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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

 

Depuis le IXème siècle, l'Église a l'habitude de chanter aux vêpres, du 17 au 23 décembre, les antiennes « ô ». Ces sept antiennes servent à préparer nos cœurs au mystère de Noël.
Dans la première partie de chaque antienne, nous chantons les préfigurations du Messie chez les prophètes et dans la deuxième nous appelons ce Messie « Viens, Seigneur ! »
Ces antiennes sont partiellement reprises à l'acclamation avant l'évangile pendant la messe.

♦ Jeudi 24 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 67-79) Le cantique de Zacharie

À la naissance de Jean Baptiste, Zacharie, son père fut rempli de l’Esprit Saint et prononça ces paroles prophétiques: «Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité son peuple pour accomplir sa libération. Dans la maison de David, son serviteur, il a fait se lever une force qui nous sauve. C’est ce qu’il avait annoncé autrefois par la bouche de ses saints prophètes: le salut qui nous délivre de nos adversaires, des mains de tous nos ennemis.
« Il a montré sa miséricorde envers nos pères, il s’est rappelé son Alliance sainte: il avait juré à notre père Abraham qu’il nous arracherait aux mains de nos ennemis, et nous donnerait de célébrer sans crainte notre culte devant lui, dans la piété et la justice, tout au long de nos jours.
«Et toi, petit enfant, on t’appellera prophète du Très-Haut, car tu marcheras devant le Seigneur pour lui préparer le chemin, pour révéler à son peuple qu’il est sauvé, que ses péchés sont pardonnés.
«Telle est la tendresse du cœur de notre Dieu; grâce à elle, du haut des cieux, un astre est venu nous visiter; il est apparu à ceux qui demeuraient dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, pour guider nos pas sur le chemin de la paix.»

Méditation : Tu viens, tu es là, Enfant-Roi qui viens nous sauver !

Jean préparait un peuple en annonçant d'avance à ses compagnons de servitude la venue du Seigneur et en leur pr^échant la pénitence, afin que, lorsque le Seigneur serait présent, ils soient tous en état de recevoir son pardon, pour être revenus à Celui auquel ils s'étaient rendus étrangers par leurs péchés [...].
Oui, « sa miséricorde », Dieu « nous a visités, Soleil levant venu d'en haut ; il a brillé pour ceux qui étaient assis dansles ténèbres et l'ombre de la mort, et il a dirigé nos pas sur le chemin de la paix » (Luc 1, 78-79) C'est en ce termes que Zacharie, délivré du mutisme, qu'il s'était attiré par son incrédulité, et rempli d'un Esprit nouveau, bénissait Dieu d'une manière nouvelle. Car tout était dorénavant nouveau, du fait que le Verbe, par un processus nouveau, venait d'accomplir le dessein de sa venue dans la chair, afin que l'homme, qui s'en était allé hors de Dieu, soit réintégré par lui dans l'amitié de Dieu. Et c'est pourquoi cet homme apprenait à honorer Dieu d'une manière nouvelle.

Saint Irénée de Lyon (v. 130-v. 208), évêque, théologien et martyr.

♦ Mercredi 23 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 57-66) Naissance de Jean Baptiste

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils.
Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! »
On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.

Méditation : Ô Emmanuel, notre roi et législateur, que tous les peuples attendent comme leur Sauveur, viens, Seigneur, viens nous sauver !

Zacharie perd la parole jusqu'à la naissance de Jean, précurseur du Seigneur, qui li rend la parole. Que signifie le silence de Zacharie sinon qu'avant l'annonce du christ, la prophétie est comme cachée et close ? Elle s'ouvre à son avènement, elle devient claire pour l'arrivée de celui qui était prophétisé. La parole rendue à Zacharie à la naissance de Jean correspond au voile déchiré à la mort de Jésus sur la croix (Matthieu 27, 51). Si Jean s'était annoncé lui-même, la bouche de Zacharie ne se serait pas rouverte. La parole lui est rendue à cause de la naissance de celui qu est la voix ; car on demandait à Jean, qui annonçait déjà le Seigneur : « Toi, qui es-tu  ? » et il a répondu : « Je suis la voix qui crie dans le désert. » La voix, c'est Jean, tandis que le Seigneur est la Parole : « Au commencement était le Verbe. »
Jean, c'est la voix pour un temps ; le Christ, c'est le Verbe au commencement, c'est le Verbe éternel.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et  docteur de l’Église.

♦ Mardi 22 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 46-56) : Magnificat

En ce temps-là, Marie rendit grâce au Seigneur en disant :
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »
Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

Méditation : Ô roi des nations, objet de leur désir, clé de voûte qui unit les peuples opposés, viens sauver l'homme que tu as façonné. Viens, Seigneur, viens nous sauver !

« Sa miséricorde s’étend de génération en génération » Dès l'instant de l'Incarnation, ces paroles ouvrent une nouvelle perspective de l'histoire du Salut. Sur le seuil de la maison de sa cousine, Marie annonce ces génération de chrétiens, marquées par le signe de la Croix et la Résurrection, qui vont venir après la Pentecôte. Mère du Crucifié, Marie est celle qui connaît le plus profondément le mystère de la Miséricorde divine. Elle en sait le prix et sait combien il est grand. En ce sens, nous l'appelons Mère de la Miséricorde, capable de découvrir, d'abord à travers les évènements complexes de l'histoire d'Israël, puis à travers ce qui concerne tout homme et toute l'humanité, cette miséricorde à laquelle tous participent, « d’âge en âge », selon le dessein éternel de la très sainte Trinité.

D'après saint Jean Paul II (1920-2005), pape.

♦ Lundi 21 décembre 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 39-45) 

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Méditation : Ô soleil levant, splendeur de la lumière éternelle, illumine ceux qui habitent les ténèbres et la nuit de la mort. Viens, Seigneur, viens nous sauver.

Comment ne pas remarquer que, dans la rencontre entre la jeune Marie et Élisabeth, désormais âgée, le protagoniste caché est Jésus ? Marie le porte dans son sein comme dans un tabernacle sacré et l'offre comme le don le plus grand à Zacharie, à son épouse Élisabeth et également à l'enfant qui se développe dans le sein de celle-ci. « Dès l'instant, dit la mère de Jean Baptiste, où la salutation a frappé mes oreilles, l'enfant a tressailli d'allégresse en mon sein. » (Luc 1, 44)
Là où arrive Marie, Jésus est présent. Celui qui ouvre son cœur à la Mère accueille et rencontre son Fils, et il est envahi par sa joie. Jamais la véritable dévotion mariale ne dissimule ni ne diminue la foi et l'amour pour Jésus Christ notre Sauveur, unique médiateur entre Dieu et les hommes. Au contraire, se confier à la vierge représente une voie privilégiée, vécue par de nombreux saints, pour se placer à la suite du Seigneur de façon plus fidèle.
Confions-nous donc à elle avec un abandon filial !

♦ Dimanche 20 décembre : l'Annonciation

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 26-38)

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation.
L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? »
L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

Méditation : Ô Clé de la cité de David, tu ouvres et nul ne fermera, tu fermes et nul n'ouvrira : arrache les captifs aux ténèbres. Viens, Seigneur, Viens nous sauver !

Dans ce passage évangélique, nous pouvons noter un contraste entre les promesses de l’ange et la réponse de Marie. La longue révélation de l’ange ouvre des perspectives inouïes. L’enfant qui naîtra de cette humble jeune fille de Nazareth sera appelé Fils du Très-Haut : on ne peut concevoir de dignité plus élevée. En revanche, la réponse de Marie est brève, et ne parle ni de gloire, ni de privilège, mais seulement de disponibilité ou de service. Marie ne s’exalte pas fasse à la perspective de devenir la mère du Messie, mais elle demeure telle qu’elle est et exprime son adhésion au projet du Seigneur. Ce contraste manifeste que Marie est vraiment humble et qu’elle ne cherche pas à se mettre en avant. Et elle est consciente que de sa réponse dépend la réalisation du projet de dieu, et qu’elle est donc appelée à y adhérer de tout son être.

D’après le pape François.

♦ Samedi 19 décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (1, 5-25)

Annonce de la naissance de Jean Baptiste

Il y avait, au temps d’Hérode le Grand, roi de Judée, un prêtre nommé Zacharie, du groupe d’Abia. Sa femme aussi était descendante d’Aaron; elle s’appelait Élisabeth. Tous les deux vivaient comme des justes devant Dieu: ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur d’une manière irréprochable. Ils n’avaient pas d’enfants, car Élisabeth était stérile, et tous deux étaient âgés.
Or, tandis que Zacharie, au jour fixé pour les prêtres de son groupe, assurait le service du culte devant Dieu, il fut désigné par le sort, suivant l’usage liturgique, pour aller offrir l’encens dans le sanctuaire du Seigneur. Toute l’assemblée du peuple se tenait dehors en prière à l’heure de l’offrande de l’encens. L’ange du Seigneur lui apparut debout à droite de l’autel de l’encens. En le voyant, Zacharie fut bouleversé et saisi de crainte.
L’ange lui dit : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été entendue: ta femme Élisabeth te donnera un fils, et tu le nommeras Jean. Tu seras dans la joie et l’allégresse, beaucoup d’hommes se réjouiront de sa naissance, car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de boissons fermentées, et il sera rempli de l’Esprit Saint dès avant sa naissance; il fera revenir de nombreux fils d’Israël au Seigneur leur Dieu, il marchera devant le Seigneur avec l’esprit et la puissance du prophète Élie, pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants, convertir les rebelles à la sagesse des hommes droits, et préparer au Seigneur un peuple capable de l’accueillir. »
Mais Zacharie dit à l’Ange : « Comment vais-je savoir que cela arrivera ? Moi, je suis un vieil homme, et ma femme aussi est âgée. » L’ange lui répondit: «  Je suis Gabriel; je me tiens en présence de Dieu, et j’ai été envoyé pour te parler et pour t’annoncer cette bonne nouvelle. Mais voici que tu devras garder le silence et tu ne pourras plus parler jusqu’au jour où cela se réalisera, parce que tu n’as pas cru à mes paroles: elles s’accompliront lorsque leur temps viendra. »
Le peuple attendait Zacharie et s’étonnait de voir qu’il restait si longtemps dans le sanctuaire. Quand il sortit, il ne pouvait pas leur parler, et ils comprirent qu’il avait eu une vision dans le sanctuaire. Il leur faisait des signes, car il demeurait muet. Lorsqu’il eut achevé son temps de service au temple, il repartit chez lui.
Quelque temps plus tard, sa femme Élisabeth devint enceinte. Pendant cinq mois, elle garda le secret. Elle disait: « Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi, lorsqu’il a daigné mettre fin à ce qui faisait ma honte aux yeux des hommes. »

♦ Vendredi 18 décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (1, 18-24)

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : ‘Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel’, qui se traduit : « Dieu-avec-nous » Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

Méditation : Ô Adonaï, guide du peuple d'Israël, tu te révèles à Moïse dans le buisson ardent et tu lui donnes la loi sur la montagne, délivre-nous par la vigueur de ton bras. Viens, Seigneur, viens nous sauver !

