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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

 

 Vivre le temps de l'Avent

(à lire ou écouter ou voir)
Excusez-moi si un jour j'ai un peu de retard...

Quatrième semaine

Qu’il grandisse en nous, le Sauveur qui nous apporte le Salut et la paix !
Depuis deux semaines, nous cheminons ensemble vers Noël avec plus de 100.000 retraitants ! Nous sommes 5.000 de plus que l’an passé !
L’office des laudes, chanté par les frères dominicains du couvent de Lille, accompagne notre prière chaque matin.

1ère semaine : le frère François-Dominique nous a aidés à méditer sur la paix que l’Enfant-Dieu veut apporter dans nos familles.
2ème semaine : la sœur Marie-Emmanuelle a partagé avec humour et tendresse le fruit de sa prière pour la paix dans nos communautés chrétiennes, nos paroisses, nos associations. Vous avez été très nombreux à nous dire le bénéfice spirituel que vous avez reçu de ces deux semaines de méditations.

3ème semaine : le frère Youssef, avec son tonus oriental, nous a aidé à discerner la paix à l’œuvre dans le monde comme un ferment. Le frère Youssef El Kosseifi a 48 ans, il est d'origine libanaise et vit au couvent de Poitiers depuis 2014. Il accompagne la communauté arabophone du Poitou et la fraternité laïque dominicaine du Limousin : « L'enfant de la crèche peut établir un règne de paix, j'y crois ! »

Cette semaine, le frère Bruno Cadoré nous dit : « Découvrons le mystère de la confiance pour trouver la paix du coeur »
Il a été successivement père Maître des étudiants dominicains, prieur du couvent de Lille, provincial en France ; il a été élu Maître de l'Ordre, c'est-à-dire supérieur général de tous les dominicains du monde et le 88ème successeur de Saint Dominique. Il est docteur en médecine, il a dirigé le Centre d'Ethique Médicale de l'Institut Catholique de Lille.

Avec Chœur dans la ville, nous avons prié dans l’attente et dans l’action de grâce, Nous les avons  retrouvés avec la louange universelle et les voici cette semaine avec Marie : « Réjouis-toi ! »

La Vierge-Marie est enceinte. Elle marche en s’appuyant sur Joseph à travers les routes de Galilée : il faut arriver à Bethléem ! Malgré la fatigue, elle est pleine de joie et de confiance. Elle va dans quelques jours nous offrir le Prince de la Paix. 
L’Eglise chante depuis des siècles cet hommage à Marie, figure de l’Eglise, figure de l’amour simple, figure du don de soi généreux.
L’hymne acathiste est une ancienne louange byzantine, qu’on chante debout en hommage à la Mère de Dieu («acathiste» veut dire «debout» en grec). C’est une inépuisable litanie des dons que nous avons reçu par Marie : « Réjouis-toi, Marie, rayonnement de joie, tu nous donnes le Prince de la paix ! »
N’hésitons pas à chanter cette louange avec Chœur dans la ville. Osons même la compléter à notre manière, comme notre prière personnelle : « Réjouis-toi, toi qui me donnes l’exemple du courage ! Réjouis-toi, toi qui es mon amie dans la solitude ! Réjouis-toi, tu m’apprends le chemin de la paix ! Réjouis-toi, consolation des malades ! »….

Merci aux choristes de Chœur dans la ville de nous inviter à prier la Vierge-Marie, notre mère et notre sœur. 
Bien fraternellement, frère Philippe Verdin

♦ Jeudi 24 décembre

« Est-ce toi qui me construira une maison pour que j'y habite ? »
Evangile selon saint Luc (10, 5)

Méditation

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Cette question à David n’est pas un reproche de Dieu à un roi trop prétentieux. Elle est plutôt, une fois encore, la promesse que Dieu veut établir dans le cœur de David une paix que nul ne pourra lui enlever. Quelle est donc cette paix ?

C’est la paix de celui qui, humblement, écoute Dieu lui dire qu’Il le connaît. Dieu sait qui est David. Il était avec lui lorsqu’il était un jeune berger. Il connaît ses victoires puisqu’Il y a contribué. Il sait aussi de quelle faute David sera capable. C’est à ce David-là, jeune, libre et audacieux, mais aussi infidèle, traître et orgueilleux, que Dieu veut faire entendre sa promesse. Il y a plus précieux encore qu’un temple pour l’arche d’Alliance : c’est le peuple lui-même que Dieu a choisi pour en faire sa demeure et habiter parmi les hommes. Et, de ce peuple, Dieu veut faire le signe de sa promesse de vie aux hommes.

Telle est la mission de l’Église, c’est-à-dire de chacune de nos communautés de foi. Être signe que jamais Dieu ne réduit quiconque à ses fautes. Qu’Il pardonne et ne cesse de donner ainsi à nouveau la force de vivre avec Lui. Qu’ainsi Il édifie un peuple de frères, Corps vivant du Christ. Cette nuit, nous chanterons qu’un enfant nous est né. Il est Prince de la paix, car Il est l’avènement de la miséricorde en nous et entre nous. Avec Lui, chacun de nous advient au monde, naît à nouveau, découvre des frères. Et ce peuple de frères est signe de la joie de la paix.

Prier l'office

Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Raphaël de Bouillé nous invite à réfléchir sur la fraternité.

♦ Mercredi 23 décembre

« Lorsque vous entrerez dans une maison,
dites "Paix à cette maison »

Evangile selon saint Luc (10, 5)

Méditation

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La paix proposée au chrétien n’est pas un sanctuaire intime bien protégé à l’abri duquel il se tiendrait à l’écart du monde. C’est la paix d’un Dieu qui prend le risque de se quitter lui-même pour venir dans le monde y annoncer la paix.

Mais ne faut-il pas avoir en soi trouvé la paix avant de partir l’annoncer aux autres ? Tel est justement le renversement que Jésus vient opérer. La paix en nous-mêmes, nous la recevons de la confiance que le Seigneur ne cesse de mettre en nous  : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ! Allez, et soyez mes disciples ! »* Il connaît nos limites, nos ignorances, nos fragilités. Mais Il sait aussi le désir de nos cœurs qui veulent partager avec d’autres le trésor de l’amitié avec Lui. C’est pour cela qu’Il nous envoie. Plus encore, Il sait que les rencontres feront jaillir en nos propres cœurs la joie de voir se lever de nouveaux amis de Dieu, de voir pousser les germes de réconciliation, s’épanouir la fraternité. La joie de faire confiance au monde pour qu’il devienne un monde ami de Dieu. Et cette joie sera notre paix.

Comprenons bien. Il ne s’agit pas de taire notre désir que s’établisse en nos cœurs la paix de Dieu. Mais bien plutôt de découvrir le chemin le plus sûr qui y conduit : à sa suite, vivre pour que le monde ait la paix !

* Évangile selon saint Jean ch. 14 v. 27

Prier l'office

Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Emmanuel Dumont nous invite à réfléchir sur la Paix.

♦ Mardi 22 décembre

« Je ferai ma demeure au-dessus d'eux,
Je serai leur Dieu et ils seront mon peuple »

Livre d’Ézéchiel 37, 26

Méditation

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Méditation

La paix du cœur est-elle au bout d’un long fleuve tranquille, une escale finale qui mettrait fin à nos incertitudes, nos doutes, nos insatisfactions, nos dispersions et nos fébrilités de nous affirmer et d’être reconnus ?
La paix du cœur qui fait chanter Marie est plutôt la joie des commencements. Commencements d’un temps nouveau quand Dieu, accomplissant sa promesse, vient renverser le cours du monde : « Il renverse les puissants de leurs trônes, Il élève les humbles, Il comble de bien les affamés et renvoie les riches les mains vides. »* Mais alors, est-il possible de trouver une quelconque paix intérieure si la venue de Dieu bouleverse à ce point ce que nous pensions être nos sécurités, fussent-elles minimes et précaires ?

Oui, c’est possible parce que quand Dieu vient établir sa demeure parmi nous, c’est pour nous faire découvrir et goûter une assurance bien plus forte et solide que ce que nous pouvons bâtir nous-mêmes. Des épées qui divisent, Il fait des socs qui travaillent la terre et la rendent féconde, des lances qui tuent, Il fait des serpes qui moissonnent, des déserts, Il fait surgir des pâturages. Commencement d’une nouvelle vie, dans le monde et dans notre propre histoire.

