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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU
 

Méditations quotidiennes avec le supplément de la revue Prier : « Prier au quotidien
et découverte brève de certains saints ou bienheureux qui sont de vrais témoins de la foi.

Depuis la rentrée septembre 2021, les méditations sont toutes d'un frère de Taizé,
sauf celles du dimanche et des grandes fêtes qui sont du pape François.

Lundi 17 janvier 2022

Saint Antoine le Grand (mort en 356). Fils d'une famille aisée, cet Égyptien distribua ses biens après avoir entendu l’Évangile du jeune homme riche. Il vécu 20 ans au désert avant de devenir le « Père des moines ».

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (2, 18-22)

En ce temps-là, comme les disciples de Jean le Baptiste et les pharisiens jeûnaient, on vint demander à Jésus : « Pourquoi, alors que les disciples de Jean et les disciples des Pharisiens jeûnent, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? »
Jésus leur dit : « Les invités de la noce pourraient-ils jeûner, pendant que l’Époux est avec eux ? Tant qu’ils ont l’Époux avec eux, ils ne peuvent pas jeûner. Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront. Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’étoffe neuve ; autrement le morceau neuf ajouté tire sur le vieux tissu et la déchirure s’agrandit. Ou encore, personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; car alors, le vin fera éclater les outres, et l’on perd à la fois le vin et les outres. À vin nouveau, outres neuves. »

Méditation : Seigneur, donne-moi un cœur nouveau !

Si nous nous limitons à l'effort de conserver ce que nous avons reçu, ne serons-nous pas, comme les disciples de Jean-Baptiste et les pharisiens, impropres à contenir le vin nouveau du Royaume de Dieu ? Mais si nous courrons toujours après les dernières nouveautés en laissant de côté ce qui est ancien, ne risquons-nous pas de jeter l'essentiel avec l'accessoire ? Dans une belle image saint Irénée de Lyon dit que la foi, sous l'action de l'Esprit de Dieu, « tel un dépôt de grand prix renfermé dans un vase excellent, rajeunit et fait rajeunir le vase même qui le contient. » Nous sommes des vases appelés à ne faire plus qu'un avec le vin nouveau que nous portons. Par une dynamique intérieure d'écoute toujours renouvelée de l'Évangile, nous serons des témoins fidèles pour notre temps. Jésus nous invite à une conversion pour la conservation de sa Parole, qui a du prix. Il ne s'agit pas de vouloir un changement radical, mais d'enclencher une dynamique intérieure par une écoute renouvelée, une disponibilité. Pour accueillir le vin nouveau, soyons de belles outres de notre temps, des outres qui aiment !

Dimanche 16 janvier 2022 : 2e dimanche du temps ordinaire

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (2, 1-11)

En ce temps-là, il y eut un mariage à Cana de Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples. Or, on manqua de vin. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui répond : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Sa mère dit à ceux qui servaient : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. »
Or, il y avait là six jarres de pierre pour les purifications rituelles des Juifs ; chacune contenait deux à trois mesures, (c’est-à-dire environ cent litres). Jésus dit à ceux qui servaient : « Remplissez d’eau les jarres. » Et ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. Il ne savait pas d’où venait ce vin, mais ceux qui servaient le savaient bien, eux qui avaient puisé l’eau. Alors le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout le monde sert le bon vin en premier et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant. »
Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C’était à Cana de Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Méditation :

En entamant son ministère public durant ces noces, Jésus se manifeste comme l’époux du peuple de Dieu annoncé par les prophètes, et nous révèle la profondeur de la relation qui nous uni à Lui. Dieu et l’homme se rencontrent, se célèbrent et s'aiment. L’Église est la famille de Jésus dans laquelle se reverse son amour que l'Église veut transmettre à tous. On comprend également l'observation la Vierge : « Ils n'ont pas de vin » (verset 3). L'eau est nécessaire pour vivre, mais le vin exprime l'abondance de banquet et la joie de la fête. Le vin est nécessaire pour la fête. En transformant en vin l'eau des jarres utilisées « pour la purification rituelle des juifs », Jésus accomplit un signe éloquent : il transforme la Loi de Moïse en Évangile, porteur de joie. Durant ces noces, une Nouvelle Alliance est stipulée. À tous les serviteurs du Seigneur, C'est-à-dire à toute l'Église, est confiée la nouvelle mission : « Tout ce qu'il vous dira, faites-le ! ». Servir le Seigneur signifie écouter et mettre en pratique sa Parole. C'est la recommandation simple mais essentielle de la Mère de Jésus et c'est le programme de vie du chrétien. A Cana, les disciples de Jésus deviennent sa famille et à Cana naît la foi de l'Église.

D'après le pape François (audience générale du 8 juin 2016)

Samedi 15 janvier 2022

Saint Rémi (mort en 530). Évêque de Reims, il fonda dans le Nord les diocèses de Thérouanne, Laon et Arras. Il contribua à la conversion du roi Clovis qu'il baptisa et dont il devint un fidèle conseiller.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (2, 13-17)

En ce temps-là, Jésus sortit de nouveau le long de la mer ; toute la foule venait à lui, et il les enseignait.
En passant, il aperçut Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des impôts. Il lui dit : « Suis-moi. » L’homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table dans la maison de Lévi, beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec Jésus et ses disciples, car ils étaient nombreux à le suivre.
Les scribes du groupe des pharisiens, voyant qu’il mangeait avec les pécheurs et les publicains, disaient à ses disciples : « Comment ! Il mange avec les publicains et les pécheurs ! » Jésus, qui avait entendu, leur déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

Méditation : Change mon regard, Seigneur !

L’être humain a été créé pour vivre avec ses semblables. « Il n'est pas bon pour l’homme d’être seul » dit le Seigneur au commencement. Mais notre solidarité a été minée le long des siècles par une multitude de divisions et de jugements réciproques. Venu pour restaurer l'humanité dans sa condition première, Jésus doit aller vers ceux qui sont le plus loin pour les faire entrer dans une communion renouvelée. Ici, il commence cette tâche en choisissant comme l'un de ses intimes un collecteur d'impôts, classe particulièrement honnie par les bien-pensants. Ensuite, il se met à table avec tous les marginaux de la société. Dans la mentalité juive de l'époque, partager le pain était l’expression d'une relation d'intimité, rendant les convives pour ainsi dire membres d'une même famille. C'est donc un geste inouï qu'accomplit Jésus. Il exprime par là qu'il est venu pour établir une communion universelle, non pas à partir des seuls justes mais de tous ceux qui veulent vivre un nouveau commencement en acceptant son invitation sans conditions.

Vendredi 14 janvier 2022

Bienheureux Pierre Donders (mort en 1887). Prêtre rédemptoriste néerlandais, il fut, au Surinam, l'apôtre et le soutien des esclaves, des noirs et des indiens ; il prit soin inlassablement des corps et des âmes des lépreux.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (2, 1-12)

Quelques jours après la guérison d’un lépreux, Jésus revint à Capharnaüm, et l’on apprit qu’il était à la maison. Tant de monde s’y rassembla qu’il n’y avait plus de place, pas même devant la porte, et il leur annonçait la Parole. Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, ils font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » Or, il y avait quelques scribes, assis là, qui raisonnaient en eux-mêmes : « Pourquoi celui-là parle-t-il ainsi ? Il blasphème. Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Percevant aussitôt dans son esprit les raisonnements qu’ils se faisaient, Jésus leur dit : « Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements ? Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire à ce paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien lui dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ? Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… – Jésus s’adressa au paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison. » Il se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient frappés de stupeur et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »

Méditation ! Dieu de miséricorde, libère-moi !

Être paralysé, c'est être dans l’incapacité de marcher et d'agir. C'est donc être foncièrement passif, sans la possibilité de prendre sa propre destinée en main. Or, en nous créant Dieu veut faire de nous des collaborateurs dignes de lui. La paralysie est ici un symbole pour décrire une situation de l'âme. Pour transformer cet homme infortuné en un vis-à-vis véritable, il ne s'agit pas tant de guérir son corps. Le médecin doit viser plus loin, allant jusqu'aux racines de son mal, la rupture d'avec les sources de la vie. C'est cette rupture que nous appelons péché. Mais qui peut rétablir un être humain dans une communion avec Dieu sinon Dieu seul ? D'où la confusion et la colère chez les scribes. La guérison physique devient alors un signe d'autre chose elle témoigne du fait qu'en Jésus, le Créateur lui-même est présent. Depuis l'intérieur même de la condition humaine une puissance inimaginable est à l'œuvre, renversant les déterminismes du mal et transformant la création en ce qu'il a toujours dû être, une manifestation de la gloire de Dieu.

♦ Jeudi 13 janvier 2022

Saint Hilaire (315-367). Ce noble aquitain se covertit à 30 ans et devint l'un des plus fins théologiens latins de la Trinité grâce à ses contacts avec le monde grec. Il accueillit saint Martin à Tours.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 10-45)

En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié. Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. »
Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.

Méditation : Si tu le veux, tu peux me purifier !

L'infection de la peau qu'on appelle couramment la lèpre était particulièrement effrayante au temps de Jésus, car elle défigurait l'être humain, l’image de Dieu. Par peur de la contagion, les lépreux étaient contraints de rester à l'écart. Et voici qu'ici un lépreux avance vers Jésus, accomplissant implicitement ce qu'on pourrait qualifier d'un acte d'agression. Loin de le fuir, Jésus à son tour s'approche de lui et même le touche. Et voilà que la contagion va dans l'autre sens, rendant pur le malheureux. La vie de Dieu en Jésus se révèle être plus efficace que les puissances de mal. Certains manuscrits, à la place du mot « saisi de compassion » portent         « rempli de colère », lecture plus difficile qui risque dès lors d'être authentique. La colère de Jésus n'est certes pas dirigée contre le malade, mais contre la maladie. Dieu ne peut jamais accepter ce qui détruit ou amoindrit la vie, dans le Christ il le combat activement, mais il le fait avec les armes de l'amour.

♦ Mercredi 12 janvier 2022

Saint Ælred de Rievaulx (mort en 1166). Courtisan du roi d’Écosse, aimant se faire aimer, il se convertit et entra à l'abbaye cistercienne de Rievaulx en Angleterre. Son traité sur l'amitié spirituelle est célèbre.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 29-39)

En ce temps-là, aussitôt sortis de la synagogue de Capharnaüm, Jésus et ses disciples allèrent, avec Jacques et Jean, dans la maison de Simon et d’André. Or, la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait.
Le soir venu, après le coucher du soleil, on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal ou possédés par des démons. La ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons ; il empêchait les démons de parler, parce qu’ils savaient, eux, qui il était.
Le lendemain, Jésus se leva, bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait. Simon et ceux qui étaient avec lui partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : « Tout le monde te cherche. »
Jésus leur dit : « Allons ailleurs, dans les villages voisins, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. » Et il parcourut toute la Galilée, proclamant l’Évangile dans leurs synagogues, et expulsant les démons.

Méditation : Loué sois-tu, Seigneur, pour la Bonne Nouvelle !

Après une journée pleine d’activité à Capharnaüm Jésus disparait, provoquant le désarroi chez ses disciples. Tout allait si bien, des foules toujours plus nombreuses venaient à lui, Pourquoi donc a-t-il dû partir ? Le récit nous en indique deux raisons. Tout d'abord, pour prier dans un lieu solitaire. L'activité de Jésus s'enracine dans une intimité avec son Abba, son Père bien-aimé. Sans cela, elle perd sa raison d'être. Et en deuxième lieu, pour élargir toujours le cercle de ceux qui sont touchés. Les bienfaits divins ne peuvent jamais être l'apanage d'une ville, d'une classe sociale, d'un pays. Le Christ nous devance toujours, 'il ne se laisse pas cantonner dans les limites de notre compréhension limitée. Il nous appelle constamment à un élargissement de perspectives, à une vision universelle. Il nous fait sortir de notre zone de confort, afin de nous permettre de recevoir le centuple.

♦ Mardi 11 janvier 2022

Saint Paulin (v. 726-802). Patriarche d'Aquilée, en Italie du Nord, il fut l'un des hommes les plus savants de son époque.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 21-28)

Jésus et ses disciples entrèrent à Capharnaüm. Aussitôt, le jour du sabbat, Jésus se rendit à la synagogue, et là, il enseignait. On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.
Or, il y avait dans leur synagogue un homme tourmenté par un esprit impur, qui se mit à crier : « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus l’interpella vivement : « Tais-toi ! Sors de cet homme. » L’esprit impur le fit entrer en convulsions, puis, poussant un grand cri, sortit de lui.
Ils furent tous frappés de stupeur et se demandaient entre eux : « Qu’est-ce que cela veut dire ? Voilà un enseignement nouveau, donné avec autorité ! Il commande même aux esprits impurs, et ils lui obéissent. » Sa renommée se répandit aussitôt partout, dans toute la région de la Galilée.

Méditation : Toi seul, Seigneur, peut me délivrer !

Extérieurement semblable à nous, Jésus possède pourtant quelque chose qui impressionne ses contemporains dans ce récit, c’est le mot « autorité » qui exprime cette qualité qui émane de lui. Or, l'autorité de Jésus n’était pas une accréditation conférée par « les autorités » après une période d'étude avec un maître approuvé, comme c’était le cas pour les scribes. C'était plutôt une qualité de son être Ses paroles sortent des profondeurs de sa personne et peuvent de la sorte toucher quelque chose de très profond dans ses auditeurs, leur faisant entrevoir une Réalité plus essentielle. Elles sont même capables de rendre aux personnes malades ou dérangées la santé du corps et de l'âme. Il est significatif que ce qui frappe les auditeurs, ce n'est pas le « miracle » en tant que tel, mais avant tout la vie intérieure de Jésus exprimée par ses paroles.
La guérison est plutôt la conséquence d'une rencontre avec lui. Ainsi, sans qu'il ne le fasse exprès, la force qui sort de lui provoque une transformation qui va toujours plus loin.

♦ Lundi 10 janvier 2022

Saint Guillaume (mort en 1209). Comte de Nevers, il devint cistercien avant d'accepter, à contrecœur, l'archevêché de Bourges. très proche des pauvres, il fit des remontrances au roi qui s'était remarié.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (1, 14-20)

Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »
Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs. Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets. Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.

Méditation : Convertis mon cœur !

Les premières paroles de Jésus rapportées par saint Marc donnent un résumé son message. Ce que Dieu a promis des siècles à son peuple est en passe de se réaliser. Jésus annonce l'imminence d'un monde transformé pour être ce que Dieu désire depuis toujours, un lieu de justice et de paix. Mais ce monde nouveau a besoin de la coopération des humains, c'est à eux d'accepter le message et de changer leurs vies en conséquence. Le mot grec que l'on traduit par « se convertir » signifie un changement de regard, une réorientation de toute la personne pour accueillir la bonne nouvelle de Dieu. Et cela implique forcément une confiance dans le messager. Marc nous montre ensuite ce que ce changement signifie dans la vie de quatre hommes ordinaires. Ils sont appelés à laisser leur maison, famille et métier pour s'embarquer dans une aventure avec Jésus. Il y a donc quelque chose en cet homme qui semble plus important de tout ce qu'ils avaient vécu jusqu'alors. A notre tour, comment pouvons-nous vivre cette conversion permanente pour découvrir et réaliser la volonté de Dieu chaque jour, là où nous sommes ?

♦ Dimanche 9 janvier 2022 : Baptême du Seigneur

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (3, 15-16. 21-22) :

En ce temps-là, le peuple venu auprès de Jean le Baptiste était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ. Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

Méditation :

Aujourd'hui c'est la fête du Baptême du Seigneur. Nous contemplons les cieux ouverts. La manifestation du Fils de Dieu sur terre marque le début du grand temps de miséricorde, après que le péché avait fermé les cieux, - élevant comme une barrière entre l'être humain et son Créateur. Dieu nous donne dans le Christ la garantie d'un amour indestructible. Depuis que le Verbe s'est fait chair, il est donc possible de voir les cieux ouverts. Ce fut possible pour les bergers de Bethléem, pour les mages d'Orient, pour Jean-Baptiste. Et c'est possible aussi pour chacun de nous, si nous laissons l'amour de Dieu nous envahir, amour qui nous est donné la première fois dans le baptême par le Saint-Esprit. Quand Jésus reçut le baptême de pénitence des mains de Jean-Baptiste, se rendant solidaire du peuple pénitent - Lui, sans péché, et sans besoin de conversion -, il reçut l'approbation du Père céleste, qui l'a envoyé précisément pour qu'il accepte de partager notre condition. Partager est la vraie manière d'aimer. Jésus ne se dissocie pas de nous, il nous considère comme ses frères et partage avec nous. Il fait ainsi de nous des fils, avec Lui, de Dieu le Père. Telle est la révélation et la source du vrai amour.

