Carême 2020 : la première partie reste en place sur le site (en raison de quelques belles méditations ou témoignages), mais suite à un incident technique pour la compléter, c'est une nouvelle page qui prend la relève à partir du Jeudi 26 mars, avec presque les mêmes sauts de page. Les Chemins de Croix sont inchangés, ainsi que la neuvaine que l'on peut reprendre du 31 mars au 8 avril, veille du Jeudi Saint.

De nouveaux témoignages à lire ou à écouter en fin de page

avec de belles prières comme celle de Mgr Oscar Romero qui a été assassiné il y a 40 ans

Dans Carême dans la ville, après la méditation, à partir de jeudi 26 mars, les membres de l'équipe Retraite dans la ville rédigeront chaque jour un message pour vous aider à faire de ce temps de confinement une occasion de grandir dans la foi.

(Les messages de notre Pape sont sur la page "Messes et prières pendant la crise sanitaire")

Au lendemain de la fête de l’Annonciation du Seigneur,
commençons cette nouvelle page avec ce chant à Marie et avec l'Esprit Saint.
Qu'ils nous aident dans ce difficile chemin.

Ô mère de Miséricorde
Paroles et musique : Communauté de l'Emmanuel (M. Wittal)

 

1. Ô Mère de miséricorde, Marie, intercède pour nous.
Tu reçois nos peines et nos souffrances, Marie, intercède pour nous.

R. Ave, ave, Ave Maria. Ave, ave, Ave Maria.

2. Avec toi, nous contemplons la croix, Marie, intercède pour nous.
Apprends-nous à vivre dans la foi, Marie, intercède pour nous.

3. Près de nous demeure dans la nuit, Marie, intercède pour nous.
Par sa mort, Jésus nous donne vie, Marie, intercède pour nous.

4. Tu témoignes de Jésus vainqueur, Marie, intercède pour nous
Sa puissance vient changer nos cœurs, Marie, intercède pour nous.

5. Avec toi, nous invoquons l'Esprit, Marie, intercède pour nous
Don du Père pour nous aujourd'hui, Marie, intercède pour nous.

Viens Esprit Saint (Glorious)


 

Cliquer sur l'image ci-dessous pour suivre ce chemin de Croix
en l'église Notre Dame, cette année 2020



 Cliquer sur la photo ci-dessous pour suivre ce deuxième Chemin de Croix,
celui dans le parc de Sainte Ursule en 2019



Cliquer sur la photo ci-dessous pour suivre ce deuxième Chemin de Croix,
celui en centre ville, de Saint Martin à Saint Jacques en 2019

 




  Pour voir les textes de la neuvaine, cliquez sur le lien correspondant
N'ayant pas retrouvé la neuvaine qui commençait le 26 mars,
nous pouvons reprendre celle-ci de "Carême dans la ville" avec les prières de notre Pape.
Elle nous mènera à la Semaine Sainte



« J’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions
et des actions de grâce pour tous les hommes.»

(Première lettre de saint Paul à Timothée, 2, 1)

La prière est un don, une chance et même une force en cas de crise. Pour nous encourager à lutter contre le virus qui frappe le monde, pour soutenir ceux qui sont touchés directement ou indirectement par le coronavirus, je vous invite à nous unir autour d'une neuvaine. C'est une prière simple et accessible à tous qui commence le mardi 31 mars jusqu'au Mercredi Saint 7 avril.

Chaque jour de la neuvaine est consacré à une intention particulière :

Autour de chaque intention, notre prière est portée par un passage biblique, une méditation, un temps d'intériorisation, le « Notre Père », le « Je vous salue Marie » et la prière d'intercession du pape François.

Formons une grande chaîne de prière.  
Jésus nous a montré la force de la prière. Pendant cette neuvaine tournons nous avec confiance vers notre Père toujours à l'écoute de ses enfants dans l'épreuve.

Jour 1 - mardi 31 mars : les malades - jour 1
Jour 2 - mercredi 1er avril : les personnes isolées - jour 2
Jour 3 - jeudi 2 avril : les familles - jour 3
Jour 4 - vendredi 3 avril : ceux qui ont rejoint le Père - jour 4
Jour 5 - samedi 4 avril : les soignants, mes chercheurs - jour 5
Jour 6 - dimanche 5 avril (Dimanche des Rameaux) : les prêtres et les accompagnants - jour 6
Jour 7 - lundi 6 avril : ceux dont le travail est arrêté - jour 7
Jour 8 - mardi 7 avril (Journée mondiale de la Santé) : les gouvernants - jour 8
Jour 9 - mercredi 8 avril (Mercredi Saint) : les journalistes - jour 9

En union de prière,
Frère Benoît Ente, op
Responsable de Carême dans la ville 

 


 

Fête de Pâques

7ème don de l'Esprit : le don de sagesse

♦ Pâques, fête de la Résurrection

« Que tout être vivant chante louange au Seigneur !

Alléluia ! (Psaume 150, 6)

Avec quelle joie, ce matin, Jaïre te voit approcher, marchant sur le rivage !
L’espoir renaît dans le cœur du chef de la synagogue de Capharnaüm. Il vient alors se jeter à tes pieds, en t’implorant de venir en aide à sa fille, la prunelle de ses yeux, qui agonise dans sa maison. La sincérité de sa demande, la foule qui t’écrase, tout devrait te faire presser le pas. Pourtant Tu t’arrêtes encore en route pour une autre guérison. Tu vas ton chemin, sans angoisse ni précipitation. Même face à l’urgence d’une mort imminente, Tu sais que le Père t’exauce toujours.
Avec quelle délicatesse, ce matin, Tu rassures ce père blessé, quand tous baissent les bras !
À l’annonce de la mort de l’enfant, son cœur s’est brisé. Ses efforts n’ont servi à rien et sa fille le quitte, quitte la vie, encore si jeune. Les gens de sa maison, qui savent le caractère implacable de la mort, lui conseillent de ne pas t’importuner davantage. Il leur est impossible d’imaginer une autre issue. Mais toi, en toute discrétion, Tu saisis sa détresse et sans lui donner de leçon, l’invite à la confiance et à l’espérance : il n’est jamais trop tard pour celui qui croit.
Avec quelle paix, ce matin, Tu entres dans le lieu où repose l’enfant bien-aimée ! Pour la relever du sommeil de la mort dans laquelle la maladie l’a entraînée, il nous semble te voir t’asseoir à côté d’elle et lui dire d’une voix ferme mais douce, en lui prenant la main : « Talitha koum », « jeune fille, je te le dis, lève-toi ! »* Une fois l’enfant debout, c’est toute ton humanité qui se manifeste, lorsque Tu es attentif à ce que son corps reprenne des forces. Tu t’inquiètes qu’elle puisse manger, avant de la rendre, vivante, à ses parents.
Jésus, Toi le premier-né d’une multitude de frères et de sœurs, qui surgit, en ce matin de Pâques, du tombeau, souviens-toi de ce jour au bord du lac de Galilée et de cette enfant que tu as relevée. Aujourd’hui, comme au jour de notre mort, donne-nous aussi de voir cette lumière éclatante, et de t’entendre murmurer à notre oreille ces mots plus puissants que mille trompettes, pour te suivre au jardin de ta résurrection : Talitha koum !

*Évangile selon saint Marc, ch. 5, v. 41

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Frère Philippe Verdin, op. (Responsable Avent dans la Ville) : Frère Dominique, 88 ans, a été hospitalisé il y a 15 jours : coronavirus, poumons atteints et médecins sceptiques… Il est rentré hier au couvent. Il aura peut-être des séquelles mais il est vivant. Le Christ ressuscité porte la marque du coup de lance et des clous, mais il est vivant ! Bien sûr, il y a trop de morts. Un autre frère âgé du couvent est décédé le vendredi saint. Mais il y a mille résurrections chaque jour. Pas seulement de santé ! Des réconciliations, des retrouvailles, des surprises inespérées. En ce confinement émerveillons-nous de Dieu qui agit aussi dans les petites choses.

♦ Samedi Saint

« Je veux louer le Seigneur tant que je vis, chanter mes hymnes

pour mon Dieu tant que je dure » (Psaume 145, 2)

Quand nous avons interviewé la sœur Fabienne-Marie au Monastère de Langeac, elle nous a  raconté que lorsqu'il y a un arc-en-ciel, toutes les sœurs arrêtent leur ouvrage et se rassemblent pour l'admirer. Pour ces femmes, contempler la beauté de la création va de pair avec la contemplation du Christ. Dans les deux cas, elles y voient un signe de l'amour du Père.
Le confinement et le temps qu'il libère peut nous aider à retrouver le sens de la contemplation. Justement, le don de sagesse qui clôture notre série est le don contemplatif par excellence. Les monastères, ces écoles de la contemplation, sont des lieux presque hors du temps, ils semblent ne pas être ébranlés par les événements du monde. Confinement ou non, la vie s'y déroule, heure par heure, jour après jour, centrée sur le Christ, la Parole de Dieu et l'amour fraternel.
La sœur Fabienne-Marie nous parle du don de sagesse et nous partage sa riche expérience de moniale dominicaine.

Belle fête de Pâques, fr. Benoît Ente, op

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Sr Fabienne-Marie, op. (Prieure du Monastère de Langeac) :
Notre expérience de confinement
Notre monastère étant en ville, ce qui me marque, c’est le silence : on n’entend presque plus les voitures, il n’y a plus de cars scolaires, le café d’en face est désert. On entend chanter les oiseaux, le vent dans les sapins, on remarque davantage les pommiers et pruniers en fleur, la lune qui apparaît tôt dans le ciel. Plus personne ne se présente à la porterie, la boutique est fermée, les contacts se maintiennent par téléphone et Internet. Pendant nos offices, la prière d’intercession se fait plus instante pour les isolés, malades, non visités, ceux qui meurent seuls.

Semaine Sainte :

don de l'intelligence

(voir aussi les vidéos de chaque jour)

♦ Vendredi Saint 10 avril

« Dieu saura bien trouver l'agneau pour le sacrifice,

mon fils » (Genèse 22, 8)

Monté sur son âne, le fils avance vers la montagne, dans un grand silence. Abraham marche devant et rumine son incompréhension. Il part sacrifier son fils unique, obéissant à la demande surréaliste de Dieu : lui offrir Isaac, ce fils tant désiré, arrivé dans un éclat de rire* quand on ne l’attendait plus. Alors qu’Isaac est déjà fixé au bois et que son père lève le couteau, par la main de l’ange, Dieu vient arrêter son geste fatal. Non seulement parce que cela lui suffit, Il a éprouvé l’obéissance de son serviteur, mais tout aussi radicalement parce qu’Il a le meurtre en horreur. Au-delà de son amour paternel pour son fils, Abraham découvre alors que cet enfant, vivant, a un prix inestimable aux yeux de Dieu. Il est l’héritier de l’Alliance, il porte la bénédiction de la part de Dieu pour tous.
Après être entré à Jérusalem sous les acclamations, Jésus fut lui aussi hissé sur le bois, pour être sacrifié sur l’autel de la tranquillité des autorités religieuses de l’époque. Mais sous le sordide des jeux de pouvoirs humains se joue quelque chose de bien plus essentiel : le salut, la vie du monde. « Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique. »** Du haut de la Croix, Jésus est le signe de cette générosité infinie de Dieu qui ne nous a pas refusé ce qu’Il avait de plus cher.
En ce jour, nous nous tenons face à la croix, avec tous ceux qui combattent le mal, qui le subissent dans leur chair, qui pleurent un être aimé. En ce vendredi saint qui semble s’éterniser, la croix n’est mystérieusement pas qu’un signe de mort ou de désespoir. Elle resplendit aussi du don du Christ, qui donne du prix à ma vie, à chacune de nos vies. Un prix infini.

* Livre de la Genèse, ch. 17, v. 17 ; ch. 18, v. 12 ; ch. 21, v. 6
**Evangile selon saint Jean , ch. 3, v. 16

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Sylvette (le “couteau suisse” de Retraite dans la Ville) : « Tu as du prix à mes yeux » c’était le thème du pèlerinage du Rosaire en 1990, ma première année d’engagement et pas ma dernière ! A Lourdes, nous sourions, nous rions, car nous sommes en fraternité. Tous, dans nos faiblesses ‒ peur, échec, maladie ‒ nous reconnaissons notre besoin les uns des autres. Cette chaude solidarité humaine ouvre le chemin d’une vie fleurie par l’échange, la confiance, l’amitié.
Et moi aujourd’hui, isolée, j’ai du prix aux yeux de qui ? Qui a du prix à mes yeux ? Ah c’est vrai, il y a deux jours j’ai eu Janinka au téléphone, c’était pas la forme, je vais la rappeler…

♦ Jeudi Saint 9 avril

« Son père courut se jeter à son cou

et le couvrit de baisers » (Luc 15, 20)

Le temps s’écoulait comme du sable entre les doigts du fils prodigue. Dans un tourbillon, sans même s’en rendre compte, il avait dilapidé tout l’héritage de son père. L’or s’était changé en boue, dans laquelle pataugeaient joyeusement des porcs. Pour son père, au contraire, les heures s’étiraient. Chaque seconde d’absence de son fils le tenaillait d’inquiétude. Passant son temps sur le toit de la maison, il guettait l’instant où il pourrait, enfin, le voir revenir sain et sauf.
Lorsqu’il grandit et cherche son chemin, l’enfant a parfois besoin d’espace et vit l’autonomie sur le mode de la confrontation avec l’autorité. Mais cela n’empêche pas ses parents de continuer à se comporter comme des parents ! Le père du prodigue n’agit pas envers son fils comme face à un adversaire qui contrarie ses plans. Au contraire, il révèle tout l’amour et la compassion dont il est capable. Il reconnaît toujours dans le fuyard son fils. Il sacrifie même une partie de sa vie à l’attendre et célèbre le moment de son retour par un banquet somptueux.
En rassemblant ses apôtres pour un dernier repas, Jésus les fait participer au banquet du Père qui se réjouit du retour de son Fils. Jésus n’est pas le prodigue, mais Il est sorti du Père pour ramener à la maison tous les enfants prodigues que nous sommes.
Cette année, nous ne pourrons pas nous asseoir à la table du Fils, mais nos repas peuvent néanmoins être des repas pascals, qui nous relèvent pour prendre un nouveau départ et revenir transformés vers le Père. La miséricorde de Dieu ne dort pas, elle veille et prépare déjà le festin des retrouvailles en emplissant nos coupes des larmes de sa joie.

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Géraldine : J’ai souvent été révoltée par la société dans laquelle nous vivons, trop rapide, qui me faisait alterner entre pression et dépression. Je l'accusais souvent d'être de plus en plus violente, impersonnelle. Je subissais une fuite en avant. Cela ne pouvait pas durer éternellement, mais jamais je n'aurais imaginé cela. Sortirons-nous grandis de cette épreuve, plus humains, comme le fils prodigue, de retour vers son Père ? Retrouverons-nous l'essentiel de nos vies, notre relation à l'Autre, à Dieu ? La capacité à nous émerveiller dans une vie devenue plus sobre, prendre le temps de vivre, enfin !

