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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

 

5e thème biblique : la Paix

A partir de lundi 21 septembre, nous méditerons des textes bibliques sur le thème de la "paix" avec le frère Antoine de la Fayolle du couvent de Rennes.

Prieur du couvent de Rennes, le frère Antoine de la Fayolle a exercé les ministères d’aumônier d’étudiants, de formateur de frères dominicains et de producteur TV.

Présentation du thème

(En fonction de mes disponibilités, il se peut que sur ce site il y ait parfois un peu de retard)

♦ Lundi 28 septembre

Paix-La paix comme un festin

Moins, c'est plus

Texte biblique : Proverbes 17, 1

Mieux vaut du pain sec, et la paix, qu’une salle de banquet pleine de discorde.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Il y a ce qui remplit le ventre, il y a ce qui remplit le cœur. Il y a le fonctionnement physiologique, il y a le sens d’une vie. C’est bien ce que nous rappelle le pape François avec l’encyclique Laudato si’ : « moins c’est plus ! »*. La surabondance des biens, si elle conjure la peur de manquer, n’apporte pas la paix. « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »**

Le manque nous hypnotise en jouant sur le désir de posséder, de savoir. Nous devenons incapables de nous réjouir de ce qui nous est donné parce que nous regardons tout ce qui nous manque. Tels des zombies insatiables nous vivons hors de notre vie.

Nous avons à vivre une véritable conversion du regard pour nous émerveiller de ce qui nous est donné. C’est le chemin de saint François devenu capable d’écrire le cantique des créatures alors qu’il était malade, quasi aveugle à la fin de sa vie.

Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère Soleil.
par qui tu nous donnes le jour, la lumière :
il est beau, rayonnant d’une grande splendeur,
et de toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole.

Quelle paix intérieure transfigurait toutes ses épreuves ! L’émerveillement de la vie, de la création l’ont bouleversé ; devinant la main de Dieu dans la création, il est devenu capable de recevoir l’amour de Dieu et d’en être illuminé. Fort de l’amour de Dieu, de l’amour qu’est Dieu, les tourments de la vie n’ont plus eu prise sur sa vie. Le corps stigmatisé, décharné, mais le cœur en paix, il a rayonné de l’amour de Dieu.

Garde mon âme dans la paix, près de Toi, Seigneur !

*Encyclique Laudato si’, §222.
**Évangile selon saint Matthieu 4, 4.

♦ Vendredi 25 septembre

Tout m'est donné

Texte biblique : Isaïe 54, 7-10

Un court instant, je t’avais abandonnée, mais dans ma grande tendresse, je te ramènerai. Quand ma colère a débordé, un instant, je t’avais caché ma face. Mais dans mon éternelle fidélité, je te montre ma tendresse, – dit le Seigneur, ton rédempteur. Je ferai comme au temps de Noé, quand j’ai juré que les eaux ne submergeraient plus la terre : de même, je jure de ne plus m’irriter contre toi, et de ne plus te menacer. Même si les montagnes s’écartaient, si les collines s’ébranlaient, ma fidélité ne s’écarterait pas de toi, mon alliance de paix ne serait pas ébranlée, – dit le Seigneur, qui te montre sa tendresse.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

La Bible prête à Dieu des sentiments humains ; les auteurs de la Bible parlent à partir de leur expérience. Grâce à eux, Dieu se fait connaître à travers les mots des hommes. Dieu se donne à connaître, comme en filigrane, à travers les expériences que connaissent les hommes et les femmes de notre monde.

Si Dieu est plus l’aimant que l’aimé, son amour reste inconditionnel ; Dieu aime son peuple bien que le peuple l’oublie souvent : l’amour n’est pas aimé ! Son amour n’est pas un vague sentiment mystico-gazeux. C’est dans l’âpreté de la vie éprouvée qu’il s’agit de tenir bon. Isaïe encourage les Juifs exilés à Babylone à tenir bon dans l’espérance. À ceux-ci qui croient être abandonnés par Dieu, il rappelle l’amour infaillible de Dieu.

En Jésus, nous croyons que l’amour de Dieu a vaincu le mal, la mort. En Jésus, la paix nous est donnée. Saint Paul a fait l’expérience de cette paix : « J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. »* Voilà où s’enracine cette paix promise aux amis de Dieu, paix du cœur acquise par l’alliance scellée dans l’offrande du Christ.

Le bienheureux Giorgio Frassati l’avait bien compris : lorsqu’on a la paix du cœur, on a tout le reste !

Béni sois-tu, Seigneur, pour ton amour qui m’est encore offert aujourd’hui. Avec lui, je n’ai rien à perdre aujourd’hui ; au contraire, tout m’est donné !

*Lettre de saint Paul aux Romains 8, 35-39.

♦ Mercredi 23 septembre

La paix par ricochet

Texte biblique : Psaume 121

Quelle joie quand on m'a dit : « Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem !
Jérusalem, te voici dans tes murs : ville où tout ensemble ne fait qu’un !
C'est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur,
là qu'Israël doit rendre grâce au nom du Seigneur.
C'est là le siège du droit, le siège de la maison de David.
Appelez le bonheur sur Jérusalem : « Paix à ceux qui t'aiment !
Que la paix règne dans tes murs, le bonheur dans tes palais ! »
A cause de mes frères et de mes proches, je dirai : « Paix sur toi ! »
A cause de la maison du Seigneur notre Dieu, je désire ton bien.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Les Juifs récitent tout particulièrement ce psaume quand ils sont en pèlerinage vers Jérusalem. Ce qui se dit de la fin d’une marche peut également se dire de la fin d’une vie, d’un but, d’une existence. De même que tout pèlerin aspire au repos après la fatigue de la route, de même tout homme de Dieu souhaite au terme de sa vie pouvoir se reposer en Dieu. Et pour tenir bon, le pèlerin est invité à lever les yeux et à regarder plus loin que sa fatigue ; il est invité à prendre soin de cette ville sainte, à prendre soin de tous ceux qui cheminent vers elle, tant physiquement que spirituellement.

« Paix à ceux qui t’aiment… à cause de mes frères et de mes proches, je dirai : “paix sur toi !” »

Voici une bien étrange bénédiction. Appeler la bénédiction sur Jérusalem, pour ceux qui aiment cette ville sainte. Une bénédiction par ricochet : « à cause de mes frères et de mes proches, je dirai : “Paix sur toi” ». J’appelle la paix sur Jérusalem parce que si elle est en paix, elle pourra faire du bien à tous ceux qui l’aiment.

Indice de la largeur de l’amour de Dieu : pour aimer l’un, il n’a pas besoin de moins aimer un autre. Quand il aime l’un, son amour se tourne en même temps vers l’aimé et sur celui qui est à côté. Profondeur de l’amour de Dieu qui à la fois pacifie le violent et stimule l’endormi. Son action multiforme appelle à l’existence en même temps qu’elle accompagne le vieillard dans son repos.

Puissions-nous aujourd’hui comprendre que la paix de Dieu, fruit de son amour, nous est donnée durant notre marche, qu’elle est à portée de cœur !

♦ Lundi 21 septembre

Bien dire

Texte biblique : Nombres 6, 22-27

Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Parle à Aaron et à ses fils. Tu leur diras : Voici en quels termes vous bénirez les fils d’Israël : “Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix !” Ils invoqueront ainsi mon nom sur les fils d'Israël, et moi, je les bénirai. »

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Bénir : Benedicere en latin : bene-dicere, dire du bien : il ne s’agit pas de dire de jolis mots, mais de rappeler la bonté fondamentale de l’existence d’une personne, d’une chose. C’est rappeler que Dieu a voulu que cette personne, que cette chose existent ! Qu’elle sorte du néant pour être, pour participer à la création voulue par Dieu, expression de son désir, de la grandeur de son cœur !

Bénir, c’est comme effacer les incompréhensions qui empêchent nos cœurs et nos yeux de voir la main de Dieu à l’œuvre dans le monde. Bénir en appelant la paix sur une personne, un peuple, un pays, c’est rappeler ce projet de Dieu initial. Si le désir de paix habite le cœur de toute personne, la vie nous montre qu’une chose est de désirer vivre en paix, et autre chose est d’agir pour la paix.

Parmi les consignes qui sont données aux fils de la tribu de Lévi – après que la Loi eut été donnée à Moïse – l’une d’elles concerne justement la paix. Cette paix que Dieu donne est liée à la présence de Dieu : que le Seigneur fasse briller sur toi son visage ; cette paix est liée à la bienveillance de Dieu : qu’il te prenne en grâce ; cette paix est liée au regard de Dieu : que le Seigneur tourne vers toi son visage.

La mission initialement donnée aux fils d’Aaron n’est pas un monopole ! Chaque homme, chaque femme, enfant de Dieu est appelé à participer à cette œuvre de bénédiction, de dévoilement de la présence de Dieu ici et maintenant dans notre monde !

En ce jour que le Seigneur a fait, puissé-je moi aussi dire une parole de bénédiction !

4e thème biblique : la Vérité

A partir de lundi 31 août, après la pause du mois d'août, nous reprenons Lumières dans la Bible, notre nouvelle proposition de mini-retraites de 3 semaines sur des thèmes bibliques.

Catherine Masson, laïque dominicaine, aborde ici le thème de la «Vérité» dans la Bible. Elle médite des textes choisis dans l'Ancien et le Nouveau Testament pour vous guider dans votre vie spirituelle et aussi vous permettre de trouver davantage Dieu dans votre vie quotidienne.

Présentation du thème

♦ Vendredi 18 septembre

Appartenir à la vérité

Texte biblique : Jean 18, 37-38

Pilate dit à Jésus : « Alors, tu es roi ? » Il répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. » Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Nous sommes au terme de notre parcours sur le mot « vérité » avec peut-être l’idée que maintenant nous savons ce qu’il signifie dans la Bible. Et pourtant, avec saint Jean, nous revenons à la question de départ : « Qu’est-ce que la vérité ? ». Après avoir utilisé ce mot 24 fois dans son évangile, il le reprend une dernière fois avec cette question. C’est Pilate qui la pose à Jésus, tandis que celui-ci vient de lui dire « quiconque appartient à la vérité, écoute ma voix ». Sans doute Pilate n’en attend-il pas de réponse, et Jésus ne lui répond pas. Il le laisse sortir sur cette question, comme peut-être il nous laisse aujourd’hui.Mais ce silence n’est-il pas aussi pour nous une invitation à lever à nouveau notre regard vers le Christ ? En fait, Jésus a déjà répondu à Pilate lorsqu’il lui a dit ce que signifie être roi dans la vérité. Peut-être Pilate aurait-il pu saisir cette vérité dans un regard attentif porté sur celui qu’il avait en face de lui, « un regard où l’âme se vide de tout contenu propre pour recevoir en elle-même l’être qu’elle regarde tel qu’il est, dans toute sa vérité* », c’est-à-dire le Christ, en tant qu’il est la réalité éternelle de toute chose, en Dieu.

Jésus nous laisse donc avec la question pour que nous nous interrogions sur notre appartenance à la vérité, sans cesser d’écouter sa voix : comment je cherche, mais surtout comment j’accueille la vérité qui m’est donnée ? Les croyants peuvent reconnaître la vérité parce qu’ils savent qu’ils ont leur origine en Dieu. Je reçois la vérité parce qu’elle correspond à ce que je suis en Dieu.

*Simone Weil, L’attente de Dieu.

