormiam in morte
Nequando dicat inimicus meus :
Praevalui adversus eum

Illuminez mes yeux
Que jamais je ne m’endorme dans la mort
Que mon ennemi ne

♦ Samedi 21 mars

Jésus, le coronavirus et moi - Olivier Belleil

... ou comment vivre cette période déstabilisante dans l'Esprit Saint. A l'aide de la Bible, des saints et de la tradition de l'Eglise, Olivier Belleil nous donne des conseils pour traverser avec le Seigneur l'épreuve sanitaire que nous vivons aujourd'hui.
Un enseignement éclairant qui donne des clés de discernement sur le temps particulier que nous vivons et nous invite à grandir dans la foi, l'espérance et la charité.

Olivier Belleil, marié et père de famille, est membre de la Communauté du Verbe de Vie depuis 1989. Enseignant en philosophie de formation, il a écrit plusieurs livres sur la Parole de Dieu, la spiritualité conjugale, la paternité… Il assure un service de prédication et de formation sur différents thèmes d’anthropologie et de spiritualité..
Il est l'auteur notamment de "Rester confiant dans les épreuves" (Ed. des Béatitudes, 2000).

Pour l'écouter, cliquer sur la photo ci-dessus

♦ Vendredi 20 mars

Prier le chapelet ponctué de courtes méditations de Saint Jean-Paul II (L'écouter)

Le mystère du jour : La mort sur la Croix
Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout." Jn 13, 1
Un fruit du Mystère : croire à la déclaration d’Amour de Dieu

Pour ma journée

Une grâce à demander : revivre la mort de Jésus en se mettant au pied de la Croix, près de Marie, pour pénétrer avec elle dans les profondeurs de l'amour de Dieu pour l'homme
Intention de prière : pour ceux qui sont confrontés à leur propre vieillesse et à celle de leurs proches

Le chant du jour (Béatitudes)

1- Vers Toi, je lève les yeux
En Toi est mon espérance
Tu veilles sur moi, Tu me guides
Tu gardes ma vie dans Ta main

Sois ma force, mon refuge, sois ma joie (x3)
Garde-moi en Toi

2- Tu es ma fidélité
Tu es la paix de mon cœur
Quand je crie vers Toi, Tu réponds
Tu essuies les larmes de mes yeux

♦ Jeudi 19 mars, fête de Saint Joseph

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 2, 41 - 51a)

Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher.
C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis.

Pour ma journée

Le verset du jour : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » (Lc 2, 48)
La grâce à demander : la confiance en Dieu alors même que la pédagogie de Dieu à mon égard m'échappe

Le chant du jour

J'espère en silence ton Salut, Seigneur
J'élève mon âme vers Toi, mon Dieu
Sans fin je Te cherche

1- Quand tu te cachais au jardin
Je t'ai cherché, où es-tu ?
Tu avais peur de Moi parce que tu étais nu
Alors Je fis une tunique et t'en revêtis
Et à la descendance de la femme Je confie ton salut

2- En Égypte J'ai vu ta misère
Ô Mon peuple
J'ai entendu ton cri devant tes oppresseurs
Je suis descendu te délivrer de leur main
J'ai fendu la mer en deux et t'ai libéré

3- Que pourrais-Je faire encore pour Ma vigne ?
Je l'ai bêchée, j'en ai ôté les pierres
J'y ai planté du raisin de choix
J'y ai bâti une tour de garde et creusé un pressoir
Maison d'Israël, c'est toi Ma vigne
Le plant que J'ai aimé

4- Tu M'étais infidèle, aussi
Je te conduirai au désert pour parler à ton cœur
Je te fiancerai à Moi pour toujours
Dans la tendresse et la miséricorde

Pour écouter, cliquer sur la photo ci-dessus

♦ Mercredi 18 mars

Les chants du jour

Ave Maria - Dei Amoris Cantores (© Dei Amoris Cantores)
La voix du bien-aimé - Dei Amoris Cantores (© Dei Amoris Cantores)
Dieu seul suffit - Chœur du Séminaire français de Rome (© Editions Jade)

Pour les écouter, cliquer sur la photo ci-dessus

♦ Mardi 17 mars

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 18, 21-35)

En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois.
Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.

Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.

C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

Pour ma journée

Le verset du jour : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. » (Mt 18, 21-22)
La grâce à demander : la grâce de pardonner à une personne qui m'a fait du tort

♦ Lundi 16 mars

Méditation d'Olivier Belleil

Pour cette troisième semaine, je commence bien sûr par une petite évaluation sous le regard de Dieu : comment est ce que j'ai vécu la semaine passée ? Comment est-ce que j'ai vécu mon début de carême ? Qu'est-ce qui a pu être mis en place avec la grâce de Dieu ? Qu'est-ce qui a été défaillance ? Sans me décourager, je demande au Seigneur de me reprendre en main, comme les coureurs de demi-fond, afin d'avoir comme un nouveau souffle pour continuer la route cette semaine.

Après le jeûne, je vais mettre l'accent avec la grâce de Dieu sur la prière :
- ça peut être ma prière personnelle
- ça peut être, suivant mon état de vie, la prière conjugale ou familiale
- ça peut être également la prière ecclésiale, en essayant par exemple cette semaine d'aller davantage à la messe en semaine
Prions pour que le Saint Esprit nous éclaire et nous inspire car, comme le dit Saint Paul, "nous ne savons pas prier comme il faut". Ce qui compte c'est de prendre ces moments de cœur à cœur ou d'intimité avec Dieu, et de prévoir à l'avance le temps que je veux y consacrer chaque jour.

Un deuxième aspect de notre prière concerne la place de la lecture de la parole de Dieu. Je peux peut-être me donner comme objectif cette semaine de lire un livre ou un passage de la Bible. Pour cela, je parcours l'Ancien et le Nouveau Testament, et je choisis un livre qui m'attire.

A travers ce moyen de la prière et le lecture de la parole de Dieu, je suis sûr que cela réjouira le cœur de Dieu, cela fortifiera mon âme et m'aidera à vivre un Saint Carême.