♦ Mercredi 8 avril

« Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David » (Isaïe 11, 1)

Lorsque le prophète Isaïe annonce la venue du Messie descendant de David, il la compare à celle d’un bourgeon qui surgit au printemps, dont la puissance de vie parvient à transpercer l’écorce la plus épaisse. Jésus survient, Il est le bourgeon tant attendu, et sa nouveauté trace également son propre chemin, déboussolant au passage les attentes de ceux qui pourtant lui sont tout proches.
Alors qu’Il est encore enfant, Il échappe à la surveillance de ses parents lors du pèlerinage annuel à Jérusalem, parce qu’être un fils obéissant, c’est d’abord pour lui être aux affaires de son Père du Ciel. Ses disciples, malgré trois ans de cohabitation, font la même expérience : reconnaissant en lui le Messie, ils espèrent qu’Il sera ce roi temporel, qui rendra au peuple sa souveraineté. Mais sa royauté n’est pas de ce monde.
La nouveauté de Jésus n’est donc pas simplement le fait de sa naissance, mais elle se révèle à chaque instant de sa vie. Il nous faut certes l'accepter mais aussi en prendre soin. Le bourgeon est aussi, à sa sortie, la partie la plus fragile de l’arbre, que l’on peut, d’un coup d’ongle, arracher. En projetant sur Jésus nos attentes, comme on le ferait pour un enfant, on cherche en fait à habiller l’absolue nouveauté avec les vêtements du passé, à enfermer ce qui jaillit au plus proche de la source de la vie dans des outres déjà anciennes.
Nous aussi avons de quoi être déroutés ces jours-ci : nous voulions vivre la semaine Sainte en communauté, célébrer la Pâques de Jésus, peut-être même être baptisé pendant la nuit de Pâques… Et voilà que Dieu nous demande d’attendre, de vivre cette grâce de Pâques sous une forme nouvelle, inconnue, cachée. Il en va ainsi du Royaume de Dieu. De jour ou de nuit, à notre insu, sa semence germe et grandit.

 

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Fr. Emmanuel Dumont, op. (Responsable ThéoDom et aumônier de prison) : Le confinement stimule notre imagination. Grâce à la débrouillardise de l’équipe ThéoDom, nous avons produit en un temps record une série vidéo pour la Semaine Sainte. J'ai vu aussi des grands-parents inventer un babysitting par vidéo-conférence pour soulager leurs enfants. Mais parfois la technologie ne peut pas aider. C’est le cas avec les détenus que je rencontrais en prison. Là, il faut reprendre la plume pour garder la relation. C’est peut-être ça le mystère de la résurrection : une nouveauté inépuisable. « Je fais toutes choses nouvelles » dit l’Apocalypse.

♦ Mardi 7 avril

« Parle Seigneur, ton serviteur écoute » (Livre de Samuel 3, 9)

Comme beaucoup d’enfants de son âge, le petit Samuel était au service. Une tâche particulière puisqu’il servait le prêtre Éli dans le temple de Silo, mais l’obéissance qui était attendue de lui était très classique : faire ce que lui disait le prêtre, en supportant son ton agacé, surtout quand il le dérangeait plusieurs fois de suite la nuit pour des mauvais rêves... « Je n’ai pas appelé, retourne te coucher ! » Cette discipline n’était pourtant pour Samuel qu’une école, avant de franchir un cap et de découvrir, en dialogue avec son Seigneur, le vrai sens de l’obéissance.
On peut à raison se méfier de l’obéissance, parfois détournée, pervertie, pour réduire au silence celui à qui on demande d’obéir ou pour éviter toute parole qui remettrait en question la légitimité de celui qui ordonne. L’obéissance c’est pourtant tout le contraire. Obéir, du latin ob-audire, c’est prêter l’oreille, se mettre à l’écoute d’une parole qui résonne en nous, et peu à peu faire naître et grandir notre propre parole. Ainsi, Samuel, à l’écoute de Dieu, est devenu prophète.
Parce qu’Il est Fils, Jésus aussi écoute la voix de son Père. Il lui est obéissant et se fait son serviteur. Mais cette obéissance n’est pas un silence passif ou résigné, c’est une conversation ininterrompue avec le Père, dans laquelle Il nous fait entrer. Exercer une autorité au nom du Fils, c’est donc toujours viser l’autonomie de ceux qui nous sont confiés. C’est à cette condition que pourra naître et s’épanouir leur parole, comme un chant libre et singulier.

*Premier livre de Samuel, ch.3, v. 5

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Isabelle : Petits enfants, petits soucis, grands enfants, grandes joies
Le confinement a entraîné le retour des « grands enfants » à la maison. Nous retrouvons, mon mari et moi, un rythme de vie avec des enfants qui ont quitté le nid familial depuis des années. L’amour qu'ils ont reçu leur a permis de grandir, de s’épanouir et de devenir des adultes libres. Ils ne font pas toujours les choix que nous avions imaginés, mais cela leur appartient… Nous profitons de ce temps exceptionnel pour avoir des discussions bienveillantes, voir
qu’ils sont devenus des belles personnes et se dire que, peut-être, nous, parents, nous y sommes pour quelque chose !

♦ Lundi 6 avril

« Le Fils fait seulement ce qu'il voit faire par le Père » (Jean 5, 19)



« Hosanna au Fils de David ! » La foule souhaite la bienvenue à Jésus à Jérusalem, et lui reconnaît un statut très particulier : il est l’héritier du roi David. Jésus assume cette condition de fils en mettant ses pas dans les pas de son père. Il vient avec courage à Jérusalem, sans craindre les autorités religieuses, comme David, encore enfant, s'était avancé sans défense face au géant Goliath. Il se réjouit avec la foule qui agite des rameaux, comme David avait dansé devant l’Arche d’Alliance, la présence la plus sacrée de Dieu, sans se soucier de savoir si cela convenait à un roi.
En bon fils Jésus imite David sans s'enfermer pourtant dans la répétition. Il s'inspire des qualités morales de son aïeul et découvre sa propre vocation de Fils. C’est le génie de l’enfant, de savoir tout à la fois absorber, imiter, pour apprendre les gestes élémentaires, avant de les combiner de façon nouvelle : bouger ses doigts, saisir un objet, puis prendre un feutre pour réaliser une fresque sur le mur du salon !
En temps de crise avoir un modèle est rassurant, encore faut-il pouvoir lui faire porter un fruit neuf et nourrissant. Pour Jésus comme pour David, la capacité de rendre fécond leur héritage s'enracine dans l'assurance de la présence vivante de Dieu dans leur vie. C'est cette relation dont ils ont soif et qui les fortifie dans la joie ou le danger.
Au-delà de toute action concrète, le véritable air de famille qui unit tous les enfants de Dieu est cette relation vivante avec le Père. En entrant dans cette Semaine Sainte si particulière, nous mesurons l'enjeu de toute notre vie spirituelle : dépasser tout modèle pour trouver notre vocation, et refléter le visage du Père en imitant sa liberté.

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Chantal Pithois-Latapie (responsable des rencontres de carême) : Hosanna pour les soignants ! Il est 20 heures, j’ouvre ma fenêtre et je me joins à tous ceux qui acclament chaque soir les soignants. Je retrouve les voisins de ma rue, connus ou inconnus. Des liens se tissent. Une joie circule et nous enveloppe. Nous sommes heureux d’être là et de nous retrouver. Échanges de petits signes de la main, d’un côté à l’autre de la rue. Je nous imagine déjà dans quelques semaines à 20 heures sur le trottoir pour partager un apéritif dans la douceur du soir. N’est-ce pas là un signe d’espérance, un geste de résistance ?

♦ Dimanche 5 avril

« Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur » (Matthieu 21, 5)


L'enfant roi

Avec frère Marc-Antoine Bêchétoille (Couvent de Lyon)

Ingénieur spécialisé dans l'environnement, le frère Marc-Antoine entre chez les dominicains en 2004. Après son premier cycle d'études, il part en Lituanie en 2009 pour effectuer son stage diaconal. Il se passionne pour la culture de ce pays et apprend le lituanien. Ordonné prêtre en 2010, le frère Marc-Antoine vit aujourd'hui au couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon où il est responsable local des études et modérateur de la paroisse rattachée au couvent.

Jésus entre à Jérusalem, porté en triomphe par tous ceux qui l’ont entendu parler comme aucun autre, qui l’ont vu agir avec puissance, en se faisant proche des plus délaissés. Mais ce triomphe a quelque chose de minimaliste dans les moyens mis en œuvre : un âne sert de monture, quelques manteaux font office de tapis rouge, des branchages tiennent lieu de bannières. On dirait presque un spectacle donné par des enfants, demandant un peu d’imagination, mais auquel le regard des enfants s’ajuste sans peine. « De la bouche des enfants, des tout-petits, Dieu a fait monter sa louange ! »* 

En terme de minimalisme, cette année, nous sommes servis ! Plus de messes depuis le 15 mars, pas de procession des rameaux non plus. Il nous est demandé d’improviser, avec les moyens du bord, une nouvelle manière de nous préparer à la fête de Pâques. Et pourtant, aucun de nous, même seul, ne vivra une Semaine Sainte moins importante que l’année dernière. Où que nous soyons nous pouvons la vivre de façon authentique. En nous grandit en effet une soif de libération et l’attente du jour où nous pourrons descendre dans la rue pour crier notre joie, comme les enfants de Jérusalem.

Si tu savais le don de Dieu... Ce don, au terme de ce carême en quarantaine, c’est Jésus lui-même qui s’avance jusqu’à chacune de nos maisons. Pour oser, malgré l’angoisse, communier à la joie des enfants, faisons confiance à leur lucidité spirituelle. Il ne s’agit pas que de naïveté ou d’innocence, c’est un vrai potentiel, une autre façon d’être humain. Qu’il s’agisse des enfants avec qui les parents cohabitent, plus que d’habitude en ce moment, ou des enfants de la Bible, ils peuvent nous inspirer !

Cette semaine, malgré l’aridité du confinement, accueillons notre roi qui vient comme un enfant, mettons-nous à son école, pour apprendre à devenir des enfants, mais aussi pour apprendre avec eux à être pleinement humains, tels que Dieu nous attend.

*Évangile selon saint Matthieu, ch. 21, v.16

CONFINEMENT DANS LA VILLE


Frère Benoît Ente : « Sans doute connaissez-vous Théobule, ce petit chien plein de questions sur Dieu et sur la vie. Il fait la joie des enfants, des parents et des grands-parents. Mais savez-vous comment il est né ? Au couvent de Lille, au cours d'une liturgie pour les enfants, un frère est étonné par la parole des enfants. « Il faudrait diffuser largement ce trésor… » Et depuis, le site Théobule est né où ce sont les enfants qui commentent la Parole de Dieu et instruisent les grands. En ce temps de confinement, Théobule aide de nombreux parents à parler de la foi avec leurs enfants… et inversement. »

♦ Samedi 4 avril

Les soignants sont en première ligne dans la lutte contre le coronavirus. Derrière eux, dans l'ombre, des chercheurs, des scientifiques, des ingénieurs utilisent leur intelligence pour mieux comprendre comment fonctionne le virus et trouver les meilleures parades contre lui.
De la même manière, le don d'intelligence nous est donné pour mieux connaître Dieu, comprendre son langage, ses choix, goûter sa Parole. Non pour le combattre, mais pour l'aimer, pour connaître « quelle est la largeur, la longueur, la hauteur, la profondeur » de son amour pour nous et ainsi nous laisser attirer par lui.

Mieux connaître Dieu, telle est l'ambition de Corentine, une jeune pianiste, et pour cela, elle s'en donne les moyens.  Elle a décidé de vivre une année exceptionnelle de formation théologique, humaine et spirituelle avec Philanthropos. Un cadeau pour toute une vie. Aujourd'hui, elle témoigne de son aventure.

Bonne semaine sainte, 
fr. Benoît Ente, op

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Corentine, pianiste : « Un agenda vide, horreur ! On prévoit alors apéro-skype et appels messenger ; vidéos et images déferlent sur mon téléphone. Je me sens rapidement envahie. Au confinement physique, je ressens le besoin d'un confinement intérieur. Je décide de poser mes limites, de dire STOP, et de saisir cette occasion pour vivre la richesse de la simplicité. Prendre son temps pour prier, méditer, lire. N'est-ce pas là que l'Esprit nous instruit et que notre cœur goûte ce qui est reçu ? Sans oublier ceux qui sont touchés par l'épidémie, je rends grâce pour ce temps offert où je redécouvre le bonheur de vivre. »

 

5ème semaine de Carême :

don de conseil

avec le frère Michel Lachenaud de la Maison d'Evry.

Ordonné prêtre en 1971, le frère Michel part peu de temps après en Afrique où il reste 35 ans. Autour de Yoko, il accompagne la naissance de communautés chrétiennes pendant 25 ans. De retour en France, il devient Provincial de la Province dominicaine de France jusqu'en décembre 2018. Aujourd'hui il vit à la maison dominicaine d'Evry. Il est l'auteur du livre « Révélations africaines », paru aux Editions du Cerf.

♦ Vendredi 3 avril

« Celui qui demeure en moi et en qui je demeure,

celui-là porte beaucoup de fruits, car, en dehors de moi,

vous ne pouvez rien faire » (Jean 15, 5)

Évariste va la chercher, la reprend chez lui. Les jeunes du village sont stupéfaits, car un homme ne réagit pas ainsi quand il est humilié par sa femme. Évariste leur répond : « Elle est ma femme, c’est l’engagement que j’ai pris devant Dieu, je lui pardonne. »
Ainsi l’écoute de la Bonne Nouvelle de Jésus et le sacrement reçu permettent à certains une transformation profonde qui marque leur vie. Dieu nous communique son Esprit si nous demeurons en lui. Comme le sarment ne peut vivre et fructifier qu’attaché à la vigne, nous ne pouvons vivre et porter du fruit que grâce à notre attachement vital au Christ.
Pour que la vie soit abondante, il faut se convertir, « se faire un cœur nouveau et un esprit nouveau »*. Cette conversion est parfois douloureuse, mais pensons encore à la vigne. Pour qu’elle puisse produire, le vigneron l’hiver la taille, l’émonde, la nettoie et parfois la vigne en pleure. Jésus aussi a dû passer par les souffrances de la Croix pour que la vie jaillisse au matin de Pâques.
Dès aujourd’hui, devenons des vivants, que la vie nouvelle du Ressuscité transparaisse dans nos choix et nos décisions, comme ce fut le cas pour Évariste. Accueillons l’autre, élargissons l’espace de notre tente, reconnaissons l’étranger comme un frère et permettons-lui de vivre dignement, entrons dans une démarche de pardon ou de réconciliation.