♦ Mercredi 16 septembre

La vérité de ma vie

Texte biblique : Jean 16, 12-15

J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Jésus vient de partager un dernier repas avec les disciples. Il leur a lavé les pieds et tandis que Judas part accomplir sa trahison, il s’adresse une dernière fois aux disciples rassemblés. Il les connaît, avec leurs forces et leurs faiblesses. Ils se souviendront de ces paroles fortes. Pour l’instant, ils ne sont pas encore prêts à en assumer la vérité, celle de leur prochaine fuite tandis que Jésus meurt sur la Croix et que tout espoir semble désormais vain. La vérité est celle de l’incommensurabilité du don que Jésus leur fait de sa vie. Il leur a dit : « je suis le chemin », mais désemparés, ils vont s’égarer du chemin. Cependant, lorsqu’à la Pentecôte ils recevront la plénitude de l’Esprit qu’il a promise, ils comprendront et à leur tour emprunteront ce chemin de vie dont la vérité passe par la mort.Baptisés, confirmés, nous avons reçu cet esprit qui ouvre à chacun de nous le chemin de la vérité de sa vie en Christ. Sans doute sommes-nous encore souvent incapables de porter le message de Jésus. Rassurons-nous, nous ne sommes pas plus forts que les Apôtres qui, trois années durant, ont vécu quotidiennement avec lui et qui, lorsqu’il meurt sur la Croix, n’ont toujours rien compris. Mais comme eux, comme Saul sur le chemin de Damas, laissons la lumière surgir dans nos vies et les transformer. Comme « Marie » qui entend son nom prononcé par celui qu’elle croit être le jardinier, comme les disciples qui découvrent le tombeau vide, comme ceux d’Emmaüs qui le reconnaissent à la fraction du pain, Thomas aux cicatrices de ses blessures, ou d’autres enfin à la proclamation de la parole sous l’effet de l’Esprit, soyons de ceux qui accueillent en eux la vérité de leur vie toute reçue et toute donnée désormais.

♦ Lundi 14 septembre

Il te cherche en vérité

Texte biblique : Jean 4, 23-26

L’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. » Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. »

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Jésus parle avec une femme samaritaine venue chercher de l’eau en plein midi là où lui-même se repose. Cette conversation révèle à la femme la place qu’elle tient dans la relation entre Jésus et son Père. Extraordinaire ! Jésus lui dit – et donc à nous aussi – que le Père recherche de vrais adorateurs et donc d’abord qu’il les cherche, qu’il nous cherche. Remettons les choses à leur place, nous qui cherchons Dieu – ce que nous évoquions dans la méditation précédente –. La vérité est que c’est lui qui nous cherche, qui me cherche et attend de moi que je reconnaisse la vérité de ma relation avec lui, la réalité du don de la vie qu’il me fait chaque jour.

Sans doute, pour adorer en « esprit et en vérité » avons-nous besoin comme la Samaritaine de nous désencombrer quelque peu de nos histoires personnelles, quotidiennes, familiales, ecclésiales, etc., bref de tout ce qui nous empêche d’entendre « l’inouï de l’Évangile »*.

Bavarder avec le Christ sur le bord d’un puits, à l’heure la plus chaude de la journée, et tandis qu’il fait soif – dans les moments peut-être les plus difficiles de nos vies – n’est-ce pas ce qu’il nous propose lorsqu’au milieu de nos jours il nous invite à partager un moment avec lui ? Lorsqu’il nous invite à la prière ? Lorsqu’il nous envoie rejoindre nos frères ? Alors, laissons-nous faire et entendons-le nous dire, me dire, vraiment, dès maintenant : « Je suis Jésus, moi qui te parle. »

*Dominique Collin, L’inouï de l’Évangile.

♦ Vendredi 11 septembre

La vérité et la vie

Texte biblique : Jean 1, 16-18

Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Jésus dit de lui-même, « je suis le Chemin, la Vérité, la Vie »*. Trois mots qui nous ouvrent à son mystère sans enfermer le Christ dans une définition. Il est la vie, la source de toute vie, reçue par grâce. Sur les chemins de nos vies, que le Christ a lui-même empruntés, nous pouvons le connaître en vérité, en répondant à l’amour reçu par l’amour donné, et « chercher en aimant à connaître la vérité et s’en revêtir »**.

Jésus n’a pas abrogé la loi de Moïse, il l’a accomplie. La grâce et la vérité que l’évangéliste oppose à la loi font ressortir la grandeur et la beauté de la Bonne Nouvelle apportée par le Christ. La loi exige, la grâce donne. Par son incarnation, Jésus nous introduit dans ce don et nous conduit à la plénitude de Dieu. « La vie éternelle c’est qu’ils te connaissent, toi Dieu, le seul »***, c’est-à-dire la vraie vie, à laquelle chacun de nous est appelé, et dont l’évangéliste dit qu’elle est le Christ et qu’on n’y accède que par lui.

Alors, ne cessons pas de scruter les Écritures pour y découvrir celui qui est pour nous « grâce et vérité ». Ne cessons pas non plus de scruter le fond de notre cœur, où le Père continue à faire naître chaque jour son fils, pour qu’ensemble, avec tous nos frères en Jésus Christ, nous apprenions à connaître l’amour gratuit de Dieu.

*Évangile de saint Jean 14, 6.
**Catherine de Sienne : (Dialogue, introduction).
***Évangile de saint Jean 17, 3.

♦ Mercredi 9 septembre

Pratiquer la vérité

Texte biblique : Psaume 84, 10-14

Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre. Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s'embrassent ; la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice. Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Le chant de ce psaume nous rappelle que Dieu a rétabli son peuple dans ses droits, sur sa terre. Les promesses toujours véritables ont été accomplies par la miséricorde de Dieu, dont la bonté et la vérité sont reconnues. Mais le peuple restauré a aussi besoin d’être assuré de son avenir dans le pays où il est revenu*. Tous alors aspirent à la paix. Or celle-ci demande la justice, elle demande de faire les œuvres de justice. Le psalmiste, après avoir reconnu la miséricorde de Dieu, source du salut, s’écrie « la vérité germera de la terre ». Nous pouvons y voir les prémices de la venue de Dieu qui prend chair en Jésus Christ sur cette Terre, mais aussi, par le fait même, l’appel à faire naître cette vérité en nous et autour de nous. Oui, « le semeur est sorti pour semer »**, la terre a été ensemencée par Dieu lui-même en son fils Jésus et nous avons à reconnaître, entretenir et faire fructifier ce don.

Lorsque saint Jean écrit que si nous prétendons connaître Dieu alors que nous marchons dans les ténèbres « nous sommes des menteurs et nous ne faisons pas [ne pratiquons pas] la vérité »***, il signifie que la vérité est quelque chose que l’on fait. Il y a là un appel à pratiquer la vérité, non par la parole, mais dans des actes. Lorsqu’à Auschwitz, Maximilien Kolbe offre sa vie pour sauver celle d’un père de famille, il va jusqu’au bout du don qu’a été toute sa vie. Ce geste est reconnu et honoré, il y a aussi tant de gestes de notre quotidien qui sans bruit font pousser sur notre terre, souvent bien aride, les plus belles fleurs de la justice et de la paix.

*Livre des Psaumes 84, 5.
**Évangile de saint Matthieu 13, 3.
***Première lettre de saint Jean 1, 6.

♦ Lundi 7 septembre

Vérité et pardon

Texte biblique : Psaume 50, 4-9

Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense. Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi. Contre toi, et toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice, être juge et montrer ta victoire. Moi, je suis né dans la faute, j'étais pécheur dès le sein de ma mère. Mais tu veux au fond de moi la vérité ; dans le secret, tu m'apprends la sagesse. Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Ce psaume de pénitence est attribué à David après que le prophète Nathan lui a reproché son péché de chair avec Bethsabée, et de sang à l’endroit de son époux. Dans un dialogue personnel avec Dieu (je/tu) David reconnaît son péché et demande pardon. Il le fait dans la confiance, sûr du pardon accordé. David implore de façon pressante, il a soif de laisser son cœur se retourner et que la vérité embrasse désormais toute son existence concrète. Il promet alors : « Aux pécheurs j’enseignerai ton chemin. »

Ce psaume est souvent proposé à la prière des croyants et pécheurs que nous sommes. Chacun peut effectivement se retrouver dans la confiance, découvrir et reconnaître son propre péché à la lumière de la présence, au fond de lui, de la vérité – appelée ici aussi la sagesse. Ce n’est pas dans le dévoilement public, mais dans le secret de mon cœur, ouvert à sa présence, que je peux faire l’expérience de la fidélité de Dieu malgré tous mes manques, malgré ma fragilité, ma condition de pécheur. Il s’agit alors de me laisser recréer par Dieu ; cette transformation permet de retrouver la joie d’être sauvé et d’en vivre.

Le pardon accueilli est source de vie. C’est alors la vérité de l’homme intérieur qui aime et agit, sans forfanterie ni faux-semblants. N’est-ce pas ce que voulait dire le bienheureux Pier Giorgio Frassati, laïc dominicain, lorsque, dans la fougue de sa jeunesse, il disait « le vrai bien doit être fait comme par inadvertance, peu à peu, quotidiennement »* ?

*Luciana Frassati, La charité de Pier Giorgio, mon frère.

♦ Vendredi 4 septembre

Le risque de la vérité

Texte biblique : Daniel 13, 47-49

Comme on conduisait Suzanne à la mort, Dieu éveilla l’esprit de sainteté chez un tout jeune garçon nommé Daniel, qui se mit à crier d’une voix forte : « Je suis innocent de la mort de cette femme ! » Tout le peuple se tourna vers lui et on lui demanda : « Que signifie cette parole que tu as prononcée ? » Alors, debout au milieu du peuple, il leur dit : « Fils d’Israël, vous êtes donc fous ? Sans interrogatoire, sans recherche de la vérité, vous avez condamné une fille d’Israël. Revenez au tribunal, car ces gens-là ont porté contre elle un faux témoignage. »

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Suzanne est une jeune femme, belle et pure, « craignant Dieu », qui est victime de la convoitise de deux anciens du peuple qui la désirent et s’associent pour la faire tomber dans leur piège. Elle ne cède pas, mais elle tombe alors sous le coup de la loi qui la condamne à mort, sans autre preuve que les accusations mensongères des deux complices. C’est alors que le jeune Daniel intervient, dénonçant un procès qui n’est pas allé à la recherche de la vérité. Les deux anciens sont confondus et Suzanne retrouve son honneur et sa famille.

Cette histoire nous met devant le risque de la vérité : comment réagir face au mensonge ? Suzanne est dans la vérité en étant fidèle, au risque de la mort. Daniel, chez qui « Dieu éveille l’esprit de sainteté », est dans la vérité en dénonçant le mensonge, celui des anciens et celui des juges qui n’ont pas cherché la vérité, non sans risque pour lui-même. Mais l’un et l’autre, sortant de leur zone de confort, ajustent leur comportement sur ce qui est droit, ce qui est juste. Ils viennent « à la lumière »*.

Aujourd’hui encore, des hommes et des femmes font ce choix, tels les saints martyrs d’Algérie, fidèles, jusqu’à la mort, à la vérité des liens d’amitié qu’ils ont tissés, par amour, avec leurs frères et sœurs algériens. Mgr Pierre Claverie exprimait ainsi cette fidélité dans la recherche de la vérité : « On ne possède pas la vérité et j’ai besoin de la vérité des autres »** et surtout disait-il encore : la vérité « devient réelle, lorsqu’elle est accueillie, vécue, incarnée »***. Alors, empruntant le chemin du Christ elle ouvre un chemin de sainteté.