D'après le pape François (angélus du 12 janvier 2014)

♦ Samedi 8 janvier 2022

Saint Lucien (Mort vers 290). Prêtre romain, il fut envoyé en Gaule pour évangéliser. Ayant transmis la foi dans la région de Beauvais, une persécution se déclencha. Il fut martyrisé avec Maximilien et Julien.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (3, 22-30)

En ce temps-là, Jésus se rendit en Judée, ainsi que ses disciples ; il y séjourna avec eux, et il baptisait. Jean, quant à lui, baptisait à Aïnone, près de Salim, où l’eau était abondante. On venait là pour se faire baptiser. En effet, Jean n’avait pas encore été mis en prison.
Or, il y eut une discussion entre les disciples de Jean et un Juif au sujet des bains de purification. Ils allèrent trouver Jean et lui dirent : « Rabbi, celui qui était avec toi de l’autre côté du Jourdain, celui à qui tu as rendu témoignage, le voilà qui baptise, et tous vont à lui ! »
Jean répondit : « Un homme ne peut rien s’attribuer, sinon ce qui lui est donné du Ciel. Vous-mêmes pouvez témoigner que j’ai dit : Moi, je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui. Celui à qui l’épouse appartient, c’est l’époux ; quant à l’ami de l’époux, il se tient là, il entend la voix de l’époux, et il en est tout joyeux. Telle est ma joie : elle est parfaite. Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue. »

Méditation : Seigneur, ouvre mes oreilles et mon cœur !

Jésus commence sa vie publique dans l'entourage de Jean, dit le Baptiste. Il se fait même baptiser par lui, son aîné. Cela aurait pu laisser penser que Jésus était son disciple. Or, voici que celui-ci est en train maintenant d'exercer son propre ministère, ce qui conduit certains à imaginer une concurrence. Face à cette supposition, Jean réagit clairement. Dans les affaires de Dieu, il n'y a nulle place pour une compétition, car nous tous ne sommes que des serviteurs. Plus encore, en Dieu les derniers seront les premiers. « Celui qui vient derrière moi est passé devant moi », dit Jean (Jn 1,30), et il s'en réjouit. Le Baptiste nous donne une règle de vie pour l'existence du croyant : dans la mesure où nous ne cherchons pas à nous mettre au premier rang et à attirer l'attention sur nous-mêmes, Dieu peut se servir de nous pour se communiquer aux autres. Il ne s'agit pas d'une abnégation de mauvais aloi, mais simplement d'entendre la voix du Christ et de diriger les regards des autres sur lui. Là est le secret de la joie parfaite.

Vendredi 7 janvier 2022

Saint Raymond de Penyafort (1175-1275). Ce Catalan, supérieur des Dominicains, encouragea saint Thomas d'Aquin à écrire La somme contre les Gentils
 et fonda les Trinitaires pour libérer les captifs des Sarrasins.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (5, 12-16)

Jésus était dans une ville quand survint un homme couvert de lèpre ; voyant Jésus, il tomba face contre terre et le supplia : « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Jésus étendit la main et le toucha en disant : « Je le veux, sois purifié. » À l’instant même, la lèpre le quitta. Alors Jésus lui ordonna de ne le dire à personne : « Va plutôt te montrer au prêtre et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit ; ce sera pour tous un témoignage. »
De plus en plus, on parlait de Jésus. De grandes foules accouraient pour l’entendre et se faire guérir de leurs maladies. Mais lui se retirait dans les endroits déserts, et il priait.

Méditation : Mon Seigneur et mon Dieu !

Dans notre monde, les gens s'affairent pour mener à bien leurs projets. Même ceux qui travaillent pour le bien commun s'efforcent de réussir : l'efficacité est à l'ordre du jour. Jésus, lui, n'est pas avide d'aboutissement. Il ne fait pas de publicité. Au contraire, il semble fuir les occasions de se montrer, cherchant plutôt les occasions de trouver son Père bien-aimé, loin des bruits du monde. Il n'a nul plus besoin de forcer les choses. C'est qu'il est rempli de la confiance que les desseins de Dieu s'accompliront, quoi qu'il arrive. Sa part à lui, c'est de rester fidèle à la mission qu'il a reçue et de répondre à l'appel à chaque moment. Cet appel vient le plus souvent par les besoins des autres, par une rencontre apparemment fortuite. En étant lui-même tout tourné vers le bien de Dieu il permet à l'Esprit divin de faire irruption dans le monde et d'accomplir ce bien. Dieu n'a pas besoin que nous lui prêtions un effort supplémentaire ; ce qu'il nous demande, c'est de le mettre au centre de notre vie et d'y rester fidèle. Le reste suivra.

Jeudi 6 janvier 2022

Saint Melchior Garcia Sampredo (1821-1858). Ce dominicain espagnol missionnaire au Vietnam connut le martyre lors de l'Epiphanie (fêtée ce jour dans certains pays), où l'on fête également le mage Melchior

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (4, 14-22a)

En ce temps-là, lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : "L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés,  annoncer une année favorable accordée par le Seigneur." Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »
Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche.

Méditation : Louange à toi, Seigneur Jésus !

Tout en étant un homme enraciné dans un lieu et un temps donnés, à savoir un Juif de Palestine qui a vécu il y a deux mille ans, Jésus a quelque chose d'unique qui frappe ceux qui le rencontrent. « Tout le monde faisait son éloge... tous lui rendaient témoignage. » L'extraordinaire de Dieu se manifeste dans une existence apparemment ordinaire. Dans une scène qui se déroulait chaque jour de sabbat dans toutes les synagogues du monde juif, la Nouveauté éternelle de Dieu se révèle. On demande à Jésus de faire la lecture habituelle de la Torah. Mais voici que ce jour-là, il ne s'agit pas seulement du rappel d'une situation du passé et d'une promesse pour l'avenir. La réalité de Dieu sort du livre et devient chair devant les auditeurs. En Jésus, la puissance divine se révèle, avec sa capacité de transformer le monde. Puissions-nous découvrir, dans l'ordinaire de nos existences, la présence de l'Esprit qui donne vie à nos ossements desséchés. Ainsi, chaque année pourra devenir « une année favorable accordée par le Seigneur ».

Mercredi 5 janvier 2022

Saint Édouard le Confesseur (XIe siècle). Il fut le dernier des rois anglo-saxons à régner sur l'Angleterre avant la venue des Normands. Il était un homme de réconciliation, pieux et attentif aux petits.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (6, 45-52)

Aussitôt après avoir nourri les cinq mille hommes, Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, vers Bethsaïde, pendant que lui-même renvoyait la foule. Quand il les eut congédiés, il s’en alla sur la montagne pour prier.
Le soir venu, la barque était au milieu de la mer et lui, tout seul, à terre. Voyant qu’ils peinaient à ramer, car le vent leur était contraire, il vient à eux vers la fin de la nuit en marchant sur la mer, et il voulait les dépasser. En le voyant marcher sur la mer, les disciples pensèrent que c’était un fantôme et ils se mirent à pousser des cris. Tous, en effet, l’avaient vu et ils étaient bouleversés. Mais aussitôt Jésus parla avec eux et leur dit : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez pas peur ! » Il monta ensuite avec eux dans la barque et le vent tomba ; et en eux-mêmes ils étaient au comble de la stupeur, car ils n’avaient rien compris au sujet des pains : leur cœur était endurci.

Méditation : Jésus, j'ai confiance en toi.

La multiplication des pains provoque apparemment un grand affolement et éveillé des espoirs extravagants; même les disciples n'en sont pas indemnes. Qui est cet homme, au juste ? S'il est effectivement le Messie attendu, ne va-t-il pas nous libérer dans l'immédiat de l'occupant romain ?
Pour couper court à tout excès dangereux, Jésus congédie tout le monde. Il va retrouver son intimité avec le Père dans la solitude pour recentrer sa mission. Néanmoins, son apparition ultérieure aux disciples ne leur facilite pas la compréhension. Si Jésus n'est pas un leader politique, il n'est pas non plus un homme ordinaire. Comme le Créateur au commencement de la Bible, il maîtrise les flots et transforme le chaos en calme. Pour nous aussi, Jésus est source de confiance au milieu des aléas de l'existence, accueillons-le dans notre barque pour qu'il nous conduise vers la terre ferme d'un amour partagé. Il nous dépasse toujours, mais il est toujours prêt à entrer chez nous avec son message de paix.

Mardi 4 janvier 2022

Bienheureuse Angèle de Foligno (v. 1248-1309). Cette italienne qui menait une vie de plaisirs eut une vision de François d'Assise qui la décida à accorder sa vie à celle du Christ.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (6, 34-44)

En ce temps-là, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.
Déjà l’heure était avancée ; s’étant approchés de lui, ses disciples disaient : « L’endroit est désert et déjà l’heure est tardive. Renvoie-les : qu’ils aillent dans les campagnes et les villages des environs s’acheter de quoi manger. »
Il leur répondit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répliquent : « Irons-nous dépenser le salaire de deux cents journées pour acheter des pains et leur donner à manger ? »
Jésus leur demande : « Combien de pains avez-vous ? Allez voir. » S’étant informés, ils lui disent : « Cinq, et deux poissons. » Il leur ordonna de les faire tous asseoir par groupes sur l’herbe verte. Ils se disposèrent par carrés de cent et de cinquante. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction et rompit les pains ; il les donnait aux disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Il partagea aussi les deux poissons entre eux tous. Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.
Et l’on ramassa les morceaux de pain qui restaient, de quoi remplir douze paniers, ainsi que les restes des poissons. Ceux qui avaient mangé les pains étaient au nombre de cinq mille hommes.

Méditation : Loué sois-tu pour ton Amour infini !

Manger est l'acte primordial des êtres humains pour se maintenir en vie. Jésus est présenté ici comme celui qui nourrit les foules, c'est donc une façon saisissante de dire qu'en lui nous trouvons la vie on surabondance. Personne ne possède la vie sans la recevoir d'un autre, et cependant et nous persistons à croire que nous sommes les seuls responsables de la construction de notre identité. Nous nous affairons pour trouver le bonheur, et nous désespérons quand cela ne réussit pas. Mais Jésus nous dit: Venez à moi et, dans cette relation, vous trouverez la clé d'une existence qui en vaut la peine. Et il nous montre ensuite que ni grandes ressources ni avantages ne sont nécessaires pour y arriver. De nos cinq petits pains et deux poissons le Christ fera jaillir l'inespéré, il transformera nos déserts en une vaste salle de banquet, où tous pourront manger à leur faim dans le partage des biens. A une seule condition : avoir confiance qu'il veut nous nourrir et qu'il peut le faire.

Lundi 3 janvier 2022

Mémoire du saint Nom de Jésus. Révélé par l'ange Gabriel à Joseph, il fut donné au Christ huit jours après sa naissance. Les croyants aiment à le répéter dans le "Je vous salue Marie" ou dans la prière du cœur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (4, 12-17. 23-25)

Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée.
Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali. C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations ! Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée.’
À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »
Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple. Sa renommée se répandit dans toute la Syrie. On lui amena tous ceux qui souffraient, atteints de maladies et de tourments de toutes sortes : possédés, épileptiques, paralysés. Et il les guérit. De grandes foules le suivirent, venues de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et de l’autre côté du Jourdain.

Méditation : Que ton règne vienne !

Dans le premier évangile, les débuts du ministère de Jésus sont aussitôt suivis par une retraite face à une menace. Jésus se trouve, avec le Baptiste, en Judée près du Jourdain. Quand Jean est arrêté, Jésus s'éloigne. Aux yeux de Matthieu ce repliement vers des contrées lointaines permet d'accomplir une promesse divine : la Bonne Nouvelle du salut est maintenant offerte à ceux qui sont apparemment loin de Dieu. Il s'agit de ceux qui habitent des lieux reculés, mais également ceux dont l'existence est amoindrie- les malades physiques et psychique - et ceux que la bonne société relègue à la marge. L'insistance du pape François sur la périphérie comme lieu privilégié pour l'engagement des croyants fait écho à ce passage. Il faut y porter un message d'espérance et accomplir des actes de service. Bien plus, c'est là où nous retrouverons Dieu, parce qu'en son Fils il a épousé la condition humaine jusqu'en ses bas-fonds. Il est donc compréhensible que le passage se termine en évoquant l'universalité de l'appel de Dieu par son Christ.

Dimanche 2 janvier 2022 : fête de l'Epiphanie

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (2, 1-12)

Jésus était né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand. Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? Nous avons vu son étoile à l’orient et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé, et tout Jérusalem avec lui. Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple, pour leur demander où devait naître le Christ. Ils lui répondirent : « À Bethléem en Judée, car voici ce qui est écrit par le prophète : ‘Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda, car de toi sortira un chef, qui sera le berger de mon peuple Israël.’ » Alors Hérode convoqua les mages en secret pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ; puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant. Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient les précédait, jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant. Quand ils virent l’étoile, ils se réjouirent d’une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, ils virent l’enfant avec Marie sa mère ; et, tombant à ses pieds, ils se prosternèrent devant lui. Ils ouvrirent leurs coffrets, et lui offrirent leurs présents : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode, ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

Méditation :

Les Mages sont venus se prosterner devant Jésus. Adorer est l'objectif de leur parcours. Si nous perdons le sens de l'adoration, nous perdons le sens de la marche de la vie chrétienne. C'est le risque contre lequel l’Évangile nous met en garde, en présentant, à côté des Mages, des personnages qui n'arrivent pas à adorer. Il y a surtout le roi Hérode, qui utilise le verbe adorer, mais avec une intention fallacieuse, mais aussi les chefs des prêtres et les scribes du peuple. Adorer, c'est un geste d'amour qui change la vie. C'est faire comme les Mages : c'est apporter au Seigneur l'or, pour lui dire que rien n'est plus précieux que lui : c'est lui offrir l'encens, pour lui dire que c'est seulement avec lui que notre vie s'élève vers le haut ; c'est lui présenter la myrrhe, pour promettre à Jésus de secourir notre prochain marginalisé et souffrant, parce que là il est présent. D'habitude, nous savons prier, mais l’Église doit encore aller plus loin avec la prière d'adoration. C'est une sagesse que nous devons apprendre tous les jours. C'est à nous, comme Église, de mettre en pratique les paroles que nous avons priées aujourd'hui. En adorant, nous aussi, nous découvrirons, comme les Mages, le sens de notre cheminement. Et, comme eux, nous expérimenterons « une très grande joie »

D'après le pape François (homélie du 6 janvier 2020)

Samedi 1er janvier 2022 : Marie, Mère de Dieu

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 16-21)

En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant. Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers. Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé. Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

Méditation :

Les bergers viennent en hâte pour voir ce que leur ont annoncé les anges. Le récit nous fait suivre leur regard : « Ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire. » Aussitôt ils racontent ce qu'ils ont entendu dire sur cet enfant ; tous en sont émerveillés. Comment est-ce possible ? Ce petit enfant couché dans la mangeoire nous place devant de très forts contrastes: grandeur de la promesse divine qui se réalise dans la petitesse d'une vie offerte aux regards des bergers ; largeur de l'amour de Dieu pour tous et, en même temps, singularité d'un humble chemin qui part d'une mangeoire. Marie met au monde celui que Dieu lui a confié, elle retient ces événements et cherche à en pénétrer le sens. Elle va avancer avec Jésus, l'accompagner sur son chemin.

Vendredi 31 décembre

Saint Sylvestre 1er (335). Il fut élu pape deux ans après la reconnaissance de la liberté de culte aux chrétiens.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (1, 1-18)

Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement auprès de Dieu.
C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ; la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. Il y eut un homme envoyé par Dieu ; son nom était Jean. Il est venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, afin que tous croient par lui. Cet homme n’était pas la Lumière, mais il était là pour rendre témoignage à la Lumière. Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde.
Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom. Ils ne sont pas nés du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.
Jean le Baptiste lui rend témoignage en proclamant : « C’est de lui que j’ai dit : Celui qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. » Tous nous avons eu part à sa plénitude, nous avons reçu grâce après grâce ; car la Loi fut donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.

Méditation : Merci de demeurer parmi nous !

Pour rendre compte de la venue du Christ, l'évangéliste reprend les premiers mots du livre de la Genèse : « Au commencement... » Mais au lieu de continuer avec le mot <Dieu », il utilise « Verbe », ou « Parole », « logos » en grec. Quand Dieu a commencé à créer, il a dit : « Que la lumière soit ». Il s'exprimait grâce à sa Parole, à son Verbe. Ce dont l'évangéliste veut témoigner c'est de ce Verbe qui a présidé à la création de toute chose. Le Verbe et le Christ sont un. En Jésus, « le Verbe s'est fait chair, il a habité parmi nous. » Jean ne cherche pourtant pas à nous entraîner dans des réflexions théoriques. Il veut donner sa pleine mesure à l'expérience de ceux qui ont côtoyé le Christ. Ce que nous avons vécu est de cet ordre-là, nous dit-il : le Christ nous a récréés et il vous récréera si vous le recevez. En lui nous partageons la vie de Dieu, nous devenons ses enfants. Continuez à lire l'Évangile, vous verrez...

Jeudi 30 décembre

Bienheureux Pierre d'Ambleteuse (IVe siècle). Ce moine romain, premier abbé de Canterbury, partit pour une ambassade. Son bateau sombra. Ses restes furent retrouvés dans la baie d'Embleteuse.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 36-40)

En ce temps-là, quand les parents de Jésus vinrent le présenter au Temple, il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage, demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière. Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem. Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

Méditation : Loué sois-tu, Sauveur du monde !

L'histoire de la présentation de l'enfant Jésus au Temple se prolonge par une deuxième rencontre. Après Syméon c'est une femme prophète du nom de Anne, âgée et veuve depuis de longues années, qui soudain se trouve près des parents. L'apparition de cette femme vient compléter ce à quoi le vieillard Syméon nous avait introduit : un peuple fidèle qui attend son Messie. Si Syméon vint au Temple « sous l'action de l'Esprit », Anne « ne s'éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit. » On dirait que cette longue vie de service auprès de Dieu lui donne l'acuité nécessaire pour discerner le sens des événements. Elle l'exprime d'abord en louant Dieu et ensuite en parlant à tous ceux qui l'entourent qui, comme elle, attendent la venue libératrice de Dieu. Après tous ces événements survenus au Temple, le cœur du peuple d'Israël, les derniers mots de ce récit introduisent un grand contraste. Les parents repartent avec l'enfant Jésus à Nazareth, ce petit village de la lointaine Galilée, la grâce de Dieu reposant sur lui.

