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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

 

♦ Samedi Saint 11 avril

Suite et fin de la méditation du Père Amédée :

(méditation complète ici)

3. Le samedi saint

Pendant que le corps de Jésus repose au tombeau, Jésus fait son entrée aux enfers pour apporter la Rédemption aux morts. L’Église décrit sa victoire dans une émouvante proclamation : le message pascal ou louange du cierge allumé. Ce cierge symbolise le Christ ressuscité qui répand sa lumière sur le monde entier.

« C’est la nuit où le feu d’une colonne lumineuse repoussait les ténèbres du péché. C’est maintenant la nuit qui arrache au monde corrompu, aveuglé par le mal, ceux qui, aujourd’hui et dans tout l’univers, ont mis leur foi dans le Christ : nuit qui les rend à la grâce et leur ouvre la communion des saints. Voici la nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s’est relevé victorieux des enfers !
Merveilleuse condescendance de ta grâce ! Imprévisible choix de ton amour : pour racheter l’esclave, tu livres le Fils. Il fallait le péché d’Adam que la mort du Christ abolit. Heureuse était la faute qui nous valut pareil Rédempteur. Car le pouvoir sanctifiant de cette nuit chasse les crimes et lave les fautes, rend l’innocence aux coupables et l’allégresse aux affligés. Ô nuit de vrai bonheur, nuit où le ciel s’unit à la terre, où l’homme rencontre Dieu.
Dans la grâce de cette nuit, accueille, Père saint, en sacrifice du soir, la flamme montant de cette colonne de cire que l’Église t’offre par nos mains. Permets que ce cierge pascal, consacré à ton nom, brûle sans déclin dans cette nuit. Qu’il soit agréable à tes yeux, et joigne sa clarté à celle des étoiles. »

À quoi bon être nés, si nous n’avions eu le bonheur d’être rachetés. C’est Dieu qui nous l’offre.

Dispositions à suivre pour le samedi saint :

Préparer une bougie et l’allumer
Lire les textes de la liturgie de la nuit sainte
Avant la lecture de l’évangile chanter solennellement Alléluia qui revient dans la liturgie.
Méditer les textes lus

Renouveler ses promesses de baptême en professant notre foi avec le credo de Nicée-Constantinople
Dire la prière universelle
De rappeler de la lumière du Christ reçue le jour de notre baptême
Faire sa communion spirituelle en portant le désir profond de recevoir le corps du Christ.

Rendre grâce au Seigneur à travers un chant de louange pour les bienfaits reçus de Lui.
Terminer sa prière par un chant en l’honneur de la Vierge Marie.

Ou bien l’on peut vivre cette même célébration en la suivant directement sur une chaîne de télévision où elle est retransmise,
ou en vous aidant de la célébration de l'an dernier,
ou sur ce site dans la nuit (dès que j'ai le code d'intégration) si vous n'avez pas accès à KTO...

Fructueux triduum pascal, bonne fête et joyeuse pâques.

« Omnia pro gloria Dei »

Père Amédée Abaloutou BADAKA

 

♦ Vendredi Saint 10 avril

Suite de la méditation du Père Amédée :

2. Le vendredi saint

Le vendredi saint toute l’Eglise célèbre la Passion et la mort du Christ en croix. C’est un jour de deuil et de pénitence, mais aussi de joie silencieuse, parce que la croix triomphe. La liturgie est empreinte de tristesse et de mélancolie au souvenir de la mort de notre divin Sauveur qui, dans les tourments et la souffrance, donne sa vie pour les siens. Pourtant même en ce jour, le plus douloureux de l’année liturgique, la pensée du triomphe pascal et de la victoire n’est pas absente. L’ostension solennelle de la croix, suivie de son adoration nous le prouve. Notre mère la Sainte Eglise prie alors en ces termes : « Voici le bois de la croix qui a porté le salut au monde. Venez, adorons ! » La croix renferme la peine et la douleur mais aussi le salut et la Rédemption.

