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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

 

♦ 4ème semaine

Chaque jour,
u
ne méditation du frère Philippe Jeannin, couvent Saint-Jacques à Paris,
puis un jeune, un frère, une sœur, un laïc, une femme nous raconte comment Marie l’a cueilli !
Office des Laudes

♦ Vendredi 24 décembre


Méditation

« Tu es le plus beau des enfants des hommes »

Psaume 44, verset 3

Avec Joseph, l’âne et des provisions de route, nous sommes partis de Nazareth nous faire recenser à Bethléem, la cité de David, car Joseph est de sa lignée*. Je suis bien ronde, sur le point d’accoucher. La marche à pied m’épuise, celle à dos d’âne risque de déclencher à tout moment le travail avant l’arrivée en ville. Nous n’en sommes pourtant pas loin, j’ai hâte d’arriver, mais, à défaut d’avoir trouvé place pour dormir, nous devons faire halte dans un champ pour la nuit. Joseph est tout prévenant pour me préparer une couche confortable avec les moyens du bord.

Vers minuit, les contractions me faisaient voir la lune danser. La nuit était douce, le silence était enveloppant. Je n’ai pas eu à pousser, juste le laisser passer… Il ne m’a pas fatiguée, il s’est frayé lui-même son chemin comme s’il avait attendu minuit. Son cri s’est fait entendre. Joseph a vidé sa gourde, nous l’avons lavé, langé.
Je l’ai bercé dans mes bras et Joseph, les larmes aux yeux, chantonnait à voix basse : « D’heureuses paroles jaillissent de mon cœur quand je dis mes poèmes pour le roi d’une langue aussi vive que la plume du scribe ! Tu es beau, comme aucun des enfants de l’homme, la grâce est répandue sur tes lèvres : oui, Dieu te bénit pour toujours. »**

C’est vrai qu’il est beau, le fruit de mes entrailles. Fruit de la Parole. Parole en chair et en os. Regardez-le, prenez-le dans vos bras… Dites-lui quelque chose, faites un vœu, rendez grâce et, avec moi, chantez en chœur  : « Mon âme exalte le Seigneur ! Exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! »

* Évangile selon saint Matthieu ch. 1, v. 16.
** Psaume 44, 2-3.

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Jeudi 23 décembre

Méditation

« Ma Parole ne me revient pas sans avoir accompli sa promesse »

Livre d'Isaïe, chapitre 55, verset 11

La compréhension de Joseph et son chant, sa tête sur mon épaule, m’ont confortée dans ce que je pressentais : la Parole de Dieu, en nous, peut germer. Et si elle germe, elle donnera du fruit. Nous sommes comme une terre assoiffée* attendant la semence… Chacun peut l’accueillir, comme je l’ai fait.
Y être seulement disponible et, si elle est semée en nous, la laisser germer. Comment est-elle semée ? « Sur toute la terre en paraissent le message et la nouvelle, aux limites du monde. »** Elle est même « tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur »***. Dès qu’elle est prononcée quelque part et qu’une oreille l’accueille, elle commence à germer… Oh, bien sûr, parfois elle tombe à côté, sur un cœur de pierre ou au milieu des ronces… mais quand elle tombe dans la bonne terre, elle donne du fruit à soixante ou cent pour un****.
En tout cas, elle ne reste jamais sans effet… car comme « la pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi la Parole du Seigneur, qui sort de sa bouche, ne lui reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui lui plaît, sans avoir accompli sa mission »*****.

Le Seigneur nous choisit, tous et chacun, pour être ses « porte-Parole » et pour que sa Parole donne du fruit, et un fruit qui demeure. Ne la laissons pas sans effet. N’empêchez pas son action en vous et, avec moi, vous chanterez sans fin : « Le Puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son Nom. »

* Psaume 62, 2.
** Psaume 18, 5.
*** Lettre de saint Paul apôtre aux Romains  ch. 10, v. 8.
**** Évangile selon saint Matthieu ch. 13, v. 3-8.
***** Livre d'Isaïe ch. 55, v.10-11.

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Mercredi 22 décembre

 

Méditation

« Amour et vérité se rencontrent, Justice et Paix s’embrassent »

Psaume 84, verset 11

J’ai l’impression que mon ventre s’arrondit. C’est ce qu’on regarde en premier quand je vais à la fontaine ou au marché. En parler à Joseph ? Il ne me croira jamais. Comment lui faire avaler que c’est le Saint-Esprit ?
Joseph est passé ce soir en rentrant de l’atelier. Il ne regarde que mes yeux noisette, il n’a pas vu que mon ventre s’arrondissait. Je lui ai tout raconté : l’autre nuit, le sentiment de chaleur envahissante, mon amour et ma tendresse pour lui, mais aussi mon vœu d’être la servante du Seigneur et de m’accorder à sa Parole… 
Joseph m’a crue. Il a pris ma main, posé l’autre sur mon ventre et sa tête sur mon épaule et s’est mis à fredonner le psaume de sa voix douce : « Tu as aimé, Seigneur, cette terre… Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut. Son salut est proche de ceux qui le craignent, et la gloire habitera notre terre. Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ; la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice. Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. La justice marchera devant lui, et ses pas traceront le chemin. »*
Et je pensais : « Oui, le Seigneur se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais. » Et si c’était maintenant le temps favorable, le jour du salut ? Comment faire comprendre que son salut est proche ? L’accueillir, tout simplement ?
Joseph a relevé sa tête, m’a regardé et m’a dit : « Si c’est un garçon, on l’appellera “Emmanuel”. »

* Psaume 84, 2. 7-14.

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Mardi 21 décembre

 

Méditation

« Qu’il me soit fait selon ta Parole ! »

Livre d'Isaïe, chapitre 62, verset 5

J’ai passé une bien mauvaise nuit… moi qui d’ordinaire dors profondément. Comme si j’avais la boule au ventre, pas celle de la peur, mais la sensation qu’un flux, une sève, un souffle m’envahissaient peu à peu, et se diffusaient comme une douce chaleur en moi. Je n’étais pas apeurée, au contraire, une totale confiance me gagnait au fur et à mesure. J’ai posé mes mains sur mon ventre et, sans réfléchir, prononcé comme si ça venait du fond de moi : « Amen ! Qu’il me soit fait selon ta Parole ! »* Un consentement naturel, un oui profond à ce qui pourra advenir pour être en accord.
Ce matin, j’étais rassérénée, mais mon ventre garde le souvenir de cette brûlure, comme si Dieu était passé en moi : l’image du buisson ardent m’est revenue : ce feu qui brûle et ne consume pas. 
Quelque chose a changé. Je vois bien qu’on me regarde différemment : mais quoi ? Je n’ose pas poser la question. Et que répondre si on me la posait ? Que je suis mystérieusement habitée par la prophétie d’Isaïe : « Voici que la vierge est enceinte ? »
Car j’ai l’impression qu’à partir du moment où j’ai dit « je suis la servante du Seigneur », et quand j’ai ajouté cette nuit « qu’il me soit fait selon ta Parole », c’est comme si la Parole s’était mise à germer en moi. Elle m’envahit, prend possession de ma chair et mon être tout entier s’accorde à elle. Sensation de naître à une vie nouvelle, à une compréhension nouvelle : comme si la Parole allait prendre chair…

Et vous ? Vous est-il arrivé de sentir la Parole de Dieu et votre vie s’accorder ?