*Évangile de saint Jean 3, 21.
**Mgr Claverie, Humanité plurielle p. 141.
***Mgr Claverie, Lettres et messages d’Algérie, p. 268.

♦ Mercredi 2 septembre

La Vérité a son prochain : Vérité et Paix

Texte biblique : Zacharie 8, 16-17

Voici les paroles que vous mettrez en pratique : chacun dira la vérité à son prochain ; au tribunal vous rendrez des jugements de paix dans la vérité. Ne méditez pas en votre cœur du mal contre votre prochain, n’aimez pas le faux serment, car tout cela, je le hais – oracle du Seigneur.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Au terme de plusieurs visions, le prophète Zacharie annonce la paix. « J’ai résolu de faire du bien à Jérusalem, ne craignez pas », dit celui qui est désigné comme « le Seigneur de l’univers ». À cette fin, le seul conseil qu’il donne à son peuple concerne la vérité, décrite comme le lieu de la paix : dire la vérité à son prochain, la rendre dans les jugements, mais aussi la porter au fond de son cœur, en n’y méditant pas le mal contre le prochain.

Chacun peut s’interroger sur la pertinence de toujours dire la vérité, toute la vérité. Il y a des vérités qui font mal, d’autres qui peuvent mettre en danger, d’autres encore qui ont besoin d’être révélées progressivement quant à la santé ou des histoires de vie, par exemple. Il y a des secrets à garder aussi, mais le prophète renvoie chacun au fond de son cœur. Il ne s’agit pas tant de dire la vérité que de penser vrai, de parler vrai, d’être vrai dans ce qui me relie à l’autre, ce qui me relie à Dieu. « Aimez la vérité et la paix », conclut le prophète* parce que la paix suppose la réconciliation et le pardon et que cela ne peut se vivre que dans la vérité : la vérité dans l’écoute, dans l’attention, dans la connaissance de l’autre, dans la signification de ce qui est vrai à dire et à faire dans l’amour, pour s’ajuster à l’autre.

Reconnaître la source de la vérité et construire la paix suppose cette vérité en nous et entre nous, parce qu’être vrai, c’est être solide et digne de confiance, en vue de la paix qui manque tant à notre monde proche et lointain.

Prions en vérité pour la paix !

*Livre de Zacharie 8, 19.

♦ Lundi 31 août

Vérité et responsabilité

Texte biblique : Genèse 28, 12-17

Jacob eut un songe : voici qu’une échelle était dressée sur la terre, son sommet touchait le ciel, et des anges de Dieu montaient et descendaient. Le Seigneur se tenait près de lui. Il dit : « Je suis le Seigneur, le Dieu d’Abraham ton père, le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je te la donne, à toi et à tes descendants. Tes descendants seront nombreux comme la poussière du sol, vous vous répandrez à l’orient et à l’occident, au nord et au midi ; en toi et en ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre. Voici que je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai sur cette terre ; car je ne t’abandonnerai pas avant d’avoir accompli ce que je t’ai dit. » Jacob sortit de son sommeil et déclara : « En vérité, le Seigneur est en ce lieu ! Et moi, je ne le savais pas. » Il fut saisi de crainte et il dit : « Que ce lieu est redoutable ! C’est vraiment la maison de Dieu, la porte du ciel ! »

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Il s’agit de parler de la vérité et avec Jacob on commence par un mensonge ! Pas un petit mensonge, mais une tromperie familiale majeure : Jacob, après avoir échangé, contre un plat de lentilles, son droit d’aînesse avec son frère Ésaü, usurpe, avec la complicité de sa mère, la bénédiction de son père, Isaac. Celui-ci l’envoie alors chercher une femme hors du pays de Canaan. En chemin, il fait un songe : une échelle qui touche au ciel et que montent et descendent les anges de Dieu. Il y découvre la présence de Dieu.

Un mensonge, une ruse, des complicités, une fuite ont-ils leur place dans le plan de Dieu ? C’est pourtant au cœur de cela que Jacob fait une expérience fondatrice où il reçoit sa vocation et la promesse que Dieu ne l’abandonnera pas : « En vérité, le Seigneur est en ce lieu, et moi je ne le savais pas ! » En vérité, vraiment : Jacob sort de son rêve, ses yeux s’ouvrent sur lui-même et sur l’appel de Dieu. Alors il cesse de fuir et prend ses responsabilités*. Sans doute Ésaü n’en était-il pas capable et Isaac lui-même sort de l’aveuglement qui lui fait préférer son fils aîné. Il reconnaît la réalité et entérine la situation. Jacob est bien un rusé, un menteur, mais il trouve un chemin de conversion dans sa fuite. Finalement, il ne s’agit peut-être pas tant de mensonge que de lucidité. La vérité est le lieu de la confiance et de la fidélité qui permet aux uns et aux autres d’ouvrir les yeux, à la manière de Jacob, non seulement sortir de son sommeil, mais prendre ses responsabilités. Quelle est mon échelle de Jacob ?

*Adrien Candiard, Quand tu étais sous le figuier… Propos intempestifs sur la vie chrétienne, Cerf 2017.

3e thème biblique : l'Amour

Frère Patrick-Dominique Linck, du couvent de Nancy, actuellement aumônier de prison et enseignant à la propédeutique de Lorraine. Dans l’Ordre, il a vécu 12 années en Suède.

Savez-vous que vous êtes aimé ? Aimé de Dieu et aimé des autres ! Nous allons durant 3 semaines parcourir des textes de l’ancien et du nouveau testament à la recherche de l’amour de Dieu. Je vous invite à me suivre !

Présentation du thème

Nous allons apprendre à aimer

et à nous laisser aimer par Dieu et par nos frères.

♦ Vendredi 31 juillet

Libre pour accepter ou refuser l'amour

Texte biblique : 1 Jean 3, 16-18

Voici comment nous avons reconnu l’amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans faire preuve de compassion, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité.

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Méditation :

Saint Jean, dans son épître, nous prévient que le pire chemin pour s’éloigner de Dieu est de se renfermer sur nous-mêmes. Dieu devrait pourtant savoir que nous sommes pécheurs et que nous ne savons pas aimer. Alors pourquoi tant d’amour de la part de Dieu envers sa créature ? Parce que « Dieu est Amour »*. Il est amour en lui-même : chacune des personnes de la Trinité aime les deux autres, mais cet amour veut se répandre en dehors de Dieu.

L’amour de Dieu n’a pas de limite, il veut embrasser tous les hommes de tous les lieux et de tous les temps. L’amour de Dieu ne connaît qu’une limite : notre propre volonté, notre propre liberté. Le salut nous est donné en Jésus-Christ par pur amour sans que nous le méritions le moins du monde. Alors il ne s’agit pas ici de ceux qui ne connaissent pas le Christ, qui n’en ont jamais entendu parler. Il ne s’agit pas non plus de ceux qui rejettent la foi ne pouvant pas croire ou bien qui rejettent sans vraiment connaître le véritable contenu de la foi et sans avoir rencontré le Christ Jésus. Il s’agit plutôt de ceux qui connaissent Jésus et qui ne veulent pas avoir part au salut. Ceux qui n’ont pas besoin du salut, mais qui se croient assez forts pour se passer de la grâce donnée par le Seigneur.

Pour avoir part au salut, il nous faut d’abord nous reconnaître pécheurs et nous savoir tributaires de la seule grâce de Dieu. Seul je ne peux rien, mais avec la grâce de Dieu, fort de se savoir aimé d’un amour fou, je peux me tourner vers le juste juge, celui qui fait miséricorde.

*Première lettre de Jean ch 4, v 8.

♦ Mercredi 29 juillet

L'amour convertit !

Texte biblique : 1 Pierre 4, 7-11

La fin de toutes choses est proche. Soyez donc raisonnables et sobres en vue de la prière. Avant tout, ayez entre vous une charité intense, car la charité couvre une multitude de péchés. Pratiquez l’hospitalité les uns envers les autres sans récriminer. Ce que chacun de vous a reçu comme don de la grâce, mettez-le au service des autres, en bons gérants de la grâce de Dieu qui est si diverse : si quelqu’un parle, qu’il le fasse comme pour des paroles de Dieu ; celui qui assure le service, qu’il s’en acquitte comme avec la force procurée par Dieu. Ainsi, en tout, Dieu sera glorifié par Jésus Christ, à qui appartiennent la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. Amen.

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Méditation :

Au IVe siècle, Pacôme, jeune païen égyptien de vingt ans enrôlé de force dans l’armée romaine, est enfermé dans la caserne de Thèbes. Lui et ses compagnons manquent de tout. Ce sont alors les chrétiens de cette ville qui viennent apporter aux conscrits de la nourriture. Pacôme ne comprend pas pourquoi des gens qu’il ne connaît pas et dont il ne partage pas la foi viennent lui témoigner de la charité. C’est la bonté de la communauté chrétienne qui a permis à Pacôme de recevoir le baptême et d’être l’un des fondateurs de la vie monastique en Égypte. Tout cela à cause d’un peu de nourriture assaisonnée de charité.

L’amour devrait être le signe distinctif du chrétien. « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »* Cette charité est à mettre en œuvre dans notre vie ordinaire, là où nous sommes. Il n’y a pas de lieu où je ne puisse pas vivre cette charité envers mon prochain. Comme aumônier de prison j’ai vu à bien des reprises des détenus partager le peu qu’il leur restait avec un détenu indigent et même parfois se passer d’un bien pour le donner à un plus démuni. Cela rejoint un fameux sermon du Père Lataste aux femmes en prison : « Hier, je vous citais le cri de sainte Catherine de Sienne au sortir d’une extase où elle avait vu comme une entre lueur du Ciel ; aujourd’hui, sans avoir vu le Ciel, sans avoir été ravi en extase, moi aussi je puis, j’ai le besoin de m’écrier avec elle : j’ai vu des merveilles ! J’ai vu des merveilles ! »** On peut voir ainsi des merveilles en prison. 

*Évangile de Jean ch 13, v 35.
**Sermon n° 4 du Bx frère M-J-J Lataste, o. p., prison de Cadillac, septembre 1865.

♦ Lundi 27 juillet

L'amour, seul bagage !

Texte biblique : 1 Corinthiens 13, 8-13

L’amour ne passera jamais. Les prophéties seront dépassées, le don des langues cessera, la connaissance actuelle sera dépassée. En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles. Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel sera dépassé. Quand j’étais petit enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j’ai dépassé ce qui était propre à l’enfant. Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu. Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité.

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Méditation :

La vie est un voyage, mais nous n’allons pas vers une destination lointaine. Nous naissons, nous grandissons, nous vieillissons et nous avançons tous vers notre achèvement. Que Dieu achève en nous ce qu’il a commencé. Mais que reste-t-il de notre vie terrestre au moment de la quitter ? Il ne demeure que l’amour, l’amour donné et reçu ! Pour entrer dans la vie éternelle, nous n’aurons comme seul bagage que celui de l’amour. Nous n’aurons pas d’autres biens à déclarer à saint Pierre, pas besoin de valise à roulettes.

