Une semaine très importante et riche commence le dimanche des Rameaux, 5 avril.
Afin que chacun puisse la vivre le mieux possible malgré le confinement ou le travail
(n'oublions pas ceux qui pour le bien de chacun se dévouent sans compter...)

Ouvrons cette nouvelle page où vous pourrez retrouver
des méditations, célébrations en paroisse ou ailleurs,
des prières, des chemins de Croix, des témoignages
et des pistes pour les enfants.

("Carême 2020" continue, avec youPray et les Carmes, pendant ce temps,
par contre "Messes et Prières..."
sera interrompue pendant cette semaine et reprendra après)

Sur le site de Prions en Église, l'exemplaire de la Semaine Sainte, offert chaque année,
peut être téléchargé gratuitement.

Besoin d'aide ?

Les END ont mis en place un n° de téléphone ou des écoutants et des psychologues répondent à ceux pour qui le confinement est une épreuve : 09 64 12 69 24 de 9h00 à 19h00
Il y a aussi un site gratuit pour les familles en deuil qui ne peuvent se recueillir auprès de leurs défunts : IN memory
et aussi un n° vert d'écoute : 0806 700 722 de 8h00 à 22h00

et la communauté San Egidio a mis en place un numéro solidaire 0970 403 320 appel non surtaxé

Deux propositions de paroissiens

- Marie Salesses, catéchiste, propose des pistes pour aider les enfants à vivre en famille cette Semaine Sainte, tout en y participant activement, tout comme leurs parents.

- Visionner chez soi, seul ou en famille (voir limite d'âge ci-dessous), le film de Mel Gibson, « La Passion du Christ »

Témoignage : « J'ai vu ce film à sa sortie il y a 15 ans. En fait, ce n'est pas un film classique : le réalisateur, Mel Gibson, catholique américain, a eu pour projet de reconstituer le plus précisément possible la passion de Jésus, selon ce que les évangiles nous en rapportent. Il a par exemple souhaité que les acteurs parlent les langues originales des protagonistes de la passion : l'araméen, l'hébreu et le latin.
Je me rappelle avoir été profondément touché : cette reconstitution incroyable m'a fait voir à quel point Jésus nous avait aimé, aime chacun d'entre nous.
Ce film pourra parler je crois à beaucoup d'entre nous pour vivre un temps fort de Vendredi Saint, particulièrement pendant le confinement que nous vivons.
Le pape Jean-Paul II, après l'avoir vu, a dit : "c'est comme cela que ça s'est passé".
Il faut aussi préciser que le film ne cache pas les réalités les plus dures de la Passion (flagellation, crucifixion…) : il est interdit aux moins de 12 ans, pour ma part je pense que 14 ans est une bonne limite. »

Comment faire pour le visionner :

La maison de production de films chrétiens Sage a imaginé une solution pour permettre à chacun de voir le film, tout en restant chez soi, grâce au E-CINÉMA.

Grâce à une plateforme dédiée (découvrez-la ici ), plusieurs séances du film ont été programmées du dimanche des Rameaux (5 avril) au Samedi Saint (11 avril) .
Chaque séance sera suivie par une intervention, le plus souvent en live, d’un invité.

  • Dimanche des Rameaux 5 avril à 15h (avec l’abbé Grosjean du Padreblog)
  • Dimanche des Rameaux 5 avril à 20h (avec l’abbé Grosjean du Padreblog)
  • Mercredi 8 avril à 20h (avec Abel Jafri, seul comédien français dans La Passion du Christ - il interprète le chef des gardiens du Temple)
  • Jeudi 9 avril à 20h (avec Bruno Picard, auteur de "Un Miracle Chaque Jour")
  • Vendredi Saint 10 avril à 15h (avec l’abbé Amar du Padreblog)
  • Vendredi Saint 10 avril à 20h (avec l’abbé Amar du Padreblog)
  • Samedi 11 avril à 15h (avec Cospiel, prédicateur évangéliste)

Chaque foyer peut réserver à l'avance en ligne la séance de son choix (un seul billet au tarif unique de 8 € pour tout le foyer) en cliquant sur le lien suivant :

Réservez ici !

 


 

Plusieurs propositions de Marie Salesses, qui, dans son confinements,
n'oublie pas les enfants du catéchisme et leurs familles.

(D'autres propositions sont aussi dans les pages suivantes,
avec Théobule ou Prions en Église
.)

Dimanche des Rameaux

Dimanche, la messe des Rameaux marquera cette entrée dans la Semaine Sainte. 
Si vous voulez participer en famille à cette messe, il vous suffit de vous rassembler devant votre poste de télévision en choisissant la chaine et l’horaire qui vous convient le mieux :

- Sur la chaîne KTO à 10h : messe en direct de Lourdes.
- Sur France 2 à 10h40 dans le cadre de l’émission « le jour du Seigneur ». Elle est précédée à 10h30 par un documentaire sur la Semaine Sainte à Jérusalem.
- Sur la chaîne KTO  à 11h : messe en direct de Rome célébrée par le pape.
- Sur Prions en Église à l'heure que vous voulez, sur internet, si vous pouvez brancher l'écran sur la télévision (chants plus faciles à chanter pour des enfants)

Vous pouvez proposer à vos enfants de prendre une branche de laurier, ou d’un arbuste quelconque cueilli dans votre quartier ou à défaut de colorier un rameau d’olivier (agrandir le dessin en cliquant dessus et clic droit pour l'enregistrer et l'imprimer). Il sera béni par le célébrant à travers votre écran. 

ou

Ainsi, chacun entrera dimanche dans cette Semaine Sainte, temps fort le plus important de notre année liturgique.

Un jeu sur la Semaine Sainte : le mot caché

La vidéo Logoscom raconte la Semaine Sainte et Pâques aux enfants (7,32 min) :
https://www.youtube.com/watch?v=NWqJop9xlK0

Et vous pourrez avoir une prière toute particulière pour nos prêtres qui traditionnellement, le lundi, Mardi ou Mercredi de la Semaine Sainte, selon les diocèses, célèbrent tous ensemble la messe Chrismale, du grec χρίσμα / khrísma qui veut dire huile ou onction. Au cours de cette messe, qui est la seule de l’année à réunir touts les prêtres d’un même diocèse auprès de leur évêque, celui-ci consacre le Saint Chrême. Cette huile sert pour les baptêmes célébrés lors de la Vigile pascale et tout au long de l'année liturgique pour les sacrements du baptême, de la confirmation et de l'ordre.

Cette messe sera retransmise sur KTO le mercredi 8 avril à 18h30, depuis l'église Saint-Germain-l'Auxerrois.

Jeudi Saint

2 illustrations du Jeudi Saint à colorier : le lavement des Pieds et le partage du pain avec les disciples, première Eucharistie... la Cène.

 

Le Jeudi Saint est la fête des prêtres, la fête de leur sacerdoce, un temps fort de leur ministère qu’ils sont invités à ne pas vivre seuls. Mais cette année ils ne vivront pas cette fête ensemble, mais seulement par écran interposé… à moins qu'ils puissent se retrouver à 2 ou 3.

♦  Vendredi Saint

  • Chemin de Croix

Avec un peu d’avance pour laisser à chacun le temps de le préparer, vous trouverez ci joint un document support chemin de croix, sur lequel vous pouvez vous appuyer pour vivre un chemin de croix en famille.

Chemin de Croix (stations 1 à 7)    (stations 8 à 14 + Résurrection)

Petites idées possibles pour vivre ce chemin de croix qui cette année en plein confinement prend une dimension très particulière : pouvoir le vivre ensemble en famille.
Vous pouvez proposer à chacun de prendre à son compte une station de ce chemin de croix et d’y ajouter sa prière, ses propres mots.
On peut aussi à la fin de chaque station dire un « Notre Père » ou un « je vous salut Marie » . On peut aussi avant chaque station dire à qui en particulier on veut adresser notre prière : un membre de sa famille, un ami malade, une personne seule.

On peut organiser ce chemin de croix à travers différentes pièces de la maison en installant à chaque fois une petite bougie.
Vous pourrez ensuite déposer toutes les bougies sur le rebord de la fenêtre à 20H pour tous les malades et les soignants …
A chacun de s’approprier ce temps de prière et de partage… Et n’hésitez pas à le partager avec d’autres !

  • Récit de la Passion

Vous trouverez également le texte de la Passion traditionnellement lu à plusieurs au cours de la célébration du Vendredi Saint. Pour aider à cette lecture à plusieurs : un narrateur et les différents personnages, tous les dialogues ont un code couleur.

Récit de la Passion

Bien amicalement à vous tous ! Prenez soin de vous !

Marie


 

♦ Samedi Saint 11 avril

Suite et fin de la méditation du Père Amédée :

(méditation complète ici)

3. Le samedi saint

Pendant que le corps de Jésus repose au tombeau, Jésus fait son entrée aux enfers pour apporter la Rédemption aux morts. L’Église décrit sa victoire dans une émouvante proclamation : le message pascal ou louange du cierge allumé. Ce cierge symbolise le Christ ressuscité qui répand sa lumière sur le monde entier.

« C’est la nuit où le feu d’une colonne lumineuse repoussait les ténèbres du péché. C’est maintenant la nuit qui arrache au monde corrompu, aveuglé par le mal, ceux qui, aujourd’hui et dans tout l’univers, ont mis leur foi dans le Christ : nuit qui les rend à la grâce et leur ouvre la communion des saints. Voici la nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s’est relevé victorieux des enfers !
Merveilleuse condescendance de ta grâce ! Imprévisible choix de ton amour : pour racheter l’esclave, tu livres le Fils. Il fallait le péché d’Adam que la mort du Christ abolit. Heureuse était la faute qui nous valut pareil Rédempteur. Car le pouvoir sanctifiant de cette nuit chasse les crimes et lave les fautes, rend l’innocence aux coupables et l’allégresse aux affligés. Ô nuit de vrai bonheur, nuit où le ciel s’unit à la terre, où l’homme rencontre Dieu.
Dans la grâce de cette nuit, accueille, Père saint, en sacrifice du soir, la flamme montant de cette colonne de cire que l’Église t’offre par nos mains. Permets que ce cierge pascal, consacré à ton nom, brûle sans déclin dans cette nuit. Qu’il soit agréable à tes yeux, et joigne sa clarté à celle des étoiles. »

À quoi bon être nés, si nous n’avions eu le bonheur d’être rachetés. C’est Dieu qui nous l’offre.

Dispositions à suivre pour le samedi saint :

Préparer une bougie et l’allumer
Lire les textes de la liturgie de la nuit sainte
Avant la lecture de l’évangile chanter solennellement Alléluia qui revient dans la liturgie.
Méditer les textes lus

Renouveler ses promesses de baptême en professant notre foi avec le credo de Nicée-Constantinople
Dire la prière universelle
De rappeler de la lumière du Christ reçue le jour de notre baptême
Faire sa communion spirituelle en portant le désir profond de recevoir le corps du Christ.

Rendre grâce au Seigneur à travers un chant de louange pour les bienfaits reçus de Lui.
Terminer sa prière par un chant en l’honneur de la Vierge Marie.

Ou bien l’on peut vivre cette même célébration en la suivant directement sur une chaîne de télévision où elle est retransmise,
ou en vous aidant de la célébration de l'an dernier,
ou sur ce site dans la nuit (dès que j'ai le code d'intégration) si vous n'avez pas accès à KTO...

Fructueux triduum pascal, bonne fête et joyeuse pâques.

« Omnia pro gloria Dei »

Père Amédée Abaloutou BADAKA

 

♦ Vendredi Saint 10 avril

Suite de la méditation du Père Amédée :

2. Le vendredi saint

Le vendredi saint toute l’Eglise célèbre la Passion et la mort du Christ en croix. C’est un jour de deuil et de pénitence, mais aussi de joie silencieuse, parce que la croix triomphe. La liturgie est empreinte de tristesse et de mélancolie au souvenir de la mort de notre divin Sauveur qui, dans les tourments et la souffrance, donne sa vie pour les siens. Pourtant même en ce jour, le plus douloureux de l’année liturgique, la pensée du triomphe pascal et de la victoire n’est pas absente. L’ostension solennelle de la croix, suivie de son adoration nous le prouve. Notre mère la Sainte Eglise prie alors en ces termes : « Voici le bois de la croix qui a porté le salut au monde. Venez, adorons ! » La croix renferme la peine et la douleur mais aussi le salut et la Rédemption.