♦ Dimanche 15 mars

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 4, 5-15.19b-26.39a.40-42)

En ce temps-là, Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar, près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph. Là se trouvait le puits de Jacob. Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source. C’était la sixième heure, environ midi. Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau.
Jésus lui dit : « Donne-moi à boire. » – En effet, ses disciples étaient partis à la ville pour acheter des provisions. La Samaritaine lui dit : « Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire, à moi, une Samaritaine ? » – En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains. Jésus lui répondit : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » Elle lui dit : « Seigneur, tu n’as rien pour puiser, et le puits est profond. D’où as-tu donc cette eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob qui nous a donné ce puits, et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »
Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » La femme lui dit : « Seigneur, donne-moi de cette eau, que je n’aie plus soif, et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. Seigneur, je vois que tu es un prophète !... Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là, et vous, les Juifs, vous dites que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »
Jésus lui dit : « Femme, crois-moi : l’heure vient où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem pour adorer le Père. Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. » Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. »
Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus. Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui, ils l’invitèrent à demeurer chez eux. Il y demeura deux jours. Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire à cause de sa parole à lui, et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit que nous croyons : nous-mêmes, nous l’avons entendu, et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »

Pour ma journée

Le verset du jour : « Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire”, c’est toi qui lui aurais demandé, et il t’aurait donné de l’eau vive. » Jn 4, 10
La grâce à demander : la soif de Dieu

♦ Samedi 14 mars

Mettre Dieu à la première place – P. Jacques Philippe
Extrait de "9 jours pour retrouver la joie de prier"

Introduction :
Dans cette deuxième journée de notre retraite, nous cherchons à avancer un peu plus dans la prière. Lorsque je prie, Dieu peut prendre la première place dans ma vie.

Méditation du père Jacques Philippe : L’existence humaine ne trouve sa plénitude d’équilibre et sa beauté que si Dieu en est le centre. « Dieu premier servi ! », disait sainte Jeanne d’Arc. La fidélité à la prière permet de garantir, de manière concrète et effective, ce primat de Dieu. Sans elle, la priorité donnée à Dieu risque de n’être qu’une bonne intention, voire une illusion.
Celui qui ne prie pas, de manière subtile mais certaine, mettra son ego au centre de sa vie, et non pas la personne vivante de Dieu. Il sera dispersé par la multitude des désirs, des sollicitations, des peurs. Celui qui prie, au contraire, même s’il aura à se confronter à la pesanteur de l’ego, aux forces de repli sur soi et d’égoïsme qui nous habitent tous, sera dans un mouvement de décentrement de soi et de recentrement sur Dieu, permettant peu à peu à ce dernier de prendre (ou de reprendre) sa juste place dans sa vie : la première. Il trouvera ainsi l’unité et la cohérence de sa vie. « Qui ne rassemble pas avec moi disperse », dit Jésus dans l’évangile de Luc (Lc 11, 23). Quand Dieu est au centre, tout trouve sa juste place.

Donner à Dieu un primat absolu par rapport à toute autre réalité (travail, relations humaines, etc.) est le seul moyen d’instaurer un rapport juste avec les choses, dans un vrai investissement et une saine distance qui permet de sauvegarder une liberté intérieure et l’unité de sa vie. Sinon, on tombe dans une indifférence, une négligence ou, au contraire, un attachement, un envahissement, une dispersion, des inquiétudes inutiles.

Résolution du jour :
Ce soir, avant de me coucher, je prendrai cinq minutes pour remercier Dieu d’être le vrai centre de ma vie. Je lui remettrai tout ce qui a fait cette journée : le bien que j’ai accompli pour lui rendre grâce, les difficultés que j’ai rencontrées pour invoquer son aide, mes fautes et imperfections pour lui demander pardon. Ainsi, tout ce qui a fait ma journée trouve son achèvement en Dieu. Et je m’endormirai en paix, confiant en sa miséricorde.

♦ Vendredi 13 mars

Prier le chapelet ponctué de courtes méditations des Saints Louis et Zélie Martin (l'écouter)

Le mystère du jour : La mort de Jésus en Croix

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Mc 15, 34
Un fruit du Mystère : Abandon filial entre les mains du Père

Pour ma journée

Une grâce à demander : La force dans les épreuves
Intention de prière : Pour ceux qui vivent la maladie ou le deuil d’un enfant

Le chant du jour

Notre cité se trouve dans les Cieux
Nous verrons l’Épouse de l’Agneau
Resplendissante de la gloire de Dieu
Céleste Jérusalem

1- Dieu aura sa demeure avec nous
Il essuiera les larmes de nos yeux
Il n’y aura plus de pleurs ni de peines
Car l’ancien monde s’en est allé

2- Et maintenant, voici le salut
Le règne et la puissance de Dieu
Soyez donc dans la joie vous les Cieux
Il règnera sans fin dans les siècles

♦ Jeudi 12 mars

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 16, 19-31)

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui.
Alors il cria : “Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise.
– Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.”
Le riche répliqua : “Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !”
Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent !
– Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.”
Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.”

Pour ma journée

Le verset du jour : « Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. » (Lc 16, 20)
La grâce à demander : un cœur de chair sensible aux besoins matériels et spirituels des personnes qu'il rencontre.
L'exercice spirituel : saisir l'occasion d'une rencontre (un membre de ma famille, un collègue, une personne dans la rue...) pour me demander : quel est son besoin aujourd'hui ? Et essayer d'y répondre à ma mesure en actes ou en paroles.

♦ Mercredi 11 mars

Les chants du jour

Ma Passion - Glorious (© Rejoyce)
Riche en miséricorde - Hélène Goussebayle (© Hélène Goussebayle)

Pour les écouter, cliquer sur la photo ci-dessus

♦ Mardi 10 mars

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 23, 1-12)

En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi. Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »

Pour ma journée

Le verset du jour : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. » (Mt 23, 11)
La grâce à demander : l'humilité et la simplicité dans les relations
Un point d'attention : repérer ce qui en moi est recherche de reconnaissance

Chant (Communauté de l'Emmanuel)

Humblement, nous venons à Toi
Nous T'offrons nos vies
Que nos cœurs s'unissent à Ta Croix
Par ce don, Tu nous guéris

1- Voici offerts
Ce pain, ce vin
Transforme-les, Dieu d'amour
Pour que nous vivions

2- Accueille-nous
Pauvres et petits
Transforme-nous, Dieu d'amour
Pour que nous vivions

♦ Lundi 9 mars

Méditation d'Olivier Belleil :

Le programme "fitness spirituel" de la semaine

Pour cette deuxième semaine de carême, nous continuons dans le jeûne mais nous allons privilégier un autre aspect, le jeûne de paroles négatives, avec deux orientations :
- le jeûne de paroles négatives : les plaintes, les railleries, les lamentations sur la météo, sur les conditions sociales, sur les transports, sur le comportement de de ceux qui sont dans mon entourage...
- le jeûne de médisance sur les personnes (dire des choses négatives sur les autres qui peuvent être juste mais dans lesquelles je vais comme surligner des choses) et le jeûne de calomnie (dire des choses mensongères sur des personnes qui sont autour de moi)
Alors que le Seigneur nous délivre de ces mauvaises habitudes et comme dit le psaume qu'il mette une garde à notre bouche. C'est la première face de la pièce de monnaie, le jeûne de paroles négatives. Comme dit le titre d'un best-seller, cette semaine "J'arrête de râler".