Sur quoi bâtissons-nous notre vie ? Quel est le but de ma vie ? Quel avenir suis-je en train de me préparer ? Bien souvent, nous sommes habiles pour préparer notre avenir sur le plan humain. Nous faisons de bonnes études afin de nous assurer un travail intéressant et une vie confortable. Nous prenons une assurance vie, des placements qui nous permettent de bien vivre notre retraite. Ce n’est pas mauvais, il y a dans cette prévoyance une sagesse. Mais qu’en est-il de notre éternité ? Cette vie ici-bas ne nous est-elle pas donnée pour apprendre à aimer puisqu’il n’y a que l’amour donné et reçu qui ne passera jamais ?

« Le salut commence dans l’imitation des œuvres de miséricorde à travers lesquelles Jésus a réalisé le Règne. Celui qui les accomplit prouve qu’il a accueilli la royauté de Jésus, parce qu’il a fait de la place dans son cœur pour la charité de Dieu. Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour*, sur la proximité et sur la tendresse envers les frères. C’est cela qui permettra ou non notre entrée dans le règne de Dieu. »**

*Saint Jean de la Croix.
**Pape François, messe de canonisation de six nouveaux saints le 23 novembre 2014.

♦ Vendredi 24 juillet

Aimer tel que je suis

Texte biblique : Romain 5, 3-8

Nous mettons notre fierté dans la détresse elle-même, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ; la persévérance produit la vertu éprouvée ; la vertu éprouvée produit l’espérance ; et l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. Alors que nous n’étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs.

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Méditation :

Par la grâce du Christ nous avons été rendus justes, mais pécheurs nous le sommes encore et nous le serons jusqu’à notre mort, car nous sommes des êtres fragiles et inconstants. La Bible nous envisage ballottés comme la paille au gré du vent. Nous pouvons nous faire illusion : « Rien n’est plus faux que le cœur de l’homme, il est incurable. Qui peut le connaître ? »* Devant ce constat, l’homme crie vers Dieu : « Guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri, sauve-moi, et je serai sauvé, car tu es ma louange. »** Ce qui est impossible pour l’homme, Dieu peut seul le réaliser.
Car si le Christ s’est incarné, c’est bien pour les malades et les pécheurs et non pour les bien portants et les justes qui n’ont pas besoin de la Miséricorde de Dieu. Nous avons la tête dure et le cœur obstiné***, mais c’est pour nous que Christ est mort et ressuscité ! C’est par amour pour nous, tels que nous sommes aujourd’hui et non pas tels que nous nous rêvons, tels que nous voudrions être. Il est venu chercher la brebis perdue, celle qui est la plus rebelle, celle qui s’éloigne de ses chemins. Il la recherche, il la trouve, la porte sur ses épaules et soigne ses blessures. Ses blessures guérissent mes blessures et sa mort sur la croix m’ouvre les portes de la vie.

Oui, ce Dieu est fou d’amour pour sa créature : « Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. » Il nous aime tant qu’il nous a donné son Esprit saint qui a répandu dans nos cœurs l’Amour de Dieu. Nous sommes désormais des pécheurs divinisés, des pauvres qui portent en eux l’Amour de Dieu.

*Jérémie ch 17, v 9.
**Jérémie ch 17, v 14.
***Ézéchiel, ch 2, v 4.

♦ Mercredi 22 juillet

Aimer comme je le suis !

Texte biblique : Jean 15, 12-17

Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres.

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Méditation :

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Mais tu devrais savoir, Seigneur, que ce que tu me commandes est impossible ! Comment moi, un pauvre pécheur, pourrais-je aimer les autres comme tu m’as aimé ? D’autant plus que les autres ne sont pas nécessairement mes amis. Aimer ses amis, sa famille, ses proches, c’est déjà difficile, mais aimer l’autre, n’importe quel autre !

« Qui est mon prochain ? » demandait le docteur de la Loi à Jésus dans la parabole du bon Samaritain*. Celui dont tu te fais proche, répond Jésus. Ainsi, c’est à moi de commencer à aimer, de m’approcher de l’autre tel qu’il est jusqu’à donner ma vie pour les autres. Seigneur, tu veux que j’aime l’autre comme tu m’as aimé moi. Tu n’as pas attendu que je sois sans défaut, sans péché, mais tu m’as aimé d’un amour gratuit en me donnant tout ton amour, sans aucun mérite de ma part. Tu m’as aimé sans condition pour que, rempli de ton amour, je puisse aimer les autres de ce même amour qui vient de toi. Heureux ceux qui se découvrent aimés de Dieu avec leurs défauts et leurs péchés, ils pourront alors aimer les autres tels qu’ils sont.

Nul ne peut faire miséricorde s’il n’a d’abord expérimenté la miséricorde de Dieu à son égard. Sainte Élisabeth de la Trinité écrivait : « Demeurez en moi […] C’est là, tout au fond, que l’abîme de notre néant, de notre misère, se trouvera en tête à tête avec l’abîme de miséricorde, de l’immensité du tout de Dieu ; là que nous trouverons la force de mourir à nous-mêmes et que, perdant notre propre trace**, nous serons changés en amour. »***

*Évangile de Luc, ch 10, v 29-37.
**C’est-à-dire en s’oubliant.
**Sainte Élisabeth de la Trinité, Écrits spirituels.

♦ Lundi 20 juillet

L'amour au pied des hommes

Texte biblique : Jean 13, 1-5

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.

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Méditation :

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »* Lors de la dernière Cène, Jésus met en œuvre cette parole sous les yeux de ses disciples. Il n’y a pas, à proprement parler, chez Jean de récit de l’institution de l’eucharistie comme chez les autres évangélistes, mais il donne ici le sens profond de l’Eucharistie.

Jésus, au moment de la célébration de la Cène, remplit pour ses disciples la tâche d’un esclave : il leur lave les pieds. Jésus montre à ses disciples jusqu’où va son amour pour eux, et jusqu’où ils doivent s’aimer les uns les autres : « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. »** Aujourd’hui il se fait serviteur de ses frères et demain il donnera sa vie sur la croix. Logique de notre Dieu ! Il a pris la dernière place, celle de l’esclave, et personne ne pourra la lui ravir. Il s’est fait homme, il s’est fait serviteur des hommes, il est venu pour s’abaisser jusqu’aux pieds des hommes afin qu’ils puissent avoir part avec lui au salut !

« Le propre de l’amour est de s’abaisser », écrivait sainte Thérèse de Lisieux***. Notre Dieu n’est pas d’abord aux cieux, il se trouve à nos pieds ! Alors, pourquoi vouloir nous élever au-dessus de nos frères, pourquoi regarder en l’air en attendant son retour alors que nous pouvons le retrouver maintenant aux pieds des plus petits ? C’est là qu’Il se trouve, c’est là qu’est notre place !

*Évangile de Jean ch 15, v 3.
**Évangile de Jean ch 13, v 14.
***Manuscrits Autobiographiques MA, 2v°24.

♦ Vendredi 17 juillet

Prédestinés à aimer

Texte biblique : Jean 3, 16-17

Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

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Méditation :

Dans ce passage, Jésus répond à Nicodème. Lucide, cet homme sait combien il est difficile de renaître, de repartir à zéro. Jeunes et moins jeunes se demandent quelle est la volonté de Dieu sur eux. Eh bien la volonté de Dieu c’est que nous soyons sauvés ! Il est venu à Noël pour sauver tous les hommes.

Depuis la chute de nos premiers parents l’homme ne cesse de se cacher aux yeux de Dieu et Dieu ne cesse de le chercher et de l’appeler : « Adam où es-tu ? »* Dieu a envoyé ses prophètes pour que les hommes se détournent du mal, mais cela n’a pas suffi. Pour trouver l’homme, il fallait que Dieu se fasse homme afin que l’homme retrouve l’intimité avec Dieu. Il fallait que Dieu prenne une nature humaine semblable à la nôtre. Jésus est venu pour nous sauver en donnant sa vie par amour de tous les hommes. Nous sommes tous prédestinés au salut, nous sommes tous aimés de Dieu d’un amour infini. Il faut vraiment que nous y mettions de la mauvaise volonté pour ne pas réaliser le plan de Dieu qui est le salut de tout homme.

Le Seigneur respecte notre liberté, il ne nous forcera jamais à entrer dans son plan de salut. Mais si nous le voulons, si nous acceptons le salut en Jésus-Christ, c’est-à-dire si nous croyons en lui, si nous lui remettons toute notre vie, alors nous obtiendrons la vie éternelle. Cette vie éternelle qui est déjà commencée, est cette présence intime de Dieu en notre corps : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? »**

*Livre de la Genèse ch 3, v 9.
**Première Lettre de saint Paul aux Corinthiens, ch 3, v 16.

♦ Mercredi 15 juillet

Les bras du Père

Texte biblique : Osée 11, 1-4

Oui, j’ai aimé Israël dès son enfance, et, pour le faire sortir d’Égypte, j’ai appelé mon fils. Quand je l’ai appelé, il s’est éloigné pour sacrifier aux Baals et brûler des offrandes aux idoles. C’est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras, et il n’a pas compris que je venais à son secours. Je le guidais avec humanité, par des liens d’amour ; je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue ; je me penchais vers lui pour le faire manger. Mais ils ont refusé de revenir à moi : vais-je les livrer au châtiment ?

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Méditation :

Comment exprimer l’amour que Dieu éprouve pour l’Homme, si ce n’est en prenant des images humaines que nous pouvons comprendre ? Le prophète Osée compare Dieu à un père ou une mère. Quoi de plus parlant pour nous qu’un père tenant son enfant par les mains pour lui apprendre à marcher sans se blesser, ou qu’une mère portant son enfant pour le consoler en le pressant contre sa joue ? Ne sentez-vous pas votre cœur devenir tout brûlant à l’idée de vous retrouver dans les bras de Dieu joue contre joue ? Nous trouvons le lieu de notre repos et de notre consolation dans cette proximité. La tendresse infinie de Dieu n’est pas absente de l’Ancien Testament.

Malheureusement, nous sommes parfois des enfants rebelles qui préférons marcher seuls et nous casser la figure… Nous ne voulons pas être portés dans les bras du bon Dieu et nous ne cessons de lui dire « non, non, laisse-moi marcher seul, je suis assez grand ! ». Nous sommes comme des enfants capricieux… Peut-être nous faut-il d’abord faire l’expérience de la chute, de la vacuité de nos désirs, aller « sacrifier aux Baals et brûler des offrandes aux idoles » pour nous rendre compte que seul Dieu peut combler notre cœur ?

Le sacrement de la confession n’est-il justement pas ce moment où le Seigneur nous console en nous portant jusqu’à sa joue pour nous faire expérimenter son Amour ? « Venez, et discutons – dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine. »*

*Livre d’Isaïe ch1, v18.

