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PAROISSE SAINTE FAMILLE de PAU

 

Veuillez m'excuser pour le retard... il y a des périodes très denses !...

♦ Dimanche 17 avril : Saint jour de Pâques et fin de cette retraite

« Tout Israël fit monter l’arche de l’Alliance du Seigneur
parmi les ovations au son du cor, des trompettes et des cymbales,
en faisant retentir des harpes et des cithares. »
Livre Premier livre des Chroniques (15, 28)

Méditation

Au matin de Pâques, le soleil se lève à peine sur les hauteurs de la ville. Nous sommes à Poitiers, au pied de Notre-Dame des Dunes. Nous, c’est un petit groupe de chrétiens réunis à l’aube pour fêter ensemble, catholiques et protestants, la résurrection de notre Seigneur Jésus Christ.
Notre cri est joyeux et fraternel : « Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité. » Certains me le disent même en grec ! « Christos Anesti. » Je leur réponds : « Il est vraiment ressuscité. » Et même en latin : « Christus resurrexit ! Resurrexit vere ! »
C’est comme si on se disait bonjour !
Clin d’œil du ciel, le clairon de la caserne voisine se met à retentir pour saluer la montée du drapeau. À l’unisson, les instruments de musique prennent le relais pour soutenir cette Bonne Nouvelle et accompagner notre prière. Quelques heures plus tard, nous reprendrons ce chant : « Criez de joie, Christ est ressuscité ! Il est vivant comme il l’avait promis. Alléluia, Christ est ressuscité ! Il nous ouvre la vie ! »
Là, ce n’étaient pas des cris pour revendiquer notre foi, mais notre expression joyeuse de la Résurrection. Cri du ralliement de la communauté, cri du cœur, pour moi, cri de libération comme une naissance. Nous vivons une véritable Pentecôte, le souffle du Saint-Esprit fait de nous des missionnaires zélés.
À l’aube de Pâques, nous fêtons le Ressuscité et prions sur la ville et tous ses habitants… notre bénédiction urbi et orbi à nous en quelque sorte !

Christ est ressuscité, il est vraiment ressuscité ! Belle fête à chacun. Alléluia !

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Seigneur, accorde-nous de marcher avec joie dans la charité de ton fils qui a aimé le monde jusqu'à donner sa vie pour lui. Alléluia ! (Jacqueline)

♦ Samedi 16 avril

« Mais, délivre-nous du mal. » 
C’est la dernière demande du Notre Père. Une demande que le frère Philippe Lefebvre, compare à un cri, un cri plutôt joyeux même. 
Le cri de cette 7ème vidéo de la série ThéoDom sur le Notre Père rejoint tous ceux de cette Semaine Sainte, des cris de joie de la foule acclamant l’entrée de Jésus à Jérusalem, au cri de Jésus sur la croix « Pourquoi m’as-tu abandonné ? ».

Ce cri dit notre désir de retrouver l’intimité avec notre Seigneur, lui qui travaille en nous pour nous ouvrir un chemin de vie… cette semaine, il est chemin de Résurrection. 
Demander à être délivré du mal c’est mettre la vie là où elle manque. Alors, délivre-nous Seigneur, parce que toi seul peut le faire, de ce qui nous éloigne de toi, nous avons envie de marcher avec toi.
Belle Semaine Sainte de Pâques !
Sœur Anne-Claire Dangeard, op

Notre Père 7/7

« Ne nous laisse pas entrer en tentation »
Qu'est-ce que le mal, d'après la Parole de Dieu ?
C'est tout ce qui nous éloigne de Dieu, et de son intimité, de son inspiration

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Tout au long de ces quarante jours, les textes et les oraisons nous rappellent que c’est le moment de reprendre vie, temps de guérison et de renouvellement. Le pécheur pardonné bondit de joie comme le paralytique guéri. Les commandements nous tracent la route au bout de laquelle nous verrons le visage de Dieu. À la mort du Christ meurt ce qu’il y a de vieux en nous, et sa résurrection nous rend la jeunesse des saints. (Marthe)

♦ Vendredi saint 15 avril

« Dieu entendit l’enfant crier, et du ciel l’ange de Dieu appela Agar :
“Qu’as-tu, Agar ? lui demanda-t-il. N’aie pas peur.
Dieu a entendu l’enfant crier là-bas. »
Livre de la Genèse ch.21, v.17

Méditation

Aujourd’hui, je suis à Lourdes, devant la photo d’une sculpture représentant une tête d’enfant pleurant. L’Église de France vient de la placer là en mémoire des victimes d’abus sexuels. 
Les larmes de cet enfant concentrent tant de silences, d’absences de cris. « Je suis resté tétanisé… je ne connaissais rien de tout cela et ce soir-là, il m’a appris des mots et des actes que je ne connaissais pas. » Et aussi ce témoignage : « Une partie de moi hurlait en silence, lui demandait d’arrêter, mais les mots ne sortaient pas. »* Quand on a huit ans, on n’a pas les mots pour nommer les choses et les actes posés. On reste tétanisé et on met sa vie entre parenthèses. Ce n’est que parfois plus tard, trop tard, qu’on trouve les mots pour dire qu’on a été victime. 
Le psalmiste en a fait lui-même l’expérience : « Je me suis enfermé dans le silence, et plus qu’il n’était bon, je me suis tu. Ma douleur devint insupportable. »
Quand il n’est pas possible de crier, un autre peut crier pour nous. Sur la croix, Jésus prend sur lui nos vies brisées et reconnaît notre détresse. Son cri est aussi celui des sans-voix, de ceux qui n’ont pas appris, ceux qui n’ont plus la force… 
Sur la croix, Jésus libère notre propre cri de souffrance et nous redonne la vie. Crier, c’est se reconnaître vivant et témoigner d’un monde souffrant pour que cesse toute violence. Alors, ne craignons pas de crier ! Pas à tout bout de champ, mais, comme l’expression sincère de nos sentiments : colère, peur, détresse, tristesse… mais aussi la joie, même en ce Vendredi saint, parce qu’au bout de notre marche vers Pâques, elle sera là.

* "De victimes à témoins", témoignages adressés à la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église, octobre 2021.
**   TOB Psaume 39, 3.

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Dans le fracas de ce monde, Seigneur, je veux t'offrir de l'amour pour étancher ta soif. Le temps d'un trajet en voiture, je coupe la radio, je t'imagine près de moi et je prie avec toi. Je prie pour que le souffle de Dieu gagne le coeur de tous les Hommes. (Biwich)

♦ Jeudi saint 14 avril

« Venez, montons à la montagne du Seigneur, au temple du Dieu de Jacob. »
Livre d’Isaïe, ch.2, v.3

Méditation

Là-haut, l’oxygène est rare. Impossible de pousser un cri de victoire au bout de la course ! Alors, faisons silence. Nous voici sur le plus haut sommet du monde, à 8848 mètres d’altitude, sur le mont Everest. 
Dans la Bible, les montagnes sont le lieu de la manifestation de Dieu. Au Sinaï, Moïse reçoit la loi*. Après la crue des eaux, l’arche de Noé repose « sur le mont Ararat »**. Sion, la colline de Jérusalem, est chantée dans les Psaumes. Dans le Nouveau Testament, c’est souvent dans les hauteurs que Jésus aime se retirer pour prier et enseigner les béatitudes aux foules.

Ce Jeudi saint, il est un autre sommet dont l’Église fait mémoire, non géographique celui-ci : la Cène du Seigneur, institution par le Christ de l’Eucharistie… Elle est « source et sommet de la vie chrétienne »***. 
Qu’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas d’un sommet à conquérir victorieusement. Comme pour tout, il y a des étapes à franchir avant de l’atteindre, un cheminement humain et spirituel qui prend toute une vie. Dans cette montée, il y a un rythme à trouver. Comme le pèlerin russe, sur ce chemin vers Pâques, j’ai trouvé mon souffle, ma prière : « Je t’aime et j’ai confiance, prends pitié de moi. »
Aujourd’hui, je m’avance pour recevoir la communion, j’entends ces paroles de Cyrille de Jérusalem : « Ne t’avance pas les paumes des mains étendues, ni les doigts écartés : mais fais de ta main gauche un trône pour ta main droite, puisqu’elle doit recevoir le Roi, et dans le creux de ta main, reçois le Corps du Christ, disant “Amen” ».

* Livre de l'Exode ch.19, v.20.
** Livre de la Genèse ch. 8, v.4.
***Lumen Gentium 11.

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Jeûner ! Seigneur, tu y vas fort. Regarde ma vie depuis un an : l’insuffisance respiratoire de mon époux le confine à 10m de tuyau, sous oxygène 24h/24. Il est évident que je le soigne et vis au même rythme, ne quittant la maison que pour les courses, toujours rapidement, et la messe du dimanche. Alors, tu vois, le jeûne, je connais : plus de sorties, d'invitations, seulement quelques visites. Et puis Seigneur, tu sais, le lavement des pieds ici, c’est tous les jours. Tu sais tout çà, bien sûr. Comme je sais que tu me fais grâce sinon, comment pourrais-je tenir ? Merci, mon Dieu. Je compte sur toi ! (Véronique)

♦ Mercredi saint 13 avril

« Rabbi, serait-ce moi ? »
Évangile selon saint Matthieu, (26, 25)

Méditation

Au milieu des oliviers, sur les hauteurs de Jérusalem, nous voici au jardin de Gethsémani. Dans les jardins de Gethsémani, Jésus est en prière avec ses disciples lorsque Judas survient avec une grande foule armée d’épées et de bâtons. « Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié. Ils se saisirent de Jésus. »* Ce Mercredi saint est placé sous le signe de la trahison et de la déloyauté. La trahison de Judas ne serait-elle pas l’archétype de toutes nos trahisons ? Ainsi de notre déloyauté envers la mission confiée par Dieu à l’homme dans le récit de la Genèse : prendre soin de sa création. Nouveau cri de la terre et des hommes en souffrance.
Dans son encyclique Laudato si’ (2015), le pape François nous invite à « écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres » afin de nous engager résolument sur le chemin d’une « conversion écologique » et d’une « révolution culturelle ».
Pour reprendre les mots de Charles Péguy : « Complice, complice, c’est comme auteur. Nous en sommes les complices, nous en sommes les auteurs. […]  Et quand on le laisse faire, il y a le même crime ; c’est le même crime ; et il y a la lâcheté par-dessus. »**
Peut-être est-ce un peu brutal de comparer la trahison de Judas à notre attitude vis-à-vis de la création. Et pourtant… En une fidélité incertaine, Judas trahit. En une infidélité certaine, nous voici donc au pied du mur. Reconnaissons-nous notre responsabilité vis-à-vis de la création ?
Aujourd’hui, quel geste concret puis-je poser en réponse aux cris de la terre et des hommes ?

* Évangile selon st Jean ch.19, v16
**  Le Mystère de la Charité – Charles Péguy.

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Chaque vendredi de carême, j'ai décidé de me nourrir à l'heure du déjeuner. Au menu : la Parole de Dieu, avec pour plat unique le récit de la Passion, 1er vendredi : le récit de Matthieu, 2eme vendredi : celui de Marc, etc. En remplaçant ce temps, de la journée généralement réservé au déjeuner, par un temps de prière et de méditation, cela m'aide à monter vers Pâques avec Jésus et à vivre en communion avec le Christ. Et avec tous ceux qui portent les souffrances et épreuves de notre temps. (Soizic)

♦ Mardi saint 12 avril

« Écoute, Seigneur mon Dieu,
la prière et le cri que ton serviteur lance aujourd’hui vers toi. »
Premier livre des Rois, (8, 28)

Méditation

Nous voici à Paris, rue du Bac à la Chapelle de la médaille miraculeuse. Ici, on demande la prière de Marie avec ces mots : « Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ! » C’est ce qui est gravé sur les petites médailles frappées là-bas sous l’impulsion de Catherine Labouré à qui la Vierge Marie s’est manifestée en 1830. Depuis toujours, c’est une foule hétéroclite de croyants qui s’avance jusqu’au pied de l’autel.

Aujourd’hui, j’ai plutôt envie de m’adresser à Marie ainsi : « Ô Marie conçue sans péché, criez pour nous qui avons recours à vous », pour nous les sans-voix, les invisibles et les oubliés, les sans-éducation, les sans-confiance et les sans-courage aussi…
Criez pour nous, porte-parole ou francs-tireurs, vous tous qui osez une parole forte dans un monde malmené : Martin, Greta, Cabu, François… Criez pour mettre vos mots sur nos maux, votre courage contre les criminels et leurs complices, votre audace au service de ceux qui ont trop longtemps fermé les yeux, baissé les bras. Réveillez-nous, lanceurs d’alerte, vous qui nous dérangez, qui nous obligez à réfléchir, à ouvrir les yeux.
Le cri de Jésus sur la croix est de ceux-là aussi qui nous dérangent. Dans ce cri, il y a tout. Sa relation au Père, sa révolte, son abandon, son humanité, son dernier souffle… Il y a tout et en même temps, pour notre foi, un immense mystère : « Pourquoi m’as-tu abandonné ? »*
Ne laissons pas ce cri s’évaporer dans le tumulte de notre monde. Saisissons-le au vol et portons-le en écho avec nos propres révoltes : « Mon Dieu, mon Dieu… »

*Évangile selon st Matthieu ch.27, v. 40.