Jeûner de paroles négatives c'est bien, mais ce n'est pas suffisant. La face positive de notre effort de cette semaine, c'est d'entrer dans l'expression de paroles de bénédiction, de paroles valorisantes. Je vais essayer de dire aux personnes que je rencontre dans mon entourage, dans ma famille, autour de moi, des paroles bienveillantes. Souvent on ne l'est pas assez. Alors lorsque quelque chose de bien se fait autour de nous, essayons de le reconnaître et de le partager autour du nous. Cela fait du bien.

Demandons donc au Seigneur la grâce de bien vivre ce jeûne et pour le jeûne de la semaine dernière, demandons au Saint-Esprit s'il nous demande de continuer ou d'arrêter, ou d'en faire simplement l'un ou l'autre. Ce qui compte c'est, après avoir prié, de prendre la résolution non pas sur une parole extérieure, mais comme venant d'une parole intérieure que l'Esprit nous met dans notre cœur, et avec la conviction que c'est bien ce que le seigneur attend de nous pour cette semaine.

♦ Dimanche 8 mars

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 17, 1-9)

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère, et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux ; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements, blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à Jésus : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! Si tu le veux, je vais dresser ici trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! »
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! » Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul.
En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : « Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts. »

Pour ma journée

Le verset du jour : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! » (Mt 17, 4)
La grâce à demander : la joie de goûter la présence du Seigneur dans ma vie aujourd'hui
L'exercice spirituel : choisir un verset de l'Evangile d'aujourd'hui et me le répéter au long de ma journée comme une prière du cœur

♦ Samedi 7 mars

Moïse et le buisson ardent – P. Florian Racine
Extrait de « 9 jours pour expérimenter la puissance de l'Adoration »

Introduction :
L’adoration eucharistique est une prière du cœur qui prolonge la messe. Regardons Moïse qui se prosterne humblement devant la présence mystérieuse de Dieu au buisson ardent. C’est là que débute l’adoration du Dieu très saint.

Parole de Dieu :
« L’Ange du Seigneur apparut à Moïse, dans une flamme de feu, du milieu d’un buisson. Le buisson était embrasé mais le buisson ne se consumait pas. […] Dieu l’appela du milieu du buisson. “Moïse, Moïse”, dit-il, et il répondit : “Me voici.” Il dit : “N’approche pas d’ici, retire tes sandales de tes pieds car le lieu où tu te tiens est une terre sainte.” Et il dit : “Je suis le Dieu de tes pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob.” Alors Moïse se voila la face, car il craignait de fixer son regard sur Dieu. […]
Maintenant, le cri des Israélites est venu jusqu’à moi, et j’ai vu l’oppression que font peser sur eux les Égyptiens. Maintenant va, je t’envoie auprès de Pharaon, fais sortir d’Égypte mon peuple, les Israélites. […] Moïse dit à Dieu […] : “S’ils me disent : Quel est son nom ?, que leur dirai-je ?” Dieu dit à Moïse : “Je suis celui qui est”. » (Ex 3, 2-14)

Méditation du père Florian Racine :
Dans la Bible, c’est toujours Dieu qui vient à la rencontre de l’homme. C’est lui qui prend l’initiative de la rencontre, dans l’amour. Il attend seulement notre réponse. Ici, « l’Ange du Seigneur » représente Dieu lui-même qui visite son peuple. Il choisit la forme d’un buisson ardent. Pour certains Pères de l’Église, ce buisson préfigure le mystère admirable de l’Incarnation, dans lequel la divinité s’unit à l’humanité dans la personne de Jésus, sans la détruire ni l’absorber.
Ce Dieu qui visite son peuple est présent aujourd’hui au Saint Sacrement. Il est l’Emmanuel, notre nouveau buisson ardent. Ce feu évoque aussi l’amour infini du Christ, qui purifie, transforme et guérit. Dieu appelle Moïse par son nom. Il l’invite à une rencontre personnelle, une relation d’amour, un cœur à cœur.
Aussi, Dieu révèle son Nom, mystérieux, imprononçable. Ici le Nom « Je suis celui qui est » rappelle que Dieu seul existe en lui-même et que Dieu n’a besoin de rien, ni de personne pour exister. Au contraire, tout ce qui vit est maintenu en existence par Dieu, source de l’être, de tout être. De la sainte Hostie, le Seigneur Jésus soutient l’univers. Comment ne pas s’émerveiller devant l’Hostie qui contient celui que l’univers ne peut contenir ! Comme la terre gravite autour du soleil, le cosmos gravite autour de l’Hostie ! S’approcher d’elle dans la foi, c’est se placer au cœur du monde. L’hostie est notre ciel sur la terre. C’est Dieu qui se donne, notre Alpha et notre Oméga, notre commencement et notre fin. C’est le Corps ressuscité du Christ, Sauveur du monde.
Moïse se prosterne profondément devant la présence divine. Dans l’adoration du Saint Sacrement, la position du corps, sans être une finalité en soi, manifeste l’attitude de notre cœur. Mettre son corps en adoration, c’est aider le cœur à entrer en prière, car notre corps et notre âme sont intimement unis. Adorer le Seigneur de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force (cf. Dt 6, 4), c’est adorer Dieu avec toute sa personne, et aussi avec son corps.

Résolution du jour :
Je demande à Jésus la grâce de l’émerveillement devant sa présence réelle dans l’Eucharistie. Si mes genoux me le permettent, je fais une génuflexion en passant devant le tabernacle d’une église. Je commence et je termine mon temps d’adoration agenouillé.

