♦ Lumières dans la Bible

29 août 2020

« Elle est tout près de toi, cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur,
afin que tu la mettes en pratique. » (Deutéronome 30, 14)

Vous êtes déjà 30000 internautes à suivre nos mini-retraites de Lumières dans la Bible qui ont été lancées à la Pentecôte 2020. Nous sommes très heureux de vivre cette nouvelle aventure avec vous et vos retours très positifs nous encouragent à poursuivre à la rentrée et au delà... En effet, à partir du vendredi 31 juillet, le site a fait une pause estivale pour reprendre le lundi 31 août 2020.

Nous sommes très heureux de vous retrouver en espérant que vous avez passé un bon temps de repos pendant les vacances. Comme vous, marqués par la crise du Covid, nous avions besoin de marcher et de nous ressourcer au grand air.
L’été est aussi le temps des retrouvailles en famille ou avec des amis et beaucoup nous ont dit combien les propositions de Retraite dans la ville les aidaient dans leur vie spirituelle.
Notre équipe redémarre pour une nouvelle année. Notre désir : que ces moyens modernes mis à notre disposition vous permettent de goûter davantage la Parole de Dieu au quotidien.

C'est grâce à la générosité de nos donateurs que nous pouvons offrir ce service.
Nous ne vivons en effet que de dons.
Pour les aider

1er juin 2020

Frère Yves Habert, op, Responsable de Retraite dans la ville :

Au cours d’entretiens spirituels ou de façon plus informelle, j’entends souvent cette question : « Je voudrais que tu me dises simplement ce que la Bible dit sur l’espérance, la justice, la foi, le silence… » Je pense aussi aux fiancés qui me demandent : « Comment la Bible parle-t-elle de l’amour humain ? » Alors, si nous avons le temps, nous ouvrons la Bible et nous voyageons dans ce grand livre d’images et de foi. Et ensemble nous cherchons. Nous interrogeons les textes et les textes nous interrogent.
Avec l’équipe de Retraite dans la ville, nous nous sommes demandé comment proposer cette expérience au plus grand nombre. Comment vous guider en proposant un éclairage simple sur les grands thèmes bibliques ? L’intuition de Lumières dans la Bible est née de là. Aujourd’hui, nous avons la joie de démarrer avec vous une aventure de deux années.
Fidèles aux propositions de Retraite dans la ville, nous vous invitons à des mini-retraites à partir de la Parole de Dieu. Elles prendront la forme de sessions de trois semaines, à raison de trois méditations par semaine sur un thème. Et, nouveauté, vous pourrez choisir votre rythme : 1, 2 ou 3 méditations par semaine. (Inscriptions personnelles à la fin de la page)

Sur ce site, dans la mesure du possible, la proposition sera 3 fois par semaine.

Comme toujours, pour vous accompagner le mieux possible, nous avons choisi des prédicateurs expérimentés, un photographe, des comédiens et les sœurs moniales dominicaines de Beaufort pour les introductions musicales, tous de grand talent. L’expérience, la beauté, l’art conduisent à Dieu.

Thèmes :
La foi - L'Amour - L'espérance - La vérité
La paix - La bonté - La joie - La liberté

Regardez notre vidéo de lancement
à la fin de la page "Lumières dans la Bible"

De plus, youPRAY a prolongé ses méditations jusqu'au 7 juin (après cette date, faire avec leur application)

Et Dimanche dans la ville a repris le 3 septembre pour continuer d'aider enfants et adultes à préparer la messe du dimanche.


 

6e thème biblique : la Bonté

Soeur Anne-Claire Dangeard, responsable des Médias à la Conférence des religieux et religieuses de France, elle anime aussi des ateliers d’écriture d’icônes.

Comment Dieu nous parle de la bonté dans la Bible ? Mais aussi, rencontre avec cinq grands personnages : 5 grands personnages : Madeleine Delbrêl, un grand couturier, un chevalier à l'armure rouillée, l'abbé Pierre et la laitière de Vermeer.

Présentation du thème

(En fonction de mes disponibilités, il se peut que sur ce site il y ait parfois un peu de retard)

♦ Mercredi 28 octobre

Bonté haute couture

Texte biblique : Colossiens 3, 9_14

Plus de mensonge entre vous : vous vous êtes débarrassés de l’homme ancien qui était en vous et de ses façons d’agir, et vous vous êtes revêtus de l’homme nouveau qui, pour se conformer à l’image de son Créateur, se renouvelle sans cesse en vue de la pleine connaissance. Ainsi, il n’y a plus le païen et le Juif, le circoncis et l’incirconcis, il n’y a plus le barbare ou le primitif, l’esclave et l’homme libre ; mais il y a le Christ : il est tout, et en tous. Puisque vous avez été choisis par Dieu, que vous êtes sanctifiés, aimés par lui, revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. Supportez-vous les uns les autres, et pardonnez-vous mutuellement si vous avez des reproches à vous faire. Le Seigneur vous a pardonnés : faites de même. Par-dessus tout cela, ayez l’amour, qui est le lien le plus parfait.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

« Revêtez-vous de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. » De la haute couture !
Pour ce défilé, la collection sera placée sous le signe de la nouveauté. Paul donne ses directives aux Colossiens : « Plus de mensonge entre vous. » Fini l’homme ancien, voici l’homme nouveau. Ce qui fait la différence : notre foi. Le Christ aussi, qui nous accompagne dans notre quotidien. Cette foi ne se vend pas en rouleau à la mercerie, au mètre ou en coupon. On la trouve uniquement en grande largeur. Les couturières comprendront aisément.

La bonté ne vise pas les petites tailles. Elle se donne à pleine mesure. Elle invite à réaliser des modèles XXL et haute couture.
Sur le podium de la vie, « il n’y a plus le païen et le Juif, le circoncis et l’incirconcis, il n’y a plus le barbare ou le primitif, l’esclave et l’homme libre ». Casting exceptionnel pour collection exceptionnelle, tous nous avons revêtu le Christ. Lui, il ouvre le défilé.
Il y a le Christ et des pièces uniques : la tendresse, la compassion, la bonté, la douceur et la patience. Lentement façonnés de ce fil-là, le Christ nous appelle à transformer nos vies, à rejeter le mensonge. À nous supporter, à nous pardonner les uns les autres.

Et par-dessus tout cela, il y a l’amour. C’est la pièce maîtresse de la collection. Elle est à la portée de tous. C’est la robe ou le costume que nous rêverions tous de porter…

Finalement, la bonté c’est quoi ? C’est une idée « prête-à-porter » qui ouvre le défilé.  

♦ Lundi 26 octobre

100% assurés

Texte biblique : Éphésiens 1, 2-10

À vous, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ. Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ ! Il nous a bénis et comblés des bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ. Il nous a choisis, dans le Christ, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints, immaculés devant lui, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être, pour lui, des fils adoptifs par Jésus, le Christ. Ainsi l’a voulu sa bonté, à la louange de gloire de sa grâce, la grâce qu’il nous donne dans le Fils bien-aimé. En lui, par son sang, nous avons la rédemption, le pardon de nos fautes. C’est la richesse de la grâce que Dieu a fait déborder jusqu’à nous en toute sagesse et intelligence. Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté, selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ : pour mener les temps à leur plénitude, récapituler toutes choses dans le Christ, celles du ciel et celles de la terre.

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Méditation :

« Selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ »… Quelle prévoyance !

Rappelez-vous quelques slogans d’assureurs : « Unis et solidaires » ; « Vous avancez, nous assurons » ; « Quelle mutuelle vous suivra aussi loin ? » ; « La solidarité est dans nos gènes »… En son temps, si saint Paul avait embauché des publicitaires, ils s’en seraient eux aussi donné à cœur joie.

Au début de sa lettre, Paul, « apôtre de Jésus Christ à ceux qui appartiennent au peuple de Dieu à Éphèse », invite son auditoire à chanter les louanges du Dieu, béni soit-il. Dieu, depuis la nuit des temps veut faire de nous ses enfants. Il y a mis les moyens et nous a comblés des « bénédictions de l’Esprit, au ciel, dans le Christ ». Dieu veut plus encore. Il veut faire de nous ses « fils adoptifs » ! Quel projet ! Quelle bonté dans les bienfaits que Dieu nous accorde par le Christ ! Car c’est bien lui le maître d’œuvre par excellence qui nous dévoile son projet : « récapituler toutes choses dans le Christ ». Dans une communauté de destin, nous voici associés à la création, celle du ciel et de la terre.

« Vous avancez, nous assurons », dit la publicité. Notre foi nous fait plutôt affirmer : « assurés, nous avançons ». Baptisés, nous choisissons d’entrer dans le projet de Dieu, assurés par sa vie donnée. Notre assurance, c’est la bonté de Dieu pour nous. C’est aussi la bonté entre nous. La bonté est dans nos gènes, transmettons-la ! La prévoyance bonté, n’est-ce pas le meilleur des placements pour l’avenir ?

Finalement, la bonté c’est quoi ? C’est un pied de nez à l’égoïsme.

♦ Vendredi 23 octobre

Record : 6,18 m

Texte biblique : Marc 10, 17-22

Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. » L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. » Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.

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Méditation :

« Beauté sans bonté est une lumière sans clarté », dit le proverbe. Et Platon : « La simplicité véritable allie la bonté à la beauté. » « Dieu seul est bon », nous dit Marc. C’est sa réponse à l’homme riche qui l’interroge : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? » On sent de l’inquiétude chez cet homme respectueux des commandements et de la Loi. Jésus n’arrange rien à son malaise. Il déplace la question. Il l’emmène sur le terrain de l’amour plutôt que sur celui de la Loi. Voici qu’on dit notre homme, « jeune et riche » pour mettre la barre un peu plus haut. Le voici face à un défi vertigineux : « Quoi faire pour avoir la vie éternelle ? » Le grand saut face à l’inconnu.

C’est un Suédois qui détient le record du monde du saut à la perche : 6,18 m, au bout de la perche, à la force des bras. Vertigineux ! Presque deux étages d’un immeuble ! Il faut plus que de la bonne volonté pour franchir des hauteurs pareilles.

Faire un choix radical, c’est accepter de faire le grand saut, se reconnaître fragile et pauvre. En cela, nous permettons à Dieu d’agir. Librement, il nous laisse le temps de la course qui donne l’impulsion. Celle qui nous propulse au-delà de la fameuse barre des six mètres. Dépasser les limites, découvrir « un trésor dans le ciel ». C’est allumer les étoiles dans le ciel, aller joyeusement. Nos alliées : la beauté, la simplicité, la gratuité. Croyez-vous cela possible ?

Finalement, la bonté c’est quoi ? C’est un grand saut dans la bienveillance, une idée qui va dans le bon sens.

♦ Mercredi 21 octobre

Le chevalier à l'armure rouillée

Texte biblique : Matthieu 5, 43-48

Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

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Méditation :

Nous voici sur la montagne avec Matthieu. Jésus enseigne ses disciples. Au sujet du vrai bonheur, de la loi, de l’adultère, du divorce, des serments… Sur l’amour pour les ennemis.
La morale de l’histoire, c’est que la mesure de l’amour c’est la démesure. Un peu comme celle du chevalier à l’armure rouillée*.

Il y a très longtemps, un vaillant chevalier combattait les méchants, tuait les dragons et sauvait les demoiselles en détresse. Il y mettait tant d’empressement qu’il ne quittait plus son armure même pour dormir. Seulement, un beau jour, en voulant l’enlever, il se retrouva coincé. Il lui faudra suivre tout un chemin initiatique pour redevenir lui-même.
La bonté ne se force pas, elle est au cœur de chacun. Pour Dieu, la démesure de l’amour est la seule mesure. L’homme, lui, risque de se perdre dans la démesure. Dieu est le Dieu de tous, les bons comme les méchants. Il nous apprend qu’aimer son ennemi c’est le reconnaître, lui aussi, créé et aimé de Dieu. Facile à dire, difficile à vivre, toujours à remettre sur l’ouvrage : « Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent. »

Des noms, des situations, nous en avons tous à l’esprit. Elles nous minent, elles nous rongent de l’intérieur, nous empêchent de l’extérieur.
Aujourd’hui, à ma mesure, je choisis de faire un geste d’amour et de bonté. Je prends le parti de la bienveillance. Elle ouvre des possibles, débloque toutes les impasses.

Finalement, la bonté c’est quoi ? C’est une belle histoire, une bonne action à l’abri de tout soupçon.

*Le chevalier à l’armure rouillée, Robert Fisher, Ambre éditions.

♦ Lundi 19 octobre

Pas de bonté demi-écrémée

Texte biblique : Psaume 144, 7-17

On rappellera tes immenses bontés ; tous acclameront ta justice.
Le Seigneur est tendresse et pitié, lent à la colère et plein d'amour ; la bonté du Seigneur est pour tous, sa tendresse, pour toutes ses œuvres.
Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne, ils parleront de tes exploits, annonçant aux hommes tes exploits, la gloire et l'éclat de ton règne : ton règne, un règne éternel, ton empire, pour les âges des âges. Le Seigneur est vrai en tout ce qu'il dit, fidèle en tout ce qu'il fait.
Le Seigneur soutient tous ceux qui tombent, il redresse tous les accablés.
Les yeux sur toi, tous, ils espèrent : tu leur donnes la nourriture au temps voulu ; tu ouvres ta main : tu rassasies avec bonté tout ce qui vit.
Le Seigneur est juste en toutes ses voies, fidèle en tout ce qu'il fait.

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Méditation :

Connaissez-vous le tableau de Vermeer « La laitière » (1658) ? La scène se passe dans une cuisine. Une femme travaille. Autour d’elle des objets du quotidien : panier, lampe, corbeille de pain, un torchon bleu, une cruche… Cette femme ignore que nous assistons à la scène et nous la surprenons presque par effraction dans son travail. Pour moi, c’est précisément là que se nichent parfois les plus beaux gestes…

Belle illustration de ce que Karl Rahner appelle la théologie du quotidien : la simple réalité quotidienne, acceptée loyalement, renferme le miracle continuel et le mystère secret que nous appelons Dieu et sa grâce cachée.
Ni édulcoré ni idéalisé, le quotidien de cette femme est déploiement de la bonté, de la beauté d’une réalité ordinaire. La femme du tableau nous invite à l’humilité. Elle nous révèle tout l’éclat d’un travail bien fait. Elle nous invite à consentir aux petites choses de tous les jours. Abandonner notre propre vertu et laisser place à la grâce agissante de Dieu. La bonté elle-même ne servirait de rien si elle n’était fondée sur la gratuité.

La bonté du Seigneur rassasie tout ce qui vit, dans la fidélité et la justesse, chante le psalmiste. « Que ma bouche proclame les louanges du Seigneur ! » Qu’elle soit capable, dans un regard de foi, de découvrir toutes les richesses du moment présent. Comment la vie quotidienne me permet-elle d’accéder à une certaine grâce cachée ? Qu’est-ce que Dieu attend de moi dans les tâches quotidiennes ?

Finalement, la bonté c’est quoi ? C’est le détail qui fait la différence pour toi et moi, pour nous.

♦ Vendredi 16 octobre

L'insurrection de la bonté

Texte biblique : Sagesse 7, 22-26

Il y a dans la Sagesse un esprit intelligent et saint, unique et multiple, subtil et rapide ; perçant, net, clair et intact ; ami du bien, vif, irrésistible, bienfaisant, ami des hommes ; ferme, sûr et paisible, tout-puissant et observant tout, pénétrant tous les esprits, même les plus intelligents, les plus purs, les plus subtils. La Sagesse, en effet, se meut d’un mouvement qui surpasse tous les autres ; elle traverse et pénètre toute chose à cause de sa pureté. Car elle est la respiration de la puissance de Dieu, l’émanation toute pure de la gloire du Souverain de l’univers ; aussi rien de souillé ne peut l’atteindre. Elle est le rayonnement de la lumière éternelle, le miroir sans tache de l’activité de Dieu, l’image de sa bonté.

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Méditation :

Si la bonté m’était contée, elle aurait toutes les qualités : irrésistible, bienfaisante, ferme, sûre et paisible, pure et subtile… « Miroir sans tache de l’activité de Dieu, image de sa bonté. »*

La Sagesse est bonté, c’est dans sa nature ! Elle est vivante. Elle est à l’image de Dieu : elle possède un esprit qui surpasse toute chose.
Pour moi, l’abbé Pierre incarne cette sagesse. À l’hiver 54, quand il lance son terrible appel, il déclenche une insurrection de la bonté. « Mes amis, au secours… une femme vient de mourir gelée, cette nuit à trois heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l’avait expulsée… » La voix de l’abbé Pierre s’est à peine tue que les premiers coups de téléphone submergent le standard de Radio-Luxembourg. Les auditeurs veulent savoir où envoyer argent, vêtements, couvertures, appareils de chauffage… En quelques mois, l’insurrection de la bonté change la France et l’abbé Pierre en devient le symbole. Tout le pays a entendu son appel.
Les années ont passé, mais l’appel de l’hiver 54 continue de résonner dans nos villes. Existe-t-il encore des cœurs et des oreilles pour l’entendre ? À l’époque, sur les murs des « centres fraternels de dépannage » on pouvait lire : « Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici on t’aime. » Aujourd’hui entendons-nous encore les cris de détresse des associations ? Sommes-nous prêts à une nouvelle insurrection de la bonté ?

Parce que finalement, la bonté c’est quoi ? C’est une révolution fraternelle, une bonne action à la portée de tous.

*Livre de la Sagesse 7, 26.

♦ Mercredi 14 octobre

Amour au long cours

Texte biblique : Néhémie 9, 13-14

Tu es descendu sur le mont Sinaï et, des cieux, tu leur as parlé ; tu leur as donné des ordonnances justes, des lois sûres, de bons décrets et commandements ; tu leur as fait connaître le sabbat, que tu as consacré, tu leur as prescrit des commandements, des décrets et une Loi par ton serviteur Moïse.

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Méditation :

Ce texte suit le mea culpa du peuple et rapporte dans une prière solennelle la fidélité du Seigneur, en contraste avec les infidélités du peuple. Pardon !

La grandeur de Dieu dépasse tout ce que l’on peut exprimer. Merci !
La prière de Néhémie est louange pour la fidélité de Dieu et son amour pour son peuple. Ce ne sont pas des paroles en l’air, cela passe par l’accueil d’ordonnances justes, de lois sûres, de bons décrets et commandements.

Aujourd’hui encore, la bonté du Christ réclame que nous aimions. Pas n’importe comment, mais n’importe qui, jusqu’au bout et n’importe quand. La bonté du Seigneur va au malmené, à l’opprimé, à l’exilé. « La bonté du Christ opère avec nous, plus encore elle espère de nous, de chacun quelque chose. »*
À l’école de Madeleine Delbrêl, la bonté c’est le langage de l’Évangile. Non pas avec un vocabulaire et des règles de grammaire figées. Mais dans un élan, en parole et en actes pour plus de vie. « La bonté de Jésus-Christ est l’exemple à imiter, avec ses exigences pour la vie fraternelle. C’est une bonté qui évangélise en éveillant le sens de Dieu chez ceux qui ne croient pas. »**

La prière de Néhémie nous enseigne encore une chose : pour la bonté de Jésus-Christ, c’est chacun qui existe. Et tout le reste devient d’un coup relatif. Pour les grands comme les petites « gens de la rue », la loi que donne le Seigneur est source de vie.

Finalement, la bonté du Seigneur c’est quoi ? C’est l’oxygène qui alimente notre cœur, un cœur bon pour l’annoncer.

*Madeleine Delbrêl (1904-1964), Nous autres, gens des rues, Seuil.
**Madeleine Delbrêl (1904-1964), Nous autres, gens des rues, Seuil.

♦ Lundi 12 octobre

Chimiquement pur

Texte biblique : Genèse 1, 27-31

Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. » Dieu dit encore : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture. À tous les animaux de la terre, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui va et vient sur la terre et qui a souffle de vie, je donne comme nourriture toute herbe verte. » Et ce fut ainsi. Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici : cela était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : sixième jour.

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Méditation :

Bonté, nom féminin, placé dans le dictionnaire entre bonsoir et bonus ! Petit clin d’œil encyclopédique après cette lecture de la Genèse. Il y eut un soir, bonsoir. Il y eut un matin, bonjour. Et Dieu vit que cela était bon… cela était même très bon. Bonus !

Bonus d’un Dieu qui nous confie la Création. Qu’avons-nous fait de ce cadeau-là ? Malgré tous les dérèglements climatiques, relationnels, sociétaux… Dieu continue à porter sur notre monde un regard plein de bienveillance et d’amour. Il n’est pas trop tard pour sortir du brouillard. Au chant des commencements de la Genèse répond la bonne volonté de tous ceux qui s’engagent pour la sauvegarde de la Maison commune.
La nature n’est qu’un spectacle de bonté. En son Créateur, « la bonté est comme une matière chimiquement pure, un diamant »*. Au livre de la Sagesse, il nous est rappelé que « la grandeur et la beauté des créatures font contempler, par analogie, leur Auteur. »** Ne nous trompons pas. Ce n’est pas la matière qu’on vénère, c’est le créateur de la matière.
Entre la matière et son créateur, il nous reste à trouver notre lieu de connexion, en ville ou à la campagne. Entrer en dialogue, prendre soin, changer et convertir notre regard. Telle est l’invitation du pape François dans l’encyclique Laudato si' (n° 22) : « Tous, nous pouvons collaborer comme instruments de Dieu pour la sauvegarde de la création, chacun selon sa culture, son expérience, ses initiatives et ses capacités. »

Finalement, la bonté c’est quoi ? C’est Dieu qui ouvre nos yeux à la lumière.

*L’homme qui marche, Christian Bobin, éditions Le temps qu’il fait.
**Livre de la Sagesse 13, 5.

5e thème biblique : la Paix

A partir de lundi 21 septembre, nous méditerons des textes bibliques sur le thème de la "paix" avec le frère Antoine de la Fayolle du couvent de Rennes.

Prieur du couvent de Rennes, le frère Antoine de la Fayolle a exercé les ministères d’aumônier d’étudiants, de formateur de frères dominicains et de producteur TV.

Présentation du thème

♦ Vendredi 9 octobre

Reconstitution

Texte biblique : Éphésiens 2, 13-18

Maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui autrefois étiez loin, vous êtes devenus proches par le sang du Christ. C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine ; il a supprimé les prescriptions juridiques de la loi de Moïse. Ainsi, à partir des deux, le Juif et le païen, il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix, et réconcilier avec Dieu les uns et les autres en un seul corps par le moyen de la croix ; en sa personne, il a tué la haine. Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix, la paix pour vous qui étiez loin, la paix pour ceux qui étaient proches. Par lui, en effet, les uns et les autres, nous avons, dans un seul Esprit, accès auprès du Père.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Pour libérer l’humanité captive du péché, Dieu a manifesté son amour en aimant tous les hommes y compris ses ennemis. Souvenons-nous des dernières paroles de Jésus sur la Croix : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. »*

L’amour des ennemis est la clef qui seule peut ouvrir les portes des cœurs fermés dans le désir de vengeance, dans la haine, dans la division. Prix exorbitant : une vie donnée, un don de soi qui très étrangement suscite l’opposition, le rejet, la haine. Seul l’amour surpassera cette brisure qui sépare les hommes, qui divise les cœurs. Seul ce don radical donne la paix de Dieu. Les hommes en sont bien incapables, minés par trop d’ambivalences, de compromissions. La paix de Dieu libère le cœur de toute inquiétude, non, par surcroît, elle rend à la communion avec les autres : elle me rend capable de recevoir la part de moi-même qui est chez les autres.