Pour Saint Joseph, la vie de Jésus a été une continuelle découverte de sa propre vocation. Ses premières années ont été pleines de circonstances contradictoires en apparence : glorification et fuite, majesté des mages et pauvreté de la crèche, cantique des anges et silence des hommes.
Saint Joseph a appris de Jésus, comme jamais aucun homme ne l'a fait, à ouvrir son âme et son coeur, et à se maintenir en éveil pour reconnaître les merveilles de Dieu. Mais si Joseph a appris de Jésus à vivre de manière divine, sur le plan humain, c'est lui qui a enseigné beaucoup de choses au Fils de Dieu. Il s'est occupé de cet Enfant. Jour après jour, il l'a entouré d'une affection délicate ; il a pris soin de lui avec une abnégation joyeuse. N'est(ce pas là une bonne raison pour considérer cet homme juste, ce saint patriarche en qui culmine la foi de l'Ancienne Alliance, comme un maître de vie intérieure ?

D'après saint José-Maria Escriva de Balaguer (1902-1975) prêtre, fondateur de l'Opus Dei.

♦ Jeudi 17 décembre 

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (1, 1-17)

Généalogie de Jésus, Christ, fils de David, fils d’Abraham.

Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères, Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram, Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmone, Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé, Jessé engendra le roi David.
David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon, Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa, Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias, Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias, Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias, Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone.

Après l’exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel, Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor, Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud, Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.

Le nombre total des générations est donc : depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations ; depuis David jusqu’à l’exil à Babylone, quatorze générations ; depuis l’exil à Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations.

Méditation : Ô Sagesse, toi qui régis l'univers avec force et douceur, enseigne-nous le chemin de  la vérité. Viens, Seigneur, viens nous sauver.

Si nous voulons comprendre ce qu'est la foi, nous devons raconter son parcours, la route des hommes croyants. Une place particulière revient à Abraham, notre père dans la foi. Dans sa vie se produit un fait bouleversant : Dieu lui adresse sla parole, il se révèle comme un Dieu qui parle et qui l'appele par son nom. La Loi est liée à l'écoute. Abraham ne voit pas Dieu, mais il entend sa voix. De cette façon, la foi prend un caractère personnel. Dieu se trouve être ainsi le Dieu d'une personne, précisément « le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob » (Exode 3, 6), capable d'entrer en contact avec l'homme et d'étaablir une alliance avec lui. La foi est la réponse à une Parole qui interpelle personnellement.

♦ Mercredi 16 décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (7, 18b-23)

En ce temps-là, Jean le Baptiste appela deux de ses disciples et les envoya demander au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Arrivés près de Jésus, ils lui dirent : « Jean le Baptiste nous a envoyés te demander : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
À cette heure-là, Jésus guérit beaucoup de gens de leurs maladies, de leurs infirmités et des esprits mauvais dont ils étaient affligés, et à beaucoup d’aveugles, il accorda de voir. Puis il répondit aux envoyés : « Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! »

Méditation : Mon Dieu, ma Miséricorde !

Par ses faits et ses paroles, le Christ rend le Père présent parmi les hommes.Il est révélateur lorsque les messagers envoyés par jean Baptiste lui demandent : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? », il se réfère à la parole d'Isaïe par laquelle il avait inauguré son enseignement à Nazareth et leur avait répondu : « Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres. »
Jésus a révélé, surtout par son style de vie et ses actions, comment l'amour est présent dans le monde où nous vivons, l'amour actif, l'amour qui s'adresse à l'homme et embrasse tout ce qui forme son humanité. Cet amour se remarque surtout au contact de la souffrance, de l'injustice, de la pauvreté, du caratère limité et fragile de l'homme, aussi bien physiquement que moralement. Or la manière dont l'amour se manifeste et son domaine sont, dans le langage biblique, appelés « miséricorde ». Ainsi le Christ révèle-t-il Dieu Père, amour ; Dieu « riche en miséricorde » (Ephésiens 2, 4)

D'après Jean Paul II (1920-2005), pape.

♦ Mardi 15 décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (21, 28-32)

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.” Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas.
Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu.
Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »

Méditation : tourne-moi tout entier vers toi !

Le message de la parabole est clair : ce ne sont pas les paroles qui comptent, mais l'agir, les actes de conversion et de foi. Jésus adresse ce message aux grands prêtres et aux anciens du peuple d'Israël, c'est-à-dire aux experts en religion dans son peuple. Eux d'abord disent « oui » à la volonté de Dieu. Mais leur religiosité devient routine et Dieu ne les inquiète plus. Pour cela ils ressentent le message de Jean Baptiste et le message de Jésus comme quelque chose qui dérange. Ainsi, le Seigneur conclut cette parabole par des paroles vigoureuses : « Les publicains et les prostituées vous précédent dans le royaume de Dieu... »

Traduite dans le langage de ce temps, l'affirmation pourrait plus ou moins correspondre à ceci : les agnostiques, qui au sujet de la question de Dieu ne trouvent pas la paix, les personnes qui souffrent à cause de leur péché et ont le désir d'un cœur pur, sont plus proches du royaume de Dieu que ne le sont les fidèles « de routine », qui dans l’Église voient désormais seulement ce qui paraît, sans que leur cœur soit touché par la foi.

Benoît XVI, pape de 2005 à 2013.

♦ Lundi 14 décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (21, 23-27)

En ce temps-là, Jésus était entré dans le Temple, et, pendant qu’il enseignait, les grands prêtres et les anciens du peuple s’approchèrent de lui et demandèrent : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? »
Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela : le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va nous dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?” Si nous disons : “Des hommes”, nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. »
Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Il leur dit à son tour : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela. »

Méditation : Tu es le Seigneur

Il est difficile de distinguer la parole de la voix, et c'est pourquoi on a prit Jean pour le Christ, la voix pour la parole. Mais la voix s'est fait connaître afin de ne pas faire obstacle à la parole. « Je ne suis pas le Messie, ni Élie. - Qui es-tu donc ? - Je suis la voix qui crie dans le désert » (Jean 1, 23). Il est la voix qui rompt le silence : « Préparez la route pour le Seigneur. » Cela revient à dire : « Moi, je retentis pour faire entrer le Seigneur dans le cœur ; mais il ne daignera pas y venir si vous ne préparez pas la route. » Que signifie : « Préparez la route » sinon : « Priez comme il faut. Ayez des pensées humbles » ?
Jean, le précurseur, donne un message d'humilité. On le prend pour le Messie, il affirme qu'il n'est pas ce que l'on pense, et il ne profite pas de l'erreur d'autrui pour se faire valoir. Il s'est distingué du Christ, il s'est abaissé. Il a vu où se trouvait le Salut. Il a compris qu'il n’était que la lampe (Jean 5, 35), et il a craint qu'elle ne soit éteinte par le vent de l'orgueil.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église.

♦ Dimanche 13 décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Jean (1, 6-8. 19-28)

Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière.
Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. » Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. » Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. »
Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. »
Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait.

Méditation : Soyez dans la joie du Seigneur, soyez tours dans la joie, le Seigneur est proche

En ce troisième dimanche de l’Avent, dit « dimanche de la joie », saint Paul nous invite à préparer la venue du Seigneur en assumant trois attitudes : la joie constante, la prière persévérante et l’action de grâce permanente. Trois attitudes qui nous préparent à vivre Noël de façon authentique.

La joie constante : « Restez toujours joyeux » dit saint Paul. Les angoisses, les difficultés et les souffrances traversent la vie de chacun et, souvent, la réalité qui nous entoure semble être semblable au désert dans lequel retentissait la voix de Jean Baptiste. Mais précisément, les paroles de Jean Baptiste révèlent que notre joie repose sur une certitude, que ce désert est habité : « Au milieu de vous se tient quelqu’un que vous ne connaissez pas ». Il s’agit de Jésus, l’envoyé du Père qui vient, comme le souligne Isaïe, « porter la nouvelle aux pauvres, panser les cœurs meurtris, annoncer aux captifs la libération et aux prisonniers la délivrance, proclamer une année de grâce de la part de Yahvé » (Isaïe 61, 1-2). Sa mission dans le monde consiste à redonner aux hommes la dignité et la liberté des enfants de Dieu, que lui seul peut communiquer, et, à travers cela, nous donner la joie.

(D’après le pape François)

♦ Samedi 12 décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (17, 10-13)

Descendant de la montagne, les disciples interrogèrent Jésus : « Pourquoi donc les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d’abord ? »
Jésus leur répondit : « Élie va venir pour remettre toute chose à sa place. Mais, je vous le déclare : Élie est déjà venu ; au lieu de le reconnaître, ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu. Et de même, le Fils de l’homme va souffrir par eux. »
Alors les disciples comprirent qu’il leur parlait de Jean le Baptiste.

Méditation : Il est vivant, le Dieu devant qui je me tiens !