♦ Lundi 13 juillet

Le visage de l'amour

Texte biblique : Exode 33, 18-23

Moïse dit : « Je t’en prie, laisse-moi contempler ta gloire. » Le Seigneur dit : « Je vais passer devant toi avec toute ma splendeur, et je proclamerai devant toi mon nom qui est : LE SEIGNEUR. Je fais grâce à qui je veux, je montre ma tendresse à qui je veux. » Il dit encore : « Tu ne pourras pas voir mon visage, car un être humain ne peut pas me voir et rester en vie. » Le Seigneur dit enfin : « Voici une place près de moi, tu te tiendras sur le rocher ; quand passera ma gloire, je te mettrai dans le creux du rocher et je t’abriterai de ma main jusqu’à ce que j’aie passé. Puis je retirerai ma main, et tu me verras de dos, mais mon visage, personne ne peut le voir. »

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Méditation :

Voir Dieu de dos, mon Dieu, ce n’est déjà pas si mal ! Nous nous en contenterions bien, si seulement nous pouvions apercevoir un peu de ta gloire dans nos vies ordinaires. Tu as dit à Moïse : « Je fais grâce à qui je veux, je montre ma tendresse à qui je veux. » Nous avons envie de te dire, comme des enfants : « Tu veux bien ? Nous sommes souvent fatigués, inquiets, déprimés, attristés dans notre vie quotidienne ; montre ton visage de tendresse à tes serviteurs. »

Tu as dit à Moïse de se tenir sur le rocher. Nous ne pouvons pas trouver de place plus près de toi que ce rocher. Saint Paul commente : « Ce rocher, c’est le Christ ! »* Et parfois nous ignorons la proximité de cette présence : « Moi, stupide, comme une bête, je ne savais pas, mais j’étais avec toi. Moi, je suis toujours avec toi, avec toi qui as saisi ma main droite. »** Notre cœur s’écrie : je veux voir Dieu, je veux ressentir son amour, sa tendresse. Ce visage caché à Moïse, il nous a été donné de le contempler en Jésus-Christ. Le visage du Transfiguré, le visage du Crucifié, est le visage de l’Amour. Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face écrit : « Ta face est ma seule richesse. Je ne demande rien de plus. En elle me cachant sans cesse je te ressemblerai Jésus. »*** Le face-à-face que nous connaîtrons pleinement après la mort a déjà commencé. Le visage de l’Amour est la face de Jésus. Mon cœur m’a redit ta parole : « Cherchez ma face. » C’est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face.****

*Première lettre de saint Paul aux Corinthiens, ch 10, v 4.
**Livre des Psaumes 72, 22-23.
***Thérèse de Lisieux, poésie n° 20.
****Livre des Psaumes 26, 7-9.

2e thème biblique : l'Espérance

3 semaines avec la sœur Anne-Claire Dangeard, responsable des Médias à la Conférence des religieux et religieuses de France, elle anime aussi des ateliers d’écriture d’icônes.

Je vous invite à cheminer avec 4 grands personnages : un poète, un mathématicien, un personnage de bande dessinée et le pape François. Leur point commun avec la Bible, c'est l'Espérance. Ensemble, pendant 3 semaines nous découvrions comment elle habite leur vie, comment elle se décline dans la Bible.
Pour préparer ce voyage, j'ai beaucoup prié et j'ai aussi cherché à dénicher l'Espérance là où on ne la chercherait pas.  J'ai pris beaucoup de plaisir à préparer ce voyage et j'espère que vous en prendrai aussi.
Alors, on y va ?

Présentation du thème :

(Il se peut que pendant l'été, la méditation arrive avec un peu de retard...)

♦ Vendredi 10 juillet

Tatouée

Texte biblique : Hébreux 6, 16-20

Les hommes prêtent serment par un plus grand qu’eux, et le serment est entre eux une garantie qui met fin à toute discussion ; Dieu a donc pris le moyen du serment quand il a voulu montrer aux héritiers de la promesse, de manière encore plus claire, que sa décision était irrévocable. Dieu s’est ainsi engagé doublement de façon irrévocable, et il est impossible que Dieu ait menti. Cela nous encourage fortement, nous qui avons cherché refuge dans l’espérance qui nous était proposée et que nous avons saisie. Cette espérance, nous la tenons comme une ancre sûre et solide pour l’âme ; elle entre au-delà du rideau, dans le Sanctuaire où Jésus est entré pour nous en précurseur, lui qui est devenu grand prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité.

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Méditation :

Pour cette dernière méditation sur l’Espérance, j’ose vous inviter à prendre la bible dans une main et une bande dessinée dans l’autre.

Avec la lettre aux Hébreux, nous prenons le large. Dans notre vie, quand la tempête se déchaîne, que les vagues nous submergent, où est-elle, notre espérance ? Elle est comme une ancre qui stabilise le navire et l’empêche de dériver.
Cette ancre, certains, comme les vieux marins, l’ont même tatouée sur leur bras. C’est le cas de Popeye, personnage de bande dessinée né en pleine crise aux États-Unis dans les années 30. Marin bourru et provocateur, mais non moins brave et loyal. Si Popeye en son temps a poussé les enfants à manger des épinards (à chacun son héros), saint Paul invite les Éphésiens à puiser force et courage dans l’espérance. Elle a toutes les vertus : l’humilité, la douceur, la patience. Elle a pour effet direct l’amour et l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix.

Voici le commentaire de saint Thomas d’Aquin : « L’homme doit être fixé à cette espérance comme l’ancre est elle-même attachée au vaisseau. Mais il y a cette différence entre l’ancre et l’espérance, que la première est jetée au fond de la mer, tandis que la seconde est accrochée en haut, c’est-à-dire en Dieu. »*

Au terme de ces méditations, jetons l’ancre, prenons un temps de calme pour découvrir ce qui parfois nous entraîne dans les abîmes, et cette espérance qui, telle une ancre, nous aide toujours à refaire surface. N’est-ce pas le Christ lui-même ?

*Saint Thomas d’Aquin, Commentaire de la Lettre aux Hébreux.

♦ Mercredi 8 juillet

La Mélodie de l'espérance

Texte biblique : Éphésiens 4, 1-6

Moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte donc à vous conduire d’une manière digne de votre vocation : ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

La Bible dans une main et un carnet de chants dans l’autre.

Quand j’entends Paul s’adresser aux Éphésiens depuis sa prison, résonne en moi ce chant : « Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père ! » L’organiste joue avec conviction sa partition. La chorale entraîne l’assemblée autour de ce mot d’ordre imperturbable : l’unité. Parce que nous sommes tous « appelés à partager une seule espérance dans le Christ nous chantons et nous proclamons : un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père ! ».

Il faut bien avouer que les jours de « marée basse », cette unité me semble plutôt une utopie. Il suffit d’allumer son ordinateur. L’unité semble parfois bien lointaine. Ne dit-on pas que les Français sont réputés être des râleurs ? Et moi la première !
Pourtant, mon espérance me pousse à croire que l’unité est possible. Vivre ensemble, construire l’unité, ce n’est pas effacer nos différences. C’est se souvenir que nous sommes tous appelés à accueillir le même Esprit, le même Seigneur, à vivre comme les enfants d’un même Père.

Dans la vie religieuse, nous avons la chance de vivre cette vocation à l’unité, à l’espérance. Dans nos communautés, cette espérance est vécue dans la différence, nous l’expérimentons chaque jour, durement ou joyeusement, c’est selon. Nos communautés sont comme le laboratoire où l’on expérimente qu’un vivre ensemble est possible. Le voulons-nous sincèrement ?

La Bible dans une main et un chant de louange en tête, je cherche aujourd’hui à découvrir comment, dans ma vie, les différences sont autant de chances pour vivre l’unité.

♦ Lundi 6 juillet

Loué sois-tu !

Texte biblique : Romains 8, 18-25

J’estime, en effet, qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous. En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps. Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance ; voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ? Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.

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Méditation :

La bible dans une main et dans l’autre la lettre encyclique du pape François Laudato si'.*

Ensemble pour la planète. C’est le mot d’ordre de Paul. Déjà, Paul comprend que la terre peut subir « le pouvoir du néant ». Et s’il revenait aujourd’hui, que nous écrirait-il ? Dieu a écrit un livre magnifique « dont les lettres sont représentées par la multitude des créatures présentes dans l’univers ». Et tous, nous sommes solidaires de notre planète ! Alors qu’attendons-nous pour la déchiffrer ?

Si nous sommes images de Dieu, « cela ne doit pas nous porter à oublier que chaque créature a une fonction et qu’aucune n’est superflue. Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. » Aujourd’hui, toute la terre gémit. Contre le discours ambiant de certains prophètes de malheur, saint Paul nous invite à résister à la désespérance. À entendre la louange muette de la création, à cultiver l’espérance. Invitation à habiter la terre autrement, à choisir la vie, à rechercher la paix et voir comment tout cela est beau. La création est un cadeau ; la vie est un don. Comme une exigence personnelle et collective, prendre le temps de respirer, laisser une place dans notre vie à la contemplation, la louange, la gratuité pour « entendre chaque créature chanter l’hymne de son existence, [et] vivre joyeusement dans l’amour de Dieu et dans l’espérance ».

La bible dans une main, l’encyclique dans l’autre, je découvre qu’il n’est jamais trop tard, que l’espérance m’invite à cultiver l’harmonie dans mes relations avec les autres et avec la nature. La paix est contagieuse.

*Lettre encyclique du pape François, Laudato si’ n° 84.85.

♦ Vendredi 3 juillet

(excusez mon retard pour la parution sur le site... ça peut arriver pendant l'été !)

Formule magique

Texte biblique : Romains 4, 17-22

C’est bien ce qui est écrit : J’ai fait de toi le père d’un grand nombre de nations. Abraham est notre père devant Dieu en qui il a cru, Dieu qui donne la vie aux morts et qui appelle à l’existence ce qui n’existe pas. Espérant contre toute espérance, il a cru ; ainsi est-il devenu le père d’un grand nombre de nations, selon cette parole : Telle sera la descendance que tu auras ! Il n’a pas faibli dans la foi quand, presque centenaire, il considéra que son corps était déjà marqué par la mort et que Sara ne pouvait plus enfanter. Devant la promesse de Dieu, il n’hésita pas, il ne manqua pas de foi, mais il trouva sa force dans la foi et rendit gloire à Dieu, car il était pleinement convaincu que Dieu a la puissance d’accomplir ce qu’il a promis. Et voilà pourquoi il lui fut accordé d’être juste.

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Méditation :

Espérant contre toute espérance, la bible dans une main et la calculette dans l’autre. Pourtant, la confiance ne se calcule pas. Nous ne sommes pas les mathématiciens de Dieu. Il ne suffit pas d’avoir la bonne équation, la bonne formule pour dire Dieu. Nos calculs, nos mots, seront toujours insuffisants, nous laissant, balbutiant, en deçà de ce que nous voudrions dire.

L’espérance balaye nos formules mathématiques. Elle nous pousse à l’évidence d’un Dieu qui nous aime, nous accorde sa confiance et nous fait vivre. Elle excède nos calculs. Elle mène vers Dieu. Là où 1+1 ne font plus 2, mais bien infiniment plus. Elle est don, gratuité, abandon. Là où Dieu est présent, la vie surabonde pour peu qu’on veuille bien lui ouvrir nos mains, nos cœurs et notre intelligence.
La confiance se donne et se reçoit d’un autre dans un même élan. Nous croyons, nous faisons confiance parce que nous aimons. « Un enfant fait-il confiance à ses parents parce qu’il s’est convaincu qu’ils sont dignes de confiance et capables et désireux de lui faire du bien, ou bien s’abandonne-t-il simplement à son instinct affectueux ? Nous croyons parce que nous aimons. Cela est évident !... »*

Espérant contre toute espérance, contre toute épreuve, mettons-nous à l’école d’Abraham puisque Paul le prend en exemple. Abraham considéré par les Juifs, les chrétiens et les musulmans comme « le père des croyants ». Il a donné à Dieu sa foi, il lui a fait confiance alors que la promesse pouvait paraître hors de portée.

Calculer ou faire confiance, aujourd’hui je choisis la confiance !

