Méditations quotidiennes avec le supplément de la revue Prier : « Prier au quotidien »
et découverte brève de certains saints ou bienheureux qui sont de vrais témoins de la foi.

Depuis la rentrée septembre 2021, les méditations sont toutes d'un frère de Taizé,
sauf celles du dimanche et des grandes fêtes qui sont du pape François.

Samedi 25 juin : fête du Cœur immaculé de Marie

Saint Prosper (mort vers 400). Ce théologien laïc, qui défendit la théologie de saint Augustin, fut un bel époux. « Qu'il ne nous suffise point d'être un seul corps, soyons aussi une seule âme », écrivait-il à son épouse.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 41-51)

Chaque année, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque. Quand il eut douze ans, ils montèrent en pèlerinage suivant la coutume.
À la fin de la fête, comme ils s’en retournaient, le jeune Jésus resta à Jérusalem à l’insu de ses parents. Pensant qu’il était dans le convoi des pèlerins, ils firent une journée de chemin avant de le chercher parmi leurs parents et connaissances. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, en continuant à le chercher.
C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent dans le Temple, assis au milieu des docteurs de la Loi : il les écoutait et leur posait des questions, et tous ceux qui l’entendaient s’extasiaient sur son intelligence et sur ses réponses. En le voyant, ses parents furent frappés d’étonnement, et sa mère lui dit : « Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela ? Vois comme ton père et moi, nous avons souffert en te cherchant ! » Il leur dit : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? ». Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
Il descendit avec eux pour se rendre à Nazareth, et il leur était soumis. Sa mère gardait dans son cœur tous ces événements.

Méditation : « Voici ta mère » (Jn 19, 27)

Marie nous regarde et nous aime en quelque sorte comme son fils et comme ses propres enfants, qui portent cette glorieuse qualité pour deux raisons. En premier lieu, parce qu'étant mère du Chef, de la tête, elle est par conséquent mère des membres (cf Col 2,19). En second lieu, parce que notre Sauveur, en la croix, nous a donnés à sa mère en qualité d'enfants. Il nous l'a donnée, non seulement en qualité de reine et de souveraine, mais en la qualité la plus avantageuse pour nous qui puisse s'imaginer, c'est à dire en qualité de mère, en disant à chacun de nous ce qu'il dit à son disciple bien-aimé : « Voilà votre mère ». Et il nous donne à elle, non pas seulement en qualité de serviteurs ou d'esclaves, ce qui serait un grand honneur pour nous, mais en qualité d'enfants.
« Voilà votre fils », lui dit-il, parlant de chacun de nous en la personne de saint Jean, comme s'il lui disait : « Voilà tous mes membres que je vous donne pour être vos enfants ; je les mets en ma place, afin que vous les regardiez comme moi-même, et que vous les aimiez du même amour dont vous m'aimez ; aimez les aussi comme je les aime ». Mère de Jésus, vous nous regardez et nous aimez comme vos enfants, et comme les frères de votre fils Jésus, et du même cœur ; et vous nous aimez et aimerez éternellement du même amour maternel dont vous l'aimez.
C'est pourquoi, mes frères, dans toutes vos affaires, nécessités, perplexités et afflictions, ayez recours à ce cœur de notre très charitable mère. C'est un cœur qui veille toujours sur nous et sur les plus petites choses qui nous touchent. C'est un cœur si plein de bonté, de douceur, de miséricorde et de libéralité, que jamais aucun de ceux qui l'ont invoqué avec humilité et confiance, ne s'en est retourné sans consolation. 

Saint Jean Eudes

Vendredi 24 juin : solennité du Sacré-Cœur de Jésus

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (15, 3-7)

En ce temps-là, s'adressant aux pharisiens et aux scribes, Jésus disait cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux, et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !” Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. »

Méditation :

Nous relisons ce passage, cet enseignement de Jésus, et nous ne pouvons que nous réjouir : rien n'est perdu, Dieu veut rencontrer ceux qui se sentent perdus, il trouve un chemin pour ceux d'entre nous qui se croient perdus ! Jésus fait appel à notre empathie et nous renvoyant à notre expérience : « Si l'un de vous perd une brebis... » Il sait bien qu'en chacun de nous il y a un accès à un amour plus grand, a la compassion gratuite. C'est ce qui lui permet de s'identifier à ce que notre cœur humain pourrait ressentir, de nous montrer que notre cœur peut vibrer à la même fréquence que le sien. Le verbe « retrouver » revient trois fois sur ces cinq versets : tout dépend de notre conversion, qui n'est autre chose que le fait de se laisser trouver par Dieu. Pour la brebis perdue, ni appel à la pénitence, ni jugement : il n'y a que la joie des retrouvailles.

Jeudi 23 juin : Nativité de saint Jean-Baptiste

Elle est fêtée en ce jour en raison de la solennité du Sacré-Cœur de Jésus qui tombe le 24 juin cette année. Le Précurseur est le seul saint dont on fête la naissance terrestre.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 57-66. 80)

Quand fut accompli le temps où Élisabeth devait enfanter, elle mit au monde un fils. Ses voisins et sa famille apprirent que le Seigneur lui avait montré la grandeur de sa miséricorde, et ils se réjouissaient avec elle.
Le huitième jour, ils vinrent pour la circoncision de l’enfant. Ils voulaient l’appeler Zacharie, du nom de son père. Mais sa mère prit la parole et déclara : « Non, il s’appellera Jean. » On lui dit : « Personne dans ta famille ne porte ce nom-là ! » On demandait par signes au père comment il voulait l’appeler. Il se fit donner une tablette sur laquelle il écrivit : « Jean est son nom. » Et tout le monde en fut étonné. À l’instant même, sa bouche s’ouvrit, sa langue se délia : il parlait et il bénissait Dieu.
La crainte saisit alors tous les gens du voisinage et, dans toute la région montagneuse de Judée, on racontait tous ces événements. Tous ceux qui les apprenaient les conservaient dans leur cœur et disaient : « Que sera donc cet enfant ? » En effet, la main du Seigneur était avec lui. L’enfant grandissait et son esprit se fortifiait. Il alla vivre au désert jusqu’au jour où il se fit connaître à Israël.

Méditation : Louange à toi, Seigneur !

L’admiration que suscite la naissance miraculeuse de Jean nous rappelle fortement celle d'Isaac. Elle s'inscrit dans cette antique promesse qui nous oriente vers la venue de « Dieu avec nous », l'Emmanuel. Que sera donc cet enfant ? Quel est son futur ? Le mystère devant l'avenir, l'inconnu du plan de Dieu, peut nous placer dans la crainte (Luc 1, 65). Qu'en sera-t-il de l'année prochaine, du mois prochain ? Quel est le futur de tel projet, de telle personne dans ma famille ? Le nom de Jean signifie « Dieu fait grâce ». Croire aux promesses de Dieu, regarder l'avenir avec espérance, c'est vivre dans la confiance que Dieu nous veut du bien. Accepter donc de laisser le futur dans la main de ce Dieu qui « fait grâce » est source d'une grande liberté. Pourtant, accueillir la vie comme une grâce n'est pas évident. Confiance et espérance sont des mots que l'on a trop utilisés. Mais ils nous indiquent une direction dans la vie, un élan. Cet élan, parfois déstabilisant, nous conduit à la nouveauté du Christ.

Mercredi 22 juin

Saint Thomas More (1478-1535). Grand humaniste, ce chancelier d’Angleterre fut décapité pour avoir refusé l'autorité que s’octroyait le roi en matière religieuse. Il est fêté avec saint John Fischer.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (7, 15-20)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, alors qu’au-dedans ce sont des loups voraces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Va-t-on cueillir du raisin sur des épines, ou des figues sur des chardons ? C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l’arbre qui pourrit donne des fruits mauvais.
Un arbre bon ne peut pas donner des fruits mauvais, ni un arbre qui pourrit donner de beaux fruits. Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu. Donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »

Méditation : Seigneur, donne-moi de porter de bons fruits !

La réalité des faux prophètes, ceux qui annoncent des bonheurs ou des malheurs qui ne viennent pas, est bien présente à notre époque. Un aspect important de la comparaison proposée par Jésus est la distance entre l’arbre et le fruit. Il faut du temps pour voir les fruits d'un arbre. Il faut au moins une ou deux saisons pour en juger la qualité. Le discernement ne sera jamais achevé : la mauvaise herbe pousse en moins de temps que les bonnes plantes, un mauvais fruit peut être attirant au premier regard. Les agriculteurs peuvent nous enseigner beaucoup par leur patience et leur confiance. La voix de Jésus n'est même pas une voix qui s'impose par son volume. Elle est au milieu des autres. Elle se développe comme une plante dans une forêt profonde, parmi de nombreux autres arbres. Ayons de la patience pour discerner et reconnaître ses fruits. Parfois discrets, souvent fragiles, ils sont pourtant dans le monde qui nous entoure, chez les personnes que nous rencontrons et, osons y croire, dans nos cœurs.

Mardi 21 juin

Saint Louis de Gonzague (1568-1591). Ce jeune italien épris de pureté entra chez les Jésuites. Il mourut à 23 ans en soignant les pestiférés.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (7, 6. 12-14)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne donnez pas aux chiens ce qui est sacré ; ne jetez pas vos perles aux pourceaux, de peur qu’ils ne les piétinent, puis se retournent pour vous déchirer. Tout ce que vous voudriez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux, vous aussi : voilà ce que disent la Loi et les Prophètes.
Entrez par la porte étroite. Elle est grande, la porte, il est large, le chemin qui conduit à la perdition ; et ils sont nombreux, ceux qui s’y engagent. Mais elle est étroite, la porte, il est resserré, le chemin qui conduit à la vie ; et ils sont peu nombreux, ceux qui le trouvent. »

Méditation : Donne-moi un cœur généreux et l'esprit de service.

Faire pour les autres ce que nous voudrions qu'ils fassent pour nous pourrait nous aider à être compatissants, à nous mettre au service d'une façon immédiate. C'est une façon d'un concrète d'aimer les autres comme nous-mêmes, un accomplissement de la loi et les prophètes. Nous courons parfois le risque de nous empêtrer dans les considérations de « ce que je veux » ou « ce que j'ai ». Cet enseignement du Christ est un appel à être actif, et à ne pas attendre que les autres fassent ce que je veux pour commencer à faire de même pour eux. Jésus lui-même a choisi ce chemin de la générosité. À sa suite, osons lui demander de nous faire la grâce de nous donner cette même capacité de générosité.

Lundi 20 juin

Sainte Marie Ebner (1291-1351). Cette domincaine allemande, amie de Jean Tauler, qui eut à souffrir de la maladie, aimait à prier cette invocation : « Jésus, pire vérité, enseigne-moi la vérité »

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (7, 1-5)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne jugez pas, pour ne pas être jugés ; de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera.
Quoi ! tu regardes la paille dans l’œil de ton frère ; et la poutre qui est dans ton œil, tu ne la remarques pas ? Ou encore : Comment vas-tu dire à ton frère : “Laisse-moi enlever la paille de ton œil”, alors qu’il y a une poutre dans ton œil à toi ? Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil ; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère. »

Méditation : Ouvre mes yeux, Seigneur !

Les chapitres 5 à 7 de Matthieu décrivent ce que signifie la vie à la suite du Christ. Le but ultime de cette vie est d'être heureux, et même bienheureux. Mais ce bonheur n'est pas qu'individuel : être heureux concerne directement la façon dont nous nous mettons en relation avec d'autres. Jésus nous prévient des jugements injustes envers autrui. Le jugement est décrit comme une mesure inappropriée, un regard aveuglé, un visage masqué (sens du mot « hypocrite »). Seul Dieu est juge, il scrute les cœurs et dévoile son visage aux humains. Entrer dans son regard implique de regarder nos frères et sœurs en assumant nos propres difficultés plutôt que de pointer les leurs. Cela implique de les regarder en voyant plus que leurs défauts. Surtout, il nous faut enlever nos masques et nous montrer en vérité, tels que nous sommes. Ce regard dégagé libère une place aux autres dans notre vie, qui n'en devient que plus proche des Béatitudes.

Dimanche 19 juin : solennité du Saint Sacrement

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (9, 11b-17)

En ce temps-là, Jésus parlait aux foules du règne de Dieu et guérissait ceux qui en avaient besoin.
Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. »
Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde. Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule.Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers.

Méditation :

Ce miracle manifeste la puissance du Messie et, en même temps, sa compassion. Ce geste prodigieux reste non seulement l’un des grands signes de la vie publique de Jésus, mais il anticipe ce que sera le mémorial de son sacrifice, le sacrement de son Corps et de son Sang donnés pour le salut du monde. L’Eucharistie est la synthèse de toute l’existence de Jésus, qui a été un unique acte d’amour au Père et à ses frères. Lors de la Cène, Jésus prit comme lors de ce miracle le pain entre ses mains, dit la prière de bénédiction au Père, rompit le pain et le donna aux disciples ; et il fit la même chose avec la coupe de vin. Mais à ce moment-là, à la veille de sa Passion, il voulut laisser dans ce geste le testament de l’Alliance nouvelle et éternelle, mémorial perpétuel de sa Pâque de mort et de résurrection.
Chaque année, la fête du Corpus Domini, du Saint Sacrement, nous invite à renouveler l’émerveillement et la joie pour ce don merveilleux du Seigneur. Accueillons-le avec Gratitude ! Lors de la Communion, quand le prêtre nous dit : « Le Corps du Christ », que notre « Amen » vienne du cœur, convaincu. C’est Jésus qui m’a sauvé, c’est Jésus qui vient me donner la force de vivre. C’est Jésus vivant. Chaque fois doit être comme s’il s’agissait de la première communion.

D’après le pape François ‘Angélus du 23 juin 2019)

Samedi 18 juin

Saint Léonce de Tripoli (IXe siècle). Soldat phénicien en garnison à Tripoli, au Liban, il fut martyrisé pour avoir prêché l’Évangile par la parole et par l'exemple. Il est très populaire en Orient, notamment en Syrie.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (6, 24-34)

 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’Argent. C’est pourquoi je vous dis : Ne vous souciez pas, pour votre vie, de ce que vous mangerez, ni, pour votre corps, de quoi vous le vêtirez. La vie ne vaut-elle pas plus que la nourriture, et le corps plus que les vêtements ? Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. Vous-mêmes, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre vous, en se faisant du souci, peut ajouter une coudée à la longueur de sa vie ?
Et au sujet des vêtements, pourquoi se faire tant de souci ? Observez comment poussent les lis des champs : ils ne travaillent pas, ils ne filent pas. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’était pas habillé comme l’un d’entre eux. Si Dieu donne un tel vêtement à l’herbe des champs, qui est là aujourd’hui, et qui demain sera jetée au feu, ne fera-t-il pas bien davantage pour vous, hommes de peu de foi ?
Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : “Qu’allons-nous manger ?” ou bien : “Qu’allons-nous boire ?” ou encore : “Avec quoi nous habiller ?” Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous faites pas de souci pour demain : demain aura souci de lui-même ; à chaque jour suffit sa peine. »

Méditation : Dieu, ma Miséricorde !

Jésus renvoie à d'autres maîtres que lui : les oiseaux du ciel et les lis des champs. Pour apprendre d'eux, il faut s'arrêter et les observer. Les lis champêtres sont beaux un jour, puis jetés et brûlés. Et pourtant, il est bon qu'ils soient. Les prés seraient tristes sans leurs fleurs. Pour toute créature, le simple fait d'exister est une bonne chose. Nous ne sommes ni des plantes ni des animaux, nous sommes des humains qui travaillons et réalisons des projets. Mais il est parfois nécessaire de revenir à ce que nous avons en commun avec nos sœurs les fleurs et nos frères les oiseaux, à savoir d'être des créatures. C'est un bien qui vaut pour lui-même. Indépendamment de nos réalisations ou de nos échecs, vivre vaut mieux que ne pas exister.

Vendredi 17 juin

Saint Hervé (mort en 568). Ce barde breton aveugle mena une vie de pèlerin, guidé par un loup, selon la légende. Puis il fonda un monastère. Il est l'un des saints les plus populaire de Bretagne.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (6, 19-23)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne vous faites pas de trésors sur la terre, là où les mites et les vers les dévorent, où les voleurs percent les murs pour voler. Mais faites-vous des trésors dans le ciel, là où il n’y a pas de mites ni de vers qui dévorent, pas de voleurs qui percent les murs pour voler. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. La lampe du corps, c’est l’œil. Donc, si ton œil est limpide, ton corps tout entier sera dans la lumière ; mais si ton œil est mauvais, ton corps tout entier sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, comme elles seront grandes, les ténèbres ! »

Méditation : Clarifie mon regard !

De la fourmi à l'homme en passant par l'écureuil, les êtres vivants font des réserves pour assurer l'avenir, des trésors plus ou moins bien cachés, plus ou moins sûrs. Avec un peu de chance, nous profiterons un jour de ce que nous aurons mis de côté. Mais nos réserves peuvent aussi se perdre : aux mites, vers et autres voleurs s'ajoutent de nos jours les krachs financiers. Le cœur s'attache même à ce qui disparaît en un clin d'œil. Jésus ne combat pas notre besoin indéracinable de trésors, mais il le réoriente. Qu'est-ce qu'une réserve dans le ciel ? Un psaume répond : « Roc de mon cœur, ma part, Dieu à jamais. » Quand le cœur a une attache dans le ciel, l'œil s'illumine. ll voit clair et son regard généreux devient même source de lumière : non seulement il voit, mais il éclaire comme une lampe. L'œil malade de jalousie ou de cupidité est exactement le contraire. Non seulement il voit mal, mais il répand l'obscurité. Le regard envieux produit un brouillard qui cache la beauté de la vie tandis que le paisible, l'œil limpide, la discerne et s'en réjouit.

Jeudi 16 juin

Saint Jean-François Régis (1597-1640). Ce jésuite réévangélisa le Velay et le forez, marqués par les guerres de religion. Il mourut d'épuisement lors d'une mission à Lalouvesc, devenu lieu de pèlerinage

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (6, 7-15)

En ce temps-là,  Jésus disait à ses disciples : « Lorsque vous priez, ne rabâchez pas comme les païens : ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas, car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous l’ayez demandé. Vous donc, priez ainsi :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs.
Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal.
Car, si vous pardonnez aux hommes leurs fautes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père non plus ne pardonnera pas vos fautes. »

Méditation : Élargis mon cœur !

Au cœur du Notre Père se trouve le plus ordinaire, notre pain quotidien, dont nous avons absolument besoin pour Vivre. Mais, avant de le demander, Jésus nous dit de prier pour Dieu : pour son nom, son règne et sa volonté. Prier pour Dieu, c'est aussi prier pour nous. La sanctification de son nom signifie la révélation de Dieu tel qu'il est vraiment. Son règne est notre libération. Et la volonté de son amour est de nous garder du mal. La demande du pardon est la seule qui comporte un engagement explicite de notre part. Jésus a fait du pardon que nous accordons aux autres une condition pour recevoir celui de Dieu. Mais que faire si je n'arrive pas à dire sincèrement que j'ai pardonné ? Le pardon comme don généreux, tel celui du père qui accourt vers son fils prodigue et le comble de son amour, n'est pas toujours à notre portée. Mais il y a aussi le pardon comme discrète remise d'une dette qui semble parfois possible. Je suis incapable de donner quoi que ce soit. Mais je peux laisser quelque chose, laisser tomber la dette qui me donnerait droit à une revanche.