Point final de l'Ancien Testament, le baptême est aussi le début du Nouveau. En effet, il eut pour promoteur Jean le Baptiste, « qu'aucun enfant de la femme ne surpassait » (Mt 11, 11). Jean achevait la série des prophètes, « car tous les prophètes ainsi que la Loi ont parlé jusqu'à Jean » (Mt 11, 13). Et il ouvre l'ère de l’Évangile : « Commencement de l’Évangile de Jésus Christ... Jean parut au désert, proclamant un baptême » (Mc 1, 1.4)
Lui opposerais-tu Élie le Thisbite qui a été enlevé au ciel ? Il n'est pourtant pas supérieur à Jean. Tous les prophètes ont été admirables, mais ils n'étaient pas plus grand que Jean. Il ne s'agit pas de comparer prophètes et prophètes ; mais le Seigneur a déclaré : « Parmi les hommes, il n'en a pas existé de plus grand que Jean Baptiste » (Mt 11, 11)
La grandeur de la grâce du baptême exigeait un grand chef de file.

D'après saint Cyrille d Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem et docteur de l’Église.

♦ Vendredi 11 décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (11, 16-19)

En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules : « À qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d’autres en disant : “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.” Jean Baptiste est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : “C’est un possédé !”
Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.” Mais la sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait. »

Méditation : viens, Esprit de sagesse !

Voici donc ce que l'on peut reprocher aux contemporains de Jésus et Jean Baptiste : « Nous avons chanté pour vous, et vous n'avez pas dansé », c'est-à-dire nous vous avons excités par nos chants à la pratique des bonnes œuvres, et vous n'en avez rien fait ; nous avons pleuré pour vous appeler à la pénitence, et vous n'avez pas été plus dociles, vous avez méprisé toute espèce de prédication, et celle qui vous exhortait à la vertu, et celle qui vous appelait à faire pénitence de vos péchés.

Saint Jérôme, Père de l’Église, traducteur de la Bible en latin.

♦ Jeudi 10 décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (11, 11-15)

En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules : « Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui.
Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le royaume des Cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer. Tous les Prophètes, ainsi que la Loi, ont prophétisé jusqu’à Jean. Et, si vous voulez bien comprendre, c’est lui, le prophète Élie qui doit venir. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Méditation : Seigneur, avive ma foi !

En quoi consistait la grandeur de Jean pour prêcher et attirer les gens ? Avant tout, elle réside dans la fidélité à sa mission. Et cette grandeur se voyait précisément dans sa prédication. Il avait le courage de dire des choses fortes et dures. Ce faisant, il risquait sa vie, mais il était fidèle.
A l'égard de ceux qui lui demandaient : « Que devons-nous faire pour nous convertir ? », il répondait simplement : « Que celui qui a de la nourriture en donne à qui n'en a pas. Que celui a deux tunique en donne une à qui n'en a pas ». Jean était un vrai pasteur. Ainsi, aux publicains, qui étaient de vrais pécheurs publics parce qu'ils exploitaient le peuple, il suggérait simplement : « Ne demandez pas plus que ce qui est juste. »
Il commençait par un petit pas, et les baptisait. Alors, il recommandait aux soldats : « Ne menacez pas, ne dénoncez personne. Contentez-vous de votre salaire. » Pour baptiser ces pécheurs, il ne demandait qu'un petit pas en avant parce qu'il savait qu'avec ce petit pas, le Seigneur ferait le reste. et eux se convertissaient.

D'après le pape François.

♦ Mercredi 9 décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (11, 28-30)

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Méditation : Ô Jésus doux et humble de cœur, rends mon cour semblable au tien !

Nous pouvons voir la douceur du Christ dans sa vie , en toutes ses attitudes pacifiantes ; il disait : « Mettez-vous à mon école car je suis doux et humble de cœur. » (Mt 11, 29). De même, la mansuétude du Christ apparait dans ses réprimandes. Il eut à souffrir de la part de ses persécuteurs beaucoup d’opprobres et cependant il ne leur répondait jamais avec colère. La vérité se faisait reconnaître lorsqu'il prêchait ; et la douceur se faisait admirer lorsqu'il répondait avec patience à ses ennemis. Sa mansuétude apparaît encore dans la grâce de son accueil. Le Christ recevait avec bénignité des pécheurs, il mangeait avec eux ou acceptait leur invitation.. Enfin, la mansuétude du Christ se manifeste dans sa Passion, car il y alla comme un agneau. La mansuétude assure l'héritage de la Terre du bonheur : « Bienheureux les doux car ils hériteront de la Terre. » (Mt 5, 5)

D'après saint Thomas d'Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l’Église.

♦ Mardi 8 décembre : Solennité de l'Immaculée Conception

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (1, 26-38)

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie.
L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus.
Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

Méditation : Réjouis-toi, Comblée-de-grâce !

« Réjouis-toi, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. », dit le messager de Dieu, révélant ainsi l'identité profonde de Marie, le « nom » par lequel Dieu la connaît : « Comblée-de-grâce ». Marie, en effet, dès le moment où elle fut conçue par ses parents, a été l'objet d'une prédilection singulière de la part de Dieu qui, dans son dessein éternel, l'a choisie pour être la mère de son Fils fait homme et, par conséquent, l'a préservée du péché originel. C'est pourquoi l'ange s'adresse à elle par ce nom qui signifie littéralement « Comblée de l'amour de Dieu depuis toujours », de sa grâce.

Le mystère de l'Immaculée Conception est source de lumière intérieure, d'espérance et de réconfort. Au milieu des épreuves de la vie et particulièrement des contradictions que l'homme expérimente en lui et autour de lui, Marie, la mère du Christ, nous dit que la grâce est plus grande que le péché, que la miséricorde de Dieu est plus forte que le mal et sait le transformer en bien.

Benoît XVI, pape de 2005 à 2013.

♦ Lundi 7 décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (5, 17-26)

Un jour que Jésus enseignait, il y avait dans l’assistance des pharisiens et des docteurs de la Loi, venus de tous les villages de Galilée et de Judée, ainsi que de Jérusalem ; et la puissance du Seigneur était à l’œuvre pour lui faire opérer des guérisons. Arrivent des gens, portant sur une civière un homme qui était paralysé ; ils cherchaient à le faire entrer pour le placer devant Jésus. Mais, ne voyant pas comment faire à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et, en écartant les tuiles, ils le firent descendre avec sa civière en plein milieu devant Jésus.
Voyant leur foi, il dit : « Homme, tes péchés te sont pardonnés. »

Les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner : « Qui est-il celui-là ? Il dit des blasphèmes ! Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Mais Jésus, saisissant leurs pensées, leur répondit : « Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ? Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés te sont pardonnés”, ou dire : “Lève-toi et marche” ? Eh bien ! Afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité sur la terre pour pardonner les péchés, – Jésus s’adressa à celui qui était paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ta civière et retourne dans ta maison. »
À l’instant même, celui-ci se releva devant eux, il prit ce qui lui servait de lit et s’en alla dans sa maison en rendant gloire à Dieu.
Tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu. Remplis de crainte, ils disaient : « Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd’hui ! »

Méditation : Mon Dieu, je crois en toi, augmente ma foi.

Grâce à la foi d'autrui, l'âme du paralytique allait être guérie avant son corps. « Voyant la fois de ces gens » dit l’Évangile. Ici Dieu ne refuse pas de venir au secours de la foi d'autrui. Cette foi est un cadeau de la grâce et elle s'accorde avec la volonté de Dieu.
Dans sa divine bonté, ce médecin qu'est le Christ essaie d'attirer ua salut, malgré eux, ceux qu'atteignent les maladies de l'âme. Mais eux ne se laissent pas faire.
Si nous voulions tous voir, jusqu'en son fond, la paralysie de notre âme ! L'action du Christ en nous serait source de lumière. Nous comprendrions qu'il regarde chaque jour notre manque de foi, qu'il nous emmène vers les repères salutaires et presse vivement nos volontés rebelles. « Mon enfant, dit-i, tes péchés te sont remis. »

Saint Pierre Chrysologue (v.406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église.

♦ Dimanche 6 décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Marc (1, 1-8)

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

Méditation : aplanissons la route !

Aujourd’hui, deuxième dimanche de ce temps de préparation à Noël, la liturgie nous indique que c’est un temps pour reconnaître les vides à combler dans notre vie, aplanir les aspérités de l’orgueil et faire de la place à Jésus qui vient.
Les « vallées à combler » sont tous les vides de nos attitudes devant Dieu, nos péchés d’omission, ou le fait que nous ne prions pas ou peu. L’Avent est le moment favorable pour prier avec plus d’intensité, pour réserver à la vie spirituelle la place importante qui lui revient. Un autre vide peut être le manque de charité envers le prochain. Nous sommes appelés à être plus attentifs aux autres, plus proches. Ainsi, comme Jean-Baptiste, nous pouvons ouvrir des routes d’espérance dans le désert des cœurs arides de tant de personnes.
Les « montagnes et les collines à abaisser » sont l’orgueil, l’arrogance, la domination. Nous devons adopter des attitudes de douceur et d’humilité, et ainsi préparer la venue de notre Sauveur, doux et humble de cœur. Il s’agit aussi d’éliminer les obstacles à notre union avec lui. Ces actions doivent être accomplies avec joie, parce qu’elles visent à préparer l’arrivée de Jésus qui nous comblera alors de sa grâce.

Le Sauveur que nous attendons est capable de transformer notre vie par sa grâce, la force de l’Esprit Saint, de l’amour. En effet, l’Esprit Saint répand dans nos cœurs l’amour de Dieu, source inépuisable de purification, de vie nouvelle et de liberté.

D’après le pape François

♦ Samedi 5 décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (9, 35 à 10, 1. 5a. 6-8)

En ce temps-là, Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger.
Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité.
Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. » Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »

Méditation : Parle à travers moi !

Toute notre tâche consiste à passer aux actes. Seules nos œuvres nous accompagnent dans l'autre vie. L’Église est comparée à une grande moisson qui requiert des ouvriers, mais des ouvriers qui travaillent. Il n'y a rien de plus conforme à l’Évangile que d'amasser, d'un côté, des lumières et des forces pour son âme dans l'oraison, dans la lecture et dans la solitude, et d'aller ensuite faire part aux hommes de cette nourriture spirituelle. C'est faire comme notre Seigneur a fait et, après lui, ses apôtres ; c'est joindre l'office de Marthe à celui de Marie ; c'est imiter la colombe, qui digère à moitié la pâture qu'elle a prise, puis met le reste par son bec dans celui de ses petits pour les nourrir.
Voilà comme nous devons faire, voilà comme nous devons témoigner à Dieu, par nos œuvres, comme nous l'aimons. Toute notre tâche consiste à passer aux actes.