Mercredi 29 décembre

Le roi David (v. 970 avant J.-C.) La tradition attribue à ce roi d'Israël les Psaumes, qui sont l'une des bases de la prière liturgique.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 13-18)

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : "Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur." Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : "un couple de tourterelles ou deux petites colombes."
Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui. Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur. Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait, Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole. Car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui. Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction – et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Méditation : Mon Salut et mon Dieu !

Le récit de saint Luc commence en évoquant deux rites probablement accomplis par un bon nombre de parents Juifs à l'époque de Jésus : la purification de la mère qui se faisait quarante jours après la naissance de l'enfant ainsi que la consécration à Dieu du premier-né de sexe masculin. Rien dans la Loi pourtant n'obligeait les parents à venir avec l'enfant et à le présenter lui-même au Temple. L'histoire n'est donc pas centrée sur les obligations cultuelles mais sur la présence de Jésus. Au moment où les parents avancent avec l'enfant, ils se trouvent en face d'un vieil homme, Syméon, qui depuis longtemps déjà attend ce jour. Creusé par son attente de la « consolation d'Israël » et sous l'inspiration de l'Esprit saint, il vient à leur rencontre et, plein d'affection, prend l'enfant Jésus dans ses bras. Il bénit Dieu d'avoir préparé la venue du Messie qui est lumière pour les nations et gloire pour Israël. Aussitôt le sens de cet événement prend une intensité nouvelle. Syméon laisse entendre que ce ne sera pas sans épreuve. Devant un Dieu qui vient à nous de manière si vulnérable, tout ce qui habite le cœur des humains sera mis en pleine lumière.

Mardi 28 décembre

Fête des saints Innocents.  Ces enfants furent massacrés par Hérode qui cherchait à éliminer l'enfant Jésus.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (2, 13-18) 

Après le départ des mages, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. »
Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : "D’Égypte, j’ai appelé mon fils." Alors Hérode, voyant que les mages s’étaient moqués de lui, entra dans une violente fureur. Il envoya tuer tous les enfants jusqu’à l’âge de deux ans à Bethléem et dans toute la région, d’après la date qu’il s’était fait préciser par les mages. Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie : "Un cri s’élève dans Rama, pleurs et longue plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, car ils ne sont plus."

Méditation : Père, prends pitié de tous ceux qui souffrent, en particulier des enfants !

En pleine nuit Joseph se lève, prend l'enfant et sa mère, et ils fuient en Égypte. L'histoire qui suit est d'une grande violence, elle relate le massacre de nouveau-nés à Bethléem et dans les alentours. L'évangéliste y associe deux autres histoires, violentes elles aussi, celle du peuple d'Israël opprimé et de sa libération (« D'Égypte, j'ai appelé mon fils ») et encore celle du cri de Rama, dont parle le prophète Jérémie. Rama était l'endroit où avaient été rassemblés tous les déportés avant de partir en exil à Babylone. En lisant ce récit de la fuite en Égypte, nous penserons peut-être à d'autres histoires, violentes aussi, vécues aujourd'hui dans le monde. Ce texte ne donne pas le sens de ces souffrances mais nous laisse voir comment Jésus entre dans notre histoire avec ses ombres et ses lumières. En Jésus, Dieu se rend solidaire de nous. À la croix, il ne rend pas le mal pour le mal. Il donne sa vie, prenant sur lui la violence et l'injustice, pour que l'amour de Dieu l'emporte.

Lundi 27 décembre

Fête de saint Jean l’Évangéliste (1er siècle). Avant de mourir, Jésus confia sa mère à ce disciple bien aimé. Il fut exilé à Patmos (Grèce) où il reçut la révélation de l'Apocalypse. Il finit sa vie à Éphèse.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 2-8)

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine courut trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.

Méditation : Renforce ma foi !

Tôt le matin de Pâques, les deux disciples, Simon-Pierre et « celui que Jésus aimait » - celui que la tradition a souvent associé à l'apôtre Jean - courent vers le tombeau vide. Marie de Magdala elle-même avait couru juste avant vers eux pour leur dire cette nouvelle inouïe. Quand, dans la pénombre, ils arrivent devant l'ouverture du tombeau, il nous semble presque les entendre essoufflés. L'évangéliste relate avec soin tout ce que Simon-Pierre voit en entrant, nous faisant suivre son regard, comme pour nous demander : « Et vous, que voyez-vous, qu'en pensez-vous ? » De toute évidence le suaire et les linges ont été soigneusement arrangés. Ce sont les seuls indices d'un événement qui échappe à tous les regards. Le texte ne donne aucune explication pour nous dire pourquoi c'est le deuxième disciple et non pas le premier qui voit et croit. À moins que l'évangéliste cherche à nous suggérer, par cette façon mystérieuse de décrire ce disciple, que c'est l'amour qui voit et qui croit...

Dimanche 26 décembre : fête de la Sainte Famille

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 41-52)

Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume. À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher.
C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements. Quant à Jésus, il grandissait en sagesse, en taille et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.

Méditation :

Après trois jours de recherche et de peur, ils le trouvent dans le Temple, assis parmi les docteurs, désireux de discuter avec eux. A la vue de leur Fils, Marie et Joseph « furent frappés d'étonnement ». Dans la famille de Nazareth, l'étonnement n'a jamais manqué, pas même à un moment aussi dramatique que celui de la perte de Jésus : c'est la capacité d'être étonné devant la manifestation graduelle du Fils de Dieu, c'est le même étonnement qui frappe également les docteurs du Temple, qui l'admirent pour son intelligence et ses réponses. Mais qu'est-ce que l'étonnement ? Etre saisi d'étonnement et s'émerveiller c'est le contraire de tout prendre pour acquis, c'est le contraire d'interpréter la réalité qui nous entoure et les événements de l'histoire uniquement selon nos critères. C'est s'ouvrir aux autres, comprendre les raisons des autres : cette attitude est importante pour la guérison des relations entre les personnes et c'est indispensable aussi pour la guérison des blessures ouvertes au sein de la famille. Quand il y a des problèmes dans les familles, on considère pour acquis que nous avons raison et nous fermons la porte aux autres. Au contraire, il faut penser : « mais qu'est-ce que cette personne a de bon ? », et s'émerveiller de ce « bon ». Et cela aide l'unité de la famille.

D'après le pape François (angélus du 30 décembre 2018)

Samedi 25 décembre : Nativité du Seigneur - messe de la nuit

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 1-14)

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre – ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine. Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. » Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Méditation :

« Recenser toute la terre... » Dès les premiers mots de son récit l'évangéliste nous invite à élargir nos horizons. Comme tous les habitants de l'empire, les parents de l'enfant à naître, Joseph et Marie, doivent eux aussi se plier aux ordres du lointain empereur Auguste. Ils se dirigent alors vers la ville de Bethléem d'où Joseph est originaire. Quand vient le moment de la naissance, l'évangéliste n'embellit pas les événements. Il laisse pressentir tout l'amour tendre d'une mère mais aussi toute une précarité dont personne ne voudrait pour son nouveau-né : « elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire. » Quand Dieu vient, on dirait que rien n'est prêt mais qu'en même temps tout est prêt. On peut penser ici à l'image de Marie et Jésus, que nous voyons dans de nombreuses églises, où les deux joues, celles de la mère et de son enfant, sont l'une contre l'autre. C'est l'incarnation. Dieu prend chair pour nous rencontrer vraiment. Et qui le saura en premier, qui saura toute la joie que cela procure à Dieu ? Non pas l'empereur mais des bergers, des simples qui vivent et travaillent dans les champs.

Vendredi 24 décembre

Sainte Adèle (730).Fille du roi Dagobert II, elle fonda, après la mort de son mari, le monastère de Pfalzel près de Trèves. Elle est la grand-mère de saint Grégoire d’Utrecht, évangélisateur de la Germanie.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 67-79)

En ce temps-là, à la naissance de Jean Baptiste, Zacharie, son père, fut rempli d’Esprit Saint et prononça ces paroles prophétiques : « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, qui visite et rachète son peuple. Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de David, son serviteur, comme il l’avait dit par la bouche des saints, par ses prophètes, depuis les temps anciens : salut qui nous arrache à l’ennemi, à la main de tous nos oppresseurs, amour qu’il montre envers nos pères,
mémoire de son alliance sainte ; serment juré à notre père Abraham de nous rendre sans crainte, afin que, délivrés de la main des ennemis, nous le servions dans la justice et la sainteté, en sa présence, tout au long de nos jours. Toi aussi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut ; tu marcheras devant, à la face du Seigneur, et tu prépareras ses chemins, pour donner à son peuple de connaître le salut par la rémission de ses péchés, grâce à la tendresse, à l’amour de notre Dieu, quand nous visite l’astre d’en haut, pour illuminer ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort, pour conduire nos pas au chemin de la paix. »

Méditation : Bénis sois-tu, Seigneur, tu visites et rachètes ton peuple !

Comme sa femme Élisabeth lors de la visite de Marie, il revient maintenant à Zacharie d'être saisi par l'ampleur de ce Dieu est en train de réaliser et de le chanter. Rempli Esprit Saint, Zacharie proclame la louange de Dieu. Le Seigneur a tenu bon, il est venu nous libérer comme il l'avait promis, il nous a visité ! Ce cantique appelé le Benedictus (« Béni » en latin) est profondément enraciné dans le langage et les promesses de l'ancienne alliance, ces « temps anciens » comme les appelle Zacharie : la maison de David, le serment juré à Abraham... Ce qui prime c'est l'action de Dieu fidèle à travers l'histoire. Dieu ouvre maintenant un avenir plein de lumière où son peuple sera conduit dans la paix. Ce ne sera pas à Zacharie d'en préparer les chemins - ce rôle reviendra à son fils - mais c'est comme s'il en voyait déjà les lueurs. Quelle belle vision nous offrent les figures qui peuplent ce premier chapitre de l'Evangile selon Saint Luc : quand l'être humain se laisse rejoindre par Dieu et entre avec confiance dans les voies du Seigneur fidèle et bon, surgit alors louange lumineuse.

Jeudi 23 décembre

Saint Armand ou Hartmann (1164). Ce Bavarois réforma l'ordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin auquel il appartenait. Sacré évêque de Brixen (Italie), il gouverna son Église avec fidélité.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 57-66)

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que  le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle. Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu. La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui.

Méditation :

Après les récits de l'annonce de l'ange à Zacharie et à Marie et celui de la visite de Marie auprès d'Élisabeth, vient l’histoire de la naissance de Jean-Baptiste. Comme lors de la Visitation, la joie se répand et la louange éclate. Voyant dans le nouveau-né un signe de la bonté de Dieu envers des parents jusque-là sans enfants, l'entourage partage leur bonheur. Mais lorsqu'arrive le moment de circoncire l'enfant et lui donner un nom, c'est l'étonnement. L'entourage ne peut pas savoir ce que sait le lecteur de l'Évangile, c'est à-dire que le père de l'enfant, Zacharie, a perdu sa voix en raison de son incapacité de croire le message de l'ange au Temple. Quand Zacharie confirme le nom de l'enfant qui avait été donné par l'ange - un fait que l'entourage ignore également - et qu'il s'accorde avec la mère sur ce nom, Zacharie se met à louer Dieu à haute voix. Si les voisins sont tout étonnés, le lecteur, lui, peut saisir ce qui est au cœur de l'événement : c'est la foi qui fraie son chemin chez Zacharie et Élisabeth, et avec elle la joie.

« Ô Emmanuel, notre roi et législateur, que tous les peuples attendent
comme leur Sauveur, viens, Seigneur, viens nous sauver ! »

Mercredi 22 décembre

Sainte Françoise-Xavière Cabrini (1907). Religieuse milanaise, elle rêvait d'être missionnaire en Chine. Mais le pape lui demanda de se consacrer aux migrants italiens aux États Unis, ce qu'elle fit.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 46-56)

En ce temps-là, Marie rendit grâce au Seigneur en disant :

« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, il se souvient de son amour
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

Méditation :

Marie réagit aussitôt aux paroles d’Élisabeth. Elle loue Dieu en le chantant. Une grande force mais aussi une grande tendresse traversent les paroles de ce chant, souvent connu sous le nom de Magnificat, ce qui signifie «exalte» en latin. Marie « exalte», elle « exulte ». Sa joie éclate, exprimant ce que Dieu est en train de réaliser à travers elle. Dieu s'est penché sur elle. Le mot en grec, tapeinxsin, traduit ici par «  humble », signifie littéralement bassesse, donc « la bassesse de sa servante ». Dieu ne s'enferme pas dans sa grandeur. Il voit ce que les humains normalement ne voient pas et il s'abaisse même jusqu'au très bas. C'est par « son humble servante » que Dieu a choisi de faire venir ainsi son Fils dans le monde. Quelle merveille, quelle allégresse, clame-t-elle par son chant. Pourquoi Dieu agit-il comme cela ? Parce que « sa miséricorde s’étend d'âge en âge. » Sa miséricorde ne s'épuise pas. Parce que Dieu « se souvient » dit-elle encore. Dans la pauvreté et l'impuissance que les siens éprouvent face aux plus forts, Dieu ne les oublie pas. À travers Marie c'est toute la mesure de l'amour de Dieu qui se déploie.

« Ô Roi des nations, objet de leur désir, clef de voûte qui unis les peuples opposés,
viens sauver l'homme que tu as façonné. Viens, Seigneur, viens nous sauver ! »

Mardi 21 décembre

Saint Pierre Canisius (1521-1597). Originaire des Pays-Bas, il fut l'un des premiers jésuites. Actif en Suisse et en Allemagne, il s'attacha à réformer l’Église et à enrayer le développement du protestantisme.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 39-45)

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Méditation :

Marie part « avec empressement » pour aller à la rencontre de son aînée Élisabeth. D'où lui vient cette hâte ? Veut-elle voir pour elle-même ce qu'il en est de cette naissance prochaine chez sa parente âgée ? Pense-t-elle offrir son aide à une proche qui devrait en avoir plus besoin qu'elle ? Ou est-ce les deux à la fois ? En tout cas dès que Marie entre dans la maison, c'est la joie qui surgit. Rien qu'en entendant la voix de Marie, l'enfant tressaille en Élisabeth. Non seulement les deux mères enceintes mais aussi leurs deux enfants à naître se reconnaissent et se saluent. Remplie de l'Esprit Saint, Élisabeth confirme la jeune mère, ses paroles venant mettre l'accent sur la foi de Marie : *Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles... » Si Élisabeth parle avec une telle déférence, c'est qu'elle discerne chez Marie une femme qui accueille les promesses de Dieu et qui met en lui tout sa confiance. Marie est à la fois mère du Seigneur et disciple. Elle est l’image en quelque sorte de chaque croyant, appelé à recevoir Jésus et à l'accompagner en ce monde.

« Ô Soleil levant, Splendeur de la lumière éternelle, illumine ceux qui habitent les ténèbres
et la nuit de la mort. « Viens, Seigneur, viens nous sauver »

Lundi 20 décembre

Les saints patriarches Isaac et Jacob, dont il est question dans la Genèse. Ils sont le fils et le petit-fils d'Abraham, Jacob est le père de Joseph qui présida à l'installation des Hébreux en Égypte.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 26-38)

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

Méditation :

À la différence de Jean-Baptiste, dont le père est prêtre, les origines de Jésus sont modestes. La mère de Jésus est jeune, tout juste fiancée, elle habite un petit village jamais mentionné même dans l'Ancien testament. Pourtant l'ange - mot qui signifie messager de Dieu - vient annoncer la venue d'un fils en lui parlant avec grande estime, il l'appelle « Comblée-de-grâce ». Dieu n'est pas attiré par ce qui attire le regard des humains. Il est libre, il voit le cœur. Si le récit reste sobre dans sa façon de décrire Marie, il laisse transparaître une fraîcheur et un réalisme. D'abord « bouleversée » par l'irruption du messager, elle l'écoute et demande :
« Comment cela va-t-il se faire ? » Elle n'a pas eu de relations avec son futur mari, lui dit-elle. Si ce qu'elle vit intérieurement nous reste inconnu, sa réponse semble en tout cas autre chose qu'un oui passif. Mane ne se laisse-t-elle pas gagner par cette audace de Dieu « pour qui a rien n'est impossible » ?