Mercredi 15 juin

Sainte Germaine Cousin (1579-1601). Cette bergère orpheline mal-aimée eut une vie de prière profonde. Après sa mort, les miracles se multiplièrent. A Pibrac (Haute Garonne) une basilique lui a été élevée.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (6, 1-6. 16-18)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l’aumône, ne fais pas sonner la trompette devant toi, comme les hypocrites qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites : ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et aux carrefours pour bien se montrer aux hommes quand ils prient. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme les hypocrites : ils prennent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont reçu leur récompense. Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent au plus secret ; ton Père qui voit au plus secret te le rendra. »

Méditation :

Confirmant les trois piliers de la religion de son temps que sont l'aumône, la prière et le jeûne, Jésus met en garde contre l'hypocrisie que leur pratique publique peut entraîner. «Hypocrite » signifie littéralement « acteur ». Jésus appelle à une piété où ce qui est caché dans les cours compte plus que ce qui est manifesté aux yeux des autres. Il va plus loin. Non seulement l'appréciation des autres ne compte pas, mais je dois renoncer moi-même à m'observer pour me donner de bons ou de mauvais points. Ma propre main gauche ne doit pas voir ma main droite donner des aumônes ! Je dois oublier ce que je fais. Parfumer la tête comme pour une fête alors que je jeûne, c'est non seulement cacher la tristesse de mon repentir aux autres, mais aussi ignorer moi-même. Dieu est le seul à voir au-delà des apparences. Et plus encore : il est là au plus secret, présent intime du cœur. Jésus ne l'appelle pas seulement « votre Père », mais « ton Père ». Dieu n'aime pas seulement tous les humains en général, il m'aime comme son unique. Alors je n’ai plus besoin de courir après la reconnaissance.

Mardi 14 juin

Saint Élisée (IXe siècle avant Jésus-Christ). Élie le couvrit de son manteau pour marquer sa transmission spirituelle, avant d'être emporté sur « un char de feu » (1 Rois 19). Il est cité par Jésus (Luc 4, 25-30)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 43-48)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi’. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait. »

Méditation : Dieu de miséricorde, rends mon cœur semblable au tien.

Le commandement « Tu haïras ton ennemi »ne se trouve dans la Bible. Cependant, si j'aime ma famille ou mon pays d'un amour entier, je peux bien avoir à m'opposer à ceux qui les menacent. C'est cette résistance que le verbe «  haïr » exprime. La Loi la demande. Jésus élargit et intensifie le commandement d'aimer. Il est courageux d'aimer et de défendre ses proches, mais plus courageux encore d'aimer ses ennemis, de souhaiter leur bien et leur bonheur, de prier pour eux. Aimer ses ennemis est difficile, sinon impossible. N'est-ce pas une contradiction dans les termes ? L'amour des ennemis n'est possible qu'à condition d'être un élargissement, une intensification ou un débordement de l'amour du prochain. La source d'un tel amour est en Dieu. Il est le seul à ne pas faire de distinction entre les personnes. Ou plutôt : il en fait, il ne mélange pas tout, il sait ce qui est juste et ce qui ne l’est pas. Mais il donne vie et bonheur aux uns et aux autres. Il sait qu'ainsi il prend le risque de faire prospérer les méchants qui vont tuer son Fils. Pour lui ressembler, osons-nous aimer au-delà du raisonnable ?

Lundi 13 juin

Saint Antoine de Padoue (1195-1231). Ce disciple portugais de François d'Assise fut un prédicateur célèbre. Il fit une mission en France dans une grotte près de Brive-la-Gaillarde. Il est docteur de l’Église.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 38-42)

En ce temps- là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Œil pour œil, et dent pour dent’. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre. Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui. À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos ! »

Méditation : Fais de moi un instrument de paix.

La règle d'équivalence - œil pour œil, dent pour dent-exige deux choses : qu'un crime soit puni et que la peine soit proportionnelle. Jésus ne l'abolit pas, mais il va plus loin : il invite à espérer là où le droit est impuissant à restaurer la justice. Il ne commande pas, il donne plutôt des exemples qui sont autant d'appels à la créativité pour sortir de situations bloquées. La Loi permet de retourner une gifle. Mais la gifle de retour, même quand elle est aussi forte que la première, ne rétablit pas la paix. Jésus demande d'y renoncer. Attention, ce n'est pas du tout un appel à subir la violence sans bouger ! Tendre l'autre joue, ce n'est pas ne rien faire. C'est une réaction alerte, un mouvement rapide pour déconcerter l'agresseur. C'est un geste risqué qui expose éventuellement à une seconde gifle. Mais surtout, par sa surprise, il peut déstabiliser l'agresseur, le faire hésiter, lui ouvrir les yeux, peut-être l'arrêter. Jésus propose des manières d'agir à première vue extravagantes. Leur but est toujours le même : interrompre le cours normal des choses pour ouvrir des brèches par lesquelles le règne de Dieu peut faire irruption.

Dimanche 12 juin : solennité de la Sainte Trinité

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16, 12-15)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

Méditation :

On ne s'empare pas de la vérité comme d'une chose, on rencontre la vérité. Elle n'est pas une possession, elle est une rencontre avec une personne. C'est précisément le Saint-Esprit, le don du Christ ressuscité, qui nous fait reconnaître la vérité, qui est à nos côtés pour nous soutenir sur ce chemin de connaissance. Quelle est alors l'action du Saint-Esprit dans notre vie et dans la vie de l'Église pour nous conduire à la vérité ? Tout d'abord, il rappelle et imprime dans le cœur des croyants les paroles qu'a dites Jésus. En effet, c'est du plus intime de nous-mêmes que naissent nos actions : c'est précisément le cœur qui doit se convertir à Dieu, et le Saint-Esprit le transforme si nous nous ouvrons à lui. Ensuite, comme le promet Jésus, il nous guide « à la vérité tout entière » ; il nous guide non seulement à la rencontre avec Jésus, plénitude de la vérité, mais il nous guide aussi « à l'intérieur » de la vérité, C'est-à-dire qu'il nous fait entrer dans une communion toujours plus profonde avec Jésus, en nous donnant intelligence des choses de Dieu. Et cela, nous ne pouvons pas l'atteindre avec nos forces. Si Dieu ne nous éclaire pas intérieurement, notre être chrétien sera superficiel.

D'après le pape François (Audience générale du 15 mai 2013)

Samedi 11 juin

Saint Barnabé (mort vers 60). Ce juil chypriote appartint à la première communauté chrétienne, pour laquelle il vendit ses biens (Actes 4, 36). Il y introduidit Paul et favorisa sa vocation missionnaire.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (10, 7-13)

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Sur votre route, proclamez que le royaume des Cieux est tout proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons. Vous avez reçu gratuitement : donnez gratuitement. »
Ne vous procurez ni or ni argent, ni monnaie de cuivre à mettre dans vos ceintures, ni sac pour la route, ni tunique de rechange, ni sandales, ni bâton. L’ouvrier, en effet, mérite sa nourriture. Dans chaque ville ou village où vous entrerez, informez-vous pour savoir qui est digne de vous accueillir, et restez là jusqu’à votre départ. En entrant dans la maison, saluez ceux qui l’habitent. Si cette maison en est digne, que votre paix vienne sur elle. Si elle n’en est pas digne, que votre paix retourne vers vous. »

Méditation : Seigneur, que oui soit un oui !

La parole humaine est fragile. Comment savoir quand elle est vraie ? Comment savoir si une promesse est fiable ? L'institution du serment est à la parole ce qu'un tuteur est à une plante fragile. Il peut être prudent de protéger une promesse par un serment. Jésus n'est pas prudent quand il demande d'y renoncer. La preuve, c'est que la plupart des sociétés, même chrétiennes, et même l'Église, ont maintenu la pratique des serments. On donne en général peu d'importance à ce commandement de Jésus, que l'on ignore. Et, certes, une parole tenue grâce à un serment vaut mieux qu'une promesse rompue. La Loi exige que les serments soient honorés, afin de protéger les promesses. L'enseignement de Jésus vise à rendre cette protection superflue. Le « oui » et le « non » sincères résistent, ils tiennent debout tout seuls, sans besoin d'un tuteur, du serment. Le « oui » et le « non » simples échappent à la manipulation. Ils sont fiables. Ils sont comme des perles qui rendent belle la vie

Vendredi 10 juin

Saint Landry (mort en 656)Cet évêque de Paris y aurait fondé le premier hôpital, près de la cathédrale. Pendant une famine, il vendit ses meubles et des vases sacrés pour venir en aide aux pauvres.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 27-32)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous avez appris qu’il a été dit : ‘Tu ne commettras pas d’adultère’. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur. Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne. Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne. Il a été dit également : ‘Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation’. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère. »

Méditation : Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu !

L’adultère détruit l'alliance entre une femme et un homme, introduit le soupçon dans les relations, perturbe la vie Familiale et sociale. Mais même les châtiments les plus sévères que certaines sociétés ont appliqués ou appliquent encore n'arrivent pas à l'éradiquer. Jésus indique une autre voie. Il remonte de l'acte à sa racine dans le plus intime du cœur. Les êtres de manque que nous sommes peuvent ressentir fortement un vide intérieur. Et alors notre regard, au lieu de s'émerveiller et d'admirer, se fait dur et possessif. Nous convoitons et accaparons. Une fois de plus, l'enseignement de Jésus laisse perplexe. Il ne peut quand même pas prôner l'automutilation ! Mais il est bien vrai que ses paroles ne nous caressent pas dans le sens du poil. Au lieu de nous consoler de notre manque, Jésus nous demande de le creuser. C'est cela que pourrait signifier arracher l'œil et couper la main. Nous nous servons de l'œil droit au regard aigu et de l'habile main droite pour nous procurer ce dont nous pensons avoir besoin. Mais, parfois, il vaut mieux manquer, désirer, attendre.

Jeudi 9 juin

Bienheureuse Anne-Marie Taïgi (1769-1867). Cette mère siennoise de sept enfants, toujours enjouée, était visitée par Dieu dans ses tâches domestiques et dotée de charisme : guérisons, prophéties, etc.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 20-26)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous le dis : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.
Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : ‘Tu ne commettras pas de meurtre’, et si quelqu'un commet un meurtre, il devra passer en jugement. Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison. Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou. »

Méditation : Aide-moi à pardonner..

On peut s'éloigner de la justice en deux directions opposées : vers ce qui est injuste ou vers ce qui est plus que juste. Dans son enseignement et dans ses actes, Jésus s'éloigne de la stricte justice, non pas pour approuver l'injustice, mais pour que la justice surabonde. Son interprétation du commandement « Tu ne commettras pas de meurtre » laisse perplexe. Où en arriverions-nous si, à chaque fois que nous nous mettions en colère, nous devions nous dénoncer à la justice ? Les commandements de Jésus ne sont pas une législation, mais des paroles qui secouent, réveillent et éclairent les recoins cachés des cours. La réconciliation avec mes frères et sœurs est prioritaire. Elle compte plus pour Dieu que tous les sacrifices possibles. Jésus ne dit pas : « Si tu as quelque chose contre eux, va te réconcilier. » Non, il dit : « Si ta sœur ou ton frère a quelque chose contre toi. » Ce n'est pas ton sentiment à toi qui doit déterminer ta démarche, mais celui que tu devines chez ton vis-à-vis.

Mercredi 8 juin

Bienheureux Istvan Sandor (1914-1953). Quand les ordres religieux furent dissous dans la Hongrie communiste,ce salésien de Don Bosco continua à enseigner la foi dans son appartement. Dénoncé par sa concierge, il fut pendu pour complot contre la démocratie.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 17-19)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »

Méditation : Montre-moi la voie de tes préceptes.

La Loi est promesse. Elle ne doit pas seulement être observée mais elle doit aussi être accomplie, tout comme les prophéties. Jésus insiste : chaque petit trait de la Loi doit se réaliser. Mais pourquoi a-t-on pu penser qu'il l'abolissait ? Il se défend du soupçon que la nouveauté de son enseignement annule la Loi. Son interprétation contredit parfois les anciens commandements pris à la lettre, mais elle ne les abolit pas : elle en dégage l'intention profonde, et la promesse d'une vie bonne et heureuse qu'ils contiennent. Jésus semble désigner son enseignement comme « ces plus petits commandements ». Pourquoi ce nom ? C'est qu'il est lui-même un maître humble et que ses élèves sont des petits », comme il lui arrive d'appeler ses disciples. Les commandements de Jésus sont tels qu'en pratique nous en rejetons facilement l'un ou l'autre. Qui peut prétendre toujours tendre l'autre joue à celui qui l'a giflé ? Qui aime toujours ses ennemis ? Nous ne serons pas pour autant exclus du royaume des Cieux. Mais, quand nous mettons en pratique les commandements de Jésus qui nous obligent à nous faire petits, nous préparons la venue du règne de Dieu.

Mardi 7 juin

Saint Gilbert de Neuffonts (mort en 1152). Rescapé de la deuxième croisade, ce chevalier devint, en accord avec son épouse, religieux prémontré.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (5, 13-16)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens. Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

Méditation : Vous êtes le sel de la terre !

En tas, le sel est visible mais indigeste. C'est quand il est mélangé aux aliments et invisible que le sel est bon. Jésus appelle ses disciples à ne pas craindre le contact, mais à se mêler aux autres. Quand les chrétiens sortent de leur « zone de confort », ils donnent de la saveur à la vie d'un quartier ou d'un village. Jésus compare aussi l'Église à une ville visible de loin. Il est étonnant qu'il déclare ses disciples lumière de l'humanité. Il ne veut certainement pas que nous nous prenions pour les seules lanternes au monde, mais il nous dit que ce qui nous est donné n'est pas pour nous seulement : il nous invite à un continuel effort de partage. Ses paroles nous laissent avec des questions. Comment vivre de telle manière que notre vie rende d'autres heureux ? Que pouvons-nous faire pour susciter autour de nous la joie et la louange de Dieu ?

Lundi 6 juin

Bienheureuse Vierge Marie, mère de l’Église. Cette mémoire obligatoire au lendemain de la Pentecôte - à la naissance de l’Église - souligne la maternité spirituelle de Marie à l'égard de tous les membres du corps mystique du Christ, comme il l'a souhaité sur la croix.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (19, 25-34)

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif. » Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est accompli. » Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.
Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.

Méditation :

La mère de Jésus apparaît deux fois dans l'Évangile de Jean, aux noces de Cana et au pied de la croix. Elle est la quand Jésus commence à révéler sa gloire en procurant du vin en abondance, et quand il achève de révéler la gloire de Dieu en donnant sa vie. Deux fois également, Jean parle de la soif de Jésus. Au puits de Jacob, il dit à la Samaritaine : « Donne-moi à boire ! » Sur la croix, il dit : « J'ai soif. » À qui adresse-t-il sa demande ? À Dieu, afin d'accomplir les Psaumes qui crient la soif de Dieu ? Aux hommes qui se tiennent sous la croix et lui tendent une éponge imbibée de vin aigre ? À toute l'humanité ? De même qu'il avait soif de communiquer le don de Dieu à la Samaritaine, Jésus a soif de donner son amour à tous. Il a soif - et il devient une source. Le sang qui coule de son côté percé atteste du don qu'il fait de sa vie. De cette même blessure coule de l'eau, les fleuves d'eau vive promis de l'Esprit saint. En donnant sa vie, Jésus donne la vie. C'est pourquoi Jean n'écrit pas : « Jésus expira », comme le fait Marc. Il écrit : « Il remit l'esprit. » L'esprit de Jésus est l'Esprit saint donné sans mesure.

Dimanche 5 juin : solennité de la Pentecôte

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 15-16. 23b-26)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements. Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

Méditation :

Avec ces paroles, Jésus promet aux disciples l'Esprit saint, le don définitif, le don des dons. Jésus nous offre aujourd'hui la consolation du Ciel, l'Esprit, le « Consolateur souverain ». Les consolations du monde sont comme les anesthésiants : elles agissent en superficie, au niveau des sens et difficilement au niveau du cœur. Parce que seul celui qui nous fait sentir aimés tels que nous sommes donne la paix du cœur. L'Esprit saint, l'amour de Dieu, fait ainsi : il descend à l'intérieur, car l'Esprit agit dans notre esprit. Il est la tendresse même de Dieu, qui ne nous laisse pas seuls... Avançons d'un pas. Nous aussi, nous sommes appelés à témoigner, dans l'Esprit saint, à devenir des Paraclets, c'est-à-dire des consolateurs. Non pas en faisant de grands discours, mais en nous faisant proches ; non pas avec des paroles de circonstance, mais avec la prière et la proximité. Rappelons que la proximité, la compassion et la tendresse sont les styles de Dieu, toujours. Jésus a apporté le feu de l'Esprit sur la terre, et l’Église se réforme avec l'onction, la gratuité de l'onction de la grâce, avec la force de la prière, avec la joie de la mission, avec la beauté désarmante de la pauvreté. Mettons Dieu à la première place !

D'après le pape François (Homélie du 23 mai 2021)

Samedi 4 juin

Sainte Clotilde (v. 470-545). Orpheline du roi burgonde, elle fut mariée à Clovis. Elle oeuvra avec patience à la conversion de son époux, aidée par sainte Geneviève. Veuve, après avoir vu un fils massacrer une partie de sa famille, elle se retira à Tours près du tombeau de saint Martin.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (21, 20-25)

En ce temps-là, Jésus venait de dire à Pierre : « Suis-moi. » S’étant retourné, Pierre aperçoit, marchant à leur suite, le disciple que Jésus aimait. C’est lui qui, pendant le repas, s’était penché sur la poitrine de Jésus pour lui dire : « Seigneur, quel est celui qui va te livrer ? »
Pierre, voyant donc ce disciple, dit à Jésus : « Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? »
Jésus lui répond : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? Toi, suis-moi. » Le bruit courut donc parmi les frères que ce disciple ne mourrait pas. Or, Jésus n’avait pas dit à Pierre qu’il ne mourrait pas, mais : « Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? »
C’est ce disciple qui témoigne de ces choses et qui les a écrites, et nous savons que son témoignage est vrai. Il y a encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites ; et s’il fallait écrire chacune d’elles, je pense que le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres que l’on écrirait.

Méditation : Tu es ma Lumière !

Les derniers mots de l'Évangile selon saint Jean nous mettent en garde. Pierre vient de recevoir de la part de Jésus des paroles de pardon, de confiance et de mission. Mais presque aussitôt son esprit se met à divaguer. Maintenant il s'intéresse à ce qu'il en sera avec son ami Jean. Il est peut-être significatif qu'il pose cette question une fois « s'étant retourné » alors qu'il marche avec Jésus : la question n'est pas dans la ligne droite où il devrait aller. Jésus le corrige doucement, mais fermement. Il n'a pas à se soucier du sort des autres, même des plus proches, mais à garder ses yeux fixés sur le but : la suite de Jésus. Le dernier verset nous indique d'ailleurs que Jésus a fait et dit tant de choses que l'on pourrait remplir le monde avec des livres si on les écrivait toutes. Les évangélistes nous ont laissé seulement des écrits brefs et ramassés - un résumé des traits essentiels de la vie et de la personne de Jésus, mais cela suffit. Si nous voulons suivre Jésus, si nous voulons connaître Dieu comme Père, nous avons dans ces écrits tout ce qu'il nous faut. Il n'y a pas besoin de chercher ailleurs.

