SteFamille-600x200
PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU
 

Méditations quotidiennes avec le supplément de la revue Prier : « Prier au quotidien »
et découverte brève de certains saints ou bienheureux qui sont de vrais témoins de la foi.

Depuis la rentrée septembre 2021, les méditations sont toutes d'un frère de Taizé,
à partir de septembre 2022; les auteurs des méditations vont changer
et celles du dimanche et des grandes fêtes seront dès que possible du pape François.

Mardi 4 Octobre

Saint François d'Assise (1182-1226). Le Christ demanda à ce fils de drapier qui avait embrassé la pauvreté et vivait proche de la Création : « Répare ma maison qui tombe en ruine ». Il inspire le pape actuel qui a repris son nom.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (10, 38-42)

En ce temps-là, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut. Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. » Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

Méditation : Que ta Parole soit ma lumière !

« Marie a choisi la meilleure part » : Une âme embrasée d'amour ne peut rester inactive ; sans doute comme Sainte Madeleine elle se tient aux pieds de Jésus, elle écoute sa parole douce et enflammée. Paraissant ne rien donner, elle donne bien plus que Marthe qui se tourmente de beaucoup de choses et voudrait que sa sœur l'imite. Ce ne sont point les travaux de Marthe que Jésus blâme ; ces travaux, sa divine Mère s'y est humblement soumise toute sa vie puisqu'il lui fallait préparer les repas de la Sainte Famille. C'est l'inquiétude seule de son ardente hôtesse qu'il voulait corriger.
Tous les saints l'ont compris et plus particulièrement peut-être ceux qui remplirent l'univers de l'illumination de la doctrine évangélique. N'est-ce point dans l'oraison que les Saints Paul, Augustin, Jean de la Croix, Thomas d'Aquin, François, Dominique et tant d'autres illustres amis de Dieu ont puisé cette science divine qui ravit les plus grands génies ? Un savant a dit : « Donnez-moi un levier, un point d'appui, et je soulèverai le monde. » Ce qu'Archimède n'a pu obtenir, parce que sa demande ne s'adressait point à Dieu et qu'elle n'était faite qu'au point de vue matériel, les saints l'ont obtenu dans toute sa plénitude. Le Tout-Puissant leur a donné pour points d'appui : Lui-même et Lui seul ; pour levier : l'oraison, qui embrase d'un feu d'amour, et c'est ainsi qu'ils ont soulevé le monde. C'est ainsi que les saints encore militants le soulèvent et que, jusqu'à la fin du monde, les saints à venir le soulèveront aussi.

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (1873-1897), carmélite, docteur de l'Église

Lundi 3 Octobre

Saint François de Borgia (1510-1572). Petit-fils du pape Alexandre VI, descendant d'une famille aussi trouble que puissante, ce duc renonça à ses biens une fois veuf pour devenir général des jésuites.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (10, 25-37)

En ce temps-là, voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? » L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. »
Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? » Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté. Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.”
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

Méditation : Je t'aime, Seigneur !

Jéricho est le symbole de ce monde où, après avoir été chassé du Paradis, c'est-à-dire la Jérusalem céleste, Adam est descendu (...)C'est le changement non pas de lieu mais de conduite qui a fait son exil. Quel changement ! Cet Adam qui jouissait d'un bonheur sans inquiétude, dès qu'il s'est abaissé aux fautes de ce monde, a rencontré des larrons. Qui sont ces larrons, sinon des anges de la nuit des ténèbres, qui se déguisent parfois en anges de lumière (2 Corinthiens 11, 14), mais qui ne peuvent pas y demeurer ? Ils commencent par nous dépouiller des vêtements de grâce spirituelle que nous avons reçus : c'est ainsi qu'ils font d'habitude pour nous blesser...

Saint Ambroise (v. 340-397), évêque de Milan et docteur de l’Église.

Pourquoi Adam ? Et le Christ, bon Samaritain : explications par Origène (v. 185-253), prêtre et théologien.

D'après un ancien qui voulait interpréter la parabole du bon Samaritain, l'homme qui descendait de Jérusalem à Jéricho représente Adam, Jérusalem le paradis, Jéricho le monde, les brigands les forces hostiles, le prêtre la Loi, le lévite les prophètes, le Samaritain le Christ. Par ailleurs, les blessures symbolisent la désobéissance, la monture le corps du Seigneur. (...) Et la promesse de revenir, faite par le Samaritain, préfigure, selon cet interprète, le second avènement du Seigneur. (...)
Ce Samaritain porte nos péchés (cf Mt 8,17) et souffre pour nous. Il porte le moribond et le conduit dans une auberge, c'est-à-dire dans l'Église. Celle-ci est ouverte à tous, elle ne refuse son secours à personne et tous y sont invités par Jésus : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos » (Mt 11,28). Après y avoir conduit le blessé, le Samaritain ne part pas aussitôt, mais demeure toute la journée dans l'hôtellerie auprès du moribond. Il soigne ses blessures non seulement le jour, mais encore la nuit, l'entourant de toute sa sollicitude empressée... Vraiment ce gardien des âmes s'est montré plus proche des hommes que la Loi et les prophètes « en faisant preuve de bonté » envers celui « qui était tombé entre les mains des bandits » et il « s'est montré son prochain » moins en paroles qu'en actes.
Il nous est donc possible, en suivant cette parole : « Soyez mes imitateurs comme je le suis moi-même du Christ » (1Co 11,1), d'imiter le Christ et d'avoir pitié de ceux qui « sont tombés entre les mains des bandits », de nous approcher d'eux, de verser de l'huile et du vin sur leurs plaies et de les bander, de les charger sur notre propre monture et de porter leurs fardeaux. C'est pourquoi, pour nous y exhorter le Fils de Dieu a dit en s'adressant à nous tous plus encore qu'au docteur de la Loi : « Va, et toi aussi, fais de même ».

Dimanche 2 Octobre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (17, 5-10)

En ce temps-là, les Apôtres dirent au Seigneur : « Augmente en nous la foi ! » Le Seigneur répondit : « Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”, et il vous aurait obéi. »
« Lequel d’entre vous, quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes, lui dira à son retour des champs : “Viens vite prendre place à table” ? Ne lui dira-t-il pas plutôt : “Prépare-moi à dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive. Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour” ? Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur d’avoir exécuté ses ordres ? De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : “Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir.” »

Méditation : « Nous sommes des serviteurs quelconques : nous n'avons fait que notre devoir »

Sois toujours fidèle dans les petites choses, car en elles réside notre force. Pour Dieu, rien n'est petit. Il n'entend rien diminuer. Pour lui, toutes les choses sont infinies. Pratique la fidélité dans les choses les plus minimes, non pas pour leur vertu propre, mais en raison de cette grande chose qu'est la volonté de Dieu — et que, moi-même, je respecte infiniment. Ne recherche pas des actions spectaculaires. Nous devons délibérément renoncer à tout désir de contempler le fruit de notre labeur, accomplir seulement ce que nous pouvons, du mieux que nous le pouvons, et laisser le reste entre les mains de Dieu. Ce qui importe, c'est le don de toi-même, le degré d'amour que tu mets dans chacune de tes actions. Ne t'autorise pas le découragement face à un échec, dès lors que tu as fait de ton mieux. Refuse aussi la gloire lorsque tu réussis. Rends tout à Dieu avec la plus profonde gratitude. Si tu te sens abattu, c'est un signe d'orgueil qui montre combien tu crois en ta propre puissance. Ne te préoccupe pas plus de ce que pensent les gens. Sois humble et rien ne te dérangera jamais. Le Seigneur m'a lié là où je suis ; c'est lui qui m'en déliera.

Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997)

Samedi 1er Octobre

Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus (1873-1897). Cette étoile filante a bouleversé la spiritualité par sa petite voie : faire avec amour le moindre de ses actes et se confier en la miséricorde du Père.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (10, 17-24)

En ce temps-là, les soixante-douze disciples que Jésus avait envoyés revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. » Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire. Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »
À l’heure même, Jésus exulta de joie sous l’action de l’Esprit Saint, et il dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père. Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père ; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » Puis il se tourna vers ses disciples et leur dit en particulier : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Car, je vous le déclare : beaucoup de prophètes et de rois ont voulu voir ce que vous-mêmes voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »

Méditation ! Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange !

La vie chrétienne est un combat permanent. Il faut de la force et du courage pour résister aux tentations du diable. Cette lutte est très belle car elle nous permet de célébrer chaque fois le Seigneur vainqueur dans notre vie. (...) Il ne se réduit pas à une lutte contre sa propre fragilité et ses inclinations (la paresse, la luxure, l'envie, la jalousie...). C'est aussi une lutte permanente contre le diable, le prince du mal. Jésus lui-même fête nos victoire. Il se réjouissait quand ses disciples arrivaient à progresser dans l'annonce de l’Évangile, en surmontant les obstacles du Malin, et il s'exclamait : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l'clair » (Luc 10, 18). De fait, quand Jésus nous a enseigné le Notre Père, il a demandé que nous terminions en demandant au Père de nous délivrer du Mal. Le terme que nous utilisons ici ne se réfère pas au mal abstrait et sa traduction plus précise est « le Malin ». Il désigne un être personnel qui nous harcèle. Jésus nous a enseigné à demander tous les jours cette délivrance pour que son pouvoir ne nous domine pas.

Pape François

Vendredi 30 septembre

Saint Jérôme (v. 341-420). Ce grand savant, secrétaire d'un pape, se retira à Bethléem, où il fit une traduction latine de la Bible : la Vulgate, qui a été pendant des siècles la référence biblique.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (10, 13-16)

En ce temps-là, Jésus disait : « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, il y a longtemps que leurs habitants auraient fait pénitence, avec le sac et la cendre. D’ailleurs, Tyr et Sidon seront mieux traitées que vous lors du Jugement. Et toi, Capharnaüm, seras-tu élevée jusqu’au ciel ? Non ! Jusqu’au séjour des morts tu descendras ! Celui qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous rejette me rejette ; et celui qui me rejette rejette celui qui m’a envoyé. »

Méditation : Affermis ma foi !

De même que le souffle de l'homme passe par la tête pour descendre vers les membres et les vivifier, ainsi l'Esprit saint vient aux chrétiens par le Christ. La tête, c'est le Christ, les membres, ce sont les chrétiens. Il y a une tête et de nombreux membres, un seul corps formé de la tête et des membres, et dans ce sel corps, un unique Esprit qui est en plénitude dans la tête et en participation dans les membres. Si donc il n'y a qu'un corps, il n'y a aussi qu'un seul Esprit. Qui n'est pas dans le corps ne peut pas ne peut pas être vivifié par l'Esprit, selon cette parole de l’Écriture : « Celui qui n'a pas l'Esprit du Christ ne lui appartient pas, n'est pas du Christ » (Romains 8, 9) Car celui qui n'a pas l'Esprit du Christ n'est pas membre du Christ. Rien de ce qui fait partie du corps n'est mort ; rien de ce qui est séparé du corps est vivant. C'est par la foi que nous devenons membres ; c'est par l'amour que nous sommes vivifiés. Par la foi, nous recevons l'unité ; par la charité, nous recevons le vie. Le sacrement du baptême nous unit ; le Corps et le Sang du Christ nous vivifient. Par le baptême, nous devenons membre du corps ; par le Corps du Christ, nous participons à sa vie.

Hugues de Saint-Victor (?-1141), chanoine régulier, théologien.

Jeudi 29 septembre : fête des saints archanges Michel, Gabriel et Raphaël

Ils sont respectivement prince des milices célestes, messager de Dieu et figure bienveillante de la Providence.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (1, 47-51)

En ce temps-là, lorsque Jésus vit Nathanaël venir à lui, il déclara à son sujet : « Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui. » Nathanaël lui demande : « D’où me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. » Nathanaël lui dit : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! » Jésus reprend : « Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore. » Et il ajoute : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. »

Méditation : Tous les anges, bénissez le Seigneur !

Les anges sont nos pasteurs ; non seulement ils portent à Dieu nos messages, mais ils nous apportent aussi ceux de Dieu. Ils nourrissent nos âmes de leurs douces inspirations et des communications divines ; en bons pasteurs, ils nous protègent et nous défendent contre les démons. Par leurs secrètes inspirations, les anges procurent à l'âme une connaissance plus haute de Dieu ; ils l'embrasent ainsi d'une plus vive flamme d'amour pour lui ; ils vont même jusqu'à la laisser toute blessée d'amour...
La lumière de Dieu illumine l'ange en le pénétrant de sa splendeur et en l'embrasant de son amour, car l'ange est un pur esprit tout disposé à cette participation divine, mais d'ordinaire, elle n'éclaire l'homme que d'une manière obscure, douloureuse et pénible parce que l'homme est impur et faible. (...).  Quand l'homme est devenu vraiment spirituel et transformé par l'amour divin qui le purifie, il reçoit l'union et l'amoureuse illumination de Dieu avec une suavité semblable à celle des anges (...).
Rappelez-vous combien il est vain, périlleux et funeste de se réjouir d'autre chose que du service de Dieu, et considérez quel malheur ce fut pour les anges qui se sont réjouis et complus dans leur beauté et leurs dons naturels, puisque c'est pour cela que certains sont tombés, privés de toute beauté, au fond des abîmes.

Saint Jean de la Croix (1542-1591), carme, docteur de l’Église.

Saint Michel,
défendez-nous dans le combat et soyez notre protecteur
contre la méchanceté et les embuches du démon.
Que Dieu lui commande, nous vous en supplions :
et vous, prince de la milice céleste,
par le pouvoir divin qui vous a été confié,
précipitez au fond des enfers Satan
et les autres esprits mauvais
qui parcourent le monde pour la perte des âmes.
(Léon XIII)

Saint Gabriel,
vous qui êtes appelé la force de Dieu,
puisque vous avez été choisi pour annoncer à Marie
le mystère où le Tout-Puissant a déployé la force de son bras,
faites-nous connaître les trésors
renfermés dans la personne du Fils de Dieu,
et soyez notre protecteur auprès de sa sainte Mère.

Saint Raphaël,
guide charitable des voyageurs,vous qui par la vertu divine
opérez des guérisons miraculeuses,
daignez nous guider dans le pèlerinage de cette vie,
et guérir les maladies de nos âmes et celles de nos corps.

Mercredi 28 septembre

Saint Venceslas (Vers 907-935). Ce duc de Bohème monta sur le trône et évangélisa son pays. Il fut tué par son frère, chef du parti païen, devant lequel il refusa de se défendre et qu'il pardonna. Il avait 28 ans.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (9, 57-62)

En ce temps-là, en cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. » Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. » Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. » Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

Méditation : Seigneur, donne-moi la force de te suivre !

Jésus a renoncé d'abord à Marie et à Joseph, ainsi qu'à ses amis secrets dont il avait la sympathie ; quand le temps est arrivé, il a dû y renoncer. Demeurons quelques instants près de Marie, avant de suivre la marche de son Fils, notre Seigneur. Il est arrivé à Jésus de refuser à quelqu'un qui voulait le suivre la permission de prendre congé des siens. Et telle a été, à ce qu'il semble, sa manière d'agir avec sa mère (...) Ô Marie, nous pensons à ta douleur de mère ; celle-ci, causée par le départ de ton fils, n'est-elle pas l'une des plus grande ? Comment as-tu supporté cette première séparation et passé ces premiers jours, loin de lui ? Comment as-tu pu vivre les trois longues années de son ministère ? Une fois, vers le début, tu as essayé de l'approcher (Marc 3, 31) ; après, on n'entend plus parler de toi avant de te trouver debout au pied d la croix.

Saint John Henry Newman (1801-1890), cardinal, théologien, fondateur de l'Oratoire en Angleterre.

Mardi 27 septembre

Saint Vincent de Paul (1581-1660). Originaire des Landes, ce prêtre consacra sa vie aux soins des pauvres, qu'il appelait ses « maîtres ». Il est l'une des grandes figures du siècle d'or de la spiritualité française.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (9, 51-56)

Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem. Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? » Mais Jésus, se retournant, les réprimanda. Puis ils partirent pour un autre village.

Méditation : J'espère en toi, mon Dieu !

Frères, il est déjà bien certain que déjà vous vous êtes mis à marcher vers la cité où vous habiterez ; ce n'est pas dans les fourrés que vous avancez, mais sur la route. Mais je crains que cette vie vous donne l'illusion d'être longue et qu'ainsi elle vous apporte, non une consolation, mais bien plutôt de la tristesse. Je crains que certains se sentent gagnés par un découragement spirituel, qu'ils perdent l'espoir de pouvoir supporter tant de peines et si longtemps. Comme si les consolations de Dieu ne remplissaient pas de joie l'âme des élus bien plus largement que la multitude des peines contenues dans leur cœur.
Actuellement, il est vrai, ces consolations ne leur sont encore données qu'à la mesure de leurs peines ; mais une fois atteint le bonheur, ce ne sera plus des consolations mais des délices sans fin que nous trouverons à la droite de Dieu (Psaume 15, 11). Désirons cette droite, frères, elle qui nous embrasse dans notre être tout entier. Souhaitons ardemment ce bonheur pour que le temps présent nous semble bref en comparaison de l'amour de Dieu. « Les souffrances du temps présent ne sont pas à comparer avec la gloire qui va bientôt se révéler en nous » (Romains 8, 18). Heureuse promesse, qu'il nous faut étreindre de tous nos vœux !

Saint Bernard (1091-1153), moine cistercien et docteur de l’Église.

Lundi 26 septembre

Saints Côme et Damien (morts en 303 ou 310). Venus d'Arabie, ces frères médecins exerçaient leur art auprès des nécessiteux gratuitement. Il furent tués en raison de leur foi dans la ville de Cyr, en Syrie.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (9, 46-50)

En ce temps-là, une discussion survint entre les disciples pour savoir qui, parmi eux, était le plus grand. Mais Jésus, sachant quelle discussion occupait leur cœur, prit un enfant, le plaça à côté de lui et leur dit : « Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. En effet, le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
Jean, l’un des Douze, dit à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser des démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il ne marche pas à ta suite avec nous. » Jésus lui répondit : « Ne l’en empêchez pas : qui n’est pas contre vous est pour vous. »

Méditation : Je t'aime, Seigneur !

Comment une âme aussi imparfaite que la mienne peut-elle aspirer à posséder la plénitude de l'amour ? Ô Jésus, mon premier, mon seul ami, toi que j'aime uniquement, dis-moi quel est ce mystère ? Pourquoi ne réserves-tu pas ces immenses aspirations aux grandes âmes, aux aigles qui planent dans les hauteurs ? Moi, je me considère comme un faible petit oiseau couvert seulement d'un léger duvet ; je ne suis pas un aigle, j'en ai simplement les yeux et le cœur, car malgré ma petitesse extrême, j'ose fixer le soleil divin, le soleil de l'amour et mon cœur sent en lui toutes les aspiration de l. Jésus, je suis trop petite pour faire de grandes choses (...) et ma folie à moi, c'est d'espérer que ton amour m'accepte comme victime. Aussi longtemps que tu le voudras, ô mon bien aimé, ton petit oiseau restera sans force et sans ailes, toujours il demeurera les yeux fixés sur toi, il veut être fasciné par ton regard divin, il veut devenir la proie de ton amour (...) Un jour, j'en ai l'espoir, aigle adoré, tu viendras chercher ton petit oiseau, remontant avec lui au foyer de l'amour, tu le plongeras pour l'éternité dans le brûlant abîme de cet amour auquel il s'est offert en victime.

Sainte Thérèse de Lisieux, carmélite, docteur de l’Église.

Dimanche 25 septembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (16, 19-31)

En ce temps-là,  Jésus disait aux pharisiens : « Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères. Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui. Alors il cria : “Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise. – Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare, le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance. Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.” Le riche répliqua : “Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture !” Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! – Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.” Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” »

Méditation :

« Construire l’avenir avec les migrants et les réfugiés » C’est ainsi que le pape François a choisi d’intituler son message pour cette 108e Journée du Migrant et du Réfugié : « Si nous voulons coopérer avec notre Père céleste pour construire l’avenir, faisons-le ensemble avec nos frères et sœurs migrants et réfugiés. Construisons-le aujourd’hui. » Pape François, 13 septembre 2022

Pape François, 29  septembre 2019 : Le psalmiste mentionne explicitement ces catégories de personnes qui sont particulièrement vulnérables, souvent oubliées et exposées à des abus. Les étrangers, les veuves et les orphelins sont ceux qui n’ont aucun droit, les exclus, les marginaux, pour lesquels le Seigneur éprouve une sollicitude particulière. Cette préoccupation aimante envers les moins privilégiés est présentée comme un trait distinctif du Dieu d’Israël et est également requise, comme un devoir moral, à tous ceux qui veulent appartenir à son peuple… Le Seigneur nous demande de mettre en pratique la charité à leur égard ; il nous demande de restaurer leur humanité, en même temps que la nôtre, sans exclure personne, sans laisser personne en dehors. Mais, simultanément à l’exercice de la charité, le Seigneur nous demande de réfléchir aux injustices qui engendrent l’exclusion. Le monde actuel est chaque jour plus élitiste et cruel envers les exclus. Ceux qui en font les frais, ce sont toujours les petits, les pauvres, les plus vulnérables. C’est en ce sens qu’il faut comprendre les dures paroles du prophète Amos... Et à la fin, nous risquons de devenir nous aussi comme cet homme riche qui n’a cure du pauvre Lazare… Mais, comme chrétiens, nous ne pouvons pas être indifférents face au drame des anciennes et des nouvelles pauvretés, des solitudes les plus sombres, du mépris et de la discrimination. Si nous voulons être des hommes et des femmes de Dieu, nous devons garder le commandement du Seigneur « aimer Dieu et aimer le prochain comme soi-même. » Ce saint commandement, Dieu l’a donné à son peuple et l’a scellé par le sang de son Fils Jésus, pour qu’il soit une source de bénédiction pour toute l’humanité.

Samedi 24 septembre

Saint Piot de Pietrelcina (1887-1968). Ce capucin du sud de l'Italie, portant les stigmates de la Passion, confessait sans cesse. Il est à la source de nombreuses conversions.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (9, 43b-45)

En ce temps-là, comme tout le monde était dans l’admiration devant tout ce qu’il faisait, Jésus dit à ses disciples : « Ouvrez bien vos oreilles à ce que je vous dis maintenant : le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. » Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, elle leur était voilée, si bien qu’ils n’en percevaient pas le sens, et ils avaient peur de l’interroger sur cette parole.

Méditation : Mon Sauveur et mon Dieu

Notre titre de gloire : le Fils de l'homme livré aux mains des hommes

« Pour moi, dit saint Paul, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ. » (Ga 6,14) Vois, note saint Augustin, là où le sage selon le monde a cru trouver la honte, l'apôtre Paul découvre un trésor ; ce qui à l'autre est apparu comme une folie est devenu pour lui sagesse (1Co 1,17s) et titre de gloire. Chacun en effet tire gloire de ce qui le fait grand à ses yeux. S'il se croit un grand homme parce qu'il est riche, il se glorifie de ses biens. Celui qui ne voit de grandeur pour lui qu'en Jésus Christ met sa gloire en Jésus seul ; tel était l'apôtre Paul : « Si je vis, ce n'est plus moi, mais le Christ qui vit en moi », disait-il (Ga 2,20). C'est pourquoi il ne se glorifie que dans le Christ, et avant tout dans la croix du Christ. C'est qu'en elle sont rassemblés tous les motifs qu'on peut en avoir. Il est des gens qui se font gloire de l'amitié des grands et des puissants ; Paul n'a besoin que de la croix du Christ, pour y découvrir le signe le plus évident de l'amitié de Dieu. « La preuve que Dieu nous aime c'est que le Christ, alors que nous étions encore pécheurs, est mort pour nous. » (Rm 5,8) Non, il n'est rien qui manifeste davantage l'amour de Dieu pour nous que la mort du Christ. « Oh, témoignage inestimable de l'amour ! s'écrie saint Grégoire. Pour racheter l'esclave, tu as livré le Fils. »

Vendredi 23 septembre

Saint Piot de Pietrelcina (1887-1968). Ce capucin du sud de l'Italie, portant les stigmates de la Passion, confessait sans cesse. Il est à la source de nombreuses conversions.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (9, 18-22)

En ce jour-là, Jésus était en prière à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Au dire des foules, qui suis-je ? » Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; mais pour d’autres, Élie ; et pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »
Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Pierre prit la parole et dit : « Le Christ, le Messie de Dieu. » Mais Jésus, avec autorité, leur défendit vivement de le dire à personne, et déclara : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »

Méditation : Tu es le Christ !

Le poids de la croix dont le Christ s'est chargé n'est rien d'autre que la déchéance humaine, avec le cortège des péchés et des souffrances dont est frappée l'humanité. Le sens du chemin de croix est de libérer l'homme de ce fardeau. (...) L'union au Christ étant notre bonheur, et la progression vers cette union notre bénédiction sur cette terre, l'amour de la croix n'est nullement en contradiction avec la joie d'être enfant de Dieu. Aider à porter la croix du Christ donne une joie pure et profonde.Ceux à sui sont données cette possibilité et cette force sont les plus authentiques enfants de Dieu. Une prédilection pour le chemin de croix ne signifie pas non plus un regret de voir le Vendredi passé et accomplit l’œuvre de rédemption : seuls des êtres sauvés, des enfants de la grâce peuvent porter la croix du Christ. Seule son union au Chef divin confère à la souffrance humaine une force pénitentielle. (...) Se tenir debout et avancer sur les sentiers rudes et boueux de cette terre tout en trônant avec le Christ à la droite du Père ; rire et pleurer avec les enfants du monde et chanter sans cesse les louanges du Seigneur avec le chœur des anges, telle est la vie du chrétien jusqu'à ce que se lève le matin de l'éternité.

Jeudi 22 septembre

Saint Maurice (mort vers 287). Dans l'actuel Valais suisse, ce décurion fut exécuté avec ses compagnons de la légion de Thèbes, en Égypte, tous chrétiens, pour avoir refusé de participer à une cérémonie païenne.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (9, 7-9)

En ce temps-là, Hérode, qui était au pouvoir en Galilée, entendit parler de tout ce qui se passait et il ne savait que penser. En effet, certains disaient que Jean le Baptiste était ressuscité d’entre les morts. D’autres disaient : « C’est le prophète Élie qui est apparu. » D’autres encore : « C’est un prophète d’autrefois qui est ressuscité. » Quant à Hérode, il disait : « Jean, je l’ai fait décapiter. Mais qui est cet homme dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.

Méditation : Viens, Seigneur Jésus !

L’Écriture nous marque deux évènements de Jésus-Christ. L'un est déjà passé (avec l'Incarnation), et l'autre est encore à venir (à la fin des temps). Les prophètes ont parlé de l'un et de l'autre, et ils ont dit qu’Élie serait le précurseur du second, comme saint Jean-Baptiste l'est du premier. C'est ce qui fait que Jésus-Christ lui donne le nom d’Élie ; non pas parce qu'il était en effet Élie, mais parce qu'il en accomplissait le ministère. Mais les scribes confondaient ces deux choses. Si ce Jésus, disaient-ils, était le véritable Christ, Élie serait déjà venu. Et c'est dans cette pensée que les apôtres disaient au Fils de Dieu : « Qu'il fallait qu'Élie vint auparavant. » ; c'était aussi la pensée des pharisiens, lorsqu'ils envoyèrent demander à Jean s'il était Élie.
« Jésus leur répondit : "Il est vrai qu'Élie doit venir auparavant, et qu'il rétablira toutes choses". » (Mt 17, 11). Il dit qu’Élie viendrait en effet avant son second avènement ; mais il ajoute qu'il était déjà venu ; désignant par là son précurseur Jean-Baptiste. C'est là cet Élie qui est déjà venu ; car pour le prophète Élie : « Il viendra et rétablira toutes choses". », c'est-à-dire toutes les choses que le prophète Malachie a marquées. (4, 5)

Saint Jean Chrysostome

Mercredi 21 septembre : fête d saint Mathieu

L'appel de ce publicain (parfois nommé Lévi) a profondément marqué le pape François qui a reçu l'appel au sacerdoce un 21 septembre. Il devint apôtre et évangéliste.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (9, 9-13)

En ce temps-là, Jésus sortit de Capharnaüm et vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit.
Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples.
Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : ‘Je veux la miséricorde, non le sacrifice’. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

Méditation : Me voici, Seigneur !

Jésus vit un homme assis au bureau de la douane, son nom était Matthieu. « Suis-moi », lui dit-il. Il le vit non pas tant avec les yeux du corps qu'avec le regard intérieur de sa miséricorde. Il vit le publicain, et parce qu'il le vit d'un regard qui prend pitié et qui choisit, il lui dit : « Suis-moi », c'est-à-dire imite-moi. En lui demandant de le suivre, il invitait moins à marcher derrière lui qu'à vivre comme lui ; car celui qui déclare demeurer dans le Christ doit marcher dans la voie où lui, Jésus, a marché.
Matthieu se leva et le suivit. Rien d'étonnant que le publicain, au premier appel impérieux du Seigneur, ait abandonné sa recherche de profits terrestres et que, négligeant les biens temporels, il ait adhéré à celui qu'il voyait dépourvu de toute richesse. C'est que le Seigneur qui l'appelait de l'extérieur par sa parole le touchait au plus intime de son âme, en y répandant la lumière de la grâce spirituelle. Cette lumière devait faire comprendre à Matthieu que celui qui l'appelait à quitter les biens temporels sur la terre était en mesure de lui donner dans le ciel un trésor incorruptible.

Saint Bède le Vénérable (672-735), moine et lettré anglo-saxon.

Mardi 20 septembre

Saint André Taegon et ses compagnons, martyrs en Corée entre 1839 et1867. Kim Taegon fut le premier prêtre coréen et le premier religieux martyr durant les persécutions dans son pays au XIXe siècle.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (8, 19-21)

En ce temps-là, la mère et les frères de Jésus vinrent le trouver, mais ils ne pouvaient pas arriver jusqu’à lui à cause de la foule. On le lui fit savoir : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui veulent te voir. » Il leur répondit : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. »

Méditation : Marie pleine de grâce !

Malgré l'unité organique réelle de la tête et du corps, l’Église se tient à côté du Christ comme une personne indépendante. En tant que Fils du Père éternel, le Christ vivait avant le commencement des temps et avant toute existence humaine. Ensuite, par l'acte de la création, l'humanité vivait avant que le Christ n'ait pris sa nature et ne se soit intégré à elle. Mais par son Incarnation, il lui a apporté sa vie divine ; par son œuvre de rédemption, il l'a rendue capable de recevoir la grâce si bien qu'il l'a recréé une deuxième fois...

L’Église est l'humanité rachetée, nouvellement créée de la substance même du Christ. La cellule primitive de cette humanité rachetée, c'est Marie ; c'est en elle que s'est accompli pour la première fois la purification et la sanctification par le Christ, c'est elle la première qui a été remplie de l'Esprit saint. Avant que le Fils de Dieu soit né de la Sainte Vierge, il a créé cette Vierge pleine de grâce et, en elle et avec elle l’Église...

Toute âme purifiée parle baptême et élevée à l'état de grâce est, par là même, créée par le Christ et née pour le Christ. Mais elle est créée dans l'Eglise et elle nait par l’Église... Ainsi l’Église est la mère de tous ceux à qui s'adresse la rédemption. Elle l'est par son union intime avec le Christ, et parce qu'elle se tient à ses côtés en qualité d’Épouse du Christ pour collaborer à son œuvre de rédemption.

Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix (Edih Stein) (1891-1942), carmélite, martyre, rapatronne de l'Europe.

Lundi 19 septembre

Saint janvier (mort en 305). La cathédrale de Naples, en Italie, conserve le sang de son évêque martyr durant la persécution de Dioclétien, qui se liquéfie trois fois par an.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (8, 16-18)

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Personne, après avoir allumé une lampe, ne la couvre d’un vase ou ne la met sous le lit ; on la met sur le lampadaire pour que ceux qui entrent voient la lumière. Car rien n’est caché qui ne doive paraître au grand jour ; rien n’est secret qui ne doive être connu et venir au grand jour. Faites attention à la manière dont vous écoutez. Car à celui qui a, on donnera ; et à celui qui n’a pas, même ce qu’il croit avoir sera enlevé. »

Méditation : Ta Parole est Vérité !

Le Seigneur dit : « Or il n'est personne qui, allumant une lampe, la couvre d'un vase, ou la mette sous le lit ; mais on la met sur le chandelier afin que ceux qui entrent voient la lumière. » Celui qui, par la crainte des inconvénients temporels, cache la Parole de Dieu, préfère par la même les soins de la chair à la manifestation de la vérité ; il cache la Parole sous le voile de la chair, en craignant de l'annoncer. C'est la chair que désigne, dans l'intention du Sauveur, ce vase ou ce lit sous lequel on cache la lumière, quand on dissimule lâchement la Vérité.

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone et docteur de l’Église.

Dimanche 18 septembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (16, 1-13)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens. Il le convoqua et lui dit : “Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.” Le gérant se dit en lui-même : “Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte. Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.” Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : “Combien dois-tu à mon maître ?” Il répondit : “Cent barils d’huile.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.” Puis il demanda à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?” Il répondit : “Cent sacs de blé.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu, écris quatre-vingts.” Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. » Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande. Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête qui vous confiera le bien véritable ? Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ? Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

Méditation :

« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent », le mot « servir » a ici un sens religieux : il n’y a qu’un seul Dieu, ne vous faites pas d’idoles, car toute idolâtrie fait de vous un esclave ; nous avions déjà entendu très fort ce message dans la bouche de Moïse, la semaine dernière. Dieu seul libère, les idoles asservissent. Or l’argent peut fort bien devenir une idole, c’est-à-dire devenir une fin en soi et non plus un moyen.

Ensuite, l’Argent nous trompe quand nous croyons qu’il nous appartient à nous seuls : Jésus ne nous pousse pas à mépriser l’argent, mais à le mettre au service du Royaume, c’est-à-dire des autres. Nous n’en sommes pas propriétaires pour notre seul usage égoïste, nous en sommes intendants.
Dans la phrase « être digne de confiance pour l’argent malhonnête », le mot « confiance » est très important : Dieu nous fait confiance ; cet argent nous est confié, nous en sommes intendants, responsables ... toutes nos richesses, de tous ordres, nous sont confiées comme à des intendants pour que nous les partagions, pour que nous les transformions en bonheur pour ceux qui nous entourent. Alors on comprend mieux la parabole précédente : cet intendant menacé de licenciement et qui fait une dernière fois des cadeaux avec l’argent de son patron pour se faire des amis qui le lui rendront. Il est parfaitement malhonnête ; mais il a su trouver très vite une solution astucieuse pour assurer son avenir. Et l’astuce, ici, consiste à utiliser pour une fois l’Argent comme un moyen et non comme un but.

Ce n’est pas la malhonnêteté que Jésus admire, c’est l’habileté : qu’attendons-nous pour trouver des solutions astucieuses pour assurer l’avenir de tous ?... et il est vrai que l’envie de gagner de l’argent rend des quantités de gens très inventifs ; Jésus voudrait bien que l’ardeur pour la justice ou pour la paix nous rende aussi inventifs ! Le jour où nous consacrerons autant de temps et de matière grise à inventer des solutions de paix, de justice et de partage qu’à gagner de l’argent au-delà du nécessaire, la face du monde sera changée. Et déjà si nous passions autant de temps à parler de solidarité et de partage que nous passons de temps à parler d’argent, bien des choses changeraient, probablement.

Marie-Noëlle Thabut (extrait)

Samedi 17 septembre

Saint Robert Bellarmin (1542-1621). Ce jésuite toscan participa à la Contre-Réforme par ses controverses théologiques. Ce fut, pour lui, une occasion d'approfondir le mystère de l’Église.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (8, 4-15)

En ce temps-là, comme une grande foule se rassemblait, et que de chaque ville on venait vers Jésus, il dit dans une parabole : « Le semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin. Les passants la piétinèrent, et les oiseaux du ciel mangèrent tout.
Il en tomba aussi dans les pierres, elle poussa et elle sécha parce qu’elle n’avait pas d’humidité.
Il en tomba aussi au milieu des ronces, et les ronces, en poussant avec elle, l’étouffèrent.
Il en tomba enfin dans la bonne terre, elle poussa et elle donna du fruit au centuple. » Disant cela, il éleva la voix : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »
Ses disciples lui demandaient ce que signifiait cette parabole. Il leur déclara : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu, mais les autres n’ont que les paraboles. Ainsi, comme il est écrit : ‘Ils regardent sans regarder, ils entendent sans comprendre.’
Voici ce que signifie la parabole. La semence, c’est la parole de Dieu.
Il y a ceux qui sont au bord du chemin : ceux-là ont entendu ; puis le diable survient et il enlève de leur cœur la Parole, pour les empêcher de croire et d’être sauvés. Il y a ceux qui sont dans les pierres : lorsqu’ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ; mais ils n’ont pas de racines, ils croient pour un moment et, au moment de l’épreuve, ils abandonnent.
Ce qui est tombé dans les ronces, ce sont les gens qui ont entendu, mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, et ne parviennent pas à maturité.
Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont les gens qui ont entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance. »

Méditation : Ta Parole est Vérité !

Une personne qui n'est pas nourrie de la Parole sainte est semblable à un malade sans médecin, à un voyageur égaré et sans guide, à un pauvre sans ressource. Il est tout à fait impossible d'aimer Dieu et de lui plaire sans être nourri de cette Parole divine. Qu'est-ce qui peut nous porter à nous attacher à lui, sinon parce que nous le connaissons ? Et qui nous le fait connaître avec toutes ses perfections, ses beautés et son amour pour nous, sinon la Parole de Dieu, qui nous apprend tout ce qu'il a fait pur nous et les biens qu'il nous prépare dans l'autre vie ?

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), curé d'Ars

Vendredi 16 septembre

Saints Corneille et Cyprien (Cyprien : IIIe siècle. Le premier fut pape et le second, chef de l’Église d'Afrique. Après une persécution, ils pardonnèrent aux fidèles qui avaient renié leur foi.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (8, 1-3)

En ce temps-là, il arriva que Jésus, passant à travers villes et villages, proclamait et annonçait la Bonne Nouvelle du règne de Dieu. Les Douze l’accompagnaient, ainsi que des femmes qui avaient été guéries de maladies et d’esprits mauvais : Marie, appelée Madeleine, de laquelle étaient sortis sept démons, Jeanne, femme de Kouza, intendant d’Hérode, Suzanne, et beaucoup d’autres, qui les servaient en prenant sur leurs ressources.

Méditation : Donne-nous l'Esprit de service !

En ce qui concerne la mission, le fait d'être homme ou femme n'entraîne aucune restriction, de même que l'action salvifique et sanctifiante de l'Esprit chez l'homme n'est aucunement limitée par le fait qu'il soit Juif ou Grec, esclave ou libre, suivant les paroles bien connues : « Car tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus.. » (Galates 3, 28). Cette unité ne supprime pas les différences. L'Esprit saint, qui opère cette unité dans l'ordre surnaturel, contribue dans la même mesure au fait que « vos fils et vos filles prophétiseront. » (Joël 3, 1). Prophétiser, cala veut dire exprimer par la parole et par la vie « les merveilles de Dieu » (Actes 2, 11), en sauvegardant la vérité et l'originalité de chaque personne. L'égalité évangélique, la parité de la femme et de l'homme vis-à-vis des merveilles de Dieu, telle qu'elle est manifestée dans les œuvres et les paroles de Jésus de Nazareth, constitue le fondement le plus évident de la dignité et de la vocation de la femme. Toute vocation a un sens profondément personnel et prophétique. Dans la vocation ainsi comprise, la personnalité de la femme trouve une dimension nouvelle : c'est la dimension des « merveilles de Dieu » dont la femme devient le vivant sujet et le témoin irremplaçable.

Saint Jean-Paul II (1920-2005), pape.