* Évangile selon saint Luc ch. 1, v. 38b.

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Lundi 20 décembre

Méditation

« Tu seras la joie de ton Dieu »

Livre d'Isaïe, chapitre 62, verset 5

Je n’aime pas parler de moi… je n’ai rien à dire, seulement accueillir… mais on m’a demandé de vous raconter la naissance de cet enfant venu en moi je ne sais comment.

Mon nom est « Marie ». Je suis une jeune fille de Nazareth comme les autres… La nature m’a rendue joyeuse, heureuse, confiante, j’ai foi en Dieu. Je partage l’espérance de mon peuple et je reste en éveil… Dieu ne nous abandonnera pas : il va se manifester, je le sens… Plus qu’une intuition, c’est une certitude qui m’habite…

J’ai demandé à Joseph, mon fiancé, ce qu’il pensait du prénom « Emmanuel ». Il a souri et, me fixant dans les yeux, m’a susurré : « Comme la terre fait éclore son germe, et le jardin, germer ses semences, le Seigneur Dieu fera germer la justice et la louange devant toutes les nations… Tu seras une couronne brillante dans la main du Seigneur, un diadème royal entre les doigts de ton Dieu… Car le Seigneur t’a préférée, et cette terre deviendra “L’Épousée”… Comme la fiancée fait la joie de son fiancé, tu seras la joie de ton Dieu. »*
Bercée par sa voix douce, j’étais transportée. Un ange aux ailes multicolores m’est apparu. Ses lèvres articulaient les paroles mêmes que j’entendais. Devant ma surprise, il m’a rassurée : « Ne crains pas, Marie, voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. » Il a ajouté que l’Esprit Saint me prendrait sous son ombre et que « rien n’est impossible à Dieu »**.
Un grand frisson m’a alors traversée, de la nuque au bas du dos, et mes entrailles ont frémi. Je suis restée abasourdie… Ces paroles m’ont chamboulée au plus profond.

Et pourquoi moi, l’humble servante du Seigneur… ? Et vous, n’avez-vous jamais entendu une parole du Seigneur qui vous touche à ce point ? Qu’en avez-vous fait ?

* Livre d'Isaïe ch. 61, v.11. ch. 62, v. 2-4
** Évangile selon saint Luc ch. 1, v. 31-37

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Dimanche 19 décembre

 

Méditation

« La Vierge concevra »

Livre d'Isaïe, chapitre 7, verset 14

Hier, c’était shabbat. Avec mes amies, nous sommes allées à la synagogue. J’aime beaucoup m'y rendre. Pour nous retrouver, pour apercevoir mon fiancé… Mais surtout pour les chants et les prières. J’aime beaucoup les lectures aussi, me reconnaître dans les histoires de nos aïeux… Ça me fait rêver. Les chants, je les fredonne en faisant les travaux ménagers. Et surtout le soir, quand la laine file délicatement entre mes doigts…
Hier, la lecture a particulièrement retenu mon attention. Je ne sais pas pourquoi. C’était un texte du prophète Isaïe : « Écoutez, maison de David ! Il ne vous suffit donc pas de fatiguer les hommes : il faut encore que vous fatiguiez mon Dieu ! C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe : voici que la vierge est enceinte, elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel. »*

Bizarre, ce signe ! Comment cela peut-il se faire ? Une vierge enceinte ? C’est vrai que rien n’est impossible à Dieu ! « Emmanuel », c’est un beau prénom. Si Dieu me donne un fils un jour, je l’appellerai « Emmanuel » « Dieu avec nous ». Mais j’étais attristée aussi d’apprendre qu’on peut fatiguer Dieu, chaque fois qu’on ne marche pas dans ses voies. Même si elles nous sont impénétrables. Alors, dans mon cœur, j’ai promis de ne plus fatiguer Dieu, et j’ai fait le vœu secret d’être toujours sa servante**.
Qu’est-ce que le Seigneur a voulu me dire avec cette Parole ? On verra… en tout cas, moi, maintenant, « je suis la servante du Seigneur ». J’espère que mon fiancé n’en sera pas jaloux.

* Livre d'Isaïe ch. 7, v. 13-14.
** Évangile selon saint Luc ch. 1, v. 38a.

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ 3ème semaine

Chaque jour,
u
ne méditation du frère Grégoire Abessolo, couvent d'Evry (sauf samedi),
puis un jeune, un frère, une sœur, un laïc, une femme nous raconte comment Marie l’a cueilli !
Office des Laudes

Cette semaine, le frère Grégoire médite cette merveille : puisque Jésus Fils de Dieu se fait fils d’une femme, il devient notre frère en humanité, nous avons le même Père, quels que soient notre origine, notre âge, notre couleur de peau. C’est pourquoi, en écho avec cette quête des traits du Père dans le visage du Fils, les petits chanteurs du Nord nous propose de prier le notre Père !
La prière du Sauveur pour nous tourner vers son Père et notre Père est interprétée sur une musique contemporaine de Nicholas Kedroff (1905-1981), un Russe qui appartient à une dynastie de musiciens. Méditative, profonde, paisible, elle se fait supplication lorsque les enfants chantent : ne nos inducas in tentationem, sed libera nos a malo, ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal ! La paix revient en mezzo voce et avec le sourire pour un Amen plein de confiance.

C’est cette confiance dans le Père qu’il nous faut garder ou retrouver dans le doute et l’inquiétude, dans la nuit et le froid. C’est de cette confiance que nous devons témoigner. Le Père n’abandonne pas son Église ballottée, le Père n’abandonne pas ses filles et ses fils chancelants. Redisons lentement, avec les petits chanteurs de Nord, le notre Père.Bien fraternellement,
frère Philippe Verdin

♦ Samedi 18 décembre

Méditation

« Marie gardait fidèlement toutes ces choses en son cœur »

Évangile selon saint Luc, chapitre 2, verset 51

Sœur Anne Lécu, médecin en prison et Martin Steffens, jeune philosophe, poursuivent leur dialogue passionnant sur ce que la vie de Marie nous enseigne. Marie nous apprend notamment une certaine qualité d’être vis-à-vis de Dieu et des autres, une certaine qualité de présence. Marie nous apprend que même les vies cachées, même les vies apparemment gâchées ont un sens. Marie est celle qui est là, à côté de son Fils, de la crèche à Cana, de la croix à la Pentecôte. Un peu à la manière de Dieu qui est à nos côtés, discrètement. Alors comment suivre Marie ?