Nous nous faisons l’expérience d’un manque radical. Quand nous sommes seuls, une part de manque devient manifeste. Nous ne savons pas comment tenir durablement en présence de Dieu, le poids de la solitude peut créer des angoisses. Oui, quand je suis seul, je fais l’expérience d’un manque, d’un vide : et au contraire, quand je suis avec une autre personne, réellement présente et attentive, dans l’amitié ou l’amour, l’autre m’apporte une partie de moi-même qui me manquait. Le Christ accomplit cette œuvre de réconciliation avec tous par le don de sa vie.

L’homme réconcilié voit en Dieu le Père de tous. Il est incité à vivre une fraternité ouverte à tous.
Seigneur, fais-moi grandir dans la paix de l’unité !

*Évangile selon saint Luc 23, 34.

♦ Mercredi 7 octobre

Illumination

Texte biblique : Jean 20, 19-23

Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Encore en état de choc, sidérés par les événements de ces derniers jours, les disciples sont claquemurés au Cénacle. Le Christ a été arrêté comme un bandit, les disciples menacés ont pris peur. Pierre l’a renié, les disciples l’ont abandonné - sauf Jean et quelques femmes. Désespérance, culpabilité, lâcheté, c’est la consternation !

Malgré les portes solidement fermées, Jésus se retrouve au milieu d’eux. Le corps marqué par les tortures endurées, il est présent là ! Il n’accable pas ses disciples de reproches parce qu’ils l’avaient abandonné ou parce qu’ils n’avaient pas cru sa parole. Non, Jésus leur diffuse sa paix, soudainement, mais avec douceur. Il n’est pas un fantôme ni une illusion qu’ils se seraient créée. C’est bien lui qu’ils avaient vu sur la Croix crier vers son Père : pourquoi m’as-tu abandonné ?

Cette rencontre du ressuscité les bouleverse. Ils comprennent enfin comment l’amour du Fils ne peut être gardé dans la mort. Ils vivent une illumination intérieure qui leur révèle combien ils sont aimés de Dieu, et qu’avec Lui tout ce qui accable l’homme, le mal, la misère, la souffrance, l’injustice, tout cela est comme transfiguré par le regard que le Christ porte sur eux. En même temps qu’ils rentrent dans ce mystère de relation du Père et du Fils, portés par l’Esprit ils sont immédiatement portés à annoncer cette merveille qu’est l’amour de Dieu. Tous ceux qui accepteront de recevoir cette Bonne Nouvelle, dans leur vulnérabilité seront à leur tour illuminés par l’amour qu’est Dieu.

Seigneur, donne-nous ta paix par ton Esprit !

♦ Lundi 5 octobre

Une Paix contagieuse

Texte biblique : Luc 10, 6-7

S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

La première consigne que Jésus donne à ses disciples quand ils rentrent dans une maison, c’est de souhaiter la paix. Avant même de parler de l’Évangile, du Christ, les disciples doivent d’abord souhaiter la paix, la clef qui rend capable d’accueillir la Bonne Nouvelle. Elle est une condition nécessaire. Nous ne pouvons donner que ce que nous avons nous-mêmes déjà reçu.

Ceux qui sont déjà allés à Lourdes auprès de pèlerins malades savent que le miracle le plus commun qui s’y produit est la paix intérieure donnée aux pèlerins. Si le corps des personnes est plus rarement restauré, leur cœur est très fréquemment pacifié ; la maladie peut continuer à briser les corps, mais les cœurs sont réunifiés, consolés, apaisés. Comme une source qui déborde, la paix des personnes malades devient contagieuse et se répand dans le cœur des hospitaliers, des brancardiers.
La grâce de la paix manifeste le royaume de Dieu ; c’est bien pour cela que les pèlerins malades continuent de venir à Lourdes même s’ils ne sont pas guéris : la paix qu’ils y reçoivent, qu’ils y partagent, les restaure et les fortifie pour affronter les autres épreuves qui les attendent dans leur maison, dans leur foyer. Devenus apôtres souffrants du Christ, ils peuvent apporter cette paix du cœur qui donne de résister à la routine du quotidien, à la fatigue.

La grâce de la paix n’est pas réservée aux malades ; ce qui vaut pour eux vaut pour tout disciple du Christ.
Chacune, chacun, forts de cette paix, forts de la paix du Christ, désirons cette paix, soyons contagieux de cette paix !

♦ Vendredi 2 octobre

Un baume de Paix

Texte biblique : Matthieu 5, 9

Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Si les béatitudes dessinent le portrait de Jésus, que trouvons-nous dans l’Évangile à propos de Jésus et de la paix ? « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. »* Mais nous pouvons également y lire : « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. »**
Non pas que Jésus crée la division, mais sa présence suscite ou bien l’accueil et la conversion ou bien le rejet et l’exclusion. Il n’est plus possible de rester caché sans avoir à choisir.
En sa présence, il faut choisir son camp. Si je refuse la lumière qu’est le Christ pour rester dans l’ombre, si je refuse ce chemin de vérité qui passe par un dépouillement, la reconnaissance de ma fragilité, je passe dans le clan des adversaires qui vont chercher un bouc émissaire pour porter leurs inconséquences et leurs lâchetés : tous ces partisans des « yaka », « faut qu’on ».

Au contraire, à la suite du Christ l’artisan de paix reçoit la parole de Dieu qui « va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur »***. Confiant dans la miséricorde du Père, il vient dans la lumière et devient capable – en lui puis chez les autres – de déceler les fêlures par où le baume de la justice, de la vérité, de l’amour, pourront guérir les cœurs brisés. Rendu confiant dans l’amour de Dieu, il aspire à la paix et la suscite.

Seigneur, fais de moi un artisan de paix !

*Évangile selon saint Jean 14, 27.
**Évangile selon saint Luc 12, 51.
***Lettre aux Hébreux 4, 12.

♦ Mercredi 30 septembre

Gloria, gloria, gloria

Texte biblique : Luc 2, 13-14

Soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

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Méditation :

Le film Joyeux Noël* rappelle la trêve dans les tranchées le jour de Noël 1914 entre Écossais et Français d’un côté et Allemands de l’autre.
Comme en écho aux chants des anges, les soldats – le temps d’une journée – ont déposé leurs armes pour se rappeler que le vacarme et la férocité de la guerre n’étaient pas le tout de leur existence. Certes, les armes ont réussi à se faire réentendre le lendemain et le surlendemain jusqu’en 1918, mais cette rémission le temps d’une journée n’a pas été effacée par toute la barbarie de la guerre. Oui, nous le croyons, le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous, mais cela ne signifie pas que la création soit réconciliée avec elle-même ni que la paix soit acquise. Dieu est venu croiser nos chemins en Jésus, et nous savons bien quel sort lui fut réservé par ses contemporains !

Ce que Dieu nous propose en rejoignant notre humanité, ce n’est pas de supprimer d’un coup de baguette magique le péché qui est tapi dans le cœur de l’homme** ; ce qu’il offre à l’ami de Dieu, c’est un chemin pour que ce monstre tapi à la porte de son cœur reste dehors, à la porte. Ce qu’il rend possible pour l’homme, c’est, en Jésus, de vivre le don de soi radical et total et, ce faisant, il retrouve le chemin qui mène au Père.

Alors Dieu trouve sa place dans le ciel de chacun et chacune et les cœurs peuvent trouver le chemin de la paix. Quand Dieu est reconnu comme celui qui donne la vie en abondance, alors nous devenons capables de recevoir cette vie qu’il offre, cette paix promise à ceux qui l’aiment.

Seigneur, viens faire en moi ta demeure !

*Film de Christian Carion, 2005.
**Livre de la Genèse 4, 7.

♦ Lundi 28 septembre

Paix-La paix comme un festin

Moins, c'est plus

Texte biblique : Proverbes 17, 1

Mieux vaut du pain sec, et la paix, qu’une salle de banquet pleine de discorde.

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Méditation :

Il y a ce qui remplit le ventre, il y a ce qui remplit le cœur. Il y a le fonctionnement physiologique, il y a le sens d’une vie. C’est bien ce que nous rappelle le pape François avec l’encyclique Laudato si’ : « moins c’est plus ! »*. La surabondance des biens, si elle conjure la peur de manquer, n’apporte pas la paix. « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »**

Le manque nous hypnotise en jouant sur le désir de posséder, de savoir. Nous devenons incapables de nous réjouir de ce qui nous est donné parce que nous regardons tout ce qui nous manque. Tels des zombies insatiables nous vivons hors de notre vie.

Nous avons à vivre une véritable conversion du regard pour nous émerveiller de ce qui nous est donné. C’est le chemin de saint François devenu capable d’écrire le cantique des créatures alors qu’il était malade, quasi aveugle à la fin de sa vie.

Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère Soleil.
par qui tu nous donnes le jour, la lumière :
il est beau, rayonnant d’une grande splendeur,
et de toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole.

Quelle paix intérieure transfigurait toutes ses épreuves ! L’émerveillement de la vie, de la création l’ont bouleversé ; devinant la main de Dieu dans la création, il est devenu capable de recevoir l’amour de Dieu et d’en être illuminé. Fort de l’amour de Dieu, de l’amour qu’est Dieu, les tourments de la vie n’ont plus eu prise sur sa vie. Le corps stigmatisé, décharné, mais le cœur en paix, il a rayonné de l’amour de Dieu.

Garde mon âme dans la paix, près de Toi, Seigneur !

*Encyclique Laudato si’, §222.
**Évangile selon saint Matthieu 4, 4.

♦ Vendredi 25 septembre

Tout m'est donné

Texte biblique : Isaïe 54, 7-10

Un court instant, je t’avais abandonnée, mais dans ma grande tendresse, je te ramènerai. Quand ma colère a débordé, un instant, je t’avais caché ma face. Mais dans mon éternelle fidélité, je te montre ma tendresse, – dit le Seigneur, ton rédempteur. Je ferai comme au temps de Noé, quand j’ai juré que les eaux ne submergeraient plus la terre : de même, je jure de ne plus m’irriter contre toi, et de ne plus te menacer. Même si les montagnes s’écartaient, si les collines s’ébranlaient, ma fidélité ne s’écarterait pas de toi, mon alliance de paix ne serait pas ébranlée, – dit le Seigneur, qui te montre sa tendresse.

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Méditation :

La Bible prête à Dieu des sentiments humains ; les auteurs de la Bible parlent à partir de leur expérience. Grâce à eux, Dieu se fait connaître à travers les mots des hommes. Dieu se donne à connaître, comme en filigrane, à travers les expériences que connaissent les hommes et les femmes de notre monde.

Si Dieu est plus l’aimant que l’aimé, son amour reste inconditionnel ; Dieu aime son peuple bien que le peuple l’oublie souvent : l’amour n’est pas aimé ! Son amour n’est pas un vague sentiment mystico-gazeux. C’est dans l’âpreté de la vie éprouvée qu’il s’agit de tenir bon. Isaïe encourage les Juifs exilés à Babylone à tenir bon dans l’espérance. À ceux-ci qui croient être abandonnés par Dieu, il rappelle l’amour infaillible de Dieu.

En Jésus, nous croyons que l’amour de Dieu a vaincu le mal, la mort. En Jésus, la paix nous est donnée. Saint Paul a fait l’expérience de cette paix : « J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. »* Voilà où s’enracine cette paix promise aux amis de Dieu, paix du cœur acquise par l’alliance scellée dans l’offrande du Christ.

Le bienheureux Giorgio Frassati l’avait bien compris : lorsqu’on a la paix du cœur, on a tout le reste !

Béni sois-tu, Seigneur, pour ton amour qui m’est encore offert aujourd’hui. Avec lui, je n’ai rien à perdre aujourd’hui ; au contraire, tout m’est donné !

*Lettre de saint Paul aux Romains 8, 35-39.

♦ Mercredi 23 septembre

La paix par ricochet

Texte biblique : Psaume 121

Quelle joie quand on m'a dit : « Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin devant tes portes, Jérusalem !
Jérusalem, te voici dans tes murs : ville où tout ensemble ne fait qu’un !
C'est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur,
là qu'Israël doit rendre grâce au nom du Seigneur.
C'est là le siège du droit, le siège de la maison de David.
Appelez le bonheur sur Jérusalem : « Paix à ceux qui t'aiment !
Que la paix règne dans tes murs, le bonheur dans tes palais ! »
A cause de mes frères et de mes proches, je dirai : « Paix sur toi ! »
A cause de la maison du Seigneur notre Dieu, je désire ton bien.

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Méditation :

Les Juifs récitent tout particulièrement ce psaume quand ils sont en pèlerinage vers Jérusalem. Ce qui se dit de la fin d’une marche peut également se dire de la fin d’une vie, d’un but, d’une existence. De même que tout pèlerin aspire au repos après la fatigue de la route, de même tout homme de Dieu souhaite au terme de sa vie pouvoir se reposer en Dieu. Et pour tenir bon, le pèlerin est invité à lever les yeux et à regarder plus loin que sa fatigue ; il est invité à prendre soin de cette ville sainte, à prendre soin de tous ceux qui cheminent vers elle, tant physiquement que spirituellement.

« Paix à ceux qui t’aiment… à cause de mes frères et de mes proches, je dirai : “paix sur toi !” »

Voici une bien étrange bénédiction. Appeler la bénédiction sur Jérusalem, pour ceux qui aiment cette ville sainte. Une bénédiction par ricochet : « à cause de mes frères et de mes proches, je dirai : “Paix sur toi” ». J’appelle la paix sur Jérusalem parce que si elle est en paix, elle pourra faire du bien à tous ceux qui l’aiment.

Indice de la largeur de l’amour de Dieu : pour aimer l’un, il n’a pas besoin de moins aimer un autre. Quand il aime l’un, son amour se tourne en même temps vers l’aimé et sur celui qui est à côté. Profondeur de l’amour de Dieu qui à la fois pacifie le violent et stimule l’endormi. Son action multiforme appelle à l’existence en même temps qu’elle accompagne le vieillard dans son repos.

Puissions-nous aujourd’hui comprendre que la paix de Dieu, fruit de son amour, nous est donnée durant notre marche, qu’elle est à portée de cœur !

♦ Lundi 21 septembre

Bien dire

Texte biblique : Nombres 6, 22-27

Le Seigneur parla à Moïse. Il dit : « Parle à Aaron et à ses fils. Tu leur diras : Voici en quels termes vous bénirez les fils d’Israël : “Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix !” Ils invoqueront ainsi mon nom sur les fils d'Israël, et moi, je les bénirai. »

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Méditation :

Bénir : Benedicere en latin : bene-dicere, dire du bien : il ne s’agit pas de dire de jolis mots, mais de rappeler la bonté fondamentale de l’existence d’une personne, d’une chose. C’est rappeler que Dieu a voulu que cette personne, que cette chose existent ! Qu’elle sorte du néant pour être, pour participer à la création voulue par Dieu, expression de son désir, de la grandeur de son cœur !

Bénir, c’est comme effacer les incompréhensions qui empêchent nos cœurs et nos yeux de voir la main de Dieu à l’œuvre dans le monde. Bénir en appelant la paix sur une personne, un peuple, un pays, c’est rappeler ce projet de Dieu initial. Si le désir de paix habite le cœur de toute personne, la vie nous montre qu’une chose est de désirer vivre en paix, et autre chose est d’agir pour la paix.

Parmi les consignes qui sont données aux fils de la tribu de Lévi – après que la Loi eut été donnée à Moïse – l’une d’elles concerne justement la paix. Cette paix que Dieu donne est liée à la présence de Dieu : que le Seigneur fasse briller sur toi son visage ; cette paix est liée à la bienveillance de Dieu : qu’il te prenne en grâce ; cette paix est liée au regard de Dieu : que le Seigneur tourne vers toi son visage.

La mission initialement donnée aux fils d’Aaron n’est pas un monopole ! Chaque homme, chaque femme, enfant de Dieu est appelé à participer à cette œuvre de bénédiction, de dévoilement de la présence de Dieu ici et maintenant dans notre monde !

En ce jour que le Seigneur a fait, puissé-je moi aussi dire une parole de bénédiction !

4e thème biblique : la Vérité

A partir de lundi 31 août, après la pause du mois d'août, nous reprenons Lumières dans la Bible, notre nouvelle proposition de mini-retraites de 3 semaines sur des thèmes bibliques.

Catherine Masson, laïque dominicaine, aborde ici le thème de la «Vérité» dans la Bible. Elle médite des textes choisis dans l'Ancien et le Nouveau Testament pour vous guider dans votre vie spirituelle et aussi vous permettre de trouver davantage Dieu dans votre vie quotidienne.

Présentation du thème

♦ Vendredi 18 septembre

Appartenir à la vérité

Texte biblique : Jean 18, 37-38

Pilate dit à Jésus : « Alors, tu es roi ? » Il répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. » Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »

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Méditation :

Nous sommes au terme de notre parcours sur le mot « vérité » avec peut-être l’idée que maintenant nous savons ce qu’il signifie dans la Bible. Et pourtant, avec saint Jean, nous revenons à la question de départ : « Qu’est-ce que la vérité ? ». Après avoir utilisé ce mot 24 fois dans son évangile, il le reprend une dernière fois avec cette question. C’est Pilate qui la pose à Jésus, tandis que celui-ci vient de lui dire « quiconque appartient à la vérité, écoute ma voix ». Sans doute Pilate n’en attend-il pas de réponse, et Jésus ne lui répond pas. Il le laisse sortir sur cette question, comme peut-être il nous laisse aujourd’hui.Mais ce silence n’est-il pas aussi pour nous une invitation à lever à nouveau notre regard vers le Christ ? En fait, Jésus a déjà répondu à Pilate lorsqu’il lui a dit ce que signifie être roi dans la vérité. Peut-être Pilate aurait-il pu saisir cette vérité dans un regard attentif porté sur celui qu’il avait en face de lui, « un regard où l’âme se vide de tout contenu propre pour recevoir en elle-même l’être qu’elle regarde tel qu’il est, dans toute sa vérité* », c’est-à-dire le Christ, en tant qu’il est la réalité éternelle de toute chose, en Dieu.

Jésus nous laisse donc avec la question pour que nous nous interrogions sur notre appartenance à la vérité, sans cesser d’écouter sa voix : comment je cherche, mais surtout comment j’accueille la vérité qui m’est donnée ? Les croyants peuvent reconnaître la vérité parce qu’ils savent qu’ils ont leur origine en Dieu. Je reçois la vérité parce qu’elle correspond à ce que je suis en Dieu.

*Simone Weil, L’attente de Dieu.

♦ Mercredi 16 septembre

La vérité de ma vie

Texte biblique : Jean 16, 12-15

J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.

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Méditation :

Jésus vient de partager un dernier repas avec les disciples. Il leur a lavé les pieds et tandis que Judas part accomplir sa trahison, il s’adresse une dernière fois aux disciples rassemblés. Il les connaît, avec leurs forces et leurs faiblesses. Ils se souviendront de ces paroles fortes. Pour l’instant, ils ne sont pas encore prêts à en assumer la vérité, celle de leur prochaine fuite tandis que Jésus meurt sur la Croix et que tout espoir semble désormais vain. La vérité est celle de l’incommensurabilité du don que Jésus leur fait de sa vie. Il leur a dit : « je suis le chemin », mais désemparés, ils vont s’égarer du chemin. Cependant, lorsqu’à la Pentecôte ils recevront la plénitude de l’Esprit qu’il a promise, ils comprendront et à leur tour emprunteront ce chemin de vie dont la vérité passe par la mort.Baptisés, confirmés, nous avons reçu cet esprit qui ouvre à chacun de nous le chemin de la vérité de sa vie en Christ. Sans doute sommes-nous encore souvent incapables de porter le message de Jésus. Rassurons-nous, nous ne sommes pas plus forts que les Apôtres qui, trois années durant, ont vécu quotidiennement avec lui et qui, lorsqu’il meurt sur la Croix, n’ont toujours rien compris. Mais comme eux, comme Saul sur le chemin de Damas, laissons la lumière surgir dans nos vies et les transformer. Comme « Marie » qui entend son nom prononcé par celui qu’elle croit être le jardinier, comme les disciples qui découvrent le tombeau vide, comme ceux d’Emmaüs qui le reconnaissent à la fraction du pain, Thomas aux cicatrices de ses blessures, ou d’autres enfin à la proclamation de la parole sous l’effet de l’Esprit, soyons de ceux qui accueillent en eux la vérité de leur vie toute reçue et toute donnée désormais.

♦ Lundi 14 septembre

Il te cherche en vérité

Texte biblique : Jean 4, 23-26

L’heure vient – et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et vérité : tels sont les adorateurs que recherche le Père. Dieu est esprit, et ceux qui l’adorent, c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. » La femme lui dit : « Je sais qu’il vient, le Messie, celui qu’on appelle Christ. Quand il viendra, c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. » Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. »

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Méditation :

Jésus parle avec une femme samaritaine venue chercher de l’eau en plein midi là où lui-même se repose. Cette conversation révèle à la femme la place qu’elle tient dans la relation entre Jésus et son Père. Extraordinaire ! Jésus lui dit – et donc à nous aussi – que le Père recherche de vrais adorateurs et donc d’abord qu’il les cherche, qu’il nous cherche. Remettons les choses à leur place, nous qui cherchons Dieu – ce que nous évoquions dans la méditation précédente –. La vérité est que c’est lui qui nous cherche, qui me cherche et attend de moi que je reconnaisse la vérité de ma relation avec lui, la réalité du don de la vie qu’il me fait chaque jour.

Sans doute, pour adorer en « esprit et en vérité » avons-nous besoin comme la Samaritaine de nous désencombrer quelque peu de nos histoires personnelles, quotidiennes, familiales, ecclésiales, etc., bref de tout ce qui nous empêche d’entendre « l’inouï de l’Évangile »*.

Bavarder avec le Christ sur le bord d’un puits, à l’heure la plus chaude de la journée, et tandis qu’il fait soif – dans les moments peut-être les plus difficiles de nos vies – n’est-ce pas ce qu’il nous propose lorsqu’au milieu de nos jours il nous invite à partager un moment avec lui ? Lorsqu’il nous invite à la prière ? Lorsqu’il nous envoie rejoindre nos frères ? Alors, laissons-nous faire et entendons-le nous dire, me dire, vraiment, dès maintenant : « Je suis Jésus, moi qui te parle. »

*Dominique Collin, L’inouï de l’Évangile.