♦ Vendredi 6 mars

Prier le chapelet ponctué de courtes méditations de Mère Teresa (l'écouter)

Le mystère du jour : L’agonie de Jésus au Jardin des Oliviers

« Jésus tomba face contre terre en faisant cette prière : ‘Mon Père, s’il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux mais comme tu veux.’ » Mt 26, 39
Un fruit du Mystère : L’espérance

Pour ma journée

Une grâce à demander : La patience dans les épreuves
Intention de prière : Pour les chrétiens tentés par l’apostasie

Le chant du jour

1- Ô nuit, ô nuit, si sombre et vide
Nulle clarté, insondable nuit
Sans bruit, sans vie, ma chair est glacée
Rien que la Foi, rien que l'Espérance
Rien que la douceur de Ton divin Nom
Abba, Abba, délivre-moi
Mon âme torturée veut mourir

2- Pourtant, cachée, faible et fragile
Bruisse dans l'ombre une grande espérance
La vie est là, l'Esprit-Saint souffle
C'est l'abandon à cet Esprit d'amour
C'est par Sa grâce que la nuit devient jour
Abba, Abba, vois Ton enfant
Petit, si petit, courir vers Toi

♦ Jeudi 5 mars

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 7, 7-12)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.
Ou encore : lequel d’entre vous donnera une pierre à son fils quand il lui demande du pain ? ou bien lui donnera un serpent, quand il lui demande un poisson ?
Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !
Donc, tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes. »

Pour ma journée

Le verset du jour : « Quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. » (Mt 7, 8)
La grâce à demander : prier avec ferveur.

♦ Mercredi 4 mars

Les chants du jour

Sola gratia (Ta Grâce seule) - Impact (© Eglise Nouvelle Vie)
Merveille que je suis - Collectif Béatitudes (© Béatitudes Musique)
Christ en Croix (en duo avec Alice Drisch) - Grégory Turpin (© Bayard Musique)

Pour l'écouter, cliquer sur la photo ci-dessus

♦ Mardi 3 mars

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 6, 7-15)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi :

Notre Père, qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.

Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »

Pour ma journée

Le verset du jour : « Votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. » (Mt 6, 8)
La grâce à demander : le désir de prier
L'exercice spirituel : choisir l'une des sept demandes, la répéter au long de la journée pour la faire descendre dans mon cœur et en faire ma prière.

♦ Lundi 2 mars

Méditation d'Olivier Belleil :

Pour cette semaine, nous vous proposons, dans la grande tradition de l'Eglise, des exercices spirituels qui sont ordonnés autour de la Parole de Jésus. Au début du Carême, Jésus nous parle des trois grands moyens que l'on trouve aussi dans la tradition juive et dans l'Eglise : le jeûne, la prière et l'aumône. Chaque semaine, nous vous proposerons au choix un ou plusieurs exercices à vivre dans l'amour, et donc à vivre dans la joie.
Cette semaine, nous vous proposons de nous exercer au jeûne. Les fruits du jeûne sont nombreux : maîtrise de soi, force dans le combat spirituel, liberté intérieure, faim et soif de Dieu, le détachement, la purification du corps, la joie et l'amour...

Exercice spirituel n°1 : le jeûne alimentaire

On peut le vivre de différentes manières :
1. Le jeûne alimentaire du vendredi
On peut le vivre de la manière suivante : petit déjeuner léger, abstinence de nourriture à midi et collation plutôt légère le soir. Maintenant il peut y avoir d'autres moyens de le vivre certains pourront jeûner au pain et à l'eau, et d'autres selon leur état de santé, prendront à midi quelque chose : pain, fromage ou fruits.
2. Un jeûne sur toute la semaine qu'on pourrait appeler un jeûne de modération
Par exemple par rapport à l'alcool, ça peut être s'abstenir purement et simplement pendant une semaine d'alcool (de vin, de cidre, de bière, d'apéros ...), et de faire de cette abstinence une intercession pour tous les hommes et les femmes d'aujourd'hui qui sont malades de l'alcool.
3. Un jeûne tout simple pendant toute cette semaine : se nourrir avec modération. Par exemple, comme disaient nos grands-parents, ne pas manger en dehors des repas, ne pas se resservir, opter pour des desserts légers...

Exercice spirituel n°2 : le jeûne des écrans

Bien sûr, il ne s'agit pas de jeûner dans le cadre professionnel, mais dans les moments de détente, nous essaierons de privilégier autre chose que les écrans.

Comment choisir le ou les jeûnes à vivre cette semaine ?

- J'invoque le Saint Esprit
- Je retiens ce qui me semble être la demande de l'Esprit
- Je le mets par écrit
- Je demande la grâce au Seigneur de pouvoir le(s) vivre par amour et comme une offrande spirituelle agréable à Dieu.

♦ Dimanche 1er mars

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 4, 1-11)

En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim.
Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. » Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte. »
Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

Pour ma journée

Le verset du jour : « Jésus fut conduit au désert par l'Esprit pour être tenté par le diable » Mt 4, 1
La grâce à demander : être fortifié dans le combat spirituel.

♦ Samedi 29 février

Le carême : objectif conversion – P. Nicolas Buttet

Le Carême est un temps privilégié pour soigner notre relation au Seigneur et se recentrer sur l'essentiel. Le jeûne, l'aumône et la prière sont les moyens concrets que la parole de Dieu et l’Église nous donnent pour cela. Le P. Nicolas Buttet nous explique en quoi ces moyens sont une aide efficace pour notre propre conversion. Il donne également le sens des petits sacrifices quotidiens que la tradition nous invite à vivre pendant le Carême.

P. Nicolas Buttet

Avant de fonder la Fraternité Eucharistein au terme de plusieurs années de vie en ermitage, puis d'être ordonné prêtre en 2003, Nicolas Buttet était engagé dans la politique fédérale Suisse. Il est aussi l'initiateur de l'Institut Philanthropos et vice-président de la fondation Ecophilos regroupant des chefs d'entreprises désireux de mettre la personne humaine au cœur de leurs activités.
Il est l'auteur notamment de : "L'Eucharistie à l'école des saints" (Ed. de l'Emmanuel, 2000)

Pour l'écouter cliquer sur la photo ci-dessus (47 minutes environ)

♦ Vendredi 28 février

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 9, 14-15)

En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchèrent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. »

Pour ma journée

Le verset à méditer : « Des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. » (Mt 9, 15)
La grâce à demander : Seigneur, montre-moi de quoi tu veux que je jeûne particulièrement pendant ce Carême et donne-moi la grâce de le vivre.