La mort de Jésus n’est pas la mort d’un homme ordinaire. Elle est le don suréminent, le sacrifice suprême de l’Homme-Dieu, l’acte d’amour extrême d’un Dieu qui meurt pour sauver le genre humain aveuglé et pécheur.
Quand Jésus achève cette œuvre de salut que le Père lui a confié, rien ne le retient sur la terre. Il dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit. » (Jn 19, 30) L’évangile de saint Luc nous fait comprendre qu’il était environ trois heures quand le grand prêtre éternel, offrit une fois pour toutes le très saint sacrifice de lui-même, en expiation des péchés de l’humanité, les mains étendues pour embrasser le monde entier. Jusqu’à la fin, le Crucifié a enduré de terribles souffrances corporelles encore accrues par la détresse de son âme. Toutes ces douleurs hâtèrent sa mort. Avec Jésus mourant inclinons, en ce vendredi saint, la tête et confessons nos fautes en toute humilité. Nous nous sentons attristés par les souffrances infligées à notre chef, mais une paix mystérieuse et un bienfaisant repos nous envahissent car sa miséricorde est à l’œuvre dans nos vies. Sur la croix la victoire du Christ éclate et elle éclate aussi dans nos vies. C’est pourquoi l’adoration de la sainte croix prend une place particulière.

Dispositions pratiques pour vivre ce vendredi saint dans notre paroisse.

12 H 00 : Chemin de croix en famille. (Marie en a proposé un ci-dessus pour les plus jeunes, ainsi qu'un récit de la Passion à plusieurs voix pour les familles)
18 H 00 : Célébration de la passion du Christ.
Lire les lectures de la liturgie et les méditer.
Dire la longue prière universelle (vous pouvez la retrouver ICI) en intégrant une intention pour l’éradication de la pandémie du Covid 19.
Dresser une croix dans un coin de la chambre, puis en se rappelant des souffrances et de la mort du Christ, la vénérer du fond du cœur.
Faire une communion spirituelle.
Conclure sa prière par un chant à notre Dame des douleurs la Vierge Marie.

Ou bien l’on peut suivre cette célébration à la télévision en étant en union de prières. (voir plus bas la page Vendredi Saint)
Si vous n'arrivez pas à accéder aux célébrations proposées, dès que leur code paraîtra, elles seront sur le site (comme pour le Jeudi Saint)

Écoutez ici le texte de la Passion (avec youPray)

♦ Jeudi Saint 9 avril

 

En ce jour qui parle de SERVICE et qui est aussi le jour de l'institution de l'EUCHARISTIE,

n'oublions pas de fêter nos prêtres, tous ceux que nous connaissons et tous les autres, y compris ceux qui doivent pratiquer leur sacerdoce dans la clandestinité et même au péril de leur vie. N'oublions pas de leur dire MERCI pour ce don qu'il ont fait de leur vie pour porter le Christ aux autres, pour faire découvrir cet Amour inconditionnel du Christ pour chacun.

Écoutez cette belle attention à leur égard (dans la méditation de youPray)

A 17h00, à Sainte Thérèse, mais sans paroissien - confinement oblige - ils seront 4 à célébrer la Sainte Cène ensemble : les pères Pierre Haramburu, Amédée Babaloutou, Jean Casaubon et François Bisch.

Méditation du Père Amédée :

Je vous rejoins en ce début de triduum pascal, durant lequel l’Église vivra avec dévotion les trois derniers jours de la vie terrestre du Christ. Ces jours sont bien connus de tous. Il s’agit du jeudi saint, du vendredi saint et du samedi saint.

1.      Le jeudi saint

La liturgie du jeudi saint commémore au cours de la même célébration l’exhortation à se mettre au service de nos frères, l’institution de l’Eucharistie et la naissance du Sacerdoce. Cette liturgie nous frappe par ses contrastes. C’est une fête, et l’Église refuse le jeûne en ce jour.

D’abord, au cours du repas pascal, Jésus se lève de table pour laver les pieds de ses disciples. Agenouillé devant eux, il accomplit ce geste paradoxal qui n’était pas prévu par le rituel de pâques. Le geste terminé, Jésus lui-même en révèle le sens : « Vous m’appelez maître et Seigneur car je le suis. Si donc, moi le Seigneur et le maître je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns les autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » Ce rite nous révèle ce que Dieu est pour l’homme : Pour élever l’homme, Il s’abaisse, s’humilie, se fait en tout semblable au dernier des hommes pour n’en perdre aucun.

Ensuite, Jésus réalise officiellement l’Eucharistie. D’abord Il donne son corps à manger, puis s’ouvre visiblement la source d’où jaillit son sang qu’il nous donne à boire selon les synoptiques. Ce geste de Jésus qui traverse les siècles a pour but de donner la vie et la force à tous les enfants de Dieu. Nous pouvons relire dans Mt 26 le récit de l’institution de l’eucharistie.