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

J’allume une bougie tous les soirs à 19h00 en pensant à la guerre en Ukraine.(Valérie)

♦ Lundi saint 11 avril

« Oui j’ai  vu mon peuple,  oui son cri est venu jusqu’à moi. »
Premier livre de Samuel, (9, 16)

Méditation

Ce lundi, je suis en Italie, à Florence, au couvent San Marco. À l’entrée du cloître, je découvre une fresque figurant saint Dominique en prière au pied de la croix. Plus grand que nature, les yeux baignés de larmes, il embrasse la croix, pleurant et gémissant pour le péché des hommes.
Ceux qui ont observé Dominique ont été marqués par sa prière. Ainsi témoigne le frère Étienne : « Dans la nuit, alors qu’il priait, tant de gémissements et de lamentations sortaient de lui avec violence, que les frères qui étaient à proximité étaient tirés de leur sommeil et certains d’entre eux étaient bouleversés jusqu’aux larmes. » À mon tour, devant cette fresque, j’entends son cri : « Mon Dieu, mon Dieu, ma miséricorde, que vont devenir les pécheurs ? »

« Mon Dieu, mon Dieu. » Dominique s’y reprend à deux fois, comme Jésus sur la croix. L’un et l’autre, dans la détresse la plus profonde, supplient le Père. Et deux fois, même : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Alors que tout s’effondre, en dépit de tout, dans l’abandon à la volonté du Père, ils choisissent de fonder leur vie.
Et nous aussi nous contemplons aujourd’hui le même Dieu. Par amour des hommes, il nous a donné son Fils unique « afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle »*.  
Mon Dieu, mon Dieu… en toi je mets ma confiance, toi qui as envoyé ton Fils non pour juger le monde, mais pour le sauver.

* Evangile selon st Jean ch.3, v.16

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Durant le carême, je me suis engagée à ne plus boire d'alcool. À 22 ans, j'ai déjà eu plusieurs addictions. Je suis tombée, plusieurs fois. Voilà près de 15 jours, que je n'ai pas touché à une goutte. J'étais fatiguée, lorsque le Seigneur m'a invitée à me surpasser en partant avec mon compagnon sur un coup de tête en vélo (4h30) jusqu'à Étretat, le temps d'un week-end. Depuis, je suis à nouveau transformée. Merci, Seigneur. (Evguenia)

♦ Dimanche 10 avril

« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur.
Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! »
Évangile selon saint Luc, (19, 38)

Méditation

Crier, c’est parler un peu plus fort, un peu plus haut, dans l’émotion et l’urgence d’une demande, d’une réaction. C’est le père qui encourage son fils au bord du stade de foot. C’est la grand-mère qui enlace ses petits-enfants tout à la joie des retrouvailles. C’est l’enfant qui cherche l’attention de ses parents. C’est la foule qui manifeste son désaccord. C’est l’isolé dans un cri de détresse. C’est moi qui crie pour prendre le dessus dans un débat houleux. C’est nous qui rejoignons les cris de ceux qui élèvent leurs voix vers Dieu.

Cette semaine, je vous emmène dans un tour du monde des cris qui marquent notre humanité.
Nous commençons dans la Ville sainte par excellence. C’est la Pâque juive, une foule immense s’est rendue ici en pèlerinage. À Jérusalem, son premier cri est cri de joie. « Hosanna, bienvenue à toi, Jésus de Nazareth ! » Acclamations pour le messie, ovations pour celui qui accomplit des miracles, hourras de ceux qui se laissent entraîner dans le mouvement… Les acclamations de la foule dérangent les pharisiens. Plus pour longtemps, elle va bientôt se taire. Se taire et renier. « Non, je ne le connais pas. » Se taire et condamner : « À mort, à mort ! » Se taire et disparaître.
L’Évangile de ce jour se termine par un cri, plus mystérieux celui-là, un cri et des pierres. Comment comprendre cette réponse de Jésus aux pharisiens : « Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront. »  ?* Ces pierres qui crient, qui sont-elles ? Celles qui lapident aussi violentes que des mots ? Serait-ce La Pierre ? La pierre angulaire qui est Jésus. Alors que le peuple de Jérusalem a arrêté de louer Dieu, Jésus, la pierre angulaire, crie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Aujourd’hui, j’observe ces deux cris, de joie et de mise à mort qui oscillent comme un mouvement de balancier, entre vie et néant. Je choisis la vie. Je choisis de ne pas me taire, j’ose une parole de réconciliation, d’encouragement, de vérité ; une parole qui construit, qui bâtit une relation juste, une maison sûre.

* Évangile selon saint Luc ch.19, v. 40.

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Hier soir, nous étions en voiture pour rentrer de la gare. Un magnifique soleil orangé se couchait à l'horizon, comme une bulle posée sur la terre. J'étais émerveillée par cet instant si beau. Que la nature est belle ! Il suffit souvent de prendre le temps pour s'en émerveiller. Pendant le carême, je suis encore plus attentive à la beauté de la création. Merci mon Dieu de nous offrir cette terre si riche qui nous nourrit et nous permet de vivre tous ensemble. Je pense beaucoup à l'Ukraine, et prie pour la paix, pour que le soleil revienne dans leur vie et dans leur cœur. (Thide)

♦ Samedi 9 avril

« Ne nous laisse pas entrer en tentation ». Cette sixième vidéo de la série ThéoDom sur le Notre Père nous invite à relire notre relation au Père.  
Le frère Philippe Lefebvre nous livre une nouvelle perspective sur cette tentation que nous voudrions si souvent écarter de nos vies. 
Nous entendrons bientôt dans la liturgie Jésus recommander à ses disciples : « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation »*. Nous aussi, il nous arrive d’être confrontés à la tentation de nous sentir abandonnés du Père, dans une situation incompréhensible. Alors, il nous est possible de joindre nos voix à celle du psalmiste pour demander l’assurance que le Père est bien là, pour nous guider et nous donner la vie. 
Père, que jamais nous ne désespérions de toi.

* Évangile selon st Matthieu ch. 26, v. 41

Bonne Semaine Sainte !
Sœur Anne-Claire Dangeard, op

Notre Père 6/7

« Ne nous laisse pas entrer en tentation »
Ne nous laisse jamais retourner dans ce "lieu Tentation"
où l'on pourrait dire : "Est-ce que vraiment le Seigneur est là ?"
Donne-nous cette assurance fondamentale
que tu es bien notre Père, un Père qui nous guide et nous donne la Vie.

La tentation : un cheminement avec Dieu pour plus de vie

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Suite au message sur la création, je rends grâce à Dieu de m'accorder encore une bonne santé pour mettre en valeur le petit coin de terre qui m'est allouée, de participer à la création en cultivant les fleurs et avec l'entretien régulier du jardin, heureuse de partager avec d'autres personnes cette beauté de la création. En ce carême j'ai une pensée et une prière quotidienne pour les personnes malades, exilées, ou privées de leur terre, qui ne peuvent avoir cette joie. (Anette)

♦ Vendredi 8 avril

« La miséricorde se moque du jugement. »
Lettre de saint Jacques (2, 13)

Méditation

Dans ces histoires, le Père ne se montre guère. Cependant, vous l’aurez peut-être remarqué : tout se déroule au Temple, en sa présence. Le Père est discret, mais il n’est pas loin.
Dans l’œuvre de justice miséricordieuse envers cette femme, le Père n’est pas absent. L’attitude de Jésus dirige nos cœurs vers son Père…
Dans les temps anciens, ce Père avait parlé par les prophètes : « Mon jugement n’est pas de ce monde, il n’est pas condamnation mais libération ! Mon jugement est un premier pas vers un redressement, un relèvement ! Il n’est pas sentence à mort mais geste de miséricorde pour faire la vérité, redonner vie et espérance ! »
Mais ce qui est arrivé à cette femme arrive encore. Être abusé, injustement traité, pris dans des institutions injustes ou manipulé par des gens iniques : on voit cela aux infos, sur les réseaux sociaux, dans la vie… de manière régulière, partout dans le monde. C’est d’autant plus troublant que des abuseurs, des injustes se retrouvent au cœur de l’Église qui fait retentir l’histoire de cette femme libérée par Jésus…

Et Jésus qui n’est plus là pour relever, pour redonner espérance aux victimes ou pour inciter les bourreaux à un examen de conscience… Que puis-je faire ? Je me prends à rêver que le Père sorte de sa réserve et qu’il juge. Plusieurs, je l’espère, se prennent à espérer qu’il dise à son Fils : « Il est temps que tu retournes pour un jugement final ! » Entre-temps, comment être une présence évangélique auprès des victimes et des agresseurs ? Comment continuer à améliorer les institutions de justice et les rendre accessibles à tous ?

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Mon geste de Carême a été d'entreprendre une démarche de réconciliation avec quelqu'un qui m'avait blessée. Mettre des mots sur ce qui a été vécu, essayer de comprendre le point de vue de l'autre, ouvrir des chemins de paix. La démarche a été bien accueillie ! Reste la rencontre elle même à vivre. Mais déjà d'avoir posé cette demande a ouvert un chemin. (Brigitte)

♦ Jeudi 7 avril

« Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie,
il s’oppose à nos entreprises,
il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu. »
Livre de la Sagesse,, (2, 12)

Méditation

« Je le sais, on me prend pour un illuminé ou pour un agitateur irrespectueux de la Loi… d’autres se demandent si je ne serais pas le Messie… Moi, je leur parle du Père qui m’a envoyé et du jugement : « Vous, vous jugez de façon humaine. Moi, je ne juge personne. S’il m’arrive de juger, mon jugement est vrai parce que je ne suis pas seul : j’ai avec moi le Père, qui m’a envoyé… »*
Quel est ce groupe furieux qui s’approche ?
Qu’a-t-elle pu faire cette fille d’Abraham pour qu’ils la jettent à mes pieds ? Ils viennent me piéger. Ils veulent que je soutienne leur interprétation de la Loi… Jamais… De l’histoire de cette femme, de sa douleur, de son avenir, ils n’ont cure.»
Il se baisse, dessine des croix. Silence. Inspiré, il se redresse : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »** Il retourne à ses croix. « Ma parole aura-t-elle de l’impact ? Comprendront-ils ? Ils partent : ils ne sont donc pas complètement empêtrés dans leurs sanctions légales… Que dire à cette femme ? « Va, et désormais ne pèche plus. »***
Pourquoi commettent-ils ces injustices dans le Temple, devant mon Père et leur Père ?... Ils reviennent… mon procès débute…»
Voilà comment Jésus travaille à l’œuvre du Père. Prenez garde : agir ainsi trouble, agace, irrite. On a cherché à le lapider et à l’arrêter. On finit par le juger et le crucifier. Mais, à la résurrection, le Père dira à son Fils :  Je ne te laisse pas enfermé dans la mort. Relève-toi. Va vivifier le monde.

* Évangile selon st Jean ch. 8, v. 16
**Évangile selon st Jean ch. 8, v. 7b
*** Évangile selon st Jean ch. 8, v.11

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Cette année j'ai choisi le partage. Lorsque je ne fais aucune course dans la journée pour mes repas parce que j'ai le nécessaire dans le frigo ou que je suis invitée, je considère que je n'ai rien dépensé, alors je mets la somme estimée dans un pot. C'est le résultat de ces économies qui je donnerai au Secours Catholique qui saura très bien les utiliser. Cela est mon chemin pour Pâques que je continuerai avec l'aide de Dieu. (Josiane)

♦ Mercredi 6 avril

« Choisis donc la vie. »
Livre du Deutéronome, (30, 19)

Méditation

« Je venais d’avoir 18 ans, j’avais hérité de grands biens. J’avais grandi dans le respect de la Loi et dans la pratique des commandements. Je commençais à me poser des questions depuis que j’avais entendu parler d’un certain Jésus. Puis… je l’ai croisée. Elle m’a regardé. Nous en avons oublié qu’elle était mariée. La suite ressemble au Cantique des Cantiques, à Amours incestueuses de Barbara : “Mon amour, mon beau, mon roi, Mon enfant que j’aime, Mon amour, mon beau, ma loi, Mon autre moi-même, Tu es le soleil couchant Tombé sur la terre, Tu es mon dernier printemps. Mon dieu, comme je t’aime.”
Tout était beau. Mais un groupe d’hommes nous a surpris l’autre jour… Comme ils m’apprécient, ils m’ont dit : “Va et ne pèche plus !”… Je me suis débattu. Ils m’ont retenu et ils l’ont amenée, traînée… Je me suis dégagé et dirigé au lieu de la lapidation ! Ils n’y étaient pas… Où sont-ils ? On me parle d’un attroupement au Temple. J’y cours… Au début, je ne vois que la foule. Je n’entends rien de ce qui se dit. Un à un, les ravisseurs partent. Je vois Jésus. Elle est là aussi à le regarder. Puis, elle, je la vois repartir, allégée, revivifiée…
J’allais partir. Jésus me voit. Il me regarde et vient vers moi. Il me dit : “Je ne te condamne pas. Va et ne pèche plus.” Je suis troublé. Sa parole résonne avec mes questions et aspirations. Interloqué, je ne sais que faire : le suivre Dieu sait où ? Me réconforter avec mes biens ? Partir retrouver ma bien-aimée ? »  
Et vous, que feriez-vous ?