♦ Jeudi 27 février

Prier le chapelet ponctué de courtes méditation de Ste Thérèse de l'Enfant Jésus
(l'écouter)

Le mystère du jour : Les noces de Cana - Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus
La mère de Jésus Lui dit : « Ils n’ont plus de vin. » (…) Elle dit aux servants : « Tout ce qu’Il vous dira, faites-le »
Un fruit du Mystère : L’intercession de Marie

Pour ma journée

Une grâce à demander : Prier Marie
Intention de prière : Pour les intentions de Marie

Le chant du jour :

Aimer c’est tout donner, aimer c’est tout donner
Aimer c’est tout donner et se donner soi-même
Aimer c’est tout donner, aimer c’est tout donner
Aimer c’est tout donner et se donner soi-même


Quand je parlerais les langues des hommes et des anges
Si je n’ai pas l’Amour, je suis comme l’airain qui sonne
Ou la cymbale qui retentit

♦ Mercredi 26 février - Mercredi des Cendres

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 6, 1-6.16-18)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »

Pour ma journée

Le verset à méditer : « Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. » (Mt 6, 6)
La grâce à demander : la joie de vivre ce temps de Carême.

(Pour pouvoir écouter les prières et les chants, il est nécessaire de s'inscrire sur youPRAY)


https://don.aed-france.org/ 

L'AED, une façon de communier

aux souffrances des Chrétiens dans le monde

 

♦ Sœur Ines Nieves Sancho en République Centrafricaine

Sœur Inès Nieves Sancho, missionnaire âgée de 77 ans, a été sauvagement assassinée aux premières heures du 20 mai 2019. Son corps mutilé a été découvert plus tard dans le village de Nola, dans le diocèse de Berberati, dans l’ouest du pays.
Ses assassins se sont introduits dans sa chambre, l’ont enlevée et l’ont emmenée à l’endroit où elle donnait des cours de couture aux filles et aux jeunes femmes pour les aider à se faire un avenir meilleur. C’est là que les hommes l’ont décapitée. Il se pourrait que ce meurtre soit lié au trafic d’organes humains et à la sorcellerie rituelle. En effet, celle-ci est devenue de plus en plus fréquente et brutale, depuis que le pays a sombré dans la guerre, dominée par la guérilla extrémiste.
Originaire de Burgos en Espagne, Sœur Inès vivait dans une petite communauté de la Congrégation des Filles de Jésus de Massac (Tarn). Elle effectuait des missions en Afrique depuis plus de vingt ans

Centrafrique : Fragile chemin vers la paix

Un an après les accords signés à Bangui, le 6 février 2019, entre le gouvernement et 14 groupes armés, l’AED fait le point avec l’archevêque de Bangui, le cardinal Dieudonné Nzapalainga.

AED : Quel bilan pouvez-vous en faire un an après ? 
La violence a drastiquement baissé et cet accord y a contribué. Avant, tout le pays était à feu et à sang mais depuis les accords nous avons l’impression que les gens ont acquis cet objectif commun de la paix. Maintenant il faut faire encore plus pour que la violence cesse complètement.

Que reste-il encore à faire pour avancer sur cette paix ?
Notre rôle est de faire baisser la tension, de faire de la médiation, de travailler à désarmer les cœurs et les esprits pour que les gens puissent vivre la fraternité. Il faut travailler sans cesse car les foyers de violence sont encore là et les ennemis de la paix aussi.

L’Église de Centrafrique vient de fêter ses 125 ans, comment va-t-elle aujourd’hui ?
Sa force réside dans ses pasteurs et ses laïcs. Je les ai vus garder leur foi au plus fort de la crise et continuer à aller à l’église, c’est une foi qui dépasse les montagnes. L’année dernière, j’ai été à Bilao où il n’y a plus de prêtre depuis 10 ans et malgré tout, les chrétiens sont toujours là, fidèles. 

Quelle est la priorité pour l’Église ?
L’éducation car il y a encore beaucoup d’analphabètes. Or un enfant analphabète est un enfant qui court le risque d’être enrôlé par la rébellion. C’est aussi par l’éducation que les jeunes peuvent accepter le chemin de la paix. Nous leur disons que pour les chrétiens, le Christ est source de cette paix.

Et vous, comment trouvez-vous la force d’être sans cesse un artisan de paix ? 
Ma force, elle me vient du Seigneur lui-même à qui je demande le temps pour l’oraison, la prière, sinon je reste sur un plan horizontal or c’est Lui qui me donne la force, l’énergie pour repartir. Le chrétien est celui qui porte des lunettes que les autres ne portent pas, il a les lunettes de la foi. Il est habité par l’Espérance.

Avez-vous un transmettre un message aux chrétiens d’Occident ? 
C’est le Christ qui donne la force pour changer. Parfois on est plongé dans la grisaille, dans la solitude, l’indifférence on ne sait pas sur qui s’appuyer, on n’a plus de repère… Dieu est là. Et si vous voulez que Dieu soit là, prenez le temps d’aller à sa rencontre.

Allez aussi rencontrer les témoins, des communautés existantes, sans peur. Dieu a opéré une sortie par son Fils Jésus, nous devons aussi sortir de nos cocons pour aller à la rencontre des autres. C’est l’enjeu missionnaire qui est là ! 
Je pense que plus que jamais les chrétiens ont un rôle à jouer, ils doivent être la lumière et le sel de la terre. Il ne faut pas rêver d’être plus nombreux, les chrétiens sont un petit nombre qui doit être dynamique et déterminé, cohérent avec soi-même et les autres. Nous avons besoin de communautés vivantes et joyeuses.  

Interview réalisée par l'AED en février 2020 (retrouvez l'intégralité de l'article)

Action de l'AED : Ailleurs en Centrafrique, d’autres religieuses continuent de consacrer leur vie aux pauvres comme l’a fait Sœur Inès. Parmi elles, les sœurs de l’Institut Saint-Joseph qui travaillent depuis 2017 pour soutenir le travail pastoral de l’Église, dans le diocèse de M’Baiki, au sud-ouest du pays. Elles se consacrent au soutien des femmes vulnérables, travaillent dans les écoles et fournissent des services pédiatriques et autres, au sein de la paroisse de l’Esprit-Saint, dans la ville de Pissa. L’AED a récemment aidé cette communauté à réparer le toit de son couvent et la plomberie de base.

