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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU
 

Méditations quotidiennes avec le supplément de la revue Prier : « Prier au quotidien »
ou (et) du site « L’Évangile au quotidien »
et découverte brève de certains saints ou bienheureux qui sont de vrais témoins de la foi.

A partir de septembre 2022, les auteurs des méditations changent
et celles du dimanche et des grandes fêtes sont dès que possible du pape François.

♦ Mercredi 1er février

Bienheureuse ELLA (1261). Belle-soeur de Richard Coeur de Lion, après la mort de son premier mari, elle fonda le monastère de Laycock (Angleterre)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (6, 1-6)

En ce temps-là,  Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent. Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. » Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains. Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

Méditation : Tu as les paroles de la vie éternelle !

Notre Rédempteur a été comme un passant

« Et j’ai été à leurs yeux comme un passant. » (Jb 19,15 Vg) N’être pas connu par la synagogue, c’était, pour notre Rédempteur, être dans sa maison comme un passant. C’est ce qu’atteste le Prophète dans ces paroles : « Pourquoi seras-tu sur la terre comme un métayer, comme un voyageur qui s’arrête pour chercher un gîte ? » (Jr 14,8)
Puisqu’il n’a pas été entendu comme Seigneur, il a été tenu non pour un propriétaire du sol, mais pour un métayer. Et comme un voyageur, il n’a fait une halte que pour chercher un gîte : il n’a pris à la Judée que quelques hommes et c’est pour la vocation des Gentils qu’il a achevé son voyage.
Il a donc été à leurs yeux un passant, puisque, en n’attachant leurs pensées qu’à ce qu’ils pouvaient voir, ils ont été impuissants à discerner dans le Seigneur ce qu’ils ne pouvaient pas voir. En méprisant sa chair visible ils n’ont pas atteint son invisible majesté. C’est donc raison de dire : « Et j’ai été à leurs yeux comme un passant. »

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), pape et docteur de l'Église

♦ Mardi 31 janvier

Saint Jean Boxco (1815-1888). Fils de paysans piémontais, ce prêtre voua sa vie à la jeunesse défavorisée et fonda la congrégation des Salésiens.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (5, 21-43)

En ce temps-là, Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer. Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. » Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait.
Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… – elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré –… cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement. Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. » À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal. Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? » Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” » Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela. Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité. Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? » Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. » Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques. Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris. Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant. Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! »
Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur. Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.

Méditation : Prier avec foi et confiance

Il faut que nos prières soient faites avec confiance, et avec une espérance ferme que le bon Dieu peut et veut nous accorder ce que nous lui demandons, si nous le demandons comme il faut. Dans tous les endroits où Jésus-Christ nous promet de tout accorder à la prière, il met toujours cette condition : « Si vous la faites avec foi. » Quand quelqu’un lui demandait sa guérison ou autre chose, il ne manquait jamais de leur dire : « Qu’il vous soit fait selon votre foi. » (Mt 9, 29) D’ailleurs, mes frères, qui pourrait nous porter à douter, puisque notre confiance est appuyée sur la toute-puissance de Dieu qui est infinie, et sur sa miséricorde qui est sans bornes, et sur les mérites infinis de Jésus-Christ au nom duquel nous prions. Quand nous prions au nom de Jésus-Christ, ce n’est pas nous qui prions mais c’est Jésus-Christ lui-même qui prie son Père pour nous.
L’Évangile nous donne un bel exemple de la foi que nous devons avoir en priant, dans la personne de cette femme qui était atteinte d’une perte de sang. Elle se disait en elle-même : « Si je peux seulement toucher le bord de son manteau, je suis sûre d’être guérie. » (Mt 9,21) Vous voyez qu’elle croyait fermement que Jésus-Christ pouvait la guérir ; elle attendait avec une grande confiance une guérison qu’elle désirait ardemment. En effet, le Sauveur passant près d’elle, elle se jette aux pieds de Jésus-Christ, lui touche son manteau, et aussitôt elle est guérie. Jésus-Christ voyant sa foi, la regarde avec bonté, en lui disant : « Allez, votre foi vous a sauvée. » (Mt 9, 22) Oui, mes frères, c’est à cette foi et à cette confiance que tout est promis.

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), prêtre, curé d'Ars

♦ Lundi 30 janvier

Bienheureuse Maria Bolognesi (1924-1980)Fille d'une mère célibataire dans un milieu de pauvres paysans italiens, elle travailla dur. Sa vie mystique ne l'empêcha pas de s'occuper de personnes en détresse.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (5, 1-20)

En ce temps-là, Jésus et ses disciples arrivèrent sur l’autre rive, de l’autre côté de la mer de Galilée, dans le pays des Géraséniens. Comme Jésus sortait de la barque, aussitôt un homme possédé d’un esprit impur s’avança depuis les tombes à sa rencontre ; il habitait dans les tombeaux et personne ne pouvait plus l’attacher, même avec une chaîne ; en effet on l’avait souvent attaché avec des fers aux pieds et des chaînes, mais il avait rompu les chaînes, brisé les fers, et personne ne pouvait le maîtriser. Sans arrêt, nuit et jour, il était parmi les tombeaux et sur les collines, à crier, et à se blesser avec des pierres. Voyant Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui et cria d’une voix forte : « Que me veux-tu, Jésus, fils du Dieu Très-Haut ? Je t’adjure par Dieu, ne me tourmente pas ! » Jésus lui disait en effet : « Esprit impur, sors de cet homme ! » Et il lui demandait : « Quel est ton nom ? » L’homme lui dit : « Mon nom est Légion, car nous sommes beaucoup. » Et ils suppliaient Jésus avec insistance de ne pas les chasser en dehors du pays.
Or, il y avait là, du côté de la colline, un grand troupeau de porcs qui cherchait sa nourriture. Alors, les esprits impurs supplièrent Jésus : « Envoie-nous vers ces porcs, et nous entrerons en eux. » Il le leur permit. Ils sortirent alors de l’homme et entrèrent dans les porcs. Du haut de la falaise, le troupeau se précipita dans la mer : il y avait environ deux mille porcs, et ils se noyaient dans la mer. Ceux qui les gardaient prirent la fuite, ils annoncèrent la nouvelle dans la ville et dans la campagne, et les gens vinrent voir ce qui s’était passé. Ils arrivent auprès de Jésus, ils voient le possédé assis, habillé, et revenu à la raison, lui qui avait eu la légion de démons, et ils furent saisis de crainte. Ceux qui avaient vu tout cela leur racontèrent l’histoire du possédé et ce qui était arrivé aux porcs. Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire.

Méditation : Être là où Jésus veut que nous soyons

Lorsque nous désirons suivre Jésus, ne nous étonnons pas s’Il ne nous le permet pas tout de suite, ou même s’Il ne nous le permet jamais : et cela, tout légitime, tout conforme à ses propres conseils, tout agréable que soit à son Cœur, tout inspiré de Lui que soit ce désir. En effet ses vues portent plus loin que les nôtres ; Il veut, non seulement notre bien, mais celui de tous : en Le suivant pas à pas, nous ne procurerions peut-être que notre bien ou celui d’un petit nombre ; en allant où Il nous envoie et en faisant sa volonté, et en ne Lui étant uni que d’âme, sans avoir la consolation de Le suivre d’aussi près dans notre vie extérieure, nous procurons peut-être le bien d’un grand nombre. Il préfère le bien général au bien particulier : d’autant plus que le bien particulier sera produit par ce moyen, non seulement aussi bien, mais mieux qu’en Le suivant : car ce bien particulier ne provient que de sa grâce, et il dépend de Lui de prévenir de grâces deux fois plus, et de rendre deux fois plus saint en cette vie et dans l’autre, le Gérasénien prêchant loin de Lui que le même Gérasénien marchant à sa suite et partageant sa vie… (…)
D’ailleurs, il n’est pas nécessaire de croire que c’est pour toujours qu’Il nous refuse de Le suivre… Peut-être Jésus permet-il quelques mois, quelques années plus tard, au Gérasénien de se joindre aux apôtres… Espérons toujours, autant qu’il y a lieu, mener la vie en soi la plus parfaite et pour le moment, menons parfaitement la vie que Jésus nous fait, celle où Il nous veut, vivons-y comme Il y vivrait Lui-même, si la volonté de son Père l’y mettait ; faisons-y toutes choses comme Il le ferait, si son Père l’y mettait ; faisons-y toutes choses comme Il le ferait, si son Père le mettait à cette place, comme Il nous y met. La vraie perfection, d’ailleurs, est de faire la volonté de Dieu…

Saint Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara

♦ Dimanche 29 janvier

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 1-12a)

« Heureux les pauvres de cœur »

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

Méditation :

Jésus manifeste ici la volonté de Dieu de conduire les hommes au bonheur. Pour cela, il suit un chemin particulier : il commence par « bienheureux », il poursuit avec l’indication de la condition pour l’être, et il conclut en faisant une promesse. Le motif de la béatitude, c’est-à-dire du bonheur, ne réside pas dans la condition requise « pauvre d’esprit », « affligés » (…) mais dans la promesse. On part de la condition de difficulté, pour s’ouvrir au don de Dieu et accéder au « royaume » annoncé par Jésus. C’est un chemin de vie à la suite du Seigneur mais l’on n’est pas bienheureux si l’on n’est pas converti, en mesure d’apprécier et de vivre les dons de Dieu.
Je m’arrête sur la première béatitude : « Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des Cieux est à eux ». Le bonheur de ceux qui ont une âme de pauvre a une double dimension : à l’égard des biens et à l’égard de Dieu. En ce qui concerne les biens matériels, cette âme de pauvre signifie sobriété : pas nécessairement renoncement, mais capacité de goûter l’essentiel, le partage. A l’égard de Dieu, elle est louange et reconnaissance du fait que le monde est bénédiction car à son origine, il y a l’amour créateur du Père. Et quand le cœur est ouvert, il marche sur le chemin de l’amour.

Pape François   (Angélus janvier 2017)

♦ Samedi 28 janvier

Saint Thomas d'Aquin (1225-1274). Cet Italien du Sud devint dominicain contre la volonté de sa famille. Sa Somme théologique est un ouvrage de référence pour l’Église latine; Saisi par Dieu, il cessa d'écrire.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (4, 35-41)

Ce jour-là, le soir venu, Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. » Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient. Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait. Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

Méditation :

Monter sur la barque de la sainte Croix

Il faut nous dépouiller de nous-mêmes, nous revêtir de Jésus crucifié, monter sur la barque de la très sainte Foi, et voguer sans crainte sur la mer orageuse du monde. Car celui qui est dans cette barque ne doit pas avoir de crainte servile ; sa barque est fournie de toutes les provisions que l'âme peut désirer. Lorsque les vents contraires viennent nous attaquer et nous empêcher de satisfaire sur-le-champ nos désirs, il ne faut pas nous en inquiéter, mais avoir une foi vive ; car nous avons de quoi nous nourrir, et la barque est si forte, que les vents les plus terribles, en la poussant sur les écueils, ne pourront jamais la briser.
Il est vrai que souvent la barque sera couverte par les flots de la mer, mais ce n'est pas pour que nous perdions courage ; c'est pour que nous nous connaissions mieux, et que nous distinguions plus parfaitement le calme de la tempête. Dans le calme, nous ne devons pas avoir une confiance déréglée, mais nous devons, avec une sainte crainte, avoir recours aux humbles et continuelles prières, et rechercher avec un ardent désir l'honneur de Dieu et le salut des âmes, dans cette barque de la Croix. C'est pour cela que Dieu permet aux démons, à la chair et au monde, de nous persécuter et de nous couvrir de leurs flots tumultueux.
Mais si l'âme qui est sur cette barque ne se tient pas sur le bord, mais se place au centre, dans l'abîme de l'ardent amour de Jésus crucifié, elle n'en recevra aucun mal : elle en deviendra, au contraire, plus forte, plus courageuse à supporter les peines, les fatigues et les injustes reproches du monde, parce qu'elle aura éprouvé et goûté le secours de la Providence divine. Dépouillez-vous donc de l'amour-propre, et revêtez-vous de la doctrine de Jésus crucifié. Je vous en conjure, je veux que vous entriez dans cette barque de la très sainte Croix, et que vous traversiez cette mer orageuse à la lumière d'une foi vive.

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), tertiaire dominicaine, docteur de l'Église, copatronne de l'Europe

♦ Vendredi 27 janvier

Sainte Angèle Mérici (1474-1540). D'abord entrée au tiers ordre franciscain, cette orpheline fonda une compagnie de femmes qui devaient vivre leur consécration dans le monde, origine des Ursulines.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (4, 26-34)

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence : nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment. D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi. Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. » Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ? Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences. Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »
Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre. Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

Méditation : Que ton Règne vienne en moi !

« Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence »
(lettre à la reine Jeanne de Naples)

Vous savez, très chère Mère, que nous sommes semblables à des champs où Dieu dans sa miséricorde a jeté sa semence, c'est-à-dire l'amour avec lequel il nous a créés en nous tirant de son sein par amour, et non par devoir. Nous ne lui avons pas demandé de nous créer ; mais lui, poussé par le feu de sa charité, il nous a créés pour que nous voyions et que nous goûtions sa souveraine et éternelle beauté.
Et afin que cette semence porte du fruit et que les plantes grandissent, il nous a donné l'eau du saint baptême. Le fruit est bien agréable et bien doux, mais il faut un jardinier pour le soigner et le conserver. Ô très doux amour Jésus, vous nous avez donné le meilleur et le plus puissant jardinier que nous puissions avoir, en nous donnant la raison et le libre arbitre. (…)
Dieu nous a donné aussi le temps, car sans le temps, le jardinier ne pourrait rien faire ; mais avec le temps, c'est-à-dire pendant que nous vivons, le jardinier peut retourner la terre et recueillir le fruit ; alors la main de l'amour, du saint et vrai désir, prend le fruit et le porte dans le grenier, c'est-à-dire qu'il fait tout pour Dieu, et qu'il recherche dans toutes ses œuvres la louange et la gloire de son nom. (…)
Regardez, regardez l'amour ineffable que Dieu nous porte, et la douceur du fruit délicieux de l'Agneau sans tache, ce bon grain qui a été semé dans le doux champ de Marie. Que notre jardinier ne dorme plus dans la négligence, car voici le moment : il est fort par sa nature, et il a été fortifié par l'union de Dieu avec l'homme.

♦ Jeudi 26 janvier : fête de saints Tite et Timothée (1er siècle)

Les lettres que saint Paul a écrites à ces deux compagnons, qui devinrent évêques, font partie du Nouveau Testament. Elles sont nommées les « épîtres pastorales ».

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (4, 21-25)

En ce temps-là, Jésus disait à la foule : « Est-ce que la lampe est apportée pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? N’est-ce pas pour être mise sur le lampadaire ? Car rien n’est caché, sinon pour être manifesté ; rien n’a été gardé secret, sinon pour venir à la clarté. Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » Il leur disait encore : « Faites attention à ce que vous entendez ! La mesure que vous utilisez sera utilisée aussi pour vous, et il vous sera donné encore plus. Car celui qui a, on lui donnera ; celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il a. »

Méditation : Sois ma lumière, Seigneur !

Être une lampe sur le lampadaire

Les laïcs, que leur vocation spécifique place au cœur du monde et à la tête des tâches matérielles les plus variées, doivent exercer par là même une forme singulière d'évangélisation. Leur tâche première et immédiate n'est pas l'institution et le développement de la communauté ecclésiale — c'est là le rôle spécifique des Pasteurs — mais c'est la mise en œuvre de toutes les possibilités chrétiennes et évangéliques cachées, mais déjà présentes et actives, dans les choses du monde. Le champ propre de leur activité évangélisatrice, c'est le monde vaste et compliqué de la politique, du social, de l'économie, mais également de la culture, des sciences et des arts, de la vie internationale, des mass media, ainsi que certaines autres réalités ouvertes à l'évangélisation comme l'amour, la famille, l'éducation des enfants et des adolescents, le travail professionnel, la souffrance.
Plus il y aura de laïcs imprégnés d’Evangile responsables de ces réalités et clairement engagés en elles, compétents pour les promouvoir et conscients qu’il faut déployer leur pleine capacité chrétienne souvent enfouie et asphyxiée, plus ces réalités sans rien perdre ou sacrifier de leur coefficient humain, mais manifestant une dimension transcendante souvent méconnue, se trouveront au service de l’édification du Règne de Dieu et donc du salut en Jésus-Christ.

Saint Paul VI, pape de 1963 à 1978

♦ Mercredi 25 janvier : fête de la Conversion de saint Pau

Extrait d'Actes (22, 3-16)

Comme j’étais en route et que j’approchais de Damas, soudain vers midi, une grande lumière venant du ciel m’enveloppa de sa clarté. Je tombai sur le sol, et j’entendis une voix me dire : “Saul, Saul, pourquoi me persécuter ?” Et moi je répondis : “Qui es-tu, Seigneur ? – Je suis Jésus le Nazaréen, celui que tu persécutes.” Ceux qui étaient avec moi virent la lumière, mais n’entendirent pas la voix de celui qui me parlait. Alors je dis : “Que dois-je faire, Seigneur ?” Le Seigneur me répondit : “Relève-toi, va jusqu’à Damas ; et là on te dira tout ce qu’il t’est prescrit de faire.”

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (16, 15-18)

En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »

Méditation : Que dois-je faire, Seigneur ?

Il ne me déplaît pas de prendre l’exemple de Paul.
Saül (futur Paul) muni des lettres qu’il avait demandées pour aller contre le Christ, il se dirigeait sur Damas quand soudain, sur son chemin, la grâce du Saint Esprit l’inonde, il n’a plus cette cruauté qui était la sienne, il est changé et voilà qu’il s’offre pour le Christ aux coups qu’il venait porter aux Chrétiens ; celui qui, hier, vivant selon la chair, s’employait à livrer à la mort les Saints du Seigneur, prend plaisir maintenant, pour sauver la vie des Saints, à immoler la vie de sa propre chair. Les froides machinations de sa cruauté sont transformées en une charité ardente et celui qui était blasphémateur et persécuteur a maintenant trouvé l’humilité et la piété du prédicateur. Celui qui tenait pour un gain sans pareil de tuer le Christ dans ses disciples considère désormais que sa vie, c’est le Christ et que son gain, c’est de mourir. Ainsi l’eau a été lâchée et la terre est retournée (cf. Jb 12,15 Vg), puisque, la grâce du Saint Esprit à peine accueillie, l’âme de Paul a transformé sa condition d’être immobile et cruel.
En sens contraire, par la bouche du Prophète, le Seigneur exprime ces plaintes contre Éphraïm : « Éphraïm est devenu un pain cuit sous la cendre qu’on ne retourne pas. » (Os 7,8) Le pain cuit sous la cendre a une charge de cendre au-dessus de lui ; le dessous est pur, et le dessus est d’autant plus souillé que le poids de la cendre est plus lourd. Si donc une âme ne pense qu’aux choses de la terre, quelle charge a-t-elle sur elle ? n’est-ce pas une masse de cendre ? Mais si elle a la volonté de se retourner, la face pure qu’elle avait enfoncée vers le bas est ramenée vers le haut, une fois secouée la cendre dont elle était chargée.