Jeudi 15 septembre : Notre Dame des douleurs

La Vierge, debout auprès de la Croix (célébrée hier), a le cœur transpercé par la douleur. Elle participe ainsi intérieurement à la Passion de son Fils.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (19, 25-27)

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. »
Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

Méditation : Marie, ma Mère !

« Femme, voici ton fils. Voici ta mère. » De quel droit, le disciple que Jésus aimait, est-il fils de la mère du Seigneur ? De quel droit celle-ci est-elle sa mère ? C'est qu'elle avait mis au monde, sans douleur, la cause du salut de tous. Maintenant, c'est avec une grande douleur qu'elle enfante, debout au pied de la croix. A l'heure de sa Passion, le Seigneur lui-même avait justement comparé les apôtres à une femme sui enfante : « La femme qui enfante est dans la peine car son heure est arrivée. Mais, quand l'enfant est né, elle ne se souvient plus de son angoisse, parce qu'un être humain est né dans le monde. » (Jean 16, 21). Combien plus un tel fils a-t-il pu comparer une telle mère, cette mère debout au pied de la croix, à une femme qui enfante ? En cette heure, elle a de vraies douleurs d'enfantement. Elle n'avait pas eu la peine d'enfanter dans la douleur comme les autres femmes, mais c'est maintenant qu'elle souffre, qu'elle est crucifiée... Quand ce glaive de douleur aura entièrement traversé son âme, « Elle ne se souviendra plus de son angoisse, parce qu'un homme sera né dans le monde. ». Si, dans la Passion de son fils unique, la Vierge a ainsi mis au monde notre salut à tous, elle est bien notre mère à tous.

Rupert de Deutz (v. 1075-1130), moine bénédictin.

Mercredi 14 septembre : fête de la Croix Glorieuse

L'instrument de la Passion est aussi le signe de l'Amour sauveur qui donne sa vie, le signe de la victoire sur le péché, le mal et la mort, débouchant sur la Résurrection. Elle est célébrée 40 jours après la transfiguration.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (3, 13-17)

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. »

Méditation : En toi, Seigneur, le Salut, la Vie, la Résurrection !

La crucifixion élève Jésus de terre. Nous qui cherchons à admirer, voire à vénérer des idoles de force, de beauté, de pouvoir, sommes désormais devant un corps maltraité. Pourquoi un tel symbole d'impuissance devient-il un remède, une guérison, telle la statue de serpent que Moïse avait fait dresser ? Celui qui regardait le serpent était guéri de la morsure. La Croix nous guéri de la fascination que le mal exerce. Il y a une beauté dans le mal, certes fausse, mais qui attire même les esprits les plus nobles.
La Croix s'interpose. Par la laideur d'un corps soumis à la torture, elle nous rappelle que derrière la réussite et le pouvoir se cachent beaucoup de personnes que les processus à l’œuvre dans la société traitent comme s'ils étaient des déchets. La beauté pour seulement un petit nombre finit par devenir laideur. Au contraire, la compassion pour la multitude libère les plus belles forces créatrices de nos âmes. La Croix est la condition d'une vraie beauté qui n'écrase personne.

Un frère de la communauté de Taizé.

Mardi 13 septembre

Saint Jean Chrysostome (v. 344-407). Cet évêque de Constantinople, dont le nom signifie « Bouche d'or », soutint l'orthodoxie, menacée par le pouvoir impérial, au prix de son exil.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (7, 11-17)

En ce temps-là, Jésus se rendit dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule. Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on emportait un mort pour l’enterrer ; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule importante de la ville accompagnait cette femme. Voyant celle-ci, le Seigneur fut saisi de compassion pour elle et lui dit : « Ne pleure pas. » Il s’approcha et toucha le cercueil ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. » Alors le mort se redressa et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère.
La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu en disant : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. » Et cette parole sur Jésus se répandit dans la Judée entière et dans toute la région.

Méditation : Loué sois-tu, Seigneur !

Que personne ne doute, s'il est chrétien, que même maintenant des morts ressuscitent. Certes, tout homme a des yeux par lesquels il peut voir des morts ressusciter de la manière qu'est ressuscité le fils de cette veuve dont il vient d'être question. Mais tous ne peuvent pas voir ceux qui sont morts spirituellement ; pour cela, il faut déjà être ressuscité intérieurement. Il est plus grand de ressusciter quelqu'un qui doit vivre pour toujours que de ressusciter quelqu'un qui doit mourir à nouveau. La mère de ce jeune homme, cette veuve, a été transportée de joie de voir son fils ressusciter. Notre mère, l’Église, se réjouit aussi en voyant tous les jours la résurrection spirituelle de ses enfants.
Le fils de la veuve était mort de la mort du corps, mais ceux-là de la mort de l'âme. On répandait des larmes sur la mort visible du premier ; mais on ne se souciait pas de la mort invisible des derniers, on ne la voyait même pas. Le seul qui n'y est pas resté indifférent, c'est celui qui connaissait ces morts ; seul connaissait ces morts, celui qui pouvait leur rendre vie. En effet, si le Seigneur n'était pas venu pour ressusciter les morts, l'apôtre Paul n'aurait pas dit : « Lève-toi, toi qui dors, relève-toi d'entre les morts et le Christ l'illuminera ! »

En ce temps-là, comme une grande foule se rassemblait, et que de chaque ville on venait vers Jésus, il dit dans une parabole :
« Le semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin. Les passants la piétinèrent, et les oiseaux du ciel mangèrent tout.
Il en tomba aussi dans les pierres, elle poussa et elle sécha parce qu’elle n’avait pas d’humidité.
Il en tomba aussi au milieu des ronces, et les ronces, en poussant avec elle, l’étouffèrent.
Il en tomba enfin dans la bonne terre, elle poussa et elle donna du fruit au centuple. » Disant cela, il éleva la voix : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »
Ses disciples lui demandaient ce que signifiait cette parabole.
Il leur déclara : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu, mais les autres n’ont que les paraboles. Ainsi, comme il est écrit : ‘Ils regardent sans regarder, ils entendent sans comprendre.’
Voici ce que signifie la parabole. La semence, c’est la parole de Dieu.
Il y a ceux qui sont au bord du chemin : ceux-là ont entendu ; puis le diable survient et il enlève de leur cœur la Parole, pour les empêcher de croire et d’être sauvés.
Il y a ceux qui sont dans les pierres : lorsqu’ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ; mais ils n’ont pas de racines, ils croient pour un moment et, au moment de l’épreuve, ils abandonnent.
Ce qui est tombé dans les ronces, ce sont les gens qui ont entendu, mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, et ne parviennent pas à maturité.
Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont les gens qui ont entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance. » 

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone et docteur de l’Église.

Lundi 12 septembre : Le Saint nom de Marie

« Votre nom, ô Marie, dit saint Ambroise, est un baume délicieux qui répand l'odeur de la grâce »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (7, 1-10)

En ce temps-là, lorsque Jésus eut achevé de faire entendre au peuple toutes ses paroles, il entra dans Capharnaüm. Il y avait un centurion dont un esclave était malade et sur le point de mourir ; or le centurion tenait beaucoup à lui. Ayant entendu parler de Jésus, il lui envoya des notables juifs pour lui demander de venir sauver son esclave. Arrivés près de Jésus, ceux-ci le suppliaient instamment : « Il mérite que tu lui accordes cela. Il aime notre nation : c’est lui qui nous a construit la synagogue. » Jésus était en route avec eux, et déjà il n’était plus loin de la maison, quand le centurion envoya des amis lui dire : Seigneur, ne prends pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. C’est pourquoi je ne me suis pas autorisé, moi-même, à venir te trouver. Mais dis une parole, et que mon serviteur soit guéri ! Moi, je suis quelqu’un de subordonné à une autorité, mais j’ai des soldats sous mes ordres ; à l’un, je dis : “Va”, et il va ; à un autre : “Viens”, et il vient ; et à mon esclave : “Fais ceci”, et il le fait. »
Entendant cela, Jésus fut en admiration devant lui. Il se retourna et dit à la foule qui le suivait : « Je vous le déclare, même en Israël, je n’ai pas trouvé une telle foi ! » Revenus à la maison, les envoyés trouvèrent l’esclave en bonne santé.

Méditation : Dis une parole et je serai guéri !

« Seigneur, mon serviteur  souffre beaucoup... Ne regarde pas la bassesse de l'esclave, mais plutôt la grandeur du mal. » Ainsi parlait le centurion ; et que dit la Bonté suprême ? : « Je viens et je le guérirai. Moi qui, par souci des hommes, me suis fait homme, qui suis venu pour tous, je n'en mépriserai aucun. Je le guérirai. » Par la rapidité de sa promesse, le Christ aiguillonne la foi du centurion : « Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres dans ma maison. » Tu vois comment le Seigneur, comme un chasseur, a fait sortir la foi cachée dans le secret ? « Dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri de son mal. Car moi qui suis soumis à des supérieurs, j’ai des soldats sous mes ordres... J'ai ainsi connu la force de ton pouvoir. A partir de celui que j'ai, j'ai reconnu celui qui me dépasse. Je vois les armées des guérisons, je vois les miracles en troupe attendre tes ordres. Envoie-les contre la maladie, envoie-les comme j'envoie un soldat. »
Jésus a été dans l'admiration et il a dit : « Je n’ai pas trouvé une si grande foi en Israël. Celui qui ne faisait pas partie du peuple de l'alliance a devancé les autres par sa foi. »

Basile de Séleucie (?-vers 468), évêque.

Dimanche 11 septembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (15, 1-10)

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux, et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !”
Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. »

Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ? Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !”. Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

« Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens. Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre. Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien. Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.”
Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses. Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.” Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier. Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !” Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

Méditation :

Jésus accueille les pécheurs et mange avec eux. C’est ce qui nous arrive, à chaque messe : Jésus est content de nous accueillir à sa table, où il s’offre pour nous. Et, répondant à ceux qui le critiquaient, il raconte trois paraboles.

Dans la première, il dit : « Lequel d’entre vous, s’il a 100 brebis et vient d’en perdre une, n’abandonne pas les 99 autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue… » Une personne de bon sens fait son calcul et en sacrifie une pour garder les autres. Dieu en revanche ne se résigne pas. C’est justement toi qui n’a pas encore accueilli Jésus au centre de ta vie, toi qui n’arrive pas à dépasser ton péché, toi qui peut-être, à cause de mauvaises choses qui sont arrivées dans ta vie, ne crois pas à l’amour.

Dans la deuxième parabole, tu es cette petite pièce de monnaie que le Seigneur ne se résigne pas à perdre et qu’il cherche sans relâche : il veut te dire que tu es précieux à ses yeux, que tu es unique. Personne ne peut te remplacer dans le cœur de Dieu.

Et dans la troisième parabole, Dieu est un père qui attend le retour du fils prodigue : Dieu nous attend toujours, il ne se lasse pas. Parce que chacun de nous est ce fils embrassé à nouveau, cette pièce retrouvée, cette brebis caressée et remise sur ses épaules. Il attend chaque jour que nous nous apercevions de son amour. Et quand tu dis : « Moi, j’ai trop mal agi ! », n’aie pas peur : Dieu t’aime comme tu es et il sait que seul son amour peut changer ta vie.

Pape François

Samedi 10 septembre

Bienheureux Francesco Giovanni Bonifacio (1912-1946). Ce prêtre fut tué lors du massacre de la population italienne perpétré autour de la ville de Trieste par les communistes yougoslaves.
Autres saints : les martyrs de Nagasaki.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (6, 43-49)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : «Un bon arbre ne donne pas de fruit pourri ; jamais non plus un arbre qui pourrit ne donne de bon fruit. Chaque arbre, en effet, se reconnaît à son fruit : on ne cueille pas des figues sur des épines ; on ne vendange pas non plus du raisin sur des ronces. L’homme bon tire le bien du trésor de son cœur qui est bon ; et l’homme mauvais tire le mal de son cœur qui est mauvais : car ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. Et pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ?
Quiconque vient à moi, écoute mes paroles et les met en pratique, je vais vous montrer à qui il ressemble. Il ressemble à celui qui construit une maison. Il a creusé très profond et il a posé les fondations sur le roc. Quand est venue l’inondation, le torrent s’est précipité sur cette maison, mais il n’a pas pu l’ébranler parce qu’elle était bien construite. Mais celui qui a écouté et n’a pas mis en pratique ressemble à celui qui a construit sa maison à même le sol, sans fondations. Le torrent s’est précipité sur elle, et aussitôt elle s’est effondrée ; la destruction de cette maison a été complète. »

Méditation : Mon Seigneur et mon roc !

Frères, l'apôtre saint Jacques s'adresse à des auditeurs assidus de la Parole de Dieu en disant : « Ne vous contentez pas d'écouter la Parole ; mettez-la en pratique, sinon vous vous tromperiez vous-l=mêmes » (Jc 1, 22). Ce ne serait pas l'Auteur de la parole que vous trompriez, ni celui qui vous l'annonce, mais ce serait vous-mêmes...
Le prédicateur annoncerait bien inutilement la Parole de Dieu au dehors s'il ne l'écoutait pas d'abord au dedans de lui-même pour la mettre en pratique. Ce que nous faisons, notre prochain le voit, mais ce pour quoi nous le faisons, Dieu seul en est témoin. Il voit votre zèle à écouter, vos pensées, vos résolutions, les progrès que vous faites par sa grâce, l'assiduité de votre prière, les demandes que vous lui adressez pour obtenir ce qui vous manque et vos actions de grâce pour le remercier de ses bienfaits...
S'il est louable d'écouter la Parole, combien plus de la mettre en pratique. Si vous ne l'écoutez pas, vous vivez dans la négligence, et vous ne construisez rien. Si vous l'écoutez sans la pratiquer, vous ne bâtissez que des ruines. Écouter et mettre en pratique, c'est bâtir sur le roc !

Saint Augustin (354-430), évêque d'Hippone et docteur de l’Église.

Vendredi 9 septembre

Bienheureux Alain de la Roche (1428-1475). Ce dominicain breton parcourut la France, l'Allemagne et les Pays-Bas.Il développa la prière du chapelet et y ajouta les méditations des mystères évangéliques.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (6, 39-42)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples en parabole : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? Ne vont-ils pas tomber tous les deux dans un trou ? Le disciple n’est pas au-dessus du maître ; mais une fois bien formé, chacun sera comme son maître.
Qu’as-tu à regarder la paille dans l’œil de ton frère, alors que la poutre qui est dans ton œil à toi, tu ne la remarques pas ? Comment peux-tu dire à ton frère : “Frère, laisse-moi enlever la paille qui est dans ton œil”, alors que toi-même ne vois pas la poutre qui est dans le tien ? Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »

Méditation : Dieu de Miséricorde, donne-moi ton regard bienveillant !

Le Seigneur dans ce passage nous met en garde contre le jugement téméraire et injuste. Il veut que nous agissions avec un coeur simple et que nous n'ayons que Dieu en vue. Comme le mobile de beaucoup d'actions nous échappe, il serait téméraire de porter un jugement.
Les plus prompts à juger témérairement et à blâmer les autres sont ceux qui préfèrent condamner que corriger et ramener au bien, ce qui dénote orgueil et mesquinerie. (...) Un homme, par exemple, pèche par colère, et toi tu le reprends avec haine. Il y a le même écart entre la colère et la haine, qu'entre la paille et la poutre. La haine est une colère invétérée, qui avec le temps a pris une telle dimension, qu'elle mérite justement le nom de poutre.
Il peut t'arriver de te mettre en colère, en désirant corriger, mais la haine ne corrige jamais (...). Chasse d'abord loin de toi la haine : ensuite, tu pourras corriger celui que tu aimes.

En ce temps-là, comme une grande foule se rassemblait, et que de chaque ville on venait vers Jésus, il dit dans une parabole :
« Le semeur sortit pour semer la semence, et comme il semait, il en tomba au bord du chemin. Les passants la piétinèrent, et les oiseaux du ciel mangèrent tout.
Il en tomba aussi dans les pierres, elle poussa et elle sécha parce qu’elle n’avait pas d’humidité.
Il en tomba aussi au milieu des ronces, et les ronces, en poussant avec elle, l’étouffèrent.
Il en tomba enfin dans la bonne terre, elle poussa et elle donna du fruit au centuple. » Disant cela, il éleva la voix : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »
Ses disciples lui demandaient ce que signifiait cette parabole.
Il leur déclara : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume de Dieu, mais les autres n’ont que les paraboles. Ainsi, comme il est écrit : ‘Ils regardent sans regarder, ils entendent sans comprendre.’
Voici ce que signifie la parabole. La semence, c’est la parole de Dieu.
Il y a ceux qui sont au bord du chemin : ceux-là ont entendu ; puis le diable survient et il enlève de leur cœur la Parole, pour les empêcher de croire et d’être sauvés.
Il y a ceux qui sont dans les pierres : lorsqu’ils entendent, ils accueillent la Parole avec joie ; mais ils n’ont pas de racines, ils croient pour un moment et, au moment de l’épreuve, ils abandonnent.
Ce qui est tombé dans les ronces, ce sont les gens qui ont entendu, mais qui sont étouffés, chemin faisant, par les soucis, la richesse et les plaisirs de la vie, et ne parviennent pas à maturité.
Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont les gens qui ont entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance. »

Jeudi 8 septembre : fête de la Nativité de la Vierge Marie

Neuf mois après l'Immaculée Conception, on célèbre la naissance de la Mère du Sauveur, fille selon la tradition d'Anne et Joachim. C'est, en quelque sorte, l'aurore du Salut.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (1, 18-23) (lecture brève)

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret. Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : ‘Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel’, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »

Méditation : Je vous salue, Marie, comblée de grâce !

Lorsque nos premiers parents eurent le malheur de tomber dans le péché, Dieu, touché de leur repentir, promit qu'un jour viendrait où naîtrait une Vierge qui enfanterait un Fils, pour réparer le malheur causé par leur péché (Gn 3,  15). Dans la suite, les prophètes, après lui, n'ont cessé d'annoncer de siècles en siècles, pour consoler le genre humain qui gémissait sous la tyrannie du démon, qu'une Vierge enfanterait un fils, qui serait le Fils du Très-Haut, et envoyé par le Père pour racheter le monde, perdu par le péché d’Adam (Is 7, 14).
Tous les prophètes annoncent qu'elle sera la plus belle créature qui ait jamais paru sur la terre. Tantôt ils l'appellent l’Étoile du matin, qui éblouit toutes les autres par son éclat et sa beauté, et qui, en même temps, sert de guide au voyageur sur la mer. C'est donc avec raison que l’Église dit à la Sainte Vierge, dans un tressaillement d'allégresse : « Votre naissance, Ô Vierge sainte Marie, remplit le monde entier d'une douce consolation et d'une sainte allégresse, parce que c'est de vous qu'est né ce Soleil de justice, notre Jésus, notre Dieu, qui nous a tirés de la malédiction où nous étions plongés par le péché de nos premiers parents, et nous a comblés de toutes sortes de bénédictions. »

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), curé d'Ars, canonisé en 1925.

Mercredi 7 septembre

Sainte Reine (morte en 252). Instruite dans la foi chrétienne par sa nourrice, cette jeune fille aurait été martyrisée à Alésia, d'où le nom d'Alise-Sainte-Reine.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (6, 20-26)

En ce temps-là, Jésus, levant les yeux sur ses disciples, déclara :
« Heureux, vous les pauvres, car le royaume de Dieu est à vous.
Heureux, vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés.
Heureux, vous qui pleurez maintenant, car vous rirez.
Heureux êtes-vous quand les hommes vous haïssent et vous excluent, quand ils insultent et rejettent votre nom comme méprisable, à cause du Fils de l’homme. Ce jour-là, réjouissez-vous, tressaillez de joie, car alors votre récompense est grande dans le ciel ; c’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les prophètes.
Mais quel malheur pour vous, les riches, car vous avez votre consolation !
Quel malheur pour vous qui êtes repus maintenant, car vous aurez faim !
Quel malheur pour vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et vous pleurerez !
Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous ! C’est ainsi, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. »

Méditation : Dieu d'amour, prends pitié de nous !

Comme les hommes sont naturellement porté à l'orgueil, le Seigneur commence les béatitudes en écartant le mal originel de la suffisance. Il conseille d'imiter le vrai pauvre volontaire qui est vraiment bienheureux pour avoir part à sa béatitude. « Ayez en vous les sentiments qui ont été ceux du Christ Jésus. Quoique de condition divine, il ne s'est pas prévalu de son égalité avec Dieu, mais il s'est anéanti lui-même et a pris la condition d'esclave. » (Ph 2, 5-7). Le maître de la création embrasse ce monde, entre dans une grotte, ne trouve pas de place dans une hôtellerie et prend refuge dans une étable, en compagnie d'animaux sans raison. Celui qui est pur et immaculé prend sur lui les souillures de la nature humaine, et après avoir partagé toute notre misère, il va jusqu'à faire l'expérience de la mort.
Considère la démesure de sa pauvreté volontaire ! La vie goûte la mort, le juge est traîné devant le tribunal, le maître de la vie de tous se soumet à un magistrat, le roi des puissances célestes ne se soustrait pas aux mains des bourreaux. A cet exemple, dit l'apôtre Paul, se mesure son humilité (Ph 2, 5-7)

Saint Grégoire de Nysse (v. 335-395), moine et évêque.

Mardi 6 septembre

Bienheureux Bertrand de Garrigues (mort en 1230). Originaire du Gard, il fut, en France, l'un des compagnons de saint Dominique. A sa demande, il fonda des couvents, dont celui de Saint-Jacques, à Paris.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (6, 12-19)

En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier, et il passa toute la nuit à prier Dieu. Le jour venu, il appela ses disciples et en choisit douze auxquels il donna le nom d’Apôtres : Simon, auquel il donna le nom de Pierre, André son frère, Jacques, Jean, Philippe, Barthélemy, Matthieu, Thomas, Jacques fils d’Alphée, Simon appelé le Zélote, Jude fils de Jacques, et Judas Iscariote, qui devint un traître.
Jésus descendit de la montagne avec eux et s’arrêta sur un terrain plat. Il y avait là un grand nombre de ses disciples et une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon. Ils étaient venus l’entendre et se faire guérir de leurs maladies ; ceux qui étaient tourmentés par des esprits impurs retrouvaient la santé. Et toute la foule cherchait à le toucher, parce qu’une force sortait de lui et les guérissait tous.

Méditation : Fais de nous tes apôtres !

Nous-mêmes sommes appelés à nous retirer par intermittences dans un plus profond silence, dans l'isolement avec Dieu. Être seul avec lui, non pas avec nos livres, nos pensées, nos souvenirs, mais dans un parfait dénuement ; demeurer en sa présence ; silencieux , vide, immobile, dans l'attente. Vois la nature : les arbres, les fleurs, l'herbe des champs croissent en silence... L'essentiel n'est pas ce que nous pouvons dire, mais ce que Dieu nous dit, et ce qu'il dit à d'autres à travers nous. Dans le silence, il nous écoute ; dans le silence, il parle à nos âmes. Dans le silence, il nous est donné le privilège d'entendre sa voix.
Le silence du cœur est nécessaire afin d'entendre Dieu partout - dans la porte qui se ferme, la personne qui te réclame, les oiseaux qui chantent, et les fleurs, et les animaux. Si nous sommes attentifs au silence, il sera facile de prier. Notre vie de prière souffre parce que nos cœurs ne sont pas silencieux. Je garderai plus soigneusement le silence de mon cœur, afin que, dans le silence de mon cœur, j'entende Ses mots de consolation et que, de la plénitude de mon cœur, je console Jésus caché dans la détresse des pauvres.

Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997), fondatrice des missionnaires sœurs de la Charité.

Lundi 5 septembre

Sainte Teresa de Calcutta (1910-1997). Cette religieuse albanaise reçut en Inde un appel à prendre soin des plus misérables, en particulier des mourants. Elle fonda la congrégation des missionnaires de la Charité.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (6, 6-11)

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la synagogue et enseignait. Il y avait là un homme dont la main droite était desséchée. Les scribes et les pharisiens observaient Jésus pour voir s’il ferait une guérison le jour du sabbat ; ils auraient ainsi un motif pour l’accuser. Mais lui connaissait leurs raisonnements, et il dit à l’homme qui avait la main desséchée : « Lève-toi, et tiens-toi debout, là au milieu. » L’homme se dressa et se tint debout. Jésus leur dit : « Je vous le demande : Est-il permis, le jour du sabbat, de faire le bien ou de faire le mal ? de sauver une vie ou de la perdre ? » Alors, promenant son regard sur eux tous, il dit à l’homme : « Étends la main. » Il le fit, et sa main redevint normale. Quant à eux, ils furent remplis de fureur et ils discutaient entre eux sur ce qu’ils feraient à Jésus.

Méditation : Donne-nous un cœur prompt à faire le bien !

Vous avez entendu les paroles du Sauveur : « Étendez votre main. » C'est le remède général qu'il propose à tous les hommes. Vous donc qui croyez avoir la main saine, craignez que l'avarice ou le sacrilège ne vienne à la fermer ; étendez-la continuellement pour secourir le prochain, pour protéger la veuve, pour délivrer de l'injustice celui que vous voyez sous le poids d'une accusation inique ; étendez-la vers le pauvre qui vous appelle ; étendez-la vers Dieu pour vos péchés : c'est ainsi qu'il faut étendre la main, et c'est ainsi qu'elle est guérie.

Saint Ambroise, évêque de Milan.

Dimanche 4 septembre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (14, 25-33)

En ce temps-là, de grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple.
Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever, tous ceux qui le verront vont se moquer de lui “Voilà un homme qui a commencé à bâtir et n’a pas été capable d’achever !” Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander les conditions de paix.
Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »

Méditation :

Comme ces foules qui se massaient sur le parcours de Jésus, vous savez bien que le fait de marcher à la suite de Jésus n’est pas de tout repos. L’évangile de Luc rappelle aujourd’hui en effet les exigences de cet engagement.
La première exigence nous invite à regarder nos relations familiales. La vie nouvelle que le Seigneur nous propose semble inconfortable, mais l’exigence du Maître nous amène à élever notre regard et nous dit : quelqu’un qui n’est pas capable de voir l’autre comme un frère, d’être ému par sa vie et par sa situation, au-delà de son origine familiale, culturelle, sociale « ne peut pas être mon disciple ». Son amour et son dévouement, c’est un don gratuit en faveur de tous et pour tous.
La seconde exigence nous montre combien il est difficile de se mettre à la suite du Seigneur. Et enfin, combien il peut être difficile de partager la vie nouvelle que le Seigneur nous offre quand nous sommes continuellement poussés à nous justifier nous-mêmes, en croyant que tout provient exclusivement de nos forces et de ce que nous possédons. L’exigence du Maître est une invitation à prendre conscience que, bien plus qu’une victoire personnelle, notre vie et nos capacités sont le fruit d’un don tissé entre Dieu et beaucoup de mains silencieuses de personnes dont nous ne parviendrons à connaître les noms que dans la manifestation du Règne des Cieux.

Les exigences que Jésus indique cessent d’être lourdes quand nous commençons à goûter la joie qui naît de savoir qu’Il est le premier à venir nous chercher à la croisée des chemins, même quand nous sommes perdus… La Parole de Dieu nous invite donc à reprendre la route, à oser faire ce saut qualitatif et à adopter cette sagesse du détachement personnel comme base pour la justice et pour la vie de chacun de nous, afin que, où nous sommes, l’Évangile puisse devenir vie pour la plus grande gloire de Dieu.

Pape François (8 septembre 2019)

Samedi 3 septembre

Saint Grégoire le Grand (v. 540-604). Ce moine devenu pape réforma l’Église : il unifia la liturgie et affirma la primauté du pontife sur l'empereur. Ses écrits spirituels lui valent d'être docteur de l’Église.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (6, 1-5)

Un jour de sabbat, Jésus traversait des champs ; ses disciples arrachaient des épis et les mangeaient, après les avoir froissés dans leurs mains. Quelques pharisiens dirent alors : « Pourquoi faites-vous ce qui n’est pas permis le jour du sabbat ? » Jésus leur répondit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David un jour qu’il eut faim, lui-même et ceux qui l’accompagnaient ? Il entra dans la maison de Dieu, prit les pains de l’offrande, en mangea et en donna à ceux qui l’accompagnaient, alors que les prêtres seulement ont le droit d’en manger. » Il leur disait encore : « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

Méditation : Mon Seigneur est mon repos !

Au matin de Pâques, les femmes, puis les disciples, ont eu la grâce de voir le Seigneur. Depuis lors, ils ont su que désormais le premier jour de la semaine, le dimanche, serait son jour à lui, celui du Christ. Le jour du commencement de la création devenait le jour du renouvellement de la création. C'est pour cela que le dimanche est tellement important. Il est beau qu'aujourd'hui, dans de nombreuses cultures, le dimanche soit un jour libre ou, qu’avec le samedi, il constitue même ce qu'on appelle le "weekend" libre. Ce temps libre, toutefois, devenu vide si Dieu n'y est pas présent. Quelquefois, il peut s'avérer mal commode de devoir prévoir aussi la messe dans le programme du dimanche. Mais si vous en prenez l'engagement, vous constaterez aussi que c'est précisément ce qui donne le juste centre au temps libre.
Ne vous laissez pas dissuader de participer à l'Eucharistie du dimanche et aidez aussi les autres à la découvrir. Parce que la joie dont nous avons besoin se dégage d'elle, nous devons assurément apprendre à en comprendre toujours plus la profondeur, nous devons apprendre à l'aimer. Nous ne faisons pas la fête pour nous, mais c'est au contraire le Dieu vivant lui-même qui prépare une fête pour nous.

Vendredi 2 septembre

Les 191 bienheureux martyrs de septembre 1792. Durant la Révolution française, ces catholiques furent arrêtés et massacrés. Parmi eux des prêtres qui avaient refusé la Constitution civile du clergé..

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (5, 33-39)

En ce temps-là, les pharisiens et les scribes dirent à Jésus : « Les disciples de Jean le Baptiste jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, les tiens mangent et boivent ! » Jésus leur dit : « Pouvez-vous faire jeûner les invités de la noce, pendant que l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors, en ces jours-là, ils jeûneront. »
Il leur dit aussi en parabole : « Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau qui vient du neuf ne s’accordera pas avec le vieux. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. Mais on doit mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Jamais celui qui a bu du vin vieux ne désire du nouveau. Car il dit : “C’est le vieux qui est bon.” »

Méditation : Seigneur, que je me souvienne de ta Parole !

Nous avions quitté la Syrie pour la province d’Égypte, désireux d'y apprendre les principes des vieux moines, et nous nous étonnions de la grande cordialité  avec laquelle nous étions reçus. Contrairement à ce qu'on nous avait enseigné dans les monastères de Palestine, on n'observait pas la règle d'attendre l'heure fixée pour le repas, mais, excepté le mercredi et le vendredi, où que nous allions, on rompait le jeûne. L'un des anciens à qui nous demandions pourquoi, chez eux, on omettait si facilement les jeûnes quotidiens, nous répondit : « Le jeûne est toujours avec moi, mais vous, que je vais bientôt congédier, je ne pourrai pas vous garder sans cesse avec moi. » Et le jeûne, quoiqu'utile et nécessaire, est pourtant l'offrande d'un présent volontaire, tandis que l'accomplissement des œuvres de charité est une exigence absolue des commandements. C'est pourquoi, accueillant en vous le Christ, je dois le restaurer, et, après vous avoir donné congé, je pourrai compenser par un jeûne plus strict l'humanité que je vous ai manifesté par égard pour le Christ. En effet, « les amis de l'époux ne peuvent pas jeûner tandis que l'époux est avec eux », mais lorsqu'Il se sera éloigné, alors, ils pourront le faire.

Saint Jean Cassien (v. 360-435)

Jeudi 1er septembre

Saint Gilles (VIe siècle). E, forêt, près de Nîmes, cet ermite d'origine grecque, très populaire, accueillait des pèlerins de Compostelle. En l'église Saint-Gilles-du-Gard, on vient toujours demander son intercession.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (5, 1-11)

En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth. Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets. Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait les foules.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. » Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. » Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer. Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
À cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ; et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.» Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

Méditation : Sur ta Parole, Seigneur, je vais jeter les filets !

« Avance au large », c’est-à-dire dans la haute mer du témoignage de la foi par la parole. Quels sont ces filets des apôtres que le Christ ordonne de jeter ? N'est-ce pas l'enchainement de leurs paroles, les replis du discours, la profondeur des arguments, qui ne laissent pas échapper ceux qu'ils ont pris ? Ces instruments de pêche des apôtres ne font pas périr leur prise, mais la conservent, la retirent des abîmes vers la lumière, conduisent des bas-fonds vers les hauteurs...
« Maître, dit Pierre, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais lâcher les filets. » Moi aussi, Seigneur, je sais que pour moi il fait nuit quand tu ne me commandes pas. Je n'ai encore converti personne par mes paroles. J'attends que tu me l'ordonnes ; sur ta parole, je le lâcherai encore. La confiance en soi est vaine, mais l’humilité est fructueuse. Eux qui jusque là n'avaient rien pris, voici que, à la voix du Seigneur, ils capturent une énorme quantité de poissons.

Saint Ambroise (v. 340-397)

Mercredi 31 août

Saint Romain Nonnat (mort en 1240). Ce mercenaire se livra aux musulmans pour qu'ils libèrent des prisonniers. Comme il évangélisait en prison, on lui perça les lèvres d'un cadenas.
Autres saints : Joseph d'Arimathie et Nicodème

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (4, 38-44)

En ce temps-là, Jésus quitta la synagogue et entra dans la maison de Simon. Or, la belle-mère de Simon était oppressée par une forte fièvre, et on demanda à Jésus de faire quelque chose pour elle. Il se pencha sur elle, menaça la fièvre, et la fièvre la quitta. À l’instant même, la femme se leva et elle les servait.
Au coucher du soleil, tous ceux qui avaient des malades atteints de diverses infirmités les lui amenèrent. Et Jésus, imposant les mains à chacun d’eux, les guérissait. Et même des démons sortaient de beaucoup d’entre eux en criant : « C’est toi le Fils de Dieu ! » Mais Jésus les menaçait et leur interdisait de parler, parce qu’ils savaient, eux, que le Christ, c’était lui.
Quand il fit jour, Jésus sortit et s’en alla dans un endroit désert. Les foules le cherchaient ; elles arrivèrent jusqu’à lui, et elles le retenaient pour l’empêcher de les quitter. Mais il leur dit : « Aux autres villes aussi, il faut que j’annonce la Bonne Nouvelle du règne de Dieu, car c’est pour cela que j’ai été envoyé. » Et il proclamait l’Évangile dans les synagogues du pays des Juifs.

Méditation : Tu es le Chemin !

Chercher le Christ est important, et même essentiel. Par les guérisons, les foules ont compris que le Christ ait leur apporter la vie. Une telle découverte les pousse à vouloir rester auprès de la source. Cette attitude est somme toute louable. Pourtant, elles commettent une erreur. Dans leur enthousiasme de voir leur vie personnelle transformée, elles ont perdu de vue que ce don était destiné à tous, et cherchent à retenir Jésus. Qui s'éloigne de qui ? Est-ce vraiment Jésus qui les fuit ? Jésus ne les renvoie pas. Il leur dit qu'il doit partir rencontrer d'autres qu’eux, mais il n'y a la nulle interdiction de l'accompagner ! Leur refus de considérer cette solution les condamne à voir Jésus s'éloigner d'eux, malgré leur désir de rester en sa présence. Rencontrer le Christ revient à se trouver en présence d'une lumière qui nous éclaire et transforme notre existence. Mais voilà : le Christ n'est pas une lumière statique, il est constamment en mouvement vers les autres. Si nous voulons demeurer dans cette lumière, il nous faut la suivre. Personne n'a le pouvoir de l'enfermer et de la garder pour lui. Et heureusement !

Un frère de Taizé

Mardi 30 août

Saint Fiacre (vers 610-vers 670). Fils d'un roi d’Écosse, il devint ermite dans la forêt de Breuil (Sein-et-Marne). Les voitures parisiennes garées près d'un hôtel qui portait son nom, furent pour cela appelées fiacres.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (4, 31-37)

En ce temps-là, Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat. On était frappé par son enseignement car sa parole était pleine d’autorité.
Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par l’esprit d’un démon impur, qui se mit à crier d’une voix forte : « Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. » Jésus le menaça : « Silence ! Sors de cet homme. » Alors le démon projeta l’homme en plein milieu et sortit de lui sans lui faire aucun mal. Tous furent saisis d’effroi et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent ! » Et la réputation de Jésus se propageait dans toute la région.

Méditation : Dieu de tendresse et de pitié !

Jésus est encore au début de son ministère. Les premiers disciples ne l'ont pas encore rejoint. Il enseigne dans synagogue, sans avoir l'autorité institutionnelle d’un pharisien ou d'un scribe. Il n'a pas étudié l'écriture avec un rabbi réputé. Il est simplement charpentier. Et pourtant... Ses auditeurs sont frappés par son enseignement. L'exorcisme de l'homme indique que parole prononcée par Jésus est plus qu'un discours savant et bien construit. Il s'agit d'une parole qui transforme, qui possède un pouvoir de redresser la réalité pour la faire mieux correspondre au projet de Dieu. Par sa parole, Jésus réduit au silence celui qui parlait d'une voix forte. Nombreuses sont les voix intérieures qui nous distraient, nous éloignent de Dieu. Certaines sont fortes, d'autres murmurent plus insidieusement. Pour peu qu'on les écoute, les paroles de Jésus peuvent nous aider à les faire taire. Comment écouter le Christ qui nous parle à travers l'Évangile ? Comment pouvons-nous nous laisser toucher par son message ?

Lundi 29 août : Martyre de saint Jean-Baptiste

Le roi Hérode fit décapiter le cousin de Jésus. Son baptême prépara la venue du Christ, sa mort annonce la Croix.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (6, 17-29)

En ce temps-là, Hérode avait donné l’ordre d’arrêter Jean le Baptiste et de l’enchaîner dans la prison, à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe, que lui-même avait prise pour épouse. En effet, Jean lui disait : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » Hérodiade en voulait donc à Jean, et elle cherchait à le faire mourir. Mais elle n’y arrivait pas parce que Hérode avait peur de Jean : il savait que c’était un homme juste et saint, et il le protégeait ; quand il l’avait entendu, il était très embarrassé ; cependant il l’écoutait avec plaisir.
Or, une occasion favorable se présenta quand, le jour de son anniversaire, Hérode fit un dîner pour ses dignitaires, pour les chefs de l’armée et pour les notables de la Galilée. La fille d’Hérodiade fit son entrée et dansa. Elle plut à Hérode et à ses convives. Le roi dit à la jeune fille : « Demande-moi ce que tu veux, et je te le donnerai. » Et il lui fit ce serment : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, même si c’est la moitié de mon royaume. » Elle sortit alors pour dire à sa mère : « Qu’est-ce que je vais demander ? » Hérodiade répondit : « La tête de Jean, celui qui baptise. » Aussitôt la jeune fille s’empressa de retourner auprès du roi, et lui fit cette demande : « Je veux que, tout de suite, tu me donnes sur un plat la tête de Jean le Baptiste. »
Le roi fut vivement contrarié ; mais à cause du serment et des convives, il ne voulut pas lui opposer un refus. Aussitôt il envoya un garde avec l’ordre d’apporter la tête de Jean. Le garde s’en alla décapiter Jean dans la prison. Il apporta la tête sur un plat, la donna à la jeune fille, et la jeune fille la donna à sa mère. Ayant appris cela, les disciples de Jean vinrent prendre son corps et le déposèrent dans un tombeau.

Méditation : Que ta loi me guide !