♦ Père Pierluigi au Niger

Le 17 septembre 2018, huit hommes armés à moto – probablement des islamistes de la tribu Peulh – ont saisi et enlevé le missionnaire italien Pierluigi Maccalli, à son domicile de Bamoanga, au Niger, en face de l’église catholique locale.
Depuis lors, rien n’a été entendu sur le sort de ce missionnaire, membre de la Société des Missions Africaines (SMA). Son frère, le père Walter Maccalli, explique que « toutes les informations des journalistes et du gouvernement burkinabé, selon lesquelles il aurait été ramené au Niger, ne sont rien d’autre que des hypothèses qui n’ont pas été confirmées... »

Il avoue qu’il vit ce premier anniversaire de l’enlèvement de son frère dans un état qui ne peut être compris que par celui qui a « vécu cette réalité dans sa propre chair. » La prière quotidienne ainsi que « la solidarité et le soutien des autres prêtres »  lui permettent de ne pas perdre courage.

« Notre seule arme, c’est la prière »

Le dimanche 23 février 2020, environ 200 catéchistes venus de toutes les paroisses de la ville de Niamey, se sont réunis autour de Monseigneur Laurent Lompo, archevêque de Niamey, pour une journée de récollection. Ce dernier les a exhortés à renforcer leur confiance au Christ et à continuer leur mission avec zèle et dévouement malgré les difficultés rencontrées.

« Si la Parole de Dieu n’est pas ancrée en nous, si nous ne sommes pas convaincus de cette Parole, nous pouvons faire facilement une croix sur notre vie chrétienne et renier le Christ à la moindre difficulté. Mais si la Parole est vécue, nous pouvons éviter les astuces du Malin. 
Soyons fidèle à Jésus-Christ comme lui a été fidèle à son Père. Si nous portons notre Croix avec confiance, nous pouvons avancer au large. Jésus-Christ est à nos côtés dans les moments les plus durs. Notre seule arme, c’est la prière. Quand un pauvre crie le Seigneur entend. La Vérité, c’est le Christ. Il finit toujours par triompher. Sachons surtout que Dieu ne peut abandonner ses enfants. » 
Puisse le Seigneur Jésus qui a lui-même souffert pendant sa mission sur terre, fortifier tous les catéchistes dans leur apostolat et qu’Il accorde aux évêques les grâces nécessaires pour conduire son peuple dans la paix et la sérénité. Amen.

Source : Facebook @Église Catholique au Niger – ECAN

Action de l'AED : Le frère du père Pierluigi, le père Walter, aussi prêtre et missionnaire, a envoyé un message à l’AED pour demander des prières pour sa libération. « Nous savons que ces choses prennent du temps, écrit-il, mais nous continuons d’espérer avec foi et patience dans sa libération éventuelle. Les prières que nous récitons tous les jours dans notre village sont offertes dans le même esprit d’espérance. Jésus, s’il vous plaît, libérez le père Pierluigi et ramenez-le sain et sauf à la maison ! »

♦ Père Frans van Der Lugt en Syrie

Dans la matinée du 7 avril 2014, deux hommes masqués ont fait irruption dans le monastère des Jésuites à Homs et ont assassiné le père Frans de deux balles à la tête. Il avait 75 ans.
Bien qu’une grande partie de la communauté internationale ait été évacuée de la ville, le père Frans a décidé de rester parmi les personnes avec lesquelles il partageait sa vie depuis 50 ans. Il voulait continuer à les aider dans toutes les difficultés quotidiennes auxquelles ils étaient confrontés, notamment la grave pénurie de nourriture. On se souviendra toujours de lui pour sa solidarité et son soutien à tous ceux qui ont frappé à sa porte, qu’ils soient chrétiens ou musulmans.

« La Syrie vit un carême anticipé »

La situation économique en Syrie s’aggrave. « Cette crise jamais vue, même pendant les années de guerre, plonge nos fidèles dans un temps de jeûne et de carême anticipé. Assurer le pain quotidien devient le cauchemar de chaque jour », écrit Mgr Samir Nassar, archevêque maronite de Damas, dans un message adressé à l’AED. 

En raison de la crise économique, qui résulte à la fois de l’état de guerre qui affecte le pays et de l’embargo imposé par les puissances occidentales, la population souffre de différents types de rationnement. « Les pénuries de fuel, de gaz domestique et de courant électrique font plonger surtout les plus fragiles, enfants, malades et personnes âgées, dans l’obscurité et le froid meurtrier », déplore Mgr Nassar. Selon lui, le maintien des projets d’aide humanitaire dans le pays est menacé.

Un chemin de croix avant la Semaine Sainte

« Par exemple, le gaz s’obtient contre des bons. Il n’y a qu’une bonbonne par mois et par famille », explique Sœur Maria Lúcia, de la Congrégation des Sœurs de l’Unité à Antioche. Elle pointe le doigt sur la pénurie de combustible pour chauffer les maisons, les problèmes d’électricité quasi-quotidiens et la baisse de la valeur de l’argent. Elle ajoute que la situation est si grave que « l’on peut à peine s’acheter à manger. » Ceux qui arrivent en dernier repartent les mains vides...

La religieuse estime que la crise au Liban voisin est l’une des causes de cette situation. Une grande aide financière arrivait du Liban, ce qui est maintenant impossible. Mgr Nassar confirme que la crise bancaire qui sévit au Liban cause de sérieuses difficultés à l’aide humanitaire fournie à la Syrie par les différents pays du monde. Ce que l’archevêque appelle la « route de Simon de Cyrène », la route de la solidarité avec celui qui porte la croix, a été bloquée sans compassion et cause une totale aggravation.
Selon le prélat, cette nouvelle situation a également appauvri l’Église, qui devient un « mur des lamentations. On y vient pour pleurer, crier au secours, chercher sans bruit et dans le silence une consolation, et vivre la passion du Christ avant la Semaine Sainte. »

Interview réalisée par l'AED en janvier 2020

L’AED soutient des centaines de familles chrétiennes à travers différents projets. Par exemple, à Alep où il y a de graves pénuries, vos dons permettent d’aider 5550 familles avec une aide alimentaire mensuelle.