Vendredi 3 juin

Saint Charles Lwanga et ses compagnons (morts en 1886). Ces laïcs étaient, en Ouganda, pages ou gardes du ri Mwanga. Jeunes baptisés, ils refusèrent de céder aux désirs impurs du roi et furent égorgés ou brûlés.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (21, 15-19)

Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade. Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. »
Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. »
Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. »
Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »

Méditation : Mon Seigneur et mon Dieu !

Avant la crucifixion, Pierre clamait que même si tous les autres quittaient Jésus, il ne le ferait jamais. ll considérait qu'il aimait Jésus « plus que ceux-ci ». Peut-être à ce moment était-il sincère, mais il ne se connaissait pas lui-même. Quelques heures plus tard, dans des circonstances qu'il n'aurait jamais imaginées, il reniait Jésus trois fois de suite. Est-ce le fait de s'être comparé avec les autres qui l'a fait tomber ? Maintenant Jésus ressuscité lui pose trois fois la question : « M’aimes-tu ? », en écho des trois reniements. Et Pierre ne peut plus prétendre qu'il fera preuve d'un amour exceptionnel. Il laisse alors tomber toute comparaison. Il a découvert que son amour était moins courageux qu'il ne l'avait pensé. Mais il aimait Jésus quand même, et il l'aime encore. Par trois fois, Jésus accepte cette expression de son amour renouvelé, purifié et devenu humble. Et enfin, dans des mots mystérieux à la manière des prophètes, il lui fait savoir qu'il aura l'occasion à l'avenir d'exprimer son amour jusqu'au bout, en donnant sa vie, comme il a fait sur la croix.

Jeudi 2 juin

Saints Blandine et Pothin (morts en 177). Avec 46 de leurs compagnons martyrs, chrétiens de Lyon et de Vienne, cette esclave et le premier évêque de Lyon furent persécutés par l'empereur Marc Aurèle.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (17, 20-26)

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

Méditation : Béni soit le Seigneur !

C'est la seule fois dans les Évangiles où nous voyons Jésus prier explicitement pour nous : des chrétiens qui croiront en lui longtemps après la génération des apôtres. Et ce qu'il demande est le don de l'unité. C'est sa priorité. L'unité dont il parle n'est pas n'importe laquelle : ni l'unité des gens qui seraient tous semblables les uns aux autres, ni l'unité totalitaire de ceux qui pensent de la même manière parce qu'ils n'ont pas la possibilité de penser par eux-mêmes, ni l'unité de ceux qui se regroupent étroitement pour être plus forts contre un ennemi. Jésus vise une unité comme celle qui existe entre lui et son Père. Une telle unité nous dépasse, évidemment : elle est mystérieuse. Elle implique de se reconnaître mutuellement une même intention profonde. Elle exige de ne jamais s'accommoder à des séparations. Laissons Jésus prier pour nous, et que cette unité qu'il a tellement désirée devienne aussi notre première priorité.

Mercredi 1er juin

Saint justin (v. 100-166). Ce notable palestinien explora de nombreuses philosophies. La foi chrétienne fut l'aboutissement de sa quête. Lors de la persécution de Marc Aurèle, il la professa jusqu'au martyre.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (17, 11b-19)

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes. Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie. Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés. Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde. Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde. Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité. De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde. Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

Méditation : Ta Parole est vérité !

Jésus prie pour que ses disciples soient gardés unis dans le nom de Dieu. L'expression est inhabituelle. Dans la Bible, le nom renvoie habituellement à ce par quoi on peut connaître une personne. L'expression suggère donc une protection venant d'une vraie connaissance de Dieu et de sa présence. Y sont associées la joie et la parole de Dieu. La joie est peut-être le dynamisme et la force intérieure que donne la connaissance de Dieu. La parole de Dieu serait cette même connaissance, exprimée par des pensées et des mots. Unité, protection, joie, et des paroles de vérité - voilà ce à quoi mène la connaissance de Dieu. Quand nous pensons connaître Dieu, mais que notre religion nous mène à des divisions, à de l'amertume ou à de la peur, il est fort possible que nous nous soyons trompés. Par sa prière, Jésus souhaite que nous ayons une connaissance non déformée de Dieu. Elle mène inévitablement - même à travers des difficultés - à une communion et une joie profonde.

Mardi 31 mai

Fête de la Visitation de la Vierge Marie. Après l'Annonciation, la mère du Sauveur se rend chez la mère du Précurseur, c'est-à-dire sa cousine Élisabeth, enceinte de Jean-Baptiste, pour l'aider.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (1, 39-55)

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée. Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.  Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint, et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. » Marie dit alors :

« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

Méditation :  Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni !

Tout l'essentiel est ici caché et vécu dans la foi. Extérieurement, cette visite est un événement ordinaire. Mais chacune des deux femmes est porteuse d'un semblable secret : elle porte en elle un enfant encore caché aux yeux du monde. Et leur foi leur permet soudain une communion inouïe dans l'Esprit Saint. C'est dans cet instant de rencontre que Marie se met à louer Dieu. Sa louange emplit son cœur au moment précis où elle fait cette expérience de la foi partagée. Dans son élan, elle chante en mentionnant ses ancêtres, son peuple, les affamés, les pauvres... Quel rapport avec son expérience personnelle ? Sa relation avec Dieu la remplit de joie. Quand elle voit que sa cousine vit aussi quelque chose de similaire, elle comprend que Dieu propose à tous de vivre cette relation extraordinaire avec Lui. Elle comprend ce que sa joie personnelle a d'universel, et elle se réjouit pour le monde.

Lundi 30 mai

Sainte Jeanne d'Arc (1412-1431). Les actes de ses procès dressent un émouvant portrait de cette paysanne qui fit sacrer le Dauphin à Reims. On a fêté le 16 mai le centenaire de sa canonisation.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16, 29-33)

En ce temps-là, les disciples de Jésus lui dirent : « Voici que tu parles ouvertement et non plus en images. Maintenant nous savons que tu sais toutes choses, et tu n’as pas besoin qu’on t’interroge : voilà pourquoi nous croyons que tu es sorti de Dieu. »
Jésus leur répondit : « Maintenant vous croyez ! Voici que l’heure vient – déjà elle est venue – où vous serez dispersés chacun de son côté, et vous me laisserez seul ; mais je ne suis pas seul, puisque le Père est avec moi. Je vous ai parlé ainsi, afin qu’en moi vous ayez la paix. Dans le monde, vous avez à souffrir, mais courage ! Moi, je suis vainqueur du monde. »

Méditation : Dieu d'amour, je te bénis !

Il n'est pas facile d'être avec Jésus. Il a tendance à nous secouer tout le temps. Dès qu'on a saisi quelque chose, il nous montre que la réalité n'est pas tout à fait comme ça ; moment où on pense avoir tout perdu, le voici en train de nous consoler. Il est le fils du Dieu vivant, jamais statique, toujours mouvement, stimulant la vie. Dans ce passage, s'enchaînent consolations, défis, mises en garde et encouragements. Mais au milieu de ces changements déconcertants, il dit qu'il nous parle ainsi pour que nous ayons la paix en lui. La paix que Jésus offre n'est pas une paix qui nous mettrait à l'abri des secousses de la vie, de même que sa joie ne nous met pas à l'abri de toute tristesse et angoisse. Sa paix n'est pas un calme inébranlable, et sa joie n'est pas une euphorie permanente. Sa paix est la paix qui lui permet de tenir bon dans l'amour et la fidélité à travers sa passion. Dans sa joie de ressuscité, ses mains restent blessées par les clous de la croix. Avec ces mains, il peut toucher les angoisses et les tristesses de nos vies et les rendre aptes à être transfigurées.

Dimanche 29 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (17, 20-26)

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi. Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN : moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

Méditation :

Nous sommes appelés à prendre au sérieux cette importante supplication de Jésus au Père : être un, former une famille, avoir le courage de vivre d’amitié, d'amour, de fraternité. Combien il y a besoin, surtout aujourd'hui, de fraternité ! Certaines situations politiques et sociales nous dépassent, mais l'engagement pour la paix et la fraternité naît toujours d'en bas : chacun, à son niveau, peut faire sa part. Chacun peut s'engager à être un constructeur de fraternité, à travailler à reconstruire ce qui s'est brisé au lieu d'alimenter la violence. Nous sommes appelés à le faire, également en tant qu'Église : promouvons le dialogue, le respect de l'autre, la protection du frère, la communion ! Et ne laissons pas entrer dans l'Eglise la logique qui divise, celle qui met chacun de nous au centre, en écartant les autres. Cela détruit : détruit la famille, détruit l'Église, détruit la société, détruit nous-mêmes. Et là où il y a guerre, violence, haine, être fidèles à l'Evangile et artisans de paix signifie s'engager, également à travers les choix sociaux et politiques, en risquant notre vie. Ce n'est qu'ainsi que les choses peuvent changer.         

D'après le pape François (Homélie du 16 mai 2021)

Samedi 28 mai

Saint Germain de Paris (mort en 576). Sa mère, qui ne le désirait pas, aurait essayé d'avorter. Devenu moine et prêtre, il évangélisa le pays franc. Archevêque de Paris, il fonda la célèbre abbaye qui prit son nom.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16, 23b-28)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi votre joie sera parfaite. En disant cela, je vous ai parlé en images. L’heure vient où je vous parlerai sans images, et vous annoncerai ouvertement ce qui concerne le Père. Ce jour-là, vous demanderez en mon nom ; or, je ne vous dis pas que moi, je prierai le Père pour vous, car le Père lui-même vous aime, parce que vous m’avez aimé et vous avez cru que c’est de Dieu que je suis sorti. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »

Méditation : Mon Dieu, donne-moi de te connaître et de t'aimer !

Demander au nom Jésus veut dire demander dans la de personne de Jésus ; demander comme si nous étions Jésus pour ainsi dire. Jésus avait une relation avec le Père tout à fait claire, sans la moindre ombre. Il savait que Dieu était son père et que la volonté de son Père était nourriture et vire pour lui. Une telle relation était naturelle pour Jésus mais ce n’est pas le cas pour nous. Jésus a assumé la vie humaine, avec ses souffrances, et même, dans la passion, sa séparation de Dieu, pour nous faire entrer dans la relation qu'il a lui-même avec le Père. C'est là toute la vie chrétienne : devenir fils et filles de Dieu par grâce comme Jésus l'était par nature. Dans cette relation, il est possible de tout demander à Dieu, de tout lui confier, sachant qu'il nous entend pleinement. Cette relation dans sa plénitude implique une harmonie totale avec l'amour et les intentions de Dieu. Grâce à Jésus, nous sommes en route. Nous pouvons présenter toutes nos demandes à Dieu, même sans savoir si nous demandons entièrement « au nom de Jésus ». Cela fait partie du chemin.

Vendredi 27 mai

Saint Augustin de Cantorbéry (mort en 605). Ce bénédictin de Rome fut envoyé par le pape pour évangéliser les Anlo-Saxons. Il convertit le roi du Kent et son peuple. Il est le premier archevêque de Cantorbéry.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16, 20-23a)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : vous allez pleurer et vous lamenter, tandis que le monde se réjouira ; vous serez dans la peine, mais votre peine se changera en joie. La femme qui enfante est dans la peine parce que son heure est arrivée. Mais, quand l’enfant est né, elle ne se souvient plus de sa souffrance, tout heureuse qu’un être humain soit venu au monde. Vous aussi, maintenant, vous êtes dans la peine, mais je vous reverrai, et votre cœur se réjouira ; et votre joie, personne ne vous l’enlèvera. En ce jour-là, vous ne me poserez plus de questions. »

Méditation : Fais de moi un homme nouveau !

La vie chrétienne comme toute vie, comporte des hauts bas. Mais ce qui caractérise une vie à la suite du Christ c’est que ces alternances ne sont plus aléatoires. Dans nos vies, comme dans toute la création, nous voyons de la lumière et des ombres, des forces créatrices destructrices : parfois elles se succèdent, parfois elles semblent mêlées. Comment discerner ce qui est vraiment significatif ? C'est le Christ qui donne la clé. Son passage à travers la mort jusqu'à la résurrection montre l'œuvre de Dieu. Quand nous le suivons les choses se passent aussi comme cela, mais à notre échelle, dans nos vies. Dans une naissance, les douleurs de l'accouchement peuvent être grandes, mais en fin de compte, elles importent peu par rapport à la nouvelle vie qui naît.

Jeudi 26 mai : solennité de l'Ascension

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16, 12-15)

En ce temps-là, Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur dit : « Il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. » Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut. »
Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit.
Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

Méditation :

Avant de se séparer de ses amis ; Jésus, en se référant à sa mort et sa résurrection, leur dit : « De cela vous êtes témoins ». Notre témoignage – à travers les paroles et la vie quotidienne – chaque dimanche, devrait sortir de nos églises pour entrer, pendant la semaine, dans les maisons, les bureaux, à l’école… jusqu’aux périphéries de la ville… Nous devons apporter ce témoignage chaque semaine : le Christ est avec nous ; Jésus est monté au ciel, il est avec nous ; Le Christ est vivant ! Jésus nous a assurés que dans cette annonce et dans ce témoignage, nous serons « revêtus de la force d’en-haut », c’est-à-dire de la puissance de l’Esprit saint. C’est là que se trouve le secret de cette mission : la présence parmi nous du Seigneur ressuscité qui, avec le don de l’Esprit, continue à ouvrir notre esprit et notre cœur, pour annoncer son amour et sa miséricorde jusque dans les milieux les plus réfractaires de nos villes. C’est l’Esprit saint qui est le véritable artisan du témoignage multiforme que l’Eglise et chaque baptisé rendent dans le monde. C’est pourquoi nous ne pouvons jamais négliger de nous recueillir dans la prière pour louer Dieu et invoquer le don de l’Esprit.

Mercredi 25 mai

Sainte Madeleine-Sophie Barat (morte en 1865). Cette femme à la foi vive, d'une grande culture et ouverte aux besoins de son temps, fonda la Société du Sacré-Coeur, destinée à la formation des jeunes filles.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16, 12-15)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître. Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

Méditation : Esprit Saint, éclaire mon cœur !

Un témoin ne parle ne parle pas de lui-même, de ses propres idées ou opinons. Il n'attire pas l'attention sur lui, mais sur la réalité dont il témoigne. En cela, l'Esprit saint est le témoin par excellence. Il est relativement facile de se faire une image de Dieu le Père, et une image du Christ, le Fils. Mais l'Esprit saint reste plus difficile à saisir. C'est parce Qu'il n'attire pas notre regard vers lui-même. Dans l'épître aux Romains, nous lisons que l'Esprit saint nous conduit à dire « Abba, Père », en témoignant que nous sommes enfants de Dieu (Romains 8, 15-16). Et dans la première lettre aux Corinthiens (12, 3) c'est l'Esprit saint qui seul conduit à dire « Jésus est Seigneur ». En d'autres termes, l'Esprit nous montre le Père, et il nous montre Jésus, mais il ne nous montre pas lui-même. Il est au service des autres, mais lui-même il s'efface. Il est difficile à saisir, non pas qu'il soit loin de nous, mais parce qu'il est proche. Infiniment proche. Au cœur même de notre cœur.

Mardi 24 mai

Saint Donatien (IIIe-IVe siècles). Vers 304, il mourut martyrisé à Nantes, avec son frère Rogatien, qu'il avait converti. Ces témoins de la foi sont couramment appelés les « enfants nantais ».

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (16, 5-11)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je m’en vais maintenant auprès de Celui qui m’a envoyé, et aucun de vous ne me demande : “Où vas-tu ?” Mais, parce que je vous dis cela, la tristesse remplit votre cœur. Pourtant, je vous dis la vérité : il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai. Quand il viendra, il établira la culpabilité du monde en matière de péché, de justice et de jugement.
En matière de péché, puisqu’on ne croit pas en moi.
En matière de justice, puisque je m’en vais auprès du Père, et que vous ne me verrez plus.
En matière de jugement, puisque déjà le prince de ce monde est jugé. »

Méditation : Que ton Esprit soit sur nous !

« Il vaut mieux pour vous que je m'en aille. » t Ces paroles de Jésus sont déchirantes. Si Jésus nous aime, s'il est notre joie et notre vie, comment son départ peut-il être une bonne chose pour nous ? En fait, Jésus ne s'en va jamais sans revenir d'une autre manière. Dans ce passage, il parle de sa passion et de sa résurrection. Il va quitter les disciples physiquement, bientôt ils ne pourront le toucher ni le voir ni l'entendre. Mais par l'Esprit saint, le Défenseur, il sera de nouveau avec eux, et d'une manière intime qu'avant. Il sera même en eux. Dans notre vie, Jéus semble parfois nous quitter. Nous avons peut-être fait l'expérience de sa présence, et puis d'un coup nous ne ressentons plus rien : ne reste qu'un sentiment de vide, d'incompréhension. Avons-nous perdu la foi ? Mais non. Beaucoup de grands saints et de simples chrétiens ont traversé de tels moments, des nuits de l'âme. Dieu ne nous a pas quittés. C'est seulement qu'un certain sentiment de sa présence nous a été retiré. Il se manifestera de nouveau, d'une manière tout à fait inattendue. Nous pouvons avoir confiance, et nourrir cette confiance avec les mots de Jésus ressuscité à ses disciples.

Lundi 23 mai

Saint Jean-Baptiste de Rossi (1698-1764). Ce prêtre natif de Gênes vivait à Rome. Il consacra son temps et son argent aux pauvres, aux malades, les visitant, les accueillent et les imprégnant de l'amour de Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (15, 26 à 16, 4a)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement. Je vous parle ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés. On vous exclura des assemblées. Bien plus, l’heure vient où tous ceux qui vous tueront s’imagineront qu’ils rendent un culte à Dieu. Ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père ni moi. Eh bien, voici pourquoi je vous dis cela : quand l’heure sera venue, vous vous souviendrez que je vous l’avais dit. »

Méditation : Que je me souvienne de ta Parole !

Rendre témoignage du Christ, voilà la lourde tâche qui incombe aux disciples. Aujourd'hui encore, quand nous tentons de témoigner du Christ, le sentiment d'être à contre-courant nous guette. Rendre témoignage du Christ peut être une tâche ingrate. Parfois, certains nous barrent même la route alors qu'eux-mêmes sont persuadés de rendre un culte à Dieu » ! Ces obstacles, ces souffrances, font partie de notre chemin à la suite du Christ. Seuls, nous n'y arriverions sans doute pas. Le Christ nous invite donc à nous mettre à la suite du premier témoin : l'Esprit de Vérité qui procède du Père. Cet Esprit nous précède, il prépare les cœurs de ceux à qui nous aurons affaire, il répond à ce besoin de Vérité présent en chacun. Notre propre témoignage ne fait que s'ajouter à son action. Plus encore, l'Esprit nous console : lorsque nous trébuchons sur ce chemin ardu, il est là pour nous relever et panser nos blessures. C'est ce que Jésus faisait de son vivant pour ses disciples. Gardons courage, le Seigneur est avec nous !