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Un carême un peu particulier m’est offert cette année. A la suite d’un burn-out me voilà contraint de me mettre en retrait dans une maison de repos. Remises en question, acceptation de ma propre fragilité, accepter de ne plus pouvoir servir, peurs, angoisses, tout y passe ! Alors, dans la frugalité de ma chambre, pourquoi ne pas rejoindre le Christ au désert ?…  N’emporter que le strict minimum, loin de tout le confort matériel de la maison et consacrer mes journées, entre les soins, à prendre le temps de la prière, guidée ou personnelle, de la méditation, de la relecture…Alors je me confie à Dieu, à sa bienheureuse Mère. (Benoît)

♦ Mardi 5 avril

« Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux. »
Évangile selon saint Matthieu, (5, 20)

Méditation

Je suis un scribe pieux, observateur de la Loi. Avec d’autres scribes, nous venons de surprendre un couple en flagrant délit d’adultère. Pour nous, c’est évident : nous ne pouvons tolérer cela. Que dit la Loi ? La lapider.
Et ils l’arrachent pour l’entraîner vers la mort.
En chemin, nous avons une idée géniale : « Faisons un détour par le Temple et piégeons ce jeune Rabbi qui se prend pour le Fils de Dieu ! Nous pourrons le lapider lui aussi… Puis, nous reviendrons rendre grâce à Dieu après avoir si bien collaboré à son œuvre de justice… »
Dans le Temple, nos cris écartent la foule, alertent Jésus au pied de qui nous jetons la femme… « Maître, nous l’avons surprise en flagrant délit d’adultère et la Loi est claire… qu’en dis-tu ? » Il ne semble pas s’intéresser à nous… Il dessine sur le sol… Devant notre insistance, il se redresse. Il nous dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Je suis déstabilisé. Nous nous attendions à tout, mais pas à cela. Il semble d’accord avec la lapidation et la Loi. Il a seulement déplacé la question. C’est comme s’il nous disait : « Seul peut imputer un péché, condamner et exécuter la sentence, celui qui n’a pas de péché ! Oserez-vous vous prendre pour Dieu ? »
Silence…
Moi, ça m’a sidéré et j’ai commencé à reculer. À la fin, nous nous sommes tous retrouvés à l’autre bout du Temple. Nous n’avons plus parlé de la femme. Nous sommes retombés sur nos pattes. Il allait le payer cher, ce Jésus, car sa nouvelle justice est intolérable… et en plus il prétend qu’elle vient de Dieu son Père !

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Me revêtir du Christ ! J’aime cette expression entendue de le bouche du prêtre qui animait une retraite à laquelle je participais avec mon épouse. Depuis, chaque matin de ce carême, dès le réveil, assis sur le rebord de mon lit, je me revêts du Christ en me signant de la croix tout simplement. Un geste que je n’avais pas l’habitude de faire et qui m’habille des plus beaux vêtements. Ceux de la foi, de l’espérance et de la charité. Des vêtements que Dieu a déjà mis à ma taille. Des vêtements qui me préparent à la rencontre du monde, des hommes et de Dieu. (Fabien)

♦ Lundi 4 avril

« D’un grand espoir j’espérais le Seigneur :
il s’est penché vers moi pour entendre mon cri »
Livre des Psaumes (39, 2)

Méditation

« J’ai cru mourir lorsqu’ils m’ont arraché au corps de mon bien-aimé. Je me suis débattue… j’ai crié. Traînée, traitée de “traînée”, je me suis tue. J’ai perdu connaissance quelques fois. Je sentais encore le souffle de mon bien-aimé sur moi mais hachuré par les blessures, égratignures et coups que je recevais. Ils m’ont lâchée au pied du jeune rabbi de Nazareth. J’y suis restée, brisée, incapable de parler ou de regarder. Cela me sembla avoir duré longtemps. Rien ne se passait. Le rabbi a parlé. J’ai à peine entendu ce qu’il a dit… Lorsque j’ai relevé les yeux vers lui, car il m’avait appelée, nous étions seuls. Il m’a traitée avec bienveillance, m’a redonné la parole… m’a dit qu’il ne me condamnait pas. Puis il m’a dit “Va”… Que vais-je devenir ? Libérée d’une mort presque certaine, qui puis-je devenir ? Mon mari me répudiera. Mon amant m’a abandonnée. Ma famille est déshonorée… Je suis une pécheresse pardonnée. Il croit, lui, que je pourrai ne plus pécher. Il me le souhaite, il m’en prie. Comment imaginer une suite à ma vie ? Que puis-je espérer ? »
« Au son de sa voix, je me suis sentie capable de me relever. Je me suis levée et j’ai marché. C’était comme si sa voix me soulevait. Je me suis écroulée quelques pas plus loin, recroquevillée au pied d’un mur du Temple. Il ne me voyait plus. Et, en tourbillon, les images revenaient. Les émotions aussi… J’ai pleuré. Longuement. Lentement je me suis redressée, les larmes coulaient encore… mais il m’avait dit “Va”… il m’a invitée à agir. Je me remets en marche. »

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Les journées filent vite. Depuis le début du carême, je n'ai pas le sentiment de " faire grand chose". Je lis chaque jour le texte de méditation, les commentaires très beaux et j'écoute et participe aux vêpres. Les voix des religieuses me comblent de joie. Évidemment, je me préoccupe des miens (famille plus ou moins en souffrance) de mes amis, de mes proches, voisins, paroissiens, S D F… Merci Seigneur de me tenir par la main. (Anne-Marie)

♦ Dimanche 3 avril

« Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là.
Et toi, que dis-tu ? » Évangile selon saint Jean (8, 4-5)

Méditation

Difficile de résister à la tentation de juger. Je juge avec plaisir. Vous vous faites plaisir en jugeant. Vous me jugez. Ne vous inquiétez pas, je vous jugerai bien en retour. Et, dans notre entourage, on nous jugera avec autant de plaisir. Chacune, chacun se fait juge d’autrui pour éviter d’être victime d’un jugement, pour éviter d’être victime tout court, pour se sentir mieux, supérieur… Pour se donner le droit, comme victime, de juger chacune, chacun et de tout !
Il est d’autant plus facile de se proclamer juge qu’une loi a été enfreinte, contournée, détournée de son but… que des valeurs ont été bafouées ! Encore plus facile de s’instaurer juge lorsque nous sommes témoins de cette effraction. Tout est alors tellement clair : il y a faute ; il faut juger la personne coupable. Intolérable de laisser impuni le manquement à la loi, à la règle du groupe, à la norme fantasmée.
Est-il possible de résister à ce plaisir ? Ne pas s’ériger en justicier, est-ce envisageable ? Plaisant ? C’est difficile, certes. Impossible ? Non ! Désirable ?
Jésus juge, pour sa part, désirable, opportun, préférable… de ne pas se constituer juge dans la scène de ce dimanche.* Il ne fait pourtant pas disparaître le jugement. Tablant sur le désir d’être juge, il invite chaque personne prête à juger cette femme selon la Loi à se juger elle-même à l’aune de cette même Loi… Cela suspend le jugement.
Ne vous en faites pas, le jugement reviendra, avec la force de ce qui aura été réprimé… et il s’abattra sur Jésus et le condamnera à mort. Le Père en jugera autrement. Il ouvrira avec Jésus ressuscité le chemin d’une justice nouvelle…
Entre-temps, une femme a été libérée de ceux qui s’étaient érigés en juges d’une de ses actions ! Une possibilité de vie nouvelle s’ouvre, fragile comme des lignes tracées dans le sable. Mais elle permet de croire qu’après-demain on pourra prendre plaisir à autre chose qu’à surprendre quelqu’un pour le juger.

Cette semaine, je nous invite à nous laisser travailler par cette histoire. Nous y naviguerons d’un personnage à l’autre. À la grâce de Dieu…

* Évangile selon st Jean ch.8 v.1-11

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Ma fille adulte m'a demandée quelle était ma résolution pour ce Carême. La seule chose qui m'est venue spontanément est : "ne pas râler intérieurement contre son père". Elle a bien ri mais mon premier prochain c'est mon conjoint et depuis j'essaie non sans mal de m'y tenir. Cela n'est pas facile tous les jours mais Dieu m'aide à ne pas retomber dans mes vieux grognements intérieurs et j'espère que cela aide mon époux à mieux vivre. Cela a l'air si simple et pourtant si difficile. (Marie)

♦ Samedi 2 avril

Chaque samedi, Carême dans la ville vous propose une vidéo sur les racines du Notre Père, réalisée par les dominicains de ThéoDom.

« Pardonne-nous nos offenses. » Pas à pas, avec le frère Philippe Lefebvre nous découvrons toute la richesse du Notre Père. Dans cette 5ème vidéo, il nous donne un éclairage nouveau sur cette demande du Notre Père. Il ouvre toute grande la porte qui nous permet d’expérimenter notre vie d’enfants de Dieu.

En grec, pardonner c’est laisser aller. Remettre les dettes, c’est aussi découvrir la joie de recevoir le Christ et la vie qu’il donne.
Qu’est-ce que cela signifie dans notre vie et notre relation au Père ? Dans le Nouveau Testament, trois personnages viennent au secours de notre discernement : la femme pécheresse de l’onction chez Simon, le débiteur de la parabole* et Zachée qui accueille Jésus à sa table **… 
À leur lumière, quel registre choisissons-nous : celui de la dette ou celui de l’amour ?

*Évangile selon st Luc  ch.7, v. 6-50
** 
Évangile selon st Luc ch.19, v.1-10

Bonne cinquième semaine de carême !
Sœur Anne-Claire Dangeard, op

Notre Père 5/7

« Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. »
Que nous soyons libre de tout ce qui nous entrave
pour accueillir sa vie et la donner.
Laissez aller, c'est la porte ouverte pour notre liberté d'enfant de Dieu.

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Carême. Ce temps béni qui nous est proposé par l'Église, pour nous ressaisir, nous concentrer sur l'essentiel, est une occasion unique de revivifier ma vie avec Dieu et avec mes frères. Lire chaque jour les textes de l'Écriture, accepter "sans râler" les imprévus qui bousculent mon emploi du temps, partager ma joie de vivre avec mes proches et m'enraciner dans la frugalité tels sont les points de mon attention. Prier pour et agir avec les migrants qui sont à ma porte, dans notre milieu rural. (Marimad)

♦ Vendredi 1er avril

« Amen, je vous le déclare : les publicains et les prostituées
vous précèdent dans le royaume de Dieu. »
Évangile selon saint Matthieu (21, 31)

Méditation

Ce n’est pas parce qu’elles sont prostituées que ces personnes nous précèdent au royaume des cieux.

Ce privilège d’être les premières laisserait à penser que le Christ aurait reconnu la prostitution comme une fatalité, une normalité, comme quelque chose d’indispensable aux services des hommes, comme beaucoup le pensent encore aujourd’hui. Il ne faut pas aller bien loin pour se rendre compte de cet état d’esprit, il suffit de se rappeler que les sénateurs ont voté contre la loi du 13 avril 2016, loi qui pénalise le client de la prostitution. Rappelons ici que c’est bien cet homme qui par sa pratique abîme les femmes et enrichit les proxénètes et leurs semblables et fait exister cet esclavage. Ce n’est qu’un exemple, mais il est un aperçu d’une réalité écrasante sur laquelle il nous faut agir.
Alors qu’a voulu dire le Christ en s’adressant à la foule ? Connaissant ce qu’il y a au fond du cœur de chaque être humain créé à sa ressemblance, il perçoit la détresse, la honte, et le désespoir qu’il y a chez ces personnes emmurées dans cette violence sans nom qu’est la prostitution. Mais il perçoit aussi leur cri assourdissant pour être libérées, pour aimer et être aimées.
C’est toujours une bénédiction d’entendre ce cri dans la rencontre de ces personnes. Sans le cœur et les oreilles du ressuscité, ce cri est inaudible.

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Suite à un traumatisme il y a 1 an et demi j'ai des cervicalgies chroniques qui m'épuisent quotidiennement physiquement et moralement sans remède pour me soulager. Seigneur, permets-moi de garder espoir de pouvoir aller mieux, mes enfants en bas âges et mon mari ont besoin de moi ! Je souhaite prendre le temps de te rendre visite chaque jour durant ce carême. Je prie pour réussir à accepter mes douleurs, pour aider mon mari à me supporter dans ces moments difficiles et je prie pour toutes les personnes qui souffrent de douleurs chroniques. (Capucine)

♦ Jeudi 31 mars

Une vie comme les autres

 

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
et moi, je vous procurerai le repos. »
Évangile selon saint Matthieu (11, 28)

Pas de vidéo sur ces nouveaux témoignages pour préserver les personnes

NB :  Les prénoms ont été changés et les méditations ont été enregistrées
par des comédiens, Alicia et Guillaume Bonte-Flipo

Méditation

Je suis Équatorienne. Dans ma famille, la vie n’a jamais été facile : problèmes financiers, alcoolisme, maladie de ma sœur et de mes parents. Là-bas, il n’y a pas de sécurité sociale. J’ai voulu me battre pour eux. J’étais socio-esthéticienne, mais je ne m’en sortais pas. En Équateur, on gagne trois fois moins d’argent qu’en France et le coût de la vie est presque pareil. Une copine m’a proposé de gagner plus d’argent. Je l’ai suivie et je suis entrée dans la prostitution. C’était un cauchemar avec les agressions, les viols, les longues journées, les nuits.

J’ai voulu changer de vie. Je suis arrivée en France il y a 20 ans. J’ai trouvé un travail. Mais à cause d’un souci médical, j’ai été licenciée. Les aides traînaient… J’avais peur de me retrouver à la rue. Je me suis de nouveau prostituée, mais une bonne personne m’a aidée à m’en sortir. Elle m’a trouvé un logement et un travail dans une autre ville, un ange gardien.
Je crois toujours, quoi qu’il m’arrive. C’est comme ça. Ma vie n’a pas été comme j’ai rêvé. Pourquoi des crimes, des maladies ? Pourquoi ma petite nièce a été enlevée il y a 5 ans ? Pourquoi Dieu laisse passer tout ça ? Parfois, je perds la dynamique, mais je reste toujours croyante.
Quand je prie, je ne mérite pas d’être écoutée, mais la personne pour qui je prie, si. Et il y a des prières entendues. Ma sœur va mieux après sa chimio. J’ai toujours pu aider ma famille. Les appels téléphoniques me donnent la force de continuer mon chemin. Je garde le souvenir de la prière avec ma mère. 
Depuis le décès de mes parents, je me sens parfois vide, mais quand je prie je retrouve l’espoir. Ma force c’est de croire en Dieu.