La mort de Jésus n’est pas la mort d’un homme ordinaire. Elle est le don suréminent, le sacrifice suprême de l’Homme-Dieu, l’acte d’amour extrême d’un Dieu qui meurt pour sauver le genre humain aveuglé et pécheur.
Quand Jésus achève cette œuvre de salut que le Père lui a confié, rien ne le retient sur la terre. Il dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit. » (Jn 19, 30) L’évangile de saint Luc nous fait comprendre qu’il était environ trois heures quand le grand prêtre éternel, offrit une fois pour toutes le très saint sacrifice de lui-même, en expiation des péchés de l’humanité, les mains étendues pour embrasser le monde entier. Jusqu’à la fin, le Crucifié a enduré de terribles souffrances corporelles encore accrues par la détresse de son âme. Toutes ces douleurs hâtèrent sa mort. Avec Jésus mourant inclinons, en ce vendredi saint, la tête et confessons nos fautes en toute humilité. Nous nous sentons attristés par les souffrances infligées à notre chef, mais une paix mystérieuse et un bienfaisant repos nous envahissent car sa miséricorde est à l’œuvre dans nos vies. Sur la croix la victoire du Christ éclate et elle éclate aussi dans nos vies. C’est pourquoi l’adoration de la sainte croix prend une place particulière.

Dispositions pratiques pour vivre ce vendredi saint dans notre paroisse.

12 H 00 : Chemin de croix en famille. (Marie en a proposé un ci-dessus pour les plus jeunes, ainsi qu'un récit de la Passion à plusieurs voix pour les familles)
18 H 00 : Célébration de la passion du Christ.
Lire les lectures de la liturgie et les méditer.
Dire la longue prière universelle (vous pouvez la retrouver ICI) en intégrant une intention pour l’éradication de la pandémie du Covid 19.
Dresser une croix dans un coin de la chambre, puis en se rappelant des souffrances et de la mort du Christ, la vénérer du fond du cœur.
Faire une communion spirituelle.
Conclure sa prière par un chant à notre Dame des douleurs la Vierge Marie.

Ou bien l’on peut suivre cette célébration à la télévision en étant en union de prières. (voir plus bas la page Vendredi Saint)
Si vous n'arrivez pas à accéder aux célébrations proposées, dès que leur code paraîtra, elles seront sur le site (comme pour le Jeudi Saint)

Écoutez ici le texte de la Passion (avec youPray)

♦ Jeudi Saint 9 avril

 

En ce jour qui parle de SERVICE et qui est aussi le jour de l'institution de l'EUCHARISTIE,

n'oublions pas de fêter nos prêtres, tous ceux que nous connaissons et tous les autres, y compris ceux qui doivent pratiquer leur sacerdoce dans la clandestinité et même au péril de leur vie. N'oublions pas de leur dire MERCI pour ce don qu'il ont fait de leur vie pour porter le Christ aux autres, pour faire découvrir cet Amour inconditionnel du Christ pour chacun.

Écoutez cette belle attention à leur égard (dans la méditation de youPray)

A 17h00, à Sainte Thérèse, mais sans paroissien - confinement oblige - ils seront 4 à célébrer la Sainte Cène ensemble : les pères Pierre Haramburu, Amédée Babaloutou, Jean Casaubon et François Bisch.

Méditation du Père Amédée :

Je vous rejoins en ce début de triduum pascal, durant lequel l’Église vivra avec dévotion les trois derniers jours de la vie terrestre du Christ. Ces jours sont bien connus de tous. Il s’agit du jeudi saint, du vendredi saint et du samedi saint.

1.      Le jeudi saint

La liturgie du jeudi saint commémore au cours de la même célébration l’exhortation à se mettre au service de nos frères, l’institution de l’Eucharistie et la naissance du Sacerdoce. Cette liturgie nous frappe par ses contrastes. C’est une fête, et l’Église refuse le jeûne en ce jour.

D’abord, au cours du repas pascal, Jésus se lève de table pour laver les pieds de ses disciples. Agenouillé devant eux, il accomplit ce geste paradoxal qui n’était pas prévu par le rituel de pâques. Le geste terminé, Jésus lui-même en révèle le sens : « Vous m’appelez maître et Seigneur car je le suis. Si donc, moi le Seigneur et le maître je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns les autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » Ce rite nous révèle ce que Dieu est pour l’homme : Pour élever l’homme, Il s’abaisse, s’humilie, se fait en tout semblable au dernier des hommes pour n’en perdre aucun.

Ensuite, Jésus réalise officiellement l’Eucharistie. D’abord Il donne son corps à manger, puis s’ouvre visiblement la source d’où jaillit son sang qu’il nous donne à boire selon les synoptiques. Ce geste de Jésus qui traverse les siècles a pour but de donner la vie et la force à tous les enfants de Dieu. Nous pouvons relire dans Mt 26 le récit de l’institution de l’eucharistie.

En outre le Christ institue le sacerdoce en recommandant à ses disciples : « Faites ceci en mémoire de moi ». Par ces mots, Il confère aux disciples et à leurs successeurs l’ordre et le pouvoir de continuer à célébrer l’Eucharistie comme un sacrifice mémorial de sa mort et de notre délivrance du péché. Ainsi lirons dans la deuxième lecture de cette liturgie : « chaque fois en effet que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’Il vienne. » (1Cor 11, 26)

Par ailleurs, la liturgie ne peut s’arracher au souvenir de la Passion qui commence à cette heure. C’est un jour d’amour immense et de souffrance extrême. Il y a un lien très profond entre les deux réalités. C’est pourquoi après la joie du partage eucharistique, les fidèles sont invités à vivre un moment d’adoration devant le saint sacrement transféré dans un lieu approprié, suivant les indications données par le Missel Romain, afin de s’unir à la souffrance du Christ en agonie.

Dispositions pratiques  : Les prêtres de notre paroisse unis au Vicaire Général et le père Jean CASAUBON célébreront la sainte Cène à 17 heures.

Les fidèles liront les textes de cette liturgie
Un silence de méditation en pensant au rite de lavement des pieds et le geste du repas eucharistique et en quoi ces deux rites nous rejoignent aujourd’hui.
Dire la prière universelle en confiant au Seigneur l’Église et le monde de ce temps
Faire sa communion spirituelle
Un chant d’action de grâce.

À partir de 18 h 30, le saint Sacrement sera exposé dans la chapelle d’adoration. Les fidèles de notre paroisse seront spirituellement en adoration avec nous. Il est clair qu’il n’y aura pas de présence physique dans la chapelle d’adoration.

 

♦ Mercredi Saint 8 avril

La prière des Psaumes (3ème et dernière partie)

3. Le psalmiste prie avec son peuple

La prière est-elle une relation exclusive, intimiste entre le priant et son Dieu ?
La prière est une relation à trois, ou à plusieurs ! On le voit apparaitre avec le "IL" ou le "VOUS"

Le priant invite ses frères et tout son peuple à prier avec lui :
   « Venez crions de joie pour le Seigneur, acclamons le rocher qui nous sauve.. » (94).
Il entraine, il mène la prière des pèlerinages (117), il encourage, il nourrit l’espérance, et il veut entrainer toute la terre, en parlant de Dieu (et non plus à Dieu !) et de sa gloire :
   « Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur terre entière » (95)

Le priant entretient la mémoire du peuple, et donc son espérance :
   « Dieu, nous avons entendu dire et nos pères nous ont raconté quelle action tu accomplis de leur temps, aux jours d’autrefois » (43) voir (105, 106, 113).

Le priant témoigne de son expérience de salut. Il a cheminé en passant de la révolte à l’inspiration et à l’action de grâce :
  
« Un rien et je perdais pied,, car j’étais jaloux des superbes..vraiment c’est en vain que j’ai gardé mon cœur pur..mais quand j’entrai dans la demeure de Dieu quel serait leur avenir... je ne savais pas mais j’étais avec toi, avec toi qui a saisi ma main droite... tu me conduis selon tes desseins, puis tu me prendras dans la gloire. » (72)
  
« Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu : je vous dirai ce qu’il a fait pour mon âme ; quand je poussais vers lui mon cri, ma bouche faisait déjà son éloge » (65)
Le priant semble relire sa vie pour en faire un hymne à la gloire de Dieu qui l’a sauvé dans ses détresses, et lui a apporté tant de joies !

Dans le psaume 22, si prié et chanté par tous les aventuriers de Dieu, le priant se rappelle les évènements heureux et éprouvants de sa vie :

« Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien,
sur des prés d’herbe fraiche il me fait reposer…
si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi...» (22).

4. Le Christ a prié avec les psaumes. Nous aussi , pourquoi pas ?

Le Nouveau testament contient de nombreuses citations des psaumes ; pour illustrer les paroles de Jésus, leur donner un sens nouveau ; mais aussi pour révéler la prière même de Jésus. Les premiers chrétiens ont utilisé le psaume 109 pour dire leur foi en la résurrection de Jésus et son identité messianique :
   « Oracle du Seigneur à mon seigneur : siège à ma droite.. » (109).
En "Tu" citant le psaume 15, Saint Pierre exprime sa foi en la résurrection :
   «Tu ne peux m’abandonner à la mort, ni laisser ton ami voir la corruption... » (15).
Le Christ est le bon berger (22) et le soleil (18)

Et le Christ lui-même a prié avec les psaumes :
   « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (21),
mais il est allé jusqu’au bout du psaume qui exprime la confiance en Dieu. Dès les premiers siècles, les pères reconnaissent dans les psaumes «  la prière du Christ vers son Père » ; et pour nous, le psaume est « la voix de l’Église s’adressant au Christ. »
Si le Christ est la « clef » de toutes les Écritures, en écho à tous les évènements bibliques, les psaumes révèlent le Christ qui est leur accomplissement. Le psautier raconte le mystère du Christ parmi nous. Si l’on entend dans les psaumes tous les cris et tous les chants des hommes, on entend nécessairement la voix du Christ, vraiment homme et vraiment Dieu, dans sa réponse au Père, dans son dialogue avec lui.

Prier avec les psaumes c’est prier avec le Christ et toute l’Église.

Ps 8 : Ô Seigneur, notre Dieu qu’il est grand, ton nom, par toute la terre !
Jusqu’aux cieux, ta splendeur est chantée par la bouche des enfants, des tout-petits,
rempart que tu opposes à l’adversaire, où l’ennemi se brise en sa révolte !

A voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas,
qu’est-ce que l’homme que tu penses à lui,
le fils d’un homme que tu en prennes souci ?
Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur ;
Tu l’établis sur les œuvres de tes mains, tu mets toutes choses à ses pieds :
Les troupeaux de bœufs et de brebis, et même les bêtes sauvages,
les oiseaux du ciel et les poissons de la mer tout ce qui va son chemin dans les eaux.

DL St Bruno, avril 2020

(Texte complet : 3 parties)

 

♦ Mardi Saint 7 avril

La prière des Psaumes (2ème partie)

2. La prière du psalmiste est un cri, un appel vers Dieu dans la détresse.                        

Mêlé de confiance et d’angoisse le priant appelle Dieu a son secours :
   « Écoute, Seigneur réponds moi, car je suis pauvre et malheureux, je t’appelle au jour de ma détresse » (85)

Le croyant suscite l’écoute de Dieu, sa pitié ; c’est une imploration, une plainte ;
   « Pitié, Seigneur dans ton amour.. » (50)
Le croyant traverse souvent la nuit de la souffrance et du désespoir : au fond du gouffre, il pense que Dieu l’a oublié, qu’il est absent :                                                                                           
   « Pourquoi, Seigneur es-tu si loin, pourquoi me cacher ta face » (9)                     
   « Le Seigneur ne fera-t-il que rejeter ? Son amour a-t-il donc disparu ? (76)   
Il y a là surement des épreuves de la foi, des remises en question : mais les exprimer en prière, à l’adresse de Dieu, signifie que le croyant est toujours en relation avec dieu, même si c’est dans l’obscurité de l’ épreuve et de la présence de Dieu.