Martin Steffens raconte que son épouse se plaignait : « Je n’arrive plus à prier !
- Mais si, puisque tu t’agenouilles.
- Mais non, tu ne comprends pas : je n’arrive plus à prier, encore moins à me mettre à genoux !
- Mais si, tu pries quand tu te mets à genoux pour ziper l’anorak de ton fils et tant de fois dans la journée pour ramasser les jouets oubliés. Tu te mets à genoux, tu es au service de ceux que tu aimes : tu pries. »

Prendre soin du corps des plus fragiles, prendre soin du corps de l’Église comme Marie a pris soin du corps de son fils après la passion, c’est comme elle accueillir l’espérance et la promesse.

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Vendredi 17 décembre

Méditation

« Je vous appelle mes amis, parce que tout ce que j’ai entendu de mon Père,
je vous l’ai fait connaître.
»

Évangile selon saint Jean, chapitre 15, verset 15

Dans son roman intitulé Né d’aucune femme, Frank Bouysse dépeint la violence que subit une femme et la souffrance de son fils qui semble n’être né de rien, tant sa mère a eu une existence en creux. Le mot de Paul « Né d’une femme » dit le contraire : il met en lumière la gloire simple d’une femme choisie.
La naissance d’un enfant rassemble autour du berceau la famille et les voisins. Elle apporte paix et bonheur. Quand Jésus naît, les jeunes bergers viennent le contempler, les mages l’adorer, Siméon et Anne rendent grâce. La naissance de Jésus nous plonge au cœur d’un événement universel où la joie pénètre les cœurs et rassemble tant d’hommes et de femmes d’origines diverses en une seule et même allégresse.

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! » C’est la joie au ciel  : les anges entonnent des cantiques. C’est la joie sur la terre : le Sauveur est né ! La lumière des nations est apparue. La naissance du Christ réalise la vie nouvelle où les peuples deviennent frères et amis.
Une dame protestante me disait : « Vous catholiques, vous avez tout. Vous avez le Père, le Fils et l’Esprit saint. Et vous avez en plus la Mère. Nous, il nous manque la Mère. » J’ai souri et lui ai répondu : « Nous avons en commun la trinité, ce n’est déjà pas si mal ! » Avec gravité, elle a ajouté : « Mon fils, vous êtes prêtre, ne vous amusez jamais à minimiser la Vierge Marie. Elle est essentielle dans votre compréhension de l’alliance de Dieu avec les hommes. »

L’Incarnation franchit toutes les limites. Elle ouvre un nouveau chemin entre Dieu et les hommes, entre le ciel et la terre. L’Incarnation est le dévoilement de l’humanité de Dieu, de la double maternité de Marie, de la paternité universelle du Père. L’Incarnation est promesse de vie fraternelle puisque, grâce à Marie, tout homme est né de Dieu.

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Jeudi 16 décembre

Méditation

« C’est pourquoi je tombe à genoux devant le Père,
de qui toute paternité au ciel et sur la terre tient son nom. »

Lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens,  chapitre 3, verset 14

En Afrique, un couple marié qui ne peut avoir d’enfant vit un double drame. Celui de l’absence, bien sûr. Pas d’enfant à bercer, à cajoler, à voir grandir, à éduquer, pas de signe vivant de l’amour donné et reçu. Mais en plus, il y a le regard des proches et des voisins…
C’est pourquoi chaque naissance est accueillie comme un immense don. 
La naissance d’un enfant est toujours la réalisation des promesses de vie. Sans l’enfant, la vie s’arrête, mais avec la naissance, c’est la vie qui continue. C’est le clan qui s’agrandit, la famille qui transmet, le père et la mère qui lèguent à l’avenir… La vie qui prolonge la longue chaîne humaine.

Avec Jésus, c’est la même chose, mais sa naissance n’est pas seulement la promesse d’une fécondité biologique, c’est aussi celle d’une fécondité spirituelle pour toute l’humanité. « Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde pour que, par lui, le monde soit sauvé. »*
En envoyant son Fils dans le monde, le Père veut sauver tous ses enfants, les sauver de la mort et partager avec eux sa vie éternelle. « Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. »**
La paternité de Dieu n’est donc pas exclusive ; elle ne se cantonne pas à une famille, un clan, une tribu, un continent. Elle est ouverture et accueil de tous les hommes. Elle rattache tous les peuples à une même et unique paternité.

Connaître le Père, à travers le Fils, et le reconnaître comme Dieu et Père de tous les hommes : voilà la mission de Jésus.
Jésus vient non seulement combler l’espérance d’Israël, mais aussi libérer tous les hommes de la peur, de l’incompréhension mutuelle, de l’éloignement de Dieu. Sa naissance offre un nouveau départ pour toute l’humanité, une nouvelle création, avec de nouveaux liens entre les hommes. Des liens de vie, d’amitié et de fraternité.

*Évangile selon saint Jean ch. 3, v. 17.
** Évangile selon saint Jean ch. 17, v. 3.

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Mercredi 15 décembre

 

Méditation

« Voici ta mère ! »

Évangile selon saint Jean, chapitre 19, verset 27

Comme toutes les mères, Marie assure la croissance et l’éducation humaine et spirituelle de son enfant. Sur ses genoux, l’Enfant Jésus a appris à prier son Père.

La naissance d’un enfant révèle aussi la vie de sa mère. Et puisque la vie du Christ dévoile sa double nature humaine et divine, elle nous fait reconsidérer la maternité de Marie. Car cette étonnante maternité, elle aussi, est double.
« Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »* La salutation d’Élisabeth invite à contempler en Marie la béatitude et la grâce surabondante de la foi. 
« Voici ta mère ! »**. Du haut de sa croix, en la confiant à Jean, son disciple bien-aimé, Jésus nous donne Marie pour mère.
Le rôle de Marie a été souligné par le concile d’Éphèse. Il a confirmé Marie non seulement mère de Jésus, mais aussi Mère de Dieu. Présente avec les disciples à la Pentecôte, Marie accompagne les débuts de l’Église et sera également parée du titre de Mère de l’Église.

Mère de Jésus, Mère de Dieu et aussi Mère de l’Église, Marie reste active. Ce qui nous vaut cette réflexion de sainte Bernadette de Lourdes : « Il y a des moments de la vie où on est las, où on a besoin de repos... Marie, son cœur immaculé, sa douce mémoire, son souvenir maternel doivent être le repos, le gîte où l’on se retire... Ce que Notre Seigneur n’a pas accordé à sa Mère, il nous l’a donné à nous. Marie n’avait pas une autre Marie pour s’appuyer sur elle... Ah ! Heureuse l’âme qui a su trouver cet abri, ce refuge ! »

* Évangile selon saint Luc ch. 1, v. 45
** Évangile selon saint Jean ch.19, v.27

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Mardi 14 décembre

 

Méditation

« Celui qui m’a vu a vu le Père. »

Évangile selon saint Jean, chapitre 14, verset 9


L’incarnation crée un nouveau rapport avec Dieu. Celui qui était éloigné, voilé, invisible, le « Dieu qui se cache », invoqué par le prophète Isaïe, s’est approché, dévoilé. Il s’est rendu visible.
La naissance de Jésus révèle l’humanité de Dieu, son attention pour la vie de l’homme. En Jésus, Dieu se révèle proche des hommes, capable d’émotion et de sentiments, capable d’étonnement et d’émerveillement, de tristesse et d’angoisse. Ce Dieu proche accompagne l’homme sur son chemin.