Dimanche 22 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 23-29)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez. »

Méditation :

Tandis que s'approche le moment de la croix, Jésus rassure les apôtres en leur disant qu'ils ne resteront pas seuls : il y aura toujours l'Esprit saint, le Paraclet, qui les soutiendra dans leur mission d'apporter l'Évangile dans de entier. Dans la langue originale grecque, le terme « Paraclet «  signifie celui qui se met à côté, pour soutenir et consoler. Jésus retourne au Père, mais il continue à instruire et animer ses disciples à travers l'action de l'Esprit saint. Pour réaliser tout cela, l'Eglise ne peut pas rester statique, mais, à travers la participation active de chaque baptisé, elle est appelée à agir comme une communauté en chemin, animée et soutenue par la lumière et par la force de l'Esprit saint qui rend toute chose nouvelle. Il s'agit de se libérer des liens mondains représentés par nos idées, nos objectifs, qui souvent alourdissent le chemin de foi, et de nous mettre à l'écoute docile de la Parole. Le Seigneur nous invite aujourd'hui à ouvrir notre cœur au don de l'Esprit saint, afin qu'il nous guide sur les sentiers de l'histoire. Jour après jour, celui-ci nous éduque à la logique de l'Evangile, la logique de l'amour accueillant, « en nous enseignant toute chose » et « en nous rappelant tout ce que le Seigneur nous a dit »

D'après le pape François (Angélus du 26 mai 2019)

Samedi 21 mai

Saint Christophe Magallanes (1869-1927). Quand le gouvernement ferma le séminaire, ce prêtre mexicain poursuivit la formation dans sa paroisse. Il fut exécuté avec 24 autres chrétiens.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (15, 18-21)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu’il en a eu d’abord contre moi. Si vous apparteniez au monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais vous n’appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde ; voilà pourquoi le monde a de la haine contre vous. Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : un serviteur n’est pas plus grand que son maître. Si l’on m’a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l’on a gardé ma parole, on gardera aussi la vôtre. Les gens vous traiteront ainsi à cause de mon nom, parce qu’ils ne connaissent pas Celui qui m’a envoyé. »

Méditation :Seigneur Jésus, enseigne-moi l'humilité et la persévérance

Pourquoi Jésus prépare-t-il ses disciples à la possibilité d’être confrontés à «  la haine » ? Et il le fait sans que dans ses paroles ne résonne aucune accusation. Pour lui, c’est un simple fait que nous serons confrontés à la haine, bien que nous ne sachions pas pourquoi : « Ils vous traiteront ainsi à cause de mon nom ». Le monde comme, il le dit, est un cercle fermé : tant que nous en Faisons partie, nous sommes acceptés et « aimés ». Lui, par contre, nous place dans un horizon plus large; tout d'abord, parce qu'il nous a choisis ». Il nous « prend dans le monde », mais il ne nous enlève pas « du monde » dont extérieurement, nous ne sommes pas différents. Nous faisons plus ou moins la même chose que les autres. Mais nous n'appartenons plus à ce cercle fermé. Cela nous rend imprévisibles aux yeux du « monde » et nous prive de sa protection. Jésus nous appelle à ouvrir nos yeux, à voir plus loin et à discerner dans sa personne, ses paroles et ses actes « Celui que Dieu a envoyé ».

Vendredi 20 mai

Saint Bernardin de Sienne (1380-1444). Hobereau italien, il se distingua, à 20 ans, par son abnégation auprès des pestiférés. Franciscain, il devint un prédicateur renommé qui bouleversa les foules.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (15, 12-17)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

Méditation : Seigneur, rends mon cœur semblable au tien !

Jésus nous demande de nous aimer, sans pour autant nous expliquer comment. Mais on sent que son invitation touche un absolu. Elle nous conduit au don de notre vie, et en même temps à une communion profonde avec Dieu. Cela se réalise avant tout au quotidien : « Aimez-vous les uns les autres », jour après jour. En cela, nous sommes unis à Dieu. Contrairement aux auditeurs de Jésus, nous savons jusqu'où son amour l'a conduit ; nous sommes « ses amis ». Nous sommes plus qu'une bande de copains prévoyant des plans en commun : nous nous accompagnons dans la vie. Son amitié n'est pas une récompense pour avoir fait ce qu'il attend de nous ; son amitié signifie que même dans l'adversité, quand l'amour de notre prochain ne va plus de soi, nous ne sommes pas seuls. Nous savons qu'il marche à nos côtés.

Jeudi 19 mai

Saint Yves (1253-1303). C'est le plus célèbre des saints bretons, qu'on appelle là-bas Erwan. Ce hobereau devenu avocat défendit la cause des plus faibles. Sa fête est l'occasion d'un grand pardon à Tréguier.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (15, 1-8)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »

Méditation : Que ta joie soit en nous et que notre joie soit parfaite !

Il peut être étonnant d'entendre Jésus dire qu'il a gardé les commandements de son Père. Eh oui, bien que Jésus Fils de Dieu, c'est-à-dire Dieu lui-même, il obéit. Jésus était un être humain comme nous et, comme nous, il transmet ce qu'il reçoit d'un autre. Nous aussi, qui voulons le suivre, ne faisons que transmettre ce que nous avons reçu de quelqu'un. Demeurer dans l'amour du Christ, nous place donc dans une grande communauté d'hommes et de femmes - passée et présente. Cette communion a son origine, à travers le Christ, en Dieu. En tentant continuellement de nous mettre au diapason de cet Amour, que nous l'imaginions ou non, nous collaborons donc avec Dieu - et ce dans nos petits et grands efforts de la vie quotidienne. Ainsi, Dieu nous associe à son œuvre d'une nouvelle création. Jésus sait que dans cette collaboration quelque chose de           «sa joie » s'allumera en nous, que notre joie humaine prendra une autre dimension, qu'elle deviendra parfaite.

Mercredi 18 mai

Bienheureux Stanislas Kubski et Martin Oprzadek (morts en 1942). Ces prêtres polonais déportés à Dachau accompagnaient les prisonniers jusqu'à la mort. Ils moururent ensemble dans une chambre à gaz.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (15, 1-8)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage. Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi. Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »

Méditation : Garde-moi fidèle !

Jésus n'a pas peur de nous secouer. En entendant parler de ces sarments inféconds jetés au feu, qui oserait ne pas se sentir mis en question ? Mais il nous dit en même temps : « Vous êtes déjà purifiés. » Et cela non par un acte de notre part, mais simplement « grâce à la parole que je vous ai dite ». Pour porter du fruit, Jésus nous dit que demeurer en lui suffit. Cette union que Jésus décrit n'est pas une mise en commun de nos forces avec les siennes. «  Porter du fruit » ne signifie pas « être fort » ou « réussir ». Ce n'est pas quelque chose que nous produisons ou que nous aurions acquis. Ce qu'on attend de nous, c'est de permettre que quelque chose se réalise à travers nous, tels que nous sommes. Le sarment pourrait refuser de rester sur la vigne et se mettre à son compte. Il pourrait se détacher du tronc pour devenir une nouvelle plante. Mais ainsi, au moins pour cette année, il ne porterait pas de fruits. Les fruits ne viennent que lorsque le sarment reste sur la vigne, qu'il y « demeure ».

Mardi 17 mai

Saint Pascal Baylon (1540-1592). Ce berger aragonais avait une grande attirance pour l'Eucharistie qu'il adorait de longues heures durant. Il finit par être accepté comme frère convers par les franciscains.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 27-31a)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi. Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez. Désormais, je ne parlerai plus beaucoup avec vous, car il vient, le prince du monde. Certes, sur moi il n’a aucune prise, mais il faut que le monde sache que j’aime le Père, et que je fais comme le Père me l’a commandé. »

Méditation : Donne-nous ta paix !

Pour donner la paix, il faut être en paix. Or, Jésus sait qu’il vit ses dernières heures avant la Passion. Comment ne pas se laisser submerger par la souffrance à venir ? C'est que sa paix est plus qu'une simple émotion. Comment peut-il être en paix alors qu'il va vivre la pire injustice ? C'est que sa paix est plus qu'un raisonnement intellectuel. Imaginez ! C'est lui qui va mourir, et c'est lui qui dit aux disciples : « Que votre cœur ne se trouble pas. » La paix de Jésus lui vient d'une source plus profonde : le Père l'aime. Le Père est avec le Fils, et le Fils est avec nous. Cette présence aimante du Père en nous reste, quoi qu'il arrive. Nous pouvons donc construire sur cette paix, car elle est un rocher solide. C'est ce que fait Jésus lui-même : il sait qu'il va être condamné et tué, et il lui reste assez de paix pour la transmettre aux disciples. L'Amour du Père est la source à laquelle Jésus boit pour tenir lors de son dernier soir. Cette paix, cette assurance d'être aimé, peut nous donner des forces lorsque tout le reste fait défaut. Notre cœur est alors suffisamment en paix pour nous permettre d'inviter d'autres à boire à cette source, comme Jésus nous y a invités.

Lundi 16 mai

Bienheureux Vladimir Ghika (1873-1954). Ce prince roumain, devenu catholique, fut ordonné à 50 ans. Il vécut dans un bidonville puis servit le pape comme diplomate. Retourné à Bucarest pendant la Seconde Guerre mondiale, il fut emprisonné par les communistes en 1954.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 21-26)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Jude – non pas Judas l’Iscariote – lui demanda : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? »
Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

Méditation Fais en moi ta demeure !

Ce Jude s'inquiète : « Ne vas-tu pas te manifester au monde ? » Ne vas-tu pas montrer ta gloire au monde entier et faire de nous des témoins privilégiés, voire des protagonistes d'un grand renversement ? C'est comme s'il disait : vas-tu te révéler seulement à nous et nous laisser nous charger du reste ? Jésus ne répond pas directement à cette question, mais se contente de dire : quiconque m'aime... - peut-être une seule personne - « gardera ma parole ». Il nous promet que « mon Père l'aimera», et qu'ensemble avec le Christ, ils le visiteront et « feront leur demeure chez lui ». Cela ne semble pas grand-chose : pas de nouvelles structures, pas de manifestations puissantes de Dieu « au monde »... Contrairement à ce que Jude - et peut-être nous avec lui - aurait pu espérer, le monde ne change pas en un coup de main ou par une révolution quelconque. Le changement vient dans une lente conversion du cœur de chaque personne qui se laisse visiter par Dieu.

Dimanche 15 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (13, 31-33a. 34-35)

Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi.
Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres. À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

Méditation :

Avec ce nouveau commandement, Jésus nous demande de nous aimer pas tant avec notre amour qu'avec le sien. C'est possible avec l'aide de l'Esprit saint qui infuse dans nos cœurs quand nous l'invoquons avec foi. De cette façon - et seulement ainsi - nous pouvons nous aimer les uns les autres non seulement comme nous nous aimons nous-mêmes, mais comme Lui nous a aimés, c'est-à-dire immensément plus. Cet amour nous fait devenir des hommes nouveaux, frères et sœurs dans le Seigneur, et fait de nous le nouveau Peuple de Dieu. Il est la seule force qui transforme notre cœur de pierre en cœur de chair, et nous rend capables d'aimer nos ennemis et de pardonner à ceux qui nous ont offensés. L'amour de Jésus nous fait voir l'autre comme un membre actuel ou futur de la communauté des amis de Jésus ; cela nous incite au dialogue et nous aide à nous écouter et à nous connaître réciproquement. L'amour nous ouvre à l'autre et devient la base des relations humaines. Il rend capable de surmonter les barrières de nos faiblesses et de nos préjugés. L'amour de Jésus en nous crée des ponts, enseigne de nouvelles voies, déclenche le dynamisme de la fraternité.

D'après le pape François (angélus du 19 mai 2019)

Samedi 14 mai

Fête de saint Matthias (1er siècle). Il fut désigné par le sort pour succéder à Judas dans le collège des Apôtres. Il reçut l'Esprit saint avec eux, le jour de la Pentecôte. Rien n'est connu de son activité apostolique.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (15, 9-17)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »
Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande. Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai entendu de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et établis, afin que vous alliez, que vous portiez du fruit, et que votre fruit demeure. Alors, tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

Méditation : Apprends-moi à aimer, comme Toi ru nous aimes !

Jésus parle à ses disciples de ce dont ils seront bientôt témoins. En voyant Jésus aller vers sa mort, ils verront l'amour ultime, puisque « il n'est pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l'on aime ». Jésus nous demande de nous aimer les uns les autres de ce même amour. C'est d'une exigence extrême. Comment peut-il nous demander cela ? C'est que, justement, par son ministère, il a équipé les disciples pour qu'ils puissent en être capables. Par sa mort et sa résurrection, il nous a tous rendu participants de cet amour du Père, source intarissable qui permet de vivre cela. Cet acte d'amour dépasse tout commandement que le Père invisible avait jadis donné à son peuple. Avec « ses commandements », Jésus nous amène dans la dimension de l'amour de Dieu, qui est véritablement sans limites.

Vendredi 13 mai

Notre Dame de Fatima. La Vierge est apparue à trois enfants, à Fatima, au Portugal, du 13 mai au 13 octobre 1917. Elle a demandé que l'on prie pour la Russie, ce que le pape a fait le 25 mars dernier, en y associant l'Ukraine, pour demander que cesse le bruit des armes.

(A noter : chaque jeudi, à 14h30, à Sainte Bernadette, prière pour la paix dans le monde, pour la paix entre l'Ukraine et la Russie, avec la conférence Saint Vincent de Paul)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 1-60)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ? Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi. Pour aller où je vais, vous savez le chemin. »
Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »

Méditation : Affermis ma foi, Seigneur !

Jésus est en train de préparer ses disciples au moment où, après sa mort, ils devront continuer sans lui. Il leur dit : « Vous savez le chemin » sur lequel je vais vous précéder et lequel vous devrez prendre ensuite vous-mêmes. Il ne vous est pas nécessaire ni de connaître le but, ni d'avoir un plan pour y arriver. Jésus nous demande tout d'abord de lui faire confiance. Il ne dit pas : « Je suis le but - courez vers moi ! » Il nous promet de nous conduire un pas après l'autre, en disant simplement : « Je suis le Chemin. » Même si dans notre vie nous ne voyons pas de chemin, il s'agit de rester en communion avec lui, de nous tourner vers lui, par un geste ou un mot - aussi simple et peut-être maladroit qu'il soit. Car c'est lui qui nous dit : « Je vous emmènerai auprès de moi. »

 

Jeudi 12 mai

Saint Léopold Mandic (mort en 1942). Prêtre capucin croate, il vécut à Padoue, en Vénétie, où il montra un zèle ardent pour l'unité des chrétiens et consacra sa vie au ministère de la réconciliation.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (13, 16-20)

Après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus parla ainsi : « Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites. Ce n’est pas de vous tous que je parle. Moi, je sais quels sont ceux que j’ai choisis, mais il faut que s’accomplisse l’Écriture : ‘Celui qui mange le pain avec moi m’a frappé du talon.’ Je vous dis ces choses dès maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez que moi, JE SUIS. Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ; et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé. »

Méditation : Aie pitié de nous !

Une dernière fois avant sa mort, Jésus réunit ses disciples pour un repas. A la fin, il leur lave les pieds et leur commande de faire de même : « Heureux êtes-vous, si vous le faites (aussi). » Mais la mission de Jésus n'est pas simplement de nous apprendre comment faire du bien aux autres. Dans sa mort - ici imminente -, il descend au plus profond de la condition humaine. Il va être livré, trahi par un de ses plus proches amis, par celui « qui mange le pain avec moi », comme il le dit. Jésus parle à ses disciples ouvertement de son destin : « Il faut que s'accomplisse l’Écriture. » Pour Dieu, ce qui arrive à Jésus n'est pas un accident de parcours à éviter. Consentir dans cet échec fait partie du chemin qu'il veut suivre fidèlement. Par sa vie sur la terre, il montre que le commencement de tout est le fait que Dieu prend sur lui notre humanité, avec ses ombres et ses côtés les plus obscures.

Mercredi 11 mai

Sainte Estelle (IIIe siècle). Fille d'un gouverneur romain de la région de Saintes (Charente) et d'une mère issue d'une puissante famille de druides, elle fut mise à mort sur les ordres de son père pour avoir reçu le baptême et persévéré dans la foi.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (12, 44-50)

En ce temps-là, Jésus s’écria : « Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en Celui qui m’a envoyé ; et celui qui me voit voit Celui qui m’a envoyé. Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres. Si quelqu’un entend mes paroles et n’y reste pas fidèle, moi, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver. Celui qui me rejette et n’accueille pas mes paroles aura, pour le juger, la parole que j’ai prononcée : c’est elle qui le jugera au dernier jour. Car ce n’est pas de ma propre initiative que j’ai parlé : le Père lui-même, qui m’a envoyé, m’a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer ; et je sais que son commandement est vie éternelle. Donc, ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l’a dit. »

Méditation : Jésus, Lumière du monde, guide mes pas !

Nous ne pouvons être indifférents à la question soulevée ici par Jésus : qu'en est-il de ceux qui rencontrent le Christ, qui entendent ses paroles, mais qui ne les acceptent pas - qui « n'y restent pas fidèles », comme le dit Jésus ? Quelle est l'attitude de Dieu envers celui qui « rejette le Christ et n'accueille pas ses paroles » ? Jésus dit que celui-ci a déjà son juge, à savoir la parole qu'il a dite. C'est elle qui « le jugera au dernier jour ». Pour Jésus, prononcer ces paroles revient à mettre ses auditeurs devant leur propre responsabilité. Mais n'oublions pas que son but est de nous sauver, il n'est pas là pour nous tendre des pièges, nous imposer des épreuves impossibles. Il ne nous abandonne pas une fois ces paroles prononcées. Il reste avec nous, pour être ce Chemin qui nous conduira vers la volonté du Père, la vie éternelle.

Mardi 10 mai

Bienheureux Ivan Merz (1896-1928). Pionnier de l'Action catholique en Croatie, ce jeune homme a écrit une thèse sur la liturgie chez les écrivains de France, où il étudia et vécut. Il se sentit appelé à un engagement laïc au service du Royaume de Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (10, 22-30)

On célébrait la fête de la dédicace du Temple à Jérusalem. C’était l’hiver. Jésus allait et venait dans le Temple, sous la colonnade de Salomon. Les Juifs firent cercle autour de lui ; ils lui disaient : « Combien de temps vas-tu nous tenir en haleine ? Si c’est toi le Christ, dis-le nous ouvertement ! »
Jésus leur répondit : « Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais, moi, au nom de mon Père, voilà ce qui me rend témoignage. Mais vous, vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »

Méditation : Seigneur Jésus !