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604), Pape et docteur de l’Église.

♦ Mardi 24 janvier

Saint François de Sales (1567-1622). Cet évêque savoyard, auteur de l'Introduction à la vie dévote, est l'un des grands maîtres spirituels modernes. Il a fondé, avec sainte Jeanne de Chantal, l'ordre de la Visitation.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (3, 31-35)

En ce temps-là, comme Jésus était dans une maison, arrivent sa mère et ses frères. Restant au-dehors, ils le font appeler. Une foule était assise autour de lui ; et on lui dit : « Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent. » Mais il leur répond : « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? » Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

Méditation : Qu'il me soit fait selon ta Parole.

Marie a exercé une foi eucharistique avant même l'institution de l'Eucharistie, par le fait même qu'elle a offert son sein virginal pour l'Incarnation du Verbe de Dieu.L'Eucharistie renvoie à la Passion et à la Résurrection et, simultanément, elle se situe en continuité de l'Incarnation. A l'Annonciation, Marie a conçu le Fils de Dieu dans la vérité même physique du corps et du sang, anticipant en elle ce qui, dans une certaine mesure, se réalise sacramentellement en tout croyant qui reçoit, sous les espèces du pain et du vin, le Corps et le Sang du Seigneur.
Il existe donc une analogie profonde entre le « fiat », le « qu'il me soit fait », par lequel Marie répond aux paroles de l'ange et l'« amen » que chaque fidèle prononce lorsqu’il reçoit le Corps du Seigneur. A Marie, il a été demandé de croire que celui qu'elle concevait « par l'action de l'Esprit saint » était le «Fils de Dieu ». Dans la continuité avec la foi de la Vierge Marie, il nous est demandé de croire que, dans le mystère eucharistique, ce même Jésus, Fils de Dieu et Fils de Marie, se rend présent dans la totalité de son être humain et divin, sous les espèces du pain et du vin. « Heureuse celle qui a cru. »

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape

♦ Lundi 23 janvier

Sainte Emerentienne (Morte en 304). Cette catéchumène fut lapidée sur la tombe de sainte Agnès, sa sœur de lait. Le père Marie-Eugène (1894-1967), fondateur de Notre-Dame de Vie, lui vouait un culte discret.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (3, 22-30)

En ce temps-là, les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Il est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Les appelant près de lui, Jésus leur dit en parabole : « Comment Satan peut-il expulser Satan ? Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir. Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir. Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ; c’en est fini de lui. Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison. Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. »
Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit : « Il est possédé par un esprit impur. »

Méditation : Qui oserait blasphémer contre le Saint-Esprit ?

Crois au Saint-Esprit ; vénère-le tout comme tu as appris à vénérer le Père et le Fils, et ne suis pas ceux dont l’enseignement le dégrade. Sache-le donc, le Saint-Esprit est unique, indivisible, très puissant ; il multiplie ses actions sans être pour autant lui-même partagé ; c’est lui qui connaît les mystères, qui scrute toutes choses, même les profondeurs de Dieu ; lui qui est venu sous forme de colombe sur le Seigneur Jésus Christ ; lui qui fut le nerf de la Loi et des Prophètes ; qui maintenant encore, le temps du baptême venu, marque ton âme de son sceau ; toute la nature intelligente a besoin de sa sainteté : qui oserait blasphémer contre le Saint-Esprit n’a de pardon ni dans ce siècle ni dans celui qui vient.
Il est honoré, lui, avec le Père et le Fils, de la gloire de la divinité ; de lui ont besoin Trônes et Dominations, Principautés et Puissances. Car il n’y a qu’un seul Dieu, le Père du Christ ; et un seul Seigneur Jésus Christ, le Fils unique engendré de Dieu ; unique aussi est l’Esprit Saint, l’universel sanctificateur et déificateur, qui a parlé dans la Loi et dans les Prophètes, dans l’Ancien et le Nouveau Testaments.
Garde toujours dans ton intelligence ce sceau.

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350), évêque de Jérusalem et docteur de l'Église

♦ Dimanche 22 janvier : Dimanche de la Parole de Dieu

Une invitation du pape François instituée en 2019 pour méditer les Écritures et redécouvrir leur place centrale.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (4, 12-23)

Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée. Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations ! Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée.’ À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent. Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

Méditations : Jésus commence sa prédication

L’Évangile d’aujourd’hui nous présente le début de la mission publique de Jésus. Cela a lieu en Galilée, une terre regardée avec suspicion pour son mélange avec les païens, cependant c’est précisément là que Jésus commence sa prédication, dont l’essentiel est résumé dans l’appel : « Convertissez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche ». Cette annonce est comme un puissant faisceau de lumière qui traverse les ténèbres, évoquant la prophétie d’Isaïe. Avec la venue de Jésus, lumière du monde, Dieu le Père a montré à l’humanité sa proximité et son amitié. Celles-ci nous sont données gratuitement au-delà de nos mérites. Nous devons protéger ce don. Mais il semble si souvent impossible de changer de vie, d’abandonner la voie de l’égoïsme, du mal et du péché, parce que l’on concentre l’effort de conversion uniquement sur soi-même et non pas sur le Christ et son Esprit. Nous sommes donc appelés à faire confiance à la Parole du Christ, à nous ouvrir à la miséricorde du Père et à nous laisser transformer par la grâce de l’Esprit Saint.  

Pape François

Jésus en moi veut être envoyé...

Un jour de plus commence. Jésus en moi veut le vivre. Il ne s'est pas enfermé. Il a marché parmi les hommes d'aujourd'hui. Il va rencontrer chacun de ceux qui entreront dans la maison, chacun de ceux que je croiserai dans la rue, d'autres riches que ceux de son temps, d'autres pauvres, d'autres savants et d'autres ignorants, d'autres petits et d'autres vieillards, d'autres saints et d'autres pécheurs, d'autres valides et d'autres infirmes. Tous seront ceux qu'il est venu chercher, chacun, celui qu'il est venu sauver.
Le monde où il me laisse pour y être avec moi, ne peut m'empêcher d'être avec Dieu ; comme un enfant porté sur les bras de sa mère n'est pas moins avec elle parce qu'elle marche dans la foule. Jésus, partout, n'a cessé d'être envoyé. Nous ne pouvons pas faire que nous ne soyons, à chaque instant, les envoyés de Dieu au monde. Jésus en nous ne cesse pas d'être envoyé, au long de ce jour qui commence, à toute humanité, de notre temps, de tous les temps, de ma ville et du monde entier. A travers les proches frères qu'il nous fera servir, aimer, sauver, des vagues de sa charité partiront jusqu'au bout du monde, iront jusqu'à la fin des temps.

Madeleine Delbrel (1904-1964), assistante sociale

♦ Samedi 21 janvier

Sainte Agnès (IVe siècle). Une jeune fille de 13 ans subit le martyre à Rome vers l'an 304.La tradition lui donna le nom d'Agnès, une référence à l'Agneau de Dieu, modèle des martyrs.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (3, 20-21)

En ce temps-là, Jésus revint à la maison, où de nouveau la foule se rassembla, si bien qu’il n’était même pas possible de manger. Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête. »

Méditations :

Aide-moi à renouveler ma façon de penser, à embrasser la folie de la Croix.

« Il a perdu la tête. » Pour les Grecs, le critère de jugement pour s'opposer à la Croix est la raison. La Croix est pour eux moria« folie », littéralement « insipidité », c'est-à-dire une nourriture sans sel : une insulte au bon sens. Paul fit l'amère expérience du refus de l'annonce chrétienne jugée pas même digne d'être prise en considération sur le plan de la logique rationnelle. Pour ceux qui voyaient la perfection dans l'esprit, dans la pensée pure, il était déjà inacceptable que Dieu puisse devenir un homme, en acceptant toutes les limites de l'espace et du temps. Ensuite, croire qu'un Dieu puisse finir sur une Croix était inconcevable ! 
Cette logique grecque est également la logique commune de notre temps. Le concept d'apatheia, « indifférence », comme absence de passions en Dieu, aurait-il pu comprendre  un Dieu devenu homme et vaincu, qui aurait ensuite repris son corps pour vivre comme ressuscité ? Mais pourquoi saint Paul a-t-il fait précisément de la parole de la Croix le point fondamental de sa prédication ? C'est que la Croix révèle la « puissance de Dieu » qui est différente du pouvoir humain ; elle révèle son amour : « La folie de Dieu est plus sage que l'homme, et la faiblesse de Dieu est plus forte que l'homme »

Benoît XVI

Jésus se donne entièrement : il se donne lui-même à manger

Le Fils unique de Dieu, voulant nous faire participer à sa divinité, a pris notre nature afin de diviniser les hommes, lui qui s'est fait homme. En outre, ce qu'il a pris de nous, il nous l'a entièrement donné pour notre salut. En effet, sur l'autel de la croix il a offert son corps en sacrifice à Dieu le Père afin de nous réconcilier avec lui, et il a répandu son sang pour qu'il soit en même temps notre rançon et notre baptême : rachetés d'un esclavage lamentable, nous serions purifiés de tous nos péchés.
Et pour que nous gardions toujours la mémoire d'un si grand bienfait, il a laissé aux fidèles son corps à manger et son sang à boire, sous les dehors du pain et du vin. (...) Peut-il y avoir rien de plus précieux que ce banquet où l'on ne nous propose plus, comme dans l'ancienne Loi, de manger la chair des veaux et des boucs, mais le Christ qui est vraiment Dieu ? Y a-t-il rien de plus admirable que ce sacrement ? (...) Personne n'est capable d'exprimer les délices de ce sacrement, puisqu'on y goûte la douceur spirituelle à sa source ; et on y célèbre la mémoire de cet amour insurpassable que le Christ a montré dans sa Passion.
Il voulait que l'immensité de cet amour se grave plus profondément dans le cœur des fidèles. C'est pourquoi à la dernière Cène, après avoir célébré la Pâque avec ses disciples, lorsqu'il allait passer de ce monde à son Père, il a institué ce sacrement comme le mémorial perpétuel de sa Passion, l'accomplissement des anciennes préfigurations, le plus grand de tous ses miracles ; et à ceux que son absence remplirait de tristesse, il a laissé ce sacrement comme réconfort incomparable.

Saint Thomas d'Aquin (1225-1274), théologien dominicain, docteur de l'Église

♦ Vendredi 20 janvier

Saint Sébastien (Mort en 284). Les représentations picturales de sont martyre sont innombrables. On découvrit que cet officier romain était chrétien. Lié nu à un arbre, il fut livré aux tirs des archers.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (3, 13-19)

En ce temps-là,  Jésus gravit la montagne, et il appela ceux qu’il voulait. Ils vinrent auprès de lui, et il en institua douze pour qu’ils soient avec lui et pour les envoyer proclamer la Bonne Nouvelle avec le pouvoir d’expulser les démons. Donc, il établit les Douze : Pierre – c’est le nom qu’il donna à Simon –, Jacques, fils de Zébédée, et Jean, le frère de Jacques – il leur donna le nom de « Boanerguès », c’est-à-dire : « Fils du tonnerre » –, André, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques, fils d’Alphée, Thaddée, Simon le Zélote, et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.

Méditations :

Merci de m'avoir choisi, Seigneur !

Les passages de l'Evangile de Marc que nous avons entendus depuis deux semaines nous donnaient l'image d'un début de ministère de Jésus très chaotique. Jésus apparaissait bien seul, isolé, voire menacé par les forces démoniaques qui se déchainaient autour de lui.
Aujourd'hui le tableau est bien différent : Jésus apparaît entouré de ses apôtres, ces hommes appelés à être avec lui et à proclamer la Bonne Nouvelle. Jésus, dans son humilité, veut avoir besoin de ces hommes pour déployer son oeuvre dans le monde. Aujourd'hui encore il veut avoir besoin de nous, et nous sommes appelés, comme les apôtres d'abord à demeurer avec lui, et également à proclamer la Bonne Nouvelle. Sans Jésus nous ne pouvons rien faire et Jésus ne veut rien faire sans nous.

Père Alain de Boudemange.

Le mystère de la vocation

Je ne vais faire qu'une seule chose : commencer à chanter ce que je dois redire éternellement — « les miséricordes du Seigneur ! » (Ps 88,1). (...) Ouvrant le Saint Évangile, mes yeux sont tombés sur ces mots : « Jésus étant monté sur une montagne, il appela à lui ceux qu'il lui plut ; et ils vinrent à lui ». Voilà bien le mystère de ma vocation, de ma vie tout entière et surtout le mystère des privilèges de Jésus sur mon âme. Il n'appelle pas ceux qui en sont dignes, mais ceux qu'il lui plaît, ou comme le dit saint Paul : « Dieu a pitié de qui il veut et il fait miséricorde à qui il veut faire miséricorde. Ce n'est donc pas l'ouvrage de celui qui veut ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde » (Rm 9,15-16).
Longtemps je me suis demandé pourquoi le bon Dieu avait des préférences, pourquoi toutes les âmes ne recevaient pas un égal degré de grâces, je m'étonnais en le voyant prodiguer des faveurs extraordinaires aux saints qui l'avaient offensé, comme saint Paul, saint Augustin, et qu'il forçait pour ainsi dire à recevoir ses grâces, ou bien en lisant la vie de saints que Notre Seigneur s'est plu à caresser du berceau à la tombe, sans laisser sur leur passage aucun obstacle qui les empêchât de s'élever vers lui... Jésus a daigné m'instruire de ce mystère. Il a mis devant mes yeux le livre de la nature et j'ai compris que toutes les fleurs qu'il a créées sont belles... Il a voulu créer les grands saints qui peuvent être comparés aux lys et aux roses ; mais il en a créé aussi de plus petits et ceux-ci doivent se contenter d'être des pâquerettes ou des violettes destinées à réjouir les regards du bon Dieu lorsqu'il les abaisse à ses pieds. La perfection consiste à faire sa volonté, à être ce qu'il veut que nous soyons.

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l'Église

♦ Jeudi 19 janvier

Saints Marius et Marthe et leurs enfants Audifax et Abachum (Morts en 270)Cette famille Perse était à Rome pour vénérer les tombeaux des apôtres Pierre et Paul quand une persécution causa leur martyre..

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (3, 7-12)

En ce temps-là, Jésus se retira avec ses disciples près de la mer, et une grande multitude de gens, venus de la Galilée, le suivirent. De Judée, de Jérusalem, d’Idumée, de Transjordanie, et de la région de Tyr et de Sidon vinrent aussi à lui une multitude de gens qui avaient entendu parler de ce qu’il faisait. Il dit à ses disciples de tenir une barque à sa disposition pour que la foule ne l’écrase pas. Car il avait fait beaucoup de guérisons, si bien que tous ceux qui souffraient de quelque mal se précipitaient sur lui pour le toucher. Et lorsque les esprits impurs le voyaient, ils se jetaient à ses pieds et criaient : « Toi, tu es le Fils de Dieu ! »
Mais il leur défendait vivement de le faire connaître.

Méditations :

Toi, tu es le Fils de Dieu !

La lumière de la foi est capable d'éclairer toute l’existence de l'homme. Pour qu'une lumière soit aussi puissante, elle ne peut provenir de nous-même elle doit venir d'une source plus originaire, elle doit venir, en définitive, de Dieu. La foi vient de la rencontre avec le Dieu vivant, qui nous appelle et nous révèle son amour, un amour qui nous précède et sur lequel nous pouvons nous appuyer pour être solides et construire notre vie. Transformés par cet amour nous recevons des yeux nouveaux, nous faisons l'expérience qu'en lui se trouve une grande promesse de plénitude, et le regard de l'avenir s'ouvre à nous. La foi que nous recevons de Dieu comme un don surnaturel, apparaît comme une lumière pour la route, qui oriente notre marche dans le temps. D'une part, elle procède du passé, elle est la lumière d'une mémoire de fondation, , celle de la vie de Jésus, où s'est manifesté son amour pleinement fiable, capable de vaincre la mort. En même temps, cependant, puisque le Christ est ressuscité et nous attire au-delà de la mort, la foi est lumière qui vient de l'avenir, qui entrouve devant nous de grands horizons et nous conduit au-delà de notre « moi » isolé vers l'ampleur de la communion.

Pape François

« Beaucoup de gens de Galilée le suivirent ; et beaucoup de gens de Judée, de Jérusalem, d'Idumée, de Transjordanie...vinrent à lui »

« Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche annoncera ta louange » (Ps 50,17). (...) Quand on pense que ces paroles sont répétées chaque jour pendant la prière du matin, au nom de la sainte Église qui prie pour elle-même et pour le monde entier, par les milliers et les centaines de milliers de bouches ouvertes par la grâce ainsi demandée, notre vision s'élargit et se complète. Voici l'Église qui s'annonce, non comme un monument historique du passé, mais comme une institution vivante. La sainte Église n'est pas comme un palais qui se construit en un an. C'est une ville très vaste qui doit contenir l'univers entier. « La montagne de Sion est fondée sur la joie de toute la terre ; la cité du grand Roi s'étend vers le nord » (Ps 47,3 Vulg).       
La fondation est commencée depuis vingt siècles mais elle se poursuit, et elle s'étend à toute la terre jusqu'à ce que le nom du Christ soit adoré partout. À mesure qu'elle se poursuit, les nouveaux peuples à qui le Christ est annoncé exultent de joie : « Les peuples sont dans la joie à cette annonce » (Ac 13,48). Et elle est belle aussi cette pensée (...), elle est édifiante pour tout prêtre qui récite son bréviaire : il faut que chacun s'applique à fonder cette Église sainte.       
Que celui qui s'applique à cette belle œuvre par la prédication dise au Seigneur, en tant que messager de son Évangile : « Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche annoncera ta louange ». Et celui qui n'est pas missionnaire, qu'il désire ardemment coopérer lui aussi à la grande tâche de la mission, et lorsqu'il psalmodie en privé, tout seul dans sa cellule, qu'il dise lui aussi : « Seigneur, ouvre mes lèvres ». Car, par la communion de la charité, il doit considérer comme sienne toute langue qui est alors en train d'annoncer l'Évangile, qui est la louange divine suprême.