♦ Vendredi 11 septembre

La vérité et la vie

Texte biblique : Jean 1, 16-18

Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

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Méditation :

Jésus dit de lui-même, « je suis le Chemin, la Vérité, la Vie »*. Trois mots qui nous ouvrent à son mystère sans enfermer le Christ dans une définition. Il est la vie, la source de toute vie, reçue par grâce. Sur les chemins de nos vies, que le Christ a lui-même empruntés, nous pouvons le connaître en vérité, en répondant à l’amour reçu par l’amour donné, et « chercher en aimant à connaître la vérité et s’en revêtir »**.

Jésus n’a pas abrogé la loi de Moïse, il l’a accomplie. La grâce et la vérité que l’évangéliste oppose à la loi font ressortir la grandeur et la beauté de la Bonne Nouvelle apportée par le Christ. La loi exige, la grâce donne. Par son incarnation, Jésus nous introduit dans ce don et nous conduit à la plénitude de Dieu. « La vie éternelle c’est qu’ils te connaissent, toi Dieu, le seul »***, c’est-à-dire la vraie vie, à laquelle chacun de nous est appelé, et dont l’évangéliste dit qu’elle est le Christ et qu’on n’y accède que par lui.

Alors, ne cessons pas de scruter les Écritures pour y découvrir celui qui est pour nous « grâce et vérité ». Ne cessons pas non plus de scruter le fond de notre cœur, où le Père continue à faire naître chaque jour son fils, pour qu’ensemble, avec tous nos frères en Jésus Christ, nous apprenions à connaître l’amour gratuit de Dieu.

*Évangile de saint Jean 14, 6.
**Catherine de Sienne : (Dialogue, introduction).
***Évangile de saint Jean 17, 3.

♦ Mercredi 9 septembre

Pratiquer la vérité

Texte biblique : Psaume 84, 10-14

Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre. Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s'embrassent ; la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice. Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin.

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Méditation :

Le chant de ce psaume nous rappelle que Dieu a rétabli son peuple dans ses droits, sur sa terre. Les promesses toujours véritables ont été accomplies par la miséricorde de Dieu, dont la bonté et la vérité sont reconnues. Mais le peuple restauré a aussi besoin d’être assuré de son avenir dans le pays où il est revenu*. Tous alors aspirent à la paix. Or celle-ci demande la justice, elle demande de faire les œuvres de justice. Le psalmiste, après avoir reconnu la miséricorde de Dieu, source du salut, s’écrie « la vérité germera de la terre ». Nous pouvons y voir les prémices de la venue de Dieu qui prend chair en Jésus Christ sur cette Terre, mais aussi, par le fait même, l’appel à faire naître cette vérité en nous et autour de nous. Oui, « le semeur est sorti pour semer »**, la terre a été ensemencée par Dieu lui-même en son fils Jésus et nous avons à reconnaître, entretenir et faire fructifier ce don.

Lorsque saint Jean écrit que si nous prétendons connaître Dieu alors que nous marchons dans les ténèbres « nous sommes des menteurs et nous ne faisons pas [ne pratiquons pas] la vérité »***, il signifie que la vérité est quelque chose que l’on fait. Il y a là un appel à pratiquer la vérité, non par la parole, mais dans des actes. Lorsqu’à Auschwitz, Maximilien Kolbe offre sa vie pour sauver celle d’un père de famille, il va jusqu’au bout du don qu’a été toute sa vie. Ce geste est reconnu et honoré, il y a aussi tant de gestes de notre quotidien qui sans bruit font pousser sur notre terre, souvent bien aride, les plus belles fleurs de la justice et de la paix.

*Livre des Psaumes 84, 5.
**Évangile de saint Matthieu 13, 3.
***Première lettre de saint Jean 1, 6.

♦ Lundi 7 septembre

Vérité et pardon

Texte biblique : Psaume 50, 4-9

Lave-moi tout entier de ma faute, purifie-moi de mon offense. Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi. Contre toi, et toi seul, j'ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l'ai fait. Ainsi, tu peux parler et montrer ta justice, être juge et montrer ta victoire. Moi, je suis né dans la faute, j'étais pécheur dès le sein de ma mère. Mais tu veux au fond de moi la vérité ; dans le secret, tu m'apprends la sagesse. Purifie-moi avec l'hysope, et je serai pur ; lave-moi et je serai blanc, plus que la neige.

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Méditation :

Ce psaume de pénitence est attribué à David après que le prophète Nathan lui a reproché son péché de chair avec Bethsabée, et de sang à l’endroit de son époux. Dans un dialogue personnel avec Dieu (je/tu) David reconnaît son péché et demande pardon. Il le fait dans la confiance, sûr du pardon accordé. David implore de façon pressante, il a soif de laisser son cœur se retourner et que la vérité embrasse désormais toute son existence concrète. Il promet alors : « Aux pécheurs j’enseignerai ton chemin. »

Ce psaume est souvent proposé à la prière des croyants et pécheurs que nous sommes. Chacun peut effectivement se retrouver dans la confiance, découvrir et reconnaître son propre péché à la lumière de la présence, au fond de lui, de la vérité – appelée ici aussi la sagesse. Ce n’est pas dans le dévoilement public, mais dans le secret de mon cœur, ouvert à sa présence, que je peux faire l’expérience de la fidélité de Dieu malgré tous mes manques, malgré ma fragilité, ma condition de pécheur. Il s’agit alors de me laisser recréer par Dieu ; cette transformation permet de retrouver la joie d’être sauvé et d’en vivre.

Le pardon accueilli est source de vie. C’est alors la vérité de l’homme intérieur qui aime et agit, sans forfanterie ni faux-semblants. N’est-ce pas ce que voulait dire le bienheureux Pier Giorgio Frassati, laïc dominicain, lorsque, dans la fougue de sa jeunesse, il disait « le vrai bien doit être fait comme par inadvertance, peu à peu, quotidiennement »* ?

*Luciana Frassati, La charité de Pier Giorgio, mon frère.

♦ Vendredi 4 septembre

Le risque de la vérité

Texte biblique : Daniel 13, 47-49

Comme on conduisait Suzanne à la mort, Dieu éveilla l’esprit de sainteté chez un tout jeune garçon nommé Daniel, qui se mit à crier d’une voix forte : « Je suis innocent de la mort de cette femme ! » Tout le peuple se tourna vers lui et on lui demanda : « Que signifie cette parole que tu as prononcée ? » Alors, debout au milieu du peuple, il leur dit : « Fils d’Israël, vous êtes donc fous ? Sans interrogatoire, sans recherche de la vérité, vous avez condamné une fille d’Israël. Revenez au tribunal, car ces gens-là ont porté contre elle un faux témoignage. »

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Méditation :

Suzanne est une jeune femme, belle et pure, « craignant Dieu », qui est victime de la convoitise de deux anciens du peuple qui la désirent et s’associent pour la faire tomber dans leur piège. Elle ne cède pas, mais elle tombe alors sous le coup de la loi qui la condamne à mort, sans autre preuve que les accusations mensongères des deux complices. C’est alors que le jeune Daniel intervient, dénonçant un procès qui n’est pas allé à la recherche de la vérité. Les deux anciens sont confondus et Suzanne retrouve son honneur et sa famille.

Cette histoire nous met devant le risque de la vérité : comment réagir face au mensonge ? Suzanne est dans la vérité en étant fidèle, au risque de la mort. Daniel, chez qui « Dieu éveille l’esprit de sainteté », est dans la vérité en dénonçant le mensonge, celui des anciens et celui des juges qui n’ont pas cherché la vérité, non sans risque pour lui-même. Mais l’un et l’autre, sortant de leur zone de confort, ajustent leur comportement sur ce qui est droit, ce qui est juste. Ils viennent « à la lumière »*.

Aujourd’hui encore, des hommes et des femmes font ce choix, tels les saints martyrs d’Algérie, fidèles, jusqu’à la mort, à la vérité des liens d’amitié qu’ils ont tissés, par amour, avec leurs frères et sœurs algériens. Mgr Pierre Claverie exprimait ainsi cette fidélité dans la recherche de la vérité : « On ne possède pas la vérité et j’ai besoin de la vérité des autres »** et surtout disait-il encore : la vérité « devient réelle, lorsqu’elle est accueillie, vécue, incarnée »***. Alors, empruntant le chemin du Christ elle ouvre un chemin de sainteté.

*Évangile de saint Jean 3, 21.
**Mgr Claverie, Humanité plurielle p. 141.
***Mgr Claverie, Lettres et messages d’Algérie, p. 268.

♦ Mercredi 2 septembre

La Vérité a son prochain : Vérité et Paix

Texte biblique : Zacharie 8, 16-17

Voici les paroles que vous mettrez en pratique : chacun dira la vérité à son prochain ; au tribunal vous rendrez des jugements de paix dans la vérité. Ne méditez pas en votre cœur du mal contre votre prochain, n’aimez pas le faux serment, car tout cela, je le hais – oracle du Seigneur.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Au terme de plusieurs visions, le prophète Zacharie annonce la paix. « J’ai résolu de faire du bien à Jérusalem, ne craignez pas », dit celui qui est désigné comme « le Seigneur de l’univers ». À cette fin, le seul conseil qu’il donne à son peuple concerne la vérité, décrite comme le lieu de la paix : dire la vérité à son prochain, la rendre dans les jugements, mais aussi la porter au fond de son cœur, en n’y méditant pas le mal contre le prochain.

Chacun peut s’interroger sur la pertinence de toujours dire la vérité, toute la vérité. Il y a des vérités qui font mal, d’autres qui peuvent mettre en danger, d’autres encore qui ont besoin d’être révélées progressivement quant à la santé ou des histoires de vie, par exemple. Il y a des secrets à garder aussi, mais le prophète renvoie chacun au fond de son cœur. Il ne s’agit pas tant de dire la vérité que de penser vrai, de parler vrai, d’être vrai dans ce qui me relie à l’autre, ce qui me relie à Dieu. « Aimez la vérité et la paix », conclut le prophète* parce que la paix suppose la réconciliation et le pardon et que cela ne peut se vivre que dans la vérité : la vérité dans l’écoute, dans l’attention, dans la connaissance de l’autre, dans la signification de ce qui est vrai à dire et à faire dans l’amour, pour s’ajuster à l’autre.

Reconnaître la source de la vérité et construire la paix suppose cette vérité en nous et entre nous, parce qu’être vrai, c’est être solide et digne de confiance, en vue de la paix qui manque tant à notre monde proche et lointain.

Prions en vérité pour la paix !

*Livre de Zacharie 8, 19.

♦ Lundi 31 août

Vérité et responsabilité

Texte biblique : Genèse 28, 12-17

Jacob eut un songe : voici qu’une échelle était dressée sur la terre, son sommet touchait le ciel, et des anges de Dieu montaient et descendaient. Le Seigneur se tenait près de lui. Il dit : « Je suis le Seigneur, le Dieu d’Abraham ton père, le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je te la donne, à toi et à tes descendants. Tes descendants seront nombreux comme la poussière du sol, vous vous répandrez à l’orient et à l’occident, au nord et au midi ; en toi et en ta descendance seront bénies toutes les familles de la terre. Voici que je suis avec toi ; je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai sur cette terre ; car je ne t’abandonnerai pas avant d’avoir accompli ce que je t’ai dit. » Jacob sortit de son sommeil et déclara : « En vérité, le Seigneur est en ce lieu ! Et moi, je ne le savais pas. » Il fut saisi de crainte et il dit : « Que ce lieu est redoutable ! C’est vraiment la maison de Dieu, la porte du ciel ! »

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Il s’agit de parler de la vérité et avec Jacob on commence par un mensonge ! Pas un petit mensonge, mais une tromperie familiale majeure : Jacob, après avoir échangé, contre un plat de lentilles, son droit d’aînesse avec son frère Ésaü, usurpe, avec la complicité de sa mère, la bénédiction de son père, Isaac. Celui-ci l’envoie alors chercher une femme hors du pays de Canaan. En chemin, il fait un songe : une échelle qui touche au ciel et que montent et descendent les anges de Dieu. Il y découvre la présence de Dieu.

Un mensonge, une ruse, des complicités, une fuite ont-ils leur place dans le plan de Dieu ? C’est pourtant au cœur de cela que Jacob fait une expérience fondatrice où il reçoit sa vocation et la promesse que Dieu ne l’abandonnera pas : « En vérité, le Seigneur est en ce lieu, et moi je ne le savais pas ! » En vérité, vraiment : Jacob sort de son rêve, ses yeux s’ouvrent sur lui-même et sur l’appel de Dieu. Alors il cesse de fuir et prend ses responsabilités*. Sans doute Ésaü n’en était-il pas capable et Isaac lui-même sort de l’aveuglement qui lui fait préférer son fils aîné. Il reconnaît la réalité et entérine la situation. Jacob est bien un rusé, un menteur, mais il trouve un chemin de conversion dans sa fuite. Finalement, il ne s’agit peut-être pas tant de mensonge que de lucidité. La vérité est le lieu de la confiance et de la fidélité qui permet aux uns et aux autres d’ouvrir les yeux, à la manière de Jacob, non seulement sortir de son sommeil, mais prendre ses responsabilités. Quelle est mon échelle de Jacob ?

*Adrien Candiard, Quand tu étais sous le figuier… Propos intempestifs sur la vie chrétienne, Cerf 2017.

3e thème biblique : l'Amour

Frère Patrick-Dominique Linck, du couvent de Nancy, actuellement aumônier de prison et enseignant à la propédeutique de Lorraine. Dans l’Ordre, il a vécu 12 années en Suède.

Savez-vous que vous êtes aimé ? Aimé de Dieu et aimé des autres ! Nous allons durant 3 semaines parcourir des textes de l’ancien et du nouveau testament à la recherche de l’amour de Dieu. Je vous invite à me suivre !

Présentation du thème

Nous allons apprendre à aimer

et à nous laisser aimer par Dieu et par nos frères.

♦ Vendredi 31 juillet

Libre pour accepter ou refuser l'amour

Texte biblique : 1 Jean 3, 16-18

Voici comment nous avons reconnu l’amour : lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères. Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans faire preuve de compassion, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ? Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Saint Jean, dans son épître, nous prévient que le pire chemin pour s’éloigner de Dieu est de se renfermer sur nous-mêmes. Dieu devrait pourtant savoir que nous sommes pécheurs et que nous ne savons pas aimer. Alors pourquoi tant d’amour de la part de Dieu envers sa créature ? Parce que « Dieu est Amour »*. Il est amour en lui-même : chacune des personnes de la Trinité aime les deux autres, mais cet amour veut se répandre en dehors de Dieu.

L’amour de Dieu n’a pas de limite, il veut embrasser tous les hommes de tous les lieux et de tous les temps. L’amour de Dieu ne connaît qu’une limite : notre propre volonté, notre propre liberté. Le salut nous est donné en Jésus-Christ par pur amour sans que nous le méritions le moins du monde. Alors il ne s’agit pas ici de ceux qui ne connaissent pas le Christ, qui n’en ont jamais entendu parler. Il ne s’agit pas non plus de ceux qui rejettent la foi ne pouvant pas croire ou bien qui rejettent sans vraiment connaître le véritable contenu de la foi et sans avoir rencontré le Christ Jésus. Il s’agit plutôt de ceux qui connaissent Jésus et qui ne veulent pas avoir part au salut. Ceux qui n’ont pas besoin du salut, mais qui se croient assez forts pour se passer de la grâce donnée par le Seigneur.

Pour avoir part au salut, il nous faut d’abord nous reconnaître pécheurs et nous savoir tributaires de la seule grâce de Dieu. Seul je ne peux rien, mais avec la grâce de Dieu, fort de se savoir aimé d’un amour fou, je peux me tourner vers le juste juge, celui qui fait miséricorde.

*Première lettre de Jean ch 4, v 8.

♦ Mercredi 29 juillet

L'amour convertit !

Texte biblique : 1 Pierre 4, 7-11

La fin de toutes choses est proche. Soyez donc raisonnables et sobres en vue de la prière. Avant tout, ayez entre vous une charité intense, car la charité couvre une multitude de péchés. Pratiquez l’hospitalité les uns envers les autres sans récriminer. Ce que chacun de vous a reçu comme don de la grâce, mettez-le au service des autres, en bons gérants de la grâce de Dieu qui est si diverse : si quelqu’un parle, qu’il le fasse comme pour des paroles de Dieu ; celui qui assure le service, qu’il s’en acquitte comme avec la force procurée par Dieu. Ainsi, en tout, Dieu sera glorifié par Jésus Christ, à qui appartiennent la gloire et la souveraineté pour les siècles des siècles. Amen.

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Méditation :

Au IVe siècle, Pacôme, jeune païen égyptien de vingt ans enrôlé de force dans l’armée romaine, est enfermé dans la caserne de Thèbes. Lui et ses compagnons manquent de tout. Ce sont alors les chrétiens de cette ville qui viennent apporter aux conscrits de la nourriture. Pacôme ne comprend pas pourquoi des gens qu’il ne connaît pas et dont il ne partage pas la foi viennent lui témoigner de la charité. C’est la bonté de la communauté chrétienne qui a permis à Pacôme de recevoir le baptême et d’être l’un des fondateurs de la vie monastique en Égypte. Tout cela à cause d’un peu de nourriture assaisonnée de charité.

L’amour devrait être le signe distinctif du chrétien. « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »* Cette charité est à mettre en œuvre dans notre vie ordinaire, là où nous sommes. Il n’y a pas de lieu où je ne puisse pas vivre cette charité envers mon prochain. Comme aumônier de prison j’ai vu à bien des reprises des détenus partager le peu qu’il leur restait avec un détenu indigent et même parfois se passer d’un bien pour le donner à un plus démuni. Cela rejoint un fameux sermon du Père Lataste aux femmes en prison : « Hier, je vous citais le cri de sainte Catherine de Sienne au sortir d’une extase où elle avait vu comme une entre lueur du Ciel ; aujourd’hui, sans avoir vu le Ciel, sans avoir été ravi en extase, moi aussi je puis, j’ai le besoin de m’écrier avec elle : j’ai vu des merveilles ! J’ai vu des merveilles ! »** On peut voir ainsi des merveilles en prison. 

*Évangile de Jean ch 13, v 35.
**Sermon n° 4 du Bx frère M-J-J Lataste, o. p., prison de Cadillac, septembre 1865.

♦ Lundi 27 juillet

L'amour, seul bagage !

Texte biblique : 1 Corinthiens 13, 8-13

L’amour ne passera jamais. Les prophéties seront dépassées, le don des langues cessera, la connaissance actuelle sera dépassée. En effet, notre connaissance est partielle, nos prophéties sont partielles. Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel sera dépassé. Quand j’étais petit enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant. Maintenant que je suis un homme, j’ai dépassé ce qui était propre à l’enfant. Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu. Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité.

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Méditation :

La vie est un voyage, mais nous n’allons pas vers une destination lointaine. Nous naissons, nous grandissons, nous vieillissons et nous avançons tous vers notre achèvement. Que Dieu achève en nous ce qu’il a commencé. Mais que reste-t-il de notre vie terrestre au moment de la quitter ? Il ne demeure que l’amour, l’amour donné et reçu ! Pour entrer dans la vie éternelle, nous n’aurons comme seul bagage que celui de l’amour. Nous n’aurons pas d’autres biens à déclarer à saint Pierre, pas besoin de valise à roulettes.

Sur quoi bâtissons-nous notre vie ? Quel est le but de ma vie ? Quel avenir suis-je en train de me préparer ? Bien souvent, nous sommes habiles pour préparer notre avenir sur le plan humain. Nous faisons de bonnes études afin de nous assurer un travail intéressant et une vie confortable. Nous prenons une assurance vie, des placements qui nous permettent de bien vivre notre retraite. Ce n’est pas mauvais, il y a dans cette prévoyance une sagesse. Mais qu’en est-il de notre éternité ? Cette vie ici-bas ne nous est-elle pas donnée pour apprendre à aimer puisqu’il n’y a que l’amour donné et reçu qui ne passera jamais ?

« Le salut commence dans l’imitation des œuvres de miséricorde à travers lesquelles Jésus a réalisé le Règne. Celui qui les accomplit prouve qu’il a accueilli la royauté de Jésus, parce qu’il a fait de la place dans son cœur pour la charité de Dieu. Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour*, sur la proximité et sur la tendresse envers les frères. C’est cela qui permettra ou non notre entrée dans le règne de Dieu. »**

*Saint Jean de la Croix.
**Pape François, messe de canonisation de six nouveaux saints le 23 novembre 2014.

♦ Vendredi 24 juillet

Aimer tel que je suis

Texte biblique : Romain 5, 3-8

Nous mettons notre fierté dans la détresse elle-même, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ; la persévérance produit la vertu éprouvée ; la vertu éprouvée produit l’espérance ; et l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. Alors que nous n’étions encore capables de rien, le Christ, au temps fixé par Dieu, est mort pour les impies que nous étions. Accepter de mourir pour un homme juste, c’est déjà difficile ; peut-être quelqu’un s’exposerait-il à mourir pour un homme de bien. Or, la preuve que Dieu nous aime, c’est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs.

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Méditation :

Par la grâce du Christ nous avons été rendus justes, mais pécheurs nous le sommes encore et nous le serons jusqu’à notre mort, car nous sommes des êtres fragiles et inconstants. La Bible nous envisage ballottés comme la paille au gré du vent. Nous pouvons nous faire illusion : « Rien n’est plus faux que le cœur de l’homme, il est incurable. Qui peut le connaître ? »* Devant ce constat, l’homme crie vers Dieu : « Guéris-moi, Seigneur, et je serai guéri, sauve-moi, et je serai sauvé, car tu es ma louange. »** Ce qui est impossible pour l’homme, Dieu peut seul le réaliser.
Car si le Christ s’est incarné, c’est bien pour les malades et les pécheurs et non pour les bien portants et les justes qui n’ont pas besoin de la Miséricorde de Dieu. Nous avons la tête dure et le cœur obstiné***, mais c’est pour nous que Christ est mort et ressuscité ! C’est par amour pour nous, tels que nous sommes aujourd’hui et non pas tels que nous nous rêvons, tels que nous voudrions être. Il est venu chercher la brebis perdue, celle qui est la plus rebelle, celle qui s’éloigne de ses chemins. Il la recherche, il la trouve, la porte sur ses épaules et soigne ses blessures. Ses blessures guérissent mes blessures et sa mort sur la croix m’ouvre les portes de la vie.

Oui, ce Dieu est fou d’amour pour sa créature : « Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs. » Il nous aime tant qu’il nous a donné son Esprit saint qui a répandu dans nos cœurs l’Amour de Dieu. Nous sommes désormais des pécheurs divinisés, des pauvres qui portent en eux l’Amour de Dieu.

*Jérémie ch 17, v 9.
**Jérémie ch 17, v 14.
***Ézéchiel, ch 2, v 4.

♦ Mercredi 22 juillet

Aimer comme je le suis !