L’aventure avec Dieu parmi nous n’est pas tranquille, elle est féconde. Dieu fait confiance à chacun pour faire, avec Lui, toute chose nouvelle. De cette confiance de Dieu à notre égard vient notre paix. Alors, tout peut commencer !

*Évangile selon saint Luc ch. 1, v. 52-53

Prier l'office

Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Yves Habert nous invite à faire silence pour laisser Dieu agir en nous.

♦ Lundi 21 décembre

« Qui nous fera voir le bonheur , »
Psaume 4, 7

Méditation

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Une nuit de Noël, alors qu’après la messe du couvent nous étions tous réunis dans la joie, un enfant avait disparu. Vous imaginez la panique ! Finalement, on le retrouve paisiblement installé dans la pénombre de l’église, devant la crèche. Aussi tranquille que Marie et Joseph qui veillaient sur l’enfant !

Nous rêvons tous à cette paix intérieure qui ferait tenir bon face à l’adversité. Nous cherchons cette paix promise par Dieu, mais bien souvent nos cœurs sont agités, nos vies dispersées. Il faut dire que la vie n’est pas toujours facile. Inquiétudes pour la santé, le travail et parfois même la vie quotidienne en ce contexte de pandémie, souci pour l’avenir des enfants et des jeunes, tensions dans les relations professionnelles, amicales ou familiales, perte de confiance en nous-mêmes après trop de difficultés ou d’échecs traversés. Nous ressentons le besoin de rejoindre ce lieu au profond de notre cœur où nous serons en vérité avec nous-mêmes, en paix avec les autres, en paix avec Dieu. Mais est-ce possible ?
« Qui nous fera voir un tel bonheur ? »* Y a-t-il une méthode, des maîtres, des sagesses qui, enfin, répondraient à nos rêves de reconnaissance, de plénitude, d’accomplissement ?

« Mon âme exalte le Seigneur et mon esprit tressaille de joie en Dieu mon Sauveur ! »**, chante Marie. Voilà son secret ! La paix du cœur est du côté de la joie ! Pas une joie exubérante, naïve ou béate qui ferait semblant d’ignorer les duretés de la vie et serait un feu de paille. Plutôt la joie simple de qui découvre des signes, même modestes, de la fidélité de Dieu qui marche à nos côtés et, pas à pas, accomplit sa promesse.

La paix intérieure ne se gagne pas au prix d’efforts ou de méthodes. Elle est sœur de cette joie qui surgit quand on découvre que Dieu nous appelle à le rejoindre pour accomplir sa promesse. Une telle joie se reçoit, comme on reçoit l’ami qui se tient avec nous, en temps calme ou bien houleux, dans les moments de joie comme en ceux de peine, dans les réussites autant que les échecs. Ainsi, Dieu vient à nous : son amitié confiante et fidèle est notre paix parce qu’elle met nos cœurs en joie.

* Psaume 4, 7
** Évangile selon saint Luc ch. 1, v. 46-47

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Nicolas Burle nous invite à réfléchir sur la joie, comment la transmettre et à qui...

♦ Dimanche 20 décembre

« Qu'il m'advienne selon ta Parole »
Évangile selon Saint Luc (1, 38)

Méditation

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Il y a quelques années, à cette même période de l’avent, j’ai visité à Fastov en Ukraine, le centre Saint-Martin de Porrès. C’est un lieu d’accueil d’enfants des rues, défavorisés, ou aujourd’hui victimes du conflit dans le pays. Je me souviens du bonheur de ces enfants qui préparaient la crèche, la dessinaient ou la mimaient. C’était magnifique et je me disais, bouleversé par leur joie : au fond, la crèche est là ! Le roi David voulait bâtir un temple magnifique, digne d’abriter l’arche de l’Alliance. La crèche, plus humblement, ose dire que Dieu est « à la maison » chez nous. Dans ce foyer, Dieu disait : pas besoin de me bâtir un temple ! Dans la maison de ces enfants, je suis chez moi !
Et l’ange apparut à Marie, chez elle. Au début, elle est troublée en écoutant l’étrange message qui résonne dans son humble demeure. « Le Seigneur est avec toi »*, dit l’ange. Elle, cette toute simple jeune fille de Galilée, inconnue de tous, promise à Joseph, mais pas même encore mariée, voilà que Dieu s’approche d’elle et l’embarque dans une aventure qui la dépasse. Aventure de l’Esprit saint, dit l’ange. De la modestie de ta maison, Dieu fera le cœur de sa vie avec les hommes. N’est-ce pas ce qu’Il veut faire de chacune de nos maisons, et que nous rappelons en y installant une crèche ?

Marie ne cherche pas à comprendre davantage. Revient sans doute à sa mémoire la promesse de Dieu : « Je veux établir ma demeure parmi les hommes pour les rassembler tous en un seul peuple, à commencer par les plus humbles et les plus oubliés. »** Comment cela va-t-il se faire ? Dieu sait mieux qu’elle ce qui donne vie au monde.
Alors, le trouble qui l’avait saisie fait place à la sérénité confiante : « Qu’il me soit fait selon ta parole. »*** Paix du cœur qui écoute la Parole, confiance du cœur qui comprend que Dieu l’appelle à prendre part à son projet de bonheur pour le monde. Croire à la promesse que l’enfant vient accomplir en donnant au monde une paix, une vie, plus grandes encore que ce que nous n’oserions espérer. N’est-ce pas le sens de la crèche au cœur de nos maisons ? Avez-vous déjà commencé à préparer la crèche ?

* Évangile selon saint Luc ch. 1, v. 28
** Livre d'Isaïe ch. 56, v. 8
*** Évangile selon saint Luc ch. 1, v. 28
**** Illustration : les enfants du centre de San Martin de Porres à Fastiv

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Raphaël de Bouillé nous invite à réflêchir sur le rôle de PARRAIN.

Troisième semaine

Qu’il grandisse en nous, le Sauveur qui nous apporte le Salut et la paix !
Depuis deux semaines, nous cheminons ensemble vers Noël avec plus de 100.000 retraitants ! Nous sommes 5.000 de plus que l’an passé !
L’office des laudes, chanté par les frères dominicains du couvent de Lille, accompagne notre prière chaque matin.
1ère semaine : le frère François-Dominique nous a aidés à méditer sur la paix que l’Enfant-Dieu veut apporter dans nos familles.
2ème semaine : la sœur Marie-Emmanuelle a partagé avec humour et tendresse le fruit de sa prière pour la paix dans nos communautés chrétiennes, nos paroisses, nos associations. Vous avez été très nombreux à nous dire le bénéfice spirituel que vous avez reçu de ces deux semaines de méditations.

Cette semaine, c’est le frère Youssef, avec son tonus oriental, qui nous aidera à discerner la paix à l’œuvre dans le monde comme un ferment. Le frère Youssef El Kosseifi a 48 ans, il est d'origine libanaise et vit au couvent de Poitiers depuis 2014. Il accompagne la communauté arabophone du Poitou et la fraternité laïque dominicaine du Limousin : « L'enfant de la crèche peut établir un règne de paix, j'y crois ! »

Avec Chœur dans la ville, nous avons prié dans l’attente et dans l’action de grâce. Nous les retrouvons cette semaine avec la louange universelle : « Qu’exulte la terre ! »

Il n’y a pas de louange plus appropriée pour vivre cette troisième semaine de l’avent : « Qu’exulte la terre ! »
Cette hymne entretient la joie calme et confiante qui suit le dimanche de gaudete, le dimanche de la joie !
« Joie au ciel, qu’exulte la terre ! La campagne tout entière est en fête. Les arbres des forêts dansent de joie devant la face du Seigneur, car il vient ! » raconte le psaume 95. C’est ce que disent les anges aux bergers de Bethléem. C’est ce que les choristes de Choeur dans la ville nous invite à chanter, à danser avec eux, avec les arbres majestueux du parc qui entoure le couvent des dominicains de Lille !