« Dis-le nous ouvertement ! » Avec ces mots, certains harcèlent Jésus et, comme une meute, l'encerclent. Ils veulent une déclaration claire. Beaucoup seraient prêts à obéir à des ordres clairs. Mais l'obéissance que Dieu attend est d'un autre ordre que la soumission à des ordres, fussent-ils donnés par le Messie ! La foi est une obéissance fondée sur une communion profonde. Elle se manifeste dès lors que nous acceptons le « témoignage » de ses œuvres. Et les « œuvres » de Jésus sont expression de la communion avec Dieu, son père, comme il le dit. Il n'essaye pas de nous convaincre par des preuves mais par un « témoignage ». Nous pouvons soit le reconnaître comme tel, soit le refuser. Dieu nous laisse cette liberté. Des ordres clairs seraient plus pratiques à court terme, mais à l'image d'un sergent-major, Jésus préfère celle d'un berger. Alors, oui, il nous traite de brebis. Mais nous sommes des brebis guidées par la voix et non le bâton. Et, surtout, des brebis pour lesquelles le berger est prêt à sacrifier sa vie.

Lundi 9 mai

Saint Pacôme (286-346). Ce soldat romain égyptien, converti au christianisme, écrivit une règle de vie pour les monastères qu'il fonda. Il est considéré comme le père du cénobitisme chrétien.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (10, 1-10)

En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »
Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait. C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »

Méditation : Tu es la Porte !

Saint Jean consacre le début du dixième chapitre de son Évangile aux paroles de Jésus sur le « bon berger ». Au village, Jésus avait observé combien les brebis distinguent la voix de leur berger des autres voix, combien elles lui font confiance et le suivent. Encore aujourd'hui, on peut bien s'imaginer cette scène par laquelle Jésus s'adresse à nous d'une façon délicate : des animaux n'attendent pas des arguments, ils écoutent et font confiance au son d'une voix familière. Ainsi, Jésus nous demande-t-il de bien écouter sa voix et de capter ce qui résonne dans ses paroles. Peut-être reconnaissons-nous dans sa voix quelque chose de particulier, quelque chose de familier qui ne vient pas de l'extérieur, mais qui est déjà en nous. Jésus est le Fils envoyé par Dieu. Il aurait toute l'autorité requise pour nous expliquer en détail ce que Dieu attend de notre part. Au lieu de cela, Il nous demande de bien écouter ce qui se cache dans les métaphores, les images et les paraboles qu'il nous présente.

Dimanche 8 mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (10, 27-30)

En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main. Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN. »

Méditation :

Attentif à chacune de ses brebis, à chacun de nous, Jésus nous cherche et nous aime, en nous adressant sa parole, en connaissant en profondeur notre cœur, nos désirs et nos espérances, ainsi que nos échecs et nos déceptions. Il se présente comme le vrai et unique Pasteur qui nous parle, nous connaît et nous protège. Nous sommes l'unique troupeau et nous devons seulement nous efforcer d'écouter sa voix, tandis qu'll scrute avec amour la sincérité de nos cœurs. Et de cette intimité permanente avec notre Pasteur, de cet échange avec lui, jaillit la joie de le suivre en nous laissant conduire à la plénitude de la vie éternelle.

D'après le pape François (angélus du 12 mai 2019)

Samedi 7 mai

Bienheureuse Gisèle (morte en 1060). Épouse du roi saint Étienne de Hongrie, elle participa avec lui à l'évangélisation de son pays. A sa mort, elle fut chassée du royaume et se retira dans un monastère de Bavière.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (6, 60-69)

En ce temps-là, Jésus avait donné un enseignement dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? »
Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : « Cela vous scandalise ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant !... C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait. Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »
À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner. Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »

Méditation : que je garde toujours ta parole !

Les disciples de Jésus ne le comprennent plus. Un messie qui se présente comme un « perdant ». Quelqu'un qui doit souffrir et donner sa vie. Il ne correspond plus à leur attente. Ils décident alors de le quitter. Cette réaction ne doit pas nous surprendre. Que Dieu soit humble est vraiment difficile à accepter. Parfois, il semble que tout serait plus simple si Dieu manifestait un peu plus souvent sa force. « Descends ! », lui criait déjà le psalmiste. Cette incompréhension devant l'humilité de Dieu, les apôtres la vivent aussi. Jésus les met devant un choix. Ils doivent redire leur « oui » à Jésus, malgré ces paroles dures. Ils restent, librement. Ils acceptent que ne pas tout comprendre n'est pas une raison de fuir ailleurs. Une confiance reste possible, ils décident de continuer. Jésus souligne que cette foi, cette capacité à le suivre, est un don de l'Esprit. Ce don est ce qui permet la survie de notre fidélité quand nos fausses conceptions de Dieu s'écroulent.

Vendredi 6 mai

Saint François de Montmorency-Laval (mort en 1708). Ce Français fut le fondateur et le premier évêque de l’Église de Québec. Pendant plus de 50 ans, il mit toutes ses forces à la développer en Amérique du Nord.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (6, 52-59)

En ce temps-là, les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour.  En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi. Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »
Voilà ce que Jésus a dit, alors qu’il enseignait à la synagogue de Capharnaüm.

Méditation : Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle !

Buvez mon sang ! Mesurons-nous encore l'aspect étrange de ces paroles prononcées à chaque eucharistie ? On comprend aisément la confusion des auditeurs de Jésus. Pourtant, ce manger et ce boire sont essentiels. Jésus se donne entièrement pour nous, voilà encore des paroles bien communes. Pourtant... Dieu se donnant à nous est une réalité encore plus impressionnante qu'un rabbi demandant que l'on boive son sang. Contempler ce mystère ne serait-ce qu'un instant peut suffire à donner le vertige. Accueillir ce don de Dieu en nous, le « manger », signifie bien plus qu'accueillir une information. Cela implique de le laisser transformer nos vies terrestres de l'intérieur, pour qu'elles puissent continuer éternellement. Le Christ est la source de la vie. Quand nous y buvons, nous devenons alors pleinement vivants, puisque c'est la vie même du Christ qui vit en nous. C'est la vie du Dieu vivant lui-même, en qui le Christ nous permet de demeurer. Grâce à lui, nous devenons capables d'éternité.

Jeudi 5 mai

Bienheureux Grégoire Frakowiak (mort en 1943). Sous l'occupation nazie, en Pologne, ce religieux se dénonça à la place des véritables auteurs de tracts invitant à la résistance. Il fut décapité à Dresde, en Allemagne.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (6, 44-51)

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. Il est écrit dans les prophètes : ‘Ils seront tous instruits par Dieu lui-même.’ Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu : celui-là seul a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis : il a la vie éternelle, celui qui croit. Moi, je suis le pain de la vie. Au désert, vos pères ont mangé la manne, et ils sont morts ; mais le pain qui descend du ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »

Méditation : Seigneur, je crois en Toi !

Celui qui mange le pain vivant ne mourra pas... Comment comprendre cette parole ? Il faut éviter deux écueils opposés. D'une part, croire que la vie éternelle que propose Jésus est uniquement une vie physique au sens commun du terme. Cela ne tient d'ailleurs pas debout : les disciples eux-mêmes sont morts, comme d'ailleurs ceux qui avaient mangé la manne. L'erreur opposée est plus difficile à éviter. Elle consiste à croire que cette vie n'a rien à voir avec notre vie actuelle. Par le Christ, ce don de la vie éternelle est descendu du ciel, ce don s'est manifesté sur cette terre. Notre vie va continuer. Renouvelée et avec une dimension insoupçonnée, mais il s'agit bien de la même vie.
Ce renouvellement, nous sommes appelés à le vivre dès aujourd'hui : nul besoin d'attendre notre mort pour laisser le Christ vivre en nous. Le but est de nous laisser attirer par le Père vers le Christ. Par sa venue, le Royaume de Dieu s'est approché de nous. La vie éternelle s'est incarnée dans la vie de tous les jours, et cela est encore valable aujourd'hui.

Mercredi 4 mai

Saint John Houghton (1486-1535). Le prieur de la Chartreuse de Londres est le premier à avoir subi le martyre pour son refus de renier l'autorité du pape et de reconnaître Henri VIII chef de l’Église d'Angleterre.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (6, 35-40)

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. Mais je vous l’ai déjà dit : vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas. Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi ; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors. Car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. Or, telle est la volonté de Celui qui m’a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. Telle est la volonté de mon Père : que celui qui voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. »

Méditation : Seigneur, je crois en toi !

La foule qui cherchait Jésus après avoir été nourri par lui l'a rejoint. Ils attendent de Jésus un signe comparable à celui de la manne que Dieu répandait sur le désert pour nourrir le peuple Hébreux durant son errance après la sortie d’Égypte. Et voilà que Jésus se présente comme étant lui-même le pain. C'est sa présence qui comblera la faim et apaisera la soif des hommes. Avoir Jésus comme nourriture nous amène à vivre de sa continuelle présence. Ce sera Lui notre vie, pour toujours. Comme saint Paul l'écrit dans sa lettre aux Galates : « Je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. » Notre faim de relation est complètement apaisée lorsque nous laissons le Christ vivre en nous, pleinement. Pleinement vivants, portés par cette source infinie d'Amour, comment pourrait-on craindre quoi que ce soit ? Voilà ce qu'est la vie éternelle !

Mardi 3 mai

Saint Philippe et saint Jacques le Mineur (1er siècle). Ces apôtres furent respectivement évangélisateurs de l'Asie Mineure et chef de la communauté de Jérusalem.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (14, 6-14)

En ce temps-là, Jésus dit à Thomas : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. » Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père. » et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Quand vous me demanderez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai. »

Méditation :Montre-nous le Père !

« Montre-nous le Père »... Il n'est pas sûr que Philippe ait compris la profondeur de cette demande, qui reste brûlante. Nombreux sommes-nous, qui souhaiterions savoir qui est Dieu. Nous pouvons imaginer qu'il y a un Dieu, ou au moins « une force » dans l'Univers. Nous savons aussi que tout ce qu'on pourrait dire de Lui est probablement faux, parce qu'll est le Dieu transcendant et insaisissable. Comme le dit une hymne célèbre attribuée à saint Grégoire de Nazianze : « Ô toi l'au-delà de tout, quel esprit peut te saisir ? » Jésus répond à cette question de Philippe : « Qui m'a vu a vu le Père. » Le « visage » de Jésus et sa relation avec le Père nous permettent d'entrer en relation avec cet « au-delà de tout ». Ce Dieu lointain s'est fait incroyablement proche de nous, par Jésus et tout ce qu'on sait de lui grâce aux Évangiles. C'est le miracle de l'Incarnation : nous permettre de nous adresser à Dieu sous le nom de « Père ».

Lundi 2 mai

Saint Athanase (295-373). Patriarche d'Alexandrie, il est l'un des plus grands Pères grecs de l’Église. au concile de Nicée, il contribua à la définition des dogmes de l'Incarnation et de la Trinité.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (6, 22-29)

Jésus avait rassasié cinq mille hommes, et ses disciples l’avaient vu marcher sur la mer. Le lendemain, la foule restée sur l’autre rive se rendit compte qu’il n’y avait eu là qu’une seule barque, et que Jésus n’y était pas monté avec ses disciples, qui étaient partis sans lui. Cependant, d’autres barques, venant de Tibériade, étaient arrivées près de l’endroit où l’on avait mangé le pain après que le Seigneur eut rendu grâce. Quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples, les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.
L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés. Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. »
Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »

Méditation : Je te rends grâce, Seigneur, pour toutes tes œuvres !

Ceux qui ont reçu le pain en abondance ont pris goût à entendre Jésus : ils veulent à tout prix le revoir. Leur désir est né d'une vraie rencontre qui les a comblés. Nous pouvons faire aujourd'hui la même expérience. La rencontre avec Jésus fait naître en nous un désir de sa présence qui perdure. Ce désir est la racine de la prière, la racine de la foi. Il est ce qui nous permet de poursuivre cette relation. Ce désir est un don de l'Esprit saint, il nait de la reconnaissance que nous avons envers Jésus pour ce que nous avons déjà reçu de Lui. Alors, faisons confiance à ce simple désir, il nous soutiendra dans les moments où les signes de la présence de Dieu seront moins visibles, moins tangibles. C'est l'attitude de ces foules qui se mettent à la recherche de Jésus quand il semble avoir disparu sans laisser de traces.

Dimanche 1er mai

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (21, 1-19)

En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment. Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.
Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.
Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré. Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson. C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.
Quand ils eurent mangé, Jésus dit à Simon-Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment, plus que ceux-ci ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes agneaux. » Il lui dit une deuxième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu vraiment ? » Il lui répond : « Oui, Seigneur ! Toi, tu le sais : je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le pasteur de mes brebis. » Il lui dit, pour la troisième fois : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu ? » Pierre fut peiné parce que, la troisième fois, Jésus lui demandait : « M’aimes-tu ? » Il lui répond : « Seigneur, toi, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime. » Jésus lui dit : « Sois le berger de mes brebis. Amen, amen, je te le dis : quand tu étais jeune, tu mettais ta ceinture toi-même pour aller là où tu voulais ; quand tu seras vieux, tu étendras les mains, et c’est un autre qui te mettra ta ceinture, pour t’emmener là où tu ne voudrais pas aller. » Jésus disait cela pour signifier par quel genre de mort Pierre rendrait gloire à Dieu. Sur ces mots, il lui dit : « Suis-moi. »

Méditation :

Après avoir vu mourir le Maître, Pierre est retourné à sa vie d’avant. Il a repris ses filets auxquels il avait renoncé pour Jésus. Devant l’échec, la douleur, apparaît toujours la tentation de baisser les bras. Mais Jésus va à sa rencontre et lui dit « Simon », nom du tout premier appel.
Le Seigneur n’attend pas des situations ou des états d’âme idéaux, il les crée. En Jésus, Dieu cherche toujours à donner une possibilité. Il nous appelle chaque jour à revivre notre histoire d’amour avec Lui, à nous refonder dans la nouveauté qu’il est, Lui, et à ne pas chercher « parmi les morts Celui qui est vivant ». Quand c’est l’appel de Jésus qui oriente la vie, le cœur rajeunit. L’amour est son langage.
C’est pourquoi il demande à Pierre et à nous de s’accorder sur ce même langage : « M’aimes-tu ? ». Pierre accueille l’invitation et comprend qu’aimer veut dire arrêter d’être au centre. Maintenant, il ne part plus de lui, mais de Jésus : « Tu sais tout », répond-il. Il se reconnaît fragile et comprend qu’il ne peut aller de l’avant seul. Et il se fonde sur le Seigneur. Vivre en chrétien demande à avoir confiance en ce que l’Amour de Dieu est plus grand que toute limite ou tout péché.
Aujourd’hui, nous sommes invités à regarder ce que le Seigneur a fait dans le passé afin de nous projeter avec Lui vers l’avenir, en sachant que, dans le succès et dans les erreurs, il reviendra toujours nous appeler pour nous inviter à jeter les filets.    

D'après le Pape François (Homélie du 5 mai 2019 à Sofia)

Samedi 30 avril

Sainte Marie de l'Incarnation (1599-1672). Cette Ursuline missionnaire auprès des Amérindiens est une figure du Québec, où elle a contribué à la naissance de l’Église.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (6, 16-21)

Le soir venu, les disciples de Jésus descendirent jusqu’à la mer. Ils s’embarquèrent pour gagner Capharnaüm, sur l’autre rive. C’était déjà les ténèbres, et Jésus n’avait pas encore rejoint les disciples. Un grand vent soufflait, et la mer était agitée.
Les disciples avaient ramé sur une distance de vingt-cinq ou trente stades (c’est-à-dire environ cinq mille mètres), lorsqu’ils virent Jésus qui marchait sur la mer et se rapprochait de la barque. Alors, ils furent saisis de peur. Mais il leur dit : « C’est moi. N’ayez plus peur. » Les disciples voulaient le prendre dans la barque ; aussitôt, la barque toucha terre là où ils se rendaient.

Méditation : Tu es la Voie, la Vérité et la Vie !

Après avoir nourri la foule des 5 000, et fuit son succès auprès des gens qui voulaient le faire Roi. Jésus se retire seul dans les montagnes. Éblouis par le signe de Jésus les disciples devaient-ils faire l'expérience de son absence ? Au moment du triomphe, il est si facile de le perdre de vue... Vient alors la nuit, l'effort, l'impression de ramer contre le vent dans une tempête dont on ne voit pas le bout. La scène est sombre. On imagine la fatigue et la lassitude. Mais voilà que Jésus vient vers eux sur l'eau, au-dessus de ces vagues qui étaient autant d'adversaires, de problèmes. Cette présence divine fait peur ! Jésus rassure ses disciples. « N'ayez pas peur » : des paroles que Jésus dit si souvent. Comme s'il disait aussi : « Je suis avec vous toujours : je ne vous laisserai pas seuls. » Et voilà qu'au moment d'accueillir Jésus ils touchent terre! Avec le Christ qui nous accompagne, nous sommes déjà arrivés à destination puisqu'll est le chemin et la vie.

Vendredi 29 avril

Sainte Catherine de Sienne (1347-1380) La profondeur spirituelle de cette laïque dominicaine lui donna une influence sur les puissants.Elle œuvra notamment pour que le pape, installé à Avignon, revienne à Rome. Elle est patronne de l'Europe.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (11, 25-30)

En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance. Tout m’a été remis par mon Père ; personne ne connaît le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »

Méditation : Louange à toi, Seigneur !

Jésus parle des sages et des intelligents à qui son Père a caché sa vérité. Il vise certainement les scribes et pharisiens qui s'opposent constamment à son message et à sa personne. Et les tout-petits ? Le peuple simple qui écoute Jésus avec le cœur et sans préjugés. Jésus indique le danger qu'il y a de se cacher derrière la sagesse et l'intelligence pour refuser l'amour et la miséricorde de Dieu, ce que Dieu veut révéler aujourd'hui, la nouveauté de l'Évangile... On se cache derrière des textes et des commentaires pour rester sur place. Le danger serait de croire plus volontiers à un Dieu statique qu'à un Dieu pèlerin. Car il n'est pas évident de se fier à un Dieu qui est en mouvement. C'est moins confortable et plus exigeant. Mais si « Dieu est amour » comme Jean écrit dans sa première lettre, on ne peut le réduire à une idée ou un concept fixe. Accepter un Dieu « pèlerin » nécessite d'accueillir et de transmettre l'amour qui vient de Dieu.

Jeudi 28 avril

Saint Louis-Marie Grignion de Montfort (1673-1716). Ce Breton chercha chez les Pères une théorie mariale qui s'exprime à travers son célèbre Acte de consécration à Marie. Devenu prêtre, il fit beaucoup de missions pour évangéliser les campagnes de l'ousr de la France.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (3, 31-36)

« Celui qui vient d’en haut est au-dessus de tous. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel est au-dessus de tous, il témoigne de ce qu’il a vu et entendu, et personne ne reçoit son témoignage. Mais celui qui reçoit son témoignage certifie par là que Dieu est vrai. En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l’Esprit sans mesure. Le Père aime le Fils et il a tout remis dans sa main. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire le Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »

Méditation : Jésus, je t'aime !