Texte biblique : Jean 15, 12-17

Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres.

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Méditation :

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Mais tu devrais savoir, Seigneur, que ce que tu me commandes est impossible ! Comment moi, un pauvre pécheur, pourrais-je aimer les autres comme tu m’as aimé ? D’autant plus que les autres ne sont pas nécessairement mes amis. Aimer ses amis, sa famille, ses proches, c’est déjà difficile, mais aimer l’autre, n’importe quel autre !

« Qui est mon prochain ? » demandait le docteur de la Loi à Jésus dans la parabole du bon Samaritain*. Celui dont tu te fais proche, répond Jésus. Ainsi, c’est à moi de commencer à aimer, de m’approcher de l’autre tel qu’il est jusqu’à donner ma vie pour les autres. Seigneur, tu veux que j’aime l’autre comme tu m’as aimé moi. Tu n’as pas attendu que je sois sans défaut, sans péché, mais tu m’as aimé d’un amour gratuit en me donnant tout ton amour, sans aucun mérite de ma part. Tu m’as aimé sans condition pour que, rempli de ton amour, je puisse aimer les autres de ce même amour qui vient de toi. Heureux ceux qui se découvrent aimés de Dieu avec leurs défauts et leurs péchés, ils pourront alors aimer les autres tels qu’ils sont.

Nul ne peut faire miséricorde s’il n’a d’abord expérimenté la miséricorde de Dieu à son égard. Sainte Élisabeth de la Trinité écrivait : « Demeurez en moi […] C’est là, tout au fond, que l’abîme de notre néant, de notre misère, se trouvera en tête à tête avec l’abîme de miséricorde, de l’immensité du tout de Dieu ; là que nous trouverons la force de mourir à nous-mêmes et que, perdant notre propre trace**, nous serons changés en amour. »***

*Évangile de Luc, ch 10, v 29-37.
**C’est-à-dire en s’oubliant.
**Sainte Élisabeth de la Trinité, Écrits spirituels.

♦ Lundi 20 juillet

L'amour au pied des hommes

Texte biblique : Jean 13, 1-5

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.

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Méditation :

« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »* Lors de la dernière Cène, Jésus met en œuvre cette parole sous les yeux de ses disciples. Il n’y a pas, à proprement parler, chez Jean de récit de l’institution de l’eucharistie comme chez les autres évangélistes, mais il donne ici le sens profond de l’Eucharistie.

Jésus, au moment de la célébration de la Cène, remplit pour ses disciples la tâche d’un esclave : il leur lave les pieds. Jésus montre à ses disciples jusqu’où va son amour pour eux, et jusqu’où ils doivent s’aimer les uns les autres : « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. »** Aujourd’hui il se fait serviteur de ses frères et demain il donnera sa vie sur la croix. Logique de notre Dieu ! Il a pris la dernière place, celle de l’esclave, et personne ne pourra la lui ravir. Il s’est fait homme, il s’est fait serviteur des hommes, il est venu pour s’abaisser jusqu’aux pieds des hommes afin qu’ils puissent avoir part avec lui au salut !

« Le propre de l’amour est de s’abaisser », écrivait sainte Thérèse de Lisieux***. Notre Dieu n’est pas d’abord aux cieux, il se trouve à nos pieds ! Alors, pourquoi vouloir nous élever au-dessus de nos frères, pourquoi regarder en l’air en attendant son retour alors que nous pouvons le retrouver maintenant aux pieds des plus petits ? C’est là qu’Il se trouve, c’est là qu’est notre place !

*Évangile de Jean ch 15, v 3.
**Évangile de Jean ch 13, v 14.
***Manuscrits Autobiographiques MA, 2v°24.

♦ Vendredi 17 juillet

Prédestinés à aimer

Texte biblique : Jean 3, 16-17

Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.

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Méditation :

Dans ce passage, Jésus répond à Nicodème. Lucide, cet homme sait combien il est difficile de renaître, de repartir à zéro. Jeunes et moins jeunes se demandent quelle est la volonté de Dieu sur eux. Eh bien la volonté de Dieu c’est que nous soyons sauvés ! Il est venu à Noël pour sauver tous les hommes.

Depuis la chute de nos premiers parents l’homme ne cesse de se cacher aux yeux de Dieu et Dieu ne cesse de le chercher et de l’appeler : « Adam où es-tu ? »* Dieu a envoyé ses prophètes pour que les hommes se détournent du mal, mais cela n’a pas suffi. Pour trouver l’homme, il fallait que Dieu se fasse homme afin que l’homme retrouve l’intimité avec Dieu. Il fallait que Dieu prenne une nature humaine semblable à la nôtre. Jésus est venu pour nous sauver en donnant sa vie par amour de tous les hommes. Nous sommes tous prédestinés au salut, nous sommes tous aimés de Dieu d’un amour infini. Il faut vraiment que nous y mettions de la mauvaise volonté pour ne pas réaliser le plan de Dieu qui est le salut de tout homme.

Le Seigneur respecte notre liberté, il ne nous forcera jamais à entrer dans son plan de salut. Mais si nous le voulons, si nous acceptons le salut en Jésus-Christ, c’est-à-dire si nous croyons en lui, si nous lui remettons toute notre vie, alors nous obtiendrons la vie éternelle. Cette vie éternelle qui est déjà commencée, est cette présence intime de Dieu en notre corps : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? »**

*Livre de la Genèse ch 3, v 9.
**Première Lettre de saint Paul aux Corinthiens, ch 3, v 16.

♦ Mercredi 15 juillet

Les bras du Père

Texte biblique : Osée 11, 1-4

Oui, j’ai aimé Israël dès son enfance, et, pour le faire sortir d’Égypte, j’ai appelé mon fils. Quand je l’ai appelé, il s’est éloigné pour sacrifier aux Baals et brûler des offrandes aux idoles. C’est moi qui lui apprenais à marcher, en le soutenant de mes bras, et il n’a pas compris que je venais à son secours. Je le guidais avec humanité, par des liens d’amour ; je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue ; je me penchais vers lui pour le faire manger. Mais ils ont refusé de revenir à moi : vais-je les livrer au châtiment ?

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Comment exprimer l’amour que Dieu éprouve pour l’Homme, si ce n’est en prenant des images humaines que nous pouvons comprendre ? Le prophète Osée compare Dieu à un père ou une mère. Quoi de plus parlant pour nous qu’un père tenant son enfant par les mains pour lui apprendre à marcher sans se blesser, ou qu’une mère portant son enfant pour le consoler en le pressant contre sa joue ? Ne sentez-vous pas votre cœur devenir tout brûlant à l’idée de vous retrouver dans les bras de Dieu joue contre joue ? Nous trouvons le lieu de notre repos et de notre consolation dans cette proximité. La tendresse infinie de Dieu n’est pas absente de l’Ancien Testament.

Malheureusement, nous sommes parfois des enfants rebelles qui préférons marcher seuls et nous casser la figure… Nous ne voulons pas être portés dans les bras du bon Dieu et nous ne cessons de lui dire « non, non, laisse-moi marcher seul, je suis assez grand ! ». Nous sommes comme des enfants capricieux… Peut-être nous faut-il d’abord faire l’expérience de la chute, de la vacuité de nos désirs, aller « sacrifier aux Baals et brûler des offrandes aux idoles » pour nous rendre compte que seul Dieu peut combler notre cœur ?

Le sacrement de la confession n’est-il justement pas ce moment où le Seigneur nous console en nous portant jusqu’à sa joue pour nous faire expérimenter son Amour ? « Venez, et discutons – dit le Seigneur. Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront aussi blancs que neige. S’ils sont rouges comme le vermillon, ils deviendront comme de la laine. »*

*Livre d’Isaïe ch1, v18.

♦ Lundi 13 juillet

Le visage de l'amour

Texte biblique : Exode 33, 18-23

Moïse dit : « Je t’en prie, laisse-moi contempler ta gloire. » Le Seigneur dit : « Je vais passer devant toi avec toute ma splendeur, et je proclamerai devant toi mon nom qui est : LE SEIGNEUR. Je fais grâce à qui je veux, je montre ma tendresse à qui je veux. » Il dit encore : « Tu ne pourras pas voir mon visage, car un être humain ne peut pas me voir et rester en vie. » Le Seigneur dit enfin : « Voici une place près de moi, tu te tiendras sur le rocher ; quand passera ma gloire, je te mettrai dans le creux du rocher et je t’abriterai de ma main jusqu’à ce que j’aie passé. Puis je retirerai ma main, et tu me verras de dos, mais mon visage, personne ne peut le voir. »

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Voir Dieu de dos, mon Dieu, ce n’est déjà pas si mal ! Nous nous en contenterions bien, si seulement nous pouvions apercevoir un peu de ta gloire dans nos vies ordinaires. Tu as dit à Moïse : « Je fais grâce à qui je veux, je montre ma tendresse à qui je veux. » Nous avons envie de te dire, comme des enfants : « Tu veux bien ? Nous sommes souvent fatigués, inquiets, déprimés, attristés dans notre vie quotidienne ; montre ton visage de tendresse à tes serviteurs. »

Tu as dit à Moïse de se tenir sur le rocher. Nous ne pouvons pas trouver de place plus près de toi que ce rocher. Saint Paul commente : « Ce rocher, c’est le Christ ! »* Et parfois nous ignorons la proximité de cette présence : « Moi, stupide, comme une bête, je ne savais pas, mais j’étais avec toi. Moi, je suis toujours avec toi, avec toi qui as saisi ma main droite. »** Notre cœur s’écrie : je veux voir Dieu, je veux ressentir son amour, sa tendresse. Ce visage caché à Moïse, il nous a été donné de le contempler en Jésus-Christ. Le visage du Transfiguré, le visage du Crucifié, est le visage de l’Amour. Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face écrit : « Ta face est ma seule richesse. Je ne demande rien de plus. En elle me cachant sans cesse je te ressemblerai Jésus. »*** Le face-à-face que nous connaîtrons pleinement après la mort a déjà commencé. Le visage de l’Amour est la face de Jésus. Mon cœur m’a redit ta parole : « Cherchez ma face. » C’est ta face, Seigneur, que je cherche : ne me cache pas ta face.****

*Première lettre de saint Paul aux Corinthiens, ch 10, v 4.
**Livre des Psaumes 72, 22-23.
***Thérèse de Lisieux, poésie n° 20.
****Livre des Psaumes 26, 7-9.

2e thème biblique : l'Espérance

3 semaines avec la sœur Anne-Claire Dangeard, responsable des Médias à la Conférence des religieux et religieuses de France, elle anime aussi des ateliers d’écriture d’icônes.

Je vous invite à cheminer avec 4 grands personnages : un poète, un mathématicien, un personnage de bande dessinée et le pape François. Leur point commun avec la Bible, c'est l'Espérance. Ensemble, pendant 3 semaines nous découvrions comment elle habite leur vie, comment elle se décline dans la Bible.
Pour préparer ce voyage, j'ai beaucoup prié et j'ai aussi cherché à dénicher l'Espérance là où on ne la chercherait pas.  J'ai pris beaucoup de plaisir à préparer ce voyage et j'espère que vous en prendrai aussi.
Alors, on y va ?

Présentation du thème :

(Il se peut que pendant l'été, la méditation arrive avec un peu de retard...)

♦ Vendredi 10 juillet

Tatouée

Texte biblique : Hébreux 6, 16-20

Les hommes prêtent serment par un plus grand qu’eux, et le serment est entre eux une garantie qui met fin à toute discussion ; Dieu a donc pris le moyen du serment quand il a voulu montrer aux héritiers de la promesse, de manière encore plus claire, que sa décision était irrévocable. Dieu s’est ainsi engagé doublement de façon irrévocable, et il est impossible que Dieu ait menti. Cela nous encourage fortement, nous qui avons cherché refuge dans l’espérance qui nous était proposée et que nous avons saisie. Cette espérance, nous la tenons comme une ancre sûre et solide pour l’âme ; elle entre au-delà du rideau, dans le Sanctuaire où Jésus est entré pour nous en précurseur, lui qui est devenu grand prêtre de l’ordre de Melkisédek pour l’éternité.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Pour cette dernière méditation sur l’Espérance, j’ose vous inviter à prendre la bible dans une main et une bande dessinée dans l’autre.

Avec la lettre aux Hébreux, nous prenons le large. Dans notre vie, quand la tempête se déchaîne, que les vagues nous submergent, où est-elle, notre espérance ? Elle est comme une ancre qui stabilise le navire et l’empêche de dériver.
Cette ancre, certains, comme les vieux marins, l’ont même tatouée sur leur bras. C’est le cas de Popeye, personnage de bande dessinée né en pleine crise aux États-Unis dans les années 30. Marin bourru et provocateur, mais non moins brave et loyal. Si Popeye en son temps a poussé les enfants à manger des épinards (à chacun son héros), saint Paul invite les Éphésiens à puiser force et courage dans l’espérance. Elle a toutes les vertus : l’humilité, la douceur, la patience. Elle a pour effet direct l’amour et l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix.

Voici le commentaire de saint Thomas d’Aquin : « L’homme doit être fixé à cette espérance comme l’ancre est elle-même attachée au vaisseau. Mais il y a cette différence entre l’ancre et l’espérance, que la première est jetée au fond de la mer, tandis que la seconde est accrochée en haut, c’est-à-dire en Dieu. »*

Au terme de ces méditations, jetons l’ancre, prenons un temps de calme pour découvrir ce qui parfois nous entraîne dans les abîmes, et cette espérance qui, telle une ancre, nous aide toujours à refaire surface. N’est-ce pas le Christ lui-même ?

*Saint Thomas d’Aquin, Commentaire de la Lettre aux Hébreux.

♦ Mercredi 8 juillet

La Mélodie de l'espérance

Texte biblique : Éphésiens 4, 1-6

Moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte donc à vous conduire d’une manière digne de votre vocation : ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit. Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

La Bible dans une main et un carnet de chants dans l’autre.

Quand j’entends Paul s’adresser aux Éphésiens depuis sa prison, résonne en moi ce chant : « Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père ! » L’organiste joue avec conviction sa partition. La chorale entraîne l’assemblée autour de ce mot d’ordre imperturbable : l’unité. Parce que nous sommes tous « appelés à partager une seule espérance dans le Christ nous chantons et nous proclamons : un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père ! ».

Il faut bien avouer que les jours de « marée basse », cette unité me semble plutôt une utopie. Il suffit d’allumer son ordinateur. L’unité semble parfois bien lointaine. Ne dit-on pas que les Français sont réputés être des râleurs ? Et moi la première !
Pourtant, mon espérance me pousse à croire que l’unité est possible. Vivre ensemble, construire l’unité, ce n’est pas effacer nos différences. C’est se souvenir que nous sommes tous appelés à accueillir le même Esprit, le même Seigneur, à vivre comme les enfants d’un même Père.

Dans la vie religieuse, nous avons la chance de vivre cette vocation à l’unité, à l’espérance. Dans nos communautés, cette espérance est vécue dans la différence, nous l’expérimentons chaque jour, durement ou joyeusement, c’est selon. Nos communautés sont comme le laboratoire où l’on expérimente qu’un vivre ensemble est possible. Le voulons-nous sincèrement ?

La Bible dans une main et un chant de louange en tête, je cherche aujourd’hui à découvrir comment, dans ma vie, les différences sont autant de chances pour vivre l’unité.

♦ Lundi 6 juillet

Loué sois-tu !

Texte biblique : Romains 8, 18-25

J’estime, en effet, qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous. En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu. Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps. Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance ; voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer : ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ? Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.

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Méditation :

La bible dans une main et dans l’autre la lettre encyclique du pape François Laudato si'.*

Ensemble pour la planète. C’est le mot d’ordre de Paul. Déjà, Paul comprend que la terre peut subir « le pouvoir du néant ». Et s’il revenait aujourd’hui, que nous écrirait-il ? Dieu a écrit un livre magnifique « dont les lettres sont représentées par la multitude des créatures présentes dans l’univers ». Et tous, nous sommes solidaires de notre planète ! Alors qu’attendons-nous pour la déchiffrer ?

Si nous sommes images de Dieu, « cela ne doit pas nous porter à oublier que chaque créature a une fonction et qu’aucune n’est superflue. Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. » Aujourd’hui, toute la terre gémit. Contre le discours ambiant de certains prophètes de malheur, saint Paul nous invite à résister à la désespérance. À entendre la louange muette de la création, à cultiver l’espérance. Invitation à habiter la terre autrement, à choisir la vie, à rechercher la paix et voir comment tout cela est beau. La création est un cadeau ; la vie est un don. Comme une exigence personnelle et collective, prendre le temps de respirer, laisser une place dans notre vie à la contemplation, la louange, la gratuité pour « entendre chaque créature chanter l’hymne de son existence, [et] vivre joyeusement dans l’amour de Dieu et dans l’espérance ».

La bible dans une main, l’encyclique dans l’autre, je découvre qu’il n’est jamais trop tard, que l’espérance m’invite à cultiver l’harmonie dans mes relations avec les autres et avec la nature. La paix est contagieuse.

*Lettre encyclique du pape François, Laudato si’ n° 84.85.

♦ Vendredi 3 juillet

(excusez mon retard pour la parution sur le site... ça peut arriver pendant l'été !)

Formule magique

Texte biblique : Romains 4, 17-22

C’est bien ce qui est écrit : J’ai fait de toi le père d’un grand nombre de nations. Abraham est notre père devant Dieu en qui il a cru, Dieu qui donne la vie aux morts et qui appelle à l’existence ce qui n’existe pas. Espérant contre toute espérance, il a cru ; ainsi est-il devenu le père d’un grand nombre de nations, selon cette parole : Telle sera la descendance que tu auras ! Il n’a pas faibli dans la foi quand, presque centenaire, il considéra que son corps était déjà marqué par la mort et que Sara ne pouvait plus enfanter. Devant la promesse de Dieu, il n’hésita pas, il ne manqua pas de foi, mais il trouva sa force dans la foi et rendit gloire à Dieu, car il était pleinement convaincu que Dieu a la puissance d’accomplir ce qu’il a promis. Et voilà pourquoi il lui fut accordé d’être juste.

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Méditation :

Espérant contre toute espérance, la bible dans une main et la calculette dans l’autre. Pourtant, la confiance ne se calcule pas. Nous ne sommes pas les mathématiciens de Dieu. Il ne suffit pas d’avoir la bonne équation, la bonne formule pour dire Dieu. Nos calculs, nos mots, seront toujours insuffisants, nous laissant, balbutiant, en deçà de ce que nous voudrions dire.

L’espérance balaye nos formules mathématiques. Elle nous pousse à l’évidence d’un Dieu qui nous aime, nous accorde sa confiance et nous fait vivre. Elle excède nos calculs. Elle mène vers Dieu. Là où 1+1 ne font plus 2, mais bien infiniment plus. Elle est don, gratuité, abandon. Là où Dieu est présent, la vie surabonde pour peu qu’on veuille bien lui ouvrir nos mains, nos cœurs et notre intelligence.
La confiance se donne et se reçoit d’un autre dans un même élan. Nous croyons, nous faisons confiance parce que nous aimons. « Un enfant fait-il confiance à ses parents parce qu’il s’est convaincu qu’ils sont dignes de confiance et capables et désireux de lui faire du bien, ou bien s’abandonne-t-il simplement à son instinct affectueux ? Nous croyons parce que nous aimons. Cela est évident !... »*

Espérant contre toute espérance, contre toute épreuve, mettons-nous à l’école d’Abraham puisque Paul le prend en exemple. Abraham considéré par les Juifs, les chrétiens et les musulmans comme « le père des croyants ». Il a donné à Dieu sa foi, il lui a fait confiance alors que la promesse pouvait paraître hors de portée.

Calculer ou faire confiance, aujourd’hui je choisis la confiance !

*John Henry Newman, Quinze sermons prêchés devant l’Université d’Oxford.

♦ Mercredi 1er juillet

Envers et contre tout

Texte biblique : Actes des Apôtres 23, 6-10

Sachant que le Conseil suprême se répartissait entre sadducéens et pharisiens, Paul s’écria devant eux : « Frères, moi, je suis pharisien, fils de pharisiens. C’est à cause de notre espérance, la résurrection des morts, que je passe en jugement. » À peine avait-il dit cela, qu’il y eut un affrontement entre pharisiens et sadducéens, et l’assemblée se divisa. En effet, les sadducéens disent qu’il n’y a pas de résurrection, pas plus que d’ange ni d’esprit, tandis que les pharisiens professent tout cela. Il se fit alors un grand vacarme. Quelques scribes du côté des pharisiens se levèrent et protestèrent vigoureusement : « Nous ne trouvons rien de mal chez cet homme. Et si c’était un esprit qui lui avait parlé, ou un ange ? » L’affrontement devint très violent, et le commandant craignit que Paul ne se fasse écharper. Il ordonna à la troupe de descendre pour l’arracher à la mêlée et le ramener dans la forteresse.

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Méditation :

La bible dans une main, nous voici avec Paul à Jérusalem pour être jugé par le Conseil supérieur. Il y a là le commandant, les chefs des prêtres et tous les membres du Conseil. Paul fait face à cette assemblée. Ce qui a déchaîné la foule contre lui pour l’amener devant le Conseil ? Dieu l’a appelé à aller vers les autres peuples, les non-Juifs. Il est le Dieu de tous les peuples. Une étincelle met le feu aux poudres : le Dieu du chemin de Damas. L’espérance de Paul : la résurrection des morts. Il y a là ceux qui y croient et ceux qui n’y croient pas. Il y a les pharisiens et les sadducéens. Paul détourne leur attention. Lui n’a qu’un objectif : annoncer, envers et contre tout, envers et contre tous.

Gageons que l’espérance se loge aussi dans les petits détails du quotidien. La confiance accordée à chacun sans distinction d’origine, de classe sociale, la place donnée aux plus petits, la main tendue à celui qui ne tend plus, la parole enfouie et donnée aux sans voix… Devenons des héros de l’espérance, héros du quotidien, de la proximité, du bout de la rue ou du bas de l’immeuble.

L’espérance : la confiance dans les promesses du Christ, la disponibilité à ses appels, l’ouverture à sa présence humble et discrète à nos côtés. Certainement, nous sommes invités à dire notre foi, aux risques de mots, de gestes maladroits. À coup sûr, son souffle nous pousse à l’audace, à l’espérance, à la confiance. Faisons nôtre, dans notre contexte et à notre mesure, le rêve du pape François pour l’Amazonie : « Je rêve d’une Amazonie qui lutte pour les droits des plus pauvres, des peuples autochtones, des derniers, où leur voix soit écoutée et leur dignité soit promue. »*

Laisserons-nous ce vent de l’espérance souffler dans nos vies ?

*Querida Amazonia n° 7.