En écoutant ce chant, laissons monter de notre cœur cette acclamation tendre et simple. Toute la journée, murmurons cet air et ces paroles. La joie et la paix sont offerts ensemble par l’Esprit Saint : « Soyez dans la joie : que le Dieu de la paix vous sanctifie tout entiers ! » dit saint Paul.
Merci à Chœur dans la ville d’avoir si bien traduit l’espérance qui grandit dans notre vie : il vient, le prince de la paix ! Il veut établir sa paix dans ma vie.

Bien fraternellement, frère Philippe Verdin

♦ Samedi 19 décembre

« Le pouvoir de l'Enfant-Jésus, c'est le pouvoir de l'amour »
Pape François (25 décembre 2016)

David Macaire est archevêque de Fort-de-France. En métropole comme en Martinique, il a beaucoup accompagné de jeunes. Il nous montre comment le mystère d’innocence et d’émerveillement caractéristique de la petite enfance peut nous faire comprendre la grâce de la paix que l’enfant Jésus dans la crèche peut offrir aux bergers et aux mages.
Car il y a un mystère de l’enfance dans sa fraicheur joyeuse. Il y a un mystère de la naissance qui désarme les plus bourrus, il y un une grâce de renouvellement universelle pour chaque naissance, surtout quand c’est Dieu qui commence une nouvelle aventure avec l’homme.
C’est ce que devinait la philosophe juive Hannah Arendt : "Le miracle qui sauve le monde, le domaine des affaires humaines, de la ruine normale, « naturelle », c’est la naissance d’hommes nouveaux, le fait qu’ils commencent à nouveau l’action dont ils sont capables par droit de naissance. Seul ce miracle peut octroyer aux affaires humaines la foi et l’espérance. C’est cette espérance et cette foi dans le monde qui ont trouvé sans doute leur expression la plus succincte, la plus glorieuse dans la petite phrase des Evangiles annonçant leur « bonne nouvelle » : « Un enfant nous est né »".*

Le fr. David nous invite à nous laisser désarmer par l’enfant de la crèche, le Prince de la Paix, Dieu avec nous.

*Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne

♦ Vendredi 18 décembre

 

« Gloire à Dieu et Paix sur la terre »
Évangile selon Saint Luc (2, 14)

Méditation

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Les guerres naissent dans l’esprit de quelques personnes en quête de gloire : volonté de puissance, envie de prestige, ambition de conquête… Le prétexte des guerres est territorial, économique, nationaliste, religieux. Mais depuis un siècle, un autre enjeu s’invite sur le terrain : l’idéologie, comme source et fin des conflits entre les peuples.
L’idéologie est la réalisation du système de pensée d’un petit nombre. Elle s’érige en pouvoir sans limites. Elle cherche à séduire et à endoctriner. Elle vise à transformer radicalement. Elle ne se contente pas de soumission extérieure, mais impose une adhésion intérieure absolue. Le terrorisme est un exemple de cette guerre idéologique. L’homme y est tenu pour rien.
Quand elle est religieuse, non seulement cette idéologie asservit l’homme, mais en plus, elle instrumentalise Dieu. Pour la gloire de Dieu ou pour celle du manipulateur idéologue ? Ce qui est terrible, c’est que par cette instrumentalisation de Dieu, la domination de l’homme sur ses pairs se fait asservissement sans limites.

Comme antidote à cette idéologie mortifère, laissons plutôt l’Esprit Saint envahir nos vies ! L’idéologie des hommes aveugle tout discernement, annihile toute liberté et alimente la haine. L’Esprit Saint, lui, éclaire, libère, redresse et fait passer du désir de la guerre à l’amour de la paix. C’est alors que Dieu trouve toute sa gloire. Et l’homme aussi.

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Emmanuel Dumont nous proposr une piste pour notre foi.

♦ Jeudi 17 décembre

« Grande Paix jusqu'à la fin des lunes »
Psaume 71, 7

Méditation

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Les livres d’histoire, comme nos journaux télévisés, sont remplis du mal qui se déchaîne : les religions sont à couteaux tirés, les empires se mesurent à la force des armes et des sanctions économiques, les histoires des peuples regorgent de non-dits qui pourrissent la vie sur des générations… Les siècles se succèdent et à travers eux se transmet un esprit de mal. Ce mal ne se transmet pas tout seul. Il passe par nous, personnellement et collectivement. Il s’immisce dans nos politiques militaires, diplomatiques et économiques, souvent orgueilleuses. Il pourrait nous entraîner à entretenir l’esprit de vengeance, mais nous voulons désarmer cette haine tapie au fond de la mémoire collective. Nous voulons œuvrer pour un monde nouveau !

L’Évangile nous invite à être des artisans de paix, des transmetteurs d’amour. Nous croyons que nous sommes à l’image de Dieu qui est amour. Il y a en chacun de nous une étincelle d’amour. Dans un élan d’optimisme et de foi, saint Paul nous dit que l’amour ne passera pas. L’amour ne laissera pas passer les flots de la désespérance, de la haine et de la guerre. Si l’amour demeure en nous, il pourra faire son œuvre transformatrice et purificatrice.

Mais, moi tout seul, que puis-je faire ? Peut-être pas grand-chose. Mais toute révolution commence petitement. Si nous sommes un puis trois puis dix, puis cent, puis dix mille… tout est possible !
Vous avez peut-être entendu parler de Rainer NOLVAK. C’est cet informaticien amoureux des arbres. Il y a 12 ans, désespéré de voir la forêt près de sa ville d’Estonie transformée en décharge publique, il a lancé un mouvement populaire. Une journée nationale du nettoyage. Et ça a marché ! À travers tout le pays, 10 000 tonnes de déchets ont été collectés et recyclés. 180 pays ont suivi. 20 millions de volontaires s’arment dorénavant de sacs-poubelle, de gants et de courage pour nettoyer notre monde et nous réconcilier avec la planète.

Des peuples entiers peuvent-ils devenir ces artisans de paix évoqués par l’Évangile ? Il faut l’espérer et le croire de toute sa force. Cette révolution de l’amour passe par la rencontre, le partage, le dialogue, la réconciliation. Un travail de fourmi. Dans le souffle de l’Esprit.

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Yves Habert nous invite à prier pour les autres.

Mercredi 16 décembre

« Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s'embrassent. »
Psaume 84, 11

Méditation

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Comment exercer de façon juste le pouvoir ? Vous savez : le petit pouvoir qui nous est imparti dans notre famille, dans notre métier, dans une association, dans la paroisse… Nous cédons souvent à la tentation d’ériger notre parcelle de responsabilité en pouvoir absolu. Qu’il est facile de ne plus se considérer gérant responsable devant Dieu, mais comme un propriétaire absolu.
Or, il n’est pas de pouvoir légitime sans justice et sans paix. C’est vrai pour les nations, c’est vrai aussi dans notre propre rapport avec les autres.
L’injustice plonge tant de pays dans la misère. Les peuples ne sont pas suffisamment respectés par leurs propres dirigeants. L’homme devient victime de la fraude et de l’abus de pouvoir, comme on le voit aujourd’hui au Liban, mon pays natal.

La paix, quant à elle, ne peut reposer que sur la vérité et la liberté. Impossible d’accepter l’agression et la conquête territoriale par la force ! Politique de l’autruche que de se taire devant l’horreur des « purifications ethnique ou religieuse » ! Chemin de longue haleine que d’exercer un pouvoir qui ne recherche que la paix. La paix comme la joie sont au bout de la persévérance.
Du pouvoir, nous en avons, chacun, sur notre conjoint, sur nos enfants, sur nos vieux parents, sur certains de nos collègues. Là encore, ce pouvoir doit être juste pour qu’advienne la paix. Le modeste exercice du pouvoir à notre échelle ne légitime ni l’exploitation ni la domination. Il est une responsabilité reçue pour grandir avec l’autre, dans la douceur et l’esprit fraternel.

Comme le raconte Jean-Jacques GOLDMAN dans sa chanson Il changeait la vie, j’ai eu la chance, quand j’avais 14 ans, d’avoir un prof de sciences naturelles exceptionnel. C’était au collège des Anges Gardiens, à côté de Byblos, au Liban. Jamais il ne se fâchait. Il exerçait son autorité réelle avec beaucoup de douceur. Il obtenait ainsi le meilleur de nous-mêmes, fichus galopins que nous étions pourtant.
Jésus ne s’y prend pas autrement avec nous. Il nous montre le chemin du juste pouvoir. Celui de l’amour.