En outre le Christ institue le sacerdoce en recommandant à ses disciples : « Faites ceci en mémoire de moi ». Par ces mots, Il confère aux disciples et à leurs successeurs l’ordre et le pouvoir de continuer à célébrer l’Eucharistie comme un sacrifice mémorial de sa mort et de notre délivrance du péché. Ainsi lirons dans la deuxième lecture de cette liturgie : « chaque fois en effet que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’Il vienne. » (1Cor 11, 26)

Par ailleurs, la liturgie ne peut s’arracher au souvenir de la Passion qui commence à cette heure. C’est un jour d’amour immense et de souffrance extrême. Il y a un lien très profond entre les deux réalités. C’est pourquoi après la joie du partage eucharistique, les fidèles sont invités à vivre un moment d’adoration devant le saint sacrement transféré dans un lieu approprié, suivant les indications données par le Missel Romain, afin de s’unir à la souffrance du Christ en agonie.

Dispositions pratiques  : Les prêtres de notre paroisse unis au Vicaire Général et le père Jean CASAUBON célébreront la sainte Cène à 17 heures.

Les fidèles liront les textes de cette liturgie
Un silence de méditation en pensant au rite de lavement des pieds et le geste du repas eucharistique et en quoi ces deux rites nous rejoignent aujourd’hui.
Dire la prière universelle en confiant au Seigneur l’Église et le monde de ce temps
Faire sa communion spirituelle
Un chant d’action de grâce.

À partir de 18 h 30, le saint Sacrement sera exposé dans la chapelle d’adoration. Les fidèles de notre paroisse seront spirituellement en adoration avec nous. Il est clair qu’il n’y aura pas de présence physique dans la chapelle d’adoration.

 

♦ Mercredi Saint 8 avril

La prière des Psaumes (3ème et dernière partie)

3. Le psalmiste prie avec son peuple

La prière est-elle une relation exclusive, intimiste entre le priant et son Dieu ?
La prière est une relation à trois, ou à plusieurs ! On le voit apparaitre avec le "IL" ou le "VOUS"

Le priant invite ses frères et tout son peuple à prier avec lui :
   « Venez crions de joie pour le Seigneur, acclamons le rocher qui nous sauve.. » (94).
Il entraine, il mène la prière des pèlerinages (117), il encourage, il nourrit l’espérance, et il veut entrainer toute la terre, en parlant de Dieu (et non plus à Dieu !) et de sa gloire :
   « Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur terre entière » (95)

Le priant entretient la mémoire du peuple, et donc son espérance :
   « Dieu, nous avons entendu dire et nos pères nous ont raconté quelle action tu accomplis de leur temps, aux jours d’autrefois » (43) voir (105, 106, 113).

Le priant témoigne de son expérience de salut. Il a cheminé en passant de la révolte à l’inspiration et à l’action de grâce :
  
« Un rien et je perdais pied,, car j’étais jaloux des superbes..vraiment c’est en vain que j’ai gardé mon cœur pur..mais quand j’entrai dans la demeure de Dieu quel serait leur avenir... je ne savais pas mais j’étais avec toi, avec toi qui a saisi ma main droite... tu me conduis selon tes desseins, puis tu me prendras dans la gloire. » (72)
  
« Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu : je vous dirai ce qu’il a fait pour mon âme ; quand je poussais vers lui mon cri, ma bouche faisait déjà son éloge » (65)
Le priant semble relire sa vie pour en faire un hymne à la gloire de Dieu qui l’a sauvé dans ses détresses, et lui a apporté tant de joies !

Dans le psaume 22, si prié et chanté par tous les aventuriers de Dieu, le priant se rappelle les évènements heureux et éprouvants de sa vie :

« Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien,
sur des prés d’herbe fraiche il me fait reposer…
si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi...» (22).