Saint Vincent de Paul (1581-1660), prêtre fondateur de communautés religieuses.

♦ Vendredi 4 décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (9, 27-31)

En ce temps-là, Jésus était en route ; deux aveugles le suivirent, en criant : « Prends pitié de nous, fils de David ! »
Quand il fut entré dans la maison, les aveugles s’approchèrent de lui, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela ? » Ils lui répondirent : « Oui, Seigneur. »
Alors il leur toucha les yeux, en disant : « Que tout se passe pour vous selon votre foi ! » Leurs yeux s’ouvrirent, et Jésus leur dit avec fermeté : « Attention ! que personne ne le sache ! »
Mais, une fois sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région.

Méditation : Ta parole, lumière pour mes pas

La lumière de la foi est capable d'éclairer toute l'existence de l'homme. Pour qu'une lumière soit aussi puissante, elle doit venir de Dieu. La foi naît de la rencontre avec le Dieu vivant, qui nous appelle et nous révèle son amour, sur lequel nous pouvons nous appuyer pour être solides et construire notre vie. Transformés par cet amour, nous recevons des yeux nouveaux, nous expérimentons qu'en lui se trouve une grande promesse de plénitude et l'avenir s'ouvre à nous.
La foi apparaît comme une lumière pour la route, qui oriente notre marche dans le temps. D'une part, elle procède du passé, elle est la lumière d'une mémoire de fondation, celle de la vie de Jésus, où s'est manifesté son amour pleinement fiable, capable de vaincre la mort. En même temps, puisque le Christ est ressuscité et nous attire au-delà de la mort, la foi est lumière qui vient de l'avenir, qui entrouvre devant nous de grands horizons et nous conduit au-delà de notre moi isolé vers l'ampleur de la communion.

Que cette lumière de la foi grandisse pour éclairer le présent jusqu'à devenir une étoile qui montre les horizons de notre chemin, en un temps où l'homme a particulièrement besoin de lumière.

D’après le pape François

♦ Jeudi 3 décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (7, 21. 24-27)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »

Méditation : Tu es le roc de ma vie !

Jésus place le disciple et son chemin de foi dans l'horizon de l'Alliance, constituée par la relation que Dieu noue avec l'homme, à travers sa Parole, en entrant en communication avec nous. Vatican II affirme : « Le Dieu invisible s'adresse aux hommes en son surabondant amour comme à des amis, il s'entretient avec eux pour les inviter et les admettre à partager sa propre vie » (Dei Verbum n°2) [...]
Jésus est la parole vivante de Dieu. Quand il enseignait, la foule reconnaissait dans ses paroles la même autorité divine, sentait la proximité du Seigneur, son amour miséricordieux, et rendait gloire à Dieu.
A chaque époque et en tout lieu, celui qui a la grâce de connaître Jésus, spécialement à travers la lecture su saint Évangile, en reste fasciné, reconnaissant que dans sa prédication, dans ses gestes, dans sa Personne, il nous révèle le vrai visage de Dieu, et nous révèle en même temps à nous-mêmes, nous fait sentir la joie d'être enfants du Père qui est au cieux, nous indiquant la base solide sur laquelle édifier notre vie.

Benoît XVI, pape de 2005 à 2013.

♦ Mercredi 2 décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (15, 29-37)

En ce temps-là, Jésus partit de là et arriva près de la mer de Galilée. Il gravit la montagne et là, il s’assit. De grandes foules s’approchèrent de lui, avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, et beaucoup d’autres encore ; on les déposa à ses pieds et il les guérit. Alors la foule était dans l’admiration en voyant des muets qui parlaient, des estropiés rétablis, des boiteux qui marchaient, des aveugles qui voyaient ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël.
Jésus appela ses disciples et leur dit : « Je suis saisi de compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, ils pourraient défaillir en chemin. » Les disciples lui disent : « Où trouverons-nous dans un désert assez de pain pour rassasier une telle foule ? »
Jésus leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils dirent : « Sept, et quelques petits poissons. » Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Il prit les sept pains et les poissons ; rendant grâce, il les rompit, et il les donnait aux disciples, et les disciples aux foules. Tous mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles pleines.

Méditation : Tu es le pain de vie.

Face à la multitude qui le suivait, Jésus, voyant qu'ils étaient fatigués et épuisés, égarés et sans berger, éprouva au plus profond de son cœur une grande compassion pour eux. En raison de cet amour de compassion, il guérit les malades qu'on lui présentait, et il rassasia une grande foule avec peu de pains et de poissons. Ce qui animait Jésus en toute circonstance n'était rien d'autre que la miséricorde avec laquelle il lisait dans le cœur de ses interlocuteurs et répondait à leurs besoins les plus profonds [...]

Dans les paraboles de la miséricorde, Jésus révèle la nature de Dieu comme celle d'un Père qui ne s'avoue jamais vaincu jusqu'à ce qu'il ait absous le péché et vaincu le refus par la compassion et la miséricorde [...]
Dans ces paraboles, Jésus est toujours présenté comme rempli de joie, surtout quand il pardonne. Nous y trouvons le noyau de l’Évangile et de notre foi, car la miséricorde y est présentée comme la force victorieuse de tout, qui remplit le cœur d'amour et qui console en pardonnant.

Pape François.

♦ Mardi 1er décembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (10, 21-24)

À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. »
Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »

Méditation : Père, je m'abandonne à toi.

Il n'y a pas, je crois, de parole de l’Évangile qui ait fait sur moi une plus profonde impression et transformé davantage ma vie que celle-ci : «  Tout ce que vous faites à un de ces petits, c'est à moi que vous le faites » Si on songe que ces paroles sont celles de la Vérité incréée, [...] avec quelle force on est porté à chercher et à aimer Jésus dans ces «  petits », ces pécheurs, ces pauvres, portant tous ses moyens spirituels vers la conversion des âmes, tous ses moyens matériels vers le soulagement des misères temporelles.

Bienheureux Charles de Foucaud.

Lundi 30 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (4, 18-22)

En ce temps-là, comme Jésus marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent.

Méditation : Tu es l'Agneau de Dieu !

Le nom d'André, frère de Simon Pierre, n'est pas hébraïque, mais grec, signe non négligeable d'une certaine ouverture culturelle de sa famille. Peu avant la Passion, des Grecs étaient venus à Jérusalem pour adorer le Dieu d'Israël en la fête de la Pâque. André et Philippe, les deux apôtres aux nom grecs, servent d’interprètes et de médiateurs auprès de Jésus. Par eux, Jésus dit au monde grec : « L'heure est venue pour le Fils de l'homme d'être glorifié. Si le grain de blé en terre ne meurt pas, il reste seul, mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruit » (Jean 12, 23-24). Jésus veut dire: « Oui, la rencontre entre les Grecs et moi aura lieu, mais non pas comme un entretien simple et bref. Avec ma mort, viendra ma glorification, la grande fécondité. »

Après la Pentecôte, André a été annonciateur et interprète de Jésus dans le monde grec. Pierre, son frère, de Jérusalem en passant par Antioche, est parvenu à Rome pour y exercer sa mission universelle. Ils apparaissent ainsi, dans la vie et la mort, comme de vrais frères - une fraternité qui s'exprime symboliquement dans le rapport spécial entre les sièges de Rome et de Constantinople, Églises vraiment sœurs.

D'après Benoît XVI, pape de 2005 à 2013.

Dimanche 29 novembre

« Veillez, car vous ne savez pas
quand vient le maître de la maison »

Évangile de Jésus Christ selon Saint Marc (13, 33-37)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment. C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller. Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ; s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis. Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

Méditation

La personne attentive est celle qui, dans le bruit du monde, ne se laisse pas emportée par la distraction ou par la superficialité, mais qui vit de façon pleine et consciente, et dont la préoccupation est tournée avant tout vers les autres. La personne attentive cherche à combattre l’indifférence et la cruauté, et se réjouit des trésors de beauté qui existent pourtant et doivent être protégés. Il s’agit de reconnaître aussi bien les misères et les pauvretés des individus et de la société, que la richesse cachée dans les petites choses de tous les jours, là où le Seigneur nous a placés.
La personne vigilante, elle accueille l’invitation à veiller, à ne pas se laisser accabler par le sommeil du découragement, du manque d’espérance, de la déception ; et, dans le même temps, qui repousse la sollicitation des nombreuses vanités dont le monde déborde et derrière lesquelles, parfois, on sacrifie le temps et la sérénité personnelle et familiale.
Être attentifs et vigilants est le présupposé pour ne pas continuer à « errer loin des chemins du Seigneur », égarés dans nos péchés et nos infidélités ; être attentifs et vigilants est la condition pour permettre à Dieu de faire irruption dans notre existence, pour rendre à celle-ci signification et valeur par sa présence pleine de bonté et de tendresse.


D’après le pape François

Samedi 28 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (21, 34-36)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière.
Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

Méditation : viens, Esprit de lumière et de force

« Veillez ! », nous dit Jésus avec insistance... Nous n'avons pas seulement à croire, mais à veiller ; pas simplement à aimer, mais à veiller ; pas uniquement à obéir, mais à veiller.
A veiller pour quoi ? Pour ce suprême évènement : la venue du Christ... Il semble bien y avoir là un appel spécial, un devoir dont l'idée ne nous serait jamais venue à l'esprit autrement. Nous avons une idée générale de ce que veut dire croire, aimer et obéir, mais qu'est-ce donc que  veiller ?
Celui-là veille dans l'attente du Christ, qui garde l'esprit sensible, ouvert, sur le qui-vive, qui reste vif, éveillé, plein de zèle à le chercher et à l’honorer. Il désire trouver le Christ dans tout ce qui arrive. Et celui-là veille avec le Christ qui, tout en regardant l'avenir, regarde aussi le passé, contemplant ce que son Sauveur a acquis pour lui et n'oubliant pas ce que le Christ à souffert pour lui.

Saint John-Henry Newman (1801-1890), cardinal, théologien, fondateur de l'Oratoire en Angleterre.