Mercredi 18 janvier

Sainte Marguerite de Hongrie (Morte en 1270). Princesse hongroise, elle fut vouée enfant à Dieu pour la libération des Tartares, puis entra chez les Dominicaines où elle mena une vie spirituelle intense.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (3, 1-6)

En ce temps-là, Jésus entra de nouveau dans la synagogue ; il y avait là un homme dont la main était atrophiée. On observait Jésus pour voir s’il le guérirait le jour du sabbat. C’était afin de pouvoir l’accuser. Il dit à l’homme qui avait la main atrophiée : « Lève-toi, viens au milieu. » Et s’adressant aux autres : « Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de tuer ? » Mais eux se taisaient. Alors, promenant sur eux un regard de colère, navré de l’endurcissement de leurs cœurs, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il l’étendit, et sa main redevint normale. Une fois sortis, les pharisiens se réunirent en conseil avec les partisans d’Hérode contre Jésus, pour voir comment le faire périr.

Méditations :

Tu es mon trésor, ô Toi que mon cœur aime !

Le jour du sabbat, il était imposé à tous, sans exception, de ne faire aucun travail. Comment donc le Seigneur a-t-il pu rompre le sabbat ? En vérité, grandes sont les œuvres de Dieu : tout existe et demeure au ciel et sur terre par la volonté de Dieu le Père ; tout vient de Dieu et tout existe par le Fils. Il est en effet la tête et le principe de tout ; en lui tout a été fait. Et c'est de la plénitude contenue en lui que, selon l'initiative de sa puissance éternelle, il a ensuite créé chaque chose.
Or, si le Christ agit en tout, c'est nécessairement par l'action de celui qui agit dans le Christ. Et c'est pourquoi il dit : « Mon Père travaille chaque jour et moi aussi je travaille. » Car tout ce que fait le Christ, Fils de Dieu habité par Dieu le Père, est l’œuvre du Père. Ainsi chaque jour tout est créé par le Fils, car le Père fait tout dans le Fils. Donc l'action du Christ est de tous les jours ; et les lois de la nature, les formes des corps, le développement et la croissance de tout ce qui vit manifestent cette action.

Saint Hilaire (v. 315-367), évêque de Poitiers et docteur de l’Église.

Le Christ guérit la paralysie de nos membres et de nos cœurs

L'incarnation du Christ n'est pas normale, c'est miraculeux ; ce n'est pas conforme à la raison, mais à la puissance divine ; cela vient du Créateur, non de la nature ; ce n'est pas commun, c'est unique ; c'est divin, non pas humain. Elle ne s'est pas faite par nécessité, mais par puissance. (...) Elle a été mystère de foi, renouvellement et salut pour l'homme. Celui qui, sans être né, a formé l'homme avec de la glaise intacte (Gn 2,7), en naissant a fait un homme à partir d'un corps intact ; la main qui a daigné saisir de l'argile pour nous créer a daigné saisir aussi notre chair pour nous recréer. (...)
Homme, pourquoi te méprises-tu tellement, alors que tu es si précieux pour Dieu ? Pourquoi, lorsque Dieu t'honore ainsi, te déshonores-tu à ce point ? Pourquoi cherches-tu comment tu as été fait et ne recherches-tu pas en vue de quoi tu es fait ? Est-ce que toute cette demeure du monde que tu vois n'a pas été faite pour toi ? (...)
Le Christ prend chair pour rendre toute son intégrité à la nature corrompue ; il assume la condition d'enfant, il accepte d'être nourri, il traverse des âges successifs afin de restaurer l'âge unique, parfait et durable qu'il avait lui-même créé. Il porte l'homme, pour que l'homme ne puisse plus tomber. Celui qu'il avait créé terrestre, il le rend céleste ; celui qui était animé par un esprit humain, il lui donne la vie d'un esprit divin. Et c'est ainsi qu'il l'élève tout entier jusqu'à Dieu, afin de ne rien laisser en lui de ce qui appartient au péché, à la mort, au labeur, à la douleur, à la terre. Voilà ce que nous apporte notre Seigneur Jésus Christ qui, étant Dieu, vit et règne avec le Père, dans l'unité du Saint-Esprit, maintenant et toujours, et pour les siècles des siècles.

Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l'Église

Mardi 17 janvier

Saint Antoine le Grand (Mort en 356). Fils d'une famille aisée, cet Égyptien distribua ses biens après avoir entendu l’Évangile du jeune homme riche. Il vécu 20 ans au désert avant de devenir le « Père des moines »

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (2, 23-28)

Un jour de sabbat, Jésus marchait à travers les champs de blé ; et ses disciples, chemin faisant, se mirent à arracher des épis. Les pharisiens lui disaient : « Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat ! Cela n’est pas permis. » Et Jésus leur dit : « N’avez-vous jamais lu ce que fit David, lorsqu’il fut dans le besoin et qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ? Au temps du grand prêtre Abiatar, il entra dans la maison de Dieu et mangea les pains de l’offrande que nul n’a le droit de manger, sinon les prêtres, et il en donna aussi à ceux qui l’accompagnaient. » Il leur disait encore : « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non pas l’homme pour le sabbat. Voilà pourquoi le Fils de l’homme est maître, même du sabbat. »

Méditations :

Ô Christ, tout ce que je désire, je le trouve en Toi.

Dans le récit de la Création, le sabbat est décrit comme le jour où, en la liberté de l'adoration, l'homme participe à la liberté, au repos et à la paix de Dieu. Célébrer le sabbat, c'est célébrer l'Alliance. Cela signifie le retour aux origines, l'élimination des souillures que nos activités multiples ont entraînées  avec elles. Cela veut dire se mettre en marche vers le monde nouveau où il n'y aura ni esclaves, ni maîtres, mais seulement des enfants de Dieu libres, vers un mondes dans lequel l'homme, les animaux et la terre auront part ensemble et fraternellement à la paix de Dieu et à sa liberté.
Mais l'homme a refusé le repos et le délassement qui venaient de Dieu, l'adoration avec sa paix et sa liberté, et il a ainsi fini par se soumettre à l'action. Il a rendu le monde esclave de son activité et s'est ainsi lui-même rendu esclave.
Pour arracher l'homme à son esclavage à son propre travail, Dieu devait donner à l'homme le sabbat. C'est en recevant la liberté et le repos de Dieu, que l'homme peut vivre vraiment.

Cardinal Joseph Ratzinger (devenu Benoît XVI, pape de 2005 à 2013)

Le sabbat a été fait pour l'homme, et non pas l'homme pour le sabbat »

Il est particulièrement urgent à notre époque de rappeler que le dimanche, le Jour du Seigneur, est aussi le jour du repos par rapport au travail. Nous souhaitons vivement que cela soit reconnu comme tel par la société civile, de sorte qu'il soit possible d'être libre des activités du travail sans être pour autant pénalisé. En effet, les chrétiens, en relation avec la signification du sabbat dans la tradition juive, ont toujours vu également dans le Jour du Seigneur le jour du repos du labeur quotidien.
Cela a un sens précis, constituant une relativisation du travail, qui est ordonné à l'homme : le travail est pour l'homme et non l'homme pour le travail. Il est facile de comprendre la protection qui en découle pour l'homme lui-même, qui est ainsi émancipé d'une forme possible d'esclavage. Comme j'ai eu l'occasion de l'affirmer, « le travail est de première importance pour la réalisation de l'homme et pour le développement de la société, et c'est pourquoi il convient qu'il soit toujours organisé et accompli dans le plein respect de la dignité humaine et au service du bien commun. En même temps, il est indispensable que l'homme ne se laisse pas asservir par le travail, qu'il n'en fasse pas une idole, prétendant trouver en lui le sens ultime et définitif de la vie ». C'est dans le jour consacré à Dieu que l'homme comprend le sens de son existence ainsi que de son travail.

Benoît XVI, pape de 2005 à 2013

Lundi 16 janvier

Saint Honorat (Mort en 430). Ce noble gallo-romain partit en Orient, puis revint s'installer sur une île de l'archipel de Lérins, où il établit la ville monastique. Ce monastère est devenu un grand centre spirituel.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (2, 18-22)

En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus : « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des Pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit.  Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin nouveau, outres neuves. »

Méditation : Viens Esprit qui réjouit le cœur de l'homme !

Le vin nouveau des noces du Fils

« Pourquoi jeûnons-nous, et non pas tes disciples ? » Pourquoi ? Parce que pour vous le jeûne est une affaire de loi. Ce n'est pas un don spontané. En lui-même le jeûne n'a pas de valeur ; ce qui compte c'est le désir de celui qui jeûne. Quel profit pensez-vous tirer de votre jeûne si vous jeûnez contraints et forcés par une loi ? Le jeûne est une charrue merveilleuse pour labourer le champ de la sainteté. Mais les disciples du Christ sont placés d'emblée au cœur même du champ déjà mûr de la sainteté ; ils mangent le pain de la récolte nouvelle. Comment seraient-ils obligés de pratiquer des jeûnes désormais périmés ? « Les amis de l'Époux peuvent-ils jeûner pendant que l'Époux est avec eux ? »           
Celui qui se marie se livre tout entier à la joie et prend part au banquet ; il se montre tout affable et tout gai pour les invités ; il fait tout ce que lui inspire son affection pour l'épouse. Le Christ célèbre ses noces avec l'Église pendant qu'il vit sur terre. C'est pourquoi il accepte de prendre part aux repas où on l'invite, il ne refuse pas. Plein de bienveillance et d'amour, il se montre humain, abordable et aimable. Ne vient-il pas pour unir l'homme à Dieu et faire de ses compagnons des membres de la famille de Dieu ?         
Pareillement, dit Jésus, « personne ne coud une pièce de drap neuf à un vieux vêtement ». Ce drap neuf, c'est le tissu de l'Évangile, celui qu'il est en train de tisser avec la toison de l'Agneau de Dieu : un habit royal que le sang de la Passion va bientôt teindre de pourpre. Comment le Christ accepterait-il d'unir ce drap neuf avec la vétusté du légalisme d'Israël ? (...) Pareillement enfin, « personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres, mais le vin nouveau se met dans des outres toutes neuves ». Ces outres neuves, ce sont les chrétiens. C'est le jeûne du Christ qui va purifier ces outres de toute souillure pour qu'elles gardent intacte la saveur du vin nouveau. Le chrétien devient ainsi l'outre neuve prête à recevoir le vin nouveau, le vin des noces du Fils, foulé au pressoir de la croix.

Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l'Église

Dimanche 15 janvier

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (1, 29-34)

En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

Méditation :

« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ». Cette image de l’agneau pourrait surprendre ; en effet, un animal qui ne se caractérise pas par sa force et sa robustesse porte sur ses épaules un poids si oppressant. La masse énorme du mal est enlevée et emportée par une créature faible et fragile, symbole d’obéissance, de docilité et d’amour sans défense, qui va se sacrifier elle-même. L’agneau n’est pas un dominateur, mais il est docile ; il n’est pas agressif, mais pacifique ; il ne montre pas les griffes ou les crocs quelle que soit l’attaque, mais il supporte et est soumis. Et Jésus est ainsi !
Qu’est-ce que signifie pour nous, aujourd’hui, être disciples de Jésus Agneau de Dieu ? Cela signifie mettre l’innocence à la place de la méchanceté, l’amour à la place de la force, l’humilité à la place de l’orgueil, le service à la place du prestige. C’est un gros travail ! Être disciples de l’Agneau signifie non pas vivre comme une citadelle assiégée, mais comme une ville sur un mont, ouverte, accueillante, solidaire. Cela veut dire non pas prendre des attitudes de fermeture, mais proposer l’Évangile à tous, en témoignant par notre vie que suivre Jésus nous rend plus libre et plus joyeux.

Pape François

Samedi 14 janvier

Bienheureux Pierre Donders (Mort en 1887). Prêtre rédemptoriste néerlandais, il fut, au Surinam, l'apôtre et le soutien des esclaves, ds Noirs et des Indiens ; il prit soin inlassablement des corps et des âmes des lépreux.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (2, 13-17)

En ce temps-là, Jésus sortit de nouveau le long de la mer ; toute la foule venait à lui, et il les enseignait. En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre. Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! » Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

Méditation : Mon Dieu, ma Miséricorde !

Il y a des hommes forts qui mettent leur confiance dans leur propre justice. Ils prétendent, en effet, être justes par eux-mêmes, et se considérant comme des gens bien portants, ils ont refusé le remède et ont mis à mort le médecin lui-même.  Aussi bien, ce ne sont pas ces hommes forts que le Seigneur est venu appeler, mais les faibles. Le Maître de l'humilité, qui a partagé notre faiblesse et nous a rendus participants de sa divinité, est descendu du ciel pour nous montrer le chemin et être lui-même le chemin. Quant à ceux qui se sont flattés d'être fort, qui ont, en d'autres termes, prétendus être justes par leur propre vertu, ils ont « buté contre la pierre d'achoppement ». Ce sont ces hommes forts qui se sont jetés sur le Christ en se vantant de leur justice. Ils s'étaient mis au-dessus de la foule des faibles qui accouraient vers le médecin. Pourquoi ? Simplement parce qu'ils se croyaient forts. Ils ont tué le médecin de tous les hommes. Mais lui, dans sa mort, a préparé pour tous les malades un remède avec son sang.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l’Église.

Vendredi 13 janvier

Saint Hilaire (315-367). Ce noble aquitain se convertit à 30 ans et devint l'un des plus fins théologiens latin de la Trinité grâce à ses contacts avec le monde grec. Il accueillit saint Martin à Tours.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (2, 1-12)

Quelques jours après la guérison d’un lépreux, Jésus revint à Capharnaüm, et l’on apprit qu’il était à la maison. Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte, et il leur annonçait la Parole. Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, ils font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »
Or, il y avait quelques scribes, assis là, qui raisonnaient en eux-mêmes : « Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Percevant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils se faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements ? Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire à ce paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien lui dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ?
Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… – Jésus s’adressa au paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison. » Il se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient frappés de stupeur et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »

Méditation : Seigneur, tu es ma Vie !

Voyant leur foi, il lui pardonne :

« Voyant leur foi, Jésus dit au paralytique : ‘Tes péchés sont pardonnés’. » Le Seigneur est grand : à cause des uns, il pardonne aux autres ; il accueille la prière des premiers et il pardonne aux seconds leurs péchés. Hommes, pourquoi donc croire aujourd'hui que votre compagnon d'existence ne pourrait rien faire pour vous, quand le serviteur a le droit d'intervenir auprès de son Seigneur et d'être exaucé ?
Vous qui jugez, apprenez donc à pardonner ; et vous qui êtes malades, apprenez donc à supplier. Si vous n'espérez pas le pardon direct des fautes graves, recourez alors à des intercesseurs, recourez à l'Église qui priera pour vous. Alors, par égard pour elle, le Seigneur vous accordera le pardon qu'il aurait pu vous refuser. Nous ne négligeons pas la réalité historique de la guérison du paralytique, mais nous reconnaissons avant tout la guérison en lui de l'homme intérieur, à qui ses péchés sont pardonnés. (...)
Le Seigneur veut sauver les pécheurs ; il montre sa divinité par sa connaissance des secrets et par les merveilles de ce qu'il fait. « Qu'est-ce qui est le plus facile à dire, demande-t-il donc, de dire : ‘Tes péchés te sont remis’ ou bien : ‘Lève-toi et marche’ ? » Ici il fait voir une image complète de la résurrection, puisque, guérissant la blessure de l'âme et du corps (...), l'homme tout entier est guéri.

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l'Église

Jeudi 12 janvier

Saint Alfred de Rievaulx (Mort en 1166). Courtisan du roi d’Écosse, aimant se faire aimer, il se convertit et entra à l'abbaye cistercienne de Rievaultx en Angleterre. Son traité sur l'amitié spirituelle est célèbre.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 40-45)

En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt
en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. » Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.

Méditation : J'espère en toi, Seigneur !

La miséricorde de Dieu franchit toute barrière et la main de Jésus touche le lépreux. Jésus s'expose directement à la contagion de notre mal ; et ainsi, notre mal devient le lieu du contact : Lui, Jésus, prend de nous notre humanité malade et nous prenons de Lui son humanité saine qui guérit. Dieu ne vient pas non plus éliminer la souffrance et la mort du monde ; il vient plutôt prendre sur lui le poids de notre condition humaine, la conduire jusqu'au bout, pour nous libérer de manière radicale et définitive. Ainsi le Christ combat les maux et les souffrances du monde : il les prend en charge et les vainc avec la force de la miséricorde de Dieu.
Nous sommes appelés à devenir, unis à Lui, des instruments de son amour miséricordieux, dépassant tout type d'exclusion. Face à un pauvre ou à un malade, nous ne devons pas avoir peur de le regarder dans les yeux et de nous approcher avec tendresse et compassion, et de le toucher, de l'embraser. Que le geste d'aider soit aussi un geste de communication. Si le mal est contagieux, le bien l'est aussi. Il faut donc que le bien abonde en nous, toujours plus. Laissons-nous contaminer par le bien et contaminons par le bien.

Pape François.

Mercredi 11 janvier

Saint Paulin (v. 726-802). Patriarche d'Aquilée, en Italie du Nord, il fut l'un des hommes les plus savants de son époque.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 29-39)

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.
Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. » Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. » Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.

Méditation : Suivez mes exemples en veillant dans le recueillement !