La prière est un combat contre nous-mêmes, nos tendances, la loi de la pesanteur ! Et le psalmiste exprime souvent ce combat contre ses « ennemis », intérieurs ou extérieurs, ces « impies » incroyants qui lui disent « Où est-il ton Dieu »
   « Moi qui chaque jour entends dire : Où est-il ton Dieu ? Pourquoi te désoler ô mon âme, et gémir sur moi. Espère en Dieu : de nouveau je rendrai grâce ; il est mon sauveur et mon Dieu »
(41)
Dans ces tentations, le croyant refait son acte de confiance et remercie Dieu son sauveur. C’est dans sa relation avec Dieu, elle-même, que le croyant exprime son désir de victoire dans ce combat qui le dépasse :
   « Mais ceux qui pourchassent mon âme, qu’ils descendent au profond de la terre, qu’on les passe au fil de l’épée, qu’ils deviennent la pâture des loups » ( fin du psaume 62 !).

  • Dieu répond ; c’est la prière qui devient échange ; la plainte du croyant s’ouvre à la louange.

Le priant met en jeu toute sa vie : ses épreuves, ses joies, ses questions, son cheminement, son histoire… Il cherche à comprendre le sens de sa vie .
Dans toutes ses épreuves, dans toutes ses joies, le Seigneur est proche ( 22,33) et répond.           
Le cri, la plainte du croyant est toujours entendue par Dieu, même si c’est à retardement !
   « Je t’appelle et tu ne réponds pas ! » (21)
   et plus loin : « Tu m’as répondu ; je proclame ton nom à mes frères ». (21).

Cette plainte se transforme en louange :
   « Un pauvre crie, le Seigneur entend ; il le sauve de toutes ses angoisses » ( 33).
  « Pour moi, je crie vers Dieu ; le Seigneur me sauvera ; et Dieu a entendu ma voix ; il m’apporte la paix » (54) 

Le croyant, lors de ses épreuves, se rappelle les « merveilles de Dieu » 
   « Seigneur, entends ma prière ; que mon cri parvienne jusqu’à toi… mais toi, Seigneur tu es là pour toujours, d’âge en âge on fera mémoire de toi » (101)

La grande merveille pour lequel le psalmiste ne cesse de rendre grâce, c’est la libération du peuple hébreu d’Egypte.
   « Rendez grâce au Seigneur… annoncez parmi les peuples ses hauts faits... redites sans fin ses merveilles… » (104)                                                                                                         
La plainte du croyant se termine toujours en action de grâces, parce qu’il a confiance en son Dieu. Il sait qu’il ne l’abandonnera pas, comme il n’a pas abandonné son peuple dans sa longue histoire ; son alliance est de toujours !
   « Mon père et ma mère m’abandonnent, le Seigneur me reçoit » (26)                                       
   « Je veux louer le Seigneur tant que je vis... lui qui a fait le ciel et la terre… il garde à jamais sa fidélité »( 145)
C’est l’expérience du salut que le croyant fait : le Seigneur répond toujours plus qu’il n’est demandé. «  Le Seigneur me sauvera » (54)

  • Le croyant fait l’expérience du Dieu amour : Qui est Dieu pour le psalmiste ?

Le croyant du psautier parle à Dieu ; il lui présente sa vie d’épreuves, de souffrances, de révolte, de combats spirituels contre les impies. S’il prie Dieu, c’est qu’il a confiance en lui : p our lui Dieu est proche, tout en étant grand, maître du ciel et de la terre ; il le « craint » c-à-dire, il le respecte « grand Dieu par dessus tous les dieux » et lui exprime son amour :          
   « Je t’aime Seigneur, tu es ma force, mon roc, ma forteresse » (17)                                      
   « Le Seigneur est un roc, un bouclier » (30), « mon rocher, mon salut, ma citadelle... »(61)
   « Dieu est un soleil, il est un bouclier » (83)
mais surtout :
   « le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour » (144, 102, 85…) : il reprend par ces paroles, les inspirations de Moïse (Ex 34, 6, v Joël 2, 13…).

Et cet amour de Dieu pour le croyant le comble de joie : « Ton amour me fait danser de joie ! » ( 30) ; et la terre en est pleine (32).                                                                                           
L’amour du Seigneur se manifeste spécialement envers les pauvres ; il connaît notre pauvreté de créature ;
   « Un pauvre crie ! le Seigneur entend » (33)
   « Il sait de quoi nous sommes pétris, il se souvient que nous sommes poussière… » (102)
   « Il délivrera le pauvre qui appelle, et le malheureux sans recours » (71)
Son amour va jusqu’au pardon : 
   « Oublie les révoltes, les péchés de ma jeunesse...
pardonne ma faute elle est grande » (24)
   « Heureux l’homme dont la faute est enlevée, et le péché remis » (31)                      

Voir psaume 50 : « Pitié pour moi Seigneur en ta bonté… » et (102).

Dieu est le créateur et le Sauveur :

   « Bénis le Seigneur ô mon âme, Seigneur mon Dieu tu es si grand ! Revêtu de magnificence, tu as pour manteau la lumière » (103)
   « Louez le Seigneur du haut des cieux... louez-le tous les univers ! » (148)
Le Dieu admirable de grandeur et de beauté :                                                                                    
   « Ô Seigneur qu’il est grand ton nom par toute la terre ; qu’est-ce que l’homme que tu penses à lui, le fils d’ l’homme que tu en prennes souci ? » (8).
Notre confiance en lui s’épanouit en immense espérance, dans cette vie et au-delà de la mort ; c’est la réponse au grand désir que Dieu a mis dans le cœur de l’homme, désir et soif de Dieu, d’habiter dans la maison de Dieu  dès maintenant et pour toujours !
   « Mon âme s’épuise à désirer les parvis du Seigneur… mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant ! » (83).                                                                                                                   

   « Comme un cerf altéré cherche l’eau vive, ainsi mon âme te cherche toi mon Dieu ; mon âme a soif de Dieu le Dieu vivant » (41)                                                                                                       
   « Garde-moi mon Dieu, j’ai fait de toi mon refuge… mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance ; tu ne peux m’abandonner à la mort, et laisser ton ami voir la corruption. Tu m’apprends le chemin de la vie ; devant ta face débordement de joie ! A ta droite éternité de délices » (15)    
   « Tu me conduis selon tes desseins, puis tu me prendras dans la gloire » (72)        
L’amour de Dieu est créateur, il est à l’origine de tout, la terre et le ciel, et l’homme :      
   « Tu as aimé cette terre, tu as fait revenir les déportés de Jacob » (84)
Dieu a fait alliance avec son peuple ; il est fidèle pour toujours à cette promesse.
   « D’âge en âge, Seigneur tu as été notre refuge, avant que naissent les montagnes, que tu enfantes la terre et le monde, de toujours à toujours, toi tu es Dieu » (89)
Il sauve parce qu’il est créateur.

♦ Lundi Saint 6 avril

La prière des Psaumes (1ère partie)

1. La prière : Relation personnelle avec Dieu.   

 «  Dieu, tu es mon Dieu je te cherche dès l’aube .Mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair, terre aride altérée sans eau.
Je t’ai contemplé au sanctuaire, j’ai vu ta force et ta gloire.
Ton amour vaut mieux que la vie, tu seras la louange de mes lèvres !
Toute ma vie je vais te bénir, lever les mains en invoquant ton nom.
Comme par un festin je serais rassasié, la joie sur les lèvres je dirai ta louange.
Dans la nuit je me souviens de toi, je passe des heures à te parler !
Oui, tu es venu à mon secours, je crie de joie à l’ombre de tes ailes. » (62)

Ce que nous voyons déjà dans ces prières : les priants s’adressent à Dieu en lui disant : « tu » ; c’est une parole d’homme à homme ; le croyant s’adresse à quelqu’un de vivant ; pour lui, Dieu est une personne présente et agissante dans sa vie. Le croyant établit ainsi une relation personnelle, unique, avec Dieu ; c’est un contact établit par sa foi, qui est nourrie par toute sa vie, toutes ses intentions, tous ses désirs humains.

Cette attitude de prière nous rappelle l’Évangile de Matt 6,6 : «  Quand tu veux prier, rentre dans ta chambre et prie ton père qui est là dans le secret, et ton père te le rendra ». La prière est cette rencontre secrète avec le Dieu vivant, dans l’intimité de son être. Ces paroles aussi nous rappellent le grand souci de Thérèse d’ Avila par rapport à la prière de ses filles du Carmel ; pourtant, elles « priaient » beaucoup ( psaumes, Notre Père, messe .. ) mais la madre leur rappelle souvent : « Approchez de lui et comprenez à qui vous allez parler.. »(Chemin 24).Oui, prier c’est parler à quelqu’un. Quand nous faisons nos prières, savons-nous prier ? Parlons-nous à quelqu’un de présent qui nous écoute ? Avec notre foi pleine d’amour, une foi vive.

La prière c’est un lien qui se crée et qui se renforce ; lien vital entre le croyant et Dieu ; nous sommes de plus en plus «  avec » Dieu ; notre amour pour lui grandit, même si on le sent pas toujours affectivement.

« Moi, je suis toujours avec toi, avec toi qui a saisi ma main droite »(72)
«  Mon âme s’attache à toi, ta main droite me soutient »( 62)

Le croyant médite sans fin la loi de Dieu en parlant à Dieu, voir le long psaume Ps118 : « La nuit je me rappelle ton nom, pour observer ta loi » La prière personnelle va s’épanouir en échanges vivants avec Dieu et en relations nouvelles avec sa communauté et peu à peu avec la terre entière.

Si la prière est une relation, un échange, quel est le premier initiateur de cette relation ? Dieu ou le priant ? On pourrait dire, c’est le croyant, le priant qui « désire », qui a soif de Dieu, qui le cherche ? Oui, il doit le vivre ainsi ; mais il peut oublier qu’il est inspiré de Dieu lui-même, de sa grâce ; quand il dit : « Ton amour vaut mieux que la vie » n’est-ce-pas l’amour que Dieu porte à l’homme. Oui, Dieu nous a aimés le premier. L’amour que nous lui portons, vient de la source divine ; c’est un don. Comme dit st Jean de la Croix : » Si l’âme cherche son Dieu, Dieu la cherche avec infiniment plus d’amour » (VF 3).                                                     

Mais tous les psaumes ne parlent pas de Dieu à la deuxième personne ; beaucoup aussi en parlent à la troisième personne : « Le Seigneur entend quand je crie vers lui »(4) , ou « Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien »(22). C’est une manière d’exprimer sa foi en la présence de Dieu dans la vie quotidienne quand le priant relit sa vie et veut témoigner de cette action de Dieu auprès des frères.(voir plus loin : prière dans le peuple). Cette forme de prière est un acte de foi pure, comme lorsque nous récitons le Credo : Je crois en Dieu le Père tout-puissant… Ces échanges avec le Seigneur du ciel et de la terre rendent le priant plein d’humilité devant la grandeur et l’amour de Dieu pour lui : «  Seigneur je n’ai pas le cœur fier ni le regard ambitieux ; je ne poursuis ni grands desseins ni merveilles qui me dépassent ; non, je tiens mon âme égale et silencieuse..comme un petit enfant contre sa mère ». (130) 

♦ Dimanche des Rameaux, 5 avril

Méditation du Père Amédée :

La liturgie de ce dimanche nous fait passer des acclamations de fête aux vociférations de mort. Jésus entre à Jérusalem sous les ovations des disciples et de la foule en liesse pour y mourir quelques jours plus tard à la suite d’un jugement qui n’est pas du tout fondé. La même foule qui l’acclame aujourd’hui va l’accuser demain, par déception certainement de n’avoir pas trouvé en lui un le Messie politique qu’ils espéraient.
Au moment où le Christ meurt en croix, Pilate se lave les mains. Comme lui, tant d’autres voix ont vécu ce drame sans se sentir réellement coupables de la mort de cet innocent. D’autres l’ont suivi avec indifférence sans s’interroger sur la place qu’ils occupent dans cette tragédie du Fils de Dieu.
Et nous comment vivions nous la passion du Christ A qui ressemblons nous dans ce tragique tableau ?