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Raphaël de Bouillé nous invite à réfléchir sur "comment utiliser nos qualités pour faire le bien ? ".

Mardi 15 décembre

 

« Si on te gifle sur la joue droite, tends la joue gauche »
Évangile selon Saint Luc (6, 9)

Méditation

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Tendre l’autre joue ? Plusieurs courants pacifistes et non-violents se réclament de cette parole du Christ pour crier : « Non à la violence ! » « Halte à la course aux armements ! » En France même, malgré un consensus national, certains contestent la force de dissuasion nucléaire. C’est vrai que du point de vue tactique, la non-violence peut être une arme efficace. Ainsi en fut-il de Gandhi en Inde et de Martin Luther King aux États-Unis. Mais cette attitude non violente est-elle toujours efficace ?
Que se passe-t-il si je refuse de tendre l’autre joue ? En effet, qui accepte d’être maltraité ou dominé par l’autre ? Non seulement je ne veux pas être battu ou aliéné, mais j’ai le devoir de me défendre et de défendre les plus faibles. Face à des actions violentes, terroristes, destructrices, un État, par exemple, est obligé d’user de la force pour protéger ceux qui sont agressés ou pour défendre les intérêts vitaux de sa population. Même si on sait bien que la force ne résout pas tous les problèmes à long terme…

Alors, tendre ou ne pas tendre l’autre joue ? Jésus, pendant son procès, ne tend pas l’autre joue quand on le gifle, mais il demande la raison de ce geste violent et injuste : « Si j’ai dit quelque chose de mal, dis-moi quoi. Sinon, pourquoi me frappes-tu ? » C’est sa manière de résister, de réclamer justice, d’essayer de désarmer le cœur de celui qui vient de le frapper.
C’est le message de l’Évangile : désarme ton cœur ! Laisse-toi désarmer et crois à l’Amour ! Face à toutes les forces de mal et d’oppression, tiens-toi debout, libre, sans rage ni haine, mais sans résignation, et sans renoncer à la justice !

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Nicolas Burle nous invite à réfléchir sur "comment se laisser désarmer par Dieu ".

Lundi 14 décembre

Seigneur, enseigne-moi tes voies
Psaume 24, 4

Méditation

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Dans les lectures d’aujourd’hui, le Livre des Nombres nous raconte que Balak, roi de Moab, a peur du peuple d’Israël. Il demande à Balaam, un devin, d’aller le maudire. Mais Balaam, pour ne pas transgresser la Parole de Dieu, non seulement ne maudit pas le peuple, mais il le bénit, au désespoir de Balak. Dieu ne se manipule pas : l’Esprit saint n’en fait qu’à sa guise !

La peur est mauvaise conseillère. Elle est l’ennemie de l’homme. Est-ce que je ne vis pas souvent, comme Balak, dans la peur ? La peur de mes limites et de ne pas être aimé ; la peur du virus et de ma vulnérabilité ; la peur de la punition et de la souffrance ; la peur des attentats et des violences, la peur de l’avenir, la peur de l’autre… et même la peur de Dieu ! La peur me pousse à considérer celui qui est différent comme un rival, voire un ennemi.
Vais-je donc perdre mes moyens ? J’ai peur ! Mon ennemi est plus fort que moi ! Que faire d’autre sinon utiliser la religion — et Dieu — pour déstabiliser mon adversaire et le vaincre ? « Non, nous dit le Seigneur, n’aie pas peur ! » Le Seigneur m’aide à canaliser mes peurs qui me détruisent. Le Seigneur insiste sur ma responsabilité, ma capacité à faire face sans céder à la peur.

Ne nous servons pas de Dieu pour légitimer nos œuvres politiques, économiques et guerrières. Renoncer à la violence et à l’affrontement dépend de moi. La paix exige du courage et de l’audace. Face à ma peur de l’autre, quel chemin vais-je prendre ? En me libérant de mes peurs, je peux devenir témoin de la paix. C’est le sentier sur lequel le Seigneur me précède.

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Emmanuel Dumont nous invite à réfléchir sur "comment être acteur de Paix".

Dimanche 13 décembre

« Frères, soyez toujours dans la joie ! »
Première lettre de saint Paul à Timothée (5, 16)

Méditation

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Le troisième dimanche de l’avent est appelé Gaudete, ce qui signifie en latin : « Réjouissez-vous ! » Il y a pourtant des raisons de ne pas être joyeux ! Guerre, violence, chômage, catastrophe naturelle, pandémie, misère, absence de liberté, peines de toutes sortes… Autant de causes de tristesse et d’angoisse. « Quelles que soient les circonstances, soyez toujours dans la joie ! », dit saint Paul. Comment est-ce possible ? Peut-on commander la joie ? Faut-il s’acharner à faire semblant d’être toujours joyeux ?

La joie est comme la foi. Elle ne se commande pas. Elle est accueil résolu d’un don de Dieu. La joie dont nous parle la Bible est intérieure. Elle ne vient pas de ce que je gagne, comme l’argent, le pouvoir ou la gloire. La joie est une graine semée en moi, qui n’attend qu’à germer. Comment ? En choisissant d’œuvrer pour plus de justice, de travailler pour la paix, en consolant les cœurs brisés et en libérant celles et ceux qui sont emprisonnés dans leur culpabilité. La joie me vient de l’autre, finalement.
Je me souviens de Cécile, une jeune Française coopérante en Égypte. Elle aidait une religieuse pour l’animation d’un foyer des petites filles en difficulté. Malgré mille obstacles, manque de moyens, barrière de la langue, fossé culturel, elle insufflait au groupe, du matin au soir, une joie pétillante ; et elle se nourrissait de la joie communicative de ces enfants. Communion par la joie.

Il y a joie et joie. On aime bien les joies factices et artificielles : soirée bien arrosée avec des potes, un p’tit joint par-ci, par-là… Mais la joie est plus simple et plus profonde. Peut-être en fin de compte faut-il laisser travailler en nous l’Esprit de Dieu. Esprit qui purifie nos cœurs, Esprit qui libère, Esprit qui nous prépare à la joie parfaite, la joie de voir Dieu. La joie promise à chacune et chacun de nous. La joie que l’Emmanuel, Dieu avec nous, vient annoncer à toutes les nations de la terre.
Et si pendant cette semaine de l’avent, je prenais au mot saint Paul et je choisissais d’être signe de joie ?

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Deuxième semaine

avec Sœur Marie-Emmanuelle, elle est dominicaine du Puy, congrégation héritière de la bienheureuse Agnès de Langeac. Elle a été supérieure générale de sa congrégation pendant 12 ans. Passionnée d'éducation, elle a assuré la tutelle de 6 écoles.

« Comme vous, je me sens parfois écrasée par le poids des soucis quotidiens, alors je voudrais m'arrêter, avec vous, cette semaine, sur l'invitation de Jésus qui nous appelle à venir trouver le repos auprès de lui »

Pour cette semaine, voici l'hymne proposée et interprétée par Chœur dans la ville

Cette semaine, Choeur dans la ville nous entraine dans l’élan et la joie qui nous pousse vers Noël !
La semaine dernière, avec la méditation sur "l’Esprit et l’Epouse disent : viens !", nous étions dans une couleur contemplative. La longue attente des siècles, l’espérance patiente du messie…

Mais saint Jean-Baptiste nous embrase par sa prédication de feu dans le désert : il faut changer dans nos vies ce qui est laid, il faut oser l’aventure de la conversion : « il est temps pour vous de changer votre cœur ! » Nous n’y parvenons pas avec nos seules forces : c’est la lumière de l’Enfant-Dieu, né de la Lumière, qui repousse les ténèbres ; c’est la grâce de l’Esprit Saint qui nous donne le courage et l’audace d’être artisans de paix.
Cette hymne magnifique est une composition moderne de Tanguy Dionis du Séjour, le fondateur du chœur Dei Amoris Cantores. « Il est temps de rendre grâce ! » En écoutant ce motet, laissez-vous emporter par ce souffle de vie.
A la fin du morceau, le contraste singulier quand Choeur dans la ville chante : « l’heure vient ! » est comme un carillon lointain qui nous appelle à retrouver le chemin des églises après le confinement…