Hérode va commettre un acte encore plus abject que l'emprisonnement de Jean. Cet acte qui le contrarie, il se l’est imposé lui-même : d'abord en se liant par un serment, puis en refusant de s'en défaire pour ne pas perdre la face. Mais il perd beaucoup plus, il le sait, et pourtant... Il est dépassé par une suite d'événements qu'il a lui-même mis en branle et refuse d'arrêter. On pourrait sûr le juger sévèrement, et on aurait raison... Mais cela ne nous dispense pas de nous poser la question à nous-même : y a-t-il des logiques dans nos vies dont nous refusons de sortir, uniquement parce qu'elles sont confortables ?

Dimanche 28 août

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (14, 1. 7-14)

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient. Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit : « Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi. Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : “Cède-lui ta place” ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : “Mon ami, avance plus haut”, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. » Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation et ce serait pour toi un don en retour.
Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

Méditation :

La première parabole est adressée à celui qui est invité. Jésus nous dit que nous ne devons pas prendre l'initiative de rechercher l'attention et la considération des autres, mais plutôt laisser les autres nous les accorder. Cette course aux premières places nuit à la fraternité. Jésus nous montre toujours la voie de l'humilité parce que c'est la plus authentique, qui permet d'avoir des relations authentiques. Dans la seconde parabole, Jésus s'adresse à celui qui invite. Ici aussi, il va complètement à contre-courant, en manifestant la logique de Dieu. Et il ajoute la clé pour interpréter son discours. C'est une promesse : si tu fais ainsi, « cela te sera rendu lors de la résurrection des justes ». Cela signifie que celui qui se comporte ainsi aura la récompense divine, très supérieure à la contrepartie humaine : je te rends ce service en attendant que tu m'en rendes un autre. Cette attitude n'est pas chrétienne contrairement à l'humble générosité. L'attente d'une récompense humaine fausse les relations, en introduisant l'intérêt personnel dans un rapport qui devrait être gratuit. Jésus invite à la générosité désintéressée, pour nous ouvrir la voie vers une joie beaucoup plus grande : participer à l'amour même de Dieu, qui nous attend, tous, au banquet céleste.

D'après le pape François (angélus du 1er septembre 2019)

Samedi 27 août

Sainte Monique (331-387). Mariée à un païen qui se convertit sous son influence, elle eut trois fils, dont saint Augustin. Ses larmes devant Dieu ont certainement contribué à la conversion de cet immense théologien.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (25, 14-30)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Un homme qui partait en voyage appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.
Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.” Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.”
Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.” Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix.
À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” »

Méditation :

Le maitre confie à chacun selon ses capacités. Il ne demande pas à ses serviteurs une chose au-dessus de leurs forces. Il se réjouit et partage ses biens avec ceux qui ont répondu à sa confiance en agissant avec confiance et en valorisant ce qui leur a été confié. Le dernier serviteur lui a répondu à la confiance par la peur. C'est elle qui l'a empêché d'utiliser ses capacités et à chercher. C'est cette attitude qui lui est reprochée.

Vendredi 26 août

Saint Césaire d'Arles (470- vers 542). Ce moine de Lérins, fait évêque d'Arles contre son gré, fut maltraité pendant 40 ans par les Goths, maîtres du pays. Il évangélisa le peuple et lutta contre le pélagianisme.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (25, 1-13)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux.
Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.” Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe. Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.” Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”
Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !” Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.” Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Méditation : Viens, Seigneur Jésus !

Il y a des moments que nous attendons avec impatience. L’attente est l'occasion de nous y préparer. Le soin que nous apportons dans cette préparation exprime notre désir d'accueillir ce moment. Et personne ne peut vivre ou préparer ces moments à notre place. Il y a aussi, en chaque être humain, une attente d'un amour que seul Dieu peut combler. Ainsi, nous pouvons nous demander comment nous accueillons l'amour de Dieu, quelle attention et quel soin nous portons dans notre attente de son royaume. Bien sûr cette parabole ne met en lumière qu'un des aspects du royaume des cieux. Tout ne repose pas seulement sur nos actes, mais Dieu nous invite à prendre part et à veiller. En réponse à l'amour que Dieu nous porte, nous pouvons participer à l'établissement de son royaume et exprimer notre désir d'être proche de lui.

Jeudi 25 août

Saint Louis (1214-1270). Ce roi de France juste et pieux appartenait au tiers-ordre franciscain. Plutôt que d'écraser son ennemi anglais après une victoire, il préféra établir les conditions d'une paix durable.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (24, 42-51)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :  « Veillez, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.
Que dire du serviteur fidèle et sensé à qui le maître a confié la charge des gens de sa maison, pour leur donner la nourriture en temps voulu ? Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi ! Amen, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens. Mais si ce mauvais serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde”, et s’il se met à frapper ses compagnons, s’il mange et boit avec les ivrognes, alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort des hypocrites ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »

Méditation : Garde-moi attentif à ton amour !

Dieu veut associer l'Homme à son projet. À l'image du serviteur à qui l'on confie des responsabilités, il souhaite partager ses œuvres avec nous. Mais cela nécessite notre attention, notre implication et notre fidélité .Il s'agit de prendre soin de ce que Dieu nous confie : la création, des personnes que nous côtoyons... Le but est de nous rendre « heureux » comme le serviteur fidèle. Dans cette relation avec Dieu, il ne s'agit donc pas de faire des calculs obtenir un petit bonheur à moindre effort et à court terme mais d'entrer dans l'amour et le soin que Dieu porte ses œuvres. L'appel de Jésus – « Veillez » - nous invite à un engagement entier et durable dans une relation d'amour et de confiance. Cette veille n'est pas à effectue par peur d'un châtiment mais par désir de communion.

Mercredi 24 août

Saint Barthélemy (1er siècle). Cet apôtre, également nommé Nathanaël, fut conduit par son ami Philippe à Jésus, qui le reconnut comme « un vrai fils d'Israël » (Jean 1, 47). Il aurait évangélisé jusqu'aux Indes.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (1, 45-51)

En ce temps-là, Philippe trouve Nathanaël et lui dit : « Celui dont il est écrit dans la loi de Moïse et chez les Prophètes, nous l’avons trouvé : c’est Jésus fils de Joseph, de Nazareth. » Nathanaël répliqua : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » Philippe répond : « Viens, et vois. » Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui, il déclare à son sujet : « Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui. » Nathanaël lui demande : « D’où me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. »
Nathanaël lui dit : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! » Jésus reprend : « Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore. » Et il ajoute : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. »

Méditation : Tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël !

Philippe veut partager avec Nathanaël la bonne nouvelle de l’accomplissement de l'écriture en Jésus. Mais ce n’est pas facile de partager une expérience de foi à d'autres.Le doute de Nathanaël est compréhensible. Les tentatives de convaincre ou d'imposer à l'autre expérience se soldent souvent par une grande frustration. Ici, Philippe laisse Nathanaël libre et il l'invite seulement à faire, lui aussi, la rencontre de Jésus : « Viens et vois. » Jésus ne rejette pas son questionnement, il vient le rejoindre dans son cheminement. Jésus montre à Nathanaël qu'il le connaît en vérité. Jésus désire une rencontre et une relation personnelle avec chaque être humain. Il nous accepte tel que nous sommes. C'est cette rencontre qui bouleverse Nathanaël et lui permet de le reconnaître comme Fils de Dieu. Nous ne pouvons pas forcer cette rencontre avec Jésus, mais nous pouvons partager notre joie et inviter tout en laissant l'autre libre.

Mardi 23 août

Sainte Rose de Lima (1586-1617). Cette mystique ascétique, tertiaire dominicaine, vécut en ermite dans le jardin de ses parents. Première sainte du Nouveau Monde, elle prit soin des indiens.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (23, 23-26)

En ce temps-là, Jésus disait : Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous payez la dîme sur la menthe, le fenouil et le cumin, mais vous avez négligé ce qui est le plus important dans la Loi : la justice, la miséricorde et la fidélité. Voilà ce qu’il fallait pratiquer sans négliger le reste.
Guides aveugles ! Vous filtrez le moucheron, et vous avalez le chameau ! Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous purifiez l’extérieur de la coupe et de l’assiette, mais l’intérieur est rempli de cupidité et d’intempérance ! Pharisien aveugle, purifie d’abord l’intérieur de la coupe, afin que l’extérieur aussi devienne pur.

Méditation : Apprends-moi, Seigneur, à discerner tes priorités !

Quelles sont nos priorités ? Jésus dans ce passage invite à remettre un peu d'ordre dans la hiérarchie de nos préoccupations. Il s'agit aussi pour lui de nous inciter à trouver une cohérence entre notre désir d'être proche de Dieu et la manière dont cela est vécu au quotidien .Il reproche aux scribes et aux pharisiens de porter leur attention seulement sur l'apparence et de négliger ce qui a de la valeur en profondeur. Il nous appelle par-là à vivre en vérité sur un chemin d'amour. La Loi que Jésus vient accomplir pleinement, n'a pas d'autre but que de nous accompagner sur ce chemin. Le regard des autres et nos jugements ne doivent pas nous faire perdre de vue la route. Cet Évangile nous invite à réfléchir sur ce qui motive nos actions. Notre priorité doit être de garder une place importante pour la justice, la miséricorde et la fidélité.

Lundi 22 août : fête de la Vierge Marie Reine.

Cette mémoire instituée en 1954 au 31 mai a été déplacée huit jours après l'Assomption pour souligner le lien étroit entre la Royauté de Marie et sa glorification auprès de son Fils.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (23, 13-22)

En ce temps-là, Jésus disait :  « Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous fermez à clé le royaume des Cieux devant les hommes ; vous-mêmes, en effet, n’y entrez pas, et vous ne laissez pas entrer ceux qui veulent entrer ! […] Malheureux êtes-vous, scribes et pharisiens hypocrites, parce que vous parcourez la mer et la terre pour faire un seul converti, et quand c’est arrivé, vous faites de lui un homme voué à la géhenne, deux fois pire que vous ! Malheureux êtes-vous, guides aveugles, vous qui dites : “Si l’on fait un serment par le Sanctuaire, il est nul ; mais si l’on fait un serment par l’or du Sanctuaire, on doit s’en acquitter.” Insensés et aveugles ! Qu’est-ce qui est le plus important : l’or ? ou bien le Sanctuaire qui consacre cet or ? Vous dites encore : “Si l’on fait un serment par l’autel, il est nul ; mais si l’on fait un serment par l’offrande posée sur l’autel, on doit s’en acquitter.” Aveugles ! Qu’est-ce qui est le plus important : l’offrande ? ou bien l’autel qui consacre cette offrande ?
Celui donc qui fait un serment par l’autel fait un serment par l’autel et par tout ce qui est posé dessus ; celui qui fait un serment par le Sanctuaire fait un serment par le Sanctuaire et par Celui qui l’habite ; et celui qui fait un serment par le ciel fait un serment par le trône de Dieu et par Celui qui siège sur ce trône. »

Méditation : Gloire à toi !

Jésus adresse souvent des remarques ou des critique , aux pharisiens . Ce traitement peut paraître dur.    Il est important de savoir que les pharisiens sont proches de Jésus notamment par leur recherche du règne de Dieu et surtout leur désir de la vivre concrètement au quotidien. Mais ils peuvent s'y perdre avec leur souci du détail qui les fait oublier l'essentiel : Dieu. Alors, Jésus leur renvoie la question : « Qu'est-ce qui est le plus important ? » Est-ce le moyen, la recherche de Dieu, en elle-même qui est importante ? Ou bien la finalité, c'est-à-dire une vie en communion avec Dieu ? Il est important de ne pas se raidir sur une pratique de la foi, et de ne pas perdre de vue l'essentiel qui est la communion d'amour avec Dieu. Être attaché à une pratique pour elle-même peut nous en faire oublier le sens, nous dévoyer et même entraîner d'autres dans notre chute.

Dimanche 21 août

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (13, 22-30)

En ce temps-là, tandis qu’il faisait route vers Jérusalem, Jésus traversait villes et villages en enseignant. Quelqu’un lui demanda : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Jésus leur dit : « Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas. Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : “Seigneur, ouvre-nous”, il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes.” Alors vous vous mettrez à dire : “Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.” Il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.”
Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors. Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu. Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »

Méditation :

Il n'y a pas de numerus clausus au paradis ! Le passage est pour tout le monde, mais il est étroit. Jésus ne veux pas nous tromper quand Il dit : « C'est une chose facile... » . Il nous dit les .choses comme elles sont. Pour se sauver, il faut aimer Dieu et son prochain, et cela n'est pas aisé ! C'est une « porte étroite » parce que l’amour est exigeant, il demande une résolution persévérante à vivre selon l'Évangile. Le Seigneur ne nous reconnaîtra pas par nos titres mais par notre humilité et notre foi qui se seront traduites dans des œuvres. Cela signifie que nous sommes appelés à instaurer une vraie communion avec Jésus, en priant, en allant à l'église, en recevant les sacrements... Cela nous conserve dans la foi, nourrit notre espérance, ravive la charité. Et ainsi, avec la grâce de Dieu, nous pouvons dépenser notre vie pour le bien de nos frères, lutter contre toute forme de mal et d'injustice. Que la Vierge Marie nous aide en cela. Elle est passée à travers la porte étroite. C'est pourquoi nous l'invoquons comme la « Porte du ciel », une porte qui a exactement la forme de Jésus : la porte du cœur de Dieu, un cœur exigeant, mais ouvert à nous tous.

D'après le pape François (angélus du 25 août 2019)

Samedi 20 août

Saint Bernard de Clairvaux (1090-1153). Cette immense figure fut l'âme de la réforme cistercienne. Cet amoureux de Notre Dame, qui écrivit la règle des Templiers, fut l'arbitre de la chrétienté.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (23, 1-12)

En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples, et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse. Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas. Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ; ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères. Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ. Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »

Méditation : change mon regard, Seigneur !

« Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Qui s'élèvera sera abaissé qui s'abaissera sera élevé. » Méditer ces versets donne le tournis. Est-ce humble de chercher l'humilité pour devenir le plus grand ? Pour comprendre, il faut changer de point de vue.Jésus reproche aux scribes pharisiens de se tromper de priorité. Ils perfectionnent leur manière d'agir en fonction du regard que les autres porteront sur eux. Ils essaient littéralement de se faire bien voir. Le souci d'un bon serviteur devrait être le bien-être ceux qu'il sert plutôt que la manière dont sa réputation sera modifiée par ses actions. Nous ne pouvons pas devenir serviteur sans être en contact avec un autre, celui que l’on sert. L'humilité consiste à accepter de ne pas prendre toute la place et de considérer le bonheur de l'autre. Quand m'abaisser reste une démarche strictement personnelle, en vue de mon intérêt propre, l'orgueil guette. La plus belle ascèse, les actes les plus héroïques deviennent alors des occasions de chute. Saint Dorothée de Gaza disait : *Ni la crainte de Dieu, ni l'aumône, ni la foi, ni la tempérance, ni aucune autre vertu, ne peuvent exister sans l'humilité. »

Vendredi 19 août

Saint Jean Eudes (1601-1680). Ce prédicateur normand mena de nombreuses missions pour annoncer l’Évangile dans les campagnes, où la foi se perdait. Il répandit la dévotion aux cœurs de Jésus et Marie.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (22, 34-40)

En ce temps-là, les pharisiens, apprenant qu’il avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve : « Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? »
Jésus lui répondit : « ‘Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit.’  Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. »

Méditation : Seigneur, je t'aime de tout mon cœur !

Chrétiens, nous sommes appelés à accueillir la volonté de Dieu. Cette volonté s »est notamment exprimée dans l'Ancien Testament. La Résurrection du Christ a amené une lumière inédite sur la Loi. Notre relation à Dieu n'est plus ce qu'elle était du temps de Moïse.Pourtant, certaines constantes demeurent. Le Dieu du Deutéronome qui appelle à choisir la vie (30,19) est le même que le Dieu qui nous promet la vie éternelle en Jésus. Alors quelle importance donner à cette Loi ? Comment la lire ? Jésus nous en donne la clé avec deux commandements qui sont semblables, desquels dépend toute la Loi. Concrètement, une interprétation de la Loi qui nous conduit à remettre en cause l'amour du prochain n'est certainement pas fiable. C'était déjà le cas du temps de Moïse, c'est encore plus vrai aujourd'hui, puisque le Christ est mort pour ce prochain (1 Corinthiens 8, 11) - et ce, même si ce prochain lui-même ne respecte pas la Loi ! Aucun commandement n'est plus grand que ceux-ci. Essayons de nous en rappeler quand, blessés par l'attitude ou les actions de nos frères ou de nos sœurs, notre fidélité au Christ nous pousserait à cesser de les aimer.

Jeudi 18 août

Sainte Hélène ( morte vers330). La mère de l'empereur Constantin se rendit en Palestine pour recueillir les reliques de la Passion et édifia des basiliques sur les lieux de la Nativité et de la Résurrection.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (22, 1-14)

En ce temps-là, Jésus se mit de nouveau à parler aux grands prêtres et aux anciens du peuple, et il leur dit en paraboles : « Le royaume des Cieux est comparable à un roi qui célébra les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d’autres serviteurs dire aux invités : “Voilà : j’ai préparé mon banquet, mes bœufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez à la noce.”
Mais ils n’en tinrent aucun compte et s’en allèrent, l’un à son champ, l’autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent.
Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et incendia leur ville. Alors il dit à ses serviteurs : “Le repas de noce est prêt, mais les invités n’en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous trouverez, invitez-les à la noce.” Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu’ils trouvèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.
Le roi entra pour examiner les convives, et là il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce. Il lui dit : “Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?” L’autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : “Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.” Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. »

Méditation : Rends-moi la joie d'être sauvé

Cette parabole semble plus claire qu'elle ne l'est en vérité. La salle de noce est-elle le paradis ? Comment comprendre alors la situation de cet homme, invité au paradis par les anges mais chassé par Dieu ? Peut-on reprocher à un homme intercepté sur un chemin de ne pas avoir un vêtement de noce ? Quoi qu'il en soit, le roi tient énormément à partager la joie qu'il a en son fils. Son envie fête est sans commune mesure avec celle des invités ce qui l'attriste. La tâche principale des invités est de répondre à l'invitation. Or ils donnent la priorité à d'autres invitations. Le Christ nous invite à le suivre pour nous rendre auprès du Père avec lui. Cela implique de lâcher nos préoccupations immédiates. La tentation d'ignorer son appel est forte : nous aurions mieux à faire... Pourtant, quoi de mieux que de rentrer dans la joie de Dieu avec lui ?

Mercredi 17 août

Sainte Jeanne Delanoue (1666-1736). A Saumur, cette femme accueillit des orphelines, des vielles et des femmes en difficulté, puis fonda l'institut des sœurs de Sainte-Anne-de-la-Providence.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (20, 1-16)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « En effet, le royaume des Cieux est comparable au maître d’un domaine qui sortit dès le matin afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée : un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent, et il les envoya à sa vigne. Sorti vers neuf heures, il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire. Et à ceux-là, il dit : “Allez à ma vigne, vous aussi, et je vous donnerai ce qui est juste.” Ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures, et fit de même. Vers cinq heures, il sortit encore, en trouva d’autres qui étaient là et leur dit : “Pourquoi êtes-vous restés là, toute la journée, sans rien faire ?” Ils lui répondirent : “Parce que personne ne nous a embauchés.” Il leur dit : “Allez à ma vigne, vous aussi.”
Le soir venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers et distribue le salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers.”
Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent et reçurent chacun une pièce d’un denier. Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
En la recevant, ils récriminaient contre le maître du domaine : “Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure, et tu les traites à l’égal de nous, qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !” Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : “Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi. N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t’en. Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ? Ou alors ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ?”

Méditation :

L'amertume nous guette quand nous pensons que Dieu nous aime à la mesure de nos efforts. Dans ce cas, nous risquons de regretter nos efforts puisque les paresseux obtiennent le même amour. Le sentiment d'être floué sera alors difficile à chasser. Plus grave, la récompense serait-elle dévalorisée puisque des efforts minimes raient à l'acheter ? L'amour que Dieu nous porte (représenté par la pièce de un denier) perd-il de sa valeur parce qu'll aime aussi les méchants ? Le fait qu'll tente d'avoir une relation avec des gens que nous méprisons suffit-il à ternir la relation qu'il tente d'avoir avec nous ? Cette attitude est une impasse. L'Amour de Dieu est un don inestimable, que nous ne saurions mériter. Ne pas l'oublier permet de nous réjouir avec tous ceux qui le reçoivent.

Mardi 16 août

Saint Étienne de Hongrie (Vers 970-1038). Le fondateur du royaume de Hongrie construisit l'unité de son pays sur la loi qu'il répandit. Il aurait été un souverain juste, pacifique et d'une grande bonté.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (19, 23-30)

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Amen, je vous le dis : un riche entrera difficilement dans le royaume des Cieux. Je vous le répète : il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume des Cieux. » Entendant ces paroles, les disciples furent profondément déconcertés, et ils disaient : « Qui donc peut être sauvé ? » Jésus posa sur eux son regard et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible. »
Alors Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? » Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : lors du renouvellement du monde, lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle. Beaucoup de premiers seront derniers, beaucoup de derniers seront premiers. »

Méditation : Seigneur, prends pitié de tes serviteurs !

Jésus nous le dit clairement : nous ne nous sauverons pas par nos efforts. C'est le moment que Pierre choisit pour rappeler que les disciples ont tout quitté et pour s'enquérir de la part qui leur reviendra. On comprend leur inquiétude : leurs efforts ne pouvant être efficaces, auraient-ils fait ces sacrifices en vain ? Jésus les rassure. Il explique que le fait de tout quitter pour le suivre est une bonne action qui rapportera une récompense. « Pour les hommes, c 'est impossible. » Il ne s'agit pas là d'un appel à baisser les bras, à penser que nos actions ne comptent pas aux veux de Dieu. Simplement, nous ne pourrons pas atteindre la vie éternelle par nos propres efforts. Le pape François dit : « Il faut d'abord appartenir à Dieu. Il s'agit de nous offrir à celui qui nous devance, de lui remettre nos capacités, notre engagement, notre lutte contre le mal et notre créativité, pour que son don gratuit grandisse et se développe en nous » (Gaudete et exsultate, $56). Une seule œuvre est nécessaire : comme les disciples, donnons tout ce que nous pouvons à Dieu. Lui donner notre vie aujourd'hui, C'est consentir à ce qu'il en prenne soin pour toujours.

Lundi 15 août : Assomption de la Vierge Marie

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc  (19, 39-56)

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth. Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi. Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »
Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

Méditation :

Les mots de Marie sont très beaux. Mais ils ont de quoi déconcerter, en particulier : « Il renverse les puissants de leur trônes... Il comble de biens les affamés... » Le monde ne manque pas d'affamés ou de puissants sur leur trône... La joie de Marie explose en un chant louange. Elle raconte les bienfaits que Dieu lui a accordés. Elle comprend qu'il est bon pour tous ceux qui se tournent vers Lui. Ses remarques sur les puissants et les affamés sont beaucoup plus que les rêveries d'une jeune fille exaltée. Grâce à Dieu, Marie a pu entrevoir la réalité telle qu'elle est réellement, c'est-à-dire telle qu'elle est aux yeux de Dieu. Ses mots devancent une aurore qui n'est pas encore tout à fait là, mais qui brille déjà dans son cœur. Voilà pourquoi son chant nous est précieux. Il n'est pas un chant de promesses à venir, mais un témoignage de ce qu'elle sait déjà être vrai. Comme Élisabeth, nous pouvons laisser la joie de Marie nous contaminer. Nous pourrons alors nous réjouir avec elle de ce monde qui vient et qui, en fait, est déjà un peu là.

Dimanche 14 août

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (12, 49-53)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé ! Je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli ! Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. »

Méditation :

Jésus révèle son désir le plus ardent: apporter sur la terre le feu de l’amour du Père à travers lequel l'homme est sauvé. Il nous appelle à répandre dans le monde ce feu grâce auquel nous serons reconnus comme ses disciples. Ce feu allumé au moyen de l'Esprit saint est sans limite, universel. Il demande à envelopper toute notre existence et exige l'adoration et une disponibilité à servir le prochain. L’Evangile lui-même est le feu qui sauve, qui transforme le monde à partir du changement du cœur de chacun. L’autre affirmation de Jésus peut déconcerter : « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, Je vous le dis, mais bien plutôt la division » (Luc 12, 51). I est venu « séparer avec le feu >> le bien du mal, le juste de l'injuste. Dans ce sens, il est venu «<diviser » - mais de façon salutaire - la vie de ses disciples, en brisant les illusions faciles de ceux qui croient pouvoir conjuguer la vie chrétienne et des compromis en tout genre. Nous ne pouvons vivre de façon hypocrite, mais devons être prêts à payer le prix de notre cohérence évangélique. C'est dans les situations concrètes que l'on se révèle ou non chrétien, en témoignant de l'Évangile qui est essentiellement amour pour Dieu et pour nos frères.

D'après le pape François (angélus du 18 août 2019)

Samedi 13 août

Saint Hippolyte de Rome (mort en 235). S'opposant au remplacement du grec par le latin dans la liturgie, cet Alexandrin, élève d'Irénée de Lyon, prit la tête d'un schisme, mais se réconcilia avec le pape dans le martyre.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (19, 13-15)

Ensuite, on présenta des enfants à Jésus pour qu’il leur impose les mains en priant. Mais les disciples les écartèrent vivement. Jésus leur dit : « Laissez les enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le royaume des Cieux est à ceux qui leur ressemblent. » Il leur imposa les mains, puis il partit de là.

Méditation : Crée en moi un cœur pur !

Les enfants sont tout entiers présents dans la relation du moment, assoiffés d’attention et généreux, Ils ne s'appuient, ni sur un patrimoine, ni sur une position. Ni sur un savoir... Ils sont suspendus à ceux qui les accueillent. Leur élan est indemne de désillusion ou de démission. Motif de joie et d'émerveillement, mais aussi de responsabilité et de préoccupation, ils grandissent et s'épanouissent quand ils sont reconnus comme cadeau par leurs parents. Chacun de nous porte cela enfoui sous la poussière des années. Ceux qui renaissent d'eau et d'esprit, de la confiance et de l'attente du Père, vont reconnaître leur origine d'en haut, mais aussi leur filiation avec ceux qui les ont accueillis dans l'existence. Cette découverte du don que je suis depuis toujours renouvelle un esprit d'enfance et ouvre à une présence bienveillante aux autres.

Vendredi 12 août

Sainte Jeanne-Françoise de Chantal (1572-1641). Veuve, cette mère de famille savoyarde fonda avec François de Sales l'ordre de la Visitation, dont l'esprit est de faire « tout par amour, rien par force »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (19, 3-12)

En ce temps-là, des pharisiens s’approchèrent de Jésus pour le mettre à l’épreuve ; ils lui demandèrent : « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? » Il répondit : « N’avez-vous pas lu ceci ? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme, et dit : ‘À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair.’ Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
Les pharisiens lui répliquent : « Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit la remise d’un acte de divorce avant la répudiation ? » Jésus leur répond : « C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi. Or je vous le dis : si quelqu’un renvoie sa femme – sauf en cas d’union illégitime – et qu’il en épouse une autre, il est adultère. »
Ses disciples lui disent : « Si telle est la situation de l’homme par rapport à sa femme, mieux vaut ne pas se marier. » Il leur répondit : « Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! »

Méditation : Ma force et mon chant, c'est le Seigneur !

Le couple humain, au cœur du projet de Dieu, est appelé à aimer et à accomplir ainsi sa ressemblance originelle avec le créateur. Deux êtres différents deviennent un par amour, non dans une uniformité, mais dans une disponibilité mutuelle par laquelle ils s'accueillent et se portent sans assimiler ni réduire leur conjoint. C'est une priorité de Dieu pour laquelle il engage son active bénédiction. L'amour fait du couple un signe et un moyen privilégié du créateur pour révéler son visage à toute la famille humaine. Mais l'homme et la femme ne peuvent s'engager dans cette entreprise qu'en faisant un pari pour la confiance. Cela déborde nos capacités personnelles mais nous propose le chemin de la conversion résolue et persévérante : inviter l'Esprit de Dieu à raviver le feu de l'espérance et de la charité qui seuls nous permet de réaliser entièrement l’attente qu'il a placée en nous.

Jeudi 11 août

Sainte Claire d'Assise (1194-1253). Cette jeune aristocrate était l'amie de François d'Assise, d'origine bourgeoise. Il reçut sa consécratio à Dieu. De ce geste naquit l'ordre des pauvres dames, les Clarisses.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (18, 21-35. 19, 1)

En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.
Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.” Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.
Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : “Rembourse ta dette !” Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : “Prends patience envers moi, et je te rembourserai.” Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait.
Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : “Serviteur mauvais ! je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?” Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait.
C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. » Lorsque Jésus eut terminé ce discours, il s’éloigna de la Galilée et se rendit dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain.

Méditation :

Nulle loi extérieure, nulle maîtrise intérieure ne peuvent fixer les limites du pardon, ou la distance à partir de laquelle une personne devient un prochain à aimer. Reconnaître un frère ou une sœur dans celui qui se présente, se donner sans retour et sans calcul sont du seul ressort de la liberté de chacun, c'est notre dignité humaine irréductible. Plus nous aimons, plus nous porterons de fruit. Mais la source nous en échappe ! Ne s'agit-il donc pas d'abord de nous recevoir dans la lumière de la joie et de l'espérance du Père, pour y reconnaître notre visage le plus authentique, puis d’en vivre pour d'autres ? Le Fils unique, animé par l'Esprit en a témoigné par le don de sa vie jusqu'à la Croix. Il nous ouvre un passage en l'accomplissant en nous.

Mercredi 10 août

Fête de saint Laurent (mort en 258). Ce diacre romain, à qui ses persécuteurs demandaient où étaient les trésors de l’Église, leur montra les pauvres et les infirmes. Il fut brûlé vif à la suite du pape Sixte II.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (12, 24-26)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Qui aime sa vie la perd ; qui s’en détache en ce monde la gardera pour la vie éternelle. Si quelqu'un veut me servir, qu’il me suive ; et là où moi je suis, là aussi sera mon serviteur. Si quelqu'un me sert, mon Père l’honorera. »

Méditation : Garde-moi près de toi, Seigneur !

Et si le pourquoi de notre existence était un « pour qui ? Jésus nous invite à chercher le sens de notre vie dans le don résolu de nous-mêmes. Il nous en assure : « Mon Père reconnaitra celui qui, s'oubliant lui-même, me sert plutôt que de rester préoccupé de lui-même. Dieu fera croître sa dignité. » Il nous confie le secret de cette option au rebours de notre intuition : « C'est parce que le Père m'aime que je donne ma vie. Son amour est la source de mon engagement. Acceptez à ma suite d'être sa joie, de l'accueillir en vous et vous accéderez à la même source pour donner votre vie. Si cela est impossible à l'homme seul, rien n'est impossible à Dieu.» Ne s'agit-il pas alors de laisser le Christ qui n'a pas retenu jalousement le rang qui l'égalait à Dieu mais s'est fait obéissant jusqu'à la mort » m'ouvrir, pas à pas le chemin ?

Mardi 9 août

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (1891-1942). D'origine juive, la philosophe Edith Stein se convertit au christianisme sous l'influence de Thérèse d'Avila. Entrée au Carmel, elle fut gazée en représailles de la condamnation par les évêques néerlandais de l'antisémitisme juif.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (25, 1-13)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux. Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes : les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.” Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe.
Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.” Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.” Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !”
Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.” Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

Méditation : Mon bonheur, c'est la loi de ta bouche !

 La salle des noces du Royaume où m'accueille l'époux, c’est mon propre cœur. L'époux qui ouvre la porte du Royaume en moi, c'est le Christ qui me précède et qui seul peut donner vie à mon attente la plus intime: aimer Dieu et mon prochain. Lui aime en moi de l'amour même du Père : générosité sans limite et pardon jusqu'au bout. Il me délivre de tout isolement et me permet de demeurer en lui, dans une communion pleine avec le Père. Comment serait-ce possible si je sommeille ? Si d'autres préoccupations dispersent ou distraient mon désir ? Veiller c'est se tenir avec persévérance au plus près de la porte de son cœur pour s'y laisser accueillir. C'est reconnaître l'appel qui donne forme à mon existence. Il s'agit de laisser le christ orienter toutes mes ressources et toutes mes énergies vers le don et le service mais nul autre que moi ne peut répondre à son invitation. Le Royaume des cieux requiert la disponibilité à recevoir la personne du Christ et à engager résolument toute notre existence à sa suite.

Lundi 8 août

Saint Dominique (1170-1221). Ce chanoine espagnol tenta de ramener pacifiquement les Albigeois à la foi de l’Église. Sa vie pauvre et donnée fut un exemple pour tous. Grand priant, il fonda à Toulouse l'ordre des prêcheurs (Dominicains), ordre mendiant.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (17, 22-27)

En ce temps-là, comme Jésus et les disciples étaient réunis en Galilée, il leur dit : « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, le troisième jour, il ressuscitera. » Et ils furent profondément attristés. Comme ils arrivaient à Capharnaüm, ceux qui perçoivent la redevance des deux drachmes pour le Temple vinrent trouver Pierre et lui dirent : « Votre maître paye bien les deux drachmes, n’est-ce pas ? » Il répondit : « Oui. » Quand Pierre entra dans la maison, Jésus prit la parole le premier : « Simon, quel est ton avis ? Les rois de la terre, de qui perçoivent-ils les taxes ou l’impôt ? De leurs fils, ou des autres personnes ? »Pierre lui répondit : « Des autres. » Et Jésus reprit : « Donc, les fils sont libres. Mais, pour ne pas scandaliser les gens, va donc jusqu’à la mer, jette l’hameçon, et saisis le premier poisson qui mordra ; ouvre-lui la bouche, et tu y trouveras une pièce de quatre drachmes. Prends-la, tu la donneras pour moi et pour toi. »

Méditation : Loué sois-tu, Seigneur !

Jésus n'est pas dans la provocation, il ne recherche pas la confrontation à tout prix avec les représentants des institutions pour rallier les faveurs des mécontents… Sa manifestation ne s'impose d'aucune manière. Elle ne se fera pas sur le mode d'une victoire politique. Tout Fils de Dieu qu'il est, il respecte les autorités en place et accomplit ses devoirs civils. Et pourtant sa proclamation de la Bonne Nouvelle aux pauvres et de la liberté aux captifs mettra au jour la fermeture des cœurs de certains. Pour déraciner cette suffisance stérile et préparer l'accueil de l'Esprit de Dieu, Jésus dévoilera la conséquence ultime de son rejet : le refus de Dieu et la volonté homicide tapis sous les apparences les plus respectables. Il paye de sa vie pour libérer les humains de ce piège. Jusqu'au bout, c'est en Fils libre frère de tous qu'il fera resplendir l'amour du Père. 

Dimanche 7 août

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (12, 35-40)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

Méditation :

Jésus révèle son désir le plus ardent: apporter sur la terre le feu de l’amour du Père à travers lequel l'homme est sauvé. Il nous appelle à répandre dans le monde ce feu grâce auquel nous serons reconnus comme ses disciples. Ce feu allumé au moyen de l'Esprit saint est sans limite, universel. Il demande à envelopper toute notre existence et exige l'adoration et une disponibilité à servir le prochain. L’Évangile lui-même est le feu qui sauve, qui transforme le monde à partir du changement du cœur de chacun. L’autre affirmation de Jésus peut déconcerter : « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, Je vous le dis, mais bien plutôt la division » (Luc 12, 51). I est venu « séparer avec le feu >> le bien du mal, le juste de l'injuste. Dans ce sens, il est venu «<diviser » - mais de façon salutaire - la vie de ses disciples, en brisant les illusions faciles de ceux qui croient pouvoir conjuguer la vie chrétienne et des compromis en tout genre. Nous ne pouvons vivre de façon hypocrite, mais devons être prêts à payer le prix de notre cohérence évangélique. C'est dans les situations concrètes que l'on se révèle ou non chrétien, en témoignant de l'Évangile qui est essentiellement amour pour Dieu et pour nos frères.

D'après le pape François (angélus du 18 août 2019)

Samedi 6 août : fête de la Transfiguration du Seigneur

Ce jour, l'Esprit Saint apparut dans une nuée lumineuse, et le Père se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis tout mon amour ; écoutez-le. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (9, 28b-36)

En ce temps-là, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Élie, apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons étaient accablés de sommeil ; mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus, et les deux hommes à ses côtés. Ces derniers s’éloignaient de lui, quand Pierre dit à Jésus : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Faisons trois tentes : une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. » Il ne savait pas ce qu’il disait. Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre ; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent. Et, de la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »
Et pendant que la voix se faisait entendre, il n’y avait plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ils ne rapportèrent à personne rien de ce qu’ils avaient vu.

Méditation : Tu es, Seigneur, le Très-Haut sur toute la terre !

Pierre, Jacques et Jean ont vécu là une expérience inoubliable. Ils n'ont pas exactement compris ce qu'il se passait et comment ils devaient réagir, mais cela est sans importance. Aujourd'hui, nombreux sont les chrétiens dont la foi est soutenue par des temps forts. Même sans nuée miraculeuse, une vie chrétienne est marquée par des moments où l'on se sent « plus proche du ciel ». Ces moments ne se vivent pas sur commande. Il est néanmoins possible de nous mettre dans des conditions favorables qui, sans être une garantie de révélation personnelle, nous permettront de nourrir notre foi. Un moment de prière personnelle ou en groupe, une retraite dans un monastère, une promenade lors d'une douce soirée d'été... Les possibilités sont nombreuses. Les disciples ont fait cette découverte alors qu'ils suivaient Jésus dans une excursion en montagne au but non précisé. Mais les disciples ne sont pas restés sur la montagne. Ils sont redescendus, sans pouvoir mettre de mots sur leur expérience. La vie a dû reprendre son cours mais le souvenir du visage lumineux du Christ ne les a plus quittés. Nul doute que, dans les moments ou leur foi leur semblait plus ténue, ce souvenir a été un soutient fiable.

Vendredi 5 août

Dédicace de la basilique Sainte-Marie-Majeure. En 366 à Rome, la Vierge demanda au pape d'édifier une basilique. Le 5 août, il neigea sur l'Esquilin, où elle sera bâtie. D'où le nom de Marie-des-Neiges.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (16, 24-28)

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera. Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ? Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. » Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venir dans son Règne. »

Méditation : Seigneur, tu es la Vie !

« Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera ». Les deux moitiés verset sont presque symétriques. Comme souvent ce genre de cas, ce « presque » recèle une perle. Une symétrie parfaite aurait exigé : mais qui perd sa vie la sauvera. Pourquoi ce verbe « trouver » ? Le Christ nous révèle qu'en nous mettant à sa suite nous trouverons réellement notre vie. Vouloir sauver sa vie, c'est s'y agripper. C'est tenter de se mettre à l'abri, se retirer dans le lieu le plus sûr possible. Tout ce qui vient de l'extérieur sera alors repoussé, au cas où. Il s'agit d'une vie esclave de la peur. C'est la vie de ceux qui ne tentent rien, de peur d'être déçus ou floués. Au contraire, perdre sa vie c'est accepter de la mettre en jeu. C'est prendre le risque de la confiance envers l'autre, envers Dieu. Plus risquée, elle considère la vie de son prochain comme au moins aussi importante. Choisir cette vie, est renoncer un peu à soi-même. Ce n'est cependant pas renoncer au bonheur mais le trouver ! Christ nous demande de lui confier notre vie pour qu'il puisse la faire fructifier. La vie prendra alors tout son sens, et nous nous sentirons pleinement vivants.

Jeudi 4 août

Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859). Il devint prêtre malgré ses difficultés scolaires. Sa sainteté attira à Ars, près de Lyon, dont il était curé, des milliers de personnes qu'il catéchisa et confessa.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (16, 13-23)

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »
Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le Christ. À partir de ce moment, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. » Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »

Méditation : Tu es le Christ !