Vendredi 27 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (21, 29-33)

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole : « Voyez le figuier et tous les autres arbres. Regardez-les : dès qu’ils bourgeonnent, vous savez que l’été est tout proche.
De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le royaume de Dieu est proche. Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas sans que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas.

Méditation : Tu as les paroles de la vie éternelle !

Une fois par an, le monde que nous voyons fait éclater ses puissances cachées et se révèle lui-même en quelque sorte. Alors, les feuilles paraissent, les arbres fruitiers et les fleurs s'épanouissent, l'herbe et le blé poussent. Il y a un élan soudain et une éclatement de la vie cachée que Dieu a placé dans le monde matériel. Eh bien ! Ceci nous est comme un exemple de ce que le monde peut faire au commandement de Dieu. Cette terre éclatera un jour en un monde nouveau de lumière et de gloire, dans lequel nous verrons les saints et les anges.
Sans l'expérience des printemps précédents, qui pourrait concevoir deux ou trois mois à l'avance, que la face de la nature qui semblait morte puisse devenir si splendide et si variée ? Il en est de même pour ce printemps éternel qu'attendent les chrétiens ; il viendra, quoiqu'il tarde. Attendons-le car : « Il viendra sûrement et il ne tardera pas » (Hébreux 10, 37). C'est pourquoi nous disons chaque jour : « Que ton règne vienne ! » Ce qui veut dire : « Montre-toi, Seigneur, manifeste-toi. Réveille ta puissance, viens nous délivrer. » (Psaume 79, 2-3)

Saint John-Henry Newman (1801-1890), cardinal, théologien, fondateur de l'Oratoire en Angleterre.

Jeudi 26 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (21, 20-28)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, alors sachez que sa dévastation approche. Alors, ceux qui seront en Judée, qu’ils s’enfuient dans les montagnes ; ceux qui seront à l’intérieur de la ville, qu’ils s’en éloignent ; ceux qui seront à la campagne, qu’ils ne rentrent pas en ville, car ce seront des jours où justice sera faite pour que soit accomplie toute l’Écriture.
Quel malheur pour les femmes qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là, car il y aura un grand désarroi dans le pays, une grande colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés en captivité dans toutes les nations ; Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens, jusqu’à ce que leur temps soit accompli. Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.
Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche.

Méditation : j'espère en toi, assure mon espérance !

Le Seigneur est venu une première fois, et il viendra de nouveau. Il est venu, porté par ses prédicateurs, et il a rempli toute la terre. Ne résistons pas à son premier avènement si nous ne voulons pas redouter le second.
Que doit-on faire ? Profiter de ce monde, mais ne pas servir ce monde. « Posséder comme si on ne possédait pas. » Comme le dit saint Paul : « Le temps est court. Dès lors, que ceux qui pleurent soient comme s'ils ne pleuraient pas, ceux qui sont heureux, comme s'ils n'étaient pas heureux, ceux qui font des achats, comme s'ils ne possédaient rien, ceux qui tirent profit de ce monde comme s'ils n'en profitaient pas. Car ce monde, tel que nous le voyons, est en train de passer. Je voudrais vous voir libre de tout souci. » (1 Corinthiens 7, 29-32)
Celui qui est libre de tout souci attend avec assurance la venue du Seigneur.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église.

Mercredi 25 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (21, 12-19)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom.
Cela vous amènera à rendre témoignage.
Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous.
Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

Méditation : sauve ton peuple, bénis ton héritage !

« Celui qui, comme moi, est tourné en dérision par ses amis invoquera Dieu, qui l'exaucera. » (Job 12, 4)
Il arrive que l'âme persévère dans le bien, et pourtant subisse la dérision des hommes. Elle agit de manière admirable, et elle reçoit des injures. Alors, celui que les louanges auraient pu attirer au dehors, repoussé par les affronts, rentre en lui-même. Et il s'affermit en Dieu d'autant plus solidement qu'il ne trouve à l'extérieur rien où il puisse se reposer. Il met toute son espérance dans son Créateur et, au milieu des moqueries outrageantes, il n'implore plus que le témoin intérieur. L'homme affligé s'approche de Dieu d'autant plus qu'il est délaissé par la faveur des hommes. Il se répand aussitôt en prière, et sous l'oppression venue du dehors, il se purifie pour saisir les réalités intérieurs. Lorsque ce malheureux trouve des armes dans la prière, il rejoint intérieurement la bonté divine : celle-ci l'exauce parce que, extérieurement, il est privé de la louange des hommes.

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l’Église.

Mardi 24 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (21, 5-11)

En ce temps-là, comme certains parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. »
Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi”, ou encore : “Le moment est tout proche.” Ne marchez pas derrière eux !
Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. » Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume.
Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel. »

Méditation : je te désire comme ma fin dernière

Vu les multiples dangers et menaces contre l'existence de l'humanité, les chrétiens luttent de toute la force de leur espérance, en union avec tous les hommes de bonne volonté, pour un avenir plus sûr, digne d'être vécu. De plus, ce qui nous anime, ce n'est pas seulement une espérance purement terrestre, mais aussi et surtout une espérance qui provient de la foi, dont le fondement et le but sont en définitive Dieu lui-même : Dieu qui, dans le Christ Jésus, a dit son oui définitif à l'homme. Avec sa croix et sa résurrection, le Christ a vaincu toute souffrance et calamité du monde, devenant ainsi pour nous tous le signe de l'espérance.
L'espérance est une vertu divine ; elle est foncièrement un don que vous obtiendrez déjà à force de prier Dieu avec et pour les autres. Nous, les chrétiens, avons également le devoir de manifester publiquement notre espérance et de la donner en partage. Par nos paroles et actions, riches d'espérance, nous aiderons les autres à vaincre la peur de vivre, la résignation et l'indifférence, et à avoir confiance en Dieu et dans les hommes. Comme disciples du Christ, vous offrirez à l'homme d'aujourd'hui la parole et l'espérance qui rendent libre.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape.

Lundi 23 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (21, 1-4)

En ce temps-là, comme Jésus enseignait dans le Temple, levant les yeux, il vit les gens riches qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor.
Il vit aussi une veuve misérable y mettre deux petites pièces de monnaie. Alors il déclara : « En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres. Car tous ceux-là, pour faire leur offrande, ont pris sur leur superflu mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. »

Méditation : ouvre mon cœur, mes yeux, mes mains

Dieu n'a pas attaché le salut à la science, à l'intelligence, à la richesse, à une longue expérience, à des dons rares et que tous n'ont pas reçus, non. Il l'a attaché à ce qui est dans les mains de tous, d'absolument tous, des jeunes et des vieux, des humains de tout âge et de toute classe, de toute intelligence et de toute fortune. Il l'a attaché à ce que tous, d'absolument tous, peuvent lui donner, ce que chaque humain  quel qu'il soit peut lui donner, moyennant un peu de bonne volonté : un peu de bonne volonté, c'est tout ce qu'il faut pour gagner ce ciel que Jésus attache à l'humilité, au fait de se faire petit, de prendre la dernière place, d'obéir, qu'il attache encore ailleurs, à la pauvreté d'esprit, à la pureté du cœur, à l'amour de la justice, à l'esprit de paix, etc...
Espérons, puisque par la miséricorde de Dieu, le salut est si près de nous, entre nos mains, qu'il nous suffit d'un peu de bonne volonté pour l'obtenir.

Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara.

Dimanche 22 novembre : fête du Christ, roi de l'univers

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (25, 31-46)

Le Christ jugera les hommes

sur leur amour pour les malheureux

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue: « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des chèvres: il placera les brebis à sa droite, et les chèvres à sa gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli; j’étais nu, et vous m’avez habillé; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi!”
Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu…? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?”
«Et le Roi leur répondra: “Amen, je vous le dis, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche: “Allez-vous-en loin de moi, maudits, dans le feu éternel préparé pour le démon et ses anges. Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli; j’étais nu et vous ne m’avez pas habillé; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
Alors ils répondront, eux aussi: “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim et soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service?”
Il leur répondra: “Amen, je vous le dis, chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi non plus vous ne l’avez pas fait.”
Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

Méditation :

Les justes sont surpris parce qu'ils ne se rappellent pas avoir jamais rencontré Jésus, et encore moins l'avoir aidé de cette façon ; mais lui déclare : «  Dans la mesure vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » Cette parole ne finit jamais de nous frapper, parce qu'elle nous révèle à quel point arrive l"amour de Dieu : au point de s'identifier à nous, mais pas quand nous allons bien, quand nous sommes en bonne santé et heureux, non, mais quand nous sommes dans le besoin.
Et c'est de cette façon cachée qu'il se laisse rencontrer, qu'il nous tend la main en tant que mendiant. Jésus révèle ainsi le critère décisif de son jugement, c'est-à-dire l'amour concret pour le prochain en difficulté. Et ainsi se révèle le pouvoir de l'amour, de la royauté de Dieu : solidaire avec qui souffre pour susciter partout des attitudes et des œuvres de miséricorde.

Pape François.

Samedi 21 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (20, 27-40)

En ce temps-là, quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus et l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : ‘Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.’
Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ; de même le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants. Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »
Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.

Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur ‘le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.’ Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. » Alors certains scribes prirent la parole pour dire : « Maître, tu as bien parlé. » Et ils n’osaient plus l’interroger sur quoi que ce soit.

Méditation : Tu es la voie, la vérité, la vie !

Comme sacrement né du mystère de la Rédemption, le mariage est une expression efficace de la puissance salvifique de Dieu qui réalise son dessein éternel, même après le péché et malgré la concupiscence cachée dans le cœur de chaque être humain, homme et femme.
La dignité des époux s’exprime dans la profonde conscience de la sainteté de la vie, à laquelle tous deux donnent origine en participant - comme fondateurs d'une famille - aux forces du mystère de la Création. A la lumière de cette espérance qui est liée au mystère de la rédemption du corps, cette nouvelle vie humaine, l'enfant conçu et né de l'union conjugale de son père et de sa mère, s'ouvre aux « prémices de l'Esprit » « pour entrer dans la liberté des enfants de Dieu »
C'est à cela que se réfèrent les paroles du Christ faisant appel à la résurrection des corps : « Ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection »

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape.