*John Henry Newman, Quinze sermons prêchés devant l’Université d’Oxford.

♦ Mercredi 1er juillet

Envers et contre tout

Texte biblique : Actes des Apôtres 23, 6-10

Sachant que le Conseil suprême se répartissait entre sadducéens et pharisiens, Paul s’écria devant eux : « Frères, moi, je suis pharisien, fils de pharisiens. C’est à cause de notre espérance, la résurrection des morts, que je passe en jugement. » À peine avait-il dit cela, qu’il y eut un affrontement entre pharisiens et sadducéens, et l’assemblée se divisa. En effet, les sadducéens disent qu’il n’y a pas de résurrection, pas plus que d’ange ni d’esprit, tandis que les pharisiens professent tout cela. Il se fit alors un grand vacarme. Quelques scribes du côté des pharisiens se levèrent et protestèrent vigoureusement : « Nous ne trouvons rien de mal chez cet homme. Et si c’était un esprit qui lui avait parlé, ou un ange ? » L’affrontement devint très violent, et le commandant craignit que Paul ne se fasse écharper. Il ordonna à la troupe de descendre pour l’arracher à la mêlée et le ramener dans la forteresse.

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Méditation :

La bible dans une main, nous voici avec Paul à Jérusalem pour être jugé par le Conseil supérieur. Il y a là le commandant, les chefs des prêtres et tous les membres du Conseil. Paul fait face à cette assemblée. Ce qui a déchaîné la foule contre lui pour l’amener devant le Conseil ? Dieu l’a appelé à aller vers les autres peuples, les non-Juifs. Il est le Dieu de tous les peuples. Une étincelle met le feu aux poudres : le Dieu du chemin de Damas. L’espérance de Paul : la résurrection des morts. Il y a là ceux qui y croient et ceux qui n’y croient pas. Il y a les pharisiens et les sadducéens. Paul détourne leur attention. Lui n’a qu’un objectif : annoncer, envers et contre tout, envers et contre tous.

Gageons que l’espérance se loge aussi dans les petits détails du quotidien. La confiance accordée à chacun sans distinction d’origine, de classe sociale, la place donnée aux plus petits, la main tendue à celui qui ne tend plus, la parole enfouie et donnée aux sans voix… Devenons des héros de l’espérance, héros du quotidien, de la proximité, du bout de la rue ou du bas de l’immeuble.

L’espérance : la confiance dans les promesses du Christ, la disponibilité à ses appels, l’ouverture à sa présence humble et discrète à nos côtés. Certainement, nous sommes invités à dire notre foi, aux risques de mots, de gestes maladroits. À coup sûr, son souffle nous pousse à l’audace, à l’espérance, à la confiance. Faisons nôtre, dans notre contexte et à notre mesure, le rêve du pape François pour l’Amazonie : « Je rêve d’une Amazonie qui lutte pour les droits des plus pauvres, des peuples autochtones, des derniers, où leur voix soit écoutée et leur dignité soit promue. »*

Laisserons-nous ce vent de l’espérance souffler dans nos vies ?

*Querida Amazonia n° 7.

♦ Lundi 29 juin

Pierre qui roule

Texte biblique : Jean 19, 38-42

Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus. Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts. À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne. À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

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Méditation :

La bible dans une main, au pied de la croix, je vous invite place Saint-Pierre au matin de Pâques. Devant la foule, le pape François entre en dialogue avec le monde. Nous sommes en avril 2017 : « Au matin de Pâques, nous pouvons faire comme ces personnes dont nous parle l’Évangile : aller au tombeau du Christ, voir la grande pierre qui a été roulée et prendre conscience que Dieu réalise pour moi, pour nous tous, un futur inattendu. » Allons sur nos tombeaux : nous en avons tous quelques-uns en nous. Allons-y et voyons comment Dieu est capable de sortir de ces tombeaux. Et là où nous pensions ne trouver que tristesse, désolation et ténèbres, « Dieu fait pousser ses plus belles fleurs dans le champ le plus aride ».

Joseph d’Arimathie et Nicodème en sont là eux aussi : dans les ténèbres et la désolation. Tous deux ont demandé le corps de Jésus pour l’ensevelir selon la coutume juive. Quelle témérité ! Qu’est-ce qui a bien pu porter ces deux hommes à accomplir ces derniers rites ? La peur, l’angoisse, la tristesse, ils les ont dépassées. Ils nous permettent, à notre tour, de vivre la joie immense de découvrir la vie plus forte que la mort. Jésus qui était mort est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Telle est notre salutation au matin de Pâques. Au pied de la croix, au pied de toutes mes croix, je fais mémoire du passé. Je m’ouvre au chemin que le Christ m’invite à suivre dans la lumière promise. Une lumière sans fin.

La bible dans une main, un mélange de myrrhe et d’aloès dans l’autre, prions pour vivre toujours de cette confiance en Celui qui est fidèle.

♦ Vendredi 26 juin

Coup de pinceau

Texte biblique : Luc12, 22-32

Puis Jésus dit à ses disciples : « C’est pourquoi, je vous dis : À propos de votre vie, ne vous souciez pas de ce que vous mangerez, ni, à propos de votre corps, de quoi vous allez le vêtir. En effet, la vie vaut plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement. Observez les corbeaux : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’ont ni réserves ni greniers, et Dieu les nourrit. Vous valez tellement plus que les oiseaux ! D’ailleurs qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Si donc vous n’êtes pas capables de la moindre chose, pourquoi vous faire du souci pour le reste ? Observez les lis : comment poussent-ils ? Ils ne filent pas, ils ne tissent pas. Or je vous le dis : Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu revêt ainsi l’herbe qui aujourd’hui est dans le champ et demain sera jetée dans le feu, il fera tellement plus pour vous, hommes de peu de foi ! Ne cherchez donc pas ce que vous allez manger et boire ; ne soyez pas anxieux. Tout cela, les nations du monde le recherchent, mais votre Père sait que vous en avez besoin. Cherchez plutôt son Royaume, et cela vous sera donné par surcroît. Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.

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Méditation :

La bible dans une main et un pinceau dans l’autre, l’évangéliste Luc nous invite aujourd’hui à prendre du recul : « Ne vous inquiétez pas. Ne vous souciez pas. Ne cherchez donc pas. » Ce sont les mots de Jésus à ses disciples. Mais aussi : « Observez, cherchez plutôt. »

Le saviez-vous ? La tradition reconnaît en saint Luc le premier peintre de l’icône de la Mère de Dieu. Dans son évangile, ne cesse-t-il pas de méditer sur le mystère du Christ et de Marie ? Dans le discours de Jésus à ses disciples, les mises en garde alternent avec les recommandations, comme autant de coups de pinceau. En peinture, on parle de « repentir » pour décrire la partie d’un tableau recouverte par couches successives. Léonard de Vinci a beaucoup pratiqué cette technique pour effacer ou faire apparaître des éléments du décor, des personnages, des objets. Il revenait toujours sur ses toiles pour aller jusqu’au bout de son inspiration.

Au quotidien, il nous arrive souvent de nous encombrer de détails qui n’en sont pas, de ruminer telle ou telle chose ou parole. Luc nous invite au repentir, à la conversion : revenez à l’essentiel, « cherchez plutôt son Royaume et cela vous sera donné par surcroît. » Telle est notre espérance chrétienne : ne pas désespérer. Telle est notre assurance chrétienne : devant l’inconnu que représente souvent le futur, ne pas désespérer. Ne pas se replier sur soi, chercher plutôt son Royaume, s’ouvrir aux autres, aux plus pauvres et partager ce que l’on a déjà, même petitement. Toujours pleinement.

La bible dans une main et le pinceau dans l’autre, prions pour les artistes d’hier et d’aujourd’hui qui observent le monde et nous l’offrent à leur tour.

♦ Mercredi 24 juin

La petite espérance

Texte biblique : Baruch 4, 19-24

Allez, mes enfants, allez votre chemin ! Moi, délaissée, je reste solitaire. J’ai quitté la robe de paix, j’ai revêtu le sac du suppliant ; vers l’Éternel je lancerai mon cri, au long de mes jours. Courage, mes enfants, criez vers Dieu ! Il vous arrachera au pouvoir, à la main des ennemis. Car moi, j’ai mis dans l’Éternel mon espérance, pour qu’il vous accorde le salut. Et il m’est venu une joie, de la part du Dieu Saint, en raison de la miséricorde qui bientôt vous sera envoyée par l’Éternel, votre Sauveur. Dans le deuil et les larmes, je vous ai laissés partir ; mais Dieu vous ramènera vers moi, pour toujours, dans la joie et l’allégresse. Comme les voisines de Sion voient maintenant votre captivité, ainsi verront-elles bientôt le salut que Dieu vous accordera, qui viendra vers vous avec grande gloire, dans la splendeur de l’Éternel.

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Méditation :

« L’espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera… Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé. Sur la route montante. Traînée, pendue aux bras de ses grandes sœurs, qui la tiennent par la main, la petite espérance s’avance. Et au milieu de ses grandes sœurs elle a l’air de se laisser traîner. Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher. Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle. Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres. Elle qui les entraîne, et qui fait marcher le monde. »* Les deux grandes sœurs de l’espérance, ce sont la foi et la charité. Elles sont nos compagnes sur la route de la vie.
Pour le prophète Baruch, le chemin est balisé par « le deuil et les larmes », « la joie et l’allégresse ». L’un et l’autre, comme un mouvement de balancier, d’un bout à l’autre de la palette des sentiments. Un pas devant l’autre, patiemment. Tout cela nourrit mon espérance.

Ne serait-ce pas cette petite espérance chrétienne qui nous ouvre le chemin « et qui fait marcher le monde » ? Elle m’invite à jeter sur le monde un regard toujours renouvelé.

Ainsi en est-il de Baruch. Son cri s’apparente à celui d’une mère impuissante et démunie ; une mère qui espère et qui sait que Dieu fera grâce à son peuple en le libérant de la domination ennemie, comme autrefois lors de la sortie d’Égypte. C’est aussi le cri de tant de mères aujourd’hui : « Qu’il nous accorde le Salut ! »

*Charles Péguy, Le porche du mystère de la deuxième vertu (1911).

♦ Lundi 22 juin

A quelques centimètres près

Texte biblique : Job 17, 11-16

Mes jours ont passé, brisés sont mes plans, les désirs de mon cœur. On veut faire de la nuit le jour ; face aux ténèbres, on prétend que la lumière est proche. Si je dois espérer le séjour des morts comme demeure, étendre dans les ténèbres ma couche, appeler la fosse “mon père”, la vermine “ma mère et ma sœur”, où donc est mon espoir ? mon espérance, qui l’entrevoit ? Elle descendra jusqu’au fond du séjour des morts, quand ensemble nous enfoncerons dans la poussière.

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Méditation :

Karl Barth, le théologien allemand, disait que le pasteur devait tenir la bible dans une main et le journal dans l’autre. Prenons le parti de la Bible et écoutons Job nous interpeller : « Où donc est mon espoir ? ». À l’heure où j’écris cette méditation, je suis dans le TGV lancé à 300 km/h. Je prends le temps de regarder le paysage. Mais aujourd’hui, dehors, c’est grand brouillard sur la campagne et on a du mal à voir au-delà de quelques mètres. Tout est blanc comme du coton, on imagine un peu les arbres au bord de la voie.
Mais pourquoi regarder si loin ? À quelques centimètres, le « paysage » est bien plus passionnant ! Aujourd’hui, un jeune homme est installé à côté de moi. Courtois, il m’a gentiment saluée. Il n’a pas d’écouteurs sur les oreilles, travaille sur son ordinateur et a glissé un roman dans le filet devant lui. Je l’ai déjà lu… bonne lecture !