Pilate :
Celui-ci dégage sa responsabilité du sang d’un juste. Bien que convaincu de l’innocence de Jésus, il le livre à ses accusateurs. Ce faisant, il abandonne son autorité dans les mains de la foule. Ce geste déconcertant se répète au long des siècles chaque fois que l’homme, par lâcheté ou par peur, fuis ses responsabilités.

Judas :
Il était l’un des douze choisis par le Christ. Cependant c’est lui qui, à notre surprise, se livre à la trahison de son maître. Cette trahison évoque en nous tous les privilégiés de Dieu, les fidèles du Christ que nous sommes qui trahissons notre mission de baptisé. Tout comme l’Evangile ne garde pas silence sur cet acte de Judas ainsi l’Eglise ne cache pas les faiblesses de ses membres. Implorons la miséricorde du Christ pour nos manquements et nos trahisons multiples. Et quand notre cœur et notre conscience nous reprochent, face à notre déchéance, rappelons-nous que Dieu est plus grand que notre cœur.

Enfin regardons Pierre : Alors que son maître est en agonie, lui le chef de l’Eglise s’en dort ne pouvant même pas s’unir à ses souffrances. Cette attitude nous interpelle aujourd’hui. Que faisons-nous devant l’agonie de nos frères et sœurs ? En ce moment le monde entier a besoin de la prière des fidèles de Christ. Certains médecins ont professé leurs limites devant un petit virus invisible qui combat contre la vie terrestre des hommes. Ils ont tourné leur regard vers Dieu de les assister et de les inspirer face à ce combat. Ne dormons pas comme Pierre. Unissons tous ensemble nos voix pour implorer la miséricorde divine pour nous tous. Soyons courageux car le Seigneur a vaincu le mal. En souhaitant à chacun une bonne semaine sainte, je vous exprime la communion de prières. Entrons dans la passion et la mort du Christ pour ressusciter avec lui au matin de pâques. Amen.


A partir d'aujourd'hui les catholiques entrent dans le Triduum pascal, un espace de trois jours qui va de la messe du soir le Jeudi saint au dimanche de Pâques inclus

La Conférence des évêques de France propose aujourd'hui un nouveau dossier de sa série « Foi, espérance et charité : par-delà le confinement » et invite à découvrir comment l’Église, se mobilise pour les chrétiens d'Orient

♦ Vendredi Saint

« Ma vie, nul ne la prend mais c'est moi qui la donne »

Mgr Olivier Leborgne (évêque d’Amiens)

♦ Jeudi Saint 9 avril

« L'Agneau est un cadeau de Dieu... »

Mgr Jean-Pierre Batut (évêque de Blois)

La pandémie de Covid 19 qui sévit actuellement a fortement ébranlé tous les secteurs de nos sociétés. Ceux qui parmi nous sont les plus vulnérables ; les personnes en situation de précarité, les personnes âgées, les malades,…en seront durablement affaiblis.
L’Église catholique, plus que jamais, se tient au chevet des plus fragiles.

Cette semaine, nous vous invitons à découvrir comment les services de la Conférence des évêques de France, mais aussi, les diocèses, les mouvements et les associations catholiques se mobilisent pour accompagner les personnes en grande précarité.

♦ Mercredi Saint 8 avril

« Préparer nos maisons et nos cœurs

pour contempler la posture intérieure de Jésus »

Mgr Dominique Blanchet (évêque de Belfort-Montbéliard)

La Conférence des évêques de France propose aujourd'hui un nouveau dossier de sa série « Foi, espérance et charité : par-delà le confinement ». Cette semaine, la CEF invite à découvrir comment l’Église, se mobilise pour accompagner nos aînés.

« Foi, espérance et charité : par-delà le confinement »

Lundi saint c'est également la première méditation vidéo des évêques. Mgr Dominique Lebrun, archevêque de Rouen ouvre cette série de vidéos.

♦ Mardi Saint 7 avril

« L'expérience de la mort comme une grâce au service de tous »

Mgr Jean-Marc Eychenne (évêque de Pamiers)

♦ Lundi Saint 6 avril

Mgr Dominique Lebrun (archevêque de Rouen)

« Arrêtons-nous sur ces visages, ces baisers, ces poignées

de mains qui nous manquent... et le visage de Jésus... »

♦ Dimanche de Pâques, 12 avril : Mgr Eric de Moulins-Beaufort (archevêque de Reims), président de la Conférence des évêques de France.

 


Semaine Sainte

Avec frère Marc-Antoine Bêchétoille (Couvent de Lyon)

Ingénieur spécialisé dans l'environnement, le frère Marc-Antoine entre chez les dominicains en 2004. Après son premier cycle d'études, il part en Lituanie en 2009 pour effectuer son stage diaconal. Il se passionne pour la culture de ce pays et apprend le lituanien. Ordonné prêtre en 2010, le frère Marc-Antoine vit aujourd'hui au couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon où il est responsable local des études et modérateur de la paroisse rattachée au couvent.

(Voir aussi les vidéos de chaque jour)

7ème don de l'Esprit : le don de sagesse

♦ Pâques, fête de la Résurrection

« Que tout être vivant chante louange au Seigneur !

Alléluia ! (Psaume 150, 6)

Avec quelle joie, ce matin, Jaïre te voit approcher, marchant sur le rivage !
L’espoir renaît dans le cœur du chef de la synagogue de Capharnaüm. Il vient alors se jeter à tes pieds, en t’implorant de venir en aide à sa fille, la prunelle de ses yeux, qui agonise dans sa maison. La sincérité de sa demande, la foule qui t’écrase, tout devrait te faire presser le pas. Pourtant Tu t’arrêtes encore en route pour une autre guérison. Tu vas ton chemin, sans angoisse ni précipitation. Même face à l’urgence d’une mort imminente, Tu sais que le Père t’exauce toujours.
Avec quelle délicatesse, ce matin, Tu rassures ce père blessé, quand tous baissent les bras !
À l’annonce de la mort de l’enfant, son cœur s’est brisé. Ses efforts n’ont servi à rien et sa fille le quitte, quitte la vie, encore si jeune. Les gens de sa maison, qui savent le caractère implacable de la mort, lui conseillent de ne pas t’importuner davantage. Il leur est impossible d’imaginer une autre issue. Mais toi, en toute discrétion, Tu saisis sa détresse et sans lui donner de leçon, l’invite à la confiance et à l’espérance : il n’est jamais trop tard pour celui qui croit.
Avec quelle paix, ce matin, Tu entres dans le lieu où repose l’enfant bien-aimée ! Pour la relever du sommeil de la mort dans laquelle la maladie l’a entraînée, il nous semble te voir t’asseoir à côté d’elle et lui dire d’une voix ferme mais douce, en lui prenant la main : « Talitha koum », « jeune fille, je te le dis, lève-toi ! »* Une fois l’enfant debout, c’est toute ton humanité qui se manifeste, lorsque Tu es attentif à ce que son corps reprenne des forces. Tu t’inquiètes qu’elle puisse manger, avant de la rendre, vivante, à ses parents.
Jésus, Toi le premier-né d’une multitude de frères et de sœurs, qui surgit, en ce matin de Pâques, du tombeau, souviens-toi de ce jour au bord du lac de Galilée et de cette enfant que tu as relevée. Aujourd’hui, comme au jour de notre mort, donne-nous aussi de voir cette lumière éclatante, et de t’entendre murmurer à notre oreille ces mots plus puissants que mille trompettes, pour te suivre au jardin de ta résurrection : Talitha koum !

*Évangile selon saint Marc, ch. 5, v. 41

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Frère Philippe Verdin, op. (Responsable Avent dans la Ville) : Frère Dominique, 88 ans, a été hospitalisé il y a 15 jours : coronavirus, poumons atteints et médecins sceptiques… Il est rentré hier au couvent. Il aura peut-être des séquelles mais il est vivant. Le Christ ressuscité porte la marque du coup de lance et des clous, mais il est vivant ! Bien sûr, il y a trop de morts. Un autre frère âgé du couvent est décédé le vendredi saint. Mais il y a mille résurrections chaque jour. Pas seulement de santé ! Des réconciliations, des retrouvailles, des surprises inespérées. En ce confinement émerveillons-nous de Dieu qui agit aussi dans les petites choses.

♦ Samedi Saint

« Je veux louer le Seigneur tant que je vis, chanter mes hymnes

pour mon Dieu tant que je dure » (Psaume 145, 2)

Quand nous avons interviewé la sœur Fabienne-Marie au Monastère de Langeac, elle nous a  raconté que lorsqu'il y a un arc-en-ciel, toutes les sœurs arrêtent leur ouvrage et se rassemblent pour l'admirer. Pour ces femmes, contempler la beauté de la création va de pair avec la contemplation du Christ. Dans les deux cas, elles y voient un signe de l'amour du Père.
Le confinement et le temps qu'il libère peut nous aider à retrouver le sens de la contemplation. Justement, le don de sagesse qui clôture notre série est le don contemplatif par excellence. Les monastères, ces écoles de la contemplation, sont des lieux presque hors du temps, ils semblent ne pas être ébranlés par les événements du monde. Confinement ou non, la vie s'y déroule, heure par heure, jour après jour, centrée sur le Christ, la Parole de Dieu et l'amour fraternel.
La sœur Fabienne-Marie nous parle du don de sagesse et nous partage sa riche expérience de moniale dominicaine.

Belle fête de Pâques, fr. Benoît Ente, op

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Sr Fabienne-Marie, op. (Prieure du Monastère de Langeac) :
Notre expérience de confinement
Notre monastère étant en ville, ce qui me marque, c’est le silence : on n’entend presque plus les voitures, il n’y a plus de cars scolaires, le café d’en face est désert. On entend chanter les oiseaux, le vent dans les sapins, on remarque davantage les pommiers et pruniers en fleur, la lune qui apparaît tôt dans le ciel. Plus personne ne se présente à la porterie, la boutique est fermée, les contacts se maintiennent par téléphone et Internet. Pendant nos offices, la prière d’intercession se fait plus instante pour les isolés, malades, non visités, ceux qui meurent seuls.

♦ Vendredi Saint 10 avril

« Dieu saura bien trouver l'agneau pour le sacrifice,

mon fils » (Genèse 22, 8)

Monté sur son âne, le fils avance vers la montagne, dans un grand silence. Abraham marche devant et rumine son incompréhension. Il part sacrifier son fils unique, obéissant à la demande surréaliste de Dieu : lui offrir Isaac, ce fils tant désiré, arrivé dans un éclat de rire* quand on ne l’attendait plus. Alors qu’Isaac est déjà fixé au bois et que son père lève le couteau, par la main de l’ange, Dieu vient arrêter son geste fatal. Non seulement parce que cela lui suffit, Il a éprouvé l’obéissance de son serviteur, mais tout aussi radicalement parce qu’Il a le meurtre en horreur. Au-delà de son amour paternel pour son fils, Abraham découvre alors que cet enfant, vivant, a un prix inestimable aux yeux de Dieu. Il est l’héritier de l’Alliance, il porte la bénédiction de la part de Dieu pour tous.
Après être entré à Jérusalem sous les acclamations, Jésus fut lui aussi hissé sur le bois, pour être sacrifié sur l’autel de la tranquillité des autorités religieuses de l’époque. Mais sous le sordide des jeux de pouvoirs humains se joue quelque chose de bien plus essentiel : le salut, la vie du monde. « Dieu a tellement aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique. »** Du haut de la Croix, Jésus est le signe de cette générosité infinie de Dieu qui ne nous a pas refusé ce qu’Il avait de plus cher.
En ce jour, nous nous tenons face à la croix, avec tous ceux qui combattent le mal, qui le subissent dans leur chair, qui pleurent un être aimé. En ce vendredi saint qui semble s’éterniser, la croix n’est mystérieusement pas qu’un signe de mort ou de désespoir. Elle resplendit aussi du don du Christ, qui donne du prix à ma vie, à chacune de nos vies. Un prix infini.