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Pendant ce carême 2022, j’ai pris la résolution de copier l’Évangile du lendemain, et cela en prenant ma plus belle écriture. J’écris à droite du cahier, gardant la gauche pour un commentaire ou un engagement. Cela m’aide beaucoup. Je me couche en méditant et souvent ma première pensée c’est l’Évangile du jour. C’est une lectio divina qui me nourrit. (Vy)

♦ Mercredi 30 mars

« Tel un aigle qui éveille sa nichée et plane au-dessus de ses petits,
le Très-Haut déploie son envergure, il les prend, il les porte sur ses ailes. »
Livre du Deutéronome (32, 11)

Pas de vidéo sur ces nouveaux témoignages pour préserver les personnes

NB :  Les prénoms ont été changés et les méditations ont été enregistrées
par des comédiens, Alicia et Guillaume Bonte-Flipo

Méditation

Silence, absence. Deux mots qui résonnent en moi quand je pense à mon père. S’est-il approché de moi ? Oui, parfois. Je garde le souvenir d’une carte postale envoyée d’Algérie, d’une poupée-fatma que j’ai gardée très longtemps, de vacances à Chamonix, de son soutien lors de l’achat de ma première voiture. Mais de lui, je ne sais rien ou presque. Que pensait-il ? Que croyait-il ? Qu’a-t-il vécu ? Je n’ai collecté que quelques bribes.Né en Belgique dans une famille ouvrière, il a eu la chance, grâce à un prêtre, ami de faire des études de comptabilité. Puis, marié, il a créé sa propre entreprise, mais la roue a mal tourné, ce fut la faillite. Alors il s’engage dans l’armée. Indochine, Algérie, loin de sa femme et de ses quatre enfants. Tous les soirs nous avons prié pour lui.
Et moi, me suis-je approchée de lui ? Parfois, oui, à son retour chez nous pour quémander un petit service. Mais surtout durant ses vieux jours : visites au centre de gériatrie, à l’hôpital. C’est moi qui, au milieu de la nuit, ai reçu le coup de fil : « Votre père est décédé. » J’aurais aimé être près de lui pour ses derniers instants.

Lorsque j’ai découvert, il y a plusieurs années, sur mon acte de naissance qu’une personne inconnue m’avait déclarée à la mairie, je suis restée pantoise…
Aujourd’hui, quand je vois briller les yeux de mes petits-enfants en prononçant le mot « papa », je me réjouis. Un père à l’image du Père, qui passe du temps avec son enfant, partage avec lui son savoir, ses passions, lui manifeste son affection, ce père, on se jette dans ses bras.

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Chaque vendredi de Carême, je me lève à 4h pour aller à Longeborgne, un ermitage, pour participer à la 1ère messe du jour à 05h45. J'invite des amis qui veulent m'accompagner occasionnellement. Je prie davantage et me laisse surprendre par les appels du Seigneur à être attentive aux appels au secours de mon entourage. C'est un temps de grâces particulières. (Madeleine)

♦ Mardi 29 mars

« Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »
Évangile selon saint  Jean (10, 10)

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NB :  Les prénoms ont été changés et les méditations ont été enregistrées
par des comédiens, Alicia et Guillaume Bonte-Flipo

Méditation

Père, Abba… Dans ma jeunesse, c’était plutôt abattre. J’ai l’impression de ne pas avoir connu mon père. Pourtant, il a tout fait pour moi, mes études, ma voiture. Mais il m’a manqué l’essentiel, l’amour. Le manque d’amour de mes parents m’a conduit à la rue, de la rue à l’alcool, de l’alcool au trottoir, du trottoir à la maladie du sida, de la maladie au divorce. 
Lorsque je me suis retrouvé à la rue, j’ai eu la chance de rencontrer quelqu’un qui m’a tendu la main. Il m’a dit « lève-toi et marche » et je m’en suis sorti. Pour l’alcool, ce fut la même chose. C’est grâce au frère Michel que je suis debout, car rien n’est impossible à Dieu. J’étais malade, tous me condamnaient. Une sœur m’a offert cette phrase : « Il est le chemin, la vérité, la vie alors va et vis. » Quant à mon divorce, grâce à une amie avec qui je faisais une neuvaine, Marie m’a délivré. Il fallait continuer de vivre, car magnifique est le Seigneur.
Dieu a toujours mis des hommes et des femmes sur mon chemin. Il ne m’a jamais laissé seul. Il est toujours là, fidèle, pour moi. Chaque soir, je lui dis merci pour ce qu’il me donne et je l’entends me dire : « Je t’aime » et quand je ne l’ai pas entendu, c’est que je ne l’écoutais pas avec mon cœur. Deux phrases me font vivre : « Je suis venu pour que tu aies la vie et la vie en abondance », et « Rien n’est impossible à Dieu ». L’amour est plus fort que tout. Cet amour grandit et te fait grandir. Guide-moi, Seigneur, fais de moi un témoin de ton amour. Oui chaque jour je veux crier « Abba, papa, je t’aime ». Magnifique est le Seigneur ! 

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Cette année j'ai orienté le Carême vers l'action de grâce afin d'être attentive à tout ce que le Seigneur me donne. Non pour le garder égoïstement mais pour le redonner aux autres par une attention, un mot, un sourire, un encouragement. Ce n'est pas gagné chaque jour, mais je demande au Seigneur de m'aider à être son serviteur. C'est Lui l'auteur de mes bonnes actions. (Sim)

♦ Lundi 28 mars

 

« Je ne t’oublierai pas. Car je t’ai gravé sur les paumes de mes mains. »
Prophète Isaïe (49, 15-16)

Méditation

J’ai eu plusieurs pères : celui qui m’a conçue, tendrement aimée jusqu’à sa mort accidentelle lorsque j’avais sept ans ; un père adoptif, qui m’a aimée autant que ses trois filles ; l’oncle qui a élevé ma petite sœur et notre petit frère. Sans parler du mari de ma marraine, que d’hommes bienveillants et solides j’ai rencontrés. Dans le malheur, notre fratrie brutalement touchée a bénéficié de modèles de pères différents, généreux. Dès lors, je peux comprendre ce que signifie : « Montre-nous le père. »
J’ai beau savoir qu’un Père n’a d’autre volonté que de m’inviter à accomplir mon être, je l’évite, je me dérobe, happée par l’immédiat, l’urgence d’agir, l’illusion d’être indispensable, de devoir accepter tout ce qui est proposé, demandé, requis.
Suis-je emportée par la vie qu’on dit courante ? À force de faire face à l’immédiat, je ne prends plus suffisamment le temps de laisser éclore dans le silence la parole de Dieu : non de vains mots ni des mots de vanité, mais une parole qui surgit de la source, irrigue ma vie, m’entraîne hors de mes prisons intérieures. « Va au large, ma fille », me répétait ma mère spirituelle, désireuse de m’affranchir des scrupules, du perfectionnisme qui fige au lieu d’animer, de stimuler.
Il me semble que souvent, je veux et je ne veux pas ; je vois où est le droit chemin, mais je vagabonde, je traînaille, je reporte à demain la décision de mettre mon existence en accord avec mon désir essentiel, ce que je discerne comme étant ma voie propre, mon talent.
Montre-moi, Père, comment dire oui à l’essentiel, m’y consacrer, au lieu d’acquiescer sans tenir parole. 

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Me souvenir chaque soir devant le Père de tous les visages rencontrés dans la journée, lui en parler, le prier pour les souffrances confiées ou le louer pour l'amour et la joie dont ils rayonnent. (Marie-José)

♦ Dimanche 27 mars

« Moi non plus, je ne te condamne pas.. »
Évangile selon saint Jean (8, 11)

Méditation

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NB :  Les prénoms ont été changés et les méditations ont été enregistrées
par des comédiens, Alicia et Guillaume Bonte-Flipo

Moi, Sandra, 44 ans, abandonnée par mes parents, recueillie par mes grands-parents maternels, violée à l’âge de huit ans par deux oncles, je ne peux ni pardonner ni oublier. Dieu est là pour cela. J’ai toujours cru en Dieu, je l’appelais quand mon oncle m’oppressait de tout son poids.
À la suite d’un AVC, ma grand-mère fut paralysée pendant dix ans. Son témoignage me fait vivre encore aujourd’hui. J’avais inventé un code pour communiquer avec elle : un clignement des yeux c’est oui, deux c’est non. Amputée d’une jambe à cause de la gangrène, elle vécut onze ans comme cela. Je l’ai veillée et soignée. Sa mort fut un choc. J’avais seize ans.

Prostituée, actrice pornographique pendant dix ans, oui, j’ai vécu l’enfer ici-bas. C’est dur, la rue, la cocaïne, l’alcool. SDF signifie ne pouvoir ni se laver, ni laver son linge, ni aller aux toilettes, être dehors par tous les temps, ne pas être en sécurité. Proie facile pour les proxénètes. Le premier m’obligeait à consommer comme lui de la cocaïne, le second, en Thaïlande, m’obligeait à me prostituer alors que j’étais enceinte de six mois. J’ai avorté à Maastricht, aujourd’hui je ne peux plus avoir d’enfant. Mais Dieu merci, j’ai une fille de 20 ans. Puis, coup d’arrêt, trois mois d’hospitalisation, dont un dans le coma, pneumocoque droit. Comme dit ma psy, je suis passée par une petite porte.

« Je vous le déclare, les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. » Cet espoir me fait vivre, je dirais même vibrer. J’en ai commis des péchés. Mon repentir est sincère. Je dois ma sortie de prostitution à la brigade du proxénétisme de Lille qui m’a mise en contact avec le mouvement du Nid. Monsieur Bernard Lemettre m’a aidée et m’aide encore aujourd’hui.
Je suis allée trois fois en pèlerinage à Lourdes. Bien que musulmane, j’ai rencontré un prêtre. Il m’a rassurée, écoutée, pas jugée. C’était comme une confession, cela m’a fait un bien fou. J’ai toujours cru en Dieu, chaque jour je prie. Sa protection m’a sauvée, pas seulement de l’enfer ici-bas, mais m’a donné la foi, la confiance. J’aime la parole de Dieu, la Vierge Marie et Jésus-Christ. Aujourd’hui, je suis guérie de tous mes maux et je témoigne.

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Alors nous on a fait fort. Mon mari avait des contacts facebook avec une Ukrainienne via Google traduction quand la guerre a éclaté. Il lui a proposé de venir dans un très court message. Mais la guerre s’aggravant, après avoir abandonné sa voiture faute d’essence elle a traversé la frontière roumaine à pied avec sa mère son fils de 16 ans et le chien. C’est au travail le lundi que mon mari m’a appelée pour me demander mon accord.  J’ai répondu « oui » c’est tout et ils sont arrivés via Vienne et Zürich mardi soir. Ce sera un carême spécial. (Anne-Catherine)

♦ Samedi 26 mars

 

Chaque samedi, Carême dans la ville vous propose une vidéo sur les racines du Notre Père, réalisée par les dominicains de ThéoDom.

« Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. » Cette quatrième vidéo s’attache à découvrir le sens de ce pain quotidien que nous demandons dans la prière du Notre Père… Le frère Philippe Lefevre poursuit son parcours à travers les Écritures du désert à la multiplication des pains.

Il nous invite à creuser le sens de cette réalité du pain qui apparaît comme un fil rouge dans la Bible… et pas seulement dans les scènes de repas. Il nous livre une clé de compréhension de cette première demande du Notre Père : à travers ce pain quotidien, serait-ce la présence du Christ en nous que nous cherchons, comme un aliment qui nous donne vie et une vie éternelle ?

Bon visionnage et bonne 4ème semaine de Carême,
Sr Anne-Claire Dangeard, op

Notre Père 4/7

« Donne-nous aujourd'hui  notre pain de ce jour »
Quand il donne du pain, c'est lui-même qu'il donne.
Le pain est un don pour toute notre vie,
quand nous demandons le pain, c'est le Christ que nous demandons.

