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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

Ils sont venus des quatre coins de France et même du monde pour honorer l'abbé Jean Possompès. Certains n'ayant pu être là lors de ses obsèques, en raison du confinement, ils ont tenu à lui rendre grâce pour ce qu'il a été dans leur famille, mais aussi pour les autres, amis proches ou simples paroissiens, à travers son sacerdoce... et, ce qu'il a été et qu'il est encore pour Dieu.

Né le 30 octobre 1942, ordonné prêtre le 23 décembre 1966
et appelé à Dieu le 15 mai 2020, il avait dit :
« Vous êtes ma famille, vous m'avez tout appris, vous êtes dans mon cœur pour toujours »

et « Être prêtre : c'est être le Signe, par toute sa vie, dans tous ses actes,
du Christ, Pasteur, Époux de l’Église et qui, pour elle, donne sa vie »

il

Dès le début de la célébration, un très bel hommage lui a été rendu grâce à la plume du père Jean-Luc Morin.

Lettre en pdf

Lettre à Jean

« Quand je pense à toi, c'est à l'ambon que d'abord je te vois : les yeux mi-clos, la voix tour à tour rugueuse et tendre, charriant des passions venues d'Espagne et des amours du doux pays de France. Tu nous aurais dit que tu ne serais pas long, avec un sourire de malice. Tu nous dirais l'hospitalité du cœur et le cœur des mères, et les mers par où il faut passer pour conquérir sa liberté.

Tel le disciple que Jésus aimait, tu nous parlerais du Mystère chrétien avec des mots qui vont et viennent, ce flux et reflux qui donne la Parole sans jamais l'épuiser, des fulgurances incroyablement précises, incarnées, une pensée qui ne tourne pas autour de la Vérité, non, qui la déroule, qui court devant, qui retourne en arrière comme le jeune chien croqué par Péguy, gambadant autour de son maître avec des yeux brillants, éperdus d'amour. Ou comme la petite fille Espérance incroyablement libre entre ses sœurs, tu sais, celle qui marche entre les deux grandes - Foi et Charité - et qui fait marcher le monde ...

Avec toi, l'espace d'une passation, j'ai compris ce qu'était un pasteur : combien tu étais aimé jusque dans tes petits travers, ton désordre feint et ta rigueur de fond, tes coups de sang et ton attention, tes attentions et tes distractions, ton regard pénétrant, soudain rieur, tes sermons interminables et bouleversants, parce que tu étais tant pour tes ouailles et qu'elles étaient tout pour toi. Tu parlais souvent de ton lien sponsal à la paroisse, prêtre diocésain marié à l'Eglise particulière - et même le religieux que j'étais en était gagné, contaminé. L'automne 2001, quand je rencontrais des Palois inconsolés de ton départ, quand ils évoquaient devant moi ce compagnonnage de plus de vingt ans, tous ces petits baptisés-catéchisés-communiants-confirmes de Trespoey, Sainte-Ursule ou Jeanne d'Albret, ces kilomètres que tu n'hésitais pas à avaler pour conseiller, réconforter, courir au chevet d'un malade ou d'un couple en sortie de route, je réalisais combien tu étais des leurs. Tu étais de la famille .

Comment ne pas se réjouir d'un tel attachement quand on prend la suite ? À travers l'homme, c'est le prêtre, et Jésus lui-même, qu'on attendait. On pleurait l'Abbé à la hauteur de ce qu'il avait semé, et voilà qu'il m'accueillait à ma première messe à Sainte-Thérèse, demandant qu'on ait pour moi les mêmes sentiments que pour lui, et s'inquiétant de l'équipement du presbytère en me glissant un billet.

Tu m'as lancé comme un frère aîné. Tu t'es effacé tout en restant disponible, et le simple fait de le savoir rassurait le vicaire débutant. Les errances et les erreurs, les disputes de clocher, les susceptibilités relationnelles, tout ce qui fait le « sel » de la vie commune, tout était soluble dans l'humour qui commence comme humilité et finit comme amour. Avec toi, même le droit canonique était une fête ...

Un soir à Rome, sur la terrasse de la Maison générale de Bétharram (sacré séjour, au sortir de ta première convalescence !), tu te délectas de cette formule de ton compatriote Michel Garicoïts ; tu l'avais découverte au détour d'un recueil de lettres, et tu me la répétas plusieurs fois ; tu t'en imprégnas comme un vin qu'on garde en bouche, une émotion qu'on savoure : « Souvenez-vous qu'au ciel vous avez un Père, qui est en même temps votre mère » (lettre 145,1858). Tu habites désormais chez Lui, toi qui en étais comme le reflet ici-bas. Jean Possompès : un père qui guide, élève et corrige à l’occasion, pour tirer le meilleur de ses enfants ; un père qui aime avec un cœur de mère, et que je confie au Père très bon avec bonheur, reconnaissance. »

Jean-Luc Morin, SCJ
1er octobre 2020

L'écouter :

 Gloria puis liturgie de la Parole

Liturgie eucharistique

Offertoire sur un morceau de violon

 

 

Après la communion, c'est avec Marie que se termine la célébration

Ave Maria (violon et orgue)

Un très bel hommage à l'abbé Jean Possompès,
grâce à ceux qui l'ont préparé, ceux qui l'ont fait vivre, père Haramburu, Marin, lecteurs...
et grâce aux musiciens et à la chorale. Merci à chacun.