Pauvre Pierre. Ses protestations sont bien compréhensibles. Que le Fils du Dieu vivant puisse souffrir et être tué est scandaleux. Paul disait : « Nous, nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les nations païennes >> (1 Corinthiens 1, 23). Nous avons tellement l'habitude d'entendre les récits de la Passion que la souffrance du Christ fait partie, pour ainsi dire, du paysage. Peut-elle encore nous choquer ? Difficile d'accepter que Dieu souffre, en particulier lorsqu'on attend de Lui qu'il puisse nous libérer de nos souffrances. Le Calvaire aurait de quoi décourager. Et pourtant... C'est justement parce qu'il a connu la souffrance des innocents que chaque innocent qui souffre peut le rencontrer sur son chemin. Pierre a senti l'énormité de l'abaissement à venir du Christ. Gardons-nous de l’erreur, qui consisterait à n'y voir qu'un accident de parcours anodin ou une formalité du ministère du Christ.

Mercredi 3 août

Sainte Lydie (1er siècle). Cette marchande de pourpre s'était installée à Philippes, port de la mer Égée. C'est là qu'elle rencontra le Christ et accueillit chez elle saint Paul et saint Luc (Actes 16, 11-12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (15, 21-28)

En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon. Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. » Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! » Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. » Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! »
Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. » Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. » Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

Méditation : J'ai foi en toi, Seigneur !

La Cananéenne fait preuve de courage de différentes manières. En osant s'adresser à un rabbi juif, elle transgresse déjà les normes sociales de l'époque. Son insistance persiste malgré l'indifférence apparente de Jésus et les rebuffades des disciples. Enfin, elle ne se laisse pas troubler par la réponse peu amène de Jésus. Mieux, elle fait l'effort de développer sa comparaison, de manière à justifier sa demande. Les petits chiens ne méritent pas la part des enfants, lui dit Jésus. Elle lui fait observer que les petits chiens méritent néanmoins quelque chose, de plus petit, des miettes. Mais interdire les miettes aux chiens serait injuste. Or, les miettes de l'annonce du Royaume suffisent largement pour accéder à sa demande. Mystérieuse réaction de Jésus ! L'argument de la Cananéenne le convainc ! Certes, au chapitre 8 de ce même Evangile de Matthieu, il accédait déjà à la demande d'un centurion. Etait-ce un test qu'il faisait passer à la Cananéenne ? Ou a-t-il lui-même compris quelque chose de son ministère ? Cet épisode nous prouve que les personnes les plus inattendues peuvent donner de forts témoignages de foi.

Mardi 2 août

Saint Pierre-Julien Eymard (1811-1868). Fils d'un artisan de Grenoble, ce mariste se sentit appelé à fonder un ordre apostolique pour faire découvrir et aimer Jésus présent dans l'Eucharistie.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (14, 22-361)

Aussitôt après avoir nourri la foule dans le désert, Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.
Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! c’est moi ; n’ayez plus peur ! » Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur les eaux. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant la force du vent, il eut peur et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt, Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba.
Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »
Après la traversée, ils abordèrent à Génésareth. Les gens de cet endroit reconnurent Jésus ; ils firent avertir toute la région, et on lui amena tous les malades.
Ils le suppliaient de leur laisser seulement toucher la frange de son manteau, et tous ceux qui le faisaient furent sauvés.

Méditation : Seigneur, sauve-moi !

Par sa confiance, Pierre parvient à marcher sur l'eau, Sa destination, et cela est capital, c'est le Christ. Tant que son regard et son âme sont tournés vers le Christ, il peut entendre sa voix qui lui dit «  Viens », et accomplir l'impossible. N'attendons pas d'être parfaits, sans tache et sans doute pour marcher vers le Christ. Ayons confiance, que son «Viens » soit suffisant ! Dès que le regard de Pierre s'attarde sur les vagues, les difficultés, il commence à couler. C'est à ce moment qu'il a besoin de l'intervention au Christ. Répondant à son appel au secours, le Christ vient lui-même à la rencontre de Pierre pour le sauver ses doutes. Il nous arrive de trébucher sur le chemin. Pour peu qu'on la cherche, nous pouvons trouver sa main tendue qui est là pour nous relever. Pierre ne s'est pas sorti de l’eau par sa propre force. Comptons sur l'aide du Christ pour nous délivrer de ce qui nous fait couler.

Lundi 1er août

Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787). Ce Napolitain, avocat, se consacre à Dieu et aux plus pauvres.Il se bat contre le rigorisme et fait triompher dans l’Église une pastorale de miséricorde et de liberté.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (14, 13-21)

En ce temps-là, quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste, il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied. En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.
Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : « L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! » Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Alors ils lui disent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. » Jésus dit : « Apportez-les-moi. » Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule.
Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.

Méditation : En toi, mon Dieu, tout est possible !

Les disciples sont confrontés à un problème allant au-delà de leurs forces. Jésus leur demande de tenter quand même à partir de ce qu'ils ont. « Apportez-les-moi ». Un disciple un peu inquiet aurait pu refuser : partager son pique-nique avec tout ce monde n'était pas raisonnable, il risquait de se retrouver sans rien. Ces quelques pains et poissons ne sont pas suffisants, mais, grâce à la générosité et la disponibilité des disciples, Jésus est capable d'en faire quelque chose. Dans bien des circonstances, nous ne pouvons donner que très peu. Mais, offert, ce très peu est transformé par le Christ. Ceux qui reçoivent ce peu, reçoivent alors bien plus que ce que l'on pouvait leur donner. Par exemple, quelques minutes de visite, ou même de téléphone, offertes à un malade ou un résident d'Ehpad peuvent sembler dérisoires. Elles peuvent pourtant avoir valeur inattendue. Tel était le cas des quelques pains et poissons offert à une foule affamée. Ne sous-estimons pas la portée de nos petits gestes. Comme le disait Brassens à son Auvergnat : « Ce n'était rien qu'un peu de pain / Mais il m’avait chauffé le corps / Et dans mon âme il brûle encore / A la manière d'un grand festin.

Dimanche 31 juillet

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (12, 13-21)

En ce temps-là, du milieu de la foule, quelqu’un demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. » Jésus lui répondit : « Homme, qui donc m’a établi pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? » Puis, s’adressant à tous : « Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. » Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont le domaine avait bien rapporté. Il se demandait : “Que vais-je faire ? Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.” Puis il se dit : “Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.” Mais Dieu lui dit : “Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?”
Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

Méditation :

Le riche place face à son âme trois considérations : les biens amassés, la longue existence que ces biens semblent lui assurer et le bien-être tranquille qu'ils lui valent. Mais Dieu lui parle d'immédiateté - « cette nuit même » à la place de « jouir de l'existence ». il lui présente le fait qu'il devra « rendre compte de sa vie ».La parabole est un avertissement qui révèle l’horizon que nous sommes appelés à regarder. Les biens matériels ne doivent être qu'un moyen pour vivre honnêtement, en partageant avec les nécessiteux. Mais ils risquent toujours d'enchaîner le cœur et de le détourner du vrai trésor qui est dans les cieux. Il ne s'agit pas tant de se détacher de la réalité que de chercher en priorité les choses qui ont une vraie valeur : la justice, la solidarité, l'accueil, la fraternité, la paix qui constituent la véritable dignité de l'homme. Il s'agit d'aimer Dieu de tout notre être et d'aimer son prochain comme Jésus l'a aimé. L'amour compris et vécu dans le service et le don de soi est la source du vrai bonheur, alors que la recherche démesurée de biens matériels et des richesses est souvent source a inquiétude, d'adversité, d'abus de pouvoir... Tant de guerres commencent à cause de l'avidité.

D'après le pape François (angélus du 4 août 2019)

Samedi 30 juillet

Saint Pierre de Chrysologue (406- vers 450). Ce diacre fut choisi pour être évêque de Ravenne, en Italie. Son éloquence lui valut le nom de Chrysologue, qui signifie « verbe d'or ».

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (14, 1-12)

En ce temps-là, Hérode, qui était au pouvoir en Galilée, apprit la renommée de Jésus et dit à ses serviteurs : « Celui-là, c’est Jean le Baptiste, il est ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. » Car Hérode avait fait arrêter Jean, l’avait fait enchaîner et mettre en prison. C’était à cause d’Hérodiade, la femme de son frère Philippe. En effet, Jean lui avait dit : « Tu n’as pas le droit de l’avoir pour femme. » Hérode cherchait à le faire mourir, mais il eut peur de la foule qui le tenait pour un prophète.
Lorsque arriva l’anniversaire d’Hérode, la fille d’Hérodiade dansa au milieu des convives, et elle plut à Hérode. Alors il s’engagea par serment à lui donner ce qu’elle demanderait. Poussée par sa mère, elle dit : « Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste. » Le roi fut contrarié ; mais à cause de son serment et des convives, il commanda de la lui donner. Il envoya décapiter Jean dans la prison. La tête de celui-ci fut apportée sur un plat et donnée à la jeune fille, qui l’apporta à sa mère.
Les disciples de Jean arrivèrent pour prendre son corps, qu’ils ensevelirent ; puis ils allèrent l’annoncer à Jésus.

Méditation : Que ton salut me redresse !

La liste des méfaits d'Hérode est longue. Il est difficile de le plaindre. Pourtant, Matthieu précise qu'il est contrarié lorsqu’il se sent obligé de tuer Jean. Pourquoi le fait-il ? Après tout, il est le roi ! Qui peut le forcer à faire quoi que soit ? Il a choisi ses maîtres : notamment l'envie de posséder Hérodiade et l'orgueil qui l'empêche de perdre la face devant ses convives. Sa contrariété lui vient du fait qu'il se retrouve face à un choix douloureux : épargner Jean ou tenir son serment. Ce roi est pris à son propre piège, obligé d'obéir à des tyrans qu'il s'est lui-même choisis. Engagé sur ce chemin, il croit qu'il ne lui est plus possible de faire demi-tour. C'est que ces chaînes sont confortables : continuer à les accepter c'est continuer à vivre dans le luxe et la popularité d'un roi en apparence puissant. La petite voix qui se cache dans sa contrariété propose un chemin un peu plus inconfortable, celui de la liberté. Nous ne sommes pas Hérode. Mais, parfois, lorsque nous sommes empêtrés dans nos propres chaînes, une petite voix se lève en nous. Une voix qui propose une autre direction, peut-être plus risquée. Comment l'accueillons-nous ?

Vendredi 29 juillet

Sainte Marthe (1er siècle). Fêtée huit jour après sa sœur, Marie Madeleine, elle est, avec son frère Lazare, une intime de Jésus. Elle représente l'activité, alors que sa sœur représente la contemplation.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (10, 38-42)

En ce temps-là, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut. 39 Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. »
Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

Méditation : Mon Seigneur et mon tout !

Le premier réflexe pourrait être de voir une compétition entre Marthe et Marie. Jésus, à la demande de Marthe, serait l'arbitre. Pourtant, une telle interprétation n'est pas satisfaisante : si compétition il y a, Jésus tranche en faveur de Marie. Marthe aurait-elle tort de se consacrer au service ? Jésus et Marie ne bénéficient-ils pas du cadre que Marthe crée par ses efforts ? En accueillant Jésus, Marthe reconnaissait qu'il était bon de passer du temps avec lui. Mais à cause du souci du service, elle en est venue à oublier ce qui était la meilleure part de cet accueil : dans son agitation, elle en vient à souhaiter que Marie cesse de se concentrer sur Jésus pour l'aider. Cela ne rend pas ses efforts moins louables ou légitimes, mais la part que Marie a choisie reste meilleure. Jésus invite Marthe à sortir de l'esprit de comparaison. Elle se libérera alors de la frustration de voir Marie assise et se réjouira pour elle. Elle pourra donc servir son Seigneur comme elle l'entend, mais joyeusement, sans amertume... ou s'asseoir avec sa sœur.

Jeudi 28 juillet

Saint Samson (vers 490-565). A Dol-de-Bretagne, près de Saint-Malo, dans les terres, la tombe de ce moine gallois, évangélisateur de la Bretagne, constitue l'une des sept étapes du pèlerinage du Tro Breiz.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (13, 47-53)

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien. Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges sortiront pour séparer les méchants du milieu des justes et les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
« Avez-vous compris tout cela ? » Ils lui répondent : « Oui ». Jésus ajouta : « C’est pourquoi tout scribe devenu disciple du royaume des Cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l’ancien. » Lorsque Jésus eut terminé ces paraboles, il s’éloigna de là.

Méditation :  Béni soit le Seigneur !

Le tri des poissons n'est pas tâche aisée. Leur grande variété signifie que le Royaume des cieux n'a rien d'uniforme. Deux poissons très différents peuvent être délicieux l'un et l'autre. Prendre part à l'avènement du Royaume ne veut pas dire gommer nos différences. Si nous nous considérons bons, gardons-nous de cataloguer trop vite comme « moins bons poissons » ceux qui sont différents. Nous sommes certes plus malins que des poissons, et pouvons user un peu de notre jugement personnel. C'est d'ailleurs pour cette raison que Jésus prend le temps de nous expliquer le Royaume : explique-t-on aux poissons ce qui les rend bons ? Pour ceux qui risqueraient de voir en cette parabole un appel à la passivité, Jésus ajoute la comparaison au maître de maison. Il est bien responsable du tri. La nuance est qu'il est appelé à reconnaître le bon dans toute sa diversité. Cherchons activement et avec joie le Royaume de Dieu, et laissons les anges s'occuper du reste.

Mercredi 27 juillet

Saints Nathalie et Aurèle (morts en 852). Ce couple, Félix et son épouse Liliane, le diacre George furent décapités durant une persécution de l'émir Abd al-Rahman II, à Cordoue, en Andalousie.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (13, 44-46)

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ. Ou encore : Le royaume des Cieux est comparable à un négociant qui recherche des perles fines. Ayant trouvé une perle de grande valeur, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète la perle. »

Méditation : Au matin, j'acclamerai ton amour !

Le négociant ayant vendu tout ce qu'il possédait ne peut plus continuer sa quête de perles fines, puisqu'il n'aurait plus de quoi les acheter. Il n'en a pas besoin : il en a une d'une valeur suffisante pour pouvoir arrêter ses recherches qui définissaient pourtant son identité jusque-là. Pour se donner les moyens de choisir cette perle, il consent à renoncer à toutes les autres, y compris celles qu’il n'a pas encore découvertes. Le Royaume de Dieu est bon. Mais pour en vivre, il faut peut-être accepter de renoncer à chercher d'autres perles, si fines soient-elles, au nom de sa grande valeur. Cette valeur n'est peut-être pas immédiatement apparente : un champ où un trésor est enterré n'éblouit pas plus que le champ d'à côté. Pourtant, l'homme qui a su déceler cette richesse n'hésite pas une seconde. Il n'agit pas par calcul, mais par joie. La valeur du Royaume est telle qu'il n'y a nul besoin de peser le pour et le contre sur une balance d'épicier : la joie apparaissant au premier regard posé sur la perle ou le trésor est une boussole suffisamment fiable.

Mardi 26 juillet

Sainte Anne (1er siècle). Selon la tradition, elle est la mère de la Vierge Marie, qui est parfois représentée sur ses genoux. En 1602, elle est apparue à Auray, en Bretagne, où un sanctuaire lui est consacré.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (13, 36-43)

En ce temps-là, laissant les foules, Jésus vint à la maison. Ses disciples s’approchèrent et lui dirent : « Explique-nous clairement la parabole de l’ivraie dans le champ. »
Il leur répondit : « Celui qui sème le bon grain, c’est le Fils de l’homme ; le champ, c’est le monde ; le bon grain, ce sont les fils du Royaume ; l’ivraie, ce sont les fils du Mauvais. L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable ; la moisson, c’est la fin du monde ; les moissonneurs, ce sont les anges. De même que l’on enlève l’ivraie pour la jeter au feu, ainsi en sera-t-il à la fin du monde. Le Fils de l’homme enverra ses anges, et ils enlèveront de son Royaume toutes les causes de chute et ceux qui font le mal ; ils les jetteront dans la fournaise : là, il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Méditation : Délivre-nous du mal !

La parabole du semeur nous présente comme la terre qui accueille les graines de la Parole. Elle est immédiatement par celle de l'ivraie. Cette fois-ci, les graines sont Fils du Royaume, semées par le Fils de l'homme sur monde. Prises ensemble, ces deux images se complètent admirablement. Nous sommes « semés » dans le monde par Jésus. Nous tombons dans le champ, où nous entrons en concurrence avec l'ivraie. Les forces contraires au message de l'Evangile sont nombreuses. Le bon et le mauvais sont tellement entremêlés qu'il nous est impossible d'éviter la cohabitation avec le mal. Ce mal peut être à l'intérieur de nous ou peut dépendre du contexte où nous sommes, c'est ce que nous apprenait la parabole du semeur. L'éradication du mal est au-dessus de nos forces, ce sera un travail pour les moissonneurs. En attendant, tenons bon ! Ne nous laissons pas vaincre par le désespoir. Là où règnent l'injustice et la violence, tentons de maintenir des petites lueurs de fraternité et de paix. Les moissonneurs sauront bien sauver ces petites graines et en faire quelque chose. Essayons de voir la valeur de chaque épi de bon grain : même encerclé par l'ivraie, il n'en vaut pas moins la peine.

Lundi 25 juillet

Saint Jacques le Majeur (mort vers 44). Apôtre de Jésus et frère de Jean, il fut martyrisé en Terre Sainte. Son corps, mis sur une barque, aurait dérivé jusqu'à l'Espagne qu'il avait évangélisée.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (20, 20-28)

En ce temps-là, la mère de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, s'approcha de Jésus avec ses fils Jacques et Jean, et elle se prosterna pour lui faire une demande. Jésus lui dit : « Que veux-tu ? » Elle répondit : « Ordonne que mes deux fils que voici siègent, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ton Royaume. » Jésus répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » Ils lui disent : « Nous le pouvons. » Il leur dit : « Ma coupe, vous la boirez ; quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. »
Les dix autres, qui avaient entendu, s’indignèrent contre les deux frères. Jésus les appela et dit : « Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave.
Ainsi, le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

Méditation : Seigneur, enseigne-moi l'humilité !

La réaction des 10 nous fait sourire. De quoi s'indignent-ils au juste ? Y a-t-il, au fond, une compétition plus ou moins implicite entre les disciples pour savoir qui sera le mieux placé ? Dans cette compétition, la mère de Jaques et Jean a-t-elle manqué de fair-play ? Jésus vient les rejoindre dans leurs grommellements pour les mettre en garde. Si compétition il y a, elle ne se fait pas selon les règles habituelles. La volonté d'être grand, d'être le meilleur disciple, n'a rien de mauvais en soi. Jésus ne disqualifie pas Jacques et Jean à cause de leur envie d’être à ses côtés ! En revanche, il leur fait comprendre que le chemin sur lequel ils s'engagent n'a rien d'ordinaire. Jésus est difficile à suivre : il part dans la direction opposée à laquelle on s'attendrait voir un maître partir. Il devient humble serviteur. Pour l'accompagner sur ce chemin, nous devons faire taire notre orgueil et notre désir, bien humain, de domination. C'est là une tâche ardue. Pour y parvenir, le désir de rester auprès de Jésus est indispensable. Nous pouvons y puiser le courage de nous faire petits, comme lui.

Dimanche 24 juillet

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (11, 1-13)

Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. »
Il leur répondit : « Quand vous priez, dites : Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne.
Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour.
Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes, nous pardonnons aussi à tous ceux qui ont des torts envers nous. Et ne nous laisse pas entrer en tentation.»
Jésus leur dit encore : « Imaginez que l’un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander : “Mon ami, prête-moi trois pains, car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir.” Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : “Ne viens pas m’importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose.” Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut. Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira.
En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira. Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ? ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

Méditation :

Jésus invite ses disciples à faire une expérience de prière en les mettant directement en communication avec le Père. C'est là que réside la nouveauté de la prière chrétienne ! Celle-ci est un dialogue entre des personnes qui s'aiment, fondé sur la confiance, soutenu par l'écoute et ouvert à une alliance. C'est un dialogue du Fils avec le Père, des enfants avec leur Père. En nous enseignant le Notre Père, Jésus nous fait entrer dans la paternité de Dieu sur un chemin de confiance filiale. Il arrive que l'on soit distrait en prononçant ses paroles mais, souvent, nous sentons comme l'envie de nous arrêter sur le premier mot : « Père » et de sentir cette paternité dans notre cœur. Jésus raconte ensuite la parabole de l'ami importun et dit : « Il faut insister dans la prière, » Nous, dans le Notre Père, si nous nous arrêtons sur le premier mot, nous ferons la même chose que lorsque nous étions enfants. Nous attirerons le regard de notre père. Disons « Père, Père » et Il nous regardera.

D'après le pape François (angélus du 28 juillet 2019)

Samedi 23 juillet

Sainte Brigitte de Suède (1303-1373). Cette aristocrate suédoise devenue veuve s'installa à Rome. Elle y vécu radicalement l’Évangile. Elle œuvra pour que les papes reviennent d'Avignon à Rome.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (15, 1-6)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »

Méditation : Demeure en moi pour que je porte du fruit !

Que signifie être disciple de Jésus ? Cela implique plus qu’accepter une liste de principes philosophiques et respecter un code de conduite. Disciples, nous sommes appellés à être liés à Jésus comme le sarment est lié à la vigne. Il est impossible de séparer le sarment de la vigne. Plus précisément, le sarment qui se sépare de la vigne n'est plus qu'un morceau de bois tordu, il ne peut rien faire. Mais, tant qu'il reste attaché au cep qui lui a permis de naître et de croître, il recevra tout ce dont il a besoin pour porter du fruit et donner du sens à son existence. Disciples de Jésus, nous comprenons que notre vie elle-même dépend de ce lien. Le souffle qui nous permet de tenir dans l'existence sans nous dessécher nous est transmis par Jésus, comme la sève est transmise aux sarments. À ce propos, hier nous voyions les larmes de Marie Madeleine. Si elle pleurait, c'est qu'elle croyait que cette source de vie s'était tarie. Le travail principal d'un sarment est de rester attaché à la vigne     – « Demeurez en moi. » La vie qu'il en recevra, couplée aux soins attentifs du vigneron, lui permettra de donner du fruit.

Vendredi 22 juillet : sainte Marie-Madeleine

(1er siècle). Elle suivit Jésus qui la délivra de sept démons et fut, au matin de Pâques, le premier témoin de la Résurrection. Le pape François a érigé sa mémoire en fête liturgique.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 1.11-18)

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus.
Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. » Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit

Méditation : Seigneur Jésus, ma force !

Les larmes de Marie Madeleine sont touchantes. Elles témoignent de l'importance que son « Maître » avait pris dans sa vie. Pour mériter ces larmes, Jésus devait être bien plus qu'un bon professeur, qu'un dispensateur fiable de vérités théologiques ou qu'un orateur capable de comparaisons astucieuses sur le Royaume des cieux. Pour se faire reconnaître, Jésus se réfère à ce qu'il y a de plus important dans leur relation. Il appelle Marie par son nom. Il reconnaît qu'un lien personnel existe entre eux deux. Jésus la connaît. Pourtant, sitôt cette intimité à nouveau affirmée, il marque une distance. « Ne me retiens pas, mais va. » Cette relation personnelle avec Jésus, si profonde qu'elle peut émouvoir Marie aux larmes, n'est juste que si elle renvoie vers les autres. Du « tu », il passe au « vous ». C'est là le mystère de la relation au Christ. Il se donne totalement pour chacun de nous, et peut être le soutien le plus fidèle, le plus intime qui soit. Pourtant, cette relation n'a rien d'exclusif. Au contraire, au plus profond de cette relation retentit un appel : « Va ! Va trouver mes frères, et réjouissez-vous ensemble ! »

Jeudi 21 juillet

Saint Laurent de Brindisi (1559-1619). Ce capucin italien, grand prédicateur, participe à la défense de la chrétienté contre les Ottomans en Hongrie. Avec d'autres frères, ils montaient au front, portant de grandes croix et encourageant les soldats.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (13, 10-17)

En ce temps-là, les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »
Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là. À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a. Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre. Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : ‘Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai.’ Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent !
Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »

Méditation : En toi, Seigneur, est la source de la vie !

Nous ne sommes pas tous égaux dans notre compréhension de Dieu. Jésus décrit un peuple qui se couvre les yeux et se bouche les oreilles parce qu'il a peur de devoir se convertir. C'est une situation qui nous guette tous. C'est ce que décrit d'ailleurs la parabole du semeur, qui précède immédiatement ce passage. Si nous refusons parfois d'écouter certaines paroles, c'est parce qu'elles mettent en question notre manière de vivre. Quand cet appel à une conversion nous semble aller trop loin, être trop radical, la tentation de se boucher les oreilles pour continuer à vivre tranquille est grande. Pourtant, il y a un espoir. Jésus nous le promet : « Moi, je les guérirai ! » Il part à la rencontre de ce peuple qui n'est plus à l'écoute, pour le guérir en lui donnant des paroles qu'il sera en mesure d'entendre. C'est une invitation à reprendre le chemin de conversion. Bon berger, Jésus n'hésitera pas à partir loin pour chercher la brebis qui avait refusé d'écouter sa voix.

Mercredi 20 juillet

Saint Elie (IXe siècle avant J.-C.). Ce prophète fut enlevé au ciel sur un char de feu à la fin de sa vie. Deux de ses paroles définissent la spiritualité carme : « Il est vivant, le Seigneur devant qui je me tiens » et « Je brûle de zèle pour le Seigneur Dieu de l'univers »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (13, 1-9)

Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer. Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage. Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer. Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger. D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde. Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché. D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés. D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »

Méditation : Seigneur, mon Dieu, tu es mon espérance !

En lisant ce texte, nous nous prenons peut-être à espérer être classés parmi ceux qui sont la bonne terre, celle qui accueille le mieux la graine du semeur. Une autre possibilité est celle de nous frapper la poitrine, culpabilisant, car nous sommes trop conscients que nous en sommes bien loin : nombreux sont les obstacles qui nous empêchent d'accueillir la Parole de Dieu comme elle le mérite et l'exige. La vérité est probablement entre les deux. Les paroles de Dieu sont nombreuses. Nous en accueillons probablement certaines avec joie, voire facilité. D'autres tombent dans des coins plus pierreux de notre âme, ou se retrouvent en compétition directe avec les ronces foisonnantes de nos distractions, de nos faiblesses. Enfin, notre entourage peut aussi comporter des oiseaux qui interceptent certaines paroles bien précises, en nous empêchant de les prendre au sérieux et de les laisser prendre racine en nous. Réjouissons-nous des paroles qui, déjà, poussent et donnent du fruit dans notre vie. Et que cette joie nous donne le courage de nous attaquer aux endroits moins soignés de notre jardin intérieur.

Mardi 19 juillet

Vénérable Jacques Sévin (1882-1951). C jésuite a adapté au catholicisme le mouvement créé par Baden-Powel et ainsi fondé le scoutisme en France. Il sut se retirer pour laisser vivre son oeuvre.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (12, 46-50)

En ce temps-là, comme Jésus parlait encore aux foules, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler.
Quelqu’un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là, dehors, qui cherchent à te parler. » Jésus lui répondit : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? » Puis, étendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Car celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

Méditation : Non pas ma volonté, mais Ta volonté !

Le rejet de Jésus qui est apparu régulièrement tout au long des chapitres 11 et 12 atteint son sommet dans les versets qui précédent immédiatement l'Évangile de ce jour. A deux reprises (12, 39 et 12, 45), Jésus a parlé de « génération mauvaise ». L'impression d'un fossé qui s'élargit domine. Alors la question se pose: ce Jésus qui parait tellement isolé, à qui appartient-il et qui sont ceux qui lui appartiennent ? On s'appliquait, à l'époque de Jésus et peut-être plus encore du temps de Matthieu, après la destruction du Temple, à préciser les critères d'appartenance au peuple de Dieu. Selon Jésus, ce n'est pas une question de géographie, de naissance ou de pratiques. Un seul critère compte : le Fils se reconnaît en ceux qui font la volonté du Père. Voilà sa véritable famille. Il y a un « air de famille » chez ceux qui se laissent habiter par le même élan qui portait le Fils à chercher en tout la volonté de son père.

Lundi 18 juillet

Saint Frédéric (mort en 838). Cet évêque d’Utrecht, aux Pays-Bas, fut nommé par le fils de Charlemagne. L'impératrice à qui il reprochait sa conduite débauchée le fit assassiner. Il eut le temps de pardonner à ses meurtriers.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (12, 38-42)

En ce temps-là, quelques-uns des scribes et des pharisiens adressèrent la parole à Jésus : « Maître, nous voudrions voir un signe venant de toi. » Il leur répondit : « Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe, mais, en fait de signe, il ne lui sera donné que le signe du prophète Jonas. En effet, comme Jonas est resté dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits, le Fils de l’homme restera de même au cœur de la terre trois jours et trois nuits.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que cette génération, et elle la condamnera ; en effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon. »

Méditation : Affermis ma foi !

Pourquoi se référer à Jonas ? Les trois jours et trois nuits dans le ventre du monstre marin ne peuvent que faire penser à la mort de Jésus et à sa résurrection. Jésus est lui-même le signe que Dieu donne. Il n'y a pas à en chercher d'autres. En lui se vérifie que le projet de Dieu s'accomplit malgré les résistances humaines. Même en fuyant l'appel de Dieu qui l'envoie à Ninive, Jonas malgré lui, finit par arriver dans la cité tant méprisée. Contre toute attente, celle-ci se convertit. Et cette conversion improbable de la ville impie est du plus grand intérêt pour Matthieu. N'est-ce pas ce qu'il se passe avec l'annonce de la résurrection de Jésus ? Puisque les nations païennes se mettent à croire, alors que le peuple élu résiste, ce sont les hommes de Ninive et la reine de Saba (entendons : les païens) qui jugeront cette génération. Matthieu n'est pas tendre avec scribes et pharisiens. Son langage trahit le durcissement d'un conflit avec les responsables du judaïsme de l'époque. Minoritaire, la communauté chrétienne subit des persécutions et se défend. Mais prenons garde à ne pas devenir à notre tour des scribes et des pharisiens.

Dimanche 17 juillet

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (10, 38-42)

En ce temps-là, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut. Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. »
Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses. Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

Méditation :

Marie de Béthanie aux pieds de Jésus manifeste l'attitude priante de celui qui sait rester en présence du Maitre Pour l’écouter et entrer en harmonie avec lui. Il s'agit de faire une pause, pour faire de la place au Seigneur et trouver le courage de rester « à l'écart » avec lui, pour ensuite revenir, avec plus de sérénité et d'efficacité, aux choses du quotidien. En louant le comportement de Marie, Jésus semble nous dire : « Ne te laisse pas emporter par les choses à faire, mais écoute avant tout la voix du Seigneur pour bien accomplir les tâches que la vie t'assigne. Ensuite, Luc nous dit que c'est Marthe, absorbée dans ses tâches, qui a accueilli Jésus, Jésus ne condamne pas son attitude du service, mais seulement l'anxiété avec laquelle elle la vit. C'est pourquoi dans la mesure où elle sert, elle est aussi un exemple pour nous. Nous devons faire en sorte que, dans nos familles, dans nos communautés, se vive le sens de l'accueil, de la fraternité, que chacun se sente « chez lui », en particulier les petits et les pauvres... La sagesse du cœur réside dans la capacité de conjuguer la contemplation et l'action. Si nous voulons goûter la vie avec joie, nous devons associer ces deux attitudes.

D'après le pape François (angélus du 21 juillet 2019)

Samedi 16 juillet : Notre Dame du mont Carmel

Sur le Carmel, le prophète Élie ramena le peuple d'Israël à l'adoration du Dieu vivant. Des ermites prirent sa suite au temps des croisades. De là naquit l'ordre du Carmel qui s’implanta en Occident sous le patronage de la Mère de Dieu. Ce jour est aussi une fête pour ceux qui portent le scapulaire.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (12, 14-21)

En ce temps-là, une fois sortis de la synagogue, les pharisiens se réunirent en conseil contre Jésus pour voir comment le faire périr. Jésus, l’ayant appris, se retira de là ; beaucoup de gens le suivirent, et il les guérit tous. Mais il leur défendit vivement de parler de lui.
Ainsi devait s’accomplir la parole prononcée par le prophète Isaïe : “Voici mon serviteur que j’ai choisi, mon bien-aimé en qui je trouve mon bonheur. Je ferai reposer sur lui mon Esprit, aux nations il fera connaître le jugement. Il ne cherchera pas querelle, il ne criera pas, on n’entendra pas sa voix sur les places publiques. Il n’écrasera pas le roseau froissé, il n’éteindra pas la mèche qui faiblit, jusqu’à ce qu’il ait fait triompher le jugement. Les nations mettront en son nom leur espérance.”

Méditation : Prends pitié de nous, Seigneur !

Pourquoi vouloir faire périr celui qui ne fait que le bien partout où il passe ? Incontestablement quelque chose ne va pas dans le cœur de l'homme. La guérison est là pour tous, mais tous ne s'approchent pas pour la recevoir. Ceux qui s'enferment dans leur refus complotent contre le médecin car sa présence met en lumière la maladie qui les afflige. C'est dans ce contexte que Matthieu introduit la plus longue citation de son Évangile. Elle est soigneusement choisie en Isaïe, prophète que des chrétiens n'ont pas tardé à appeler « le cinquième Évangile », tant il éclaire la personne, les choix, le comportement et le destin de Jésus. Le verset qui précède la citation indique l'intérêt que porte Matthieu à l'effacement de Jésus : « Il leur défendit vivement de parler de lui. » Ces mots soudés à la citation d'Isaïe ne laissent aucun doute quant à la discrétion de Jésus : loin d'être un signe d'échec, elle est intentionnelle. Il le sait : ce n'est pas en s'imposant qu'il révélera le Père.

Vendredi 15 juillet

Saint Bonaventure (1221-1274). Guéri, enfant, par l'intercession de François d'Assise, ce fils de médecin devint franciscain lors de ses études à Paris. Il est un éminent théologien.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (11, 28-30)

En ce temps-là, un jour de sabbat, Jésus vint à passer à travers les champs de blé ; ses disciples eurent faim et ils se mirent à arracher des épis et à les manger.
Voyant cela, les pharisiens lui dirent : « Voilà que tes disciples font ce qu’il n’est pas permis de faire le jour du sabbat ! »
Mais il leur dit : « N’avez-vous pas lu ce que fit David, quand il eut faim, lui et ceux qui l’accompagnaient ? Il entra dans la maison de Dieu, et ils mangèrent les pains de l’offrande ; or, ni lui ni les autres n’avaient le droit d’en manger, mais seulement les prêtres. Ou bien encore, n’avez-vous pas lu dans la Loi que le jour du sabbat, les prêtres, dans le Temple, manquent au repos du sabbat sans commettre de faute ? Or, je vous le dis : il y a ici plus grand que le Temple.
Si vous aviez compris ce que signifie : Je veux la miséricorde, non le sacrifice, vous n’auriez pas condamné ceux qui n’ont pas commis de faute. En effet, le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

Méditation : Seigneur, sauve-moi !

Plusieurs controverses remplissent ce chapitre 12 de Matthieu. Les deux premières ont pour objet le sabbat. Le sabbat est un « marqueur » fort de l'identité du peuple juif. Matthieu tient à montrer que la séparation des disciples de Jésus avec le courant majoritaire du judaïsme, sans doute de plus en plus palpable au moment où il écrit son Évangile, n'est pas advenue par un manque de fidélité à ses racines. Selon Matthieu, le véritable sens du sabbat s'exprime dans l'action de Jésus. Si on veut unir la fin du chapitre 11 avec ce chapitre, on pourra dire que Jésus y détend encore les « petits » dont il a parlé. Ils ne sont en rien « coupables ». La hantise du permis et du détendu aveugle sur l'essentiel. Alors, les accusations pleuvent. L'essentiel, Jésus le discerne dans la parole d'Osée: « Je veux la miséricorde, non le sacrifice ». L'action que Jésus déploie le jour de sabbat n'est rien d'autre qu'une expression de la miséricorde divine. Si le lecteur veut apprendre à son tour à discerner l'essentiel, il laissera le « maître du sabbat » et celui qui est plus grand que le Temple » lui enseigner ce qui est au cœur des Écritures. En Jésus, liberté et fidélité coïncident.

Jeudi 14 juillet

Saint Camille de Lellis (1550-1614). Cet ancien aventurier, soldat et joueur, découvrit le monde de l'hôpital quand il fut soigné. Il fonda alors l'ordre des Camilliens, clercs réguliers au service des malades.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (11, 28-30)

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Méditation : Loué sois-tu, Seigneur !

Voici un des plus beaux textes de l’Évangile de Matthieu. Lui qui accorde une telle place à l'accomplissement de la Loi en son intégralité, jusqu'à son dernier iota est en même temps celui qui parle du repos offert par le Christ pour ceux qui prendront sur eux son joug. Aucun autre évangéliste n'a eu cette audace, faisant entendre des accents christiques d'une sollicitude sans égale. Les auditeurs de Jésus connaissaient l'image du joug pour parler de la Loi de Dieu. Il faut se méfier d'une vision du Premier Testament qui le réduit à un légalisme pointilleux et sans âme. Ce légalisme a existé : Jésus s'y est opposé, s'en prenant parfois avec véhémence à ceux qui «lient de pesants fardeaux et les mettent sur les épaules des hommes » (Matthieu 23, 4). Mais son opposition vient précisément du fait que ce légalisme défigure ce qui a été donné au départ. Selon le livre des Nombres, « Moise était un homme très humble, plus qu'aucun homme sur terre » (12,3). Voici maintenant celui au sujet duquel Moise a écrit (Jean 5, 46). Répondre à son invitation, « Venez », c'est déposer sa fatigue, mais c'est aussi découvrir celui qui sait conjuguer repos et exigences les plus radicales.

Mercredi 13 juillet

Saint Henri (973-1024). Cet empereur romain germanique refusa de répudier sa femme qui ne pouvait pas avoir d'enfants. Il guerroya pour l'unité du Saint Empire et soutint la réforme des moines de Cluny.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (11, 25-27)

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »

Méditation : Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange !

Pour Jésus, le Père est dans le réel. Il ne peut imaginer qu’il soit loin de ce que son Fils traverse. Or ce que le Fils connaît à ce moment précis de sa vie, ce sont des refus répétés de croire en lui, des rejets en cascade. Faut-il réagir à ces refus par l'amertume qui accompagne si souvent le sentiment d'échec ? Se résigner en avouant : « Cela ne s'est pas passé comme prévu >> ? Rien de tout cela dans ces paroles de Jésus. Mais ce que l'on trouve a de quoi nous étonner : un émerveillement et une louange. Le Fils reconnaît et saisit ce qui est « typique » de son Père : Il ne s'impose pas. Il est caché. Il aime se révéler aux tout-petits, c'est-à-dire à ceux et à celles à qui notre monde n'accorde pas beaucoup d'importance. Seule la foi peut parler ainsi. La foi et la connaissance que le Fils a du cœur du Père. Il le sait : les refus n'invalident pas la place du Fils. C'est à Lui de révéler la bouleversante humilité de Dieu.

Mardi 12 juillet

Saint Olivier Plunket (1629-1681). Les anglicans volaient la terre des Irlandais catholiques envahis. Primat d'Irlande joyeux et zélé, Olivier fut exécuté pour complot. Il pardonna à ses calomniateurs.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (11, 20-24)

En ce temps-là, Jésus se mit à faire des reproches aux villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas converties : « Malheureuse es-tu, Corazine ! Malheureuse es-tu, Bethsaïde ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous avaient eu lieu à Tyr et à Sidon, ces villes, autrefois, se seraient converties sous le sac et la cendre. Aussi, je vous le déclare : au jour du Jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins sévèrement que vous.
Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu’au ciel ? Non, tu descendras jusqu’au séjour des morts ! Car, si les miracles qui ont eu lieu chez toi avaient eu lieu à Sodome, cette ville serait encore là aujourd’hui. Aussi, je vous le déclare : au jour du Jugement, le pays de Sodome sera traité moins sévèrement que toi. »

Méditation : Fais-moi revenir à toi, Seigneur !