*Livre d’Ezekiel, ch. 36, v. 26

CONFINEMENT DANS LA VILLE

« En ce dernier vendredi avant la Semaine sainte, si nous relevions le défi de jeûner ? Il y a de nombreuses manières de jeûner nous dit le pape François, même lorsque l’on est confiné : Jeûne de paroles blessantes, de critique ou médisance, de mécontentement, de ressentiment, de rancune, d’égoïsme, de pessimisme, de préoccupations inutiles… Laissons place aux bénédictions, à la bienveillance, la patience, la gratitude, la charité, l’espérance, la confiance en Dieu. Choisissez votre jeûne du jour à consommer sans modération. »
Anne-Charlotte (réseaux sociaux et monteuse vidéo)

♦ Jeudi 2 avril

« C'est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez,

vous aussi, comme j'ai fait pour vous » (Jean 13, 15)

« La boule de manioc n’est jamais trop petite pour être partagée », dit un proverbe vuté, peuple du centre du Cameroun. Les pauvres me l’ont appris, car même s’ils ont peu, il y en a toujours pour l’étranger. La vie n’est pas faite pour être gardée, mais pour être donnée, partagée avec les autres. Une parole étonnante de Jésus nous a été rapportée par Paul uniquement dans les Actes des Apôtres : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. »*
Alors qu’il est en prison, Paul pourra dire : « Pour moi vivre c’est le Christ. »** Malgré sa captivité, il est heureux, car sa joie c’est de se donner pour le Christ. Elle ne vient pas d’une situation confortable ! Au-delà de son désir de rejoindre le Christ qu’il aime par-dessus tout, Paul découvre qu’il est préférable, pour le bien de la communauté, de rester au service de ses frères.
Pour Paul, il est urgent de se souvenir de Jésus, de son visage, de son amour qui l’a poussé dès le début à proclamer le Royaume dans la proximité et la défense des pauvres, dans la solidarité avec les malades, jusqu’au don de lui-même. Jésus nous a demandé de faire mémoire de lui. En célébrant l’Eucharistie, nous sommes envoyés pour vivre une solidarité avec tous les hommes. Faire cela en mémoire de lui, c’est faire mémoire de l’amour de Jésus qui se livre et suscite en nous un amour identique comme réponse. Faire ce qu’Il a fait pour être comme lui et agir comme lui a agi.
Notre propre vie devient Évangile vivant, Bonne Nouvelle pour les hommes.

*Actes des apôtres, ch. 20, v.35
**Epître aux Philippiens, ch.1, v. 21

CONFINEMENT DANS LA VILLE

« Faire mémoire. Oui, nous n’oublierons pas ce covid19 et ce bouleversement dans nos vies. Aujourd’hui, en cette période de confinement, nous nous souvenons des bons moments passés en famille, avec les amis, au ciné ou au théâtre… Tout cela nous manque. Et l’eucharistie ? Plus question de se rassembler hormis par les écrans. Le pain de vie ne nous est plus donné. Pour faire mémoire du Christ, il nous reste sa Parole.
S’imprime-t-elle dans nos têtes, dans nos cœurs, dans nos vies ? Quelle phrase de l’évangile me parle aujourd’hui ? Quelle espérance j’y puise ? »
Françoise et Frédérique (Équipe Carême dans la ville)

♦ Mercredi 1er avril

« Reposez-vous un peu » (Marc 6, 31)

Après une maladie grave, j’ai redécouvert l’émerveillement devant une journée ensoleillée, une nuit qui tombe, un ciel qui s’embrase ou tout simplement une fleur qui éclot. Alors est monté en moi le désir de louer le Seigneur pour toutes ses créatures comme saint François. Chacun de nous a en mémoire des lieux ou des instants dont le souvenir lui fait beaucoup de bien. La vie prenait une nouvelle saveur.
Est-ce que nous aimons la vie ? Cette question rejoint une inquiétude de Jésus : « Ne vous tourmentez pas… regardez les oiseaux… et les lis des champs. » Il semble nous dire « vous passez votre temps à courir, à gagner de l’argent mais prenez donc de temps en temps, le temps de vivre. » Il nous invite alors à « aller à l’écart » et à retrouver un autre rythme de vie, à prendre le temps de nous arrêter face à la nature. C’est le moment pour contempler la beauté semée par le Père.
Prenons-nous vraiment le temps de vivre  ? L’homme n’est pas fait seulement pour le travail. Souvenons-nous que le Créateur s’est reposé le septième jour de toute l’œuvre qu’Il avait faite*. Redécouvrons le sens du loisir et de la prière, de la contemplation et de l’émerveillement, de la création artistique et du bonheur d’être ensemble.
Ce repos de Dieu est tout le contraire de l’ennui et de l’inaction, c’est le bonheur conscient d’exister, celui promis par Jésus : « Venez à moi vous tous qui peinez… je vous donnerai le repos. »** Nous pouvons donc apprendre de Dieu à vivre intensément en étant à son écoute avec tout notre être.

*Livre de la Genèse, ch. 2, v. 3
**Evangile selon saint Matthieu, ch. 11, v.28

CONFINEMENT DANS LA VILLE

« Pas l’temps ? de prendre des nouvelles de tante Paulette, de sortir les vieux jeux de société pour passer un après-midi en famille, de faire les courses pour la voisine âgée, de prendre un livre,... Jésus nous dit « va à l’écart ».
Nous y sommes, confinés dans nos maisons, nos appartements. Certains d'entre nous avec trois enfants à la maison et le télétravail sont débordés. D'autres comme moi,  nous avons le temps ! Le temps pour ce que nous n’avions plus le temps de faire et pour rythmer notre vie par la prière. Goûtons ce temps retrouvé et gardons-en la saveur pour plus tard. »
Chantal Pithois-Latapie (responsable des rencontres de carême)

♦ Mardi 31 mars

« Cette eau assainit tout ce qu'elle pénètre, et la vie apparaît

en tout lieu où arrive le torrent » (Ezékiel 47, 9)

Combien de femmes et d’enfants dans le monde font des kilomètres pour aller remplir une cruche ou un bidon d’eau ? Quelle joie dans un village quand un puits a pu être creusé et que l’eau est recueillie pour la première fois ! « L’eau c’est la vie. » En France, nous avons de l’eau en abondance et nous la gaspillons laissant couler nos robinets, nous oublions qu’obtenir l’eau nécessaire pour vivre exige souvent de gros efforts.
Oui, l’eau est source de vie. Dans la Bible, un récit étonnant décrit une eau jaillissant du Temple. Quand elle est issue d’un lieu saint comme le Temple* du Seigneur, l’eau acquiert des vertus extraordinaires. Sitôt jaillie, elle ne cesse de grossir et tout au long de ses rives cette eau fait renaître la vie. Le désert se couvre d’arbres de vie qui nous procurent nourriture et guérison. Cette eau renouvelle même l’eau de la mer Morte où aucun poisson ne peut vivre. Cette eau nouvelle suscite des vivants, c’est une eau qui donne la vie. 
Que représente pour nous cette source ? N’est-elle pas le symbole de la présence de Dieu dans nos vies ? Les baptisés peuvent s’interroger. Pourquoi ne croirions-nous pas davantage à cette force divine qui vient de l’eau qui a coulé sur nous le jour de notre baptême ? Par cette eau, Dieu peut transformer nos cœurs arides en jardins florissants. Il change alors nos cœurs de pierre en cœurs capables d’aimer. Le baptême reçu est source de vie.
Avec les catéchumènes, profitons de ce temps de carême pour laisser jaillir en nous la source du baptême !

*Livre d’Ezekiel, ch. 47, v. 1-12

CONFINEMENT DANS LA VILLE 

Plongez !

Frère Yves Habert (directeur de Retraite dans la Ville) : « Je me souviens du baptême de Clément, jeune ingénieur et de son ressenti en recevant l’eau à trois reprises. « La première eau tombe sur ma nuque, je me sens partir ‒ au nom du Père. La deuxième est agréable, en ouvrant les yeux, j’aperçois mon reflet dans la cuve baptismale ‒ au nom du Fils. La troisième me paraît légère, la plus inexplicable. Je me redresse ‒ au nom du Saint-Esprit. Je prends conscience de ma nouvelle naissance, bercé par le regard chaleureux des frères et des amis. » En ce temps d’épidémie, accueillons ce témoignage d'une nouvelle naissance et prions pour les catéchumènes. » 

♦ Lundi 30 mars

« Je t'ai dit : " Vis " » (Ézéchiel 16, 6)

Dieu veut que nous vivions. Cette petite fille abandonnée, dont personne n’avait pris soin, jetée au milieu des ordures a trouvé quelqu’un qui l’a vue et qui l’appelle alors à la vie. « J’ai insisté pour que tu vives. » Il s’en occupe et la fait grandir « comme l’herbe des champs ». Cette herbe si fragile, mais si belle et vivante. Cette histoire, je ne l’invente pas. Vous pouvez la trouver dans la Bible, racontée par le prophète Ézéchiel*.
Et aujourd’hui encore, c’est celle de nombreux enfants qui sont abandonnés, violentés, victimes des différents conflits, qui attendent que quelqu’un les aime pour pouvoir vivre. Il faut du temps, de la patience et de l’amour pour que des enfants de la rue retrouvent une vie normale et fassent confiance à des adultes. 
Cette petite fille expérimente ce que le conteur de la Genèse a voulu nous dire lorsqu’il nous parle de la création de l’homme, un être à la fois fragile, tiré du sol, qui n’est pas grand-chose, mais en qui Dieu a insufflé son propre souffle dans les narines. « Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur. »** Il y a donc quelque chose de divin dans le moindre petit qui doit être respecté.
Dieu ne l’abandonne pas, le soigne et le relève et à sa suite des hommes des femmes de tous les continents agissent de même. Sans doute en connaissons-nous. 
À travers ceux qui s’approchent et qui voient l’enfant délaissé, Dieu nous redit à quel point Il nous aime et Il nous invite à aller à la rencontre de tous les rejetés.

* Livre d’Ezekiel, ch. 16
** Livre des Psaumes, Ps. 8, v. 6

CONFINEMENT DANS LA VILLE

À la rencontre 

À la rencontre, cher frère, ce n’est pas le moment ! Et, allez à la rencontre des rejetés, pire encore, c’est le meilleur moyen d’inviter Corona à la maison. Le risque est grand pour beaucoup d’entre nous, et heureusement des associations œuvrent pour aider ces délaissés. Mais nous, que faire de chez nous ?
Nos amis les moines et moniales confinés dans leur monastère savent comment rejoindre les confinés-de-la-rue. Alors prions notre Dieu, envoyons-le au front, en première ligne. Invitons-le à soutenir les soignants, les soignés, les héros des associations caritatives. Prions !
Sylvette (le “couteau suisse” de Retraite dans la Ville)

♦ Dimanche 29 mars

« Dieu n'a pas fait la mort, il ne se réjouit pas

de voir mourir les êtres vivants » (Livre de la Sagesse 1, 13)

Frère Michel Lachenaud : Nous sommes au Cameroun. Sosthène a huit ans. Lors du deuil de son grand frère âgé de douze ans, il joue du tam-tam toute la nuit auprès du corps. En Afrique, dès le plus jeune âge, l’enfant doit faire face à la mort. Elle est souvent présente au village et tout le monde participe au deuil, se réunit autour du mort pendant trois ou quatre jours. Au contraire, la société occidentale aujourd’hui fait tout pour dissimuler la mort, peu de gens meurent à la maison, et les veillées de deuil disparaissent, les enfants et les jeunes n’en ont plus guère l’expérience.
Pourtant, la maladie et la mort frappent chacun de nous sans distinction. Elles nous menacent sans cesse et nous font peur. De toutes nos forces, nous désirons vivre et cependant la mort est là, inévitable, tous nous la connaîtrons.
Ce matin, allant au deuil de son ami Lazare, Jésus le fait revivre. Il fait naître en nous une espérance, un chemin de guérison. Il nous fait comprendre que l’homme a été créé non pour la mort, mais pour la vie. Il nous invite à changer notre rapport à la mort. Notez bien que Jésus appelle la mort « un sommeil », ce qui n’enlève rien à sa douleur. « Alors Jésus se mit à pleurer. »* Paul et les premiers chrétiens chanteront « Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera. »** La mort n’est plus le grand ennemi. « Celui qui croit, même s’il meurt, vivra »***.
Celui qui dès ici-bas vit de la foi vit déjà d’une vie nouvelle. La mort est alors, pour le croyant, passage vers la vie éternelle. Mais cette vie éternelle a à se vivre dans notre existence quotidienne. Alors la question essentielle pour chacun de nous n’est pas d’abord de pouvoir sortir un jour du tombeau, mais de passer dès maintenant de la mort à la vie en mettant toute notre confiance dans le Christ comme Marthe et les Juifs qui crurent en lui.
Pendant ce carême, les catéchumènes en cheminement vers le baptême nous le rappellent. À la question « que vous procure la foi ? », ils répondent « la vie éternelle ».

*Évangile selon saint Jean, ch. 11, v. 35
**Épître aux Ephésiens ch. 5, v.14
***Évangile selon saint Jean, ch.11, v.25

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Adeline (Admininstrative Web) : « La vie est un cadeau offert chaque matin à notre réveil. Sautons de joie, tapons dans nos mains, et aussi tous les soirs avec les voisins à 20h. Une journée nouvelle s’annonce toute à créer surtout en ce moment où nous vivons dans la maison, où nous avons recréé les espaces de chacun, de travail, de jeux. Où finalement, les règles de vie bien établies sont remises en question et libérées pour un temps. VIVONS ! 
“Maman, qu’est-ce qu’on fait demain ?” me demande mon fils chaque soir depuis quelques années.  Et nous ? Qu’avons-nous envie de découvrir aujourd’hui avec nos yeux d’enfant ?
 »

Samedi 28 mars

« Nous devons faire en sorte que, dans toutes les communautés

chrétiennes, les pauvres se sentent « chez eux ».

Ce style ne serait-il pas la présentation la plus grande et la plus efficace

de la bonne nouvelle du Royaume ? » Saint Jean-Paul II

Chaque jour nous faisons des choix pour nous-mêmes et pour ceux dont nous avons la charge. Il y a des choix ordinaires, « qu'est-ce que je prépare à manger ce midi ? » Et il y a des choix extra-ordinaires, par exemple ceux qui choisissent de se porter volontaires dans la lutte contre le coronavirus.

Teddy et Thierry ont choisi de vivre en colocation avec l'association Lazare. Rien d'extraordinaire apparemment. Sauf que leur communauté rassemble sous le même toit des personnes qui ont vécu à la rue et d'autres épargnées par la vie. Ensemble, ils partagent les repas, l'entretien de la maison, les moments de détente et les temps de prière.
Qu'est-ce qui peut amener quelqu'un à faire un tel choix ? Dans le Notre Père, nous parlons de faire sa volonté. Comment savoir que nos choix répondent à son appel, à sa volonté ? Teddy et Thierry tentent de répondre à ces questions. Ils témoignent de leur quotidien où, sans nier les difficultés, la bienveillance et la joie sont les signes qu'ils sont sur le chemin du bonheur.