* Livre de la Genèse, ch. 17, v. 17 ; ch. 18, v. 12 ; ch. 21, v. 6
**Evangile selon saint Jean , ch. 3, v. 16

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Sylvette (le “couteau suisse” de Retraite dans la Ville) : « Tu as du prix à mes yeux » c’était le thème du pèlerinage du Rosaire en 1990, ma première année d’engagement et pas ma dernière ! A Lourdes, nous sourions, nous rions, car nous sommes en fraternité. Tous, dans nos faiblesses ‒ peur, échec, maladie ‒ nous reconnaissons notre besoin les uns des autres. Cette chaude solidarité humaine ouvre le chemin d’une vie fleurie par l’échange, la confiance, l’amitié.
Et moi aujourd’hui, isolée, j’ai du prix aux yeux de qui ? Qui a du prix à mes yeux ? Ah c’est vrai, il y a deux jours j’ai eu Janinka au téléphone, c’était pas la forme, je vais la rappeler…

♦ Jeudi Saint 9 avril

« Son père courut se jeter à son cou

et le couvrit de baisers » (Luc 15, 20)

Le temps s’écoulait comme du sable entre les doigts du fils prodigue. Dans un tourbillon, sans même s’en rendre compte, il avait dilapidé tout l’héritage de son père. L’or s’était changé en boue, dans laquelle pataugeaient joyeusement des porcs. Pour son père, au contraire, les heures s’étiraient. Chaque seconde d’absence de son fils le tenaillait d’inquiétude. Passant son temps sur le toit de la maison, il guettait l’instant où il pourrait, enfin, le voir revenir sain et sauf.
Lorsqu’il grandit et cherche son chemin, l’enfant a parfois besoin d’espace et vit l’autonomie sur le mode de la confrontation avec l’autorité. Mais cela n’empêche pas ses parents de continuer à se comporter comme des parents ! Le père du prodigue n’agit pas envers son fils comme face à un adversaire qui contrarie ses plans. Au contraire, il révèle tout l’amour et la compassion dont il est capable. Il reconnaît toujours dans le fuyard son fils. Il sacrifie même une partie de sa vie à l’attendre et célèbre le moment de son retour par un banquet somptueux.
En rassemblant ses apôtres pour un dernier repas, Jésus les fait participer au banquet du Père qui se réjouit du retour de son Fils. Jésus n’est pas le prodigue, mais Il est sorti du Père pour ramener à la maison tous les enfants prodigues que nous sommes.
Cette année, nous ne pourrons pas nous asseoir à la table du Fils, mais nos repas peuvent néanmoins être des repas pascals, qui nous relèvent pour prendre un nouveau départ et revenir transformés vers le Père. La miséricorde de Dieu ne dort pas, elle veille et prépare déjà le festin des retrouvailles en emplissant nos coupes des larmes de sa joie.

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Géraldine : J’ai souvent été révoltée par la société dans laquelle nous vivons, trop rapide, qui me faisait alterner entre pression et dépression. Je l'accusais souvent d'être de plus en plus violente, impersonnelle. Je subissais une fuite en avant. Cela ne pouvait pas durer éternellement, mais jamais je n'aurais imaginé cela. Sortirons-nous grandis de cette épreuve, plus humains, comme le fils prodigue, de retour vers son Père ? Retrouverons-nous l'essentiel de nos vies, notre relation à l'Autre, à Dieu ? La capacité à nous émerveiller dans une vie devenue plus sobre, prendre le temps de vivre, enfin !

♦ Mercredi 8 avril

« Un rameau sortira de la souche de Jessé,père de David » (Isaïe 11, 1)

Lorsque le prophète Isaïe annonce la venue du Messie descendant de David, il la compare à celle d’un bourgeon qui surgit au printemps, dont la puissance de vie parvient à transpercer l’écorce la plus épaisse. Jésus survient, Il est le bourgeon tant attendu, et sa nouveauté trace également son propre chemin, déboussolant au passage les attentes de ceux qui pourtant lui sont tout proches.
Alors qu’Il est encore enfant, Il échappe à la surveillance de ses parents lors du pèlerinage annuel à Jérusalem, parce qu’être un fils obéissant, c’est d’abord pour lui être aux affaires de son Père du Ciel. Ses disciples, malgré trois ans de cohabitation, font la même expérience : reconnaissant en lui le Messie, ils espèrent qu’Il sera ce roi temporel, qui rendra au peuple sa souveraineté. Mais sa royauté n’est pas de ce monde.
La nouveauté de Jésus n’est donc pas simplement le fait de sa naissance, mais elle se révèle à chaque instant de sa vie. Il nous faut certes l'accepter mais aussi en prendre soin. Le bourgeon est aussi, à sa sortie, la partie la plus fragile de l’arbre, que l’on peut, d’un coup d’ongle, arracher. En projetant sur Jésus nos attentes, comme on le ferait pour un enfant, on cherche en fait à habiller l’absolue nouveauté avec les vêtements du passé, à enfermer ce qui jaillit au plus proche de la source de la vie dans des outres déjà anciennes.
Nous aussi avons de quoi être déroutés ces jours-ci : nous voulions vivre la semaine Sainte en communauté, célébrer la Pâques de Jésus, peut-être même être baptisé pendant la nuit de Pâques… Et voilà que Dieu nous demande d’attendre, de vivre cette grâce de Pâques sous une forme nouvelle, inconnue, cachée. Il en va ainsi du Royaume de Dieu. De jour ou de nuit, à notre insu, sa semence germe et grandit.

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Fr. Emmanuel Dumont, op. (Responsable ThéoDom et aumônier de prison) : Le confinement stimule notre imagination. Grâce à la débrouillardise de l’équipe ThéoDom, nous avons produit en un temps record une série vidéo pour la Semaine Sainte. J'ai vu aussi des grands-parents inventer un babysitting par vidéo-conférence pour soulager leurs enfants. Mais parfois la technologie ne peut pas aider. C’est le cas avec les détenus que je rencontrais en prison. Là, il faut reprendre la plume pour garder la relation. C’est peut-être ça le mystère de la résurrection : une nouveauté inépuisable. « Je fais toutes choses nouvelles » dit l’Apocalypse.

♦ Mardi Saint 7 avril

« Parle Seigneur, ton serviteur écoute » (Livre de Samuel 3, 9)

Comme beaucoup d’enfants de son âge, le petit Samuel était au service. Une tâche particulière puisqu’il servait le prêtre Éli dans le temple de Silo, mais l’obéissance qui était attendue de lui était très classique : faire ce que lui disait le prêtre, en supportant son ton agacé, surtout quand il le dérangeait plusieurs fois de suite la nuit pour des mauvais rêves... « Je n’ai pas appelé, retourne te coucher ! » Cette discipline n’était pourtant pour Samuel qu’une école, avant de franchir un cap et de découvrir, en dialogue avec son Seigneur, le vrai sens de l’obéissance.
On peut à raison se méfier de l’obéissance, parfois détournée, pervertie, pour réduire au silence celui à qui on demande d’obéir ou pour éviter toute parole qui remettrait en question la légitimité de celui qui ordonne. L’obéissance c’est pourtant tout le contraire. Obéir, du latin ob-audire, c’est prêter l’oreille, se mettre à l’écoute d’une parole qui résonne en nous, et peu à peu faire naître et grandir notre propre parole. Ainsi, Samuel, à l’écoute de Dieu, est devenu prophète.
Parce qu’Il est Fils, Jésus aussi écoute la voix de son Père. Il lui est obéissant et se fait son serviteur. Mais cette obéissance n’est pas un silence passif ou résigné, c’est une conversation ininterrompue avec le Père, dans laquelle Il nous fait entrer. Exercer une autorité au nom du Fils, c’est donc toujours viser l’autonomie de ceux qui nous sont confiés. C’est à cette condition que pourra naître et s’épanouir leur parole, comme un chant libre et singulier.

*Premier livre de Samuel, ch.3, v. 5

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Isabelle : Petits enfants, petits soucis, grands enfants, grandes joies
Le confinement a entraîné le retour des « grands enfants » à la maison. Nous retrouvons, mon mari et moi, un rythme de vie avec des enfants qui ont quitté le nid familial depuis des années. L’amour qu'ils ont reçu leur a permis de grandir, de s’épanouir et de devenir des adultes libres. Ils ne font pas toujours les choix que nous avions imaginés, mais cela leur appartient… Nous profitons de ce temps exceptionnel pour avoir des discussions bienveillantes, voir qu’ils sont devenus des belles personnes et se dire que, peut-être, nous, parents, nous y sommes pour quelque chose !

♦ Lundi 6 avril

« Le Fils fait seulement ce qu'il voit faire par le Père » (Jean 5, 19)

« Hosanna au Fils de David ! » La foule souhaite la bienvenue à Jésus à Jérusalem, et lui reconnaît un statut très particulier : il est l’héritier du roi David. Jésus assume cette condition de fils en mettant ses pas dans les pas de son père. Il vient avec courage à Jérusalem, sans craindre les autorités religieuses, comme David, encore enfant, s'était avancé sans défense face au géant Goliath. Il se réjouit avec la foule qui agite des rameaux, comme David avait dansé devant l’Arche d’Alliance, la présence la plus sacrée de Dieu, sans se soucier de savoir si cela convenait à un roi.
En bon fils Jésus imite David sans s'enfermer pourtant dans la répétition. Il s'inspire des qualités morales de son aïeul et découvre sa propre vocation de Fils. C’est le génie de l’enfant, de savoir tout à la fois absorber, imiter, pour apprendre les gestes élémentaires, avant de les combiner de façon nouvelle : bouger ses doigts, saisir un objet, puis prendre un feutre pour réaliser une fresque sur le mur du salon !
En temps de crise avoir un modèle est rassurant, encore faut-il pouvoir lui faire porter un fruit neuf et nourrissant. Pour Jésus comme pour David, la capacité de rendre fécond leur héritage s'enracine dans l'assurance de la présence vivante de Dieu dans leur vie. C'est cette relation dont ils ont soif et qui les fortifie dans la joie ou le danger.
Au-delà de toute action concrète, le véritable air de famille qui unit tous les enfants de Dieu est cette relation vivante avec le Père. En entrant dans cette Semaine Sainte si particulière, nous mesurons l'enjeu de toute notre vie spirituelle : dépasser tout modèle pour trouver notre vocation, et refléter le visage du Père en imitant sa liberté.

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Chantal Pithois-Latapie (responsable des rencontres de carême) : Hosanna pour les soignants ! Il est 20 heures, j’ouvre ma fenêtre et je me joins à tous ceux qui acclament chaque soir les soignants. Je retrouve les voisins de ma rue, connus ou inconnus. Des liens se tissent. Une joie circule et nous enveloppe. Nous sommes heureux d’être là et de nous retrouver. Échanges de petits signes de la main, d’un côté à l’autre de la rue. Je nous imagine déjà dans quelques semaines à 20 heures sur le trottoir pour partager un apéritif dans la douceur du soir. N’est-ce pas là un signe d’espérance, un geste de résistance ?