[Notre-Seigneur :] « C’est ainsi que J’ai passé devant vos yeux les trois ans de Ma vie publique, passant les jours tout entiers à instruire et à guérir, à faire le bien, aux âmes d’abord, aux corps ensuite. Et, le soir, que faisais-Je ? Le soir, Je me retirais loin de cette foule à laquelle Je m’étais si pleinement consacré le jour, et, cherchant la solitude, Je m’enfermais avec vous dans une maison hospitalière, ou bien J’allais dans la montagne, sur quelque sommet désert, et Je passais la nuit en prière…, de toute manière, Je passais la nuit dans le recueillement, le silence, à l’écart des foules, dans la veille et la prière…
C’est l’exemple que Je vous laisse. C’est pour vous que J’ai agi ainsi : Moi qui suis assez fort, assez maître de Moi pour être partout comme seul avec Mon Père, puisque je Le vois sans cesse, Je suis toujours avec Lui, Je n’ai besoin ni de solitude pour Me recueillir, ni de silence pour Le prier, ni de prières particulières pour M’unir à Lui. Au milieu des foules, en parlant, Je suis aussi uni à Lui que dans plus profonde solitude. Je n’ai pas besoin de méditer pour Le connaitre ; car Je Le connais ; Je n’ai pas besoin de Me fortifier par Sa contemplation, car Je suis divinement fort… Je n’ai besoin ni de solitude, ni de veille, ni de silence, ni de prière, car, au-dedans de Moi, la prière est continuelle et parfaite… C’est pour vous donner l’exemple que J’ai passé tant de nuits dans une veille solitaire, à prier Mon Père, sous le ciel étoilé ou dans le secret d’une chambre close…
Puisque Je fais tout pour vous tous, aimez-Moi donc et aimez-vous les uns les autres… Et suivez Mes exemples (…) en veillant dans le recueillement et le silence, en priant, en contemplant, en vous abîmant en Dieu… »

Saint Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara

Mardi 10 janvier

Saint Guillaume (Mort en 1209). Comte de Nevers, il devint cistercien avant d'accepter, à contrecœur, l'archevêché de Bourges. Très proche des pauvres, il fit des remontrances au roi qui s'était remarié.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 21-28)

 Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, Jésus se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. » L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui. Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. » Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

Méditation : « Il commande aux esprits impurs »

[ Aux catéchumènes : ] Hâte tes pas vers les catéchèses. Accueille avec empressement les exorcismes ; sous les insufflations, sous les exorcismes s’opère ton salut.
Dis-toi que tu es or sans valeur, falsifié, mêlé de divers matériaux : airain, étain, fer, plomb. Nous poursuivons la possession de l’or sans alliage. L’or ne peut sans le feu être purifié des éléments étrangers. De même, sans les exorcismes, l’âme ne peut être purifiée ; ils sont des prières divines, tirées des divines Écritures. (…) Les habiles orfèvres se servent d’instruments délicats pour souffler sur leur brasier et faire ainsi surgir les paillettes d’or cachées dans le creuset. C’est donc en attisant la flamme toute proche, qu’ils découvrent l’objet de leur recherche. Ainsi quand les exorcistes, par le « Souffle » divin, jettent la crainte, et comme dans un creuset – en l’occurrence le corps – rallument l’âme : alors le démon-ennemi s’enfuit : il reste le salut, il reste aussi l’espérance de la vie éternelle, et finalement, l’âme, purifiée de ses fautes, possède le salut.
Restons donc attachés à l’espérance, frères, donnons-nous nous-mêmes et espérons, pour que le Dieu de l’univers, voyant notre disposition, nous purifie de nos fautes, nous invite à concevoir bon espoir au sujet de nos projets et nous donne la conversion qui sauve. C’est Dieu qui a appelé ; toi, tu as été appelé.

Lundi 9 janvier : Baptême du Seigneur

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (3, 13-17)

Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui. Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux  s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

Méditation :

Tandis que, recueilli en prière, après le baptême, Jésus sort de l'eau, les cieux s'ouvrent. C'est le moment attendu par la foule des prophètes : « Ah, si tu déchirais les cieux et descendais ! », avait invoqué Isaïe (63, 19). A ce moment, cette prière est exaucée. En effet,  « Les cieux s'ouvrirent : il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. » ; on entendit des paroles jamais entendues auparavant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. » Jésus, en remontant des eaux, comme l’affirme Grégoire de Nazianze, « voit se déchirer et s'ouvrir les cieux, ces cieux qu'Adam avait fermés pour lui et pour toute sa descendance » (discours 39 pour le baptême du Seigneur).
Le Père, le Fils et le Saint-Esprit descendent parmi les hommes et nous révèlent leur amour qui sauve. Si ce sont les anges qui apportent aux pasteurs l'annonce de la naissance du Sauveur, et l'étoile aux Mages venus d'Orient, à présent, c'est la voix elle-même du Père qui indique aux hommes la présence dans le monde de son Fils et qui invite à se tourner vers la résurrection, vers la victoire du Christ sur le péché et sur la mort.

Benoît XVI, pape de 2005 à 2013.

Dimanche 8 janvier : solennité de l'Epiphanie du Seigneur

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (2, 1-12)

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. » En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : ‘Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël.’ »
Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. » Après avoir entendu le roi, ils partirent.
Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Méditation :

Aujourd’hui, nous contemplons l’épisode des Mages. Ils affrontent un voyage fatigant pour aller adorer « le roi des Juifs ». Ils sont guidés par le signe prodigieux d’une étoile et lorsqu’ils arrivent enfin au but, au lieu de trouver quelque chose de grandiose, ils voient un enfant avec sa maman. Ils auraient pu protester : « Tout ce chemin et ces sacrifices pour se retrouver devant un enfant pauvre ! ». Et pourtant, ils ne sont pas déçus, ils ne se plaignent pas et «ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui » C’est surprenant ce geste aussi humble de la part d’hommes si illustres.
Comme les Mages, si nous nous faisons petits au fond de nous-mêmes, nous redécouvrirons alors l’émerveillement d’adorer Dieu. Parce que l’adoration passe par l’humilité du cœur. Alors aujourd’hui, une question à se poser : comment va mon humilité ? Un conseil : marchez mais n’oubliez jamais de regarde l’étoile !     

Pape François (2022)

Samedi 7 janvier

Saint Raymond de Penyafort (1175-1275). Ce Catalan, supérieur des Dominicains, encouragea saint Thomas d'Aquin à écrire la Somme contre les gentils et fonda les Trinitaires pour libérer les captifs des Sarrasins.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (2, 1-11)

En ce temps-là, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples. Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres). Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord.
Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. » Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Méditation : Tout ce qu'il vous dira, faites-le.

Un « signe » dans l’Évangile de Jean est un indice qui révèle l'amour de Dieu sans attirer l'attention sur la puissance du geste, mais sur l'amour qui l'a provoqué. Il nous enseigne quelque chose de l'amour de Dieu, qui est toujours proche, tendre et compatissant.
Ici, la Vierge signale discrètement un problème à Jésus. Et lui intervient sans clameur, presque sans se montrer, au point que les compliments pour le bon vin sont ensuite adressés à l'époux. Tout se passe de façon réservée,« dans les coulisses ». Ce signe qui est le premier que Jésus accomplit, n'est pas une guérison extraordinaire, mais un geste qui répond à un besoin simple et concret de gens ordinaires.
Dans nos vies, Jésus nous aide de la même façon cachée. Si nous sommes attentifs à ces « signes », nous serons conquis par son amour, comme ses disciples qui l'observent agir à Cana. Je vous propose ainsi un exercice qui peut nous faire beaucoup de bien. Essayons de fouiller dans nos souvenirs à la recherche des signes que le Seigneur à accomplis dans notre propre vie. Que chacun dise : dans ma vie, quels signes le Seigneur a-t-il accomplis ? Quelles indications de sa présence ?

Pape François

Vendredi 6 janvier

Saint Melchior Garcia Sampredo (1821-1858). Ce dominicain espagnol missionnaire au Vietnam connut le martyre lors de Épiphanie (fêté ce jour dans certains pays), où l'on fête également le Mage Melchior.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 7-11)

En ce temps-là, Jean le Baptiste proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »
En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain. Et aussitôt, en remontant de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit descendre sur lui comme une colombe. Il y eut une voix venant des cieux : « Tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Méditations : Seigneur, tu sais tout, tu sais ce qui est bon.

Sur les rives du Jourdain, Jésus se présente avec une humilité extraordinaire, qui rappelle la pauvreté et la simplicité de l'Enfant déposé dans la crèche, et anticipe les sentiments avec lesquels, au terme de ses jours terrestres, il arrivera à laver les pieds de ses disciples et subira l'humiliation terrible de la croix. Le Fils de Dieu, lui qui est sans péché, , se place parmi les pécheurs, montre la proximité de Dieu sur le chemin de conversion de l'homme. Jésus assume sur ses épaules le poids de la faute de l'humanité tout entière et commence sa mission en se mettant à notre place, à la place des pécheurs, dans la perspective de la croix. Tandis que, recueilli en prière après le baptême, il sort de l'eau, les cieux s'ouvrent. C'est le moment attendu par la foule des prophètes : « Ah, si tu déchirais les cieux et descendais ! ». « Le ciel s'ouvrit et l'Esprit saint descendit sur lui. » On entendit les paroles du Père. Le Père, le Fils et le Saint-Esprit descendent parmi les hommes et nous révèlent leur amour qui sauve. La voix du Père indique aux hommes la présence dans le monde de son Fils et invite à se tourner vers la résurrection, vers la victoire du Christ sur le péché et sur la mort.

Benoît XVI, pape de 2005 à 2013.

L'eau est l'élément de la fécondité. Sans eau, il n'y a pas de vie. Et ainsi, dans toutes les grandes religions, l'eau est considérée comme le symbole de la maternité, de la fécondité. Pour les Pères de l’Église, l'eau devient le symbole du sein maternel de l’Église. Tertullien, au IIe-IIIe siècle, dit une parole surprenante « Le Christ n'est jamais sans eau. » Il veut dire que le Christ n'est jamais sans l’Église. Dans le baptême, nous sommes adoptés par le Père céleste, mais dans cette famille qu'Il se constitue, il y a également une mère, la mère Église. L'homme ne peut avoir Dieu comme Père, disaient les Pères, s'il n'a pas également l'Église comme mère. Le christianisme n'est pas une réalité seulement spirituelle, individuelle,, une simple décision subjective que nous prenons, mais elle est quelque chose de réel, de concret. La famille de Dieu se construit dans la réalité concrète de l’Église. L'adoption en tant que fils de Dieu, du Dieu trinitaire, est en même temps insertion comme frères et sœurs  dans la grande famille des chrétiens. Et ce n'est que si, en tant que fils de Dieu, nous nous insérons comme frères et sœurs dans la réalité de l’Église que nous pouvons dire « Notre Père » à notre Père céleste.

Benoît XVI, pape de 2005 à 2013.

Jeudi 5 janvier

Saint Édouard le Confesseur (XIe siècle). Il fut le dernier des rois anglo-saxons à régner sur l'Angleterre avant la venue des Normands. Il était un homme de réconciliation, pieux et attentif aux petits.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (1, 43-51)

En ce temps-là, Jésus décida de partir pour la Galilée. Il trouve Philippe, et lui dit : « Suis-moi. » Philippe était de Bethsaïde, le village d’André et de Pierre. Philippe trouve Nathanaël et lui dit : « Celui dont il est écrit dans la loi de Moïse et chez les Prophètes, nous l’avons trouvé : c’est Jésus fils de Joseph, de Nazareth. » Nathanaël répliqua : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » Philippe répond : « Viens, et vois. » Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui, il déclare à son sujet : « Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui. » Nathanaël lui demande : « D’où me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. » Nathanaël lui dit : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! » Jésus reprend : « Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore. » Et il ajoute : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. »

Méditation : Donne-moi la force de te chercher !

Seigneur, notre Dieu, nous croyons en toi,
Père, Fils et Saint-Esprit. (…)
Autant que je l’ai pu,
autant que tu m’en as donné le pouvoir,
je t’ai cherché,
j’ai désiré voir ce que j’ai cru,
j’ai beaucoup débattu et travaillé.
Seigneur, mon Dieu, mon unique espoir,
permets que je ne me lasse jamais de te chercher,
mais fais que je cherche toujours ardemment ta Face.
Donne-moi la force de te chercher,
toi qui m’a fait te trouver,
toi qui m’a donné de plus en plus
l’espoir de te trouver.
Devant toi est ma fermeté et mon infirmité,
garde celle-là, guéris celle-ci ;
devant toi est ma force et mon ignorance.
Là où tu m’as ouvert, accueille mon entrée ;
là où tu m’as fermé, ouvre à mon appel ;
accorde-moi de me souvenir de toi,
de te comprendre,
de t'aimer.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

Mercredi 4 janvier

Bienheureuse Angèle de Foligno (v. 1248-1309). Cette italienne, mère de famille, eut une vision de François d'Assise qui la décida à accorder sa vie à celle du Christ. Elle eut une intense vie spirituelle.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (1, 35-42)

En ce temps-là, Jean le Baptiste se trouvait avec deux de ses disciples. Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. » Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus. Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi). André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus. Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ. André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.

Méditation : Que je te suive avec amour et sagesse

Reçois-moi, Père saint, dans ta très clémente paternité, afin que dans le stade de ce saint propos où, par ton amour, j’ai commencé à courir, je te reçoive toi-même comme récompense et éternel héritage (1 Co 9,24). Reçois-moi, Jésus très aimant, dans ta très douce fraternité : toi, porte avec moi tout le poids du jour et de la chaleur (Mt 20,12) et sois ma consolation dans tout mon labeur, compagnon de mon voyage, guide et associé. Reçois-moi, Esprit Saint, Dieu-amour, dans ta très aimante miséricorde et charité : sois le maître et le précepteur de toute ma vie et le plus tendre ami de mon cœur. (...)
Renverse le mur de mon existence passée, ce mur qui m’isolait de toi (Is 5,5). Attire-moi à toi avec tant de violence que, ravie par la douceur de ton inextinguible tendresse, je te suive avec amour et sagesse. Ô miséricordieux Jésus, vouloir est à ma portée mais parfaire je n’en trouve pas le moyen : tire-moi donc de la fragilité de la condition humaine par l’aide de ta grâce (Rm 7,18), et tourne mon âme vers toi par la loi immaculée de ton amour. Alors je courrai sans me lasser dans la voie de tes commandements (Ps 118,32) ; je m’attacherai à toi d’une manière inséparable, et tu seras avec moi, ô mon Seigneur, m’aidant sans cesse et me fortifiant dans l’œuvre que j’ai entreprise par amour de ton amour.

Sainte Gertrude d'Helfta (1256-1301), moniale bénédictine

Mardi 3 janvier : Mémoire du saint Nom de Jésus

Révélé par l'ange Gabriel à Joseph, il fut donné au Christ huit jours après sa naissance. Les croyants aiment à le répéter dans le "Je vous salue Marie" ou dans la prière du cœur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (1, 29-34)

En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ; c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. » Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.” Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

Méditation : Prépare le réceptacle de ton âme pour devenir fils de Dieu

Jésus Christ était Fils de Dieu, cependant il ne prêcha pas avant son baptême. Si le Maître lui-même disposait le temps selon un ordre, devons-nous, nous autres les serviteurs, nous monter téméraires et brouillons ? Jésus se mit à prêcher, exactement lorsque l’Esprit Saint descendit sur lui sous la forme corporelle d’une colombe, non pas pour une première manifestation à Jésus (car il connaissait l’Esprit avant même qu’il ne vînt sous une forme corporelle), mais pour que Jean, qui baptisait Jésus, vît l’Esprit. « Moi, dit Jean en effet, je ne le connaissais pas ; mais celui qui m’avait envoyé baptiser dans l’eau, celui-là me dit : “celui sur qui tu verras descendre et s’arrêter l’Esprit, c’est Lui” » (Jn 1,33).
Si tu as, toi aussi, une pitié sincère, sur toi aussi l’Esprit Saint descendra, et d’en haut la voix du Père se fera entendre, non pas : « Celui-ci est mon Fils » (Mt 3,17), mais « celui-ci est désormais devenu mon fils. » Car le mot « est » n’appartient qu’à lui, parce qu’ « au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu » (Jn 1,1). À lui s’applique le mot « est » parce qu’il est toujours Fils de Dieu ; à toi s’applique au contraire : « il est désormais devenu », parce que tu ne possèdes pas naturellement, mais que tu reçois par adoption l’appellation de fils. Lui « est » éternellement : toi, tu reçois la grâce progressivement.
Prépare donc le réceptacle de ton âme pour devenir fils de Dieu, héritier de Dieu et cohéritier du Christ (cf. Rm 8,17). Or tu te prépares utilement si tu progresses de la croyance à la ferme conviction, si tu choisis de « dépouiller le vieil homme ».

Saint Cyrille de Jérusalem (313-350),évêque de Jérusalem et docteur de l'Église

Lundi 2 janvier

Saints Basile et Grégoire de Nazianze (IV siècle). Issus de Cappadoce (actuelle Turquie), ces deux amis, docteurs en Église, ont une importance considérable pour le développement de la théologie.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (1, 19-28)

Voici le témoignage de Jean, quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Il ne refusa pas de répondre, il déclara ouvertement : « Je ne suis pas le Christ. » Ils lui demandèrent : « Alors qu’en est-il ? Es-tu le prophète Élie ? » Il répondit : « Je ne le suis pas. – Es-tu le Prophète annoncé ? » Il répondit : « Non. » Alors ils lui dirent : « Qui es-tu ? Il faut que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu sur toi-même ? » Il répondit : « Je suis la voix de celui qui crie dans le désert : Redressez le chemin du Seigneur, comme a dit le prophète Isaïe. » Or, ils avaient été envoyés de la part des pharisiens. Ils lui posèrent encore cette question : « Pourquoi donc baptises-tu, si tu n’es ni le Christ, ni Élie, ni le Prophète ? » Jean leur répondit : « Moi, je baptise dans l’eau. Mais au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas ; c’est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de sa sandale. » Cela s’est passé à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où Jean baptisait.

Méditation : Qui es-tu, Seigneur ? Et moi, qui suis-je ?

Qui est donc cet homme, qui est Jean Baptiste ? Sa réponse est d'une humilité surprenante. Ce n'est pas le Messie, ce n'est pas la lumière. Ce n'est pas Élie revenu sur terre, ni le grand prophète attendu. C'est le précurseur, simple témoin, entièrement soumis à celui qui annonce ; une voix dans le désert, de même qu'aujourd'hui également, dans le désert des grandes villes de ce monde, de grande absence de Dieu, nous avons besoin de voix qui nous annoncent simplement : « Dieu est là, toujours proche, même s'il semble absent »  C'est une voix dans le désert et un témoin de la lumière ; et cela nous touche au cœur, car dans ce monde avec tant de ténèbres, tant d'obscurité, nous sommes tous appelés à être témoins de la lumière.

Benoît XVI, pape de 2005 à 2013

Dimanche 1er janvier 2023 : Marie, Mère de Dieu

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 16-21)

« Ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né. Quand fut arrivé le huitième jour, l’enfant reçut le nom d  Jésus »

En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

Méditations :

Marie, Mère de Dieu nous bénit

Le premier jour de l’année, la liturgie célèbre la Sainte Mère de Dieu, Marie, la Vierge de Nazareth qui a donné naissance à Jésus, le Sauveur. Cet enfant est la bénédiction de Dieu pour tout homme et toute femme, pour la grande famille humaine et pour le monde entier. Jésus n’a pas ôté le mal du monde mais l’a vaincu à la racine. Son salut n’est pas magique, mais c’est un salut «patient», c’est-à-dire qu’il comporte la patience de l’amour, qui prend en charge l’iniquité et lui ôte son pouvoir. C’est pourquoi, aujourd’hui, la Mère de Dieu nous bénit.
Et comment la Vierge nous bénit-elle? En nous montrant son Fils. Elle le prend dans ses bras et nous le montre, et ainsi elle nous bénit. Elle bénit toute l’Église, elle bénit le monde entier. Jésus, comme les anges le chantaient à Bethléem, est la «joie pour tout le peuple», il est la gloire de Dieu et la paix pour les hommes.