« Ô Clé de la cité de David, tu ouvres, et nul ne fermera, tu fermes, et nul n'ouvrira :
arrache les captifs aux ténèbres. Viens, Seigneur, viens nous sauver ! »

Dimanche 19 décembre : 4e dimanche de l'Avent - Année C

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 39-45)

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

Méditation :

Cet épisode nous aide à interpréter le mystère de la rencontre de l'homme avec Dieu sous un jour particulier. Non sous l'angle du miracle, mais sous celui de la foi et de la charité. Marie est bénie parce qu'elle a cru: la rencontre avec Dieu est le fruit de la foi. Zacharie, qui doutait et ne croyait pas, resta sourd et muet. Sans la foi on reste forcément sourd à la voix consolante de Dieu ; et incapable de dire des paroles de consolation et d'espérance. Quand des gens qui ont peu de foi doivent approcher une personne qui souffre, ils ne trouvent pas les mots qui peuvent toucher le cœur. La foi, à son tour, se nourrit de charité. L'évangéliste raconte que « Marie s'en alla en hâte » (v. 39) vers Élisabeth : avec hâte, non avec détresse, non avec anxiété, mais avec hâte, en paix. Elle aurait pu rester à la maison pour préparer la naissance de son fils, mais au contraire elle s'occupe des autres avant elle-même, montrant par ses actes qu'elle est déjà disciple de ce Seigneur qu'elle porte en son sein. L'événement de la naissance de Jésus a ainsi commencé, par un simple geste de charité ; après tout, la charité authentique est toujours le fruit de l'amour de Dieu.

D'après le pape François (Angélus du 28 décembre 2018)

« Ô Rameau de Jessé, étendard dressé à la face des nations :
délivre-nous, ne tarde plus. Viens, Seigneur, viens nous sauver ! »

Samedi 18 décembre

Saint Gatien (251-304). Il fut l'un des sept évêques envoyés de Rome en Gaule. D'abord mal reçu à Tourd, il réussit à toucher les habitants et à y implanter l'Église. Saint Martin vint se recueillir sur son tombeau.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (1, 18-24)

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : « Dieu-avec-nous ». Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse.

Méditation :

L’annonce de l'ange à Marie, racontée par Luc, est de loin la plus célèbre. Matthieu choisit de raconter comment un ange est apparu à Joseph. L'annonce commence par souligner le lien entre Joseph et le roi David. Pourtant, 27 générations les séparent ! Le fait que ce lien puisse encore voir un sens souligne la fidélité de Dieu, et la continuité de sa relation avec son peuple. Nous l'avons vu hier, le lien entre Joseph et Jésus n'est pas le plus direct. Joseph pense d'ailleurs ne pas inclure Jésus dans la chaîne, pour une raison tout à fait légitime. L'intervention divine est nécessaire. Elle invite Joseph à ne pas craindre, et lui révèle le caractère inédit de la conception de Jésus. En citant le prophète, l'ange replace Jésus dans la continuité de l'histoire entre Dieu et son peuple. Joseph est invité à donner un nom à ce fils miraculeux, ce nom qui accomplira l'oracle du Seigneur d'autrefois. C'est Joseph qui a été chargé de relier aux yeux des hommes Jésus à David. Qu'il soit donc loué pour sa confiance et sa capacité à changer d'avis !

« Ô Adonaï, guide du peuple d'Israël, tu te révèles à Moïse dans le buisson ardent
et tu lui donnes la Loi sur la montagne, délivre-nous par la vigueur de ton bras.
Viens, Seigneur, viens nous sauver ! »

Vendredi 17 décembre

A partir du 17 décembre, commence un temps d'attente plus vive de la Nativité. Chaque soir, nous pouvons invoquer la venue du Christ avec les « grandes antiennes Ô » présentées après la méditation.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (1, 1-17)

Généalogie de Jésus, Christ, fils de David, fils d’Abraham.
Abraham engendra Isaac, Isaac engendra Jacob, Jacob engendra Juda et ses frères, Juda, de son union avec Thamar, engendra Pharès et Zara, Pharès engendra Esrom, Esrom engendra Aram, Aram engendra Aminadab, Aminadab engendra Naassone, Naassone engendra Salmone, Salmone, de son union avec Rahab, engendra Booz, Booz, de son union avec Ruth, engendra Jobed, Jobed engendra Jessé, Jessé engendra le roi David. David, de son union avec la femme d’Ourias, engendra Salomon, Salomon engendra Roboam, Roboam engendra Abia, Abia engendra Asa, Asa engendra Josaphat, Josaphat engendra Joram, Joram engendra Ozias, Ozias engendra Joatham, Joatham engendra Acaz, Acaz engendra Ézékias, Ézékias engendra Manassé, Manassé engendra Amone, Amone engendra Josias, Josias engendra Jékonias et ses frères à l’époque de l’exil à Babylone. Après l’exil à Babylone, Jékonias engendra Salathiel, Salathiel engendra Zorobabel, Zorobabel engendra Abioud, Abioud engendra Éliakim, Éliakim engendra Azor, Azor engendra Sadok, Sadok engendra Akim, Akim engendra Élioud, Élioud engendra Éléazar, Éléazar engendra Mattane, Mattane engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus, que l’on appelle Christ.
Le nombre total des générations est donc :  depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations ; depuis David jusqu’à l’exil à Babylone, quatorze générations ; depuis l’exil à Babylone jusqu’au Christ, quatorze générations.

Méditation :

Quel est le sens de cette généalogie qui inscrit Jésus dans une continuité qui remonte jusqu'à Abraham. Les contemporains de Matthieu savaient bien que la relation entre Abraham et son Dieu était le début d'une histoire qui s'est poursuivie avec Isaac, Jacob, David. Elle a connu de nombreuses étapes : le nomadisme, l'esclavage en Egypte, les rois, l'exil... Matthieu signifie ainsi à son auditoire que Jésus est un nouveau chapitre. Mais il ne sera pas comme les autres puisque le dernier maillon de cette généalogie est différent : le lien entre Joseph et Jésus ! Oui, Jésus est né au cœur d'une vénérable tradition. Mais même le style administratif de cette généalogie ne suffit pas à masquer le caractère profondément nouveau et inédit de cette naissance.

« Ô Sagesse, toi qui régis l'univers avec force et douceur,
Enseigne-nous le chemin de la vérité. Viens, Seigneur, viens nous sauver ! »

Jeudi 16 décembre

Sainte Alice ou Adélaïde (931-999). Reine d'Italie et d'Allemagne, elle devint, par mariage, impératrice du Saint-Empire romain germanique. Veuve, elle gouverna et soutint l’œuvre des bénédictins de Cluny.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (7, 24-30)

Après le départ des messagers de Jean, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ? Alors, qu’êtes-vous allés voir ? Un homme habillé de vêtements raffinés ? Mais ceux qui portent des vêtements somptueux et qui vivent dans le luxe sont dans les palais royaux. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le dis ; et bien plus qu’un prophète ! C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. Je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne n’est plus grand que Jean ; et cependant le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui. Tout le peuple qui a écouté Jean, y compris les publicains, en recevant de lui le baptême, a reconnu que Dieu était juste. Mais les pharisiens et les docteurs de la Loi, en ne recevant pas son baptême, ont rejeté le dessein que Dieu avait sur eux. »

Méditation : Ouvre mon cœur, Seigneur !

« Qu'êtes-vous allés voir ? » Par trois fois répétée, cette question de Jésus renvoie ceux qui l'écoutent à leur propre démarche. Poussés par un désir, ils sont allés au désert voir quelqu'un. Il les invite à mieux définir ce désir en leur rappelant l'humilité de Jean. Puis, il les informe que leur intuition était non seulement correcte - Jean est bien un prophète - mais qu'ils avaient bien plus raison qu'ils ne le croyaient : Jean est le plus grand des prophètes. Cette question de Jésus peut nous être adressée. Nos intuitions concernant la volonté de Dieu nous mènent parfois sur des chemins étonnants. Mais mesure-t-on toujours à quel point ces chemins peuvent nous rapprocher de Dieu ? Ils pensaient aller écouter un prophète, mais cette démarche leur a porté bien plus de fruits que prévu : ils ont écouté le plus grand des prophètes, ont reçu de lui un baptême et sont entrés dans le dessein de Dieu bien mieux que les docteurs de la Loi ! Lorsque nous rentrons de la célébration dominicale, d'une visite à une personne vulnérable, d'un mariage ou d'un baptême, laissons résonner en nous cette question de Jésus : « Qu'êtes-vous allés voir ? »

Mercredi 15 décembre

Sainte Ninon (v. 320). Née en Cappadoce (actuelle Turquie), elle fut esclave en Géorgie. Mais grâce à sa sainteté et aux guérisons qu'elle obtint dans la famille royale, le pays finit par devenir chrétien.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (7, 18b-23)

En ce temps-là, Jean le Baptiste appela deux de ses disciples et les envoya demander au Seigneur : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » Arrivés près de Jésus, ils lui dirent : « Jean le Baptiste nous a envoyés te demander : Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » À cette heure-là, Jésus guérit beaucoup de gens de leurs maladies, de leurs infirmités et des esprits mauvais dont ils étaient affligés, et à beaucoup d’aveugles, il accorda de voir. Puis il répondit aux envoyés : « Allez annoncer à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui qui ne trébuchera pas à cause de moi ! »

Méditation : Dieu de miséricorde, prends pitié de nous !

Le peuple attend une intervention divine. Comment la reconnaître ? En interrogeant Jésus, les disciples de Jean le Baptiste espèrent peut-être une parole sage, une exégèse savante des Écritures... Jésus fournira ce genre de preuves, mais plus tard. Le premier témoignage de l'action divine sur terre n'est pas intellectuel. Il s'agit de guérisons. Par leur vie retrouvée, les guéris sont le témoignage par excellence du Royaume à venir. La joie d'un pauvre, l'espoir retrouvé d'un faible, la possibilité pour un exclu de revenir dans la société... voilà ce qui donne du crédit à l'action de Jésus. « Allez annoncer à Jean... ». Pour que la Bonne Nouvelle prenne tout son sens, elle doit être transmise. Jésus offre la vie, la joie et l'espoir à tous, et en premier lieu aux plus pauvres d'entre nous. Mais son œuvre pourra mieux rayonner s'il peut compter sur des personnes pouvant voir et entendre ces dons et qui les raconteront à d'autres.

Mardi 14 décembre

Saint Jean de la Croix (1542-1591). Carme espagnol, il aida Thérèse d'Avila à réformer le Carmel, ce qui lui valut d'être persécuté par ses frères. Docteur de l’Église, il est un guide pour les plus hauts états mystiques.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (21, 28-32)

En ce temps-là, Jésus disait aux grands prêtres et aux anciens : « Quel est votre avis ? Un homme avait deux fils. Il vint trouver le premier et lui dit : “Mon enfant, va travailler aujourd’hui à la vigne.” Celui-ci répondit : “Je ne veux pas.” Mais ensuite, s’étant repenti, il y alla. Puis le père alla trouver le second et lui parla de la même manière. Celui-ci répondit : “Oui, Seigneur !” et il n’y alla pas. Lequel des deux a fait la volonté du père ? » Ils lui répondent : « Le premier. » Jésus leur dit : « Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »

Méditation : Je crois, Seigneur, à ta Parole de Vie !

Il peut être intéressant de lire ce texte à la suite de celui de hier Pour les maîtres de la Loi, se confronter à la vérité demandait un effort qu'ils ne voulaient ou ne pouvaient fournir. Dans l'exemple des deux fils, faire la volonté du Père signifie justement accepter de faire un effort, de travailler. Il n'y a pas de troisième fils, qui en disant « oui Seigneur » et allant travailler pourrait nous servir d'exemple, de modèle. Tous, prostituées comme maîtres de la Loi, sont donc dans la situation du premier fils, c'est-à-dire en besoin de repentance. Jean le Baptiste a même été envoyé pour faciliter ce processus. Le premier fils se repent. C'est cette repentance à laquelle nous sommes tous appelés. Cela peut coûter, et il peut nous arriver d'avoir besoin de temps pour pouvoir changer d'avis et nous convertir. Les Pharisiens d'hier n'osaient avouer s'être trompés. Jésus nous dit ici qu'il n'y a ni mal ni honte à changer d'avis, si ce changement nous conduit à faire la volonté du Père.

Lundi 13 décembre

Sainte Lucie (v. 305). Le nom de cette martyre de Syracuse signifie « lumière ». Sa fête donne lieu à des processions aux bougies en Scandinavie. Ses reliques sont conservées à Venise.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (21, 23-27)

En ce temps-là, Jésus était entré dans le Temple, et, pendant qu’il enseignait, les grands prêtres et les anciens du peuple s’approchèrent de lui et demandèrent : « Par quelle autorité fais-tu cela, et qui t’a donné cette autorité ? » Jésus leur répliqua : « À mon tour, je vais vous poser une question, une seule ; et si vous me répondez, je vous dirai, moi aussi, par quelle autorité je fais cela : Le baptême de Jean, d’où venait-il ? du ciel ou des hommes ? » Ils faisaient en eux-mêmes ce raisonnement : « Si nous disons : “Du ciel”, il va nous dire : “Pourquoi donc n’avez-vous pas cru à sa parole ?” Si nous disons : “Des hommes”, nous devons redouter la foule, car tous tiennent Jean pour un prophète. » Ils répondirent donc à Jésus : « Nous ne savons pas ! » Il leur dit à son tour : « Moi, je ne vous dis pas non plus par quelle autorité je fais cela.

Méditation : ta Parole est vérité !

La question initiale des Pharisiens est légitime : un inconnu d'origine modeste débarquant dans une de nos cathédrales pour y prêcher aux foules se verrait également demander des comptes. Jésus réagit en posant une question à laquelle les Pharisiens ne peuvent répondre. Ils sont placés devant leur propre contradiction. Ils interrogent Jésus soi-disant pour connaître la vérité, mais la question de Jésus met en lumière le fait qu'au fond, ils accordent moins de prix à la vérité qu'à leur amour propre ou qu'à leur popularité. Répondre à la question de Jésus reviendrait en effet soit à admettre leur erreur, soit à affronter le courroux de la foule. En se taisant, ils préfèrent renoncer à la vérité plutôt qu'en payer le prix. Pour cette raison, Jésus refuse de continuer la conversation. Il peut nous arriver de renoncer à regarder en face une vérité de foi, un commandement ou une invitation de l'Esprit. Cela peut être dû à notre orgueil, notre besoin de popularité, un attachement à un statu quo... Refuser d'entendre les questions que nous pose l'Évangile, revient à se couper du dialogue avec Jésus.

Dimanche 12 décembre : dimanche de la joie

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (3, 10-18)

En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules : « À qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis  sur les places, qui en interpellent d’autres en disant : “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.” Jean est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : “C’est un possédé !” Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.” Mais la sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait. »

Méditation :

Crier de joie, se réjouir : telle est l'invitation de ce dimanche. L'appel du prophète Sophonie dans la première lecture est particulièrement approprié au moment où nous nous préparons à Noël, car il s'applique à Jésus : sa présence est la source de la joie. La joie « de haut niveau », quand elle est là, en plénitude, et la joie humble de tous les jours, c'est-à-dire la paix. La paix est la joie, plus petite, mais elle est joie. [...] Mais pour accueillir l'invitation du Seigneur à la joie, il faut être des personnes prêtes à se remettre en question. Qu'est-ce que cela signifie ? Précisément comme ceux qui, après avoir écouté la prédication de Jean-Baptiste, lui demandent : tu prêches ainsi, et nous, « que nous faut-il donc faire ? » (Luc 3, 10). Moi, qu'est-ce que je dois faire ? Cette question est le premier pas de la conversion que nous sommes invités à faire en cette période de l'Avent. Que chacun de nous se demande, qu'est-ce que je dois faire ? Une toute petite chose, mais « qu'est-ce que je dois faire ? » Et que la Vierge Marie, qui est notre Mère, nous aide à ouvrir nos cœurs au Dieu-qui-vient, afin qu'il inonde de joie toute notre vie.           

D'après le pape François (Angélus du 16 décembre 2018)

Samedi 11 décembre

Saint Damase 1er (v.305-384). Ce pape réconcilia les fidèles favorables à la traduction des Ecritures en grec, langue traditionnelle de l'Eglise, et en latin, alors langue populaire. Il aura l'audace de commander à saint Jérôme la traduction latine de la Bible, ce sera la Vulgate.

 Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (17, 10-13)

Descendant de la montagne, les disciples interrogèrent Jésus : « Pourquoi donc les scribes disent-ils que le prophète Élie doit venir d’abord ? » Jésus leur répondit : « Élie va venir pour remettre toute chose à sa place. Mais, je vous le déclare :
Élie est déjà venu ; au lieu de le reconnaître,  ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu. Et de même, le Fils de l’homme va  souffrir par eux. » Alors les disciples comprirent qu’il leur parlait de Jean le Baptiste.

Méditation : Loué sois-tu, Seigneur !

Les disciples semblent considérer les pharisiens comme des gens qui affirment des choses avec certitude.
Est-ce qu'ils en sont déstabilisés ? Est-ce qu'ils en viennent à douter de ce qu'ils croient avoir compris de la signification de Jésus et de la venue du royaume ? Ou est-ce que leur question exprime une confiance tranquille et un désir de comprendre toujours plus profondément ? Quoi qu'il en soit, Jésus essaie de les amener un pas plus loin. Il leur indique qu'il ne s'agit pas de savoir en avance comment fonctionnent les choses, comme prétendaient peut-être pouvoir le faire les savants de l'époque. Il s'agit bien plutôt de reconnaître les évènements qui se produisent et de les accueillir. Et il les met en garde : il se pourrait que ces évènements soient aussi peu vraisemblables qu'un messie souffrant. Et dans notre vie ? Y a-t-il des certitudes à dépasser ? Des évènements à voir et à reconnaître ? De l'insoupçonné à accueillir ?