4. Le Christ a prié avec les psaumes. Nous aussi , pourquoi pas ?

Le Nouveau testament contient de nombreuses citations des psaumes ; pour illustrer les paroles de Jésus, leur donner un sens nouveau ; mais aussi pour révéler la prière même de Jésus. Les premiers chrétiens ont utilisé le psaume 109 pour dire leur foi en la résurrection de Jésus et son identité messianique :
   « Oracle du Seigneur à mon seigneur : siège à ma droite.. » (109).
En "Tu" citant le psaume 15, Saint Pierre exprime sa foi en la résurrection :
   «Tu ne peux m’abandonner à la mort, ni laisser ton ami voir la corruption... » (15).
Le Christ est le bon berger (22) et le soleil (18)

Et le Christ lui-même a prié avec les psaumes :
   « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (21),
mais il est allé jusqu’au bout du psaume qui exprime la confiance en Dieu. Dès les premiers siècles, les pères reconnaissent dans les psaumes «  la prière du Christ vers son Père » ; et pour nous, le psaume est « la voix de l’Église s’adressant au Christ. »
Si le Christ est la « clef » de toutes les Écritures, en écho à tous les évènements bibliques, les psaumes révèlent le Christ qui est leur accomplissement. Le psautier raconte le mystère du Christ parmi nous. Si l’on entend dans les psaumes tous les cris et tous les chants des hommes, on entend nécessairement la voix du Christ, vraiment homme et vraiment Dieu, dans sa réponse au Père, dans son dialogue avec lui.

Prier avec les psaumes c’est prier avec le Christ et toute l’Église.

Ps 8 : Ô Seigneur, notre Dieu qu’il est grand, ton nom, par toute la terre !
Jusqu’aux cieux, ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits,
rempart que tu opposes à l’adversaire, où l’ennemi se brise en sa révolte !

A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas,
qu’est-ce que l’homme que tu penses à lui,
le fils d’un homme que tu en prennes souci ?
Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur ;
Tu l’établis sur les œuvres de tes mains, tu mets toutes choses à ses pieds :
Les troupeaux de bœufs et de brebis, et même les bêtes sauvages,
les oiseaux du ciel et les poissons de la mer tout ce qui va son chemin dans les eaux.

DL St Bruno, avril 2020

(Texte complet : 3 parties)

 

♦ Mardi Saint 7 avril

La prière des Psaumes (2ème partie)

2. La prière du psalmiste est un cri, un appel vers Dieu dans la détresse.                        

Mêlé de confiance et d’angoisse le priant appelle Dieu a son secours :
   « Écoute, Seigneur réponds moi, car je suis pauvre et malheureux, je t’appelle au jour de ma détresse » (85)

Le croyant suscite l’écoute de Dieu, sa pitié ; c’est une imploration, une plainte ;
   « Pitié, Seigneur dans ton amour.. » (50)
Le croyant traverse souvent la nuit de la souffrance et du désespoir : au fond du gouffre, il pense que Dieu l’a oublié, qu’il est absent :                                                                                           
   « Pourquoi, Seigneur es-tu si loin, pourquoi me cacher ta face » (9)                     
   « Le Seigneur ne fera-t-il que rejeter ? Son amour a-t-il donc disparu ? (76)   
Il y a là surement des épreuves de la foi, des remises en question : mais les exprimer en prière, à l’adresse de Dieu, signifie que le croyant est toujours en relation avec dieu, même si c’est dans l’obscurité de l’ épreuve et de la présence de Dieu.

La prière est un combat contre nous-mêmes, nos tendances, la loi de la pesanteur ! Et le psalmiste exprime souvent ce combat contre ses « ennemis », intérieurs ou extérieurs, ces « impies » incroyants qui lui disent « Où est-il ton Dieu »
   « Moi qui chaque jour entends dire : Où est-il ton Dieu ? Pourquoi te désoler ô mon âme, et gémir sur moi. Espère en Dieu : de nouveau je rendrai grâce ; il est mon sauveur et mon Dieu »
(41)
Dans ces tentations, le croyant refait son acte de confiance et remercie Dieu son sauveur. C’est dans sa relation avec Dieu, elle-même, que le croyant exprime son désir de victoire dans ce combat qui le dépasse :
   « Mais ceux qui pourchassent mon âme, qu’ils descendent au profond de la terre, qu’on les passe au fil de l’épée, qu’ils deviennent la pâture des loups » ( fin du psaume 62 !).

  • Dieu répond ; c’est la prière qui devient échange ; la plainte du croyant s’ouvre à la louange.