Nous lisons l'Évangile de Matthieu en continu depuis plusieurs semaines. Il est bon de l'envisager ainsi et de mettre cet extrait en contexte. Les chapitres 11 et 12 de l’Évangile de Matthieu contiennent des nouveautés importantes par rapport aux chapitres précédents. Le lecteur ne peut qu'être frappé par la place qu'occupent le rejet de Jésus et les refus de croire en lui. Le texte d'aujourd'hui en est un exemple. Or, ce qui pourrait être perçu comme étant purement négatif finira par apporter une lumière non seulement sur l'identité de Jésus, mais encore sur celle du Père. Pour cela il faudra attendre la fin du chapitre 11. Par ailleurs, les controverses qui font leur apparition au chapitre 12, indiquent qu'une nouvelle étape a commencé dans la vie de Jésus. Ce n'est sans doute pas pour rien que Jean le Baptise a refait surface au début du chapitre 11. Il était présent au chapitre 3 quand la voix du Père se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu'il m'a plu de choisir. » Jean reparaît à cette nouvelle étape où Jésus est contesté. Que le Christ puisse être objet de scandale, c'est-à-dire de manque de foi, ne fait pas échouer le dessein. Il le conduit à une profondeur nouvelle.

Lundi 11 juillet

Saint Benoît de Nursie (480-547). Étudiant, il fuit Rome pour chercher Dieu dans la solitude. Des disciples viennent à lui. Il écrit une règle centrée sur la prière, le travail et la vie fraternelle qui fait autorité.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (19, 27-29)

En ce temps-là, Pierre prit la parole et dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? »
Jésus leur déclara : « Amen, je vous le dis : lors du renouvellement du monde, lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire, vous qui m’avez suivi, vous siégerez vous aussi sur douze trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Et celui qui aura quitté, à cause de mon nom, des maisons, des frères, des sœurs, un père, une mère, des enfants, ou une terre, recevra le centuple, et il aura en héritage la vie éternelle. »

Méditation : Seigneur, sauve-moi !

Ce récit est la suite immédiate de l'échange entre Jésus et le jeune homme riche. Ce dernier, incapable de se défaire de ses grands biens, s'éloigne du Christ. Une parole de Jésus sur la difficulté pour un riche d'entrer dans le Royaume de Dieu avait alors effrayé les disciples, suscitant leur question : « Qui donc peut être sauvé ? » Jésus répondait : « Aux hommes c'est impossible, mais à Dieu tout est possible. » Peut-être faut-il garder cette parole à l'esprit en lisant les derniers versets de cet Évangile. Si la question de Pierre peut se comprendre, la logique de la récompense obscurcit plus qu'elle n'éclaire ce qui se passe autour de Jésus. On peut avoir tout quitté pour suivre le Christ, fait des choix coûteux mais ce n'est pas pour accumuler des mérites qui donneraient droit aux meilleures places dans le Royaume. La parabole qui suit sur les ouvriers de la onzième heure ne laisse aucun doute à ce sujet. Et s'il arrive au disciple, faible dans la foi, d'éprouver le vertige d'avoir tout quitté - femme, enfants, biens matériels -, voici qu'il lui est offert de connaître un autre vertige : celui d'approcher le Messie et se savoir invité à partager la vie divine.

Dimanche 10 juillet

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (10, 25-37)

En ce temps-là, voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? » L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. » Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. » Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »
Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort. Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté. De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.
Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion. Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.”
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? » Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

Méditation :

Ce n'est pas par hasard que Jésus donne le bon rôle à un Samaritain. Il montre ainsi que même un étranger, qui ne connaît pas le vrai Dieu, peut se comporter selon sa volonté, en éprouvant de la compassion pour son frère. Et cet homme, en aimant son frère comme lui-même, montre qu'il aime Dieu de tout son cœur. Puis Jésus s'adresse au docteur de la loi qui lui avait demandé : « Qui est mon prochain ? » De cette façon, il nous fait comprendre que ce n'est pas nous qui, selon nos critères, définissons qui est notre prochain, mais c'est la personne dans le besoin qui peut reconnaître « qui a exercé la miséricorde envers lui ». Être capables d'avoir de la compassion, voilà la clé. Si tu ne ressens pas de compassion, si ton cœur ne s'émeut pas, cela veut dire que quelque chose ne va pas. La capacité de compassion est devenue la pierre de touche du chrétien, et même de l'enseignement de Jésus. Jésus lui-même est la compassion du Père envers nous. La miséricorde envers une vie humaine dans le besoin est le véritable visage de l'amour. C'est ainsi que l'on devient de véritables disciples de Jésus.

D'après le pape François (angélus du 14 juillet 2019)

Samedi 9 juillet

Saintes Martyres d'Orange (mortes en 1794). A Orange, 52 religieuses du Vaucluse et de la région d'Avignon furent exécutées, accusées « d'avoir voulu détruire la République par le fanatisme et la superstition »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (10, 24-33)

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. Il suffit que le disciple soit comme son maître, et le serviteur, comme son seigneur. Si les gens ont traité de Béelzéboul le maître de maison, ce sera bien pire pour ceux de sa maison.
Ne craignez donc pas ces gens-là ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu. Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits. Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps. Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille.
Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux. Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

Méditation : Chasse toute peur de mon cœur !

Le plus grand obstacle à la mission est la peur. S'ils y cèdent, les disciples déserteront. Ils se disperseront et abandonneront la tâche qui leur est confiée. Matthieu fait comprendre que dans les persécutions qui se déchaînent il n'y a rien d'anormal. Simplement les disciples deviennent conformes à leur maître. À certaines époques de l'histoire, cette page de l'Évangile éclaire une expérience vécue, qui n'est pas éloignée du quotidien des disciples de Jésus. Mais l'épreuve de la persécution n'est pas forcément la mise à mort physique ou l'emprisonnement. La peur aujourd'hui peut avoir d'autres motifs. Prenons-nous conscience que certaines pressions que nous ne voyons même plus nous font taire notre foi ? Il importe de savoir résister à la peur car « rien n'est voilé qui ne sera dévoilé, rien n'est caché qui ne sera connu ».

Vendredi 8 juillet

Saints Aquila et Priscille (1er siècle). Ce couple de confession juive fabriquait des tentes, comme saint Paul.Chassés de Rome par un édit de l'empereur Claude, ils devinrent ses disciples (Actes 18, 2)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (10, 16-23)

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes. Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues. Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens. Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là. Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous.
Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort. Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. » Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra. »

Méditation : Jésus, j'ai confiance en toi !

Matthieu veut faire comprendre à son lecteur que tout ce que Jésus a dit aux Douze est d'actualité pour une nouvelle génération de croyants. Il peut ainsi fusionner deux moments de l'histoire : ce qu'il s'est passé autour de Jésus avant sa mort et sa résurrection, et ce qu'il se passe maintenant pour une communauté persécutée. Il n'était sans doute pas question de persécution pour le groupe nage que Jésus envoya au-devant de lui en Galilée, même si les disciples pouvaient déjà être mal reçus. Mais peu importe pour Matthieu. Ce que ses contemporains vivent environ un demi-siècle après la mort de Jésus est à lire à la lumière de ce que Jésus a vécu avec les Douze. On peut noter à ce sujet que si << Douze » et « disciples » vont de pair d'abord, à la fin du chapitre, il n'est plus question que de « disciples ». Tout disciple aura compris que les paroles prononcées par Jésus sont pour lui. Et que dans l'expérience de rejet qu'il vivra selon la spécificité de son époque, il pourra compter sur les promesses de Jésus. L'hostilité n'est donc pas un signe que la mission est en train d'échouer. Au contraire !

Jeudi 7 juillet

Bienheureuse Maria Romero Meneses (1902-1977). Cette salésienne nicaraguayenne se voua à l'éducation des jeunes filles pauvres du Costa Rica. Elle répandit la dévotion à l'Eucharistie et à la Vierge Marie.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (10, 7-15)

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »
Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent.
Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. » Si l’on ne vous accueille pas et si l’on n’écoute pas vos paroles, sortez de cette maison ou de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds. Amen, je vous le dis : au jour du Jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins sévèrement que cette ville. »

Méditation : Fais de moi ton messager !

Que l'annonce du Royaume doive mobiliser l'être tout entier, cela s'exprime de plusieurs manières. Un comportement, une manière d'être au monde énoncent plus encore que les paroles que rien n'est plus important que le Règne de Dieu qui approche. C'est la priorité des priorités. Un sens de l'urgence caractérise le disciple de Jésus. Tout son comportement, sa manière d'être, ce à quoi il attache de l'importance, tout doit s'accorder à ce qui est devenu primordial. On le reconnaît encore à son sens de la gratuité. Il sait recevoir et donner gratuitement. La gratuité donne une légèreté. Car on ne peut être disciple de Jésus qu'en restant léger, en refusant de s'alourdir. Eviter non seulement le poids des biens matériels, qui entrave la marche, mais encore le ressentiment qui pourrait naître du rejet. Tout comme le détachement par rapport aux biens est la marque du disciple, la capacité de tout remettre à Dieu lorsque survient le rejet est un critère de discernement. On reconnaît un disciple à son refus de prendre la place de Dieu. Il ne juge pas. Il sait qu'il doit rester libre pour être porteur de paix.

Mercredi 6 juillet

Sainte Maria Goretti (1890-1902). Cette orpheline de 12 ans s'occupait de sa fatrie, refusa de céder aux avances d'un jeune homme, qui la poignarda. Il se convertit et assista plus tard à sa béatification.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (10, 1-7)

En ce temps-là, Jésus appela ses douze disciples et leur donna le pouvoir d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et toute infirmité. Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre ; André son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le publicain ; Jacques, fils d’Alphée, et Thaddée ; Simon le Zélote et Judas l’Iscariote, celui-là même qui le livra.
Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n’entrez dans aucune ville des Samaritains. « Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël. Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. »

Méditation : Rends-moi disponible pour la mission !

Jésus parle, agit. On reconnait en lui une autorité sans pareille. Mais voici qu'il souhaite préparer d'autres à avoir part à sa mission, en veillant à les équiper à cette fin. Un long discours, le deuxième de Jésus, occupe le chapitre 10 de cet Évangile. On pourrait légitimement s'attendre à ce que les apôtres s'exécutent dès la fin des instructions données par Jésus. Or, il n'en est rien. Ils ne partent pas. Après avoir longuement parlé, c'est Jésus lui-même qui repart sur les routes (Matthieu 11, 1). Les consignes données par Jésus sont peu nombreuses. On y repère toujours le même souci des souffrants, des tourmentés, des perdus. Il n'est pas question d'en abandonner un seul. Ne voit-on pas déjà poindre l'universalisme qui éclatera à la fin de ce même Evangile ? Si les paroles suivantes : Ne prenez pas le chemin qui mène vers les nations païennes et n'entrez dans aucune ville des Samaritains. Allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël » paraissent contredire une telle universalité, il faut se rappeler qu'Israël n'est jamais plus lui-même qu'en étant signe et invitation pour l'humanité entière, même si cet universalisme progresse par étapes. C'est la fidélité au Dieu de l'alliance qui ouvre à l'universalité.

Mardi 5 juillet

Saint Antoine-Marie Zaccaria (1502-1539). Ce médecin lombard devint prêtre, dénonça les abus dans l'Eglise, popularisa l'adoration eucharistique auprès des laïcs et la sonnerie des cloches le vendredi à 15 heurs.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (9, 32-38)

En ce temps-là, voici qu’on présenta à Jésus un possédé qui était sourd-muet. Lorsque le démon eut été expulsé, le sourd-muet se mit à parler. Les foules furent dans l’admiration, et elles disaient : « Jamais rien de pareil ne s’est vu en Israël ! » Mais les pharisiens disaient : « C’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. »
Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant l’Évangile du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité. Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues comme des brebis sans berger.
Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. »

Méditation : Que ton règne vienne !

« Voyant les foules, Jésus fut saisi de compassion envers elles. » Matthieu nous livre en ces quelques mots le ressort de l'action de Jésus. Il n'est pas là pour éblouir les foules par sa puissance et ses miracles. Exprimer la compassion de Dieu et faire advenir son Royaume voilà l'élan de sa vie. C'est à cette fin qu'il se lève le matin, passe de village en village. La foule ne s'y trompe pas. Elle saisit le lien entre les guérisons et la venue du Royaume : là où la compassion et l'amour agissent et s'étendent, le mal sous toutes ses formes ne peut que reculer et céder la place. Le Royaume, c'est là où l'amour règne. C'est le Royaume du Fils bien-aimé. Le plus grand prodige pour Matthieu, c'est que le Fils bien-aimé soit venu au milieu de nous, se rendant accessible à toute détresse humaine. Mais le Fils cherche des collaborateurs. Trouvera-t-il en nous des disciples capables de comprendre que la seule puissance dont Dieu fasse usage est celle d'aimer ?

Lundi 4 juillet

Sainte Élisabeth du Portugal (1271-1336). Femme du souverain portugais, elle œuvra pour la réconciliation entre le roi et des membres de sa famille. Veuve, cette reine attentive aux pauvres devint clarisse.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (9, 14-17)

En ce temps-là, tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant : « Ma fille est morte à l’instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. »
Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples. Et voici qu’une femme souffrant d’hémorragies depuis douze ans s’approcha par-derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna et, la voyant, lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t’a sauvée. » Et, à l’heure même, la femme fut sauvée.
Jésus, arrivé à la maison du notable, vit les joueurs de flûte et la foule qui s’agitait bruyamment. Il dit alors : « Retirez-vous. La jeune fille n’est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Quand la foule fut mise dehors, il entra, lui saisit la main, et la jeune fille se leva. Et la nouvelle se répandit dans toute la région.

Méditation : Mon Seigneur et mon Dieu !

Malheur sur malheur. D'abord, la mort d'une enfant, puis, avant que Jésus ne puisse parvenir jusqu'à elle, une femme malade depuis des années, d'une maladie considérée comme honteuse. Dans les deux cas, le texte fait état d'une grande foi en Jésus. Il suffit qu'il vienne poser sa main sur l'enfant et elle vivra. « Il suffit que je touche la frange de son vêtement et je serai guérie. » Il ne faut pas sous-estimer la présence du mal et de la souffrance dans le quotidien de Jésus. C'est bien notre condition humaine qu'il partage et rencontre au fil de ses déplacements. Si la mort et la maladie le cernent et le pressent, ces deux réalités, si souvent sources de découragement pour nous, finissent par céder devant lui. Ce n'est pas pour ses belles paroles qu'on parle de lui dans toute la région et qu'on accourt pour être en sa présence.

Dimanche 3 juillet

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (10, 1-12. 17-20)

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre. Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson. Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin. Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’ S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous. Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté. Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” » Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites : “Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.” Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville. »
Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. » Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair. Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire. Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

Méditation :

La requête de Jésus est toujours actuelle. Nous devons toujours prier le « maître de la moisson », c'est-à-dire Dieu le Père, pour qu'il envoie des ouvriers dans son champ qui est le monde. Et chacun de nous doit le faire avec un cœur ouvert, avec une attitude missionnaire, notre prière ne doit pas être limitée uniquement à nos besoins, à nos nécessités mais posséder également une dimension universelle. En envoyant les 72 disciples, Jésus leur donne des instructions précises, caractéristiques de la mission : priez ; allez et dites. Ces impératifs montrent que la mission se fonde sur la prière : elle n'est pas immobile, elle est itinérante ; qu'elle exige détachement et pauvreté ; qu'elle apporte la paix et la guérison, signes de la proximité du Royaume de Dieu ; qu'elle n'est pas prosélytisme, mais annonce et témoignage ; qu'elle demande aussi la franchise et la liberté évangélique de s'en aller en soulignant la responsabilité d'avoir rejeté le message du salut, mais sans condamnations. Si elle est vécue en ces termes, la mission de l'Église sera caractérisée par la joie. La joie intérieure, indestructible qui nait de la conscience d'être appelés par Dieu à suivre son Fils. La joie d'être ses disciples.

D'après le pape François (angélus du 7 juillet 2019)

Samedi 2 juillet

Saint Martinien (1er siècle). Saint Pierre, dont il fut le geôlier à Rome, lui fit découvrir la foi, qu'il professa dès lors jusqu'au martyre. Ses cendres se trouvent dans la basilique Saint-Pierre. 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (9, 14-17)

En ce temps-là, les disciples de Jean le Baptiste s’approchent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ? Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. Et personne ne pose une pièce d’étoffe neuve sur un vieux vêtement, car le morceau ajouté tire sur le vêtement, et la déchirure s’agrandit. Et on ne met pas du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres éclatent, le vin se répand, et les outres sont perdues. Mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le tout se conserve. »

Méditation : Louange à toi, Seigneur Jésus !

La présence de Jésus dans la vie de disciples est une raison de joie, une joie comparable à celle de jeunes mariés. Dieu peut accorder cette joie inouïe a tous ceux s'approchent de lui : « Car ton époux (...), son nom est "le Seigneur de l'univers” » (Isaïe 54, 5). Cette joie cède la place à la tristesse quand le cœur des disciples se laisse habiter par une religiosité légaliste ou une vision égoïste de relations dans le monde. Jésus nous invite à reconnaître sa présence rénovatrice, même aujourd'hui, au milieu du christianisme de notre époque. Cependant, la situation actuelle n'est pas celle de l'époque de Jésus. L'année dernière le pape François a appelé à jeûner pour l'Afghanistan, et des appels semblables ont été faits pour d'autres situations de détresse. Le jeûne corporel est un rappel que notre monde a constamment besoin de salut et que la présence du Christ peut amorcer des changements. « Voici que je fais toutes choses nouvelles » (Apocalypse 21, 5), affirme-t-il.

Vendredi 1er juillet

Saint Thierry (mort en 537). Le jour de ses noces, il perçut l'appel à la vie monastique. La nullité de son mariage non consommé fut reconnue par saint Rémi. Il fonda le monastère du mont d'Hor, près de Reims.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (9, 9-13)

En ce temps-là, Jésus sortit de Capharnaüm et vit, en passant, un homme, du nom de Matthieu, assis à son bureau de publicain (collecteur d'impôts). Il lui dit : « Suis-moi. » L'homme se leva et le suivit. Comme Jésus était à table à la maison, voici que beaucoup de publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) et beaucoup de pécheurs vinrent prendre place avec lui et ses disciples. Voyant cela, les pharisiens disaient à ses disciples : « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? »
Jésus, qui avait entendu, déclara : « Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Allez apprendre ce que signifie : ‘Je veux la miséricorde, non le sacrifice’. En effet, je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. »

Méditation : Ouvre grand mon cœur !

« Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les pécheurs ? » La question que posent les pharisiens au centre du récit permet d'accéder à un trait de personnalité de Jésus : il ne se contentait pas de rester, comme d'autres maîtres, entourés de disciples qui l'applaudissent ou apprennent de lui. Sa mission dépasse celle du professeur de religion. Il vient guérir, il vient justifier. Et les destinataires de son œuvre de salut nous surprennent aujourd'hui encore. Posons-nous cette question : est-ce que je connais des personnes qui ne semblent pas mériter le pardon de Dieu ? Eh bien, c'est surtout pour elles que Jésus vient. Dieu appelle chacun de nous par son nom, il ne regarde pas la condition, l'apparence ni les limites qui bornent notre horizon. Il peut partager la table avec tous. Cette réalité peut également prendre corps aujourd'hui à travers nous, lorsque nous osons nous laisser interpeller par son exemple d'accueil inconditionnel.

Jeudi 30 juin

Premiers martyrs de l’Église de Rome (morts en 64). Après avoir célébré Pierre et Paul, nous célébrons les chrétiens qui furent tués de façon atroce par Néron, qui les accusait de l'incendie de Rome.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (9, 1-8)

En ce temps-là, Jésus monta en barque, refit la traversée, et alla dans sa ville de Capharnaüm. Et voici qu’on lui présenta un paralysé, couché sur une civière. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Confiance, mon enfant, tes péchés sont pardonnés. »
Et voici que certains parmi les scribes se disaient : « Celui-là blasphème. » Mais Jésus, connaissant leurs pensées, demanda : « Pourquoi avez-vous des pensées mauvaises ? En effet, qu’est-ce qui est le plus facile ? Dire : “Tes péchés sont pardonnés”, ou bien dire : “Lève-toi et marche” ? Eh bien ! pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir, sur la terre, de pardonner les péchés… – Jésus s’adressa alors au paralysé – lève-toi, prends ta civière, et rentre dans ta maison. »
Il se leva et rentra dans sa maison. Voyant cela, les foules furent saisies de crainte, et rendirent gloire à Dieu qui a donné un tel pouvoir aux hommes.

Méditation : Affermis ma foi !

Il peut nous arriver de ne pas saisir ce qu'est le péché ou ce que change l'annonce d'un pardon de Dieu dans nos vies. De plus, nous ne comprenons pas toujours l'étendue du pardon que Dieu veut donner. Alors, comme les scribes, pouvons considérer comme blasphématoire le pardon accordé à certains. Le pardon divin est le rétablissement de la relation entre Dieu et une personne. Un tiers extérieur ne peut qualifier la qualité de cette relation. Pour les scribes, la Loi servait justement d'instrument de mesure donné par Dieu. Un pardon qui sortait de ce cadre n'était pas impossible, car Dieu est libre. Mais prétendre pouvoir le distinguer, ou, pis, le distribuer ? Voilà qui était considéré comme un blasphème. Jésus voit la foi de l'homme paralysé et souffrant. Il l'appelle à la confiance, puis lui donne le pardon. Ce regard et cette parole précèdent le pardon. En nous laissant regarder par Jésus et en mettant notre confiance en lui, des choses inattendues peuvent arriver. Comme dans toute relation, nous ne pouvons en prévoir les contours et les effets à l'avance. Enfermer Dieu dans des schémas peut être rassurant, mais est-ce encore Dieu ?

Mercredi 29 juin : solennité de saint Pierre et saint Paul

Le prince des apôtres et l'apôtre des nations moururent martyrs à Rome en 64 et 67. Ils ont fondé l’Église qui reçut par eux, la première annonce de la foi..

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (8, 18-22)

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! » Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux. Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »

Méditation : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant !

La situation de Pierre est paradoxale. L'Église immortelle est bâtie sur lui. Jésus lui a confié des « clés » d'une incroyable autorité. Pourtant, les épisodes où il se trompe sont nombreux. Il veut construire des tentes lors de la transfiguration, il coupe l'oreille d'un serviteur du grand prêtre, il exige de marcher sur l'eau (puis coule), renie le Maître... C'est néanmoins sur lui que Jésus s'appuie. À ses veux, ce qui compte, c'est la foi. Pierre ne l'a pas obtenue par de longues études, elle lui a été donnée par le Père. Son mérite est qu'il accepte de reconnaître et d'exprimer à haute voix cette vérité placée dans son cœur. Cela ne met même pas fin à ses maladresses. Son inquiétude qui s'exprimera dans la question « Voici, nous avons tout quitté pour te suivre ; qu'en sera-t-il pour nous ? » (Matthieu 19, 27) prouve qu'il ne comprend pas vraiment ce que Jésus lui promet. La foi en Christ est donc une base plus solide que les qualités humaines. Réjouissons-nous : le Royaume des Cieux ne semble pas réservé à une élite de surhommes ne commettant jamais d'erreurs. La qualité principale de son portier est de chercher constamment la relation avec Jésus et d'oser lui dire : « Jésus, tu es le Christ et tu sais que je t'aime. »

Mardi 28 juin

Saint Irénée de Lyon (v. 130-202). Né en Asie mineure, disciple de Polycarpe, il fut envoyé à l'église de Lyon en 157 et mourut martyr. Le pape l' nommé docteur de l’Église le 21 janvier 2022.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (8, 18-22)

En ce temps-là, comme Jésus montait dans la barque, ses disciples le suivirent. Et voici que la mer devint tellement agitée que la barque était recouverte par les vagues. Mais lui dormait. Les disciples s’approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous ! Nous sommes perdus. »
Mais il leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ? » Alors, Jésus, debout, menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. Les gens furent saisis d’étonnement et disaient : « Quel est donc celui-ci, pour que même les vents et la mer lui obéissent ? »

Méditation : Seigneur, sauve-nous !

La question de Jésus étonne. Devant la mer déchaînée qui commence à emplir la barque, il y a de quoi avoir peur ! Est t-il un fou qui ne prend pas le danger au sérieux ? Non, il faut plutôt comprendre qu'il ne mesure pas les événements comme nous. Dans la Bible, le pouvoir sur les forces de la nature est un attribut de Dieu. De plus, devant la perte imminente, seul Dieu peut offrir de l'aide. Mais ses possibilités et ses raisonnements quand il le fait n'ont rien de commun avec les nôtres. Ainsi, sa manière de réagir face aux tempêtes nous trouble. Nous sommes appelés à aller au-delà de ce trouble. Celui-ci ne doit pas nous empêcher de nous tourner vers Jésus, même maladroitement. En le réveillant par leur question, les disciples voulaient simplement que Jésus partage leur crainte, ils ont reçu un apaisement qu'ils n'avaient pas imaginé. Demander de l'aide à celui que nous ne comprenons pas peut être difficile ; être disciple, avoir la foi, c'est franchir ce pas.

Lundi 27 juin

Saint Cyrille (v. 380-v. 444). Patriarche d'Alexandrie, il fut l'artisan du concile d’Éphèse qui proclama Marie « Mère de Dieu » et affirma le dogme de l'unité de personne  dans l’Église.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (8, 18-22)

En ce temps-là, Jésus, voyant une foule autour de lui, donna l’ordre de partir vers l’autre rive. Un scribe s’approcha et lui dit : « Maître, je te suivrai partout où tu iras. » Mais Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » Un autre de ses disciples lui dit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Jésus lui dit : « Suis-moi, et laisse les morts enterrer leurs morts. »

Méditation : Que ta volonté soit faite !

Le scribe promet à Jésus qu'il le suivra partout. Cette promesse est bien courageuse : peut-il prévoir sur quels chemins un tel engagement le conduirait ? Les animaux sauvages et libres comme les renards ont des points fixes dans leur existence. Ce n'est pas le cas d'une vie à la suite du Christ. Dans sa forme la plus radicale, elle demande de renoncer à toute forme de sécurité. Ce chemin est tout sauf prévisible. Jésus fuit-il les foules ? Il refuse peut-être seulement de se contenter d'une relation prévisible, réglée et pratique, circonscrite à une zone bien précise. Il ne se rend d'ailleurs pas introuvable, puisqu'on le voit immédiatement discuter avec de nouveaux disciples potentiels. Les foules convergeront sur le point où elles pensent trouver Jésus. Il n'y sera pas. Ceux d'entre eux qui pensaient pouvoir prévoir ses mouvements seront déçus et feront l'expérience de son absence. Certains comprendront peut-être que pour trouver Jésus, il leur faudra « passer sur l'autre rive », accepter d'aller plus loin que ce qu'ils avaient prévu.

Dimanche 26 juin : 13e dimanche du temps ordinaire (C)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (9, 51-62)

Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem. Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? » Mais Jésus, se retournant, les réprimanda. Puis ils partirent pour un autre village.
En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. » Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. » Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. » Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. » Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. » Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

Méditation :

L'Évangile d'aujourd'hui met en lumière ce qui est demandé à celui qui veut suivre Jésus jusqu'au bout, totalement. Jésus nous indique que notre mission dans le monde est itinérante. L'Église est envoyée pour apporter l'Évangile dans les rues et rejoindre les périphéries humaines et existentielles. L'urgence de communiquer l'Évangile, qui brise la chaîne de la mort et inaugure la vie éternelle, n'admet pas de retards, mais demande rapidité et disponibilité. L'Église est donc itinérante, et là où l'Église est décidée, elle agit avec empressement, sur le moment, sans attendre. Suivre Jésus exclut des regrets et des regards en arrière, mais demande la vertu de la décision. La valeur de ces conditions posées par Jésus - itinérance, promptitude et décision - ne réside pas dans une série de « non ! » dits à des choses importantes de la vie. L'accent est plutôt mis sur l'objectif principal : devenir disciple du Christ ! Un choix libre et conscient, fait par amour, pour répondre à la grâce inestimable de Dieu, et non pas fait comme une façon de se promouvoir. Jésus veut que nous soyons passionnés par lui et par l'Evangile. Une passion du cœur qui se traduit par des gestes concrets de proximité envers nos frères qui ont le plus besoin d'accueil et d'attention. Comme il l'a lui-même vécu.

D'après le pape François (Angélus du 30 juin 2019)

Samedi 25 juin : fête du Cœur immaculé de Marie

Saint Prosper (mort vers 400). Ce théologien laïc, qui défendit la théologie de saint Augustin, fut un bel époux. « Qu'il ne nous suffise point d'être un seul corps, soyons aussi une seule âme », écrivait-il à son épouse.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 41-51)

Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.
À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher.
C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? ». Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.

Méditation : « Voici ta mère » (Jn 19, 27)

Marie nous regarde et nous aime en quelque sorte comme son fils et comme ses propres enfants, qui portent cette glorieuse qualité pour deux raisons. En premier lieu, parce qu'étant mère du Chef, de la tête, elle est par conséquent mère des membres (cf Col 2,19). En second lieu, parce que notre Sauveur, en la croix, nous a donnés à sa mère en qualité d'enfants. Il nous l'a donnée, non seulement en qualité de reine et de souveraine, mais en la qualité la plus avantageuse pour nous qui puisse s'imaginer, c'est à dire en qualité de mère, en disant à chacun de nous ce qu'il dit à son disciple bien-aimé : « Voilà votre mère ». Et il nous donne à elle, non pas seulement en qualité de serviteurs ou d'esclaves, ce qui serait un grand honneur pour nous, mais en qualité d'enfants.
« Voilà votre fils », lui dit-il, parlant de chacun de nous en la personne de saint Jean, comme s'il lui disait : « Voilà tous mes membres que je vous donne pour être vos enfants ; je les mets en ma place, afin que vous les regardiez comme moi-même, et que vous les aimiez du même amour dont vous m'aimez ; aimez les aussi comme je les aime ». Mère de Jésus, vous nous regardez et nous aimez comme vos enfants, et comme les frères de votre fils Jésus, et du même cœur ; et vous nous aimez et aimerez éternellement du même amour maternel dont vous l'aimez.
C'est pourquoi, mes frères, dans toutes vos affaires, nécessités, perplexités et afflictions, ayez recours à ce cœur de notre très charitable mère. C'est un cœur qui veille toujours sur nous et sur les plus petites choses qui nous touchent. C'est un cœur si plein de bonté, de douceur, de miséricorde et de libéralité, que jamais aucun de ceux qui l'ont invoqué avec humilité et confiance, ne s'en est retourné sans consolation. 

Saint Jean Eudes

Vendredi 24 juin : solennité du Sacré-Cœur de Jésus

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (15, 3-7)

En ce temps-là, s'adressant aux pharisiens et aux scribes, Jésus disait cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux, et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !” Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. »

Méditation :

Nous relisons ce passage, cet enseignement de Jésus, et nous ne pouvons que nous réjouir : rien n'est perdu, Dieu veut rencontrer ceux qui se sentent perdus, il trouve un chemin pour ceux d'entre nous qui se croient perdus ! Jésus fait appel à notre empathie et nous renvoyant à notre expérience : « Si l'un de vous perd une brebis... » Il sait bien qu'en chacun de nous il y a un accès à un amour plus grand, a la compassion gratuite. C'est ce qui lui permet de s'identifier à ce que notre cœur humain pourrait ressentir, de nous montrer que notre cœur peut vibrer à la même fréquence que le sien. Le verbe « retrouver » revient trois fois sur ces cinq versets : tout dépend de notre conversion, qui n'est autre chose que le fait de se laisser trouver par Dieu. Pour la brebis perdue, ni appel à la pénitence, ni jugement : il n'y a que la joie des retrouvailles.

Jeudi 23 juin : Nativité de saint Jean-Baptiste

Elle est fêtée en ce jour en raison de la solennité du Sacré-Cœur de Jésus qui tombe le 24 juin cette année. Le Précurseur est le seul saint dont on fête la naissance terrestre.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 57-66. 80)

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu.
La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.

Méditation : Louange à toi, Seigneur !

L’admiration que suscite la naissance miraculeuse de Jean nous rappelle fortement celle d'Isaac. Elle s'inscrit dans cette antique promesse qui nous oriente vers la venue de « Dieu avec nous », l'Emmanuel. Que sera donc cet enfant ? Quel est son futur ? Le mystère devant l'avenir, l'inconnu du plan de Dieu, peut nous placer dans la crainte (Luc 1, 65). Qu'en sera-t-il de l'année prochaine, du mois prochain ? Quel est le futur de tel projet, de telle personne dans ma famille ? Le nom de Jean signifie « Dieu fait grâce ». Croire aux promesses de Dieu, regarder l'avenir avec espérance, c'est vivre dans la confiance que Dieu nous veut du bien. Accepter donc de laisser le futur dans la main de ce Dieu qui « fait grâce » est source d'une grande liberté. Pourtant, accueillir la vie comme une grâce n'est pas évident. Confiance et espérance sont des mots que l'on a trop utilisés. Mais ils nous indiquent une direction dans la vie, un élan. Cet élan, parfois déstabilisant, nous conduit à la nouveauté du Christ.

Mercredi 22 juin

Saint Thomas More (1478-1535). Grand humaniste, ce chancelier d’Angleterre fut décapité pour avoir refusé l'autorité que s’octroyait le roi en matière religieuse. Il est fêté avec saint John Fischer.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (7, 15-20)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Va-t-on cueillir du raisin sur des épines, ou des figues sur des chardons ? C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l’arbre qui pourrit donne des fruits mauvais.
Un arbre bon ne peut pas donner des fruits mauvais, ni un arbre qui pourrit donner de beaux fruits. Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu. Donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »

Méditation : Seigneur, donne-moi de porter de bons fruits !

La réalité des faux prophètes, ceux qui annoncent des bonheurs ou des malheurs qui ne viennent pas, est bien présente à notre époque. Un aspect important de la comparaison proposée par Jésus est la distance entre l’arbre et le fruit. Il faut du temps pour voir les fruits d'un arbre. Il faut au moins une ou deux saisons pour en juger la qualité. Le discernement ne sera jamais achevé : la mauvaise herbe pousse en moins de temps que les bonnes plantes, un mauvais fruit peut être attirant au premier regard. Les agriculteurs peuvent nous enseigner beaucoup par leur patience et leur confiance. La voix de Jésus n'est même pas une voix qui s'impose par son volume. Elle est au milieu des autres. Elle se développe comme une plante dans une forêt profonde, parmi de nombreux autres arbres. Ayons de la patience pour discerner et reconnaître ses fruits. Parfois discrets, souvent fragiles, ils sont pourtant dans le monde qui nous entoure, chez les personnes que nous rencontrons et, osons y croire, dans nos cœurs.

Mardi 21 juin

Saint Louis de Gonzague (1568-1591). Ce jeune italien épris de pureté entra chez les Jésuites. Il mourut à 23 ans en soignant les pestiférés.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (7, 6. 12-14)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré ; ne jetez pas vos perles aux pourceaux, de peur qu’ils ne les piétinent, puis se retournent pour vous déchirer. Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes.
Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent. Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. »

Méditation : Donne-moi un cœur généreux et l'esprit de service.

Faire pour les autres ce que nous voudrions qu'ils fassent pour nous pourrait nous aider à être compatissants, à nous mettre au service d'une façon immédiate. C'est une façon d'un concrète d'aimer les autres comme nous-mêmes, un accomplissement de la loi et les prophètes. Nous courons parfois le risque de nous empêtrer dans les considérations de « ce que je veux » ou « ce que j'ai ». Cet enseignement du Christ est un appel à être actif, et à ne pas attendre que les autres fassent ce que je veux pour commencer à faire de même pour eux. Jésus lui-même a choisi ce chemin de la générosité. À sa suite, osons lui demander de nous faire la grâce de nous donner cette même capacité de générosité.

Lundi 20 juin

Sainte Marie Ebner (1291-1351). Cette domincaine allemande, amie de Jean Tauler, qui eut à souffrir de la maladie, aimait à prier cette invocation : « Jésus, pire vérité, enseigne-moi la vérité »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (7, 1-5)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés ; de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera.
Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? Ou encore : Comment vas-tu dire à ton frère : “Laisse-moi enlever la paille de ton œil”, alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ? Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »

Méditation : Ouvre mes yeux, Seigneur !

Les chapitres 5 à 7 de Matthieu décrivent ce que signifie la vie à la suite du Christ. Le but ultime de cette vie est d'être heureux, et même bienheureux. Mais ce bonheur n'est pas qu'individuel : être heureux concerne directement la façon dont nous nous mettons en relation avec d'autres. Jésus nous prévient des jugements injustes envers autrui. Le jugement est décrit comme une mesure inappropriée, un regard aveuglé, un visage masqué (sens du mot « hypocrite »). Seul Dieu est juge, il scrute les cœurs et dévoile son visage aux humains. Entrer dans son regard implique de regarder nos frères et sœurs en assumant nos propres difficultés plutôt que de pointer les leurs. Cela implique de les regarder en voyant plus que leurs défauts. Surtout, il nous faut enlever nos masques et nous montrer en vérité, tels que nous sommes. Ce regard dégagé libère une place aux autres dans notre vie, qui n'en devient que plus proche des Béatitudes.

Dimanche 19 juin : solennité du Saint Sacrement

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (9, 11b-17)

En ce temps-là, Jésus parlait aux foules du règne de Dieu et guérissait ceux qui en avaient besoin.
Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. »
Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule.Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers.

Méditation :

Ce miracle manifeste la puissance du Messie et, en même temps, sa compassion. Ce geste prodigieux reste non seulement l’un des grands signes de la vie publique de Jésus, mais il anticipe ce que sera le mémorial de son sacrifice, le sacrement de son Corps et de son Sang donnés pour le salut du monde. L’Eucharistie est la synthèse de toute l’existence de Jésus, qui a été un unique acte d’amour au Père et à ses frères. Lors de la Cène, Jésus prit comme lors de ce miracle le pain entre ses mains, dit la prière de bénédiction au Père, rompit le pain et le donna aux disciples ; et il fit la même chose avec la coupe de vin. Mais à ce moment-là, à la veille de sa Passion, il voulut laisser dans ce geste le testament de l’Alliance nouvelle et éternelle, mémorial perpétuel de sa Pâque de mort et de résurrection.
Chaque année, la fête du Corpus Domini, du Saint Sacrement, nous invite à renouveler l’émerveillement et la joie pour ce don merveilleux du Seigneur. Accueillons-le avec Gratitude ! Lors de la Communion, quand le prêtre nous dit : « Le Corps du Christ », que notre « Amen » vienne du cœur, convaincu. C’est Jésus qui m’a sauvé, c’est Jésus qui vient me donner la force de vivre. C’est Jésus vivant. Chaque fois doit être comme s’il s’agissait de la première communion.

D’après le pape François ‘Angélus du 23 juin 2019)

Samedi 18 juin

Saint Léonce de Tripoli (IXe siècle). Soldat phénicien en garnison à Tripoli, au Liban, il fut martyrisé pour avoir prêché l’Évangile par la parole et par l'exemple. Il est très populaire en Orient, notamment en Syrie.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (6, 24-34)

 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ?
Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ?
Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. »

Méditation : Dieu, ma Miséricorde !

Jésus renvoie à d'autres maîtres que lui : les oiseaux du ciel et les lis des champs. Pour apprendre d'eux, il faut s'arrêter et les observer. Les lis champêtres sont beaux un jour, puis jetés et brûlés. Et pourtant, il est bon qu'ils soient. Les prés seraient tristes sans leurs fleurs. Pour toute créature, le simple fait d'exister est une bonne chose. Nous ne sommes ni des plantes ni des animaux, nous sommes des humains qui travaillons et réalisons des projets. Mais il est parfois nécessaire de revenir à ce que nous avons en commun avec nos sœurs les fleurs et nos frères les oiseaux, à savoir d'être des créatures. C'est un bien qui vaut pour lui-même. Indépendamment de nos réalisations ou de nos échecs, vivre vaut mieux que ne pas exister.