Bonne cinquième semaine de carême. Fr. Benoît Ente, op

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Teddy, de la coloc' : « À Lazare, certains colocs ont eu des parcours douloureux et le confinement peut faire ressurgir des souffrances, des mauvais souvenirs. Alors que la vie en communauté est régie par de nombreuses règles, il faut en ajouter d’autres plus contraignantes… Pas facile à accepter, mais on y arrive. Dans la Maison, nous avons pris conscience que nous avions tous la responsabilité de la santé et du bien-être des autres colocs. Chacun s'est senti porté dans ses engagements, de la préparation des repas à l’embellissement du jardin, et la vie en communauté a repris des couleurs ! »

4ème semaine de Carême :

don de force de l'Esprit Saint

avec 5 personnes laïques, membres d'un mouvement appelé Équipes du Rosaire,
qui témoigneront sur l'autre ‒ le frère, la sœur, l'enfant, le conjoint, le pauvre ‒
reçu comme un don.
Bonne quatrième semaine de carême.  
Frère Benoît Ente, op

♦ Vendredi 27 mars

« Serions-nous aveugles, nous aussi ? » (Jean 9, 40)

À force de vivre l’un à côté de l’autre dans le couple, et de se voir tous les jours, on peut avoir l’impression de bien connaître l’autre. Ce faisant, en croyant trop bien voir qui il est, on le perd de vue, la routine s’installe et on devient aveugle aux possibilités d’évolution et de changement. 
Si on peut faire le tour d’un objet, on ne pourra jamais prétendre avoir fait le tour d’une personne. L’autre demeure un mystère, c’est-à-dire quelqu’un que l’on n’a jamais fini de comprendre et de découvrir. 
Regarder l’autre avec les yeux que me donne le Christ, c’est consentir à ne jamais enfermer l’autre dans ce que je crois connaître de lui, mais toujours essayer de le voir avec des yeux capables de se laisser surprendre et étonner. Le sacrement du mariage nous y aide et nous ouvre aux concessions mutuelles nécessaires à l’équilibre du couple. Dans la foi, le couple développe ses richesses : respect, complicité, joie de vivre ensemble, force, apaisement, recul nécessaire… Le conjoint devient alors don de Dieu. 
Je le vois et j’apprends à l’aimer tel qu’il est dans une confiance mutuelle. L’aventure du mariage, c’est ainsi un « chaque jour, je commence ». 
L’autre sera toujours plus grand que ce que je peux en voir. N’est-ce pas là l’expérience de l’aveugle guéri ? Lorsqu’il reçoit le cadeau de guérison, il cherche à découvrir le visage de Jésus et à entrer dans sa lumière. Il ne prétend pas tout voir, tout savoir, tout comprendre, mais il cherche encore. Il cherche cette lumière qui sera toujours plus grande que lui : gardons les yeux ouverts !

CONFINEMENT DANS LA VILLE : témoignage

Quelle chance, quelle chance « chaque jour je commence ».
Depuis ce petit début de quarantaine, mon mari et moi, collés-serrés découvrons que nous nous voyons mieux, que nous nous écoutons mieux, que nous nous respectons mieux. Pourquoi ? Pendant ce drame « coronophage » à la maison plus de protection, finie la fuite en avant, finie la porte d’entrée qui claque « à ce soir… ». Nous profitons de ce temps donné pour nous explorer, nous conquérir d’avantage, nous bagarrer aussi je vous rassure, mais nous essayons de suivre le fil de notre vrai désir, aimer. Facile ou plus difficile, captons ce temps.
Et gardons tous le cœur ouvert.
Sylvette (le “couteau suisse” de Retraite dans la ville)

♦ Jeudi 26 mars

« Vous n'avez qu'un seul Père » (Matthieu 29, 3)

Un ami, aveugle depuis son enfance, a aujourd’hui une vie personnelle, familiale et professionnelle aussi belle que rayonnante. S’il n’a jamais pu voir son père avec ses yeux de chair, il a pu sentir sa présence aimante qui l’a aidé à surmonter cette épreuve et à accomplir un rude parcours. Contrairement à l’aveugle-né de l’évangile selon saint Jean, il n’a pas été lâché par les siens et ses propres parents, mais il a bénéficié de leur accompagnement aimant et bienveillant. Entre père aimant et père défaillant, beaucoup parmi nous ont une expérience de la paternité blessée et il n’est pas rare d’entendre des croyants avouer qu’il leur est difficile de dire « Notre Père » tant l’image de leur père humain vient troubler l’image du Père éternel. 
Mais comment devenir père quand il n’est pas possible de prendre modèle sur son propre père ? La foi peut nous y aider. Il est possible de devenir père en regardant le Père céleste, source de toute paternité. 
« Qui m’a vu a vu le Père »*, dit Jésus. C’est donc en regardant Jésus que l’on peut apprendre à devenir père. Apprendre à aimer, faire grandir, pardonner, encourager, être exigeant et enfin conduire à l’autonomie et à la liberté. 
Mon ami aveugle n’a peut-être jamais pu voir son père, mais à travers ce père terrestre aimant, il a pu voir Dieu le Père. L’aveugle-né de saint Jean a peut-être été lâché par son père, mais en Jésus, il a pu voir le Père. Quelle que soit notre histoire, demandons à Jésus de nous le faire voir !

* Évangile selon saint Jean, ch.14, v. 9

CONFINEMENT DANS LA VILLE 

Chaque jour, un conseil, un témoignage pour vous aider à vivre le confinement

La compassion du Père

En Lombardie, un médecin athée a été bouleversé par le témoignage d’un prêtre de 75 ans se dévouant jusqu’à donner sa vie pour les malades. Il témoigne : « À partir de maintenant et jusqu’au dernier souffle de ma vie, je vais me consacrer à aider les autres. Je suis heureux d’avoir rencontré Dieu grâce à ce prêtre, en plein milieu de la souffrance et la mort de mes patients. Dieu est là, l’espoir est là » Ce médecin a vu la compassion du Père.
Frère Yves Habert, op (directeur de Retraite dans la ville)


Pâques, fête de la Résurrection du Seigneur

En cette nuit bienheureuse ...

« Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez
Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit...»
(Mt 28, 1-10)

Les femmes n'en croient pas leurs oreilles... et elles partent en courant ! Voilà la surprise : Jésus était confiné dans un tombeau et il a disparu. La vie a jailli là où la mort semblait régner. Parole d'espérance pour tous les défunts de cette période de confinement !
Saint Jean de la Croix parle aussi en ces termes de ceux qui ont suivi Jésus dans sa passion d'amour : Leur "mort a été changée en vie du Christ." Et la personne qui rejoint le Ressuscité "chemine toujours comme en fête, au-dedans comme au-dehors." Elle ne se reconnaît plus et affirme que la nuit obscure traversée est devenue "bienheureuse", comme le proclame le chant de la Vigile pascale : "Ô nuit de vrai bonheur !" Avec le recul, peut-être nous sera-t-il donné la grâce de voir que ce carême était une heureuse aventure ...

Christ est ressuscité, alléluia ! ...

Évangile : Le tombeau vide et les apparitions (Mt 28, 1-10)

« Après le sabbat, à l’heure où commence à poindre le premier jour de la semaine, Marie-Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre. Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige. Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts.
L’ange prit la parole et dit aux femmes : “Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là vous le verrez. Voilà ce que j’avais à vous dire.”
Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vient à leur rencontre et leur dit : “Je vous salue.”
Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : “Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront.” »

La méditation pascale : « en tuant, tu as changé la mort en vie»

  • La vie sur le lieu de la mort

Les femmes n’en croient pas leurs oreilles. Elles sont tellement bouleversées par les paroles de l’Ange qu’elles semblent ne pas même prendre le temps d’entrer dans le sépulcre ; elles partent en courant ! Elles croient vraiment que le crucifié qu’elles cherchaient a rejailli de la mort ; non pas une fois comme Lazare, mais définitivement. Le lieu de la mort est transformé en lieu de vie ; le lieu de la fin de l’histoire de Jésus anéanti dans la mort devient le point de commencement d’une nouvelle aventure pleine de vie.
Il en est de même dans la vie spirituelle : ceux qui ont participé à la mort d’amour de Jésus participent aussi de sa résurrection. Ils sont désormais profondément unis au Christ mort et ressuscité. Ils peuvent s’approprier la parole de l’âme croyante dans la Vive Flamme d’amour :

« En cette vie nouvelle, celle de l’âme parvenue à la perfection de l’union avec Dieu, toutes les tendances de l’âme et toutes ses facultés avec leurs attraits et de leurs activités qui, de soi, sont activités de mort et privation de vie spirituelle, deviennent divines. (…) Sa mort se change en vie, à savoir sa vie animale en vie spirituelle. (…) Tous les mouvements, les inclinations et les actions qui trouvaient leur source et leur force dans la vie naturelle de l’âme sont désormais, par cette union, transformés en mouvements divins, morts à leur activité et leur attrait naturels et vivants pour Dieu, car l’âme, en véritable fille de Dieu, est entièrement mue par l’esprit de Dieu, comme l’enseigne saint Paul : ceux qui sont mus par l’esprit de Dieu sont fils de Dieu même (Rm 8, 14).

Il résulte de ce qui vient d’être dit que l’intelligence de l’âme est intelligence de Dieu, sa volonté est volonté de Dieu, sa mémoire est mémoire de Dieu, sa jouissance est jouissance de Dieu. (…) Ainsi l’âme est morte à tout ce qu’elle était de par sa nature car tout cela était une mort pour elle et elle est vivante à tout ce qu’est Dieu en soi-même. C’est pourquoi, parlant d’elle-même, c’est à bon droit qu’elle dit : ‘en tuant, tu as changé la mort en vie.’
Si bien que l’âme peut dire avec saint Paul : Je vis, non pas moi, mais Christ vit en moi (Ga 2, 20). La mort de cette âme a été changée en vie du Christ et la parole de l’Apôtre : La mort est engloutie dans la victoire (1Co 15, 54), concorde bien avec celle que le prophète Osée met dans la bouche de Dieu : Ô mort, je serai ta mort (Os 13, 14 Vulgate). C’est comme s’il disait : Moi qui suis la vie, je suis une mort pour la mort et la mort sera donc engloutie par la vie.
L’âme est donc engloutie dans la vie divine, étrangère à tout ce qui est mondain. (…) En cet état de vie si parfaite l’âme chemine toujours comme en fête, au-dedans comme au-dehors, et la connaissance de son bienheureux sort lui fait très souvent goûter, au palais de son esprit, une grande allégresse divine, comme un cantique nouveau, toujours nouveau, empreint de joie et d’amour. » (Vive Flamme B 2, 33-36)

  • « Ô nuit bienheureuse »

Le croyant qui est parvenu à cet état d’union à Dieu est alors capable de se retourner et de saisir en un regard l’unité de sa vie et la Providence qui l’a conduit, à travers ombres et lumières, jusqu’à cet état de sainteté. Il peut relire le poème de Jean de la Croix Dans une nuit obscure envoyé dans l’introduction de cette retraite en ligne et reconnaître la transformation intérieure. Désormais, tout est pour lui devenu grâce car en toute chose, il discerne le passage de Dieu pour faire concourir tous les évènements à un plus grand bien. Même ses épreuves et les zones sombres de sa vie prennent un nouveau sens : l’âpre nuit, si éprouvante quand il la traversait, devient dorénavant dans sa bouche une « nuit bienheureuse », « plus aimable que l’aurore » car cette nuit l’a « guidé » jusqu’à aujourd’hui. Il chante le chant de l’Exultet de la vigile pascale de façon existentielle : « Ô nuit de vrai bonheur … » Il comprend « le pouvoir sanctifiant de cette nuit » qui transforme la mort en vie et la nuit en lumière. Il chante aussi le psaume 138 en relisant sa propre histoire sainte : « J’avais dit : ‘Les ténèbres m’écrasent !’, mais la nuit devient lumière autour de moi. Même la ténèbre pour toi n’est pas ténèbre et la nuit comme jour est lumière ! » (Ps 138, 11-12)

Celui qui perçoit en son cœur la divine flamme de l’Esprit ne regrette pas d’avoir osé « l’heureuse aventure » de cette sortie de nuit ; en suivant le Bien-Aimé dans la nuit, il s’est quitté lui-même. Il est devenu tout autre et ne se reconnaît plus dans ses mauvais penchants. Il ressemble désormais à celui qu’il a tant cherché, Jésus. La joie est parfaite et il nous faudra bien cinquante jours pour la célébrer et la laisser se répandre autour de nous.

Christ est vraiment ressuscité, alléluia ! Lumineux temps pascal à tous !

fr. Jean-Alexandre de l’Agneau, ocd (couvent d’Avon)

Il est maintenant temps de relire notre chemin et d'entrer dans la joie pascale. Exceptionnellement en ce temps de confinement et à l'occasion des 100 ans de notre couvent d'Avon, nous vous proposons ci-dessous de continuer à méditer chaque jour avec la joie de Pâques. Mais nous attendons vos témoignages dont nous vous enverrons une sélection lors de notre dernier message dimanche 19 avril, au terme de l'octave de Pâques.

L'équipe des retraites en ligne :
Frère Jean-Alexandre de Garidel, ocd (couvent d’Avon), le ­Carmel de Plappeville,
Dominique, Raphaëlle et Marie-Noëlle

 

Semaine Sainte

Le vrai Spirituel

« Il s'est anéanti lui-même. » (Ph 2,5-11)

Étrange semaine que celle qui commence... Au moment de l'entrée en carême, nous n'avions pas imaginé vivre la semaine sainte en étant privé des célébrations centrales pour notre foi. C'est rude. Et pourtant, il y a quelque chose à vivre à travers ces évènements : consentir à vivre ce qui nous est demandé avec le plus d'amour possible. C'est exactement ce que fait Jésus dans sa Passion. Cherchons donc à l'imiter de l'intérieur.
Jean de la Croix nous montre que c'est dans ce consentement par amour que Jésus réalise sa plus grande œuvre et nous sauve. Dans sa passivité apparente sur la croix, le Christ est déjà vainqueur par son obéissance au Père. "Le vrai spirituel" comprend ainsi que pour accéder au sommet du Mont Carmel, il faut s'abaisser très bas par amour. Descendons en silence avec Jésus cette semaine pour être élevés très haut dans sa résurrection !

Les frères vous seront particulièrement unis en ces jours saints. N'oubliez pas que vous pouvez toujours confier vos intentions aux sœurs du Carmel de Metz : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. .
L'équipe des retraites en ligne.

Évangile : Passion du Seigneur (Mt 27,11-14.45-49)

« On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur, qui l’interrogea : ‘Es-tu le roi des Juifs ?’ Jésus déclara : ‘C’est toi qui le dis.’ Mais tandis que les chefs des prêtres et les anciens l’accusaient, il ne répondit rien. Alors Pilate lui dit : ‘Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ?’ Mais Jésus ne lui répondit plus un mot, si bien que le gouverneur étai très étonné. (…)
A partir de midi, l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à trois heures. Vers trois heures, Jésus cria d’une voix forte ‘Eli, Eli, lama sabactani ?’, ce qui veut dire ‘Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?’ Quelques-uns de ceux qui étaient là disaient en l’entendant : ‘Le voilà qui appelle le prophète Elie !’ Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge qu’il trempa dans une boisson vinaigrée ; il la mit au bout d’un roseau, et il lui donnait à boire. Les autres dirent : ‘Attends ! nous verrons bien si Elie va venir le sauver.’ Mais, Jésus, poussant de nouveau un grand cri, rendit l’esprit. »

1. La méditation de la semaine : « Il s'est anéanti »

Jésus est entré à Jérusalem publiquement et les foules l’ont acclamé comme leur messie : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Mt 21,9). Mais les foules sont versatiles et crieront quelques jours après à Pilate : « Crucifie-le ! » (Mt 27,22) Jésus devient l’objet d’un déchaînement de la violence humaine dans les cris et les coups. Le contraste est saisissant : face à la haine violente, il reste doux et il entre dans le silence.