Le priant met en jeu toute sa vie : ses épreuves, ses joies, ses questions, son cheminement, son histoire… Il cherche à comprendre le sens de sa vie .
Dans toutes ses épreuves, dans toutes ses joies, le Seigneur est proche ( 22,33) et répond.           
Le cri, la plainte du croyant est toujours entendue par Dieu, même si c’est à retardement !
   « Je t’appelle et tu ne réponds pas ! » (21)
   et plus loin : « Tu m’as répondu ; je proclame ton nom à mes frères ». (21).

Cette plainte se transforme en louange :
   « Un pauvre crie, le Seigneur entend ; il le sauve de toutes ses angoisses » ( 33).
  « Pour moi, je crie vers Dieu ; le Seigneur me sauvera ; et Dieu a entendu ma voix ; il m’apporte la paix » (54) 

Le croyant, lors de ses épreuves, se rappelle les « merveilles de Dieu » 
   « Seigneur, entends ma prière ; que mon cri parvienne jusqu’à toi… mais toi, Seigneur tu es là pour toujours, d’âge en âge on fera mémoire de toi » (101)

La grande merveille pour lequel le psalmiste ne cesse de rendre grâce, c’est la libération du peuple hébreu d’Egypte.
   « Rendez grâce au Seigneur… annoncez parmi les peuples ses hauts faits... redites sans fin ses merveilles… » (104)                                                                                                         
La plainte du croyant se termine toujours en action de grâces, parce qu’il a confiance en son Dieu. Il sait qu’il ne l’abandonnera pas, comme il n’a pas abandonné son peuple dans sa longue histoire ; son alliance est de toujours !
   « Mon père et ma mère m’abandonnent, le Seigneur me reçoit » (26)                                       
   « Je veux louer le Seigneur tant que je vis... lui qui a fait le ciel et la terre… il garde à jamais sa fidélité »( 145)
C’est l’expérience du salut que le croyant fait : le Seigneur répond toujours plus qu’il n’est demandé. «  Le Seigneur me sauvera » (54)

  • Le croyant fait l’expérience du Dieu amour : Qui est Dieu pour le psalmiste ?

Le croyant du psautier parle à Dieu ; il lui présente sa vie d’épreuves, de souffrances, de révolte, de combats spirituels contre les impies. S’il prie Dieu, c’est qu’il a confiance en lui : p our lui Dieu est proche, tout en étant grand, maître du ciel et de la terre ; il le « craint » c-à-dire, il le respecte « grand Dieu par dessus tous les dieux » et lui exprime son amour :          
   « Je t’aime Seigneur, tu es ma force, mon roc, ma forteresse » (17)                                      
   « Le Seigneur est un roc, un bouclier » (30), « mon rocher, mon salut, ma citadelle... »(61)
   « Dieu est un soleil, il est un bouclier » (83)
mais surtout :
   « le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour » (144, 102, 85…) : il reprend par ces paroles, les inspirations de Moïse (Ex 34, 6, v Joël 2, 13…).

Et cet amour de Dieu pour le croyant le comble de joie : « Ton amour me fait danser de joie ! » ( 30) ; et la terre en est pleine (32).                                                                                           
L’amour du Seigneur se manifeste spécialement envers les pauvres ; il connaît notre pauvreté de créature ;
   « Un pauvre crie ! le Seigneur entend » (33)
   « Il sait de quoi nous sommes pétris, il se souvient que nous sommes poussière… » (102)
   « Il délivrera le pauvre qui appelle, et le malheureux sans recours » (71)
Son amour va jusqu’au pardon : 
   « Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse...
pardonne ma faute elle est grande » (24)
   « Heureux l’homme dont la faute est enlevée, et le péché remis » (31)                      

Voir psaume 50 : « Pitié pour moi Seigneur en ta bonté… » et (102).

Dieu est le créateur et le Sauveur :

   « Bénis le Seigneur ô mon âme, Seigneur mon Dieu tu es si grand ! Revêtu de magnificence, tu as pour manteau la lumière » (103)
   « Louez le Seigneur du haut des cieux... louez-le tous les univers ! » (148)
Le Dieu admirable de grandeur et de beauté :                                                                                    
   « Ô Seigneur qu’il est grand ton nom par toute la terre ; qu’est-ce que l’homme que tu penses à lui, le fils d’ l’homme que tu en prennes souci ? » (8).
Notre confiance en lui s’épanouit en immense espérance, dans cette vie et au-delà de la mort ; c’est la réponse au grand désir que Dieu a mis dans le cœur de l’homme, désir et soif de Dieu, d’habiter dans la maison de Dieu  dès maintenant et pour toujours !
   « Mon âme s’épuise à désirer les parvis du Seigneur… mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant ! » (83).                                                                                                                   

   « Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche toi mon Dieu ; mon âme a soif de Dieu le Dieu vivant » (41)                                                                                                       
   « Garde-moi mon Dieu, j’ai fait de toi mon refuge… mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance ; tu ne peux m’abandonner à la mort, et laisser ton ami voir la corruption. Tu m’apprends le chemin de la vie ; devant ta face débordement de joie ! A ta droite éternité de délices » (15)    
   « Tu me conduis selon tes desseins, puis tu me prendras dans la gloire » (72)        
L’amour de Dieu est créateur, il est à l’origine de tout, la terre et le ciel, et l’homme :      
   « Tu as aimé cette terre, tu as fait revenir les déportés de Jacob » (84)
Dieu a fait alliance avec son peuple ; il est fidèle pour toujours à cette promesse.
   « D’âge en âge, Seigneur tu as été notre refuge, avant que naissent les montagnes, que tu enfantes la terre et le monde, de toujours à toujours, toi tu es Dieu » (89)
Il sauve parce qu’il est créateur.

♦ Lundi Saint 6 avril

La prière des Psaumes (1ère partie)

1. La prière : Relation personnelle avec Dieu.   

 «  Dieu, tu es mon Dieu je te cherche dès l’aube .Mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair, terre aride altérée sans eau.
Je t’ai contemplé au sanctuaire, j’ai vu ta force et ta gloire.
Ton amour vaut mieux que la vie, tu seras la louange de mes lèvres !
Toute ma vie je vais te bénir, lever les mains en invoquant ton nom.
Comme par un festin je serais rassasié, la joie sur les lèvres je dirai ta louange.
Dans la nuit je me souviens de toi, je passe des heures à te parler !
Oui, tu es venu à mon secours, je crie de joie à l’ombre de tes ailes. » (62)

Ce que nous voyons déjà dans ces prières : les priants s’adressent à Dieu en lui disant : « tu » ; c’est une parole d’homme à homme ; le croyant s’adresse à quelqu’un de vivant ; pour lui, Dieu est une personne présente et agissante dans sa vie. Le croyant établit ainsi une relation personnelle, unique, avec Dieu ; c’est un contact établit par sa foi, qui est nourrie par toute sa vie, toutes ses intentions, tous ses désirs humains.

Cette attitude de prière nous rappelle l’Évangile de Matt 6,6 : «  Quand tu veux prier, rentre dans ta chambre et prie ton père qui est là dans le secret, et ton père te le rendra ». La prière est cette rencontre secrète avec le Dieu vivant, dans l’intimité de son être. Ces paroles aussi nous rappellent le grand souci de Thérèse d’ Avila par rapport à la prière de ses filles du Carmel ; pourtant, elles « priaient » beaucoup ( psaumes, Notre Père, messe .. ) mais la madre leur rappelle souvent : « Approchez de lui et comprenez à qui vous allez parler.. »(Chemin 24).Oui, prier c’est parler à quelqu’un. Quand nous faisons nos prières, savons-nous prier ? Parlons-nous à quelqu’un de présent qui nous écoute ? Avec notre foi pleine d’amour, une foi vive.

La prière c’est un lien qui se crée et qui se renforce ; lien vital entre le croyant et Dieu ; nous sommes de plus en plus «  avec » Dieu ; notre amour pour lui grandit, même si on le sent pas toujours affectivement.

« Moi, je suis toujours avec toi, avec toi qui a saisi ma main droite »(72)
«  Mon âme s’attache à toi, ta main droite me soutient »( 62)

Le croyant médite sans fin la loi de Dieu en parlant à Dieu, voir le long psaume Ps118 : « La nuit je me rappelle ton nom, pour observer ta loi » La prière personnelle va s’épanouir en échanges vivants avec Dieu et en relations nouvelles avec sa communauté et peu à peu avec la terre entière.