Vendredi 10 décembre

Sainte Eulalie (304). Elle fut brûlée à 13 ans en raison de sa foi, à Mérida, en Espagne, où elle est très populaire. La Séquence de sainte Eulalie (881) est le plus ancien texte de la poésie française conservé.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (11, 16-19)

En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules : « À qui vais-je comparer cette génération ? Elle ressemble à des gamins assis  sur les places, qui en interpellent d’autres en disant : “Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine.” Jean est venu, en effet ; il ne mange pas, il ne boit pas, et l’on dit : “C’est un possédé !” Le Fils de l’homme est venu ; il mange et il boit, et l’on dit : “Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs.” Mais la sagesse de Dieu a été reconnue juste à travers ce qu’elle fait. »

Méditation : Esprit de sagesse, viens nous éclairer !

Est-ce un moment de découragement que Jésus est un train de vivre ici ? Cela y ressemble. C'est comme s'il disait : « Vous, vous n'êtes jamais contents. Il y en a un qui est exigeant et qui jeûne, et vous, vous dites qu'il est fou. L'autre ne jeûne pas ; vous, vous dites qu'il n'est pas sérieux. » On peut tout à fait imaginer que de telles attitudes étaient répandues. Quand on observe aujourd'hui le débat public ou aussi nos propres mécontentements, on constate à quel point il est parfois difficile de s'ouvrir au côté intéressant des choses. Il est tellement plus facile de savoir d'emblée que quelque chose ne marchera pas, n'en vaut pas la peine... autant d'excellentes raisons de ne pas s'engager. Jésus a l'air embêté, mais il garde courage. Il exprime la confiance que la sagesse de Dieu saura se frayer un chemin même au milieu de l'indifférence

Jeudi 9 décembre

Saint Pierre Fourier (1565-1640). Fils d'un marchand lorrain, devenu chanoine de saint Augustin, il fut l'infatigable réformateur de son ordre. Il fut pionnier de l'éducation des filles de la Contre-Réforme.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (11, 16-19)

En ce temps-là, Jésus déclarait aux foules : « Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le royaume des Cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer. Tous les Prophètes, ainsi que la Loi, ont prophétisé jusqu’à Jean. Et, si vous voulez bien comprendre, c’est lui, le prophète Élie qui doit venir. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Méditation : Donne-nous la force !

Jean le Baptiste est appelé grand au sens de l'histoire parce qu'il a touché du doigt le grand bouleversement qu'amène et que représente Jésus. Il se tient dans la tradition de la loi et des prophètes, mais il prépare le chemin et rencontre quelque chose de nouveau. Jésus décrit l'avènement du règne de Dieu comme étant en lien avec une forme de violence. On peut comprendre qu'il suscite la violence de la part de ceux qui s'y opposent. Ou bien qu'il faut une certaine violence, c'est-à-dire une force pour y adhérer. Ou encore que sa dynamique est transformatrice au point d'évoquer une certaine violence. Quand nous pensons à la foi, nous méditons souvent la paix qu'elle peut procurer. Que Dieu nous fasse aussi découvrir sa force, sa puissance, la violence constructive que peut être sa présence dans le monde !

Mercredi 8 décembre

Solennité de l(Immaculée Conception. Célébrant la rédemption anticipée de Marie, conçue sans être marquée par le péché originel, cette fête a lieu neuf mois avant la nativité de la Vierge.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 26-38)

En ce temps-là, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David,
appelé Joseph ; et le nom de la jeune fille était Marie. L’ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Comblée-de-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. » Marie dit à l’ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? » L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, il sera appelé Fils de Dieu. Or voici que, dans sa vieillesse, Élisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils et en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait la femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. » Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole. » Alors l’ange la quitta.

Méditation : Réjouis-toi, Comblée de grâce, le Seigneur est avec toi !

Dès le début de l'Évangile de Luc, le texte donne une présentation de celui qui sera son personnage central. Il n'est pas encore né, mais déjà le texte lui donne des titres, dit qui il sera pour les gens et ce qu'il apportera. La présentation du personnage résume d'emblée son message : rien n'est impossible à Dieu. Marie est la première destinataire de ce message. Elle est bouleversée par ce qui fait ainsi irruption dans sa vie, et elle aurait toutes les raisons d'en craindre les implications et de douter de ses capacités d'y répondre. Mais elle accueille le message avec grande simplicité : « Que tout m'advienne selon ta parole ». Dès le premier chapitre le lecteur ou la lectrice découvre alors le personnage principal de l'évangile, son thème et une indication comment le lire : écouter avec simplicité, ouvrir son cœur, et ainsi permettre que la vie en soit transformée.

Mardi 7 décembre

Saint Ambroise (340-397). Ce préfet romain qui voulait remettre de l'ordre dans une succession épiscopale fut, à sa grande surprise, élu évêque par acclamation alors qu'il n'était pas encore baptisé.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (18, 12-14)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quel est votre avis ? Si un homme possède cent brebis et que l’une d’entre elles s’égare, ne va-t-il pas laisser les 99 autres dans la montagne pour partir à la recherche de la brebis égarée ? Et, s’il arrive à la retrouver, amen, je vous le dis : il se réjouit pour elle plus que pour les 99 qui ne se sont pas égarées. Ainsi, votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu. »

Méditation : Viens, Seigneur Jésus !

À la lecture de cette parabole, on peut se demander si un berger pourrait réellement agir de la sorte ou si c'est un texte construit pour souligner un propos. Il est évident que le berger voudrait retrouver la brebis perdue ; en même temps, il doit évaluer le risque pour les autres qu'il laisse seules. Mais il s'agit ici de plus que d'une considération plus ou moins réaliste sur l'élevage et le pâturage des moutons. Il s'agit d'une caractérisation fondamentale de la dynamique du royaume de Dieu. En Luc (chapitre 15), elle est également exprimée par les paraboles d'une femme qui retrouve une pièce d'argent et du père qui retrouve son fils cadet. Cette dynamique transformatrice déploie sa plus grande force non pas dans le statut quo avec ceux qu'elle inclut déjà, mais quand elle dépasse le cadre, quand elle touche de nouvelles réalités et de nouvelles personnes. A nous de nous en laisser toucher toujours à nouveau, et de nous laisser entraîner par elle à devenir acteurs de ce dépassement !

Lundi 6 décembre

Saint Nicolas (270-345). Évêque d’Asie mineure très populaire, patron des enfants en Occident, dont la fête donne lieu à des réjouissances dans le nord et le nord-est de la France.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (5, 17-26)

Un jour que Jésus enseignait, il y avait dans l’assistance des pharisiens et des docteurs de la Loi, venus de tous les villages de Galilée et de Judée, ainsi que de Jérusalem ; et la puissance du Seigneur était à l’œuvre pour lui faire opérer des guérisons. Arrivent des gens, portant sur une civière un homme qui était paralysé ; ils cherchaient à le faire entrer pour le placer devant Jésus. Mais, ne voyant pas comment faire à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et, en écartant les tuiles, ils le firent descendre avec sa civière en plein milieu devant Jésus. Voyant leur foi, il dit : « Homme, tes péchés te sont pardonnés. » Les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner : « Qui est-il celui-là ? Il dit des blasphèmes ! Qui donc peut pardonner les péchés, sinon Dieu seul ? » Mais Jésus, saisissant leurs pensées, leur répondit : « Pourquoi ces pensées dans vos cœurs ? Qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés te sont pardonnés”, ou dire : “Lève-toi et marche” ? Eh bien ! Afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité sur la terre pour pardonner les péchés, – Jésus s’adressa à celui qui était paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ta civière et retourne dans ta maison. » À l’instant même, celui-ci se releva devant eux, il prit ce qui lui servait de lit et s’en alla dans sa maison en rendant gloire à Dieu. Tous furent saisis de stupeur et ils rendaient gloire à Dieu. Remplis de crainte, ils disaient : « Nous avons vu des choses extraordinaires aujourd’hui ! »

Méditation : Mon Dieu, je crois en toi !

Jésus est en train de donner un cours magistral devant une foule importante qui comprend des experts dans son domaine, quand tout d'un coup une personne imprévue s'introduit ou plutôt est mise par d'autres sur le devant de la scène. Jésus ne s'offusque pas de l'interruption ; il en profite pour donner encore une nouvelle tournure à sa rencontre avec les légistes. C'est la foi des porteurs qui déclenche tout, mais quand Jésus s'adresse au paralytique, on peut avoir l'impression qu'il s'adresse tout autant à l'ensemble de son auditoire et qu'il cherche presque à provoquer les spécialistes de la loi. Le texte met en scène un Jésus qui agit avec l'autorité même de Dieu. Il libère de la maladie et du poids de nos péchés et de nos regrets qui peuvent nous paralyser tout autant. Cela déstabilise les gardiens de la Loi qui en voient leur système religieux ébranlé. Mais c'est une bonne nouvelle pour nous autres : Jésus vient pour toujours nous ouvrir le champ du possible, avec autorité.

Dimanche 5 décembre : 2e dimanche de l'Avent - Année C

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (3, 1-6)

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène, les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.
Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète : Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ; et tout être vivant verra le salut de Dieu.

Méditation

Le message d'Isaïe, qui résonne en ce deuxième dimanche d'Avent dans la première lecture, est un baume sur nos blessures et une incitation à s'engager à préparer le chemin du Seigneur. Le prophète, en effet, parle aujourd'hui à notre cœur pour nous dire que Dieu oublie nos péchés et nous console. Si nous nous confions à Lui avec un cœur humble et repenti, II abattra les murs du mal, remplira les vides laissés par nos omissions, aplanira les aspérités de l'orgueil et de la vanité et ouvrira la voie de la rencontre avec Lui. C'est curieux, mais souvent nous avons peur d'être consolés. Au contraire, nous nous sentons plus en sécurité dans la tristesse et dans la désolation. Vous savez pourquoi ? Parce que dans la tristesse nous nous sentons presque protagonistes. Mais en revanche dans la consolation c'est l'Esprit Saint le protagoniste ! C'est Lui qui nous console, c'est Lui qui nous donne le courage de sortir de nous. C'est Lui qui nous conduit à la source de toute vraie consolation, c'est-à-dire le Père. Et cela est la conversion. S'il vous plaît, laissez-vous consoler par le Seigneur !

D'après le pape François (Angélus du 7 décembre 2014)

Samedi 4 décembre

Saint Jean de Damas ou Damascène (675-749). Il fut le ministre du calife de Damas avant de devenir moine en Palestine. Docteur de l’Église, il est un auteur prolifique, l'un des principaux hymnographes byzantins.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (9, 35 à 10, 1. 5a. 6-8)

En ce temps-là, Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. » Alors Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Allez vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »

Méditation : Fais de nous tes messagers !

Malgré l'immense activité que Jésus déploie - le texte peint un tableau où il va dans « toutes les villes et tous les villages » - il se rend compte qu'il y aurait encore tant de plus à faire. Alors, il se fait aider. Il associe encore davantage les disciples à sa mission et à son œuvre. Jusqu'ici ils l'avaient suivi ; maintenant ils vont aller eux pour faire ce que lui il faisait. La tâche n'est pas facile : guérir les malades, expulser les démons... mais surtout proclamer le royaume des Cieux. Ils auraient toutes les raisons de douter de ce qui leur est demandé. Mais tout découle de la proclamation du règne de Cieux. C'est ce qu'ils ont découvert auprès de Jésus. C'est ce qu'il apportait : un message, une nouvelle dynamique qui transforme des vies. C'est ce qu'ils peuvent maintenant partager aux autres. C'est dans la transmission que ce message va révéler sa force, pour ceux qu'ils rencontrent, et pour les disciples eux-mêmes.

Vendredi 3 décembre

Saint François-Xavier (1506-1552). Compagnon d'Ignace de Loyola, il fonda avec lui l'ordre des Jésuites avant de partir évangéliser l'Inde, puis le Japon. A bout de forces, il mourut aux portes de la Chine.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (9, 27-31)

En ce temps-là, Jésus était en route ; deux aveugles le suivirent, en criant : « Prends pitié de nous, fils de David ! » Quand il fut entré dans la maison, les aveugles s’approchèrent de lui, et Jésus leur dit : « Croyez-vous que je peux faire cela ? » Ils lui répondirent : « Oui, Seigneur. » Alors il leur toucha les yeux, en disant : « Que tout se passe pour vous selon votre foi ! » Leurs yeux s’ouvrirent, et Jésus leur dit avec fermeté : « Attention ! que personne ne le sache ! » Mais, une fois sortis, ils parlèrent de lui dans toute la région.

Méditation : Affermis ma fi, Seigneur !

Pas de chance pour Jésus : les démons et les maladies lui obéissent, mais pas les personnes qui sont guéries. Il brise les chaînes qui entravent leur vie. Mais il ne les lie pas à sa volonté ; il les rend vraiment à leur liberté. Parfois il peut s'en étonner, comme lorsqu'il n'y a qu'une personne sur dix qu'il a guéries qui revient vers lui pour le remercier (cf. Luc 17,17). Mais il y a une cohérence : d'un côté, leur foi les rend libres, leur donne une nouvelle perspective pour leur vie. De l'autre côté, leur foi les laisse libres de faire ou non ce que Jésus leur dit. Nous pouvons aussi méditer la foi de Jésus. Il déclenche une dynamique qu'il ne maîtrise pas. La force du Règne de Dieu déborde sa volonté et sa personne. Mais il se rend disponible ; et dans la rencontre avec les aveugles il se passe quelque chose : « Que tout se passe pour vous selon votre foi ! »

Jeudi 2 décembre

Bienheureux Jan Van Ruysbroeck (1381). Ce mystique flamand développa une profonde doctrine spirituelle tout en formulant une critique très actuelle des spiritualités frelatées.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (7, 21. 24-27)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux. Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc. Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable. La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »

Méditation : Mon Dieu, mon roc, mon Tout !

Jésus semble viser ici des personnes dont les actes ne correspondent pas à leurs discours. Il se sert d'une image presque grotesque. S'il peut y avoir des maisons mal construites qui ne résistent pas aux tremblements de terre ou dont l'emplacement n'évite pas les zones inondables, une construction directement sur le sable est peu probable. Cette image qui détonne souligne le caractère insensé et destructif de l'hypocrisie qui consiste à dire et à prétendre une chose et à en faire une autre. Mais la plupart du temps nous ne sommes pas dans une hypocrisie aussi franche. Nous sommes plutôt en train de nous interroger sur la valeur et l'utilité de nos entreprises. Nous sommes conscients de nos inconsistances et incohérences. Nous aimerions être plus conséquents dans nos engagements. En plus d'être un avertissement aux hypocrites, la parabole de Jésus peut alors être un encouragement et une invitation : « Tu n'as pas solution à tout. Tu ne fais pas tout comme tu le voudrais. Mais commence déjà par faire ce que tu as compris, ce dont tu sais que c'est à faire. Et alors tu feras quelque chose de constructif et de solide. »

Mercredi 1er décembre

Bienheureux Charles de Foucauld (1858-1916). Cet officier à la vie dissolue connut une conversion fulgurant à Paris. Ordonné prêtre à 43 ans, il partit vivre en ermite dans le Sahara où il fit rayonner l’Évangile.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (15, 29-37)

En ce temps-là, Jésus arriva près de la mer de Galilée. Il gravit la montagne et là, il s’assit. De grandes foules s’approchèrent de lui, avec des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, et beaucoup d’autres encore ; on les déposa à ses pieds et il les guérit. Alors la foule était dans l’admiration en voyant des muets qui parlaient, des estropiés rétablis, des boiteux qui marchaient, des aveugles qui voyaient ; et ils rendirent gloire au Dieu d’Israël. Jésus appela ses disciples et leur dit : « Je suis saisi de compassion pour cette foule, car depuis trois jours déjà ils restent auprès de moi, et n’ont rien à manger. Je ne veux pas les renvoyer à jeun, ils pourraient défaillir en chemin. » Les disciples lui disent : « Où trouverons-nous dans un désert assez de pain pour rassasier une telle foule ? » Jésus leur demanda : « Combien de pains avez-vous ? » Ils dirent : « Sept, et quelques petits poissons. » Alors il ordonna à la foule de s’asseoir par terre. Il prit les sept pains et les poissons ; rendant grâce, il les rompit, et il les donnait aux disciples, et les disciples aux foules. Tous mangèrent et furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait sept corbeilles pleines.

Méditation : Tu es le pain de la vie !

En présence de Jésus, des muets parlent, des estropiés sont rétablis, des boiteux marchent et des aveugles voient. Les signes du Règne de Dieu sont réunis et les gens rendent gloire à Dieu. Dans ce contexte, par une alternance de dialogues et de gestes, Jésus donne un enseignement à ses disciples. Il se laisse guider par ses mouvements intérieurs. Il est pris de compassion quand il pense aux gens qui ont besoin de manger. Mais aussi, il rend grâce pour le peu de nourriture qu'il y a. Et il ose agir à partir de ce peu qu'on lui présente. Les disciples sont associés à chaque étape : Il leur présente le problème. Il leur fait entrevoir son attitude intérieure. Il a la confiance qu'une issue est possible. Et il demande aux disciples de participer à la résolution du problème. Le lecteur est invité à en constater le succès. Cet évangile nous transmet la confiance dans le fait que Dieu sait donner une surabondance même dans des situations compliquées.

Mardi 30 novembre

Saint André (1er siècle). Frère de Pierre, disciple de Jean-Baptiste, il suivit le Christ qu'il désigna comme l'Agneau de Dieu. Il évangélisa la région de Patras en Grèce. Il est le patron du patriarcat de Constantinople.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (4, 18-22)

En ce temps-là, comme Jésus marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs. Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. » Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela. Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils le suivirent.