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Depuis le commencement du carême, le soir avant de m'endormir je chante les vêpres avec les sœurs, cela m'apaise, me fortifie, me rassure (surtout en ces temps troublés) et me fait prendre conscience que notre Père céleste, Jésus et l'esprit Saint sont présents, en communion avec les frères et sœurs. Un beau cadeau. (Dominique)

♦ Vendredi 25 mars

« Lorsqu’est venue la plénitude des temps,
Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme… » Lettre de saint Paul aux Galates (4, 4a)

Méditation

L’humanité pleure son péché. La création gémit d’être soumise à la violence et à la mort*. Et pourtant, elle continue d’attendre la libération de ses maux. Elle continue d’espérer. La Trinité tient conseil : le Père ne se résigne pas à abandonner sa création. Il demande : « Qui enverrai-je ? » « Envoie-moi ! », répond le Fils qui veut faire la volonté de son Père. Et l’Esprit saint acquiesce. Vient le moment où la création mûrit son plus beau fruit : une jeune fille de la nation juive, de Nazareth en Galilée. Elle a pour nom Marie et Dieu l’a comblée de grâce. « Dépêchons-lui notre meilleur agent », décide le conseil divin. « Qu’il lui propose de porter au monde son Sauveur. » Et l’archange Gabriel se met en route.
L’ange franchit la distance qui sépare le trône divin de la maison de Marie. Il entre doucement dans la pièce. Son rayonnement, soudain, inonde l’espace de couleurs.  ‒ Écoutons l’ange s’adresser à Marie.
« Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils ; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut ; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père ; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
Silence.
Va-t-elle accepter ? La Trinité retient son souffle. La création retient son souffle. Et nous aussi.
« Fiat. Qu’il m’advienne selon ta parole. »
− « Béni sois-tu, ô Père, toi qui as maintenu ton projet d’amour. Et bénie sois-tu, Vierge Marie, toi qui as dit oui. »

* Lettre de st Paul aux Romains, ch. 1, v.8

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Hier ma petite fille qui a 23 ans était chez nous. Je faisais mon chapelet comme chaque jour en direct avec la grotte de Lourdes et je fus bien surprise et heureuse de l'entendre réciter le chapelet à mes côtés. Grande joie pour moi car depuis sa profession de foi jamais elle ne parle de l'Eglise et n'y met les pieds. Merci à Marie pour cette grâce. (Nicole)

♦ Jeudi 24 mars

« Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront
et vous serez comme des dieux possédant la connaissance
de ce qui est bon ou mauvais. » Livre de la Genèse (3, 5)

Méditation

Je me suis inspiré de la faute originelle dans le récit biblique pour composer ce dialogue.
[Le serpent] : « Contrairement à ce que le Père vous a dit, vous ne mourrez pas si vous mangez du fruit interdit. En réalité, vous deviendrez des dieux et cela, le Père ne le supporte pas. »
[Adam et Ève] : « Mais alors, Père nous a menti, tout ça parce qu’il veut garder sa divinité pour lui ? »
[Le serpent] : « À vous de voir. Moi, je n’ai rien dit. »
Adam et Ève ont laissé le serpent traiter Dieu de menteur et de jaloux, alors que le vrai menteur et le vrai jaloux, c’est le serpent. Préférant sa parole à celle de Dieu, ils ont cru pouvoir manger le fruit interdit sans mourir. Ils avaient tort. Non seulement ils ne sont pas devenus comme des dieux, mais ils ont introduit une brèche par laquelle la mort et le mal se sont propagés à toute la création.
Désormais, Adam et Ève ne supportent plus la présence de Dieu, ils se cachent à son arrivée dans le jardin d’Eden. L’engrenage est en route. Par jalousie, Caïn verse au sol le sang de son frère Abel, premier meurtre d’une longue série. Le sol crie justice pour le sang innocent qu’il n’aurait jamais dû boire.

Cette histoire de violence se poursuit aujourd’hui avec, à des degrés divers, notre complicité : indifférence, mensonge, oppressions… entre les hommes, mais aussi entre les hommes et la nature. L’humanité continue cette œuvre de dé-création. Par le sang du Christ qui parle plus fort que celui d’Abel, demandons pardon au Père. « Père, nous avons péché contre toi. Pardonne-nous. »

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

A l'issue d'une réunion qui aurait pu être houleuse, entre voisins de mon immeuble, je leur ai proposé de venir prendre un apéritif chez moi. Tous ont accepté. Ce fut un moment convivial qui appelle à une suite fraternelle. (Hélène)

♦ Mercredi 23 mars

« Dieu dit : "Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance,
et qu’il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux,
toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre !" »
Livre de la Genèse (2,19)

Méditation

C’est une petite phrase de rien du tout dans le second récit de la création : Dieu amène les animaux à l’être humain « pour voir comment il les désignerait  »*. Ces quelques mots ont pourtant un sens énorme selon moi.
« Pour voir comment il les désignerait » : cela veut dire que Dieu veut associer l’être humain à son œuvre de création : il lui confie la mission de désigner les animaux, plutôt que de le faire lui-même. Dieu est comme un père émerveillé par son enfant qui s’approprie le monde avec ses mots à lui.
L’être humain est cette créature curieuse de tout, désireuse d’aller au-devant des choses et même au-delà. De Dieu, il a reçu la capacité de poser librement des actes. Avec cette liberté, il peut créer du nouveau : une culture qui habille le monde de mots, de chants, de contes. C’est peut-être par cette liberté créative que l’être humain ressemble à Dieu comme le dit le premier récit de la création.

Contemplons ce Père incroyable qui a voulu susciter en face de lui non pas une marionnette sans volonté, mais un vrai partenaire, capable de prendre des initiatives, d’innover, capable aussi de dialoguer avec lui. Ce partenaire, c’est nous. Quelle merveille de coopérer à l’œuvre de Dieu, d’exercer notre liberté pour créer du beau, du bon, du sens ! Cette responsabilité, c’est à nous seuls qu’elle échoit parmi tous les êtres vivants, et elle est particulièrement urgente dans la situation actuelle.
« Père, béni sois-tu de nous faire la grâce de collaborer à ton œuvre de création. »

* Livre de la Genèse, ch. 2, v. 19

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Voir... goûter... me laisser imprégner toute entière de cette chaleur printanière. Je suis envahie par un bonheur tout simple d'une joie de vivre. (Lydia)

♦ Mardi 22 mars

« Dieu dit : "Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance,
et qu’il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux,
toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre !" »
Livre de la Genèse (1, 26)

Méditation

Pendant un séjour au monastère de Chalais, près de Grenoble, alors que j’admirais la voûte du transept de l’église, je me disais que l’être humain ressemble un peu à la pierre qui la soutient. Cette clé de voûte domine les pierres de l’arc, comme l’être humain domine les espèces vivantes. Elle est taillée avec soin dans une pierre de choix, comme l’être humain reçoit le privilège unique, par le don de l’esprit, d’être fait à l’image et à la ressemblance de Dieu.

Mais si la clé de voûte est une pierre à part, elle reste une pierre. Si elle trône tout en haut de la voûte, c’est grâce aux autres pierres qui la soutiennent. De même, si l’être humain est une créature à part, il reste une créature qui dépend des autres êtres : ciel, terre, eau, et leurs habitants.
L’architecte veut la voûte et non pas la seule clé de voûte. De même, Dieu a voulu une création habitée par l’ensemble des êtres vivants, et non pas seulement par l’être humain : c’est le tout qui compte, et la valeur de chaque partie dépend de son articulation aux autres. 

Prenons conscience de notre solidarité avec toute la création. Relevons la mission reçue du Père : bien gérer la création, notre maison commune, non comme des tyrans, mais comme des intendants fidèles. Au jour du face-à-face, nous aurons à rendre des comptes auprès du maître, c’est-à-dire Dieu.
« Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures !  Béni sois-tu ! »*

* Cantique des créatures, Saint François d’Assise

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Louer Dieu, lui rendre grâce pour tous ses bienfaits, ils sont si nombreux ! Faire mémoire de tous les bonheurs reçus et ne voir au présent que le positif, ne retenir de chacun, chacune, chaque relation que le Bien, le Beau, le Bon, voilà ma plus profonde intention de carême et de Vie !  (Flor)

♦ Lundi 21 mars

« Dieu vit tout ce qu’il avait fait. Voilà, c’était très bon. »
Livre de la Genèse (1, 31)

Méditation

C’était une belle nuit d’été. Il faisait doux et l’atmosphère était calme. Je marchais paisiblement sur une route de campagne, seul ; la terre crissait sous mes pas. De temps en temps, un hibou se faisait entendre. Des lumières encore allumées brillaient aux fenêtres du village tout proche. Une grande tranquillité baignait le paysage.
Et puis, à un moment donné, j’ai levé les yeux et là, je fus pris de vertige, comme si le sol se dérobait sous moi : je venais de me perdre dans l’immensité de la voûte étoilée. J’avais l’impression de tomber vers le haut, comme si j’étais aspiré par le firmament. Étrangement cependant, l’immensité de la voûte céleste ne me faisait pas peur, peut-être parce que, comme tout ce qui existe, je suis composé de poussières d’étoiles.

Je me sentais à ma place, avec la terre sous mes pieds et le ciel au-dessus de ma tête.
Je pensais à la création du monde par le Père, comment il a procédé avec ordre jour après jour, nuit après nuit. Je l’entendais se réjouir de l’avancement de son œuvre créatrice, ponctué de « C’est bon ! » et même au sixième jour « C’est très bon ! »
Contemplons le monde, sa beauté, son ordre qui reflète la bonté et la sagesse de Dieu. Arrêtons-nous près de chez nous devant l’arbre, la fleur, l’oiseau, le ciel, la lumière. Apprenons à exprimer notre émerveillement et notre gratitude.
« Que ta création est belle, Père ! Béni sois-tu ! »

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Avec les enfants de la catéchèse nous avons mis le fil rouge sur l'eau, ce trésor que nous avons tendance à gaspiller, nous regardons ensemble tous les moyen de la préserver, et la chance que nous avons de tourner juste le robinet pour la voir jaillir. Mais impossible d'oublier les Ukrainiens, donc nous récoltons aussi des jouets pour les distribuer aux familles arrivées en Belgique, en union de prières avec toutes les bonnes volontés de la terre. (Brigitte)

♦ Dimanche 20 mars

« Dieu dit : "Que la lumière soit. Et la lumière fut". »
Livre de la Genèse (1, 3)

Méditation

Il y a des mots humains très forts : « Mon fils ! », « Ma fille ! », « Mon père ! », « Ma mère ! ». Quelle puissance ils dégagent quand ils retentissent !
Pour moi, la parole la plus puissante sur cette terre tient en trois mots : « Je t’aime. » Qu’y a-t-il de plus grand ? « Je t’aime. » Quelles émotions, quels gestes ils déclenchent ! Et combien ils engagent la personne qui les prononce et celle qui les accueille ! Mais je crois qu’il existe une parole encore plus puissante que toutes nos paroles. Une parole sans laquelle tout ce qui existe disparaîtrait dans le néant : « Sois !
« Sois ! », dit le Père, et le monde est créé. « Sois ! », dit le Père, et chacun de nous vient à l’existence. Cette parole divine résonne au plus profond de notre être. Aucune autre créature ne peut entrer dans ce lieu où Dieu nous tisse par sa parole, ni nos parents ni le conjoint qui partage notre vie. Cette parole retentira à nouveau au jour de la Résurrection. « Sois ! », dira Dieu. Cette parole vaincra la mort et nous ressuscitera.

Méditons la puissance de la Parole créatrice. Descendons en nous-mêmes, au plus intime de notre cœur et nous l’entendrons. Dans ce cœur à cœur avec Dieu, nous éprouvons la vibration du « sois », dans toute sa simplicité et sa force. Sentons le souffle du Père qui l’anime.
Et nous exultons de nous sentir ainsi appelés à l’existence, sans aucun mérite de notre part, simplement parce que le Père est amour et qu’il nous aime gratuitement. Cette jubilation reflète celle de Jésus quand la voix du Père a retenti alors qu’il remontait des eaux du Jourdain après son baptême : « Tu es mon Fils, moi aujourd’hui je t’ai engendré. »
« Père, que ta Parole est puissante ! Béni sois-tu ! »

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Je suis chrétien évangélique et je fais le carême pour la première fois. Sans rigueur excessive mais avec l’ardent désir que le Seigneur Jésus-Christ prenne plus de place en moi et que je puisse m’approcher, par sa grâce, davantage de Dieu notre père si bon, infiniment grand et puissant et pourtant nous accordant tant de douces attentions. (Rémi)

♦ Samedi 19 mars

Chaque samedi, Carême dans la ville vous propose une vidéo sur les racines du Notre Père, réalisée par les dominicains de ThéoDom.

« Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Cette troisième vidéo de la série ThéoDom sur le Notre Père est une belle occasion de nous interroger sur le sens de la volonté du Père. Devant les événements en Ukraine, on serait être tenté d’interpeler le Père : « quelle est ta volonté ? ». Ceux qui n’ont pas baissé les bras face à l’adversité ne sont-ils pas acteurs de cette volonté du Père. Et nous, à notre mesure, la faisons-nous ?

Le frère Philippe Lefebvre nous donne rendez-vous avec la cananéenne et aussi à Gethsémani. Là, il nous montre comment le Notre Père est une prière qui nous apprend à entrer dans la liberté du Père.
« Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance », dit Jésus en Jean 10, 10. Père, que ta volonté soit faite et que nous en soyons les ouvriers fidèles.

Bien fraternellement,
Soeur Anne-Claire Dangeard, op

Notre Père 3/7

« Que ta volonté soit faite... »

La volonté de Dieu : notre chemin de liberté

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Chaque année je finis mon Carême par me confesser juste avant Pâques. Cette année j'ai commencé mon Carême dès le mercredi des Cendres par la confession. Je me sens plus forte pour affronter le désert. Pourquoi ne pas commencer dès la première semaine de Carême ? (Sylvie)

♦ Vendredi 18 mars

« Combien de temps, Seigneur, vas-tu m’oublier,
combien de temps, me cacher ton visage ? »
Livre des Psaumes (12, 2)

Méditation

Lorsque j’ai commencé à me demander sérieusement quelle serait ma vocation, je me suis dit que Dieu, mon Père, qui m’avait créée, saurait bien m’indiquer mon chemin de bonheur. Je l’ai prié de façon instante. Il m’a répondu en ouvrant mes yeux sur le désir profond qui m’habitait. J’ai compris que je pouvais me remettre entre ses mains en tout, qu’il était là et qu’il m’aiderait toujours. À moi d’ouvrir mon cœur à ses petits signes : une rencontre, un événement, sa Parole.
Depuis, les choses ont été assez simples jusqu’au moment où face à une épreuve sérieuse et de longue durée, je n’ai plus eu de réponse. Silence radio ! Désert total ! Cris et pleurs n’y faisaient rien. Pourquoi tout ce silence ? J’avais le sentiment d’être abandonnée de tous, sans aucune issue. Dieu était-il vraiment là pour moi ? Pourquoi me laissait-il là-dedans sans m’aider ? C’était comme les Hébreux dans le désert.*

Pourtant, j’avais le sentiment qu’il fallait continuer à marcher, à tout faire humainement pour m’en sortir, espérant être un jour délivrée. Je frappais à une porte fermée. Avec le temps, en regardant Jésus dans son ultime épreuve, une autre porte s’est entrouverte : grâce à lui, je peux, à mon tour, dire ma souffrance au Père, refuser toute posture victimaire et laisser tomber la révolte. Jésus est mon chemin vers le Père. Il a vécu l’épreuve lui aussi.