Vendredi 17 juin

Saint Hervé (mort en 568). Ce barde breton aveugle mena une vie de pèlerin, guidé par un loup, selon la légende. Puis il fonda un monastère. Il est l'un des saints les plus populaire de Bretagne.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (6, 19-23)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et les vers les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. La lampe du corps, c’est l’œil. Donc, si ton œil est limpide, ton corps tout entier sera dans la lumière ; mais si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! »

Méditation : Clarifie mon regard !

De la fourmi à l'homme en passant par l'écureuil, les êtres vivants font des réserves pour assurer l'avenir, des trésors plus ou moins bien cachés, plus ou moins sûrs. Avec un peu de chance, nous profiterons un jour de ce que nous aurons mis de côté. Mais nos réserves peuvent aussi se perdre : aux mites, vers et autres voleurs s'ajoutent de nos jours les krachs financiers. Le cœur s'attache même à ce qui disparaît en un clin d'œil. Jésus ne combat pas notre besoin indéracinable de trésors, mais il le réoriente. Qu'est-ce qu'une réserve dans le ciel ? Un psaume répond : « Roc de mon cœur, ma part, Dieu à jamais. » Quand le cœur a une attache dans le ciel, l'œil s'illumine. ll voit clair et son regard généreux devient même source de lumière : non seulement il voit, mais il éclaire comme une lampe. L'œil malade de jalousie ou de cupidité est exactement le contraire. Non seulement il voit mal, mais il répand l'obscurité. Le regard envieux produit un brouillard qui cache la beauté de la vie tandis que le paisible, l'œil limpide, la discerne et s'en réjouit.

Jeudi 16 juin

Saint Jean-François Régis (1597-1640). Ce jésuite réévangélisa le Velay et le forez, marqués par les guerres de religion. Il mourut d'épuisement lors d'une mission à Lalouvesc, devenu lieu de pèlerinage

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (6, 7-15)

En ce temps-là,  Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »

Méditation : Élargis mon cœur !

Au cœur du Notre Père se trouve le plus ordinaire, notre pain quotidien, dont nous avons absolument besoin pour Vivre. Mais, avant de le demander, Jésus nous dit de prier pour Dieu : pour son nom, son règne et sa volonté. Prier pour Dieu, c'est aussi prier pour nous. La sanctification de son nom signifie la révélation de Dieu tel qu'il est vraiment. Son règne est notre libération. Et la volonté de son amour est de nous garder du mal. La demande du pardon est la seule qui comporte un engagement explicite de notre part. Jésus a fait du pardon que nous accordons aux autres une condition pour recevoir celui de Dieu. Mais que faire si je n'arrive pas à dire sincèrement que j'ai pardonné ? Le pardon comme don généreux, tel celui du père qui accourt vers son fils prodigue et le comble de son amour, n'est pas toujours à notre portée. Mais il y a aussi le pardon comme discrète remise d'une dette qui semble parfois possible. Je suis incapable de donner quoi que ce soit. Mais je peux laisser quelque chose, laisser tomber la dette qui me donnerait droit à une revanche.

Mercredi 15 juin

Sainte Germaine Cousin (1579-1601). Cette bergère orpheline mal-aimée eut une vie de prière profonde. Après sa mort, les miracles se multiplièrent. A Pibrac (Haute Garonne) une basilique lui a été élevée.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (6, 1-6. 16-18)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »

Méditation :

Confirmant les trois piliers de la religion de son temps que sont l'aumône, la prière et le jeûne, Jésus met en garde contre l'hypocrisie que leur pratique publique peut entraîner. «Hypocrite » signifie littéralement « acteur ». Jésus appelle à une piété où ce qui est caché dans les cours compte plus que ce qui est manifesté aux yeux des autres. Il va plus loin. Non seulement l'appréciation des autres ne compte pas, mais je dois renoncer moi-même à m'observer pour me donner de bons ou de mauvais points. Ma propre main gauche ne doit pas voir ma main droite donner des aumônes ! Je dois oublier ce que je fais. Parfumer la tête comme pour une fête alors que je jeûne, c'est non seulement cacher la tristesse de mon repentir aux autres, mais aussi ignorer moi-même. Dieu est le seul à voir au-delà des apparences. Et plus encore : il est là au plus secret, présent intime du cœur. Jésus ne l'appelle pas seulement « votre Père », mais « ton Père ». Dieu n'aime pas seulement tous les humains en général, il m'aime comme son unique. Alors je n’ai plus besoin de courir après la reconnaissance.

Mardi 14 juin

Saint Élisée (IXe siècle avant Jésus-Christ). Élie le couvrit de son manteau pour marquer sa transmission spirituelle, avant d'être emporté sur « un char de feu » (1 Rois 19). Il est cité par Jésus (Luc 4, 25-30)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 43-48)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi’. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

Méditation : Dieu de miséricorde, rends mon cœur semblable au tien.

Le commandement « Tu haïras ton ennemi »ne se trouve dans la Bible. Cependant, si j'aime ma famille ou mon pays d'un amour entier, je peux bien avoir à m'opposer à ceux qui les menacent. C'est cette résistance que le verbe «  haïr » exprime. La Loi la demande. Jésus élargit et intensifie le commandement d'aimer. Il est courageux d'aimer et de défendre ses proches, mais plus courageux encore d'aimer ses ennemis, de souhaiter leur bien et leur bonheur, de prier pour eux. Aimer ses ennemis est difficile, sinon impossible. N'est-ce pas une contradiction dans les termes ? L'amour des ennemis n'est possible qu'à condition d'être un élargissement, une intensification ou un débordement de l'amour du prochain. La source d'un tel amour est en Dieu. Il est le seul à ne pas faire de distinction entre les personnes. Ou plutôt : il en fait, il ne mélange pas tout, il sait ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. Mais il donne vie et bonheur aux uns et aux autres. Il sait qu'ainsi il prend le risque de faire prospérer les méchants qui vont tuer son Fils. Pour lui ressembler, osons-nous aimer au-delà du raisonnable ?

Lundi 13 juin

Saint Antoine de Padoue (1195-1231). Ce disciple portugais de François d'Assise fut un prédicateur célèbre. Il fit une mission en France dans une grotte près de Brive-la-Gaillarde. Il est docteur de l’Église.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 38-42)

En ce temps- là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Œil pour œil, et dent pour dent’. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! »

Méditation : Fais de moi un instrument de paix.

La règle d'équivalence - œil pour œil, dent pour dent-exige deux choses : qu'un crime soit puni et que la peine soit proportionnelle. Jésus ne l'abolit pas, mais il va plus loin : il invite à espérer là où le droit est impuissant à restaurer la justice. Il ne commande pas, il donne plutôt des exemples qui sont autant d'appels à la créativité pour sortir de situations bloquées. La Loi permet de retourner une gifle. Mais la gifle de retour, même quand elle est aussi forte que la première, ne rétablit pas la paix. Jésus demande d'y renoncer. Attention, ce n'est pas du tout un appel à subir la violence sans bouger ! Tendre l'autre joue, ce n'est pas ne rien faire. C'est une réaction alerte, un mouvement rapide pour déconcerter l'agresseur. C'est un geste risqué qui expose éventuellement à une seconde gifle. Mais surtout, par sa surprise, il peut déstabiliser l'agresseur, le faire hésiter, lui ouvrir les yeux, peut-être l'arrêter. Jésus propose des manières d'agir à première vue extravagantes. Leur but est toujours le même : interrompre le cours normal des choses pour ouvrir des brèches par lesquelles le règne de Dieu peut faire irruption.

Dimanche 12 juin : solennité de la Sainte Trinité

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16, 12-15)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

Méditation :

On ne s'empare pas de la vérité comme d'une chose, on rencontre la vérité. Elle n'est pas une possession, elle est une rencontre avec une personne. C'est précisément le Saint-Esprit, le don du Christ ressuscité, qui nous fait reconnaître la vérité, qui est à nos côtés pour nous soutenir sur ce chemin de connaissance. Quelle est alors l'action du Saint-Esprit dans notre vie et dans la vie de l'Église pour nous conduire à la vérité ? Tout d'abord, il rappelle et imprime dans le cœur des croyants les paroles qu'a dites Jésus. En effet, c'est du plus intime de nous-mêmes que naissent nos actions : c'est précisément le cœur qui doit se convertir à Dieu, et le Saint-Esprit le transforme si nous nous ouvrons à lui. Ensuite, comme le promet Jésus, il nous guide « à la vérité tout entière » ; il nous guide non seulement à la rencontre avec Jésus, plénitude de la vérité, mais il nous guide aussi « à l'intérieur » de la vérité, C'est-à-dire qu'il nous fait entrer dans une communion toujours plus profonde avec Jésus, en nous donnant intelligence des choses de Dieu. Et cela, nous ne pouvons pas l'atteindre avec nos forces. Si Dieu ne nous éclaire pas intérieurement, notre être chrétien sera superficiel.

D'après le pape François (Audience générale du 15 mai 2013)

Samedi 11 juin

Saint Barnabé (mort vers 60). Ce juil chypriote appartint à la première communauté chrétienne, pour laquelle il vendit ses biens (Actes 4, 36). Il y introduidit Paul et favorisa sa vocation missionnaire.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (10, 7-13)

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »
Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. »

Méditation : Seigneur, que oui soit un oui !

La parole humaine est fragile. Comment savoir quand elle est vraie ? Comment savoir si une promesse est fiable ? L'institution du serment est à la parole ce qu'un tuteur est à une plante fragile. Il peut être prudent de protéger une promesse par un serment. Jésus n'est pas prudent quand il demande d'y renoncer. La preuve, c'est que la plupart des sociétés, même chrétiennes, et même l'Église, ont maintenu la pratique des serments. On donne en général peu d'importance à ce commandement de Jésus, que l'on ignore. Et, certes, une parole tenue grâce à un serment vaut mieux qu'une promesse rompue. La Loi exige que les serments soient honorés, afin de protéger les promesses. L'enseignement de Jésus vise à rendre cette protection superflue. Le « oui » et le « non » sincères résistent, ils tiennent debout tout seuls, sans besoin d'un tuteur, du serment. Le « oui » et le « non » simples échappent à la manipulation. Ils sont fiables. Ils sont comme des perles qui rendent belle la vie

Vendredi 10 juin

Saint Landry (mort en 656)Cet évêque de Paris y aurait fondé le premier hôpital, près de la cathédrale. Pendant une famine, il vendit ses meubles et des vases sacrés pour venir en aide aux pauvres.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 27-32)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu ne commettras pas d’adultère’. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne. Il a été dit également : ‘Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation’. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère. »

Méditation : Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu !

L’adultère détruit l'alliance entre une femme et un homme, introduit le soupçon dans les relations, perturbe la vie Familiale et sociale. Mais même les châtiments les plus sévères que certaines sociétés ont appliqués ou appliquent encore n'arrivent pas à l'éradiquer. Jésus indique une autre voie. Il remonte de l'acte à sa racine dans le plus intime du cœur. Les êtres de manque que nous sommes peuvent ressentir fortement un vide intérieur. Et alors notre regard, au lieu de s'émerveiller et d'admirer, se fait dur et possessif. Nous convoitons et accaparons. Une fois de plus, l'enseignement de Jésus laisse perplexe. Il ne peut quand même pas prôner l'automutilation ! Mais il est bien vrai que ses paroles ne nous caressent pas dans le sens du poil. Au lieu de nous consoler de notre manque, Jésus nous demande de le creuser. C'est cela que pourrait signifier arracher l'œil et couper la main. Nous nous servons de l'œil droit au regard aigu et de l'habile main droite pour nous procurer ce dont nous pensons avoir besoin. Mais, parfois, il vaut mieux manquer, désirer, attendre.

Jeudi 9 juin

Bienheureuse Anne-Marie Taïgi (1769-1867). Cette mère siennoise de sept enfants, toujours enjouée, était visitée par Dieu dans ses tâches domestiques et dotée de charisme : guérisons, prophéties, etc.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 20-26)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre’, et si quelqu'un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

Méditation : Aide-moi à pardonner..

On peut s'éloigner de la justice en deux directions opposées : vers ce qui est injuste ou vers ce qui est plus que juste. Dans son enseignement et dans ses actes, Jésus s'éloigne de la stricte justice, non pas pour approuver l'injustice, mais pour que la justice surabonde. Son interprétation du commandement « Tu ne commettras pas de meurtre » laisse perplexe. Où en arriverions-nous si, à chaque fois que nous nous mettions en colère, nous devions nous dénoncer à la justice ? Les commandements de Jésus ne sont pas une législation, mais des paroles qui secouent, réveillent et éclairent les recoins cachés des cours. La réconciliation avec mes frères et sœurs est prioritaire. Elle compte plus pour Dieu que tous les sacrifices possibles. Jésus ne dit pas : « Si tu as quelque chose contre eux, va te réconcilier. » Non, il dit : « Si ta sœur ou ton frère a quelque chose contre toi. » Ce n'est pas ton sentiment à toi qui doit déterminer ta démarche, mais celui que tu devines chez ton vis-à-vis.

Mercredi 8 juin

Bienheureux Istvan Sandor (1914-1953). Quand les ordres religieux furent dissous dans la Hongrie communiste,ce salésien de Don Bosco continua à enseigner la foi dans son appartement. Dénoncé par sa concierge, il fut pendu pour complot contre la démocratie.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 17-19)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »

Méditation : Montre-moi la voie de tes préceptes.

La Loi est promesse. Elle ne doit pas seulement être observée mais elle doit aussi être accomplie, tout comme les prophéties. Jésus insiste : chaque petit trait de la Loi doit se réaliser. Mais pourquoi a-t-on pu penser qu'il l'abolissait ? Il se défend du soupçon que la nouveauté de son enseignement annule la Loi. Son interprétation contredit parfois les anciens commandements pris à la lettre, mais elle ne les abolit pas : elle en dégage l'intention profonde, et la promesse d'une vie bonne et heureuse qu'ils contiennent. Jésus semble désigner son enseignement comme « ces plus petits commandements ». Pourquoi ce nom ? C'est qu'il est lui-même un maître humble et que ses élèves sont des petits », comme il lui arrive d'appeler ses disciples. Les commandements de Jésus sont tels qu'en pratique nous en rejetons facilement l'un ou l'autre. Qui peut prétendre toujours tendre l'autre joue à celui qui l'a giflé ? Qui aime toujours ses ennemis ? Nous ne serons pas pour autant exclus du royaume des Cieux. Mais, quand nous mettons en pratique les commandements de Jésus qui nous obligent à nous faire petits, nous préparons la venue du règne de Dieu.

Mardi 7 juin

Saint Gilbert de Neuffonts (mort en 1152). Rescapé de la deuxième croisade, ce chevalier devint, en accord avec son épouse, religieux prémontré.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 13-16)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

Méditation : Vous êtes le sel de la terre !

En tas, le sel est visible mais indigeste. C'est quand il est mélangé aux aliments et invisible que le sel est bon. Jésus appelle ses disciples à ne pas craindre le contact, mais à se mêler aux autres. Quand les chrétiens sortent de leur « zone de confort », ils donnent de la saveur à la vie d'un quartier ou d'un village. Jésus compare aussi l'Église à une ville visible de loin. Il est étonnant qu'il déclare ses disciples lumière de l'humanité. Il ne veut certainement pas que nous nous prenions pour les seules lanternes au monde, mais il nous dit que ce qui nous est donné n'est pas pour nous seulement : il nous invite à un continuel effort de partage. Ses paroles nous laissent avec des questions. Comment vivre de telle manière que notre vie rende d'autres heureux ? Que pouvons-nous faire pour susciter autour de nous la joie et la louange de Dieu ?

Lundi 6 juin

Bienheureuse Vierge Marie, mère de l’Église. Cette mémoire obligatoire au lendemain de la Pentecôte - à la naissance de l’Église - souligne la maternité spirituelle de Marie à l'égard de tous les membres du corps mystique du Christ, comme il l'a souhaité sur la croix.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (19, 25-34)

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. » Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.
Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.

Méditation :

La mère de Jésus apparaît deux fois dans l'Évangile de Jean, aux noces de Cana et au pied de la croix. Elle est la quand Jésus commence à révéler sa gloire en procurant du vin en abondance, et quand il achève de révéler la gloire de Dieu en donnant sa vie. Deux fois également, Jean parle de la soif de Jésus. Au puits de Jacob, il dit à la Samaritaine : « Donne-moi à boire ! » Sur la croix, il dit : « J'ai soif. » À qui adresse-t-il sa demande ? À Dieu, afin d'accomplir les Psaumes qui crient la soif de Dieu ? Aux hommes qui se tiennent sous la croix et lui tendent une éponge imbibée de vin aigre ? À toute l'humanité ? De même qu'il avait soif de communiquer le don de Dieu à la Samaritaine, Jésus a soif de donner son amour à tous. Il a soif - et il devient une source. Le sang qui coule de son côté percé atteste du don qu'il fait de sa vie. De cette même blessure coule de l'eau, les fleuves d'eau vive promis de l'Esprit saint. En donnant sa vie, Jésus donne la vie. C'est pourquoi Jean n'écrit pas : « Jésus expira », comme le fait Marc. Il écrit : « Il remit l'esprit. » L'esprit de Jésus est l'Esprit saint donné sans mesure.

Dimanche 5 juin : solennité de la Pentecôte

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 15-16. 23b-26)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

Méditation :

Avec ces paroles, Jésus promet aux disciples l'Esprit saint, le don définitif, le don des dons. Jésus nous offre aujourd'hui la consolation du Ciel, l'Esprit, le « Consolateur souverain ». Les consolations du monde sont comme les anesthésiants : elles agissent en superficie, au niveau des sens et difficilement au niveau du cœur. Parce que seul celui qui nous fait sentir aimés tels que nous sommes donne la paix du cœur. L'Esprit saint, l'amour de Dieu, fait ainsi : il descend à l'intérieur, car l'Esprit agit dans notre esprit. Il est la tendresse même de Dieu, qui ne nous laisse pas seuls... Avançons d'un pas. Nous aussi, nous sommes appelés à témoigner, dans l'Esprit saint, à devenir des Paraclets, c'est-à-dire des consolateurs. Non pas en faisant de grands discours, mais en nous faisant proches ; non pas avec des paroles de circonstance, mais avec la prière et la proximité. Rappelons que la proximité, la compassion et la tendresse sont les styles de Dieu, toujours. Jésus a apporté le feu de l'Esprit sur la terre, et l’Église se réforme avec l'onction, la gratuité de l'onction de la grâce, avec la force de la prière, avec la joie de la mission, avec la beauté désarmante de la pauvreté. Mettons Dieu à la première place !

D'après le pape François (Homélie du 23 mai 2021)

Samedi 4 juin

Sainte Clotilde (v. 470-545). Orpheline du roi burgonde, elle fut mariée à Clovis. Elle oeuvra avec patience à la conversion de son époux, aidée par sainte Geneviève. Veuve, après avoir vu un fils massacrer une partie de sa famille, elle se retira à Tours près du tombeau de saint Martin.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (21, 20-25)

En ce temps-là, Jésus venait de dire à Pierre : « Suis-moi. » S’étant retourné, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait. C’est lui qui, pendant le repas, s’était penché sur la poitrine de Jésus pour lui dire : « Seigneur, quel est celui qui va te livrer ? »
Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? »
Jésus lui répond : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. » Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait pas, mais : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? »
C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai. Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait.

Méditation : Tu es ma Lumière !

Les derniers mots de l'Évangile selon saint Jean nous mettent en garde. Pierre vient de recevoir de la part de Jésus des paroles de pardon, de confiance et de mission. Mais presque aussitôt son esprit se met à divaguer. Maintenant il s'intéresse à ce qu'il en sera avec son ami Jean. Il est peut-être significatif qu'il pose cette question une fois « s'étant retourné » alors qu'il marche avec Jésus : la question n'est pas dans la ligne droite où il devrait aller. Jésus le corrige doucement, mais fermement. Il n'a pas à se soucier du sort des autres, même des plus proches, mais à garder ses yeux fixés sur le but : la suite de Jésus. Le dernier verset nous indique d'ailleurs que Jésus a fait et dit tant de choses que l'on pourrait remplir le monde avec des livres si on les écrivait toutes. Les évangélistes nous ont laissé seulement des écrits brefs et ramassés - un résumé des traits essentiels de la vie et de la personne de Jésus, mais cela suffit. Si nous voulons suivre Jésus, si nous voulons connaître Dieu comme Père, nous avons dans ces écrits tout ce qu'il nous faut. Il n'y a pas besoin de chercher ailleurs.

Vendredi 3 juin

Saint Charles Lwanga et ses compagnons (morts en 1886). Ces laïcs étaient, en Ouganda, pages ou gardes du ri Mwanga. Jeunes baptisés, ils refusèrent de céder aux désirs impurs du roi et furent égorgés ou brûlés.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (21, 15-19)

Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »

Méditation : Mon Seigneur et mon Dieu !

Avant la crucifixion, Pierre clamait que même si tous les autres quittaient Jésus, il ne le ferait jamais. ll considérait qu'il aimait Jésus « plus que ceux-ci ». Peut-être à ce moment était-il sincère, mais il ne se connaissait pas lui-même. Quelques heures plus tard, dans des circonstances qu'il n'aurait jamais imaginées, il reniait Jésus trois fois de suite. Est-ce le fait de s'être comparé avec les autres qui l'a fait tomber ? Maintenant Jésus ressuscité lui pose trois fois la question : « M’aimes-tu ? », en écho des trois reniements. Et Pierre ne peut plus prétendre qu'il fera preuve d'un amour exceptionnel. Il laisse alors tomber toute comparaison. Il a découvert que son amour était moins courageux qu'il ne l'avait pensé. Mais il aimait Jésus quand même, et il l'aime encore. Par trois fois, Jésus accepte cette expression de son amour renouvelé, purifié et devenu humble. Et enfin, dans des mots mystérieux à la manière des prophètes, il lui fait savoir qu'il aura l'occasion à l'avenir d'exprimer son amour jusqu'au bout, en donnant sa vie, comme il a fait sur la croix.

Jeudi 2 juin

Saints Blandine et Pothin (morts en 177). Avec 46 de leurs compagnons martyrs, chrétiens de Lyon et de Vienne, cette esclave et le premier évêque de Lyon furent persécutés par l'empereur Marc Aurèle.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (17, 20-26)

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

Méditation : Béni soit le Seigneur !

C'est la seule fois dans les Évangiles où nous voyons Jésus prier explicitement pour nous : des chrétiens qui croiront en lui longtemps après la génération des apôtres. Et ce qu'il demande est le don de l'unité. C'est sa priorité. L'unité dont il parle n'est pas n'importe laquelle : ni l'unité des gens qui seraient tous semblables les uns aux autres, ni l'unité totalitaire de ceux qui pensent de la même manière parce qu'ils n'ont pas la possibilité de penser par eux-mêmes, ni l'unité de ceux qui se regroupent étroitement pour être plus forts contre un ennemi. Jésus vise une unité comme celle qui existe entre lui et son Père. Une telle unité nous dépasse, évidemment : elle est mystérieuse. Elle implique de se reconnaître mutuellement une même intention profonde. Elle exige de ne jamais s'accommoder à des séparations. Laissons Jésus prier pour nous, et que cette unité qu'il a tellement désirée devienne aussi notre première priorité.

Mercredi 1er juin

Saint justin (v. 100-166). Ce notable palestinien explora de nombreuses philosophies. La foi chrétienne fut l'aboutissement de sa quête. Lors de la persécution de Marc Aurèle, il la professa jusqu'au martyre.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (17, 11b-19)

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

Méditation : Ta Parole est vérité !

Jésus prie pour que ses disciples soient gardés unis dans le nom de Dieu. L'expression est inhabituelle. Dans la Bible, le nom renvoie habituellement à ce par quoi on peut connaître une personne. L'expression suggère donc une protection venant d'une vraie connaissance de Dieu et de sa présence. Y sont associées la joie et la parole de Dieu. La joie est peut-être le dynamisme et la force intérieure que donne la connaissance de Dieu. La parole de Dieu serait cette même connaissance, exprimée par des pensées et des mots. Unité, protection, joie, et des paroles de vérité - voilà ce à quoi mène la connaissance de Dieu. Quand nous pensons connaître Dieu, mais que notre religion nous mène à des divisions, à de l'amertume ou à de la peur, il est fort possible que nous nous soyons trompés. Par sa prière, Jésus souhaite que nous ayons une connaissance non déformée de Dieu. Elle mène inévitablement - même à travers des difficultés - à une communion et une joie profonde.

Mardi 31 mai

Fête de la Visitation de la Vierge Marie. Après l'Annonciation, la mère du Sauveur se rend chez la mère du Précurseur, c'est-à-dire sa cousine Élisabeth, enceinte de Jean-Baptiste, pour l'aider.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 39-55)

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.  Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » Marie dit alors :

« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

Méditation :  Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni !

Tout l'essentiel est ici caché et vécu dans la foi. Extérieurement, cette visite est un événement ordinaire. Mais chacune des deux femmes est porteuse d'un semblable secret : elle porte en elle un enfant encore caché aux yeux du monde. Et leur foi leur permet soudain une communion inouïe dans l'Esprit Saint. C'est dans cet instant de rencontre que Marie se met à louer Dieu. Sa louange emplit son cœur au moment précis où elle fait cette expérience de la foi partagée. Dans son élan, elle chante en mentionnant ses ancêtres, son peuple, les affamés, les pauvres... Quel rapport avec son expérience personnelle ? Sa relation avec Dieu la remplit de joie. Quand elle voit que sa cousine vit aussi quelque chose de similaire, elle comprend que Dieu propose à tous de vivre cette relation extraordinaire avec Lui. Elle comprend ce que sa joie personnelle a d'universel, et elle se réjouit pour le monde.

Lundi 30 mai

Sainte Jeanne d'Arc (1412-1431). Les actes de ses procès dressent un émouvant portrait de cette paysanne qui fit sacrer le Dauphin à Reims. On a fêté le 16 mai le centenaire de sa canonisation.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16, 29-33)

En ce temps-là, les disciples de Jésus lui dirent : « Voici que tu parles ouvertement et non plus en images. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge : voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. »
Jésus leur répondit : « Maintenant vous croyez ! Voici que l’heure vient – déjà elle est venue – où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi. Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. »

Méditation : Dieu d'amour, je te bénis !

Il n'est pas facile d'être avec Jésus. Il a tendance à nous secouer tout le temps. Dès qu'on a saisi quelque chose, il nous montre que la réalité n'est pas tout à fait comme ça ; moment où on pense avoir tout perdu, le voici en train de nous consoler. Il est le fils du Dieu vivant, jamais statique, toujours mouvement, stimulant la vie. Dans ce passage, s'enchaînent consolations, défis, mises en garde et encouragements. Mais au milieu de ces changements déconcertants, il dit qu'il nous parle ainsi pour que nous ayons la paix en lui. La paix que Jésus offre n'est pas une paix qui nous mettrait à l'abri des secousses de la vie, de même que sa joie ne nous met pas à l'abri de toute tristesse et angoisse. Sa paix n'est pas un calme inébranlable, et sa joie n'est pas une euphorie permanente. Sa paix est la paix qui lui permet de tenir bon dans l'amour et la fidélité à travers sa passion. Dans sa joie de ressuscité, ses mains restent blessées par les clous de la croix. Avec ces mains, il peut toucher les angoisses et les tristesses de nos vies et les rendre aptes à être transfigurées.

Dimanche 29 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (17, 20-26)

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

Méditation :

Nous sommes appelés à prendre au sérieux cette importante supplication de Jésus au Père : être un, former une famille, avoir le courage de vivre d’amitié, d'amour, de fraternité. Combien il y a besoin, surtout aujourd'hui, de fraternité ! Certaines situations politiques et sociales nous dépassent, mais l'engagement pour la paix et la fraternité naît toujours d'en bas : chacun, à son niveau, peut faire sa part. Chacun peut s'engager à être un constructeur de fraternité, à travailler à reconstruire ce qui s'est brisé au lieu d'alimenter la violence. Nous sommes appelés à le faire, également en tant qu'Église : promouvons le dialogue, le respect de l'autre, la protection du frère, la communion ! Et ne laissons pas entrer dans l'Eglise la logique qui divise, celle qui met chacun de nous au centre, en écartant les autres. Cela détruit : détruit la famille, détruit l'Église, détruit la société, détruit nous-mêmes. Et là où il y a guerre, violence, haine, être fidèles à l'Evangile et artisans de paix signifie s'engager, également à travers les choix sociaux et politiques, en risquant notre vie. Ce n'est qu'ainsi que les choses peuvent changer.         

D'après le pape François (Homélie du 16 mai 2021)

Samedi 28 mai

Saint Germain de Paris (mort en 576). Sa mère, qui ne le désirait pas, aurait essayé d'avorter. Devenu moine et prêtre, il évangélisa le pays franc. Archevêque de Paris, il fonda la célèbre abbaye qui prit son nom.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16, 23b-28)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite. En disant cela, je vous ai parlé en images. L’heure vient où je vous parlerai sans images, et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père. Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous, car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »

Méditation : Mon Dieu, donne-moi de te connaître et de t'aimer !

Demander au nom Jésus veut dire demander dans la de personne de Jésus ; demander comme si nous étions Jésus pour ainsi dire. Jésus avait une relation avec le Père tout à fait claire, sans la moindre ombre. Il savait que Dieu était son père et que la volonté de son Père était nourriture et vire pour lui. Une telle relation était naturelle pour Jésus mais ce n’est pas le cas pour nous. Jésus a assumé la vie humaine, avec ses souffrances, et même, dans la passion, sa séparation de Dieu, pour nous faire entrer dans la relation qu'il a lui-même avec le Père. C'est là toute la vie chrétienne : devenir fils et filles de Dieu par grâce comme Jésus l'était par nature. Dans cette relation, il est possible de tout demander à Dieu, de tout lui confier, sachant qu'il nous entend pleinement. Cette relation dans sa plénitude implique une harmonie totale avec l'amour et les intentions de Dieu. Grâce à Jésus, nous sommes en route. Nous pouvons présenter toutes nos demandes à Dieu, même sans savoir si nous demandons entièrement « au nom de Jésus ». Cela fait partie du chemin.

Vendredi 27 mai

Saint Augustin de Cantorbéry (mort en 605). Ce bénédictin de Rome fut envoyé par le pape pour évangéliser les Anlo-Saxons. Il convertit le roi du Kent et son peuple. Il est le premier archevêque de Cantorbéry.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16, 20-23a)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde. Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »

Méditation : Fais de moi un homme nouveau !

La vie chrétienne comme toute vie, comporte des hauts bas. Mais ce qui caractérise une vie à la suite du Christ c’est que ces alternances ne sont plus aléatoires. Dans nos vies, comme dans toute la création, nous voyons de la lumière et des ombres, des forces créatrices destructrices : parfois elles se succèdent, parfois elles semblent mêlées. Comment discerner ce qui est vraiment significatif ? C'est le Christ qui donne la clé. Son passage à travers la mort jusqu'à la résurrection montre l'œuvre de Dieu. Quand nous le suivons les choses se passent aussi comme cela, mais à notre échelle, dans nos vies. Dans une naissance, les douleurs de l'accouchement peuvent être grandes, mais en fin de compte, elles importent peu par rapport à la nouvelle vie qui naît.

Jeudi 26 mai : solennité de l'Ascension

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16, 12-15)

En ce temps-là, Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur dit : « Il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. » Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut. »
Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit.
Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

Méditation :

Avant de se séparer de ses amis ; Jésus, en se référant à sa mort et sa résurrection, leur dit : « De cela vous êtes témoins ». Notre témoignage – à travers les paroles et la vie quotidienne – chaque dimanche, devrait sortir de nos églises pour entrer, pendant la semaine, dans les maisons, les bureaux, à l’école… jusqu’aux périphéries de la ville… Nous devons apporter ce témoignage chaque semaine : le Christ est avec nous ; Jésus est monté au ciel, il est avec nous ; Le Christ est vivant ! Jésus nous a assurés que dans cette annonce et dans ce témoignage, nous serons « revêtus de la force d’en-haut », c’est-à-dire de la puissance de l’Esprit saint. C’est là que se trouve le secret de cette mission : la présence parmi nous du Seigneur ressuscité qui, avec le don de l’Esprit, continue à ouvrir notre esprit et notre cœur, pour annoncer son amour et sa miséricorde jusque dans les milieux les plus réfractaires de nos villes. C’est l’Esprit saint qui est le véritable artisan du témoignage multiforme que l’Eglise et chaque baptisé rendent dans le monde. C’est pourquoi nous ne pouvons jamais négliger de nous recueillir dans la prière pour louer Dieu et invoquer le don de l’Esprit.

Mercredi 25 mai

Sainte Madeleine-Sophie Barat (morte en 1865). Cette femme à la foi vive, d'une grande culture et ouverte aux besoins de son temps, fonda la Société du Sacré-Coeur, destinée à la formation des jeunes filles.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16, 12-15)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

Méditation : Esprit Saint, éclaire mon cœur !

Un témoin ne parle ne parle pas de lui-même, de ses propres idées ou opinons. Il n'attire pas l'attention sur lui, mais sur la réalité dont il témoigne. En cela, l'Esprit saint est le témoin par excellence. Il est relativement facile de se faire une image de Dieu le Père, et une image du Christ, le Fils. Mais l'Esprit saint reste plus difficile à saisir. C'est parce Qu'il n'attire pas notre regard vers lui-même. Dans l'épître aux Romains, nous lisons que l'Esprit saint nous conduit à dire « Abba, Père », en témoignant que nous sommes enfants de Dieu (Romains 8, 15-16). Et dans la première lettre aux Corinthiens (12, 3) c'est l'Esprit saint qui seul conduit à dire « Jésus est Seigneur ». En d'autres termes, l'Esprit nous montre le Père, et il nous montre Jésus, mais il ne nous montre pas lui-même. Il est au service des autres, mais lui-même il s'efface. Il est difficile à saisir, non pas qu'il soit loin de nous, mais parce qu'il est proche. Infiniment proche. Au cœur même de notre cœur.

Mardi 24 mai

Saint Donatien (IIIe-IVe siècles). Vers 304, il mourut martyrisé à Nantes, avec son frère Rogatien, qu'il avait converti. Ces témoins de la foi sont couramment appelés les « enfants nantais ».

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16, 5-11)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?” Mais, parce que je vous dis cela, la tristesse remplit votre cœur. Pourtant, je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. Quand il viendra, il établira la culpabilité du monde en matière de péché, de justice et de jugement.
En matière de péché, puisqu’on ne croit pas en moi.
En matière de justice, puisque je m’en vais auprès du Père, et que vous ne me verrez plus.
En matière de jugement, puisque déjà le prince de ce monde est jugé. »

Méditation : Que ton Esprit soit sur nous !

« Il vaut mieux pour vous que je m'en aille. » t Ces paroles de Jésus sont déchirantes. Si Jésus nous aime, s'il est notre joie et notre vie, comment son départ peut-il être une bonne chose pour nous ? En fait, Jésus ne s'en va jamais sans revenir d'une autre manière. Dans ce passage, il parle de sa passion et de sa résurrection. Il va quitter les disciples physiquement, bientôt ils ne pourront le toucher ni le voir ni l'entendre. Mais par l'Esprit saint, le Défenseur, il sera de nouveau avec eux, et d'une manière intime qu'avant. Il sera même en eux. Dans notre vie, Jéus semble parfois nous quitter. Nous avons peut-être fait l'expérience de sa présence, et puis d'un coup nous ne ressentons plus rien : ne reste qu'un sentiment de vide, d'incompréhension. Avons-nous perdu la foi ? Mais non. Beaucoup de grands saints et de simples chrétiens ont traversé de tels moments, des nuits de l'âme. Dieu ne nous a pas quittés. C'est seulement qu'un certain sentiment de sa présence nous a été retiré. Il se manifestera de nouveau, d'une manière tout à fait inattendue. Nous pouvons avoir confiance, et nourrir cette confiance avec les mots de Jésus ressuscité à ses disciples.

Lundi 23 mai

Saint Jean-Baptiste de Rossi (1698-1764). Ce prêtre natif de Gênes vivait à Rome. Il consacra son temps et son argent aux pauvres, aux malades, les visitant, les accueillent et les imprégnant de l'amour de Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (15, 26 à 16, 4a)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement. Je vous parle ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés. On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu. Ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi. Eh bien, voici pourquoi je vous dis cela : quand l’heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l’avais dit. »

Méditation : Que je me souvienne de ta Parole !

Rendre témoignage du Christ, voilà la lourde tâche qui incombe aux disciples. Aujourd'hui encore, quand nous tentons de témoigner du Christ, le sentiment d'être à contre-courant nous guette. Rendre témoignage du Christ peut être une tâche ingrate. Parfois, certains nous barrent même la route alors qu'eux-mêmes sont persuadés de rendre un culte à Dieu » ! Ces obstacles, ces souffrances, font partie de notre chemin à la suite du Christ. Seuls, nous n'y arriverions sans doute pas. Le Christ nous invite donc à nous mettre à la suite du premier témoin : l'Esprit de Vérité qui procède du Père. Cet Esprit nous précède, il prépare les cœurs de ceux à qui nous aurons affaire, il répond à ce besoin de Vérité présent en chacun. Notre propre témoignage ne fait que s'ajouter à son action. Plus encore, l'Esprit nous console : lorsque nous trébuchons sur ce chemin ardu, il est là pour nous relever et panser nos blessures. C'est ce que Jésus faisait de son vivant pour ses disciples. Gardons courage, le Seigneur est avec nous !

Dimanche 22 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 23-29)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez. »

Méditation :

Tandis que s'approche le moment de la croix, Jésus rassure les apôtres en leur disant qu'ils ne resteront pas seuls : il y aura toujours l'Esprit saint, le Paraclet, qui les soutiendra dans leur mission d'apporter l'Évangile dans de entier. Dans la langue originale grecque, le terme « Paraclet «  signifie celui qui se met à côté, pour soutenir et consoler. Jésus retourne au Père, mais il continue à instruire et animer ses disciples à travers l'action de l'Esprit saint. Pour réaliser tout cela, l'Eglise ne peut pas rester statique, mais, à travers la participation active de chaque baptisé, elle est appelée à agir comme une communauté en chemin, animée et soutenue par la lumière et par la force de l'Esprit saint qui rend toute chose nouvelle. Il s'agit de se libérer des liens mondains représentés par nos idées, nos objectifs, qui souvent alourdissent le chemin de foi, et de nous mettre à l'écoute docile de la Parole. Le Seigneur nous invite aujourd'hui à ouvrir notre cœur au don de l'Esprit saint, afin qu'il nous guide sur les sentiers de l'histoire. Jour après jour, celui-ci nous éduque à la logique de l'Evangile, la logique de l'amour accueillant, « en nous enseignant toute chose » et « en nous rappelant tout ce que le Seigneur nous a dit »

D'après le pape François (Angélus du 26 mai 2019)

Samedi 21 mai

Saint Christophe Magallanes (1869-1927). Quand le gouvernement ferma le séminaire, ce prêtre mexicain poursuivit la formation dans sa paroisse. Il fut exécuté avec 24 autres chrétiens.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (15, 18-21)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. Si vous apparteniez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous. Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre. Les gens vous traiteront ainsi à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé. »

Méditation :Seigneur Jésus, enseigne-moi l'humilité et la persévérance

Pourquoi Jésus prépare-t-il ses disciples à la possibilité d’être confrontés à «  la haine » ? Et il le fait sans que dans ses paroles ne résonne aucune accusation. Pour lui, c’est un simple fait que nous serons confrontés à la haine, bien que nous ne sachions pas pourquoi : « Ils vous traiteront ainsi à cause de mon nom ». Le monde comme, il le dit, est un cercle fermé : tant que nous en Faisons partie, nous sommes acceptés et « aimés ». Lui, par contre, nous place dans un horizon plus large; tout d'abord, parce qu'il nous a choisis ». Il nous « prend dans le monde », mais il ne nous enlève pas « du monde » dont extérieurement, nous ne sommes pas différents. Nous faisons plus ou moins la même chose que les autres. Mais nous n'appartenons plus à ce cercle fermé. Cela nous rend imprévisibles aux yeux du « monde » et nous prive de sa protection. Jésus nous appelle à ouvrir nos yeux, à voir plus loin et à discerner dans sa personne, ses paroles et ses actes « Celui que Dieu a envoyé ».