Pape François (Angélus, 1er janvier 2020)

Nous te saluons, Mère très sainte : tu as mis au monde le Roi qui gouverne le ciel et la terre pour les siècles sans fin. (Antienne d'ouverture)

Celui qui se laisse conduire comme un enfant par le lien de la sainte obéissance, celui-là arrivera dans le royaume de Dieu promis aux “tout-petits”. Cette obéissance a conduit Marie, la fille de roi, de la maison de David, dans la modeste maisonnette du pauvre charpentier de Nazareth : elle a entrainé les deux êtres les plus saints du monde hors de l’enceinte protectrice de leur humble foyer sur les grand-routes jusque dans l’étable de Bethléem ; l’obéissance a déposé le Fils de Dieu dans la crèche.
Dans une pauvreté librement choisie, le Sauveur et sa mère ont parcouru les routes de Judée et de Galilée et ont vécu de l’aumône des croyants. Nu et dépouillé, le Seigneur a été suspendu à la croix et a remis le soin de sa mère à l’amour de son disciple. Voilà pourquoi il demande la pauvreté à ceux qui veulent le suivre. Le cœur doit être libre de tout attachement aux biens terrestres, il ne doit pas s’en soucier, ni en être dépendant, ni les désirer, s’il veut appartenir sans partage à l’Époux divin.

Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix (Édith Stein 1891-1942), carmélite, martyre, copatronne de l’Europe.

Samedi 31 décembre

Saint Sylvestre 1er (Mort en 335). Il fut élu pape deux ans après la reconnaissance de la liberté de culte aux chrétiens.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (1, 1-18)

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.
Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière. Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. » Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

Méditations :

« Tous ceux qui l'ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu »

Contemple les mystères de l'amour, alors tu verras « le sein du Père » que, seul, « le Fils unique nous a fait connaître », lui qui est Dieu (Jn 1,18). Dieu lui-même est amour (1Jn 4,8), et, à cause de cet amour, il s'est laissé voir par nous. Dans son être inexprimable, il est Père ; dans sa compassion pour nous, il est devenu Mère. En aimant, le Père se montre aussi féminin.
La preuve éclatante en est celui qu'il engendre de lui-même. Et ce Fils, fruit de l'amour, est amour. À cause de cet amour, il est descendu lui-même. À cause de cet amour, il a revêtu notre humanité. À cause de cet amour, librement, il a souffert tout ce qui relève de la condition humaine. Ainsi, en se mettant à la mesure de notre faiblesse, à nous qu'il aimait, il nous a mis en retour à la mesure de sa force à lui. Sur le point de s'offrir en sacrifice et de se donner lui-même comme prix de la rédemption, il nous a laissé un testament nouveau : « Je vous donne mon amour » (cf Jn 13,34; 14,27). Quel est cet amour ? Quelle valeur a-t-il ? Pour chacun de nous, « il a livré sa vie » (1Jn 3,16), une vie plus précieuse que l'univers entier.

Saint Clément d'Alexandrie (150-v. 215), théologien

Tu fais toutes choses nouvelles !

Jean et Marc insèrent le mot « commencement » dès la première ligne de leur Evangile. Marc veut dire qu'à tout lecteur est proposé un commencement. L'apparition du Christ est capable de tout renouveler. Jean, lui, s'inspire de la Genèse : « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre... ». Il ne s'agit pas d'un commencement absomu. La traduction mot à mot serait : « En un commencement où Dieu créa le ciel et la terre, la terre était déserte et vide... ». Dieu ne part pas de rien, il organise un chaos, il met de l'ordre dans le chaos de l'histoire, le chaos produit par les humains. Augustin dit : « Pour qu'il y eut un commencement, l'homme fut créé. », car ce qui fait de nous des êtres à l'image de Dieu, c'est notre capacité à faire du neuf.

Un frère de Taizé

Vendredi 30 décembre : fête de la Sainte Famille

Le roi David (mort vers 970 av. J.-C.). La tradition attribue à ce roi d'Israël les Psaumes, qui sont une des bases de la prière liturgique.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (2, 13-15. 19-23)

Après le départ des mages, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : ‘D’Égypte, j’ai appelé mon fils.’ Après la mort d’Hérode, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. »
Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël. Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur de s’y rendre. Averti en songe, il se retira dans la région de Galilée et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes : ‘Il sera appelé Nazaréen.’

Méditation :

Jésus a voulu naître et grandir dans une famille humaine ; il a eu pour mère la Vierge Marie et Joseph a été un père pour lui ; Ils l'ont élevé et éduqué dans un immense amour.. La famille se Jésus mérite véritablement le nom de « sainte », car elle est entièrement prise par le désir de remplir la volonté de Dieu, incarnée dans l'adorable présence de Jésus. D'une part, c'est une famille comme toutes les autres, et, en tant que telle, un modèle d'amour conjugal, de collaboration, de sacrifices, de confiance dans la divine Providence, de travail et de solidarité, en bref, de toutes les valeurs que la famille préserve et promeut, en contribuant de façon primordiale à former le tissu de chaque société.
Mais dans le même temps, la Famille de Nazareth est unique, différente des autres, en vertu de sa vocation particulière liée à la mission du Fils de Dieu. Précisément en vertu de son unicité, elle indique à chaque famille, et en premier lieu aux familles chrétiennes, l'horizon de Dieu, la primauté douce et exigeante de sa volonté, la perspective du Ciel où nous sommés destinés. Pour tout cela, nous rendons grâce aujourd'hui à Dieu, mais également à la Vierge Marie et à saint Joseph, qui, avec tant de joie et de disponibilité, ont coopéré au dessein de salut du Seigneur.

Benoît XVI, pape émérite.

Jeudi 29 décembre

Le roi David (mort vers 970 av. J.-C.). La tradition attribue à ce roi d'Israël les Psaumes, qui sont une des bases de la prière liturgique.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 22-35)

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : ‘Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.’ Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : ‘un couple de tourterelles ou deux petites colombes.’
Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Méditations :

Ô Maître souverain, bénis soit ta lumière !

Syméon « reçut l'enfant dans ses bras », et, le tenant, s'abandonnait à la joie, voyant qu'il portait l'enfant venu pour libérer les captifs, et que lui-même allait être délivré des liens du corps. Il savait que personne ne pouvait faire sortir de la prison du corps avec l'espoir de la vie future, sinon celui qu'il tenait dans ses bras. Et c'est à lui qu'il s'adresse : « C'est maintenant, Seigneur, que tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix. Car aussi longtemps que je ne tenais pas le Christ, je ne pouvais sortir de mes liens. » Ces mots, d'ailleurs, c'est de tout le genre humain qu'il faut les entendre. Si quelqu'un quitte le monde, qu'il prenne Jésus et l'entoure de ses bras, qu'il le tienne tout entier sur ton coeur, et alors, bondissant de joie, il poura se rendre où il désire.

Origène (v. 185-253), prêtre et théologien.

Reçois l'Enfant dans tes bras

Le Maître de la parfaite humilité ne se contenta pas, Lui, l'égal en tout de son Père, de se soumettre à la plus humble des Vierges ; il se soumit encore à la Loi, afin de racheter et de libérer de l'esclavage de la corruption « ceux qui étaient sous la Loi, et de leur donner part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu » (Gal. 4, 5 et Rom. 8, 21). Il voulut aussi que sa Mère, bien que toute pure, observât la loi de la purification. Rédempteur de tous, il voulut être racheté lui-même comme premier-né, présenté dans le temple de Dieu et il voulut qu'une victime fût offerte pour lui en présence des justes exultant de joie.
Exulte donc toi aussi avec ce saint vieillard et avec Anne si âgée. Cours au-devant de la Mère et de l'Enfant et que l'amour triomphe de la honte, que l'affection chasse la crainte. Reçois l'Enfant dans tes bras, toi aussi, et dis avec l’épouse : « je le tiens et ne le laisserai point aller » (Cant. 3,4). Sois dans les transports avec le très saint vieillard et chante avec lui : « Maintenant, Seigneur, laissez aller en paix votre serviteur, selon votre parole ».

Saint Bonaventure (1221-1274), franciscain, docteur de l'Église

Mercredi 28 décembre

Fête des Saints Innocents. Ces enfants furent massacrés par Hérode qui cherchait à éliminer l'Enfant Jésus.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (2, 13-18).

Après le départ des mages, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : ‘D’Égypte, j’ai appelé mon fils.’ Alors Hérode, voyant que les mages s’étaient moqués de lui, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d’après la date qu’il s’était fait préciser par les mages. Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie : ‘Un cri s’élève dans Rama, pleurs et longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus.’

Méditation :

Aujourd'hui commence le mystère de la Passion

« A la nouvelle de la naissance du Sauveur, Hérode devint soucieux, et tout Jérusalem avec lui » (Mt 2,3)... C'est le mystère de la Passion que préfigurait déjà la myrrhe des mages ; on fait massacrer sans pitié des nouveau-nés... Que signifie cette tuerie d'enfants ? Pourquoi oser un crime si horrible ? « C'est que, disent Hérode et ses conseillers, un signe étrange a paru dans le ciel ; il annonce aux mages la venue d'un autre roi. » Comprends-tu, Hérode, ce que sont ces signes avant-coureurs ?... Si Jésus est maître des astres, n'est-il pas à l'abri de tes attaques ? Tu crois avoir le pouvoir de faire vivre ou mourir, mais tu n'as rien à craindre de quelqu'un de si doux. Dieu le soumet à ta puissance ; pourquoi conspirer contre lui ?... 
Mais laissons là le deuil, « la plainte amère de Rachel qui pleure ses enfants » — car aujourd'hui le Soleil de justice (Ml 3,20) dissipe les ténèbres du mal et répand sa lumière sur toute la nature, lui qui assume notre nature humaine... En cette fête de la Nativité « les portes de la mort sont fracassées, les barres de fer sont brisées » ; aujourd'hui, « s'ouvrent les portes de la justice » (Ps 107,16; 118,19)... Car par un homme, Adam, est venue la mort ; aujourd'hui par un homme vient le salut (Rm 5,18)... Après l'arbre du péché se dresse l'arbre de la bonté, la croix... Aujourd'hui commence le mystère de la Passion.

Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque

Mardi 27 décembre

Fête de saint Jean l’évangéliste (1er siècle). Jésus confia sa Mère à son disciple bien-aimé avant de mourir. Jean fut exilé sur l'île de Patmos où il reçut la révélation de l'Apocalypse. Il finit sa vie à Éphèse (actuelle Turquie)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 2-8).

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.

Méditation : Ma lumière et mon salut !

Le symbole de Jean est l'aigle. Les trois autres évangélistes se sont occupés de ce que le Christ a accompli dans la chair et ils sont désignés par des vivants qui marchent sur la terre, à savoir : l'homme, le bœuf et le lion ; Jean, lui, volant comme un aigle au-dessus des nuages de la faiblesse humaine, contemple la lumière de l'immuable Vérité avec les yeux du cœur, du regard le plus pénétrant et le plus ferme qui soit possible à l'homme. Du regard de l'esprit, il contemple le Verbe même de Dieu dans le sein du Père. Le privilège de Jean fut d'être, parmi tous les disciples du Seigneur, celui qui fut le plus aimé par le Christ : Jean fut en effet « le disciple que Jésus aimait », comme lui-même l'a dit sans se nommer. Le Christ a donc révélé ses secrets de façon toute spéciale à ce disciple très spécialement aimé. C'est lui qui, voyant plus parfaitement la lumière du Verbe, nous la manifeste en disant : « Il était la lumière, la vraie, qui illumine tout homme venant en ce monde. »

Saint Thomas d'Aquin (1228-1274), théologien dominicain, docteur de l’Église.

Lundi 26 décembre

Fête de Saint Étienne (Stéphanos en Grec). Il est l'un des sept premiers diacres de l’Église et le premier martyr de la foi, lapidé à Jérusalem en 36.

Lecture des Actes des Apôtres (6, 8-10 ; 7, 54-60)

En ces jours-là, Étienne, rempli de la grâce et de la puissance de Dieu, accomplissait parmi le peuple des prodiges et des signes éclatants. Intervinrent alors certaines gens de la synagogue dite des Affranchis, ainsi que des Cyrénéens et des Alexandrins, et aussi des gens originaires de Cilicie et de la province d’Asie. Ils se mirent à discuter avec Étienne, mais sans pouvoir résister à la sagesse et à l’Esprit qui le faisaient parler. Ceux qui écoutaient ce discours avaient le cœur exaspéré et grinçaient des dents contre Étienne. Mais lui, rempli de l’Esprit Saint, fixait le ciel du regard : il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Il déclara : « Voici que je contemple les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. »
Alors ils poussèrent de grands cris et se bouchèrent les oreilles. Tous ensemble, ils se précipitèrent sur lui, l’entraînèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. Étienne, pendant qu’on le lapidait, priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » Puis, se mettant à genoux, il s’écria d’une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et, après cette parole, il s’endormit dans la mort.

Méditation :

La charité qui a fait descendre le Christ du ciel sur la terre, c'est elle qui a élevé saint Étienne de la terre jusqu'au ciel. L'amour qui existait d'abord chez le Roi a resplendi à sa suite chez le soldat.Là où Étienne est monté le premier, lapidé sous les yeux de Paul, c'est là que Paul l'a suivi, secouru par les prières d’Étienne.
C'est ici la vraie vie, celle où Paul n'est pas accablé par le meurtre d'2tienne, mais où Étienne se réjouit de la compagnie de Paul, parce que la charité apporte sa joie à l'un comme à l'autre. Chez Étienne, l'amour a surmonté l'hostilité de ses ennemis ; chez Paul, « la charité a recouvert e multitude de péchés. ». Chez l'un comme chez l'autre, l'amour a pareillement obtenu de posséder le Royaume des cieux.  La charité est donc la source et l'origine de tus les biens, une protection invincible, la route qui mène au ciel. Celui qui marche selon la charité ne pourra ni s'égarer, ni avoir de crainte. Elle dirige, elle protège, elle conduit au but.
C'est pourquoi, mes frères, soyez courageusement fidèle à cet amour, pratiquez-le entre vous et, en progressant dans l'amour, faites votre ascension.

Saint Fulgence de Ruspe (467-532), évêque en Afrique du Nord.

Dimanche 25 décembre (texte du jour de Noël) 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (1, 1-18).

« Et le Verbe s’est fait chair »

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.
Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière. Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu.
Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité. Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. » Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

Méditations :

« Il s'est fait chair »

Il s’est fait chair : pourquoi saint Jean utilise-t-il cette expression, « chair » ? Ne pouvait-il pas dire, de façon plus élégante, qu’il s’est fait homme ? Non, il utilise le mot chair parce qu’il indique notre condition humaine dans toute sa faiblesse, dans toute sa fragilité. Il nous dit que Dieu s’est fait fragilité pour toucher de près nos fragilités. A partir du moment où le Seigneur s’est fait chair, rien ne lui est donc étranger dans nos vies. Il n’y a rien qu’Il dédaigne, nous pouvons tout partager avec Lui, tout.

Cher frère, chère sœur, Dieu s’est fait chair pour nous dire, pour te dire qu’il t’aime précisément là, qu’il nous aime justement là, dans nos fragilités, dans tes fragilités; précisément là, où nous avons le plus honte, où tu as le plus honte. Cela est audacieux, la décision de Dieu est audacieuse : Il se fait chair justement là où nous avons si souvent honte. Il entre dans notre honte pour se faire notre frère, pour partager notre chemin de vie.

Pape François

Le Sauveur du monde, couché dans une mangeoire

« Aujourd'hui nous est né le Sauveur du monde, qui est le Christ Seigneur, dans la ville de David » (Lc 2,11-12), qui est Bethléem. Nous devons donc y accourir comme les bergers l'ont fait lorsqu'ils ont entendu cette nouvelle (...) « Et ceci, dit l'ange, sera pour vous un signe : vous trouverez un enfant enveloppé de langes et déposé dans une mangeoire » (Lc 2,12-13). Or, voici ce que je vous dis : vous devez aimer. Vous craignez le Seigneur des anges, mais aimez le petit enfant ; vous craignez le Seigneur de majesté, mais aimez ce petit emmailloté ; vous craignez celui qui règne dans le ciel, mais aimez celui qui est couché dans une mangeoire. (...)
Mais qu'y a-t-il de remarquable à être emmailloté et couché dans une mangeoire ? Est-ce que les autres enfants ne sont pas emmaillotés aussi ? En quoi consiste donc ce signe ? (...) On pourrait dire bien des choses sur ce signe, mais (...) brièvement, Bethléem, qui veut dire « la maison du pain », c'est la sainte Église, où l'on distribue le corps du Christ, le vrai pain. La mangeoire de Bethléem, dans l'Église, c'est l'autel. C'est là que se nourrissent les familiers du Christ. Cet enveloppement de langes, c'est l'aspect extérieur des sacrements. Dans cette mangeoire, sous l'apparence du pain et du vin, il y a le vrai corps et le sang du Christ. Là, nous voyons qu'il y a le Christ en personne, mais enveloppé de langes, c'est-à-dire présent de façon invisible sous les sacrements. Nous n'avons pas de signe aussi grand et aussi évident de la naissance du Christ que le fait de consommer quotidiennement son corps et son sang au saint autel, et le fait que lui, qui est né pour nous d'une vierge une seule fois, nous le voyons chaque jour s'immoler pour nous.

Donc, mes frères, hâtons-nous vers la crèche du Seigneur. Autant que nous le pouvons, préparons-nous à cette approche par sa grâce, en tant qu'associés aux anges, « avec un cœur pur, une bonne conscience et une foi sincère » (2Co 6,6). Et nous chanterons au Seigneur par toute notre vie et notre comportement : « Gloire à Dieu dans les hauteurs, et sur la terre paix aux hommes, objet de sa bienveillance » (Lc 2,14).

Saint Aelred de Rievaulx (1110-1167), moine cistercien

Samedi 24 décembre (texte de la nuit de Noël) 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 1-14).