À la crèche, pour reprendre les expressions de Didier Rimaud* :
Les bergers contemplent, éblouis, ce qui était caché dès l’origine : le sourire de Dieu dans les yeux d’un enfant !
Aujourd’hui, le monde peut entendre l’allégresse de Dieu, dans la voix d’un enfant !
Tout l’univers, en marche avec les rois, admire l’humanité de Dieu dans le corps d’un enfant !

En Jésus, l’humanité de Dieu s’est dévoilée. Comment la reconnaître ? Par la puissance de l’Esprit Saint qui nous la révèle. Mais reconnaître le visage de Dieu dans nos frères et sœurs... voilà ce qui est bien plus difficile…
À quoi pense l’homme quand il comprend qu’il est fils de Dieu ? Et vous, à quoi pensez-vous quand vous vous découvrez… enfant de Dieu ?

*Un grand éclair embrase les collines, hymne de Noël de Didier Rimaud.

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Lundi 13 décembre

Méditation

« Tu es mon fils, moi aujourd’hui, je t’ai engendré. »

Évangile selon saint Luc, chapitre 3, versets 21-22

À la naissance de mon neveu, ma mère était trop fière : C’est tout le portrait de son père ! disait-elle. La naissance d’un enfant pose toujours la question de l’identité du père : qui donc est le père ? La question est aussi posée au sujet de Jésus : à qui ressemble-t-il ? À Joseph, l’époux de Marie  ?
Les généalogies de Matthieu et Luc rattachent Jésus à la lignée très humaine de David, mais Luc affirme aussi sa filiation divine*, comme Jean : « le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. »**

Dieu est le « Père » de Jésus. L’épisode du baptême, comme celui de la Transfiguration, atteste que Jésus est le fils bien-aimé sur qui repose l’Esprit Saint. Dieu revendique la paternité de Jésus. 
De son côté, Jésus s’identifie à son Père : « Le Père et moi, nous sommes UN. » Il se tourne vers lui dans la prière. Il prie pour que nous le connaissions, lui, le seul vrai Dieu, et lui, Jésus, qu’il a envoyé sur terre. Il prie pour qu’à notre tour, nous ne soyons qu’Un en eux : «Père saint, garde-les unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. »*** Il enseigne à ses disciples comment s’adresser au Père en l’appelant « Notre Père ». Il exulte de joie en lui : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » ****

Au jardin de Gethsémani, Jésus supplie son Père : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non ma volonté, mais la tienne »*****. À l’heure de la croix, il implore le pardon pour ses bourreaux : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font»****** et, à l’heure ultime, il s’en remet à son Père : « Père, entre tes mains je remets mon esprit »*******
Par Jésus, l’homme apprend un nouveau type de rapport avec Dieu : la relation filiale. Il découvre… de qui tenir !

* Évangile selon saint  Luc ch 1, v 35
** Évangile selon saint Jean ch 1, v 14
*** Évangile selon saint Jean ch 17, v 11
**** Évangile selon saint Matthieu ch 11, v 25
***** Évangile selon saint Luc ch 22, 42
****** Évangile selon saint Luc ch 23, v 34
******* Évangile selon saint Luc ch 23, v 46

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Dimanche 12 décembre

Méditation

« Dieu envoya son Fils, né d’une femme. »

Lettre de saint Paul apôtre aux Galates, chapitre 4, verset 4

La naissance de mon premier neveu a été un événement merveilleux. Remplis de joie, ses parents ont quand même remarqué ma drôle de tête : « Mais qu’est-ce qu’il y a, Grégoire ? Tu ne le trouves pas joli, le bébé ? » Ce personnage minuscule, fripé, les yeux grands ouverts et les poings fermés…

J’étais stupéfait. Comme c’est bizarre, un fils d’homme…  
La naissance d’un enfant nous place face à un étranger, un être mystérieux que nous apprenons progressivement à connaître. Elle nous interroge et nous ouvre à la profondeur du mystère de la vie : que sera cet enfant ?
C’était déjà la question des voisins lorsque les parents de Jean Baptiste ont décidé de l’appeler Jean.
La naissance, en effet, ne dit pas tout de l’enfant. Plus tard, il se révélera. Et ce seront alors d’autres questions. Par exemple :
Celle des foules qui viendront se faire baptiser par Jean : « Que devons-nous faire ? »*
Ou celle de Jean Baptiste qui envoie demander à Jésus : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » **
Ou encore celle de ses disciples qui l’interpellent : « Maître, où demeures-tu ? » ***
Ou enfin celles des contemporains : « Pourquoi parle-t-il ainsi ? Il blasphème ! Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? »**** C'est le paradoxe de toute naissance que la différence entre l’enfant qui naît et l’adulte qu’il deviendra. Paradoxe dans l’affirmation de Paul : « Dieu envoya son Fils, né d’une femme ». Plus qu’un homme né d’une femme, Jésus est le Fils de Dieu envoyé pour sauver les hommes. Oui, Dieu a un fils. Dieu se fait homme et il choisit une femme pour mère !

À chacun de nous il revient d’accueillir ce que Dieu veut nous enseigner par cette naissance : l’humanité de Jésus, mystère incroyable d’un Dieu pleinement homme, la maternité de Marie, cette tendresse de Dieu et cette fragilité. Et si cette naissance était le premier acte de la mission de Jésus ?
Pour Dieu, naître d’une femme est le premier signe qu’il nous adresse : notre condition humaine est digne d’être aimée et célébrée. En Marie, tout l’océan d’amour de Dieu s’est déposé.

* Évangile selon saint Luc ch. 3, v. 10.
** Évangile selon saint Matthieu ch. 11, v. 3.
*** Évangile selon saint Jean ch.1, v. 38.
**** Évangile selon saint Marc ch. 2, v.7.

Comment Marie l’a cueilli !


Office des Laudes

♦ 2ème semaine

Chaque jour,
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ne méditation de la sœur Marie-Lys Nuville, Communauté de Toulouse
puis un jeune, un frère, une sœur, un laïc, une femme nous raconte comment Marie l’a cueilli !
Office des Laudes

Cette semaine, alors que sœur Marie-Lys, professeure en collège, nous fait entrer au cœur du mystère d’un Dieu né d’une femme, nous vous proposons de prier la Vierge Marie avec les petits chanteurs du Nord
Dans cette hymne pour l'avent, nous joignons nos voix à celles des enfants : «Douce Vierge Marie, priez pour nous. Que grâces infinies Jésus, votre enfant si doux, nous communique à tous.» Les voix de basse puis la voix de ténor donnent une couleur suppliante à la prière. Quand les jeunes sopranes et alti se joignent enfin au chœur, c’est l’espérance et la confiance qui éclatent :
O Vierge gracieuse, Reine des cieux.
O Reine glorieuse du Dieu des dieux,
Tout cœur pieux, toute âme précieuse
Vous dira bienheureuse toujours et en tous les lieux.