Merci à Choeur dans la ville  d’avoir mis tout son talent à nous entraîner dans sa louange !
Bien fraternellement, frère Philippe Verdin

Samedi 12 décembre : fête de Notre Dame de Guadalupe

« Notre-Dame de la Paix, en qui toutes les tempêtes
s'apaisent peu à peu...
» Saint Jean-Paul II (novembre 2001)

Méditation

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Mgr David Macaire a 50 ans. Il est dominicain et archevêque de Fort-de-France. En Martinique, la patronne de l’île est Notre-Dame de la Délivrande. C’est à l’ombre de ce sanctuaire de la Vierge-Marie, à Morne-Rouge, que le petit David Macaire a fait ses études. Il nous explique comment Marie, personnage central de l’avent, nous apprend à être en paix et à faire la paix.
Pour trouver la paix, saint Jean-Baptiste sort dans le désert. Marie, elle, se tourne vers l’intérieur. A l’Annonciation, l’ange entra chez Marie, dit l’évangile. On peut comprendre : l’ange entra dans le cœur de Marie. On ne peut être en paix que si on vit une relation forte avec Dieu en intériorité, en communion permanente.
La retraite d’Avent dans la ville est un moyen de méditer la Parole de Dieu et d’être en communion avec Lui, pour élargir l’espace de mon cœur, pour y accueillir la paix, à l’exemple de Marie.

Bien fraternellement,
frère Philippe Verdin

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♦ Vendredi 11 décembre

« Venez à moi, […] devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos […]
Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger.
»
Évangile selon saint Matthieu(11, 28-30)

Méditation

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Jésus nous dit que son joug est facile à porter et son fardeau léger. Hum…
L’amitié du Seigneur permet de se mettre à son école. Or, il est doux et humble de cœur. Jésus nous invite à la douceur dans nos rapports fraternels. Il nous invite à tirer le joug de la fraternité, mais en douceur. Dans la crèche, il est le prince de la paix, mais aussi le modèle de l’humilité et de la douceur.

Il n’est pas facile de témoigner de l’humilité et de la douceur dans un monde d’orgueil et de violence dans lequel il faut paraître, étaler son savoir et sa puissance, fût-ce au détriment des autres. Une tentation qui nous guette même à l’intérieur des communautés chrétiennes.
J’ai été appelée comme supérieure générale d’une congrégation dominicaine pendant douze ans. J’ai mieux compris pourquoi, dans ce cas, on parle d’une charge ! J’ai découvert avec terreur comment j’étais tentée de répondre par la violence aux contradictions de mes sœurs. J’étais écrasée, fatiguée, usée, lasse. Alors je déposais devant le Seigneur le fardeau de ma responsabilité afin de recevoir la grâce de continuer. Chaque fois que je me suis mise en prière pour confier le joug de mes sœurs au Seigneur, j’ai ressenti une grande paix et une grande douceur.

Notre Dieu est un Dieu « doux et humble de cœur », un Dieu qui partage le poids de notre fardeau quotidien. Jésus est venu pour redonner à la religion son rôle de soutien et de libération. Il est venu nous apprendre la douceur. Il vient nous donner la paix.

Seigneur, me voici. Je décharge mes fardeaux à tes pieds. Je désire me mettre à ton école pour apprendre avec toi la douceur sur les genoux de la Vierge Marie. Je veux avancer avec toi pendant cet avent sur le chemin de paix que tu as préparé pour ma vie. Amen.

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Nicolas Burle nous invite à réfléchir "comment porter ce qui nous pèse".

♦ Jeudi 10 décembre

« Venez à moi... prenez sur vous mon joug,

devenez mes disciples et vous trouverez le repos »
Évangile selon saint Matthieu(11, 28-29)

Méditation

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Nous étions déjà prêts à nous précipiter vers Jésus afin de trouver le repos, et nous découvrons qu’il y a une condition : prendre son joug ! Comme si le poids de nos fardeaux ne suffisait pas ! N’en jetez plus !

Ce joug, c’est peut-être cette vie commune qui est le propre des disciples. On n’est pas disciple de Jésus tout seul. Il faut faire équipe. Il faut entrer en communion avec d’autres, ces frères et sœurs qu’on n’a pas choisis, dans la paroisse ou la communauté religieuse. On est capables de porter une mission ensemble, on est capables de se porter les uns les autres sur la route derrière le Christ. Signe prophétique dans une culture de l’autonomie et de l’individualisme. Il faut apprendre à aimer, dans la communauté. Ce n’est pas facile, même dans la vie religieuse ! Aimer Jésus, OK, mais me laisser aimer par lui au point d’aimer comme lui la sœur qui a le don de m’énerver chaque jour, ça, c’est autre chose ! Quel joug !

Le joug de l’Évangile, ce n’est rien d’autre que le commandement de Jésus : « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. »* Il s’agit de se laisser aimer par Jésus afin d’aimer avec lui.
Le Christ est présent dans l’attelage qui porte le joug. Non seulement il porte avec nous la plus grosse part du poids du jour, mais il nous attend à la fin de la journée : « Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. »** Qu’il vienne dans nos communautés, celui qui réunit nos communautés, le prince de la Paix !

* Évangile selon saint Jean ch. 13, v. 34
** Apocalypse ch. 3, v.20

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Raphaël Bouillé nous invite à réfléchir "faire du bien à ceux qui nous ont fait du mal".

♦ Mercredi 9 décembre

« Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau...

devenez mes disciples et vous trouverez le repos pur votre âme »
Évangile selon saint Matthieu(11, 28-29)

Méditation

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Nous avons commencé, lundi, à méditer ces versets où Jésus promet le repos. Les premiers mots : « venez à moi » ont stimulé ma méditation.
C’est à ses disciples que Jésus promet le repos. Comme disciples d’aujourd’hui, nous répondons : « J’arrive ! » Cette invitation n’est donc pas réservée à ceux qui sont appelés pour devenir prêtres, religieux ou religieuses. Jésus nous invite tous à nous approcher de lui : « Venez à moi… ». Il nous fait une promesse : « Vous trouverez le repos pour votre âme. »
Un disciple est une personne qui quitte un univers connu. Il sort de sa zone de confort parce qu’il a entendu un appel dans son cœur. Une communauté de disciples – que ce soit un couvent, un groupe de prière, une paroisse, une association – trouve la paix parce que Jésus est au milieu de nous, mais aussi parce qu’à l’appel de Jésus, chacun a répondu : « J’arrive ! » Nous sommes liés par ce saut dans l’inconnu, par ce risque couru, par cette réponse. Dans nos communautés de destin, nous cherchons la paix et la consolation. Jésus comble ceux qui répondent à son appel.

Il nous apprend chaque jour à aimer, dans toutes les occasions de la vie quotidienne, en famille, dans la paroisse, au travail. Prendre le temps d’écouter quelqu’un qui n’en peut plus, voilà un engagement concret et à la portée de chacun d’entre nous. Et si nous essayions, ne serait-ce qu’une fois cette semaine ?
À la place du poids du fardeau individuel, nous découvrirons un joug léger porté ensemble. Il emplira notre cœur de paix et de joie.

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Emmanuel Dumont nous invite à "écouter celui qui en a besoin".

♦ Mardi 8 décembre : Solennité de l'Immaculée Conception

« Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi »
Évangile selon saint Luc (1, 28)

Méditation

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Lourdes, 25 mars 1858. Bernadette court en répétant : « Que soy era Immaculada Concepciou. » Elle ne parle que patois, mais elle ne connaît pas ces mots qu’elle répète tout au long du chemin pour ne pas les oublier et pouvoir les transmettre à son curé. L’Immaculée Conception ! Le curé de Lourdes connaît ce dogme proclamé par le pape Pie IX le 8 décembre 1854.