Vendredi 20 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (19, 45-48)

En ce temps-là, entré dans le Temple, Jésus se mit à en expulser les vendeurs. Il leur déclarait : « Il est écrit : ‘Ma maison sera une maison de prière’. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. »
Et il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les grands prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire ; en effet, le peuple tout entier, suspendu à ses lèvres, l’écoutait.

Méditation : de quel amour, j'aime ta demeure !

L’Église est la « maison de Dieu », le lieu de sa présence où nous pouvons trouver et rencontrer le Seigneur ; l’Église est le Temple où habite le Saint-Esprit qui l'anime, la guide et la soutient.
Où pouvons-nous rencontrer Dieu ? Entrer en communion avec lui à travers le Christ ? Trouver la lumière du Saint-Esprit qui éclaire notre vie ? Dans le peuple de Dieu, parmi nous, qui sommes Église. Et c'est le Saint-Esprit, avec ses dons, qui dessine la diversité, la richesse dans l’Église et qui unit tout et tous, de manière à constituer un temple spirituel, dans lequel nous n'offrons pas des sacrifices matériels, mais nous-mêmes, notre vie.
L’Église n'est pas un mélange de choses et d'intérêts, mais elle est le Temple du Saint-Esprit, dans lequel Dieu œuvre, et dont chacun de nous, à travers le don du baptême, est une pierre vivante. Nous sommes tous nécessaires pour construire ce Temple ! Personne n'a un rôle de second plan. Personne n'est anonyme.

Pape François.

Jeudi 19 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (19, 41-44)

En ce temps-là, lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant : « Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux.
Oui, viendront pour toi des jours où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ; ils t’anéantiront, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. »

Méditation : fais de moi un artisan de paix !

Aucune ville sainte ne constitue le terme de notre pèlerinage. Ce terme est caché au-delà de ce monde, au cœur du mystère de Dieu, encore invisible pour nous ; car c'est dans la foi que nous cheminons, non dans la claire vision, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté. La Jérusalem nouvelle, dont nous sommes dès à présent les citoyens et les enfants, descend d'auprès de Dieu. De cette cité, la seule définitive, nous n'avons pas encore contemplé la splendeur, sinon comme dans un miroir, d'une manière confuse, en tenant ferme la parole prophétique.
Mais dès à présent, nous en sommes les citoyens ou nous sommes invités à le devenir : tout pèlerinage spirituel reçoit son sens intérieur de cette destination ultime. Ainsi en était-il de la Jérusalem célébrée par les psalmistes. Montant à Jérusalem, Jésus et Marie, sa mère, ont chanté sur terre les cantiques de Sion : « Beauté parfaite, joie de toute la terre ». Mais c'est à cause du Christ, désormais, que la Jérusalem d'en haut nous attire, c'est vers Lui que nous marchons d'une marche intérieure.

Saint Paul VI (1897-1978), pape.

Mercredi 18 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (19, 11-28)

En ce temps-là, comme on l’écoutait, Jésus ajouta une parabole : il était près de Jérusalem et ses auditeurs pensaient que le royaume de Dieu allait se manifester à l’instant même.
Voici donc ce qu’il dit : « Un homme de la noblesse partit dans un pays lointain pour se faire donner la royauté et revenir ensuite. Il appela dix de ses serviteurs, et remit à chacun une somme de la valeur d’une mine ; puis il leur dit : “Pendant mon voyage, faites de bonnes affaires.”
Mais ses concitoyens le détestaient, et ils envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire : “Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous.” Quand il fut de retour après avoir reçu la royauté, il fit convoquer les serviteurs auxquels il avait remis l’argent, afin de savoir ce que leurs affaires avaient rapporté.
Le premier se présenta et dit : “Seigneur, la somme que tu m’avais remise a été multipliée par dix.” Le roi lui déclara : “Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l’autorité sur dix villes.”
Le second vint dire : “La somme que tu m’avais remise, Seigneur, a été multipliée par cinq.” À celui-là encore, le roi dit : “Toi, de même, sois à la tête de cinq villes.”
Le dernier vint dire : “Seigneur, voici la somme que tu m’avais remise ; je l’ai gardée enveloppée dans un linge. En effet, j’avais peur de toi, car tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n’as pas mis en dépôt, tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.” Le roi lui déclara : “Je vais te juger sur tes paroles, serviteur mauvais : tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n’ai pas mis en dépôt, que je moissonne ce que je n’ai pas semé ; alors pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon arrivée, je l’aurais repris avec les intérêts.”
Et le roi dit à ceux qui étaient là : “Retirez-lui cette somme et donnez-la à celui qui a dix fois plus.” On lui dit : “Seigneur, il a dix fois plus !
– Je vous le déclare : on donnera à celui qui a ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi.” »
Après avoir ainsi parlé, Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem.

Méditation :

Pour les biens de la terre, l'on ne peut guère devenir riche sans qu'un autre s’appauvrisse ; pour les biens spirituels, au contraire, on ne peut s'enrichir qu’à la condition d'enrichir les autres ; c'est qu'en effet, le partage des biens extérieurs les diminue nécessairement, tandis que les biens spirituels ne font que s'accroître en se partageant.

Saint Jean Chrysostome (v. 345-407),père de l'Église orthodoxe, docteur de l'Église catholique romaine et de l'Église copte

Mardi 17 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (19, 1-10)

En ce temps-là, entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait.
Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là.
Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie.
Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. » Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. »
Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham.En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

Méditation : viens demeurer chez moi !

Recevons le Christ dans l'Eucharistie comme l'a fait Zachée, le bon publicain ; il s'est empressé de descendre de l'arbre, et avec bonheur, il a reçu Jésus dans sa maison. Mais il ne s'est pas contenté de l'accueillir avec une joie éphémère, fruit d'un attachement superficiel : il s'est mis en devoir de dédommager tout de suite toutes les personnes à qui il avait fait du tort, et cela non pas chichement, mais au quadruple ; et il s'est engagé à distribuer aux pauvres la moitié de tout ce qu'il possédait sur-le-champ.

Avec les mêmes empressements, spontanéité, allégresse, joie spirituelle, que notre Seigneur nous accorde la grâce de recevoir son corps et son sang très saints, son âme et sa divinité, tant dans notre âme que dans notre corps. Et que le fruit de nos bonnes œuvres puissent témoigner que nous le recevons dignement, avec cette foi totale et ce ferme propos de bien vivre qui s'imposent à ceux qui communient. Alors Dieu nous dira comme jadis à Zachée : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison »

Saint Thomas More (1478-1535), homme d'état anglais, martyr.

Lundi 16 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (18, 35-43)

Comme Jésus approchait de Jéricho, un aveugle qui mendiait était assis au bord de la route. Entendant une foule arriver, il demanda ce qu’il y avait. On lui apprit que c’était Jésus le Nazaréen qui passait. Il s’écria : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi! » Ceux qui marchaient en tête l’interpellaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi! »
Jésus s’arrêta et ordonna qu’on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? – Seigneur, que je voie ! » Et Jésus lui dit : « Vois ! Ta foi t’a sauvé. » À l’instant même, l’homme se mit à voir, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu.
Et tout le peuple, voyant cela, adressa ses louanges à Dieu.

Méditation : Seigneur, que ma foi soit joyeuse !

« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Celui qui avait le pouvoir de rendre la vue n'ignorait pas ce que voulait l'aveugle. Il veut que nous demandions les choses, bien qu'il sache d'avance que nous les demanderons et qu'il nous les accordera. Il nous exhorte à prier jusqu'à être importuns, lui qui affirme cependant : « Votre Père céleste sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez » (Matthieu 6, 8). S'il interroge, c'est pour qu'on lui demande ; s'il interroge, c'est pour exciter notre cœur à la prière.
Ce que demande l'aveugle au Seigneur, ce n'est pas l'or, mais la lumière. Imitons cet homme. Ne demandons au Seigneur ni des richesses, ni des cadeaux terrestres, ni des honneurs passagers, mais la lumière : non la lumière circonscrite par l'espace, limitée par le temps, interrompue par la nuit, et dont nous partageons la vue avec les animaux, mais cette lumière que seuls les anges voient avec nous, qui ne débute par aucun commencement et n'est bornée par aucune fin. Or le chemin pour arriver à cette lumière, c'est la foi. Aussi le Seigneur répond-il aussitôt à l'aveugle à qui il va rendre la lumière : « Vois ! Ta foi t’a sauvé. »

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l’Église.

Dimanche 15 novembre : Journée Mondiale de Pauvres

Discours sur la venue du Fils de l’homme : parabole des talents

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (25, 14-30)

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue; il disait cette parabole: «Un homme qui partait en voyage appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il donna une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu cinq talents s’occupa de les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un creusa la terre et enfouit l’argent de son maître. Longtemps après, leur maître revient et il leur demande des comptes. Celui qui avait reçu les cinq talents s’avança en apportant cinq autres talents et dit: “Seigneur, tu m’as confié cinq talents; voilà, j’en ai gagné cinq autres. — Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.” Celui qui avait reçu deux talents s’avança ensuite et dit: “Seigneur, tu m’as confié deux talents; voilà, j’en ai gagné deux autres. — Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître.” Celui qui avait reçu un seul talent s’avança ensuite et dit: “Seigneur, je savais que tu es un homme dur: tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.” Son maître lui répliqua: “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent, et donnez-le à celui qui en a dix.

Car celui qui a recevra encore, et il sera dans l’abondance. Mais celui qui n’a rien se fera enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dehors dans les ténèbres; là il y aura des pleurs et des grincements de dents!” »

Méditation

Un homme, avant de partir pour un voyage, confie à ses serviteurs des talents qui, à cette époque, étaient des monnaies d'une valeur considérables. Le serviteur qui en a reçu un cache la monnaie de son maître. Il a peur de lui.
La peur immobilise et fait souvent accomplir de mauvais choix. Elle décourage de prendre des initiatives, pousse à se réfugier dans des solutions sûres, et on finit par ne rien réaliser de bon. Pour avancer et grandir sur le chemin de la vie, il ne faut pas avoir peur, il faut avoir confiance.