♦ Lundi 29 juin

Pierre qui roule

Texte biblique : Jean 19, 38-42

Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus. Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts. À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne. À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

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Méditation :

La bible dans une main, au pied de la croix, je vous invite place Saint-Pierre au matin de Pâques. Devant la foule, le pape François entre en dialogue avec le monde. Nous sommes en avril 2017 : « Au matin de Pâques, nous pouvons faire comme ces personnes dont nous parle l’Évangile : aller au tombeau du Christ, voir la grande pierre qui a été roulée et prendre conscience que Dieu réalise pour moi, pour nous tous, un futur inattendu. » Allons sur nos tombeaux : nous en avons tous quelques-uns en nous. Allons-y et voyons comment Dieu est capable de sortir de ces tombeaux. Et là où nous pensions ne trouver que tristesse, désolation et ténèbres, « Dieu fait pousser ses plus belles fleurs dans le champ le plus aride ».

Joseph d’Arimathie et Nicodème en sont là eux aussi : dans les ténèbres et la désolation. Tous deux ont demandé le corps de Jésus pour l’ensevelir selon la coutume juive. Quelle témérité ! Qu’est-ce qui a bien pu porter ces deux hommes à accomplir ces derniers rites ? La peur, l’angoisse, la tristesse, ils les ont dépassées. Ils nous permettent, à notre tour, de vivre la joie immense de découvrir la vie plus forte que la mort. Jésus qui était mort est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Telle est notre salutation au matin de Pâques. Au pied de la croix, au pied de toutes mes croix, je fais mémoire du passé. Je m’ouvre au chemin que le Christ m’invite à suivre dans la lumière promise. Une lumière sans fin.

La bible dans une main, un mélange de myrrhe et d’aloès dans l’autre, prions pour vivre toujours de cette confiance en Celui qui est fidèle.

♦ Vendredi 26 juin

Coup de pinceau

Texte biblique : Luc12, 22-32

Puis Jésus dit à ses disciples : « C’est pourquoi, je vous dis : À propos de votre vie, ne vous souciez pas de ce que vous mangerez, ni, à propos de votre corps, de quoi vous allez le vêtir. En effet, la vie vaut plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement. Observez les corbeaux : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’ont ni réserves ni greniers, et Dieu les nourrit. Vous valez tellement plus que les oiseaux ! D’ailleurs qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ? Si donc vous n’êtes pas capables de la moindre chose, pourquoi vous faire du souci pour le reste ? Observez les lis : comment poussent-ils ? Ils ne filent pas, ils ne tissent pas. Or je vous le dis : Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu revêt ainsi l’herbe qui aujourd’hui est dans le champ et demain sera jetée dans le feu, il fera tellement plus pour vous, hommes de peu de foi ! Ne cherchez donc pas ce que vous allez manger et boire ; ne soyez pas anxieux. Tout cela, les nations du monde le recherchent, mais votre Père sait que vous en avez besoin. Cherchez plutôt son Royaume, et cela vous sera donné par surcroît. Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.

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Méditation :

La bible dans une main et un pinceau dans l’autre, l’évangéliste Luc nous invite aujourd’hui à prendre du recul : « Ne vous inquiétez pas. Ne vous souciez pas. Ne cherchez donc pas. » Ce sont les mots de Jésus à ses disciples. Mais aussi : « Observez, cherchez plutôt. »

Le saviez-vous ? La tradition reconnaît en saint Luc le premier peintre de l’icône de la Mère de Dieu. Dans son évangile, ne cesse-t-il pas de méditer sur le mystère du Christ et de Marie ? Dans le discours de Jésus à ses disciples, les mises en garde alternent avec les recommandations, comme autant de coups de pinceau. En peinture, on parle de « repentir » pour décrire la partie d’un tableau recouverte par couches successives. Léonard de Vinci a beaucoup pratiqué cette technique pour effacer ou faire apparaître des éléments du décor, des personnages, des objets. Il revenait toujours sur ses toiles pour aller jusqu’au bout de son inspiration.

Au quotidien, il nous arrive souvent de nous encombrer de détails qui n’en sont pas, de ruminer telle ou telle chose ou parole. Luc nous invite au repentir, à la conversion : revenez à l’essentiel, « cherchez plutôt son Royaume et cela vous sera donné par surcroît. » Telle est notre espérance chrétienne : ne pas désespérer. Telle est notre assurance chrétienne : devant l’inconnu que représente souvent le futur, ne pas désespérer. Ne pas se replier sur soi, chercher plutôt son Royaume, s’ouvrir aux autres, aux plus pauvres et partager ce que l’on a déjà, même petitement. Toujours pleinement.

La bible dans une main et le pinceau dans l’autre, prions pour les artistes d’hier et d’aujourd’hui qui observent le monde et nous l’offrent à leur tour.

♦ Mercredi 24 juin

La petite espérance

Texte biblique : Baruch 4, 19-24

Allez, mes enfants, allez votre chemin ! Moi, délaissée, je reste solitaire. J’ai quitté la robe de paix, j’ai revêtu le sac du suppliant ; vers l’Éternel je lancerai mon cri, au long de mes jours. Courage, mes enfants, criez vers Dieu ! Il vous arrachera au pouvoir, à la main des ennemis. Car moi, j’ai mis dans l’Éternel mon espérance, pour qu’il vous accorde le salut. Et il m’est venu une joie, de la part du Dieu Saint, en raison de la miséricorde qui bientôt vous sera envoyée par l’Éternel, votre Sauveur. Dans le deuil et les larmes, je vous ai laissés partir ; mais Dieu vous ramènera vers moi, pour toujours, dans la joie et l’allégresse. Comme les voisines de Sion voient maintenant votre captivité, ainsi verront-elles bientôt le salut que Dieu vous accordera, qui viendra vers vous avec grande gloire, dans la splendeur de l’Éternel.

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Méditation :

« L’espérance voit ce qui n’est pas encore et qui sera… Sur le chemin montant, sablonneux, malaisé. Sur la route montante. Traînée, pendue aux bras de ses grandes sœurs, qui la tiennent par la main, la petite espérance s’avance. Et au milieu de ses grandes sœurs elle a l’air de se laisser traîner. Comme une enfant qui n’aurait pas la force de marcher. Et qu’on traînerait sur cette route malgré elle. Et en réalité c’est elle qui fait marcher les deux autres. Elle qui les entraîne, et qui fait marcher le monde. »* Les deux grandes sœurs de l’espérance, ce sont la foi et la charité. Elles sont nos compagnes sur la route de la vie.
Pour le prophète Baruch, le chemin est balisé par « le deuil et les larmes », « la joie et l’allégresse ». L’un et l’autre, comme un mouvement de balancier, d’un bout à l’autre de la palette des sentiments. Un pas devant l’autre, patiemment. Tout cela nourrit mon espérance.

Ne serait-ce pas cette petite espérance chrétienne qui nous ouvre le chemin « et qui fait marcher le monde » ? Elle m’invite à jeter sur le monde un regard toujours renouvelé.

Ainsi en est-il de Baruch. Son cri s’apparente à celui d’une mère impuissante et démunie ; une mère qui espère et qui sait que Dieu fera grâce à son peuple en le libérant de la domination ennemie, comme autrefois lors de la sortie d’Égypte. C’est aussi le cri de tant de mères aujourd’hui : « Qu’il nous accorde le Salut ! »

*Charles Péguy, Le porche du mystère de la deuxième vertu (1911).

♦ Lundi 22 juin

A quelques centimètres près

Texte biblique : Job 17, 11-16

Mes jours ont passé, brisés sont mes plans, les désirs de mon cœur. On veut faire de la nuit le jour ; face aux ténèbres, on prétend que la lumière est proche. Si je dois espérer le séjour des morts comme demeure, étendre dans les ténèbres ma couche, appeler la fosse “mon père”, la vermine “ma mère et ma sœur”, où donc est mon espoir ? mon espérance, qui l’entrevoit ? Elle descendra jusqu’au fond du séjour des morts, quand ensemble nous enfoncerons dans la poussière.

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Méditation :

Karl Barth, le théologien allemand, disait que le pasteur devait tenir la bible dans une main et le journal dans l’autre. Prenons le parti de la Bible et écoutons Job nous interpeller : « Où donc est mon espoir ? ». À l’heure où j’écris cette méditation, je suis dans le TGV lancé à 300 km/h. Je prends le temps de regarder le paysage. Mais aujourd’hui, dehors, c’est grand brouillard sur la campagne et on a du mal à voir au-delà de quelques mètres. Tout est blanc comme du coton, on imagine un peu les arbres au bord de la voie.
Mais pourquoi regarder si loin ? À quelques centimètres, le « paysage » est bien plus passionnant ! Aujourd’hui, un jeune homme est installé à côté de moi. Courtois, il m’a gentiment saluée. Il n’a pas d’écouteurs sur les oreilles, travaille sur son ordinateur et a glissé un roman dans le filet devant lui. Je l’ai déjà lu… bonne lecture !

Où est-elle donc, mon espérance ? Elle est là à quelques centimètres de moi. Le train est bondé de gens qui rentrent de voyage ou partent travailler… À moi de découvrir dans leur proximité une invitation à l’espérance. Mon espérance, c’est mon voisin, l’enfant qui galope dans le couloir du train. Mon espérance, c’est l’Homme, avec un grand H. Parce qu’ensemble nous avons tout à construire, tout à soigner, tout à encourager, tout à oser…

La bible dans une main, le cri de Job en mémoire « où est-il donc mon espoir ? », je prends le temps de regarder autour de moi, de me laisser interroger, de rendre grâce pour ce qui m’entoure, pour celles et ceux qui m’entourent et avec qui j’avance à grande vitesse !

1er thème biblique : la Foi

3 semaines avec le frère Antoine de la Fayolle, prieur du couvent de Rennes, il a exercé les ministères d’aumônier d’étudiants, de formateur de frères dominicains et de producteur TV.

Suivez une mini retraite spirituelle de 3 semaines sur le thème de la Foi. Recevez 3 méditations par semaine et laissez la Parole de Dieu vous nourrir. (Lundi, mercredi et vendredi)

Présentation du thème :

♦ Vendredi 19 juin

Illumine ma vie !

Texte biblique : lettre de Saint Jacques 2, 14-24

Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. En revanche, on va dire : « Toi, tu as la foi ; moi, j’ai les œuvres. Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi. Toi, tu crois qu’il y a un seul Dieu. Fort bien ! Mais les démons, eux aussi, le croient et ils tremblent. Homme superficiel, veux-tu reconnaître que la foi sans les œuvres ne sert à rien ? N’est-ce pas par ses œuvres qu’Abraham notre père est devenu juste, lorsqu’il a présenté son fils Isaac sur l’autel du sacrifice ? Tu vois bien que la foi agissait avec ses œuvres et, par les œuvres, la foi devint parfaite. Ainsi fut accomplie la parole de l’Écriture : Abraham eut foi en Dieu ; aussi, il lui fut accordé d’être juste, et il reçut le nom d’ami de Dieu. » Vous voyez bien : l’homme devient juste par les œuvres, et non seulement par la foi.

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Méditation :

Dans cette lettre, l’apôtre Jacques le Mineur – responsable de la première Église à Jérusalem – souligne le lien qui unit la foi et la pratique. Une foi qui ne transforme pas la manière de vivre reste une émotion bien différente de la conversion qu’implique l’accueil de l’amour de Dieu. Et cela quand bien même la vie reste marquée par les épreuves et la finitude. Si ma foi est comme un vague amour de Dieu et de l’humanité, mais qu’elle ne m’ouvre pas les yeux sur mon frère ou ma sœur à ma porte, sur mon chemin, elle est un sentiment qui va et vient selon l’humeur du moment !

Par la foi, des hommes et des femmes ont eu leur vie bouleversée. Saint François d’Assise a laissé toutes les richesses familiales pour faire du Christ son unique richesse. Saint Maximilien Kolbe n’a pas craint de mourir de faim et de soif à la place d’un condamné dans un bunker pour cheminer avec eux vers la mort et à travers elle vers le Ciel. Plus proche de nous, une jeune maman, Anne-Dauphine Julliand, a pu goûter la bénédiction qu’a été la vie de sa fille morte à trois ans et demi*. Beaucoup d’autres héros du quotidien, par leur foi, ont pu transfigurer un quotidien difficile et éprouvant et en faire un temps de grâce.

Leur foi en Dieu a transfiguré leur vie. Ils sont devenus rayonnants de l’amour qu’est Dieu. La pesanteur de la vie ordinaire n’a pas enfoui la grâce dans leur cœur. Au contraire, forts de la puissance de Dieu, ils ont été rendus capables d’illuminer l’ordinaire de leur vie par les dons de l’Esprit.

Rends-nous sensibles aux besoins de nos frères ; que notre charité se fasse inventive !

*Anne-Dauphine Julliand, Deux petits pas sur le sable mouillé, J’ai lu, 2013.

♦ Mercredi 17 juin

La vive foi

Texte biblique : 1 Corinthiens 15, 12-20

Nous proclamons que le Christ est ressuscité d’entre les morts ; alors, comment certains d’entre vous peuvent-ils affirmer qu’il n’y a pas de résurrection des morts ? S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu ; et nous faisons figure de faux témoins de Dieu, pour avoir affirmé, en témoignant au sujet de Dieu, qu’il a ressuscité le Christ, alors qu’il ne l’a pas ressuscité si vraiment les morts ne ressuscitent pas. Car si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur, vous êtes encore sous l’emprise de vos péchés ; et donc, ceux qui se sont endormis dans le Christ sont perdus. Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. Mais non ! le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis.

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Méditation :

La foi que saint Paul proclame n’est pas une donnée intellectuelle. Ce n’est pas un savoir cérébral qui permettrait à ceux qui l’auraient compris d’être sauvés. La foi s’enracine dans la certitude que le déchaînement de haines, de violences et d’injustices qui s’est abattu sur Jésus ne peut pas atteindre l’amour qu’il a déployé pour son Père. La foi est comme une clef qui permet d’entrer dans le Royaume et d’avoir accès à la vie promise aux disciples de Jésus.

Ceux qui réduisent la vie chrétienne uniquement à un contenu de valeurs pour organiser la vie humaine passent à côté d’un trésor ; ils méconnaissent l’amour qu’est Dieu, sa puissance de restauration des vies brisées. Ils sont comme des passants qui regardent le menu d’un restaurant en restant sur le seuil, imaginant le repas qu’ils pourraient faire.

La table à laquelle le Christ nous invite est tout autre. Elle nourrit tout l’homme, elle apporte la joie, la paix et la Vie ! Bien sûr que l’homme mourra, bien sûr que chacune et chacun nous connaîtrons la mort. Mais par la foi nous croyons que ce n’est pas uniquement dans cette vie que se joue le tout de nos existences. Par la foi nous croyons qu’au travers de notre existence charnelle se joue une autre vie : la Vie éternelle. Par la grâce de Dieu, nous y sommes introduits ; si elle n’est pas accessible immédiatement par les sens, nous pouvons en percevoir comme des flashs, quand, par des gestes de pardon, de justice, de communion, une paix profonde transfigure nos cœurs et nos âmes.

Seigneur, rends-nous intelligents de cette foi qui fait vivre !

♦ Lundi 15 juin

Entre faiblesse et pouvoir

Texte biblique : Matthieu 8, 5-13

Comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis : Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux, mais les fils du Royaume seront jetés dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. » Et Jésus dit au centurion : « Rentre chez toi, que tout se passe pour toi selon ta foi. » Et, à l’heure même, le serviteur fut guéri.

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Méditation :

Dans son métier de maintien de l’ordre, le centurion a déjà eu des rapports sur Jésus, cet homme au pouvoir étonnant qui relève les hommes et femmes à terre, qui guérit, qui restaure dans leur dignité les pauvres et les petits. Si Jésus perturbe le petit monde de Palestine, incontestablement, il fait du bien. Il ouvre un autre horizon à tous ces pauvres malheureux. Pour le centurion, l’autorité spirituelle de Jésus est bien réelle. Comme lui exerce le pouvoir dans son métier de soldat, il devine en Jésus une autorité d’un autre ordre : la capacité de guérir les corps, les cœurs et les âmes.

Notre centurion n’est pas un tyran ; bien au contraire, il se fait du souci pour son serviteur à l’article de la mort. Il aurait pu laisser le malade à sa maladie et trouver un nouveau serviteur. Au contraire, l’attachement à son serviteur l’amène sur un terrain où il n’a pas d’autorité. Là, il ne commande plus, mais il supplie. Il devient vulnérable et dépendant à cause de l’affection pour son serviteur ; il se fait le prochain de son serviteur.

Comme le Verbe s’est fait chair pour se rendre proche de l’homme, le centurion s’aventure dans un autre domaine que le sien pour sauver son serviteur. Il se rapproche du Verbe fait chair. Cet élan est fait de foi, en même temps de force, de confiance, d’abandon. Si pour le centurion l’amour n’est pas loin, en Jésus l’amour est la puissance qui lui permet de s’engager pour le salut des hommes.

Demandons à l’Esprit d’habiter nos cœurs pour qu’à notre tour nous nous engagions pour le salut de nos frères !

♦ Vendredi 12 juin

Étincelle de foi

Texte biblique : Luc 18, 35-43

Alors que Jésus approchait de Jéricho, un aveugle mendiait, assis au bord de la route. Entendant la foule passer devant lui, il s’informa de ce qu’il y avait. On lui apprit que c’était Jésus le Nazaréen qui passait. Il s’écria : « Jésus, fils de David, prends pitié de moi ! » Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrêta et il ordonna qu’on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il répondit: « Seigneur, que je retrouve la vue. » Et Jésus lui dit : « Retrouve la vue ! Ta foi t’a sauvé. » À l’instant même, il retrouva la vue, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, adressa une louange à Dieu.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Très certainement, notre aveugle avait entendu les guérisons que Jésus avait faites, y compris celle du paralytique. J’imagine qu’avec d’autres compagnons d’infortune ils se retrouvaient le soir pour lutter contre le froid et les dangers de la nuit. En même temps qu’ils partagent leur maigre butin de la journée pour le dîner, ils échangent les nouvelles, les cancans. Sûrement, ils ont beaucoup parlé de Jésus. Les uns étant plutôt sceptiques sur ses miracles, les autres enthousiastes. Les premiers disent que les personnes guéries n’étaient pas vraiment malades, les autres constatent que les miraculés sont transfigurés ; et le plus étonnant était qu’il n’y a pas que le corps qui a été guéri. Dans leur âme, ils avaient été transformés.
Notre aveugle a bien dû rencontrer un de ces malades dont la vie a été chamboulée par Jésus. Le récit de la guérison lui a fait comprendre autrement cette prophétie d’Isaïe qu’il entend régulièrement à la synagogue : « Voici votre Dieu… Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds. »*
Aussi notre aveugle a maintenant le cœur brûlant, désireux de rencontrer enfin ce Jésus. 
Le jour où il entend que Jésus passe à côté, plus rien ne l’empêche d’appeler celui qui peut le libérer. Il ne craint pas se faire mal voir par ces gens qui lui donnait une piécette par charité. Il n’a pas peur de leur résister quand ils lui ordonnent de se taire : en Jésus, c’est Dieu qui est présent !

Mendiant de Dieu, m’arrive-t-il d’échanger à propos des signes que je vois, que je cherche ?

*Livre d’Isaïe 35, 5.

♦ Mercredi 10 juin

Tissu de foi

Texte biblique : Marc 2, 1-5

Quelques jours plus tard, Jésus revint à Capharnaüm, et l’on apprit qu’il était à la maison. Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte, et il leur annonçait la Parole. Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, ils font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé: « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Qui donc étaient ces hommes qui ont porté le paralysé jusqu’à Jésus ? Pourquoi se donnent-ils tant de mal pour permettre la rencontre avec Jésus ? Leur foi a-t-elle une efficacité ? Jésus la constate et la lie à la guérison du paralytique. Il établit une corrélation entre la foi des porteurs et la guérison du malade. Comme si leur foi avait permis à Jésus d’agir dans la vie de celui qui est couché. Le paralytique ne dit rien, il n’agit pas, c’est comme s’il n’était plus qu’un corps à peine vivant.

Cette relation qui permet à d’autres de présenter une personne devant Dieu s’appelle la communion des saints. Elle est ce lien mystérieux qui relie les hommes entre eux sous le regard de Dieu. Elle est comme une immense pièce de tissu dont la trame serait constituée verticalement des vies des hommes et des femmes, et horizontalement des relations que ces personnes nouent entre elles. Cette pièce de tissu est par endroits particulièrement épaisse, riche et chatoyante, quand les personnes vivent dans l’amour, la concorde et la paix, et ailleurs elle est grise, sèche et terne, là où la rivalité, la haine et l’égoïsme règnent dans les cœurs. Ce ne sont pas les conditions de vie des personnes qui créent la beauté et la solidité du tissu, mais leurs relations. Les porteurs du malade, leur amour pour lui, ont permis à Jésus de relever l’homme couché. Certaines personnes n’ont pas de mots pour dire leur confiance en Dieu, mais si elles sont portées par d’autres croyants, aimants, inventifs et persévérants, alors Dieu peut les relever, leur pardonner.

Seigneur, je te confie une personne qui est éprouvée et la confie à ton amour.

♦ Lundi 8 juin

Rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu

Texte biblique : Psaume 113B

Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous,
mais à ton nom, donne la gloire, pour ton amour et ta vérité.
Pourquoi les païens diraient-ils : « Où donc est leur Dieu ? »
Notre Dieu, il est au ciel ; tout ce qu'il veut, il le fait.
Leurs idoles : or et argent, ouvrages de mains humaines.
Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas,
des oreilles et n'entendent pas, des narines et ne sentent pas.
Leurs mains ne peuvent toucher, leurs pieds ne peuvent marcher, pas un son ne sort de leur gosier !
Qu'ils deviennent comme elles, tous ceux qui les font, ceux qui mettent leur foi en elles.
Israël, mets ta foi dans le Seigneur : le secours, le bouclier, c'est lui !
Famille d'Aaron, mets ta foi dans le Seigneur : le secours, le bouclier, c'est lui !
Vous qui le craignez, ayez foi dans le Seigneur : le secours, le bouclier, c'est lui !

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Les idoles dont parlent les psaumes étaient des statuettes de forme humaine à qui étaient prêtée une puissance bénéfique ou maléfique. Aujourd’hui, le recours à ces figurines n’est vraiment plus de mise, mais le ressort qui conduit l’homme à se tourner vers « autre chose » quand il est en difficulté reste un refuge courant. Cela va du tee-shirt « fétiche » d’un sportif grâce auquel il peut gagner à la fréquentation des marabouts ou des voyantes dont nous voyons les mérites et vertus sur des petits tracts distribués dans les gares et quartiers populaires. À Évry, j’ai eu plusieurs fois l’occasion d’accueillir des personnes qui se disaient envoûtées et qui avaient besoin de rencontrer un exorciste. Après les avoir écoutées, je leur proposais de revenir au fondement de la foi chrétienne : « J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur. »* Pour la plupart de ces personnes, le fait de se tourner vers Dieu, de s’en remettre à lui dans les difficultés et les épreuves leur a permis de vivre une libération, une mise à distance des soucis qui les oppressaient. Rappeler et remettre au premier plan le lien avec celui qui donne tout, aide à resituer plus justement les pesanteurs de nos vies.Oui, Seigneur, je crois que tu es avec moi dans mes épreuves et que ton amour est plus fort que tout.