  • Le silence parlant de Jésus

L’Agneau est désormais cerné par les loups voraces, ceux qui veulent sa mort par jalousie ou par cupidité. Et Jésus ne se défend pas. Il a choisi d’aller au bout dans la nuit terrible de Gethsémani et il ne reprendra pas la parole qu’il a donnée à son Père : « Non pas comme je veux, mais comme tu veux. » (Mt 26, 39) Il restera le Christ doux et humble de cœur face à des interlocuteurs qui ne comprennent pas. A commencer par Pilate qui « était très étonné » face à ce mystérieux prisonnier qui restait maître de lui-même et ne cherchait pas à sauver sa vie.

Le silence est souvent pour nous négatif : une absence de paroles, un vide proche du néant, un état absurde. Pourtant, il est ici lourd de sens : ce silence de Jésus dans sa Passion n’est pas une marque de fatalisme (‘ah quoi bon répondre, ils ont décidé ma perte’) ; il est un acte de communication au-delà des mots. Car comment la Parole de Dieu en personne peut-elle dire quelque chose dans un tel climat de haine et de soupçon ? Sa parole sera son agir ; et un agir paradoxal puisqu’il sera passif. Comme l’écrit Jean de la Croix, la plus grande action de Jésus sera sa passion. Il réalise sa plus grande œuvre au moment même où il semble le plus passif, sur la croix. Le silence de la Croix devient une parole qui traverse le temps et l’histoire. Il dénonce tous nos bavardages et nos paroles creuses ; tant de discours inutiles et nocifs pour nous mettre en avant, abaisser les autres, nous justifier, manipuler autrui, … Tout ce que nous entendons aussi autour de Jésus dans sa Passion. Mais Jésus se tait. Il avance résolument. Il renvoie Pilate à la responsabilité de sa parole, et nous avec : « C’est toi qui le dis. » ‘Assume ce que tu dis.’ Désormais, Jésus ne dira plus un mot aux hommes. Sa dernière parole sera un cri envers son Père, avec les mots du psaume 21 : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné. »

  • Le cœur tout déchiré par son amour

Jean de la Croix, si amoureux de Dieu, a profondément médité la Passion du Seigneur, notamment quand lui-même y communie lors de ses neuf mois de prison et de nuit intérieure dans le cachot du couvent des carmes de Tolède. [...]

  • Être un vrai ami de Jésus

Jean de la Croix comprend que la Passion d’amour de Jésus n’est pas un accident mais est la clef de lecture de l’existence du Seigneur. Toute la vie de Jésus s’intensifie dans une tension maximale qui va révéler la densité de son amour pour nous. Cela a forcément des conséquences pour notre vie spirituelle. Comme nous l’avons vu dans la 2ème semaine, Jean de la Croix affirme clairement que le chemin de la sainteté est un chemin d’imitation intérieure de Jésus. C’est une voie d’amour qui nous entraîne au bout de notre capacité de donner la vie. Mais cela suppose de vivre comme Jésus une forme de passion et de résurrection. Aussi Jean de la Croix montre-t-il que les obscurités de notre vie, ses épreuves, ne sont pas des choses absurdes mais peuvent être vécues comme des participations au mystère pascal du Christ...

Jésus a déjà vécu pour nous et avec nous toutes les épreuves qui jalonnent notre vie spirituelle. Si nous voulons être ses disciples, il nous faut donc l’imiter jusqu’au bout par amour. Car c’est au moment des difficultés que se révèlent les vrais amis. Voulons-nous vraiment être les amis de Jésus ? Ou le voulons-nous simplement quand cela nous fait plaisir et nous flatte ? L’amitié véritable suppose d’aimer l’ami et non de s’aimer nous-mêmes à travers le vécu de l’amitié. Cherchons-nous le Seigneur ou nous cherchons-nous plutôt en lui ? …
« On ne peut progresser qu’en imitant le Christ qui est le chemin, la vérité et la vie, et personne ne va au Père que par lui, selon ce qu’il dit lui-même en saint Jean (14, 6) ; et ailleurs il dit : Je suis la porte ; celui qui entrera par moi sera sauvé (10, 9). De sorte que tout esprit qui chercherait douceurs et facilité et refuserait d’imiter le Christ, je ne le tiendrais pas pour bon.

Si j’ai dit que le Christ est le chemin, et que ce chemin c’est mourir à notre nature, tant sensible que spirituelle, c’est pour faire comprendre que ce sera à l’exemple du Christ, parce qu’il est notre exemple et notre lumière.
En ce qui concerne le domaine du sensible, il est vrai qu’il y mourut en esprit tout au long de sa vie et, corporellement, en sa mort. En effet, comme il l’a dit, il n’eut pas, pendant sa vie, où reposer sa tête (Mt 8, 20) et encore moins lors de sa mort.
En ce qui concerne le domaine spirituel, il est certain qu’au moment de sa mort son âme aussi se trouva anéantie, sans aucune consolation et sans aucun soulagement, le Père le laissant ainsi dans une sécheresse profonde, selon sa nature humaine. C’est pourquoi il en fut réduit à s’écrier : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? (Mt 27, 46). Ce fut le plus grand délaissement sensible de sa vie.

Dans ce délaissement, il fit la plus grande œuvre de toute sa vie, plus grande que tous les miracles et que toutes ses œuvres faites sur la terre et dans le ciel et qui fut de réconcilier et d’unir par grâce le genre humain avec Dieu. Et cela se réalisa juste au moment où ce Seigneur fut le plus totalement anéanti : quant à l’estime des hommes qui, le voyant mourir, se moquaient de lui sans l’avoir en la moindre estime ; quant à sa nature humaine que la mort anéantissait ; quant au secours et à la consolation spirituelle du Père puisque, à ce moment-là, il l’abandonna, le laissant ainsi anéanti et réduit à rien pour que soit totalement payée la dette et que l’homme s’unisse avec Dieu. [...]

  • Pour monter, il faut descendre !

Ainsi le « vrai spirituel » découvre que le chemin vers Dieu passe par un anéantissement de son moi égoïste (et non de son humanité !). Notre vieil homme doit passer par la mort pour que l’homme nouveau vive. La réduction au néant de notre moi égoïste ouvre l’accès au tout de Dieu. « Pour arriver à posséder tout, cherche à ne rien posséder. » (I MC 13, 11) Et nous découvrons alors que notre sainteté ne consistera pas dans le cumul d’actions héroïques mais dans le consentement à vivre ce qui nous est demandé avec le plus d’amour possible. Nous pensions que pour rejoindre le Seigneur il fallait monter toujours plus haut vers les sommets du Carmel ; et nous comprenons qu’il s’agit en fait de descendre toujours plus bas, pour rejoindre Jésus dans son abaissement d’amour. La 2ème lecture du Dimanche de la Passion nous l’a pourtant dit : « Il s’est anéanti lui-même. (…) Il s’abaissa plus encore. » (Ph 2,5-11) C’est en rejoignant Jésus dans sa « kénose », son anéantissement que nous serons finalement élevés et exaltés comme lui par le Père. Mais c’est Dieu qui s’occupera de notre élévation, pas nous ! C’est dans la mesure où nous sommes des enfants dociles, comme l’est le Christ, que nous participerons à sa glorification. « Qui s’abaissera sera élevé ! » (Mt 23,12) Jésus fut le premier. De nombreux saints l’ont suivi et attendent qu’on les rejoigne. Alors, en faisant nôtres les « sentiments qui sont dans le Christ Jésus » (Ph 2,5), entrons avec amour dans sa Passion pour, dans l’amitié, nous unir avec lui dans sa Résurrection. Sainte semaine à tous !

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2. Les trois pistes de mise en pratique de la semaine

  1. Je choisis un moment de ma semaine pour vivre un temps de silence avec Jésus
  2. Je prie avec le poème Le pastoureau en m’identifiant à la bergère
  3. Jusqu’où suis-je prêt(e) à aller pour vivre une amitié vraie avec le Fils de Dieu ? Est-ce que je désire être un « vrai spirituel » ?

3. Prier chaque jour de la semaine

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Cinquième Semaine

Revivre

« Seigneur, celui qui tu aimes est malade ». (Jn 11)

Nul doute que cette phrase résonne de façon particulière pour beaucoup d'entre nous : avec la propagation du virus Covid-19, nous sommes presque tous en lien avec une personne atteinte. Il est beau de voir Jésus qui pleure son ami Lazare dans l'évangile. Cela nous permet d'intensifier notre prière en communion avec le Seigneur qui nous comprend.
Jean de la Croix nous invite à nous ouvrir à l'espérance au-delà des souffrances traversées : nous recevons de Dieu autant que nous en espérons ! Le Christ qui est la Résurrection et la Vie peut tout transformer, même s'il nous semble que c'est la mort qui domine et impose sa loi. Pour expérimenter cela, Jean de la Croix nous parle d'une autre maladie, la "maladie d'amour" envers Dieu qui nous conduira à la vraie santé. Car "la santé de l'âme, c'est l'amour de Dieu." Avançons dans la confiance, avec courage, en communion de prière. (L'équipe des retraites en ligne)

Évangile : Résurrection de Lazare (Jn 11)

« En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était donc son frère Lazare qui était malade. Donc les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : “Seigneur, celui qui tu aimes est malade”. En apprenant cela, Jésus dit : “Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié.” […]
Marthe dit à Jésus : “Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera.” Jésus lui dit : “Ton frère ressuscitera.” Marthe reprit : “Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour.” Jésus lui dit : “Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?” Elle répondit : “Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde.” »

1. La méditation de la semaine : « Seigneur, celui que tu aimes est malade »

La rencontre de Jésus avec l’aveugle nous a aidés dimanche dernier à méditer sur le mystère de la foi. Croire, c’est accepter de faire confiance à un Dieu que nous n’avons jamais vu mais qui se rend visible à nous par l’Eglise et le témoignage des apôtres ; c’est regarder la réalité autrement, avec plus de profondeur et de hauteur. Le chemin de la sainteté que nous imaginions prendre au début n’est peut-être pas celui que nous rencontrons aujourd’hui à la suite de Jésus. Il nous faut accepter de nous laisser conduire comme des aveugles là où nous ne savons pas … Seule la confiance rend possible cet acte d’abandon ! Mais il peut arriver aussi que nous nous trompions dans notre diagnostic et que nous dramatisions l’état de maladie de quelqu’un. Ainsi Marthe pense-t-elle qu’elle ne reverra plus son frère.

  • L’heureuse maladie d’amour

Lazare est malade et ses sœurs sont assez inquiètes pour faire prévenir Jésus. Mais celui-ci affirme : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Il pose un autre diagnostic sur l’état de Lazare : cette maladie ne conduit pas à la disparition de Lazare mais offre l’occasion de manifester la gloire de Dieu qui donne la vie. Dans un premier temps, ce sera la déception pour les sœurs car Lazare va bien mourir et être mis au tombeau. Mais Jésus va faire ce qu’il a dit. Et Marthe et Marie devront reconnaître leur erreur de diagnostic. Il peut ainsi arriver que nous appelions ‘maladie’ ce qui est ‘santé’, par exemple dans la vie spirituelle. Quand quelqu’un commence à s’engager dans sa foi et à vivre l’Evangile, des proches peuvent lui dire : ‘tu es devenu malade ; tu n’es pas bien !’ Ou comme sa famille l’a dit à Jésus : « Il a perdu la tête. » (Mc 3,21) D’après le monde, suivre Jésus, c’est tomber malade en se comportant étrangement ! D’après l’Evangile, suivre Jésus, c’est recouvrer la santé spirituelle ! Mais on peut aussi utiliser l’image de l’état amoureux. Ainsi Jean de la Croix dit-il que pour aller à Dieu, il faut gravir dix échelons de l’échelle d’amour et le premier consiste à devenir malade, mais malade d’amour […]

Jean de la Croix précise dans son Cantique spirituel la portée de cette maladie d’amour :
« La maladie d’amour n’a pas d’autre remède que la claire présence du Bien-Aimé, parce que le mal d’amour étant différent des autres maladies, son remède est différent aussi. (…) C’est que la santé de l’âme, c’est l’amour de Dieu et donc, tant qu’elle n’est pas accomplie en amour, elle ne jouit pas d’une parfaite santé et par conséquent, elle est malade, car la maladie n’est pas autre chose que le manque de santé. De sorte que si l’âme n’a aucun degré d’amour, elle est morte ; lorsqu’elle possède quelque degré d’amour de Dieu, si minime soit-il, elle est désormais vivante, quoique bien faible et malade à cause de son peu d’amour ; mais plus son amour augmentera, plus elle aura de santé et quand elle parviendra à l’amour parfait, elle jouira d’une pleine santé. » (Cantique spirituel B 11, 11)

  • Espérer la vie divine dès aujourd’hui 

Jésus se présente ici comme Celui qui est « la Résurrection et la Vie ». Avec lui, il n’y a plus d’impasse. Aucune situation douloureuse n’est définitive, pas même la mort. Mais pour cela, il faut croire et espérer : espérer au-delà de ce que nous pouvons comprendre et imaginer. L’espérance est une vertu théologale aussi importante que la foi et la charité. Jean de la Croix nous montre combien nous manquons d’espérance parce que nous enfermons l’avenir dans notre mémoire du passé. Nous imaginons ce qui va arriver à partir de ce que nous avons vécu d’agréable ou de désagréable. Si nous avons vécu des choses douloureuses, nous préférons ne rien attendre de l’avenir pour ne plus souffrir et ne pas être déçus. Dans la vie spirituelle, nous sommes menacés par le manque d’espérance, c’est-à-dire par le manque de disponibilité à l’inattendu. Comme si Dieu n’était pas assez puissant ou libre pour inventer, avec nous, un avenir autre que celui que nous pouvons échafauder ! Ainsi, nous lisons de beaux textes spirituels et nous pensons : ‘c’est magnifique mais ce n’est pas pour moi ; je n’en suis pas capable, ne rêvons pas !’. C’est la tentation de Marthe dans l’évangile quand Jésus lui demande : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Au lieu de dire : ‘Oui, Seigneur, je crois que tu peux ressusciter mon frère dès aujourd’hui’, elle fait une confession de foi ‘minimale’ : « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu. » Il en est de même pour nous : Dieu nous promet la vie éternelle dès aujourd’hui. Et nous disons poliment : ‘merci, mais je garde cela pour après ma mort’. Et ainsi, nous manquons de poser un acte d’espérance. Or dit Jean de la Croix, « au sujet de Dieu, plus l’âme espère, plus elle l’atteint. » (III MC 7,2) Nous recevrons de Dieu autant que nous en espérons !

Il est donc important de garder de grands désirs pour notre vie spirituelle et une espérance vive qui se dispose à recevoir les dons de Dieu les plus inattendus. Nous croyons au Dieu vivant qui ne peut donner que la vie et ce qui est bon. Et il veut le faire dès maintenant à travers les sacrements et la prière.