Ce motet du XVIème siècle, dont l’auteur est resté anonyme comme s’il se joignait à la foule de ceux qui supplient avec ferveur la Vierge Marie, fait écho à la fameuse prière de saint Bernard de Clairvaux :
«Souvenez-vous
ô très misécordieuse Vierge Marie,
qu’on n’a jamais entendu dire
qu’aucun de ceux qui ont eu recours
à votre protection,
imploré votre assistance
ou réclamé vos suffrages,
ait été abandonné. »

Alors que la pandémie du COVID n’en finit pas et frappe les plus fragiles, les malades et les personnes âgées, alors que tant d’incertitude plane au-dessus de nous, alors que des familles vivent l’avent dans la peine, l’inquiétude, l’addiction et que certains de nos voisins s’apprêtent à vivre Noël dans la solitude, cette musique, douce et confiante, nous rassure et nous apaise. Dieu ne nous laisse pas seuls. Il nous envoie son Fils, né d’une femme… Courage : une petite lumière perce déjà l’obscurité, une femme se tient debout dans l’adversité…
Bien fraternellement,
frère Philippe Verdin

♦ Samedi 11 décembre

Méditation

« La création tout entière gémit,
elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. »

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains, chapitre 8, verset 22

 

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Vendredi 10 décembre

Méditation

« La création tout entière gémit,
elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. »

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains, chapitre 8, verset 22

Depuis dimanche, nous avons beaucoup parlé de naissances : celle du Christ en nous, notre propre naissance à la vie nouvelle d’enfant de Dieu, puis notre collaboration dans la naissance du Christ chez les autres. 
Finalement, en y prêtant attention, nous sommes sans cesse en gestation, d’une manière ou d’une autre. Mais nous ne sommes pas les seuls : « La création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore »*. Elle comme nous attendons la délivrance, cette dernière phase de l’accouchement qui nous libérera totalement de la servitude du péché et de la mort. 
Le terme prévu pour cet heureux événement c’est la fin des temps : l’avènement du Christ dans sa gloire.

En attendant, l’Église, corps du Christ, se prépare à cette délivrance. Jésus lui a ouvert le chemin par sa résurrection, il est le premier né d’entre les morts et il nous entraîne à sa suite : là où il est passé en tant que tête, tout le corps va suivre. Parfois, lorsque le terme arrive, la peur, les interrogations, l’angoisse, peuvent troubler ce moment pourtant tant attendu. C’est vrai que dans toute naissance, il y a nécessairement une part d’incertitude et d’inconnu.

C’est l’espérance qui nous permet d’attendre ce moment dans la paix. Cette petite flamme vive nous fait pressentir les merveilles du monde à venir et la joie immense qui nous attend. Ce sera l’heure de la rencontre, du face à face avec celui qui n’est qu’Amour, l’heure de jouir éternellement de sa présence.
Qu’il vienne, enfin !

*Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains ch. 8, v. 22

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Jeudi 9 décembre

Méditation

 

« Qui est ma mère ? […] Celui qui fait la volonté de mon Père,
celui-là est pour moi une mère. »

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 12, verset 50

Marie a dû être surprise d’entendre de son fils que d’autres pouvaient être sa mère. Après tout, c’est bien elle qui l’a porté et nourri. Elle qui a veillé sur lui et l’a éduqué. Alors qui d’autre pourrait être sa mère ?

S’il s’agit de la maternité physique, évidemment, personne d’autre que Marie ne peut se dire mère de Dieu. Mais Jésus parle d’une autre maternité qui est d’ordre spirituel et le fait naître dans le cœur des croyants. 
Jésus aime et veut avoir besoin de nous pour accomplir son œuvre de Salut. Ainsi, il lui plaît de passer par un intermédiaire pour venir faire sa demeure dans une âme. N’est-ce pas d’ailleurs ce qui se passe lorsque nous faisons connaître le Christ à quelqu’un ? Dans connaître, il y a naître et dans connaissance, il y a naissance. Par l’annonce de Jésus Christ, peut s’opérer la naissance du Christ dans une âme. C’est le processus que décrit saint Paul dans la lettre aux Romains : la foi naît de ce que l’on entend et comment entendre si personne ne parle ?

Ainsi, en annonçant la Bonne Nouvelle et en témoignant de notre foi, nous devenons mère du Christ pour ceux qui entendent et accueillent cette parole. 
La maternité spirituelle accompagne aussi tout le processus de croissance de la vie divine. Par la prière, les petites attentions, les sacrifices, nous permettons au Christ de croître toujours plus dans l’âme dont il a fait sa demeure. C’est ce que j’essaie de faire chaque jour auprès des enfants et des jeunes de nos établissements scolaires. C’est un vrai travail d’enfantement, long et difficile, parfois douloureux, mais tellement beau !

* Photo : Soeur Marie-Lys parmi ses élèves.

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

 ♦ Mercredi 8 décembre : solennité de l'Immaculée Conception

Méditation

« Je te salue, Comblée-de-grâce. »

Évangile selon saint Luc, chapitre 1, verset 28

Naître d’une femme, c’est devenir fils ou fille de cette femme et en hériter quelques traits. Des traits physiques ou des traits de caractère.
Sans doute Marie s’est-elle entendu dire à propos de Jésus : il te ressemble ! Et elle a dû s’émerveiller de voir Dieu assumer jusqu’à sa ressemblance concrète : « Le Puissant fit pour moi des merveilles, saint est son nom. » 
Si l’enfant hérite de ses parents bien des caractéristiques, les parents, eux, vivent une véritable transformation : naître d’une femme, c’est aussi la faire devenir mère. Ma venue au monde a radicalement transformé celle qui m’a portée. Ma naissance fut aussi pour elle une naissance.

Ainsi Marie s’est-elle laissé transformer par celui qui a pris chair en elle. 
Et nous, qui portons Dieu, à quelle transformation, à quelle nouvelle naissance nous appelle-t-il ? 
La réponse est exprimée de bien des manières dans l’Écriture : il s’agit de devenir semblable à Dieu, comme Marie en son Immaculée Conception : « Il a voulu que nous soyons saints et immaculés devant lui dans l’amour », « Soyez saints car moi, votre Dieu, je suis saint »*  Cette ressemblance, Dieu l’a voulue dès l’origine lorsqu’il a créé Adam et Ève à son image et à sa ressemblance. Mais le péché l’a abîmée et déformée.

Alors, pour la restaurer, Dieu vient non pas seulement parmi nous, mais en nous afin de nous rendre capables de devenir enfants de Dieu. Échange merveilleux pour lequel nous n’aurons jamais fini de rendre grâce : « Dieu se fait homme pour que l’homme devienne Dieu »**
Quelle bonne nouvelle !