Comme Jésus, je crois que je suis dans les mains du Père même si je ne le ressens pas, et que dans cette épreuve, il me modèle. N’est-ce pas une manière de devenir fille de Dieu ? « Que ta volonté soit faite ! »**

* Livre de la Genèse ch.2
** Evangile selon st Matthieu ch. 6, v.10

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Nous avons passé mon mari et moi une journée sans écran le mercredi des cendres. Le silence nous a accompagnés et bien étonnés. Nous avons rangé tranquillement la maison, lu et apprécié la tranquillité d'une journée sans bruit du monde. Nous avons dédié cette journée à la Paix. Nous avons l'intention de refaire des jours sans " rien "..... Juste le silence, jardin, soleil, oiseaux, maison et créations. (Lysiane)

♦ Jeudi 17 mars

« Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, ils seront rassasiés ! »
Évangile selon saint Matthieu (5, 6)

Méditation

L’injustice dans le monde me fait pleurer. Elle crie en moi comme le sang d’Abel. « Écoute le sang de ton frère qui crie vers moi du sol »*, dit Dieu ! Ce cri me déchire le cœur. Mais cette compassion fait-elle de moi une personne juste pour autant ? Non. Attention, je peux me faire illusion : Dieu seul est juste ! Tout reste à faire…

Mon travail, au monastère, c’est la couture. La couture, ce n’est pas un art mathématique ! On espère toujours que ça va tomber juste, mais ça n’arrive jamais : c’est pourquoi on dit qu’il faut « ajuster les morceaux » : tirer un peu sur le tissu, faire des fronces, recouper… jusqu’à ce que ça tombe correctement.
Dans nos vies, c’est pareil… il faut s’ajuster, et non pas chercher à être « des justes ». S’ajuster, ça ne se fait pas tout seul : il faut être au moins deux pour cela. On croit toujours qu’on a les bonnes manières, les bonnes pensées, les bonnes idées, et que c’est aux autres de s’ajuster à nous ! Mais c’est l’autre qui nous ajuste, on se laisse ajuster par lui, l’autre, au Tout-Autre… Peu à peu, sans s’en apercevoir, dans la prière, la fidélité, le pardon, on gagne en justesse, et c’est alors seulement qu’on entre dans la justice de Dieu !

Il n’y a pas d’autre recette : avec saint Paul, je veux tâcher de « gagner le Christ, afin d’être trouvé en lui, n’ayant plus ma justice à moi, mais la justice par la foi au Christ, celle qui vient de Dieu et s’appuie sur la foi »**.

* Livre de la Genèse ch. 4, v.10
**Lettre de st Paul aux Philippiens ch. 3, v.9

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Rester dans la chambre, c'est aussi une possibilité quand les limites de l'âge ou de la maladie vous y obligent ! Et cela n'empêche pas d'être libre et de pouvoir être à l'écoute et prier pour ce monde en détresse ! Pouvoir aussi se révolter devant toute cette injustice ! Que le Dieu d'amour envahisse nos coeurs et les convertisse ! (Sœur Marie-Paul )

♦ Mercredi 16 mars

« Montre-nous le Père »
Évangile selon saint Jean (14, 8)

Méditation

Un souvenir me revient : enfant, malade, dans ma chambre, me croyant abandonnée, je criais : « papa, maman » et le miracle de la présence se faisait par la voix qui me répondait : « je suis là », « ma chérie », « mon petit » sans que mes parents ne se dérangent. Leurs voix étaient mon assurance, leur présence était tangible par cette parole qui faisait le lien.

Un jour, dans la prière toute simple du « Notre Père », j’ai réalisé que celui à qui je parlais était là, présent, vraiment, comme mes parents dans mon enfance et bien plus fortement : « PRÉSENT ». Désormais lorsque ma pauvreté profonde me désespère ou me décourage, voilà que me vient aux lèvres, ce nom que j’aime « Abba, Père » et le lien se fait plus fort.
Il est aussi des moments furtifs, totalement inattendus, où c’est le silence qui prie en moi ce nom que Jésus nous a confié : « Abba, Père ». « Quand vous priez, dites : Père. »*

Quel est celui qui murmure ainsi en moi ? Ce nom de « papa » n’est-il qu’un reflet faussement tranquillisant ? Ou bien est-il en moi l’écho véritable du vivant qui m’habite et à qui je donne abri depuis si longtemps ? « Dieu a envoyé l’Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie : Abba, Père. »** C’est bien pour moi la preuve que je suis son enfant.
Au baptême, je fus plongée dans l’amour du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Chaque jour, je consens à y plonger encore plus. Oui, je suis enfant de Dieu. Quelle allégresse pour la vie quotidienne ! Je ne suis plus seule.

* Evangile selon st Luc ch.11, v.2
** Lettre de st Paul aux Galates ch. 4, v.6

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Durant ce Carême, le pape François met l'accent sur le jeûne et cette année je me suis dit que face aux épreuves de la vie familiale j'axerai mon jeûne sur les pensées négatives et mes peurs. Je souhaite faire grandir la confiance que je place dans notre Seigneur qui entend les prières de chacun. Il connaît nos chagrins, nos peurs et ne nous abandonne pas. Que dans le temps de silence et de prière, je sois capable de sentir sa présence d'amour. Amen. (Pascale)

♦ Mardi 15 mars

« Celui-ci est mon fils, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! »
Livre d'Osée (19, 35)

Méditation

Qu’est-ce qu’écouter ? Être attentive aux bruits qui m’entourent, je vois bien, mais lorsqu’il s’agit d’accueillir la parole d’une personne, de la laisser résonner en moi, cela devient nettement plus compliqué. Combien de fois me suis-je surprise à ne pas écouter quelqu’un, parce que j’étais fatiguée, soucieuse ou, pire, parce que je croyais savoir à l’avance ce qu’il allait me dire ? Pourtant, j’ai aussi fait l’expérience de ne pas avoir été écoutée alors que je tentais de partager à un proche quelque chose d’important.
Dieu aussi fait cette expérience. Les fils d’Israël murmurent au désert et refusent d’écouter Moïse, l’envoyé de Dieu. Et cela a continué avec les prophètes jusqu’à nous aujourd’hui !
Pourtant, Dieu est le premier à nous écouter, voilà la Bonne Nouvelle. « J’aime le Seigneur, il entend le cri de ma prière ! »* Dieu a entendu le cri de son peuple en Égypte : « Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer… »** Dieu entend et il répond en envoyant son Fils qui vient demeurer parmi nous.
Durant les trente premières années de sa vie, Jésus reste caché. Il apprend notre vie d’homme, avec ses joies et ses peines. Il se met à notre écoute. Cette attention bienveillante de Jésus ouvre nos oreilles. Quand nous avons été écoutés, nous avons envie d’écouter à notre tour, car notre cœur est rempli de gratitude. Nous recevons alors avec joie la parole du Père à la transfiguration : « Écoutez-le. »

* Livre des Psaumes, Ps 114,1.
** Livre de l’exode, ch.3, v.7-8.

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Fermer la porte pour être au calme ! Comme j'aimerais pouvoir le faire mais ce serait fermer la porte à cette voisine qui me sollicite souvent car elle s'ennuie, à mon fils et mes parents malades, à ma famille qui va et qui vient comme une ruche bourdonnante. Alors plutôt que de fermer la porte, je vais l'ouvrir davantage, essayer d'être plus disponible, plus attentive ! J’ouvrirai aussi ma porte pour traverser la rue et aller prendre un temps de prière devant le saint sacrement pour le peuple ukrainien mais aussi le peuple russe, pour la paix dans le monde, pour les malades que je connais ou que je ne connais pas, pour les couples qui attendent un heureux évènement et pour ceux qui n'y arrivent pas. (Ghislaine)

♦ Lundi 14 mars

« Je le guidais avec humanité, par des liens d’amour ;
je le traitais comme un nourrisson qu’on soulève tout contre sa joue ;
je me penchais vers lui pour le faire manger. »
Livre d'Osée (11, 4)

Méditation

S’ajuster au Père ? Mais c’est n’importe quoi ! Ça ne tient pas la route. N’est-ce pas le Père qui s’ajuste à son enfant ? C’est lui qui se baisse sur le sol pour que son fils grimpe sur ses épaules. Avec Dieu, notre Père, n’est-ce pas la même chose ? Il s’ajuste à notre petitesse. Le Très-Haut descend au plus bas pour nous élever jusqu’à lui.
Celui qui me dépasse de toutes parts n’est pas trop loin pour que je puisse l’aimer. Car le Père s’est mis à notre portée en son Fils. Il s’est fait l’un de nous, pour nous permettre de répondre à son amour. Depuis que Dieu s’est fait homme en Jésus, il est présent en tout homme. Impossible d’aimer Dieu sans aimer son frère.

Mais est-ce si simple ? Aimer ceux qui nous aiment, pourquoi pas, mais aimer celui qui me fait du mal ? Si je dis : « j’aime Dieu », et que je déteste mon frère, j’ai tout faux. Est-ce à ma portée d’éviter la rancune, d’aimer jusqu’à l’ennemi ?
Sur la croix, Jésus a pris sur lui le mal que nous subissons ou que nous commettons, pour nous en délivrer. Il m’aide à aller jusqu’au bout de l’amour et à voir dans le méchant, au-delà de sa méchanceté, un être humain probablement en souffrance. Le Crucifié étire mon cœur pour l’ajuster à sa miséricorde.  
Notre Père est infiniment bon. Nous sommes déjà ses enfants et plus nous aimons, plus nous le devenons. La mort, dont j’ai si peur, sera le jour de notre ajustement ultime : nous pourrons nous élancer en son amour comme l’enfant saute dans les bras de son père.
Alors, nous lui serons semblables parce que nous le verrons tel qu’il est !*

*Première lettre de st Jean ch.3, v.2

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Pendant ce carême, je vais prier pour ce conflit en Ukraine. Pour les Ukrainiens, mais aussi pour les Russes, pour leurs dirigeants, pour les autres guerres dans le monde dont on ne parle pas, pour les conflits plus proches dans les familles, les couples qui se déchirent. Seigneur, aide moi à poursuivre cette prière sans faillir, avec persévérance et bienveillance. (Pascaline)

♦ Dimanche 13 mars

« Pierre et ses compagnons virent la gloire de Jésus. »
Évangile selon saint Luc (9, 32)

Méditation

« Toujours plus haut ! » C’est une devise. Oui, mais pour quoi faire ? Pour vivre quoi ? Le diable se sert habilement de cette devise pour faire tomber Jésus. Il l’emmène sur une très haute montagne… Mais le diable n’est pas un bon guide, il attire tout à lui en cherchant sa propre gloire. Ses promesses sont mensongères et pleines d’illusions, comme si l’argent, la domination ou le prestige pouvaient rendre heureux. Vais-je me laisser piéger ?
Sur une autre montagne, Jésus conduit trois de ses disciples. Au Thabor, Pierre, Jacques et Jean ont la grâce d’entrevoir la clarté de la vie divine sur le visage du Christ. Une lumière se lève dans leur cœur, ils voient l’invisible quelques instants et entendent une voix venant du ciel : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le !»* Les trois disciples font l’expérience de la fulgurance de l’amour du Père. Pierre est dépassé, il veut enfermer la gloire de Dieu sous des tentes, c’est impossible.
Cette vraie lumière qui brille au fond de mon cœur et en celui de chaque être humain, je l’ai reconnue, c’est le Christ Jésus.

En quête d’un désir de lumière et de vérité, notre vie est faite de hauts et de bas, à la recherche d’un bonheur plus authentique. Quel chemin prendre pour devenir enfants de Dieu ? Toutes ces aspirations m’habitent sans le savoir, lorsque j’enfile mes premières chaussures de randonnées à l’âge de 17 ans pour un tour du Mont-Blanc. Une autre montagne ! Dans un clair-obscur, il m’est donné de percevoir des éclats de l’amour de Dieu. Devant la splendeur de la création, l’immensité de la bonté divine me saisit. Inoubliable ! Aujourd’hui, son amour me relève et me dit : « Va, pardonne et aime chaque matin. »
Sur la route de Pâques, même si le sentier est étroit, choisissons la bonne montagne et le bon guide pour gravir les sommets de la liberté des fils et filles de Dieu. Mettons-nous en route avec « les pieds du désir ! »** 

* Evangile selon saint Luc, ch.9, v.35
** Sainte Catherine de Sienne.