Ces versets nous parlent du Christ, comme témoin unique de Dieu et de la difficulté qu'il y a à recevoir parole. Cette difficulté est évidente : le Christ est du ciel, nous sommes de la terre, nous ne parlons pas le même langage. C'est pour cela que « personne ne reçoit son témoignage ». Personne ? Le texte continue en nous parlant de « celui qui reçoit »... Notre réception du témoignage est partielle, mais cela en soi est déjà miraculeux, au-delà du possible : par son incarnation le Fils a rendu infiniment proche ce qui est infiniment lointain. Il s'agit de la vie en Dieu, la vie éternelle. Pour y accéder, un seul pont, un seul chemin : le Fils. Il s'agit d'un chemin difficile à reconnaître, à accepter mais, là encore, Dieu nous aide, par l'Esprit. Le Christ nous accompagne, non pas seulement dans notre foi et notre confiance, mais aussi dans nos doutes et nos incompréhensions : son témoignage est tellement lumineux qu'il ne peut pas ne pas nous éblouir.

Mercredi 27 avril

Sainte Zita de Lucques (1218-1278). Cette jeune fille pauvre entra au service d'une riche famille à 18 ans.Elle fut gratifiée d'une intense vie spirituelle et manifesta un grand soin des déshérités.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (3, 16-21)

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle. Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » Celui qui croit en lui échappe au Jugement ; celui qui ne croit pas est déjà jugé, du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et le Jugement, le voici : la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Celui qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ; mais celui qui fait la vérité vient à la lumière, pour qu’il soit manifeste que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

Méditation : Mon Sauveur et mon Dieu !

Dieu a tellement aimé le monde qu'il a donné son Fils. Le seul dessein de ce Dieu qui aime est le salut et la vie « Dieu ne peut que donner son amour », écrivait frère Roger. Cette intuition est dans la ligne de la pensée de saint Jean. La venue du messie était très attendue chez beaucoup des Juifs à l'époque de Jésus. Le messie devait rétablir la justice et exterminer les méchants. Il devait venir juger le monde. Mais voilà qu'on lit les phrases suivantes : « Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé. » Une sentence répétée par Jésus vers la fin de sa vie : « Si quelqu'un entend mes paroles et n'y reste pas fidèle, moi, je ne le juge pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver » (Je 12, 47). Donc, sa venue n'est pas pour juger. Non, Jésus EST la justice de Dieu incarnée. Sa présence est justice. Son amour sera la justice. C'est une lumière qui vient briller dans les ténèbres. À nous d’oser l'accueillir. La seule chose qui nous est demandée est de ne pas haïr la lumière, de ne pas haïr l'amour.

Mardi 26 avril

Le Ressuscité, après être apparu à plusieurs de ses disciples, les envoie en mission. Ils partiront baptiser les nations.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  (3, 7b-15)

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème : « Il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour qui est né du souffle de l’Esprit. » Nicodème reprit : « Comment cela peut-il se faire ? »
Jésus lui répondit : « Tu es un maître qui enseigne Israël et tu ne connais pas ces choses-là ? Amen, amen, je te le dis : nous parlons de ce que nous savons, nous témoignons de ce que nous avons vu, et vous ne recevez pas notre témoignage. Si vous ne croyez pas lorsque je vous parle des choses de la terre, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses du ciel ? Car nul n’est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.

Méditation : J'ai foi en toi, Seigneur !

Jésus dialogue avec un pharisien, « un maître qui enseigne Israël », Nicodème est un homme très respecté pour ses connaissances et sa piété. C'est un notable. Et voilà qu'il se comporte comme un étudiant auprès de Jésus. Jésus ne discute pas avec lui sur des textes et des commentaires, mais d'une réalité spirituelle. « Il vous faut naître d'en haut. » Nicodème ne devrait pas se contenter d'être respectable aux yeux des hommes et être scrupuleux vis-à-vis de la Loi. Il devrait chercher une relation avec Dieu, qui est vie, en recevant son Esprit. Il lui faut « être » et non pas se contenter d'un comportement extérieur, si bon soit-il. Il s'agit aussi de « regarder » Jésus, de fixer son regard sur Lui, comme le peuple d'Israël a dû regarder le serpent de bronze élevé par Moïse pour être sauvé. Regarder le Christ est une réponse à son regard sur nous, plein d'amour et de profonde compréhension.

Lundi 25 avril

Saint Marc, évangéliste. Proche de saint Pierre, il l'accompagna à Rome et recueillit ses "Mémoires". Son Évangile, le plus bref des quatre, est recommandé pour les catéchumènes.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (16, 1520)

En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. » Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

Méditation : Ton amour, Seigneur, sans fin, je le chante !

Après sa résurrection, Jésus apparaît à ses disciples donne une mission : la mission d'évangéliser non seulement les Juifs, mais tous les humains et même la Création. « Proclamez l'Évangile à toute la création en grec, ktisis) », dit Jésus. C'est une phrase intéressante. On dirait que nous devons proclamer la bonne nouvelle, non seulement aux humains, mais à l'ensemble de la Création. Le Seigneur a donné aux humains la domination sur les poissons, les oiseaux, le bétail, les reptiles et « toute la terre » (Ge 1, 26), non dans un but d'exploitation mais d'élevage responsable. Le Seigneur voulait que les humains traitent les animaux et « toute la terre » comme un berger, son troupeau. Évangéliser est donc bien plus que de transmettre les paroles de Jésus. C'est d'être son témoin par la façon d'être, d'aimer tout ce qui vit et respire.

Dimanche 24 avril : dimanche de la Divine Miséricorde

Le Ressuscité, après être apparu à plusieurs de ses disciples, les envoie en mission. Ils partiront baptiser les nations.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 19-31)

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Méditation :

Aujourd'hui c'est le jour où nous nous demandons : « Moi, qui tant de fois ai reçu la paix de Dieu, qui tant de fois ai reçu son pardon et sa miséricorde, suis-je miséricordieux avec les autres ? Moi, qui si souvent me suis nourri du Corps de Jésus, est-ce que je fais quelque chose pour nourrir celui qui est pauvre ? » Ne restons pas indifférents. Ne vivons pas une foi à moitié, qui reçoit mais ne donne pas, qui accueille le don mais ne se fait pas don. Nous avons été touchés par la miséricorde, devenons miséricordieux. Parce que si l'amour finit avec nous-mêmes, la foi se dessèche dans un intimisme stérile. Sans les autres elle devient désincarnée. Sans les œuvres de miséricorde elle meurt. Frères, sœurs, laissons-nous ressusciter par la paix, par le pardon et par les plaies de Jésus miséricordieux. Et demandons la grâce de devenir témoins de miséricorde. Seulement ainsi la foi sera vivante. Et la vie sera unifiée. Seulement ainsi nous annoncerons I ’Évangile de Dieu, qui est Évangile de miséricorde.

D'après le pape François (Angélus du 11 avril 2021)

Samedi 23 avril

Le Ressuscité, après être apparu à plusieurs de ses disciples, les envoie en mission. Ils partiront baptiser les nations.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc (16, 9-15)

Ressuscité le matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire. Après cela, il se manifesta sous un autre aspect à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus.
Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur manque de foi et la dureté de leurs cœurs parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient contemplé ressuscité. Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. »

Méditation : Aujourd'hui, fais de moi ton témoin !

« Ils refusèrent de croire », « Ils ne les crurent pas non plus », « Il leur reprocha (...) parce qu'ils n'avaient pas cru ». On pourrait bien imaginer qu'avec cette triple répétition de « ne pas croire », Jésus ressuscité se mette à chercher ailleurs des témoins de sa Résurrection. Mais non, il reste fidèle à ceux qu'il a choisis. Leur incrédulité n'est pas un obstacle pour lui. « Allez dans le monde entier. Proclamez l'Évangile à toute la création », leur dit-il. Quelle confiance il manifeste ! La dynamique de ce commandement de Jésus nous fait sortir de nous-même avec un but pour notre vie : porter par nos vies la Bonne Nouvelle partout. Sommes-nous prêts à répondre à sa confiance ? Il se peut que des poches d'incrédulité subsistent en nous, mais elles créent autant d'espaces pour écouter une fois de plus cet envoi du Christ et nous laisser porter par son élan. Et peut-être d'autres paroles du Ressuscité viennent nous réconforter : « La paix soit avec vous », « Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde », « Heureux ceux qui croient sans avoir vu »... Osons nous mettre en chemin.

Vendredi 22 avril

Pierre s'habille pour se jeter à l'eau : ne cherche-t-il pas à couvrir la honte de son triple reniement dont Jésus le délivrera en lui demandant à trois reprise s'il l'aime ? Adam, lui aussi, a couvert sa nudité (Ge 3, 7)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (21, 1-14)

En ce temps-là, Jésus se manifesta encore aux disciples sur le bord de la mer de Tibériade, et voici comment.
Il y avait là, ensemble, Simon-Pierre, avec Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), Nathanaël, de Cana de Galilée, les fils de Zébédée, et deux autres de ses disciples. Simon-Pierre leur dit : « Je m’en vais à la pêche. » Ils lui répondent : « Nous aussi, nous allons avec toi. » Ils partirent et montèrent dans la barque ; or, cette nuit-là, ils ne prirent rien.
Au lever du jour, Jésus se tenait sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c’était lui. Jésus leur dit : « Les enfants, auriez-vous quelque chose à manger ? » Ils lui répondirent : « Non. » Il leur dit : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez. » Ils jetèrent donc le filet, et cette fois ils n’arrivaient pas à le tirer, tellement il y avait de poissons. Alors, le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C’est le Seigneur ! » Quand Simon-Pierre entendit que c’était le Seigneur, il passa un vêtement, car il n’avait rien sur lui, et il se jeta à l’eau. Les autres disciples arrivèrent en barque, traînant le filet plein de poissons ; la terre n’était qu’à une centaine de mètres.
Une fois descendus à terre, ils aperçoivent, disposé là, un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain. Jésus leur dit : « Apportez donc de ces poissons que vous venez de prendre. » Simon-Pierre remonta et tira jusqu’à terre le filet plein de gros poissons : il y en avait cent cinquante-trois. Et, malgré cette quantité, le filet ne s’était pas déchiré.
Jésus leur dit alors : « Venez manger. » Aucun des disciples n’osait lui demander : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur. Jésus s’approche ; il prend le pain et le leur donne ; et de même pour le poisson.
C’était la troisième fois que Jésus ressuscité d’entre les morts se manifestait à ses disciples.

Méditation : C'est le Seigneur !

C’est comme si les disciples n'avaient pas compris. Jésus ressuscité les a envoyés dans la puissance de l'Esprit saint pour apporter la bonne nouvelle de son pardon... et ils retournent à leur ancien métier. Ils restent cependant ensemble. Quand nous ne comprenons pas ce que Jésus nous demande, si nous pouvons rester fidèles les uns aux autres, si nous pouvons persévérer dans cette vie de communion, alors une fois de plus le Christ ressuscité viendra à nous. Nous traversons la nuit ensemble, tout un coup le jour commence à poindre et voilà qu'il est là.

Jeudi 21 avril

Le Ressuscité absorbe de la nourriture devant ses disciples, signe qu'il n'est pas un fantôme mais a bien une présence corporelle.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (24, 35-48)

En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain. Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux. Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures. Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour, et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. À vous d’en être les témoins. »

Méditation :

Le Christ ressuscité est déjà apparu à Pierre et aux disciples d’Emmaüs. Mais quand il vient vers eux avec les mots « la paix soit avec vous », ils ne comprennent pas immédiatement que c'est lui. La frayeur et la crainte les saisissent. Pourtant, il ne les abandonne pas. Il entre dans leur réalité - faite de leur bouleversement et de doute. Joie et incrédulité se mélangent en eux. Petit à petit, par ses gestes et ses paroles, ils comprennent que c'est vraiment lui. Ce passage parle d'ouverture : s'ouvrir à la paix du Christ ressuscité, le laisser ouvrir notre esprit aux Écritures, nous ouvrir à la compréhension nécessaire pour que nous soyons ses témoins. Frère Roger disait souvent que personne ne peut comprendre tout de l'Écriture, tout de la foi. Si nous attendons de tout comprendre, nous pouvons attendre longtemps ! L'important est de vivre le peu que nous avons compris. Par cela, nous pouvons déjà devenir des témoins du Christ ressuscité, des témoins de son pardon, de son amour. Et l'Esprit saint, promesse du Père, nous en donne la force. Nos craintes se transforment en joie. Nous aussi, nous avons une mission qui nous est confiée. Laquelle ?

Mercredi 20 avril

Jésus apparaît à deux pèlerins sur le chemin d'Emmaüs, Cléophas et un anonyme. Ce dernier nous laisse la possibilité de nous identifier à lui.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (24, 13-35)

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem, et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.
Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes. L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. » Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple : comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé. À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau, elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant. Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait. Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin. Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards. Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? » À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :
« Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. » À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

Méditation :

Ce n'est que lorsqu'ils incitent cet étranger à rester avec eux que le feu de la charité vivante commence à brûler dans le cœur de ces deux hommes. La présence de Jésus les a conduits à aimer. N'ayons pas une foi trop mécanique si nous voulons pouvoir Le reconnaître.

Mardi 19 avril

Marie Madeleine est le premier témoin de la Résurrection. Si l'on suit bien cet Évangile, d'abord face au tombeau, elle se retourne une première puis une deuxième fois. Il faut entendre ce dernier mouvement comme une conversion intérieure.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 11-18)

En ce temps-là, Marie Madeleine se tenait près du tombeau, au-dehors, tout en pleurs. Et en pleurant, elle se pencha vers le tombeau. Elle aperçoit deux anges vêtus de blanc, assis l’un à la tête et l’autre aux pieds, à l’endroit où avait reposé le corps de Jésus. Ils lui demandent : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle leur répond : « On a enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où on l’a déposé. »
Ayant dit cela, elle se retourna ; elle aperçoit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : « Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? » Le prenant pour le jardinier, elle lui répond : « Si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as déposé, et moi, j’irai le prendre. » Jésus lui dit alors : « Marie ! » S’étant retournée, elle lui dit en hébreu : « Rabbouni ! », c’est-à-dire : Maître. Jésus reprend : « Ne me retiens pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Va trouver mes frères pour leur dire que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
Marie Madeleine s’en va donc annoncer aux disciples : « J’ai vu le Seigneur ! », et elle raconta ce qu’il lui avait dit.

Méditation : Seigneur, ouvre mon cœur !

Si seulement nous pouvions reconnaître immédiatement Jésus ressuscité. Parfois, comme Marie de Magdala, notre désespoir nous rend aveugles à sa présence. Mais sa présence ne dépend pas de notre reconnaissance. Il nous pose une question : « Pourquoi pleurez-vous ? » et il ajoute ensuite « Qui cherchez-vous ? » Dans l'Évangile de Jean, la première question que Jésus pose à ceux qui veulent le suivre est : « Que cherchez-vous ? » Lorsque Jésus entre dans notre tristesse, il passe du « que » au « qui ». Une fois ressuscité des morts, comme il l'a promis, il attire à lui tous les êtres humains. En nous rencontrant au plus profond de notre être, qu'il soit rempli de tristesse ou de joie, Jésus ressuscité veut nous ouvrir à sa relation avec le Père et à la communion avec les autres. Nous ne sommes plus prisonniers de nos émotions, une vie nouvelle est possible. Donc Marie n'a plus besoin de retenir Jésus pour elle-même. Elle porte sa présence en elle et ainsi devient son premier témoin.

Lundi 18 avril

La solennité de Pâques se prolonge 8 jours (une octave) durant lesquels les Évangiles évoquent les différentes apparitions du Ressuscité.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (28, 8-15)

En ce temps-là, quand les femmes eurent entendu les paroles de l’ange, vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »
Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des gardes allèrent en ville annoncer aux grands prêtres tout ce qui s’était passé.
Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en disant : « Voici ce que vous direz : “Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.” Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui. »
Les soldats prirent l’argent et suivirent les instructions. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à aujourd’hui.

Méditation : Christ ressuscité, fais grandir ma foi !

Les femmes ont rencontré l'ange au tombeau vide et entendu son message. Il y a quelque chose qui les dépasse, mais la joie de leur foi naissante l'emporte la crainte et sur l'incompréhension. Tout leur être est comme transformé - elles courent, rien ne peut les retenir ! Soudain. Jésus est là. Elles ne le cherchent pas. Comme toujours dans les récits de résurrection, c'est lui qui prend l'initiative. Les femmes y répondent en se prosternant: elles l'adorent. Leur foi se confirme dans le silence de cette adoration. Les voici devenues les premiers apôtres « envoyés » par l'ange, puis par Jésus lui-même, pour apporter la Bonne Nouvelle de sa Résurrection aux autres disciples. Et quels témoins ! Elles témoignent avec un élan de joie irrésistible, naissant malgré l'incompréhension et qui donne envie de courir vers les autres. Mais aussi par leur capacité de suspendre un instant cet élan pour reprendre souffle aux pieds du Christ.

Sainte fête de Pâques 17 avril : Résurrection du Seigneur

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 1-9)

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

Méditation :

La tombe est le lieu d'où celui qui y entre ne sort pas. Mais Jésus est sorti pour nous, il est ressuscité pour nous, pour apporter la vie là où il y avait la mort, pour commencer une histoire nouvelle là où on avait mis une pierre dessus. Lui, qui a renversé le rocher à l'entrée de la tombe, peut déplacer les rochers qui scellent notre cœur. Par conséquent, ne cédons pas à la résignation, ne mettons pas une pierre sur l'espérance. Nous pouvons et nous devons espérer, parce que Dieu est fidèle. Il ne nous a pas laissés seuls, il nous a visités : il est venu dans chacune de nos situations, dans la souffrance, dans l'angoisse, dans la mort. Sa lumière a illuminé l'obscurité du sépulcre : aujourd'hui, il veut rejoindre les coins les plus obscurs de la vie. Sœur, frère, même si dans ton cœur tu as enseveli l'espérance, ne te rends pas : Dieu est plus grand. L'obscurité et la mort n'ont pas le dernier hot. Confiance : avec Dieu rien n'est perdu.
D'après le pape François (Angélus du 13 mars 2016)

Samedi Saint 16 avril

Aujourd'hui, nous demeurons auprès du tombeau dans le silence et l'attente, contemplant le mystère de la descente aux enfers. Comme il n'y a pas de messe avant la vigile pascale, nous proposons un texte librement tiré de la Bible qui évoque ce mystère. Ce soir, avec la bénédiction du feu et du cierge pascaj, s'ouvrira le temps de Pâques.

Première lettre de saint Paul, Apôtre (1 P 3, 18-22)

Car le Christ, lui aussi, a souffert pour les péchés, une seule fois, lui, le juste, pour les injustes, afin de vous introduire devant Dieu ; il a été mis à mort dans la chair, mais vivifié dans l’Esprit. C’est en lui qu’il est parti proclamer son message aux esprits qui étaient en captivité. Ceux-ci, jadis, avaient refusé d’obéir, au temps où se prolongeait la patience de Dieu, quand Noé construisit l’arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau. C’était une figure du baptême qui vous sauve maintenant : le baptême ne purifie pas de souillures extérieures, mais il est l’engagement envers Dieu d’une conscience droite et il sauve par la résurrection de Jésus Christ, lui qui est à la droite de Dieu, après s’en être allé au ciel, lui à qui sont soumis les anges, ainsi que les Souverainetés et les Puissances.

Méditation :

Dans le tombeau avec ton corps,
dans les enfers avec ton âme,
en esprit, au paradis avec le laron,
tu es, ô Christ, sur le trône

avec ton Père et l'Esprit saint, aie pitié de nous.