* Lévitique chapitre 19, verset 2
** Saint Irénée de Lyon

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Mardi 7 décembre

Méditation

« Appelés Enfants de Dieu. »

Première lettre de saint Jean, chapitre 3, verset 1

« C’est toi qui as créé mes reins, qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je reconnais devant toi le prodige, l’être étonnant que je suis. » 

L’auteur de ces versets de psaume exprime son émerveillement devant la création d’un être humain dans les entrailles maternelles. À l’entendre, on imagine aisément un artiste travaillant à son œuvre dans le silence d’un atelier retiré. C’est en effet un chef-d’œuvre qui se prépare dans chaque femme enceinte. Mais cette œuvre d’art va naître inachevée et Dieu a voulu qu’il en soit ainsi pour que nous participions à notre propre création. Par les choix libres, posés chaque jour, nous devenons l’artisan de notre propre vie.

Dans nos écoles, je vois bien qu’il est essentiel de faire comprendre aux adolescents la différence entre « réussir dans la vie » et « réussir sa vie». L’enjeu n’est pas d’abord d’édifier un empire ou de gagner beaucoup d’argent, mais de devenir une personne de confiance, un être libre et responsable, un véritable enfant de Dieu. Cela prend beaucoup de temps, le temps d’une vie, et ne va pas sans souffrance, car devenir enfant de Dieu c’est renoncer à devenir enfant du monde qui passe.
Heureusement, nous ne sommes pas seuls pour accomplir cette tâche. Nous pouvons compter sur Marie : qui, mieux qu’elle, peut nous apprendre à devenir de véritables enfants de Dieu, elle qui a élevé le Fils unique du Père, notre frère ?

Marie, sois à nos côtés chaque jour comme tu l’as été avec Jésus et apprends-nous à aimer Dieu comme des enfants.

* Psaume 138.

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Lundi 6 décembre

Méditation

« Ce que nous proclamons, c’est, comme dit l’Écriture :
ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu. »

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens chapitre 2, verset 9


Goûter la présence de Dieu en nous n’est pas évident. Car ce mystère, l’œil ne l’a pas vu et l’oreille ne l’a pas entendu. Le Christ en nous est plus imperceptible à nos sens que le petit enfant dans le ventre de sa mère. Ce n’est pas étonnant qu’il soit si facile de l’oublier et de vivre comme s’il n’était pas là.

Même la grande Thérèse d’Avila a mis des années avant de le mesurer pleinement : « Si j’avais compris [disait-elle] que dans ce petit palais de mon âme habitait un si grand roi, il me semble que je ne l’aurais pas laissé seul si souvent mais que de temps en temps je serais restée en sa compagnie. »*
Rester en sa compagnie : voilà ce que Dieu désire lorsqu’il vient faire sa demeure en nous. Après l’Annonciation, les pensées et le cœur de la Vierge Marie se sont naturellement et continuellement tournés vers Jésus. Marie avait le souci de ne pas le laisser seul et de le rejoindre par la pensée et la prière. Ce désir de demeurer auprès de lui ne l’a jamais quittée. Dans l’Évangile, on retrouve Marie à des moments importants de la vie de son Fils, jusqu’au pied de la croix. 

Pour suivre Jésus jusqu’au bout, il faut lui être solidement attaché. Ces liens, nous pouvons les tisser par la prière, ce cœur à cœur où, en apparence, rien ne se passe mais où, en réalité, l’amour qui nous unit ne cesse de grandir. Notre croissance spirituelle est comme une gestation, des choses merveilleuses se passent à l’intérieur, mais tout est caché et seuls ceux qui entrent en eux-mêmes peuvent les deviner.

*Le chemin de la perfection, sainte Thérèse d’Avila.

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Dimanche 5 décembre

Méditation

« Tout être vivant verra le salut de Dieu. »

Évangile selon Saint Luc chapitre 3, verset 6

Comme le peuple attend la venue du Messie et va à la rencontre de Jean Baptiste au bord du Jourdain, Marie attend celui qui doit venir. Elle l’attend depuis bientôt neuf mois. Mystère étonnant et merveilleux que d’attendre un enfant !

Accueillir dans sa chair un petit être nouveau et unique. Sans le voir encore, le laisser prendre de plus en plus de place en nous et dans toute notre vie ; sentir sa présence, se préparer à le rencontrer face à face au jour de sa naissance ; moments merveilleux pour la femme enceinte et particulièrement uniques pour Marie :
celui qu’elle porte en elle, l’univers ne peut le contenir. 
Celui qui pèse seulement quelques centaines de grammes dans son ventre existe de toute éternité.
Celui qui grandit en silence est la Parole éternelle du Père.

Ce que vit Marie, c’est aussi un peu ce que nous vivons. Par la foi, nous avons entendu la voix de celui qui nous appelait et nous avons ouvert la porte de notre cœur à celui qui frappait. Alors, comme il l’avait promis, il est entré et a fait sa demeure en nous. C’est ce que saint Paul dit avec force aux Corinthiens : « Vous êtes le temple de Dieu et l’Esprit de Dieu habite en vous. »*

Il est donc bien là présent, invisible et silencieux. Sommes-nous attentifs à sa présence discrète, mais réelle ? Savons-nous prendre le temps de goûter cette présence ?
Et si, plusieurs fois aujourd’hui, nous nous arrêtions quelques instants pour, simplement, prendre conscience que le Christ vit en nous et goûter ce mystère en silence ?

* Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens ch. 3, v. 16.

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ 1ère semaine

Chaque jour,
u
ne méditation du frère Charles Desjobert, Couvent Sainte-Marie de la Tourette d'Eveux
puis un jeune, un frère, une sœur, un laïc, une femme nous raconte comment Marie l’a cueilli !
Office des Laudes

Et, pour cette première semaine de l'avent, nous joignons nos voix à celles des anges : « Psalite unigenito Christo Dei filio » (« Chantez, jouez pour le Fils unique de Dieu, le Rédempteur ! ») On imagine l’impatience, l’attente fébrile du ciel qui espère l’avènement de l’enfant-Dieu. Cette joyeuse fébrilité est peut-être aussi la nôtre : « Qu’il vienne le Prince de la paix, l’Emmanuel, le Dieu petit enfant qui se fait douceur et fragilité quand il apparait au milieu de nous. Alors nous n’avons plus peur. »
On ignore la date de composition de cette hymne de Noël et son compositeur. On l’attribue à Mickaël Praetorius, compositeur allemand du début du XVIIe siècle, qui a écrit de nombreux motets pour célébrer Noël
Á la joie des anges répondent la tranquille patience de la Vierge Marie et la délicatesse de Joseph. Ainsi Dieu va naître d’une femme ! Tout le monde semble l’ignorer, en ces jours d’hiver du règne d’Hérode. L’évènement le plus important de l’histoire du monde se déroule dans la discrétion. Les évènements les plus importants de notre vie, nos rencontres mystérieuses et bouleversantes avec Dieu, se passent eux aussi dans le secret de notre cœur. Laissons Dieu naître en nous. Que notre écoute devienne louange pour cette merveille !
 

♦ Samedi 4 décembre

Méditation

 

« Tu es bénie entre toutes les femmes. »

Évangile selon Saint Luc chapitre 1, verset 42

Pourquoi Marie ? Pourquoi cette femme-là ?
Marie est choisie entre toutes les femmes. Le Seigneur a fait pour elle des merveilles ! Dieu va naitre d’elle !
Mais pourquoi Marie, Pourquoi elle ?
Cette élection nous instruit avec délicatesse sur le choix de Dieu, son projet pour chaque femme, chaque homme.