Cette parabole nous fait comprendre qu'il est important d'avoir une idée vraie de Dieu. Nous ne devons pas penser qu'il est un maître dur et sévère qui veut nous punir.  Si nous avons cette image erronée de Dieu, notre vie ne pourra pas être féconde, parce que nous vivrons dans la peur et elle ne nous mènera à tien de constructif ; au contraire la peur nous paralyse, nous autodétruit.
Or Jésus nous a montré que Dieu est un père plein d'amour, de tendresse, de bonté. Aussi, pouvons-nous et devons-nous avoir une immense confiance en Lui.

Pape François.

Samedi 14 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (18, 1-8)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager : « Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : “Rends-moi justice contre mon adversaire.” Longtemps il refusa ; puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” »
Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice ! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Méditation : Seigneur, je veux ce que tu veux

« Priez sans cesse » (1 Thessaloniciens 5, 17). Rappelant ce précepte, Clément d'Alexandrie dit : « Il nous est commandé de louer et d'honorer Jésus et le Père, non pas en des jours choisis, mais constamment tout au long de notre vie, et de toutes les façons possibles ». Au milieu des occupations de la journée, à l'instant de vaincre la tendance à l'égoïsme, lorsque nous éprouvons la joie de l'amitié envers les autres, le chrétien doit retrouver Dieu. Par le Christ et dans l'Esprit Saint, il accède à l'intimité du Père et il parcourt son chemin en cherchant ce royaume qui, bien que n'étant pas de ce monde, se prépare et commence dans ce monde.
Il faut fréquenter le Christ dans la Parole et dans l'Eucharistie, et dans la prière. Et le fréquenter comme on fréquente un ami, un être réel et vivant comme l'est le Christ, puisqu'il est ressuscité. Le Ressuscité est l'Ami. Un compagnon qui ne se laisse voir que dans la pénombre, mais dont la réalité remplit toute notre vie et nous fait désirer sa compagnie définitive.

Saint Josémaria Escriva de Balaguer (1902_1975), prêtre, fondateur.

Vendredi 13 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (17, 26-37)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme cela s’est passé dans les jours de Noé, ainsi en sera-t-il dans les jours du Fils de l’homme. On mangeait, on buvait, on prenait femme, on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche et où survint le déluge qui les fit tous périr. Il en était de même dans les jours de Loth : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ; mais le jour où Loth sortit de Sodome, du ciel tomba une pluie de feu et de soufre qui les fit tous périr ; cela se passera de la même manière le jour où le Fils de l’homme se révélera.
En ce jour-là, celui qui sera sur sa terrasse, et aura ses affaires dans sa maison, qu’il ne descende pas pour les emporter ; et de même celui qui sera dans son champ, qu’il ne retourne pas en arrière. Rappelez-vous la femme de Loth.
Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera. Je vous le dis : Cette nuit-là, deux personnes seront dans le même lit : l’une sera prise, l’autre laissée. Deux femmes seront ensemble en train de moudre du grain : l’une sera prise, l’autre laissée. » […]
Prenant alors la parole, les disciples lui demandèrent : « Où donc, Seigneur ? » Il leur répondit : « Là où sera le corps, là aussi se rassembleront les vautours. »

Méditation : parle, Seigneur, j'écoute !

L’Écriture ne cesse de nous éveiller : « L'heure est venue de sortir du sommeil » (Romains 13, 11). Ouvrons les yeux à la lumière divine. Écoutons d'une oreille attentive la voix de Dieu, qui chaque jour nous presse : « Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas votre cœur. » (Psaume 94, 7-8). Et encore : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il écoute ce que l'esprit dit aux Églises » (Apocalypse 2, 7). Et que dit-il : « Venez, écoutez-moi, je vous enseignerai la crainte du Seigneur ? » (Psaume 33, 12). Et encore : « Quel est l'homme qui aime la vie et désire voir des jours heureux ? » (Psaume 33,13). Si tu réponds « Moi », Dieu te dit : « Veux-tu avoir la vraie vie, l'éternelle ? » Alors, « garde ta langue du mal et tes lèvres des paroles trompeuses ; détourne-toi du mal et fais le bien, cherche la paix et poursuis-la » (Psaume 33, 14-15). Quand vous aurez fait cela, je poserai les yeux sur vous et prêterai l'oreille à vos prières et, avant même que vous ne m'appeliez, je vous dirai : « Me voici » (Isaïe 58, 9)

D'après saint Benoît (480-547) moine, fondateur, copatron de l'Europe.

Jeudi 12 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (17, 20-25)

En ce temps-là, comme les pharisiens demandaient à Jésus quand viendrait le règne de Dieu, il prit la parole et dit : « La venue du règne de Dieu n’est pas observable. On ne dira pas : “Voilà, il est ici !” ou bien : “Il est là !” En effet, voici que le règne de Dieu est au milieu de vous. »
Puis il dit aux disciples : « Des jours viendront où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez pas. On vous dira : “Voilà, il est là-bas !” ou bien : “Voici, il est ici !” N’y allez pas, n’y courez pas. En effet, comme l’éclair qui jaillit illumine l’horizon d’un bout à l’autre, ainsi le Fils de l’homme, quand son jour sera là. Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération. »

Méditation : que ton règne vienne !

« Le règne de Dieu vient sans qu'on sans qu'on puisse le remarquer. On ne dira pas : “Le voilà, il est ici !” ou bien : “Il est là !” Car voilà que le règne de Dieu est au-dedans de vous. » En ce cas, celui qui prie pour que vienne le règne de Dieu a raison de prier pour que ce règne de Dieu germe, porte du fruit et s'accomplisse en lui-même.
Chez tous les saints en lesquels Dieu règne, il habite comme dans une cité bien organisée, selon sa parole : « Nous viendrons chez lui » ((Jean 14, 23) Le règne de Dieu qui est en nous, alors que nous progressons toujours, parviendra à sa perfection lorsque la parole de l'apôtre Paul s'accomplira : le Christ « après avoir soumis » tous ses ennemis, « remettra son pouvoir royal à Dieu le Père pour que Dieu soit tout en tous » (1 Corinthiens 15, 28). C'est pourquoi, priant sans relâche, disons : « Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne » (Matthieu 6, 9)

D'après Origène (v. 185-253), prêtre et théologien.

Mercredi 11 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (17, 11-19)

En ce temps-là, Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la région située entre la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »
À cette vue, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés.
L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain. Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ? Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »
Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

Méditation : avive ma foi !

« En route, ils furent purifiés » Il est facile au Seigneur de remettre les péchés. Souvent, le pécheur est pardonné avant de venir trouver le prêtre. Il est guéri à l'instant même où il se repent. En effet, quel que soit le moment où il se convertit, il passe de la mort à la vie. Qu'il se rappelle cependant de quelle conversion il s'agit : « Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements » (Joël 2, 12) Toute conversion doit donc s'opérer dans le cœur.
« L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. » Cet homme représente tous ceux qui ont été purifiés dans l'eau du baptême ou guéris par le sacrement de pénitence. Ils imitent le Christ, marchent à sa suite en le glorifiant et en lui rendant grâce, et ils n'abandonnent pas son service.
« Jésus lui dit : "Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé." » Grande est la puissance de la foi. C'est la foi qui sauve, qui justifie, qui guérit l'homme dans son âme et dans son corps.

D'après saint Bruno de Segni (v. 1045-1123), évêque

Mardi 10 novembre 

Évangile de Jésus Christ selon Saint Luc (17, 7-10)

En ce temps-là, Jésus disait : « Lequel d’entre vous, quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes, lui dira à son retour des champs : “Viens vite prendre place à table” ?
Ne lui dira-t-il pas plutôt : “Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive. Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour” ?
Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ?
De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : “Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir.” »

Méditation : rends mon cœur doux et humble

Sois toujours fidèle dans les petites choses, car en elles réside notre force. Pour Dieu, rien n'est petit. Il n'entend rien diminuer. Pour lui, toutes les choses sont infinies. Pratique la fidélité dans les choses les plus minimes, non pour leur vertu propre, mais en raison de la volonté de Dieu.
Ne recherche pas des actions spectaculaires. Nous devons délibérément renoncer à tout désir de contempler le fruit de notre labeur, accomplir seulement ce que nous pouvons, du mieux que nous le pouvons, et laisser le reste entre les mains de Dieu.
Ce qui importe, c'est le don de toi-même, le degré d'amour que tu mets dans chacune de tes actions. Ne t'autorise pas le découragement face à un échec, dès lors que tu as fait de ton mieux. Refuse aussi la gloire lorsque tu réussis. Rends tout à Dieu avec la plus profonde gratitude. Ne te préoccupe pas plus de ce que pensent les gens. Sois humble et rien ne te dérangera jamais.

Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des Sœurs missionnaires de la charité.

♦ Lundi 9 novembre : dédicace de la basilique du Latran

Évangile de Jésus Christ selon Saint Jean (2, 13-22)

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem.
Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. » Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : "L’amour de ta maison fera mon tourment."
Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

Méditation : que je sois une demeure accueillante !

La dédicace que nous commémorons aujourd'hui concerne, en réalité, trois maison.
La première est le sanctuaire matériel. Il faut certes prier en tout lieu et il n'y a vraiment aucun lieu où l'on ne puisse prier. Pourtant, il est très convenable d'avoir consacré à Dieu un lieu particulier où nous tous, chrétiens qui formons cette communauté, puissions nous réunir, louer et prier Dieu ensemble, et obtenir ainsi plus facilement ce que nous demandons, grâce à cette prière commune.
La deuxième maison de Dieu, c'est le peuple, la sainte communauté qui trouve son unité dans cette église. C'est la demeure spirituelle de Dieu dont notre Église est le signe. Elle est formée des élus de Dieu passés, présents et futurs, rassemblés par l'unité de la foi et de la charité.
La troisième maison de Dieu est toute âme sainte vouée à Dieu, consacrée à lui par le baptême, devenue le temple de l'Esprit Saint et la demeure de Dieu. Lorsque tu célèbres la dédicace de cette troisième maison, tu te souviens de la faveur que tu as reçue de Dieu quand il t'a choisi pour venir habiter en toi par sa grâce.

D'après Lansperge le Chartreux (1489-1539), théologien.