« Aujourd’hui vous est né un Sauveur »

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre – ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine. Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Méditation :

Le trésor caché

Aujourd'hui, les merveilles abondent, les richesses se multiplient, les trésors sont ouverts : celle qui enfante est mère et vierge, celui qui est enfanté est Dieu et homme. (...) Ce trésor, il faut le cacher dans un champ (Mt 13,44) : que les fiançailles de la mère cachent aux yeux du monde sa conception virginale, que les pleurs du nouveau-né dérobent aux regards des hommes cet enfantement sans douleur. Cache, Marie, oui, cache la splendeur de ce soleil levant ! (Lc 1,78) Couche ton enfant dans une mangeoire ; enveloppe-le de langes, car ces langes sont toute notre richesse. En effet, les langes du Sauveur sont plus précieux que des habits royaux ; sa crèche est plus glorieuse que les trônes dorés des rois ; la pauvreté du Christ surpasse en valeur toutes les richesses et tout trésor.
Y a-t-il en effet richesse plus précieuse que cette humilité qui nous permet de gagner le Royaume des cieux et d'acquérir la grâce divine ? Il est écrit : « Heureux les pauvres en esprit car le Royaume des cieux est à eux » (Mt 5,3), et l'apôtre Jacques affirme : « Dieu s'oppose aux orgueilleux ; il donne sa grâce aux humbles » (Jc 4,6). Voyez combien l'humilité nous est recommandée dans la naissance de ce Sauveur : en venant dans le monde, « il s'est dépouillé lui-même, il a pris la condition de serviteur, et son apparence est celle d'un homme » (Ph 2,7).

Mais voulez-vous voir des richesses encore plus précieuses et une gloire plus grande encore ? (...) « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15,13). Les richesses de notre salut et de sa gloire, ce sont le sang précieux qui nous rachète et la croix du Seigneur, dans laquelle nous mettons toute notre gloire (Ga 6,14).

Samedi 24 décembre (texte pour la messe du matin)

Sainte Adèle (morte en 730). Fille du roi Dagobert II, elle fonda, après la mort de son mari, le monastère de Pfalzel près de Trêves. Elle est la grand-mère de saint Grégoire d'Ultrecht, évangélisateur de la Germanie.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 67-79).

Le soleil levant nous visitera

En ce temps-là, à la naissance de Jean Baptiste, Zacharie, son père, fut rempli d’Esprit Saint et prononça ces paroles prophétiques : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple. Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur, comme il l’avait dit par la bouche des saints, par ses prophètes, depuis les temps anciens : salut qui nous arrache à l’ennemi, à la main de tous nos oppresseurs, amour qu’il montre envers nos pères, mémoire de son alliance sainte ; serment juré à notre père Abraham de nous rendre sans crainte, afin que, délivrés de la main des ennemis, nous le servions dans la justice et la sainteté, en sa présence, tout au long de nos jours.
Toi aussi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; tu marcheras devant, à la face du Seigneur, et tu prépareras ses chemins, pour donner à son peuple de connaître le salut par la rémission de ses péchés, grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut, pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix. » 

Méditation :

Le sommet du cantique de Zacharie, le Benedictus qu'on chante chaque matin aux laudes, est « Quand nous visite l'astre d'en haut » et que l'on peut encore traduire par : « D'en haut viendra nous visiter un soleil naissant ». L'expression semble à première vue paradoxale, parce qu'elle unit « d'en haut » et « naissant », mais ce paradoxe est plein de sens. En effet, dans l'original grec « le soleil qui surgit » traduit anatolè, un terme qui signifie à la fois « la lumière solaire qui brille sur notre planète » et « le germe qui naît ».
Dans la tradition biblique, ces deux images ont une valeur messianique. D'un côté, Isaïe nous rappelle, en parlant de l'Emmanuel, que « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu une grande lumière ; sur les habitants du sombre pays, une lumière a resplendi ». De l'autre, en se référant encore au roi-Emmanuel, il le présente comme le « rejeton qui surgira de la souche de Jessé », c'est-à-dire de la dynastie de David, un surgeon sur qui reposera l'Esprit de Yahvé.
Avec le Christ, apparaît donc la lumière qui illumine tout homme et, dès lors, la vie refleurit en unissant ces deux réalités : « Ce qui fut en lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes » (Jean 1, 4).

Saint Jean Paul II, pape.

Vendredi 23 décembre

Saint Armand ou Hartmann (1090-1164). Ce Bavarois réforma l'ordre des chanoines réguliers de saint Augustin, auquel il appartenait. Sacré évêque de Brixen (Italie), il gouverna son Église avec fidélité.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 57-66).

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné.
À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.

Méditation :

« Ta femme te donnera un fils... Tu seras dans la joie et l'allégresse, beaucoup d'hommes se réjouiront de sa naissance » (Lc 1,13-14)

D'avance Dieu avait destiné Jean Baptiste à venir proclamer la joie des hommes et l'allégresse des cieux. De sa bouche, le monde a entendu tomber les paroles admirables qui annonçaient la présence de notre Rédempteur, l'Agneau de Dieu (Jn 1,29). Alors que ses parents avaient perdu tout espoir d'obtenir une descendance, l'ange, messager d'un si grand mystère, l'a envoyé pour servir de témoin au Seigneur avant même de naître (Lc 1,41). (...)
Il a rempli d'une joie éternelle le sein de sa mère, quand elle le portait en elle. (...) En effet, dans l'Évangile, on lit ces paroles qu'Élisabeth dit à Marie : « Lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ? » (Lc 1,43-44) (...) Tandis que, dans sa vieillesse, elle s'affligeait de ne pas avoir donné d'enfant à son mari, soudain elle a mis au monde un fils qui était aussi le messager du salut éternel pour le monde entier. Et un messager tel que, dès avant sa naissance, il a exercé le privilège de son ministère futur quand il a répandu son esprit prophétique par les paroles de sa mère.
Puis, par la puissance du nom que l'ange lui avait donné d'avance, il a ouvert la bouche de son père fermée par l'incrédulité (Lc 1,13.20). Lorsqu'en effet Zacharie était devenu muet, ce n'était pas pour le rester mais pour recouvrer divinement l'usage de la parole et confirmer par un signe venu du ciel que son fils était un prophète. Or, l'Évangile dit de Jean : « Cet homme n'était pas la Lumière, mais il était là pour lui rendre témoignage pour que tous croient par lui » (Jn 1,7-8). Il n'était certes pas la Lumière, mais il était tout entier dans la lumière, celui qui a mérité de rendre témoignage à la Lumière véritable.

Jeudi 22 décembre

Sainte Françoise-Xavière Cabrini (1850-1917). Religieuse milanaise, elle rêvait d'être missionnaire en Chine. Mais le pape lui demanda de se consacrer aux migrants italiens aux 2tatts Unis, ce qu'elle fit.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 46-56).

En ce temps-là, Marie rendit grâce au Seigneur en disant :
« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »
Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

Méditation :

Depuis 20 siècles, la source de la joie chrétienne n'a cessé de jaillir dans l’Église, et spécialement au cœur des saints. Au premier rang vient la Vierge Marie, pleine de grâces, la Mère du Sauveur. Accueillante à l'annonce d'en haut, servante du Seigneur, épouse de l'Esprit Saint, mère du Fils éternel, elle laisse éclater sa joie devant sa cousine Élisabeth. Elle a saisi, mieux que toutes les autres créatures, que Dieu fait des merveilles : son nom est saint, il montre sa miséricorde, il élève les humbles, il est fidèle à ses promesses.
Elle médite les moindres signes de Dieu, les repassant en son cœur. Elle est debout au pied de la croix, associée éminemment au sacrifice du Serviteur innocent, Mère des douleurs. Mais elle est aussi ouverte sans mesure à la joie de la résurrection ; elle est aussi élevée, corps et âme, dans la gloire du ciel. Première rachetée, immaculée dès le moment de sa conception, incomparable demeure de l'Esprit, elle est en même temps la Fille bien-aimée de Dieu et, dans le Christ, la Mère universelle. Elle est le symbole parfait de l’Église terrestre et glorifiée.

Saint Paul VI, pape de 1963 à 1978.

Mercredi 21 décembre

Saint Pierre Canisius (1521-1597). Originaire des Pays-Bas,il fut l'un des premiers jésuites. Actif en Suisse et en Allemagne, il s'attacha à réformer l’Église.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 39-45).

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Méditation : « Heureuse, celle qui a cru »

Marie est bienheureuse, comme sa cousine Elisabeth le lui a dit, non seulement parce que Dieu l'a regardée, mais parce qu'elle a cru. Sa foi est le plus beau fruit de la bonté divine. Mais il a fallu l'art ineffable du Saint Esprit survenant en elle pour qu'une telle grandeur d'âme s'unisse à une telle humilité, dans le secret de son cœur virginal. L'humilité et la grandeur d'âme de Marie, comme sa virginité et sa fécondité, sont pareilles à deux étoiles qui s'éclairent mutuellement, car en Marie la profondeur de l'humilité ne nuit en rien à la générosité d'âme et réciproquement. Alors que Marie se jugeait si humblement elle-même, elle n'en a été pas moins généreuse dans sa foi en la promesse qui lui était faite par l'ange. Elle qui se regardait uniquement comme une pauvre petite servante, elle n'a nullement douté qu'elle soit appelée à ce mystère incompréhensible, à cette union prodigieuse, à ce secret insondable. Et elle a cru tout de suite qu'elle allait vraiment devenir la mère de Dieu-fait-homme.

C'est la grâce de Dieu qui produit cette merveille dans le cœur des élus ; l'humilité ne les rend pas craintifs et timorés, pas plus que la générosité de leur âme ne les rend orgueilleux. Au contraire, chez les saints, ces deux vertus se renforcent l'une l'autre. La grandeur d'âme non seulement n'ouvre la porte à aucun orgueil, mais c'est elle surtout qui fait pénétrer plus avant dans le mystère de l'humilité. En effet, les plus généreux au service de Dieu sont aussi les plus pénétrés de la crainte du Seigneur et les plus reconnaissants pour les dons reçus. Réciproquement, quand l'humilité est en jeu, aucune lâcheté ne se glisse dans l'âme. Moins une personne a coutume de présumer de ses propres forces, même dans les plus petites choses, plus elle se confie dans la puissance de Dieu, même dans les plus grandes.

Saint Bernard, moine cistercien et docteur de l'Église

Mardi 20 décembre

Les saints patriarches Isaac et Jacob dont il est question dans la Genèse. Ils sont le fils et le petit-fils d'Abraham, Jacob est le père de Joseph qui présida à l'installation des Hébreux en Égypte.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 26-38).

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

Méditation :

« J'ai vu descendre du ciel... la Jérusalem nouvelle, toute prête, comme une fiancée parée pour son époux » (Apocalypse 21,2).
La mère épouse devait ainsi devenir la mère de tous lés rachetés.La sainte Église est descendue avec le Fils de Dieu lui-même et lui est indissolublement unie. Elle est construite de pierres vivantes ; et sa pierre de fondation a été posée quand le Verbe de Dieu a assumé la nature humaine dans le sein de la Vierge. A cet instant-là, s'est noué entre l'âme de l'enfant divin et l'âme de sa mère virginale le lien de l'union la plus intime, que nous appelons nuptiale. Cachée du monde entier, la Jérusalem céleste était descendue sur la terre. De cette première union nuptiale,  devaient naître toutes les pierres qui s'ajouteraient à la puissante construction, toutes les âmes que la grâce éveillerait à la vie. La mère épouse devait ainsi devenir la mère de tous lés rachetés.

Lundi 19 décembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 5-25).

Il y avait, au temps d’Hérode le Grand, roi de Judée, un prêtre du groupe d’Abia, nommé Zacharie. Sa femme aussi était descendante d’Aaron ; elle s’appelait Élisabeth. Ils étaient l’un et l’autre des justes devant Dieu : ils suivaient tous les commandements et les préceptes du Seigneur de façon irréprochable. Ils n’avaient pas d’enfant, car Élisabeth était stérile et, de plus, ils étaient l’un et l’autre avancés en âge. Or, tandis que Zacharie, durant la période attribuée aux prêtres de son groupe, assurait le service du culte devant Dieu, il fut désigné par le sort, suivant l’usage des prêtres, pour aller offrir l’encens dans le sanctuaire du Seigneur.
Toute la multitude du peuple était en prière au dehors, à l’heure de l’offrande de l’encens. L’ange du Seigneur lui apparut, debout à droite de l’autel de l’encens. À sa vue, Zacharie fut bouleversé et la crainte le saisit. L’ange lui dit : « Sois sans crainte, Zacharie, car ta supplication a été exaucée : ta femme Élisabeth mettra au monde pour toi un fils, et tu lui donneras le nom de Jean. Tu seras dans la joie et l’allégresse, et beaucoup se réjouiront de sa naissance, car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira pas de vin ni de boisson forte, et il sera rempli d’Esprit Saint dès le ventre de sa mère ; il fera revenir de nombreux fils d’Israël au Seigneur leur Dieu ; il marchera devant, en présence du Seigneur, avec l’esprit et la puissance du prophète Élie, pour faire revenir le cœur des pères vers leurs enfants, ramener les rebelles à la sagesse des justes, et préparer au Seigneur un peuple bien disposé. »
Alors Zacharie dit à l’ange : « Comment vais-je savoir que cela arrivera ? Moi, en effet, je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge. » L’ange lui répondit : « Je suis Gabriel et je me tiens en présence de Dieu. J’ai été envoyé pour te parler et pour t’annoncer cette bonne nouvelle. Mais voici que tu seras réduit au silence et, jusqu’au jour où cela se réalisera, tu ne pourras plus parler, parce que tu n’as pas cru à mes paroles ; celles-ci s’accompliront en leur temps. »
Le peuple attendait Zacharie et s’étonnait qu’il s’attarde dans le sanctuaire. Quand il sortit, il ne pouvait pas leur parler, et ils comprirent que, dans le sanctuaire, il avait eu une vision. Il leur faisait des signes et restait muet. Lorsqu’il eut achevé son temps de service liturgique, il repartit chez lui. Quelque temps plus tard, sa femme Élisabeth conçut un enfant. Pendant cinq mois, elle garda le secret. Elle se disait : « Voilà ce que le Seigneur a fait pour moi, en ces jours où il a posé son regard pour effacer ce qui était ma honte devant les hommes. »

Méditation : Le silence de Zacharie

La naissance de Jean rencontre l'incrédulité et son père devient muet ; Marie croit à celle du Christ et elle le conçoit par la foi. (...) Si nous ne sommes pas capables de scruter les profondeurs d'un si grand mystère, faute de capacité ou de temps, vous serez mieux instruits par celui qui parle en vous, même en mon absence, celui à qui vous pensez avec affection, celui que vous avez accueilli dans votre cœur, celui dont vous êtes devenus les temples (cf 1Co 3,16).           
Zacharie se tait et perd la parole jusqu'à la naissance de Jean, précurseur du Seigneur, qui lui rend la parole. La parole lui est rendue à cause de la naissance de celui qui est la voix. Car on demandait à Jean qui annonçait déjà le Seigneur : « Qui es-tu ? » Et il a répondu : « Je suis la voix qui crie dans le désert » (Jn 1,23). La voix, c'est Jean, tandis que le Seigneur est la Parole : « Au commencement était le Verbe » (Jn 1,1). Jean, c'est la voix pour un temps ; le Christ c'est le Verbe au commencement, c'est le Verbe éternel.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et docteur de l'Église

Dimanche 18 décembre : 4ème dimanche de l'Avent

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (1, 18-24).

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : ‘Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel’, qui se traduit : « Dieu-avec-nous » Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

Méditation : le silence de saint Joseph

Le silence de saint Joseph est un silence empreint de contemplation du mystère de Dieu, dans une attitude de disponibilité totale aux volontés divines. En d’autres termes, le silence de saint Joseph ne manifeste pas un vide intérieur, mais au contraire la plénitude de la foi qu’il porte dans son cœur, et qui guide chacune de ses pensées et chacune de ses actions. Un silence grâce auquel Joseph, à l’unisson avec Marie, conserve la Parole de Dieu, connue à travers les Saintes Écritures, en les confrontant en permanence avec les évènements de la vie de Jésus ; un silence tissé de prière constante, prière de bénédiction du Seigneur, d’adoration de sa sainte volonté et de confiance sans réserve à sa providence.
Laissons-nous “contaminer” par le silence de saint Joseph ! Nous en avons tant besoin, dans un monde souvent trop bruyant, qui ne favorise pas le recueillement et l’écoute de la voix de Dieu. En ce temps de préparation à Noël, cultivons le recueillement intérieur pour accueillir et conserver Jésus dans notre vie.

Benoît XVI, pape de 2005 à 2013

Samedi 17 décembre

Sainte Alice ou Adélaïde (931-999). Reine d'Italie et d'Allemagne, elle devint, par mariage, impératrice du Saint-Empire romain germanique. Veuve, elle gouverna et soutint l’œuvre des dominicains de Cluny.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (1, 1-17).

Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d'Abraham : Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères, Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram, Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmone, Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé, Jessé engendra le roi David.

David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon, Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa, Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias, Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias, Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias, Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone.

Après l’exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel, Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor, Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud, Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.

Le nombre total des générations est donc : depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations ; depuis David jusqu’à l’exil à Babylone, quatorze générations ; depuis l’exil à Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations.

Méditation :

Le Seigneur a trouvé en Joseph un second David à qui il a pu, en toute sûreté, confier ses desseins les plus secrets. Il lui a révélé les ùystères de sa sagesse et lui a découvert ce que ne connaissait aucun des maîtres de ce monde. Il lui a permis de voir et d'entendre ce que tant de prophètes et de rois, malgré leur désir,, ne purent voir ni entendre  : mieux encore, il le lui a fait porter, conduire, embrasser, nourrir, prot"ger. Marie et Joseph appartenaient tous deux à la race de David ; En Marie s'accompliqqeit la promesse faite jadis par le Seigneur à David, tandis que Joseph était le témoin de cet accomplissement.

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l'Eglise.                                                                                                                                                         

Vendredi 16 décembre

Sainte Alice ou Adélaïde (931-999). Reine d'Italie et d'Allemagne, elle devint, par mariage, impératrice du Saint-Empire romain germanique. Veuve, elle gouverna et soutint l’œuvre des dominicains de Cluny.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (5, 33-36).

En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean le Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité. Moi, ce n’est pas d’un homme que je reçois le témoignage, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés. Jean était la lampe qui brûle et qui brille, et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière. Mais j’ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean : ce sont les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir ; les œuvres mêmes que je fais témoignent que le Père m’a envoyé. »

Méditation :

« J'ai apprêté une lampe pour mon Christ » (Ps 131,17)

Alors que l'univers entier était écrasé par les ténèbres du diable et que l'obscurité du péché régnait sur le monde, un soleil nouveau, le Christ notre Seigneur, a bien voulu, à ces derniers temps, à la nuit déjà avancée, répandre les premiers rayons d'un jour naissant. Avant que paraisse cette lumière, c'est-à-dire avant que se manifeste « le soleil de justice » (Ml 3,20), Dieu avait déjà annoncé par ses prophètes, comme une aurore : « J'envoyais mes prophètes avant la lumière » (Jr 7,25 Vulg). Plus tard, le Christ a lui-même jeté ses rayons, c'est-à-dire ses apôtres, pour faire resplendir sa lumière et remplir l'univers de sa vérité, afin que personne ne se perde dans les ténèbres. (...)