*Lettre aux Romains 8, 38.39.

♦ Vendredi 5 juin

Entre tes mains

Texte biblique : Jérémie 17, 5-8

Ainsi parle le Seigneur : Maudit soit l’homme qui met sa foi dans un mortel, qui s’appuie sur un être de chair, tandis que son cœur se détourne du Seigneur. Il sera comme un buisson sur une terre désolée, il ne verra pas venir le bonheur. Il aura pour demeure les lieux arides du désert, une terre salée, inhabitable. Béni soit l’homme qui met sa foi dans le Seigneur, dont le Seigneur est la confiance. Il sera comme un arbre, planté près des eaux, qui pousse, vers le courant, ses racines. Il ne craint pas quand vient la chaleur : son feuillage reste vert. L’année de la sécheresse, il est sans inquiétude : il ne manque pas de porter du fruit.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Jérémie voit beaucoup de ses contemporains s’appuyer sur leurs seules forces, comme si Dieu ne pouvait rien pour eux. Ils n’ont pas compris ce que la Pâque représente, la libération de la servitude, la sortie d’Égypte. 
elon la tradition juive, pour achever la création du monde il a fallu que Dieu se retire pour laisser à la création et à l’homme la place d’exister ; sinon, dans sa gloire Dieu aurait occupé tout l’espace, tout le temps.
C’est ainsi que l’homme a pu faire ses premiers pas dans la création, choisissant ou non de se tourner vers Dieu. La Bible raconte à travers l’histoire d’hommes et de femmes, de peuples, la difficulté de mettre sa confiance en Dieu. Pourquoi et comment mettre leur vie entre les mains de Dieu ? 
Ceux qui ont compris comment se tourner vers l’Invisible, comment s’adresser à l’Inconnaissable sont différents de ceux qui sont restés cramponnés à leur existence comme si tout dépendait d’eux. Les premiers n’ont pas rencontré moins d’épreuves, ils n’ont pas eu une vie plus facile que les seconds. Mais ils ont permis à Dieu d’agir dans leur vie.

Comment comprendre cette mécanique du cœur et son fonctionnement ? Comment vais-je aujourd’hui me mettre dans la main de Dieu ? Ou, pour prendre une autre image, comment vais-je être attentif aujourd’hui au regard que Dieu pose sur moi ? « Tu voudrais trouver Dieu, fût-ce au prix de mille douleurs : et quelle humiliation de constater que ton action n’était qu’agitation, puisque Dieu te tient depuis longtemps dans sa main. »*

Oui, Seigneur, c’est avec Toi que je veux vivre cette journée.

* Urs von Balthasar, Le cœur du monde.

♦ Mercredi 3 juin

La mer à boire

Texte biblique : Exode 14, 26-31

Le Seigneur dit à Moïse : « Étends le bras sur la mer : que les eaux reviennent sur les Égyptiens, leurs chars et leurs guerriers ! » Moïse étendit le bras sur la mer. Au point du jour, la mer reprit sa place ; dans leur fuite, les Égyptiens s’y heurtèrent, et le Seigneur les précipita au milieu de la mer. Les eaux refluèrent et recouvrirent les chars et les guerriers, toute l’armée de Pharaon qui était entrée dans la mer à la poursuite d’Israël. Il n’en resta pas un seul. Mais les fils d’Israël avaient marché à pied sec au milieu de la mer, les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche. Ce jour-là, le Seigneur sauva Israël de la main de l’Égypte, et Israël vit les Égyptiens morts sur le bord de la mer. Israël vit avec quelle main puissante le Seigneur avait agi contre l’Égypte. Le peuple craignit le Seigneur, il mit sa foi dans le Seigneur et dans son serviteur Moïse.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Fort du soutien de Dieu, Israël a quitté ce pays d’esclavage, après les sept plaies d’Égypte. Pourquoi ces Égyptiens n’ont pas compris que c’était Dieu qui soutenait les Hébreux ? Une ou deux calamités, cela arrive. Mais sept plaies ! Pourquoi n’ont-ils pas compris ? Pourquoi Pharaon, sûr de son bon droit de tenir les Hébreux en esclavage, n’a rien voulu lâcher.
Il a fallu la septième plaie pour qu’il soit ébranlé dans sa foi, dans son pouvoir et qu’il consente au départ des Hébreux. Mais il changera d’avis pas longtemps après.

Imaginons ce décor grandiose. D’un côté, les Hébreux confiants en Dieu, mais inquiets de voir la cavalerie les poursuivre dans leur fuite, de l’autre les Égyptiens sur leurs chars, puissants, impressionnants, sûrs d’eux-mêmes et de leur force. D’un côté la foi en Dieu, de l’autre la foi en la force ; d’un côté la précarité, de l’autre la puissance.

Dieu laisse l’homme choisir de l’écouter ou non.

Cette expérience de foi, le peuple juif la célèbre chaque année dans la fête de la Pâque. Chaque année, le peuple choisi par Dieu est invité à se souvenir que, même si elle est impressionnante, la puissance humaine n’est rien face à Dieu. La foi en Dieu, malgré toutes les apparences, ouvre au croyant un chemin même dans les impasses. Aujourd’hui encore, il arrive que nous soyons appelés par Dieu à la liberté, par des chemins qui nous semblent impossibles. Dieu qui nous donne la vie espère notre foi pour nous emmener beaucoup plus loin que nous n’oserions l’imaginer.

Seigneur, donne-moi de vivre ce jour dans la foi en ton amour !

♦ Lundi 1er juin, 1er jour de cet approfondissement

Foi patiente

Texte biblique : Genèse 15, 3-6

Abram dit encore : « Tu ne m’as pas donné de descendance, et c’est un de mes serviteurs qui sera mon héritier. » Alors cette parole du Seigneur fut adressée à Abram : « Ce n’est pas lui qui sera ton héritier, mais quelqu’un de ton sang. » Puis il le fit sortir et lui dit : « Regarde le ciel, et compte les étoiles, si tu le peux… » Et il déclara : « Telle sera ta descendance ! » Abram eut foi dans le Seigneur et le Seigneur estima qu’il était juste.

Écouter Parole de Dieu + méditation

Méditation :

Avez-vous déjà regardé le ciel dans la nuit ? Les grosses étoiles bien visibles et celles cachées dans la voûte céleste. Il nous faut y regarder à deux fois pour réussir à distinguer un scintillement ténu là où au premier regard il n’y avait que du noir. 
Sans doute la foi de notre père Abram s’apparentait-elle à cette micro-étoile dans le ciel. Qu’a-t-il bien pu se passer dans le cœur et dans la tête de ce mari sans descendance au moment où Dieu lui a fait cette promesse ? Cela faisait tellement d’années que lui et Sarah espéraient vainement un enfant. Ils ont bien dû faire avec la stérilité de leur couple, le cœur usé d’attendre l’événement qui n’arrivera plus. Et pourtant ils ne sont pas devenus sceptiques. 
Là était leur foi ; éprouvée, oui ! Comme un cri sans réponse, oui ! Mais le jour où Dieu parle à Abram, Abram n’hésite pas ; il ne doute pas ; il n’est pas blasé ! Cette espérance gratuite, sans preuve, fait la justice du patriarche. 
Dieu lui avait promis plusieurs fois qu’il serait un grand peuple dans les moments marquants de sa vie ; mais cette promesse semblait avoir disparu. Et elle se fera encore attendre. Il fallait qu’il passe les 99 ans pour que la promesse se réalisât. Il convient de voir dans cet âge non pas d’abord un élément chronologique, mais le symbole de la foi qui persévère au-delà de toute espérance. Le chagrin, l’amertume, la souffrance n’ont pas eu raison de la foi d’Abram.

Puissions-nous patiemment comme lui tenir dans la foi quand la promesse se fait attendre !

♦ Introduction :

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Thèmes :

La foi - L'Amour - L'espérance - La vérité

La paix - La bonté - La joie - La liberté

Pour vous inscrire gratuitement au parcours qui démarre lundi 1er juin 2020, lundi de Pentecôte, cliquez sur le lien qui correspond au rythme que vous voulez suivre. Vous êtes libre de modifier ce rythme ou de vous désinscrire à tout moment, dans votre espace "Mes abonnements".

►1- Parcours complet 
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Une telle proposition alimentera non seulement votre vie spirituelle mais aussi votre vie tout entière. La vie spirituelle n’est pas séparable du reste de votre vie, elle la nourrit de l’intérieur. Ainsi, dans les décisions, les choix à faire, la conduite de votre vie, vous pourrez vous appuyer sur une meilleure connaissance de la Parole de Dieu.

Bonnes découvertes des lumières de la Bible !


 

♦ Dimanche 7 juin



Une déclaration d'amour de Dieu

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 3, 16-18)

Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

Pour ma journée

Le verset du jour : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. » Jn 3, 16
La grâce à demander : aimer comme Dieu aime, quoi qu'il en coûte
L'exercice spirituel : je demande au Seigneur quelle est la personne qu'il m'invite à accueillir et à aimer
L'intention de prière : pour une famille dans mon entourage, que Dieu soit leur unité.

Chant du jour : Toi l'Unique Dieu Trinité (Notre-Dame de Vie)

Écouter méditation + chant

Toi l’unique Dieu Trinité
Père, Fils et Saint-Esprit
Source d’amour et de vie
Gloire à Toi


1- Dieu éternel, Dieu de majesté, Tu es mystère insondable
Feu consumant, amour infini, béni soit Ton nom très saint

2- Dieu créateur, joie, lumière et vie, Tu nous appelles pour Ta gloire
Tu est la joie de Ta création, béni soit Ton nom très saint

3- Dieu vérité, Tu T’es révélé par Ta parole et Ton souffle
Tu fais de nous un peuple de fils, béni soit Ton nom très saint

4- Dieu de pitié, Dieu de sainteté, Tu fais en nous Ta demeure
De nos péchés Tu nous a sauvés, béni soit Ton nom très saint

5- Dieu de bonté, Tu nous a choisis pour annoncer Tes merveilles
Par notre vie dans la charité, béni soit Ton nom très saint

6- Dieu Père saint, Très-Haut tout puissant, à Toi l’honneur et la gloire
Par Jésus-Christ dans le Saint-Esprit, béni soit Ton nom très saint

♦ Samedi 6 juin

Sortir du confinement... dans l'Esprit

L'écouter (21 min 34 s)

Méditation d'Olivier Belleil :

Le confinement a été une période tout a fait exceptionnelle pour chacun d'entre nous et pour l'ensemble des pays touchés par la pandémie.
Ce temps de "jachère sociale et parfois aussi professionnelle" a peut-être été l'occasion de regarder nos vies, nos choix ou nos priorités d'une manière nouvelle.
Alors pour ne pas simplement repartir comme avant, Olivier Belleil nous donne quelques clés pour mettre à profit la période de confinement que nous avons vécue. En quatre étapes :
- faire une relecture : mettre des mots sur les difficultés et grâces vécues pendant le confinement
- confier ce que j'ai vécu et la nouvelle période qui s'ouvre au Seigneur en faisant un petit pèlerinage
- discerner les appels que Dieu a mis dans mon cœur pour l'après-confinement
- vivre cette période qui s'ouvre avec un moral de vainqueur

♦ Vendredi 5 juin



L'identité de Jésus... un texte un peu difficile

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 12, 35-37)

En ce temps-là, quand Jésus enseignait dans le Temple, il déclarait : « Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est le fils de David ?
David lui-même a dit, inspiré par l’Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie placé tes ennemis sous tes pieds !”
David lui-même le nomme Seigneur. D’où vient alors qu’il est son fils ? » Et la foule nombreuse l’écoutait avec plaisir.

Pour ma journée

Le verset du jour : « Jésus enseignait dans le Temple et la foule nombreuse l’écoutait avec plaisir. » Mc 12, 35-37
La grâce à demander : une soif nouvelle de la Parole de Dieu
L'exercice spirituel : je prends un moment aujourd'hui pour prier avec la Parole de Dieu et je peux commencer en priant ainsi: " Esprit-Saint apprends-moi à reconnaître Jésus, à le suivre, à me laisser guider par sa voix. "
L'intention de prière : que les chrétiens annoncent avec joie et enthousiasme leur espérance et leur foi.

Chant du jour : Ma Passion (Glorious)

1- Quand les montagnes trembleront
Quand je serai éprouvé
Et ma vie en plein désert
En attendant Ta Lumière
Dans mon histoire
Au cœur de mes larmes
De mes nuits, je redirai

Tu seras mon cri, Tu seras ma voix
Tu seras le battement de mon cœur
Tu seras ma vie, Tu seras ma joie
Tu seras ma passion, ô Seigneur
(x2)

2- Quand je ne sais où aller
Mon cœur seul, abandonné
Quand je dois quitter ma terre
Pour découvrir Ta lumière
Dans mon histoire
Au cœur de mes larmes
De mes nuits, je redirai

♦ Jeudi 4 juin

Prier le chapelet avec Jeanne d'Arc (L'écouter)

Le mystère du jour : Heureux ceux qui ont une âme de pauvre – Sainte Jeanne d'Arc
« Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux » (Mt 5, 3)
Une grâce à demander : l'abandon et la docilité à l'action de Dieu dans ma vie
Intention de prière : pour que chacun puisse répondre à l'appel de Dieu selon sa mission propre

La musique du jour : Je m'en remets à Dieu (Alexis Fleury)

♦ Mercredi 3 juin

Jésus nous parle de la vie après la mort

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 12, 18-27)

En ce temps-là, des sadducéens – ceux qui affirment qu’il n’y a pas de résurrection – vinrent trouver Jésus. Ils l’interrogeaient : « Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une femme, mais aucun enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère. Il y avait sept frères ; le premier se maria, et mourut sans laisser de descendance. Le deuxième épousa la veuve, et mourut sans laisser de descendance. Le troisième pareillement. Et aucun des sept ne laissa de descendance. Et en dernier, après eux tous, la femme mourut aussi. À la résurrection, quand ils ressusciteront, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »
Jésus leur dit : « N’êtes-vous pas en train de vous égarer, en méconnaissant les Écritures et la puissance de Dieu ? Lorsqu’on ressuscite d’entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme les anges dans les cieux.
Et sur le fait que les morts ressuscitent, n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse, au récit du buisson ardent, comment Dieu lui a dit : Moi, je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob ? Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous vous égarez complètement. »

Pour ma journée

Le verset du jour : « Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. » Mc 12, 27
La grâce à demander : la foi en la résurrection de la chair et en la vie éternelle
L'exercice spirituel : repérer mes doutes sur la résurrection et les présenter à Dieu en disant : "Augmente en moi la foi !"
L'intention de prière : pour les chrétiens qui sont dans la confusion sur la foi en la résurrection

Chant du jour : Tournez les yeux vers le Seigneur (Communauté de l'Emmanuel)

Écouter méditation + chant

Tournez les yeux vers le Seigneur et rayonnez de joie
Chantez Son nom de tout votre cœur, Il est votre Sauveur
C’est Lui votre Seigneur

1- J’ai cherché le Seigneur et Il m’a écouté
Il m’a guéri de mes peurs et sans fin je Le louerai

2- Dieu regarde ceux qu’Il aime, il écoute leur voix
Il les console de leur peine et Il guide leurs pas

3- Ceux qui cherchent le Seigneur ne seront privés de rien
S’ils Lui ouvrent leur cœur, ils seront comblés de bien

♦ Mardi 2 juin

Louez Adonaï

Écouter la louange

Veni Sancte Spiritus (Anuncio)

Qu’au nom de Jésus vienne en nous le Saint esprit
Ce feu d’amour qui renouvelle notre vie
Que dans le monde entier résonne notre cri
Seigneur entend la vérité de notre oui.

1 Viens Esprit du Seigneur
Envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière

2 Viens Seigneur, père des pauvres
Dispensateur des dons, Lumière de nos cœurs

3. Viens lumière bienheureuse
Remplir jusqu’à l’intime le cœur de tes fidèles.

4. En ceux qui ont la foi
Qui en Toi se confie, dépose tes dons sacrés.

5. Donne mérite et vertu,
Donne le salut final, la joie éternelle.

 Jésus règne (Anuncio)

Nous marchons vers Toi sans peur,
Et nous vivons dans Ta demeure,
Et Toi Tu brilles comme la lumière du soleil

Dans Ta présence pour T'adorer,
Dans Ton saint lieu Te contempler,
Tu resplendis comme la lumière du soleil (x2)

Jésus règne, Jésus règne, Jésus règne à jamais (x3)

Nous marchons vers Toi sans peur,
Et nous vivons dans Ta demeure,
Et Toi Tu brilles comme la lumière du soleil

Dans Ta présence pour T'adorer,
Dans Ton saint lieu Te contempler,
Tu resplendis comme la lumière du soleil

Jésus règne, Jésus règne, Jésus règne à jamais


Louez Adonaï (Paul Baloche)

Qui est semblable
Au Lion à l'Agneau
Assis sur le trône.
Les monts s'inclinent,
L'océan rugit devant le Seigneur (x2)

Louez Adonaï
Du lever du soleil
Jusqu'à la fin du jour.
Louez Adonaï.
Toutes les nations du monde,
Tous les anges et tous les saints Te louent.(x2)

Qui est semblable
Au Lion à l'Agneau
Assis sur le trône.
Les monts s'inclinent,
L'océan rugit devant le Seigneur

Louez Adonaï
Du lever du soleil
Jusqu'à la fin du jour.
Louez Adonaï.
Toutes les nations du monde,
Tous les anges et tous les saints Te louent. (x7)

Louez Adonaï

♦ Lundi 1er juin

Quelle est la vigne que Dieu m'a confiée ?

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (Mc 12, 1-12)

En ce temps-là, Jésus se mit à parler en paraboles aux chefs des prêtres, aux scribes et aux anciens : « Un homme planta une vigne, il l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et y bâtit une tour de garde.
Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Le moment venu, il envoya un serviteur auprès des vignerons pour se faire remettre par eux ce qui lui revenait des fruits de la vigne. Mais les vignerons se saisirent du serviteur, le frappèrent, et le renvoyèrent les mains vides. De nouveau, il leur envoya un autre serviteur ; et celui-là, ils l’assommèrent et l’humilièrent. Il en envoya encore un autre, et celui-là, ils le tuèrent ; puis beaucoup d’autres serviteurs : ils frappèrent les uns et tuèrent les autres. Il lui restait encore quelqu’un : son fils bien-aimé. Il l’envoya vers eux en dernier, en se disant : “Ils respecteront mon fils.” Mais ces vignerons-là se dirent entre eux : “Voici l’héritier : allons-y ! tuons-le, et l’héritage va être à nous !” Ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne.
Que fera le maître de la vigne ? Il viendra, fera périr les vignerons, et donnera la vigne à d’autres. N’avez-vous pas lu ce passage de l’Écriture ? La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! »
Les chefs du peuple cherchaient à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule. – Ils avaient bien compris en effet qu’il avait dit la parabole à leur intention. Ils le laissèrent donc et s’en allèrent.

Pour ma journée

Le verset du jour : « Ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne » Mc 12, 8
La grâce à demander : la conversion
L'exercice spirituel : prendre un temps dans la journée pour faire descendre en moi la prière : " Seigneur, donne-moi de prendre soin de la petite partie de la vigne que tu me confies et surtout de la vigne de mon âme. Donne-moi d'être délivré de l'orgueil, de la suffisance et de l'aveuglement. Donne-moi la vigilance et l'humilité pour te servir fidèlement. "
L'intention de prière : pour les responsables de l’Église et les pasteurs des communautés chrétiennes

Écouter Méditation + musique

 


 

♦ Dimanche 25 octobre, 30e dimanche du Temps Ordinaire

Le plus grand commandement

Frère Grégoire Laurent-Huyghues-Beaufond, Couvent Saint Nom de Jésus à Lyon

Demandez et vous recevrez

Pourquoi Dieu n’exauce-t-il pas toutes nos prières ? Avec audace, le frère Grégoire nous entraine dans une réflexion sur la Providence, une théologie sur l’action de Dieu sur terre. C’est passionnant, stimulant, nourrissant pour notre foi et pour notre prière !

Amour de Dieu et amour du prochain

Évangile de Saint Matthieu : 22, 34-40

En ce temps-là, les pharisiens, apprenant que Jésus avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »
Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement.
Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. »

Méditation :

Il n'y a qu'un amour

Frère Hervé Ponsot, Couvent de Montpellier

« Un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve :
"Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ?" »
(Mt 22, 35-36)

Un scribe interroge Jésus sur le grand commandement, sous-entendu l’unique, et Jésus répond en en évoquant deux, l’amour de Dieu et celui du prochain : serait-il fâché avec la comptabilité ? La vérité est que l’un et l’autre commandements vont absolument de pair : pour prendre une image, ils sont les deux faces d’une seule et même pièce. Saint Jean développera et affirmera à l’envi ce point dans sa première lettre, en particulier dans les versets suivants : « Si quelqu’un dit : “J’aime Dieu” et qu’il déteste son frère, c’est un menteur : celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne saurait aimer le Dieu qu’il ne voit pas. Oui, voilà le commandement que nous avons reçu de lui : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère »*.

En commentant justement la première épître de Jean, saint Augustin disait : « Il n’y a qu’un amour ! L’amour de Dieu et du prochain se complètent, se stimulent, ne font qu’un. Pour le dire autrement, l’amour n’a qu’un nom, il ne saurait se partager en deux et, de la sorte, se limiter. »

Voilà que la « mise à l’épreuve » de Jésus a échoué, notre récit pourrait s’arrêter là, mais la suite du récit marque un renversement significatif : en mettant en exergue d’apparentes contradictions dans le texte biblique, c’est maintenant Jésus qui met en difficulté ses opposants. Et son aisance en ce domaine de la lecture et de l’interprétation du texte biblique, plutôt familier aux pharisiens et aux scribes, surprend. Elle donne plus de poids en retour à sa réponse initiale sur le grand commandement.

* 1ère lettre de saint Jean ch 4, v 20-21

Extrait de Matthieu Pas à Pas (2019-2020)

Tous les textes + chant (Apprends-nous Seigneur à aimer) + page enfant (Théobule)

Pour les enfants

Parfois, je m'ennuie quand je prie...
Le frère Michel nous dit qu’il n’est pas toujours facile de prier mais que Dieu est toujours là pour nous écouter.

Coloriage + vidéo + jeux... :
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♦ Dimanche 18 octobre, 29e dimanche du Temps Ordinaire

Dieu ou César ?

Frère Jean-Laurent Valois, Couvent Saint Thomas d'Aquin - Maison du 60

Le sens de la quête

La quête nous met mal à l'aise. Le bruit des pièces semble malséant au cœur de la messe. Le frère Jean-Laurent relève le défi de nous montrer pourquoi la quête trouve sa place au début de la liturgie eucharistique et quel sens spirituel revêt cette obole.