Avec profondeur et finesse, sœur Anne Lécu, médecin en prison et le jeune philosophe Martin Steffens nous suggèrent dans un dialogue étonnant comment Marie nous aide à accueillir Jésus chez nous : « Elle nous apprend à prendre soin de Dieu en nous. »

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Vendredi 3 décembre

Méditation

« Dieu, qui fournit la semence au semeur, et le pain pour la nourriture,
vous fournira la graine ; il la multipliera,
il donnera la croissance à ce que vous accomplirez dans la justice. »

Deuxième lettre de Saint Paul Apôtre aux Corinthiens chapitre 9, versets 9-10

Nos naissances et renaissances doivent nous permettre de donner la vie, faire naître à notre tour.

Il y a peu, une femme musulmane en chemin de conversion me fait part de son épuisement à soutenir un proche malade. Pour elle, le Christ nous invite à nous donner de toutes nos forces aux autres, alors elle se fatigue au service de cet ami, et elle n’y arrive plus : la voilà à bout de souffle ! L’apôtre Paul ne dit-il pas « à semer trop peu, on récolte trop peu ; à semer largement, on récolte largement » (2 Co 9, 6) ? C’est pourquoi elle ne ménage pas sa peine. Mais, me demande-t-elle : « N’est-ce pas folie qu’une religion qui exige tant ? » Je reste interdit.
Alors, nous avons relu ensemble ce passage de Paul et avons découvert la suite : « Dieu vous fournira la graine ; il la multipliera. » Ainsi, donc, ce n’est pas sur nos réserves propres qu’il faut s’appuyer. Nos talents ne sont pas des tas de grains dans lesquels nous puisons et qui s’amenuisent au fur et à mesure. Nos talents, c’est notre manière de recevoir et de donner cette graine que Dieu nous tend et qu’il se charge de multiplier lui-même.

Ce que nous avons à travailler, ce qui est notre identité propre, notre façon d’enfanter les autres à Dieu, c’est la façon, spécifique pour chacun, toute particulière, que nous avons de recevoir Dieu et de donner Dieu.
Et pour se convertir, il faut arrêter de s’épuiser, et puiser à nouveau dans ce que Dieu donne et multiplie pour nous.

Dès dimanche, laissons une femme, sœur Marie-Lys, nous conduire au cœur de ce mystère inouï qu’est l’attente d’un enfant.

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Jeudi 2 décembre

Méditation

« Vous êtes tous frères. »

Évangile selon Saint Matthieu chapitre 23, verset 9

Je me souviens d’une renaissance. J’étais en Centrafrique, il y a trois ans. Dans la capitale, Bangui, les affrontements entre groupes armés reprenaient, une église avait été prise pour cible, plusieurs centaines de morts, des prêtres aussi. Sur le chantier de construction du couvent, dont, en tant qu’architecte, je supervisais les travaux, un ouvrier s’approche et me demande : « Alors, tu vas partir toi aussi ? » Cette question, avec ses accents bibliques, me dérange et, pour me défausser, je bredouille : « Cela dépend de mon supérieur. » Alors, avec une spontanéité désarmante, le jeune maçon rétorque : « Mais tu ne peux pas abandonner tes frères. » Soudain, je ne sais plus de quels frères il parle : mes frères dominicains ? Les habitants de ce pays ? Lui-même, avec qui je travaille depuis des mois ? Alors fondit sur moi une évidence: je suis avec des frères, mes frères, ici en Centrafrique.

Là-bas, je naissais à une fraternité universelle que je savais, mais que je ne vivais pas. Je regardais ce maçon sans savoir quoi répondre. Plus encore qu’une voix qui crie dans le désert, c’est, ce jour-là, le Christ qui m’a parlé. Ce fut douloureux comme une naissance, et pourtant, plus que jamais dans cette famille qui brusquement s’est agrandie, je me suis senti vivant. Je ne l’oublierai jamais.

Les renaissances fondent sur nous, rarement prévisibles. Elles nous surprennent même quand tout s’embrase et que la vie se tait. Ces inattendus, saisissons-les au vol, non pour quitter cette terre, mais pour nous enraciner à nouveau.
Et si une crise était une chance de renaissance ?

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Mercredi 1er décembre

Méditation

 

« Il a dressé sa tente parmi nous. »

Psaume 125, verset 5

Rien de tel que quelques courbatures et des ampoules aux pieds pour remettre l’esprit en place  ! C’est l’expérience des pèlerins de Compostelle et des campeurs, celle des bergers et mages en route vers la crèche aussi. Marcher est un bon moyen de renaître de l’intérieur, tant il est vrai que toute naissance est à la fois corporelle et spirituelle.

On peut se tromper sur la nature des naissances qui doivent ponctuer nos vies chrétiennes ; imaginer qu’il ne s’agit que de renaissances spirituelles, de régénérations désincarnées. Renaître ne serait qu’une façon de parler, une formule pour dire qu’on l’on est quelque peu revigoré dans notre petit confort.
Mais une naissance ne peut pas, en réalité, n’être que spirituelle. Toute naissance affecte nécessairement le tout de ce que l’on est, nous renouvelle corps et âme, nous saisit dans la chair que nous sommes. Naître, n’est-ce pas justement unifier l’esprit et le corps que nous avons tellement tendance à séparer ? Une renaissance nous fait sentir à nouveau comme notre âme est blessée par notre corps fragile. Et comme notre corps peut être bouleversé quand l’âme est touchée.
Une naissance, même d’en haut, est donc une incarnation. Une manière à nouveau de prendre corps, d’être de chair. C’est la possibilité d’être blessé, c’est-à-dire d’être touché dans nos fragilités par l’immense grâce de Dieu.

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Mardi 30 novembre

Méditation

« Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix,
mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va.
Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. »

Évangile selon Saint Jean chapitre 3, verset 7-9

Un condamné à mort s’est échappé : un film splendide de Robert Bresson. Chaque fois que je le regarde, je sens bien qu’il ne s’agit pas d’une histoire lointaine, d’un vieux film en noir et blanc. Mystérieusement, c’est bien de moi qu’il est question dans ce récit, de chacun de nous, même ! Comme l’homme emprisonné du film, ne sommes-nous pas des condamnés à mort ? N’est-ce pas la mort qui nous attend ? Pourtant, notre foi en Jésus Christ a ouvert une porte, déverrouillé ce qui semblait être l’ultime cadenas de nos vies : « Le filet s’est rompu, nous avons échappé. » (Ps 123, 7)
Ce film a un sous-titre inattendu : Le vent souffle où il veut. Cette parole n’est autre que la réponse de Jésus à Nicodème quand celui-ci cherche à savoir comment renaître. « Il te faut renaître d’en haut », lui dit Jésus, « le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit » (Jn 3, 7-9).