♦ Père Ragheed Aziz Ganni en Irak

Le père Rahgeed Ganni, 35 ans, était un prêtre catholique de rite chaldéen, pour la paroisse du Saint-Esprit dans le nord de Mossoul. Le 3 juin 2007, il a été assassiné avec trois de ses sous-diacres, Basman Yousef Daud, Wahid Hanna Isho et Gassan Isam Bidawed.
Après la messe du soir, leur voiture a été arrêtée à un barrage par des hommes armés. L’un d’eux a demandé au père Rahgeed pourquoi il n’avait pas fermé son église malgré les menaces. Il a alors répondu : « Comment puis-je fermer la Maison de Dieu ? » Après avoir reçu l’ordre de se convertir à l’islam et avoir refusé, les quatre hommes ont été abattus par plusieurs rafales de tirs. Puis les assassins ont piégé les abords avec des explosifs pour qu'on n’accède pas aux cadavres. Le père Rahgeed était l’un des nombreux prêtres qui avaient étudié à Rome avec l’aide d’une bourse de l’AED. Il aurait pu y continuer ses études mais il décida de retourner en Irak parce qu’il sentait que son peuple avait besoin de lui. L’une des dernières lettres qu’il a écrites était de remercier l’AED pour son soutien.

Prier avec les chrétiens d’Irak

« Ma paix soit avec vous. Gloire à Dieu ! 

Paix et sécurité sur la terre, joie et espérance pour toute l’humanité sans distinction. Telle est la bonne nouvelle de la naissance et de la mission du Christ, hier, aujourd’hui et éternellement.

Qu’ils sont beaux les pas de ceux qui apportent la bonne nouvelle de la paix ! 
Le Christ nous appelle à vivre dans l’amour, à nous éloigner des querelles : à ne pas exercer d’oppression, ni à être jaloux, à humilier, à juger. Il nous appelle à agir avec bienveillance, à effacer la discorde. Et le Seigneur récompensera nos efforts. Heureux ceux qui font œuvre de paix ! 
Tel est l’enseignement de Jésus Christ. Il ne peut y avoir de paix sans amitié, sans un dialogue sincère. L’amour, la justice, la vérité et l’égalité sont les garants d’une paix durable.

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. » 
Seigneur de paix, puissions-nous vivre en nous respectant les uns les autres, dans un esprit de vérité et d’engagement, rejetant toute jalousie, en surmontant le mal par la patience, en l’effaçant par le pardon et en instaurant le règne de la paix par la bonté. »

D’après le chant d’offertoire de la messe chaldéenne, pour la fête de la Circoncision du Seigneur

♦ Akash au Pakistan

Cette semaine, découvrez la vidéo du témoignage d'une jeune Pakistanaise chrétienne qui parle d'Akash, un martyr de 18 ans. Il gardait l'église Saint Jean à Lahore, et s'est sacrifié pour sauver des vies. Elle explique aussi, à propos de l'Église au Pakistan : "Nous sommes peut-être une Église pauvre en ressources matérielles, mais nous sommes riches de foi et d’amour."

♦ Asia Bibi au Pakistan

Condamnée à mort et emprisonnée pendant 10 ans avant d'être acquittée...

« Seigneur Jésus, comment bien prier quand le mal m’écrase et que je n’en peux plus… Toi qui as connu le plus profond de la souffrance, Toi qui es passé par là, aujourd’hui sois avec moi. Toi qui as fait face jusqu’au bout, aide-moi à tenir bon. Toi qui es vivant, viens prier en moi par Ton Esprit-Saint. Et pendant que je traverse l’épreuve, fais passer en moi le souffle de Ta résurrection » Prière d'Asia Bibi

 


 

Méditations à partir des textes de la C.E.F.
(Conférence des Évêques de France)

Toutes les réponses ou réflexions sur les questions autour du Carême :


- Comment vivre le Carême concrètement en cliquant sur le logo 

- Comment vivre le Carême avec Jésus en cliquant sur l'image
par Mgr André Dupleix

Extraits :
Vivre le Carême avec Jésus, c’est entendre son appel à la conversion et vivre avec lui la montée vers la Pâque, dans une attitude de courage et de confiance. Le Carême, comme l’Évangile nous le rappelle, n’est pas un temps de tristesse mais de renaissance et d’accueil de la Parole renouvelante de Dieu. Une Parole constante de vie et de victoire sur la mort.
Prier avec confiance
S’engager dans une véritable conversion
Prendre résolument la route
... L’aumône, la prière et le jeûne sont indissociables (Matthieu 6,1-8.16-17) et font du Carême un temps unifié d’imitation du Christ et de pratique des conseils évangéliques. Mais cela n’est possible que si le cœur est ouvert à la Parole créatrice de Dieu...
Il n’y a pas de foi chrétienne sans volonté affirmée de conversion. Pas de crédibilité chrétienne sans volonté affirmée de conformer les actes aux paroles. L’imitation du Christ est, sur ce point, incontournable : « C’est un exemple que je vous ai donné. Ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi. » (Jean 13,15).

Prendre résolument la route du Carême avec Jésus, c’est envisager l’effort maintenu d’un changement intérieur, c’est ouvrir notre cœur, avec amour et confiance, à la volonté de Dieu sur nous. Une volonté qui n’aliène pas notre liberté et nous permet de vivre, jusque dans les nuits douloureuses de l’épreuve, une véritable renaissance, comme le laissait entendre Jésus à Nicodème : « Ne t’étonne pas si je t’ai dit « il vous faut naître d’en-haut »… « (Jean 3, 7)

- Prières pour chaque semaine de Carême en cliquant sur l'image


 

Messages du pape François 2020

Message pour le temps du Carême (PFF)

« Nous vous en supplions au nom du Christ,

laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2Co 5, 20)

Chers frères et sœurs !

Cette année encore, le Seigneur nous accorde un temps favorable pour nous préparer à célébrer avec un cœur renouvelé le grand Mystère de la mort et de la résurrection de Jésus, pierre angulaire de la vie chrétienne personnelle et communautaire. Il nous faut constamment revenir à ce Mystère, avec notre esprit et notre cœur. En effet, ce Mystère ne cesse de grandir en nous, dans la mesure où nous nous laissons entraîner par son dynamisme spirituel et y adhérons par une réponse libre et généreuse.