Les empires sont dans la main de Dieu

1ère lecture : Is 45, 1.4-6

Ainsi parle le Seigneur à son messie, à Cyrus, qu’il a pris par la main pour lui soumettre les nations et désarmer les rois, pour lui ouvrir les portes à deux battants, car aucune porte ne restera fermée :
« À cause de mon serviteur Jacob, d’Israël mon élu, je t’ai appelé par ton nom, je t’ai donné un titre, alors que tu ne me connaissais pas. Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre : hors moi, pas de Dieu. Je t’ai rendu puissant, alors que tu ne me connaissais pas, pour que l’on sache, de l’orient à l’occident, qu’il n’y a rien en dehors de moi. Je suis le Seigneur, il n’en est pas d’autre. »

Méditation :

Le Messie de Cyrus à Jésus

Frère Pascal Marin, Couvent de la Tourette à Eveux

« Ainsi parle le Seigneur à son messie, à Cyrus,
qu’il a pris par la main pour lui soumettre les nations et désarmer les rois,
pour lui ouvrir les portes à deux battants. »
(Is 45, 1)

Comment se fait-il que Cyrus, puissant empereur des Perses, lui, un étranger pour le peuple hébreu, puisse être désigné par le prophète Isaïe comme « Messie » du Seigneur, c’est-à-dire ce roi d’Israël qui reçoit l’onction par la volonté même de Dieu ? La raison en est que Cyrus, victorieux de Babylone, va libérer les exilés de Juda et leur permettre de revenir à Jérusalem. En tant que roi, Cyrus est l’instrument du Dieu consolateur et libérateur, celui qui « ouvre les portes à deux battants ». Un Messie n’est donc pas un roi à la manière des autres, un souverain qui gouverne et préside à l’exercice de la justice. Le seul acte politique de Cyrus envers les déportés d’Israël est de les laisser partir. Par là, il est témoin d’une Justice d’une plus haute nature que celle qui fait les comptes et rétablit les équilibres dans les relations sociales, la justice-justesse du donnant-donnant.

Le geste messianique de Cyrus relève bien plutôt de la générosité radicale d’une justice qui ouvre, libère, pardonne. En des images très parlantes pour les hommes d’un pays aride, Isaïe décrit cette justice comme une pluie généreuse, bénédiction des bénédictions : « Cieux distillez d’en haut votre rosée, que des nuages pleuve la justice, que la terre s’ouvre, produise le salut ». Cyrus annonce celui qui est pour nous Le Messie. Jésus, lui, va fuir les foules qui veulent le faire roi, mais dans sa Passion et sur la Croix, il assume le titre de roi des Juifs. Il n’a rien d’un souverain à la manière d’Hérode ou de Ponce-Pilate. Il est le Seigneur des abandonnés, des exilés, des pauvres de cœur. Là, les mains nues, au plus bas de l’échelle du pouvoir et au plus haut de la Miséricorde, de Sa puissance recréatrice, il manifeste le vrai visage de Dieu.

Extrait de Marche dans la bible (2016-2017)

Tous les textes + chant (Apprends-nous Seigneur à aimer) + page enfant (Théobule)

Pour les enfants

Pourquoi on a écrit la Bible ?
C’est important de lire la Bible pour bien connaitre Dieu et appuyer notre foi sur ses beaux textes. Aujourd’hui, le frère Jean-Laurent nous explique pourquoi la Bible a été écrite.

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♦ Dimanche 11 octobre, 28e dimanche du Temps Ordinaire

Un banquet pour tous

Frère Philippe Verdin, Couvent Saint Thomas d'Aquin à Lille

Qui peut communier ?

Tout le monde ne peut pas communier ! Il faut que tous les fidèles qui s’avancent vers l’autel entrent dans un chemin de conversion. C’est difficile, voire impossible pour certains catholiques, comme par exemple les divorcés remariés. Le frère Philippe indique quelques chemins concrets que l’Église propose depuis l’exhortation Amoris Laetitia du pape François.

Parabole des invités au festin

Évangile de Saint Matthieu 22, 1-14

En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à parler aux grands prêtres et aux pharisiens, et il leur dit en paraboles : « Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : ‘Voilà : j’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez à la noce.’ Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et incendia leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : ‘Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce.’ Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.

Le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Il lui dit : ‘Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?’ L’autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : ‘Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.’

Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »

Méditation :

Question de priorité

Sœur Sandrine Letrou, Communauté de Rennes

« Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes.
Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez,
invitez-les à la noce. »
(Mt 22, 8-9)

Dans cette parabole, Jésus utilise l’image d’un banquet nuptial où sont conviés de nombreux invités triés sur le volet. Les mots roi, noce, fils évoquent le règne de Dieu. Ce festin des noces renvoie clairement au banquet messianique. L’appel lancé par Jésus et la révélation du mystère du Royaume sont pourtant difficiles à comprendre. Les convives refusent, quelquefois avec violence, de participer à la fête. L’indignité des convives réside dans leur manière de répondre à l’invitation. Mais le roi reste patient envers des invités inconvenants.
Cette parabole fait écho au refus d’une partie du peuple de l’Alliance de répondre à l’appel de Dieu. Tout au long de l’histoire, Dieu ne cesse de partir à la recherche de son peuple, multipliant les invitations à le suivre et les alliances. Par le refus de quelques-uns, le banquet s’ouvre à tous. Dès lors, tout homme peut entendre l’appel de Dieu et entrer dans la gratuité du Royaume. La table de Dieu s’élargit pour accueillir un nouveau peuple.
Je me souviens de mon cheminement vers la vocation religieuse où, durant des années, le Seigneur n’a cessé de m’appeler sans réponse de ma part. Nous connaissons les objections : pas le temps, pas raisonnable, trop occupée. Mais sa patience a fini par payer. Et je me suis présentée à ce banquet offert pour faire partie des convives.

Extrait de Matthieu pas à pas (2019-2020)

Tous les textes + chant (Allez à Jésus-Eucharistie) + page enfant (Théobule)

Pour les enfants

Les invités au festin

Pour Jésus, le Royaume de Dieu est une grande fête à laquelle nous sommes tous invités ! Chaque jour, Jésus nous appelle à rejoindre cette fête et à nous réjouir de tout ce que nous recevons de Lui. Alors, soyons prêts et prenons le temps de répondre à son invitation !

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♦ Dimanche 4 octobre, 27e dimanche du Temps Ordinaire

Vigne du Seigneur

Frères Emmanuel Dumont et Thomas-Marie Gillet, Couvent Saint Thomas d'Aquin à Lille

La prière du chapelet, c'est biblique ?

Le chapelet, une prière pour demeurés qui rabâchent les mêmes sempiternels « je vous salue, Marie » ? Le frère Thomas-Marie et le frère Emmanuel nous expliquent comment la prière du rosaire est inscrite dans la tradition biblique, comment elle éclaire les mystères du Christ présentés par l’Évangile, comment elle nous permet d’utiliser le geste et la respiration pour nourrir et incarner notre mouvement vers Dieu.
La semaine prochaine, se déroule à Lourdes le pèlerinage du Rosaire organisé par les Dominicains : soyons tous en union de prières les uns avec les autres, avec le chapelet, par exemple !

Parabole des vignerons meurtriers

Évangile de Saint Matthieu 21, 33-43

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Écoutez cette parabole : Un homme était propriétaire d’un domaine ; il planta une vigne, l’entoura d’une clôture, y creusa un pressoir et bâtit une tour de garde. Puis il loua cette vigne à des vignerons, et partit en voyage. Quand arriva le temps des fruits, il envoya ses serviteurs auprès des vignerons pour se faire remettre le produit de sa vigne. Mais les vignerons se saisirent des serviteurs, frappèrent l’un, tuèrent l’autre, lapidèrent le troisième. De nouveau, le propriétaire envoya d’autres serviteurs plus nombreux que les premiers ; mais on les traita de la même façon. Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : ‘Ils respecteront mon fils.’ Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : ‘Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !’ Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? » On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. »

Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux ! Aussi, je vous le dis : Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. »

Méditation sur cet Évangile

Lorsque tu parles aux pharisiens...
Sœur Anne Lécu, Communauté de Paris
« Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : ‘Ils respecteront mon fils.’
Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux :
‘Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !’
Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. »
(Mt 21, 37-39)

Lorsque tu parles aux pharisiens, nos frères de sang, Seigneur, tu n’y vas pas avec le dos de la cuillère. Ils devraient pourtant se douter que ta parole a le tranchant de la parole de Dieu. « Vous voulez accaparer l’héritage en tuant l’héritier ? Allez-y, tuez-le. Mais c’est mal connaître Dieu ! »

Ils n’ont pas compris, ces lettrés, que l’héritage et l’héritier sont la même réalité. Tu es la vigne, et l’héritier, mais aussi l’héritage, toi Dieu qui se donne, toi le don de Dieu. En tuant l’héritier, l’héritage échappe à la mort et revient à ceux qui ont toujours eu ta préférence, les petits, qui n’ont rien que leurs mains pour mendier et prier.
Ils oublient, ces lettrés, que de toujours à toujours, tu es un Dieu vagabond, surprenant, qui préfère la compagnie des exilés à l’heure où les gens bien se réunissent dans le temple pour se protéger des envahisseurs*. Ont-ils oublié que tu aimes la compagnie de Ruth**, l’étrangère, ou de Rahab, la prostituée de Jéricho*** ? Comprennent-ils que tu te promènes avec ton peuple sous une tente, afin de pouvoir l’accompagner partout où il va, même dans ses détours et ses bouderies, même s’il met quarante ans à parcourir un désert que l’on peut traverser en moins d’un mois ?
Même s’ils oublient, toi tu es fidèle. Et tu aimes évidemment aussi beaucoup ces pharisiens et ces grands prêtres qui n’y comprennent rien, attendant patiemment l’heure bénie où eux aussi tendront des mains de mendiants pour recevoir l’héritage qui leur est promis : toi, le Fils, qui se donne, à tous.

* Livre d’Ezéchiel, chap 9 et 10
** Livre de Ruth ; Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu, chap 1, verset 5
*** Livre de Josué chap 2 ; Évangile selon saint Matthieu chap 1, verset 5

Extrait de Signes dans la Bible (2014-2015)

Tous les textes + chant (Insondable la tendresse) + page enfant (Théobule)

Pour les enfants

Explique-moi la prière du Je vous salue, Marie ! (Partie 3)

Cette semaine, nous fêtons Notre Dame du Rosaire, c’est l’occasion pour le frère Antoine de nous expliquer la troisième partie du Je vous salue Marie.

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♦ Dimanche 27 septembre, 26e dimanche du Temps Ordinaire

Se convertir en actes

Céline Delloye

Les mystères de Marie sont nombreux et déroutants. Le frère Jean-Pierre Brice Olivier explique, dans un beau petit livre, comment ces dogmes sont des introductions à l’expérience de Dieu dont Marie fut la privilégiée. Marie, la plus humaine des humaines, est par là la plus proche de Dieu. Elle nous introduit au mystère de de notre propre communion avec le Seigneur.
« Toujours vierge, Marie en ses mystères » par le frère Jean-Pierre Brice Olivier Ed. du Cerf, (2018), 128 p., 10 €

La parabole des deux fils

Évangile de Saint Matthieu 21, 28-32

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : ‘Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.’ Celui-ci répondit : ‘Je ne veux pas.’ Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : ‘Oui, Seigneur !’ et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. »

Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »

Méditation sur cet Évangile

Fréquence évangélique

Sœur Anne-Claire Dangeard
Communauté de Paris

Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : « mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne. »
Un homme avait deux fils, mais il était surtout propriétaire d’une vigne.
Un homme avait deux fils et il leur demande d’aller travailler pour lui à sa vigne. La suite de l’histoire, c’est un peu chacun de nous. L’un des fils refuse d’obéir à son père, mais finalement change d’avis et va travailler. L’autre lui donne une réponse positive, mais il ne va pas à la vigne.

Qui peut-il bien être ce père qui va trouver ses fils en les appelant « mon enfant » ? Un père aimant, un père confiant car le travail de la vigne n’est pas chose aisée. Il demande constance et persévérance tout au long de l’année. La vigne vit au rythme des saisons, et c’est son entretien quotidien, par le viticulteur, tout au long de l’année qui confère aux vins toute leur typicité et leur caractère.

De cette taille dépend toute la récolte à venir. Mal taillée la vigne ne portera pas de fruits, bien taillée elle révèlera toute sa richesse.

Cette histoire me fait penser au métronome des musiciens : à son tic, tac, inlassable, indiquant le tempo, vitesse à laquelle interpréter un morceau de musique. Et moi, quel est mon rythme ? Quelle est ma « fréquence évangélique » quand le père m’appelle à sa vigne ? Est-ce que je lui réponds ? Avec zèle, hésitation ou tremblement ? Grave, largo, lento, andante, moderato, allegretto, presto ou prestissimo ?

Au son de la harpe et de la cithare, comme dit le psalmiste, prenons la route et mettons nos pas dans ses pas.

Extrait de Signes dans la Bible (2015-2016)

Tous les textes + chant (Magnificat) + page enfant (Théobule)

Pour les enfants

Explique-moi la prière du Je vous salue, Marie ! (Partie 2)

C’est bientôt le Rosaire à Lourdes, pèlerinage organisé par les dominicains. A cette occasion, le frère Benoit continue l’explication de la belle prière du Je vous salue Marie.

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♦ Dimanche 20 septembre, 25e dimanche du Temps Ordinaire

La générosité de Dieu dépasse notre justice

Catherine Motte

Frère Kim En Joong, peintre de la lumière

Le frère Kim En Joong, dominicain, est témoin de la lumière. Ses œuvres picturales fluides et vives et ses vitraux abstraits chantent le magnificat dans les monuments qu'elles ornent. Elles témoignent de la présence de Dieu par la beauté.

La parabole du Maître de la vigne

Évangile de saint Matthieu 20, 1-16

En ce temps-là, Jésus disait cette parabole à ses disciples : « Le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. Et à ceux-là, il dit : ‘Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.’ Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : ‘Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?’ Ils lui répondirent : ‘Parce que personne ne nous a embauchés.’ Il leur dit : ‘Allez à ma vigne, vous aussi.’

Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : ‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.’ Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier. En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : ‘Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !’ Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : ‘Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?’

C’est ainsi que les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers. »

Méditation sur cet Évangile

Être est la question

L’ouvrier, celui qui œuvre à la vigne, n’est pas embauché au regard de ses compétences et de ses diplômes. Le travail est assez simple pour que tout le monde puisse collaborer suivant qui il est, et le nombre d’heures travaillées n’a pas d’importance. Étonnant patron qui ne sélectionne pas ses employés, les rétribue tous de la même somme, sans tenir compte du temps passé à le servir, et qui, en plus, déclare donner ce qui est juste. La pièce d’argent n’est donc pas un salaire. Ce qui est donné par le maître de la vigne — le Seigneur — est d’un autre ordre : sans doute le don de la vie. Nous ne sommes donc pas dans un contrat contraignant et un calcul serré, mais, à l’opposé : dans le vivant débordant et surabondant. S’il apparaît identique pour tout le monde, le denier est en réalité parfaitement personnalisé et dépendant de celui qui le reçoit.

Alors à chacun de se déterminer face à cette gratification. Vous pouvez réagir comme les râleurs de la parabole et exiger avec colère et jalousie de recevoir ce qui vous revient à cause de votre labeur, ce à quoi vous estimez avoir droit parce que vous avez obéi aux commandements toute votre vie, et revendiquer le ciel… Ou bien, nous pouvons préférer recevoir les libéralités prodigues de la miséricorde en abondance.

La question n’est donc pas d’être de la première ou de la dernière heure, mais d’être. D’être dans l’heure présente. C’est ainsi que les derniers seront premiers et les premiers derniers.

Extrait de Signes dans la Bible (2015-2016)

Tous les textes + chant (Jésus ma joie) + page enfant (Théobule)

Pour les enfants

Explique-moi la prière du Je vous salue, Marie ! (Partie 1)

Nous vous proposons de découvrir ou redécouvrir la prière du Je vous salue Marie sur trois semaines. Premier rendez-vous aujourd’hui avec le frère Antoine.

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♦ Dimanche 13 septembre, 24e dimanche du Temps Ordinaire

Combien de fois dois-je pardonner ?

Frère Jean-Pierre Brice Olivier, Couvent de l'Annonciation à Paris

« Père, pardonne-leur »

Le Christ nous invite à pardonner. C’est difficile, très difficile. Il faut apprendre à pardonner, il faut aussi accepter de recevoir le pardon. Le frère Jean-Pierre Brice nous recommande d’entrer dans le dialogue de Jésus avec son Père pour accueillir la grâce immense du pardon.

Pardonner à ses frères...

Évangile de Saint Matthieu 18, 21-35

En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : "Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.

Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.
C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

Méditation sur cet évangile

Surendettement

Frère Adrien Candiard, Couvent du Caire

« Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois. » (Mt 18, 21)

« Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi… » Quand nous parvenons à penser à ce que nous disons dans la prière, quand le Notre Père n’est pas une simple récitation machinale, c’est souvent le moment gênant. Car si Dieu ne pardonne pas mieux que moi, j’ai du souci à me faire. Si le pardon de Dieu se marchande, si je dois le payer de mon propre pardon, je risque de manquer de liquidités. Parce que pour l’heure, côté pardon, je ne suis pas nécessairement très riche. Il y a bien des petites choses que j’arrive à pardonner, mais pour les grandes, ce n’est pas gagné. Je voudrais bien, d’ailleurs, mais c’est trop dur. J’aurais l’impression de nier ou de minimiser le mal qu’on m’a fait. Je voudrais bien pardonner, parce que je sens que ce mal qu’on m’a fait continue à me ronger. Je voudrais bien, mais c’est au-dessus de mes forces. Et à cause de cela, le Seigneur ne me pardonnera pas ? C’est un peu la double peine…

À moins que nous ne le comprenions à l’envers, ce passage du Notre Père, et c’est ce que laisse entendre la parabole. Car le roi, qui représente Dieu, ne pose pas de conditions pour remettre une dette pourtant impossible à jamais rembourser : soixante millions de pièces d’argent ! Son pardon de nos fautes, de tous nos manques d’amour, est gratuit : c’est un cadeau qui ne se mérite pas. Et quel cadeau ! Car non seulement nos fautes sont pardonnées, mais nous voilà capables à notre tour de pardonner là où le pardon semblait impossible : je pardonne parce que je me sais pardonné, parce que la joie du pardon est communicative, parce que je peux regarder mes frères avec le regard de Dieu. Pardonne-nous, Seigneur, nos soixante millions de fautes ; alors nous pourrons à notre tour essayer de pardonner, avec ton pardon à toi, avec ton cœur à toi.

Extrait de Signes dans la Bible (2014-2015)

Tous les textes + chant (Écoute la voix du Seigneur) + page enfant (Théobule)

Pour les enfants

Prier ensemble et pardonner

Qu’on soit grand ou petit, quand on fait une bêtise, ce n’est pas facile de revenir sur ses pas et demander pardon. Et pourtant, cela donne la joie. Jésus nous invite à le prier pour lui demander la force de pardonner. Il nous assure qu’il écoute toujours nos prières.

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♦ Dimanche 6 septembre, 23e dimanche du Temps Ordinaire

La correction fraternelle

Frère Benoit Ente du Couvent Saint Thomas d'Aquin à Lille, Maison du 60 :

A qui parle-t-on pendant la messe ?

En fait, je ne me suis jamais vraiment posé cette question ! Le frère Benoit nous fait découvrir que pendant la messe, nous dialoguons tour à tour avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit. A tour de rôle suivant ce qui est en jeu à différents moments de la célébration. Repérer à qui on s’adresse, c’est découvrir le mouvement et le rythme de la messe !

Le prophète est responsable de ses frères

Lecture du Livre d'Ezékiel 33, 7-9

La parole du Seigneur me fut adressée : « Fils d’homme, je fais de toi un guetteur pour la maison d’Israël. Lorsque tu entendras une parole de ma bouche, tu les avertiras de ma part. Si je dis au méchant : ‘Tu vas mourir’, et que tu ne l’avertisses pas, si tu ne lui dis pas d’abandonner sa conduite mauvaise, lui, le méchant, mourra de son péché, mais à toi, je demanderai compte de son sang. Au contraire, si tu avertis le méchant d’abandonner sa conduite, et qu’il ne s’en détourne pas, lui mourra de son péché, mais toi, tu auras sauvé ta vie. »

Méditation sur cette Parole

Ma prière porte le monde
Frère Nicolas Burle Couvent Saint Thomas d'Aquin à Lille

« Fils d'homme, je fais de toi un guetteur pour la maison d'Israël. » (Ez 33, 7)

La prière me semblait un acte volontariste, pauvre et solitaire.
Comment peut-on passer tant d’heures à se taire?
En vérité, je n’ai essayé qu’un instant et j’ai arrêté bien vite.
La prière, j’en étais convaincu, ne concerne qu’une élite.

J’ai été croyant et j’ai cherché Dieu avec insistance.
Mais je l’ai perdu avec la foi de mon enfance.
L’enfant qui savait simplement se mettre à genoux
Ne pouvait convaincre l’adulte qui croit vivre debout.

La vie me donna deux leçons contradictoires.
La première d’entre elle fut une magnifique histoire :
Une naissance, un enfant, qui élargissait mon cœur.
Comment aurais-je pu être seul et sans Dieu dans ce bonheur?

La seconde est celle de la mort, l’ordinaire drame,
Qui déchire nos cœurs par de grandes larmes.
A genoux comme autrefois, les mains jointes comme on se rend.
Je n’étais plus adulte ou enfant, athée ou ignorant.

Dieu, par la prière, préparait maintenant mon cœur
Pour les grandes peines et les humbles bonheurs :
“Avec moi tu traverseras les épreuves de la croix
Et tes joies ne te conduiront plus jamais loin de moi.

J’ai fait de toi un guetteur pour la maison d’Israël.
Tandis que l’aube soulève son aile,
Ou que le soir se couvre d’un velours sombre,
Tiens-toi sur les remparts du monde et avec nous fais nombre.

Car ta prière porte le monde et chacun de ses habitants.
Si tu manques à ton poste, qui sera ton remplaçant ?
Si tu ne m’écoutes pas, comment pourras-tu leur parler ?
Offre-toi à moi, comme mon Fils, et je t’exaucerai.”

Extrait de Marche dans la bible (2016-2017)

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Pour les enfants

Pourquoi Jésus répète-t-il souvent Amen ?

Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus emploie souvent le mot Amen. Que veut dire Amen ? Le frère Sylvain nous aide à comprendre ce mot.