L’Immaculée Conception, c’est la condition unique de Marie, « comblée-de-grâce ». Par grâce du Seigneur, Marie a été préservée du péché originel, de ce handicap relationnel, ce handicap d’amour avec lequel naissent les humains, un handicap qui fausse dès le début de la vie la relation à Dieu, aux autres, à nous-mêmes, un handicap qui fait percevoir les autres comme des obstacles à notre liberté, à notre bonheur, un handicap qui nous empêche d’être en paix. Marie a donc été préservée du péché originel, mais attention ! L’Immaculée Conception ne signifie pas que Marie n’a pas eu besoin que le Seigneur vienne la sauver. C’est même parce que le Seigneur est venu réconcilier l’humanité avec Dieu et avec elle-même, en sa chair, que Marie a pu être préservée du péché originel, par anticipation.
Pure grâce du Seigneur qui ne détruit pas pour autant la liberté de Marie : celle qui s’entretient aujourd’hui avec l’ange n’est pas un robot ! Son « oui » au Seigneur jaillit librement. C’est en toute liberté que Marie accorde sa vie à la volonté divine.

Marie est la figure de notre humanité telle que Dieu la rêve : libérée du péché par la puissance de la résurrection du Christ, libre pour accueillir en plénitude la vie que Dieu nous donne, libre pour s’accorder à la volonté de Dieu et répondre « oui » à sa Parole.
La fête d’aujourd’hui, la fête de l’Immaculée Conception, est celle de notre vocation : être libérés du péché, de ce handicap qui nous empêche d’aimer en vérité, d’être en paix avec nous-mêmes, avec les autres, avec Dieu.

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Nicolas Burle nous invite à "embellir la vie".

♦ Lundi 7 décembre

 

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,

et moi, je vous procurerai le repos »
Évangile selon saint Matthieu (11, 28)

Méditation

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La paix !...  Nous en rêvons tous, quand la vie est trop dure, quand la lassitude, la douleur, la souffrance font naître en nous un seul cri : qu’on me fiche la paix !

Je vous invite à lire cette semaine quelques versets de l’évangile selon saint Matthieu pour y trouver un chemin de paix. Le monde dans lequel nous vivons, loin de nous donner du repos, nous impose un tourbillon d’activités générateur de stress. C’est même le cas dans les communautés religieuses où les portes claquent alors que nous avons soif de paix et de silence, où nous subissons trop de réunions et de rendez-vous, où nous devons gérer des inimitiés voire des rancunes inavouées.

Alors, quand Jésus nous promet le repos, ça nous intéresse !
Jésus nous propose d’être avec lui, de quitter ce qui nous inquiète, la peur de ne pas réussir, la peur de manquer, la peur d’être contaminé, la peur de mourir, tout ce qui nous empêche de vivre en paix.
Pour Jésus, la Loi est source de libération et de justice, et non pas contrainte supplémentaire. Il veut une Église de consolation, pas une Église de préceptes ! La loi et les commandements doivent libérer l’homme. Les règles dans l’Église nous orientent vers le service et l’amour, pas vers des corvées supplémentaires.

Le repos promis par Jésus n’est pas la tranquillité – qu’on me fiche la paix ! – ou ce que l’on ressent après une bonne nuit de vacances. Non, c’est le repos de celui qui se sait aimé, accueilli par Dieu avec le poids de sa vie et libéré du poids des servitudes de l’apparence, de la réussite. C’est ce que les gens qui s’approchent de l’Église espèrent : trouver un hôpital de campagne où l’on est soigné, consolé, soulagé, quelles que soient nos origines. Une communauté où l’on trouve la paix dans l’amour.

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Nicolas Burle nous invite à "goûter la paix, tout en laissant advenir l'inattendu" avec aussi le cantique de Jean Racine.

♦ Dimanche 6 décembre

« Jean se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage »
Évangile selon saint Matthieu (1, 6)

Méditation

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Étrange personnage que cet homme vêtu de poil de chameau.
On dirait qu’en se nourrissant de sauterelles, Jean se prépare à une épreuve de Koh-Lanta ! Pourquoi un tel menu au début de l’évangile selon saint Marc ?

Lorsque Moïse est envoyé auprès de Pharaon pour le convaincre de laisser partir les Hébreux, il se heurte à un refus têtu : le tyran ne veut pas se priver de ses esclaves ! Alors Dieu emploie les grands moyens : dix plaies accablent le pays, dont un nuage de sauterelles. Après la grêle, elles ravagent les récoltes. Le plat de résistance de Jean Baptiste rappelle ce souvenir douloureux du temps de l’esclavage
Au dessert de Jean, le miel a une autre saveur. Plein de douceur, il est associé à la Terre promise* par Dieu. Alors qu’il erre dans le désert, le peuple reçoit la manne, ce pain au goût de miel qu’il récolte chaque matin**. Ainsi, Jean-Baptiste, qui se nourrit de sauterelles et de miel sauvage, ne relève pas un défi à la manière des aventuriers sur l’île de Koh-Lanta, il pose un geste prophétique : en rappelant le passé du peuple d’Israël, il annonce que Dieu vient à nouveau sauver son peuple.

Mais Dieu agit-il encore ? C’est ce qu’annonce Jean lorsqu’il proclame : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi. »*** Le rôle du Baptiste, c’est d’ouvrir la voie à Jésus, de lui préparer le terrain. On est loin, finalement, de l’esprit de Koh-Lanta !
Jésus vient éprouver avec nous l’amertume des pauvretés humaines, des divisions ecclésiales, des scandales dans l’Église. Il nous apporte la douceur de la paix, le miel du réconfort dont nous avons faim.

* Livre de l’Exode, chapitre 3, verset 8.

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Raphaël de Bouillé nous invite à réfléchir sur "Trier, donner, recycler".

 

Première semaine

avec le frère François-Dominique Forquin, couvent de l'Annonciation à Paris, il  a 42 ans et est aumônier national des Équipes du Rosaire.

Et chaque semaine, nous vous proposons de prier sur une hymne interprétée par Chœur dans la ville. Nous sommes douze choristes, dominicains, laïcs, jeunes réunis spécialement pour Avent dans la ville. Nous avons vécu intensément trois jours de retraite au couvent de Lille pour enregistrer ces chants : ils sont le fruit de notre prière pour vous.

Pour cette première semaine de l'avent, nous portons la supplication et l’attente du peuple : « Viens Seigneur ! Viens Esprit-Saint ! »

Cette complainte jaillit du fond de notre cœur, où l’Esprit-Saint se cache. Il nous pousse à appeler Dieu. Car l’Épouse, c’est l’Église, c’est nous ! Lui l’Esprit qui est venu visiter Marie, qu’il vienne dans nos vies ! Messager de paix, qu’il « assouplisse ce qui est raide et désarme la violence » !
C’est le frère André Gouzes, dominicain, qui a composé cette hymne, qu’on peut aussi murmurer au moment de l’offertoire dans la messe.
Avec les contemporains de Jésus qui espéraient un Sauveur, avec les victimes de la violence, avec les anges nous implorons le Seigneur. Oui, viens en notre monde, viens en nous pour apaiser la rancœur et dissoudre l’aigreur ! Que notre écoute devienne prière.

♦ Samedi 5 décembre

« Je vous laisse la Paix, je vous donne ma Paix »
Évangile selon saint Jean (14, 27)

Le frère David Macaire, dominicain, a été nommé archevêque de Fort-de-France à l’âge de 45 ans ! Depuis six ans, il parcourt l’île pour réveiller le Peuple de Dieu, lui donner le goût de la prière et de la charité. Il multiplie les initiatives apostoliques, éducatives, socio-politiques pour que l’Église catholique soit pleinement présente dans la vie quotidienne des Martiniquais, rayonnante de l’esprit des béatitudes.
Il nous rappelle qu’en profondeur, il n’y a que le Christ qui peut nous apporter la paix. Cette paix qui simplifie notre vie. Il nous indique le chemin à suivre : prendre un temps de retraite, ouvrir notre vie au recueillement. Notre vie sera unifiée, apaisée par Jésus lui-même.
C’est ce que la liturgie nous propose pendant ce temps de l’avent.

Méditation :

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Philippe Verdin nous donne des astuces pour rencontrer ceux qui sont isolés.