Méditation : Seigneur, donne-moi l'audace de te suivre !

Jésus voit des gens ordinaires faisant des choses ordinaires. C'est à leur existence qu'il s'apprête à donner une signification approfondie. Ce n'est pas une rupture. Ils sont pêcheurs ; ils seront encore pêcheurs d'une nouvelle manière. Mais le cadre change. Ils étaient dans la barque avec leur père en réparant leurs filets. Jésus les appelle à sa suite et ils le suivent. Quels étaient leurs soucis et leurs aspirations ? Est-ce qu'ils étaient tranquillement installés dans le train-train de leur vie quotidienne ? Savaient-ils trouver une joie dans les événements simples de leur travail et leur famille ? Ressentaient-ils un besoin de changement et une soif d'aventure ? En tout cas, Jésus suscite du neuf dans leur existence, de l'imprévu. Et ils se laissent interpeller. De notre côté, qu'avons-nous à découvrir ou à redécouvrir dans nos vies ? Vers quels horizons Jésus nous précède-t-il ? Aurons-nous l'audace de le suivre ?

♦ Lundi 29 novembre

Saint Saturnin (mort en 250). Premier évêque de Toulouse, il est venu en Gaule pour évangéliser. Il fut trainé par un taureau jusqu'à ce que mort s'ensuive pour avoir refusé de sacrifier aux idoles.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (8, 5-11)

En ce temps-là, comme Jésus était entré à Capharnaüm, un centurion s’approcha de lui et le supplia : « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. » Jésus lui dit : « Je vais aller moi-même le guérir. » Le centurion reprit : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon serviteur sera guéri. Moi-même qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient, et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. » À ces mots, Jésus fut dans l’admiration et dit à ceux qui le suivaient : « Amen, je vous le déclare, chez personne en Israël, je n’ai trouvé une telle foi. Aussi je vous le dis :
Beaucoup viendront de l’orient et de l’occident et prendront place avec Abraham, Isaac et Jacob au festin du royaume des Cieux. »

Méditation : Affermis ma foi !

Voici un exemple de foi. Jésus lui-même était dans l'admiration devant l'attitude du centurion ! Celui-ci d'active en faveur de son serviteur qui est couché, paralysé, et qui souffre. Jésus est prêt à se déplacer pour Venir à lui. Mais malgré son inquiétude, le centurion pense aussi à la situation de Jésus. Celui-ci se mettrait en difficulté en entrant dans la maison d'un non-juif. Le centurion n'en voit pas la nécessité. Dans son métier à lui, il fait l'expérience de la force des mots. Et il croit qu'une parole de la part de Jésus suffit pour que sa situation soit transformée. La foi du centurion implique que des mots peuvent donner des impulsions, déclencher des dynamiques, transformer les choses. Et nous, qu'est-ce que nous attendons de la part de Dieu ? Une réalité alternative ? Ou bien, une parole qui transforme notre vie ? Que Dieu nous donne des oreilles qui entendent !

♦ Dimanche 28 novembre : 1er dimanche de l'Avent - Année C

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (21, 25-28. 34-36)

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche.
Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

Méditation

Aujourd'hui commence l'Avent, le temps liturgique qui nous prépare à Noël, en nous invitant à élever notre regard et à ouvrir notre cœur pour accueillir Jésus. Pendant ces quatre semaines, nous sommes appelés à sortir d'un mode de vie résigné et routinier, en alimentant des espérances pour un avenir nouveau. L’Évangile nous met en garde contre le risque de nous laisser opprimer par un style de vie égocentrique ou par les rythmes convulsifs des journées. Rester éveillés et prier: Voilà comment vivre ce temps à partir d'aujourd'hui jusqu'à Noël. Le sommeil intérieur vient du fait de toujours rester enfermés dans sa propre vie avec ses problèmes. Et cela fatigue, cela ferme à l'espérance. C'est là que se trouve la racine de la torpeur et de la paresse dont parle l’Évangile. L'Avent nous invite à un engagement de vigilance, en regardant hors de nous-mêmes, en élargissant l'esprit et le cœur pour nous ouvrir aux nécessités des gens, de nos frères et au désir d'un monde nouveau, pour nous poser des questions concrètes sur comment et pour qui nous dépensons notre vie. Redressez-vous et relevez la tête... », avertit Luc. Il s'agit de se lever et de prier, en tournant nos pensées et nos cœurs vers Jésus qui va venir. On se lève quand on attend quelqu'un. Nous nous attendons Jésus, nous voulons l’attendre dans la prière, qui est étroitement liée à la vigilance. Mais si nous pensons à Noël dans un climat de consommation, Jésus passera et nous ne le trouverons pas.

Pape François

♦ Samedi 27 novembre

Saint Maxime (mort en 455). Il succéda à saint Honorat, qui avait fondé le monastère de Lérins. A la demande des fidèles, il devint évêque de Riez, dans les Alpes-de-Haute-Provence.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (21, 34-36)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse dans les beuveries, l’ivresse et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l’improviste comme un filet ; il s’abattra, en effet, sur tous les habitants de la terre entière. Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

Méditation : Garde mon cœur libre et alerte !

Aujourd'hui, comme pour les premières communautés chrétiennes, croire à la proximité du règne de Dieu dans ce monde est un grand défi. Jésus nous demande de croire à cette bonne nouvelle qui prend tellement de temps à se faire réalité pleine. Il veut changer notre manière de penser et d'agir pour que nous vivions en cherchant et en accueillant le règne de Dieu aujourd'hui. Pour cela, il nous faut de la persévérance : il nous appelle ici à vivre éveillés. « Vivre éveillés » signifie ne pas rester indifférent face aux difficultés et souffrances de ce monde - ne pas accepter que nos cœurs s'endurcissent, mais chercher et réveiller activement l'espérance en tout et en tous. « Vivre éveillés » implique que l'on ne peut laisser s'éteindre en nous le désir de chercher le bien pour tous sans exception. « Vivre éveillés » signifie reconnaître le jour d'aujourd'hui comme un jour favorable pour ouvrir nos cœurs, pour nous demander concrètement comment et pour qui nous pouvons élargir nos vies.

♦ Vendredi 26 novembre

Bienheureuse Delphine de Sabran (1282-1360). Cette princesse provençale vécut avec son mari, Elzéar, selon la règle du tiers ordre franciscain, sans négliger ses obligations sociales.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (21, 29-33)

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples cette parabole : « Voyez le figuier et tous les autres arbres. Regardez-les : dès qu’ils bourgeonnent, vous savez que l’été est tout proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le royaume de Dieu est proche. Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas sans que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. »

Méditation : Tu as les paroles de la vie éternelle !

Pendant toute sa vie, Jésus a annoncé que le royaume de Dieu était proche. C'est le règne de justice, de paix et d’amour ! Mais comment comprendre ce règne devant tant désastres, de guerres, d'injustice, de haine, d'abus de pouvoir et de violence ? Comment discerner la proximité de Dieu ? Avec l'image du figuier, Jésus nous invite à la confiance. Un figuier bourgeonnant au début du printemps offre la certitude que l'on pourra bientôt manger des figues, et ce alors que l'on n'y aperçoit encore ni fruit ni fleur. Ainsi est-il pour le règne de Dieu : « Sachez qu'il est tout proche » ... même si ce règne de justice, de paix et d'amour n'est pas toujours visible. Nous sommes alors invités à chercher, discerner et partager les petites « feuilles d'espérance » dans nos vies quotidiennes. Nous sommes alors invités à vivre avec patience et avec courage face à tous les défis que nous rencontrons sur notre chemin et à trouver notre force dans ses paroles qui ne passeront pas. Avec Simon-Pierre nous pouvons dire: « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle >> Jean 6, 68).

♦ Jeudi 25 novembre

Sainte Catherine d'Alexandrie (IVe siècle). Cette jeune érudite tint tête aux philosophes qui devaient la faire apostasier. Selon la légende, son corps martyrisé fut porté par des anges sur le mont Sinaï.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (21, 20-28)

En ce temps-là,Jésus disait à ses disciples : « Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées, alors sachez que sa dévastation approche. Alors, ceux qui seront en Judée, qu’ils s’enfuient dans les montagnes ; ceux qui seront à l’intérieur de la ville, qu’ils s’en éloignent ; ceux qui seront à la campagne, qu’ils ne rentrent pas en ville, car ce seront des jours où justice sera faite pour que soit accomplie toute l’Écriture. Quel malheur pour les femmes qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là, car il y aura un grand désarroi dans le pays, une grande colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés en captivité dans toutes les nations ; Jérusalem sera foulée aux pieds par des païens, jusqu’à ce que leur temps soit accompli. Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots. Les hommes mourront de peur dans l’attente de ce qui doit arriver au monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. » 

Méditation : Viens, Seigneur !

Pendant toute sa vie, Jésus a cherché à transmettre l’espérance de laquelle lui-même vivait profondément. Dans ce passage, il nous lance ce cri d'alerte : Redressez-vous et relevez la tête ! » Nous avons probablement tous fait l'expérience de pouvoir rencontrer après une longue attente un ami proche, un membre de la famille ou une personne aimée. Par exemple en sortant d'un confinement. Quelle était notre attitude juste avant cette rencontre ? Impatiente, joyeuse, attentive... Notre tête n'était certainement pas abaissée, mais cherchait plutôt à cueillir la toute première occasion de contempler le visage aimé ! Et quand la personne est apparue, sommes-nous restés assis? Face à toutes les incertitudes, les peurs et les violences de notre vie, l'attitude que Jésus nous demande est la même : «  Redressez-vous et relevez la tête ! » Notre espérance, le fondement et le sens de notre vie se trouvent dans la relation avec notre Ami qui vient à notre rencontre. Si Jésus se rend proche de nous à travers les malades, les petits, les sans-domicile, les exclus... Quelle est mon attitude quand Je rencontre un de ces petits ?

♦ Mercredi 24 novembre

Saints martyrs du Vietnam (morts entre 1745 et 1862). Huit évêques, beaucoup de prêtres et plus encore de laïcs furent tués dans le Tonkin, l'Annam et la Cochinchine, en particulier le père André Dung Lac.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (21, 12-19)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « On portera la main sur vous et l’on vous persécutera ; on vous livrera aux synagogues et aux prisons, on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs, à cause de mon nom. Cela vous amènera à rendre témoignage. Mettez-vous donc dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse à laquelle tous vos adversaires ne pourront ni résister ni s’opposer. Vous serez livrés même par vos parents, vos frères, votre famille et vos amis, et ils feront mettre à mort certains d’entre vous. Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom. Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu. C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

Méditation : Jésus, mon Dieu, mon espérance !

Les difficultés, les souffrances ou même les persécutions ne doivent pas nous amener à renoncer à annoncer l’évangile. Elles constituent au contraire des raisons pour être témoins du message d'espérance que Jésus nous donne à travers sa vie. L'amour, la miséricorde, la bonté et la paix de Dieu ont la victoire finale, Voilà notre espérance! « La sagesse et le langage » que Jésus nous donne pour ce pèlerinage est l'amour. C'est par votre persévérance que vous garderez votre vie. Dans nos vies quotidiennes, rendre témoignage et persévérer signifient répondre à la haine par l'amour et aux offenses par le pardon. Persévérer ne signifie pas exiger quoi que ce soit de quelqu'un mais chercher nous-mêmes à vivre la conversion continuelle. Face aux changements, persévérer ne signifie pas être sur la défensive, mais garder toujours la capacité d'écouter l’autre et de discerner l'action de Dieu. Persévérer ne signifie pas répéter des paroles « vides », mais renouveler notre foi dans une rencontre personnelle avec le Christ.

♦ Mardi 23 novembre

Saint Clément de Rome (mort en 97). Ce judéo-chrétien est le 3e successeur de Pierre comme garant de la foi et de l'unité de l’Église. Sa lettre aux Corinthiens en fait le 1er père apostolique.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (21, 5-11)

En ce temps-là, comme certains parlaient du Temple, des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient, Jésus leur déclara : « Ce que vous contemplez, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. » Ils lui demandèrent : « Maître, quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? » Jésus répondit : « Prenez garde de ne pas vous laisser égarer, car beaucoup viendront sous mon nom, et diront : “C’est moi”, ou encore : “Le moment est tout proche.” Ne marchez pas derrière eux ! Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. » Alors Jésus ajouta : « On se dressera nation contre nation, royaume contre royaume. Il y aura de grands tremblements de terre et, en divers lieux, des famines et des épidémies ; des phénomènes effrayants surviendront, et de grands signes venus du ciel. »

Méditation :Jésus, montre-moi le chemin !

Épidémies, tremblements de terres, guerres... Que ce passage est actuel ! Tous ces désastres que Jésus annonce sont bien réels. Suivre Jésus ne nous fait pas croire en un monde utopique, au contraire : cela ouvre davantage nos yeux aux souffrances et aux injustices de ce monde. Jésus nous invite à les regarder mais sans nous laisser paralyser. Il veut que nous cherchions au-delà des apparences plutôt que de nous laisser abattre par la peur. Suivre Jésus conduit à trouver et poser les paroles, les gestes et les actions qui peuvent favoriser la paix là où il y a la guerre, qui offrent de la consolation là où il y a de la tristesse et qui créent de la communion là où il y a de la division. Comment puis-je poser de tels gestes aujourd'hui à l'échelle de mon existence ?

♦ Lundi 22 novembre

Sainte Cécile (morte en 230). Cette Romaine, issue d'une grande famille, oeuvra à la conversion de son époux et soutint l’Église de ses deniers. Elle mourut martyre et est la patronne des musiciens.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (21, 1-4)

En ce temps-là, comme Jésus enseignait dans le Temple, levant les yeux, il vit les gens riches qui mettaient leurs offrandes dans le Trésor. Il vit aussi une veuve misérable y mettre deux petites pièces de monnaie. Alors il déclara : « En vérité, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres. Car tous ceux-là, pour faire leur offrande, ont pris sur leur superflu mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. »

Méditation : Apprends-moi à regarder au-delà des apparences !

« Les hommes regardent l'apparence, mais le Seigneur regarde le cœur » Pendant toute sa vie, Jésus a cherché à nous révéler le regard que son Père et Lui posent sur chacun de nous. Pour nous ouvrir les yeux Jésus utilise des rencontres avec des prostituées, des collecteurs d'impôts, des pauvres, des enfants et des malades... Cette fois-ci c'est une veuve, c'est-à-dire une femme seule et pauvre. Qu'aurait-elle à nous apprendre ? N’estime-t-on pas l'autre surtout en fonction de sa place et son statut dans la société ? Pourtant Jésus nous révèle combien est grande à ses yeux cette veuve sans crédibilité sociale car elle nous apprend à tout donner. Dieu nous regarde au-delà des apparences. Il sait reconnaître ce qu'il y a au fond de nous. Accueillons avec confiance ce regard que Dieu pose sur nous, jour après jour, et vivons en fonction de Lui, non en fonction du jeu social.

♦ Dimanche 21 novembre : solennité du Christ, roi de l'univers

Présentation de la Vierge Marie

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (18, 33b-37)

En ce temps-là, Pilate appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? » Pilate répondit : « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? »
Jésus déclara : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. » Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

Méditation

La solennité de Jésus-Christ Roi de l'univers, placée au terme de l'année liturgique, nous rappelle que la vie de la création n'avance pas au hasard, mais procède vers la manifestation définitive du Christ, Seigneur de l'histoire et de toute la création. La conclusion sera son règne éternel. Jésus veut faire comprendre qu'au-dessus du pouvoir politique, il en existe un autre beaucoup plus grand, que l'on n'obtient pas à travers des moyens humains. Il est venu sur la terre pour exercer ce pouvoir, en rendant témoignage à la vérité. Il s'agit de la vérité divine qui est le message essentiel de l'Évangile : « Dieu est amour » (1Jean 4, 8) et il veut établir dans le monde son royaume d'amour, de justice et de paix. L'histoire nous enseigne que les royaumes fondés sur le pouvoir des armes et sur les abus sont fragiles et s'écroulent tôt ou tard. Mais le royaume de Dieu est fondé sur son amour et s'enracine dans les cours, en conférant à celui qui l'accueille paix, liberté et plénitude de vie. Jésus nous demande aujourd'hui de le laisser devenir notre roi. Un roi qui par sa parole, son exemple et sa vie immolée sur la croix, nous a sauvés de la mort, en donnant une lumière nouvelle à notre existence marquée par le doute, la peur et les épreuves de chaque jour. Mais nous ne devons pas oublier que le royaume de Jésus n'est pas de ce monde. Il ne pourra donner un sens nouveau à notre vie qu'à condition que nous ne suivions pas les logiques du monde et de ses « rois ».

D'après le pape François (angélus du 25 novembre 2018)

♦ Samedi 20 novembre

Bienheureux martyrs du Mexique(morts en 1927-1928). Ces trois prêtres et dix laïcs furent exécutés pour avoir défendu la liberté religieuse. Le film Cristeros retrace l'histoire du plus jeune, José Luis Sanchez del Rio.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (20, 27-40)

En ce temps-là, quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus et l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère. Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ; de même le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants. Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »
Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection. Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. » Alors certains scribes prirent la parole pour dire : « Maître, tu as bien parlé. » Et ils n’osaient plus l’interroger sur quoi que ce soit.

Méditation : Tu es la résurrection !