Où est-elle donc, mon espérance ? Elle est là à quelques centimètres de moi. Le train est bondé de gens qui rentrent de voyage ou partent travailler… À moi de découvrir dans leur proximité une invitation à l’espérance. Mon espérance, c’est mon voisin, l’enfant qui galope dans le couloir du train. Mon espérance, c’est l’Homme, avec un grand H. Parce qu’ensemble nous avons tout à construire, tout à soigner, tout à encourager, tout à oser…

La bible dans une main, le cri de Job en mémoire « où est-il donc mon espoir ? », je prends le temps de regarder autour de moi, de me laisser interroger, de rendre grâce pour ce qui m’entoure, pour celles et ceux qui m’entourent et avec qui j’avance à grande vitesse !

1er thème biblique : la Foi

3 semaines avec le frère Antoine de la Fayolle, prieur du couvent de Rennes, il a exercé les ministères d’aumônier d’étudiants, de formateur de frères dominicains et de producteur TV.

Suivez une mini retraite spirituelle de 3 semaines sur le thème de la Foi. Recevez 3 méditations par semaine et laissez la Parole de Dieu vous nourrir. (Lundi, mercredi et vendredi)

Présentation du thème :

♦ Vendredi 19 juin

Illumine ma vie !

Texte biblique : lettre de Saint Jacques 2, 14-24

Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. En revanche, on va dire : « Toi, tu as la foi ; moi, j’ai les œuvres. Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi. Toi, tu crois qu’il y a un seul Dieu. Fort bien ! Mais les démons, eux aussi, le croient et ils tremblent. Homme superficiel, veux-tu reconnaître que la foi sans les œuvres ne sert à rien ? N’est-ce pas par ses œuvres qu’Abraham notre père est devenu juste, lorsqu’il a présenté son fils Isaac sur l’autel du sacrifice ? Tu vois bien que la foi agissait avec ses œuvres et, par les œuvres, la foi devint parfaite. Ainsi fut accomplie la parole de l’Écriture : Abraham eut foi en Dieu ; aussi, il lui fut accordé d’être juste, et il reçut le nom d’ami de Dieu. » Vous voyez bien : l’homme devient juste par les œuvres, et non seulement par la foi.

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Méditation :

Dans cette lettre, l’apôtre Jacques le Mineur – responsable de la première Église à Jérusalem – souligne le lien qui unit la foi et la pratique. Une foi qui ne transforme pas la manière de vivre reste une émotion bien différente de la conversion qu’implique l’accueil de l’amour de Dieu. Et cela quand bien même la vie reste marquée par les épreuves et la finitude. Si ma foi est comme un vague amour de Dieu et de l’humanité, mais qu’elle ne m’ouvre pas les yeux sur mon frère ou ma sœur à ma porte, sur mon chemin, elle est un sentiment qui va et vient selon l’humeur du moment !

Par la foi, des hommes et des femmes ont eu leur vie bouleversée. Saint François d’Assise a laissé toutes les richesses familiales pour faire du Christ son unique richesse. Saint Maximilien Kolbe n’a pas craint de mourir de faim et de soif à la place d’un condamné dans un bunker pour cheminer avec eux vers la mort et à travers elle vers le Ciel. Plus proche de nous, une jeune maman, Anne-Dauphine Julliand, a pu goûter la bénédiction qu’a été la vie de sa fille morte à trois ans et demi*. Beaucoup d’autres héros du quotidien, par leur foi, ont pu transfigurer un quotidien difficile et éprouvant et en faire un temps de grâce.

Leur foi en Dieu a transfiguré leur vie. Ils sont devenus rayonnants de l’amour qu’est Dieu. La pesanteur de la vie ordinaire n’a pas enfoui la grâce dans leur cœur. Au contraire, forts de la puissance de Dieu, ils ont été rendus capables d’illuminer l’ordinaire de leur vie par les dons de l’Esprit.

Rends-nous sensibles aux besoins de nos frères ; que notre charité se fasse inventive !

*Anne-Dauphine Julliand, Deux petits pas sur le sable mouillé, J’ai lu, 2013.

♦ Mercredi 17 juin

La vive foi

Texte biblique : 1 Corinthiens 15, 12-20

Nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts ; alors, comment certains d’entre vous peuvent-ils affirmer qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu ; et nous faisons figure de faux témoins de Dieu, pour avoir affirmé, en témoignant au sujet de Dieu, qu’il a ressuscité le Christ, alors qu’il ne l’a pas ressuscité si vraiment les morts ne ressuscitent pas. Car si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur, vous êtes encore sous l’emprise de vos péchés ; et donc, ceux qui se sont endormis dans le Christ sont perdus. Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. Mais non ! le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis.

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Méditation :

La foi que saint Paul proclame n’est pas une donnée intellectuelle. Ce n’est pas un savoir cérébral qui permettrait à ceux qui l’auraient compris d’être sauvés. La foi s’enracine dans la certitude que le déchaînement de haines, de violences et d’injustices qui s’est abattu sur Jésus ne peut pas atteindre l’amour qu’il a déployé pour son Père. La foi est comme une clef qui permet d’entrer dans le Royaume et d’avoir accès à la vie promise aux disciples de Jésus.

Ceux qui réduisent la vie chrétienne uniquement à un contenu de valeurs pour organiser la vie humaine passent à côté d’un trésor ; ils méconnaissent l’amour qu’est Dieu, sa puissance de restauration des vies brisées. Ils sont comme des passants qui regardent le menu d’un restaurant en restant sur le seuil, imaginant le repas qu’ils pourraient faire.

La table à laquelle le Christ nous invite est tout autre. Elle nourrit tout l’homme, elle apporte la joie, la paix et la Vie ! Bien sûr que l’homme mourra, bien sûr que chacune et chacun nous connaîtrons la mort. Mais par la foi nous croyons que ce n’est pas uniquement dans cette vie que se joue le tout de nos existences. Par la foi nous croyons qu’au travers de notre existence charnelle se joue une autre vie : la Vie éternelle. Par la grâce de Dieu, nous y sommes introduits ; si elle n’est pas accessible immédiatement par les sens, nous pouvons en percevoir comme des flashs, quand, par des gestes de pardon, de justice, de communion, une paix profonde transfigure nos cœurs et nos âmes.

Seigneur, rends-nous intelligents de cette foi qui fait vivre !

♦ Lundi 15 juin

Entre faiblesse et pouvoir

Texte biblique : Matthieu 8, 5-13

Comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux, mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri.

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Méditation :

Dans son métier de maintien de l’ordre, le centurion a déjà eu des rapports sur Jésus, cet homme au pouvoir étonnant qui relève les hommes et femmes à terre, qui guérit, qui restaure dans leur dignité les pauvres et les petits. Si Jésus perturbe le petit monde de Palestine, incontestablement, il fait du bien. Il ouvre un autre horizon à tous ces pauvres malheureux. Pour le centurion, l’autorité spirituelle de Jésus est bien réelle. Comme lui exerce le pouvoir dans son métier de soldat, il devine en Jésus une autorité d’un autre ordre : la capacité de guérir les corps, les cœurs et les âmes.

Notre centurion n’est pas un tyran ; bien au contraire, il se fait du souci pour son serviteur à l’article de la mort. Il aurait pu laisser le malade à sa maladie et trouver un nouveau serviteur. Au contraire, l’attachement à son serviteur l’amène sur un terrain où il n’a pas d’autorité. Là, il ne commande plus, mais il supplie. Il devient vulnérable et dépendant à cause de l’affection pour son serviteur ; il se fait le prochain de son serviteur.

Comme le Verbe s’est fait chair pour se rendre proche de l’homme, le centurion s’aventure dans un autre domaine que le sien pour sauver son serviteur. Il se rapproche du Verbe fait chair. Cet élan est fait de foi, en même temps de force, de confiance, d’abandon. Si pour le centurion l’amour n’est pas loin, en Jésus l’amour est la puissance qui lui permet de s’engager pour le salut des hommes.

Demandons à l’Esprit d’habiter nos cœurs pour qu’à notre tour nous nous engagions pour le salut de nos frères !

♦ Vendredi 12 juin

Étincelle de foi

Texte biblique : Luc 18, 35-43

Alors que Jésus approchait de Jéricho, un aveugle mendiait, assis au bord de la route. Entendant la foule passer devant lui, il s’informa de ce qu’il y avait. On lui apprit que c’était Jésus le Nazaréen qui passait. Il s’écria : « Jésus, fils de David, prends pitié de moi ! » Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrêta et il ordonna qu’on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il répondit: « Seigneur, que je retrouve la vue. » Et Jésus lui dit : « Retrouve la vue ! Ta foi t’a sauvé. » À l’instant même, il retrouva la vue, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, adressa une louange à Dieu.

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Méditation :

Très certainement, notre aveugle avait entendu les guérisons que Jésus avait faites, y compris celle du paralytique. J’imagine qu’avec d’autres compagnons d’infortune ils se retrouvaient le soir pour lutter contre le froid et les dangers de la nuit. En même temps qu’ils partagent leur maigre butin de la journée pour le dîner, ils échangent les nouvelles, les cancans. Sûrement, ils ont beaucoup parlé de Jésus. Les uns étant plutôt sceptiques sur ses miracles, les autres enthousiastes. Les premiers disent que les personnes guéries n’étaient pas vraiment malades, les autres constatent que les miraculés sont transfigurés ; et le plus étonnant était qu’il n’y a pas que le corps qui a été guéri. Dans leur âme, ils avaient été transformés.
Notre aveugle a bien dû rencontrer un de ces malades dont la vie a été chamboulée par Jésus. Le récit de la guérison lui a fait comprendre autrement cette prophétie d’Isaïe qu’il entend régulièrement à la synagogue : « Voici votre Dieu… Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. »*
Aussi notre aveugle a maintenant le cœur brûlant, désireux de rencontrer enfin ce Jésus. 
Le jour où il entend que Jésus passe à côté, plus rien ne l’empêche d’appeler celui qui peut le libérer. Il ne craint pas se faire mal voir par ces gens qui lui donnait une piécette par charité. Il n’a pas peur de leur résister quand ils lui ordonnent de se taire : en Jésus, c’est Dieu qui est présent !

Mendiant de Dieu, m’arrive-t-il d’échanger à propos des signes que je vois, que je cherche ?

*Livre d’Isaïe 35, 5.

♦ Mercredi 10 juin

Tissu de foi

Texte biblique : Marc 2, 1-5

Quelques jours plus tard, Jésus revint à Capharnaüm, et l’on apprit qu’il était à la maison. Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte, et il leur annonçait la Parole. Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, ils font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé: « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »

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Méditation :

Qui donc étaient ces hommes qui ont porté le paralysé jusqu’à Jésus ? Pourquoi se donnent-ils tant de mal pour permettre la rencontre avec Jésus ? Leur foi a-t-elle une efficacité ? Jésus la constate et la lie à la guérison du paralytique. Il établit une corrélation entre la foi des porteurs et la guérison du malade. Comme si leur foi avait permis à Jésus d’agir dans la vie de celui qui est couché. Le paralytique ne dit rien, il n’agit pas, c’est comme s’il n’était plus qu’un corps à peine vivant.