♦ Vendredi 4 décembre

« Leurs yeux s'ouvrirent »
Évangile selon saint Matthieu (9, 30)

Méditation :

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« Mon père, quand je dis le Notre Père, j’omets toujours le “Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés”, parce que je ne veux pas être hypocrite : ma famille est tellement divisée et comme nous sommes incapables de nous réconcilier, je ne veux pas les prononcer. » Comme beaucoup de prêtres, j’ai souvent entendu ces propos !
Parce qu’elle peut être le lieu du plus grand amour, notre famille peut être aussi le lieu de la plus grande haine. Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas un modèle de réconciliation et de pardon que nous ne pouvons pas mendier, dans la prière, la capacité à pardonner. Tel est le but de ces mots du Notre Père : non pas décrire notre situation présente, mais nous mettre en état de conversion permanente. Si on ne peut pas toujours pardonner, on peut toujours désirer pouvoir pardonner. Tel est le désir qu’il nous faut entretenir.

Répéter le Notre Père pour espérer pouvoir pardonner. Le répéter pour veiller. Le répéter pour rester éveillé dans l’attente espérée du retour du Prince de la paix. Veiller pour peu à peu voir se lever le jour d’un pardon espéré depuis toujours.
Seul le Notre Père répété peut dessiller nos yeux aveuglés.

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Emmanuel Dumont nous invite à rendre grâce à Dieu.

♦ Jeudi 3 décembre

 

« La maison ne s'était pas écroulée car elle était fondée sur le roc »
Évangile selon saint Matthieu (7, 25)

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« Mon père, je ne suis pas en paix et je suis découragée : aucune de mes deux filles ne s’est mariée, la première est en ménage depuis deux ans et a deux enfants, et la seconde vit avec quelqu’un qui a déjà quatre enfants ; moi qui pensais être un modèle, ma maison est plutôt celle de Cadet Rousselle ! »

« Vive votre sainte famille ! », lui répondis-je dans la sacristie. En matière de famille, méfions-nous de nos stéréotypes en béton qui, même avec poutres et chevrons, s’avéreront vite être en carton !

Souvenons-nous que, dans la Sainte Famille, le père n’est pas vraiment le père, la mère se retrouve enceinte avant le mariage, l’enfant fuguera à douze ans… La force de la Sainte Famille ne réside pas dans une exemplarité stéréotypée à laquelle il faudrait se conformer, mais dans sa capacité à se laisser conduire par Dieu en toute circonstance. C’est ainsi qu’elle parle à chacune de nos familles. C’est parce qu’elle est unique qu’elle peut parler à toutes. Si aucune de nos familles n’a vocation à devenir modèle, toutes sont appelées à la sainteté. La vocation d’une famille n’est pas d’abord d’être édifiante, mais plutôt d’être édifiée.
Quand les stéréotypes se sont envolés, tout peut alors se fonder : sur Dieu et sur Lui seul.

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Yves Habert nous invite à réfléchir sur le mot "Bénir".

 

♦ Mercredi 2 décembre

« Tous mangèrent et furent rassasiés »
Évangile selon saint Matthieu (15, 37)

Méditation :

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Encore une ! Encore une famille qui se déchire pour de banales querelles d’héritage. On ne les compte plus, hélas, ces familles qui ne sont plus en paix parce qu’on n’a pas été capable de s’entendre sur qui devait recevoir la vieille commode, qui la ménagère en argent et qui les tasses en porcelaine de Limoges !

Partager, c’est toujours diviser : ce que l’autre reçoit est autant que je n’aurai pas. Dans ce genre de logique, on ne peut chercher qu’à se tailler la plus grosse part du gâteau. Chacun cherche à garder jalousement ses sept pains et ses quelques petits poissons. En multipliant les pains pour la foule affamée, Jésus manifeste que l’amour se partage en se démultipliant : ce que je donne à l’un en termes d’amour et de tendresse n’est pas autant que l’autre n’aura pas. C’est plutôt le contraire : plus je donne, plus je reçois. Dieu se joue de nos logiques comptables. Il en va de son amour comme de celui d’une mère pour ses enfants, selon la belle expression de Victor Hugo : « Chacun en a sa part et tous l’ont tout entier. » À chacun, Dieu se donne tout entier. Il ne sait pas compter.

Lorsqu’on demandait à mère Teresa combien de pauvres et de malades elle avait sauvés dans les bidonvilles de Calcutta, elle répondait : « Un par un. » Il n’est pas de paix durable sans sortir de nos logiques comptables. Les mains ouvertes qui reçoivent le pain sans compter hâtent le retour, pour chacune de nos maisons, du Prince de la paix.

Et moi, pour garder les mains ouvertes et être en paix, que dois-je arrêter de compter ?

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Nicolas Burle nous invite à réfléchir sur : "Transmettre la Parole de Dieu".

♦ Mardi 1er décembre

 

« Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père,

et personne ne connaît le Père, sinon le Fils »
Évangile selon saint Matthieu (11, 27)

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« Chaque mois, j’offre des fleurs à mon épouse, mais j’ai l’impression qu’à chaque fois, elle s’éloigne un peu davantage. » Malgré toute sa générosité déployée, l’homme qui me confiait cette inquiétude voyait son couple inexorablement vaciller et ses efforts pour retrouver la paix très peu récompensés. « Cessez peut-être de lui faire sortir des vases tous les mois pour sortir votre couple de la vase », lui répondis-je alors avec un peu d’humour.

Souvent, on voudrait tellement dire à l’autre qu’on l’aime qu’on déploie des trésors de générosité, mais qui sont mal orientés : on croit lui parler, mais on se parle à soi-même.

Chaque fois que je prépare des couples au mariage, je leur fais lire Les cinq langages de l’amour de Gary Chapman : services rendus, paroles valorisantes, moments de qualité, cadeaux, toucher physique. Tels sont les langages que tous et toutes nous utilisons pour dire à l’autre que nous l’aimons. Si cette typologie peut être utile pour nous connaître nous-mêmes et découvrir quel est ou quels sont nos langages d’amour privilégiés, cette petite liste est surtout utile pour découvrir quel est le langage le plus familier de celui ou celle que nous voulons aimer. Si nous nous évertuons à continuer à lui offrir des fleurs alors qu’elle n’attend qu’à être saisie dans des bras aimants, nous risquons le dialogue de sourds. Si le Père connaît le Fils et le Fils connaît le Père, c’est que, dans la communion de l’Esprit, ils n’ont jamais fini de se connaître et d’apprendre à se parler un langage familier. Entrer en familiarité n’est jamais achevé. Parce qu’il n’est jamais simple de trouver le langage qui parle le mieux au cœur de ceux qu’on aime, il faut toujours s’y exercer. La langue de l’Esprit peut nous y aider.

Et vous, quel est le langage qui parlerait à votre cœur ?

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♦ Lundi 30 novembre

 

« Je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit »
Évangile selon saint Matthieu (8, 8)

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Pendant sa retraite de première communion, la petite Marie s’évertuait à apprendre la parole du centurion « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guérie ».
Tout à coup, elle demanda : « Le centurion et le serviteur, s’ils habitent dans la même maison, ils sont de la même famille ? » « S’il suffisait de vivre sous le même toit pour former une famille, ça se saurait ! », s’exclama aussitôt le petit Benoît. De fait, vivre dans la même maison n’est pas gage de communion.

C’est pourtant l’expérience du centurion. Sa cohabitation avec son serviteur n’est pas qu’indifférente juxtaposition sous un même toit. Tout au contraire : ce qui touche l’un affecte l’autre. Être en présence du centurion, c’est comme parler à son serviteur. En disant seulement une parole au centurion, Jésus guérit son serviteur. Parler à l’un, c’est guérir l’autre. Non seulement ils font toit commun, mais l’un et l’autre sont tellement en communion, qu’entre eux c’est : « Pas de toi sans moi. »

Si Jésus vient habiter parmi nous, Il vient pour vivre bien plus qu’une simple cohabitation : Il vient pour être en communion. Ce qui nous touche le touche. Ce qui nous blesse le blesse. Ce qui nous ravit le ravit. S’Il vient cohabiter, c’est pour communier.
S’Il vient vivre sous ton toit, ça n’est jamais sans toi.

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Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Raphaël de Bouillé nous parle de générosité.