Nous les hommes, pour accomplir les tâches indispensables avant que le soleil de ce monde ne se lève, nous anticipons sur la lumière avec une lampe. Or le soleil du Christ, lui aussi, a sa lampe qui a précédé sa venue, comme dit le prophète : « J'ai apprêté une lampe pour mon Christ » (Ps 131,17). Le Seigneur indique quelle est cette lampe, en disant au sujet de Jean Baptiste : « Celui-là est la lampe qui brûle et qui luit ». Et Jean lui-même dit, comme s'il était la faible lueur d'une lanterne que l'on porte devant soi : « Mais vient celui qui est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses sandales ; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu » (Lc 3,16). En même temps, comprenant que sa lumière devait être éclipsée par les rayons du soleil, il a prédit : « Il faut qu'il grandisse et que moi je diminue » (Jn 3,30). En effet, de même que la lueur d'une lanterne s'éteint à l'arrivée du soleil, de même le baptême de repentir proclamé par Jean a perdu sa valeur à l'arrivée de la grâce du Christ.

Saint Maxime de Turin (?-v. 420),évêque

Jeudi 15 décembre

Sainte Ninon (v. 296-340). Née en Cappadoce (actuelle Turquie), elle fut esclave en Géorgie. Grâce à sa sainteté et aux guérisons qu'elle obtint dans la famille royale, le pays finit par devenir chrétien.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (7; 24-30).

Après le départ des messagers de Jean, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un homme habillé de vêtements raffinés ? Mais ceux qui portent des vêtements somptueux et qui vivent dans le luxe sont dans les palais royaux. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis ; et bien plus qu’un prophète ! C’est de lui qu’il est écrit : ‘Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi.’ Je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne n’est plus grand que Jean ; et cependant le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui. Tout le peuple qui a écouté Jean, y compris les publicains, en recevant de lui le baptême, a reconnu que Dieu était juste. Mais les pharisiens et les docteurs de la Loi, en ne recevant pas son baptême, ont rejeté le dessein que Dieu avait sur eux. »

Méditation : « Qu'êtes-vous allés voir au désert ? »

Il faut passer par le désert et y séjourner pour recevoir la grâce de Dieu ; c'est là qu'on se vide, qu'on chasse de soi tout ce qui n'est pas Dieu et qu'on vide complètement cette petite maison de notre âme pour laisser toute la place à Dieu seul. Les Hébreux ont passé par le désert, Moïse y a vécu avant de recevoir sa mission, saint Paul, saint Jean Chrysostome se sont aussi préparés au désert. (...) C'est un temps de grâce, c'est une période par laquelle toute âme qui veut porter des fruits doit nécessairement passer. Il lui faut ce silence, ce recueillement, cet oubli de tout le créé, au milieu desquels Dieu établit son règne et forme en elle l'esprit intérieur : la vie intime avec Dieu, la conversation de l'âme avec Dieu dans la foi, l'espérance et la charité. Plus tard l'âme produira des fruits exactement dans la mesure où l'homme intérieur se sera formé en elle (Ep 3,16). (...)           

On ne donne que ce qu'on a et c'est dans la solitude, dans cette vie seul avec Dieu seul, dans ce recueillement profond de l'âme qui oublie tout pour vivre seule en union avec Dieu, que Dieu se donne tout entier à celui qui se donne ainsi tout entier à lui. Donnez-vous tout entier à lui seul (...) et il se donnera tout entier à vous. (...) Regardez saint Paul, saint Benoît, saint Patrice, saint Grégoire le Grand, tant d'autres : quel long temps de recueillement et de silence ! Montez plus haut : regardez saint Jean Baptiste, regardez notre Seigneur. Notre Seigneur n'en avait pas besoin, mais il a voulu nous donner l'exemple.

Saint Charles de Foucauld (1858-1916), ermite et missionnaire au Sahara.

Mercredi 14 décembre

Saint Jean de le Croix (1542-1591). Carme espagnol, il aida Thérèse d'Avila à réformer le Carmel, ce qui lui valut d'être persécuté par ses frères. Docteur de l’Église, il est un guide pour les plus hauts états mystiques.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (7; 18b-23)

En ce temps-là, Jean le Baptiste appela deux de ses disciples
et les envoya demander au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Arrivés près de Jésus, ils lui dirent : « Jean le Baptiste nous a envoyés te demander : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » À cette heure-là, Jésus guérit beaucoup de gens de leurs maladies, de leurs infirmités et des esprits mauvais dont ils étaient affligés, et à beaucoup d’aveugles, il accorda de voir. Puis il répondit aux envoyés : « Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! »

Méditation : Jésus, j'ai confiance en toi !

« Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi »

En envoyant ses disciples à Jésus, Jean s'est préoccupé de leur ignorance, non de la sienne, car lui-même a proclamé que quelqu'un viendrait pour la rémission des péchés. Mais pour leur faire savoir qu'il n'en avait pas proclamé d'autre que celui-là, il a envoyé ses disciples voir ses œuvres, pour qu'elles donnent de l'autorité à son annonce et qu'aucun autre Christ ne soit attendu en dehors de celui auquel ses œuvres auraient rendu témoignage. Et comme le Seigneur s'était révélé entièrement par ses actions miraculeuses, donnant la vue aux aveugles, la marche aux boiteux, la guérison aux lépreux, l'ouïe aux sourds, la parole aux muets, la vie aux morts, l'instruction aux pauvres, il a dit : « Heureux celui qui n'a pas été scandalisé à mon sujet ». Est-ce que de la part du Christ il y a déjà eu quelque acte qui ait pu scandaliser Jean ? Non assurément. Il demeurait en effet dans sa ligne propre d'enseignement et d'action. Mais il faut étudier la portée et le caractère spécifique de ce que dit le Seigneur : que la Bonne Nouvelle est reçue par les pauvres. Il s'agit de ceux qui auront perdu leur vie, qui auront pris leur croix et le suivront (Lc 14,27), qui deviendront humbles de cœur et pour lesquels le Royaume des cieux est préparé (Mt 11,29; 25,34). Parce que l'ensemble de ces souffrances convergeait dans le Seigneur et que sa croix allait être un scandale pour un très grand nombre, il a déclaré heureux ceux dont la foi ne subirait aucune tentation du fait de sa croix, de sa mort, de sa sépulture.

Mardi 13 décembre

Sainte Lucie (morte vers 305). Le nom de cette martyre de Syracuse signifie « lumière ». Sa fête donne lieu à des processions aux bougies en Scandinavie.Ses reliques sont conservées à Venise.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (21, 28-32)

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens du peuple : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.” Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »

Méditation : Ô Seigneur, vous êtes en moi plus que moi-même !

Jean-Baptiste enseigne en paroles et en actes. Vrai maître, il montre par son exemple ce qu'affirme son langage. Le savoir fait le maître, mais c'est la conduite qui conduite qui confère l'autorité. Enseigner par les actes est la seule règle de celui qui veut instruire. L'instruction par les paroles, c'est le savoir ; mais quand elle passe dans les actes, c'est la vertu. Est donc authentique le savoir joint à la vertu : c'est elle et elle seule qui est divine et non humaine.
Que ta conduite de converti soit évidente. Toi qui as préféré l'humain au divin, qui as voulu être esclave du monde plutôt que vainqueur du monde avec le Seigneur du monde, convertis-toi. Toi qui as fui la liberté que les vertus t'auraient procurée parce que tu as voulu subir le joug du péché, convertis-toi ; convertis-toi vraiment, toi qui, par peur de posséder la Vie, t'es livré à la mort.

Saint Pierre Chrysologue (v. 406-450), évêque de Ravenne, docteur de l’Église.

« Jean a rendu témoignage à la vérité...; il était la lampe qui brûle et qui éclaire » (Jn 5,35)

Cette lampe destinée à éclairer le monde m'apporte une joie nouvelle, car c'est grâce à elle que j'ai reconnu la vraie Lumière qui luit dans les ténèbres, mais que les ténèbres n'ont pas reçue (Jn 1,5). (...) Nous pouvons t'admirer, Jean, toi le plus grand de tous les saints ; mais imiter ta sainteté, cela nous est impossible. Puisque tu te hâtes de préparer un peuple parfait pour le Seigneur avec des publicains et des pécheurs, il est de toute urgence que tu leur parles d'une façon plus à leur portée que par ta vie. Propose-leur un modèle de perfection qui soit non pas selon ta manière de vivre, mais adapté à la faiblesse des forces humaines.
« Produisez, dit-il, de dignes fruits de pénitence » (Mt 3,8). Mais nous, frères, nous nous glorifions de parler mieux que nous vivons. Jean lui, dont la vie est plus sublime que ce que les hommes peuvent comprendre, met cependant son langage à la portée de leur intelligence : « Faites, dit-il, de dignes fruits de pénitence ! » « Je vous parle de manière humaine, en raison de la faiblesse de la chair. Si vous ne pouvez pas encore faire le bien en plénitude, que se trouve en vous au moins un vrai repentir de ce qui est mal. Si vous ne pouvez pas encore produire les fruits d'une justice parfaite, que pour le moment votre perfection consiste à produire de dignes fruits de pénitence. »

Bienheureux Guerric d'Igny (v. 1080-1157), abbé cistercien

Lundi 12 décembre

Notre Dame de Guadeloupe. La Vierge est apparue les 9 et 12 décembre 1531 à saint Juan Diego, un Indien de Mexico, avec le visage d'une métisse et des vêtements couverts de motifs indigènes.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (21, 23-27)

En ce temps-là, Jésus était entré dans le Temple, et, pendant qu’il enseignait, les grands prêtres et les anciens du peuple s’approchèrent de lui et demandèrent : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? » Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela : Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va nous dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?” Si nous disons : “Des hommes”, nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. » Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Il leur dit à son tour : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela. »

Méditation : Ô mon Dieu, fais que je t'aime !

Le propre des gens malfaisants et animés par l'envie est de fermer les yeux tant qu'ils le peuvent sur le mérite d'autrui et lorsque, vaincus par l'évidence, ils ne le peuvent plus, de la déprecier ou de le dénaturer. Ainsi, quand la foule exulte de dévotion et s'émerveille à la vue des oeuvres du Christ, les scribes et les pharisiens soit ferment les yeux à ce qu'ils savent être vrai, soit rabaissent ce qui est grand, soit dénaturent ce qui est bon.
Celui qui, percevant avec évidence chez son frère la grâce et l'opération du Saint-Esprit, ne craint pas de dénaturer, de calomnier et d'attribuer insolemment à l'esprit mauvais cequ'il sait pertinemmet être du Saint-Esprit, celui-là est complètement obscurci, aveuglé par sa propre malice. Quoi de plus grave en effet que d'oser blasphémer la bonté de Dieu et insulter sa magesté en voulant discréditer un homme ?

D'après Isaac de l'Etoile (v. 1110-1171), moine cistercien.

Dimanche 11 décembre : 3e dimanche de l'(Avent (A)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (11, 2-11)

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux, lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »
Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète. C’est de lui qu’il est écrit : ‘Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi.’ Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »

Méditation :

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Saint Jean-Baptiste, qui était chargé d’annoncer la venue du sauveur, doutait pourtant de sa présence. Alors, Jésus le rassure en lui donnant quatre signes clairs : « les aveuglent retrouvent la vue, les boiteux marchent, les sourds entendent et les muets parlent ». Alors méditons sur ces quatre verbes : Voir, marcher, entendre et parler.
Voir, c’est connaitre. Nous devons découvrir la présence de Jésus parmi nous en premier lieu par notre intelligence, alors nourrissons-la par la lecture de la Parole de Dieu. Marcher : pour avancer, il faut faire un bon usage de notre volonté ! Nous devons éviter les cailloux dans nos chaussures. Les cailloux, ce sont nos péchés, notre amour propre, tout ce qui dans notre vie ralenti notre marche avec Dieu et nous fait boiter. Entendre, nous sommes trop souvent emmurés dans notre petit monde, nous ne sommes plus à l’écoute des autres, alors renonçons à notre bulle et ouvrons-nous pour découvrir l’autre, les autres. Parler, il ne s’agit pas de parler de Dieu à temps et à contre temps, mais de saisir des occasions simples pour partager notre foi.
Bien utilisés, ces mots simples peuvent vraiment illuminer le sapin de votre vie.
Alors courage, larguons nos amarres et, c’est le moment de le dire, « en Avent toute ! » Alors courage, larguons nos amarres et « en Avent toute ! »

Samedi 10 décembre

Sainte Eulalie (304). Elle fut brûlée à 13 ans en raison de sa foi, à Mérida, en Espagne, où elle est très populaire. La Séquence de sainte Eulalie (881) est le plus ancien texte de la poésie française conservée.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (17, 10-13)

Descendant de la montagne, les disciples interrogèrent Jésus : « Pourquoi donc les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d’abord ? » Jésus leur répondit : « Élie va venir pour remettre toute chose à sa place. Mais, je vous le déclare : Élie est déjà venu ; au lieu de le reconnaître, ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu. Et de même, le Fils de l’homme va souffrir par eux. » Alors les disciples comprirent qu’il leur parlait de Jean le Baptiste.

Méditation : Que le nom du Seigneur soit béni !

Notre Seigneur témoigne de Jean qu'il est le plus grand des prophètes, mais il a reçu l'Esprit de façon mesurée, puisque Jean a obtenu un esprit pareil à celui qu'avait reçu Élie. De même qu’Élie était demeuré dans la solitude, ainsi l'Esprit de Dieu a emmené Jean à demeurer dans le désert, dans les montagnes et dans les grottes. Un corbeau avait volé au secours d’Élie pour le nourrir ; Jean mangeait des sauterelles volantes. Élie portait une ceinture de peau ; Jean portait un pagne de peau autour des reins. Élie a été persécuté par Jézabel ; Hérodiade a persécuté Jean. Élie avait réprimandé Achab ; Jean a réprimandé Hérode. Élie avait divisé les eaux du Jourdain ; Jean a ouvert le baptême. Le double de l'esprit d’Élie s'est posé sur Élisée ; Jean a imposé les mains à notre Sauveur, qui a reçu l'Esprit sans mesure. Élie ouvrit le ciel et s’éleva ; Jean vit les cieux ouverts et l'Esprit de Dieu descendre et se poser sur notre Sauveur.

D'après Aphraate (v. 270-345), moine et évêque près de Mossoul.

« Il sera rempli d'Esprit Saint... il marchera devant le Seigneur avec la puissance d'Élie » (Lc 1,17)

Qui a obtenu le pouvoir d'ouvrir ou de fermer les cieux, de retenir ou de faire venir la pluie ? Qui pouvait faire descendre le feu sur un sacrifice inondé d'eau ou sur deux troupes de soldats à cause de leurs méfaits ? Qui, dans une ardeur enflammée, a fait périr les prophètes de la honte à cause des idoles offensantes qu'ils vénéraient ? Qui a vu Dieu dans une brise légère ? (...) Tous ces faits sont propres à Élie seulement et à l'Esprit qui est en lui.
Mais on pourrait parler d'événements encore plus prodigieux (...) Élie est celui qui jusqu'à ce jour n'a même pas subi la mort, mais a été enlevé aux cieux et reste impérissable ; certains pensent qu'il vit avec les anges, dont il a imité la nature incorruptible et immatérielle à travers une vie pure. (...) Et de fait Élie est apparu à la transfiguration du Fils de Dieu, le voyant à visage découvert, se tenant face à face devant lui. À la fin des temps, quand le salut de Dieu sera manifesté, c'est lui qui proclamera la venue de Dieu avant les autres et la montrera aux autres ; par beaucoup de signes extraordinaires il confirmera le jour qui est tenu secret. Ce jour-là nous aussi, si nous sommes prêts, nous espérons aller au devant de cet homme admirable qui nous prépare le chemin qui mène à ce jour. Qu'il nous fasse entrer donc dans les demeures célestes, dans le Christ Jésus notre Seigneur, à qui reviennent la gloire et la puissance, maintenant et toujours et pour les siècles des siècles.

(Références bibliques : 1R 17,1; 2R 1,10; 1R 18,40; 19,12; 2R 2,1; Mt 17,3)

Saint Jean de Damas (v. 675-749), moine, théologien, docteur de l'Église

Vendredi 9 décembre

Saint Pierre Fourier (1565-1640). Fils d'un marchand lorrain, devenu chanoine de saint Augustin, il fut l'infatigable réformateur de son ordre. Il fut pionner de l'éducation des filles de la Contre-Réforme.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (11, 16-19)

En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules : « À qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis sur les places, qui en interpellent d’autres en disant : “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.” Jean est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : “C’est un possédé !” Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.” Mais la sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait. »

Méditation : Mon Dieu, je me donne tout à toi !

Dans cette génération, conclut Jésus, le plan de Dieu rencontrera toujours la même obstination, le même refus a priori. Cependant Dieu trouvera toujours sur terre des enfants de bonne volonté, de bons joueurs qui accepteront de rentrer dans le mystère du salut et qui feront bon accueil à tout ce que le Maître proposera, à l'exigence de l'ascèse comme au devoir de rester joyeux.
La sagesse de Dieu sera reconnue juste, admirable, par tous ceux qui accepteront que Dieu soit libre de ses voies, de ses choix, de ses dons. Il y aura toujours sur terre des cœurs ouverts à la nouveauté, qui sauront reconnaître en Jésus la sagesse du Père venue comme chez elle parmi les humains. Nous ne valons pas mieux que les autres hommes, nous ne sommes ni plus clairvoyants ni plus courageux, et nous sommes assis sur la même place poussiéreuse, lassés parfois de tout, même de jouer au jeu de Dieu, tristes devant l'effort, craignant de ne pas manger ni boire tout notre soûl à la table de ce monde. Mais nous avons une richesse à partager : nous attendons la visite de Dieu. Bientôt, au cœur de la nuit, un son de flûte s'élèvera, très doux, très chaud, presque timide : la flûte du Messie.

Jean Lévêque, carme contemporain de la province de Paris.

Jeudi 8 décembre : Solennité de l'Immaculée Conception

Célébrant la rédemption anticipée de Marie, conçue sans être marquée par le péché originel, cette fête a lieu neuf mois avant la Nativité de la Vierge

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 26-38)

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

Méditation : Vierge Marie, fais croître en moi la confiance !