♦ Dimanche 5 avril

« Voici ton roi qui vient vers toi, plein de douceur » (Matthieu 21, 5)

L'enfant roi

Méditation : Jésus entre à Jérusalem, porté en triomphe par tous ceux qui l’ont entendu parler comme aucun autre, qui l’ont vu agir avec puissance, en se faisant proche des plus délaissés. Mais ce triomphe a quelque chose de minimaliste dans les moyens mis en œuvre : un âne sert de monture, quelques manteaux font office de tapis rouge, des branchages tiennent lieu de bannières. On dirait presque un spectacle donné par des enfants, demandant un peu d’imagination, mais auquel le regard des enfants s’ajuste sans peine. « De la bouche des enfants, des tout-petits, Dieu a fait monter sa louange ! »*

En terme de minimalisme, cette année, nous sommes servis ! Plus de messes depuis le 15 mars, pas de procession des rameaux non plus. Il nous est demandé d’improviser, avec les moyens du bord, une nouvelle manière de nous préparer à la fête de Pâques. Et pourtant, aucun de nous, même seul, ne vivra une Semaine Sainte moins importante que l’année dernière. Où que nous soyons nous pouvons la vivre de façon authentique. En nous grandit en effet une soif de libération et l’attente du jour où nous pourrons descendre dans la rue pour crier notre joie, comme les enfants de Jérusalem.

Si tu savais le don de Dieu... Ce don, au terme de ce carême en quarantaine, c’est Jésus lui-même qui s’avance jusqu’à chacune de nos maisons. Pour oser, malgré l’angoisse, communier à la joie des enfants, faisons confiance à leur lucidité spirituelle. Il ne s’agit pas que de naïveté ou d’innocence, c’est un vrai potentiel, une autre façon d’être humain. Qu’il s’agisse des enfants avec qui les parents cohabitent, plus que d’habitude en ce moment, ou des enfants de la Bible, ils peuvent nous inspirer !

Cette semaine, malgré l’aridité du confinement, accueillons notre roi qui vient comme un enfant, mettons-nous à son école, pour apprendre à devenir des enfants, mais aussi pour apprendre avec eux à être pleinement humains, tels que Dieu nous attend.

*Évangile selon saint Matthieu, ch. 21, v.16

CONFINEMENT DANS LA VILLE

Frère Benoît Ente : « Sans doute connaissez-vous Théobule, ce petit chien plein de questions sur Dieu et sur la vie. Il fait la joie des enfants, des parents et des grands-parents. Mais savez-vous comment il est né ? Au couvent de Lille, au cours d'une liturgie pour les enfants, un frère est étonné par la parole des enfants. « Il faudrait diffuser largement ce trésor… » Et depuis, le site Théobule est né où ce sont les enfants qui commentent la Parole de Dieu et instruisent les grands. En ce temps de confinement, Théobule aide de nombreux parents à parler de la foi avec leurs enfants… et inversement. »


Plusieurs de ces rendez-vous seront ensuite en différé sur le site
et dès le dimanche pour plusieurs

Attention, en raison de la Bénédiction des Rameaux, l'horaire de la messe du Jour du Seigneur est avancé à 10h40.

Si vous avez chez vous un brin de rameau, il sera bien sûr béni, même si vous êtes chez vous pour regarder la Bénédiction des Rameaux. Et si vous n'en avez pas, (re)lisez ce beau texte « Les mains vides » (mis sur notre site vendredi 3 avril).

Rameaux : « Nous allons vivre ce dimanche de Rameaux les mains vides. Nous ne viendrons pas acclamer Jésus rentrant à Jérusalem, en élevant nos rameaux de laurier ou de buis… Nous ne viendrons pas dans les églises écouter le récit de la mort de Jésus… Tout se passera dans la discrétion de nos maisons, dans le silence attentif de nos cœurs.
Confinés dans nos appartements et nos maisons nous sommes invités à vivre ces fêtes pascales avec un cœur nouveau. Ce n’est pas nous qui allons nous déplacer. C’est le Seigneur qui viendra et nous l’accueillerons. Il nous enveloppe de sa tendresse ; il nous invite à faire nôtres les sentiments qui étaient les siens en ces jours où son amour est allé jusqu’au bout…
Nos mains seront vides mais nos cœurs déborderont de cette joie et de cette paix que le Seigneur y répandra. Ils rejoindront tous ceux qui cherchent un peu d’amour, de reconnaissance. Dans notre fragilité de confinés, nous nous unirons à la joie de tous ceux qui savent qu’aucun confinement ne peut empêcher Dieu de venir à nous, de nous donner son amitié, sa joie.
Et le Seigneur remplira nos cœurs de sa paix pour que nous puissions porter aussi un peu de paix autour de nous, à travers nos sourires, nos appels téléphoniques, notre prière…
Les écrans de nos télévisions nous montreront nos cathédrales, et en particulier l’Église et la place Saint Pierre à Rome, comme de vastes espaces vides… Et nous entendrons le Seigneur proclamer « heureux les invités au repas du Seigneur »
Et ces espaces vides nous aideront à comprendre qu’il y a de la place dans le cœur de Dieu. Il y a de la place pour tous, y compris pour tous ceux qui ne se savent pas invités. C’est pour tous les hommes qu’il est mort et ressuscité.
Laissons le Christ ressuscité remplir nos vies de sa présence. » (Méditation du Père François Bie-Péré)

Temps forts

♦  Pour les enfants - En famille

  • Avec Théobule, vidéo + coloriages :

https://www.theobule.org/video/les-rameaux-a-jerusalem-mt-21-1-17/623

ou https://www.theobule.org/video/une-anesse-et-son-petit/12

  • Avec Prions en Église

Liturgie de la Parole + coloriage : https://www.prionseneglise.fr/messe-avec-les-enfants

Célébrer les Rameaux en famille à la maison : ICI en PDF ou ci-dessous pour les chants

https://www.prionseneglise.fr/semaine-sainte/celebrer-les-rameaux-a-la-maison

 

Avec notre évêque Marc Aillet à 10h30

Messe des Rameaux avec bénédiction des rameaux sur le site du diocèse

Avec Prions en Église

  • Messe anticipée du dimanche, samedi à 18h00

♦ Avec le Jour du Seigneur sur : France 2

  • Documentaire à 10h30 :

La Semaine Sainte à Jérusalem

  • Messe à 10h45

avec  Mgr Patrick Chauvet (recteur de Notre-Dame) : Texte de l'homélie

Tous n'avait pas pu trouver un rameau pour qu'il soit béni mais, comme l'a dit Mgr Chauvet au Jour du Seigneur pour ceux qui n'avaient pas trouvé de rameau « La bénédiction vous rejoindra, là où vous êtes, elle sert à la sanctification de chacun... »

« ... au début de cette semaine sainte, ce silence de Dieu est espérance. L’espérance n’est pas un mystère d’héroïsme, mais la vertu de l’abandon et de la confiance. S’abandonner à Dieu ne consiste pas à souffrir avec courage, ni même à souffrir tout court, mais accepter d’avoir peur de souffrir. L’espérance ne consiste pas à franchir un obstacle, mais à être parfois écrasé par lui. L’espérance ne consiste pas à déployer de la vertu, mais à voir peut-être toute notre vertu mise en déroute, et à l’accepter avec amour. Et pour accepter avec amour d’être sans force, ce n’est pas de la force qu’il faut, c’est de l’amour et cet amour vient de Dieu. Car l’amour seul nous relève de nos chutes et de nos tombeaux. Oui, en cette célébration qui ouvre la Semaine Sainte, avec la Petite Thérèse de Lisieux, osons dire en nos cœurs : « notre folie à nous, c’est d’espérer ».

Bénédiction + Homélie + PU + Envoi

Documentaire + Messe complète

♦ Avec KTO, beaucoup de rendez-vous dont ceux-ci :

  • Messe à la grotte de Lourdes à 10h00

  • Messe à Rome à 10h58 avec notre Pape suivie de l'Angélus

Texte de l'homélie de notre Pape

Journée Mondiale de la Jeunesse.

« Jésus « s’est anéanti, prenant la condition de serviteur » (Ph 2, 7). Laissons-nous introduire dans les jours saints par ces mots de l’apôtre Paul, où la Parole de Dieu, comme un refrain, montre Jésus comme un serviteur : le Jeudi saint il est le serviteur qui lave les pieds à ses disciples ; le Vendredi saint il est présenté comme le serviteur souffrant et victorieux (cf. Is 52, 13) ; et déjà demain, Isaïe prophétisera de lui : « Voici mon serviteur que je soutiens » (Is 42, 1). Dieu nous a sauvés en nous servant. En général nous pensons que c’est à nous de servir Dieu. Non, c’est lui qui nous a servi gratuitement, parce qu’il nous a aimé en premier. Il est difficile d’aimer sans être aimés. Et il est encore plus difficile de servir si nous ne nous laissons pas servir par Dieu.
Mais – une demande – de quelle façon le Seigneur nous a-t-il servi ? En donnant sa vie pour nous. Nous lui sommes chers et nous lui avons coûté cher. [...]
Voici mon serviteur que je soutiens. Le Père qui a soutenu Jésus dans sa Passion, nous encourage nous aussi dans le service. Certes, aimer, prier, pardonner, prendre soin des autres, en famille comme dans la société, peut coûter. Cela peut sembler un chemin de croix. Mais le chemin du service est le chemin vainqueur, qui nous a sauvés et qui nous sauve, qui nous sauve la vie. Je voudrais le dire spécialement aux jeunes, en cette Journée qui, depuis trente-cinq ans leur est consacrée. Chers amis, regardez les vrais héros, qui apparaissent ces jours-ci : ce ne sont pas ceux qui ont renommée, argent et succès, mais ceux qui se donnent eux-mêmes pour servir les autres. Sentez-vous appelés à mettre en jeu votre vie. N’ayez pas peur de la dépenser pour Dieu et pour les autres, vous y gagnerez ! Parce que la vie est un don qui se reçoit en se donnant. Et parce que la joie la plus grande est de dire oui à l’amour, sans si et sans mais. Dire oui à l’amour, sans si et sans mais. Comme l’a fait Jésus pour nous. »

  • Chapelet à Lourdes à 15h30

  • Messe à Saint Germain l'Auxérrois à 18h30

 avec Mgr Michel Aupetit (archevêque de Paris) (aussi sur Radio Notre Dame)

♦ Avec la Radio RCF

Messe à la chapelle de l'archevêché de Lyon avec Mgr Emmanuel Gobilliard (évêque auxiliaire de Lyon)


 

Messe présidée par Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris,
en l'église Saint-Germain-l'Auxerrois

Pour le diocèse de Bayonne, la célébration est reportée : mai ou ?

Bénédiction des huiles saintes : celle des catéchumènes
et celle des malades et le Saint Chrême

« ... une huile parfumée de la joie et de la dignité d'enfant de Dieu...
l'huile de la force pour les catéchumènes... et pour les malades, l'huile de la paix... »

Dans le rite actuel de la messe chrismale, l’évêque bénit l’huile des malades qui, « avec la bénédiction de Dieu, soulagera le corps, l’âme et l’esprit des malades qui en recevront l’onction ».
Il bénit ensuite l’huile des catéchumènes que l’on utilisera au cours des étapes de la préparation du baptême. Comme l’exprime la prière de bénédiction : « Elle soutiendra les forces de ceux qui sont en marche vers le baptême, afin qu’ils accueillent la Bonne Nouvelle et s’engagent de grand cœur dans l’effort de conversion dans le sacrement qui fera d’eux des enfants du Père ».
Enfin l’évêque consacre, dans une prière solennelle, le saint Chrême. Par lui sera donnée « l’onction » du Christ, qui fait les chrétiens, « membres de Jésus Christ, prêtre, prophète et roi ». Pour les baptisés et les confirmés, il est le signe du don de l’Esprit Saint par la nouvelle naissance dans l’Église. Il est aussi le signe de la consécration au service du Christ et de leurs frères, pour ceux qui sont appelés aux ministères de l’Église, évêques et prêtres.


 

Méditer le Jeudi Saint

Témoignages : Le lavement des pieds

Le lavement des pieds, en mémoire du geste de Jésus le soir de la Cène, est peu pratiqué en dehors de la liturgie du Jeudi saint. Pourtant, les personnes qui l’ont vécu à un autre moment témoignent d’un geste qui a durablement orienté leur vie.