♦ Dimanche 29 novembre

« Jésus parlait à ses disciples de sa venue »
Évangile selon saint Matthieu (25, 31)

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« Mon père, je voudrais faire ma première communion parce que je veux me rapprocher de Dieu. » Quand j’étais aumônier de collège et de lycée, combien de fois n’ai-je pas entendu cette demande ? « Je voudrais me rapprocher de Dieu. » En participant à cette retraite, n’est-ce pas là ce que vous cherchez, vous aussi ? Tous, nous voudrions nous rapprocher de Dieu ; mais souvent nous n’y arrivons pas et à mesure que nous tentons de nous rapprocher de Lui, Il semble s’éloigner davantage, tel l’homme de l’Évangile qui quitte sa maison et dont on ne sait pas quand il reviendra…

La Bonne Nouvelle de l’avent, c’est que Dieu vient ! Ce n’est pas tant nous qui allons à Lui que Lui qui vient à nous ! Oui, Dieu vient. Il ne revient pas. Il vient, le Prince de la paix. Il ne cesse de venir. Il ne cesse d’advenir. Le calendrier ne saurait le retenir : Il n’attendra pas le 25 décembre pour revenir. Quelles que soient nos familles, Dieu veut s’inviter dans nos maisons pour apporter sa paix. Si Dieu n’a de cesse de venir, il nous faut veiller, garder les yeux grands ouverts, comme le premier des veilleurs. Le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin, il nous faut veiller comme Jésus Lui-même s’est fait veilleur à toute heure de sa Passion : le soir, Il veille sur Judas qui le trahit. À minuit, Il veille sur Caïphe qui le juge. Au chant du coq, Il veille sur Pierre qui le renie. Au matin, Il veille sur Pilate qui le condamne. Qu’il s’agisse de Judas, de Caïphe, de Pierre ou de Pilate, Jésus s’est fait veilleur du jour toujours possible qui peut se lever dans le cœur de celui qui le trahit, le juge, le renie ou le condamne.

Comme dans l’entourage de Jésus, beaucoup de nos familles connaissent des fêlures, des brisures ou des cassures. Pour beaucoup d’entre elles, le Prince de la paix semble avoir plié bagage et s’être absenté, on ne sait pour combien de temps… Si retrouver la paix nous semble hors de portée, laissons Dieu Lui-même nous l’apporter. Veiller, garder les yeux ouverts sur celui qui vient, c’est moins chercher à se rapprocher de Dieu que le laisser s’approcher de nous, de notre maison et de notre famille pour qu’Il nous apporte lui-même sa paix.

Prier l'office

Le "zeste" (< 1 min) d'espérance : Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Le frère Yves Habert nous parle du "Jour du salut".

 

 Le 29 novembre, commence le temps de l'Avent
et comme chaque année, « Avent dans la ville » va nous aider à le vivre
et à vivre la Paix dès le 22 novembre

« Un zeste d'espérance en confinement »

♦ Samedi 28 novembre

Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Avec le frère Philippe Verdin, partageons aujourd’hui la fraternité avec cette courte vidéo : aujourd'hui, c'est un petit conseil poétique pour offrir une petite attention aux autres qui est proposé

♦ Vendredi 27 novembre

Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Avec le frère Nicolas Burle, partageons aujourd’hui la fraternité avec cette courte vidéo : aujourd'hui, c'est un petit conseil pour le sapin de Noël qui est proposé

♦ Jeudi 26 novembre

Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Avec le frère Yves Habert, partageons aujourd’hui la fraternité avec cette courte vidéo : aujourd'hui, c'est un petit conseil sur le regard de la nature qui est proposé

♦ Mercredi 25 novembre

Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Avec le frère Emmanuel Dumont, partageons aujourd’hui la fraternité avec cette courte vidéo : aujourd'hui, c'est un petit conseil sur la Parole de Dieu qui est proposé

♦ Mardi 24 novembre

Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Avec le frère Yves Habert, partageons aujourd’hui la fraternité avec cette courte vidéo : aujourd'hui, c'est un petit conseil pour notre prière qui est proposé

♦ Lundi 23 novembre

Halte à la morosité ! Le Christ vient à nous. Il nous apporte la paix et la joie. Avec le frère Nicolas Burle, partageons aujourd’hui la fraternité avec cette courte (un zeste !) vidéo : aujourd'hui, c'est un petit geste qui est proposé.

♦ Dimanche 22 novembre

Isolés, privés de la messe qui fait vivre, coupés de nos amis et de nos familles, inquiets par le développement foudroyant du virus, affligés par l’épidémie mortelle dont on nous assène le macabre bilan tous les jours, angoissés pour la santé de nos proches et notre propre survie, meurtris par les attentats qui ont frappé notre pays et notamment les chrétiens qui prient, nous n’avons pas le moral. Nous sommes accablés et nous pourrions, comme le prophète Jérémie, maudire les temps que nous vivons.
Mais le devoir du chrétien, en ces jours moroses de confinement, est d’entretenir la flamme de l’espérance, de la partager. Car il est au milieu de nous, le Seigneur qui nous sauve ! Alors, malgré les gestes barrières, nous pouvons utiliser ce temps de confinement imposé pour entretenir la fraternité
A partir du dimanche 22 novembre, « Avent dans la ville » vous propose une vidéo quotidienne avec une suggestion concrète, drôle ou délicate des frères Yves, Nicolas, Emmanuel, Raphaël ou Philippe pour vivre confiné la fraternité jusqu’à Noël !

Regardez la vidéo de présentation
de « Un zeste d'espérance en confinement » dès le 22 novembre

Présentation du temps de l'Avent à partir du 29 novembre :

S'arrêter, vivre une attente, recevoir la Paix pour la Partager

Notre effroi devant tant de violences, notre épouvante face à la haine, notre angoisse de confiné…. La guerre qui semble renaître partout comme une monstruosité que l’humanité ne parvient jamais à brider, la France qui n’est épargnée ni par le fanatisme, ni par une pandémie mortelle...

Dans sa récente encyclique, le pape François note qu’il n’y a pas de fraternité possible sans la paix, la vérité et la réconciliation. Mais le climat de violence, les tensions sociales exacerbées par le confinement, la défiance et l’inquiétude ne rendent pas aisé ce chemin de paix. Heureusement, dans les ténèbres de l’hiver et dans l’épidémie de haine et de peur, « il vient, le Prince de la Paix ». C’est un enfant, comme l’avait prophétisé Isaïe 650 ans avant la naissance de Jésus. Seul un enfant-Dieu peut nous guérir de la violence et nous apporter la paix.

La retraite de l'avent 2020 a pour thème : « Il vient, le Prince de la Paix ».

Durant ce temps de l’avent, le frère François-Dominique de Paris nous aidera à faire naître la paix dans nos familles, la sœur Marie-Emmanuelle du Puy-en-Velay nous guidera pour que brille la paix dans nos communautés chrétiennes, le frère Youssef de Poitiers rappellera comment l’Esprit-Saint suscite la paix entre les peuples et le frère Bruno, ancien Maître de l’Ordre des Dominicains, nous redira que Jésus est le Prince de la Paix pour nos vies, pour nos cœurs !

En plus des méditations quotidiennes, nous vous proposons également :

Regardez la vidéo qui annonce le programme :

Et à nouveau, nous vous invitons à prier avec les frères en écoutant leurs offices quotidiens chantés. Vous pourrez aussi déposer vos intentions de prière sur le site pour qu'elles soient portées par des communautés religieuses ou par la communauté des internautes.

Comme le confinement nous pèse, n'attendons pas le 29 novembre, début de l'avent : dès le dimanche 22 novembre, les frères dominicains du couvent de Lille vous partagent une idée quotidienne pour vivre la communion malgré les gestes barrières.

Cette année plus que jamais, l’avent doit être un temps d’espérance. C’est le rôle des chrétiens dans notre monde : rayonner l’espérance et servir la paix. La paix a pour nous le visage de l’Enfant-Jésus. Qu’il vienne dans nos vies, dans nos familles, dans notre pays et dans notre humanité, le Prince de la Paix ! Alors pourra naître la paix pour que nos existences soient fécondes.

Avec toute notre amitié et dans la joie de nous préparer ensemble à accueillir Celui qui vient à Noël.

frère Philippe Verdin, op, responsable de Avent dans la ville