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♦ Dimanche 26 juillet, 17e dimanche du Temps Ordinaire

Les paraboles du Royaume : trésor caché

Dieu fait tout pour que nous partagions un jour la gloire du Christ

Lettre de saint Paul apôtre aux Romains, 8, 28-30

Frères, nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. Ceux que, d’avance, il connaissait, il les a aussi destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils, pour que ce Fils soit le premier-né d’une multitude de frères. Ceux qu’il avait destinés d’avance, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il en a fait des justes ; et ceux qu’il a rendus justes, il leur a donné sa gloire

Méditation sur cette lettre

Tout est grâce ?

David jeune converti de l’islam au christianisme

J’ai appris, dès mon enfance, à remercier Dieu en toutes circonstances, même dans les moments difficiles, quand on se sent seul, abandonné et que l’on se demande : est-il vraiment là ? Si nous nous posons cette question, c’est que nous nous sommes égarés.
Converti de l’islam au catholicisme, j’ai été rejeté par ma famille, obligé de quitter mon pays natal. Je suis arrivé en France comme un pauvre réfugié malheureux. Le prix à payer a été lourd. J’ai tout perdu. Mais j’ai tout gagné dans le Christ : depuis 5 ans, la vie dans ce pays m’a apporté plein de belles choses, la joie, la réussite dans mes études et l’amitié avec des gens en or, une amitié qui double les joies et réduit de moitié les peines. Le Christ agit dans nos faiblesses en faisant de nous des merveilles, car une grâce cachée dans l’épreuve est comme une perle cachée dans son coquillage : il suffit de croire, d’oser l’ouvrir, de patienter, d’accepter ses faiblesses et de recevoir.

Sur ce chemin, on croise d’autres éprouvés, comme cette famille de réfugiés irakiens que j’ai connue à Lyon, si heureuse maintenant, qu’elle prie même pour ses persécuteurs et rend grâce à Dieu pour toutes choses. D’où vient cette joie qui brille dans leurs yeux ?
L’amour est le secret de cette joie intérieure et Jésus en est la source. Abandonner cet amour, c’est se séparer du Christ en plein combat, c’est se trouver seul sur le champ de bataille.

Accrochez-vous toujours à son amour, vous y puiserez la joie qu’aucune peine ne pourra vaincre.

Extrait de Avent dans la ville (2018)

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♦ Dimanche 19 juillet, 16e dimanche du Temps Ordinaire

Les paraboles du Royaume

L'ivraie

Évangile de Saint Matthieu 13, 24-43

En ce temps-là, Jésus proposa cette parabole à la foule : « Le royaume des Cieux est comparable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ. Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi survint ; il sema de l’ivraie au milieu du blé et s’en alla. Quand la tige poussa et produisit l’épi, alors l’ivraie apparut aussi. Les serviteurs du maître vinrent lui dire : ‘Seigneur, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y a de l’ivraie ?’ Il leur dit : ‘C’est un ennemi qui a fait cela.’ Les serviteurs lui disent : ‘Veux-tu donc que nous allions l’enlever ?’ Il répond : ‘Non, en enlevant l’ivraie, vous risquez d’arracher le blé en même temps. Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson ; et, au temps de la moisson, je dirai aux moissonneurs : Enlevez d’abord l’ivraie, liez-la en bottes pour la brûler ; quant au blé, ramassez-le pour le rentrer dans mon grenier.’ » 
Il leur proposa une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et qu’il a semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais, quand elle a poussé, elle dépasse les autres plantes potagères et devient un arbre, si bien que les oiseaux du ciel viennent et font leurs nids dans ses branches. »
Il leur dit une autre parabole : « Le royaume des Cieux est comparable au levain qu’une femme a pris et qu’elle a enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. » 
Tout cela, Jésus le dit aux foules en paraboles, et il ne leur disait rien sans parabole, accomplissant ainsi la parole du prophète : J’ouvrirai la bouche pour des paraboles, je publierai ce qui fut caché depuis la fondation du monde . 
Alors, laissant les foules, il vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. » Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ; ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. 
Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Méditation sur cet évangile :

Chimiquement pur
Frère Adrien Candiard, Couvent du Caire

Rien de plus reposant qu’un bon western : les bons et les méchants y sont bien distincts ; leur affrontement ne laissera pas de place au doute ou à la nuance. Cela repose, parce que notre vie n’est jamais si simple. Bien et mal y sont irrémédiablement mêlés. Partout, et dans l’Église même, la générosité voisine avec la mesquinerie, la perversité cohabite avec la sainteté. Nous regrettons souvent ce monde tout en nuances de gris plutôt qu’en noir et blanc : si Dieu existe, pourquoi ne supprime-t-il pas le mal dans le monde ?
Par chance, Dieu n’est pas hanté comme nous par ce rêve d’un monde chimiquement pur, où le bien pourrait régner sans mélange. Car il sait trop bien, lui, qu’aucune frontière ne peut distinguer les bons et les mauvais, parce que le bon grain et l’ivraie, le bien et le mal, grandissent ensemble jusque dans notre propre cœur. De quel côté serais-je, moi, s’il s’avisait de faire le tri ? Si Dieu exauçait ma prière et exterminait le mal dans le monde, j’aurais peut-être du souci à me faire.

Mais le projet de Dieu, ce n’est pas le tri et la sélection : c’est que les hommes aient la vie, et la vie en abondance*. En bon jardinier, il sait qu’abondance et désordre sont inséparables : l’herbicide qui, pour détruire les mauvaises herbes, rend stérile le potager est un remède pire que le mal. La crainte scrupuleuse d’agir mal peut nous conduire à ne rien faire du tout.
La Bible nous invite au contraire, presque à toutes les pages, à ne pas avoir peur. À faire confiance à ce jardinier si expert qu’il peut transformer patiemment mon ivraie en un splendide épi de blé.

* : Évangile selon saint Jean, chapitre 10, verset 10

Extrait de Signes dans la Bible (2014-2015)

Tous les textes + méditation

♦ Dimanche 12 juillet, 15e dimanche du Temps Ordinaire

Les paraboles du Royaume

Le semeur

Évangile de Saint Matthieu 13, 1-23

Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? » Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là. À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre. Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai.

Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu.
Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur. Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin. Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ; mais il n’a pas de racines en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt. Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit. Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. ».

Méditation sur cet Évangile

Pour une éducation des oreilles

Frère Jocelyn Dorvault

Une certaine idolâtrie du langage voudrait nous faire croire que « le mot est la chose », que la parole vraie doit, nécessairement, correspondre à ce qu’elle énonce. Sans écart. Et que cette parole, qui se transmettrait comme un trésor, serait en possession de celui qui la donne. Il faudrait ainsi être saint pour parler de sainteté, il faudrait être libre pour parler de liberté, il faudrait être pur pour parler de pureté… En fait, non ! Les mots, le langage, la parole même sont toujours au service de réalités qui les dépassent largement. Nous pouvons parler d’une liberté que nous ne possédons pas, mais que nous espérons, d’un amour, d’un pardon, d’une sainteté, d’une pureté que nous ne possédons pas, mais que nous désirons. Le fait d’être pécheur ne nous empêche pas de savoir parler du salut aux autres. La vérité est toujours au-delà de soi et c’est pourquoi elle déborde largement la parole. Dans la parole, nous offrons ce que nous n’avons pas.

L’écart de la Parole, c’est exactement ce que Jésus met en scène dans ses paraboles. Sa Parole n’est pas un en-soi : ni à lire au pied de la lettre ni à absolutiser. Même la Parole de Dieu s’incarne dans une formulation fragile et qu’on peut facilement contredire. Elle finira d’ailleurs clouée sur le bois. Jésus nous rappelle ainsi que la Parole n’est jamais qu’un outil fragile qui oriente notre regard vers un réel qui la déborde infiniment. Il nous faut donc être attentifs, vigilants, il faut interpréter, traduire, reformuler la Parole pour découvrir et comprendre sa vérité profonde. On ne peut pas se contenter d’une lecture littérale, au premier degré. Et ce qui est valable pour la Parole de Dieu, l’est aussi pour toutes les autres paroles, en particulier celles qui se présentent à nous comme absolues et définitives. Avec ses paraboles, Jésus nous invite donc à une écoute active, car ce qui l’intéresse, contrairement à tant de mauvais pasteurs, ce n’est pas de guider des sourds mais de leur ouvrir les oreilles.

Extrait de Matthieu Pas à Pas (2018-2019)

Tous les textes + méditation

♦ Dimanche 5 juillet, 14e dimanche du Temps Ordinaire

Vous trouverez le repos pour votre âme

Doux et humble de cœur

Évangile de Saint Matthieu 11, 25-30

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Méditation sur cet Évangile

De curieux ignorants
Frère Jocelyn Dorvault

Les petits, c’est nous. Il faut commencer par là. Puisque l’Évangile nous a été révélé, et que l’Évangile est révélé aux petits, alors, les « petits », c’est nous. Les petits ce sont ceux qui ne sont ni sages ni savants. C’est-à-dire ceux qui ne « savent » pas. Mais il est bon que nous ne sachions pas, car aux sages et aux savants, la Révélation reste cachée. C’est quoi le problème des savants ? 
Le danger, ce n’est pas la science, bien sûr, ni la recherche ou l’intelligence. Le danger c’est l’idolâtrie, l’enfermement du réel dans des définitions, des dogmes, des Lois, des pratiques, autant de choses qui sont certainement des formulations nécessaires, mais auxquelles il ne faudrait jamais s’arrêter. Le danger, c’est l’oubli de notre ignorance fondamentale et pourtant bonne puisqu’elle ouvre nos oreilles. En effet, celui qui ne sait pas écoute, car il a besoin d’apprendre. Mais celui qui croit savoir, aveuglé par ses certitudes, reste sourd à la nouveauté de Dieu et à la complexité du monde. Il n’est pourtant pas question de se résigner au « mystère » et encore moins de laisser les autres « savoir » à notre place. Nous ne sommes pas idiots, nous sommes justes ignorants. Et cette ignorance de Dieu, du monde et de nous-mêmes aussi bien souvent, qui nous invite à l’humilité, ne nous empêche pas d’être curieux. Et lorsque nous sommes humblement à l’écoute de l’Esprit, à l’écoute du monde, l’autre peut se révéler, non pas tel que nous croyons le connaître, mais tel qu’il est vraiment : sans cesse à découvrir. 
Alors, qu’attendons-nous pour ouvrir nos oreilles, discerner, interpréter, réfléchir, douter ? Avons-nous peur de nous perdre ? C’est pourtant sur ce chemin-là (1) que la vérité nous précède.

(1) Évangile selon saint Luc 24, 13-33

Extrait de Matthieu Pas à Pas (2018-2019)

Tous les textes + Chant + Page enfant (Théobule)

Pour les enfants

Des vacances avec Dieu pour les enfants !

Cet été, n’hésitez pas à voir et revoir les grands passages de l’Ancien et du Nouveau Testament ! Théobule vous propose une bibliothèque de plus de 400 vidéos, des coloriages, des jeux. Une bonne façon de passer l’été à la lumière de la Parole de Dieu !

Coloriage + vidéo + jeux... :
https://www.theobule.org/

Chers amis, Théobule fait sa pause estivale et profite de ce temps pour peaufiner le programme de la prochaine année scolaire. Si ce n'est pas déjà fait, n'hésitez pas à vous inscrire gratuitement à notre proposition. Ainsi chaque semaine, à partir du 21 septembre, vous recevrez nos mails hebdomadaires avec des vidéos et une fiche d'enseignement et d'activités pour méditer, prier, cogiter, jouer, créer et colorier sur un passage biblique.

Programme 2020-2021 : les 7 cadeaux de Dieu, les Sacrements
Découvrez ce beau programme :
https://www.theobule.org/le-programme-de-l-annee

♦ Dimanche 28 juin, 13e dimanche du Temps Ordinaire

Qui vous accueille m'accueille

Chers Amis,

Le Président-poète, Léopold Sdar Senghor, rêvait de voir s'épanouir entre l'Afrique et l'Europe la civilisation du donner et du recevoir. C'est à un tel échange que Dieu nous invite : accueillir et être accueilli, offrir et recevoir, partager avec mon frère mais aussi - incroyable opportunité ! - avec Dieu lui-même. Pour ceux qui partent bientôt en vacances, que ce temps de repos soit celui de l'accueil de Dieu.

Fraternellement.

Vidéo de la semaine
Frère Jean-Laurent Valois (Couvent Saint Thomas d'Aquin à Lille - Maison du 60)

Des vacances avec Dieu
Les vacances ? Youpi ! Mais attention de ne pas faire de ce temps béni une parenthèse creuse de notre année. Le frère Jean-Laurent nous suggère quelques pistes pour que l’été soit une période de rencontre avec les autres, de retrouvailles avec Dieu.

Méditation sur l’Évangile de St Matthieu (10, 37-42)

Récompense de prophète

Sœur Carine Michel  (communauté de Poitiers)

« Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche,
à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis :
non, il ne perdra pas sa récompense. » (Mt 10, 42)

L’une des façons d’entendre ce texte est de conclure que celui qui accueille son prochain recevra une récompense. Une récompense ? N’est-ce pas là une façon bien mercantile d’inciter à la charité ? N’est-ce pas contradictoire avec cette recommandation de Jésus : « quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite »(1)?
Cela me rappelle Abraham et Sara qui accueillent généreusement trois mystérieux voyageurs aux chênes de Mambré(2). À l’issue de cette rencontre, Abraham et Sara reçoivent l’annonce de la naissance d’un fils, ce qui était leur vœu le plus cher. Quand on lit rapidement, ce récit peut nous laisser l’impression que la naissance à venir est une récompense pour l’accueil généreux qu’ils ont offert. Mais si nous prenons un peu de recul, et que nous regardons l’ensemble de la saga d’Abraham, nous nous rendons compte que la promesse d’une descendance a déjà été faite cinq fois(3). Ce récit annonce, en plus, la date de la naissance. Les trois voyageurs sont donc des messagers prophétiques.
Abraham les accueille avec ce qu’il est et ce qu’il a : un veau, des galettes et du lait. Il se rend ainsi disponible pour accueillir ce qu’ils sont. Il peut donc entendre la prophétie. Ainsi : « Qui accueille un prophète en tant que prophète recevra une récompense de prophète. »(4) La récompense dont parle le texte n’est pas un donnant-donnant, mais un accueil réciproque de l’autre, où l’altérité est une richesse. Jésus ne nous parle pas ici de charité, mais d’altérité. À travers l’autre, Dieu me rejoint dans ma vie quotidienne. Accueillir autrui c’est laisser Dieu me rejoindre à travers un visage.

(1)Évangile selon saint Matthieu 6, 11
(2)Livre de la Genèse 18, 1-15
(3)Livre de la Genèse 12, 2.7 ; 13, 15 ; 15, 4.18 ; 17, 4-8 ; 17, 16.19
(4)Évangile selon saint Matthieu 10, 41

Extrait de Matthieu Pas à Pas (2018-2019)

Tous les textes + Chant (Sauvés des mêmes eaux) + Page enfant (Théobule)

Pour les enfants

Doit-on aimer Dieu plus que ses parents ?
Les enfants se demandent s'il y a une hiérarchie dans l'amour :
Dieu d'abord, les parents ensuite ? Le frère Emmanuel les éclaire.

Coloriage + vidéo + jeux... :
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♦ Dimanche 21 juin, 12e dimanche du Temps Ordinaire

Soyez sans crainte

Chers Amis,

Nous avons bien des motifs de crainte. Mais le Seigneur nous invite à la foi, à l'espérance, qui sont les antidotes à la crainte, et à la charité, qui bouscule toute crainte et nous pousse à l'audace. « En toi j'ai mis ma confiance, Ô Dieu ; c'est pourquoi je ne crains rien. Fais grandir ma foi, mon espérance et mon amour ! »

Fraternellement.

Vidéo de la semaine
Frère Thomas-Marie Gillet (couvent St Thomas d'Aquin à Lille)

Ambon, la solennisation de la Parole
Qu’est-ce qu’un ambon ? Pourquoi a-t-il une place importante dans la liturgie ? Le frère Thomas-Marie nous explique comment avec l’ambon, la Parole de Dieu est au cœur de la vie sacramentelle.

Méditation sur l’Évangile de St Matthieu (10, 26-33)

Piafs

Frère Jean-Pierre Brice Olivier (couvent de l'Annonciation à Paris)

« Ne craignez pas les hommes ; rien n'est voilé qui ne sera dévoilé,
rien n'est caché qui ne sera connu.
» (Mt 10, 26)

Jésus, dans l’évangile nous rappelle de ne pas craindre les hommes, quoi qu’ils fassent, ils ne parviennent pas à écorcher plus que l’enveloppe de notre corps. L’individu prédateur qui dissimule ses mauvaises intentions, se masque dans l’ombre, chuchote et murmure dans le but de tuer la chair de l’autre, de s’en emparer ou de la dévorer, ne peut attenter qu’à l’extérieur, au corps. Et cependant même nos cheveux sont comptés. Jésus lui-même a traversé cette réalité du monde tout au long de sa vie et jusqu’à la Passion et, bien sûr, cela reste monstrueux, toujours, qu’un individu ou un groupe sacrifie un être vivant à son égoïsme. 
Mais jamais quelqu’un ne peut toucher à ce qui en nous est inatteignable — sauf par Dieu et avec notre consentement —, à la part incorruptible de notre être : le « je suis » qui n’est jamais entamé par quiconque ni même par le mal. Il s’agit bien du haut lieu de notre vérité la plus authentique, celle connue de Dieu, en dehors de notre péché, et qui échappe à tout jugement. Ce sanctuaire inaltérable est sans doute notre cœur, le siège de l’amour, ce que l’évangile nomme l’âme. Et ce tabernacle a le pouvoir d’accomplir que notre chair — c’est à dire le tout de notre être vivant — soit déjà sauvée : parce qu’aimer en vérité fait sauter les verrous du mal qui nous emprisonne et nous libère du péché et de l’accusation. 
Soyons sans crainte, nous valons plus que le moineau sans souci qui se monnaye pour un demi sou.

Extrait de Signes dans la Bible (2015-2016)

Tous les textes + Chant (Mon Père, je m'abandonne à Toi) + Page enfant (Théobule)

Pour les enfants

Ceux qui ne connaissent pas Dieu iront au Paradis ?
Jésus nous dit que nous valons bien plus qu’une multitude de moineaux. Chacun a du prix aux yeux de Dieu. Le frère Marc-Antoine nous en dit plus sur l’amour de Dieu pour tous.

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♦ Dimanche 14 juin, fête du Corps et du Sang du Christ

 

Le pain pour la vie éternelle

Chers Amis,

Après le jeûne eucharistique imposé par le confinement, des fidèles du couvent ont dit leur joie de pouvoir à nouveau communier : « Parce que nous manquions de ce qui faisait la banalité de notre vie chrétienne, nous avons découvert la valeur de l'eucharistie pour notre vie spirituelle. » Sans la messe, nous avons survécu, mais d'une vie plus fade. Oui, devenons ce que nous recevons : le corps du Christ, le sel de la terre.

Fraternellement.

Vidéo de la semaine
Frère Jean-Pierre Brice Olivier (couvent de l'Annonciation à Paris)

« Jésus prit du pain »

Le nom originel de l'Eucharistie, c'est la fraction du pain. Le frère Jean-Pierre Brice Olivier montre la noblesse bouleversante de ce pain tout simple rompu et partagé. Il a choisi d'illustrer la Cène par cette œuvre où les acteurs porteurs de trisomie 21 manifestent eux aussi cette noblesse bouleversante de la simplicité.

Méditation sur la lecture du Deutéronome (8, 2-3. 14b-16a)

Sœur Anne Lécu (Communauté de Paris)

Ne nous lâche pas

Le nom originel de l'Eucharistie, c'est la fraction du pain. Le frère Jean-Pierre Brice Olivier montre la noblesse bouleversante de ce pain tout simple rompu et partagé. Il a choisi d'illustrer la Cène par cette œuvre où les acteurs porteurs de trisomie 21 manifestent eux aussi cette noblesse bouleversante de la simplicité.

Je voudrais ne jamais t’oublier. Te remercier d’avoir mis sur mes pas des hommes et des femmes de bienveillance et de bonté, qui sont ma joie. Te dire du plus profond de mes entrailles que je ne regrette rien. Que tout est bien ainsi. Même les larmes, même la peur au ventre, même les incertitudes qui me font crier vers toi. Je voudrais te le dire en secret, et ne l’imposer à personne, mais oui, mon Dieu, tout est bien avec toi.

Je ne comprends pourtant rien aux heures de nuit. Mais tu le sais, car je te l’ai assez dit. Je ne comprends surtout pas la peine que doivent porter ceux qui peinent déjà trop, ceux pour qui l’épreuve est trop longue, et la nuit trop épaisse. Je voudrais tant que tu irrigues leur soif, que tu aplanisses les monts arides et que tu adoucisses les déserts. Je ne comprends pas qu’il faille quarante ans pour traverser ce désert bizarre, cette étendue si petite finalement, que l’on pourrait le faire en cinq jours. A moins que ce ne soit pour apprendre ton pas… Car je sais de toute la force de ma petite foi que tu es là, dans ce désert, plus assoiffé que moi, plus fatigué que moi, plus inquiet que moi, plus perdu que moi, toi mon Dieu, perdu volontairement chez les hommes perdus, pour les trouver.

Je ne sais pas où tu nous emmènes, mais cela m’est égal si c’est avec toi, et tous ensemble que nous y allons. Ma maison, ce sont ceux que j’aime, et ma maison, c’est toi. Ô mon Dieu voyageur, ne nous lâche pas !

Et toi mon frère lecteur, compagnon de ces marches, sois sûr que notre grand Dieu tient ta main bien fort, surtout lorsqu’elle tremble. Oui, sois sûr !

Extrait de Signes dans la bible (2014-2015)

Tous les textes + Chant (Ô Vrai Corps de Jésus) + Page enfant (Théobule)

Pour les enfants

Que se passe-t-il à la messe ?
Le frère Nicolas nous décrit tous les grands moments de la messe et nous invite à y aller !

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♦ Dimanche 7 juin, solennité de la Sainte Trinité

Daigne marcher au milieu de nous

Chers Amis,

Durant le mois de juin, nous allons de fête en fête vers des fêtes qui n'auront pas de fin. Les fêtes de la foi sont souvent reportées cette année dans les paroisses, cependant la liturgie nous invite à la joie : Pentecôte, Trinité, Fête-Dieu… Entrons dans la fête de notre Seigneur, réjouissons-nous avec lui.

Fraternellement.
Frère Philippe Verdin, op - Responsable de Dimanche dans la ville

Méditation sur l'Évangile de Saint Jean (3, 16-18)

« Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. »

Comprendre la Sainte Trinité :
La Trinité, un seul Dieu en trois personnes… Mon Dieu, que c’est compliqué ! Avec témérité, le frère Philippe récapitule comment et pourquoi Dieu est trois personnes, Père, Fils et Saint-Esprit.

Tous les textes + Chant (... Trinité bienheureuse) + Page enfant (Théobule)

Pour les enfants

 

La Trinité, ça veut dire quoi ?
Le frère Emmanuel nous emmène dans une ronde pour nous expliquer la Sainte Trinité.

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