Si la prière est une relation, un échange, quel est le premier initiateur de cette relation ? Dieu ou le priant ? On pourrait dire, c’est le croyant, le priant qui « désire », qui a soif de Dieu, qui le cherche ? Oui, il doit le vivre ainsi ; mais il peut oublier qu’il est inspiré de Dieu lui-même, de sa grâce ; quand il dit : « Ton amour vaut mieux que la vie » n’est-ce-pas l’amour que Dieu porte à l’homme. Oui, Dieu nous a aimés le premier. L’amour que nous lui portons, vient de la source divine ; c’est un don. Comme dit st Jean de la Croix : » Si l’âme cherche son Dieu, Dieu la cherche avec infiniment plus d’amour » (VF 3).                                                     

Mais tous les psaumes ne parlent pas de Dieu à la deuxième personne ; beaucoup aussi en parlent à la troisième personne : « Le Seigneur entend quand je crie vers lui »(4) , ou « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien »(22). C’est une manière d’exprimer sa foi en la présence de Dieu dans la vie quotidienne quand le priant relit sa vie et veut témoigner de cette action de Dieu auprès des frères.(voir plus loin : prière dans le peuple). Cette forme de prière est un acte de foi pure, comme lorsque nous récitons le Credo : Je crois en Dieu le Père tout-puissant… Ces échanges avec le Seigneur du ciel et de la terre rendent le priant plein d’humilité devant la grandeur et l’amour de Dieu pour lui : «  Seigneur je n’ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux ; je ne poursuis ni grands desseins ni merveilles qui me dépassent ; non, je tiens mon âme égale et silencieuse..comme un petit enfant contre sa mère ». (130) 

♦ Dimanche des Rameaux, 5 avril

Méditation du Père Amédée :

La liturgie de ce dimanche nous fait passer des acclamations de fête aux vociférations de mort. Jésus entre à Jérusalem sous les ovations des disciples et de la foule en liesse pour y mourir quelques jours plus tard à la suite d’un jugement qui n’est pas du tout fondé. La même foule qui l’acclame aujourd’hui va l’accuser demain, par déception certainement de n’avoir pas trouvé en lui un le Messie politique qu’ils espéraient.
Au moment où le Christ meurt en croix, Pilate se lave les mains. Comme lui, tant d’autres voix ont vécu ce drame sans se sentir réellement coupables de la mort de cet innocent. D’autres l’ont suivi avec indifférence sans s’interroger sur la place qu’ils occupent dans cette tragédie du Fils de Dieu.
Et nous comment vivions nous la passion du Christ A qui ressemblons nous dans ce tragique tableau ?

Pilate :
Celui-ci dégage sa responsabilité du sang d’un juste. Bien que convaincu de l’innocence de Jésus, il le livre à ses accusateurs. Ce faisant, il abandonne son autorité dans les mains de la foule. Ce geste déconcertant se répète au long des siècles chaque fois que l’homme, par lâcheté ou par peur, fuis ses responsabilités.

Judas :
Il était l’un des douze choisis par le Christ. Cependant c’est lui qui, à notre surprise, se livre à la trahison de son maître. Cette trahison évoque en nous tous les privilégiés de Dieu, les fidèles du Christ que nous sommes qui trahissons notre mission de baptisé. Tout comme l’Evangile ne garde pas silence sur cet acte de Judas ainsi l’Eglise ne cache pas les faiblesses de ses membres. Implorons la miséricorde du Christ pour nos manquements et nos trahisons multiples. Et quand notre cœur et notre conscience nous reprochent, face à notre déchéance, rappelons-nous que Dieu est plus grand que notre cœur.

Enfin regardons Pierre : Alors que son maître est en agonie, lui le chef de l’Eglise s’en dort ne pouvant même pas s’unir à ses souffrances. Cette attitude nous interpelle aujourd’hui. Que faisons-nous devant l’agonie de nos frères et sœurs ? En ce moment le monde entier a besoin de la prière des fidèles de Christ. Certains médecins ont professé leurs limites devant un petit virus invisible qui combat contre la vie terrestre des hommes. Ils ont tourné leur regard vers Dieu de les assister et de les inspirer face à ce combat. Ne dormons pas comme Pierre. Unissons tous ensemble nos voix pour implorer la miséricorde divine pour nous tous. Soyons courageux car le Seigneur a vaincu le mal. En souhaitant à chacun une bonne semaine sainte, je vous exprime la communion de prières. Entrons dans la passion et la mort du Christ pour ressusciter avec lui au matin de pâques. Amen.