Il est possible de toujours recommencer, parce qu'il y a toujours une vie nouvelle que Dieu est capable de faire repartir en nous au-delà de tous nos échecs. Même sur les décombres de notre cœur, Dieu peut construire une œuvre d'art, même sur des fragments désastreux de notre humanité, Dieu prépare une histoire nouvelle. Il nous précède toujours : sur la croix de la souffrance, de la désolation et de la mort, comme dans la gloire d'une vie qui ressuscite, d'une histoire qui change, d'une espérance qui renaît...

D'après le pape François (homélie du 3 avril 2021)

Vendredi Saint 15 avril

Aujourd'hui nous célébrons la Passion et la mort du Christ par un office sans consécration eucharistique, durant lequel on vénère la Croix.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (18, 1 à 19, 42)

Lecture de la Passion

Méditation : Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit !

Un serviteur est un reflet de son maître. Ici, les serviteurs de César, des autorités religieuses et du peuple se distinguent par leur violence. A l'inverse, Jésus disait que c’est par leur amour que l'on reconnaîtra ses disciples. Et nous ? Est-ce que notre vie reflète ce royaume d'en haut où l'Amour règne ? Ou sommes-nous pris par la peur et l'agression qui souvent font rage autour de nous ? Si notre réponse n'est pas claire, ne perdons pas espoir car c'est justement au cœur de ce monde brisé que l'amour de Dieu se déploie. Le jugement divin de ce monde ne vient pas pour nous faire peur. Il est aussi son salut. « Voici l'homme, voici votre roi », dit Pilate. Sans s'en rendre compte, il témoigne de la Vérité dont il était question juste avant dans sa conversation avec Jésus. Car ce Roi révèle la gloire de Dieu en aimant jusqu'au bout dans toute sa vulnérabilité et refus de la violence. Quand l'Amour vrai est bafoué, battu et tué par la peur et par l'ignorance, ce n'est jamais la fin de l'histoire. Le grain qui meurt porte beaucoup de fruit. Un tombeau neuf dans un jardin accueille le corps de Jésus. Et l'aurore commence à poindre, début d'une création nouvelle.

Jeudi Saint 14 avril

Ce soir, avec la célébration de l’institution de l'Eucharistie, commence le Triduum pascal, qui durera jusqu'à la messe de Pâques. Le célébrant refait le geste de Jésus qui lave les pieds de ses disciples.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (13, 1-15)

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. » Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! » Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. » Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

Méditation : Je t'adore, Seigneur !

Le lavement des pieds nous montre l'amour de Jésus en actes. Imaginons la façon dont les disciples se regardent les uns les autres, surpris. Laver les pieds d'un invité était un geste accompli par un serviteur. Qu'est-ce que le geste de Jésus provoque en nous ? En lavant les pieds, il se vide de lui-même. Il sert. Mais il exprime aussi qu'il veut honorer ses disciples, que nous sommes ses amis privilégiés. L'amour de Jésus nous rencontre là où nous en sommes. Quelle partie de nous a besoin d'être « lavée », d'être changée par l'amour de Jésus ?

Mercredi Saint 13 avril

C'est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec les disciples. Jésus dit cette parole à chacun de nous. Suivons-le intensément dans sa Passion durant le Triduum pascal, qui commence demain.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (26, 14-25)

En ce temps-là, l’un des Douze, nommé Judas Iscariote, se rendit chez les grands prêtres et leur dit : « Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ? » Ils lui remirent trente pièces d’argent. Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer.
Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus : « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs pour manger la Pâque ? » Il leur dit : « Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : “Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.” » Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque.
Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il déclara : « Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer. » Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, chacun son tour : « Serait-ce moi, Seigneur ? » Prenant la parole, il dit : « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! » Judas, celui qui le livrait, prit la parole : « Rabbi, serait-ce moi ? » Jésus lui répond : « C’est toi-même qui l’as dit ! »

Méditation : Agneau de Dieu, délivre-nous du mal !

Lors d'un office orthodoxe de la semaine sainte, on chante Judas, quelle cause t'a-t-elle fait trahir le Sauveur ? T'avait-il rejeté du chœur des apôtres ? T'avait-il privé du don de guérison ? Lorsque tu soupais avec les autres disciples, t'écartait-il de la table ? Lorsqu'il lavait les pieds dédaignait-il les tiens ? Ô de combien de bienfaits t'es-tu fait oublieux ? Ton ingratitude est dénoncée tandis que la longanimité et la grande miséricorde du Christ sont proclamées. » Nous ne pourrons jamais vraiment saisir pourquoi Judas a agi comme il l'a fait. Pour les premiers chrétiens, c'était un scandale. Le mal existe. Ici, Jésus le dévoile. Pendant le repas, Jésus dit à ses proches ce qu'il lui arrivera. Chacun se pose la question : est-ce moi qui vais le trahir ? Chacun sent qu'il est capable du pire, ce qui est cause de tristesse. Mais quand Jésus s'explique davantage et entre dans le combat, Judas, ayant déjà empoché l'argent offert pour le livrer, ne peut retenir de se dénoncer lui-même, sans s'en rendre compte. La bonté démasque ainsi le mal.

Mardi Saint 12 avril

La trahison de Judas hante ces jours qui précèdent la Cène. Jésus annonce aussi le reniement de Pierre, il va se retrouver seul.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (13, 21-33. 36-38)

En ce temps-là, au cours du repas que Jésus prenait avec ses disciples, il fut bouleversé en son esprit, et il rendit ce témoignage : « Amen, amen, je vous le dis : l’un de vous me livrera. » Les disciples se regardaient les uns les autres avec embarras, ne sachant pas de qui Jésus parlait. Il y avait à table, appuyé contre Jésus, l’un de ses disciples, celui que Jésus aimait. Simon-Pierre lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler.
Le disciple se penche donc sur la poitrine de Jésus et lui dit : « Seigneur, qui est-ce ? » Jésus lui répond : « C’est celui à qui je donnerai la bouchée que je vais tremper dans le plat. » Il trempe la bouchée, et la donne à Judas, fils de Simon l’Iscariote. Et, quand Judas eut pris la bouchée, Satan entra en lui. Jésus lui dit alors : « Ce que tu fais, fais-le vite. » Mais aucun des convives ne comprit pourquoi il lui avait dit cela. Comme Judas tenait la bourse commune, certains pensèrent que Jésus voulait lui dire d’acheter ce qu’il fallait pour la fête, ou de donner quelque chose aux pauvres. Judas prit donc la bouchée, et sortit aussitôt. Or il faisait nuit.
Quand il fut sorti, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui. Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt. Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. » Simon-Pierre lui dit : « Seigneur, où vas-tu ? » Jésus lui répondit : « Là où je vais, tu ne peux pas me suivre maintenant ; tu me suivras plus tard. » Pierre lui dit : « Seigneur, pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? Je donnerai ma vie pour toi ! » Jésus réplique : « Tu donneras ta vie pour moi ? Amen, amen, je te le dis : le coq ne chantera pas avant que tu m’aies renié trois fois. »

Méditation : Aie pitié de nous, Seigneur !

Imaginez que vous êtes en famille assis avec une personne très aimée. Elle annonce que l'un de vous va la trahir. Que d'émotions cela provoquerait en chacun ! C'est ce que vivent les apôtres. Personne ne saisit cependant ce qui arrive quand il parle à Judas. Le mal entre souvent parmi nous sans que l'on s'en aperçoive. Judas sorti, la révélation de l'identité réelle de Jésus devient possible. Jésus prédit cependant le reniement de Pierre. Notre défi est d'accepter que Jésus passe toujours au-devant de nous, même dans les situations où le mal semble agir ; et aussi la fragilité de nos pas à sa suite.

Lundi Saint 11 avril

Chaque jour de cette semaine, l’Évangile nous aide à entrer dans le drame pascal. Aujourd'hui, le geste de Marie préfigure l'ensevelissement de Jésus.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (12, 1-11)

Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu’il avait réveillé d’entre les morts. On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était parmi les convives avec Jésus. Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie de l’odeur du parfum.
Judas Iscariote, l’un de ses disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : « Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? » Il parla ainsi, non par souci des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : « Laisse-la observer cet usage en vue du jour de mon ensevelissement ! Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. »
Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait réveillé d’entre les morts. Les grands prêtres décidèrent alors de tuer aussi Lazare,
parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus.

Méditation : Bénis sois-tu Seigneur !

Jésus est à Béthanie chez Lazare qu'il a réveillé d'entre morts, ce qui a provoqué la colère des responsables religieux. C'est dangereux pour lui. Un repas est donné pour l'honorer, servi par Marthe. Mais c'est Marie, troisième membre de cette fratrie, à qui Jésus est très attaché, qui retient notre attention. Dans chaque Évangile, Jésus est oint par une femme avant sa Passion, grande expression de dévotion à son égard. Ici, Marie verse le parfum sur les pieds de Jésus et les essuie avec ses cheveux, anticipant le lavement des pieds par Jésus de ses disciples. Elle est prête à lui donner ce qui est très précieux pour elle. Mais surtout, cet acte annonce la mort de Jésus et l'ensevelit. Lui accueille le geste : sa vie est déjà offerte. Judas nous met face aux calculs qui minent la condition humaine. Même dans cette situation d'émotion forte, il pense au profit matériel. Jésus ne cède pas à ce chantage car si l'on vit avec la générosité de Marie, déclenchée par sa compréhension intime du don par amour de la vie de Jésus, on ne peut oublier les pauvres.

Dimanche 10 avril : dimanche des Rameaux

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (22, 14 à 23, 56)
Lecture de la Passion de notre Seigneur Jésus Christ

Quand l’heure fut venue, Jésus prit place à table, et les Apôtres avec lui. Il leur dit : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir ! Car je vous le déclare : jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle soit pleinement accomplie dans le royaume de Dieu. » Alors, ayant reçu une coupe et rendu grâce, il dit : « Prenez ceci et partagez entre vous. Car je vous le déclare : désormais, jamais plus je ne boirai du fruit de la vigne jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. » Puis, ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. » Et pour la coupe, après le repas, il fit de même, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous. Et cependant, voici que la main de celui qui me livre est à côté de moi sur la table. En effet, le Fils de l’homme s’en va selon ce qui a été fixé. Mais malheureux cet homme-là par qui il est livré ! »
Les Apôtres commencèrent à se demander les uns aux autres quel pourrait bien être, parmi eux, celui qui allait faire cela.
Ils en arrivèrent à se quereller : lequel d’entre eux, à leur avis, était le plus grand ? Mais il leur dit : « Les rois des nations les commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs. Pour vous, rien de tel ! Au contraire, que le plus grand d’entre vous devienne comme le plus jeune, et le chef, comme celui qui sert. Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert. Vous, vous avez tenu bon avec moi dans mes épreuves. Et moi, je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi. Ainsi vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël. Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » Pierre lui dit : « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller en prison et à la mort. » Jésus reprit : « Je te le déclare, Pierre : le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que toi, par trois fois, tu aies nié me connaître. » Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni sac, ni sandales, avez-vous donc manqué de quelque chose ? » Ils lui répondirent : « Non, de rien. » Jésus leur dit : « Eh bien maintenant, celui qui a une bourse, qu’il la prenne, de même celui qui a un sac ; et celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une. Car, je vous le déclare : il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture : Il a été compté avec les impies. De fait, ce qui me concerne va trouver son accomplissement. » Ils lui dirent : « Seigneur, voici deux épées. » Il leur répondit : « Cela suffit. »

Jésus sortit pour se rendre, selon son habitude, au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent. Arrivé en ce lieu, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. » Puis il s’écarta à la distance d’un jet de pierre environ. S’étant mis à genoux, il priait en disant : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. » Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait. Entré en agonie, Jésus priait avec plus d’insistance, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre. Puis Jésus se releva de sa prière et rejoignit ses disciples qu’il trouva endormis, accablés de tristesse. Il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. »

Il parlait encore, quand parut une foule de gens. Celui qui s’appelait Judas, l’un des Douze, marchait à leur tête. Il s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser. Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? » Voyant ce qui allait se passer, ceux qui entouraient Jésus lui dirent : « Seigneur, et si nous frappions avec l’épée ? » L’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille droite. Mais Jésus dit : « Restez-en là ! » Et, touchant l’oreille de l’homme, il le guérit. Jésus dit alors à ceux qui étaient venus l’arrêter, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus avec des épées et des bâtons ? Chaque jour, j’étais avec vous dans le Temple, et vous n’avez pas porté la main sur moi. Mais c’est maintenant votre heure et le pouvoir des ténèbres. »
S’étant saisis de Jésus, ils l’emmenèrent et le firent entrer dans la résidence du grand prêtre. Pierre suivait à distance. On avait allumé un feu au milieu de la cour, et tous étaient assis là. Pierre vint s’asseoir au milieu d’eux. Une jeune servante le vit assis près du feu ; elle le dévisagea et dit : « Celui-là aussi était avec lui. » Mais il nia : « Non, je ne le connais pas. » Peu après, un autre dit en le voyant : « Toi aussi, tu es l’un d’entre eux. » Pierre répondit : « Non, je ne le suis pas. » Environ une heure plus tard, un autre insistait avec force : « C’est tout à fait sûr ! Celui-là était avec lui, et d’ailleurs il est Galiléen. » Pierre répondit : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. » Et à l’instant même, comme il parlait encore, un coq chanta. Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre. Alors Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. »
Il sortit et, dehors, pleura amèrement.

Les hommes qui gardaient Jésus se moquaient de lui et le rouaient de coups. Ils lui avaient voilé le visage, et ils l’interrogeaient : « Fais le prophète ! Qui est-ce qui t’a frappé ? » Et ils proféraient contre lui beaucoup d’autres blasphèmes. Lorsqu’il fit jour, se réunit le collège des anciens du peuple, grands prêtres et scribes, et on emmena Jésus devant leur conseil suprême. Ils lui dirent : « Si tu es le Christ, dis-le-nous. » Il leur répondit : « Si je vous le dis, vous ne me croirez pas ; et si j’interroge, vous ne répondrez pas. Mais désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite de la Puissance de Dieu. » Tous lui dirent alors : « Tu es donc le Fils de Dieu ? » Il leur répondit : « Vous dites vous-mêmes que je le suis. » Ils dirent alors : « Pourquoi nous faut-il encore un témoignage ? Nous-mêmes, nous l’avons entendu de sa bouche. »
L’assemblée tout entière se leva, et on l’emmena chez Pilate. On se mit alors à l’accuser : « Nous avons trouvé cet homme en train de semer le trouble dans notre nation : il empêche de payer l’impôt à l’empereur, et il dit qu’il est le Christ, le Roi. » Pilate l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui le dis. » Pilate s’adressa  aux grands prêtres et aux foules : « Je ne trouve chez cet homme aucun motif de condamnation. » Mais ils insistaient avec force : « Il soulève le peuple en enseignant dans toute la Judée ; après avoir commencé en Galilée, il est venu jusqu’ici. » À ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen. Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode, il le renvoya devant ce dernier, qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là. À la vue de Jésus, Hérode éprouva une joie extrême : en effet, depuis longtemps il désirait le voir à cause de ce qu’il entendait dire de lui, et il espérait lui voir faire un miracle. Il lui posa bon nombre de questions, mais Jésus ne lui répondit rien. Les grands prêtres et les scribes étaient là, et ils l’accusaient avec véhémence. Hérode, ainsi que ses soldats, le traita avec mépris et se moqua de lui : il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante et le renvoya à Pilate.
Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis, alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux. Alors Pilate convoqua les grands prêtres, les chefs et le peuple. Il leur dit : « Vous m’avez amené cet homme en l’accusant d’introduire la subversion dans le peuple. Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous et, parmi les faits dont vous l’accusez, je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation. D’ailleurs, Hérode non plus, puisqu’il nous l’a renvoyé. En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. » […] Ils se mirent à crier tous ensemble : « Mort à cet homme ! Relâche-nous Barabbas. » Ce Barabbas avait été jeté en prison pour une émeute survenue dans la ville, et pour meurtre. Pilate, dans son désir de relâcher Jésus, leur adressa de nouveau la parole. Mais ils vociféraient : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pour la troisième fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. » Mais ils insistaient à grands cris, réclamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient. Alors Pilate décida de satisfaire leur requête. Il relâcha celui qu’ils réclamaient, le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, et il livra Jésus à leur bon plaisir.

Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus. Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus. Il se retourna et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants ! Voici venir des jours où l’on dira : “Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité !” Alors on dira aux montagnes : “Tombez sur nous”, et aux collines : “Cachez-nous.” Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? » Ils emmenaient aussi avec Jésus deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter. Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire), là ils crucifièrent Jésus, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort. Le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! » Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée, en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi ! Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. » Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »
C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ; l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure, car le soleil s’était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu. Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira.

À la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendit gloire à Dieu : « Celui-ci était réellement un homme juste. » Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, observant ce qui se passait, s’en retournaient en se frappant la poitrine. Tous ses amis, ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée, se tenaient plus loin pour regarder. Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste, qui n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le règne de Dieu. Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus. Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé. C’était le jour de la Préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du sabbat. Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé. Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.

Méditation :

Jésus monte sur la Croix pour toucher notre réalité humaine, pour traverser toute notre existence, tout notre mal. Pour ne pas nous laisser seuls dans la souffrance et dans la mort, pour nous sauver : aucun mal n'a le dernier mot. Dieu gagne, mais la palme de la victoire passe par le bois de la Croix. C'est pourquoi les palmes et la Croix vont ensemble. La grandeur de la vie est dans la beauté de l'amour. Dans le Crucifié nous voyons Dieu humilié. Et avec la grâce de l'étonnement nous comprenons qu'en accueillant celui qui est rejeté, qui est humilié par la vie, nous aimons Jésus : parce qu'il est dans les derniers, dans les rejetés.

D'après le pape François (Angélus du 28 mars 2021)

Samedi 9 avril

Bienheureuse Célestine Faron (morte en 1944). Cette religieuse polonaise fut déportée à Auschwitz en raison de sa foi. Elle mourut le jour de Pâques.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (10, 31-42)

En ce temps-là, quand Lazare fut sorti du tombeau, beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui. Mais quelques-uns allèrent trouver les pharisiens pour leur raconter ce qu’il avait fait. Les grands prêtres et les pharisiens réunirent donc le Conseil suprême ; ils disaient : « Qu’allons-nous faire ? Cet homme accomplit un grand nombre de signes. Si nous le laissons faire, tout le monde va croire en lui, et les Romains viendront détruire notre Lieu saint et notre nation. »
Alors, l’un d’entre eux, Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là, leur dit : « Vous n’y comprenez rien ; vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. »
Ce qu’il disait là ne venait pas de lui-même ; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation ; et ce n’était pas seulement pour la nation, c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés.
À partir de ce jour-là, ils décidèrent de le tuer. C’est pourquoi Jésus ne se déplaçait plus ouvertement parmi les Juifs ; il partit pour la région proche du désert, dans la ville d’Éphraïm où il séjourna avec ses disciples.
Or, la Pâque juive était proche, et beaucoup montèrent de la campagne à Jérusalem pour se purifier avant la Pâque. Ils cherchaient Jésus et, dans le Temple, ils se disaient entre eux : « Qu’en pensez-vous ? Il ne viendra sûrement pas à la fête ! » Les grands prêtres et les pharisiens avaient donné des ordres : quiconque saurait où il était devait le dénoncer, pour qu’on puisse l’arrêter.