Vendredi 20 mai

Saint Bernardin de Sienne (1380-1444). Hobereau italien, il se distingua, à 20 ans, par son abnégation auprès des pestiférés. Franciscain, il devint un prédicateur renommé qui bouleversa les foules.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (15, 12-17)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

Méditation : Seigneur, rends mon cœur semblable au tien !

Jésus nous demande de nous aimer, sans pour autant nous expliquer comment. Mais on sent que son invitation touche un absolu. Elle nous conduit au don de notre vie, et en même temps à une communion profonde avec Dieu. Cela se réalise avant tout au quotidien : « Aimez-vous les uns les autres », jour après jour. En cela, nous sommes unis à Dieu. Contrairement aux auditeurs de Jésus, nous savons jusqu'où son amour l'a conduit ; nous sommes « ses amis ». Nous sommes plus qu'une bande de copains prévoyant des plans en commun : nous nous accompagnons dans la vie. Son amitié n'est pas une récompense pour avoir fait ce qu'il attend de nous ; son amitié signifie que même dans l'adversité, quand l'amour de notre prochain ne va plus de soi, nous ne sommes pas seuls. Nous savons qu'il marche à nos côtés.

Jeudi 19 mai

Saint Yves (1253-1303). C'est le plus célèbre des saints bretons, qu'on appelle là-bas Erwan. Ce hobereau devenu avocat défendit la cause des plus faibles. Sa fête est l'occasion d'un grand pardon à Tréguier.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (15, 1-8)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »

Méditation : Que ta joie soit en nous et que notre joie soit parfaite !

Il peut être étonnant d'entendre Jésus dire qu'il a gardé les commandements de son Père. Eh oui, bien que Jésus Fils de Dieu, c'est-à-dire Dieu lui-même, il obéit. Jésus était un être humain comme nous et, comme nous, il transmet ce qu'il reçoit d'un autre. Nous aussi, qui voulons le suivre, ne faisons que transmettre ce que nous avons reçu de quelqu'un. Demeurer dans l'amour du Christ, nous place donc dans une grande communauté d'hommes et de femmes - passée et présente. Cette communion a son origine, à travers le Christ, en Dieu. En tentant continuellement de nous mettre au diapason de cet Amour, que nous l'imaginions ou non, nous collaborons donc avec Dieu - et ce dans nos petits et grands efforts de la vie quotidienne. Ainsi, Dieu nous associe à son œuvre d'une nouvelle création. Jésus sait que dans cette collaboration quelque chose de           «sa joie » s'allumera en nous, que notre joie humaine prendra une autre dimension, qu'elle deviendra parfaite.

Mercredi 18 mai

Bienheureux Stanislas Kubski et Martin Oprzadek (morts en 1942). Ces prêtres polonais déportés à Dachau accompagnaient les prisonniers jusqu'à la mort. Ils moururent ensemble dans une chambre à gaz.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (15, 1-8)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »

Méditation : Garde-moi fidèle !

Jésus n'a pas peur de nous secouer. En entendant parler de ces sarments inféconds jetés au feu, qui oserait ne pas se sentir mis en question ? Mais il nous dit en même temps : « Vous êtes déjà purifiés. » Et cela non par un acte de notre part, mais simplement « grâce à la parole que je vous ai dite ». Pour porter du fruit, Jésus nous dit que demeurer en lui suffit. Cette union que Jésus décrit n'est pas une mise en commun de nos forces avec les siennes. «  Porter du fruit » ne signifie pas « être fort » ou « réussir ». Ce n'est pas quelque chose que nous produisons ou que nous aurions acquis. Ce qu'on attend de nous, c'est de permettre que quelque chose se réalise à travers nous, tels que nous sommes. Le sarment pourrait refuser de rester sur la vigne et se mettre à son compte. Il pourrait se détacher du tronc pour devenir une nouvelle plante. Mais ainsi, au moins pour cette année, il ne porterait pas de fruits. Les fruits ne viennent que lorsque le sarment reste sur la vigne, qu'il y « demeure ».

Mardi 17 mai

Saint Pascal Baylon (1540-1592). Ce berger aragonais avait une grande attirance pour l'Eucharistie qu'il adorait de longues heures durant. Il finit par être accepté comme frère convers par les franciscains.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 27-31a)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez. Désormais, je ne parlerai plus beaucoup avec vous, car il vient, le prince du monde. Certes, sur moi il n’a aucune prise, mais il faut que le monde sache que j’aime le Père, et que je fais comme le Père me l’a commandé. »

Méditation : Donne-nous ta paix !

Pour donner la paix, il faut être en paix. Or, Jésus sait qu’il vit ses dernières heures avant la Passion. Comment ne pas se laisser submerger par la souffrance à venir ? C'est que sa paix est plus qu'une simple émotion. Comment peut-il être en paix alors qu'il va vivre la pire injustice ? C'est que sa paix est plus qu'un raisonnement intellectuel. Imaginez ! C'est lui qui va mourir, et c'est lui qui dit aux disciples : « Que votre cœur ne se trouble pas. » La paix de Jésus lui vient d'une source plus profonde : le Père l'aime. Le Père est avec le Fils, et le Fils est avec nous. Cette présence aimante du Père en nous reste, quoi qu'il arrive. Nous pouvons donc construire sur cette paix, car elle est un rocher solide. C'est ce que fait Jésus lui-même : il sait qu'il va être condamné et tué, et il lui reste assez de paix pour la transmettre aux disciples. L'Amour du Père est la source à laquelle Jésus boit pour tenir lors de son dernier soir. Cette paix, cette assurance d'être aimé, peut nous donner des forces lorsque tout le reste fait défaut. Notre cœur est alors suffisamment en paix pour nous permettre d'inviter d'autres à boire à cette source, comme Jésus nous y a invités.

Lundi 16 mai

Bienheureux Vladimir Ghika (1873-1954). Ce prince roumain, devenu catholique, fut ordonné à 50 ans. Il vécut dans un bidonville puis servit le pape comme diplomate. Retourné à Bucarest pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut emprisonné par les communistes en 1954.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 21-26)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Jude – non pas Judas l’Iscariote – lui demanda : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? »
Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

Méditation Fais en moi ta demeure !

Ce Jude s'inquiète : « Ne vas-tu pas te manifester au monde ? » Ne vas-tu pas montrer ta gloire au monde entier et faire de nous des témoins privilégiés, voire des protagonistes d'un grand renversement ? C'est comme s'il disait : vas-tu te révéler seulement à nous et nous laisser nous charger du reste ? Jésus ne répond pas directement à cette question, mais se contente de dire : quiconque m'aime... - peut-être une seule personne - « gardera ma parole ». Il nous promet que « mon Père l'aimera», et qu'ensemble avec le Christ, ils le visiteront et « feront leur demeure chez lui ». Cela ne semble pas grand-chose : pas de nouvelles structures, pas de manifestations puissantes de Dieu « au monde »... Contrairement à ce que Jude - et peut-être nous avec lui - aurait pu espérer, le monde ne change pas en un coup de main ou par une révolution quelconque. Le changement vient dans une lente conversion du cœur de chaque personne qui se laisse visiter par Dieu.

Dimanche 15 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (13, 31-33a. 34-35)

Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi.
Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

Méditation :

Avec ce nouveau commandement, Jésus nous demande de nous aimer pas tant avec notre amour qu'avec le sien. C'est possible avec l'aide de l'Esprit saint qui infuse dans nos cœurs quand nous l'invoquons avec foi. De cette façon - et seulement ainsi - nous pouvons nous aimer les uns les autres non seulement comme nous nous aimons nous-mêmes, mais comme Lui nous a aimés, c'est-à-dire immensément plus. Cet amour nous fait devenir des hommes nouveaux, frères et sœurs dans le Seigneur, et fait de nous le nouveau Peuple de Dieu. Il est la seule force qui transforme notre cœur de pierre en cœur de chair, et nous rend capables d'aimer nos ennemis et de pardonner à ceux qui nous ont offensés. L'amour de Jésus nous fait voir l'autre comme un membre actuel ou futur de la communauté des amis de Jésus ; cela nous incite au dialogue et nous aide à nous écouter et à nous connaître réciproquement. L'amour nous ouvre à l'autre et devient la base des relations humaines. Il rend capable de surmonter les barrières de nos faiblesses et de nos préjugés. L'amour de Jésus en nous crée des ponts, enseigne de nouvelles voies, déclenche le dynamisme de la fraternité.

D'après le pape François (angélus du 19 mai 2019)

Samedi 14 mai

Fête de saint Matthias (1er siècle). Il fut désigné par le sort pour succéder à Judas dans le collège des Apôtres. Il reçut l'Esprit saint avec eux, le jour de la Pentecôte. Rien n'est connu de son activité apostolique.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (15, 9-17)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »
Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

Méditation : Apprends-moi à aimer, comme Toi ru nous aimes !

Jésus parle à ses disciples de ce dont ils seront bientôt témoins. En voyant Jésus aller vers sa mort, ils verront l'amour ultime, puisque « il n'est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime ». Jésus nous demande de nous aimer les uns les autres de ce même amour. C'est d'une exigence extrême. Comment peut-il nous demander cela ? C'est que, justement, par son ministère, il a équipé les disciples pour qu'ils puissent en être capables. Par sa mort et sa résurrection, il nous a tous rendu participants de cet amour du Père, source intarissable qui permet de vivre cela. Cet acte d'amour dépasse tout commandement que le Père invisible avait jadis donné à son peuple. Avec « ses commandements », Jésus nous amène dans la dimension de l'amour de Dieu, qui est véritablement sans limites.

Vendredi 13 mai

Notre Dame de Fatima. La Vierge est apparue à trois enfants, à Fatima, au Portugal, du 13 mai au 13 octobre 1917. Elle a demandé que l'on prie pour la Russie, ce que le pape a fait le 25 mars dernier, en y associant l'Ukraine, pour demander que cesse le bruit des armes.

(A noter : chaque jeudi, à 14h30, à Sainte Bernadette, prière pour la paix dans le monde, pour la paix entre l'Ukraine et la Russie, avec la conférence Saint Vincent de Paul)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 1-60)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ? Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. Pour aller où je vais, vous savez le chemin. »
Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »

Méditation : Affermis ma foi, Seigneur !

Jésus est en train de préparer ses disciples au moment où, après sa mort, ils devront continuer sans lui. Il leur dit : « Vous savez le chemin » sur lequel je vais vous précéder et lequel vous devrez prendre ensuite vous-mêmes. Il ne vous est pas nécessaire ni de connaître le but, ni d'avoir un plan pour y arriver. Jésus nous demande tout d'abord de lui faire confiance. Il ne dit pas : « Je suis le but - courez vers moi ! » Il nous promet de nous conduire un pas après l'autre, en disant simplement : « Je suis le Chemin. » Même si dans notre vie nous ne voyons pas de chemin, il s'agit de rester en communion avec lui, de nous tourner vers lui, par un geste ou un mot - aussi simple et peut-être maladroit qu'il soit. Car c'est lui qui nous dit : « Je vous emmènerai auprès de moi. »

 

Jeudi 12 mai

Saint Léopold Mandic (mort en 1942). Prêtre capucin croate, il vécut à Padoue, en Vénétie, où il montra un zèle ardent pour l'unité des chrétiens et consacra sa vie au ministère de la réconciliation.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (13, 16-20)

Après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus parla ainsi : « Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites. Ce n’est pas de vous tous que je parle. Moi, je sais quels sont ceux que j’ai choisis, mais il faut que s’accomplisse l’Écriture : ‘Celui qui mange le pain avec moi m’a frappé du talon.’ Je vous dis ces choses dès maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez que moi, JE SUIS. Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ; et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé. »

Méditation : Aie pitié de nous !

Une dernière fois avant sa mort, Jésus réunit ses disciples pour un repas. A la fin, il leur lave les pieds et leur commande de faire de même : « Heureux êtes-vous, si vous le faites (aussi). » Mais la mission de Jésus n'est pas simplement de nous apprendre comment faire du bien aux autres. Dans sa mort - ici imminente -, il descend au plus profond de la condition humaine. Il va être livré, trahi par un de ses plus proches amis, par celui « qui mange le pain avec moi », comme il le dit. Jésus parle à ses disciples ouvertement de son destin : « Il faut que s'accomplisse l’Écriture. » Pour Dieu, ce qui arrive à Jésus n'est pas un accident de parcours à éviter. Consentir dans cet échec fait partie du chemin qu'il veut suivre fidèlement. Par sa vie sur la terre, il montre que le commencement de tout est le fait que Dieu prend sur lui notre humanité, avec ses ombres et ses côtés les plus obscures.

Mercredi 11 mai

Sainte Estelle (IIIe siècle). Fille d'un gouverneur romain de la région de Saintes (Charente) et d'une mère issue d'une puissante famille de druides, elle fut mise à mort sur les ordres de son père pour avoir reçu le baptême et persévéré dans la foi.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (12, 44-50)

En ce temps-là, Jésus s’écria : « Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en Celui qui m’a envoyé ; et celui qui me voit voit Celui qui m’a envoyé. Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. Si quelqu’un entend mes paroles et n’y reste pas fidèle, moi, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver. Celui qui me rejette et n’accueille pas mes paroles aura, pour le juger, la parole que j’ai prononcée : c’est elle qui le jugera au dernier jour. Car ce n’est pas de ma propre initiative que j’ai parlé : le Père lui-même, qui m’a envoyé, m’a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer ; et je sais que son commandement est vie éternelle. Donc, ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l’a dit. »

Méditation : Jésus, Lumière du monde, guide mes pas !

Nous ne pouvons être indifférents à la question soulevée ici par Jésus : qu'en est-il de ceux qui rencontrent le Christ, qui entendent ses paroles, mais qui ne les acceptent pas - qui « n'y restent pas fidèles », comme le dit Jésus ? Quelle est l'attitude de Dieu envers celui qui « rejette le Christ et n'accueille pas ses paroles » ? Jésus dit que celui-ci a déjà son juge, à savoir la parole qu'il a dite. C'est elle qui « le jugera au dernier jour ». Pour Jésus, prononcer ces paroles revient à mettre ses auditeurs devant leur propre responsabilité. Mais n'oublions pas que son but est de nous sauver, il n'est pas là pour nous tendre des pièges, nous imposer des épreuves impossibles. Il ne nous abandonne pas une fois ces paroles prononcées. Il reste avec nous, pour être ce Chemin qui nous conduira vers la volonté du Père, la vie éternelle.

Mardi 10 mai

Bienheureux Ivan Merz (1896-1928). Pionnier de l'Action catholique en Croatie, ce jeune homme a écrit une thèse sur la liturgie chez les écrivains de France, où il étudia et vécut. Il se sentit appelé à un engagement laïc au service du Royaume de Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (10, 22-30)

On célébrait la fête de la dédicace du Temple à Jérusalem. C’était l’hiver. Jésus allait et venait dans le Temple, sous la colonnade de Salomon. Les Juifs firent cercle autour de lui ; ils lui disaient : « Combien de temps vas-tu nous tenir en haleine ? Si c’est toi le Christ, dis-le nous ouvertement ! »
Jésus leur répondit : « Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais, moi, au nom de mon Père, voilà ce qui me rend témoignage. Mais vous, vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »

Méditation : Seigneur Jésus !

« Dis-le nous ouvertement ! » Avec ces mots, certains harcèlent Jésus et, comme une meute, l'encerclent. Ils veulent une déclaration claire. Beaucoup seraient prêts à obéir à des ordres clairs. Mais l'obéissance que Dieu attend est d'un autre ordre que la soumission à des ordres, fussent-ils donnés par le Messie ! La foi est une obéissance fondée sur une communion profonde. Elle se manifeste dès lors que nous acceptons le « témoignage » de ses œuvres. Et les « œuvres » de Jésus sont expression de la communion avec Dieu, son père, comme il le dit. Il n'essaye pas de nous convaincre par des preuves mais par un « témoignage ». Nous pouvons soit le reconnaître comme tel, soit le refuser. Dieu nous laisse cette liberté. Des ordres clairs seraient plus pratiques à court terme, mais à l'image d'un sergent-major, Jésus préfère celle d'un berger. Alors, oui, il nous traite de brebis. Mais nous sommes des brebis guidées par la voix et non le bâton. Et, surtout, des brebis pour lesquelles le berger est prêt à sacrifier sa vie.

Lundi 9 mai

Saint Pacôme (286-346). Ce soldat romain égyptien, converti au christianisme, écrivit une règle de vie pour les monastères qu'il fonda. Il est considéré comme le père du cénobitisme chrétien.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (10, 1-10)

En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »
Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »

Méditation : Tu es la Porte !

Saint Jean consacre le début du dixième chapitre de son Évangile aux paroles de Jésus sur le « bon berger ». Au village, Jésus avait observé combien les brebis distinguent la voix de leur berger des autres voix, combien elles lui font confiance et le suivent. Encore aujourd'hui, on peut bien s'imaginer cette scène par laquelle Jésus s'adresse à nous d'une façon délicate : des animaux n'attendent pas des arguments, ils écoutent et font confiance au son d'une voix familière. Ainsi, Jésus nous demande-t-il de bien écouter sa voix et de capter ce qui résonne dans ses paroles. Peut-être reconnaissons-nous dans sa voix quelque chose de particulier, quelque chose de familier qui ne vient pas de l'extérieur, mais qui est déjà en nous. Jésus est le Fils envoyé par Dieu. Il aurait toute l'autorité requise pour nous expliquer en détail ce que Dieu attend de notre part. Au lieu de cela, Il nous demande de bien écouter ce qui se cache dans les métaphores, les images et les paraboles qu'il nous présente.

Dimanche 8 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (10, 27-30)

En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »

Méditation :

Attentif à chacune de ses brebis, à chacun de nous, Jésus nous cherche et nous aime, en nous adressant sa parole, en connaissant en profondeur notre cœur, nos désirs et nos espérances, ainsi que nos échecs et nos déceptions. Il se présente comme le vrai et unique Pasteur qui nous parle, nous connaît et nous protège. Nous sommes l'unique troupeau et nous devons seulement nous efforcer d'écouter sa voix, tandis qu'll scrute avec amour la sincérité de nos cœurs. Et de cette intimité permanente avec notre Pasteur, de cet échange avec lui, jaillit la joie de le suivre en nous laissant conduire à la plénitude de la vie éternelle.

D'après le pape François (angélus du 12 mai 2019)

Samedi 7 mai

Bienheureuse Gisèle (morte en 1060). Épouse du roi saint Étienne de Hongrie, elle participa avec lui à l'évangélisation de son pays. A sa mort, elle fut chassée du royaume et se retira dans un monastère de Bavière.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (6, 60-69)

En ce temps-là, Jésus avait donné un enseignement dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? »
Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : « Cela vous scandalise ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant !... C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait. Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »
À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner. Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »

Méditation : que je garde toujours ta parole !

Les disciples de Jésus ne le comprennent plus. Un messie qui se présente comme un « perdant ». Quelqu'un qui doit souffrir et donner sa vie. Il ne correspond plus à leur attente. Ils décident alors de le quitter. Cette réaction ne doit pas nous surprendre. Que Dieu soit humble est vraiment difficile à accepter. Parfois, il semble que tout serait plus simple si Dieu manifestait un peu plus souvent sa force. « Descends ! », lui criait déjà le psalmiste. Cette incompréhension devant l'humilité de Dieu, les apôtres la vivent aussi. Jésus les met devant un choix. Ils doivent redire leur « oui » à Jésus, malgré ces paroles dures. Ils restent, librement. Ils acceptent que ne pas tout comprendre n'est pas une raison de fuir ailleurs. Une confiance reste possible, ils décident de continuer. Jésus souligne que cette foi, cette capacité à le suivre, est un don de l'Esprit. Ce don est ce qui permet la survie de notre fidélité quand nos fausses conceptions de Dieu s'écroulent.

Vendredi 6 mai

Saint François de Montmorency-Laval (mort en 1708). Ce Français fut le fondateur et le premier évêque de l’Église de Québec. Pendant plus de 50 ans, il mit toutes ses forces à la développer en Amérique du Nord.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (6, 52-59)

En ce temps-là, les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.  En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »
Voilà ce que Jésus a dit, alors qu’il enseignait à la synagogue de Capharnaüm.

Méditation : Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle !

Buvez mon sang ! Mesurons-nous encore l'aspect étrange de ces paroles prononcées à chaque eucharistie ? On comprend aisément la confusion des auditeurs de Jésus. Pourtant, ce manger et ce boire sont essentiels. Jésus se donne entièrement pour nous, voilà encore des paroles bien communes. Pourtant... Dieu se donnant à nous est une réalité encore plus impressionnante qu'un rabbi demandant que l'on boive son sang. Contempler ce mystère ne serait-ce qu'un instant peut suffire à donner le vertige. Accueillir ce don de Dieu en nous, le « manger », signifie bien plus qu'accueillir une information. Cela implique de le laisser transformer nos vies terrestres de l'intérieur, pour qu'elles puissent continuer éternellement. Le Christ est la source de la vie. Quand nous y buvons, nous devenons alors pleinement vivants, puisque c'est la vie même du Christ qui vit en nous. C'est la vie du Dieu vivant lui-même, en qui le Christ nous permet de demeurer. Grâce à lui, nous devenons capables d'éternité.

Jeudi 5 mai

Bienheureux Grégoire Frakowiak (mort en 1943). Sous l'occupation nazie, en Pologne, ce religieux se dénonça à la place des véritables auteurs de tracts invitant à la résistance. Il fut décapité à Dresde, en Allemagne.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (6, 44-51)

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : ‘Ils seront tous instruits par Dieu lui-même.’ Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »

Méditation : Seigneur, je crois en Toi !

Celui qui mange le pain vivant ne mourra pas... Comment comprendre cette parole ? Il faut éviter deux écueils opposés. D'une part, croire que la vie éternelle que propose Jésus est uniquement une vie physique au sens commun du terme. Cela ne tient d'ailleurs pas debout : les disciples eux-mêmes sont morts, comme d'ailleurs ceux qui avaient mangé la manne. L'erreur opposée est plus difficile à éviter. Elle consiste à croire que cette vie n'a rien à voir avec notre vie actuelle. Par le Christ, ce don de la vie éternelle est descendu du ciel, ce don s'est manifesté sur cette terre. Notre vie va continuer. Renouvelée et avec une dimension insoupçonnée, mais il s'agit bien de la même vie.
Ce renouvellement, nous sommes appelés à le vivre dès aujourd'hui : nul besoin d'attendre notre mort pour laisser le Christ vivre en nous. Le but est de nous laisser attirer par le Père vers le Christ. Par sa venue, le Royaume de Dieu s'est approché de nous. La vie éternelle s'est incarnée dans la vie de tous les jours, et cela est encore valable aujourd'hui.

Mercredi 4 mai

Saint John Houghton (1486-1535). Le prieur de la Chartreuse de Londres est le premier à avoir subi le martyre pour son refus de renier l'autorité du pape et de reconnaître Henri VIII chef de l’Église d'Angleterre.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (6, 35-40)

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. Mais je vous l’ai déjà dit : vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas. Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors. Car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. Or, telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

Méditation : Seigneur, je crois en toi !

La foule qui cherchait Jésus après avoir été nourri par lui l'a rejoint. Ils attendent de Jésus un signe comparable à celui de la manne que Dieu répandait sur le désert pour nourrir le peuple Hébreux durant son errance après la sortie d’Égypte. Et voilà que Jésus se présente comme étant lui-même le pain. C'est sa présence qui comblera la faim et apaisera la soif des hommes. Avoir Jésus comme nourriture nous amène à vivre de sa continuelle présence. Ce sera Lui notre vie, pour toujours. Comme saint Paul l'écrit dans sa lettre aux Galates : « Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. » Notre faim de relation est complètement apaisée lorsque nous laissons le Christ vivre en nous, pleinement. Pleinement vivants, portés par cette source infinie d'Amour, comment pourrait-on craindre quoi que ce soit ? Voilà ce qu'est la vie éternelle !

Mardi 3 mai

Saint Philippe et saint Jacques le Mineur (1er siècle). Ces apôtres furent respectivement évangélisateurs de l'Asie Mineure et chef de la communauté de Jérusalem.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 6-14)

En ce temps-là, Jésus dit à Thomas : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. » Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père. » et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. »

Méditation :Montre-nous le Père !

« Montre-nous le Père »... Il n'est pas sûr que Philippe ait compris la profondeur de cette demande, qui reste brûlante. Nombreux sommes-nous, qui souhaiterions savoir qui est Dieu. Nous pouvons imaginer qu'il y a un Dieu, ou au moins « une force » dans l'Univers. Nous savons aussi que tout ce qu'on pourrait dire de Lui est probablement faux, parce qu'll est le Dieu transcendant et insaisissable. Comme le dit une hymne célèbre attribuée à saint Grégoire de Nazianze : « Ô toi l'au-delà de tout, quel esprit peut te saisir ? » Jésus répond à cette question de Philippe : « Qui m'a vu a vu le Père. » Le « visage » de Jésus et sa relation avec le Père nous permettent d'entrer en relation avec cet « au-delà de tout ». Ce Dieu lointain s'est fait incroyablement proche de nous, par Jésus et tout ce qu'on sait de lui grâce aux Évangiles. C'est le miracle de l'Incarnation : nous permettre de nous adresser à Dieu sous le nom de « Père ».

Lundi 2 mai

Saint Athanase (295-373). Patriarche d'Alexandrie, il est l'un des plus grands Pères grecs de l’Église. au concile de Nicée, il contribua à la définition des dogmes de l'Incarnation et de la Trinité.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (6, 22-29)

Jésus avait rassasié cinq mille hommes, et ses disciples l’avaient vu marcher sur la mer. Le lendemain, la foule restée sur l’autre rive se rendit compte qu’il n’y avait eu là qu’une seule barque, et que Jésus n’y était pas monté avec ses disciples, qui étaient partis sans lui. Cependant, d’autres barques, venant de Tibériade, étaient arrivées près de l’endroit où l’on avait mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâce. Quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples, les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.
L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. »
Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

Méditation : Je te rends grâce, Seigneur, pour toutes tes œuvres !

Ceux qui ont reçu le pain en abondance ont pris goût à entendre Jésus : ils veulent à tout prix le revoir. Leur désir est né d'une vraie rencontre qui les a comblés. Nous pouvons faire aujourd'hui la même expérience. La rencontre avec Jésus fait naître en nous un désir de sa présence qui perdure. Ce désir est la racine de la prière, la racine de la foi. Il est ce qui nous permet de poursuivre cette relation. Ce désir est un don de l'Esprit saint, il nait de la reconnaissance que nous avons envers Jésus pour ce que nous avons déjà reçu de Lui. Alors, faisons confiance à ce simple désir, il nous soutiendra dans les moments où les signes de la présence de Dieu seront moins visibles, moins tangibles. C'est l'attitude de ces foules qui se mettent à la recherche de Jésus quand il semble avoir disparu sans laisser de traces.

Dimanche 1er mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (21, 1-19)

En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.
Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.
Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.
Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »

Méditation :

Après avoir vu mourir le Maître, Pierre est retourné à sa vie d’avant. Il a repris ses filets auxquels il avait renoncé pour Jésus. Devant l’échec, la douleur, apparaît toujours la tentation de baisser les bras. Mais Jésus va à sa rencontre et lui dit « Simon », nom du tout premier appel.
Le Seigneur n’attend pas des situations ou des états d’âme idéaux, il les crée. En Jésus, Dieu cherche toujours à donner une possibilité. Il nous appelle chaque jour à revivre notre histoire d’amour avec Lui, à nous refonder dans la nouveauté qu’il est, Lui, et à ne pas chercher « parmi les morts Celui qui est vivant ». Quand c’est l’appel de Jésus qui oriente la vie, le cœur rajeunit. L’amour est son langage.
C’est pourquoi il demande à Pierre et à nous de s’accorder sur ce même langage : « M’aimes-tu ? ». Pierre accueille l’invitation et comprend qu’aimer veut dire arrêter d’être au centre. Maintenant, il ne part plus de lui, mais de Jésus : « Tu sais tout », répond-il. Il se reconnaît fragile et comprend qu’il ne peut aller de l’avant seul. Et il se fonde sur le Seigneur. Vivre en chrétien demande à avoir confiance en ce que l’Amour de Dieu est plus grand que toute limite ou tout péché.
Aujourd’hui, nous sommes invités à regarder ce que le Seigneur a fait dans le passé afin de nous projeter avec Lui vers l’avenir, en sachant que, dans le succès et dans les erreurs, il reviendra toujours nous appeler pour nous inviter à jeter les filets.    

D'après le Pape François (Homélie du 5 mai 2019 à Sofia)

Samedi 30 avril

Sainte Marie de l'Incarnation (1599-1672). Cette Ursuline missionnaire auprès des Amérindiens est une figure du Québec, où elle a contribué à la naissance de l’Église.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (6, 16-21)

Le soir venu, les disciples de Jésus descendirent jusqu’à la mer. Ils s’embarquèrent pour gagner Capharnaüm, sur l’autre rive. C’était déjà les ténèbres, et Jésus n’avait pas encore rejoint les disciples. Un grand vent soufflait, et la mer était agitée.
Les disciples avaient ramé sur une distance de vingt-cinq ou trente stades (c’est-à-dire environ cinq mille mètres), lorsqu’ils virent Jésus qui marchait sur la mer et se rapprochait de la barque. Alors, ils furent saisis de peur. Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez plus peur. » Les disciples voulaient le prendre dans la barque ; aussitôt, la barque toucha terre là où ils se rendaient.

Méditation : Tu es la Voie, la Vérité et la Vie !

Après avoir nourri la foule des 5 000, et fuit son succès auprès des gens qui voulaient le faire Roi. Jésus se retire seul dans les montagnes. Éblouis par le signe de Jésus les disciples devaient-ils faire l'expérience de son absence ? Au moment du triomphe, il est si facile de le perdre de vue... Vient alors la nuit, l'effort, l'impression de ramer contre le vent dans une tempête dont on ne voit pas le bout. La scène est sombre. On imagine la fatigue et la lassitude. Mais voilà que Jésus vient vers eux sur l'eau, au-dessus de ces vagues qui étaient autant d'adversaires, de problèmes. Cette présence divine fait peur ! Jésus rassure ses disciples. « N'ayez pas peur » : des paroles que Jésus dit si souvent. Comme s'il disait aussi : « Je suis avec vous toujours : je ne vous laisserai pas seuls. » Et voilà qu'au moment d'accueillir Jésus ils touchent terre! Avec le Christ qui nous accompagne, nous sommes déjà arrivés à destination puisqu'll est le chemin et la vie.

Vendredi 29 avril

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) La profondeur spirituelle de cette laïque dominicaine lui donna une influence sur les puissants.Elle œuvra notamment pour que le pape, installé à Avignon, revienne à Rome. Elle est patronne de l'Europe.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (11, 25-30)

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Méditation : Louange à toi, Seigneur !

Jésus parle des sages et des intelligents à qui son Père a caché sa vérité. Il vise certainement les scribes et pharisiens qui s'opposent constamment à son message et à sa personne. Et les tout-petits ? Le peuple simple qui écoute Jésus avec le cœur et sans préjugés. Jésus indique le danger qu'il y a de se cacher derrière la sagesse et l'intelligence pour refuser l'amour et la miséricorde de Dieu, ce que Dieu veut révéler aujourd'hui, la nouveauté de l'Évangile... On se cache derrière des textes et des commentaires pour rester sur place. Le danger serait de croire plus volontiers à un Dieu statique qu'à un Dieu pèlerin. Car il n'est pas évident de se fier à un Dieu qui est en mouvement. C'est moins confortable et plus exigeant. Mais si « Dieu est amour » comme Jean écrit dans sa première lettre, on ne peut le réduire à une idée ou un concept fixe. Accepter un Dieu « pèlerin » nécessite d'accueillir et de transmettre l'amour qui vient de Dieu.

Jeudi 28 avril

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716). Ce Breton chercha chez les Pères une théorie mariale qui s'exprime à travers son célèbre Acte de consécration à Marie. Devenu prêtre, il fit beaucoup de missions pour évangéliser les campagnes de l'ousr de la France.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (3, 31-36)

« Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous, il témoigne de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage. Mais celui qui reçoit son témoignage certifie par là que Dieu est vrai. En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l’Esprit sans mesure. Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »

Méditation : Jésus, je t'aime !

Ces versets nous parlent du Christ, comme témoin unique de Dieu et de la difficulté qu'il y a à recevoir parole. Cette difficulté est évidente : le Christ est du ciel, nous sommes de la terre, nous ne parlons pas le même langage. C'est pour cela que « personne ne reçoit son témoignage ». Personne ? Le texte continue en nous parlant de « celui qui reçoit »... Notre réception du témoignage est partielle, mais cela en soi est déjà miraculeux, au-delà du possible : par son incarnation le Fils a rendu infiniment proche ce qui est infiniment lointain. Il s'agit de la vie en Dieu, la vie éternelle. Pour y accéder, un seul pont, un seul chemin : le Fils. Il s'agit d'un chemin difficile à reconnaître, à accepter mais, là encore, Dieu nous aide, par l'Esprit. Le Christ nous accompagne, non pas seulement dans notre foi et notre confiance, mais aussi dans nos doutes et nos incompréhensions : son témoignage est tellement lumineux qu'il ne peut pas ne pas nous éblouir.

Mercredi 27 avril

Sainte Zita de Lucques (1218-1278). Cette jeune fille pauvre entra au service d'une riche famille à 18 ans.Elle fut gratifiée d'une intense vie spirituelle et manifesta un grand soin des déshérités.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (3, 16-21)

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

Méditation : Mon Sauveur et mon Dieu !

Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils. Le seul dessein de ce Dieu qui aime est le salut et la vie « Dieu ne peut que donner son amour », écrivait frère Roger. Cette intuition est dans la ligne de la pensée de saint Jean. La venue du messie était très attendue chez beaucoup des Juifs à l'époque de Jésus. Le messie devait rétablir la justice et exterminer les méchants. Il devait venir juger le monde. Mais voilà qu'on lit les phrases suivantes : « Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » Une sentence répétée par Jésus vers la fin de sa vie : « Si quelqu'un entend mes paroles et n'y reste pas fidèle, moi, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver » (Je 12, 47). Donc, sa venue n'est pas pour juger. Non, Jésus EST la justice de Dieu incarnée. Sa présence est justice. Son amour sera la justice. C'est une lumière qui vient briller dans les ténèbres. À nous d’oser l'accueillir. La seule chose qui nous est demandée est de ne pas haïr la lumière, de ne pas haïr l'amour.

Mardi 26 avril

Le Ressuscité, après être apparu à plusieurs de ses disciples, les envoie en mission. Ils partiront baptiser les nations.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  (3, 7b-15)

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? »
Jésus lui répondit : « Tu es un maître qui enseigne Israël et tu ne connais pas ces choses-là ? Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.

Méditation : J'ai foi en toi, Seigneur !

Jésus dialogue avec un pharisien, « un maître qui enseigne Israël », Nicodème est un homme très respecté pour ses connaissances et sa piété. C'est un notable. Et voilà qu'il se comporte comme un étudiant auprès de Jésus. Jésus ne discute pas avec lui sur des textes et des commentaires, mais d'une réalité spirituelle. « Il vous faut naître d'en haut. » Nicodème ne devrait pas se contenter d'être respectable aux yeux des hommes et être scrupuleux vis-à-vis de la Loi. Il devrait chercher une relation avec Dieu, qui est vie, en recevant son Esprit. Il lui faut « être » et non pas se contenter d'un comportement extérieur, si bon soit-il. Il s'agit aussi de « regarder » Jésus, de fixer son regard sur Lui, comme le peuple d'Israël a dû regarder le serpent de bronze élevé par Moïse pour être sauvé. Regarder le Christ est une réponse à son regard sur nous, plein d'amour et de profonde compréhension.

Lundi 25 avril

Saint Marc, évangéliste. Proche de saint Pierre, il l'accompagna à Rome et recueillit ses "Mémoires". Son Évangile, le plus bref des quatre, est recommandé pour les catéchumènes.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (16, 1520)

En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. » Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

Méditation : Ton amour, Seigneur, sans fin, je le chante !

Après sa résurrection, Jésus apparaît à ses disciples donne une mission : la mission d'évangéliser non seulement les Juifs, mais tous les humains et même la Création. « Proclamez l'Évangile à toute la création en grec, ktisis) », dit Jésus. C'est une phrase intéressante. On dirait que nous devons proclamer la bonne nouvelle, non seulement aux humains, mais à l'ensemble de la Création. Le Seigneur a donné aux humains la domination sur les poissons, les oiseaux, le bétail, les reptiles et « toute la terre » (Ge 1, 26), non dans un but d'exploitation mais d'élevage responsable. Le Seigneur voulait que les humains traitent les animaux et « toute la terre » comme un berger, son troupeau. Évangéliser est donc bien plus que de transmettre les paroles de Jésus. C'est d'être son témoin par la façon d'être, d'aimer tout ce qui vit et respire.

Dimanche 24 avril : dimanche de la Divine Miséricorde

Le Ressuscité, après être apparu à plusieurs de ses disciples, les envoie en mission. Ils partiront baptiser les nations.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 19-31)

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Méditation :

Aujourd'hui c'est le jour où nous nous demandons : « Moi, qui tant de fois ai reçu la paix de Dieu, qui tant de fois ai reçu son pardon et sa miséricorde, suis-je miséricordieux avec les autres ? Moi, qui si souvent me suis nourri du Corps de Jésus, est-ce que je fais quelque chose pour nourrir celui qui est pauvre ? » Ne restons pas indifférents. Ne vivons pas une foi à moitié, qui reçoit mais ne donne pas, qui accueille le don mais ne se fait pas don. Nous avons été touchés par la miséricorde, devenons miséricordieux. Parce que si l'amour finit avec nous-mêmes, la foi se dessèche dans un intimisme stérile. Sans les autres elle devient désincarnée. Sans les œuvres de miséricorde elle meurt. Frères, sœurs, laissons-nous ressusciter par la paix, par le pardon et par les plaies de Jésus miséricordieux. Et demandons la grâce de devenir témoins de miséricorde. Seulement ainsi la foi sera vivante. Et la vie sera unifiée. Seulement ainsi nous annoncerons I ’Évangile de Dieu, qui est Évangile de miséricorde.

D'après le pape François (Angélus du 11 avril 2021)

Samedi 23 avril

Le Ressuscité, après être apparu à plusieurs de ses disciples, les envoie en mission. Ils partiront baptiser les nations.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (16, 9-15)

Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire. Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus.
Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité. Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. »

Méditation : Aujourd'hui, fais de moi ton témoin !