L’Esprit Saint, en nous, est ce « vent qui souffle », qui déverrouille ce que l’on pensait cadenassé, nous entraîne où il veut. Depuis notre baptême, l’Esprit est le principe actif de nos libérations, de nos renaissances.
Le passé peut prendre la forme d’un boulet qui nous tire en arrière, un cachot sans issue, qui bouche l’avenir. Comment nous libérer de ce passé-prison ? Dieu nous invite non à ruminer le passé, mais à faire mémoire des générosités de nos vies. Sa grâce nous donne de savourer les renaissances et de laisser ce qui est amer.
Et quand, dans nos mémoires, les dernières chaînes sautent, la liberté retrouvée toujours surprend.

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Lundi 29 novembre

Méditation

« Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. »

Actes des Apôtres chapitre 3, verset 20

L’année s’achève, une porte se ferme, une autre s’ouvre. Nous voici au seuil.
Alors que je devais annoncer à mes colocataires que j’entrais dans la vie religieuse, que j’allais devenir dominicain, c’était une telle joie, j’étais habité d’un tel enthousiasme que tout autour de moi me semblait étriqué et mesquin. Y compris d’ailleurs l’espace de notre appartement commun, vraiment trop étroit. Alors un matin, sans prévenir, je n’ai rien trouvé de mieux que de rouvrir à coup de masse, devant mes colocs bouche bée, une ancienne porte depuis longtemps condamnée. Une manière de dire – de façon un peu musclée, certes ! – que j’avais besoin d’air, que j’aspirais à de plus vastes horizons. Comme je finissais des études d’architecture, ils m’ont pardonné le procédé, et rassurez-vous, je ne m’exprime habituellement pas à coups de masse.

Au cours de l’année écoulée, chacun de nous en a vu et s’en est pris, des portes ! Certaines ont claqué à cause de nos incompréhensions ou de nos colères, quand nous sommes sortis de nos gonds, pour de bonnes ou moins bonnes raisons. Et heureusement, des portes se sont refermées sur nos penchants mauvais, notre péché. Des portes ont aussi cédé, face à notre détermination à plus de justice, à plus de fraternité. Et puis il y a ces portes qu’on a osé ouvrir vers l’espérance : ces portes entrebâillées laissent la lumière de Dieu largement pénétrer.

L’année s’ouvre, comme une naissance. Quelle porte dois-je ouvrir encore ?

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

♦ Dimanche 28 novembre

Méditation 

« Lorsqu'est venue la plénitude des temps, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme. »
Lettre de Saint Paul Apôtre aux Galates, chapitre 4, verset 4

« Si Jésus est le visage du Père, franchement, il a les yeux de sa mère ! »
Comment ? Il serait né d’une femme, ce grand prophète ? On pouvait peut-être admettre que ce faiseur de miracles, ce thaumaturge galiléen soit simplement né d’une femme, mais quand, cloué au bois, il n’avait plus figure humaine, pouvait-on reconnaître l’enfant d’une femme ? Et au matin de la Résurrection, était-ce encore l’homme né d’une femme, ce vivant victorieux de la mort ? Est-ce que ça naît d’une femme, un dieu ? Pour ses disciples, c’était une évidence : ce Jésus de Nazareth, de sa mère, il a les yeux, le bon visage, quelques mimiques aussi. On sait bien d’où il est ! « N’est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie ? »*, ces frères et sœurs sont de chez nous. Oui, franchement, ce Jésus est d’ici. Celui dont certains ne retiendront que la divinité porte en lui cette vérité : il est homme puisqu’une femme l’a enfanté. Celle qui nous a portés et mis au monde, qui est-elle ? Avons-nous son visage et ses traits ? Son caractère, peut-être ? Toute une part de nous-mêmes, de notre pâte humaine, se tient là, reçue ; et avec ce qu’il faut de poids, ce qu’il faut de grâce. De cette pâte, Jésus lui-même était fait. Nous, comme lui, nés d’une femme.

* Évangile selon Saint Matthieu ch 13, v55

Comment Marie l’a cueilli !

Office des Laudes

 

♦ Présentation

Accueillons Dieu qui naît dans nos vies

Est-elle belle, la Vierge Marie ? Bernadette de Lourdes l’a trouvée jeune, proche, rayonnante. Chacun de nous se fait dans le cœur une image de celle qui est notre sœur, notre confidente, notre mère, la mère du Sauveur.
Elle est choisie par Dieu pour donner naissance à Jésus. Saint Paul n’en revient pas : « Quand vint la plénitude des temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme ! » (Galates 4, 4). Jamais Marie n’a été aussi belle que pendant cette grossesse, resplendissante d’une promesse pour tous les hommes, pour nous ! Jamais Dieu n’a été si proche des hommes qu’en devenant homme, bébé fragile dans le ventre arrondi de sa mère, secoué par les soubresauts du chemin qui mène à Bethléem, couvé des yeux par Joseph.
Dieu s’est fait homme par l’action de l’Esprit Saint et la chair d’une femme. La grossesse de Marie, durant ce temps de l’avent, récapitule le mystère de l’Incarnation et de la rédemption. Quelle merveille !
La retraite de l'avent 2021 a pour thème :
« Né d'une femme » (Galates 4,4)
Regardez ce qu'en pense Saint Joseph dans cette vidéo

Durant cette retraite de l’avent, vous êtes accompagné par des sœurs et frères dominicains,

pour les méditations quotidiennes :

- 1ère semaine : le frère Charles Desjobert, de L’Arbresle, nous rappellera que comme l’enfant Jésus, nous devons naître et renaître à la vie de Dieu ;

- 2ème semaine : la sœur Marie-Lys Nuville, de Toulouse, nous proposera de laisser, comme la Vierge Marie, croître la présence de Dieu au plus intime de nous-mêmes ;

- 3ème semaine : le frère Philippe Jeannin, de Paris, aura l’audace de donner la parole à la future Mère de Jésus ;

- 4ème semaine : le frère Grégoire Abessolo, d’Evry, nous apprendra à vivre en frères et sœurs, tous nés de Dieu !

En plus des méditations quotidiennes, nous vous proposons :

Chaque semaine, nous vous proposons de prier sur une hymne interprétée par les petits chanteurs du Nord. Une trentaine de jeunes qui nous prouvent que l’engagement au service de la beauté n’est pas un rêve ou un souvenir nostalgique du passé ! Ils mobilisent leur talent et leur élan, ils nous entraînent pour que notre retraite soit un temps de louange émerveillée.

 

Il est urgent que Dieu naisse en chacune de nos vies. C’est urgent pour le monde, pour l’Église, pour nos proches et pour nous-mêmes. En naissant d’une femme, Dieu veut célébrer toutes les femmes, Dieu veut nous apprendre le respect, Dieu veut nous faire découvrir la fragilité et la sainteté de l’enfance. Dieu veut être avec nous, comme nous, en nous. Il faut nous préparer à recevoir Jésus. Il est discret, petit et proche. 

Notre retraite de l’avent va ouvrir nos cœurs et transformer nos vies ! 

Bonne retraite de l'avent, ensemble.

frère Philippe Verdin, op
Responsable de Avent dans la ville