1. Le Mystère pascal, fondement de la conversion

La joie du chrétien découle de l’écoute et de l’accueil de la Bonne Nouvelle de la mort et de la résurrection de Jésus : le kérygme. Il résume le Mystère d’un amour « si réel, si vrai, si concret qu’il nous offre une relation faite de dialogue sincère et fécond » (Exhort. ap. Christus vivit, n. 117). Celui qui croit en cette annonce rejette le mensonge selon lequel notre vie aurait son origine en nous-même, alors qu’en réalité elle jaillit de l’amour de Dieu le Père, de sa volonté de donner la vie en abondance (cf. Jn 10, 10). En revanche, si nous écoutons la voix envoûtante du “père du mensonge” (cf. Jn 8, 45), nous risquons de sombrer dans l’abîme du non-sens, de vivre l’enfer dès ici-bas sur terre, comme en témoignent malheureusement de nombreux événements dramatiques de l’expérience humaine personnelle et collective.
En ce Carême de l’année 2020, je voudrais donc étendre à tous les chrétiens ce que j’ai déjà écrit aux jeunes dans l’Exhortation Apostolique Christus vivit: « Regarde les bras ouverts du Christ crucifié, laisse-toi sauver encore et encore. Et quand tu t’approches pour confesser tes péchés, crois fermement en sa miséricorde qui te libère de la faute. Contemple son sang répandu avec tant d’amour et laisse-toi purifier par lui. Tu pourras ainsi renaître de nouveau » (n. 123). La Pâque de Jésus n’est pas un événement du passé : par la puissance de l’Esprit Saint, elle est toujours actuelle et nous permet de regarder et de toucher avec foi la chair du Christ chez tant de personnes souffrantes.


2. Urgence de la conversion

Il est salutaire de contempler plus profondément le Mystère pascal, grâce auquel la miséricorde de Dieu nous a été donnée. L’expérience de la miséricorde, en effet, n’est possible que dans un ‘‘face à face’’ avec le Seigneur crucifié et ressuscité « qui m’a aimé et s’est livré pour moi » (Ga 2, 20). Un dialogue cœur à cœur, d’ami à ami. C’est pourquoi la prière est si importante en ce temps de Carême. Avant d’être un devoir, elle exprime le besoin de correspondre à l’amour de Dieu qui nous précède et nous soutient toujours. En effet, le chrétien prie tout en ayant conscience d’être aimé malgré son indignité. La prière peut prendre différentes formes, mais ce qui compte vraiment aux yeux de Dieu, c’est qu’elle creuse en nous jusqu’à réussir à entamer la dureté de notre cœur, afin de le convertir toujours plus à lui et à sa volonté.
En ce temps favorable, laissons-nous donc conduire comme Israël dans le désert (cf. Os 2, 16), afin que nous puissions enfin entendre la voix de notre Époux, pour la faire résonner en nous avec plus de profondeur et de disponibilité. Plus nous nous laisserons impliquer par sa Parole, plus nous pourrons expérimenter sa miséricorde gratuite envers nous. Ne laissons donc pas passer ce temps de grâce en vain, dans l’illusion présomptueuse d’être nous-mêmes les maîtres du temps et des modes de notre conversion à lui.


3. La volonté passionnée de Dieu de dialoguer avec ses enfants

Le fait que le Seigneur nous offre, une fois de plus, un temps favorable pour notre conversion, ne doit jamais être tenu pour acquis. Cette nouvelle opportunité devrait éveiller en nous un sentiment de gratitude et nous secouer de notre torpeur. Malgré la présence, parfois dramatique, du mal dans nos vies ainsi que dans la vie de l’Église et du monde, cet espace offert pour un changement de cap exprime la volonté tenace de Dieu de ne pas interrompre le dialogue du salut avec nous. En Jésus crucifié, qu’il « a fait péché pour nous » (2Co 5, 21), cette volonté est arrivée au point de faire retomber tous nos péchés sur son Fils au point de « retourner Dieu contre lui-même », comme le dit le Pape Benoît XVI (cf. Enc. Deus caritas est, n. 12). En effet, Dieu aime aussi ses ennemis (cf. Mt 5, 43-48).

Le dialogue que Dieu par le Mystère pascal de son Fils veut établir avec chaque homme n’est pas comme celui attribué aux habitants d’Athènes, qui « n’avaient d’autre passe-temps que de dire ou écouter les dernières nouveautés » (Ac 17, 21). Ce genre de bavardage, dicté par une curiosité vide et superficielle, caractérise la mondanité de tous les temps et, de nos jours, il peut aussi se faufiler dans un usage trompeur des moyens de communication.

4. Une richesse à partager et non pas à accumuler seulement pour soi

Mettre le Mystère pascal au centre de la vie signifie éprouver de la compassion pour les plaies du Christ crucifié perceptibles chez les nombreuses victimes innocentes des guerres, dans les atteintes à la vie, depuis le sein maternel jusqu’au troisième âge, sous les innombrables formes de violence, de catastrophes environnementales, de distribution inégale des biens de la terre, de traite des êtres humains dans tous aspects et d’appât du gain effréné qui est une forme d’idolâtrie.

Aujourd’hui encore, il est important de faire appel aux hommes et aux femmes de bonne volonté pour qu’ils partagent leurs biens avec ceux qui en ont le plus besoin en faisant l’aumône, comme une forme de participation personnelle à la construction d’un monde plus équitable. Le partage dans la charité rend l’homme plus humain, alors que l’accumulation risque de l’abrutir, en l’enfermant dans son propre égoïsme. Nous pouvons et nous devons aller encore plus loin, compte tenu des dimensions structurelles de l’économie. C’est pourquoi, en ce Carême 2020, du 26 au 28 mars, j’ai convoqué à Assise de jeunes économistes, entrepreneurs et porteurs de changement, dans le but de contribuer à l’esquisse d’une économie plus juste et plus inclusive que l’actuelle. Comme le Magistère de l’Église l’a répété à plusieurs reprises, la politique est une forme éminente de charité (cf. Pie XI, Discours aux Membres de la Fédération Universitaire Catholique Italienne, 18 décembre 1927). Ainsi en sera-t-il de la gestion de l’économie, basée sur ce même esprit évangélique qui est l’esprit des Béatitudes.

J’invoque l’intercession de la Très-Sainte Vierge Marie pour ce Carême à venir, afin que nous accueillions l’appel à nous laisser réconcilier avec Dieu, pour fixer le regard du cœur sur le Mystère pascal et nous convertir à un dialogue ouvert et sincère avec Dieu. C’est ainsi que nous pourrons devenir ce que le Christ dit de ses disciples : sel de la terre e lumière du monde (cf. Mt 5, 13-14).

FRANÇOIS
Donné à Rome, près de Saint Jean de de Latran, 7 octobre 2019,
Fête de Notre-Dame du Rosaire


Homélie de la Célébration des Cendres

(Dès parution)