Méditation : Aie pitié de nous !

De plus en plus de Juifs croient en Jésus à cause des nombreux miracles qu'il a accomplis. Les grands prêtres et les pharisiens craignent que, en laissant cette situation perdurer, les Romains ne viennent détruire leur lieu saint et leur nation. C'est pourquoi, ils décident de tuer Jésus. Dans son Évangile, Jean mentionne plusieurs fois cette tentative de tuer Jésus. Son motif principal n'est plus l'inimitié mais la crainte ! Lorsque la crainte nous submerge, nous en venons à justifier tous les moyens pour assurer notre propre sécurité, y compris la destruction de ceux que nous percevons comme des menaces. C'est aussi la crainte qui nous rend réticents à prendre des risques pour aider ceux qui souffrent. La foi en Jésus nous libère de cette influence néfaste. Il nous conduit à vivre dans l'amour. En effet, « l'amour parfait bannit la crainte » (1 Jean 4, 18).

Vendredi 8 avril

Sainte Julie Billiart (1751-1816). Guérie miraculeusement d'une paralysie, cette Picarde fonda une congrégation pour l'éducation des jeunes filles pauvres.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (10, 31-42)

En ce temps-là, de nouveau, des Juifs prirent des pierres pour lapider Jésus. Celui-ci reprit la parole : « J’ai multiplié sous vos yeux les œuvres bonnes qui viennent du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ? » Ils lui répondirent : « Ce n’est pas pour une œuvre bonne que nous voulons te lapider, mais c’est pour un blasphème : tu n’es qu’un homme, et tu te fais Dieu. »
Jésus leur répliqua : « N’est-il pas écrit dans votre Loi : ‘J’ai dit : Vous êtes des dieux ?’ Elle les appelle donc des dieux, ceux à qui la parole de Dieu s’adressait, et l’Écriture ne peut pas être abolie. Or, celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde, vous lui dites : “Tu blasphèmes”, parce que j’ai dit : “Je suis le Fils de Dieu”. Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, continuez à ne pas me croire. Mais si je les fais, même si vous ne me croyez pas, croyez les œuvres. Ainsi vous reconnaîtrez, et de plus en plus, que le Père est en moi, et moi dans le Père. »
Eux cherchaient de nouveau à l’arrêter, mais il échappa à leurs mains.
Il repartit de l’autre côté du Jourdain, à l’endroit où, au début, Jean baptisait ; et il y demeura. Beaucoup vinrent à lui en déclarant : « Jean n’a pas accompli de signe ; mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. » Et là, beaucoup crurent en lui.

Méditation :Je crois en toi, Jésus. Donne-moi d'aimer comme tu aimes !

Les Juifs sont sur le point de lapider Jésus car ils considèrent qu'il a blasphémé en se qualifiant lui-même de Fils de Dieu. Ils savent qu'il a fait beaucoup de bonnes œuvres. Cependant, ils trébuchent sur ses paroles. C'est pourquoi Jésus les invite à croire en ses œuvres. Ainsi, ils comprendront qu'il est vraiment de Dieu. Ici, nous voyons que les paroles et les actes de Jésus sont compatibles : tout ce qu'il a dit se reflète aussi dans ses actes ! L'harmonie entre les paroles et les actes est essentielle dans la proclamation de l'Évangile. Notre foi ne doit pas se limiter aux pensées et aux discours, mais se manifester dans nos actions. Dans la lecture, il est mentionné que les gens vivant de l'autre côté du Jourdain ont porté leur attention sur les actes (« signes ») que Jésus a faits, et ils ont cru en lui. En effet, les actes sont souvent plus convaincants que les paroles.

Jeudi 7 avril

Saint Jean-Baptiste de la Salle (1651-1719). Ce prêtre originaire de Reims inventa une pédagogie et fonda les Frères des écoles chrétiennes. Il appartient à l'école française de spiritualité.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (8,51-59)

En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Amen, amen, je vous le dis : si quelqu'un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. » Les Juifs lui dirent : « Maintenant nous savons bien que tu as un démon. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : “Si quelqu’un garde ma parole, il ne connaîtra jamais la mort.” Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi sont morts. Pour qui te prends-tu ? »
Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n’est rien ; c’est mon Père qui me glorifie, lui dont vous dites : “Il est notre Dieu”, alors que vous ne le connaissez pas. Moi, je le connais et, si je dis que je ne le connais pas, je serai comme vous, un menteur. Mais je le connais, et sa parole, je la garde. Abraham votre père a exulté, sachant qu’il verrait mon Jour. Il l’a vu, et il s’est réjoui. »
Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n’as pas encore cinquante ans, tu as vu Abraham ! »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu’Abraham fût, moi, JE SUIS. »
Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.

Méditation : Aide-moi, Seigneur, à garder ta Parole !

Jésus dit : « Si quelqu'un garde ma parole, jamais il ne verra la mort. » Cela est difficile à croire. Qui peut échapper à la mort ? Abraham et les prophètes ne sont-ils pas morts eux aussi ? Cependant, Jésus est beaucoup plus grand qu'Abraham et les prophètes. Jésus vient de Dieu, la véritable source de vie. Ainsi, Jésus a un pouvoir qui peut vaincre la mort. Avec Jésus, la mort n'est plus le dernier mot pour nous. Le dernier mot est la vie révélée par la résurrection. « Garder la parole du Seigneur » ne consiste pas à s'attacher à la lettre de façon fanatique ou moralisatrice, cela signifie l'écouter avec confiance afin de connaître Dieu plus personnellement. Car la Parole est un moyen d'entrer en communion avec le Dieu vivant. Jésus est « la Parole faite chair » (Jean 1, 14). En gardant la parole du Seigneur, nous sommes conduits à la Vie : nous apprécions davantage l'existence et la remplissons d'amour.

Mercredi 6 avril

Sainte Catherine de Pallanza (morte en 1478). Rescapée de la peste, elle se consacra à Dieu dans un sanctuaire alpin où sz développa une communauté religieuse. Elle fut gratifiée d'apparitions du Christ.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (8,31-42)

En ce temps-là, Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »
Ils lui répliquèrent : « Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : “Vous deviendrez libres” ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : qui commet le péché est esclave du péché. L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours. Si donc le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres. Je sais bien que vous êtes la descendance d’Abraham, et pourtant vous cherchez à me tuer, parce que ma parole ne trouve pas sa place en vous. Je dis ce que moi, j’ai vu auprès de mon Père, et vous aussi, vous faites ce que vous avez entendu chez votre père. »
Ils lui répliquèrent : « Notre père, c’est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous étiez les enfants d’Abraham, vous feriez les œuvres d’Abraham. Mais maintenant, vous cherchez à me tuer, moi, un homme qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Cela, Abraham ne l’a pas fait. Vous, vous faites les œuvres de votre père. »
Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution ! Nous n’avons qu’un seul Père : c’est Dieu. »
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c’est lui qui m’a envoyé. »

Méditation : Mon Dieu et mon Tout !

La vérité peut parfois nous effrayer ou nous accabler. Par exemple quand nous devons faire face au fait que nous ne sommes pas aussi bons que nous l'imaginions. Lorsque nous commettons de graves erreurs, il n'est pas facile de l'admettre. La vérité pourtant est un chemin de vie. Elle n'est pas simplement une idée, un fait ou une croyance religieuse. Dans la foi, nous sommes invités à comprendre que la vérité ne peut être séparée de la présence du Christ. Le texte nous dit à la fois que « la vérité vous rendra libres » et que « Si donc le Fils vous rend libres, réellement (nous serons] libres ». Le Christ lui-même a dit qu'il est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jean 14, 6). Et voici la bonne nouvelle : nous pouvons toujours être surs que la vérité nous libère car « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jean 3, 17),

Mardi 5 avril

Saint Vincent Ferrier(v. 350-1419). Ce dominicain espagnol annonça l’Évangile et la proximité du Royaume à yravers l'Italie, la Suisse et la France. Ses reliques sont conservées dans la cathédrale de Vannes.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (8,21-30)

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Je m’en vais ; vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. »
Les Juifs disaient : « Veut-il donc se donner la mort, puisqu’il dit : “Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller” ? »
Il leur répondit : « Vous, vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut. Vous, vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. C’est pourquoi je vous ai dit que vous mourrez dans vos péchés. En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés. »
Alors, ils lui demandaient : « Toi, qui es-tu ? » Jésus leur répondit : « Je n’ai pas cessé de vous le dire. À votre sujet, j’ai beaucoup à dire et à juger. D’ailleurs Celui qui m’a envoyé dit la vérité, et ce que j’ai entendu de lui, je le dis pour le monde. »
Ils ne comprirent pas qu’il leur parlait du Père. Jésus leur déclara : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien de moi-même ; ce que je dis là, je le dis comme le Père me l’a enseigné. Celui qui m’a envoyé est avec moi ; il ne m’a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable. » Sur ces paroles de Jésus, beaucoup crurent en lui.

Méditation : Loué sois-tu pour ta présence toujours et à jamais !

Chez saint Jean, l'expression « le Fils de l'homme est élevé » fait référence à la crucifixion de Jésus. Dans l'évangile de ce jour, Jésus dit aux Juifs qu'ils comprendront l'« identité divine » de Jésus lorsqu'ils le crucifieront. C'est paradoxal. Cela semble un mystère insaisissable. On peut le comprendre dans la mesure où, pour Jésus, l'événement de sa crucifixion révèle deux choses : que Dieu est toujours avec lui et que toutes ses actions sont agréables à Dieu. La croix signifie ainsi plus que la souffrance et la mort. Lorsque nous la regardons, nous sommes à notre tour invités à croire que Dieu est toujours avec nous, fidèlement, même au milieu des difficultés. Et aussi que, pour vivre notre vie selon la volonté de Dieu, nous devons être persévérants dans notre fidélité à la suite du Christ, même si son chemin n'est pas aisé.

Lundi 4 avril

Saint Isidore de Séville (560-636). Cet évêque de l’Église wisigothe a combattu l'arianisme. Docteur de l’Église, il a sauvé la culture antique des grandes invasions grâce à ses écrits encyclopédiques.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (8,12-20)

En ce temps-là, Jésus disait aux pharisiens : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. »
Les pharisiens lui dirent alors : « Tu te rends témoignage à toi-même, ce n’est donc pas un vrai témoignage. »
Jésus leur répondit : « Oui, moi, je me rends témoignage à moi-même, et pourtant mon témoignage est vrai, car je sais d’où je suis venu, et où je vais ; mais vous, vous ne savez ni d’où je viens, ni où je vais. Vous, vous jugez de façon purement humaine. Moi, je ne juge personne. Et, s’il m’arrive de juger, mon jugement est vrai parce que je ne suis pas seul : j’ai avec moi le Père, qui m’a envoyé. Or, il est écrit dans votre Loi que, s’il y a deux témoins, c’est un vrai témoignage. Moi, je suis à moi-même mon propre témoin, et le Père, qui m’a envoyé, témoigne aussi pour moi. »
Les pharisiens lui disaient : « Où est-il, ton père ? » Jésus répondit : « Vous ne connaissez ni moi ni mon Père ; si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. » Il prononça ces paroles alors qu’il enseignait dans le Temple, à la salle du Trésor. Et personne ne l’arrêta, parce que son heure n’était pas encore venue.

Méditation : Lumière de vie, guide-moi !

Dans l'Évangile de Jean, la « lumière » est un terme symbolique. D'une part, la lumière s'oppose aux « ténèbres» du monde. D'autre part, la lumière est étroitement liée à la vie » : « En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes » (Jean 1, 4). À l'occasion de la fête des Tentes, Jésus dit : « Je suis la lumière du monde. » Le symbole est très fort car pendant cette célébration hébraïque, il y a une cérémonie de la lumière au Temple de Jérusalem pour commémorer la « colonne de feu » qui conduisait les Israélites dans le désert pendant la nuit (Exode 13, 21). Ainsi, Jésus nous conduit au milieu des ténèbres de ce monde. Il nous conduit à la paix au milieu de la peur; à l'espérance au milieu du désespoir ; à l'amour au milieu de la haine ; à la bonté au milieu du mal ; à la vie au milieu de la mort. Oui, en croyant et en suivant Jésus, nous sommes amenés à vivre la vie dans son sens le plus profond. La foi n'est donc pas seulement une croyance en Jésus : elle est une «relation personnelle» avec lui. Même invisible, il est toujours présent et nous guide.

Dimanche 3 avril

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (8, 1-11)

En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers. Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu, et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? » Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre. Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés.
Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu. Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Méditation :

« Femmes, où sont-ils ? » lui dit Jésus. Et cette constatation suffit, ainsi que son regard plein de miséricorde, plein d'amour, pour faire sentir à cette personne - sans doute pour la première fois - qu'elle a une dignité, qu'elle n'est pas son péché, elle a une dignité de personne ; qu'elle peut changer de vie, qu'elle peut sortir de ses esclavages et marcher sur un chemin nouveau. Cette femme nous représente tous, nous tous qui sommes pécheurs, c'est-à-dire adultères devant Dieu, ayant trahi sa fidélité. Et son expérience représente la volonté de Dieu pour chacun de nous : non pas notre condamnation, mais notre salut à travers Jésus. Il est la grâce, qui sauve du péché et de la mort. Il a écrit dans la terre, dans la poussière dont est fait chaque être humain, la sentence de Dieu : « Je ne veux pas que tu meures, mais que tu vives. » Dieu ne nous cloue pas à notre péché, il ne nous identifie pas au mal que nous avons commis. Nous avons un nom, et Dieu n'identifie pas ce nom avec le péché que nous avons commis. Il veut nous libérer, il veut que nous aussi, nous le voulions avec Lui. Il veut que notre liberté se convertisse du mal au bien, et cela est possible - cela est possible ! - avec sa grâce.

D'après le pape François (Angélus du 13 mars 2016)

Samedi 2 avril

Saint François de Paule (1416-1507). Ermite franciscain calabrais dont les parents attribuèrent la conception à François d'Assise ; doté de grâces exceptionnelles, il assista le roi de France Louis XI lors de son agonie.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (7, 40-53)

En ce temps-là, Jésus enseignait au temple de Jérusalem. Dans la foule, on avait entendu ses paroles, et les uns disaient : « C’est vraiment lui, le Prophète annoncé ! » D’autres disaient : « C’est lui le Christ ! » Mais d’autres encore demandaient : « Le Christ peut-il venir de Galilée ? L’Écriture ne dit-elle pas que c’est de la descendance de David et de Bethléem, le village de David, que vient le Christ ? » C’est ainsi que la foule se divisa à cause de lui. Quelques-uns d’entre eux voulaient l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui.
Les gardes revinrent auprès des grands prêtres et des pharisiens, qui leur demandèrent : « Pourquoi ne l’avez-vous pas amené ? » Les gardes répondirent : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » Les pharisiens leur répliquèrent : « Alors, vous aussi, vous vous êtes laissé égarer ? Parmi les chefs du peuple et les pharisiens, y en a-t-il un seul qui ait cru en lui ? Quant à cette foule qui ne sait rien de la Loi, ce sont des maudits ! »
Nicodème, l’un d’entre eux, celui qui était allé précédemment trouver Jésus, leur dit : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l’entendre d’abord pour savoir ce qu’il a fait ? » Ils lui répondirent : « Serais-tu, toi aussi, de Galilée ? Cherche bien, et tu verras que jamais aucun prophète ne surgit de Galilée ! » Puis ils s’en allèrent chacun chez soi. 

Méditation : Tu es le Christ !

Certains jugeaient Jésus sur la base de leur expérience personnelle. Ils ont écouté l'enseignement et vu les œuvres miraculeuses que Jésus a faites. Selon eux, Jésus est vraiment le prophète annoncé, le Christ. Mais d'autres jugent Jésus, sans approfondir, sur la base de leur connaissance de l'Écriture. Ils doutent qu'il soit le Christ. Car selon la Bible, il vient de la descendance de David et de Bethléem. Or un élément de l'expérience présente leur échappe. Ils pensent que Jésus est de Galilée. Au milieu de la controverse, Nicodème fait valoir son point de vue : « Notre Loi permet-elle de juger un homme sans l'entendre d'abord pour savoir ce qu'il a fait ? »
L'Écriture et les traditions ne nous dispensent pas d'une attention pour l'expérience présente. Elles doivent être des « partenaires de dialogue » pour comprendre et donner un sens à ce qui se présente à nous. Au milieu des différences et des contradictions qui surgissent, il est important de « dialoguer » avec toutes les parties. Un véritable dialogue jette des « ponts » entre les différences existantes pour unir les parties opposées.

Vendredi 1er avril

Saint Hugues (mort en1132). Cet évêque de Grenoble œuvra à réformer les mœurs du clergé et du peuple, et conduisit saint Bruno et ses frères dans le désert de la Chartreuse.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (7, 1-2. 10. 14. 25-30)

En ce temps-là, Jésus parcourait la Galilée : il ne voulait pas parcourir la Judée car les Juifs cherchaient à le tuer. La fête juive des Tentes était proche. Lorsque ses frères furent montés à Jérusalem pour la fête, il y monta lui aussi, non pas ostensiblement, mais en secret. On était déjà au milieu de la semaine de la fête quand Jésus monta au Temple ; et là il enseignait.
Quelques habitants de Jérusalem disaient alors : « N’est-ce pas celui qu’on cherche à tuer ? Le voilà qui parle ouvertement, et personne ne lui dit rien ! Nos chefs auraient-ils vraiment reconnu que c’est lui le Christ ? Mais lui, nous savons d’où il est. Or, le Christ, quand il viendra, personne ne saura d’où il est. »
Jésus, qui enseignait dans le Temple, s’écria : « Vous me connaissez ? Et vous savez d’où je suis ? Je ne suis pas venu de moi-même : mais il est véridique, Celui qui m’a envoyé, lui que vous ne connaissez pas. Moi, je le connais parce que je viens d’auprès de lui, et c’est lui qui m’a envoyé. » On cherchait à l’arrêter, mais personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue.

Méditation : Remplis mon cœur d'amour !

Voyant Jésus parler ouvertement à la foule, quelques habitants de Jérusalem disent : « N'est-ce pas celui qu'on cherche à tuer ? » Ils se demandent alors si cela signifie que leurs chefs ont reconnu Jésus comme le messager de Dieu. Il n'en est rien… Jésus savait qu'on cherche à le tuer. Sa présence a provoqué des troubles parmi les Juifs de l'époque. Ses enseignements contreviennent parfois à l'opinion dominante. Ses actions sont même considérées comme une violation grave des lois religieuses juives. L'antipathie, l'hostilité et la haine peuvent, comme c'est le cas pour ces contemporains de Jésus, nous empêcher de voir la vérité telle qu'elle est vraiment. Nous sommes prompts à juger les autres et à ne voir que leur mauvais côté. Jésus dit : « Ne jugez pas d'après l'apparence, mais jugez selon la justice. » Car notre vision de la réalité est influencée par notre cœur. Demandons donc à Dieu de remplir nos cœurs d'amour. Car seul l'amour nous permet de voir et de reconnaître la vérité et la présence du Christ.