« Ils refusèrent de croire », « Ils ne les crurent pas non plus », « Il leur reprocha (...) parce qu'ils n'avaient pas cru ». On pourrait bien imaginer qu'avec cette triple répétition de « ne pas croire », Jésus ressuscité se mette à chercher ailleurs des témoins de sa Résurrection. Mais non, il reste fidèle à ceux qu'il a choisis. Leur incrédulité n'est pas un obstacle pour lui. « Allez dans le monde entier. Proclamez l'Évangile à toute la création », leur dit-il. Quelle confiance il manifeste ! La dynamique de ce commandement de Jésus nous fait sortir de nous-même avec un but pour notre vie : porter par nos vies la Bonne Nouvelle partout. Sommes-nous prêts à répondre à sa confiance ? Il se peut que des poches d'incrédulité subsistent en nous, mais elles créent autant d'espaces pour écouter une fois de plus cet envoi du Christ et nous laisser porter par son élan. Et peut-être d'autres paroles du Ressuscité viennent nous réconforter : « La paix soit avec vous », « Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde », « Heureux ceux qui croient sans avoir vu »... Osons nous mettre en chemin.

Vendredi 22 avril

Pierre s'habille pour se jeter à l'eau : ne cherche-t-il pas à couvrir la honte de son triple reniement dont Jésus le délivrera en lui demandant à trois reprise s'il l'aime ? Adam, lui aussi, a couvert sa nudité (Ge 3, 7)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (21, 1-14)

En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.
Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.
Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.
Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.
C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.

Méditation : C'est le Seigneur !

C’est comme si les disciples n'avaient pas compris. Jésus ressuscité les a envoyés dans la puissance de l'Esprit saint pour apporter la bonne nouvelle de son pardon... et ils retournent à leur ancien métier. Ils restent cependant ensemble. Quand nous ne comprenons pas ce que Jésus nous demande, si nous pouvons rester fidèles les uns aux autres, si nous pouvons persévérer dans cette vie de communion, alors une fois de plus le Christ ressuscité viendra à nous. Nous traversons la nuit ensemble, tout un coup le jour commence à poindre et voilà qu'il est là.

Jeudi 21 avril

Le Ressuscité absorbe de la nourriture devant ses disciples, signe qu'il n'est pas un fantôme mais a bien une présence corporelle.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (24, 35-48)

En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux. Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. »

Méditation :

Le Christ ressuscité est déjà apparu à Pierre et aux disciples d’Emmaüs. Mais quand il vient vers eux avec les mots « la paix soit avec vous », ils ne comprennent pas immédiatement que c'est lui. La frayeur et la crainte les saisissent. Pourtant, il ne les abandonne pas. Il entre dans leur réalité - faite de leur bouleversement et de doute. Joie et incrédulité se mélangent en eux. Petit à petit, par ses gestes et ses paroles, ils comprennent que c'est vraiment lui. Ce passage parle d'ouverture : s'ouvrir à la paix du Christ ressuscité, le laisser ouvrir notre esprit aux Écritures, nous ouvrir à la compréhension nécessaire pour que nous soyons ses témoins. Frère Roger disait souvent que personne ne peut comprendre tout de l'Écriture, tout de la foi. Si nous attendons de tout comprendre, nous pouvons attendre longtemps ! L'important est de vivre le peu que nous avons compris. Par cela, nous pouvons déjà devenir des témoins du Christ ressuscité, des témoins de son pardon, de son amour. Et l'Esprit saint, promesse du Père, nous en donne la force. Nos craintes se transforment en joie. Nous aussi, nous avons une mission qui nous est confiée. Laquelle ?

Mercredi 20 avril

Jésus apparaît à deux pèlerins sur le chemin d'Emmaüs, Cléophas et un anonyme. Ce dernier nous laisse la possibilité de nous identifier à lui.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (24, 13-35)

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.
Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :
« Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

Méditation :

Ce n'est que lorsqu'ils incitent cet étranger à rester avec eux que le feu de la charité vivante commence à brûler dans le cœur de ces deux hommes. La présence de Jésus les a conduits à aimer. N'ayons pas une foi trop mécanique si nous voulons pouvoir Le reconnaître.

Mardi 19 avril

Marie Madeleine est le premier témoin de la Résurrection. Si l'on suit bien cet Évangile, d'abord face au tombeau, elle se retourne une première puis une deuxième fois. Il faut entendre ce dernier mouvement comme une conversion intérieure.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 11-18)

En ce temps-là, Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »
Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

Méditation : Seigneur, ouvre mon cœur !

Si seulement nous pouvions reconnaître immédiatement Jésus ressuscité. Parfois, comme Marie de Magdala, notre désespoir nous rend aveugles à sa présence. Mais sa présence ne dépend pas de notre reconnaissance. Il nous pose une question : « Pourquoi pleurez-vous ? » et il ajoute ensuite « Qui cherchez-vous ? » Dans l'Évangile de Jean, la première question que Jésus pose à ceux qui veulent le suivre est : « Que cherchez-vous ? » Lorsque Jésus entre dans notre tristesse, il passe du « que » au « qui ». Une fois ressuscité des morts, comme il l'a promis, il attire à lui tous les êtres humains. En nous rencontrant au plus profond de notre être, qu'il soit rempli de tristesse ou de joie, Jésus ressuscité veut nous ouvrir à sa relation avec le Père et à la communion avec les autres. Nous ne sommes plus prisonniers de nos émotions, une vie nouvelle est possible. Donc Marie n'a plus besoin de retenir Jésus pour elle-même. Elle porte sa présence en elle et ainsi devient son premier témoin.

Lundi 18 avril

La solennité de Pâques se prolonge 8 jours (une octave) durant lesquels les Évangiles évoquent les différentes apparitions du Ressuscité.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (28, 8-15)

En ce temps-là, quand les femmes eurent entendu les paroles de l’ange, vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »
Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé.
Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en disant : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. »
Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui.

Méditation : Christ ressuscité, fais grandir ma foi !

Les femmes ont rencontré l'ange au tombeau vide et entendu son message. Il y a quelque chose qui les dépasse, mais la joie de leur foi naissante l'emporte la crainte et sur l'incompréhension. Tout leur être est comme transformé - elles courent, rien ne peut les retenir ! Soudain. Jésus est là. Elles ne le cherchent pas. Comme toujours dans les récits de résurrection, c'est lui qui prend l'initiative. Les femmes y répondent en se prosternant: elles l'adorent. Leur foi se confirme dans le silence de cette adoration. Les voici devenues les premiers apôtres « envoyés » par l'ange, puis par Jésus lui-même, pour apporter la Bonne Nouvelle de sa Résurrection aux autres disciples. Et quels témoins ! Elles témoignent avec un élan de joie irrésistible, naissant malgré l'incompréhension et qui donne envie de courir vers les autres. Mais aussi par leur capacité de suspendre un instant cet élan pour reprendre souffle aux pieds du Christ.

Sainte fête de Pâques 17 avril : Résurrection du Seigneur

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 1-9)

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

Méditation :

La tombe est le lieu d'où celui qui y entre ne sort pas. Mais Jésus est sorti pour nous, il est ressuscité pour nous, pour apporter la vie là où il y avait la mort, pour commencer une histoire nouvelle là où on avait mis une pierre dessus. Lui, qui a renversé le rocher à l'entrée de la tombe, peut déplacer les rochers qui scellent notre cœur. Par conséquent, ne cédons pas à la résignation, ne mettons pas une pierre sur l'espérance. Nous pouvons et nous devons espérer, parce que Dieu est fidèle. Il ne nous a pas laissés seuls, il nous a visités : il est venu dans chacune de nos situations, dans la souffrance, dans l'angoisse, dans la mort. Sa lumière a illuminé l'obscurité du sépulcre : aujourd'hui, il veut rejoindre les coins les plus obscurs de la vie. Sœur, frère, même si dans ton cœur tu as enseveli l'espérance, ne te rends pas : Dieu est plus grand. L'obscurité et la mort n'ont pas le dernier hot. Confiance : avec Dieu rien n'est perdu.
D'après le pape François (Angélus du 13 mars 2016)

Samedi Saint 16 avril

Aujourd'hui, nous demeurons auprès du tombeau dans le silence et l'attente, contemplant le mystère de la descente aux enfers. Comme il n'y a pas de messe avant la vigile pascale, nous proposons un texte librement tiré de la Bible qui évoque ce mystère. Ce soir, avec la bénédiction du feu et du cierge pascaj, s'ouvrira le temps de Pâques.

Première lettre de saint Paul, Apôtre (1 P 3, 18-22)

Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit. C’est en lui qu’il est parti proclamer son message aux esprits qui étaient en captivité. Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau. C’était une figure du baptême qui vous sauve maintenant : le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ, lui qui est à la droite de Dieu, après s’en être allé au ciel, lui à qui sont soumis les anges, ainsi que les Souverainetés et les Puissances.

Méditation :

Dans le tombeau avec ton corps,
dans les enfers avec ton âme,
en esprit, au paradis avec le laron,
tu es, ô Christ, sur le trône

avec ton Père et l'Esprit saint, aie pitié de nous.

Il est possible de toujours recommencer, parce qu'il y a toujours une vie nouvelle que Dieu est capable de faire repartir en nous au-delà de tous nos échecs. Même sur les décombres de notre cœur, Dieu peut construire une œuvre d'art, même sur des fragments désastreux de notre humanité, Dieu prépare une histoire nouvelle. Il nous précède toujours : sur la croix de la souffrance, de la désolation et de la mort, comme dans la gloire d'une vie qui ressuscite, d'une histoire qui change, d'une espérance qui renaît...

D'après le pape François (homélie du 3 avril 2021)

Vendredi Saint 15 avril

Aujourd'hui nous célébrons la Passion et la mort du Christ par un office sans consécration eucharistique, durant lequel on vénère la Croix.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (18, 1 à 19, 42)

Lecture de la Passion

Méditation : Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit !

Un serviteur est un reflet de son maître. Ici, les serviteurs de César, des autorités religieuses et du peuple se distinguent par leur violence. A l'inverse, Jésus disait que c’est par leur amour que l'on reconnaîtra ses disciples. Et nous ? Est-ce que notre vie reflète ce royaume d'en haut où l'Amour règne ? Ou sommes-nous pris par la peur et l'agression qui souvent font rage autour de nous ? Si notre réponse n'est pas claire, ne perdons pas espoir car c'est justement au cœur de ce monde brisé que l'amour de Dieu se déploie. Le jugement divin de ce monde ne vient pas pour nous faire peur. Il est aussi son salut. « Voici l'homme, voici votre roi », dit Pilate. Sans s'en rendre compte, il témoigne de la Vérité dont il était question juste avant dans sa conversation avec Jésus. Car ce Roi révèle la gloire de Dieu en aimant jusqu'au bout dans toute sa vulnérabilité et refus de la violence. Quand l'Amour vrai est bafoué, battu et tué par la peur et par l'ignorance, ce n'est jamais la fin de l'histoire. Le grain qui meurt porte beaucoup de fruit. Un tombeau neuf dans un jardin accueille le corps de Jésus. Et l'aurore commence à poindre, début d'une création nouvelle.

Jeudi Saint 14 avril

Ce soir, avec la célébration de l’institution de l'Eucharistie, commence le Triduum pascal, qui durera jusqu'à la messe de Pâques. Le célébrant refait le geste de Jésus qui lave les pieds de ses disciples.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (13, 1-15)

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

Méditation : Je t'adore, Seigneur !

Le lavement des pieds nous montre l'amour de Jésus en actes. Imaginons la façon dont les disciples se regardent les uns les autres, surpris. Laver les pieds d'un invité était un geste accompli par un serviteur. Qu'est-ce que le geste de Jésus provoque en nous ? En lavant les pieds, il se vide de lui-même. Il sert. Mais il exprime aussi qu'il veut honorer ses disciples, que nous sommes ses amis privilégiés. L'amour de Jésus nous rencontre là où nous en sommes. Quelle partie de nous a besoin d'être « lavée », d'être changée par l'amour de Jésus ?

Mercredi Saint 13 avril

C'est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec les disciples. Jésus dit cette parole à chacun de nous. Suivons-le intensément dans sa Passion durant le Triduum pascal, qui commence demain.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (26, 14-25)

En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent. Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? » Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” » Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. » Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Prenant la parole, il dit : « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! » Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! »

Méditation : Agneau de Dieu, délivre-nous du mal !

Lors d'un office orthodoxe de la semaine sainte, on chante Judas, quelle cause t'a-t-elle fait trahir le Sauveur ? T'avait-il rejeté du chœur des apôtres ? T'avait-il privé du don de guérison ? Lorsque tu soupais avec les autres disciples, t'écartait-il de la table ? Lorsqu'il lavait les pieds dédaignait-il les tiens ? Ô de combien de bienfaits t'es-tu fait oublieux ? Ton ingratitude est dénoncée tandis que la longanimité et la grande miséricorde du Christ sont proclamées. » Nous ne pourrons jamais vraiment saisir pourquoi Judas a agi comme il l'a fait. Pour les premiers chrétiens, c'était un scandale. Le mal existe. Ici, Jésus le dévoile. Pendant le repas, Jésus dit à ses proches ce qu'il lui arrivera. Chacun se pose la question : est-ce moi qui vais le trahir ? Chacun sent qu'il est capable du pire, ce qui est cause de tristesse. Mais quand Jésus s'explique davantage et entre dans le combat, Judas, ayant déjà empoché l'argent offert pour le livrer, ne peut retenir de se dénoncer lui-même, sans s'en rendre compte. La bonté démasque ainsi le mal.

Mardi Saint 12 avril

La trahison de Judas hante ces jours qui précèdent la Cène. Jésus annonce aussi le reniement de Pierre, il va se retrouver seul.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (13, 21-33. 36-38)

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. » Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait. Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler.
Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit.
Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. » Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. » Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. »

Méditation : Aie pitié de nous, Seigneur !

Imaginez que vous êtes en famille assis avec une personne très aimée. Elle annonce que l'un de vous va la trahir. Que d'émotions cela provoquerait en chacun ! C'est ce que vivent les apôtres. Personne ne saisit cependant ce qui arrive quand il parle à Judas. Le mal entre souvent parmi nous sans que l'on s'en aperçoive. Judas sorti, la révélation de l'identité réelle de Jésus devient possible. Jésus prédit cependant le reniement de Pierre. Notre défi est d'accepter que Jésus passe toujours au-devant de nous, même dans les situations où le mal semble agir ; et aussi la fragilité de nos pas à sa suite.

Lundi Saint 11 avril

Chaque jour de cette semaine, l’Évangile nous aide à entrer dans le drame pascal. Aujourd'hui, le geste de Marie préfigure l'ensevelissement de Jésus.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (12, 1-11)

Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts. On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus. Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum.
Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. »
Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts. Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare,
parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus.

Méditation : Bénis sois-tu Seigneur !

Jésus est à Béthanie chez Lazare qu'il a réveillé d'entre morts, ce qui a provoqué la colère des responsables religieux. C'est dangereux pour lui. Un repas est donné pour l'honorer, servi par Marthe. Mais c'est Marie, troisième membre de cette fratrie, à qui Jésus est très attaché, qui retient notre attention. Dans chaque Évangile, Jésus est oint par une femme avant sa Passion, grande expression de dévotion à son égard. Ici, Marie verse le parfum sur les pieds de Jésus et les essuie avec ses cheveux, anticipant le lavement des pieds par Jésus de ses disciples. Elle est prête à lui donner ce qui est très précieux pour elle. Mais surtout, cet acte annonce la mort de Jésus et l'ensevelit. Lui accueille le geste : sa vie est déjà offerte. Judas nous met face aux calculs qui minent la condition humaine. Même dans cette situation d'émotion forte, il pense au profit matériel. Jésus ne cède pas à ce chantage car si l'on vit avec la générosité de Marie, déclenchée par sa compréhension intime du don par amour de la vie de Jésus, on ne peut oublier les pauvres.

Dimanche 10 avril : dimanche des Rameaux

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (22, 14 à 23, 56)
Lecture de la Passion de notre Seigneur Jésus Christ

Quand l’heure fut venue, Jésus prit place à table, et les Apôtres avec lui. Il leur dit : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! Car je vous le déclare : jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle soit pleinement accomplie dans le royaume de Dieu. » Alors, ayant reçu une coupe et rendu grâce, il dit : « Prenez ceci et partagez entre vous. Car je vous le déclare : désormais, jamais plus je ne boirai du fruit de la vigne jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. » Puis, ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Et pour la coupe, après le repas, il fit de même, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous. Et cependant, voici que la main de celui qui me livre est à côté de moi sur la table. En effet, le Fils de l’homme s’en va selon ce qui a été fixé. Mais malheureux cet homme-là par qui il est livré ! »
Les Apôtres commencèrent à se demander les uns aux autres quel pourrait bien être, parmi eux, celui qui allait faire cela.
Ils en arrivèrent à se quereller : lequel d’entre eux, à leur avis, était le plus grand ? Mais il leur dit : « Les rois des nations les commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs. Pour vous, rien de tel ! Au contraire, que le plus grand d’entre vous devienne comme le plus jeune, et le chef, comme celui qui sert. Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. Vous, vous avez tenu bon avec moi dans mes épreuves. Et moi, je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi. Ainsi vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » Pierre lui dit : « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller en prison et à la mort. » Jésus reprit : « Je te le déclare, Pierre : le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que toi, par trois fois, tu aies nié me connaître. » Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni sac, ni sandales, avez-vous donc manqué de quelque chose ? » Ils lui répondirent : « Non, de rien. » Jésus leur dit : « Eh bien maintenant, celui qui a une bourse, qu’il la prenne, de même celui qui a un sac ; et celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une. Car, je vous le déclare : il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture : Il a été compté avec les impies. De fait, ce qui me concerne va trouver son accomplissement. » Ils lui dirent : « Seigneur, voici deux épées. » Il leur répondit : « Cela suffit. »

Jésus sortit pour se rendre, selon son habitude, au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent. Arrivé en ce lieu, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. » Puis il s’écarta à la distance d’un jet de pierre environ. S’étant mis à genoux, il priait en disant : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. » Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait. Entré en agonie, Jésus priait avec plus d’insistance, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre. Puis Jésus se releva de sa prière et rejoignit ses disciples qu’il trouva endormis, accablés de tristesse. Il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. »

Il parlait encore, quand parut une foule de gens. Celui qui s’appelait Judas, l’un des Douze, marchait à leur tête. Il s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser. Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? » Voyant ce qui allait se passer, ceux qui entouraient Jésus lui dirent : « Seigneur, et si nous frappions avec l’épée ? » L’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille droite. Mais Jésus dit : « Restez-en là ! » Et, touchant l’oreille de l’homme, il le guérit. Jésus dit alors à ceux qui étaient venus l’arrêter, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, j’étais avec vous dans le Temple, et vous n’avez pas porté la main sur moi. Mais c’est maintenant votre heure et le pouvoir des ténèbres. »
S’étant saisis de Jésus, ils l’emmenèrent et le firent entrer dans la résidence du grand prêtre. Pierre suivait à distance. On avait allumé un feu au milieu de la cour, et tous étaient assis là. Pierre vint s’asseoir au milieu d’eux. Une jeune servante le vit assis près du feu ; elle le dévisagea et dit : « Celui-là aussi était avec lui. » Mais il nia : « Non, je ne le connais pas. » Peu après, un autre dit en le voyant : « Toi aussi, tu es l’un d’entre eux. » Pierre répondit : « Non, je ne le suis pas. » Environ une heure plus tard, un autre insistait avec force : « C’est tout à fait sûr ! Celui-là était avec lui, et d’ailleurs il est Galiléen. » Pierre répondit : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. » Et à l’instant même, comme il parlait encore, un coq chanta. Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre. Alors Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. »
Il sortit et, dehors, pleura amèrement.

Les hommes qui gardaient Jésus se moquaient de lui et le rouaient de coups. Ils lui avaient voilé le visage, et ils l’interrogeaient : « Fais le prophète ! Qui est-ce qui t’a frappé ? » Et ils proféraient contre lui beaucoup d’autres blasphèmes. Lorsqu’il fit jour, se réunit le collège des anciens du peuple, grands prêtres et scribes, et on emmena Jésus devant leur conseil suprême. Ils lui dirent : « Si tu es le Christ, dis-le-nous. » Il leur répondit : « Si je vous le dis, vous ne me croirez pas ; et si j’interroge, vous ne répondrez pas. Mais désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite de la Puissance de Dieu. » Tous lui dirent alors : « Tu es donc le Fils de Dieu ? » Il leur répondit : « Vous dites vous-mêmes que je le suis. » Ils dirent alors : « Pourquoi nous faut-il encore un témoignage ? Nous-mêmes, nous l’avons entendu de sa bouche. »
L’assemblée tout entière se leva, et on l’emmena chez Pilate. On se mit alors à l’accuser : « Nous avons trouvé cet homme en train de semer le trouble dans notre nation : il empêche de payer l’impôt à l’empereur, et il dit qu’il est le Christ, le Roi. » Pilate l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui le dis. » Pilate s’adressa  aux grands prêtres et aux foules : « Je ne trouve chez cet homme aucun motif de condamnation. » Mais ils insistaient avec force : « Il soulève le peuple en enseignant dans toute la Judée ; après avoir commencé en Galilée, il est venu jusqu’ici. » À ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen. Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode, il le renvoya devant ce dernier, qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là. À la vue de Jésus, Hérode éprouva une joie extrême : en effet, depuis longtemps il désirait le voir à cause de ce qu’il entendait dire de lui, et il espérait lui voir faire un miracle. Il lui posa bon nombre de questions, mais Jésus ne lui répondit rien. Les grands prêtres et les scribes étaient là, et ils l’accusaient avec véhémence. Hérode, ainsi que ses soldats, le traita avec mépris et se moqua de lui : il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante et le renvoya à Pilate.
Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis, alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux. Alors Pilate convoqua les grands prêtres, les chefs et le peuple. Il leur dit : « Vous m’avez amené cet homme en l’accusant d’introduire la subversion dans le peuple. Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous et, parmi les faits dont vous l’accusez, je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation. D’ailleurs, Hérode non plus, puisqu’il nous l’a renvoyé. En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. » […] Ils se mirent à crier tous ensemble : « Mort à cet homme ! Relâche-nous Barabbas. » Ce Barabbas avait été jeté en prison pour une émeute survenue dans la ville, et pour meurtre. Pilate, dans son désir de relâcher Jésus, leur adressa de nouveau la parole. Mais ils vociféraient : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pour la troisième fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. » Mais ils insistaient à grands cris, réclamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient. Alors Pilate décida de satisfaire leur requête. Il relâcha celui qu’ils réclamaient, le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, et il livra Jésus à leur bon plaisir.

Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus. Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se retourna et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! Voici venir des jours où l’on dira : “Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité !” Alors on dira aux montagnes : “Tombez sur nous”, et aux collines : “Cachez-nous.” Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? » Ils emmenaient aussi avec Jésus deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter. Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire), là ils crucifièrent Jésus, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort. Le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! » Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée, en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »
C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ; l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure, car le soleil s’était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu. Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira.

À la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendit gloire à Dieu : « Celui-ci était réellement un homme juste. » Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, observant ce qui se passait, s’en retournaient en se frappant la poitrine. Tous ses amis, ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée, se tenaient plus loin pour regarder. Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste, qui n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le règne de Dieu. Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé. C’était le jour de la Préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du sabbat. Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé. Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.

Méditation :

Jésus monte sur la Croix pour toucher notre réalité humaine, pour traverser toute notre existence, tout notre mal. Pour ne pas nous laisser seuls dans la souffrance et dans la mort, pour nous sauver : aucun mal n'a le dernier mot. Dieu gagne, mais la palme de la victoire passe par le bois de la Croix. C'est pourquoi les palmes et la Croix vont ensemble. La grandeur de la vie est dans la beauté de l'amour. Dans le Crucifié nous voyons Dieu humilié. Et avec la grâce de l'étonnement nous comprenons qu'en accueillant celui qui est rejeté, qui est humilié par la vie, nous aimons Jésus : parce qu'il est dans les derniers, dans les rejetés.

D'après le pape François (Angélus du 28 mars 2021)

Samedi 9 avril

Bienheureuse Célestine Faron (morte en 1944). Cette religieuse polonaise fut déportée à Auschwitz en raison de sa foi. Elle mourut le jour de Pâques.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (10, 31-42)

En ce temps-là, quand Lazare fut sorti du tombeau, beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce qu’il avait fait. Les grands prêtres et les pharisiens réunirent donc le Conseil suprême ; ils disaient : « Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes. Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. »
Alors, l’un d’entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : « Vous n’y comprenez rien ; vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. »
Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés.
À partir de ce jour-là, ils décidèrent de le tuer. C’est pourquoi Jésus ne se déplaçait plus ouvertement parmi les Juifs ; il partit pour la région proche du désert, dans la ville d’Éphraïm où il séjourna avec ses disciples.
Or, la Pâque juive était proche, et beaucoup montèrent de la campagne à Jérusalem pour se purifier avant la Pâque. Ils cherchaient Jésus et, dans le Temple, ils se disaient entre eux : « Qu’en pensez-vous ? Il ne viendra sûrement pas à la fête ! » Les grands prêtres et les pharisiens avaient donné des ordres : quiconque saurait où il était devait le dénoncer, pour qu’on puisse l’arrêter.

Méditation : Aie pitié de nous !

De plus en plus de Juifs croient en Jésus à cause des nombreux miracles qu'il a accomplis. Les grands prêtres et les pharisiens craignent que, en laissant cette situation perdurer, les Romains ne viennent détruire leur lieu saint et leur nation. C'est pourquoi, ils décident de tuer Jésus. Dans son Évangile, Jean mentionne plusieurs fois cette tentative de tuer Jésus. Son motif principal n'est plus l'inimitié mais la crainte ! Lorsque la crainte nous submerge, nous en venons à justifier tous les moyens pour assurer notre propre sécurité, y compris la destruction de ceux que nous percevons comme des menaces. C'est aussi la crainte qui nous rend réticents à prendre des risques pour aider ceux qui souffrent. La foi en Jésus nous libère de cette influence néfaste. Il nous conduit à vivre dans l'amour. En effet, « l'amour parfait bannit la crainte » (1 Jean 4, 18).

Vendredi 8 avril

Sainte Julie Billiart (1751-1816). Guérie miraculeusement d'une paralysie, cette Picarde fonda une congrégation pour l'éducation des jeunes filles pauvres.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (10, 31-42)

En ce temps-là, de nouveau, des Juifs prirent des pierres pour lapider Jésus. Celui-ci reprit la parole : « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes qui viennent du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? » Ils lui répondirent : « Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, mais c’est pour un blasphème : tu n’es qu’un homme, et tu te fais Dieu. »
Jésus leur répliqua : « N’est-il pas écrit dans votre Loi : ‘J’ai dit : Vous êtes des dieux ?’ Elle les appelle donc des dieux, ceux à qui la parole de Dieu s’adressait, et l’Écriture ne peut pas être abolie. Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : “Tu blasphèmes”, parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”. Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. »
Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains.
Il repartit de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où, au début, Jean baptisait ; et il y demeura. Beaucoup vinrent à lui en déclarant : « Jean n’a pas accompli de signe ; mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. » Et là, beaucoup crurent en lui.

Méditation :Je crois en toi, Jésus. Donne-moi d'aimer comme tu aimes !

Les Juifs sont sur le point de lapider Jésus car ils considèrent qu'il a blasphémé en se qualifiant lui-même de Fils de Dieu. Ils savent qu'il a fait beaucoup de bonnes œuvres. Cependant, ils trébuchent sur ses paroles. C'est pourquoi Jésus les invite à croire en ses œuvres. Ainsi, ils comprendront qu'il est vraiment de Dieu. Ici, nous voyons que les paroles et les actes de Jésus sont compatibles : tout ce qu'il a dit se reflète aussi dans ses actes ! L'harmonie entre les paroles et les actes est essentielle dans la proclamation de l'Évangile. Notre foi ne doit pas se limiter aux pensées et aux discours, mais se manifester dans nos actions. Dans la lecture, il est mentionné que les gens vivant de l'autre côté du Jourdain ont porté leur attention sur les actes (« signes ») que Jésus a faits, et ils ont cru en lui. En effet, les actes sont souvent plus convaincants que les paroles.

Jeudi 7 avril

Saint Jean-Baptiste de la Salle (1651-1719). Ce prêtre originaire de Reims inventa une pédagogie et fonda les Frères des écoles chrétiennes. Il appartient à l'école française de spiritualité.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (8,51-59)

En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu'un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. » Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.” Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? »
Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”, alors que vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur. Mais je le connais, et sa parole, je la garde. Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. »
Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »
Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.

Méditation : Aide-moi, Seigneur, à garder ta Parole !

Jésus dit : « Si quelqu'un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. » Cela est difficile à croire. Qui peut échapper à la mort ? Abraham et les prophètes ne sont-ils pas morts eux aussi ? Cependant, Jésus est beaucoup plus grand qu'Abraham et les prophètes. Jésus vient de Dieu, la véritable source de vie. Ainsi, Jésus a un pouvoir qui peut vaincre la mort. Avec Jésus, la mort n'est plus le dernier mot pour nous. Le dernier mot est la vie révélée par la résurrection. « Garder la parole du Seigneur » ne consiste pas à s'attacher à la lettre de façon fanatique ou moralisatrice, cela signifie l'écouter avec confiance afin de connaître Dieu plus personnellement. Car la Parole est un moyen d'entrer en communion avec le Dieu vivant. Jésus est « la Parole faite chair » (Jean 1, 14). En gardant la parole du Seigneur, nous sommes conduits à la Vie : nous apprécions davantage l'existence et la remplissons d'amour.

Mercredi 6 avril

Sainte Catherine de Pallanza (morte en 1478). Rescapée de la peste, elle se consacra à Dieu dans un sanctuaire alpin où sz développa une communauté religieuse. Elle fut gratifiée d'apparitions du Christ.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (8,31-42)

En ce temps-là, Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »
Ils lui répliquèrent : « Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : “Vous deviendrez libres” ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : qui commet le péché est esclave du péché. L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours. Si donc le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres. Je sais bien que vous êtes la descendance d’Abraham, et pourtant vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne trouve pas sa place en vous. Je dis ce que moi, j’ai vu auprès de mon Père, et vous aussi, vous faites ce que vous avez entendu chez votre père. »
Ils lui répliquèrent : « Notre père, c’est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. Mais maintenant, vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a pas fait. Vous, vous faites les œuvres de votre père. »
Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ! Nous n’avons qu’un seul Père : c’est Dieu. »
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c’est lui qui m’a envoyé. »

Méditation : Mon Dieu et mon Tout !

La vérité peut parfois nous effrayer ou nous accabler. Par exemple quand nous devons faire face au fait que nous ne sommes pas aussi bons que nous l'imaginions. Lorsque nous commettons de graves erreurs, il n'est pas facile de l'admettre. La vérité pourtant est un chemin de vie. Elle n'est pas simplement une idée, un fait ou une croyance religieuse. Dans la foi, nous sommes invités à comprendre que la vérité ne peut être séparée de la présence du Christ. Le texte nous dit à la fois que « la vérité vous rendra libres » et que « Si donc le Fils vous rend libres, réellement (nous serons] libres ». Le Christ lui-même a dit qu'il est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6). Et voici la bonne nouvelle : nous pouvons toujours être surs que la vérité nous libère car « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jean 3, 17),

Mardi 5 avril

Saint Vincent Ferrier(v. 350-1419). Ce dominicain espagnol annonça l’Évangile et la proximité du Royaume à yravers l'Italie, la Suisse et la France. Ses reliques sont conservées dans la cathédrale de Vannes.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (8,21-30)

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Je m’en vais ; vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. »
Les Juifs disaient : « Veut-il donc se donner la mort, puisqu’il dit : “Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller” ? »
Il leur répondit : « Vous, vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. »
Alors, ils lui demandaient : « Toi, qui es-tu ? » Jésus leur répondit : « Je n’ai pas cessé de vous le dire. À votre sujet, j’ai beaucoup à dire et à juger. D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis pour le monde. »
Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père. Jésus leur déclara : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien de moi-même ; ce que je dis là, je le dis comme le Père me l’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui.

Méditation : Loué sois-tu pour ta présence toujours et à jamais !

Chez saint Jean, l'expression « le Fils de l'homme est élevé » fait référence à la crucifixion de Jésus. Dans l'évangile de ce jour, Jésus dit aux Juifs qu'ils comprendront l'« identité divine » de Jésus lorsqu'ils le crucifieront. C'est paradoxal. Cela semble un mystère insaisissable. On peut le comprendre dans la mesure où, pour Jésus, l'événement de sa crucifixion révèle deux choses : que Dieu est toujours avec lui et que toutes ses actions sont agréables à Dieu. La croix signifie ainsi plus que la souffrance et la mort. Lorsque nous la regardons, nous sommes à notre tour invités à croire que Dieu est toujours avec nous, fidèlement, même au milieu des difficultés. Et aussi que, pour vivre notre vie selon la volonté de Dieu, nous devons être persévérants dans notre fidélité à la suite du Christ, même si son chemin n'est pas aisé.

Lundi 4 avril

Saint Isidore de Séville (560-636). Cet évêque de l’Église wisigothe a combattu l'arianisme. Docteur de l’Église, il a sauvé la culture antique des grandes invasions grâce à ses écrits encyclopédiques.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (8,12-20)

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. »
Les pharisiens lui dirent alors : « Tu te rends témoignage à toi-même, ce n’est donc pas un vrai témoignage. »
Jésus leur répondit : « Oui, moi, je me rends témoignage à moi-même, et pourtant mon témoignage est vrai, car je sais d’où je suis venu, et où je vais ; mais vous, vous ne savez ni d’où je viens, ni où je vais. Vous, vous jugez de façon purement humaine. Moi, je ne juge personne. Et, s’il m’arrive de juger, mon jugement est vrai parce que je ne suis pas seul : j’ai avec moi le Père, qui m’a envoyé. Or, il est écrit dans votre Loi que, s’il y a deux témoins, c’est un vrai témoignage. Moi, je suis à moi-même mon propre témoin, et le Père, qui m’a envoyé, témoigne aussi pour moi. »
Les pharisiens lui disaient : « Où est-il, ton père ? » Jésus répondit : « Vous ne connaissez ni moi ni mon Père ; si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. » Il prononça ces paroles alors qu’il enseignait dans le Temple, à la salle du Trésor. Et personne ne l’arrêta, parce que son heure n’était pas encore venue.

Méditation : Lumière de vie, guide-moi !

Dans l'Évangile de Jean, la « lumière » est un terme symbolique. D'une part, la lumière s'oppose aux « ténèbres» du monde. D'autre part, la lumière est étroitement liée à la vie » : « En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes » (Jean 1, 4). À l'occasion de la fête des Tentes, Jésus dit : « Je suis la lumière du monde. » Le symbole est très fort car pendant cette célébration hébraïque, il y a une cérémonie de la lumière au Temple de Jérusalem pour commémorer la « colonne de feu » qui conduisait les Israélites dans le désert pendant la nuit (Exode 13, 21). Ainsi, Jésus nous conduit au milieu des ténèbres de ce monde. Il nous conduit à la paix au milieu de la peur; à l'espérance au milieu du désespoir ; à l'amour au milieu de la haine ; à la bonté au milieu du mal ; à la vie au milieu de la mort. Oui, en croyant et en suivant Jésus, nous sommes amenés à vivre la vie dans son sens le plus profond. La foi n'est donc pas seulement une croyance en Jésus : elle est une «relation personnelle» avec lui. Même invisible, il est toujours présent et nous guide.

Dimanche 3 avril

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (8, 1-11)

En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers. Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés.
Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Méditation :

« Femmes, où sont-ils ? » lui dit Jésus. Et cette constatation suffit, ainsi que son regard plein de miséricorde, plein d'amour, pour faire sentir à cette personne - sans doute pour la première fois - qu'elle a une dignité, qu'elle n'est pas son péché, elle a une dignité de personne ; qu'elle peut changer de vie, qu'elle peut sortir de ses esclavages et marcher sur un chemin nouveau. Cette femme nous représente tous, nous tous qui sommes pécheurs, c'est-à-dire adultères devant Dieu, ayant trahi sa fidélité. Et son expérience représente la volonté de Dieu pour chacun de nous : non pas notre condamnation, mais notre salut à travers Jésus. Il est la grâce, qui sauve du péché et de la mort. Il a écrit dans la terre, dans la poussière dont est fait chaque être humain, la sentence de Dieu : « Je ne veux pas que tu meures, mais que tu vives. » Dieu ne nous cloue pas à notre péché, il ne nous identifie pas au mal que nous avons commis. Nous avons un nom, et Dieu n'identifie pas ce nom avec le péché que nous avons commis. Il veut nous libérer, il veut que nous aussi, nous le voulions avec Lui. Il veut que notre liberté se convertisse du mal au bien, et cela est possible - cela est possible ! - avec sa grâce.

D'après le pape François (Angélus du 13 mars 2016)

Samedi 2 avril

Saint François de Paule (1416-1507). Ermite franciscain calabrais dont les parents attribuèrent la conception à François d'Assise ; doté de grâces exceptionnelles, il assista le roi de France Louis XI lors de son agonie.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (7, 40-53)

En ce temps-là, Jésus enseignait au temple de Jérusalem. Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! » D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? » C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui. Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui.
Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ? Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! »
Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Ils lui répondirent : « Serais-tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! » Puis ils s’en allèrent chacun chez soi. 

Méditation : Tu es le Christ !

Certains jugeaient Jésus sur la base de leur expérience personnelle. Ils ont écouté l'enseignement et vu les œuvres miraculeuses que Jésus a faites. Selon eux, Jésus est vraiment le prophète annoncé, le Christ. Mais d'autres jugent Jésus, sans approfondir, sur la base de leur connaissance de l'Écriture. Ils doutent qu'il soit le Christ. Car selon la Bible, il vient de la descendance de David et de Bethléem. Or un élément de l'expérience présente leur échappe. Ils pensent que Jésus est de Galilée. Au milieu de la controverse, Nicodème fait valoir son point de vue : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l'entendre d'abord pour savoir ce qu'il a fait ? »
L'Écriture et les traditions ne nous dispensent pas d'une attention pour l'expérience présente. Elles doivent être des « partenaires de dialogue » pour comprendre et donner un sens à ce qui se présente à nous. Au milieu des différences et des contradictions qui surgissent, il est important de « dialoguer » avec toutes les parties. Un véritable dialogue jette des « ponts » entre les différences existantes pour unir les parties opposées.

Vendredi 1er avril

Saint Hugues (mort en1132). Cet évêque de Grenoble œuvra à réformer les mœurs du clergé et du peuple, et conduisit saint Bruno et ses frères dans le désert de la Chartreuse.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (7, 1-2. 10. 14. 25-30)

En ce temps-là, Jésus parcourait la Galilée : il ne voulait pas parcourir la Judée car les Juifs cherchaient à le tuer. La fête juive des Tentes était proche. Lorsque ses frères furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret. On était déjà au milieu de la semaine de la fête quand Jésus monta au Temple ; et là il enseignait.
Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N’est-ce pas celui qu’on cherche à tuer ? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu que c’est lui le Christ ? Mais lui, nous savons d’où il est. Or, le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est. »
Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d’où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. » On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue.

Méditation : Remplis mon cœur d'amour !

Voyant Jésus parler ouvertement à la foule, quelques habitants de Jérusalem disent : « N'est-ce pas celui qu'on cherche à tuer ? » Ils se demandent alors si cela signifie que leurs chefs ont reconnu Jésus comme le messager de Dieu. Il n'en est rien… Jésus savait qu'on cherche à le tuer. Sa présence a provoqué des troubles parmi les Juifs de l'époque. Ses enseignements contreviennent parfois à l'opinion dominante. Ses actions sont même considérées comme une violation grave des lois religieuses juives. L'antipathie, l'hostilité et la haine peuvent, comme c'est le cas pour ces contemporains de Jésus, nous empêcher de voir la vérité telle qu'elle est vraiment. Nous sommes prompts à juger les autres et à ne voir que leur mauvais côté. Jésus dit : « Ne jugez pas d'après l'apparence, mais jugez selon la justice. » Car notre vision de la réalité est influencée par notre cœur. Demandons donc à Dieu de remplir nos cœurs d'amour. Car seul l'amour nous permet de voir et de reconnaître la vérité et la présence du Christ.