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Pour entrer en Carême j'ai choisi de quitter ma maison sac au dos, avec de bonnes chaussures et des bâtons de marche. Une façon d'échapper à la tentation des écrans, qui occupent trop mon temps. J'ai marché seule sur les chemins de montagne encore enneigés par l'hiver. J'ai loué mon Dieu dans sa création, avec le chant des oiseaux et les premières primevères nées dans un talus bien exposé, rendu grâce aussi pour la chance de vivre dans un pays en paix et confié les ukrainiens. Bref, en marchant j'ai essayé de prier, mais les soucis et le quotidien reprennent vite le dessus dans ma tête. Déposer tout cela en Dieu. Il sait de quoi nous sommes pétris. Mettre un pied devant l'autre avec confiance, en s'appuyant sur les deux bâtons: l'amour de Dieu et l'amour des frères. (Véro)

♦ Samedi 12 mars

Chaque samedi, Carême dans la ville vous propose une vidéo sur les racines du Notre Père, réalisée par les dominicains de ThéoDom.

« Que ton règne vienne », dans cette seconde vidéo sur le Notre Père, le frère Philippe Lefebvre puise aux sources de la Parole de Dieu pour nous éclairer sur ce Royaume à venir. 
Dans ses béatitudes, l’évangéliste Matthieu fait des pauvres en esprit et des persécutés pour la justice les héritiers de ce royaume. Quelle résonance aujourd’hui dans notre monde souffrant !
Invitation à reprendre cette prière du Notre Père pour la paix en Ukraine et sur les terrains de conflits dans le monde. Prière au Roi, celui qui prend soin des plus maltraités de son royaume… 
Et tous, nous avons des visages à mettre derrière cette réalité. Des visages et des noms qui s’inscrivent à la une des nos journaux, au plus secret de nos vies.
Avec eux, dans la confiance et l’abandon, entrons dans la prière.

Sœur Anne-Claire Dangeard, op

* Évangile selon saint Matthieu ch. 6, v. 9-13

Notre Père 2/7

« Que ton règne vienne. »

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Pendant ce temps de carême je je m'applique à dire le nom de Jésus quand je vis des temps d'angoisse, de tristesse, de fermeture. J'entre en moi, dans mon cœur. Alors j'entre en Dieu et je fais confiance. Il est toujours là qui m'attend et m'accueille. Je n'ai qu'à me présenter et faire confiance ! (Anne-Marie)

♦ Vendredi 11 mars

« Si quelqu’un veut être le premier,
qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Évangile selon saint Marc (9, 35)

Méditation

Dieu, comme nous l’avons vu hier, est un sacré bosseur, vingt-quatre heures sur vingt-quatre à notre écoute et à notre service. Dans l’entreprise Père & Co, le client est roi ! Même quand nous n’honorons pas nos contrats avec lui, il reste fidèle à ses promesses : « Les dons et l’appel de Dieu sont sans repentance. »  Notre Dieu est plein de miséricorde. Il ne résilie jamais ses alliances avec nous parce qu’il ne veut perdre aucun de ses enfants. Pensons aux alliances passées avec Noé, Abraham ou bien encore avec Moïse et enfin à l’alliance, nouvelle et éternelle, en Jésus-Christ. Dieu le Père s’est toujours démené pour nous sauver. Il est même allé jusqu’à envoyer son propre Fils et son Esprit saint sur la terre pour nous remettre sur le bon chemin.

L’histoire de notre salut est l’histoire d’un patron qui s’est fait serviteur. D’un Dieu qui a mis les mains dans le cambouis et a revêtu le tablier du serviteur. Le plus beau, c’est qu’il a fait tout cela gratuitement ! Dieu n’agit pas de manière intéressée, par amour de l’argent, de la gloire ou parce qu’il a besoin d’être aimé. Dieu est Dieu. Il se suffit à lui-même. S’il nous sert comme des princes, par le Fils et dans l’Esprit, c’est parce qu’il nous aime. Tout simplement. Parce qu’il est bon et qu’il veut nous donner ce qu’il a de meilleur : sa propre vie !

Et nous ? Acceptons-nous de nous laisser ainsi servir ? De nous laisser aimer par ce Dieu qui s’abaisse et qui nous tend la main ?

*Lettre de st Paul aux Romains ch. 11, v. 29

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Pour vous dire bien franchement, moi c'est tous les jours que je fais carême comme missionnaire à la maison, en écoutant les personnes qui ont un grand besoin de parler de leurs souffrances. Avec ce qui vient de se passer depuis 2 ans : la pandémie, plus d'actualité que jamais sur le réchauffement climatique, et maintenant l'Ukraine, je trouve que nous en avons déjà pas mal sur les épaules. En ajouter plus intentionnellement, je ne peux pas dire que ça me tente vraiment. Ce que je retire à consacrer du temps à faire de l'écoute c’est beaucoup d'amour. Lorsqu'on me dit « si tu n'étais pas là à m'aider, il y a bien des chances que je ne serais plus de ce monde », cela fait plaisir à entendre et c’est un gros encouragement à continuer d'aider les personnes souffrantes. Merci, paix... et joie...à vous, bon carême... (Vovon )

♦ Jeudi 10 mars

« Mon Père travaille toujours »
Évangile selon saint Jean (5, 17)

Méditation

 « Il fait quoi, ton père, comme métier ? » C’est la question classique que les enfants se posent à chaque rentrée des classes. Mais si l’un d’entre eux me demandait quel est le métier de Dieu le Père, je répondrais sans hésiter : « Moi, mon Père, ou plutôt, nous, notre Père, c’est le plus fort : il fait tous les métiers du monde ! »*

Dieu est le plus grand travailleur de l’univers. Il est à la fois artiste et artisan. À la manière d’un potier, il a « moulé la terre ». Pour faire l’homme, il a pris la glaise du sol et a « modelé » son corps. Il a « drapé » les cieux de nuées comme un tisserand. À la manière d’un architecte ou d’un géomètre, il a fait l’univers avec précision et sagesse : « Mais tu as tout réglé avec mesure, nombre et poids. »  Pour nourrir son peuple au désert, il a mis la main à la pâte. Il s’est fait boulanger et a envoyé la manne. Il s’est même fait chasseur pour Israël en tirant des cailles** ! Ce grand roi est aussi un berger qui prend soin de son troupeau et le protège des bêtes sauvages. Dieu le Père apparaît, dans les paraboles de Jésus, comme un vigneron attentionné qui ne délaisse pas sa vigne et va jusqu’à envoyer son Fils pour la garder. Dieu le Père, en effet, n’est pas le seul au boulot : « Mon Père travaille toujours, et moi aussi, je travaille. »***
Dieu est à l’œuvre dans sa création, sans cesse en travail. Il ne ménage pas sa peine pour faire notre bonheur et nous ramener à lui. Et nous qui, dans nos déserts, murmurions contre lui ! Nous qui le pensions indifférent à nos épreuves, lointain, inactif, en vacances.

*Livre de la Sagesse, ch. 11, v.20
**Livre de l’Exode, ch.16, v.13
*** Evangile selon saint Jean, ch.5, v.17

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Cette année, j’ai envie de vivre le Carême comme une route, une marche, un pèlerinage.
Tout au long de ces quarante jours, les textes et les oraisons nous rappelleront que c’est le moment de reprendre vie, temps de guérison et de renouvellement. Le pécheur pardonné bondit de joie comme le paralytique guéri. Les commandements nous tracent la route au bout de laquelle nous verrons le visage de Dieu. A la mort du Christ meurt ce qu’il y a de vieux en nous, et sa résurrection nous rend la jeunesse des saints. (Marthe)

♦ Mercredi 9 mars

« Quel est le fils que son père ne corrige pas ? »
Lettre aux Hébreux (12, 7)

Méditation

Si vous prêtez l’oreille à ce que les jeunes disent à la sortie des lycées, au bas des immeubles ou dans la rue, vous entendrez souvent revenir dans les conversations le mot daron pour désigner le père. Mais savez-vous dans quel contexte ils l’utilisent ? Le plus souvent, c’est pour indiquer un rapport d’autorité qui ne passe pas très bien, pour parler de toutes les « prises de tête » avec lui, soit parce qu’il a refusé une sortie entre amis, soit parce qu’il a coupé Internet sur le portable, soit parce qu’il a « crisé » en voyant le bulletin du premier trimestre. Bref, le père devient un daron quand il est « véner » (« énervé ») et qu’il tape du poing sur la table.
Sous ce rapport, Dieu a été un daron pour Israël. Combien de fois, en effet, a-t-il haussé le ton contre son peuple, l’a-t-il menacé et corrigé ! Dieu s’est mis en colère contre les israélites quand ils se sont tournés vers de faux dieux, comme ce veau d’or qu’ils ont fabriqué dans le dos de Moïse, quand ils se sont divisés et fait la guerre, quand ils n’ont pas pris soin de la veuve et de l’orphelin, qu’ils n’ont pas accueilli l’étranger et n’ont pas écouté les prophètes.
Dieu s’enflamme contre le peuple qui se détourne de lui. Hier et peut-être encore aujourd’hui… Mais quand il se met en mode daron, c’est toujours pour notre bien, pour qu’on revienne rapidement dans le droit chemin. Et puis, le roi David — qui sait de quoi il parle — nous prévient : « Sa colère ne dure qu’un instant, sa bonté, toute la vie. »*

Il nous aime, notre daron !

* Livre des Psaumes  Ps 29, 6

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Un changement d’horaire de messe dominicale et voici que les tensions se font jour dans ma communauté locale. Durant ce carême, je vais chercher à établir avec délicatesse et bienveillance le dialogue avec chacun pour voir ensemble comment nous enrichir les uns les autres de nos différences et de nos charismes pour le bien commun de tous. (Marion)

♦ Mardi 8 mars

« Comme celui que sa mère console, moi aussi, je vous consolerai. »
Livre d’Isaïe (66, 13)

Méditation

Dieu, comme nous l’avons vu hier, n’est ni homme ni femme, parce qu’il n’a pas de corps. Mais pour révéler aux hommes qu’il est le Créateur de l’univers et pour bien marquer l’écart avec sa créature, l’Esprit saint a soufflé aux auteurs sacrés le nom de « père ». Cela dit, il leur a aussi inspiré, même si c’est moins fréquent, des images maternelles pour manifester la tendresse de Dieu. Car ces images indiquent davantage sa proximité, sa présence agissante à l’intime de chacune de ses créatures, son immanence, comme le disent les théologiens .
Pensons, par exemple, à ce verset du prophète Isaïe : « Comme celui que sa mère console, moi aussi, je vous consolerai. » Ou bien encore à celui-ci : « Une femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas ! »**
À plusieurs reprises, Dieu dit qu’il est bouleversé, comme une mère, à la vue des malheurs et de la détresse de son peuple : « Mon cœur en moi est bouleversé, toutes mes entrailles frémissent. »*** Saviez-vous que le mot « entrailles », « rehem » en hébreu, désigne le sein maternel tandis que sa forme plurielle, « rahamim », signifie « miséricorde » ? Quand l’Évangile dit que Jésus est saisi de pitié****, c’est bien de cela qu’il s’agit. Il est « ému aux entrailles », saisi de compassion, comme une mère.  
Dieu est un père miséricordieux, un père aux entrailles de mère. Décidément, personne n’est père comme Dieu !

*Catéchisme de l’Église catholique, N°239
**Livre d’Isaïe ch.49, v.15
*** Livre d’Osée ch.11, v.8
****Evangile selon st Matthieu, ch.9, v.36

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

En ce début de Carême, mon père rentre d’un séjour à l’hôpital. En lien avec la retraite de cette année et la fragilité de la vie que j’accompagne, je vais essayer de faire mémoire des moments heureux et moins heureux partagés avec les gens que j’aime. Et même, j’ouvrirai ma prière à la manière dont j’ai vécu et partagé ma foi avec eux. A travers eux, quel visage du Père je découvre ? Je vais le noter et si je peux je chercherai une photo de ceux que j’ai évoqués. (Claire)

♦ Lundi 7 mars

« C’est lui notre Dieu, c’est lui notre Père ! » Livre de Tobie (13, 4)

Méditation

Vous connaissez tous la grande fresque de Michel-Ange, dans la chapelle Sixtine, qui représente la création d’Adam ! Dieu est représenté sous les traits d’un homme âgé, puissant et majestueux, porté par des anges, qui donne la vie à l’homme. Cette image est sublime, mais est-elle juste ?
Dieu, me direz-vous, n’a pas de cheveux blancs. Il n’a pas d’âge, car il est éternel. Et d’une. Et puis de toute façon, Dieu n’a pas de corps, puisqu’il est Esprit, comme le dit Jésus à la Samaritaine*. Et de deux. Il n’est donc ni homme ni femme. Mais pourquoi, alors, s’est-il révélé à Israël comme un père ? Un père bon et fidèle qui a tout créé et qui veut faire de nous ses enfants d’adoption ?

Pour le savoir, regardons, de nouveau, la fresque de Michel-Ange, et en particulier le petit espace que le peintre a laissé entre l’index de Dieu et celui d’Adam. Le doigt de Dieu et le doigt de l’homme sont tout proches, mais ils ne se touchent pas. Cet espace représente la distance qui existe entre Dieu et l’homme, l’écart qui demeure, malgré la ressemblance, entre le Créateur et sa créature. C’est pour signifier cette séparation que Dieu s’est toujours présenté comme un père. Car le père engendre, mais à distance. Il ne porte pas, comme la mère, le bébé dans son ventre. D’une certaine manière, c’est lui qui coupe le cordon. L’image de la paternité est donc plus parlante que celle de la maternité pour exprimer le mystère de la transcendance de Dieu. Mais si Dieu est père, pourquoi le prophète Isaïe dit-il que Dieu console ses enfants « comme une mère »** ? 