  • Comme du bois tout en feu
Pour exprimer ce processus de divinisation que Dieu nous offre, Jean de la Croix utilise une image qu’il développe dans la Nuit obscure et la Vive Flamme d’amour : celle du bois enflammé. Cette image est certainement celle qui rend le mieux compte de l’enseignement du Docteur mystique sur la pédagogie de Dieu. L’être humain est comparable à un morceau de bois. Il est destiné à participer de la vie de Dieu symbolisée par le feu. Le travail de l’Esprit-Saint est donc de transformer le bois de notre humanité en feu divin et cela se produit à travers différentes étapes, plus ou moins agréables, plus ou moins claires :

« Cette lumière divine, agit dans l’âme, en la purifiant et en la disposant pour se l’unir parfaitement, de la même manière que le feu agit sur le morceau de bois pour le transformer en soi. En effet, quand le feu matériel s’attaque au bois, il commence par le sécher, le débarrassant de son humidité en lui faisant pleurer l’eau qu’il contient. Ensuite, le feu le rend noir, terne et laid, et même malodorant ; le desséchant peu à peu, il met en évidence tous les éléments ternes et laids de ce bois qui lui sont contraires et il l’en débarrasse. Finalement, le feu se met à l’enflammer de l’extérieur, à le chauffer et il parvient à le transformer en soi, le rendant aussi beau que lui-même. Arrivé à ce point, le bois perd toutes ses propriétés actives et passives, excepté le poids et le volume plus importants que ceux du feu, et il possède en lui-même les propriétés actives du feu : il est sec et il assèche, il est chaud et il réchauffe, il est lumineux et il éclaire, il est beaucoup plus léger qu’avant car le feu a mis en lui ses propriétés et leurs effets.
Nous devons raisonner de la même manière en ce qui concerne le divin feu d’amour de la contemplation. Avant de s’unir à l’âme et de la transformer en soi, il la purifie d’abord de tous les éléments qui lui sont contraires ; il met en évidence ses laideurs, montre sa noirceur et ce qu’elle a de terne, et elle paraît ainsi pire qu’auparavant, plus laide et plus abominable que de coutume. En effet, cette purification supprime peu à peu toutes les tendances mauvaises et faussées que l’âme ne percevait pas tant elles étaient enracinées et ancrées ; c’est pourquoi elle ne savait pas qu’il y avait tant de mal en elle. Mais maintenant, afin d’extirper ses tendances et de les réduire à rien, on les lui met sous les yeux ; alors, éclairée par l’obscure lumière de la contemplation divine, elle les voit très clairement, bien qu’elle ne soit pas pire qu’avant, ni en elle-même, ni aux yeux de Dieu. Comme elle perçoit en elle ce qu’elle ne percevait pas avant, il lui semble évident qu’elle est bien ainsi, que non seulement elle n’est pas digne que Dieu la regarde, mais qu’elle mérite son aversion et que déjà il l’a en horreur.
Par cette comparaison du bois enflammé nous pouvons (…) comprendre comment cette lumière de Sagesse amoureuse qui doit s’unir à l’âme et la transformer est la même qui, au début, la purifie et la prépare, de même que le feu qui transforme en soi le bois en s’incorporant à lui est celui-là même qui, au début, l’a préparé pour cela
. » (II Nuit obscure 10, 1-3)

Notre chemin de vie consiste ainsi en une transformation intérieure parfois agréable, parfois douloureuse qui nous conforme à Jésus jusque dans ses sentiments profonds. Au début, le Seigneur nous séduit par des grâces sensibles dans la prière, comme le feu réchauffe le bois et le caresse. Puis vient un travail plus profond et intérieur qui ressemble parfois à une opération chirurgicale pour mettre à mort notre vieil homme et donner vie à l’homme nouveau. Dieu fait l’essentiel du travail mais nous devons y consentir et y collaborer à notre mesure.
Vivre à plein, c’est laisser Dieu nous transformer et nous redonner vie comme Lazare. Ce n’est pas encore la résurrection mais un avant-goût. D’ailleurs, ne nous y trompons pas : Jésus ne ‘ressuscite’ pas Lazare car Lazare mourra plus tard, comme nous. Mais c’est un signe qui annonce sa future résurrection, et la nôtre avec ! Alors, offrons-nous cette semaine à la flamme de l’Esprit-Saint qui nous rendra plus vivants !
fr. Jean-Alexandre de l’Agneau, ocd (couvent d’Avon)

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2. Les trois pistes de mise en pratique de la semaine

  1. Je prie avec plus de ferveur pour les personnes atteintes par le virus Covid-19 et pour ceux qui les soignent.
  2. Quel acte d’espérance pourrais-je poser cette semaine ?
  3. Je pourrais essayer de prier devant un feu de cheminée ou avec l’image d’une bûche enflammée…

3. Prier chaque jour de la semaine

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 Vous cherchez à être aidé pour votre vie de famille ? Écoutez dans l'application youPRAY les enseignements de Denis Sonet sur la communication dans le couple, du P. Jean-Marie Petitclerc sur l’éducation des enfants, des Lauriot-Prévost sur la prière de couple… et prenez des vitamines pour votre couple avec les conseils et exercices du P. Michel Martin-Prével.

Et pour vos enfants ? Faites-leur écouter des vies de saints inspirantes, renouvelez votre stock de bénédicités avec nos suggestions ou encore priez une dizaine de chapelet avec eux…

 

♦ Pâques, fête de la Résurrection

CHRIST EST RESSUSCITE !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 20, 1-9)

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »

Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas.

Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.

Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

Pour ma journée

Le verset du jour : « Il vit, et il crut. » Jn 20, 8
La grâce à demander : la foi en Jésus ressuscité
L'exercice spirituel : vivre un temps de louange
L'intention de prière : que la foi en Jésus ressuscité se répande dans le cœur des hommes

Le chant du jour : Là, il y avait un jardin (Exo & Glorious)

Écouter méditation et chant

Un jardin clos, chargé de rêves
Rien que lui seul comme une sève
Jardin d'un soir où tout s'achève
Prémisse d'un jour qui se lève

Ils sont venus, les deux amis
Dans le silence de la nuit
Chercher Celui qu'on a détruit
Pour embaumer son corps meurtri

Là, il y avait un jardin
Un cri caché dans un écrin
Sous l'herbe espérait un Dieu Saint
Là, il y avait un jardin
Un tombeau neuf qui attendait

Le poids de Dieu et Son Secret
Alors, ils ont roulé la pierre
Les poings serrés, le cœur en guerre
Là, il y avait un jardin

Un cri caché dans un écrin
Sous l'herbe espérait un Dieu Saint
Là, il y avait un jardin

♦ Samedi Saint

A écouter sur l'application youPRAY :

  • l'heure sainte à vivre chez soi : une heure de prière avec Marie, avec des méditations, des chants et des temps de silence.
  • les méditations du P. Amar et d'Olivier Belleil pour la Vigile Pascale

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 23, 50-56)

Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste, qui n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le règne de Dieu.
Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé.
C’était le jour de la Préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du sabbat.
Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé. Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.

Pour ma journée

Le verset du jour : « Il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc. » Lc 23, 53
La grâce à demander : comme Marie croire et espérer en toute circonstance
L'exercice spirituel : devant une bougie allumée déposer des situations difficiles de ma vie en disant : " Jésus, avec Marie je crois et j'espère que tu peux faire un bien de ma situation (...) car rien n'est sans espérance avec toi. "
L'intention de prière : pour des mères qui ont perdu un enfant

Le chant du jour : O Marie ne pleure plus – Celebratio

Écouter méditation et chant

♦ Vendredi Saint 10 avril

Les autres programmes pour le Vendredi Saint à écouter ou à vivre sur l'application youPRAY :

Une heure sainte à vivre chez soi : une heure de prière avec Jésus au pied de la croix avec les méditations de sœur Marie de la Visitation, des temps de silence et des chants pour méditer.

  • Vivez la Passion de Jésus avec des extraits de la Passion vue par Marthe Robin
  • Priez une dizaine de chapelet avec les méditations de Mère Teresa sur la mort de Jésus en croix
  • Le chemin de croix avec le Pape François

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean (Jn 18, 1 - 19, 42)

L. En ce temps-là, après le repas, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi, car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis. Judas, avec un détachement de soldats ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, arrive à cet endroit. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes. Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit :
† « Qui cherchez-vous ? »
L. Ils lui répondirent :
F. « Jésus le Nazaréen. »
L. Il leur dit :
† « C’est moi, je le suis. »
L. Judas, qui le livrait, se tenait avec eux. Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis », ils reculèrent, et ils tombèrent à terre. Il leur demanda de nouveau :
† « Qui cherchez-vous ? »
L. Ils dirent :
F. « Jésus le Nazaréen. »
L. Jésus répondit :
† « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis. Si c’est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. »
L. Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés. » Or Simon-Pierre avait une épée ; il la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus. Jésus dit à Pierre :
† « Remets ton épée au fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? »
L. Alors la troupe, le commandant et les gardes juifs se saisirent de Jésus et le ligotèrent. Ils l’emmenèrent d’abord chez Hanne, beau-père de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là. Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs ce conseil : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple. »

Or Simon-Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre. Pierre se tenait près de la porte, dehors. Alors l’autre disciple – celui qui était connu du grand prêtre – sortit, dit un mot à la servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre. Cette jeune servante dit alors à Pierre :
A. « N’es-tu pas, toi aussi, l’un des disciples de cet homme ? »
L. Il répondit :
D. « Non, je ne le suis pas ! »
L. Les serviteurs et les gardes se tenaient là ; comme il faisait froid, ils avaient fait un feu de braise pour se réchauffer. Pierre était avec eux, en train de se chauffer. Le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur son enseignement. Jésus lui répondit :
† « Moi, j’ai parlé au monde ouvertement. J’ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n’ai jamais parlé en cachette. Pourquoi m’interroges-tu ? Ce que je leur ai dit, demande-le à ceux qui m’ont entendu. Eux savent ce que j’ai dit. »
L. À ces mots, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une gifle en disant :
A. « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! »
L. Jésus lui répliqua :
† « Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal. Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? »
L. Hanne l’envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe.

Simon-Pierre était donc en train de se chauffer. On lui dit :
A. « N’es-tu pas, toi aussi, l’un de ses disciples ? »
L. Pierre le nia et dit :
D. « Non, je ne le suis pas ! »
L. Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, insista :
A. « Est-ce que moi, je ne t’ai pas vu dans le jardin avec lui ? »
L. Encore une fois, Pierre le nia. Et aussitôt un coq chanta.

Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au Prétoire. C’était le matin. Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire, pour éviter une souillure et pouvoir manger l’agneau pascal. Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda :
A. « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? »
L. Ils lui répondirent :
F. « S’il n’était pas un malfaiteur, nous ne t’aurions pas livré cet homme. »
L. Pilate leur dit :
A. « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le suivant votre loi. »
L. Les Juifs lui dirent :
F. « Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort. »
L. Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir. Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit :
A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
L. Jésus lui demanda :
† « Dis-tu cela de toi-même, Ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »
L. Pilate répondit :
A. « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »
L. Jésus déclara :
† « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »
L. Pilate lui dit :
A. « Alors, tu es roi ? »
L. Jésus répondit :
† « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »
L. Pilate lui dit :
A. « Qu’est-ce que la vérité ? »
L. Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara :
A. « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais, chez vous, c’est la coutume que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? »
L. Alors ils répliquèrent en criant :
F. « Pas lui ! Mais Barabbas ! »
L. Or ce Barabbas était un bandit.

Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé. Les soldats tressèrent avec des épines une couronne qu’ils lui posèrent sur la tête ; puis ils le revêtirent d’un manteau pourpre. Ils s’avançaient vers lui et ils disaient :
F. « Salut à toi, roi des Juifs ! »
L. Et ils le giflaient.

Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit :
A. « Voyez, je vous l’amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
L. Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre. Et Pilate leur déclara :
A. « Voici l’homme. »
L. Quand ils le virent, les grands prêtres et les gardes se mirent à crier :
F. « Crucifie-le ! Crucifie-le ! »
L. Pilate leur dit :
A. « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
L. Ils lui répondirent :
F. « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. »
L. Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte. Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus :
A. « D’où es-tu ? »
L. Jésus ne lui fit aucune réponse. Pilate lui dit alors :
A. « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher, et pouvoir de te crucifier ? »
L. Jésus répondit :
† « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l’avais reçu d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi porte un péché plus grand. »
L. Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais des Juifs se mirent à crier :
F. « Si tu le relâches, tu n’es pas un ami de l’empereur. Quiconque se fait roi s’oppose à l’empereur. »
L. En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade au lieu dit le Dallage – en hébreu : Gabbatha. C’était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi. Pilate dit aux Juifs :
A. « Voici votre roi. »
L. Alors ils crièrent :
F. « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! »
L. Pilate leur dit :
A. « Vais-je crucifier votre roi ? »
L. Les grands prêtres répondirent :
F. « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. »
L. Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié.

Ils se saisirent de Jésus. Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha. C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix ; il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. » Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, parce que l’endroit où l’on avait crucifié Jésus était proche de la ville, et que c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate :
F. « N’écris pas : “Roi des Juifs” ; mais : “Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs.” »
L. Pilate répondit :
A. « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. »

L. Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux :
A. « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. »
L. Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C’est bien ce que firent les soldats.

Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère :
† « Femme, voici ton fils. »
L. Puis il dit au disciple :
† « Voici ta mère. »
L. Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit :
† « J’ai soif. »
L. Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit :
† « Tout est accompli. »
L. Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.

(Ici on fléchit le genou, et on s’arrête un instant.)

Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.

Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus. Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts. À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne. À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

Pour ma journée

Le verset du jour : « Jésus dit : " Tout est accompli. " Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit. » Jn 19, 30
La grâce à demander : découvrir et accueillir d'une manière renouvelé l'amour immense de Dieu pour moi
L'exercice spirituel : prendre un crucifix, et en le contemplant, prier : " Je rends grâce devant ta croix, mon Sauveur et mon Dieu, pour ton Amour et ta Miséricorde. "
L'intention de prière : pour ceux qui meurent seul et sans espérance

Le Chant du Jour : En ce jour est crucifié le Créateur du monde (Fr André Gouzes)

Écouter méditation et chant

1- En ce jour est crucifié le Créateur du monde
Il est couronné d'épines, Lui le Roi des cieux
Il est suspendu au bois, l'Époux de l'Église
Nous adorons Tes souffrances, ô Christ notre Dieu

Ô Seigneur, prends pitié de nous
Par Ta Croix, sauve-nous

2- Devant Toi, Seigneur Jésus, tout tremble et se prosterne
Et que toute langue chante que Tu es Seigneur
Tu acceptes nos souffrances pour nous racheter
Tu nous laves par Ton sang, efface nos péchés

3- Toi qui meurs sur cette Croix, pour vaincre notre mort
Tu effaces la sentence qui pesait sur nous
Tu nous fais miséricorde comme au bon larron
Ô Seigneur, dans Ton Royaume, souviens-Toi de nous

♦ Jeudi Saint 9 avril

Les autres programmes pour le Jeudi Saint à écouter ou à vivre sur l'application youPRAY :

Un temps à vivre en famille autour d'un repas : vivez la cène de Jésus, c'est-à-dire le repas pascal de Jésus, comme si vous y étiez, en famille, avec la parole de Dieu, des dialogues adultes - enfants et un temps de prière.