- « La première fois que j’ai reçu le geste du lavement de pieds, c’était au cours d’un pèlerinage en Terre sainte au monastère des sœurs de l’Emmanuel, au pied du mur qui encercle Bethléem, raconte Lauriane Bellon, 26 ans. Les sœurs nous ont accueillis dans leur petite chapelle en apportant chacune des bassines et, tour à tour, se sont agenouillées pour nous laver les pieds. J’ai été bouleversée lorsqu’une des sœurs a versé l’eau fraîche sur mes pieds, les a lavés consciencieusement et séchés avec délicatesse, avant de déposer un baiser dessus en m’adressant un magnifique sourire qui illuminait tout son visage. Chacun de ses gestes était rempli d’amour et d’humilité, empreint d’une grande douceur et d’un profond respect pour mon corps. Recevoir cet amour m’a instantanément donné envie de le rendre en retour. En étant touchée avec tendresse et profond respect et en lavant des pieds à mon tour, j’ai appris que nos corps peuvent transmettre l’amour du Christ. C’est, pour moi, l’un des gestes spirituels qui donnent le plus de sens à l’Évangile. Ce fut une étape décisive dans ma foi mais également dans ma vie, mon rapport à l’autre et au corps. »

- A l'Arche : « Très tôt, les communautés de l’Arche ont adopté ce geste qui symbolise tant de choses : le service, bien sûr, mais aussi l’attention à l’autre, l’amitié et le prendre soin », explique Nicolas de Carné, responsable de l’Arche dans la région Ouest. Les communautés de l’Arche perpétuent ce geste en relisant le texte d’évangile. « Chaque fois, nous creusons un peu plus son sens en même temps que nous approfondissons nos relations mutuelles. C’est un moment de communion et de grâce incroyable. »

- En couple : Les trois témoignages ici en PDF

La bibliste Marie-Noëlle Thabut lit et commente l'intégralité des lectures du Jeudi Saint.

Temps forts

♦  Pour les enfants - En famille

  • Avec Théobule, vidéo + coloriages :

https://www.theobule.org/video/le-lavement-des-pieds/189

  • Avec Prions en Église

Liturgie de la Parole + coloriage : https://www.prionseneglise.fr/en-famille

+ 7 chants pour enfants

 

Bénédiction de la ville de Paris et du monde

Depuis la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, l'archevêque de Paris Mgr Michel Aupetit a béni la ville de Paris (et au-delà), en ce temps douloureux d'épidémie de coronavirus. En ce jeudi saint 9 avril, où les fidèles ne peuvent assister aux célébrations pascales à cause du confinement, cette bénédiction a été donnée à la suite d'une prière devant le saint sacrement sur le parvis de la basilique. Retrouvez dans cette vidéo un extrait de la prière récitée en présence des évêques auxiliaires et des vicaires généraux du diocèse de Paris, ainsi que du recteur de la basilique et la communauté des bénédictines de Montmartre.

 

Le Jeudi Saint, l’Église célèbre la messe en mémoire de la Cène du Seigneur, dernier repas avec ses disciples. Le Christ institue l’Eucharistie et le sacerdoce. Par l’Eucharistie, sous la forme du pain et du vin consacrés, le Christ offre son corps et son sang pour le Salut du monde.
Cette année, le rite du lavement des pieds n’aura pas lieu en raison des mesures sanitaires contre le coronavirus, alors que chaque année le Pape François faisait ce geste dans une prison. Ce rite rappelle le geste de Jésus vis-à-vis de ses apôtres. Ce geste dit mieux qu’un long discours que le sacerdoce et la vie chrétienne sont des services.
Le Jeudi Saint est la fête du sacerdoce, fête de tous les prêtres.

Avec Prions en Église

  • Célébration de la Cène à 20h00 suivie d'un temps d'adoration

            (avec des temps de silence et quelques refrains de Taizé)

En direct sur https://www.facebook.com/prionseneglise.fr/

+ 9 chants pour veiller + 7 pièces musicales pour méditer  :

https://www.prionseneglise.fr/semaine-sainte

♦ Avec KTO, beaucoup de rendez-vous dont ceux-ci :

  • Chapelet à Lourdes à 15h30

 

  • Célébration de la Cène à Rome à 18h00

avec une pensée pour les 60 prêtres italiens morts auprès des malades...

 

Homélie du Pape François

  • L'heure Sainte de Gethsemani à Jérusalem à 21h00

En direct de Gethsémani, à Jérusalem, où Jésus passa sa dernière nuit, avant d'être arrêté. Dans la basilique bâtie sur ce Mont des oliviers, les frères de la Custodie Franciscaine de Terre Sainte méditeront 3 passages des évangiles : la prédiction du reniement de Pierre, la prière et l'agonie du Christ et son arrestation. (Production : Christian Media Center)

Le rocher de l'agonie a été recouvert de pétales de roses rouges pour rappeler la Parole de l’Évangile (Luc 22, 44) : « Jésus est entré en agonie et il prie plus intensément ; sa sueur se change en gouttes de sang qui tombent à terre »

 

 


 

Méditer le Vendredi saint

Témoignage : Véronique de Fombelle

« La mort dans l’âme, j’ai choisi la vie »
73 ans, thérapeute, auteur de Pour qu’un ciel flamboie (Éd. L’Iconoclaste, 2018)

La douleur n’est plus à vif, mais elle subsiste, incicatrisable. Il y a vingt-deux ans, quand Laurent, mon mari, est mort d’un cancer, un poignard s’est planté dans mon cœur. Aujourd’hui, le poignard s’est retiré, mais la béance est toujours là, signe que je ne l’ai ni oublié ni remplacé.

Nous avons eu la chance de partager pendant vingt-sept ans une vie conjugale très heureuse et d’accueillir cinq enfants. La nuit de sa mort, j’ai demandé à Laurent qu’il continue à jouer son rôle de père et d’époux. Il m’a répondu en me regardant au fond des yeux : « Je te le promets. » Depuis, j’ai découvert à quel point notre amour continue de rayonner bien au-delà de notre sphère familiale. Je ne me raconte pas d’histoire. Laurent n’est plus là. La chair manque sérieusement et le silence est terrible. Mais mon mari est quand même très présent et ma vie conjugale se poursuit autrement.

Ce n’est pas rien d’avoir sa moitié au Ciel. Je sais que Laurent est dans le cœur de Dieu. C’est là, dans la prière, que je le retrouve quand je veux partager avec lui. J’invoque d’abord l’Esprit Saint, je lis un texte de la Bible. Je passe par Dieu pour rejoindre mon mari. Puis je prends un long moment avec lui, je lui parle et j’essaie de l’écouter. Laurent me tire vers mon accomplissement. Depuis qu’il n’est plus là, j’ai le pied ailé. J’accompagne énormément de personnes grâce à mon métier de thérapeute que je n’aurais sans doute pas exercé sans ce drame dans ma vie. Mon livre aussi est un exemple de cet amour qui s’est élargi. Je suis convaincue que nous l’avons écrit à quatre mains. À chaque fois que je m’installais pour écrire, je commençais par une courte prière à Laurent : « Je ne veux rien écrire que tu ne pourrais signer. Guide ma main. »

Quand Laurent était encore avec nous, une nuit, j’ai eu la certitude qu’il allait mourir. Désespérée, je me suis mise à genoux devant le crucifix : « Seigneur puisqu’il meurt, je meurs aussi ! » Je me sentais happée vers l’abîme, précipitée le long de ses parois. Alors, j’ai entendu la Parole : « Je mets devant toi la vie et la mort, le bonheur et le malheur. Choisis la vie » (Dt 30, 19). Elle a stoppé ma chute. J’ai rendu les armes et, la mort dans l’âme, j’ai choisi la vie. Depuis vingt-deux ans, je suis fidèle à ce choix. J’ai vraiment l’impression d’être passée par la mort pour ressusciter autrement au prix du renoncement à tous mes plans, nos beaux projets. Laurent est mort en offrant sa vie. Il m’a fallu du temps pour accepter qu’il ne m’appartienne plus exclusivement. J’aime mon mari autrement mieux et de façon plus féconde aujourd’hui.

Propos recueillis par Florence Chatel pour Panorama

Marie-Noëlle Thabut lit et commente l’intégralité des lectures du Vendredi saint.

Temps forts

♦  Pour les enfants - En famille

  • Avec Théobule, vidéo + coloriages :

Procès de Jésus et reniement de Pierre

+ https://www.theobule.org/video/jesus-et-le-bon-larron/453

  • Avec Prions en Église

Liturgie de la Parole + coloriage : https://www.prionseneglise.fr/en-famille

+ 6 chants pour veiller pour enfants

+ Chemin de Croix à faire en famille :

https://www.prionseneglise.fr/semaine-sainte 

  • Avec KTO

L'incroyable histoire de Jésus (vidéo dès parution du code)

 

 

♦ Avec Prions en Église

  • Célébration de l'office de la Passion à 15h00

En direct sur https://www.facebook.com/prionseneglise.fr/

et un peu plus tard dans l'après-midi sur internet

+ 8 chants pour veiller + 8 pièces musicales pour méditer 

+ Chemin de Croix d'Amélie Nothomb : https://www.prionseneglise.fr/semaine-sainte

et un Chemin de Croix en vidéo 

♦ Avec KTO, beaucoup de rendez-vous dont ceux-ci :

  • La Sainte Couronne d'épines à Notre Dame de Paris à 11h30

 Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, vénèrera la Sainte Couronne d’épines au coeur de la cathédrale Notre-Dame de Paris, à quelques jours du 1er anniversaire de l’incendie qui a ravagé l’édifice en 2019. Accompagné de Mgr Patrick Chauvet, recteur de la cathédrale et de Mgr Denis Jachiet, évêque auxiliaire de Paris, l’archevêque vénèrera la Sainte Couronne d’épines, sauvée des flammes de l’incendie.
Un temps de méditation suivra : des textes d’auteurs tels que Marie-Noël, Paul Claudel, Charles Péguy ou Mère Teresa seront lus par les comédiens Judith Chemla et par Philippe Torreton avec, en alternance, des pièces de musique interprétées par Renaud Capuçon. Production BFM TV. En direct sur BFM et sur KTO.

Cinq Paroles pour guider cette magnifique méditation :

« Père, pardonne-leur » : La Vierge à midi de Paul Claudel
« Femme, voici ton Fils... Voici ta Mère » : La prière de Francis Jammes
« J'ai soif ! » : Testament spirituel de Mère Teresa
« Tout est achevé » : Prière du malade pour ses médecins, Marie-Noël
« Père, entre tes mains, je remets mon esprit » : Le porche de Charles Péguy

Mgr Aupetit : « Seigneur, que cette épreuve nous apprenne à vivre ce que tu nous as appris : "Aimez-vous les uns les autres". Oui, apprends-nous, Seigneur, à nous aimer davantage, et nous pourrons alors dire ce qu'a dit ce grand mystique Saint Jean-de-la-Croix : "Je crois seulement qu'un grand amour m'attend" »

  • Chemin de Croix à Lourdes à 15h00

 

  • Célébration de la Passion à Rome à 18h00

 

  • Chemin de Croix à Rome à 21h00

Un Chemin de Croix sur les crucifixions dans la vie des hommes. Il a été préparé par l'aumônerie d'une prison de Rome. 14 personnes ont témoigné : 5 personnes détenues, une famille victime d'un crime d'homicide, la fille d'un homme condamné à perpétuité, une éducatrice de la prison, un magistrat de surveillance, la mère d'une personne détenue, un catéchiste, un frère volontaire, un agent de police pénitentiaire et un prêtre accusé puis absout définitivement par la justice après 8 ans de procédure.
Introduction : « Accompagner le Christ sur le chemin de la Croix, avec la voix rauque des gens qui habitent le monde des prisons, est l'occasion d'assister au duel prodigieux entre la vie et la mort, en découvrant comment les fils du bien s'entrecroisent inévitablement avec les fils du mal. Contempler le calvaire depuis derrière les barreaux, c'est croire qu'une vie entière peut se jouer en peu d'instants, comme il est arrivé au bon larron.
Il suffira de remplit ces instants de vérité ; le repentir pour la faute commise ; la conviction que la mort n'est pas pour toujours ; la certitude que le Christ est l'innocent injustement moqué. Tout est possible à celui qui croit, parce que, même dans l'obscurité des prisons, résonne encore l'annonce pleine d'espérance : rien n'est impossible à Dieu...
Ce soir, dans le silence des prisons, la voix d'un seul veut devenir la voix de tous...
Tous, même les condamnés, nous sommes fils de la même humanité... »

 

Méditations du chemin de croix ici

 

 


 

Avec Prions en Église

  • Le Samedi Saint :

- Célébration de l’Office des lectures de la descente aux enfers , en direct, à 9h

- Célébration de la Veillée Pascale, en direct, à 20h

  • Le dimanche de Pâques :

- Célébration de la Messe de Pâques avec les pèlerins d’Emmaüs, en direct, à 18h

Le Jour du Seigneur

  • Le dimanche de Pâques sur France 2

- Messe de la Résurrection à11h00, en Eurovision depuis le studio du Jour du Seigneur avec Mgr Eric de Moulins Beaufort.