Les Saducéens ne croient pas à la résurrection des morts. Par une question casuistique , ils cherchent à mettre Jésus dans l'embarras. Dans sa réponse, Jésus fait une distinction entre le monde d'ici-bas, notre monde terrestre, et le monde à venir, le Royaume des cieux. Dans notre monde ici-bas, les êtres humains sont mortels, et ils doivent donc se reproduire pour permettre la survie de l'humanité. Le monde à venir, le Royaume des cieux, sera comme une nouvelle création qui échappe à notre compréhension humaine. Ce que Jésus semble dire ici, c'est qu'il n'y aura plus ni femme ni mari car ressuscités et non plus mortels, nous serons comme des anges. Mais nous ne pouvons pas faire une projection de ce que sont les anges... Notre foi en la résurrection repose sur la promesse de Jésus à ses disciples, la foi en sa résurrection, et sur la confiance en l'amour unique de Dieu pour chaque être humain et son plan de salut pour toute l'humanité.

♦ Vendredi 19 novembre

Sainte Mecthilde de Helfta (v.1241-v.1298). Elle bénéficia de révélations sur le Sacré-Cœur et de visions mystiques. Sa fille spirituelle, sainte Gertrude (fêtée le 16 novembre) les transcrivit.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (19, 45-48)

En ce temps-là, entré dans le Temple, Jésus se mit à en expulser les vendeurs. Il leur déclarait : « Il est écrit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » Et il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les grands prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas ce qu’ils pourraient faire ; en effet, le peuple tout entier, suspendu à ses lèvres, l’écoutait.

Méditation : Merci, Jésus, pour ton Amour !

Jusque-là, Jésus s'était opposé aux scribes et aux pharisiens sur l'interprétation des Ecritures et l'application de la loi. Mais il s'oppose à une caste sacerdotale qui avait fait du Temple de Jérusalem un vaste marché qui générait d'importants revenus à leur profit, dénaturant ainsi l'origine première du Temple, lieu qui symbolisait l'alliance entre Dieu et les hommes, un lieu de prière, un lieu d'étude et d'enseignement. Lorsque le roi David avait manifesté son intention de construire le Temple, Dieu, par la voix du prophète Nathan, avait déjà exprimé des réserves. Jusque-là, une tente avait bien fait l'affaire. Ce projet du Temple était-il à la gloire de Dieu ou, derrière ce but louable, était-il aussi à la gloire de celui qui voulait le construire ? La leçon de Jésus est dure à accepter, et il se met beaucoup de gens à dos en faisant cela, mais c'est là le cœur du message chrétien : l'amour et le pardon de Dieu sont premiers et gratuits ; ils ne sont pas le fruit d'une récompense pour nos mérites, ou d'un prix payé pour les obtenir.

♦ Jeudi 18 novembre

Sainte Aude ou Aulde (Ve siècle). Au temps de Clovis, elle aurait été l'une des compagnes de sainte Geneviève qu'elle aurait rejointe à Paris. Sa ville natale, en Seine et Marne, porte son nom.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (19, 41-44)

En ce temps-là, lorsque Jésus fut près de Jérusalem, voyant la ville, il pleura sur elle, en disant : « Ah ! si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui donne la paix ! Mais maintenant cela est resté caché à tes yeux. Oui, viendront pour toi des jours où tes ennemis construiront des ouvrages de siège contre toi, t’encercleront et te presseront de tous côtés ; ils t’anéantiront, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n’as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. »

Méditation : Fais de moi un artisan de paix !

Ces pleurs sur Jérusalem et ses habitants expriment la tristesse de Jésus face à ceux qui n'accueillent pas son message. Toute sa vie est tendue vers cet objectif : nous faire connaitre l'amour et la miséricorde du Père pour chaque être humain, afin que nous puissions en vivre et porter cet amour aux autres, et être ainsi artisans de paix dans le monde, paix qui préfigure l'avènement du Royaume. Ces pleurs sont des larmes d'amour. Dieu ne veut pas la souffrance de l'être humain, mais un mauvais usage de la liberté humaine peut y conduire, et les guerres en sont un signe très clair. Ces pleurs de Jésus ne sont pas un signe de malédiction, mais au contraire de compassion. C'est pour nous les hommes, pour que le bien soit vainqueur du mal, et que la vie soit plus forte que la mort, que Jésus a souffert sa passion et que Dieu l'a ressuscité des morts.

♦ Mercredi 17 novembre

Sainte Élisabeth de Hongrie (1207-1231). Fille du roi de Hongrie, elle refusa de se remarier à la mort de son mari. Exilée, elle devint tertiaire franciscaine et se voua aux démunis, vivant elle-même dans la pauvreté.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (19, 11-28)

En ce temps-là, comme on l’écoutait, Jésus ajouta une parabole : il était près de Jérusalem et ses auditeurs pensaient que le royaume de Dieu allait se manifester à l’instant même. Voici donc ce qu’il dit : « Un homme de la noblesse partit dans un pays lointain pour se faire donner la royauté et revenir ensuite. Il appela dix de ses serviteurs, et remit à chacun une somme de la valeur d’une mine ; puis il leur dit : “Pendant mon voyage, faites de bonnes affaires.” Mais ses concitoyens le détestaient, et ils envoyèrent derrière lui une délégation chargée de dire : “Nous ne voulons pas que cet homme règne sur nous.”
Quand il fut de retour après avoir reçu la royauté, il fit convoquer les serviteurs auxquels il avait remis l’argent, afin de savoir ce que leurs affaires avaient rapporté. Le premier se présenta et dit : “Seigneur, la somme que tu m’avais remise a été multipliée par dix.” Le roi lui déclara : “Très bien, bon serviteur ! Puisque tu as été fidèle en si peu de chose, reçois l’autorité sur dix villes.” Le second vint dire : “La somme que tu m’avais remise, Seigneur, a été multipliée par cinq.” À celui-là encore, le roi dit : “Toi, de même, sois à la tête de cinq villes.” Le dernier vint dire : “Seigneur, voici la somme que tu m’avais remise ; je l’ai gardée enveloppée dans un linge. En effet, j’avais peur de toi, car tu es un homme exigeant, tu retires ce que tu n’as pas mis en dépôt, tu moissonnes ce que tu n’as pas semé.” Le roi lui déclara : “Je vais te juger sur tes paroles, serviteur mauvais : tu savais que je suis un homme exigeant, que je retire ce que je n’ai pas mis en dépôt, que je moissonne ce que je n’ai pas semé ; alors pourquoi n’as-tu pas mis mon argent à la banque ? À mon arrivée, je l’aurais repris avec les intérêts.” Et le roi dit à ceux qui étaient là : “Retirez-lui cette somme et donnez-la à celui qui a dix fois plus.” On lui dit : “Seigneur, il a dix fois plus ! – Je vous le déclare : on donnera à celui qui a ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à mes ennemis, ceux qui n’ont pas voulu que je règne sur eux, amenez-les ici et égorgez-les devant moi.” »
Après avoir ainsi parlé, Jésus partit en avant pour monter à Jérusalem.

Méditation

Les disciples pensaient proche l'avènement du Royaume. Cette parabole vise à les mettre dans la perspective d'une longue activité à exercer après la mort de Jésus, et avant le retour de leur Seigneur. La somme que le Roi confie à nous, ses serviteurs, c'est la confiance dans l'amour et le pardon du Père et la capacité à aimer son prochain. Ce don nous permet de réussir notre vie dans la perspective du Royaume. L'amour surabondant ne peut être mis en réserve, il doit circuler entre les êtres humains.

♦ Mardi 16 novembre

Sainte Marguerite d’Écosse (morte en 1093). Née en Hongrie et Mariée au roi d’Écosse Malcolm III, elle veilla au bien du royaume et de l’Église, donnant ainsi un exemple excellent d'épouse, de mère et de reine.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (19, 1-10)

En ce temps-là, entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait. Or, il y avait un homme du nom de Zachée ; il était le chef des collecteurs d’impôts, et c’était quelqu’un de riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, mais il ne le pouvait pas à cause de la foule, car il était de petite taille. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore pour voir Jésus qui allait passer par là. Arrivé à cet endroit, Jésus leva les yeux et lui dit : « Zachée, descends vite : aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. » Vite, il descendit et reçut Jésus avec joie. Voyant cela, tous récriminaient : « Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. » Zachée, debout, s’adressa au Seigneur : « Voici, Seigneur : je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens, et si j’ai fait du tort à quelqu’un, je vais lui rendre quatre fois plus. » Alors Jésus dit à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »

Méditation : Ton amour guérit tout !

On note dans ce récit combien Jésus se fait respectueux de la liberté de l'être humain. Il apporte ce que nul autre ne pourrait apporter, le salut, mais tout en douceur. Ce texte peut être lu comme une surenchère de dons entre Jésus et Zachée. C'est Jésus qui fait le premier mouvement, il va visiter Jéricho. Si Jésus ne venait pas à lui, Zachée ne pourrait pas le rencontrer. Zachée y répond en sortant pour aller le voir. Jusqu'ici, rien d'extraordinaire. Mais l'échange se poursuit et chaque don est plus impressionnant que les précédents : l'interpellation de Jésus, l'empressement de Zachée à descendre, la décision de Jésus d'aller manger chez ce pécheur notoire, jusqu'à l'apothéose : les promesses spontanées de Zachée. Cet amour soudain de Zachée pour les autres a été rendu possible parce qu'il s'est senti digne d'être aimé par Jésus. Parce que Jésus a touché son cœur en venant à lui et par son regard qui ne juge pas, Zachée peut maintenant ouvrir son cœur aux autres. L'intensité de cet amour inconditionnel l'a poussé à réévaluer sa manière d'entrer en relation avec ceux qui l'entourent.

♦ Lundi 15 novembre

Saint Albert le Grand (1200-1280). Ce théologien et naturaliste dominicain d'origine bavaroise enseigna à Cologne, où il fut le maître de saint Thomas d'Aquin et de Maître Eckhart. Il est docteur de l’Église.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (18, 35-43)

Alors que Jésus approchait de Jéricho, un aveugle mendiait, assis au bord de la route. Entendant la foule passer devant lui, il s’informa de ce qu’il y avait. On lui apprit que c’était Jésus le Nazaréen qui passait. Il s’écria : « Jésus, fils de David, prends pitié de moi ! » Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Jésus s’arrêta et il ordonna qu’on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il répondit : « Seigneur, que je retrouve la vue. » Et Jésus lui dit : « Retrouve la vue ! Ta foi t’a sauvé. » À l’instant même, il retrouva la vue, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, adressa une louange à Dieu.

Méditation : Prends pitié de moi, Seigneur !

Un homme a perdu la vue el en est réduit à mendier au bord du chemin. Lorsque Jésus et ses disciple s'approche de lui, il se met à crier en direction de Jésus. Il ne demande pas l'aumône, mais beaucoup plus : “ Jésus, Fils de David, aie pitié de moi! »Les disciples comprennent pas, et ils tentent de le faire taire : comme si dans leur esprit chaque chose devant être à sa place, un mendiant était seulement destiné à mendier ! Mais l'aveugle crie de plus belle, et Jésus s'arrête et le fait venir. Il ne s'impose pas, mais lui demande : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L'aveugle pourrait lui demander une aumône pour se procurer la nourriture du jour, mais il prend le risque de lui demander de recouvrir la vue ; lorsqu'il verra, il pourra travailler pour gagner sa vie. Touché par cette confiance et cette foi, Jésus le guérit. L'homme pourrait alors repartir, mais il se met à suivre Jésus et à rendre gloire à Dieu. C'est la continuation de son chemin de foi qui l'avait mené à oser demander de recouvrir la vue.

♦ Dimanche 14 novembre

Saints Martyrs de Syrie

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (13, 24-32)

En ce temps-là, Jésus parlait à ses disciples de sa venue : « En ces jours-là, après une grande détresse, le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté ; les étoiles tomberont du ciel, et les puissances célestes seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées avec grande puissance et avec gloire. Il enverra les anges pour rassembler les élus des quatre coins du monde, depuis l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel.
Laissez-vous instruire par la comparaison du figuier : dès que ses branches deviennent tendres et que sortent les feuilles, vous savez que l’été est proche. De même, vous aussi, lorsque vous verrez arriver cela, sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte. Amen, je vous le dis : cette génération ne passera pas avant que tout cela n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père. »

Méditation

Dans l'Évangile d'aujourd'hui, Jésus nous dit que l'histoire des peuples et celle des individus a une fin et un but à atteindre : la rencontre définitive avec le Seigneur. Nous ne connaissons ni les temps ni les modalités selon lesquelles cela arrivera: le Seigneur a répété que « personne ne les connaît, ni les anges dans le ciel, ni le Fils » ; tout est gardé dans le secret du mystère du Père. Nous connaissons cependant un principe fondamental auquel nous devons nous confronter: «Le ciel et la terre passeront   dit Jésus mais mes paroles ne passeront point ». Tel est le vrai point crucial. Ce jour-là, chacun de nous devra comprendre si la Parole du Fils de Dieu a éclairé son existence personnelle ou s'il lui a tourné le dos, en préférant se fier à ses propres paroles. Ce sera plus que jamais le moment de nous abandonner définitivement à l'amour du Père et de nous confier à sa miséricorde. Personne ne peut échapper à ce moment ! La ruse, que nous utilisons souvent dans nos comportements pour créditer l'image que nous voulons offrir, ne servira plus; de la même manière, le pouvoir de l'argent et des moyens économiques avec lesquels nous prétendons avec présomption acheter tout et tous ne pourra plus être utilisé. Nous n'aurons avec nous que ce que nous aurons réalisé dans cette vie en croyant à sa Parole : le tout et le rien de ce que nous avons vécu ou négligé d'accomplir. Nous n'emporterons avec nous que ce que nous avons donné.

D'après le pape François (angélus du 18 novembre 2018)

♦ Samedi 13 novembre

Saint Brice (400-447). Disciple de saint Martin, il lui succéda à l'évêché de Tours où il fut très apprécié par ses administrés.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (18, 1-8)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager : « Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : “Rends-moi justice contre mon adversaire.” Longtemps il refusa ; puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” » Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice ! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Méditation ; Que ton règne vienne !

Au cours de nos vies, nous devons tous passer par des moments d'épreuve. Ces passages difficiles sont autant d'occasions d'avancer sur le chemin. Ce récit nous décrit une veuve qui se trouve dans une telle épreuve. Face à une situation où l'injustice du monde semble l'écraser, elle résiste au désespoir et choisi de lutter pour que lui soit rendue justice. L'espérance que Dieu transformera sa création, qu'il y régnera et qu'elle sera pleine de son amour est inhérente à l’Évangile que le Christ nous a apporté. Alors que nous vivons dans un monde où l'injustice est omniprésente, nous sommes appelés, comme la veuve dans l'histoire, à ne pas perdre l'espoir quant à ce qui adviendra et à prier pour la paix et la justice dans nos sociétés. En persévérant dans cette prière nous trouverons aussi l'inspiration nécessaire à poser des gestes pour préparer la venue du règne de Dieu,

♦ Vendredi 12 novembre

Saint Josaphat (1580-1623). Cet orthodoxe ukrainien adhéra à l’Église catholique de rite byzantin dont il devint évêque. Lors de l'une de ses visites pastorales, il fut massacré pour avoir embrassé le catholicisme.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (17, 26-37)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme cela s’est passé dans les jours de Noé, ainsi en sera-t-il dans les jours du Fils de l’homme. On mangeait, on buvait, on prenait femme, on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche et où survint le déluge qui les fit tous périr. Il en était de même dans les jours de Loth : on mangeait, on buvait, on achetait, on vendait, on plantait, on bâtissait ; mais le jour où Loth sortit de Sodome, du ciel tomba une pluie de feu et de soufre qui les fit tous périr ; cela se passera de la même manière le jour où le Fils de l’homme se révélera. En ce jour-là, celui qui sera sur sa terrasse, et aura ses affaires dans sa maison, qu’il ne descende pas pour les emporter ; et de même celui qui sera dans son champ, qu’il ne retourne pas en arrière. Rappelez-vous la femme de Loth. Qui cherchera à conserver sa vie la perdra. Et qui la perdra la sauvegardera. Je vous le dis : Cette nuit-là, deux personnes seront dans le même lit : l’une sera prise, l’autre laissée. Deux femmes seront ensemble en train de moudre du grain :
l’une sera prise, l’autre laissée. » Prenant alors la parole, les disciples lui demandèrent : « Où donc, Seigneur ? » Il leur répondit : « Là où sera le corps, là aussi se rassembleront les vautours. »

Méditation : Garde-moi attentive à ta Parole !

Une mentalité hédoniste peut nous conduire vers une certaine insouciance - comme c'était le cas au temps de bus Noé et de Loth. Dans cette situation, ce récit nous invite à nous tourner résolument vers Dieu : pendant le déluge ou on quand Sodome a été détruite, il y avait en fin de compte très peu de personnes de sauvées à travers l'épreuve. Comment nous préparer à une telle éventualité ? Dans le texte l'un est pris et l'autre laissé. De quel côté nous trouverons-nous ? Sera sauvé celui qui aura appris à ne pas être trop attaché aux affaires qui nous semblent tellement importantes ici-bas ! C'est seulement dans cette liberté que nous pourrons rejoindre le Christ.