  • Une heure sainte à vivre chez soi : une heure de prière avec Jésus au jardin des Oliviers avec les méditations de soeur Marie de la Visitation, des temps de silence et des chants de Taizé.
  • Vivez la Passion de Jésus avec des extraits de la Passion vue par Marthe Robin
  • Priez une dizaine de chapelet :
    • avec les méditation du Pape François sur le mystère de l'Eucharistie
    • avec les enfants sur l'agonie de Jésus

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 13, 1-15)

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. »
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

Pour ma journée

Le verset du jour : « Si donc moi, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. » Jn 13, 14
La grâce à demander : charité et humilité dans les services quotidiens
L'exercice spirituel : chercher à rendre un service à une personne avant qu'elle puisse le demander
L'intention de prière : prier particulièrement pour un prêtre que je connais

Le chant du Jour (Pange lingua - Saint Thomas d'Aquin)

Écouter méditation et chant

1- Pange lingua gloriósi corpóris mystérium
Chante, ô ma langue, le mystère de ce corps très glorieux

Sanguinísque pretiósi, quem in mundi prétium
Et de ce sang si précieux que le Roi de nations

Fructus ventris generósi, Rex effùdit géntium
Issu d'une noble lignée versa pour le prix de ce monde

2- Nobis datus, nobis natus ex intácta Vírgine
Fils d'une mère toujours vierge né pour nous, à nous donné

Et in mundo conversátus, sparso verbi sémine
Et dans ce monde ayant vécu, verbe en semence semé

Sui moras incolátus miro clausit órdine
Il conclut son temps d'ici-bas par une action incomparable

3- In suprémae nocte coenæ recùmbens cum frátribus
La nuit de la dernière Cène, à table avec ses amis

Observáta lege plene cibis in legálibus
Ayant pleinement observé la Pâque selon la loi

Cibum turbæ duodénæ se dat suis mánibus
De ses propres mains il s'offrit en nourriture aux douze Apôtres

4- Verbum caro, panem verum verbo carnem éfficit
Le Verbe fait chair, par son verbe, fait de sa chair le vrai pain

Fitque sanguis Christi merum, et si sensus déficit
Le sang du Christ devient boisson, nos sens étant limités

Ad firmándum cor sincérum sola fides sùfficit
C'est la foi seule qui suffit pour affermir les cœurs sincères

5- Tantum ergo Sacraméntum venerémur cérnui
Il est si grand, ce sacrement ! Adorons-le, prosternés

Et antíquum documéntum novo cedat rítui
Que s'effacent les anciens rites devant le culte nouveau

Præstet fides supplémentum sénsuum deféctui
Que la foi vienne suppléer aux faiblesses de nos sens

6- Genitóri, Genitóque laus et iubilatio
Au Père et au Fils qu'il engendre, louange et joie débordante

Salus, honor, virtus quoque sit et benedíctio
Salut, honneur, toute-puissance et toujours bénédiction

Procédénti ab utróque compar sit laudátio, Amen
A l'Esprit qui des deux procède soit rendue même louange, Amen

♦ Mercredi 8 avril

Prier le chapelet avec Mère Teresa (l'écouter)

Le mystère du jour : La mort de Jésus en croix.

« Sachant que désormais tout était achevé, pour que l'Écriture fût parfaitement accomplie, Jésus dit : "J'ai soif." »

Un fruit du Mystère : L’espérance
Une grâce à demander : La patience dans les épreuves
Intention de prière : Pour les chrétiens tentés par l’apostasie

♦ Mardi 7 avril

Judas, Pierre et Jean, trois figures centrales de la Passion :

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 13, 21-33. 36-38)

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage :
« Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. »
Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait. Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler.
Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? »
Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. »
Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. »
Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres.

Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit.
Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.
Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. »

Simon-Pierre lui dit :
« Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. »
Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ?
Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. »

Pour ma journée

Le verset du jour : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. » Jn 13, 31
La grâce à demander : la fidélité au jour le jour dans ma vie chrétienne
L'exercice spirituel : repérer dans ma vie mes petits et mes grands " non " à Dieu
L'intention de prière : pour ceux qui se détournent de Dieu

Le chant du jour (Transformation - Fr. Jean-Baptiste du Jonchay)
Écouter méditation et chant

Par amour ô Jésus, Tu Te donnes tout entier
Dans cet amour, Tu viens me transformer
Même la mort fait place à la vie
En moi se lève Ta résurrection

1- Fais nous devenir Seigneur
Des hommes de la vérité et du droit
Des hommes de bonté, Des hommes du pardon
Rayonnants de Ta miséricorde

2- Qui pourrait bien nous sauver, Seigneur ?
Qui pourrait bien nous sauver ?
Sinon l'Amour
Sinon Toi Seigneur qui es amour

♦ Lundi 6 avril

Méditation du P. Pierre Amar (l'écouter)

Le P. Pierre Amar nous pose la question : Comment allons-nous vivre cette Semaine Sainte ? En acteur ou en spectateur ? En historien, en sage ou en ami de Jésus ?
Il nous invite à entrer dans le grand mystère de la souffrance. La souffrance de Jésus bien sûr, mais aussi la souffrance de tous les malades qui sont mystérieusement associés à la croix de Jésus. Lorsque nous pleurons, lorsque nous gémissons, lorsque nous sommes cloués sur un lit d’hôpital, Dieu est là présent avec nous, il pleure avec nous, il nous soutient et nous réconforte.
Vivons cette semaine sainte en grande communion avec tous ceux qui souffrent, ceux qui sont malades et aussi tous ceux qui les soignent.

La musique du jour

« Il n'y a pas de plus grand amour » – Lully Sakaguchi (Bayard Musique)

♦ Dimanche 5 avril

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 21, 1-11)

Jésus et ses disciples, approchant de Jérusalem, arrivèrent en vue de Bethphagé, sur les pentes du mont des Oliviers. Alors Jésus envoya deux disciples en leur disant :
« Allez au village qui est en face de vous ; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et son petit avec elle. Détachez-les et amenez-les moi. Et si l’on vous dit quelque chose, vous répondrez : “Le Seigneur en a besoin.” Et aussitôt on les laissera partir. »
Cela est arrivé pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète : Dites à la fille de Sion : Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne, le petit d’une bête de somme.
Les disciples partirent et firent ce que Jésus leur avait ordonné. Ils amenèrent l’ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s’assit dessus.
Dans la foule, la plupart étendirent leurs manteaux sur le chemin ; d’autres coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route. Les foules qui marchaient devant Jésus et celles qui suivaient criaient :
« Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! »
Comme Jésus entrait à Jérusalem, toute la ville fut en proie à l’agitation, et disait : « Qui est cet homme ? » Et les foules répondaient : « C’est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée. »

Pour ma journée

Le verset du jour : « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! » (Mt 11, 9)
La grâce à demander : ouvrir mon cœur au règne de Jésus
L'exercice spirituel : répéter plusieurs fois par jour la phrase: " Jésus, doux et humble de cœur, viens régner dans mon cœur! "
L'intention de prière : Jésus, viens régner dans nos familles avec douceur et humilité !

Le chant du jour : Hosanna (Collectif Béatitudes)

1- Un chant s’élève, les yeux se tournent vers Toi, se tournent vers Toi
L’espoir renaît, les cœurs soupirent après Toi, oui, après Toi

En Te voyant, nous retrouvons la force de vivre
Quand nous sommes en Ta présence, nos craintes fuient
Elles s’enfuient.

Refrain : Hosanna, hosanna ! Tu es le Roi, le Sauveur
À Toi la gloire et l’honneur. Hosanna, hosanna !
Nous T’accueillons parmi nous, sois le bienvenu, ô Jésus

2- Entends le son des cœurs qui reviennent à Toi, reviennent à Toi
Dans Ton royaume, les vies brisées sont restaurées, sont restaurées

En Te voyant, nous retrouvons la force de vivre
Quand nous sommes en Ta présence, nos craintes fuient
Elles s’enfuient.

Samedi 4 avril

La vie de Padre Pio racontée par sœur Laure (l'écouter)

A une époque où l’Église évacuait le spirituel, la vie de Padre Pio témoignait de la présence du surnaturel au quotidien. Découvrons ce saint joyeux, grand amoureux de Jésus et de la Croix.

- Sa jeunesse
- La Croix pour compagne
- Les fruits et miracles

"Soyez vigilants et fortifiez-vous toujours plus par la prière et la noble vertu de l'humilité. Vous vous apercevrez que vous ne serez jamais submergés dans la mer agitée" (Saint Padre Pio)

♦ Vendredi 3 avril

Prier le Chapelet avec Saint Padre Pio (l'écouter)

Le mystère du jour : La Crucifixion
« Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ?... Entre tes mains, Père, je remets mon esprit. »
Un fruit du Mystère : Avec Jésus crucifié, apprendre à offrir chacune de nos souffrances pour allumer dans les cœurs le feu de son amour

Pour ma journée

Une grâce à demander : Trouver l’amour de Jésus au cœur même de la souffrance
Intention de prière : Pour tous les chrétiens persécutés, martyrs d’hier et d’aujourd’hui

Le chant du jour (Communauté des Béatitudes)

Devant Ta Croix, je me prosterne
Pour contempler le grand don de Ta vie
Devant Ta Croix, je me prosterne
Par Ton Sang, Tu me donnes Ta vie

1- À Ta Croix, Tu me donnes Ta Mère pour contempler ce grand mystère
À Ta Croix, Tu me donnes Marie pour accueillir Ton souffle de vie

♦ Jeudi 2 avril

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 8, 51-59)

En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. »
Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.” Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? »
Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”, alors que vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur. Mais je le connais, et sa parole, je la garde. Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. »
Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. » Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.

Pour ma journée

Le verset du jour : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. » (Jn 8, 51)
La grâce à demander : une assiduité et une familiarité avec la Parole de Dieu
L'exercice spirituel : écouter ou lire un chapitre de la Bible

♦ Mercredi 1er avril

(Cliquer sur la photo pour écouter la louange)

Dieu admirable (Communauté des Béatitudes)

Tu transformas l'eau en vin, touchas les yeux de ta main
Nul n'est comme toi comme toi
Dans nos ténèbres, tu brilles tu nous redonnes la vie
Nul n'est comme toi comme toi

Dieu admirable, inébranlable
Ton nom surpasse toute puissance
Dieu de miracle, incomparable
Ô Dieu, ô Dieu

Si notre Dieu est pour nous qui pourra nous arrêter
Et si Dieu est avec nous qui sera contre nous ?
Si notre Dieu est pour nous qui pourra nous arrêter
Et si Dieu est avec nous qui sera contre nous ?
Qui sera contre nous ?

Le chant du Père (Glorious)

1- Là, présent devant Toi, mon Père, accueille-moi
Dieu de miséricorde, ouvre Tes bras
Et lorsque je suis loin Tu accours et m'étreins
En Toi, je n'ai plus peur et je reviens
J'entends le chant du Père
J'entends le chant du Père

Le son de Ton cœur m'émerveille
Quand Ton cœur parle, tout s'éveille
Quand Ta gloire fait trembler la terre
Mon cœur entend le chant du Père
Dans la Foi, mon Dieu, je T'espère
Fais briller Ta douce lumière
Quand dans la nuit mon cœur s'écrie
Sois glorifié, Dieu de ma vie

2- A l'ombre de Tes ailes, oui, j'ai Foi et j'espère
Toi le Dieu qui peux tout entends mon cri
Tu touches et Tu guéris, Tu donnes et Tu bénis
Ô Père, en Ton amour je reprends vie
J'entends le chant du Père
J'entends le chant du Père

3- Viens essuyer mes larmes, j'ai tant besoin de Toi
Mon Dieu, voici mes peurs, voici mes croix
Ton cœur de Père est grand, Ton cœur de Père est tendre
Et lorsque naît Ton chant, puis-je l'entendre ?
J'entends le chant du Père
J'entends le chant du Père

♦ Mardi 31 mars

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 8, 21-30)

En ce temps-là, Jésus disait aux Pharisiens :
« Je m’en vais ; vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. »
Les Juifs disaient : « Veut-il donc se donner la mort, puisqu’il dit : “Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller” ? » Il leur répondit : « Vous, vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. En effet, si vous ne croyez pas que moi, Je suis, vous mourrez dans vos péchés. »
Alors, ils lui demandaient : « Toi, qui es-tu ? » Jésus leur répondit : « Je n’ai pas cessé de vous le dire. À votre sujet, j’ai beaucoup à dire et à juger. D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis pour le monde. » Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père.
Jésus leur déclara : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, Je suis, et que je ne fais rien de moi-même ; ce que je dis là, je le dis comme le Père me l’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. »
Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui.

Pour ma journée

Le verset du jour : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien de moi-même. » (Jn 8, 28)
La grâce à demander : tout faire avec Jésus et pour Jésus
L'exercice spirituel : M’arrêter plusieurs fois dans ma journée dans mes activités pour dire la prière : "Jésus, avec toi, pour toi et en toi !"

♦ Lundi 30 mars

Méditation d'Olivier Belleil

Nous abordons notre dernière semaine de carême avant la Semaine Sainte. Après la prière, lieu de ma relation avec Dieu, le jeûne, lieu de la relation avec moi-même, Olivier Belleil aborde l'aumône qui est le lieu de la relation avec l'autre.
Dans le carême, dans cette montée vers Pâques que nous vivons, la prière, le jeûne et l'aumône sont les trois lieux fondamentaux qui sont visités par le Seigneur.

L'aumône fortifie en nous la générosité et nous préserve du vice de l'avarice. Elle ne doit pas être vécue comme un exercice spirituel imposé, mais plutôt comme une invitation à entrer dans une liberté intérieure par rapport à mes biens matériels et financiers en vue du bien commun. Ce bien commun, nous rappelle Olivier, est traditionnellement le service des pauvres ou le soutien à une œuvre.
« J’aurais beau parler toutes les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. » 1 Co 13, 1

« Rappelez-vous le proverbe : “À semer trop peu, on récolte trop peu ; à semer largement, on récolte largement”. Que chacun donne comme il a décidé dans son cœur, sans regret et sans contrainte, car Dieu aime celui qui donne joyeusement. Et Dieu est assez puissant pour vous donner toute grâce en abondance, afin que vous ayez, en toute chose et toujours, tout ce qu’il vous faut, et même que vous ayez en abondance de quoi faire toute sorte de bien. » 2 Co 9, 6-8

(Suite à écouter, 6 min, + musique pour prolonger la méditation)

♦ Dimanche 29 mars

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 11, 3-7.17.20-27.33b-45)

En ce temps-là, Marthe et Marie, les deux sœurs de Lazare, envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »

Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. »
À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »

Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. » Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer.
Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »

On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

Pour ma journée

Le verset du jour : « Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. » (Jn 11, 25-26)
La grâce à demander : la foi en Jésus qui me donne la vie éternelle et le bonheur qui ne passera jamais
L'exercice spirituel : me demander quelle zone de confort Jésus m'invite à quitter pour entrer d'avantage dans la relation d'amour avec Lui.