Les saints sont les porteurs de lumière dans l'histoire, parce qu'ils sont des personnes de foi, d'espérance et d'amour. Parmi eux, il y a par excellence Marie, mère du Seigneur et miroir de toute sainteté. Marie exprime ainsi tout le programme de sa vie : ne pas se mettre au centre mais faire place à Dieu rencontré tant dans la prière que dans le service. Marie est grande précisément parce qu'elle ne veut pas se rendre elle-même grande, mais elle veut rendre Dieu Grand. Elle est humble : elle ne veut être rien d'autre que la servante du Seigneur. Elle sait qu'elle contribue au salut du monde en se mettant pleinement à la disposition des initiatives de Dieu. Elle est une femme d'espérance : uniquement parce qu'elle croit aux promesses de Dieu et qu'elle attend le salut d'Israël ; l'ange peut venir chez elle et l'appeler au service décisif de ces promesses. C'est une femme de foi : « Heureuse celle qui a cru. »

Mercredi 7 décembre

Saint Ambroise (340-397). Ce préfet romain qui voulait remettre de l'ordre dans une succession épiscopale fut, à sa grande surprise, élu évêque par acclamation, alors qu'il n'était pas encore baptisé.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (11, 28-30)

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Méditation : « Venez à moi »

Dans la plénitude où Jésus porte la foi, le Christ n'est pas seulement celui en qui nous croyons — la manifestation la plus grande de l'amour de Dieu — mais aussi celui auquel nous nous unissons pour pouvoir croire. La foi non seulement regarde vers Jésus, mais regarde du point de vue de Jésus, avec ses yeux ; elle est une participation à sa façon de voir. Dans de nombreux domaines de la vie, nous faisons confiance à d'autres personnes qui ont des meilleures connaissances que nous. Nous avons confiance dans l'architecte qui construit notre maison, dans le pharmacien qui nous présente le médicament pour la guérison, dans l'avocat qui nous défend au tribunal. Nous avons également besoin de quelqu'un qui soit digne de confiance et expert dans les choses de Dieu. Jésus, son Fils, se présente comme celui qui nous explique Dieu (Jn 1,18). La vie du Christ, sa façon de connaître le Père, de vivre totalement en relation avec lui, ouvre un nouvel espace à l'expérience humaine et nous pouvons y entrer.

Saint Jean a exprimé l'importance de la relation personnelle avec Jésus pour notre foi à travers divers usages du verbe « croire ». Avec le « croire que » ce que Jésus nous dit est vrai (14,10; 20,31), Jean utilise aussi les locutions « croire à » Jésus et « croire en » Jésus. « Nous croyons à » Jésus, quand nous acceptons sa Parole, son témoignage, parce qu'il est véridique (6,30). « Nous croyons en » Jésus, quand nous l'accueillons personnellement dans notre vie et nous nous en remettons à lui, adhérant à lui dans l'amour et le suivant au long du chemin (2,11; 6,47; 12,44).
Pour nous permettre de le connaître, de l'accueillir et de le suivre, le Fils de Dieu a pris notre chair, et ainsi sa vision du Père a eu lieu aussi de façon humaine, à travers une marche et un parcours dans le temps. (...) La foi dans le Fils de Dieu, fait homme en Jésus de Nazareth, ne nous sépare pas de la réalité, mais nous permet d'accueillir son sens le plus profond, de découvrir combien Dieu aime ce monde et l'oriente sans cesse vers lui ; et cela amène le chrétien à s'engager, à vivre de manière encore plus intense sa marche sur la terre.

Pape François

Mardi 6 décembre

Saint Nicolas (270-345). Évêque d'Asie mineure très populaire, patron des enfants en Occident, dont la fête donne lieu à des réjouissances dans le nord et le nord-est de la France.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (18, 12-14)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quel est votre avis ? Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ? Et, s’il arrive à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »

Méditation : Jésus, notre Paix, viens à mon aide !

« Il se réjouit pour elle plus que pour les quatre-vingt-dix-neuf autres qui ne se sont pas égarées »

Regardons notre berger, le Christ ; voyons son amour pour les hommes et sa douceur pour les conduire au pâturage. Il se réjouit des brebis qui l'entourent comme il cherche celles qui s'égarent. Monts et forêts ne lui font pas d'obstacle ; il court dans la vallée de l'ombre pour parvenir jusqu'à l'endroit où se trouve la brebis perdue. L'ayant trouvée malade, il ne la méprise pas, mais la soigne ; la prenant sur ses épaules, il guérit par sa propre fatigue la brebis fatiguée. Sa fatigue le remplit de joie, car il a retrouvé la brebis perdue, et cela le guérit de sa peine : « Lequel d'entre vous, dit-il, s'il a cent brebis et vient à en perdre une, n'abandonne pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour s'en aller auprès de celle qui est perdue, jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée ? »
La perte d'une seule brebis trouble la joie du troupeau rassemblé, mais la joie des retrouvailles chasse cette tristesse : « Quand il l'a retrouvée, il assemble amis et voisins et il leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis qui était perdue » (Lc 15,6). C'est pourquoi le Christ, qui est ce berger, disait : « Je suis le bon pasteur » (Jn 10,11). « Je cherche la brebis perdue, je ramène celle qui est égarée, je panse celle qui est blessée, je guéris celle qui est malade » (Ez 34,16).

Basile de Séleucie (?-v. 468), évêque

Lundi 5 décembre

Saint Gérald (mort en 1109). Moine de Moissac, il a retrouvé le chant liturgique. L'évêque de Tolède (Espagne) lui demanda de faire de même dans son diocèse. Il réussit si bien qu'on le sacra évêque de Braga (Portugal).

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (5, 17-26)

Un jour que Jésus enseignait, il y avait dans l’assistance des pharisiens et des docteurs de la Loi, venus de tous les villages de Galilée et de Judée, ainsi que de Jérusalem ; et la puissance du Seigneur était à l’œuvre pour lui faire opérer des guérisons. Arrivent des gens, portant sur une civière un homme qui était paralysé ; ils cherchaient à le faire entrer pour le placer devant Jésus. Mais, ne voyant pas comment faire à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et, en écartant les tuiles, ils le firent descendre avec sa civière en plein milieu devant Jésus.
Voyant leur foi, il dit : « Homme, tes péchés te sont pardonnés. » Les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner : « Qui est-il celui-là ? Il dit des blasphèmes ! Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ?» Mais Jésus, saisissant leurs pensées, leur répondit : « Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ? Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés te sont pardonnés”, ou dire : “Lève-toi et marche” ? Eh bien ! Afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité sur la terre pour pardonner les péchés, – Jésus s’adressa à celui qui était paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ta civière et retourne dans ta maison. »
À l’instant même, celui-ci se releva devant eux, il prit ce qui lui servait de lit et s’en alla dans sa maison en rendant gloire à Dieu. Tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu. Remplis de crainte, ils disaient : « Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd’hui ! »

Méditation : Seigneur, tu me donnes force et secours !

Au fil des années, nos péchés tombent au fond de notre cœur comme autant de gouttes d'eau calcaire. Chacun  dépose un peu d'opacité, de dureté et de résistance à Dieu, qui se fond avec celui qui a été laissé par le péché précédent. Ainsi une sorte de stalagmite grandit comme un barreau de calcaire, prison de notre volonté. C'est le «cœur de pierre ».
J'ai besoin du pardon du Christ pour le supprimer, grâce au sacrement de pénitence quand il s'agit de ruptures graves avec Dieu. Ce que la Bible a de plus important à nous dire concernant le péché, c'est que nous avons un Dieu qui le pardonne et qui, après l'avoir pardonné, l'oublie, l'efface, fait une chose nouvelle. Nous devons transformer le remords en louange et action de grâce, comme le firent ce jour-là à Capharnaüm les hommes qui avaient assisté au miracle.

Père Raniero Cantalamessa, capucin qui fut prédicateur à la maison pontificale.

« Aujourd'hui nous avons vu des choses extraordinaires ! »

Douce est la lumière, et il est bon de contempler le soleil avec nos yeux de chair (...) ; c'est pourquoi Moïse disait déjà : « Et Dieu vit la lumière, et il dit qu'elle était bonne » (Gn 1,4). (...)
Qu'il nous est bon de penser à la grande, véritable et indéfectible lumière « qui éclaire tout homme venant en ce monde » (Jn 1,9), c'est-à-dire le Christ, le Sauveur du monde et son libérateur. Après s'être dévoilé aux regards des prophètes, il s'est fait homme et il a pénétré jusqu'aux dernières profondeurs de la condition humaine. C'est de lui que parle le prophète David : « Chantez à Dieu un psaume pour son nom, préparez un passage pour celui qui monte à l'occident ; son nom est Seigneur, exultez en sa présence » (Ps 67,5 Vulg). Et encore Isaïe, de sa grande voix : « Peuples assis dans les ténèbres, regardez cette lumière. Pour vous qui habitez au pays de l'ombre de la mort, une lumière resplendira » (cf 9,1). (...)
Ainsi donc, la lumière du soleil vue par nos yeux de chair annonce le Soleil spirituel de justice (Ml 3,20), le plus doux qui se soit levé pour ceux qui ont eu le bonheur d'être instruits par lui et de le regarder avec leurs yeux de chair, pendant qu'il séjournait parmi les hommes comme un homme ordinaire. Et pourtant il n'était pas seulement un homme ordinaire, puisqu'il était né vrai Dieu, capable de rendre la vue aux aveugles, de faire marcher les boiteux, de faire entendre les sourds, de purifier les lépreux et de ramener d'un mot les morts à la vie (Lc 7,22).

Saint Grégoire d'Agrigente (v. 559-v. 594), évêque

Dimanche 4 décembre : 2e dimanche de l'Avant (A)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (3, 1-12)

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.’ Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage. Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.
Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion. N’allez pas dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père” ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham. Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.
Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

Méditations :

Jean proclame. L’insistance est mise sur sa parole, sur son message. Paradoxalement, Jean a choisi pour prêcher le désert, le désert de Judée, ces collines arides qui invitent à la solitude et au recueillement, à quelques kilomètres de Jérusalem ou de Bethléem. Jean ne s’est pas planté sur les places des villes ou aux grands carrefours. Tous ceux qui voudront l’entendre devront d’abord prendre la route. Le langage de Jean est celui de l’authenticité et de l’effort, c’est tout un programme de vie spirituelle.
On imagine souvent que la conversion est un instant privilégié dans une existence, c’est beaucoup plus que cela. C’est toute une vie qui part d’un instant de rencontre. La conversion est un évènement, mais plus encore un cheminement. Un retournement certes, mais surtout un retour qui dure toute la vie, car il ne s’agit pas seulement d’un remords passager qui ramène l’homme sur lui-même ou sur ses fautes, mais d’un pèlerinage d’amour qui ramène l’homme vers Quelqu’un, vers Celui qui appelle, vers le Règne de Dieu, c’est-à-dire vers le Dieu qui crée la paix et la joie.

Jean Lévêque, carme contemporain de la province  de Paris

Aujourd’hui, deuxième dimanche de ce temps de préparation à Noël (...) c’est  un temps pour reconnaître les vides à combler dans notre vie (...) Un vide dans notre vie peut être le fait que nous ne prions pas ou que nous prions peu. L’Avent est alors le moment favorable pour prier avec plus d’intensité, pour réserver à la vie spirituelle la place importante qui lui revient. Un autre vide pourrait être le manque de charité envers le prochain, surtout envers les personnes qui ont le plus besoin d'aide, non seulement matérielle, mais aussi spirituelle.
Nous sommes appelés à être plus attentifs au besoin des autres, plus proches. Comme Jean-Baptiste, de cette façon, nous pouvons ouvrir des routes d'espérance dans le désert des cœurs arides de tant de personnes.

Pape François

Samedi 3 décembre

Saint François-Xavier (1506-1552). Compagnon d'Ignace de Loyola, il fonda avec lui l'ordre des Jésuites avant de partir évangéliser l'Inde. A bout de forces, il mourut aux portes de la Chine.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (9, 35-38. 10,1. 5a. 6-8)

En ce temps-là, Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. » Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »

Méditation : Sois ma lumière, Seigneur !

Frères, j'entends murmurer aujourd'hui : « Seigneur, que les temps sont durs ; quelle époque difficile à traverser ! » Homme qui ne te corrige pas, n'es-tu pas mille fois plus dur que le temps que nous vivons ? Toi qui soupires après le luxe, après ce qui n'est que vanité, toi dont la cupidité est toujours insatiable, toi qui veux faire un mauvais usage de ce que tu désires, tu n'obtiendras rien.
Guérissons-nous, frères ! Corrigeons-nous ! Le Seigneur va venir Parce qu'il n'apparaît pas encore, on se moque de lui. Frères, n'espérons plus d'autres temps que ceux dont nous parle l’Évangile. Ils ne sont point mauvais car le Christ vient ! S'ils nous semblent durs, difficiles à traverser, Christ vient nous réconforter. Dieu voit les hommes s'agiter misérablement sous l'étreinte d leurs désirs et des soucis de ce monde qui donnent la mort à leur âme ; alors le Seigneur vient à eux comme un médecin qui apporte le remède.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone et docteur de l’Église.

Vendredi 2 décembre

Bienheureux Jan Van Ruysbroeck (mort en 1381). Ce mystique flamand développa une profonde doctrine spirituelle, tout en formulant une critique très actuelle des spiritualités frelatées.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (9, 27-31)

En ce temps-là, Jésus était en route ; deux aveugles le suivirent, en criant : « Prends pitié de nous, fils de David ! » Quand il fut entré dans la maison, les aveugles s’approchèrent de lui, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela ? » Ils lui répondirent : « Oui, Seigneur. » Alors il leur toucha les yeux, en disant : « Que tout se passe pour vous selon votre foi ! » Leurs yeux s’ouvrirent, et Jésus leur dit avec fermeté : « Attention ! que personne ne le sache ! » Mais, une fois sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région.

Méditation : Seigneur, apprends-moi à aimer !

Recherchons celui qui seul peut nous rendre la liberté ; poursuivons-le sans cesse de notre désir, lui dont la beauté blesse les cœurs, lui qui les attire vers l'amour et les unit à lui pour toujours. Oui, par nos actions, courons vers lui. Ne nous laissons devancer par personne, ni nous tromper et nous distraire de notre recherche par qui que ce soit. Surtout ne disons pas que Dieu ne manifeste jamais sa présence aux hommes. Ne disons pas qu'il est impossible aux hommes de voir un jour la lumière de Dieu - et même de la voir aujourd'hui.
Comprenons quelle est la beauté de notre Maître ! Ne lui fermons pas les yeux de notre cœur en nous laissant absorber par les réalités de ce monde. Oui, que le souci des affaires de la terre ne nous rende pas esclaves de la gloire humaine, au point de nous faire abandonner celui qui est la lumière de la vie éternelle.
Allons vers lui ensemble, d'un même cœur, d'un même esprit, de toute notre âme. Humblement lançons notre cri vers lui, notre bon Maître, notre Seigneur miséricordieux, vers lui qui est le « seul ami des hommes ». Recherchons-le, car il va se révéler à nous, il va paraître, il va se manifester, lui notre espérance.

Syméon le Nouveau Théologien (v. 949-1022), moine grec

Ce moine a écrit aussi cet hymne : L'aveuglement des hommes 

[Le Christ parle:]
Quand j'ai créé Adam, je lui ai donné de me voir
et par là d'être établi dans la dignité des anges...
Il voyait tout ce que j'avais créé avec ses yeux corporels
mais avec ceux de l'intelligence,
il voyait mon visage à moi, son Créateur.
Il contemplait ma gloire et s'entretenait avec moi à toute heure.
Mais quand, transgressant mon commandement,
il a goûté à l'arbre,
il est devenu aveugle et est tombé dans l'obscurité de la mort...
Mais je l'ai pris en pitié et suis venu d'en haut.
Moi, l'absolument invisible, j'ai partagé l'opacité de la chair.
Recevant de la chair un commencement,
devenu homme, j'ai été vu de tous.

Pourquoi donc ai-je bien pu accepter de faire cela ?
Parce que c'est là la vraie raison
pour laquelle j'avais créé Adam : pour me voir.
Lorsqu'il a été aveuglé et, à sa suite, tous ses descendants à la fois,
je ne supportais pas d'être, moi, dans la gloire divine et d'abandonner...
ceux que j'avais créés de mes mains ;
mais je suis devenu semblable en tout aux hommes,
corporel avec les corporels,
et je me suis uni à eux volontairement.
Tu vois quel est mon désir d'être vu par les hommes...
Comment donc peux-tu dire que je me cache de toi,
que je ne me laisse pas voir ?
En vérité je brille, mais toi, tu ne me regardes pas.

Jeudi 1er décembre

Saint Charles de Foucauld (1858-1916). Cet officier à la vie dissolue connut une conversion fulgurante à Paris. Ordonné prêtre à 43 ans, il partit vivre en ermite dans le Sahara.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (7, 21. 24-27)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.
Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »

Méditation :

« Faire la volonté de mon Père »

Se souvenant de la parole du Seigneur : « À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples : si vous vous aimez les uns les autres » (Jn 13,35), les chrétiens ne peuvent pas former de souhait plus vif que celui de rendre service aux hommes de leur temps, avec une générosité toujours plus grande et plus efficace. Aussi, dociles à l'Évangile et bénéficiant de sa force, unis à tous ceux qui aiment et pratiquent la justice, ils ont à accomplir sur cette terre une tâche immense, dont ils devront rendre compte à celui qui jugera tous les hommes au dernier jour. Ce ne sont pas ceux qui disent « Seigneur, Seigneur » qui entreront dans le Royaume des cieux, mais ceux qui font la volonté du Père et qui, courageusement, agissent. Car la volonté du Père est qu'en tout homme nous reconnaissions le Christ notre frère et que nous aimions chacun pour de bon, en action et en parole, rendant ainsi témoignage à la Vérité. Elle est aussi que nous partagions avec les autres le mystère d'amour du Père céleste. C'est de cette manière que les hommes répandus sur toute la terre seront provoqués à une ferme espérance, don de l'Esprit, afin d'être finalement admis dans la paix et le bonheur suprêmes, dans la patrie qui resplendit de la gloire du Seigneur.
« À celui qui, par la puissance qui agit en nous, est capable de tout faire, bien au-delà de ce que nous demandons et concevons, à lui la gloire dans l'Église et dans le Christ Jésus, pour tous les âges et tous les siècles. Amen. » (Ep 3,20-21)

Concile Vatican II.