♦ Dimanche 8 novembre

Évangile de Jésus Christ selon Saint Matthieu (25, 1-13)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : ‘Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.’ Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : ‘Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.’ Les prévoyantes leur répondirent : ‘Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.’
Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : ‘Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !’ Il leur répondit : ‘Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.’ Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Méditation :

Par cette parabole, Jésus nous dit que veiller ne signifie pas seulement ne pas dormir, mais être préparés : en effet, toutes les vierges dorment avant l'arrivée de l'époux, mais au réveil, certaines sont prêtes et d'autres non.
Être sages et prudents signifie qu'il ne suffit pas d'attendre le dernier moment de notre vie pour collaborer avec la grâce de Dieu, mais de le faire dès à présent [...] Se préparer comme si c'était le dernier jour : cela fait du bien. La lampe est le symbole de la foi qui éclaire notre vie, alors que l'huile est le symbole de la charité qui nourrit, rend féconde et crédible la lumière de la foi. La condition pour être prêts à la rencontre avec le Seigneur n'est pas seulement la foi, mais une vie riche en amour. [...]
Si nous sommes vigilants et que nous cherchons à faire le bien, à travers des gestes d'amour, de partage, de service au prochain en difficulté, le Seigneur pourra venir à n'importe quel moment et, pas même le sommeil de la mort ne nous effraye, parce que nous avons une réserve d'huile, accumulée pr les bonnes œuvres de chaque jour.
La foi inspire la charité et la charité conserve la foi.

D'après le pape François

♦ Samedi 7 novembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (16, 9-15)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande.
Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ? Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ?

Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »
Quand ils entendaient tout cela, les pharisiens, eux qui aimaient l’argent, tournaient Jésus en dérision. Il leur dit alors : « Vous, vous êtes de ceux qui se font passer pour justes aux yeux des gens, mais Dieu connaît vos cœurs ; en effet, ce qui est prestigieux pour les gens est une chose abominable aux yeux de Dieu. »

Méditation : Que mes action reflètent ton amour pour moi

Celui qui regarde sa fortune, son or et son argent, ses maisons comme des dons de Dieu, celui-là témoigne à Dieu sa reconnaissance en venant en aide aux pauvres avec ses biens. Il sait qu'il les possède plus pour ses frères que pour lui-même. Il reste maître de ses richesses au lieu d'en devenir esclave ; il ne les enferme pas en son âme pas plus qu'il enserre sa vie en elles, mais il poursuit sans se lasser une œuvre toute divine. Et, si un jour sa fortune vient à disparaître, il accepte sa ruine d'un cœur libre.
Cet homme-là, Dieu le déclare « Bienheureux » ; il l'appelle « Pauvre en esprit », héritier assuré du Royaume des cieux. (Matthieu 5, 3)

Saint Clément d'Alexandrie (150-v. 215), théologien.

♦ Vendredi 6 novembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (16, 1-8)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens.
Il le convoqua et lui dit : “Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.” Le gérant se dit en lui-même : “Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.”
Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : “Combien dois-tu à mon maître ?” Il répondit : “Cent barils d’huile.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.”
Puis il demanda à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?” Il répondit : “Cent sacs de blé.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu, écris quatre-vingts.”
Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. »

Méditation : Rends-moi habile à faire le bien !

Considère, home, celui qui t'a comblé de ses dons. Réfléchis sur toi-même. Rappelle-toi qui tu es, quelles affaires tu conduis, qui te les a confiées, pour quelle raison tu as été préféré à beaucoup.
Tu es le serviteur du Dieu bon ; tu as la charge de tes compagnons de service.
Ne crois pas que tous ces biens sont destinés à ton ventre. Dispose des biens que tu as entre les mains comme s'ils appartenaient à autrui ; ils te donneront du plaisir pendant quelques temps, puis s'évanouiront et disparaitrons. Mais il t'en sera demandé un compte détaillé.
« Que vais-je faire ? » La réponse était simple : « Je rassasierai les affamés ; j'ouvrirai mes greniers et j'inviterai les pauvres... Vous tous qui manquaient de pain, venez à moi. Que chacun prenne une part suffisante des dons que Dieu m'a accordés. Venez y puiser comme à la fontaine publique. »

Saint Basile (v. 330-379) moine et évêque de Césarée en Cappadoce, docteur de l’Église.

♦ Jeudi 5 novembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (15, 1-10)

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole :
Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux, et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !”
Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. »
Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ? Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !”
Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

Méditation : Tu es le Bon Pasteur

La véritable nouveauté du Nouveau Testament ne consiste pas en des idées nouvelles, mais dans la figure même du Christ, qui donne chair et sang aux concepts - un réalisme inouï. [...] Quand Jésus, dans ses paraboles, parle du pasteur qui va à la recherche de la brebis perdue, de la femme qui cherche la drachme, du père qui va au-devant du fils prodigue et qui l'embrasse, il ne s'agit pas seulement de paroles, mais de l'explication de son être même et de son agir.
Dans sa mort sur la croix s'accomplit le retournement de Dieu contre lui-m^rmr, dans lequel il se donne pour relever l'homme et le sauver - tel un amour dans sa forme la plus radicale. Le regard tourné vers le côté ouvert du Christ, dont parle l'évangéliste Jean (19, 37), comprend [...] « Dieu est amour » (1 Jean 4, 8). C'est là que cette vérité peut être contemplée. Et, partant d là, on doit maintenant définir ce qu'est l'amour. A partir de ce regard, le chrétien trouve la route pour vivre et pour aimer.

Benoît XVI, pape de 2005 à 2013

♦ Mercredi 4 novembre 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (14, 25-33)

En ce temps-là, de grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple.
Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever, tous ceux qui le verront vont se moquer de lui : “Voilà un homme qui a commencé à bâtir et n’a pas été capable d’achever !”
Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander les conditions de paix.
Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »

Méditation : Si je n'ai pas la charité, je ne suis rien.

« Quand je distribuerais tout mes biens pour la nourriture des pauvres et livrerais mon corps aux flammes, si je n'ai pas la charité, cela ne me sert à rien » (1 Corinthiens 13, 3)
Preuve évidente que l'on ne touche pas tout d'un coup à la perfection par le seul renoncement à toute richesse et le mépris des honneurs, si l'on n'y joint pas cette charité dont l'Apôtre décrit les divers aspects.
Or elle n'est que dans la pureté du cœur. Car rejeter l'envie, l'enflure, la colère et la frivolité, ne pas chercher son propre intérêt, ne pas prendre plaisir à l'injustice, et le reste (1 Corinthiens 13, 4-5) : qu'est-ce que d'autre que d'offrir continuellement à Dieu un cœur parfait et très pur, et le garder indemne de tout mouvement de passion. La pureté du cœur sera donc le terme unique de nos actions et de nos désirs.

Saint Jean Cassien (v. 360-435), fondateur d'une abbaye à Marseille.

Mot de notre pape François lors de l'audience générale d’aujourd’hui
suivie d'une catéchèse sur la prière
(voir ci-dessous dans "Témoignages")

Introduction à la catéchèse :

Chers frères et sœurs, bonjour!

Nous avons malheureusement dû revenir à cette audience dans la bibliothèque, pour nous défendre des contagions du Covid. Cela nous enseigne également que nous devons être très attentifs aux prescriptions des autorités, que ce soient les autorités politiques ou les autorités sanitaires, pour nous défendre de cette pandémie. Offrons au Seigneur cette distance entre nous, pour le bien de tous et pensons, pensons beaucoup aux malades, à ceux qui entrent dans les hôpitaux déjà comme mis au rebut, pensons aux médecins, aux infirmiers, aux infirmières, aux bénévoles, aux nombreuses personnes qui travaillent avec les malades en ce moment : elles risquent leur vie, mais elles le font par amour de leur prochain, comme une vocation. Prions pour eux.

♦ Mardi 3 novembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (14, 15-24)

En ce temps-là, au cours du repas chez un chef des pharisiens, en entendant parler Jésus, un des convives lui dit : « Heureux celui qui participera au repas dans le royaume de Dieu ! »
Jésus lui dit : « Un homme donnait un grand dîner, et il avait invité beaucoup de monde.
À l’heure du dîner, il envoya son serviteur dire aux invités : “Venez, tout est prêt.”
Mais ils se mirent tous, unanimement, à s’excuser. Le premier lui dit : “J’ai acheté un champ, et je suis obligé d’aller le voir ; je t’en prie, excuse-moi.”
Un autre dit : “J’ai acheté cinq paires de bœufs, et je pars les essayer ; je t’en prie, excuse-moi.”
Un troisième dit : “Je viens de me marier, et c’est pourquoi je ne peux pas venir.”
De retour, le serviteur rapporta ces paroles à son maître. Alors, pris de colère, le maître de maison dit à son serviteur : “Dépêche-toi d’aller sur les places et dans les rues de la ville ; les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux, amène-les ici.”
Le serviteur revint lui dire : “Maître, ce que tu as ordonné est exécuté, et il reste encore de la place.”
Le maître dit alors au serviteur : “Va sur les routes et dans les sentiers, et fais entrer les gens de force, afin que ma maison soit remplie.
Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon dîner.” »

Méditation : Sauve-nous !

L'initiative de Dieu est toujours gratuite : pour aller à ce banquet, que doit-on payer ? Le billet d'entrée est d'être malade, pauvre, pécheur, être dans le besoin, aussi bien du corps que de l'âme, besoin de soin, de guérison, d'amour.
L'attitude de Dieu est toujours gratuite : pour sauver, Dieu ne fait rien payer, c'est gratuit. Et elle est universelle : « Dépêche-toi d’aller sur les places et dans les rues de la ville ; les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux, amène-les ici. », car la gratuité de Dieu n'a pas de limites.
Et le Salut est un don de Dieu auquel on répond par un autre don, le don de son cœur ; Le Seigneur ne demande rien en échange : seulement amour, fidélité, comme Lui est amour et fidèle. Parce que le Salut ne s'achète pas, on rentre simplement au banquet. C'est le Salut.
Il faut tourner son regard vers le maître de maison qui est tellement plein d'amour que, dans sa gratuité, il veut remplir sa maison. Et ainsi, nous demandons au Seigneur qu'il nous sauve du risque de perdre la capacité de nous sentir aimés.

D'après le pape François