♦ Jeudi 11 novembre

Saint Martin de Tours (316-397). Ce soldat romain d'origine Hongroise rencontra le Christ à travers un pauvre auquel il avait donné la moitié de son manteau. Il fonda le premier monastère des Gaules à Ligugé.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (17, 20-25)

En ce temps-là, comme les pharisiens demandaient à Jésus quand viendrait le règne de Dieu, il prit la parole et dit : « La venue du règne de Dieu n’est pas observable. On ne dira pas : “Voilà, il est ici !” ou bien : “Il est là !” En effet, voici que le règne de Dieu est au milieu de vous. » Puis il dit aux disciples : « Des jours viendront où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez pas. On vous dira : “Voilà, il est là-bas !” ou bien : “Voici, il est ici !” N'y allez pas, n’y courez pas. En effet, comme l’éclair qui jaillit illumine l’horizon d’un bout à l’autre, ainsi le Fils de l’homme, quand son jour sera là. Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup soit rejeté par cette génération. »

Méditation : J'ai confiance en toi !

Alors que la Bible nous avertit que ce monde arrivera un prit la parole jour à sa fin, ce texte nous dit que les temps d'épreuve ne signifient pas que nous sommes déjà proches de cette fin, Personne ne connait l'instant ou la fin aura lieu, Vivre dans une telle incertitude peut nous sembler difficile. Peut-être préférerions-nous connaitre comment et quand ces événements importants auront lieu afin de pouvoir mieux nous y préparer. Mais cela ne risquerait-il pas de nous bercer dans une fausse sécurité qui nous empêcherait de nous tourner vers Dieu dès maintenant ? Plutôt que la avant, connaissance de ce qui reste à venir, nous est donné le don de l'Esprit Saint. Il nous accompagne sur le chemin et permet une confiance renouvelée en Dieu. Ce qu'il prépare pour ceux qui lui sont fidèles sera bon-même s'ils doivent passer par un temps d'épreuve durant lequel ils devront prendre garde à ne pas se laisser tromper.

♦ Mercredi 10 novembre

Le patriarche Noé. Figure du livre de la Genèse, il construisit, sur les ordre de Dieu, une arche pour préserver sa famille et les espèces animales des eaux du déluge. Le Seigneur fit alliance avec lui.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (17, 11-19)

En ce temps-là, Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la région située entre la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » À cette vue, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés. L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain. Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ? Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

Méditation : Affermis ma foi, Seigneur :

Sur la parole de Jésus, les dix lépreux se mettent en chemin dans la direction qu'il leur a été indiqué. C'est leur foi en lui qui a permis le miracle. Aujourd'hui encore, c'est cette foi qui nous met en route. Dans un deuxième temps, elle devrait faire naître en nous la reconnaissance pour tout le bien que nous recevons de Dieu. Dans ce récit, seule une personne sur les dix, franchit ce pas. Ce pourcentage n'est-il pas semblable à ce que nous retrouvons dans nos sociétés, où seulement une minorité reste attachée à la pratique consistant à rendre régulièrement grâce à Dieu ? Comme c'était le cas pour la majorité des lépreux dans l'histoire, beaucoup se soucient peut-être plus de leur réintégration dans la vie du monde que d'être proche de Jésus. Pourtant, comme pour les dix lépreux, c'est seulement à celui qui revient vers Jésus qu'est dite la parole : « Relève-toi. Ta foi t'a sauvé. »

♦ Mardi 9 novembre

Dédicace de la basilique du Latran. Célébrer la cathédrale du pape nous rappelle que le successeur de Pierre est le principe et le fondement visible de l'unité du peuple chrétien et le garant de la foi.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (2, 13-22)

Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. » Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

Méditation : Tu es là, Seigneur, au milieu de nous !

Pour nous permettre d'adorer Dieu en Esprit et en vérité, Jésus est prêt à aller jusqu'au don de sa vie. Pour ceux qui le suivent, le culte dans le temple de Jérusalem a été remplacé par la prière dans l'Esprit Saint. Cela ne signifie pourtant pas que les lieux de prière ou de pèlerinage cesseront d'être importants. Jusqu'à ce jour, ils nous aident à nous détacher de nos activités quotidiennes, à nous tourner vers Dieu et à nous rassembler en Église. En cela, ils remplissent une fonction essentielle. À l'image Jésus, il nous faut prendre soin des lieux de prière. Cela passe par une attention particulière à ce que les autres intérêts, qui peuvent jusqu'à un certain point être justifiés ne deviennent pas un obstacle pour ceux qui veulent trouver Dieu dans l'Esprit Saint et dans la communauté des croyants.

♦ Lundi 8 novembre

Saint Geoffroy (1065-1115). Ce moine fit refleurir le monastère de Nogent, dans la Marne. Évêque d'Amiens, il s'opposa aux iniquités de son clergé, de mèche avec certains seigneurs malhonnêtes.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (17, 1-6)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Il est inévitable que surviennent des scandales, des occasions de chute ; mais malheureux celui par qui cela arrive ! Il vaut mieux qu’on lui attache au cou une meule en pierre et qu’on le précipite à la mer, plutôt qu’il ne soit une occasion de chute pour un seul des petits que voilà. Prenez garde à vous-mêmes ! Si ton frère a commis un péché, fais-lui de vifs reproches, et, s’il se repent, pardonne-lui. Même si sept fois par jour il commet un péché contre toi, et que sept fois de suite il revienne à toi en disant : “Je me repens”, tu lui pardonneras. » Les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”, et il vous aurait obéi. »

Méditation : Apprends-moi à pardonner comme toi, Seigneur !

Pour exhorter ses disciples, Jésus aime utiliser des images fortes qui risquent de rendre perplexes. Il ne veut certainement pas que ceux qui le suivent soient jetés à l'eau avec une grosse pierre autour du cou, mais il veut leur faire comprendre à quel point il est grave de vivre une vie dans laquelle on se détourne de Dieu et où on méprise les autres. Car même si le mal commis est parfois irréversible, la possibilité de se convertir existe toujours pour celui qui se rend compte qu'il a commis une faute. Tous, nous sommes appelés à ne pas faire ce qui est mauvais. Mais il nous est aussi demandé d'accueillir les pécheurs qui se repentent et d'aider ceux qui sont en train de commettre des fautes pour les aider à revenir sur le bon chemin. C'est une tâche qui n'est pas facile. Mais nous pouvons l'entreprendre dans la confiance que le Dieu qui peut faire des miracles nous soutiendra.

♦ Dimanche 7 novembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (12, 38-44)

En ce temps-là, dans son enseignement, Jésus disait aux foules :
« Méfiez-vous des scribes qui tiennent à se promener en vêtements d’aparat et qui aiment les salutations sur les places publiques, les sièges d’honeur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les diners. Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’pparen, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »
Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes. Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie. Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres. Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

Méditation

Jésus offre en exemple une pauvre veuve, dont la position sociale était insignifiante parce qu'elle était privée d'un mari qui pouvait défendre ses droits, et qu'elle devenait con la proie facile de quelques créditeurs sans scrupules. Mais cette femme qui fait son offrande en cherchant à passer inaperçue accomplit, précisément dans cette humilié un acte chargé d'une grande signification religieuse et spirituelle. Ce geste plein de sacrifice n'échappe pas au regard de Jésus, qui dans celui-ci voit en revanche briller le don total de soi auquel il veut éduquer les disciples. L'enseignement que nous offre Jésus aujourd'hui nous aide à retrouver ce qui est essentiel dans notre vie et favorise une relation concrète et quotidienne avec Dieu. Dieu ne mesure pas la quantité mais la qualité, il scrute le cœur, il regarde la pureté des intentions. Cela signifie que notre «don » à Dieu dans la prière et aux autres dans la charité devrait toujours fuir le ritualisme et le formalisme, tout comme la logique du calcul, et qu'il doit être une expression de gratuité, comme Jésus l'a fait avec nous : il nous a sauvés gratuitement. Voilà pourquoi Jésus indique cette veuve pauvre et généreuse comme modèle de vie chrétienne à imiter.

D'après le pape François (angélus du 11 novembre 20218)

♦ Samedi 6 novembre

Saint Léonard de Noblat (VIe siècle). Un sanctuaire a été dressé sur la tombe de cet ermite du diocèse de Limoges, issu de la noblesse franque. Autour se développera la petite ville qui porte son nom.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (16, 9-15)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande. Si vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ? Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ? Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »
Quand ils entendaient tout cela, les pharisiens, eux qui aimaient l’argent, tournaient Jésus en dérision. Il leur dit alors :
« Vous, vous êtes de ceux qui se font passer pour justes aux yeux des gens, mais Dieu connaît vos cœurs ; en effet, ce qui est prestigieux pour les gens est une chose abominable aux yeux de Dieu. »

Méditation : Que ton amour me guide !

Jésus nous dit deux choses qui semblent contradictoires, D'un côté, ce que l'on fait avec notre argent n'est pas important : l'argent va nécessairement disparaitre. Alors pourquoi ne pas le distribuer pour se faire des amis qui eux demeureront ? Mais, de l'autre côté, Jésus ajoute immédiatement que la manière d'utiliser notre argent est très importante: car c'est ainsi que nous montrons à quel point nous sommes dignes de confiance pour le bien véritable. Cette contradiction apparente n'est pas si étrange. La parabole qui précède et que ces paroles de Jésus commentent est complexe, voire déroutante. Son explication ne peut pas être si simple non plus. Pourtant, elle ne fait que reprendre un thème que l'on retrouve ailleurs dans les évangiles : donner la juste place à l'argent et aux possessions matérielles en général. Il s'agit d'un important moyen pour faire le bien (ou le mal), mais ce n'est que ça : un moyen.

♦ Vendredi 5 novembre

Sainte Bertille (morte vers 710). Elle fut désignée par la reine Bathilde comme la première abbesse de Chelles, dans la Brie Champenoise. Pendant 45 ans, elle vécu fidèlement à la règle monastique.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (16, 1-8)

En ce temps-là, Jésus disait aux disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens. Il le convoqua et lui dit : “Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.” Le gérant se dit en lui-même : “Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.” Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : “Combien dois-tu à mon maître ?” Il répondit : “Cent barils d’huile.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.” Puis il demanda à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?” Il répondit : “Cent sacs de blé.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu, écris 80.” Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. »

Méditation : Montre-moi la voie, Seigneur !

Tout de suite après la parabole du fils prodigue se trouve ce récit étonnant un homme a mal géré l'argent de son maitre, il réduit alors les dettes des débiteurs afin d'être bien accueilli par eux après son limogeage. Mais plutôt que de l'accuser de mauvaise gérance, son maitre le complimente. Pourquoi Luc a-t-il inclus ce récit dans son évangile ? La parabole du fils prodigue mat en avant des valeurs (le pardon, la repentance) que le lecteur est invité faire siennes. La leçon du texte d'aujourd'hui est moins immédiatement perceptible. Le mauvais gérant a compris, peut-être mieux que certains disciples de Jésus, que l'argent en soi ne sert à rien, qu'il n'est utile que comme moyen. Le mauvais gérant a suivi l'esprit du Magnificat: ll disperse les superbes, il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides, Les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière, nous dit Jésus. Ce texte est peut-être une invitation à regarder au-delà des murs de notre église pour apprendre du monde, parfois même de ceux dont on juge qu'ils ont des mauvaises motivations

♦ Jeudi 4 novembre

Saint Charles Borromée (1538-1584). Neveu d'un pape, nommé cardinal à 22 ans, il se donna totalement à la réforme de l'Eglise et participa au concile de Trente. Il s'occupa des pauvres et des pestiférés.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (15, 1-10)

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! » Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux, et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !” Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de conversion. Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ? Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !” Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

Méditation : Loué sois-tu, Seigneur !

Jésus dit de lui-même qu'il est le bon pasteur (Jean 10), Cet évangile nous le présente pourtant comme un assez mauvais pasteur selon une logique humaine, Un bon pasteur abandonnerait-il vraiment 90% de son troupeau parce qu'une brebis s'est perdue ? Ne vaudrait-il pas mieux accepter d'en perdre une plutôt que de risquer que quelque chose arrive à toutes les autres ? Par cette parabole, Jésus veut changer notre regard. Il nous invite à voir le monde comme Dieu le voit : Lui s'occupe de chacun, et ne se contente pas de savoir que la majorité de son troupeau se porte globalement bien. En lisant ce texte, nous nous identifions d'abord avec cette brebis perdue. Et nous y trouvons la consolation de savoir que Dieu fera tout pour nous retrouver. Mais ne gagnerions-nous pas aussi à nous identifier également avec l'une des 99 autres ? N'avons-nous pas parfois l'impression d'essayer de tout bien faire dans la foi, et de pourtant ne pas sentir la présence de Dieu ? Ce texte peut alors nous aider à ne pas désespérer: il nous invite à plutôt nous réjouir avec une autre personne qui, elle, retrouve la présence de Dieu dans sa vie.

♦ Mercredi 3 novembre

Saint Martin de Porrès (mort en 1639). Ce Péruvien, métis, fut infirmier dans le tiers ordre dominicain à Lima (Pérou). Irradiant d'amour, il était aimé des Indiens. Son charisme touchait aussi les animaux, qu'il nourrissait.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (14, 25-33)

En ce temps-là, de grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit : « Si quelqu’un vient à moi sans  le préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple. Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever, tous ceux qui le verront vont se moquer de lui : “Voilà un homme qui a commencé à bâtir et n’a pas été capable d’achever !” Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander les conditions de paix. Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »

Méditation : Mon Seigneur et mon Dieu !

Quand nous lisons l'appel des disciples dans les évangiles selon Matthieu, Marc et Luc, nous avons l'impression qu'ils commencent à suivre le Christ sans trop réfléchir. Auraient-il d'ailleurs eu le courage de le suivre s'ils avaient su où cela allait les conduire ? Jésus est pourtant bien conscient que la décision de le suivre n'est pas à prendre à la légère. Il voudrait que ceux qui y pensent, se posent la question suivante : même si je ne peux pas calculer toutes les ramifications de ce choix, suis-je prêt à aller jusqu'au bout ? Suivre le Christ est une grâce mais c'est une grâce qui coûte. C'est d'abord Jésus lui-même qui en a payé le prix, en donnant sa vie. Puis d'autres en ont fait l'expérience à sa suite. La plupart d'entre nous peuvent cependant suivre le Christ tout en continuant à mener une vie plus ou moins confortable. La souffrance n'est évidemment pas une condition pour être disciple du Christ. Ce texte est un encouragement à nous préparer intérieurement. Ainsi, lorsque surgiront les difficultés nous pourrons trouver - dans notre foi et celle des autres - la force nécessaire pour être disciple du Christ.

♦ Mardi 2 novembre : commémoration de tous les fidèles défunts

Nous prions pour « tous ceux qui ont quitté cette vie », sûrs que le Ressuscité nous ressuscitera au dernier jour.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (25, 31-46)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, lors il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs : il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.

Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”
Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison…
Quand sommes- nous venus jusqu’à toi ?”
Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez- vous- en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?”
Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”
Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

Méditation

Devant un roi de la terre, il faut avoir l'humilité de flêchir le genou, de s'incliner, de se metre à son service. C'est à ce prix que le roi nous placera à des postes importants. Le Fils de l'homme viendra, il sera roi. Juste, il nous accueillera lui aussi selon notre fidélité. La différence est qu'elle sera évaluée en fonction de notre capacité à nous mettre au service des plus petits. Fléchir le genou, que ce soit devant un roi pour l'honorer, un enfant pour essuyer ses larmes ou un malade alité pour l'écouter, implique de l'humilité. Une relation avec le Christ ressuscité ne peut naître seulement d'une connaissance profonde des thèmes bibliques ou de la théologie. Pour transformer nos vies, rien ne peut remplacer ce qui se passe lorsque l'on donne du temps gratuitement pour quelqu'un dans le besoin : une rencontre réelle avec le Christ. Comment favoriser cette rencontre ?...

♦ Lundi 1er novembre : solennité de la Toussaint

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 1-12a)

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

Méditation

L’Église nous invite aujourd’hui à réfléchir sur la grande espérance qui se fonde sur la résurrection du Christ : Il est ressuscité et nous aussi nous serons avec lui. Les saints sont les témoins les plus autorisés de l’espérance chrétienne, parce qu’ils l’ont vécue en plénitude dans leur existence, en mettant en œuvre les Béatitudes. Arrêtons-nous sur la 2e et la 3e béatitude. « Heureux les affligés, car ils seront consolés ». Ces paroles semblent contradictoires, car les pleurs ne sont pas un signe de joie et de bonheur. Les raisons de pleurer et de souffrir sont la mort, la maladie et le péché… tout simplement la vie quotidienne, fragile, marquée par des difficultés. Jésus proclame bienheureux ceux qui pleurent en raison de ces réalités et qui, malgré tout, ont confiance dans le Seigneur et espèrent avec patience la consolation de Dieu, dont ils font déjà l’expérience dans cette vie. « Heureux les doux, car ils possèderont la terre ». La douceur est caractéristique de Jésus « doux et humble de cœur » (Matthieu 11, 29). Nous avons besoin de douceur pour avancer sur le chemin de la sainteté. Ecouter, respecter, ne pas rabaisser, ne pas agresser : douceur. Choisir la pureté, la douceur, la miséricorde, s’engager pour la justice et pour la paix, tout cela signifie aller à contre-courant de la mentalité de ce monde… La solennité d’aujourd’hui nous rappelle la vocation personnelle et universelle à la sainteté. Chacun de nous peut s’engager sur cette voie.

D'après le pape François (Angélus du 01/11/2020)