Évangile + Commentaire d'Olivier Belleil + Chant

Le chant du jour (Glorious)

Notre Dieu est Père, il est la lumière
Oui, je crois qu'en Son Calvaire, tout est fait et tout est dit
Oui, je crois qu'en Son Calvaire, notre Dieu vient accomplir
La folie de Son mystère : Christ seul, Jésus Christ

Notre Dieu est bon, il est le pardon
A la Croix, Il vient montrer son amour dans l'abandon
A genoux, reconnaissant pour le don de cette vie
Je prie inlassablement : Christ seul, Jésus Christ

Règne en Ton Église, que Ton peuple élise
Ta Parole pour passion et Ton amour pour maison
Quand nos cœurs dans le tourment crient vers Toi et qu'ils Te prient
Tu réponds fidèlement : Christ seul, Jésus Christ

Au pied de Ton trône, un jour, nous irons
T'adorer Agneau vainqueur, recevoir en nous Tes dons
Revêts-nous de Ton pardon, en Toi, tout est accompli
Reçois notre Adoration : Christ seul, Jésus Christ

Christ seul, Jésus Christ...

♦ Samedi 28 mars

Comment vivre la communion spirituelle ? - Père Michel-Marie Martin-Prével

Parce que Jésus est venu pour les pauvres et les malades, comment penser qu’il serait lui aussi confiné ? Il a tellement soif de nous qu’Il est prêt à nous retrouver par cette autre merveille qu’est la communion spirituelle. Dans cet enseignement, découvrez le sens de la communion spirituelle et comment la vivre.

Exemple de prière pouvant accompagner la communion spirituelle :

Mon Jésus, je crois que vous êtes présent dans le Saint-Sacrement.
Je vous aime par-dessus toutes choses et je désire vous posséder dans mon âme.
Puisque je ne puis maintenant vous recevoir sacramentellement,
venez spirituellement dans mon cœur.
Je m’unis entièrement à vous, comme vous possédant en effet.
Ne permettez pas que je ne me sépare jamais de vous.
(Alphonse de Liguori)

Pour suivre cette retraite (6 minutes environ), cliquer sur l'image ci-dessus.
Elle est suivie de la musique de l'Ave Maria.

♦ Vendredi 27 mars

Prier le chapelet avec Saint Jean XXIII (L'écouter)

Le mystère du jour : Gethsémani – Saint Jean XXIII
« Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. » Lc 22, 42
Un fruit du Mystère : La douce oblation

Pour ma journée

Une grâce à demander : Le désir de sainteté
Intention de prière : « Pour le Pape en considérant ses responsabilités universelles qui sont un objet de vive préoccupation pour son cœur… Et il demande force et consolation pour ceux qui souffrent avec lui, ceux qui sont dans la tribulation et l’affliction »

Le chant du jour (Communauté de Taizé)

In manus Tuas, Pater
Commendo spiritum meum

En Tes mains, Père
Je remets mon esprit

♦ Jeudi 26 mars

Jésus nous livre Son témoignage aujourd'hui

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 5, 31-47)

En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Si c’est moi qui me rends témoignage, mon témoignage n’est pas vrai ; c’est un autre qui me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu’il me rend est vrai.
Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean le Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité. Moi, ce n’est pas d’un homme que je reçois le témoignage, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés. Jean était la lampe qui brûle et qui brille, et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière.

Mais j’ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean : ce sont les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir ; les œuvres mêmes que je fais témoignent que le Père m’a envoyé.
Et le Père qui m’a envoyé, lui, m’a rendu témoignage. Vous n’avez jamais entendu sa voix, vous n’avez jamais vu sa face, et vous ne laissez pas sa parole demeurer en vous, puisque vous ne croyez pas en celui que le Père a envoyé.

Vous scrutez les Écritures parce que vous pensez y trouver la vie éternelle ; or, ce sont les Écritures qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie !
La gloire, je ne la reçois pas des hommes ; d’ailleurs je vous connais : vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu. Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; qu’un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous le recevrez !

Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique ?
Ne pensez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance. Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c’est à mon sujet qu’il a écrit. Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles ? »

Pour ma journée

Le verset du jour : « Ce sont les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir ; les œuvres mêmes que je fais témoignent que le Père m’a envoyé. Et le Père qui m’a envoyé, lui, m’a rendu témoignage. » (Jn 5, 36-37)
La grâce à demander : le courage de témoigner de ma foi en Dieu
L'exercice spirituel : parler à une personne, aujourd'hui, de ma foi en Jésus-Christ


♦ Un témoin d'aujourd'hui qui a découvert Dieu... en prison

Le témoignage extraordinaire d'André Levet (né en 1932), ex-truand qui dans sa cellule a donné rendez-vous à Jésus-Christ... et a été exaucé... au point de bénéficier d'une apparition du Christ pendant plusieurs heures et de s'en trouver radicalement transformé.
Un récit de plus, qui atteste de la vérité du fait historique de la résurrection du Christ, qui nous est racontée par d'autres témoins oculaires dans le Nouveau Testament. Pour un récit complet, acheter son livre "Ma dernière cavale avec Jésus-Christ", éd. Nouvelle cité, 1996.

 

Des témoins de la foi

qui ont parfois été enlevés et parfois morts en martyrs.

Des organismes se battent pour qu'on ne les oublie pas et continuer de soutenir toues ces communautés de chrétiens qui souffrent dans le monde, qui sont opprimées parce qu'elles ne veulent pas renier leur foi en Jésus Christ.

Pour aider l'AED, Aide à l’Église en Détresse :

https://don.aed-france.org/careme2020

♦ Pères Joseph Gor, Félix Tyolaha et 17 paroissiens au Nigéria

Le 24 avril 2018, des pasteurs nomades peuls, en majorité musulmans, ont attaqué la paroisse de Saint Ignace à Ukpor-Mbalom, dans l’État de Benue. Deux prêtres, le père Joseph Gor et le père Félix Tyolaha, ont été tués, ainsi qu’au moins 17 fidèles catholiques. 
L’attaque a eu lieu pendant la messe quotidienne de 5 h 30 du matin, qui est toujours bien suivie par les fidèles. La messe venait de commencer, et certains fidèles entraient encore dans l’église, quand un groupe d’hommes armés a soudainement forcé leur chemin dans l’église et a commencé à tirer. 
Après avoir attaqué l’église, les bandits se sont déplacés dans la ville, attaquant plus de 60 maisons et magasins de céréales et détruisant tout. Parmi les victimes figuraient également une catéchiste, la présidente du conseil pastoral, et la directrice de la seule école secondaire de la ville.

Manifestation pacifique

Un grand nombre de catholiques nigérians, conduits par la Conférence épiscopale du Nigeria, sont descendus dans la rue le 1er mars 2020, pour protester contre le niveau élevé d’insécurité dans le pays, dans le but d’attirer l’attention du gouvernement fédéral et de la communauté internationale sur la situation critique des chrétiens, et de prier pour la paix dans le pays. La procession, qui a pris la forme d’une marche de prière pacifique, rassemblait des évêques, des prêtres et des fidèles vêtus de noir qui portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire des inscriptions telles que « Tu ne tueras point », « La vie est sacrée », « Que le gouvernement assume ses responsabilités » ou encore « Dieu déteste l’injustice ».

S’adressant à l’assemblée des fidèles pendant la manifestation, le Président de la Conférence épiscopale catholique du Nigeria, Mgr Augustine Akubeze, a déclaré : « Aujourd’hui, nous, évêques catholiques du Nigeria, avec le soutien significatif des prêtres, des personnes consacrées et de nos fidèles laïcs bien-aimés, prenons part à une manifestation pacifique contre le niveau élevé d’insécurité partout au Nigeria. C’est au nom des plus de 22 millions de catholiques et des plus de 100 millions de chrétiens du Nigeria que nous participons à cette manifestation pacifique. » 
L’archevêque a déploré que la réponse du gouvernement aux attaques terroristes soit bien inférieure à ce qu’elle devrait être. « L’incapacité à protéger des innocents contre ces attaques incessantes est un mal. L’absence de poursuites contre les terroristes est un mal », a-t-il déclaré. Il a mis au défi le Président du Nigeria, Mohammadu Buhari, de s’acquitter de sa responsabilité de protéger les vies et les biens et de traduire en justice les responsables de ces meurtres. 
Lançant un appel passionné à la communauté internationale, il a déclaré : « Nous, évêques catholiques du Nigeria, appelons la communauté internationale à venir en aide au Nigeria. Nous devons nous considérer comme une famille mondiale. Les larmes et les souffrances des chrétiens persécutés et sans défense du Nigeria devraient être correctement relatées en Occident. Les journalistes occidentaux et les dirigeants politiques occidentaux devraient accorder à Boko Haram l’attention qu’ils accordent à d’autres groupes terroristes comme Al-Qaïda et l’État Islamique. Si les médias occidentaux couvraient complètement et fidèlement les atrocités commises au Nigeria, ils découvriraient que des gens meurent chaque jour au Nigeria des mains de Boko Haram, de la même manière que des gens meurent en Syrie. » Puis il a fait cette prière : « Puissent nos prières effacer le mal de notre terre, imbibée du sang de citoyens innocents, puissent-elles faire fondre les cœurs de pierre de ceux qui se réjouissent de la souffrance de leurs frères et sœurs qu’ils gardent en captivité. »

Il s’agit d’une période très difficile pour les fidèles au Nigeria, car les enlèvements et les meurtres de chrétiens se sont multipliés ces derniers mois. L’AED invite les chrétiens du monde entier à prier pour la paix au Nigeria et dans les autres pays où les chrétiens continuent de souffrir et de mourir pour leur foi, ainsi que pour toutes les victimes de la terreur et leurs familles.   
Interview réalisée par l'AED en mars 2020 (retrouvez l'intégralité de l'article)

Action de l'AED : Les problèmes auxquels est confrontée l’Église au Nigeria sont immenses. Les chrétiens sont toujours victimes d’extrémistes islamistes. Pourtant, l’Église est toujours vivante et en pleine croissance, et les vocations sont très nombreuses. Les séminaires ont grand besoin de notre soutien, afin de pouvoir accepter tous les candidats potentiels. L’AED soutient un certain nombre de séminaires au Nigeria, notamment dans le diocèse de Jos.

♦ William Quijano au Salvador

William Quijano, âgé de 21 ans, a été tué alors qu’il rentrait chez lui le 28 décembre 2009. Il a été abattu par des membres de l’un des groupes criminels du pays. Organisés et violents, ceux-ci s’en prennent aux jeunes qui vivent dans les zones urbaines pauvres d’Amérique centrale.
Membre local de la communauté Sant’Egidio, qui œuvre pour la justice et la réconciliation à travers le monde, il était engagé depuis cinq ans dans une École de la paix destinée aux enfants pauvres du quartier d’Apopa, dans la banlieue de San Salvador.
« William n’a jamais renoncé à enseigner la paix, au contraire, son engagement a brisé la chaîne de la violence », a témoigné son ami Francisco Hernandez.

La prière de Monseigneur Óscar Romero
assassiné le 24 mars 1980 à San Salvador

« Il est bon parfois de prendre du recul et de regarder derrière soi. 
Le Royaume n’est pas seulement au-delà de nos efforts, 
Il est aussi au-delà de notre vue.

Durant notre vie, nous n’accomplissons qu’une petite partie 
De cette entreprise magnifique qu’est le travail de Dieu.
Rien de ce que nous faisons n’est achevé, 
Le Royaume se trouve toujours au-delà de nos possibilités.

Aucune déclaration ne dit tout ce qui peut être dit. 
Aucune prière n’exprime complètement notre foi. 
Aucune religion n’apporte la perfection. 
Aucune visite pastorale n’apporte la plénitude.
Aucun programme n’accomplit la mission de l’Église. 
Aucun ensemble de buts et d’objectifs ne peut être complet.

C’est ainsi que nous sommes. 
Nous plantons des graines de semence qui un jour pousseront. 
Nous les arrosons, sachant qu’elles portent en elles la promesse du futur. 
Nous posons des fondements sur lesquels d’autres construiront. 
Nous fournissons le levain qui produira des effets bien au-dessus de nos capacités. 
Nous ne pouvons pas tout faire, et le comprendre nous apporte un sentiment de libération.

Cela nous permet de faire quelque chose, et de la faire bien. 
Ce n’est peut-être pas fini, 
Mais c’est un début, 
Un pas de plus sur le chemin, 
Une opportunité de laisser entrer la grâce du Seigneur qui fera le reste.

Nous pouvons ne jamais voir le résultat final, 
Mais c’est la différence entre le maître artisan et l’ouvrier. 
Nous sommes des ouvriers, pas des maîtres artisans, pas des ministres, pas des messies. 
Nous sommes les prophètes du futur et non de nous-mêmes. 
Amen. »

Action de l'AED : Le Salvador est l’un des pays les plus instables au monde. La famille et les jeunes représentent deux des piliers fondamentaux pour l’avenir du pays. L’AED aide les jeunes qui souhaitent servir les autres, comme 31 étudiants en théologie. Venant de quatre diocèses différents, ils étudient actuellement au séminaire de Saint Oscar Arnulfo Romero, nom d’un évêque qui a donné sa vie en combattant l’oppression des plus pauvres.

♦ Quatre enfants et leur catéchiste en Syrie

Le 12 mai 2019, dans une zone rurale au nord de la ville de Hama en Syrie, le village chrétien d’Al-Sekelbiya a été la cible d’une attaque à la roquette, par les milices dites rebelles.
Quatre enfants d’une classe de catéchisme (Bashar, Angy, Suheir et Jessica), âgés de 6 à 10 ans, sont morts dans l’attaque, ainsi que leur catéchiste, M’kashkash (40 ans) et de nombreux autres enfants ont été blessés. Ils appartenaient tous à la communauté orthodoxe grecque.

Prière d’une jeune Syrienne de 10 ans réfugiée en France

« Mon Dieu, que cette période de confinement et d'épreuves, nous aide à mieux vous aimer et à ouvrir les yeux sur les chances que nous avons : le logement à l'abri de l'épidémie, la nourriture suffisante. 
Seigneur Jésus, aidez-nous à mieux comprendre ce que vivent les chrétiens persécutés de Syrie qui n'ont pas de logement pour se protéger de cette maladie, ni assez d'argent pour se nourrir. Oui, Seigneur Jésus, les chances que nous avons sont grandes !
Merci Jésus ! »

Action de l'AED : Rien qu’en 2018, plus de 1000 enfants sont morts ou ont été blessés en Syrie, tandis que des milliers d’autres portent encore les cicatrices de la guerre. Ils ont non seulement besoin d’une aide humanitaire matérielle, mais aussi d’une aide psychologique pour pouvoir faire face à leur traumatisme. Chaque année, l’AED finance un certain nombre de camps d’été en Syrie, permettant ainsi à des centaines d’enfants d’échapper à leur dure réalité quotidienne et de trouver un nouvel espoir et un nouveau réconfort. Notre association prévoit actuellement de financer les six camps d’été organisés par les Jésuites à Homs pour l’été 2020. Ils bénéficieront à quelque 305 enfants et 150 élèves.