Homélie + PU + message + envoi

Texte de l'homélie

Messe complète + Documentaire

- Bénédiction Urbi et Orbi à midi (ci-dessous dans KTO)

- puis documentaire : « Les cathédrales relevées »

♦ Avec KTO

  • Le Samedi Saint

- Office de la descente aux enfers à 12h30, en direct de Saint Gervais, avec les fraternités franciscaines de Jérusalem

- Chapelet à la grotte de Lourdes à 15h30

- Ostension exceptionnelle du Suaire de Turin à 17h00 : le Saint-Suaire a été exposé à la vénération des fidèles lors d’une prière en direct sur les réseaux...

- Vigile pascale à 21h00, à Saint-Germain-l'Auxerrois, présidée par Mgr Michel Aupetit

- Vigile pascale à Rome : homélie du Pape

  • Le dimanche de Pâques

- Message du Conseil des Églises Chrétiennes en France

Le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération Protestante de France, le Métropolite orthodoxe Emmanuel et Mgr Eric de Moulins Beaufort délivrent ensemble un message aux chrétiens en cette fête de Pâques.

« Soyez sans crainte, vous. Je sais que vous cherchez Jésus, le crucifié. Il n'est pas ici, car Il est ressuscité comme Il l'avait dit venez voir l'endroit où Il gisait. Puis, vite allez dire à ses disciples « Il est ressuscité des morts et voici qu'Il vous précède en Galilée c'est là que vous le verrez. » (Matthieu 28, 5-7)

En ce jour de Pâques, alors que les chrétiens célèbrent la Résurrection du Christ Jésus, le Conseil d'Églises Chrétiennes en France, en lien avec les hommes et les femmes de toutes les Églises, œuvres et mouvements chrétiens dans leur grande diversité, exprime son soutien à chacune et à chacun dans la prière et l'espérance.

Le monde est entré depuis plusieurs mois dans la lutte contre le coronavirus. Nos pensées et nos prières vont vers les malades et tous ceux qui ont perdu un parent ou un proche.
Cette pandémie révèle le courage et le dévouement des médecins, des infirmières des infirmiers de tout le personnel des hôpitaux, des EHPAD, des cabinets médicaux, des chercheurs Nous saluons aussi celles et ceux qui par leur présence au travail et leurs gestes de solidarité répondent aux besoins de tous, rendent de multiples services font vivre l'économie de notre pays, permettent notre approvisionnement et assurent la cohésion de notre société.

Nous n'oublions pas ceux qui vivent dans la rue, ainsi que les migrants dans notre pays et aux portes de l'Europe.
Nous prions instamment aussi pour les autorités de notre pays et les dirigeants de toutes les nations pour que sagesse et discernement guident leurs décisions et pour que les forces soient données à tous de mener leur mission.

Après les jours de la Passion, cheminons avec le Christ ressuscité Cette année nous ne pourrons pas nous rassembler pour célébrer Pâques. Cependant notre regard n'est pas « confiné » sur cette crise sanitaire ni sur nous-mêmes. Au cœur de cette épreuve, nous proclamons ensemble notre espérance.
Jésus Christ nous précède et vient à notre rencontre, Il nous accompagne et suscite en nous la paix et la persévérance. Il renforce en nous et entre nous la fraternité, Il ouvre en nous la joie du partage et de l'attention aux autres.

Nous encourageons chaque membre de nos Églises à continuer à inventer ensemble dans cette période de distanciation, des signes visibles de fraternité, une éthique de solidarité de charité et d'unité lecture commune de la Bible, temps de prière partagés, chaînes téléphoniques pour prendre soin les uns des autres, etc.
Nous exhortons chacune et chacun à mettre tout en œuvre pour être disponibles auprès de celles et ceux qui en ont le plus besoin, en mutualisant les ressources et les moyens disponibles dans cette situation de confinement.

Nous rendons grâces au Seigneur, en communion les uns avec les autres, pour sa présence agissante dans nos vies, au cœur même des épreuves.
Le Christ met sa lumière dans nos ténèbres Christ est ressuscité, Il est vraiment ressuscité

Pasteur François Clavairoly, Métropolite Emmanuel, Mgr Eric de Moulins Beaufort
Co présidents du CÉCEF

- Messe de la Résurrection en direct de Lourdes à 10h00

- Messe de la Résurrection en direct de Rome à 11h00

Deux diacres apportent les Évangiles pour une lecture en latin et en grec

suivie de la « Bénédiction Urbi et Orbi à la ville et au monde » , à midi
Elle est donnée par le pape François. En ce jour de Pâques, où une partie de l'humanité se trouve confinée face à la pandémie de coronavirus, cette bénédiction prend à nouveau un caractère très particulier. Le pape François avait choisi de donner une Bénédiction Urbi et Orbi exceptionnelle le vendredi 27 mars dernier. En ce dimanche 12 avril, cette nouvelle bénédiction a pu également être vécue à travers la télévision, vers midi, en direct de la Basilique Saint-Pierre.

Message du pape François

- Chapelet à la grotte de Lourdes à 15h30

- Messe de la Résurrection en direct de Saint-Germain-l'Auxerrois, à 18h30

 


 

Message de notre Pape François pour la Semaine Sainte

Tous les textes suivants sont complets en PDF pour pouvoir être imprimés

Extraits

- La mort peut nous confiner mais ne peut pas nous anéantir (Abbé Jean Casanave)

« Il paraissait bien grand ce cimetière de village en ce matin de printemps. Une petite poignée d’affligés accompagnaient une mère et grand-mère, nonagénaire, jusqu’à sa dernière demeure. Ils auraient bien voulu se serrer les coudes mais c’était interdit. Ils étaient doublement peinés. Non seulement par la perte de leur être cher mais aussi par le service réduit imposé par l’épidémie. Le contraste était saisissant entre la longévité d’une belle et riche vie et la brièveté de l’au-revoir. Combien de Berthe, de Rose et de Félix qui ont vécu sans tapage sont partis sans bruit ces temps-ci !...

- Conversation, pleine de sagesse entre l'Univers et le Coronavirus... (par Nana, l'Art d'être Soi)

« ... C : comment vais-je me transmettre ?
U : par le contact humain.. Si les gens s’embrassent, se touchent...
C : bizarre Univers, là je ne te suis pas, tu veux recréer du lien mais tu éloignes les gens ?
U : Petit, regarde aujourd’hui comment les hommes fonctionnent. Tu crois que le lien existe encore ? Le lien passe par le virtuel et les écrans. Même quand les hommes se promènent, ils ne regardent plus la nature mais leur téléphone... A part s’embrasser il ne restait plus grand chose du lien... alors je vais couper ce qui leur restait de lien et je vais exagérer leur travers ... en restant confinés chez eux, fort à parier qu’au départ ils se régalent des écrans, mais qu’au bout de plusieurs jours ils satureront... lèveront les yeux... découvriront qu’ils ont une famille, des voisins ... et qu’ils ouvriront leur fenêtre pour juste regarder la nature... »

- Porter dans la prière ceux qui souffrent... (Moines et moniales confinées au Mont Saint Michel)

« ... Plus que jamais, la prière est « notre premier métier »... Rester ancré dans le réel, faire ce qu'on a à faire... Nous mesurons la chance d’être confiné dans un tel lieu ! Nous portons d’autant plus dans la prière ceux qui souffrent gravement du confinement (prisonniers, personnes âgées sans visites, familles où le confinement exacerbe un climat de violence, et tant  d’autres …). Nous n’avons pas le droit de nous absenter de la peine des hommes et de ceux qui luttent avec courage contre cette pandémie,  ni de fuir la réalité de la mort des victimes et la peine des endeuillés... Voici qu’il nous faut apprendre à vivre de peu... Ici au Mont, nous veillons avec et pour tous... »

Prière de Gratitude (d'une Américaine)    

« Seigneur, nous sommes reconnaissants pour nos yeux qui peuvent regarder et méditer... pour le trésor des êtres chers qui, par leur ouverture de cœur et leur compréhension, nous ont encouragés à être qui nous sommes... pour les yeux de la foi...
Dieu fidèle, tu nous as enveloppé de ton amour infini. Rends-nous conscients du fait que tu tiens toujours tes promesses. Dans nos jours difficiles, aide-nous à nous souvenir que tu es le refuge des sans-abri, le réconfort des laissés pour compte. Et dans nos jours de joie, remplis-nous d'une profonde gratitude envers ton Amour sans faille, nous donnant de partager ta grâce avec ceux qui ont besoin d'un geste d'amour généreux. »

- Après (d'un prêtre de Bordeaux Pierre-Alain Lejeune)

« Et tout s’est arrêté... Ce monde lancé comme un bolide dans sa course folle, ce monde dont nous savions tous qu’il courait à sa perte mais dont personne ne trouvait le bouton ‘ arrêt d’urgence ‘, cette gigantesque machine a soudainement été stoppée net. A cause d’une toute petite bête, un tout petit parasite invisible à l’œil nu, un petit virus de rien du tout… Quelle ironie ! Et nous voilà contraints à ne plus bouger et à ne plus rien faire. Mais que va t-il se passer après ? Lorsque le monde va reprendre sa marche ; après, lorsque la vilaine petite bête aura été vaincue ? A quoi ressemblera notre vie après ?
Après ?
Nous souvenant de ce que nous aurons vécu dans ce long confinement, nous déciderons d’un jour dans la semaine où nous cesserons de travailler car nous aurons redécouvert comme il est bon de s’arrêter ; un long jour pour goûter le temps qui passe et les autres qui nous entourent. Et nous appellerons cela le dimanche... Après ?... Après ?... »

- Les mains vides (de l'abbé François Biès-Péré)

« Rameaux : « Nous allons vivre ce dimanche de Rameaux les mains vides. Nous ne viendrons pas acclamer Jésus rentrant à Jérusalem, en élevant nos rameaux de laurier ou de buis… Nous ne viendrons pas dans les églises écouter le récit de la mort de Jésus… Tout se passera dans la discrétion de nos maisons, dans le silence attentif de nos cœurs.
Confinés dans nos appartements et nos maisons nous sommes invités à vivre ces fêtes pascales avec un cœur nouveau. Ce n’est pas nous qui allons nous déplacer. C’est le Seigneur qui viendra et nous l’accueillerons. Il nous enveloppe de sa tendresse ; il nous invite à faire nôtres les sentiments qui étaient les siens en ces jours où son amour est allé jusqu’au bout…
Nos mains seront vides mais nos cœurs déborderont de cette joie et de cette paix que le Seigneur y répandra. Ils rejoindront tous ceux qui cherchent un peu d’amour, de reconnaissance.