* Évangile selon st Jean, ch.4 , v.24
** Livre d’Isaïe ch. 66, v.13

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Le thème du carême me fait penser à une personne proche de moi, déficiente visuelle. Si elle voit mal, je sais qu'elle accède au Père par d'autres sens : l’ouïe par exemple. Pendant le carême, je cherche à comprendre ce qu'elle vit. Je choisis aussi de regarder avec des yeux neufs les signes du Père dans ma vie. Et d'écouter aussi ces signes, en soignant ma participation à la liturgie par le chant et ma manière de proclamer la Parole de Dieu. (Sœur Anne-Claire)

♦ Dimanche 6 mars

« Il fut conduit à travers le désert où pendant quarante jours
il fut tenté par le diable. » Évangile selon saint Luc (4, 1-2)

Méditation

Vous trouvez ça normal, vous, de conduire votre fiston dans un désert ? De le laisser tout seul, affamé, sans défense, au milieu des bêtes sauvages et des démons  ? Drôle de père, en effet, que celui qui déclare, au Jourdain*, son amour pour son fils et qui, aussitôt après, le lâche dans un lieu hostile.
Imaginez la chaleur du jour, la froideur des nuits, la violence des vents, le tiraillement de la faim, la torture de la soif. Je suis sûr que Jésus, comme il l’a fait sur la croix, a dû lever les yeux au ciel, au moins une fois, et crier : « Où t’es ? Papa, où t’es ? ». Cette question, nous la connaissons bien. Nous la posons à Dieu dans les moments difficiles de nos vies, quand nous avons l’impression que rien ne va plus, que nous sommes tentés au-delà de nos forces et que Dieu semble aux abonnés absents : « Où t’es ? Papa, où t’es ? Pourquoi laisses-tu la souffrance me gagner ? Les bêtes sauvages m’approcher ? Viens à mon aide ! Montre-moi que tu existes et que tu m’aimes ! »

Que faire cependant si la voix de Dieu ne se fait pas entendre aussi clairement qu’au Jourdain ? Se laisser abattre ? Prendre ses jambes à son cou ? Jésus, au contraire, nous apprend à demeurer dans nos déserts et à faire face aux épreuves et aux tentations, non pas comme un superhéros, mais comme un saint qui s’abandonne à Dieu.
Courage ! Il n’y a pas de désert que nous ne pouvons traverser avec lui. Pas de tentation contre laquelle nous ne pouvons résister. Jésus n’a pas été laissé seul et sans secours. Son pain ? Ce fut la Parole. Son eau ? La source vive de l’Esprit. Son oasis ? L’amour incassable de son Père. Jamais Jésus n’aurait résisté aussi longtemps à la faim et à la soif, jamais il n’aurait défait Satan si son Père n’avait été là, dans le secret, à ses côtés. À nous maintenant de découvrir, tout au long de cette semaine, les multiples visages de ce Père, qui est avec nous dans nos déserts !

*Évangile selon st Matthieu, ch.2, v.13

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Cette année, je vais lire une vie de saint pendant le carême. Cette douce résolution rejoint mon intérêt pour l’histoire. Attention, je vais le faire pour m’inspirer et pas pour imiter. Chaque figure de saint est incroyablement unique parce que la grâce est plus inventive que le péché. Cette personne a pu vivre à une époque différente de la mienne, mais ce n’est pas grave. Je m’intéresse aux traces du passage de Dieu, à l’empreinte du mystère pascal dans sa vie. Bonne préparation à Pâques ! (Frère Yves)

♦ Samedi 5 mars

Chaque samedi, Carême dans la ville vous propose une vidéo sur les racines du Notre Père, réalisée par les dominicains de ThéoDom.

Nous connaissons bien la prière du Notre Père. Enseignée par Jésus aux disciples, reçue par nous dans l’Évangile de Matthieu, elle est le lieu de notre intimité avec le Père. Elle fait de nous des enfants en relation, des frères en communion.
Dans cette nouvelle série Théodom, le frère Philippe Lebfevre, nous invite à découvrir les racines bibliques de cette prière fondamentale pour les chrétiens. Dans ce premier épisode, nous voici entraînés dans l’exploration des racines bibliques du Notre Père. Au cœur des Écritures, nous en découvrons tout son sens, toute sa résonance dans nos vies.
Seigneur, apprends-nous à prier.

Sœur Anne-Claire Dangeard, op

* Évangile selon saint Matthieu ch. 6, v. 9-13

Notre Père 1/7

« Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié. »


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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Pendant le carême, j’ai envie de redécouvrir le sens de la fraternité. Chaque jour, je vais noter sur un post-it le nom d’une personne, proche ou plus éloignée, pour qui je prierai tout particulièrement. Et chaque post-it sera collé sur un mur de ma chambre. En rapport avec la retraite je me demanderai pour chacun quelle image du Père je découvre à travers eux ; et comment, moi aussi, je peux être image du Père pour eux. En ce temps de guerre en Ukraine et dans un monde si incertain, je crois que la fraternité se cultive alors j’oserai peut-être un petit coup de téléphone à certains. (Anne)

♦ Vendredi 4 mars

« Votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu. Quand paraîtra le Christ,
votre vie, alors vous aussi, vous paraîtrez avec lui dans la gloire. »
Épître aux Colossiens (3, 3b-4)

Méditation

Vais-je rester seul, toujours ? Non. Parce qu’à force de tendre l’oreille, dans le noir, caché derrière la porte où Dieu se tient tapi, j’ai fini par entendre ce que Dieu me disait. Le Père à qui j’ai remis ce qui m’embrouillait la tête, le Père près de qui j’ai préféré me taire a fini par parler. Il m’a dit une Parole, ou bien plutôt, un Verbe. Une voix en moi habitant mon silence. Un murmure, une rumeur qui n’a fait que grandir. La clameur des petits. La plainte des gens pauvres. Les larmes de la veuve, les cris des opprimés. J’ai entendu Jésus se levant en mon sein. J’ai entendu le Christ se réveillant en moi pour briser mon silence.
C’était lui qui pleurait dans les pleurs des enfants, c’était lui qui souffrait dans la rage de ceux que l’injustice écrase. J’ai reconnu, dans le monde souffrant, Jésus crucifié se rappelant à moi. Tout ce vide creusé hier s’est soudain trop rempli. Débordement de rage contre toute injustice, débordement de vie pour contrer toute mort, débordement de joie… parce que je suis libre. Libre de sortir de la pièce reculée où le Père, par son Fils, m’avait, un temps, caché.
Libre : parce que je sais désormais où aller et que faire. Il me faut aimer, les petits en premier. Parce que leur voix est celle de Jésus même. Et je prie aujourd’hui que l’Esprit saint achève la mission qu’en moi, par la voix de Jésus, le Père m’a confiée : « Deviens ce que je suis : ne sois que charité ! » 

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Face au réchauffement climatique et les drames humains qu'il engendre, il y a tant à faire, tant d'habitudes dommageables à changer. Je souhaite profiter de ce moment privilégié du carême pour avancer d'un pas sur le chemin de la conversion écologique. D'abord prier chaque jour pour les victimes de cette crise climatique et pour ceux qui la combattent. Ensuite, un geste : chaque fois que vient mon tour de cuisine, ce qui arrive environ une fois par semaine, je prépare pour notre petite communauté un plat végétarien et équilibré. (Frère Benoît)

♦ Jeudi 3 mars

« Le Seigneur est dans son Temple saint : silence devant lui, terre entière ! »
Livre d’Habaquq, (2, 20)

Méditation :

Me voici dans ma chambre, je me sens un peu seul. Plus léger, mais aussi plus fragile. Parce que ces pensées, ces rêves et ces soucis, qui hier encore peuplaient mon esprit, ont laissé un grand vide. Il n’est pas facile de se tenir en silence, derrière la porte close, lorsque l’on a confié à Dieu tout ce qui nous troublait. On se découvre un peu autre, si proche de celui qu’on voulait rencontrer.
Tout à l’heure, la tête encore trop pleine, j’avais tellement à lui dire. Mais maintenant que j’ai laissé aller ce qui m’occupait l’esprit, me voici silencieux. C’est comme si je jeûnais, si je jeûnais de mots. Parler moins, c’est si naturel lorsque l’on s’approche d’un Dieu si bien caché. Parler moins, parce que dans le noir, on veut d’abord entendre, pour mieux se repérer. On veut guetter sans bruit le moindre signe, la moindre vie. Tout près de Dieu, tout mot s’efface, un temps.
Et tant qu’à jeûner de mots, je jeûnerai encore de bien d’autres manières pour faire un peu de place : moins de nourriture, moins de films, moins de musique, moins de tout ce qui remplirait un peu trop vite cet espace intérieur où je me sens si bien, domptant ma solitude en tâchant d’être mieux à Dieu. Car je ne serai qu’à lui si je ne suis que moi : dans la pauvreté même de ma vie, sans atours. Celui que je suis, non pas qui je serai. Celui que je suis, non pas qui j’ai été. Moi, maintenant : c’est ainsi qu’il me veut.

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Comme j’ai la dévotion aux saints, nos frères aînés dans la foi, j’ai choisi pour le carême quelques-unes des « stations », rejoignant ainsi les chrétiens des premiers siècles, à Rome, qui se retrouvaient chaque jour là où le Pape célébrait la messe.
Avec tous les conflits dans notre monde, ma première station sera à l’église Saint-Georges et avec une grande confiance dans l’efficacité de la prière, je prierai le psaume 54 : « Quand je crie vers Dieu, il entend ma voix ; il me met à l’abri de ceux qui me poursuivent » (Marie)

♦ Mercredi 2 mars : mercredi des Cendres

« Mais toi, quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée,
ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret. » (Mt 6, 6)

Méditation :

L’ai-je bien fermée, la porte ? De mon bureau, de ma voiture, de ma chambre pour quelques minutes, le temps de lire ces mots sur l’écran. Que la porte se referme sur le bruit du dehors, sur toute agitation. Qu’elle se referme aussi sur le passé et son goût parfois amer, qu’elle se ferme, juste un temps, sur l’avenir qui m’inquiète. Je vais fermer toutes les portes, pour n’en ouvrir qu’une. Celle qui n’ouvre pas dehors, mais celle qui donne sur l’intérieur. Pour que ces mots que je lis maintenant ne s’envolent pas au loin, mais grandissent là, tout près, au-dedans de moi-même. J’ai tellement besoin qu’une parole vienne adoucir et éclairer mes jours.
Et pourtant, dès la porte fermée, je retrouve ici tout ce que j’avais voulu jeter loin de moi : soucis, distractions, questions viennent troubler désormais l’espace si réduit où je me croyais seul. Puisque je ne peux pas me débarrasser de tout ce fatras, il faut au moins que je le dépose. Ou plutôt qu’il repose, pour que je puisse me reposer. Je cherche donc quelqu’un à qui confier mes maux pour faire descendre en moi les mots qui m’apaiseront. Je troquerais volontiers mes soucis, mes questions, mes idées, contre un brin de silence.
Y a-t-il quelqu’un ici qui accepte l’échange ? Je le crois, même s’il est invisible. Et s’il se tait, vais-je le lui reprocher, à lui que je cherche pour qu’il m’ouvre au silence ? Le Père, voilà son nom. Présence paisible où tout peut reposer.

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Carême dans ma vie :

Chaque jour, un geste, un témoignage pour vous aider à vivre le Carême

Au calme... oh comme j'aimerai bien être au calme en ce début de carême ! Mais ce serait être sourd aux bruits de ce monde : aux conflits armés sur tous les continents, aux conflits familiaux dans tant de foyers, aux conflits professionnels dans tant de secteurs d'activité. Et aujourd'hui, ce qui se passe en Ukraine me laisse comme sidéré. Jamais je n'aurai imaginé une telle escalade de la violence. Le calme et la paix, c'est ce que je vais chercher à faire autour de moi et en moi aussi. Ce sera le cri de ma prière personnelle. Dans ma paroisse, nous avons répondu à l'invitation du Pape à prier pour la paix en Ukraine et ce mercredi des cendres nous avons formé un petit groupe pour jeûner et prier ensemble à cette intention de l’Église universelle. (Jean)

À votre tour, témoignez d'un geste que vous faites pendant le carême en cliquant ici

♦ Présentation

Ensemble, préparons notre cœur aux jours nouveaux qui arrivent, au Christ qui vient, à la joie de Pâques qui éclate.

À partir du 2 mars 2022, vous recevrez chaque jour un mail de méditation sur la Parole de Dieu, avec l'office des vêpres chanté par les sœurs dominicaines de Beaufort. Chaque samedi, vous recevrez une vidéo sur le Notre Père (elle sera dans ThéoDom).

Bonne retraite !
frère Benoît Ente, op

À l'heure où l'ombre de la guerre plane sur le continent européen, choisissons le bon combat, celui de la paix dans les cœurs ! Car toute guerre naît dans le cœur de l'homme et tout conflit se résout sous le regard de Dieu.
Pendant ce carême, devenons des artisans de paix ! Jésus a vaincu la haine, il nous rend vainqueurs du péché. Pour accueillir sa paix et transmettre son message d'amour, devenons missionnaires en invitant nos amis, nos proches, nos voisins, nos enfants, nos petits-enfants, nos neveux, nos nièces, les membres de nos communautés... à suivre avec nous cette magnifique retraite. Nous serons ainsi des milliers à découvrir le visage rayonnant du Père !

Vous pouvez aussi vous inscrire directement à Carême dans la ville (adresse dans la vidéo) ainsi qu'à leur communauté de prière qui, une fois par semaine, vous enverra trois intentions.
L'inscription est gratuite, mais on peut aussi faire un don à cette communauté de Dominicains qui chaque année nous apporte tant...