Cette relation qui permet à d’autres de présenter une personne devant Dieu s’appelle la communion des saints. Elle est ce lien mystérieux qui relie les hommes entre eux sous le regard de Dieu. Elle est comme une immense pièce de tissu dont la trame serait constituée verticalement des vies des hommes et des femmes, et horizontalement des relations que ces personnes nouent entre elles. Cette pièce de tissu est par endroits particulièrement épaisse, riche et chatoyante, quand les personnes vivent dans l’amour, la concorde et la paix, et ailleurs elle est grise, sèche et terne, là où la rivalité, la haine et l’égoïsme règnent dans les cœurs. Ce ne sont pas les conditions de vie des personnes qui créent la beauté et la solidité du tissu, mais leurs relations. Les porteurs du malade, leur amour pour lui, ont permis à Jésus de relever l’homme couché. Certaines personnes n’ont pas de mots pour dire leur confiance en Dieu, mais si elles sont portées par d’autres croyants, aimants, inventifs et persévérants, alors Dieu peut les relever, leur pardonner.

Seigneur, je te confie une personne qui est éprouvée et la confie à ton amour.

♦ Lundi 8 juin

Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu

Texte biblique : Psaume 113B

Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous,
mais à ton nom, donne la gloire, pour ton amour et ta vérité.
Pourquoi les païens diraient-ils : « Où donc est leur Dieu ? »
Notre Dieu, il est au ciel ; tout ce qu'il veut, il le fait.
Leurs idoles : or et argent, ouvrages de mains humaines.
Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas,
des oreilles et n'entendent pas, des narines et ne sentent pas.
Leurs mains ne peuvent toucher, leurs pieds ne peuvent marcher, pas un son ne sort de leur gosier !
Qu'ils deviennent comme elles, tous ceux qui les font, ceux qui mettent leur foi en elles.
Israël, mets ta foi dans le Seigneur : le secours, le bouclier, c'est lui !
Famille d'Aaron, mets ta foi dans le Seigneur : le secours, le bouclier, c'est lui !
Vous qui le craignez, ayez foi dans le Seigneur : le secours, le bouclier, c'est lui !

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Les idoles dont parlent les psaumes étaient des statuettes de forme humaine à qui étaient prêtée une puissance bénéfique ou maléfique. Aujourd’hui, le recours à ces figurines n’est vraiment plus de mise, mais le ressort qui conduit l’homme à se tourner vers « autre chose » quand il est en difficulté reste un refuge courant. Cela va du tee-shirt « fétiche » d’un sportif grâce auquel il peut gagner à la fréquentation des marabouts ou des voyantes dont nous voyons les mérites et vertus sur des petits tracts distribués dans les gares et quartiers populaires. À Évry, j’ai eu plusieurs fois l’occasion d’accueillir des personnes qui se disaient envoûtées et qui avaient besoin de rencontrer un exorciste. Après les avoir écoutées, je leur proposais de revenir au fondement de la foi chrétienne : « J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. »* Pour la plupart de ces personnes, le fait de se tourner vers Dieu, de s’en remettre à lui dans les difficultés et les épreuves leur a permis de vivre une libération, une mise à distance des soucis qui les oppressaient. Rappeler et remettre au premier plan le lien avec celui qui donne tout, aide à resituer plus justement les pesanteurs de nos vies.Oui, Seigneur, je crois que tu es avec moi dans mes épreuves et que ton amour est plus fort que tout.

*Lettre aux Romains 8, 38.39.

♦ Vendredi 5 juin

Entre tes mains

Texte biblique : Jérémie 17, 5-8

Ainsi parle le Seigneur : Maudit soit l’homme qui met sa foi dans un mortel, qui s’appuie sur un être de chair, tandis que son cœur se détourne du Seigneur. Il sera comme un buisson sur une terre désolée, il ne verra pas venir le bonheur. Il aura pour demeure les lieux arides du désert, une terre salée, inhabitable. Béni soit l’homme qui met sa foi dans le Seigneur, dont le Seigneur est la confiance. Il sera comme un arbre, planté près des eaux, qui pousse, vers le courant, ses racines. Il ne craint pas quand vient la chaleur : son feuillage reste vert. L’année de la sécheresse, il est sans inquiétude : il ne manque pas de porter du fruit.

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Méditation :

Jérémie voit beaucoup de ses contemporains s’appuyer sur leurs seules forces, comme si Dieu ne pouvait rien pour eux. Ils n’ont pas compris ce que la Pâque représente, la libération de la servitude, la sortie d’Égypte. 
elon la tradition juive, pour achever la création du monde il a fallu que Dieu se retire pour laisser à la création et à l’homme la place d’exister ; sinon, dans sa gloire Dieu aurait occupé tout l’espace, tout le temps.
C’est ainsi que l’homme a pu faire ses premiers pas dans la création, choisissant ou non de se tourner vers Dieu. La Bible raconte à travers l’histoire d’hommes et de femmes, de peuples, la difficulté de mettre sa confiance en Dieu. Pourquoi et comment mettre leur vie entre les mains de Dieu ? 
Ceux qui ont compris comment se tourner vers l’Invisible, comment s’adresser à l’Inconnaissable sont différents de ceux qui sont restés cramponnés à leur existence comme si tout dépendait d’eux. Les premiers n’ont pas rencontré moins d’épreuves, ils n’ont pas eu une vie plus facile que les seconds. Mais ils ont permis à Dieu d’agir dans leur vie.

Comment comprendre cette mécanique du cœur et son fonctionnement ? Comment vais-je aujourd’hui me mettre dans la main de Dieu ? Ou, pour prendre une autre image, comment vais-je être attentif aujourd’hui au regard que Dieu pose sur moi ? « Tu voudrais trouver Dieu, fût-ce au prix de mille douleurs : et quelle humiliation de constater que ton action n’était qu’agitation, puisque Dieu te tient depuis longtemps dans sa main. »*

Oui, Seigneur, c’est avec Toi que je veux vivre cette journée.

* Urs von Balthasar, Le cœur du monde.

♦ Mercredi 3 juin

La mer à boire

Texte biblique : Exode 14, 26-31

Le Seigneur dit à Moïse : « Étends le bras sur la mer : que les eaux reviennent sur les Égyptiens, leurs chars et leurs guerriers ! » Moïse étendit le bras sur la mer. Au point du jour, la mer reprit sa place ; dans leur fuite, les Égyptiens s’y heurtèrent, et le Seigneur les précipita au milieu de la mer. Les eaux refluèrent et recouvrirent les chars et les guerriers, toute l’armée de Pharaon qui était entrée dans la mer à la poursuite d’Israël. Il n’en resta pas un seul. Mais les fils d’Israël avaient marché à pied sec au milieu de la mer, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche. Ce jour-là, le Seigneur sauva Israël de la main de l’Égypte, et Israël vit les Égyptiens morts sur le bord de la mer. Israël vit avec quelle main puissante le Seigneur avait agi contre l’Égypte. Le peuple craignit le Seigneur, il mit sa foi dans le Seigneur et dans son serviteur Moïse.

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Méditation :

Fort du soutien de Dieu, Israël a quitté ce pays d’esclavage, après les sept plaies d’Égypte. Pourquoi ces Égyptiens n’ont pas compris que c’était Dieu qui soutenait les Hébreux ? Une ou deux calamités, cela arrive. Mais sept plaies ! Pourquoi n’ont-ils pas compris ? Pourquoi Pharaon, sûr de son bon droit de tenir les Hébreux en esclavage, n’a rien voulu lâcher.
Il a fallu la septième plaie pour qu’il soit ébranlé dans sa foi, dans son pouvoir et qu’il consente au départ des Hébreux. Mais il changera d’avis pas longtemps après.

Imaginons ce décor grandiose. D’un côté, les Hébreux confiants en Dieu, mais inquiets de voir la cavalerie les poursuivre dans leur fuite, de l’autre les Égyptiens sur leurs chars, puissants, impressionnants, sûrs d’eux-mêmes et de leur force. D’un côté la foi en Dieu, de l’autre la foi en la force ; d’un côté la précarité, de l’autre la puissance.

Dieu laisse l’homme choisir de l’écouter ou non.

Cette expérience de foi, le peuple juif la célèbre chaque année dans la fête de la Pâque. Chaque année, le peuple choisi par Dieu est invité à se souvenir que, même si elle est impressionnante, la puissance humaine n’est rien face à Dieu. La foi en Dieu, malgré toutes les apparences, ouvre au croyant un chemin même dans les impasses. Aujourd’hui encore, il arrive que nous soyons appelés par Dieu à la liberté, par des chemins qui nous semblent impossibles. Dieu qui nous donne la vie espère notre foi pour nous emmener beaucoup plus loin que nous n’oserions l’imaginer.

Seigneur, donne-moi de vivre ce jour dans la foi en ton amour !

♦ Lundi 1er juin, 1er jour de cet approfondissement

Foi patiente

Texte biblique : Genèse 15, 3-6

Abram dit encore : « Tu ne m’as pas donné de descendance, et c’est un de mes serviteurs qui sera mon héritier. » Alors cette parole du Seigneur fut adressée à Abram : « Ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais quelqu’un de ton sang. » Puis il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux… » Et il déclara : « Telle sera ta descendance ! » Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste.

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Méditation :

Avez-vous déjà regardé le ciel dans la nuit ? Les grosses étoiles bien visibles et celles cachées dans la voûte céleste. Il nous faut y regarder à deux fois pour réussir à distinguer un scintillement ténu là où au premier regard il n’y avait que du noir. 
Sans doute la foi de notre père Abram s’apparentait-elle à cette micro-étoile dans le ciel. Qu’a-t-il bien pu se passer dans le cœur et dans la tête de ce mari sans descendance au moment où Dieu lui a fait cette promesse ? Cela faisait tellement d’années que lui et Sarah espéraient vainement un enfant. Ils ont bien dû faire avec la stérilité de leur couple, le cœur usé d’attendre l’événement qui n’arrivera plus. Et pourtant ils ne sont pas devenus sceptiques. 
Là était leur foi ; éprouvée, oui ! Comme un cri sans réponse, oui ! Mais le jour où Dieu parle à Abram, Abram n’hésite pas ; il ne doute pas ; il n’est pas blasé ! Cette espérance gratuite, sans preuve, fait la justice du patriarche. 
Dieu lui avait promis plusieurs fois qu’il serait un grand peuple dans les moments marquants de sa vie ; mais cette promesse semblait avoir disparu. Et elle se fera encore attendre. Il fallait qu’il passe les 99 ans pour que la promesse se réalisât. Il convient de voir dans cet âge non pas d’abord un élément chronologique, mais le symbole de la foi qui persévère au-delà de toute espérance. Le chagrin, l’amertume, la souffrance n’ont pas eu raison de la foi d’Abram.

Puissions-nous patiemment comme lui tenir dans la foi quand la promesse se fait attendre !

♦ Introduction :

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Thèmes :

La foi - L'Amour - L'espérance - La vérité

La paix - La bonté - La joie - La liberté

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Une telle proposition alimentera non seulement votre vie spirituelle mais aussi votre vie tout entière. La vie spirituelle n’est pas séparable du reste de votre vie, elle la nourrit de l’intérieur. Ainsi, dans les décisions, les choix à faire, la conduite de votre vie, vous pourrez vous appuyer sur une meilleure connaissance de la Parole de Dieu.

Bonnes découvertes des lumières de la Bible !